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La lettre de Michèle Audin à Nicolas Sarkozy

Place Maurice Audin.jpg

Face à l'imposture, ses simagrées et ses mensonges, il suffit parfois d'être soi-même. De ne pas biaiser, de ne pas faire le malin, de ne pas jouer au plus fin. Tout simplement de rester fidèle. Fidèle à quelques principes, à certaines valeurs, à d'anciens repères. En voici un exemple, superbe de tranquille fermeté, qui, d'une simple lettre, démasque l'hypocrisie qui nous gouverne. Oui, l'hypocrisie de cette mise en scène politique qu'on nous impose plus souvent qu'à l'ordinaire lors du passage d'une année sur l'autre: rituels vœux télévisés qui supposent une nation soumise à la parole d'un seul, traditionnelles promotions dans l'ordre de la Légion d'honneur où se détectent colifichets courtisans et distinctions clientélistes, avalanche de cérémonies de vœux présidentiels dont l'origine remonte à nos âges non-démocratiques, monarchiques ou impériaux. Si l'actuel monarque, républicain d'apparence, autocrate d'essence, ne fait ici que prolonger l'héritage de ses prédécesseurs, il s'en empare avec tant de zèle, de gourmandise vorace et d'agitation narcissique, qu'il finit par nous réveiller de notre torpeur. Vraiment, la démocratie, ce serait donc cela, cette fiction?

Une fiction qu'une seule lettre, admirable de simple grandeur, vient de dévoiler. Elle émane d'une brillante mathématicienne et elle est adressée au président de la République. Elle m'a été transmise par son collègue Michel Broué, directeur de l'Institut Henri-Poincaré, par ailleurs président de la Société des amis de Mediapart. La voici: 

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Michèle Audin est la fille de Maurice Audin (son portrait ci-contre), ce jeune et brillant mathématicien qui, militant du Parti communiste algérien, engagé dans le combat anticolonialiste, fut arrêté, torturé et assassiné par l'armée, en juin 1957. En dehors de ses tortionnaires, le dernier à le voir vivant fut Henri Alleg, son camarade de parti, arrêté et torturé lui aussi, qui réussit à survivre pour témoigner en écrivant La Question, aux Editions de Minuit.

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Le premier livre de l'historien Pierre Vidal-Naquet, dont la mémoire est évoquée ces jours-ci sur Mediapart à un autre propos qui n'est cependant pas sans rapport (c'est à lire ici), fut, chez le même éditeur, L'affaire Audin, préfacé par Laurent Schwartz. Eminente figure de l'école française de mathématiques, ce dernier présida, fin 1957, le jury de la thèse de doctorat d'État de mathématiques de Maurice Audin, sur «les équations linéaires dans un espace vectoriel», soutenue in absentia. Grâce à la mobilisation de ces personnalités, l'affaire Audin marquera un tournant dans la prise de conscience française sur la généralisation de la pratique de la torture en Algérie.

"S'il est partisan, c'est seulement de la vérité", écrivait Laurent Schwartz dans sa préface au livre de Pierre Vidal-Naquet. Une vérité que la famille Audin réclame toujours et que nous réclamons tous avec elle, la justice ayant conclu par un non-lieu et son corps n'ayant jamais été retrouvé. Il suffit de le vouloir: les réponses sont là, dans les archives d'Etat, civiles et militaires. Et sans doute y trouvera-t-on la trace de ce lieutenant Charbonnier, déjà identifié par l'enquête de Vidal-Naquet pour le Comité Audin comme ayant été le tortionnaire du jeune mathématicien.

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Comme l'illustre le digne geste de Michèle Audin, ceux qui entretiennent la mémoire de ce martyr des luttes anticoloniales n'ont pas voulu en faire un monument figé et inerte. Ils l'ont prouvé encore récemment en liant ce souvenir ancien au souci très immédiat d'un autre mathématicien, Ibni Oumar Mahamat Saleh (son portrait ci-contre), cet opposant tchadien disparu début 2008, après avoir été enlevé par l'armée régulière au lendemain du départ des troupes rebelles de la capitale. Sa mort en détention est désormais avérée. Les autorités françaises, forcément concernées, sinon informées, en raison de leur soutien militaire du pouvoir en place à N'Djamena, n'ont guère répondu aux questions posées par diverses ONG. 

Pour prolonger:

- télécharger en PDF la lettre de Michèle Audin: http://www-irma.u-strasbg.fr/~maudin/President0901.pdf

- la note de Wikipédia sur Maurice Audin, plutôt bien faite

- le site de l'Association Maurice Audin
- un site consacré au sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh
- un billet de Michel Broué, en août dernier, sur son blog à Mediapart

- un mien billet précédent sur les légions d'honneur

Tous les commentaires

02/01/2009, 22:42 | Par pol

Merci encore à Edwy Plenel, le journaliste a souvent si peu de mémoire et de capacité de synthèse. J'adore quand les fils se renouent et la réalité n'est plus simplement factuelle. Sur Médiapart l'année dernière il y avait un jour, une reprise d'un article à propos d'une héritière qui s'était fait escroquée par son amant. Sa famille possédait BMW. La même semaine passait sur ARTE, un documentaire allemand classique, qui racontait l'histoire ahurissante de cette famille lié à Goebbels, et qui avait profité dans ses usines (piles et batteries sous la marque Varta, après la guerre) de la main d'oeuvre tiré des camps de concentration. La famille n'avait pas été vraiment inquiété à la fin de la guerre et s'était acheté BMW avec l'argent gagné grâce aux esclaves déportés. J'ai regretté que cette petite information people n'eut pas été mise en perspective. En tout cas je n'ai jamais compris comment on pouvait rouler en BMW.... Ici la lettre de Michèle Audin est un évidemment un contre modèle à l'histoire que je viens d'évoquer. Pourtant j'ai vu récemment une remise de légion d'honneur, et la personne qui décore tient à raconter la biographie officielle de celui qui reçoit le bijou. Souvent quand je croise un drapeau tricolore, que j'entends la Marseillaise, et que je vois une légion d'honneur, je pense à tous ceux qui sous le régime de Vichy chantaient la Marseillaise, effectuaient le levé des couleurs. Est)ce qu'on recevait la légion d'honneur sous Pétain? Pol

03/01/2009, 00:37 | Par Arthur Porto

L'affaire Audin marquera un tournant dans la prise de conscience française sur la généralisation de la pratique de la torture en Algérie. Puisse l'attitude courageuse de Michèle Audin contribuer au dévoilement de l'imposture qui préside à bon nombre des initiatives de nos gouvernants. Votre travail participe à ce besoin d'information et de lucidité.

03/01/2009, 00:48 | Par dominique gautier

Il y a des jours où le doute vous traverse par instant. Faut il se battre, cela en vaut-il encore la peine, quelles sont ces valeurs auxquelles plus personne ne semblent porter attention. Et puis arrive la lettre de Michèle Audin, la mise en valeur de sa portée par votre commentaire. Le courage vous revient alors. Oui ils sont plus nombreux qu'on ne le croit ceux qui continue de dresser la tête, le corps et l'esprit, insensible à l'air du temps, à l'hypocrisie de l'instant. Avec eux, pour eux il ne faut pas baisser les bras et se laisser aspirer par la médiocrité de la servilité.

08/01/2009, 21:08 | Par Matthieu Le Dû en réponse au commentaire de dominique gautier le 03/01/2009 à 00:48

Oui, ces mots me vont très bien, dresser la tête, continuer de sourire, d'avoir une pensée qui dépasse une réalité que nous ne méritons et qui est le fait d'énormes malentendus

03/01/2009, 01:50 | Par Sebastien Rome

Une des plus belles lettres écrite au Président de la République qui, ces derniers temps, en reçoit, publiquement, un certain nombre... Chacune d'elle est, paradoxalement, un hommage qui lui est rendu, à lui, et à son "hyper-présidence" car, elles en appellent encore à sa puissance. Toutes ? non, pas celle-là qui, parce qu'elle est une réponse à une "invitation" du chef de l'Etat, fait résonner un claquement de porte au nez et laisse le bonhomme à sa place ; de n'être (naître?!) que dans la volonté du peuple et d'aussitôt disparaître quand on lui tourne le dos. Ainsi, la puissance d'attribuer des honneurs n'est rien face à la fidélité à la mémoire d'un père et aux valeurs de libertés qu'il a su, par delà la mort, transmettre à sa fille. Si hier les rois étaient nus, aujourd'hui, le président peut aller se rhabiller...

03/01/2009, 10:44 | Par mnivat

je me suis laissé décorer par la république plusieurs fois. j'ai en son temps milité contre la guerre d'Algérie, contre la torture pratiquée par les Aussaresse et autres officiers français, contre les corvées de bois. Nicolas Sarkozy n'y était pour rien. par contre un certain François Mitterand était garde des sceaux et j'avoue non seulement avoir voté pour lui à l'élection présidentielle mais avoir fait campagne en sa faveur. je pense pourtant que Mitterand savait ce qui se passait en Algérie, et couvrait les atrocités commises s'il ne les ordonnait pas, ce dont je ne suis pas sûr. je comprends ma collègue mais je ne l'approuve pas, nous appartenons à une société qui comme toutes a ses défauts, nous savons qu'elle a eu une attitude criminelle en certaines circonstances. il est de notre devoir de lutter pour que notre société soit le moins coupable possible mais nul n'est au dessus de la société dans laquelle il vit. la douleur d'une fille de victime n'autorise pas l'orgueil qui de plus ne sert à rien.

03/01/2009, 14:22 | Par Michel Vassilieff en réponse au commentaire de mnivat le 03/01/2009 à 10:44

Mitterrand a aussi été ministre de l'intérieur durant la guerre d'Algérie. C'est dire qu'il savait ce qui s'y passait. Il est aussi l'auteur de cette phrase "sublime" : à l'évocation d'une possible négociation avec le FLN il a répondu :"la seule négociation, c'est la guerre"...

03/01/2009, 16:45 | Par miradou en réponse au commentaire de mnivat le 03/01/2009 à 10:44

@ mnivat Si votre père ou votre mère avait subi le même sort que le père de la "fille victime" et si vous aviez adressé une requête semblable restée sans réponse, vous auriez accepté de la recevoir la légion d'honneur. Par humilité peut-être malgré votre douleur ?

03/01/2009, 17:47 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de mnivat le 03/01/2009 à 10:44

@mnivat (;-( !

03/01/2009, 22:47 | Par ce-at en réponse au commentaire de mnivat le 03/01/2009 à 10:44

"la douleur d'une fille de victime n'autorise pas l'orgueil": très sincèrement, je vous plains de pouvoir écrire de tels mots à propos de cette femme qu'est Mme Audin. De grâce, faites svp juste un bref, un infime effort en essayant de vous mettre à sa place: l'être le plus cher que vous connaissez qui meurt pour avoir oser exprimer son idéal de liberté , ici celui d'un peuple entier à pouvoir disposer de lui-même, de faire respecter le droit international et d'en mourir sous le coup de la violence militaire ou policière, de ne rien savoir officiellement de sa disparition (affaire sans suite) et à la fin de la fin de ne pas pouvoir même lui donner de sépulture. Là on touche au sacré universel de l'humain, quelque soient idées ou religions. Non, vous qui avez été décoré plusieurs fois par la République, imaginez un seul instant ce calvaire, cette déchirure insupportable, et j'ose espérer alors que vous comprendrez que Mme Audin est une grande Dame à l'image de son père, qui force le respect pour ce qu'elle dit précisément dans sa lettre ouverte au président de la République. Et si cela n'y suffisait pas, peut-être pourriez vous (re)lire Antigone de Sophocle (écrit il y a "un bail" déjà). Avec tout mon respect.

08/01/2009, 22:26 | Par callot en réponse au commentaire de mnivat le 03/01/2009 à 10:44

@mnivat "Je me suis laissé décorer par la république plusieurs fois" J'ignorai que des supports se laissaient décorer. Ah! les breloques de la république... Pour votre orgueil , je vous offre "le poireau" (le mérite agricole) s'il reste encore de la place sur le support. La dignité des individus c'est ce qui nous sauve quand les Institutions pensent pouvoir manipuler la mémoire et la recherche de vérité. J'oubliais, pour les médailles et pour ripoliner "votre côté globalement positif" une seule adresse : http://www.decofinder.com/_daz/_OBJETS_DECORATIFS/dazentbronze.htm

03/01/2009, 11:38 | Par Fantie B.

@ mnivat : Ce que vous voyez comme orgueil moi je le vois comme dignité. Et ce geste a une utilité immense, il sert d'exemple. La société ne se confond pas avec l'Etat. La société "civile" n'a pas à se confondre avec l'Etat. Je doute pour ma part de l'utilité des récompenses de la République, j'ai tendance à penser que Napoléon savait ce qu'il faisait en créant ces systèmes. Mais, quelque soit nos avis respectifs sur les systèmes de récompenses, je trouve qu'on n'a pas à accepter qu'elles soient automatiques : quand un dirigeant tel que Sarkozy décide d'en accorder une, il y a de quoi s'interroger sur ses arrières pensées, non ? L'affaire Audin est une affaire extrêmement grave, dont j'ai entendu parler toute ma jeunesse, à travers le Canard Enchainé, qui m'indignait alors et le fait encore aujourd'hui.

03/01/2009, 13:12 | Par kairos

kairos Il n'aura donc tant été "question" de Guy Môquet que pour oublier Maurice Audin?

03/01/2009, 14:14 | Par Velveth

La période "des fêtes", cher Edwy, aura été faste pour nous autres, médiapartiens. Vos articles publiés durant "la trève des confiseurs" ont tous été une fête de l'esprit au-delà du tragique des thèmes. Bien à vous.

03/01/2009, 14:22 | Par jean_paul_yves_le_goff

. Je me suis plaint, sur un autre fil, de la banalité à chier des billets d'Edwy Plenel. . J'ai eu tort. . Il n'est pas si mal que ça. . jpylg

03/01/2009, 17:00 | Par miradou en réponse au commentaire de jean_paul_yves_le_goff le 03/01/2009 à 14:22

@ Jean Paul Yves Et c'est un tort chez toi. Mais quand on sait tort chez, soi, ce n'est pas si mal que ça non plus.

03/01/2009, 14:46 | Par Bertrand.Monthubert

L'attitude de Michèle Audin, d'une grande dignité, et sa lettre courageuse doit nous en rappeler une autre, qui concerne la même affaire. Je reprends un passage du texte "Laurent Schwartz et l'Ecole Polytechnique", par Alain Guichardet (http://www.sabix.org/bulletin/b39/guichardet.html) "Les prises de position contre l'usage de la torture se multiplient alors rapidement en France. En septembre 1960 paraît un manifeste, dit "des 121", sur le droit à l'insoumission, concluant en particulier « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien » (cf. "Le Monde" du 6-9-1960). Laurent Schwartz, qui le signe, écrit dans [1], p. 397 : « Les termes du manifeste ne me paraissaient pas forcément appropriés, mais il avait le mérite d'exister ». Le Ministre des Armées, Pierre Messmer, juge cette démarche inadmissible « Il serait contraire au bon sens et à l'honneur que vous continuiez à professer à l'Ecole Polytechnique » et le révoque (octobre 1960). Schwartz répond à Messmer en des termes restés célèbres : « Mon élève Maurice Audin a été torturé et assassiné en juin 1957 ; et c'est vous, monsieur le Ministre, qui avez signé la promotion du capitaine Charbonnier au grade d'officier de la Légion d'Honneur à titre exceptionnel et celle du commandant Faulques au grade de commandeur de la Légion d'honneur (je dis bien : honneur). Venant d'un ministre qui a pris de telles responsabilités, les considérations sur l'Honneur ne peuvent que me laisser froid ». " On imagine mal la fille de Maurice Audin porter la même décoration que celui qui a torturé son père, il est obscène de la lui proposer tout en refusant de faire la vérité sur ces circonstances terribles.

03/01/2009, 15:06 | Par victorinox

Magnifique attitude de lucidité dans ces temps obscurs. Sous cet épouvantable voile d'ignominie, de putréfaction politique qui tente de nous étrangler, il reste encore des hommes (ici c'est une femme - quel bonheur!) pour renvoyer dans sa cour l'imposteur et ses valets tous occupés à la sinistre comédie (dramatique) effarante de bêtise et de veulerie qui prétend mener notre démocratie. Jours bien sombres devant nous et trop rares lueurs de courage et de résistance...

03/01/2009, 15:27 | Par Dominique Millecamps

Merci à Edwy Plenel et à Bertrand Monthubert de faire toute la lumière sur cette affaire que la grande majorité des français ignore certainement. En cette période où il est habituel de se réjouir, de souhaiter un avenir meilleur, nous sommes en train de banaliser l'action du président et de son gouvernement. Il nous faut pourtant plus que jamais nous alarmer de toutes les atteintes à la démocratie, à la dignité humaine, à la solidarité... Quel dommage que Médiapart reste encore trop confidentiel mais nous abonnés avons le devoir de faire connaître ce média indépendant qui nous tient éveillés.

03/01/2009, 17:39 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de Dominique Millecamps le 03/01/2009 à 15:27

Je m'associe à ce commentaire, mot pour mot.

03/01/2009, 15:32 | Par guydufau

Lisant le billet de "mnivat" je suis convaincu que non seulement il faut refuser la Légion d'honneur mais surtout il faut tout faire pour ne pas la mériter, d'autant qu'actuellement c'est un escroc qui en fait la distribution. Oui, dans ce cas précis, sarko agit en escroc.

03/01/2009, 16:00 | Par aborigene

Peut-on avoir des précisions sur le rôle exact de Maurice Audin dans les réseaux de poseurs de bombes? Il faut rappeler que son arrestation eut lieu après plusieurs explosions qui firent de nombreuses victimes innocentes.

03/01/2009, 17:42 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de aborigene le 03/01/2009 à 16:00

Totalement hors sujet. Il est mort sous la torture, et cela est, de toutes façons, inexcusable et impardonnable (quoique amnistié).

03/01/2009, 17:50 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de Epaminondât le 03/01/2009 à 17:42

@Melchior Griset-Labûche Cher Melchior, ça ne vous ressemble guère de commettre un tel pléonasme ! (Aborigène hors-sujet)

03/01/2009, 18:12 | Par aborigene en réponse au commentaire de Virgil Brill le 03/01/2009 à 17:50

Vous avez entièrement raison; rappeler la mort de nombreux français innoçents sous les coups de terroristes poseurs de bombes aveugles est totalement hors sujet, de même que mentionner les complicités dont ils ont pu bénéficier de la part d'esprits faussés par certaines idéologies est totalement inexcusable.

03/01/2009, 18:31 | Par kairos en réponse au commentaire de aborigene le 03/01/2009 à 18:12

kairos Il vous faut donc ces autres morts pour ne pas regarder en face le visage de celui-ci?

03/01/2009, 21:56 | Par Art Monica en réponse au commentaire de kairos le 03/01/2009 à 18:31

Je vous rejoins, Kairos. Pourquoi faudrait-il tout le temps regarder à côté quand un événement attire l'attention sur une personne ? Le procès serait d'autant plus injuste que, comme le rappelle l'article, ceux qui entretiennent la mémoire de ce martyr des luttes anti-coloniales n'ont pas voulu en faire un monument figé et inerte. Ils l'ont prouvé encore récemment en liant ce souvenir ancien au souci très immédiat d'un autre mathématicien, Ibni Oumar Mahamat Saleh, cet opposant tchadien disparu début 2008, après avoir été enlevé par l'armée régulière au lendemain du départ des troupes rebelles de la capitale. Le caractère collectif - et non individuel - de cette lutte étant avéré, le refus de la décoration prend encore plus de relief.

05/01/2009, 07:53 | Par kairos en réponse au commentaire de Art Monica le 03/01/2009 à 21:56

kairos Je rejoins Melchior: le sujet n'est pas le terrorisme (dont il arrive à l'Etat de droit de s'accomoder, n'est-ce pas colonel Kadhafi! Coucou les FARC!), mais la torture comme méthode d'interrogatoire pratiquée en Algérie par l'Armée française. Et là, il faut choisir: Aussaresses ou François Mauriac! C'est comme chacun le sent...

03/01/2009, 18:40 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de aborigene le 03/01/2009 à 18:12

Ne me parlez pas de Français innocents (et non "français innoçents"), ça me rend nerveux en ce moment, j'ai le souvenir de Raymond Barre et de sa malencontreuse formule à propos de victimes de terroristes poseurs de bombes à Paris beaucoup plus tard. Si les "services" croyaient tenir un complice des "poseurs de bombe", que ne l'ont-ils pas livré à la Justice pour un procès en bonne et due forme ? Non, ils l'ont torturé à mort, pour assurer la pérennité du rayonnement des Lumières, avec le succès final que l'on sait. Comme devait dire de Gaulle un peu plus tard: "C'est beau, c'est grand, c'est généreux, la France !" Ne savez-vous pas que le sort fait à Maurice Audin en 57, suivi des exploits du sinistre Papon en octobre 61 puis en février 62 a été déterminant pour faire basculer toute une génération contre la guerre ? .

03/01/2009, 18:28 | Par Marteljea

Depuis la guerre d'Algérie bien des ponds sont passé sous l'eau. A l'époque dans ma famille un homme passât en cour martiale pour refus de porter les armes. Mais il y a maintenant bien longtemps et nous pauvre ignare avons tendance à l'oublie. Merci donc à Michèle Aubin, merci Edwy Plenel. Mais cela me rappelle un fait récent De jeune anarchiste extrême gauche ont été arrêté pour " sabotage de caténaire " Tous relâché car reconnu innocent mais alors pourquoi maintient-on toujours leur leader en prison sans inculpation autre que supposition de tentative d'incitation à des actes de subversion envers la société. Que devient ce brave garçon jeune anarchiste. Questions : À t'on le droit d'être anarchiste sous le règne de notre cher président ? Notre cher président aurait-il le syndrome double langage ? D'un coté Honneur pour faire oublier le déshonneur d'un autre maintient de poursuite sans raison pour opinion extrême. Mais peut être qu'il songe remettre la légion d'honneur au progéniture de ce leader. Que la Paix, l'Amour, la Joie soit en le Coeur de tous.

03/01/2009, 18:52 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de Marteljea le 03/01/2009 à 18:28

Ne confondons pas tout. L'affaire Aubin est une toute autre affaire (une "bavure" - mortelle- dans la guerre contre l'OAS). Le "brave garçon jeune anarchiste" que vous dites demeure privé de liberté de façon très contestable, et contestée, mais sauf erreur ou omission il n'est pas soumis à la torture à proprement parler, il sortira de la paille humide des cachots, tout auréolé, survivra, et pourra sans doute reprendre son petit commerce corrézien, non loin de Chirac et Hollande. Je souhaite comme vous à sa progéniture, tout comme à celle de la Ministre de la Justice, de s'illustrer plus tard dans le domaine de son choix, et m'associe à votre voeu: "Que la Paix, l'Amour, la Joie soit en le Coeur de tous."

03/01/2009, 19:18 | Par aborigene en réponse au commentaire de Epaminondât le 03/01/2009 à 18:52

Vous devriez garder la balance égale et ne pas considérer qu'il ne s'agit que d'une "bavure" lorsque le mort est du côté de l'OAS;

03/01/2009, 21:04 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de aborigene le 03/01/2009 à 19:18

Mais non, il n'était pas de l'OAS. Les "barbouzes" ont confondu sa voiture avec celle d'un OAS qu'ils attendaient... Et dans mon esprit, une "bavure", c'est grave. Quant à l'OAS: vous cherchiez des terroristes, vous êtes servi, là...

03/01/2009, 18:42 | Par bourbaky

Les victimes sont toujours innocentes. Les propos d'aborigene le sont moins. L'esprit des collabos pétainiste est toujours vivant.

03/01/2009, 18:55 | Par aborigene en réponse au commentaire de bourbaky le 03/01/2009 à 18:42

Comme d'habitude, les collabos étaient contre la France; dans le cas présent, ils étaient du côté des terroristes du FLN.

03/01/2009, 19:14 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de aborigene le 03/01/2009 à 18:55

Les collabos n'étaient pas seulement contre la France, ils étaient essentiellement contre ce qu'on appelle maintenant les Droits de la Personne humaine. Les gens que les colonialistes appelaient l' "anti-France" étaient peut-être un peu naïfs et trop confiants, mais ils n'étaient pas contre la France des Droits de l'Homme, et sans doute ils ont sauvé son honneur. Les collabos et leurs héritiers, on les a retrouvés côté OAS (hélas avec certains anciens résistants).

03/01/2009, 18:45 | Par utopiste sans illusions

Première page d’une brochure éditée par le Comité Maurice Audin (fondé fin 1957). Brochure conservée dans ma bibliothèque à côté de l'édition 1958 (éditions de minuit) d' Henri Alleg, La Question, actuellement rééditée. (N.B. brochure qui circulait de façon semi-clandestine, comme tout ce qui concernait les tortures en Algérie. On arrivait cependant à se ravitailler grâce notamment à la librairie François Maspero rue de la Huchette.) « Un homme a disparu Maurice Audin » Maurice Audin, vingt cinq ans, marié, père de trois enfants, est arrêté le 11 juin 1957 au soir par les parachutistes du général Massu. Assistant à la faculté des sciences, Maurice Audin était membre du parti communiste algérien. Emmené au centre de tri d’El Biar, un immeuble en construction, Maurice Audin devait y être retenu arbitrairement pendant plus d’une semaine et torturé comme le furent au même endroit Me Ali Boumendjel, Henri Alleg et des dizaines d’hommes et de femmes. Retenue dans son appartement jusqu‘au 15 juin par les parachutistes, Mme Audin va essayer, en vain, une fois relâchée de savoir où se trouve son mari. L’armée prétend ne pas le détenir. Plus tard, elle dira : Maurice Audin s’est enfui dans la soirée du 21 juin. Il n’a pas été torturé. Il s’est évadé. » Édité par le Comité Maurice Audin, 12 rue du Pré-aux-Clercs, Paris VIIe C.C.P Luc Montagnier 12557.22

03/01/2009, 18:51 | Par raybor

Raymondb Cessez d'asticoter Aborigene. Il n'attend que ça. Il a en réserve "ces braves gars du contingent tués par des fellagas sanguinaires et qu'on retrouvait avec les c..... dans la bouche." Je précise que j'ai "participé aux opérations de maintien de l'ordre" en Algérie de janvier 1959 à juillet 1960, donc je sais de quoi je parle.

03/01/2009, 19:03 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de raybor le 03/01/2009 à 18:51

On n'asticote pas Aborigène. On lui concède volontiers que des atrocités ont été commises des deux côtés (comme dans toutes les guerres ou à peu près). J'essaie de lui faire comprendre que le rayonnement de la culture française tient plus à des gens comme Camus qu'aux tortionnaires pré- post- ou péripaponesques et à tous ceux qui les ont soutenus ou décorés.

11/01/2009, 21:52 | Par Philipp en réponse au commentaire de Epaminondât le 03/01/2009 à 19:03

camus qui avait d'ailleurs refusé la légion d'honneur.

03/01/2009, 19:15 | Par cloclo

Laurent Schwartz, Audin, et beaucoup d'autres "intellectuels" des années 60, 70, furent de ceux qui se compromirent en défendant des causes qui se révélèrent épouvantables (Algérie, VietNam, Cambodge, Cuba etc ...) et indéfendables après coup. Mais trop tard pour ces éminents esprits de ravaler leurs écris et actes inconsidérés, une fois l'histoire passée et dévoilant une dure réalité non soupçonnée par eux. Mathématiciens éminents, médaille Field pour certains, cela ne fait pas d'eux des maîtres à penser dans d'autres secteurs que les leurs. Que Schwartz se soit distingué par la "théorie des distributions", OK, mais niveau thèse "historique" et pensée "morale" il était nul, comme certainement les Audin et autres. D'ailleurs depuis cette époque où pas mal d'intellectuels se sont durement plantés sur le "sens de l'histoire", la leçon fut apprise et c'est un silence, relatif peut-être, qui règne actuellement et qui est nettement plus sain !! C'est pourquoi la lettre de Mme Audin fait un peu ringard et me rappelle ces bonnes années de plantage en masse des "penseurs" qui sortaient de leurs compétences.

05/01/2009, 15:02 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de cloclo le 03/01/2009 à 19:15

Cloclo et les dates... Audin n'a pas eu l'occasion de se compromettre pour le Cambodge, il était déjà mort. http://www.mediapart.fr/club/blog/francis-deron/030109/khmers-rouges-du-grain-a-moudre-contre-le-negationisme Quand au Vietnam, idem. Et qui n'a pas réagi ou manifesté contre cette absurde guerre dans les années 70.... dont les Usiens, ce qui d'ailleurs l'a stoppée).

03/01/2009, 19:28 | Par Marteljea

Ne confondons pas tout. L'affaire Aubin est une toute autre affaire (une "bavure" - mortelle- dans la guerre contre l'OAS). Cher Melchior Griset-Labûche heureusement et notre cher président et lui aussi conscient que nous ne sommes plus sous l'OAS. QUESTION SUBSIDIAIRE : le déplorerait-il pas un peu ?

03/01/2009, 21:08 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de Marteljea le 03/01/2009 à 19:28

On a déjà suffisamment de choses sérieuses à reprocher à Sarko, ce n'est pas la peine d'en rajouter de façon hypothétique et anachronique, cela ne ferait qu'obscurcir nos analyses, qui doivent rester lucides.

03/01/2009, 19:49 | Par guitard

cette histoire Audin devrait au moins par respect limiter les conneries habituelles des partisans de l'ordre injuste ou de la force "virile" ; d'autre part, j'ai connu Schwartz en temps qu'étudiant circa 68 : il était quand même prof à L'X ce qui n'est pas un repaire de gauchiste, et guère 68 ! Il avait un style très mandarin ; ceci dit, son aveuglement sur le Vietnam ou autre ne justifie pas les crimes de l'Algèrie ( je ne crois guère d'ailleurs que Miterrand ait su plus que d'autres ministres ce qui se passait dans telle villa à Alger sinon par son expérience de la résistance et des réseaux : après tout , même les résistants torturent ...) comme la fin pitoyable de Soljenitsine écrivant de lourds volumes illisibles sur l'antisémitisme inhérent à l'identité slave ne justifie le goulag, ni tel exaction de l'armée israélienne la shoah : cela fait partie d'un aveuglement dans la lecture des destins historiques qui a fait le miel d'une pensée réactionnaire ( jusqu'au Crapouillot ou au Canard ) que doive écarter ce qui veulent penser en progressistes la condition humaine : un homme ne peut ternir une idée par son comportement et la fin non plus ne justifie pas les moyens ! Donc, que le geste de M; Aubin ( lisez son livre sur Sofia Kovalevskaia ) résonne , mais sans qu'on l'abaisse à nos rancoeurs . PS le "mathématicienne" à la fin a son coté féministe un peu agaçant mais je songe à l'étonnement de Nicolas s'il lit cette lettre : qu'est-ce que c'est ?

03/01/2009, 21:12 | Par peneloppe

"Le digne geste de Michèle Audin"...Pas d'accord : je trouve cette missive hautaine et orgueilleuse; certes pas à la hauteur du militantisme de son 'papa' (je dis cela car je sens une mentalité de fille à papa, mentalité qui pour ma part m'a toujours insupportée). Ce qui aurait pu être un "digne geste", c'est de se montrer à la hauteur de son père, et évoquer la politique du gouvernement sur la Recherche, et/ou le refus de repentance de N. Sarkozy à l'égard des crimes coloniaux. Ce qui aurait eu le mérite de dépasser la sphère du narcissisme qui s'exprime là. La non réponse à sa requête aurait pu faire partie de son refus, mais dit autrement. En faire le seul motif, et en ces termes, grève mon sentiment de solidarité. Ps : née à Alger, en 51, militante de gauche, non communiste, mais les respectant, non mathématicienne, ayant toujours défendu l' Indépendance de l'Algérie.

04/01/2009, 12:16 | Par clbast37 en réponse au commentaire de peneloppe le 03/01/2009 à 21:12

Et voilà peneloppe dans le camp des clo-clo et autres aborigène, ce qui m'étonne un peu. Pour avoir vécu cette époque à l'Institut Henri Poincaré, je suis de cœur avec la réaction digne de la fille de Maurice Audin. J'y vois aussi le refus de l'annexion sournoise et éhontée des valeurs du combat pour la démocratie par Sarkozy, comme il l'a réussie avec la lettre de Guy Moquet ou au cimetière des Glières. Je ne crois pas cette proposition de décoration dénuée d'arrière-pensées. A quand la commémoration des victimes du métro Charonne?

04/01/2009, 14:57 | Par peneloppe en réponse au commentaire de clbast37 le 04/01/2009 à 12:16

Vous vous méprenez, cher elbast37, je ne suis dans le camp de personne. Pas plus de ceux que vous nommez que de ceux qui font dans l'anti-sarkozysme à longueur de colonnes, ce qui ne nous avance pas à grand chose, la plupart du temps (vous y allez de votre couplet "je ne crois pas cette proposition de décoration dénuée d'arrière-pensées" : ah, bon, lesquelles ?). Ecoutez, tout le monde a le droit de refuser une décoration, c'est en soi anecdotique. La manière dont la refuse peut être émouvante, ou pas : dans ce cas, elle ne l'est pas, à mes yeux. Cela n'empêche pas la sympathie, pour les uns ou pour les autres. De là à m'indigner sur commande, il y a une petite marge, à laquelle je tiens, si vous le permettez. Il est regrettable de votre part de chercher à politiser mon sentiment.

04/01/2009, 17:04 | Par Demapresquile en réponse au commentaire de peneloppe le 04/01/2009 à 14:57

Chère Pénéloppe, J'ai le regret de vous faire connaître que je tiens pour un honneur d'être dans le camp de "ceux qui font de l'anti-sarkozysme à longueur de colonnes"... J'en fais même à longueur de journée, chez les commerçants, sur la toile, dans mes rencontres, etc. Et croyez moi, il ne se trouve guère de pro... Chez les gens ordinaires dont je suis, le pro-sarkozysme semble être plutôt honteux. Quoiqu'il en soit, on ne pactise pas avec un type comme ça, ses affidés et tout ce qu'il représente. Dans ce monde de la recherche permanente et veule du politiquement correct, il est essentiel d'avoir haut et fort des CONVICTIONS. ( SVP : ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas d'une attaque ad hominen mais d'une réflexion générale à partir d'une de vos réflexions particulières). Bien à vous.

04/01/2009, 22:39 | Par clbast37 en réponse au commentaire de peneloppe le 04/01/2009 à 14:57

Le fait de publier votre "sentiment" sur" le narcissisme d'une fille à papa qui refuse une décoration d'une manière pas assez émouvante" politise ce sentiment sans l'aide de quiconque. Personne ne vous demande de vous indigner sur commande, seulement de respecter par votre silence la dignité d'une jeune femme qui refuse un hochet et réclame la vérité sur la mort de son père. La commémoration et la distribution des décorations sont les méthodes de récupération favorites de Sarkozy, mais cette fois il est tombé sur un bec .

04/01/2009, 23:40 | Par peneloppe en réponse au commentaire de clbast37 le 04/01/2009 à 22:39

Un million de morts...Et je me tais : j'ai passé ma soirée à aller sur quelques sites, j'en sais un tout petit peu plus. Celui de Jean Viala vaut le détour. Je suis désolée, mais le FLN, je ne l'aime pas. Je ne le juge pas, mais ne comprends pas Maurice Audin, ni les communistes d' Alger. Il y eut des horreurs du côté FLN, et du côté des paras envoyés à Alger. Des deux côtés, voilà la triste vérité. Et j'aurais pu être blessée ou périr dans un attentat, à Alger. Je ne veux pas être instrumentalisée intellectuellement. Vous avez raison, j'aurais dû fuir ce billet, et garder pour moi mon sentiment. (La jeune femme est ma contemporaine, et n'est donc plus si jeune : enfin, vous n'en êtes pas à une approximation près).

05/01/2009, 11:43 | Par clbast37 en réponse au commentaire de peneloppe le 04/01/2009 à 23:40

Merci de me corriger: j'aurais du écrire "une dame" un niveau au dessus des commères de votre sorte.

05/01/2009, 14:50 | Par peneloppe en réponse au commentaire de clbast37 le 05/01/2009 à 11:43

Vous avez raison : je suis une commère, comparée à l'élite 'intellectuelle' de ce pays, à laquelle vous semblez revendiquer une appartenance, d'après les éléments que vous avez indiqué plus haut. Grand bien vous fasse. Votre réaction est à ce niveau de démocratie dans notre pays : assez médiocre, avec son caractère corporatiste habituel. J'en resterai là, ne souhaitant pas engager une polémique plus avant, quant aux complaisances de la dite-élite à l' égard du FLN, pour rester dans le politiquement correct local. J'ai bien compris que ce n'est pas avec votre concours que nous irons bien loin dans l'analyse de ce que fut la guerre d'Algérie, avec toutes ses composantes. Votre argument ci-dessus est tout de même bien court, ce qui a tendance à me confirmer dans mon opinion. Bien à vous.

05/01/2009, 15:11 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de peneloppe le 05/01/2009 à 14:50

Il ne me semble pas que Mme Audin a refusé la décoration parce que son père soutenait le FLN, mais parce que - l'Etat français l'a enlevé à son domicile, - puis l'a fait mourir sous la torture, - puis a menti à sa famille, - puis a fait obstruction à la Justice. - et finalement n'a jamais dit où était le corps. voir à ce sujet le beau commentaire de Cespinat plus haut (03/01/2009 22:47).
Quant aux accusations de narcissisme ou de fille à papa, c'est tragique ou ridicule (père mort) dans ce contexte. Aux autres que Peneloppe, je voudrais dire que dans les discussions que nous avons eu entre commentateurs sur la modération des commentaires, nous avions recommandés d'éviter les commentaires de "pstychologie sauvage". (Voir aussi un billet de Vincent Truffy quelque part)

05/01/2009, 15:46 | Par peneloppe en réponse au commentaire de Fantie B. le 05/01/2009 à 15:11

Nous sommes dans un contexte de guerre : imaginez vous la différence avec un contexte de paix ? Tous les excès qui en découlent ? Maurice Audin est né en Tunisie; il a demandé une mutation - prof' de maths - à Alger pour participer à l'insurrection, en 1953. Il y rencontre son épouse, a 3 enfants, il est très jeune, moins de 25 ans, inconscient, sans doute; il faisait partie du réseau communiste d'Alger. Au moment de la bataille d'Alger, en 1957, devant l'ampleur des attentats commis par le FLN, soutenu activement par les communistes d'Alger, les paras ont débarqué, et frappé tous azimuts, sans ménagements. Ils ont arrêté des membres du FLN, qui terrorisaient la population, et des communistes, M. Audin a fait partie des 'coups de filet'. Nous ignorons ce qu'il lui était précisément reproché. Il est établi qu'un certain nombre d'attentats ont été déjoués suite aux interventions musclées des paras. Oui, on a menti à Mme Audin, sachant que son mari lui a peut-être menti, de son côté, sur ses activités, en mettant sa vie, celle de sa famille, en danger. Elle même se définit comme une personne 'simple', et n'était pas engagée politiquement. Elle était aussi très jeune. M. Audin est décédé sous la torture, ce qui est affreux, ce qui était quasiment quotidien, dans les 2 'camps'. On lui a fait croire que son mari s'était évadé, ce qui est évidemment très probablement faux. Les autorités feraient mieux de dire la vérité, mais le général Aussaresses, sous l'autorité duquel M. Audin était placé, prétend ne se souvenir de rien. Et les archives ? L'élite intellectuelle a fait de M. Audin un héros, sur un critère scientifique, en mathématiques, sensé l'élever à un niveau où le quidam ne peut accéder. Bon. Des morts dans les mêmes conditions, il y en eut par centaines, par les paras. Et des morts par le FLN, des milliers.

07/01/2009, 17:09 | Par Ellemra en réponse au commentaire de peneloppe le 05/01/2009 à 15:46

@Peneloppe pourquoi tant de hargne ? Comment Michèle Audin aurait elle pu être "une fille à papa", elle qui ne l'a jamais connu et pour cause ? qu'est ce que vous en savez que Maurice Audin était je vous cite "très jeune, moins de 25 ans, inconscient sans doute " ? Je vous cite encore " M.Audin est décédé sous la torture, ce qui est affreux" : vous écrivez cela comme si la torture était une espèce d'entité désincarnée. Il ne vous est jamais venu à l'idée que la torture, ce sont des hommes qui infligent ça à d'autres hommes ? et ici en l'occurence un militaire avec l'approbation de sa hiérarchie, avec toujours aujourd'hui, plus de cinquante ans après, un opaque rideau sur ce qui s'est passé : une mise à mort ? Pas l'élite intellectuelle, chère Pénéloppe, mais d'autres esprits libres et conscients portent encore le souvenir de Maurice Audin. Heureusement pour nous tous.

04/02/2009, 14:58 | Par . en réponse au commentaire de peneloppe le 03/01/2009 à 21:12

elle réclame son papa, la voilà fille à papa, égocentrée et pas digne du combat qu'il menait, encore faut-il ne pas avoir été privé injustement de son père pendant toute sa petite enfance et son adolescence puis sa vie d'adulte (elle ne peut dire à ses enfants, on va téléphoner à papy etc...) pour écrire de telles conneries. l'inhumanité de ces militants qui prétendent construire un monde meilleur, voilà ce qui transparaît de cette intervention, vous êtes indigne du genre humain, tout simplement.

04/01/2009, 01:17 | Par Eda Mane

@ Peneloppe : Narcissisme ! Comme vous y allez fort ! Je pense pour ma part que Mme Audin considère M. Sarkozy comme le représentant d'un pays qui n'a pas répondu à l'appel de sa famille, et cette décoration comme une injure, comme pour compenser un silence inadmissible de la part d'un gouvernement. Et je peux concevoir qu'une famille puisse avoir du mal à se re-construire après la disparition d'un de ses membres, et que la famille Audin ait un léger contentieux avec la République. Ce n'est pas tout à fait la même chose qu'une "fille à papa" (généralement les "filles à papa", si l'on veut bien concevoir cette terminologie réductrice, sont couvertes de cadeaux par leur papa, ce que ne fait pas un mort), et les termes de "hautaine" et "orgueilleuse" pour une femme qui s'est construite sur cette disparition me paraissent du plus pur raccourci néfaste à toute discussion constructive.

04/01/2009, 10:38 | Par peneloppe en réponse au commentaire de Eda Mane le 04/01/2009 à 01:17

Mes remarques spontanées - ce que j'ai ressenti immédiatement - n'empêchent pas une pensée émue pour Maurice Audin, à l'occasion de cet article. Mais je suis déçue que sa fille ne mette pas plutôt 'à profit' sa notoriété pour influer dans le sens d'un éclaircissement des crimes de la guerre d'Algérie. La disparition de son père, si tragique soit-elle, n'est pas un acte isolé de la part des autorités Françaises, mais s'inscrit dans un cadre national, donc collectif, qui nous concerne tous. Cette dimension est totalement absente du refus de cette respectable mathématicienne. Pourtant, son père était bel et bien engagé dans le collectif. ('Fille à papa' ne concerne pas exclusivement l'aspect matériel, c'est plutôt un état d'esprit).

04/01/2009, 03:24 | Par Laurent DESVIGNES

Michèle Audin, refuse la décision de Sarkozy de lui décerner le grade de Chevalier de la Légion d'honneur, sur la "réserve présidentielle" pour sa contribution à la recherche fondamentale en mathématique, en le motivant par le fait que Sarkozy, Président de la République n'avait pas répondu à une lettre de sa mère lui demandant de contribuer à faire la vérité sur la mort de son père, en juin 1957, torturé par les parachutistes. C'est bien la moindre des choses. Il est inadmissible que les archives militaires sur la Guerre d'Algérie soient toujours interdites de consultation. Dans le cas particulier, il ne s'agissait pas d'une proposition sur le contingent du Ministre de la Recherche Scientifique, mais sur la réserve présidentielle de Sarkozy et donc d'une véritable provocation. Le Général Aussaresse, qui a bénéficié de l'amnisitie, a publiquement confirmé dans un livre la pratique de la torture, alors pourquoi maintenir ce refus d'ouvrir les archives sur la torture pendant la guerre d'Algérie.

04/01/2009, 09:55 | Par lettres presidentielles

clair sur ce coup, les services du président se sont fait mouché a avoir voulu echanger un hochet(dixit napoléon) contre la recherche de la vérité, ou plutôt sur une volonté de faire taire une voix qui rappelle à la france, a son drapeau et à sa marseilleise, que l'on peut très bien aimé son pays, et être libre tant dans refuser les honneur que de siffler au besoins des symboles que ceux charger des les porté au nues, ne se contente au final que tremper ses étandards dans le sang même de nos propres enfants (de la patrie). . Merci donc Mr plenel, la grande muette, devras un jours parler et rendre des comptes, mais il est vrai que ce seras unetorture pour elle de reconnaitre avoir agis contre l'Honneur et la Patrie, soit la devise même des hochet de notre aimé république.

04/01/2009, 10:00 | Par aborigene en réponse au commentaire de lettres presidentielles le 04/01/2009 à 09:55

Libre à vous de déblatérer contre l'Honneur et la Patrie mais au moins, faites le en respectant l'orthographe..

04/01/2009, 15:09 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de aborigene le 04/01/2009 à 10:00

à aborigène . "Le moindre solécisme en parlant vous irrite, Mais vous en faites, vous, d'étranges en conduite..."

04/01/2009, 17:42 | Par Robby Barbe en réponse au commentaire de aborigene le 04/01/2009 à 10:00

Quand on n'a plus d'arguments et que l'on ne possède pas l'intelligence du débat, on attaque les gens sur leur orthographe.
Quant à vouloir vous donner un accent grave lorsque vous parlez d'honneur et de patrie, mettez en un sur le premier "e" d'aborigène.

04/01/2009, 18:18 | Par aborigene en réponse au commentaire de Robby Barbe le 04/01/2009 à 17:42

Il ne me semble pas avoir eu le plaisir de lire vos arguments même si je les suppose marqués du sceau du politiquement correct.

04/01/2009, 18:56 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de aborigene le 04/01/2009 à 18:18

à aborigene . Jusqu'à présent, vous ne nous avez guère donné vous-même d'arguments à proprement parler. On croit comprendre que vous avez une conception un peu traditionaliste voire nationaliste de la Patrie et de l'Honneur ("Honneur et Patrie"), qui n'est pas tout-à-fait celle de la majorité des intervenants ici, ce qui est votre droit le plus absolu. Souffrez qu'on vous rappelle que Maurice Audin, quels que soient les jugements divergents que nous pouvons porter sur son engagement lors de la guerre d'Algérie, a été torturé à mort et que ses tortionnaires ont été amnistiés, puis décorés de cette décoration que Sarko a proposée à sa fille et que celle-ci a refusée au motif que celui-là même qui la lui proposait refusait de lui dire officiellement comment son père était mort. Qu'auriez-vous fait à sa place ? "Ah merci mon président, vous êtes bien bon mon président, mes respects mon président !" ?

04/01/2009, 20:03 | Par STA en réponse au commentaire de Epaminondât le 04/01/2009 à 18:56

Il ne faut pas laisser l'honneur et la patrie en apanage aux pétainistes de tout poil, même dans leurs fractions post-modernes. Ils en font toujours mauvais usage.

04/01/2009, 10:23 | Par nimbus

Voici une simple lettre adressée par un simple "Autre" à celui ou celle qui veut bien l'écouter, Cher Monsieur, Chère Madame, Je souhaite par cette lettre confidentielle vous exposer ma situation kafkaïenne que je subis et dont je souffre depuis plus d’une décennie, l'enfer de celui qu'on a mutilé de son être, emmuré contre son gré et bâillonné sans défense. Je suis la cible de toutes sortes d’humiliations qui, au fil des années, se sont intensifiées jusqu’à prendre des formes proches de la banalité dans leurs expressions de la part de personnes qui se sont progressivement emparées de tout mon existence. Je suis épiée dans tous mes faits et gestes même les plus intimes, mon intimité réelle ou imaginée telle que, est portée sur la scène publique, sans que je sache les raisons d’un tel acharnement. Qu’une telle souffrance devienne de purs moments d’amusements et de distractions cela me laisse perplexe, je qualifie ces agissements d’ignobles et indignes de la part de personnes qui prétendent à un idéal républicain partagé par ultime conviction. Il se trouve qu’actuellement, la lecture soit le seul droit qui ne m’ait pas encore été retiré et qui me permet de garder de l’espoir et de m’y accrocher, j’ai découvert votre site d’information et j’ai adhéré parce que je partage entièrement les valeurs que vous défendez, je souhaite tout simplement bénéficier avec dignité de ce droit de lecture. Bien cordialement, Simple "Autre"

04/01/2009, 15:49 | Par STA

La lettre de Mme Audin n'est pas le signe d'un manque de respect pour les institutions de la République - sauf pour ceux qui ont le coeur sec ou pour ceux qui 40 ans après persistent et excusent les exactions de l'armée par celles du FLN comme à l'époque. Si un conseiller de SArkozy lit cet article, qu'il suggère d'ouvrir les archives officielles. Ce sera une vraie rupture par rapport au deux présidents qui ont précédé - surtout avec Mitterrand sur ce point d'ailleurs (affaire des pensions des généraux "félons").

04/01/2009, 16:37 | Par Demapresquile

Quand donc ce "cher et vieux pays "aura le courage de regarder en face les atrocités qu'il a fait subir à ses filles et fils au nom de la raison d'Etat...? Seulement, et alors seulement, l'adjectif "grand" pourra être ajouté. En tout état de cause, ce n'est pas sous la direction du petit coq prétentieux et électrique qui pérore au fénestron un 31 décembre et qui distribue les hochets de la République comme un camelot de foire-exposition que celà se fera. Très respectueux salut à Madame Audin qui montre à tous et chacun ce qu'est l'expression de vraies convictions.

04/01/2009, 17:05 | Par guydufau

Peneloppe traitant Michèle Audin de "fille à papa" , attention ça dérape ! Peneloppe se disant militante de gauche et Ségoléniste de choc, attention oxymore ! Pardon pour ce hors sujet et tous mes respect à madame Michèle Audin.

04/01/2009, 19:05 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de guydufau le 04/01/2009 à 17:05

"fille à papa" est très malencontreux mais il me semble qu'elle a rectifié plus haut. Vous me semblez plus pressé d'épingler une ségoliste (ah quelle joie) que de vous en prendre aux défenseurs des tortionnaires. Dans votre précipitation, vous oubliez un s à respects, cela fait désordre.

04/01/2009, 19:53 | Par klakmuch

Je comprends d'autant mieux l'attitude de Madame Audin que je respecte que j'ai connu d'autres personnes qui ont refusé cette décoration. En particulier, je pense à notre ancienne pédiâtre, une des toutes premières femmes chef de clinique, d'origine israélite ayant subit les humiliations réservées aux israélites pendant la guerre, et qui a refusé la légion d'honneur pour ne pas cohabiter avec des antisémites notoires décorés lors de l'épisode vichyste. Comme elle disait, elle ne voulait pas que son nom puisse être dans une liste où on trouvait déjà un certain Philippe Pétain, maréchal de France.

04/01/2009, 20:19 | Par peneloppe

Bon, je vois que je suis très critiquée, je l'accepte. Mais enfin, le sujet, c'est Sarkozy, ou le drame Audin, avec en arrière plan la guerre d'Algérie ? Que Michèle Audin me pardonne, si elle nous lit : je ne voulais pas la blesser, juste livrer une déception, un peu vivement, j'en conviens. Je suis solidaire de son refus, sur le fond, bien sûr, même si je n'apprécie pas le ton de sa lettre. Ce drame est survenu il y a 51 ans, et il y eut bien des présidents depuis l'actuel; qui ont tous différé d'ouvrir les archives ! Ps : je signale à Edwy Plenel que sur le site de Wikipedia sur Maurice Audin, est mentionné "lettre de Michèle Audin à N Sarkozy". Ce lien renvoie sur ce billet de blog, avec commentaires.

05/01/2009, 08:20 | Par christian paultre

Chère Pénéloppe Je vous retrouve enfin dans un débat sur la guerre d'Algérie au moment des massacres de Gaza.J'ai cherché sur le site du parti socialiste, de désir d'avenir une réaction à cette actualité sanglante.Officiellement silence radio. Vous avez raison il me semble plus important de savoir si Michèle Audin est ou non une fille à papa

05/01/2009, 10:29 | Par peneloppe en réponse au commentaire de christian paultre le 05/01/2009 à 08:20

Cher christian paultre, votre remarque est hors sujet, voici cependant quelque réponse : http://fr.news.yahoo.com/2/20090104/tpl-martine-aubry-ps-condamne-l-intrusio-ee974b3_1.html Et, avec mes excuses, ne pouvant mettre de lien : Jean-Pierre Mignard, membre du Conseil national du PS au titre de la motion E et président de l'association Désirs d'avenir, met en perspective la complexité dramatique de la situation palestinienne. Un rappel utile et nécessaire. ---------- Forwarded message ---------- From: Jean Pierre Mignard Date: 2009/1/4 Comment réagir à propos de la guerre de Gaza? Tout d'abord être précis. Le malheur des palestiniens remonte à 1948, et non à 1970. Lorsque l'ONU a attribué une terre aux juifs réfugiés sans considération pour les palestiniens. La politique cynique de la Grande Bretagne avait préparé cela. L'exode des juifs est le résultat d'une violence antisémite abjecte qui s'était abattue sur eux dans toute l'Europe de la Russie à la France et dont le point d'aboutissement fut en Allemagne la Shoah. C'est l'Europe qui a été la marmite du diable dans cette affaire. Ensuite tous les cynismes et manipulations se sont succédés, ceux des régimes ou factions arabes qui par deux fois au moins massacrèrent des palestiniens à Amman en 1970, septembre noir, puis Beyrouth 1982. J'ai eu un ami Azzedine Kalak, délégué de l'OLP à Paris, assassiné par les agents de Saddam Hussein. Celui d'avant l'avait été par le Mossad. C'était après Munich. Sinistre litanie. Cynismes et manipulations de l'Europe ensuite (France et Grande Bretagne) pour qui Israël contenait le mouvement d'émancipation du monde arabe durant la décolonisation ou assurait la protection de leurs intérêts- crise du canal de Suez- puis les Etats-Unis pour contenir les régimes arables liés à l'URSS. Israël, de son côté, qui profita de la défaite de son agresseur arabe de 1967 pour s'agrandir, toujours s'agrandir. La théorie du Grand Israël. La résistance palestinienne qui sans réalisme aucun voulut pendant 25 ans "détruire l'Etat d'Israël" et inventa le terrorisme moderne. Les deux intifada ou les populations civiles sont prises en otage. La guerre des images et des pierres. Les gamins ensanglantés, tués par les tirs de Tsahal, que des propagandistes exhibent devant les caméras. Riposte, les attentats en Israël dans les cafés de Tel Aviv. Emergeront des leaders courageux et lucides, Sadate, assassiné, Rabin, assassiné, et sans doute Arafat, courageux mais moins lucide, ou lucide trop tard. Entre temps les Etats-Unis et Israël avaient sournoisement sponsorisé le Hamas pour affaiblir le Fatah d'Arafat. Belle réussite, belle manœuvre! J'ai beaucoup parcouru cette région, j'y ai fait des missions judiciaires et humanitaires des deux côtes avec les deux côtés, sous les pierres et les grenades parfois, dans l'harmonie aussi, j'y ai rencontré des personnes remarquables des deux côtés.. Lisez Darwish c'est une autre Palestine que le Hamas. Lors des obsèques de ce grand poète engagé dans le Fatah à Ramallah cet été assistaient de nombreux écrivains israéliens. Lisez David Grosman, Isaac ben Yehoshua, Amos Oz. C'est un autre Israël que celui de la conquête. Il a tellement été écrit et dit sur la question que l'on se demande quoi rajouter: Démilitariser la bande de Gaza? Qui va envoyer des troupes? Et pour protéger qui de qui? Restaurer l'unité territoriale de la Cisjordanie? Quel gouvernement israélien aura le courage d'affronter les colons? La gauche en Israël est faible. Les assassins nationalistes de Rabin savaient ce qu'ils faisaient. Refaire Oslo? Trop virtuel, trop loin de l'affrontement quotidien. Favoriser tout rapprochement, imposer un droit humanitaire à défaut du droit tout court, oui. Rassurer Israël sur sa sécurité. Evidemment. Et se considérer comme débiteurs vis-à-vis des palestiniens, évidemment aussi. Il y a un débit historique européen dans cette tragique affaire. Et ne pas confondre le droit des palestiniens à un Etat avec le soutien à un mouvement confessionnel despotique sous la coupe de ses puissants protecteurs régionaux. Alors peut être proposer une conférence internationale si Obama le veut bien...Cela se prépare. L'échec est interdit. Difficile de faire un communiqué qui serve à quelque chose sur le plan politique dans ces conditions. On peut au moins exiger l'arrêt des combats. C'est le minimum. Mais Jean Louis l'a déjà dit dans son blog. Ségolène le fera. NB: Sur le plan pratique les villes palestiniennes manquent de beaucoup de choses. Des jumelages de villes , d'écoles , d'hopitaux, quand c'est possible, seraient les bienvenus. Voila quelques réflexions qui, à défaut d'être optimistes, j'espère vous seront utiles.

05/01/2009, 11:05 | Par christian paultre en réponse au commentaire de peneloppe le 05/01/2009 à 10:29

Merci, il fallait aller sur Yahoo et lire un communiqué plus que laconique de la direction du PS (rien sur le site du PS) Oui cette rubrique n'est pas le lieu d'une discussion sur le rôle de la gauche dans le bourbier Palestinien. J'attends un meileur espace qui ne sauurait tarder quand on voit toutes ces horreurs sur les média étrangers.

05/01/2009, 14:51 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de christian paultre le 05/01/2009 à 11:05

Et, s'il vous plaît, n'oubliez pas le Congo, le Zimbabwé, le Sri Lanka, etc. etc.

05/01/2009, 15:24 | Par xavier23

On tire un fil...et bientôt on se trouvera chez nos ancêtres les Gaulois ..pas très politiquement corrects non plus...malgré Astérix. La lettre de refus de Madame Audin, invitée par l'Elysée par courrier, rappelle au locataire actuel , qu'une lettre à lui personnelement adressée par Madame Audin mère au sujet de son mari disparu ne reçut aucune réponse....pas même un accusé de réception. Il faut comprendre pourtant...le Président,..N'A PAS LE TEMPS et cette vieille affaire n'est pas assez médiatique . Les infirmières Bulgares en Lybie, les torturés des Farc et autres victimes lointaines., avec voyages exotiques offert aux journalistes choisis pour bonne conduite c'est quand même plus amusant !. . Merci à E. Pleynel et mes très amicales pensées à la famille Audin.

07/01/2009, 11:18 | Par guydufau

Ca bouge Deux journalistes ont refusé la légion d'honneur Françoise Fressoz, du Monde, et Marie Eve Malouines de France Info. 1) Liste non exhaustive des journalistes toujours en activité promus dans l'ordre de la Légion d'honneur depuis l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy : Isabelle Baillancourt (TF1, chevalier), Patrick Buisson (LCI, chevalier), Hervé Chabalier (Capa, officier), Ruth Elkrief (BFM TV, chevalier), François Gault (Radio France, chevalier), Elise Lucet (France 3, chevalier), Robert Ménard (encore à Reporters sans frontières lors de sa promotion, chevalier), Christine Ockrent (France 24, officier). On vous fait grâce du Mérite et de la Médaille de sauvetage.

07/01/2009, 18:10 | Par fiche_doublon_27827

@ Edwy Plenel Je constate à la Une du Matin (journal algérien en ligne) 3 articles tirés de Mediapart , le récent billet L'Elif Kayi et 2 extraits de ce billet. Les sources et les auteurs sont d'ailleurs correctement mentionnés. Je me demandais si votre billet était repris gratuitement sur ce site ou si Mediapart percevait des droits . Quoiqu' il en soit Mediapart semble envahir Le Matin ! ici

07/01/2009, 18:12 | Par MIZ

Commentaire de MIZ Les dérapages de nombre de commentaires me font froid dans le dos. Petits rappels historiques pour débuter (forcément très incomplets mais libre à chacun de se documenter) : - La conquête de l'Algérie débute en 1830, elle prendra des décennies et le pays ne sera pratiquement jamais complètement pacifié (la résistance la plus célèbre étant celle de l'émir Abd-el-Kader mais elle fut loin d'être la seule). La colonisation aboutira à une spoliation généralisée et à une marginalisation quasi totale de la population autochtone. - Les violences de la part du pouvoir colonial ne cesseront jamais, le plus célèbre exemple étant celui de la répression de Sétif en mai 1945 qui fit probablement plus de 10.000 morts ; lire aussi Isabelle Eberhardt et bien d'autres. - Malgré cela, de nombreux Algériens militent pour devenir citoyens français à part entière. - L'insurrection algérienne est lancée le 1er novembre 1954 par le FLN pour obtenir l'indépendance, l'Algérie est alors partie intégrante de la France (3 ou 4 départements, je ne sais plus) mais il est toujours refusé la citoyenneté à la majorité des indigènes musulmans (les juifs d'Algérie l'ont obtenue par le décret Crémieux en 1870). - Très vite c'est l'escalade : le gouvernement français envoie l'armée qui réprime durement les populations et le FLN commet des atrocités pour rendre la rupture inévitable. - Lors de la Bataille d'Alger en 1957 (mais ça avait commencé bien avant), l'Armée française, avec le blanc-seing des autorités politiques (Loi d'urgence, pouvoirs spéciaux…), a recours massivement aux arrestations arbitraires, à la torture, aux assassinats. - La "question algérienne" n'est pas alors très connue en France et peu de Français soutiennent le FLN (pour la plupart, il s'agit de militants communistes). - Maurice Audin, militant communiste, soutient activement le FLN. Il est enlevé par l'Armée française et disparait. Je ne sais pas si son enlèvement est lié à ses activités ou simplement à son appartenance au PCA interdit à l'époque. - Son statut d'intellectuel permettra à cette affaire d'avoir un écho important en France qui aboutira à une dénonciation de la torture. N. B. l'OAS n'a rien à voir avec cette affaire puisqu'il fut créé bien plus tard. Cela étant : - Principe incontournable : quels que soient les atrocités commises par une partie, aucune violation des règles du droit, à plus forte raison des Droits de l'Homme, n'est tolérable dans un pays démocratique. Je ne recevrai jamais l'argument (vrai au demeurant) que le FLN a commis d'innombrables horreurs au cours de la guerre pour justifier les crimes de l'Armée française ou de tout autre. - Corolaire : toute dénonciation de ces violations est recevable et doit être traitée, toute demande de réparation ou simplement de vérité doit être entendue et il doit y être répondu ; il importe peu qu’elle émane d’une personnalité ou d’un parfait inconnu ; il n’y a pas lieu d’arguer du caractère massif pour éluder les cas particulier ; les circonstances dans lesquelles ces violations ont été commises ne doivent pas entrer en ligne de compte dans la recherche de la vérité mais seulement dans l’étude du cas par la justice ou par les historiens. - Sur le refus de la Légion d'honneur : au lieu de répondre à la demande légitime de madame Audin sur le sort de son mari, monsieur Sarkozy veut donner la Légion d'honneur à sa fille. Quel que soit le regard que l'on porte sur cette décoration, il me semble normal que quelqu'un qui n'obtient pas réponse de la part d'un état sur le sort de son père n'accepte pas de se laisser acheter par une reconnaissance honorifique de cet état (la réponse d'abord, la décoration ensuite). Edwy Plenel a donc parfaitement raison d'attaquer le Président de la république qui cherche ici une nouvelle récupération à peu de frais au lieu d’agir pour la vérité et la justice, ce qu’il aurait pu faire simplement vu ses pouvoirs. - Sur l'engagement des intellectuels (et d'autres) aux côtés du FLN : certaines personnes ont estimé que la situation faite au peuple algérien n'était pas acceptable et que celui-ci avait raison de se révolter (relisez la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : droit à la résistance à l'oppression) ; elles ont aidé le FLN (les porteurs de valises : chargés de porter des valises d'argent, d'armes, de trouver des caches...) Ces femmes et ces hommes ont simplement appliqué les principes inscrits dans la Constitution. Ils ont eu raison ! Le fait que ceux qu'ils ont aidé ont commis des crimes et des atrocités n'est pas une raison suffisante pour les condamner.

07/01/2009, 22:05 | Par epsilon en réponse au commentaire de MIZ le 07/01/2009 à 18:12

@ MIZ Je crains que vous ne réussissiez à convaincre aborigene et peneloppe pour lesquels la conquête coloniale et la soumission des peuples au pouvoir conquérant étaient une bonne chose, conforme au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Leurs interventions sur ce fil est plus que regrettable et montre que le consensus sur le passé colonial doit encore attendre une génération. J'ai beaucoup de peine pour Madame Audin si elle tombe sur ce fil.

08/01/2009, 13:41 | Par MIZ en réponse au commentaire de epsilon le 07/01/2009 à 22:05

de MIZ à SNP Je ne cherche pas forcement à convaincre tel ou tel. Chacun a le droit d'avoir ses propres opinions et les défendre. Je pense simplement que, face à des idées que je juge dangereuses, surtout quand elles sont exprimées en public, il faut combattre par d'autres idées, argumenter pour que ceux qui n'ont peut-être pas une bonne connaissance du sujet puissent juger des positions des uns et des autres avant de se faire leur propre opinion. En d'autre terme, il ne faut pas laisser le terrain à l'adversaire. J'en profite pour dire que, si une censure était apportée aux idées qui nous déplaisent, hormis les violations flagrantes des lois bien sûr, je résilierai aussitôt mon abonnement (Cf. le débat sur le virus du SIDA par ex.) Bien cordialement.

08/01/2009, 20:52 | Par Epaminondât en réponse au commentaire de epsilon le 07/01/2009 à 22:05

à SNP . Vous commettez (en toute bonne foi j'en suis persuadé) un amalgame entre aborigène et peneloppe. Celle-ci ne me semble pas du tout avoir soutenu que "la conquête coloniale et la soumission des peuples au pouvoir conquérant étaient une bonne chose". . Son désaccord avec l'opinion majoritaire (qui est aussi la mienne) porte sur autre chose, relisez voir. Je suis sûr que votre probité intellectuelle vous poussera à lui en donner acte. D'ailleurs elle cite Albert Camus, qui lui non plus n'était pas d'avis que "la conquête coloniale et la soumission des peuples au pouvoir conquérant étaient une bonne chose". Bien à vous en toute cordialité médiapartienne.

08/01/2009, 19:57 | Par peneloppe

Une autre voix de l'Algérie : Albert Camus, qui ne soutenait pas le FLN. http://webcamus.free.fr/biographie/algerie.html

11/01/2009, 22:16 | Par Philipp

La Fayette, Jean-François Ducis, Gérard de Nerval, George Sand, Honoré Daumier, Littré ,Gustave Courbet, Guy de Maupassant ,Maurice Ravel, Pierre et Marie Curie, Eugène Le Roy ,Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ,Albert Camus, Antoine Pinay, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jacques Prévert, Georges Brassens, Léo Ferré ,Bernard Clavel, Philippe Séguin, Marcel Aymé. chacun avait ses raisons pour refuser la Légion d'honneur.Celle de madame Audin me semble cohérente, montre du sentiment et sa réponse est plus élégante que celle de Marcel Aymé.Je pense qu'elle aurait répondu la même chose à Chirac Mitterand ou Auriol. J'espère que madame Aubin n'a pas lu ces commentaires, car certains étaient vraiment déplacés.

18/01/2009, 17:04 | Par targa2

Je vous livre ce texte. Réaction qui vient encore d'une femme. « Le sommeil a bon dos, où naissent les songes, et les cauchemars. Mais on ne se réveille pas dans le pire, stupeur, au saut du lit: le pire s’est installé, insidieux, dans le paysage, banalisé par l'apathie ou l’incrédulité des uns, la bénédiction des autres. Des gendarmes brutaux, grossiers, débarquent impunément avec leurs chiens dans les classes d’un collège du Gers, pour une fouille musclée; le proviseur entérine, bonasse. Et le ministre de l’éducation, qu’en dit-il? Que dit-il de l’enlèvement d’enfants dans une école de Grenoble, d’eux et de leur famille, expulsés en vingt-quatre heures, après combien d’autres? Qui tient la comptabilité de ces exactions ordinaires? Un journaliste est interpellé chez lui, insulté, menotté, fouillé au corps, pour une suspicion de diffamation, qui reste encore à démontrer en justice… Qu’en dit la garde des sceaux? Elle approuve (mutine bague Cartier au doigt, n’en déplaise au Figaro). Nos enfants, nos journalistes, ce sont encore catégories sensibles à l’opinion. Celle-ci s’émeut-elle? Mollement. Elle somnole. Mais les réfugiés de Sangatte, chassés comme bêtes, affamés dans les bois; les miséreux du bois de Vincennes menacés de «ratissage», les gueux de nos trottoirs au vent d’hiver? Les sans-papiers raflés, entassés dans des lieux de non-droit, décharges d’une société qui détourne le regard ignoble de son indifférence? Et la masse des anonymes, traités mêmement comme rebut par une administration servile? Au secours, Hugo! Il y a de jeunes marginaux, qualifiés par la ministre de l’intérieur d’«ultra gauche» –spectre opportun des bonnes vieilles terreurs–, jusqu’ici, pure pétition communicationnelle… Sa police veille, arme à la hanche; elle arpente, virile, les couloirs du métro, des gares. Sommes-nous en état de siège? À quand l’armée en ville? Il y a le malade mental incriminé à vie par anticipation; l’étranger criminalisé de l’être; le jeune de banlieue stigmatisé pour dissidence du salut au drapeau: danger public; le prisonnier encagé dans des taudis surpeuplés –à 12 ans, bientôt-; le sans-travail accusé d’être un profiteur, le pauvre d’être pauvre et de coûter cher aux riches; le militant associatif qui le défend condamné, lourdement, pour “entrave à la voie publique”. Il y a le fonctionnaire taxé de fainéantise (vieille antienne); l’élu réduit au godillot; le juge sous menace de rétorsion; le parlementariste assimilé au petit pois; la télé publique bradée aux bons amis du président, qui fixent le tarif; son PDG berlusconisé, et des pubs d’Etat pour nous informer –à quand un ministre de la propagande?–. On en a bien un de l’identité nationale. Et le bon ami de Corse, l’escroc notoire, amuseurs sinistres, protégés par décret du prince… Criminalisation systématique de qui s’insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages –quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassages accidentels–, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l’affairisme et du sensationnel saignant, bienvenue au JT: touristes égarés, intempéries, embouteillages du soir… Carla et Tapie en vedettes. Ces faits sont-ils vraiment divers, ou bien signent-ils un état de fait? Un état de droite, en réalité. Extrême. Dire que Le Pen nous faisait peur… Cela rampe, s’insinue et s’impose, cela s’installe: ma foi, jour après jour, cela devient tout naturel. Normal: c’est, d’ores et déjà, le lot quotidien d’une France défigurée, demain matin effarée de sa nudité, livrée aux menées d’une dictature qui ne dit pas son nom. Ah! le gros mot! N’exagérons pas, s’offusquent les mal réveillés. Tout va bien: M. Hortefeux est, paraît-il, bon bougre dans sa vie privée. «Tout est possible», avait pourtant promis le candidat. Entendons-le bien. Entendons ce qu’il y a de totalitaire dans cette promesse cynique qui, d’avance, annonce le pire. Sous son agitation pathologique, un instant comique –au secours, Chaplin!–, sous ses discours de tréteaux, ses déclarations à tous vents, contradictoires, paradoxales, sous son improvisation politique (oripeau du pragmatisme), sous sa face de tics et de toc s’avance le mufle des suicideurs de république, des assassins de la morale publique. La tête grossit, elle fixe et sidère. » Anne-Marie Garat (écrivain) Alors tous dans la rue le 29

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