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Libération, le jeu du maillon faible

Un pas, minuscule et ravageur, vient d’être franchi dans le hall de Libération. Presque rien, des phrases reprises et répétées, de dépêche en journaux, honteuses : cette fille là n’est pas assez appréciée pour que l’on fasse grève.3276595373_60d61e9bc2.jpg?v=1234557087

 

Elle s’appelle Florence Cousin, il a fallu que je m’en aille cliquer sur Rue 89 pour trouver son visage masqué, que je me dise, ah, oui, bien sûr, Florence Cousin.

Vingt-cinq ans de maison donc, fin de mandat syndical, et un licenciement sec qui tombe pour faute professionnelle : la dame serait mauvaise secrétaire de rédaction, au terme de trois semaines de formation. La voici couchée dans le hall de Libé, en grève de la faim aujourd’hui encore.

On lit, ici et là. Elle « reconnaît qu’elle n’est pas très populaire sur son lieu de travail » ( rue 89) « Fragile ». « Pour beaucoup le scrutin ( rejet de la grève) reflète la faible popularité de la journaliste » ( Le Monde). « Dans le colimaçon du journal, on parle d’incompétence… » Et j’ai lu pire encore. On résume : Florence Cousin n’a pas été élue Miss rédaction de l’année.

J’ignore qui sont les Grands Communicants pressés d’ainsi nourrir articles et dépêches .De pervertir l’information, au demeurant. Ces phrases là sont tuantes. Imaginez : vous ouvrez un journal, vous lisez cela, venu de gens avec lesquels vous travaillez depuis un quart de siècle. Vous ne valez pas une grève…

C’est faux. Des gens se relaient la nuit auprès de Florence Cousin. Dès l’annonce de son licenciement, une quarantaine de personnes se sont mobilisées. Lundi, la rédaction a débrayé trois heures. Louis Sckorecki, longtemps critique à Libé, parti il y a deux ans, prend sa défense sur son blog : http://skorecki.blogspot.com/2009/02/mourir-liberation.html

 

C’est faux, car le problème n’est pas Florence Cousin. De joyeux incompétents, à tous les niveaux, partis avec de solides indemnités, nous en avons tous connu, à Libé. Mais la donne a changé, fini les « guichets départs », la direction annonce huit ou neuf licenciements contraints, ce qui toujours met une chaude ambiance.

C’est faux, car jeudi, les salariés du journal étaient appelés à voter pour ou contre une grève à propos de ces futurs licenciements. Florence Cousin, ici , est le maillon faible, celle qu’on sort du jeu en premier.

Libé a voté contre la grève, en écrasante majorité. Pour des raisons un peu plus complexes que le taux de popularité d’une journaliste. Evitement pour les uns ( tant que ça ne me tombe pas dessus) et difficulté réelle à faire une grève dans un journal mal portant. Faire grève dans une rédaction, c’est une vraie punition. On se prive de faire ce qu’on aime, on se prive d’article, de page, on a la triste impression d’abimer un outil précieux. Non, pas facile, parfois nécessaire.

Après large écho médiatique et négociations, Laurent Joffrin propose un licenciement indemnisé, une formation réelle et sur plusieurs mois ( qui peut-être aurait dû avoir lieu avant…), un reclassement. Offre temporaire, précise-t’il, puisque la dame sous la couverture rose qui campe dans le hall, une semaine de grève de la faim, refuse. Elle veut pouvoir, après formation, avoir une chance de réintégrer le journal.

Nous en sommes là. Je n’aime guère commenter Libération. Ce que j’avais à dire, je l’ai dit en temps et en heure, à Libé où j’ai longtemps travaillé. Maintenant, l’histoire avec un journal, c’est comme une histoire de couple. Préserver ce qui fut m’importe davantage que commenter ce qui n’est plus. Comme tout le monde, j’ai vu des gens quitter Libé meurtris, cassés, ou aigris. Mais c’est la première fois que je vois, dans le cadre de ce qui est , hélas, un très ordinaire conflit du travail, un dégraissage comme on dirait ailleurs, utiliser l’attaque personnelle, la phrase destructrice pour justifier une faible mobilisation ou comme on l’écrit pudiquement, un « trouble à Libération ». Ca, ce n’est vraiment pas bien.

 

Photo de JP Quino / flickr

Tous les commentaires

Joffrin, on l'a plaint quand il s'est fait "traiter" par Sarko, il y a un an. On peut vraiment se demander pourquoi, aujourd'hui. Parce que "ça", après nombre d'interventions télévisées grotesques tout au long de l'année dernière, c'est vraiment le bouquet!

Je n'ai pas plaint Joffrin. Si ce n'est de ne pas avoir osé faire esclandre. J'ai surtout plaint ses chers confrères d'avoir ri servilement. Le spectacle de l'abaissement consenti m'inspire de la pitié, pas de la compassion.

Qu'un journal dont l'actionnaire principal est un pilier de la droite ait une politique comptable de petite dimension humaine, rien de surprenant, que "des journalistes" du Monde se sentent obligés de cracher au passage sur les maltraités de cette politique voilà qui en dit long sur les politiques de rédaction de ce journal. Pitoyable et inquiétant.

C'était bien le sens... Responsabilité, aussi, de ceux qui diffusent et reproduisent des propos imprudents au mieux, d'une immense solidarité dans tous les cas.

Ce que vous dite est fort juste. J'aimais le Libé de la fin des années 70. J'ai laissé tombé le Monde pour venir à Médiapart. Je n'achète, ni ne lis plus aucun quotidien "parisien".

Je n'attends plus rien de Libération, que j'avais eu plaisir à parcourir pour un temps surtout grâce à son site il y a quelques temps. Mais là, en plus, c'est bas.

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Florence Cousin, je l'apprends aujourd'hui par ton billet, Dominique, a été ma stagiaire en SR et éditing dans une école de formation à laquelle je collabore et ce pendant une session d'une semaine. Libé lui avait "offert" une semaine de formation pour devenir SR, alors qu'elle sortait d'un tout autre métier. Et avait, si ma mémoire est bonne, avait été aussi pendant un moment en arrêt maladie. Elle devait du jour au lendemain apprendre un nouveau métier. Avec exactement 5 jours pour se former. Au premier jour de la session d'une semaine que j'animais,lors des présentation, elle a dit très exactement "je suis paniquée, je n'ai qu'une semaine pour tout apprendre..., lundi prochain je dois démarrer..." Pendant toute la durée du stage, elle s'est montrée très vive, très impliquée, très participante aussi dans le groupe et faisant preuve d'une très grande envie d'apprendre et de dépasser son anxiété. Nous avons eu l'occasion de nous rencontrer quelques semaines plus tard avec les autres membres du groupe et même si elle était encore "en observation dans son nouveau métier", j'ai eu l'impression qu'elle se sentait mal accueillie, pas encouragée...bref, pas encore très bien dans sa nouvelle peau. Aujourd'hui, j'apprends par ton billet qu'en fait, sans le savoir, je l'envoyais au casse-pipe. Je suis indignée. Les réactions pour le moins évasives lorsqu'il m'est arrivé depuis de croiser des gens de Libé ou issus de Libé autour de son nom auraient dû m'alerter.... J'ai vraiment honte de ne pas avoir senti ce qui allait se passer. Que les salariés le Libé estiment qu'elle ne vaut pas une grève me fait hurler. Oui, cette fille est fragile. Non, elle ne vient pas du sérail. Non, elle n'est pas née avec une carte de presse dans son portefeuille. Elle est EXACTEMENT l'incarnation de la politique de ressources humaines que pratiquent nos journaux: licencier les anciens, ceux qui coûtent cher, les journalistes de métier, et faire "monter" d'autres catégories de personnels à moindres frais en leur faisant valoir la PROMOTION que cela représente pour eux. Quitte à les envoyer à l'abattoir. Je suis SCANDALISéE !!! Et crois-moi, Dominique, que ton billet, je vais le faire circuler !!!! Merci de m'avoir informée....

Chère Graindesel, quand vous écrivez que ce qui arrive à Libé est "l'incarnation de la politique de ressources humaines que pratiquent nos journaux: licencier les anciens, ceux qui coûtent cher, les journalistes de métier, et faire "monter" d'autres catégories de personnels à moindres frais en leur faisant valoir la PROMOTION que cela représente pour eux. Quitte à les envoyer à l'abattoir", j'approuve entièremùent pour avoir connu cette évolution moi-même. C'est écoeurant mais totalement vrai. Et on se demande pourquoi la presse est malade...

Oui, je sais que c'est vrai, cher Michel ! On peut dire que j'ai, disons moi aussi suivi cela de très près... Bien à vous...

Envoyons tous les fragiles à la poubelle, et gardons ceux qui n'ont pas d'état d'âme, ce sera plus facile pour tenir les annales du sarkozysme - euh, pardon, faire du journalisme dans les ""grands"" medias français. ajout après les précisions de GdS plus bas. Si vraiment il y a eu coup monté - le coup du faire-monter-en-grade-sans-formation - là, je n'ai même pas les mots. Revenons au bon vieux : dégueulasse. La gestion du matériau humain, des stocks humains : Voyons, quelle est la méthode la plus rapide, la moins couteuse, la moins risquée pour nous,pour se débarrasser d'un être humain? Allez, hop ! Génial, Coco ! Le monde immonde des années 80.

Karl Laske est toujours délégué syndical gauchiste à "Libé" ?

Ah bon, mais alors, y aurait cumul de mandats : Karl Laske est aussi dépisteur de sarkozystes chez les confrères...

Je viens de faire une recherche. Il y a eu en effet le très court papier dans Rue 89 mais aussi un article dans la page Médias du Monde du 14 février, intitulé "la grève de la faim d'une journaliste licenciée provoque un sentiment de malaise à Libération". Juste un extrait du papier : "C'est un blanc-seing donné à Laurent Joffrin pour poursuivre les départs contraints, s'inquiète un journaliste. En choisissant de s'attaquer d'abord à Florence, la direction nous a tendu un piège. Il sera très difficile maintenant de protester contre les autres départs." C'est clair. Et Florence ? Trop "fragile" pour mériter un tant soit peu de solidarité ? Lâchée par ceux qui craignent d'être les prochains sur la liste ? J'ai réussi à la joindre tout à l'heure sur son portable. Elle a l'air complètement dézinguée par tout ce qui s'est passé. J'ai appris aussi que son avis de licenciement était tombé pile au lendemain de la fin de la couverture pour son ex-mandat syndical (elle avait été déléguée du personnel). Elle a en tout 24 ans de "maison" et était passée à peu près à tous les postes avant d'être "reclassée" au SR cet automne. Certes, c'est Florence Cousin, pas Florence Aubenas, et elle savait parfaitement que toute la rédaction ne se mobiliserait pas comme un seul homme autour de son cas. Mais elle ne pensait quand même pas être lâchée comme ça. Et ce qui est sûr, c'est que "fragile" ou pas, elle ne méritait vraiment pas ça. Les entreprises sont parfois de véritables machines à broyer. Y compris Libé. Mais quand en plus les "maillons faibles" (affreuse expression) doivent faire face à une absence presque totale de solidarité....

Merci GDS, de ces informations,oui il y a eu plusieurs papiers dans rue 89, je crois, et un peu partout, dont un, pas très sympathique " avec source interne", dans le Point, qui vient d'arriver.. Louis Skorecki, lui, raconte sur son blog qu'il a été viré manu militari du hall de Libération où il venait rendre visite à Florence Cousin, devant des ex-collègues muets. @ beber: oui, Karl Laske est toujours à Sud ( euh, c'est ça, gauchiste ?). A ce titre il faisait partie la semaine dernière de l'intersyndicale ( SNJ, CGT,Sud) qui appelait à voter la grève. Ce week end, le syndicat Infocom-CGT/ Filpac-CGT a négocié avec la direction du journal et estime ses propositions satisfaisantes. Il indique qu'il ne soutiendra plus Florence Cousin si elle refuse l'offre. Tel n'est pas l'avis de la SGLCE CGT qui la représente. Et oui, dézinguée, il y a de quoi sans doute. Je n'ai rien écrit du tout sur les compétences ou incompétences de Florence Cousin, en tant que secrétaire de rédaction. Je n'en sais rien, elle occupait un tout autre poste lorsque j'étais à Libé, et le moment n'était pas le mieux choisi pour le bilan professionnel.

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Dominique, si je reprends les informations parues dans le Monde (et je pense que le papier de Xavier Ternisien est parfaitement fiable), elle était entrée à Libé à l'âge de 23 ans (elle en a aujourd'hui 47) comme aide-comptable. Elle a ensuite été assistante au service photo et a "voyagé" d'un service à l'autre des années. Elle est "passée" au SR, donc avec un vrai travail de journaliste, en septembre 2008, au terme d'une formation en secrétariat de rédaction et relevant à peine de graves problèmes de santé. Mais cette formation n'était qu'un module d'une semaine: 30 heures très exactement, je suis parfaitement bien placée pour en témoigner. Aussi performant et bien noté que soit le centre auprès duquel Libération a choisi de la "former", il s'agit dans ce cas d'un stage d'initiation ou de complément de formation (j'ai l'habitude de nommer cela des sessions "aperikubes" destinées à donner les bons réflexes en editing), en aucun cas d'une formation qualifiante qui lui permettait d'être lancée dans le grand bain au bout de 30 heures ! Et c'est apparemment ce qu'on a fait: on l'a jetée dans le grand bain (en plus dans un quotidien, c'est-à-dire avec un rythme quasi frénétique) sans lui jeter de bouée et ensuite prise en défaut de n'avoir pas su assez bien nager. (...) Devient-on journaliste en une semaine ? Et qui plus est SR, c'est-à-dire le premier lecteur mais aussi le dernier filet de protection avant le lecteur ? (...) Florence, elle, quelle que soit l'issue, n'en sortira pas indemne. Le choix même du mode de résistance qu'elle a choisi, une sorte de courage du désespoir qui l'a poussée à mettre en danger sa propre vie et sa santé pour protester, peut à lui seul en témoigner. Oui, le monde du travail s'est transformé en machine à broyer.... Réédité et raccourci ce jour (soit environ dix jours après écriture initiale) afin que ce commentaire ne puisse pas être instrumentalisé à l'encourager à aller trop loin et à mettre sa vie en péril... dans le seul but de ne pas décevoir ceux qui lui auront apporté leur soutien. Florence, sauve-toi ! Ne cède pas à ceux qui voudraient faire de toi une martyre , mais eux retomberont toujours sur leurs pieds !

L’histoire avec un journal, c’est comme une histoire de couple. Pour un lecteur aussi. Comme tout le monde, j’ai vu Libé quitter ce pourquoi il existait. De July en Joffrin, seules les "Unes" ont gardé tête haute. Pour le reste, Libé a mué en un "mauvais Figaro", des pages en moins, comme l'Aurore autrefois. A part Pierre Marcelle, évidemment, aux billets réduits à la portion congrue.

Velveth, désolée d'intervenir et de réagir à votre commentaire ci-dessus, et ce d'autant plus que je me sens très souvent d'accord avec vous, mais là, en l'occurence, il ne s'agit pas de juger de la qualité éditoriale de tel ou tel journal qu'on a vu évoluer au fil des années, mais bel et bien de vrais problèmes humains. On peut gloser et gloser sur Le Monde (104 licenciements depuis l'été dernier), sur Libé (on ne compte plus les charrettes), Le Figaro (84 licenciements par départs volontaires), ou l'Express (sur le point de supprimer 80 emplois), sur ce qu'ils étaient, ce qu'ils sont devenus et sur tout ce qu'on veut: il n'empêche, il y a derrière des humains qui restent sur le carreau par charrettes entières. Et l'"humaine" dont il est question là, n'a rien à voir avec la baisse de qualité de ce journal. Ce n'était pas elle qui était responsable du choix éditorial. Ni de rien d'ailleurs. Elle est le symptôme de la généralisation d'une gestion des ressources humaines déplorable et inhumaine, justement. Et elle est surtout elle, Florence Cousin, 47 ans, une "fragile" égarée dans le monde impitoyable de la rentabilité, autrement dit une victime désignée. Qui aura quoi qu'il se décide ou se négocie, du mal à retomber sur ses pieds ! Aujourd'hui, le "contenu" des pages de Libé, pardonnez-moi, j'en ai rien à battre. Il y a une jeune femme pas très solide qui est en train de faire une grève de la faim dans le hall d'entrée, les autres salariés n'ont pas jugé bon de faire grève pour la soutenir. C'est cela qui importe ! PS: quand il y a des suicides chez Renault, vous dites, de toutes façons leurs bagnoles sont devenues de la merde ? Non ? Alors ! Pardonnez ma vivacité....

Non, Grain de sel ! Il n'est pas question de vous pardonner votre vivacité ! Grain de sel est vive et vivace et on aime ça ! Cela dit et même proclamé, je crois que Velveth ne songeait en aucun cas à attribuer la moindre responsabilité à Florence Cousin dans la dégringolade de ce qui fut Libé. Il voulait juste établir un parallèle entre la déchéance journalistique de Libé et la déchéance humaine de l'entreprise Libération. A vue de nez ça ne paraît pas idiot…

Un parallèle n'est jamais idiot, Virgil. Et merci de faire le médiateur, mais je pense que quand de l'humain est en jeu, peu de parallèles, surtout en termes de contenu éditorial et de dérive du "produit", sont possibles, en tous cas à mes yeux. Je n'en veux aucunement à velveth, que j'estime beaucoup par ailleurs, mais je tenais à mettre les points sur les i. Très très très amicalement à vous !!!

Désolé que mon message ait pu laisser entendre que je délaissais l'humain. Je ne vais donc que répéter ce que dit Virgil: En aucun cas je n'attribue la moindre responsabilité à Florence Cousin dans la dégringolade de ce que fut Libé.

J'avais bien compris, Velveth, je ne vous fais pas de procès d'intention. Juste je ne voulais pas que ce billet qui décrit avant tout un drame humain dégénère en critique de ce qu'est devenu Libération sur le plan éditorial. Qui n'est à mon avis pas le problème. De la même façon, au printemps dernier quand un plan de licenciement au Monde avait été annoncé, j'avais pas mal bataillé avec ceux qui au lieu de s'inquiéter des futurs licenciés se cantonnaient à un "de toutes façons, Le Monde, je m'en fous, il y a longtemps que j'ai résilié mon abonnement". Rien de plus !

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Cette histoire n'a ni queue, ni tête. Peu importe de savoir ce qua fait ou pas fait cette femme : vingt cinq ans de travail dans une entreprise mérite un minimum de respect et, un maximum de mépris pour ceux qui "découvriraient" son éventuelle incompétence. Que cela se passe dans le hall de Libération - quoique soit devenu ce journal - est proprement ahurissant ! Allo Clavel, Sartre, Foucault... Ils sont devenus fou à Libé!

Cher Michel, seriez-vous encore naïf à ce point ? Mais, c'est dans tous les journaux que ça se passe ainsi aujourd'hui. Même après 35 ans de combat journalistique à 70 heures par semaines, on vous placardise et vous éjecte sans la moindre pudeur morale. Comme vous dîtes, c'est ahurissant. Et cela se passe de manière identique dans la plupart des entreprises, presse ou pas, et évidemment personne ne bouge une oreille. Les idéologies sont mortes, le capitalisme a cru gagner avec ses crocodiles, l'égoïsme est devenu une a-religion, le 4X4 aux vitres teintées le du mépris des autres. Faillite morale et professionnelle des pseudo-dirigeants. La compétence est une vieillerie d'un autre âge.

@ Michel Juvet : Naif non, utopiste toujours !

Quand on veut noyer son chien... On lui colle une faute. Cette "mise à l'index", cette incitation à isoler une personne du reste des salariés, fait hélas partie des méthodes utilisées avant un licenciement, ou une série de licenciements. Comme il y a ordre de "dégraisser", IL FAUT trouver la première personne à liquider, s'acharner dessus, que les collègues s'en détachent, participent au mépris instillé par la haute hiérarchie, facile puisqu'ils ont peur d'être eux-mêmes sur la sellette à leur tour. Donc, Florence fait soudain partie des pestiférés parce qu'il en a été décidé ainsi, qu'il en fallait un ou une à traiter de la sorte. Evidemment, si c'est à Libération, le bruit se propage plus que dans une autre boîte où c'est monnaie courante !

Oui, le bruit se propage, et la même chose se passe ailleurs, bien d'accord, pire parfois.Mais lorsque dans la presse "le bruit se propage", c'est fait, c'est presque une interdiction de recommencer quoi que ce soit ailleurs.L'effet pervers de la remontée google; l'anonymat peut être pénible, la remontée, fatale.

Un maillon est un lien, ce qui lie les gens. La "faiblesse" dans un tel contexte, c'est une faiblesse de solidarité, un manque de lien. Il n'existe pas de "maillon faible". Il n'y a que des maillons seuls, lâchés. La politique néo-libérale promeut "l'idéologie du maillon faible" : nous sommes destinés à nous batailler entre nous, pour que les plus forts gagnent, pour que les plus faibles perdent. C'est une fiction et un mensonge. Ce qui est fort ou faible, ce sont les liens qui nous unissent. Car selon le contexte, nous sommes tous forts, nous sommes tous faibles. Bon courage à vous, Florence Cousin.

Très beau et très vrai. "Le maillon faible" est une image imposée à tous par une certaine mentalité, qui se sert subtilement d'un ressort de soi-disant "bon sens pratique" et qui est parvenu à nous y faire croire.
Heureusement, même dans le sport, il y a beaucoup de compétitions (en équipes mixtes par exemple mais aussi bien tout ce qui se fait en fédérations encadrées) qui prouvent que c'est la force du lien, la force de la solidarité avant tout, qui mène à la victoire. Je dirais même carrément "pire": même dans l'armée, même et peut-être surtout, au combat, dans le feu de l'action, c'est la cohésion du groupe qui l'emportera, et l'individualisme qui perdra tout le groupe.

One step beyond: un pas encore... Jeudi soir, la direction de Libération a demandé à Florence Cousin de "quitter les locaux" du journal. "Après avoir tenté d'assurer une aide médicale, nous sommes maintenant contraints de lui demander de quitter les locaux de l'entreprise" écrit la direction du journal dans une note interne. "Le journal met tout en oeuvre pour protéger la salariée, dont la santé exige un suivi médical permanent" et "Libération ne dispose pas de la structure nécessaire pour assurer la sécurité médicale de la salariée dans ses locaux". Libération "reste prêt à toute nouvelle discussion en vue d'arriver à un compromis honorable et digne sur la base de l'accord signé avec la CGT, qui lui assure un avenir professionnel" (source AFP)

"Le Maillon faible", c'était une émission répugnante (sur TF1, je crois). Tout comme ce qui s'est produit pour Florence Cousin. Merci à Dominique et Grain de sel qui nous permettent de comprendre pourquoi elle a été poussée à ce mode ultime de protestation.

Vendredi en fin de matinée, Florence Cousin poursuivait toujours sa grève de la faim dans le hall de Libé. Elle avait reçu la visite d'un huissier mais n'avait pas été évacuée comme la dépêche de l'AFP d'hier pouvait le laisser penser. Des délégués syndicaux s'activent à son chevet. Il y a 10 jours maintenant qu'elle refuse de s'alimenter. Seigneur, comment tout cela va-t-il tourner ? Quel est ce monde dans lequel on peut ainsi se mettre soi-même en danger pour être ne serait-ce qu'humainement traité dans l'entreprise dans laquelle on bosse depuis plus de 20 années ? Je suis effarée....

Voici le communiqué de Libé, qui ne paraîtra pas demain , sa diffusion étant bloquée par les syndicalistes des NMPP.. Ce n'est pas forcément la solution idéale; pour quiconque. La Direction de «Libération» Avec stuppeur, la direction de «Libération» constate qu'une petite minorité syndicale extérieure à l'entreprise a bloqué par la force la parution du journal pour imposer la réintégration d'une salariée, alors même qu'un accord sur avait été signé par la direction à l'issue de négociations avec la fédération CGT du Livre. Cette petite minorité appartient pour l'essentiel au syndicat des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne, qui ne sont pas concernés par un conflit interne à Libération, et qui sont chargés de distribuer les titres à égalité. Cette action de force est scandaleuse et remet en question le principe même de la liberté de publier, et «Libération» dénonce cette atteinte gravissime aux principes qui régissent notre profession. Si elle devait se prolonger, cette action mettrait évidement en danger le journal. Depuis deux semaines, «Libération» tente de mettre fin à un conflit douloureux. Le journal a été obligé de se séparer d’une salariée, dans le strict respect de la loi. Après de multiples discussions et tentatives de compromis avec elle, la direction a finalement négocié un accord transactionnel avec son syndicat de branche, Info’Com CGT et avec la direction nationale du syndicat, la Filpac CGT. Cet accord comprend un triplement des indemnités légales (à 70 000 euros), une formation longue entièrement financée et un processus de reclassement qui se poursuivrait jusqu’à ce qu’elle trouve effectivement un autre poste. Cet accord a été refusé par la salariée. Auparavant, les syndicats avaient appelé à un débrayage le 9 février qui n’a pas été suivi, puis à une assemblée générale qui s’est révélée peu nombreuse. Ils ont enfin organisé un vote le jeudi 12 février sur un mot d’ordre de grève. Sur 259 personnes seules 46 se sont prononcées pour cette grève qui, en conséquence, n’a pas eu lieu. Pendant ces événements, la salariée a entamé une grève de la faim dans les locaux du journal. Des représentants du syndicat des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne, ont tenté mercredi, contre l’avis de la fédération CGT, d’imposer la réintégration de la salariée. Or seul vaut l’accord déjà passé avec la fédération, qui garantit, lui, une solution honorable à la salariée. Le journal met tout en œuvre pour protéger la salariée, dont la santé exige un suivi médical permanent, et bien entendu, le journal reste prêt à toute nouvelle discussion en vue d'arriver à un compromis honorable et digne, sur les bases de l'accord signé avec la fédération CGT, qui lui assure un réel avenir professionnel. La Direction de «Libération» Note perso: va falloir virer quelqu'un, stupeur, un seul p.

Merci Dominique pour ce billet sur cette histoire désolante et révoltante. Et surtout de nous en faire connaître tous les "ressorts" humains et professionnels avec l'appoint de première main de Gds. Vie en péril, métiers en péril. Couple infernal. Dans l'édition, la situation est aussi très critique pour les "travailleurs à domicile" (salariés) que sont la plupart des correcteurs de métier, ou autres préparateurs de copie. Je vais faire un billet d'info-relais et un point sur ces métiers sur mon blog dès que possible.

Est-ce que c'est le travail d'une secrétaire de rédaction de relire tout ce qui passe pour éviter les bêtises ? Si oui, "Mediapart" pourrait peut-être utilement embaucher Florence Cousin : ce matin dans la rubrique "l'essentiel de l'actualité vendredi 19 heures" on nous parle d'un gouvernement "lettonien". Nous abonnés nous prétendons solidaires avec cette femme, donc nous accepterions sans doute une hausse du prix de l'abonnement pour payer son salaire ? Autre solution : nous abonner par millions à "Libération". J'attends le premier million de nouveaux abonnés avant de faire un chèque.

Ah oui, elle est belle celle-là, et elle nous avait échappé, dans le cartouche.

@beber999 D'un correcteur avisé vous auriez en effet l'usage : ce solidaires avec au lieu de solidaires de n'est pas bien joli.

Cher Virgil Brill Rassurez-vous, il n'est pas d'actualité que je me fasse embaucher par "Mediapart". Merci pour la correction.

kairos Etrange comme les médias, et la presse en particulier, se montre discrets, voire silencieux, sur le sujet... Con-fra-ter-ni-té?

Ce n'est pas tout à fait juste, kairos. Si vous tapez "Florence Cousin" dans Google, vous verrez qu'il y a eu plusieurs papiers ici et là: dans Le Monde, sur Rue89, dans Le Figaro, l'Humanité, Le Point, etc. et pas mal de dépêches AFP pratiquement au jour le jour.... Certes je n'ai rien entendu à son sujet dans les radios et sur les chaînes de télévision, mais il faut toujours se garder de généraliser... * Et pour répondre à ce que dit Patrice, je voudrais ajouter une chose à propos du métier de SR. C'est un vrai métier de journaliste, normalement le SR est le garant de la fiabilité et de la lisibilité des articles, ainsi que de leur mise en scène (coupes, titraille, etc.), c'est le dernier filtre avant le lecteur.... et à ce titre, cela devrait être un rôle réservé à des journalistes chevronnés. Dans la culture anglo-saxonne, le "page-editor" est au moins le bras droit du rédacteur en chef, et sa mission est très valorisée. Seulement depuis quelques années, en France du moins, la tendance est inverse: le SR a été de plus en plus dévalorisé, les SR de métier sont passés vers la rédaction écrivante ou ont été licenciés et ce sont les autres catégories de personnel de la presse qu'on fait "monter" vers ce métier, notamment depuis les accords de reclassement avec le syndicat du Livre il y a quelques années. Sans toutefois leur offrir une réelle formation qualifiante, ni même parfois leur laisser acquérir tout le véritable "back-ground" que tout journaliste se doit de posséder. Ce qui crée un double problème: d'un bout des SR "historiques" écœurés de la dévalorisation de leur métier et de l'autre des gens qu'on "propulse" quasi du jour au lendemain dans un métier à responsabilités sans leur avoir donné les moyens d'en acquérir véritablement les réflexes. * Florence, à mes yeux, est l'illustration (et la victime) de ce paradoxe. Non pas que je juge qu'elle soit incompétente, loin de là, et elle est de plus extrêmement impliquée, mais elle dit elle-même qu'elle aurait eu besoin (et qu'elle réclame) une formation plus longue, plus étoffée. J'estime qu'en la lançant trop tôt dans le grand bain, on l'a littéralement cassée. Même en refusant l'idée que ça ait été fait de façon délibérée parce qu'on voulait s'en débarrasser (qui je le reconnais m'a effleurée), je trouve scandaleux ce qui est en train de se passer. Car il est évident que cette gestion aberrante des ressources humaines dans l'ensemble de la presse peut déboucher sur des drames humains comme le sien. C'est un véritable gâchis, et cette politique ne concerne pas seulement Libé, mais quasimment toute la presse, des quotidiens nationaux à la PQR, en passant par la une partie de la presse périodique ou spécialisée. * Par ailleurs, et c'est là qu'elle est doublement victime, il apparaît au fil des interviewes des délégués syndicaux de Libé lus ici ou là, que le journal se propose de licencier (à nouveau parce que les charrettes ou guichets départ ne se comptent plus depuis quelques années à Libé comme au Monde ou ailleurs) une dizaine ou une douzaine de personnes dans un avenir immédiat. Et qu'elle ne serait que la première d'une liste qui va suivre. D'où, j'imagine, la demande du SGLE-CGT, quelles que soient les propositions faites par la direction (acceptées par les autres organisations syndicales si j'ai bien compris), d'exiger sa réintégration. Si on en laisse partir une, quid de ceux qui vont suivre ? C'est en tous cas ce que j'imagine, et par ailleurs, à tort ou à raison, elle aussi demande à être réintégrée après une formation et nous n'avons pas à juger si c'est une bonne idée ou non. * Mais presse ou pas, Libération ou pas, et qui que soit Florence Cousin et la situation à Libé, qu'un(e) salarié(e) en vienne à mettre sa vie et sa santé en danger pour conserver son emploi et mériter un minimum de reconnaissance et de solidarité dans une boîte où elle a travaillé plus de 20 ans est quand même un révélateur glaçant de ce qu'est en train de devenir le monde du travail. Désolée d'avoir été si longue. Et en croisant très fort les doigts pour que ce drame se résolve le moins mal possible. Et que Florence arrive à sauver sa peau et à retomber sur ses pieds.

J'avais bien compris, chère grain de sel. Mais tu as raison d'insister, pour tous, et parce que les enjeux sont importants, humainement et professionnellement, surtout à ce moment "technologique" de l'internet.

@Grain de sel Désolée d'avoir été si longue. Longue peut-être, trop longue certainement pas.

Ce n'était pas trop long, chère Grain. Je passe sur ce fil régulièrement pour avoir des nouvelles, et, au-delà de la situation de Florence Cousin, mieux comprendre ce qui se joue dans le secteur des journaux pour les personnels.

kairos Au contraire, merci de ces longues précisions! J'ignorais qu'il y avait eu tout de même quelques échos... Disons qu'ils auront eu moins de retentissement que telle phrase "déconnante" d'un publicitaire célèbre; et qu'aucun Philippe Val n'aura jugé l'affaire importante au point d'en faire un éditorial, quand par exemple un quelconque billet de blog à propos du VIH dans Mediapart, si!

Pas plus, cher Kairos, que l'on ne parle de cette curée desdits travailleurs à domicile de l'édition. Raison de plus pour s'en faire l'écho... En toute confraternité.

On propose 70000 euros à Cousin pour partir. Aubenas et Simonnot avaient touché combien ?

Rien du tout! Elles ont démissionné lorsque Serge July a été débarqué. Depuis, elles ont entamé une procédure judiciaire. Mais ne vous faites pas d'idées: les salaires des journalistes, à Libération, ne sont pas vraiment extravagants ( comparé à d'autres titres)

Elles n'ont pas invoqué la clause de conscience ? Vous étiez encore à Libé au moment du départ de July ? Dans la presse on a pas été tendres pour Aubenas sur les conditions de son départ de Libé, je suis étonné de ce que vous dites.

Non, je n'étais plus à Libé au moment du départ de Serge July, mais on est au courant, qu'on le veuille au non, surtout lorsque vous évoquez des ruptures qui ont fait l'objet de déclarations publiques. En effet, je restais dans le flou, en évoquant une procédure plutôt que la clause de conscience parce que je m'en souvenais mal, et parce que je n'avais pas envie d'entrer dans un débat sur qui est parti avec quoi . Ce n'était pas le propos du billet et si les commentaires vous permettent de découvrir ce que sont les nombreux métiers du journalisme, l'édition, le secrétariat de rédaction, la correction, et ce qu'ils deviennent, alors là, tant mieux. Un article bien titré, bien mis en page, bien sous-titré, avec de bons encadrés ( ou leur équivalent internet) et sans catastrophe orthographique sera plus et mieux lu: en général, on ne retient que le nom du journaliste qui signe ( et pas toujours) alors qu'il s'agit d'une chaîne de compétences, et quand tout va bien, d'une complicité. Le comparatif entre ce qui est proposé à Florence Cousin par la direction de Libération et d'autres départs ne tient pas la route. Selon les périodes, les départs négociés le sont à la hausse ou à la baisse. Présentement, il s'agit d'un départ contraint, de ses conséquences - financières, bien sûr - mais humaines d'abord. .

Y a-t-il une différence entre clause de conscience et clause de cession ? Le sujet des départs à l'occasion de celui de July (qui j'imagine a été bien payé) est intéressant car il opposait les syndicats de Libé à l'époque, le journal étant déjà exsangue et payant donc selon ce que j'ai pu lire de grosses indemnités - pas uniquement à Aubenas et Simonnot, ils sont six environ à être partis.

La clause de cession s'applique lorsque la propriété d'un journal change de mains ( en simplifié, jeu d'actionnaires, rachat par un groupe, etc) à la demande du journaliste.La ligne éditoriale n'est pas forcément concernée. Par exemple, si monsieur Lagardère rachète un journal à monsieur Dassault, la ligne éditoriale n'en sera pas forcément bouleversée. Mais la clause de cession peut s'appliquer. La clause de conscience - avec chaudes discussions devant les tribunaux, le cas échéant - s'applique lorsque le contenu, la ligne, voire une rubrique est modifiée, ce qui peut intervenir avec un changement direction rédactionnelle. C'est du schématique, mais il me semble qu'on trouve pas mal d'informations sur le sujet via google. Quant aux indemnités de départ, certes elles peuvent coûter cher, en particulier en raison de l'ancienneté du salarié, mais dites-vous bien que le calcul a été fait: si on préfère verser des indemnités, c'est que verser des salaires coute plus cher encore, à terme.

Et puis, très cher et toujours délicat beber, il y a l'argent, mais il y a aussi les séquelles... et les conséquences sur l'avenir professionnel. Vous savez bien ! Ce que les professionnels nomment très élégamment "l'employabilité"....

Merci de ces informations, qui font froid dans le dos. On comprend bien qu'elles révèlent une déshumanisation croissante dans les secteurs professionnels.C'est très préoccupant : notre tissu social à toute vitesse se déchire.

Pauvre Libé que nous voyons sombrer économiquement; socialement; éditorialement, alors que nous sommes confortablement installés devant notre écran, butinant à loisirs sites et blogs pour se repaître de ce que nous avons envie d'entendre.

Ah!, si Libé faisait un site Web de la même qualité que Médiapart... Mais c'est pas facile !

Bravo pour ce papier ! La fédé CGT du livre a gagné le titre de jaune dans cette histoire scandaleuse.

Ce n'est pas si sûr ni en tous cas si tranché, cher -----, car le paysage syndical de Libé a l'air pour le moins compliqué: SNJ, SUD (section fondée par des ex-CFDT), Infocom-CGT, SGLE-CGT et Filpac-CGT. Je ne sais pas s'il n'existe pas aussi une section SNJ-CGT. Donc au total au moins 3 ou 4 différentes CGT ! Si j'ai bien compris, tous les syndicats ont sinon appelé à la grève, au moins organisé le référendum d'il y a une dizaine de jours "grève ou pas grève". Les salariés ont voté. Pas grève, donc. Ensuite, certains représentants de ces syndicats ont été négocier avec la direction. Enfin, si certains ont décidé que l'accord n'était finalement pas si mal, d'autres continuent à soutenir Florence dans son choix de continuer et de vouloir être réintégrée. Je pense qu'on ne peut si vite (et de l'extérieur qui plus est) décider qui est jaune dans tout cela et qui ne l'est pas. Jeter trop vite l'anathème ne règle jamais ce genre de débats... Pardonnez-moi !

Il y a quand même un lien entre la ligne éditoriale d'un journal, et ses décisions humaines. Le traitement de cette affaire, au moins le mépris affiché, si pas le calcul préalable de rentabilité, avec éventuelle élaboration de piège, doivent être rapprochés, absolument , d'une ligne éditoriale. Si cette situation arrivait au Figaro, ou ailleurs, elle ferait peut-être moins de bruit, d'une part. D'autre part, nous serions peut-être moins surpris. Le mauvais traitement fait à un être dans le cadre de son emploi, est un malheur égal où qu'il se passe, et également insupportable. Le problème, quand cela arrive entre les murs de Libération, c'est que ce journal, nous avons longtemps pu croire et espérer qu'il était un lieu de réflexion sur la façon dont tourne le monde, de prise de distance avec certaines conceptions que l'on veut nous imposer à propos de comment le monde "doit" tourner, de protestation enfin, contre le mépris affiché à l'encontre d'une certaine éthique de la relation par tous ceux qui imposent le "pouvoir dur" comme unique mode de conception d'un rapport au monde. Libération, nous attendions qu'il nous aide à réfléchir, qu'il soit un outil dans nos élaborations de mouvements, sociaux, politiques, privés. Nous en attendions beaucoup, en effet. Ce journal ne remplit plus ces missions, c'est mon sentiment. Le problème, c'est qu'il prétend les remplir encore. Avec certaines pages justificatives à l'appui, de ci de là. D'où, le fait que cet évènement qui arrive en ses murs nous soit encore plus insupportable. Par basique fidélité à son histoire, il devrait y avoir au sein de Libération une politique des rapports humains qui soit "révolutionnaire", dans le sens : qui ne se plie pas à la tyrannie du tout rendement qui prévaut à présent partout, nouvelle Bible des "Ressources Humaines". Ressources Humaines, on croit rêver. Notre monde "moderne" nomme de plus en plus précisément ce qu'il est de plus en plus incapable de faire vivre. Le lien, dont Jamesinparis parle si exactement bien, est absolument la chose qui fait que tout, même un licenciement, pourrait se passer au mieux humainement. Avec le moinsde casse possible. Permettre à la sagesse et à la compassion (sentir avec), de créer de nouveaux liens. Dialoguer, au lieu de contraindre. Elaborer ensemble les solutions, cerner ensemble les vraies problèmes, ne pas mentir. Comprendre que le dialogue véritable, pour si profondément difficile qu'il soit, est la seule, l'unique voie qui ouvre les portes au lieu de les fermer, qui trouve les solutions adéquates, et le fait avec le moins de dommages, tout en sécrétant par son utilisation même le début de la guérison des plaies. Il y a des blessures à quitter un emploi, il y a des blessures à devoir fermer un service, une boite ...mais on peut le faire "honnètement". Tous les "frais", humains et financiers, en sont réduits d'autant. Que Libé n'ai pas pris la mesure de son erreur avant même que de la faire, voila qui montre où ils en sont dans les rapports humains et sociaux, là où eux, en tout premier lieu, ne devaient pas aller. Voila qui confirme de manière éclatante, si besoin était, le changement intervenu depuis longtemps maintenant, oui, longtemps, dans leur fameuse "ligne éditoriale". Ce rapport est à faire à mon sens, de ce point de vue là. Il pouvait nous rester quelque espoir de leur côté d'une conception différente de l'entreprise ? Eh bien non. Libé est comme tout le monde, tant mieux, maintenant tout le monde le sait. Merci Dominique, Graindesel, ce dossier donne à réfléchir et apprend beaucoup. Claire

A cela, Claire, il n'y a rien à ajouter. Je te suis à 100%, pour chaque phrase, pour chaque mot.

Le commentaire de Claire pose parfaitement les enjeux. Même si je n'attends plus rien de Libération depuis longtemps : je ne peux pas croire à la fable d'un journal qui éditerait dans la plus grande liberté des articles qui iraient uniquement à contre courant des convictions de son actionnaire principal. Ce n'est pas le lieu, ici d'en mener la démonstration ni d'appeler à de mauvais combats contre un journal qui laisse encore passer de vrais informations et de vrais regards critiques. Il en reste peu dans le champ visible de l'information. Par contre, comme disait je ne sais quel poète je ne peux pas être heureux dans un monde où l'on maltraite des gens pour ajouter sans cesse de petits profits présents et futurs à de gros actionnaires : nous savons aujourd'hui que ces profits, loin de profiter à tous comme le raconte la légende libérale, ne servent qu'à perfectionner les outils de la maltraitance. Je reste très attentif au sort réservé à Florence Cousin.

De tout coeur avec Florence sur le principe de dénoncer un abus patronal par une action extrême. Toutefois, quand ça devient à ce point héroïque, les grèves de la faim laissant de graves séquelles au plan de la santé, je trouve qu'elle a tort, à 47 ans, de s'affaiblir plus. Maintenant, la presse entière sait de quoi il retourne. Franchement, est-ce que ça vaut la peine de "se tuer au boulot" parce qu'on visait un avancement qu'on n'aura pas ? Dans la mesure oùi elle part de Libé avec une prime de licenciement économique de 70 000 euros, sa trajectoire (personnelle et professionnelle) peut continuer au lieu de stagner dans une ambiance détestable, au besoin en faisant intervenir d'autres systèmes de défense que ce sacrifice de sa personne (Prud'hommes !). Certes, des patrons de presse lui fermeront la porte dans le futur, mais d'autres, émus par son implication, devraient lui donner du travail, non ?

aujourd'hui, celà fait deux semaines que florence cousin fait sa grève de la faim ... sinistre anniversaire ... les journalistes détournent la tête en attendant l'ascenceur ...... après vingt-cinq ans de "maison", deux rédacteurs en chef musclés m'ont foutu dehors il y a une semaine, je n'ai même plus le droit de venir embrasser une vieille amie ... doit-on rappeler qu'une vieille tradition d'hospitalité existait encore à libé il a six mois? .... quelle ignominie de plus doit-on attendre de ce journal qui en a déjà tant à son actif? votre ensemble (article, réactions) est remarquable ... il y manque juste une chose pour comprendre la nature profonde du conflit (l'humiliation répétée d'une employée par ses patrons): ne pas oublier que florence est une personne d'une intégrité morale absolue, presque déplacée dans un journal où le cynisme se généralise et s'érige en qualité indispensable pour réussir professionnellement ... florence accepte tout sauf L'INJUSTICE ... rappeler qu'après avoir été sadisée toutes ces années par des cadres sups vicieux ET INCOMPETENTS (rappeler pour ceux qui ont lu libé d'un peu près qu'elle a été -au guide télé notamment- une très bonne journaliste ... qu'on a très vite empêché d'écrire), elle a choisi de relever la tête et de refuser cette injustice ultime... cette goutte de trop dans son parcours en forme de chemin de croix à libé ... loin de libé, je serai avec elle jusqu'au bout

le texte de dominique conil est très juste, très fin, très beau ... les réactions aussi ... ça change de la presse française ... se rappeler surtout de l'intégrité MORALE de florence, ce courage MORAL qui caractérise son combat, le simple refus jusqu'au boutiste de l'injustice se rappeler aussi (j'en sais quelque chose, on a travaillé longtemps ensemble au GUIDE) qu'elle erst aussi ET SURTOUT une très bonne journaliste ... à laquelle on a coupé les jambes en lui ôtant brutalement, d'un jour à l'autre, toute possibilité d'écrire ... ceux qui aiment écrire comprendront la violence de cette censure professionnelle ...

La réponse de Laurent Joffrin à l'interview de samedi sur nouvelobs.com: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/20090223.OBS6036/laurent_joffrin__on_nous_fait_du_chantage.html Par ailleurs, skorecki, désolée de dire cela maintenant, et il ne faudrait en aucun cas que Florence se sente lâchée si elle lit ces mots, mais Luciole Camay plus haut (23/02 à 23h07) n'avait pas tort: pour sa santé, pour elle-même, il ne faut pas non plus qu'elle entre dans la spirale du jusqueboutisme et mette sa vie en danger. Aucun boulot ne mérite cela. Je sais que je vais me faire huer mais j'assume: je crois sincèrement qu'au bout de 15 jours sans s'alimenter, il y aurait une part d'inconscience à l'encourager à continuer. Elle n'est pas un symbole, elle est une personne. Aucun boulot, aucune cause ne mérite qu'on y laisse sa peau... 15 jours, ça me fait peur. Ne la poussons pas au suicide pour ne pas nous décevoir et être fidèle au combat qu'elle a décidé de mener. Le suicide par dignité, non !

Le problème, chère Graindesel, c'est qu'il ne s'agit plus de boulot... Les ressorts mystérieux qui font qu'une personne continue un combat au risque de sa vie, sont infiniment plus profonds sans doute que les motifs qui enclenchent ce combat. Il est souhaitable pour sa santé que Florence puisse entrevoir que "jusqu'au bout", signifie la victoire. La victoire, c'est toujours d'être en vie pour témoigner, pour continuer, différemment, sans doute, mais continuer, et retrouver la joie. La victoire c'est vraiment la vie et la joie à vivre, quelles que soient les circonstances. Malgré tous les obstacles. Pourvu que Florence puisse croire à cela pour elle-même, se sentant soutenue par tous quelle que soit sa décision. Arrêter une grève de la faim n'est pas capituler, c'est reprendre des forces pour aller plus loin. Son histoire est déja exemplaire. Au moins il faudrait qu'elle le sache.

Aucun boulot ne mérite cela. certes, et encore moins un sale boulot dans un torchon comme libé, un torchon moribond qui plus est ... où personne n'est à sauver, ni la direction brutale, sadique, sans idées, ni ce qui reste de journalistes, lâches et sans énergie, et avec encore moins d'idées ... je voulais juste dire que ce combat, c'est celui de florence cousin ... ... laissez-le lui ... c'est tout ce qui lui reste (c'est une catholique pratiquante, plus que pratiquante, je respecte sa vie, ses convictions, sa force, ses idées ...)

Ah bonjour Louis Skorecki, je ne savais pas que vous étiez ici.. Vous avez raison, il manquait dans ces commentaires celui de quelqu'un ayant travaillé au long cours avec Florence Cousin, d'une amitié durable. Mais maintenant ? A un moment, on passe de la protestation, si désespérée soit-elle, à la mise en danger, avec ce qui s'ensuit, hospitalisation, et un peu plus tard, oubli. Personne, en effet, ne peut dicter à Florence Cousin ce qu'elle doit faire. Sur le "tout ce qui lui reste", je ne sais . Il y a une vie en dehors de Libération, et après. Il y a aussi des tas de vies en dehors de la presse et après. Bien sûr, je lis l'interview de Laurent Joffrin au Nouvel Observateur en lien plus haut, offre qui n'est pas ridicule, appel en somme à la raison, mais également rappel d'un isolement et de critiques professionnelles en salve, d'où un effet "double bind": soyez raisonnable, et poursuivez donc votre grève. Au départ, je ne parlais que dégâts humains. A l'arrivée, il ne faudrait pas qu'ils soient pires, non ? Et aussi, pas promo, mais pas sans rapport... Plus deux autres.

Cette solitude. Entourée soit d'hostilité soit de lâcheté. La bassesse d'avoir expulsé Skorecki. Consternant. Si elle pouvait lire ce billet et les commentaires, est-ce que ça ne l'aiderait pas ? Comprendre que des gens pensent à elle et l'attendent, l'attendent vivante donc victorieuse. Mais comment faire ?

Florence Cousin a visiblement été harcelée et piégée. En cas de harcèlement la seule issue c'est de s'en aller pour supprimer le lien pervers. S'en aller est une victoire, s'en aller avec un pécule est une chance de nouvelle vie. Qu'elle se tire de là ! Il ne faut pas la laisser se dissoudre sous prétexte de respecter sa décision. Bien sûr que c'est honorable et respectueux de respecter sa décision, mais quelle décision ? Elle est embringuée dans quelque chose, elle est seule, elle est perdue, elle est affaiblie, il faut l'aider. Je ne sais pas comment. Si ces salopards ne laissent même pas ses amis venir la voir, comment faire ?

Le communiqué de la direction de Libération paru hier dans le journal papier faisait état d'une offre de 80.000 € au lieu de 70.000 €, et laissait entendre que des négociations avaient repris avec Florence. Quelqu'un sait-il si c'est exact et quelqu'un sait-il où en sont les choses ? Il faut aller vite. Les dégâts d'une grève de la faim sont plus que proportionnels au nombre de jours de jeûne. Mais comme l'ont dit bien des médiapartistes avec justesse et sensibilité, le combat de Florence dépasse de loin un conflit professionnel. Dans ce contexte, une rallonge de 10.000 € prend presque l'allure d'une aumône. On ne sait plus quoi dire... Pourvu que Florence s'en sorte. Respect total.

"Le combat de Florence dépasse de loin un conflit professionnel". Là on est en plein délire. Si ce n'est pas un conflit professionnel c'est quoi ? "Libération" est un employeur et Florence Cousin une employée. Au passage l'employeur ne va pas si bien, puisque d'une part son produit est nul, et d'autre part il est accessible gratuitement sur le net.

Mais oui, beber. Gentil beber... Susucre, beber ? T'as entendu parler de ce qu'est un symbole, beber ?

Comme dit Joël Martin, on ne sait plus quoi dire. Soutenir, respecter, faire savoir... Craindre pour la santé de Florence Cousin. Espérer.

En réponse à la question de Joël Martin, ci dessus: Sur le site de Libération.fr, ce soir, communiqué de la direction: Dans un souci d’apaisement, Libération a décidé de faire appel à la commission paritaire en présence des éditeurs du syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), et de la représentation syndicale. Depuis deux semaines, Libération tente de mettre fin à un conflit douloureux. Le journal a été obligé de se séparer d’une salariée. Dans le strict respect de la Loi, il lui a proposé une indemnité qui triple les indemnités légales, une formation longue, et une cellule de reclassement qui poursuive ses efforts jusqu’au reclassement effectif de la salariée. Malgré de nombreuses propositions, Libération constate que le journal continue de subir les pressions d’une minorité syndicale extérieure à l’entreprise; hier une manifestation a eu lieu dans les locaux de Libération, une autre était en cours ce mardi à la mi-journée. Cette minorité syndicale, appartenant pour l’essentiel au syndicat des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP), n’est pas concernée par un conflit interne à Libération.

Merci, Dominique, j'ai lu aussi ce communiqué. Désolé de me répéter : j'en ai lu un autre lundi dans le journal papier mentionnant ce que j'ai éécrit dans mon mail précédent : 80000 € proposés au lieu de 70000 € et reprise des pourparlers avec Florence. Quelqu'un a-t-il des nouvelles plus fraîches ?

bravo plenel, bravo dominique conil florence a entamé hier sa TRROISIEME semaine de grève de la faim ... et l'article n'est même plus sur la une ... en cliquant sur libération, ou sur florence cousin non plus on n'obtient rien ... bravo ... bravo les chiens ...

Trois semaines, c'est de la folie, Louis. Elle va y laisser sa peau... On ne peut plus l'encourager à continuer ce combat, ni surtout l'instrumentaliser pour en faire une icône de la révolte... Hier déjà, je voulais répondre à votre commentaire dont je reproduis une partie ici:je voulais juste dire que ce combat, c'est celui de florence cousin ... ... laissez-le lui ... c'est tout ce qui lui reste Pardonnez moi, Louis, vous ne pouvez pas dire ça. Elle a un compagnon, elle a un fils, elle a des amis, elle a sa vie à vivre, le reste du monde à découvrir... Je sais qu'elle est une de vos amies. Moi je l'ai juste rencontrée, mais je sais que sa vie ne doit pas se jouer tout entière là. Maintenant il faut l'aider à s'en sortir et à retomber sur ses pieds, sans avoir l'impression ni de capituler ni se renier, cela aussi, peut-être cela surtout, désormais, est du soutien. Sinon, je pense qu'elle va foutre sa vie en l'air... ou y laisser sa peau. Et ce n'est pas la trahir, je pense que tenter de l'empêcher de se bousiller ! A quoi rime désormais vouloir à toute force être réintégrée ? Dans quelles conditions pourra t-elle évoluer dans cette entreprise après ce qu'elle vient de vivre ? Ne risque t-elle pas d'être définitivement grillée ? Ne la poussons pas au jusqueboutisme pour en faire un symbole, ni régler nos comptes avec le monde du travail en général et la presse en particulier. Nous n'avons pas le droit. Arrêter une grève de la faim n'est pas capituler, c'est reprendre des forces pour aller plus loin. Son histoire est déja exemplaire. Au moins il faudrait qu'elle le sache, écrivait hier Claire Malbos. Elle a parfaitement raison. Il faut qu'elle sorte de cette histoire et par le haut. Pas en martyr parce que nous l'aurons encouragée à continuer le combat. Pour le reste: les billets signalés à la "une" du site sont ceux qui ont recueilli le plus de commentaires, ce n'est pas un choix éditorial. Et si Dominique Conil (ou moi-même) avons renvoyé dans ce fil à des communiqués de la direction ou à l'interview de Joffrin, vous savez bien que ce n'est pas par "trahison" mais une des règles de base du journalisme: donner tous les sons de cloche, faire connaître les différentes positions afin que le lecteur puisse se faire son opinion par lui-même... Je ne vous apprends rien. Bien à vous. Réfléchissez à tout ce que vous venez de lire avant de vous mettre en colère et de traiter de "chiens" ceux qui simplement s'inquiètent de l'issue de cette histoire et de la santé et l'avenir de Florence Cousin..

Monsieur Skorecki, il est indigne de chercher à régler vos comptes par gréviste de la faim interposée. De toute façon vous étiez encore à "Libé" quand ce journal était déjà infréquentable depuis plus d'une dizaine d'années. Vous devriez les remercier de vous avoir congédié.

ils ne m'ont pas "congédié" comme vous le dites un peu vite, je suis parti il y a deux ans, c'était un choix délibéré ... ce que joffrin a fait, c'est de me dispenser par lettre recommandée d'un mois de préavis, ce qui équivaut à jeter dix de mes papiers dejà écrits, ce qui équivaut aussi à un dernier coup de pied au cul .. après 25 ans, j'ai le droit de trouver ça brutal .. par ailleurs, croyez bien que je n'ai pas besoin du "sacrifice" de florence pour régler mes comptes, si elle va jusqu'au bout de son combat (pour des raisons que j'ai déjà expliquées, de pure intégrité morale et de refus buté de l'injustice), ça la regarde .. je n'aurais moi-même jamais entamé un tel combat car 1. libé/torchon ne le mérite pas 2. je n'en aurrais pas eu le courage (à libé, je n'ai jamais été un trouillard mais ce courage là, je ne l'aurais jamais eu ...) PS. je n'aurais jamais dû mettre les pieds à mediapart ... celà me servira de leçon

“je n'aurais jamais dû mettre les pieds à mediapart ... celà me servira de leçon”
L'abonné beber999 ne représente que, mmm, très peu Mediapart. En fait il ne rate pas une occasion de tenter de foutre la merde jusqu'à son désabonnement dans deux semaines. Mediapart, c'est avant tout l'indépendance de la presse, la liberté de la presse; le but est-il atteint, ou pas encore, on verra, en tous cas ce qui est sûr c'est que non, Mediapart n'est pas là pour servir de tribune à untel ou untel, du moins ce n'est pas sa fonction première.

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Restez avec nous ! Faut pas faire trop attention à beber, cher confrère médiapartiste. Il est, comment dire, un peu spécial. Il zappe sur le drame humain et rebondit dessus pour polémiquer bassement. Mais ses torchons à lui sont virtuels. Ce n'est pas comme du temps d'Henri Jeanson, qui polémiquant avec un contradicteur lui répondit ceci : "Cher ami, je viens de recevoir votre missive. Je l'ai parcourue d'un derrière distrait..." Ce n'était donc pas une bath missive... Moël Jartin

Il a l'air nerveux Skorecki. Il faut dire qu'être exposé sans avoir été prévenu à la délicatesse d'âme de beber, ça secoue. Et en plus, juste après avoir essayé le fameux moteur de recherche de Médiapart, le seul moteur de recherche au monde qui planque les informations dans un endroit connu de lui seul. Bon, la bonne nouvelle c'est que le 16 mars, veille de mon anniversaire, mon pote beber me fait le cadeau : il dégage… En attendant Florence Cousin s'assassine elle-même à petit feu. J'ai envie de lui crier : tire toi de là ! C'est à toi que tu fais du mal ! Et pourquoi ? Si tu gagnais ce que tu demandes, tu serais dans une merde noire. Obligée de travailler et de vivre avec des gens qui auraient honte et qui te le feraient payer tous les jours, qui t'en voudraient à mort, qui arrêteraient de parler quand tu approcherais, qui te tendraient des pièges dans le boulot, toutes les vacheries imaginables. Pardon, je vous ai tutoyée, c'est l'émotion, sortez vous de là, Florence, vous vous battez pour la justice et vous avez raison mais la justice c'est que vous viviez, en bonne santé, prenez les sous et faites vous ce cadeau : faites vous la vie belle, vous l'avez mérité.

Bravo, Virgil ! Puisse Florence se sauver. Dans les deux sens du terme…

J'ai envie de lui crier : tire toi de là ! C'est à toi que tu fais du mal ! Et pourquoi ? Si tu gagnais ce que tu demandes, tu serais dans une merde noire. Obligée de travailler et de vivre avec des gens qui auraient honte et qui te le feraient payer tous les jours, qui t'en voudraient à mort, qui arrêteraient de parler quand tu approcherais, qui te tendraient des pièges dans le boulot, toutes les vacheries imaginables. C'est exactement ce que j'ai envie de lui dire aussi, Virgil, désormais. La justice n'est que ce qu'elle est. La vie c'est autre chose.... Sauve-toi !

Je n'ose guère me meler de ce billet tellement tout cela me semble dingue. Je ne comprends pas qu'on ait laissé les choses en arriver là. Le lien que je viens de lire de Grain de sel montre bien que certains pensent à un ailleurs car après avoir laissé se développer une telle chose... Je pense surtout à la volonté de cette femme que je ne connais pas, et j'ai tout envie de lui dire la même chose que d'autres... tire toi vite de cette engeance qui décidément traite les gens comme de la M - - - - - ... mais et surtout arrête avant que ta santé n'y laisse des plumes. Mais je n'ose même pas imaginer ce qu'elle peut ressentir en lisant nos messages. J'espère qu'elle entendra quand même que nous pensons à elle, mais j'ignore si cela changera la donne pour elle, en tout cas j'aimerais lui dire qu'il y a sûrement une meilleure vie après Libé, je le lui souhaite de tout coeur. Pour ce qui est de la direction de Libération, je ne sais pas si cela change quelque chose qu'on en parle, bien que j'imagine que cela doit nécessairement les inquiéter. Alors parlons-en ....

bravo plenel, bravo florence en sera mardi à trois semaines de grève de la faim ... dans la presse, la chose est assez rare pour qu'on ne la délaisse pas plus vite que la lumière ....depuis deux ou trois jours, l'article de dominique conil est carrément indisponible, impossible d'y répondre si on n'a pas relevé (ce que j'ai fait) l'adresse électronique de l'article lui-même en cliquant sur libération, ou sur florence cousin, on n'obtient rien ... pour vous, mr plenel, cette jeune femme est donc morte ... bravo ... bravo les chiens ...

Monsieur Skorecki, le moteur de recherche de Mediapart n'a jamais bien fonctionné. Mais l'article de Dominique Conil est tout à fait disponible à partir de Google. Première, deuxième et sixième référence quand on tape "Florence Cousin Mediapart". Je suis arrivée ici par le tracker de Mediapart, http://www.mediapart.fr/tracker, qui indique les contributions récentes, commentaires, articles ou billets.* J'y cherchais d'éventuelles nouvelles informations sur la poursuite de sa grève de la faim. J'ai imaginé que quelqu'un pourrait mettre chaque jour un commentaire annonçant : "Aujourd'hui, Florence Cousin entame son ixième jour de grève de la faim". Si je ne fais pas d'erreur, aujourd'hui est donc le dix-huitième jour.
* Comme nous sommes de "vieux" abonnés, nous utilisons les nombreuses possibilités de navigation que nous offre ce site, en passant par le tracker, ou bien http://www.mediapart.fr/activity, qui indique en plus les auteurs des nouveaux commentaires, ou encore les contacts et les infos des contacs, et enfin la rubrique "mes activités" dans "mon compte", qui garde la mémoire de nos contributions.

Je constate que sur la première page, les billets les plus commentés sont (à 21 h 20) : - les facheux : 250 commentaires, - Au revoir : 202 "" - mensonges : 188 - Roulox : 100 - bobo loyer : 81 Ce billet a maintenant 102 commentaires, il me semble qu'il devrait apparaître (mécaniquement) sur la première page, ce qui n'est pas (encore) le cas, mais je l'espère ne devrait pas tarder.

J'ajouterais deux choses: la première c'est qu'il n'y a pas de médiateur sur les blogs ( sinon je n'y serais pas ) - seules interventions possibles en cas de diffamation, insultes, etc, qui relèvent du droit de la presse. Edwy Plenel ne s'amuse pas à faire apparaître ou masquer des billets, comme Anne Guérin Castell l'écrit ci-dessus. Mais une production chasse l'autre, c'est certain, tout comme sur Libération le dernier article ( court, et où son nom n'est pas mentionné) est passé en page, deux, ou trois sur libération.fr.. Plus important, dix-huitième jour de grève de la faim, ce que je pense, et que je tais depuis quelques temps. Menacée de licenciement sec pour faute, sans indemnités, Florence Cousin a entamé une grève de la faim. Quatre ou cinq jours plus tard, la direction de Libération lui assurait des indemnités d'environ 80 000 euros, une formation véritable d'un an, et un reclassement assuré. C'est-à dire que très vite, elle avait emporté la manche. Elle souhaite être réintégrée au journal à l'issue de sa formation, et , à cause de cela, poursuit une grève de la faim qui menace sa santé. En vrai: cela me semble absurde, maintenant. Car oui, irrémédiablement, elle va être chassée de l'actualité ( avec rebond prévisible s'il y a hospitalisation, puis oubli), ce qui est proposé n'est pas une aumône mais correspond aux guichets départ de Libé. Peut-être y a t'il des enjeux qui m'échappent, mais voilà.

Cher Dominique Conil, pour passer de zéro à 80000 euros elle pouvait passer par la voie normale (avocat et menace de prud'hommes).Quant aux "guichet départ de Libé" ce n'est pas la sécu, il faut que ce pigeon de Rothschild soit d'accord pour continuer à gaspiller son argent. Il n'y a plus assez de lecteurs, c'est là le problème de fond (et de fonds).

Je suppose que Florence Cousin est restée sous la violence de l'injustice et de l'irrespect de son licenciement pour faute et des premières réactions que ce licenciement a suscité, je suppose que la violence qu'elle s'inflige aujourd'hui à elle-même dépasse sa propre cause personnelle et sa seule situation matérielle.

VOICI CE QUE J'ECRIS SUR MON BLOG (skorecki.blogspot.com). y a t-il un rapport avec le fait d'avoir été en début d'après-midi furieusement agressé (coups de poings et tout) par laurent joffrin? A vous d'en juger .... florence cousin commence demain sa QUATRIEME semaine de grève de la faim .... le silence des medias devient assourdissant je m'étais interdit depuis deux semaines tout nouveau commentaire sur la grève de la faim de florence cousin, mais de nouveaux évènements m'obligent à intervenir 1. risquer de mourir à libération, dans le silence assourdissant de la presse écrite, de la presse télé, des sites et des blogs (même mediapart ne parle plus de florence depuis une semaine, on ne peut même plus répondre au très beau texte de dominique conil ... qui commence à dater) devient intolérable. 2. il ne s'agit ni d'encourager florence, ni de la décourager ....son combat est un combat moral contre l'injustice qui lui est faite: ça, la direction de libé ne l'a jamais compris ... qui ne communique qu'à coup de chiffres énormes qu'elle aurait promis à florence, ainsi que d'une longue formation, en laissant même entendre -ça ne mange pas de pain- qu'elle aurait d'ores et déjà un poste assuré dans un quotidien national. 3. pourquoi ne dit-elle pas, outre les violences et les humiliations qu'elle lui fait subir quotidiennement, que la direction oblige florence cousin à payer elle-même les 60 euros de la vite quotidienne d'un médecin? 4. la brutalité et le cynisme de laurent joffrin sont légendaires, ils ne me choquent plus, je m'y suis fait; le cynisme et l'indifférence d'une grande partie de la rédaction de libération sont plus choquants à mes yeux que les méthodes du petit fürher local, qui a de toutes façons d'ores et déjà sa retraite dorée assurée (à radio france ou ailleurs). 5. me choque au moins autant le cynisme implicite de 99% de la presse française qui n'a qu'un seul discours à la bouche: eh pauvre fille, prend l'oseille et tires-toi ... 6. je lance un appel solennel pour qu'on relaye ces informations par n'importe quel moyen; par la parole, par l'écrit, par les syndicats, par une chaîne humaine, par internet .... 7. courage, florence, contre l'injustice qui t'es faite, on est avec toi, et ON SERA TOUJOURS AVEC TOI ....

Vous avez de fait, puisque vous êtes abonné, un blog sur Mediapart. Il suffit de cliquer sur votre nom en bleu, et vous le verrez apparaître, avec à gauche la case ad hoc pour poster un billet. Il me semble que ce serait bien que vous y mettiez les billets de votre autre blog concernant Florence Cousin. Qu'ils soient anciens ou nouveaux. Ils apparaîtraient ainsi dans le tracker. C'est aussi un moyen de relayer l'information.
J'ai participé il y a quelques jours à une réunion sur la souffrance au travail, dans une petite ville, et personne, en effet, n'avait entendu parler de Florence Cousin. Il y a trois phases dans une grève de la faim, dont la durée dépend de l'état initial de la personne et de sa corpulence. – phase 1, consommation des réserves en sucre – phase 2, consommation des réserves en graisse – phase 3, consommation des réserves en protéines. Les atteintes irréversibles concernent la troisième phase, dans laquelle on entre en moyenne après trois ou quatre semaines. Et comme Florence Cousin, sur les photos avant sa grève de la faim, ne semble pas être très grosse, il est à craindre qu'elle ne soit bientôt dans cette troisième phase. "Il faut noter que d’autres complications peuvent apparaître, de manière non systématique mais parfois très précoce : altération de la fonction rénale, hypertension artérielle, troubles métaboliques (ioniques), convulsions, délire, lésions cérébrales (encéphalopatie de Wernicke), œdèmes de carence, etc." Cf. http://resf37.free.fr/spip.php?article104

A mon tour de faire "remonter" le billet de Dominique dans le tracker. J'avais vu du coin de l'oeil son titre, mais avais pensé à une possible émission de téléréalité, puis j'ai lu un "écho" dans Politis. Enfin, une amie m'a dit qu'il y avait ce billet, dont j'avais différé la lecture. Voici l'info de Politis : "A propos d'une grève de la faim rue Bérenger" ; Politis qui ne m'en voudra pas, j'espère, vu l'enjeu vital de citer ici son article (que j'ai copié ICI) -------- À propos d’une grève de la faim rue Béranger… PAR Sébastien Fontenelle jeudi 26 février 2009 S’étonnant de ne pas découvrir vendredi dans Libération la chronique hebdomadaire de Pierre Marcelle, Politis a pris des nouvelles de l’auteur de No Smoking. Il apparaît que son évocation de la grève de la faim d’une salariée de Libé n’a pas eu l’heur de plaire à Laurent Joffrin, directeur de la publication. - Pierre Marcelle  : « Revendiquant l’exclusivité de la communication relative à la (douloureuse) situation qui, depuis dix jours, perdurait dans nos murs, Laurent Joffrin, coprésident de Libération et directeur de sa rédaction, s’est opposé jeudi dernier à la diffusion d’une chronique qui, de la Guadeloupe à la rue Béranger, traitait de ce qui, ici et là, identifiait à la fois un conflit social et un conflit identitaire. Peu enclin à m’exposer dans l’évocation d’une affaire interne, je m’y étais cependant résolu en constatant que le journal n’en avait jamais informé ses lecteurs, fût-ce par une brève. C’est ce vide que je me proposai de remplir, avec un osten­sible souci de ne pas mettre en avant ma propre appréciation du conflit. Très ingénument, je m’imaginai même que cette chronique, vidant un peu du pus de cet abcès, soulagerait tout le monde, et jusqu’à la direction du titre. Sa censure établit que je m’étais mépris. » - Nous publions ci-dessous un extrait de la chronique No Smoking dont les lecteurs de Libération ont été privés : - Là-bas non plus qu’ici, le produit de « première nécessité » ne saurait se réduire au « panier de la ménagère ». Et ici non plus que là-bas, l’essence même de la vie ne saurait se définir à travers la délétère comptabilité du « travailler plus », ce dogme par quoi d’aucuns prétendent – quelle blague, quand on y songe ! – endiguer « la crise ». La crise qui ne nous épargne pas, à Libération, où, depuis le 10 février, se poursuit la grève de la faim de notre collègue Florence Cousin. Il s’agit d’un conflit qui voit une salariée contester son licenciement, et une direction revendiquer le droit de licencier. Ce conflit est à la fois social et identitaire. Il ne s’agit pas ici de dire qui a commencé, mais ce qui s’achève, quand la violence du monde réel emporte tout, partout. Si, pas plus que dans un seul pays, on ne fait le socialisme dans un seul journal, à tout le moins, l’ultime aberration ou l’ultime reniement (c’est selon la conviction des uns ou des autres) serait d’occulter ce qui le constitue, le journal : en l’occurrence, la fin d’informer aussi à propos de conflits, qu’ils soient sociaux ou identitaires, qu’ils soient de là-bas ou d’ici, et fussent-ils, pour les seconds, dérangeants de proximité. Un « service minimum », comme dit l’autre… Évoquer, donc, la violence que fait à la conscience la présence d’un lit de camp (une couverture, des bouteilles d’eau minérale) sur lequel est allongé un corps muet. Quelles que soient les « raisons » de part et d’autre invoquées, cette grève de la faim, ici, dans le hall de ce journal, hurle la négation de ce qui en fit un intellectuel collectif. À perdurer, à signifier aussi tragiquement que, de facto, on ne put, dix jours durant et sans préjuger de la suite, plus se parler, cette grève de la faim ébranle le bien commun d’une commune intelligence de valeurs, sinon du monde. Ainsi que dans des milliers d’entreprises et pas mal d’entreprises de presse, trois générations de personnels travaillent à Libération. Entre anciens combattus et jeunes précaires, un âge moyen et majoritaire impose un pragmatisme dont, qu’on le veuille ou non, l’origine est sarkozyenne. On peut aussi le qualifier de pragmatisme de crise. -------- Je suis de tout coeur avec Florence, et j'espère qu'elle va accepter de se réalimenter.

Corinne, Louis Skorecki vient de publier son dernier commentaire dans un billet autonome : http://www.mediapart.fr/club/blog/skorecki/020309/florence-cousin-commence-demain-sa-quatrieme-semaine-de-greve-de-la-faim-l#comment-116935
Relayons-nous pour que, au moins, l'un ou l'autre de ces deux billets soit le plus souvent possible dans la première page du tracker.

Ok !!

Merci, Corinne, d'avoir apporté le texte de Pierre Marcelle que je m'apprêtais à importer depuis ACRIMED. Juste un texte, un regard, un constat que je sais partagé par certains à Libération: ce n'est pas rien. Qu'il n'aie pu être publié est très bête. Dommage, étroit. Pour la comptabilité des commentaires, je pense que l'ancienneté entre en compte ( en fait je n'en sais rien) mais il me semble que maintenant, puisqu'un nouveau blog existe sur le sujet, c'est là qu'il faut aller.

Oui on va y aller. C'est un dur cette histoire d'audimat qui nous rattrape ici, chez nous, à Médiapart. C'est donc que nous ne sommes pas tant que ça chez nous et…

…du coup je regrette d'avoir rigolé avec les copains sur certains fils qui de ce …

…fait enfouissent Florence Cousin dans les ténèbres de l'anonymat, d'autant que le…

célèbre moteur de recherche de Médiapart fait imperturbablement son travail qui est de toute évidence de chercher…

…mais ssûrement pas de trouver. Où alors une fois de temps en …

…temps sans qu'on sache trop pourquoi. Un bug, peut-être ? Je vais aller voir sur le …

…blog de Skorecki. Je l'admire beaucoup parce qu'il est prêt à la soutenir dans sa grève de la faim jusqu'à la mort.La mort de qui ? Ben, non, pas la sienne à lui, qu'est ce que vous allez penser ! Ça, ce serait de la témérité, et c'est très mal, la témérité. Le courage, c'est mieux. Et puis c'est moins dangereux, et ça permet d'avoir des beaux symboles. Très important, les symboles… Et la fille, là-dedans, qu'est-ce qu'elle devient ? Ah oui, c'est vrai, c'est un peu embêtant, ça. Mais que voulez-vous, on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs. Et l'idée de la justice, c'est important. Tant pis si ça doit passer par une injustice ignoble, qui est de priver cette fille de sa vie alors qu'elle à gagné. Là, franchement tu exagères. C'est horrible ce que tu dis, Louis c'est son ami. Je sais, c'est pour ça que je préfère me fâcher avec lui. Des amis comme ça, je me méfie.

Interprétation, Virgil.

21 h 46 n'a pas tort.

Bravo…

21 h 47 non plus.

…Virgil…

De même que 21 h 49.

Il faut également commenter le billet de Skorecki.

Quant à 21 h 52 c'est la sagesse même.

Ex-aequo avec 21 h 54.

Melchior, je vous trouve pas drôle. Je me trompe ou vous adorez jeter de l'huile sur le feu ?

Hélas non, je ne suis pas drôle. Vous êtes drôle, vous ?

Je veux dire: vous cherchez à être drôle ? . Eh ben moi pas.

Ex-aequo avec 21 h 54.

A 22 h 03 et à toute heure...

... que l'Horloge parlante soit dans mon coeur.

à 21 h 57 . Et moi alors ? C'est bien la peione que Melchior il se décarcasse !

Comme Grain de sel (sans hypocoristique), je crois que vous vous trompez de fil, ou que vous ne vous rendez pas compte de ce qui est en jeu dans ce fil-ci.

Si j'ai mal compris quelque chose, expliquez-moi. Si vous estimez que je ne comprendrai jamais parce que décidément je suis trop bête, ignorez-moi.

Bravo les amis. A 22h08 vous aurez un peu plus de mal. Moi-même, ça passe tout juste… Mais j'assume.

T'inquiète, Virgil, je suis totalement d'accord avec ton 22h08 ! Si les "amis" de Florence Cousin la poussent à continuer envers et contre tout sa grève de la faim, qu'ils aillent prendre sa place dans le hall de Libé et qu'ils la laissent, elle, s'échapper et sauver sa peau. En plus, comme leur nom est généralement plus connu, cela relancera probablement un peu l'intérêt de ces "foutus" médias ! D'une pierre deux coups ! Florence, sauve-toi !

Est-ce la pousser à continuer que de chercher à rendre visible son action ? Devrions-nous nous taire pour éviter ce risque ? Peux-tu m'expliquer pourquoi il n'y a toujours pas d'article dans la partie Journal ?

La peine, voulais-je dire.

Bon, si j'ai Grain de sel avec moi ça va mieux. En fait c'est vrai que ça me fout les boules, je vois des vampires partout? C'est peut-être moins…

… grave que de voir des joffrins-de-gauche mais…

…ça fait des nuits un peu bizarres.

A 131 réactions, donc 132 avec celle-ci, est-ce qu'on tient la corde ?

Quand je vous ai vus débarquer et reprendre la balle au bond, je peux vous dire que ça m'a fait chaud au…

Quand je vous ai vus débarquer et reprendre la balle au bond, je peux vous dire que ça m'a fait chaud au…

Ça y est, le truc a disjoncté grave. On dirait que c'est la mode en ce moment.

Bonsoir, Je prends le train en marche...

...un petit soutien de plus !

On ne peut peut-ête pas rentrer dans le hall de libé, mais si j'étais à Paris, je solliciterai quelques médiamis pour se rendre ensemble devant le hall avec un mégaphone pour lui parler, la soutenir quelque soit son choix, qu'elle sente, sache qu'elle est soutenue quelle que soit sa décision. C'est juste une idée, n'étant pas à Paris... C'est quand même bizarre que le billet ne remonte pas en Une, on nous avait pourtant expliqué que c'était mécanique.

Quelle bonne idée, Corinne. Bravo ! Je ne suis pas à Paris non plus, mais j'espère que quelqu'un va s'en emparer.

Chère Corinne, . Le Billet date du 18 Février, or le classement des "Billet les plus commentés" se fait sur la semaine en cours. Ce Billet-ci a dépassé les 7 jours: c'est pourquoi tu ne le vois pas apparaître. . C'est un classement automatique, en fait.

Ok, merci Monika ! ;o) Ceci explique cela...

Pour Florence ! pour qu'elle soit entendue !

Une grève de la faim...

dans le journal qui...

voulut initialement changer le monde...

à tout le moins relater ces petits faits commis par des gens de peu...

ces faits divers qui auraient permis d'entendre une autre parole....

Et puis ils ont changé, terriblement changé...

Et l'on apprend qu'une femme se meurt là-bas...

Son décharnement comme dernière plainte...

discrète, si discrète...

on a raison de se révolter, disaient Mao et ses amis du premier Libération. Aujourd'hui plus que jamais...

être du côté de la vie.

Bonne nuit Florence, à demain.

Un dernier petit mot à Florence pour ce soir : prends soin de toi. A demain.

Quelqu'un a--t-il des nouvelles de Florence, ce matin ? Quelques uns d"entre vous qui sont sur Paris ont-ils l'intention d'aller sur place ? Il faut absolument essayer de la convaincre d'arrêter !!!!!!

j'ai vu florence hier, lundi, et elle allait bien, elle allait très bien: une grande lassitude n'empêche ni lucidité, ni bonne humeur, et elle sait mieux que tout le monde ce qu'elle risque .... la direction laisse pourrir la situation depuis jeudi/vendredi, comptant sur la faiblesse de florencc pour "remporter la bataille" aux meilleures conditions, de mon côté, même si on m'a déjà viré physiquement de libé cinq ou six fois, j'y retourne pour lui parler et lui dire que je l'aime ... le pire, c'est quand la rédaction en chef (et joffrin lui même hier après midi) me vire en hurlant, c'est évidemment à florence qui est témoin de tout ça, qu'ils s'en prennent .... sadisme and co ... il ne s'agit ni d'encourager, ni de la décourager ....son combat est un combat moral ... elle va bien, elle est fatiguée PS. je ne sais pas si j'y retournerais, prendre des coups de poing ne me fait pas peur, j'ai peur (et florence me l'a dit plusieurs fois) qu'elle ne supporte pas cette violence qui m'est faite DEVANT SES YEUX ....

Merci d'avoir donné de ses nouvelles, les ressources physiques et psychiques d'un être humain habité et animé par ses convictions défient le sens commun. Honte à Laurent Joffrin, honte à Rotchild, ils montrent leur vrai visage, une presse qui lêche les pieds des puissants, asservie aux lobbies financiers et politiques ! POURQUOI CE BILLET NE REMONTE-T-IL PAS A LA UNE ????!!!!!!

Et pourquoi n'y a-t-il toujours rien dans la partie Journal de Mediapart ?

Bonne question. Vous voyez que je ne suis pas le seul à ne pas tout comprendre. Je ne suis pas sûr que je comprendrais mieux si on m'expliquait, mais je suis sûr de ne pas comprendre si on ne me dit rien.

Enfin, arrêtez-moi si je dis une bêtise, mais il y a un principe constitutionnel: . "Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi". . C'est bien là-dessus que nous sommes, non ? Il s'agit de faire respecter ce principe constitutionnel.

Fut une époque où les objecteurs de conscience étaient soutenus, précisément par "Libération" ! Fut une époque ou la peur/la censure était dépassée par l'envie de liberté, de s'exprimer, d'assumer, de se solidariser, le courage... Fut une époque ? Entre l'admiration de la résistance de Florence, donc l'encouragement, car elle nous représente tous ; elle représente cette société qui nous sacrifie sur l'autel du profit ; elle représente les syndicats qui le plus souvent luttent pour les syndicats et pas pour l'Homme, et la peur de la voir se détruire, je m'interroge, nous nous interrogeons. Mais le message de Florence est passé il faut qu'elle vive ! Qu'on prenne conscience de ce qu'elle porte, au-delà même de ses propres préoccupations, car elle est le reflet de cette société qui nous broie. Sachons profiter du peu de liberté d'expression qu'il nous reste... Indesirables_0.gif

a-t-on des nouvelles aujourd'hui ?

Apparemment personne pour l'instant.

Des faits: On rentre facilement dans Libé, j'en viens . Pas de vigile. Dans le hall, Florence était entourée de 5 amis à elle avec lesquels elle parlait. Elle semblait aller bien. Je suis repartie. Dans le métro, un tas de guenilles dans un coin. Je m'approche, c'est une très vieille dame SDF, seule, elle ne dit rien, elle me regarde, d'un regard doux et effrayé. Je lui mets un peu d'argent dans sa main, je repars.

.

Merci beaucoup, merci pour tout, chère Vancouver.

Merci, Vanc'…

dans le métro j'ai vu un chien, je crois qu'il allait bien ...

Je suis arrivée plus tard que Michel Puech.

Cette nuit se terminera le vingt-quatrième jour de la grève de la faim de Florence Cousin.

Vendredi 6 mars 2009 : Vingt-cinquième jour de la grève de la faim de Florence Cousin - Vendredi 6 mars 2009 : "Journée de la Femme"

C'est pas le 8 ?

Ah ?! Radio Classique, que j'écoute en fond sonore, célèbre cette fête depuis ce matin... du coup j'ai gÔÔgle-isé... effectivement c'est le 8 ! autant pour moi ! Bon, je vais aller modifier mes commentaires ! merci Dominique !

Heureuse erreur, chère Corinne. Cela fera peut-être remonter ceux qui sont à la traîne.

Et comme dit Dan ci-dessous, deux jours, ce n'est pas de trop.

Il faut bien 2 jours pour préparer comme il se doit cette journée, après... il faudra attendre 1 an ! En attendant ce n'est toujours pas la "fête" de la femme à Libé :(

Vendredi 6 mars 2009 - 22 h 00 : Vingt-cinquième jour de la grève de la faim de Florence Cousin

Samedi 7 mars 2009 - 19 h 30 : Vingt-sixième jour de la grève de la faim de Florence Cousin
Anne a vu Florence cet après-midi ; Florence va bien, le mieux possible compte-tenu des circonstances.
Un meeting la concernant est prévu demain, dimanche 8 mars, à 14 H, au Zénith

Message de Florence Cousin dans l'émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis" sur France Inter vers 15h15 le 05/03/2009

Dimanche 8 mars 2009 - 12 h 45, Vingt-septième jour de la grève de la faim de Florence Cousin.
Après l'avoir annoncé 48 heures à l'avance, voilà que j'oubliais... Ajourd'hui, c'est la "Journée Internationale de la Femme"

skorecki.blogspot.com

Pourquoi ne pas donner les infos ici ? Florence continue-t-elle sa grève de la faim ?

des négociations sont en cours entre d'un côté deux branches rivales de la cgt, l'une d'elles voulant forcer florence cousin depuis des semaines, à accepter un accord qu'elle récuse -c'est peut-être une "pauvre fille" comme on le dit ici et là à libération; mais son intégrité MORALE (d'autres, plus psy, diront sa "psycho-rigidité") lui interdisent d'échanger son honneur bafoué contre de l'argent .... pour des fautes qu'elle n'a jamais commises ..... demain elle entame sa SIXIEME SEMAINE DE GREVE DE LA FAIM et même ici, plus personne ne s'en émeut ...serait on à médiapart déjà fatigués d'elle, déjà passés à autre chose .... pourquoi; au moins, ne pas se rendre au 11 rue BERANGER, là où florence cousin habite, là où elle se meurt dans l'indifférence générale ... pour obliger laurent joffrin à signer un accord décent pour qu'elle sorte enfin de ce "journal" la tête haute ....

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J'AI RECU CA IL Y A UNE TRENTAINE DE MINUTES: je suis passée voir Florence hier, alors que tout la racaille de boboland(libération) se prélassait sur les terrasses de la petite place à côté,entre les femmes toujours ce concours de qui sera la plus maigre et les hommes ... tous les mêmes : stéréotype du parisien inrockuptible? incorruptible... tu parles Charles! Elle avait la pêche Florence, pour quelqu'un qui n'a pas mangé depuis 35 jours,ça m'a impressionné... on a parlé un peu de Louis, de Jean Claude B qui est passé, de quand je passais voir Louis à libé, de la pimbêche... et de sa rage qui la maintenait, qui lui disait vas-y tu les auras!!!!

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