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En défense d'Internet et de WikiLeaks (3): la révolution numérique
La détestation d'Internet et la diabolisation de WikiLeaks cachent une haine de la démocratie… Au troisième épisode de ce plaidoyer, le voici rattrapé par l'actualité. Il y avait eu le désastre hongrois, cette loi contre la liberté de l'information promulguée par le pays qui, actuellement, préside l'Union européenne. Il y a maintenant le naufrage français, cet appel à la censure de WikiLeaks lancé par le ministre français de la culture et de la communication, Frédéric Mitterrand.
Premier film parlant du cinéaste Fritz Lang et son avant-dernière œuvre allemande, M le Maudit (1931) met en scène la chasse à un meurtrier d'enfant, menée de concert par la police et par la pègre. Il est permis d'y voir une fable sur la montée du nazisme ou, plus essentiellement, sur l'usage de la peur en politique: la traque d'un assassin isolé et malade accompagne et masque la montée d'un ordre nouveau où le crime pourra s'épanouir à loisir, à condition de servir les puissants. Ce n'est évidemment qu'une image de pensée, destinée à provoquer la réflexion, mais, de M le Maudit à “A l'affreux” – A comme Assange –, je me demande si nous ne sommes pas, aujourd'hui, témoins d'une allégorie semblable, sans doute moins sinistre quoique très réelle et, sur le fond, aussi alarmante.
Avec Julian Assange, son aventurisme personnel et ses frasques suédoises, les pouvoirs politiques et économiques semblent avoir trouvé le bouc émissaire idéal dans leur volonté de mettre au pas les nouvelles libertés numériques qui les défient et les effrayent. Que le commerce, y compris sans vertu comme les paris et jeux de hasard, prolifère sur Internet avec une régulation minimale ne les dérange pas, de même que ne les offusque nullement la généralisation des moyens de surveillance, d'espionnage et de traçage numériques. En revanche, ce droit conquis par en bas, sans attendre qu'on veuille bien le leur accorder d'en haut, par les individus quels qu'ils soient de communiquer sur la Toile, d'informer, d'échanger, de révéler, de contester, de discuter, de se lier et de se relier instantanément et indéfiniment, voilà ce qui serait dangereux pour la société et insupportable pour ceux qui s'en croient les seuls légitimes propriétaires.
Qu'on ne s'y trompe pas: la traque de WikiLeaks est une chasse à Internet et, plus généralement, à l'extension de nos libertés d'information et de communication. La personnalisation médiatique et judiciaire autour du fondateur de WikiLeaks permet de faire diversion. Les révélations des câbles diplomatiques américains, qui succèdent aux documents accablants sur les sales guerres afghane et irakienne, leur pertinence, leur gravité et leur légitimité sont éclipsées par cette campagne. Assange et WikiLeaks deviennent ainsi malgré eux les héros d'un feuilleton criminel tandis que s'éloignent, dans une confusion entretenue, les importantes informations d'intérêt public que nous leur devons, notamment sur les consignes d'espionnage généralisé données par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton aux diplomates américains comme s'il s'agissait d'agents de la CIA.
Mediapart a toujours jugé légitime le débat critique sur la façon de faire de WikiLeaks, son absence d'explication sur l'organisation du travail éditorial avec ses partenaires journalistiques, la méthode retenue pour le goutte à goutte désordonné des révélations ou encore la justification des coupes, parfois mystérieuses, dans les télégrammes publiés. Mais n'en rester qu'à ce niveau de discussion, d'ordre professionnel en somme, c'est ne pas discerner à temps l'opération en cours dont, au-delà du sort particulier de WikiLeaks, nos libertés numériques sont la cible principale. Face à la révolution numérique, à ses potentialités démocratiques et à ses sociabilités libertaires, c'est une contre-révolution qui se prépare et s'organise.
A celles et ceux qui jugeraient ce pronostic alarmiste, on opposera évidemment le récent épisode hongrois, cette loi contre la liberté de l'information, digne d'un régime dictatorial, promulguée par le pays qui vient de prendre la présidence tournante de l'Union européenne. On ne saurait vraiment dire que cet événement désastreux fasse scandale dans la France officielle, les protestations, y compris celle, bienvenue, du porte-parole gouvernemental François Baroin (journaliste à ses débuts), restant de pure forme tant que des sanctions politiques ne sont pas réclamées contre la Hongrie. Elles ont d'autant moins de force que Frédéric Mitterrand, ministre de la culture... et de la communication, vient de les décrédibiliser par un appel stupéfiant à la censure pure et simple de WikiLeaks. Sa justification de cette demande d'une «interdiction de l'hébergement de WikiLeaks en France» témoigne en effet d'une abyssale inculture démocratique.
«Les renseignements qui sont fournis par WikiLeaks ont été volés, ils ont été piratés. A partir du moment où on les transmet [...] cela relève d'une forme de complicité avec une activité qui a été délictueuse», a déclaré le ministre sur RFI, jeudi 6 janvier. On retrouve là l'argument servi, durant l'été 2010, à propos de l'affaire Bettencourt et des enregistrements pirates au domicile de la milliardaire, révélés par Mediapart. En première instance puis en appel – un recours en cassation reste à venir –, la justice française a tranché, conformément à la jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l'homme: la légitimité d'informations d'intérêt public, révélant en l'espèce des faits délictueux (fraudes fiscales, financements politiques illicites, prises illégales d'intérêts, entrave à la justice, etc.), l'emporte sur l'origine éventuellement délictueuse des informations révélées – dans ce cas précis, des enregistrements clandestins réalisés par le maître d'hôtel de Liliane Bettencourt.
Autrement dit, le droit du public à être informé est si fondamental en démocratie qu'il peut prendre le pas sur d'autres droits s'il est avéré que les informations rendues publiques sont d'intérêt général – et tel est bien le cas des révélations de WikiLeaks, comme en témoigne abondamment leur reprise par les médias du monde entier ainsi que l'absence de poursuites judiciaires sur le fond. En somme, parce qu'il est une condition de la vie démocratique, le droit à l'nformation peut être jugé dérogatoire d'autres droits, par exemple le droit des affaires ou le secret des diplomates. L'histoire de la liberté de la presse, de sa protection et de sa promotion, est pavée de décisions de justice ayant construit cette jurisprudence caractéristique d'un Etat de droit.
En s'exprimant de la sorte, qui plus est comme s'il était lui-même la justice, Frédéric Mitterrand dévoile donc l'inconscient anti-démocratique aujourd'hui à l'œuvre chez nos puissants: que surtout rien ne fuite, que rien ne se sache, que rien ne soit rendu public qu'ils ne contrôlent, valident et maîtrisent. A cette aune, celle de la jurisprudence Mitterrand-le-neveu, et pour ne prendre qu'un seul exemple proche des révélations de WikiLeaks, la publication en 1971 par le New York Times des Pentagon Papers (les papiers du Pentagone), ces 7.000 pages de documents accablants sur la sale guerre américaine au Viêtnam dérobés par un fonctionnaire de l'administration, aurait dû être sanctionnée comme un délit de vol et de recel de vol par la justice. Tout l'honneur de la démocratie américaine fut d'affirmer l'inverse, par la voix de la Cour suprême qui donna raison au quotidien contre la Maison Blanche avec cet argument: «Seule une presse complètement libre peut révéler efficacement les manipulations du gouvernement.»
Ainsi le numérique, ce moteur technologique de notre troisième révolution industrielle, est-il désormais un enjeu clairement politique. Ce n'est pas une simple querelle des anciens et des modernes, mais bien l'affrontement de nouvelles émancipations et de vieilles dominations. Et cette bataille est un révélateur impitoyable. C'est une des caractéristiques des temps de transition et/ou de révolution, d'avenir incertain et de futur improbable: nombre de ceux qui sont habitués à diriger ou à posséder, et donc à ne pas craindre d'ordinaire les lendemains, deviennent soudain stupides et ignorants, laissant entrevoir, malgré leur intelligence supposée ou leurs diplômes avérés, une bêtise péremptoire ou une inculture confondante, par peur soudaine de l'inconnu.
A ce palmarès, Frédéric Mitterrand n'est pas le premier. Les premiers lecteurs de Mediapart se souviennent ainsi de notre franche rigolade devant l'annonce prématurée de notre décès dans la bouche d'Alain Minc, lequel se distingua également par l'affirmation que l'actuelle crise économique était «grotesquement psychologique». L'équivalence fameuse établie par Denis Olivennes entre Internet et «tout à l'égout de la démocratie» restera longtemps en tête de ce sottisier, d'autant plus stupéfiante qu'elle venait d'un dirigeant de médias s'exprimant devant un parterre de patrons. Mais le réquisitoire paniqué de l'aboyeur Frédéric Lefebvre (devenu depuis secrétaire d'Etat au commerce, aux PME, au tourisme, à la consommation, etc.), décrivant la Toile comme un nid mafieux, refuge de psychopathes, de violeurs et de racistes qu'il faudrait urgemment éradiquer, lui fera toujours fortement concurrence.
Cette arrogance imbécile trace une ligne de partage, comme l'on dirait une ligne de front, entre ceux qui diabolisent Internet, le réduisant à une grossière caricature, et ceux qui s'efforcent de le comprendre, observant avec précision son évolution, ses promesses et ses limites, ses richesses et ses manques, les pratiques qui s'y déploient et les passions qui s'en emparent. S'ils acceptaient de ne plus être aveuglés par leurs préjugés idéologiques, on conseillerait volontiers aux cancres précités la lecture de trois ouvrages récents, excellentes synthèses des enjeux qui nous occupent ici. Ni béats ni naïfs, leurs auteurs (Dominique Cardon, Patrice Flichy, Antonio Casilli) sont des sociologues expérimentés, évidemment avertis qu'aucune technique n'est libératrice par essence, mais selon les usages sociaux qu'elle favorise ou entrave. Or leur conclusion est qu'Internet offre d'immenses opportunités d'invention démocratique, à condition d'en respecter, défendre et préserver l'écosystème propre. Revue de détail en forme d'antidote à la contre-révolution numérique…
«Rarement la conception d'une technologie aura engagé autant de politique que celle d'Internet», écrit d'emblée Dominique Cardon, l'auteur du premier de ces essais, La Démocratie Internet (Seuil, 2010, coll. «La République des idées»). Sociologue au laboratoire des usages d'Orange Labs, il nous rappelle que, loin d'être d'origine militaire comme on l'entend dire souvent, «Internet est surtout né de la rencontre entre la contre-culture américaine et l'esprit méritocratique du monde de la recherche». Né du bouillonnement libérateur des années 1960, poursuit-il, «Internet aiguillonne toutes les expériences visant à dépasser la coupure entre représentants et représentés: délibération élargie, auto-organisation, mise en place de collectifs transnationaux, socialisation du savoir, essor de compétences critiques, etc.». Une «révolution», insiste-t-il, qui «est une aubaine dans la mesure où elle approfondit et complexifie le régime démocratique»: en élargissant formidablement l'espace public, Internet «constitue un laboratoire, à l'échelle planétaire, des alternatives à la démocratie représentative».
La révolution numérique nous confronte à ce défi: inventer un nouvel âge démocratique dans l'approfondissement et l'enrichissement du précédent. Nos fatigues démocratiques témoignent de la crise de la représentation, à laquelle se limite pour l'essentiel notre pratique politique: déléguer son pouvoir à d'autres. Ainsi limitée, la démocratie reste «inachevée», rappelait en 2000 Pierre Rosanvallon, soulignant ensuite qu'une «contre-démocratie» vient, dès lors, combler ses manques. Avec Internet, poursuit aujourd'hui Dominique Cardon,«la société démocratique sort de l'orbite de la politique représentative», mettant en évidence les limites de l'espace public traditionnel, à la fois autoritaire, élitiste et paternaliste. «Les procureurs de l'espace public numérique, ajoute-t-il, ne parlent jamais pour eux, mais pour les autres. Eux savent, contrôlent, trient la bonne et la mauvaise information, ne sont dupes de rien. Mais, autour d'eux, les gens sont naïfs, sectaires, versatiles et impudiques. Ce paternalisme est de moins en moins tolérable dans des sociétés qui s'individualisent en prescrivant la responsabilité, l'autonomie et la diversité. Internet est un instrument de lutte contre l'infantilisation des citoyens dans un régime qui est censé leur confier le pouvoir.»
Voilà de quoi ils ont peur – de nous, les citoyens –, et c'est pourquoi ils tentent de nous faire peur avec Internet. Conclusion sans appel de Dominique Cardon: «La méfiance à l'égard d'une parole sans contrôle ni censure cache une méfiance plus grande encore à l'endroit d'une société auto-organisée.» Professeur de sociologie à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée, Patrice Flichy, notre deuxième auteur, avec Le Sacre de l'amateur (Seuil, 2010, coll. «La République des idées»), aborde le même enjeu sous l'angle de «la démocratisation des compétences». Le mot «expert», rappelle-t-il, n'a pas toujours eu la signification contemporaine de «spécialiste», acception excluante qui met à distance le commun des citoyens. Sa signification traditionnelle était «rendu habile par l'expérience», acception prenant en compte à l'inverse cette «expertise quotidienne» qu'il y a chez tout individu, ce que le philosophe Michel de Certeau (1925-1986) appelait «les arts de faire» ou «l'invention du quotidien», tous ces savoirs et ces compétences «qui sont bien distincts de l'expertise des élites».
En troublant le jeu politique traditionnel et en bousculant ses acteurs professionnels, ce surgissement de l'amateur sur Internet évoque, selon Patrice Flichy, cette opinion publique populaire du XVIIIe siècle, bouillonnante et indisciplinée, aux langages aussi inventifs qu'indociles, transgressant en permanence la frontière entre public et privé, dont l'historienne Arlette Farge a montré le rôle décisif dans la Révolution française. Ainsi, sous la question démocratique gît la question sociale, la première étant la condition nécessaire de la seconde. «La société des amateurs est une société plus démocratique, conclut Flichy. C'est une société où l'on considère que chaque individu possède une ou des parcelles de compétence, et que ces éléments peuvent être associés à travers des dispositifs coopératifs. […] L'amateur fait descendre l'expert-spécialiste de son piédestal, refuse qu'il monopolise les débats publics, utilise son talent ou sa compétence comme un instrument de pouvoir. En définitive, il contribue à démocratiser certaines pratiques (artistiques, scientifiques ou politiques), comme le discours critique qui les accompagne. L'amateur oblige les créateurs et les producteurs à se soucier davantage de leur public, les élus à tenir compte en permanence des citoyens, les savants à imaginer d'autres scénarios, les médecins à soigner autrement.»
Avec Les Liaisons numériques (Seuil, 2010), fruit d'une enquête de terrain sur les nouvelles sociabilités du Net, notre troisième auteur, Antonio Casilli, met en pièces les mythes associés à Internet et souvent retournés contre lui par ses détracteurs. Non, la Toile n'est pas «un empyrée immatériel fait d'octets»: virtuel et réel y fonctionnent en boucle, indissociables, les usages informatiques restant «inséparables des pratiques sociales». Non, les identités réelles ne se dissolvent pas dans leurs avatars numériques: «moyens d'exprimer et de réaliser l'autonomie, le contrôle et l'efficacité auxquels les individus aspirent», ce sont aussi de nouvelles stratégies citoyennes ancrées dans un contexte historique inédit. Non, les technologies de l'information et de la communication, les fameuses TIC, ne sont pas, par nature, désocialisantes, les liaisons numériques permettant plutôt «de trouver et de maintenir la distance optimale avec les personnes qui peuplent notre vie».
Bref, devenus de plus en plus objets de notre quotidien, les ordinateurs ne sont pas des chevaux de Troie qui nous mettraient en servitude, résume Casilli, «mais plutôt des fauves que les usagers sont capables de domestiquer – au sens propre du terme, en les intégrant à leurs habitats». Rien de tout cela, évidemment, souligne-t-il pour finir, «ne doit nous rendre aveugles aux périls qui se nichent dans le numérique, surtout quand il est érigé en idéologie. Mais, avec ces périls, les citoyens actuels reçoivent aussi un nouvel assortiment de possibilités, tant sur le plan personnel que sur le plan collectif. C'est la forme même de notre être en société qui est remise en question. Et si cela comprend une partie de risques et de bouleversements, une place subsiste pour des éléments de surprise et de création de nouveaux espaces des relations humaines».
Trois livres donc qui, avec des approches différentes mais complémentaires, disent l'enjeu de la révolution numérique, et de la bataille qui commence. Car ce sont ces possibles, ces surprises et ces étonnements, ces inventions et ces créations que menace la contre-révolution numérique. En voulant soumettre Internet à ses intérêts, politiques et écnomiques, le normaliser et le contrôler selon des règles contraires à sa vitalité propre, c'est l'idée même d'une alternative au monde tel qu'il est, injuste et inégal, qu'elle entend conjurer.
Lire ici la fin de "En défense d'Internet et de WikiLeaks": 4. Politique de la relation


Tous les commentaires
L'affaire "Wikileaks" est effectivement un symptôme... Mais c'est aussi un leurre en ce sens qu'il détourne d'autres aspects de "notre liberté numérique" tout aussi déterminant dans la "grande bataille" qui est parfaitement décrite dans cet article. La question de l'infrastructure et des normes qui permettent le fonctionnement du réseau sont en effet sans doute moins immédiats à appréhender mais non moins stratégique. Certains des acteurs industriels qui permettent le fonctionnement du réseau aimeraient bien en effet en revenir à un fonctionnement de type "minitel". La question de la centralisation des données par Google ou d'une façon différente par Facebooks est également un élément à ne pas négliger. Face à cet ensemble de question, la question de la création d'un pôle de mobilisaton (et de ce point de vue, l'existence d'une communauté regroupée autour de Mediapart est un outil formidable) et de réflexion est une nécessité de l'heure (auquel contribue, bien entendu, les articles d'Edwy Plenel)
Tout est une question de mesure : que l'on coupe la langue aux blasphémateurs et que l'on coupe internet aux blogueurs. Non? Quoi? La liberté? Ah...
Précision essentielle : blasphémer n'est pas diffamer ou insulter : blasphémer est un droit, c'est le droit légitime de brocarder les dogmes et de refuser de prendre des vessies pour des lanternes, n'en déplaise aux croyants de tous bords, y compris ceux de mon bord, et quels que soient les dogmes, y compris ceux auxquels j'adhère !!!
On commence à entendre ici ou là des gens qui considèrent le blasphéme comme un délit ... attention la pente qui conduit à la "normalisation" des pensées commence à être bien savonnée.
Comment voulez-vous connaître les dessous des pouvoirs qui manipulent pour durer, s'intituer (ce qui est la pente naturelle de tout pouvoir) et finalement confisquer la souveraineté du peuple ? en leur demandant gentiment de donner des preuves de leur manipulations ? Il ne reste en effet que l'investigation et le "vol" d'informations d'intérêt public pour qu'il y ait d'autres informations que celle délivrés par le pouvoir, par les attachés de presse du pouvoir.
L'affaire Wikileak est éclairante sur les enjeux, elle marque bien sûr une ligne de front que les démocrates doivent tenir face aux pouvoirs institués et désormais coalisés, qui eux savent pour établir leur toile...utiliser les TIC.
Jour après jour, les "zélites"dirigeantes et leurs experts "zelés" traitent les citoyens, qu'ils sont censés représenter, de naïfs, d'enfants, voire de crétins : Quand une"réforme" passe mal, c'est que le peuple n'a rien compris, il faut faire de la "pédagogie", et quand il vote mal, les "zélites" se débrouillent avec des embrouilles "juridio-contitutionnelles" pour annuler le vote : Exemple le NON du peuple de France et de Hollande à la constitution européenne en 2005. J'ai pourant voté OUI, mais je defends que c'est le NON qui l'a emporté et je prétends que la volonté du peuple a été manipulée.
Certains , ne voulant pas être confondu avec le peuple, bien qu'ils en fassent parti, prennent la position des "zélites" et de leur "zexperts zélé" , parce qu'il ne veulent pas être assimilés à ces citoyens traités de débiles qui ne comprennent décidemment rien à l'économie, etc. Ils se donnent l'illusion de faire parti de ces "zélites" qui ont tout compris, bref d'être simplement du coté du manche. Les ruptures, les vraies (pas celles promises par sarko en 2007) ont lieu quand une partie de cette population qui "aimerait avoir l'air, mais qu'à pas l'air du tout" ("faut pas jouer les riches quand on n'a pas le sou") prend conscience de son "suivisme de principe" et rejoint le camp de ceux qui ont bien compris où sont les intérêts des uns et des autres.
Cette prise de consicience : c'est tout ce que l'on peut souhaiter au peuple de France (eyt aux autres bien sûr) dans les mois qui viennent.
Le blasphéme s'attaque souvent au sacré. La souveraineté du peuple fait parti du sacré dans le dogme républicain, il est blasphémé régulièrement par les "zélites". Ce qui n'est pas légitime de leur part puisqu'ils sont censé tirer leur pouvoir du peuple. Il est en revanche légitime et essentiel que le peuple souverain puisse non seulement critiquer, non seulement brocarder, mais aussi blasphémer le pouvoir des "zélites" puisque ce pouvoir est le sien et que les "zélites" n'en dispose que par délégation un moment, si l'on veut bien éviter de confondre évidemment blasphéme et diffamation ou insulte. Mais il est bien commode pour ceux qui veulent préserver les "zélites" d'aboyer avec eux en faisant la confusion entre blasphéme et diffamation.
Feriez-vous parti de ces "aboyeurs", ou avez-vous simplement, par inattention, confondu diffamation et blasphème?
C'était juste de l'ironie, il est aussi anachronique et liberticide de priver de parole un homme, que ce soit pas l'ablation de la langue ou par le contrôle de la connexion internet (allusion au débat qui a entraîné la mort du gouverneur du Pendjab au Pakistan et... à LOPPSI2 en France).
Guantanamo pour des islamistes "avérés", et le discrédit moral avec des accusations de crime sexuel pour les opposants à la "raison" d'Etat (Polanski et Assange), les régimes démocratiques sont bien en crise. Seuls aux commandes depuis 1989, auraient-ils la tentation totalitaire?
Hum... Autant je vois bien en quoi J Assange peut être qualifié d'opposant à la raison d'état, autant cela m'échappe pour ce qui concerne Polanski...
Regardez son dernier film, the Ghost Writer, où une certaine affaire Kelly a été rapidement classée par le gouvernement britannique. Le film est une charge violente contre les duettistes Bush/Blair, Blair, pardon, Pierce Brosnan est même assassiné à la fin... Quand le film est sorti, Polanski avait un bracelet électronique au poignet et tout le monde a vu le film d'un ancien violeur, d'un accusé, non de quelqu'un qui dénonce... cela fait toute la différence et c'est la même chose pour Assange: sur le banc des accusés, monsieur le libre dénonciateur!
Exactement! c'est bien ce que j'ai pensé en voyant ce magnifique film, pour essayer de comprendre la mésaventure de Polanski. Pourquoi nous ressortir cette affaire datant de trente ans? Le film est une charge claire contre Tony Blair, présenté comme une marionnette fabriquée et mis en place par la cia et certains lobbys.On peut donc être amené à penser que certains milieux ont voulu se venger et ont réactivé des reseaux et leviers de pouvoir (l'appareil judiciaire) pour humilier le cinéaste.
En tout cas, c'est toujours le sexe qui est visé, utilisé comme prétexte, dans ce type d'affaire concernant des "révélations". Ceux qui révèlent ou dénoncent des secrets (ou des tabous) sont toujours peu ou prou des obsédés, des pervers, des violeurs. Est ce le capitalisme anglo-saxon, par nature puritain, qui agit là. Que révèle et cache donc cette focalisation sur le sexe?
Les faits repproché a Assange et ceux à Polanski sont sans communes mesure. Et la mesure qui prévoyait l'incarcération du cinéaste existait bien avant la sortie de son dernier film... Les deux cas n'ont rien à voir !
je veux .....................
L'enfumage a bien fonctionné... preuve en est.
Ce n' est pas la Thailande qui hébergerait un site miroir de Wikileaks !
Sur "M le Maudit", Lang choisit comme point d'orgue le procès sans appel du criminel par la "cour des miracles" et sa condamnation par ceux que la société condamne. Assange est plus un Arsène Lupin ou un Robin des Bois, soutenu par l'opinion publique : il est loin d'être paria. Par contre, le parallèle avec le film de Lang est judicieux s'il sert à dénoncer l'instrumentalisation du mal pour que la société accepte la censure, l'auto-censure. Comme les tenants de la peine de morts instrumentalisent de les tueurs d'enfants, qui ne sont, comme M, que des humains malades.
+ 1
Vivement la suite d'Edwy Plenel sur " A l'Assassin"...
Je pense que sur une société de privilégiés qui dominent un monde "abruti" de pauvreté et s'enferme dans une tour de verre, la version restaurée retrouvée en Argentine de Metropolis conviendrait assez bien. Il nous reste encore beaucoup à ré-apprendre de Fritz Lang.
Si de cet article, je ne devais retenir qu'une phrase, ce serait celle-ci :
"C'est une des caractéristiques des temps de transition et/ou de révolution, d'avenir incertain et de futur improbable : nombre de ceux qui sont habitués à diriger ou à posséder, et donc à ne pas craindre d'ordinaire les lendemains, deviennent soudain stupides et ignorants, laissant entrevoir, malgré leur intelligence supposée ou leurs diplômes avérés, une bêtise péremptoire ou une inculture confondante, par peur soudaine de l'inconnu."
La 2ème phrase serait :
"Internet est un instrument de lutte contre l'infantilisation des citoyens dans un régime qui est censé leur confier le pouvoir."
@miradou:
+1000000
Excellent résumé
Le minimum (je pense :) c'est qdm de ne pas se livrer pieds et poings liés à des "Imac/phone/pod" Google Facebook et autres réseaux qui n'ont pas grand chose de "sociaux". Si il n'y avait pas été des hackers pour pirater ce Windows que l'on vous vend de force dans toutes les boutiques de la planète...sans ses hackers nous n'en serions certainement pas là dans l'avancement de la technologie...et des lois et des lois et des lois...mais les techniciens qui peuvent penser mettre des verrous avaient comme voisins de classes d'autres techniciens qui s'amuseront toujours à casser ces verrous...pour le fun.Alors un petit mot au passage pour Thierry Lhermitte qui pense faire fortune en étant actionnaire principal de la société TMG, société chargée du repérage des adresses IP pratiquant le téléchargement "illégal".Alors mon petit bonhomme maintenant tout le monde le sait :)
Je voulais juste dire qu'il faut qdm un minimum de " conscience" et les logiciels libres et GNU/Linux sont là aussi pour ça. Gratuit et libre n'est-ce pas ce que tout le monde réclame?
Merci pour cet article et ses références très éclairantes !
Merci pour cette série de billet.
Quand je pense à la pauvreté des éditos du Monde sur le sujet, j'ai mal pour leurs abonnés ;)
on a les infos qu'on mérite.
Durant les premières années de développement de l'internet en France, j'étais assez mitigé face à ce flux potentiellement infini de l'information.
D'un côté je me ruais sur les sites d'information alternative du genre indymedia, pour en savoir un peu plus au sujet des luttes sociales qui se développaient ici ou là (forums sociaux mondiaux, luttes des sans-terre, etc ...). Depuis longtemps déjà je pestais contre le verrouillage opéré par les médias aux ordres ("les nouveaux chiens de garde").
Mais j'étais gêné aux entournures par les liens copiés, recopiés et transmis mille fois au sujet de sujets aussi porteurs que les tours jumelles de New-York, les complots extra-terrestres ou autres, que tant d'internautes s'envoient sur les boîtes mail, ente deux blagues vaseuses ... La question que je soulève ici est celle du contrôle des sources, de la vérification des informations, bref, d'un vrai travail de journalisme.
Je n'ai jamais autant participé aux "Courriers des lecteurs" que depuis mon utilisation d'internet. Je n'ai pourtant pas la prétention de faire du journalisme. Je veux bien apporter mon grain de sel, mais en restant conscient de mon amateurisme : s'il est signe de l'exercice démocratique, il ne nous garantit pas une information fiable ! Ceci pour dire que le rôle de l'expert ne doit pas disparaître, à mon avis, et surtout pas celui que vous jouez tous, ici, en animant Mediapart !
L'avis de Prévert, Monsieur le Ministre de l'Aculture:
Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie.
Je vous suggère un sujet d'article " Qui contrôle Internet ?, les batailles pour soit avoir le contrôle de l'information soit pour reprendre la main ( Brésil, Chine, Egypte,... ), les CV des différents administrateurs des sociétés comme Google, etc.."
Merci pour votre action
Merci pour cette série d'articles, brillamment référencés (les trois chercheurs cités sont effets très stimulants à lire). Juste pour rappeler qu'Hannah Arendt a en son temps tiré un essai important des fameux Pentagon papers publiés par le Times, en français intitulé Du mensonge à la violence, dans lequel elle établit de manière convaincante la place centrale et quasiment consubstantielle de la dissimulation et du mensonge dans les processus politiques menant à la violence. De ce point de vu, Wikileaks et tous les acteurs civiles s'exprimant sur la toile (dont Mediapart) ont bien évidemment un rôle salutaire.
Hannah Arendt et les Pentagon Papers, dans la New York Review Of Books :
http://www.nybooks.com/articles/archives/1971/nov/18/lying-in-politics-reflections-on-the-pentagon-pape/
Plus prolixe que l'aphorisme de Prévert, Hannah Arendt nous abreuve de réflexions sur la vérité et la politique. Elle répond par anticipation à tous les Miterrand; Alliot Marie et autres Védrine.
Ils feraient bien de lire cet article de la New York Review qui traite en somme, version Weekyleaks papier, des mensonges politiques sur la guerre du Vietnam.
Et de lire, ou relire Between Past and Future, au chapitre "Vérité et Politique" où H. Arendt soulève cette question toujours d'actualité:
Comment se fait-il que nous soyons attachés avec acharnement à des vertus comme la justice et la liberté, alors que la même chose étrangement n'est pas possible relativement à l'idée, en apparence tellement moins politique, de vérité?
Faisant continuellement la distinction entre vérité rationnelle et vérité factuelle (celle qui s'applique à la politique, la vérité des faits) elle conclut:
Conceptuellement, nous pouvons appeler la vérité ce que l'on ne peut pas changer; métaphoriquement, elle est le sol sur lequel nous nous tenons et le ciel qui s'étend au dessus de nous.
Pour ceux qui sont intéressés par le texte de Hannah Arendt consacré aux documents du Pentagone j'en ai mis une version française (sans les notes) sur mon blog.
http://www.mediapart.fr/club/blog/thierry-ternisien/070111/bien-avant-wikileaks-hannah-arendt-et-les-documents-du-pentagone
"Ceux qui n'aiment pas leur liberté, n'aiment pas celle de l'autre".
(Françoise Dolto)
Consternant ministre de la culture. Il est deux types d'individus. Ceux, qui, avec l'âge, se bonifient ( voir l'oncle du neveu ! ), et ceux, qui, avec l'âge, s'aigrissent, perdent en souplesse et jeunesse de pensée. G. Deleuze disait qu' il y a une jeunesse de tous les âges - à chaque âge, sa jeunesse -
Il y a, par exemple, le fringuant et militaire sauveur de la France ( lequel des deux ? ) qui devient, vieillard, le chantre anonnant de trop de vilénies. Qu'on le compare à cet autre vieillard, fringuant et incontrolable ( lettres d'amour en terre de langue française au Québec ), figure de proue personnelle de bien de nos politiques des deux bords.
Qu' a donc peur de perdre l'actuel ministre félon des libertés, qu'il n'ait peut être déjà perdu , qui lui fasse opter tout de go pour telle sottise. Car sottise il y a, à tout simplement vouloir ignorer le sens des choses. Tout combat est toujours perdu contre ce qui advient, et ce qui monte. Le Président Mitterand disait ( avoir remarqué ) que, quand une idée est émise , elle finit toujours par voir le jour, et, croître. Quand une graine est plantée, elle finit toujours par pousser. Un parent perd toujours s'il livre combat à l'adolescent. Il ne peut que perdre. Il a la sève montante de l'énergie en lui. Il est l'élan de l'avenir.
Internet est l'élan de la démocratie mondiale à l'oeuvre. Accouchement non sans l'obligation d'assistance ici et là, ici ou là. Selon les résistances rencontrées. Qui ne manquent déjà pas. Et il est navrant que les représentants de la patrie des Lumières, à cette occasion, soufflent la bougie. Qu'importe, dans chaque foyer ( ou presque ), elle est allumée, ou, ne saurait tarder à l'être.
Le cours d'eau du fleuve ne s'inverse pas. La toile est tissée, c'est la parole. Chez les Dogons, la parole - primordiale - est liée au métier à tisser, métaphore de la parole. En langage Dogon, le mot tissu signifie " c'est la parole ". la langue est la navette du métier à tisser qui va et vient sans cesse dans la bouche .
Le monde, peu à peu, tisse sa parole. La parole-textile Dogon m'inspire mon texte. Nous sommes liés. La toile est l'image contemporaine de l'antique et archaique métier à tisser Dogon. ( Dieu d'eau - Entretiens avec Ogotemmêli - par M. Griaule 1948 )
Laissons les falaises de Bandiagara en pays Dogon pour la Corne de l'Afrique et la Somalie, Addis-Abeba, que rejoignait, dans les années 80, l'ancien-cinéaste, actuel ministre-lugubre de la culture pour y tourner et y compléter son splendide et émouvant " Lettres d'amour en Somalie ", où, avec le courage et l'énergie du désespoir ( amoureux ) qui étaient sien, par son exemple et sa sensibilité, il planta le décor d'une parole, sa parole , d'une voix, sa voix, entre aller-retour parole-image, Paris-Adis-abeba, et laissa la navette de la langue, tisser, en toute liberté, son bel ouvrage .
A quelques jours de sa mort, Malraux escaladait les collines de Port-au-Prince en quête de découvertes picturales. Qui l'en eût pu dissuader ?...Autres temps, autres moeurs ! Autres âges, autres jeunesses d'âge.
Nous en sommes revenus à M, judicieusement cité, à la marque dans le dos, à la ritournelle obsédante, aux plaidoyers et accusations, à, peu-à-peu, la mise en coupe règlée de notre société, aux moyens de régles et lois, qui, toutes, définissent une myriade de lieux, où, s'exercent des fonctions précises au pouvoir délimité, eux-mêmes aux ordres d'un pouvoir également délimité, et, tous inféodés au seigneur, qui gesticule au sommet de sa pyramide; Surveillance et verticalité.
Comment supporter l'idée et la réalité de ces réseaux souterrainement ressentis (des égouts) qui courent en tout sens, sans interruption, night and day, des connections cérébrales incontrolables, toniques, inventives. Inimaginable!
Réinstaller le tribunal des gueux et y faire défiler tous les M potentiels, c'est-à-dire, tout le monde, soupconnés de porter atteinte à la loi non écrite qui veut que la libre circulation, que la liberté sont dangereuses, que la liberté est nocive; ne sera pas chose aisée. La Chose, ...La toile est tissée, elle ne sera pas détissée, elle parle. A elle, la parole. Elle est désir, et, expression du désir. Le Désir, voilà ce à quoi conduit la liberté, à son expression.
La toile est l'expression de son désir. C'est un ado en pleine forme, et c'est impressionnant, un ado en pleine forme. Les Parents n'y pourraient, ou, n'y pourront rien changer.
Pas plus que ne siégera non plus le tribunal des gueux. Qu'il reste cantonné, là, où il est (bien), dans les images du film de Fritz Lang, dont l'une des " morales " de la fable sinistre est aussi " Il faut bien faire attention aux enfants " .
"Frédéric Mitterrand dévoile donc l'inconscient anti-démocratique aujourd'hui à l'œuvre chez nos puissants"
Cher Edwy Plenel, vous avez la prudence de ne vous en tenir qu'à un constat du présent.
Mais, en habitué du café du commerce, je puis arguer que cet "inconscient anti-démocratique" ne date pas d'hier...
Fois d'"amateur", merci à vous pour votre continuelle réflexion citoyenne et humaniste.
Jacques.
L' article nous invite tout de même à réfléchir plus profondément sur le concept même de "liberté numérique" et sur la nature de la démocratie dans ce nouveau contexte technologique. C'est une liberté conditionnée par un appareillage technique lourd et sophistiqué (le réseau Internet). Et du coup cette démocratie, renforcée par une transparence et une liberté d'expression élargie, est adossée à un système technique, que personne ne contôle vraiment. Est on libre quand on va sur Facebook par exemple, sachant que Goldman Sachs vient d' investir massivement dans cette société? La question est: qui contrôle le Réseau?
Il me semble que cette "liberté numérique" est en amont limitée par le degré de compétence technique. Ceux qui contrôlent et maitrisent vraiment les choses sont ceux qui savent manipuler les algorithmes et parler avec les machines . Les maitres du reseau. Certains seront donc plus libres que d'autres. Et Assange est un hacker à la base, pas un journaliste.
Cependant, il me parait évident que dans ce nouveau monde, la soif avide de vérité balayera peu à peu toutes ces pratiques vérouillées et dissimulatrices. On voit bien aujourd'hui que les Pouvoirs en place, parce qu'ils ont tendance à tout verrouiller, ont de plus en plus peur de cette vague.
Bien reçu Edwy Plenel. Mais ne descendez pas au niveau de "l'aboyeur " Frédéric Lefebvre en utilisant un qualificatif qu'il n'hésiterais pas à vous renvoyer.
Bien à vous
Cher ou chère (je ne me souviens plus bien, pardon ;-) Faunus,
Merci de votre remarque dont j'approuve totalement les présupposés (l'éthique de la discussion est d'abord une éthique du langage), mais, dans le cas d'espèce, "aboyeur" n'est aucunement un mot déplaisant, mais bien un terme adéquat et précis. Si l'on s'en tient au Littré dont les définitions sont en partie reprises sur le Wiktionnaire, Aboyeur ne relève pas d'un langage familier ou vulgaire. Il signifie, au-delà de son origine première liée à la chasse ("Sorte de chiens qui aboient à la vue du sanglier sans en approcher"), "Celui qui poursuit ardemment une chose" ou "Celui qui fatigue par des criailleries, des importunités pressantes". Exemple parmi d'autres chez André Gide, dans Retour d'URSS (1936) : "Eux, les aboyeurs, vont commencer à l'approuver lorsque précisément nous cesserons de le faire". Enfin, l'aboyeur est aussi le crieur qui, à la porte des théâtres ou des cafés, appelait les voitures ou rameutait les clients, ainsi que l'huissier qui annonce à haute voix les visiteurs.
Il est vrai que la langue bouge, les mots changent et leur perception s'éloigne – en ce sens, mon "aboyeur" fait peut-être couac, ainsi que vous l'avez ressenti. Mais, dans mon esprit, c'était ce double sens que je convoquais: son désir ardent de quelque chose (un petit maroquin, qu'il a finalement eu) et ses criailleries incessantes (et, là, je reste très poli, non? ;-)).
Bon week-end et bonne lecture sur Mediapart!
Qu'il soit né dans les laboratoires ou qu'il soit d'origine militaire, internet a immédiatement été approprié par les chercheurs expérimentaux. La collaboration de nombreux chercheurs dans les expériences de recherche fondamentale nécessite un échange d'information rapide entre égaux pour éviter les erreurs, rechercher les moins mauvaises solutions. De la pratique égalitaire dans un but commun est née l'utilisation démocratique d'internet dans ce milieu.
Mais il ne faut pas oublier que le principal impact d'internet a été de rendre possible la financiarisation de l'économie, le retour des rentiers face aux salariés. Les investisseurs ont seulement besoin d'un tube donneur d'ordre sécurisé, pas d'un outil de démocratie.
En d'autres termes il y a un outil qui est utilisable mais aussi déjà beaucoup de retard dans une utilisation démocratique. Je lis souvent que pour combattre la droite, il faudrait mettre l'économique en avant. Je crois que c'est la démocratie qu'il faut mettre en avant parce que l'économie globale, en plus de ses variations chaotiques, s'accompagne de dénis flagrants de démocratie envers le plus grand nombre.
Il y a eu une époque où certains révaient de faire de la télévision un outil d'échange. En fait c'est internet qui commence à le réaliser, mais on a l'impression de le faire en fraude. Médiapart est une superbe expérience.
Merci m'ssieur...+++
Très bon article !
Les réaction de nos "responsables" français sont effectivement assez redoutable de bétise (mais qu'espérer de mieux de Lefevre, franchement), mais les américains ne sont pas en reste ! Et l'hystérie anti wikileaks a de beaux jours devant elle. La palme étant remportée haut la main par "fox news" la chaine cablée au service des réactionnaires des "tea party" qui conseillait par la bouche de son animateur Bob Bekel "d'aller buter illégalement ce salopard", mais aussi ceux (du "Comité pour la sécurité intérieure") qui veulent qu'on l'inculpe de "terrorisme" sans oublier Newt Grindrich qui veut qu'on le considére comme un "combattant énnemi" redevable à ce titre de Guantanamo.
Les dés sont lancés, depuis longtemps. Wikileaks n'est qu'un des pretextes pour censurer le ouèb. Maintenant me titille concernant Fredo, une trahison sans conscientisation ? Ayant d'autres valeurs, culturel d'une part, ne pas avoir conscience de l' appareillage culturel élaboré d'un systéme dont il est maintenant "voix et rouage", (voir la CIA finance l'art), d'autre part, sa sexologie libidinesque, méconnaissant l' appareillage sophistiqué des réseaux de la honte. (Voir/connaitre l’association Morkhoven et l’affaire Zandvoort).
Mais le " peuple " a toujours fait peur aux " élites " de droite comme de gauche,paternalisme ouvert ou dissimulée dans un cas comme dans l'autre.Souvenir ancestral de la " Terreur " ,de la populace de Flaubert sous la Commune ,on ne sait mais d'évidence le " peuple " fait peur ,peut-être faut-il y voir là une des contradictions de cette nouvelle gauche de plus en plus acquise a la vieille droite,avec,a son bord,quelques intellectuels dont l'ineffable neveu .Merci ,en tous cas de soutenir Wikileaks qui,hélas,en a bien besoin.
BRAVO .
Le débat rageur est lancé, les E P P : ( Experts Patentés des Pouvoirs ) donc autorisés et rémunérés par ce pouvoir, se lachent contre cet espace de communication qui échappe à la banalisation. Ils ont pour mission, ambition, de canaliser, interdire, maitriser, surveiller, sé-cu-ri-ser (parce que je le veau bien ?..) . Avoir pour Projet de fabriquer une pensée numérique formatée, avec devant l'écran, un être docile : Récepteur-consommateur d'images, de sons, et autres écrits bien calibrés. Sans qu'il n'ait d'autre choix que d'avaler, sans mâcher, trier, rejeter (et oui ). Ceci sans en saisir le gout, me répugne, et provoque un profond rejet . Curieuse façon de considérer l'humain et ses multiples qualités ! Un outil permettant à chacun, de sa place, ses connaissances, et autres différences (...), d'avoir le choix, la liberté de pouvoir émettre, échanger avec Autrui, lire des opinions multiples et contradictoires , participer, et se faisant : Évoluer dans ses propres opinions, ses avis, critiques , est plus qu'utile : Une nécessaire Liberté ! .
Les jeux d'argent , les publicités elles rapportent , dépenser OUI OUI OUI.. Mais des pensées : NON ? ??? Penser et repenser, s'attarder , avoir des idées, suivre des fils de pensées, ce serait INDIGNE ? Hum , je redoute comme une forme D'INDIGNITÉ , derrière tout ceci .
Dépenser OUI, des pensées NON
Que j'aime votre indignation.
Effacé
Le général De Gaule lorsque il traitait de veaux les Français s'était les gaulistes de mon général aprésent il y a UMP . Sarkozy pête ils pêtent , parfois ils devancent leur président . Tel des oies dans une marre Elyséenne font coins - coins . ILS ont un grains pour soutenir Polanski , soutenir un vicieux, violeur , par-contre Assange que Dieu a mis sur notre route en nous dévoilant ses dirrigeants détraquer , il faut être faux jetons comme Besson pour refuser l'accueil a Assange au nom de qu'oi il se permet , qu'ils facent un référandum , moi je paye mes impôts je veux qu'il reste chez-nous en France . Et puis je n'ai pas besion de ses batibieuls pour me dirriger .
@Bloch Achi: y'a encore des types qui savent ce que veut dire "batibieul"! Saintemariemèrededieu y'a des miracles tous les jours sur Médiapart! Ceci dit il y a une Charte de Mediapart que les intervenants se doivent de lire, même les monuments historiques qui utilisent de l'argot oral obsolete issu du Provençal.
Merci encore une fois pour un très bon article, et je compte bien lire les livres que vous citez. Mais je voudrais insister sur un autre aspect de l'affaire Wikileaks, qui est le danger toujours plus grand que semblent courir les lanceurs d'alerte. Je vois Wikileaks comme la mise en place d'une sorte de Canard enchainé numérique, offrant aux lanceurs d'alerte potentiels un lieu de publication assorti de garanties d'anonymité, autant que les moyens actuels le permettent. Et nous avons apparemment grandement besoin de tels supports, dans un temps où les lanceurs d'alerte sont poursuivis et les crimes dénoncés oubliés. Pas de poursuites et encore moins de sanctions pour les crimes de guerre dénoncés, mais le soldat soupçonné de la fuite a déjà passé plus de 7 mois en isolement 23h/24. Il y a une tendance certaine aux Etats-Unis à réduire au silence les lanceurs d'alerte de tous domaines (http://www.democracynow.org/2010/5/20/silencing_the_whistleblowers_how_will_financial http://www.democracynow.org/2010/6/17/wikileaks_whistleblowers par exemple) et je crois qu'une partie de l'Europe est toute prête à suivre. La meilleure protection des lanceurs d'alerte me semble être notre protestation suffisamment forte pour mettre fin à cette chasse ouverte, et se concentrer enfin sur ce qui est dénoncé.
Merci de bien nous montrer les enjeux de cette joute décisive dans la marche de l'humanité vers son émancipation: révolution et réaction en sont bien les deux termes antagoniques qui forcément se dissolveront dans une synthèse contrôlant les abus: racisme, pédophilie, racolage... comme dans la vie civile "réelle".
Et bravo pour la pertinence de votre observation sur l'absence de censure dont bénéficient les jeux de hasard mis en parallèle avec la persécution de Wikileaks !
Tous ces débats à propos de Wikileaks maniant sans compter les notions de démocratie, liberté, dictature, oppression . . . excusez du peu et j'en passe, me sidèrent d'autant que toutes les couches de la population y participent, du simple citoyen internaute (comme moi) . . . . jusqu'aux ministres.
Cela doit correspondre à une angoisse liée à la diffusion instantanée possible de toute information . . . même celle volée . . . qui donne l'impression à chacun d'être potentiellement tout nu.
C'est ça la nouveauté : l' instantanéité et que personne n'est à l'abri d'être déshabillé sans son consentement.
MAIS, au lieu d'être pour ou contre il faut nous adapter car cela EST désormais comme ça.
Internet a bien évidemment les défauts de ses qualités et inversement : information libre pour tous mais aussi pillage de notre vie à chaque fois que l'on surfe (à qui profitent les informations collectées par Google, Facebook et autres ? Ces sites sont-ils récupérés voire instrumentalisés ?).
Même MEDIAPART peut un jour voir étaler sur la toile ses dossiers en cours de préparation et sur quoi et avec qui il travaille. Edwy PLENEL serait-il alors toujours aussi convaincu d'une défense de Wikileaks à 100% ?
Vous l'avez compris, c'est l'accroche journalistique d'Edwy PLENEL "pro-Wikileaks de façon inconditionnelle" qui me gène. Je le préfère dans son analyse et sa critique de la LOPPSI et je le soutiens pour tout combat contre les vélléités de limiter internet de la part de qui que ce soit.
Défendre Wikileaks . . . je m'en fiche ! Défendre internet pour tous mais en vérifiant qu'il n'y a pas (trop) d'atteinte à la vie privée . . . j'en suis ! Et n'en déplaise à certains, ce n'est pas le même combat.
Car s'il n'y a pas un minimum de respect de la vie privée la démocratie ne peut exister.
Longue vie à MEDIAPART !
Lorsque la France, l'Allemagne et d'autres utilisent, après les avoir achetées, des données volées à des banques suisses pour dépister les fraudeurs de leur fisc, ils sont moins regardants pour parler de complicité à une activité délictueuse... Mitterand ne sait plus quoi faire pour redorer son jabot!
Bonjour E. Plenel et bonne année , bonne santé , ainsi qu'à tous car de la santé nous allons en avoir besoin .
Je viens justement de lire un excellent papier concernant H. Chavez , le Vénézuela et les multiples tentatives de déstabilisation sur "le grand soir.fr" , appuyé par des sources wikileaks ....
Il faut réaliser qu'internet s'il change la donne n'est pas non plus sans inconvénient : c'est un excellent moyen de connaitre pour ceux qui nous gouvernent la température de l'opposition et d'anticiper les coups.
De nous contrôler aussi par mille infractions à la CNIL et mille astuces qui font de nos PC des boites à lettres ouvertes à tous ... .
Le dernier avatar étant par exemple le projet de regrouper les données santé via la carte vitale . Quand on connait les projets de privatisation des assurances sociales et la facilité avec laquelle certains se fournissent en renseignements (police, justice, etc...) via le net et l'interconnection des fichiers , je me dis que notre vie privée est un fil de plus en plus tenu .
Autre problème : comment une entreprise comme facebook ,par exemple, peut dégager autant de bénéfices sans penser qu'elle monnaie les renseignements fournis pour son utilisation ...
Il ne faut pas être naïf et si le net est une activité qui se porte bien , c'est aussi qu'il sert des intérêts bien compris . Aussi son utilisation devrait obliger certains à un minimum de prudence .
Déja l'utilisation de logiciels antivirus et plus efficaces . Des sauvegardes adéquates ....Etc.
L'autre inconvénient semble une façon de scotcher des acteurs potentiels devant leur écran et les laisser à une révolte, une indignation toute virtuelles .
Par ailleurs , je suis tombé sur F. Barouin il n'y a pas longtemps sur FI . Il parlait de chasse aux sorcières concernant M. Valls , de stalinisme et d 'absence de démocratie au PS ....
J 'étais mort de rire devant cette anthologie de langue de bois , sachant la liberté de parole et d'action dont jouissent nos ministres face à NS et ses conseillers du château ...Mais bon le ridicule en politique ne tue pas .
Cdt.
Ls.
PS: pardonnez le bavardage .
Observations fort judicieuses! A propos de facebook, il faudrait ajouter que la banque Goldman sachs vient d'investir massivement dans cette société. De quoi donc alimenter le débat sur nos supposées libertés numériques...
En effet, quand on essaie de réfléchir sur Internet et son impact sur la société, il est trés difficile de ne pas sortir d'une ambivalence. Les avantages sont à la mesure des inconvénients, mais dans les deux cas la puissance de l'outil est confirmée. On a simplement une sacrée bombe entre les mains.
En tout cas, c'est vrai, l'outil peut clairement, en nous donnant l'impression d'être libre et en nous encourageant à nous exprimer, favoriser une société de contrôle, comme le craignait Gilles Deleuze.
@Roger,
J'ai lu l'article sur l'investissement de Goldman Sachs... Je constate que certains banquiers qui ont ruiné l'Europe ont de l'argent pour la bagatelle.
L'histoire ne nous dit pas, si Mark Zuckerberg vendra les coordonnées des utilisateurs d'une grande partie de la planète, à Goldmans Sachs, au Mossad, ou la Cia...
A l'attention de Monsieur Plenel,
Je profite de votre billet traitant de la liberté d'informer.Pour vous signaler que je suis systématiquement insulté et diffamé par une petite équipe pro- israelienne, qui interpréte ma position pro palestinienne comme de l'antisémitisme voire du racisme. J'ai dû supprimé mon billet intitulé
La Palestine au feu et au sang - Aujourd'hui comme hier et le remettre en ligne. (lien)à cause de commentaires désobligeants, traitant ce documentaire élaboré par des historiens israeliens de protocole de Sion. L'abonné (e) Maus laissé un commentaire en sous-entendu pour me traiter d'antisémite et de fustiger ceux qui lisaient mes billets.
Elle ou il se permettait de taxer mes propos de racistes et d'antisémites.
Ma réponse a été censurée (par ? ), ainsi que plusieurs de mes commentaires quand son commentaire que j'estime gravement diffamatoire est toujours en ligne.
Et je commence en avoir marre des petites magouilles inter club et inter copines, qui censurent selon affinités ! Je ne suis pas copine une telle une telle mais je paie mon abonnement comme les autres !!!
C'est bien beau de dénoncer les abus de pouvoir des politiques, quand certaines exercent les mêmes méthodes au sein du club des abonnés !
Je sais que certains s'appliquent à un harcèlement et manipulent pour assimiler l'antisémitisme à ceux qui condamnent et critique la politique israelienen, le révisionnisme de l'histoire de la Palestine, le boycott des produits israeliens, afin de discréditer leurs avis.
Mais je ne comprends pas que ces méthodes de harcèlement et de muselage soient appliqués sur Mediapart .
Je souhaite que la personne qui a censuré ALLÈGREMENT mes réponses dans le billet de Maus
, fasse son travail correctement et censure le commentaire diffamatoire à mon endroit !
"La détestation d'Internet et la diabolisation de WikiLeaks cachent une haine de la démocratie…"
Plutôt que haine, j'aurais mis mépris total. Mépris total me semble plus fort que haine car cela sous-entend une notion de valeur et de degré.
La détestation d'Internet et la diabolisation de Wikileaks en toute impunité soulignent un mépris total de la démocratie.
Effacé
Si je comprends bien (je viens de commencer Wikileaks 3 et n'ai pas lu 4),
Il s'agit ici d'une lettre ouverte d'Edwy Plenel à Edwy Plenel ? Tant mieux, tant mieux !
Moi qui ai la plus grande estime pour votre intelligence, pour votre sens de la répartie et pour vos qualités littéraires, je suis extrêmement surpris que dans cette affaire vous ayez eu la comprenoire aussi ... ralentie !
Mes félicitations quand même !
Mr Plenel,
Faites, s'il vous plaît, un article sur la menace que le triste petit mr sled , nommé par l'Elysée ( ou presque), fait peser sur l'excellente émission de F.Taddéi, où vous étiez hier, Ce soir (ou jamais) ! faites en sorte que ça se sache et qu'on puisse se mobiliser sur Médiapart !
Merci!