
Thématiques du blog
Réponse aux questions du "Nouvel Observateur"
Pour les lecteurs de Mediapart qui ne l'auraient pas lu dans Le Nouvel Observateur, je reproduis ci-dessous un entretien paru dans le numéro du 10 juillet de cet hebdomadaire dont, la semaine précédente, un écho moqueur avait provoqué mon dernier billet en forme de mise au point. Cette interview a été réalisée par le journaliste Claude Askolovitch qui a recueilli mes réponses par téléphone le jeudi 3 juillet. Avant la parution, je n'ai rien modifié ni ajouté à sa transcription de notre échange.
Le Nouvel Observateur. Vous étiez journaliste, vous voilà devenu militant ségoléniste?
Edwy Plenel. Je suis journaliste, et je ne perd pas mon indépendance en disant ma vérité, y compris devant une assemblée de militants. Je ne suis ni adhérent du PS, ni soutien d'un de ses courants. J'ai été invité à parler de journalisme à une réunion de la contribution de Ségolène Royal. J'aurais accepté la même invitation d'un autre leader du PS, du Modem, du Nouveau parti anticapitaliste...
N.O. Ou de l'UMP?
E.P. Je l'ai déjà fait [Précision ajoutée sur ce blog: c'était en 2006, le 10 mai exactement, à l'occasion d'un colloque organisé par un club de jeunes élus UMP qui m'avaient demandé de parler du présidentialisme et des libertés, à travers l'épisode des écoutes téléphoniques. François Fillon était à la même tribune et s'est exprimé après moi.] Si demain, l'UMP m'invite à débattre, j'irai à nouveau. Et je dirai à la droite pourquoi le sarkozysme est un adversaire de la liberté de la presse. Ce pouvoir masque ses échecs en contrôlant les media, en les dévitalisant, en les occupant de l'intérieur, ou en organisant des mises en scènes... L'affaire Clearstream, instrumentalisée au profit de Nicolas Sarkozy contre Dominique de Villepin, n'est qu'un exemple de ces manipulations...
N.O. Un tel discours a du ravir les socialistes, venant d'un homme qui avait été écouté, illégalement, par Mitterrand!
E.P. Je n'oublie rien. Devant les ségolénistes, j'ai dit que les journalistes étaient les "chiens de garde" de la démocratie — référence à François Mitterrand traitant les journalistes de "chiens" [Précision ajoutée sur ce blog: la formule définissant les journalistes comme "les chiens de garde de la démocratie" est celle de la Cour européenne des droits de l'homme, sise à Strasbourg.]. J'ai rappelé les écoutes téléphoniques. Et j'ai dit que la gauche avait eu tort de ne pas mettre fin au présidentialisme français. Les combats que j'ai menés devraient vous rassurer... Mais les amis de Ségolène Royal qui m'ont invité -Jean-Pierre Mignard ou Sophie Bouchet-Petersen- sont des démocrates radicaux et intransigeants, aux antipodes de la part d'ombre du miterrandisme...
N.O. Ségolène Royal s'est-elle désolidarisé des écoutes de François Mitterrand?
E.P. Nous ne nous connaissions pas à l'époque. Son ex-compagnon François Hollande n'a jamais été solidaire des agissements troubles de Mitterrand.
N.O. Les journalistes sont-ils plus menacés aujourdhui qu'à l'époque où vous étiez écouté?
E.P. - Oui. Aujourd'hui les attaques sont systématiques. La mise au pas de France Télévision, les brimades contre Internet, bientôt l'asservissement de la presse écrite — sous couvert de sollicitude pour les journaux en besoin de financement... Mais il ne s'agit pas de comparer les époques. Le présidentialisme français est un système corrupteur. Il a conduit à la personnalisation du pouvoir, et aujourd'hui à sa privatisation. Le sarkozysme est aussi l'enfant du mitterrandisme.
N.O. Ecouté sous Mitterrand, avez-vous été victime du sarkozysme?
E.P. Je pense que Nicolas Sarkozy ne tenait pas à me voir à la tête du Monde au moment de la présidentielle. J'avais aimé que la France, avec Villepin, résiste à George Bush lors de la guerre d'Irak — cette guerre née d'un mensonge d'Etat imposé aux médias... Si Nicolas Sarkozy avait été au pouvoir, la France n'aurait pas eu la même indépendance.
N.O. Vous allez poursuivre votre engagement contre la droite?
E.P. La France se porterait mieux si Nicolas Sarkozy n'était pas président. Et il faut le dire en tant que journaliste, tant nous sommes le moteur de son action: tutoyés, soudoyés, intimidés, manipulés... Je sais que beaucoup de gens, à droite, ont honte de ce pouvoir. La droite guérira du sarkozysme, comme la gauche a guéri du mitterrandisme. C'est aux journalistes d'aider les gens honnêtes à sauver l'honneur.


Tous les commentaires
Propre, rien à redire, sauf à ce cher Askolovitch qui, s'il lit ce billet d'Edwy Plenel, me reconnaitra peut-être, m'ayant moi-même interrogé durant le mouvement anti-CPE à Rennes 2. Une personne imbue d'elle-même, qui fonctionne par l'offensive sinon l'offense et qui n'a fait mention à aucun moment de notre entretien qui concernait le 69.3, Journal du Mouvement rennais, alors qu'il semblait défendre notre travail et respecter nos analyses. Dès qu'il eût rejoint ses quartiers parisiens, il s'autorisa alors le luxe de nous diffamer, nous, acteurs du mouvement étudiant, en réduisant des amies à des soixante-huitardes attardées et l'ensemble à une masse qui a "le venin de la violence" dans les veines. Je me souviens encore très bien de ses lignes mal rédigées comme d'une bière partagée tard dans la nuit, Place du Parlement (de Bretagne) sur un ton faussement confraternel. Si les journalistes sont en effet les chiens de garde de la démocratie, cet homme fait plutôt partie des "nouveaux chiens de garde" que dénonçait Halimi (personne que je venais d'inviter à l'Université, dont je suis assez proche et que notre grand intellectuel du Nouvel Obs traitait simplement de "sectaire"). Quand il me dit d'un ton narquois que je devais être proche de ces gauchistes du Monde diplo et que je ne devais pas aimer le "Nouvel Obs", j'eus la courtoisie de lui répondre que je lisais la presse, donc pas son journal, tout simplement... Bien à lui!
Si le certainement estimable Gwenaël Glâtre, trouve dans mon article sur le mouvement anti-cpe à Rennes l'expression "venin de la violence", qu'il m'accuse d'avoir employée, je lui paye une mousse. Sinon, je suis certain qu'il me fera des excuses, ou admettra avec moi qu'une bonne critique des media, même radicale, peut s'accommoder de l'exigence de la véracité. Claude Askolovitch http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2160/dossier/a299860-rennes__le_péril_jeune.html
Je reverrai cela et relirai votre article qui m avait effectivement effraye. Peut etre mes critiques allaient elles a l encontre de vos intentions premieres. Dans ce cas, je serais desole de la severite de mon propos. Merci en tout cas d apparaitre ici, c est deja un signe de respect et "d exigence de veracite" (desole pour les accents, clavier qwerty). Bien a vous, Gwenael.
"Doux et enragés à la fois. Touchants. Incultes et conscients. Tournant autour de la violence comme on désire un fruit vénéneux." "de gauche par ascendance, «puisque «Charlie Hebdo» traînait aux chiottes chez les parents»." J avais reecrit la phrase dans mon subconscient, mais je n etais pas loin des mots originels, n est-ce pas? Vous comprendrez que sur le coup, nous etions "en furie" contre cet article que nous avions recu comme une trahison, les amies dont vous parlez voulaient justement vous entarter. Mais je veux bien changer ma perception et meme vous payer la mousse. Sans rancune... Gwenael.
Derniere chose, votre article n etait pas si mal, finalement... j avoue.
Donc, il n'y a pas à désespérer, tant qu'il y en restera un seul chien de garde... Et j'en compte déjà deux.! Merci à vous.
La droite guérira du sarkozysme, comme la gauche a guéri du mitterrandisme. Edwy Plenel . A mon avis, la droite et la gauche sont malades de la même maladie, dont , malgré toutes mes recherches, je ne parviens pas à trouver le nom. . Il est vrai que la maladie de la gauche s'appelle, en effet, "mitterrandisme". Il n'est pas vraie qu'elle soit guérie. . Enfin, à mon avis. . "Il faut démitterrandiser la France", feu Jean-Edern Hallier . jean-paul yves le goff http://www.lelivrelibre.net
. Je me rends compte que mon commentaire est ambigü, quand je dis que droite et gauche ont la même maladie (dont je ne trouve pas le nom) et que je dis, en même temps, que la maladie de la gauche est le mitterrandisme. . L'explication est celle-ci : il n'y a pas une maladie, à droite et à gauche, mais plusieurs, et c'est la combinaison inédite de ces diverses maladies dont je ne trouve pas le nom. Le mitterrandisme est la maladie spécifique du PS, mais celle-là, non plus, n'en exclut pas d'autre. . D'après ce que je comprends, à lire tel ou tel, la gauche souffrirait également de néo-royalisme. . Pauvre PS ! . jpylg
Voilà qui est clair, net, propre et conforme à l'idée du journalisme que se font tous ceux qui ont adhéré à Mediapart dès la première heure. Est-ce que je me trompe ou Askolovitch faisait bien partie des invités de Minc à la petite sauterie de l'Observatoire ?
Vous vous trompez. Ni je ne saute des haies, ni ne participe à des sauteries à l'Observatoire. Notez que ça me navre, une telle invitation aurait attesté mon importance sociale. Pouvez-vous prévenir Minc pour qu'il n'oublie pas la prochaine fois?
Moi, ce qui me navre c'est le "...une telle invitation aurait attesté mon importance sociale." même, si je pense et j'espére que ce n'est qu'une boutade. Boutade ou lapsus malheureux, à l'heure où dans ce pays l'on bourre le crâne de nos enfants avec la doctrine du bling bling, oui cela me désole, et ceci m'explique beaucoup de choses.
Cher Monsieur Plenel, vous avez écrit : "La droite guérira du sarkozysme, comme la gauche a guéri du mitterrandisme." Et le pays ? Et les gens ? Où sont-ils ? "Guérira", "guéri" laissent entendre que sarkozysme et mitterrandisme sont des maladies. L'Etat, des maladies ? Trop facile ! L'Etat est bien trop décidé.
Je crois que Miterrand a fait beaucoup de mal à la gauche, qui a du, tout au long des années de sa présidence, fermer les yeux sur la transformation d'un socialisme "de gauche"... qui ne l'est plus tellement. . Je suis (modestement) d'accord avec Edwy Plenel : Mitterrand aurait du en finir avec ce régime présidentiel, il a chaussé les habits de monarque et a joué au roi au détriment des droits du peuple qui assiste, aujourd'hui, impuissant à la démolition extrêmement rapide (NS est très pressé..) de l'Etat Social, qui relie les citoyens entre eux ; maintenant, c'est chacun pour soi ! . Gauche, droite... peut-être faudrait-il inventer de nouveaux concepts... . Je crois qu'il y a des gens de "droite" qui sont sincèrement attérés de qui se passe en ce moment, et des gens de "gauche" qui se laisseront acheter pour un quelconque privilège personnel... . Il faut se réveiller ! nous sommes tous sur la même planète, dont on connait aujourd'hui les limites, et là, toutes les bonnes volontés sont requises, de gauche comme de droite, pour lutter contre les maîtres du monde, les multinationales qui syphonnent toutes les ressources, telles des vampires au coeur glacés!... Et qui s'amusent bien de nos querelles "droite-gauche" ; diviser pour régner... .
Chers lecteurs, Je viens, exceptionnellement, de supprimer un commentaire placé après ce papier. Non seulement il contenait une violente attaque ad hominem contre Claude Askolovitch sans aucun rapport avec le sujet de ce billet, mais, de plus, il s'exprimait sur un registre bien peu conforme aux principes de notre charte éditoriale en reprochant à notre confrère, qui est juif, sa dénonciation de l'antisémitisme. J'espère, au contraire, que ce combat est partagé par tous les lecteurs de Mediapart, juifs ou non-juifs! Plus généralement, je suis un peu surpris par la virulence des interpellations qui, ici, s'expriment à l'adresse du journaliste du "Nouvel Observateur". Attention, le journalisme ce n'est tout de même pas la guerre et Mediapart ne doit pas tourner à la secte… Au passage, merci à l'abonné Askolovitch de jouer le jeu participatif en ayant répondu lui-même à certaines de ces mises en cause. Débattre, je le rappelle, c'est échanger, argumenter, expliquer, démontrer, prouver, tâtonner, ébaucher, etc. A l'inverse, ce n'est pas accuser, condamner, clouer, fusiller, insulter, calomnier, etc. Bien à vous tous, et bonne lecture participative, aussi déterminée dans les convictions mais, peut-être, plus apaisée dans l'expression — c'est en tout cas mon souhait.
Toutes mes excuses alors, vous avez raison de rappeler certains fondamentaux et mon commentaire etait en effet sur le ton du ressentiment pour une vieille histoire. Quelques quiproquos portent parfois a consequence, je retire mon propos qui peut etre juge "calomnieux". Bien a vous. (pardon pour les accents...)
Vous avez raison, Mr Plenel. Médiapart ne doit pas virer à la secte. Dans l'ensemble, les commentaires sont trop impulsifs. Nous ne devons pas, sous prétexte qu'on nous offre un espace de liberté (le Club) nous lâcher comme des gamins dans une cour de récréation! Le billet d'E. Plenel est excellent, sobre. Mais, peu-être est-ce cela qui choque! On voudrait que ça "crâme", que ça saigne! Il faut garder à l'esprit que la Politique, ce n'est pas une partie de billes. Mitterand, tout en ayant des côtés florentins déplaisants, su malgré tout nous apporter la fin de la peine de mort, le RMI. Le gros problème de Mendes-France n'était-il pas d'être trop vrai avec les gens? N'a-t-il pas payé sa trop haute opinion de l'intelligence des Francais? Peut-on faire de la politique sans se salir les mains? Mon épouse me disait toujours: "Si tu entres en politique, je demande le divorce!"
Et bien, à la lecture de cet entretien, il apparaît que askolovitch ou plutôt Claude Askolovitch, puisque je parle là du journaliste et pas de l'abonné, repose inlassablement la même question, à peine diluée. Panne d'inspiration? Écoutes, écoutes, écoutes, comme si ça n'avait existé que sous Mitterrand, comme si les autres partis étaient des purs et durs de l'éthique étatique, on croit rêver!
Une réponse qu'on cherchait à obtenir et qui ne vient pas? Est-t-il permis d'ignorer, voire de se fiche complètement de ses convictions religieuses qui sont du domaine privé et de trouver son travail de journaliste médiocre? Si oui, et bien c'est un bien piètre interviewer.
Quand Edwy Plenel dit qu'il n'a rien touché à la retranscription... "N.O. Ségolène Royal s'est-elle désolidarisé des écoutes de François Mitterrand?" C'est d'origine le "e" manquant à "désolidarisé"?
Un journaliste qui attaque bille en tête sur le fait qu'un confrère puisse être "vendu" donne l'impression d'avoir lui-même une expérience personnelle de cette nature pour oser insister aussi lourdement (Rapport au fait que cette question fut déjà abondamment posée). Avec l'UMP dans son cas si on lit entre les lignes. Simple impression sans preuve, naturellement. Mouaip, ben je lisais déjà pas le nouvelobs et c'est pas avec ce genre de papier là que ça va changer!
Dire que j'ai payé pour lire ça ici. Dégoutée je suis.... (Sans abonnés, pas de site donc pas de blogs, pas de blogs pas de lecture de billets du blog mediapart d'Edwy Plenel... pour les pinailleurs qui voudraient rajouter "oui mais les blogs c'est en accès libre..." :op)
Chère SylvN, Je respecte votre sincère colère d'autant plus qu'elle est sans bassesse ni mesquinerie. Elle a toute sa place ici, évidemment – et tant pis pour les "pinailleurs" s'il y en a ! Juste une remarque et une précision pour le simple plaisir de prolonger l'échange: - quand on paye un journal, c'est aussi (du moins, de mon point de vue) pour y lire des choses qui vous déplaisent, des articles qui vous bousculent, des styles qui vous défrisent. Certes, c'est affaire de dosage : aucun lecteur n'a envie d'être (trop) masochiste. Mais je maintiens que c'est important et salubre, cette fidélité à un journal dont on partage le gros de la sensibilité et qui, en même temps, vous entraîne parfois là où vous n'avez aucune envie d'aller. Bref, être déstabilisé, irrité, stimulé, c'est peut être la condition paradoxale d'un authentique confort démocratique. - je reconnais tout à fait aux lecteurs l'envie (et le droit) de "faire des personnalités", comme disait Péguy, à l'encontre de tel ou tel journaliste, tant la profession donne parfois des verges pour se faire battre. Mais comprenez que, dans ma position (et même si je n'ai pas toujours été payé de retour), je m'abstienne de cette tentation. Pour en avoir été victime, j'ai toujours évité de m'en prendre aux personnes, et préféré attaquer leurs idées ou leurs actes. Dans le cas présent, Claude Askolovitch me/nous propose une tribune dans "Le Nouvel Observateur", en posant ses questions librement et en reproduisant fidèlement mes réponses. Je ne vois vraiment pas ce qui aurait justifié un refus de répondre. Bien à vous, avec un grand merci pour votre vigilante et exigeante fidélité !
Certes pour beaucoup d'entre nous le Nouvel Obs n'est plus ce qu'il était. Mais au moins il ne pratique pas le boycot vis à vis de Médiapart. On y trouve une interview Edwy Plenel, compte tenu de l'ostracisme dont fait l'objet celui ci, il faut au moins reconnaître ce mérite au Nouvel Obs. Par les temps qui courent c'est un signe de courage A quand une interview d'Edwy Plenel dans le Figaro, Le Point, sur TFl et j'en passe. Pour ce qui me concerne j'étais heureuse de voir cette interview tellement Médiapart est absent des médias traditionnels .... même si à titre personnel je ne compte pas renouveler mon abonnement (très ancien) au Nouvel Obs.
Cher Edwy Plenel, Est ce que finalement on n'en fait pas trop ? . Je sais bien, et nous avons eu l'occasion d'en parler rapidement le 20 juin dernier, MdP semble subir de ses confrères au mieux une indifférence polie, au pire une attaque en règle sur son indépendance (mais, et ne m'en veuillez pas de cette critique malgré tout très respectueuse, cela vous apprendra à jouer les apprentis chimistes avec des apprenties sorcières). . Toutefois, en quoi MdP à t'il besoin de se justifier ? Je veux dire par là que consacrer des billets avant, pendant et après cette malencontreuse histoire, ne fait que renforcer un sentiment de victimisation de ce média nouveau et dont le seul concurrent réel sur la toile pourrait être Rue 89 s'il ne fallait pas un tir de barrage digne du jeu "Space Invaders" de ma jeunesse pour bloquer les publicités couplé à un processeur piqué à la Nasa pour avoir une vitesse d'affichage des pages correcte. C'est dire les atouts de MdP sur la toile ! . Bref tout cela pour dire que MdP se défend tout seul (à mon sens tout au moins) et tous les jours par son contenu rédactionnel et son Club. Alors ne jouons pas les victimes, s'il vous plait. Soyons plutôt des prédateurs. Je crois qu'aujourd'hui dire, en tant qu'abonnés, que l'on soutient une presse indépendante doit devenir un acte polémique (et SURTOUT pas un acte politique qui nous conduirait immanquablement vers la sectarisation et la marginalisation), auprès de nos relations afin de gagner tous les jours du terrain et de nouveaux abonnés. . Mais nous n'y arriverons pas si la Rédaction ne passe pas au dessus des critiques en cours. . Alors cher Edwy. On fonce ? Ou on entonne une complainte tous en choeur ? Bien à vous Serval : modestement poil à gratter à défaut d'être grain de sel PS: Claude Askolovitch est effectivement un journaliste très partial...en ce qui concerne le PSG :-))
Cher Serval, Bien sûr que l'on en fait trop. Mais qui est ce "on"? En tout cas pas moi puisque, comme je l'ai rappelé dans mon billet précédent sur ce blog, j'ai d'abord estimé que je n'avais rien à justifier ou expliquer tant c'était clair et transparent. Le problème, c'est que, par ces temps d'opposition anesthésiée et de médias aseptisés, "on" demande prioritairement des comptes à ceux qui, à l'inverse, jouent leur rôle, soit d'opposants déterminés, soit de médias indépendants. Or qu'importent les maladresses si, au moins, ces fonctions absolument nécessaires à la vie démocratique sont assumés! C'est le sens de mes réponses : pas "en faire trop", juste rappeler qu'une démocratie vivante a besoin d'opposants qui s'opposent vraiment et de médias qui informent librement. Je respecte votre point de vue critique, largement défendu par vous-même sur Mediapart, à l'endroit de Ségolène Royal. Mais, tout comme il me semble parfois que l'indifférence moqueuse ou les critiques injustes envers Mediapart expriment un sorte de lassitude démocratique, et donc de renoncement, de même, la virulence des attaques parisiennes contre l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle me semble souvent exprimer autre chose : comme une envie de ne pas être dérangé, de ne plus entendre de cris ou de clameur, de se laisser aller à un doux sommeil paisible, fait de compromis et d'arrangements. Je me trompe peut-être, car c'est affaire d'intuition. Mais c'est ce que je ressens, de façon instinctive. Bien à vous, et merci encore pour vos stimulantes contributions.
. 1°, une remarque : c'est sûr que "trop, c'est trop"; (d'ailleurs, en général, trop, c'est l'autre). 2°, une autre remarque : c'est sûr que, souvent, une chose en exprime une autre: méfions-nous... 3° une question très personnelle (Edwy Plenel), un peu indiscrète, de type "grain de sel, intromissive, et d'humour discutable : est-ce que la "démocratie vivante" tolère la "lassitude démocratique"? . jpylg
Cher Edwy, Je vous remercie tout d'abord de votre réponse. Je souhaiterais y apporter quelques précisions et tout d'abord à propos de ce fameux "on". La langue française est ainsi faite, malgré sa richesse on peut parfois être amenés à des approximations. Biens sur les "on" n'était pas "vous" et vous l'avez fort justement souligné. Mais le "on" n'était pas "nous" non plus, car pour ce faire il aurait fallu que l'implication sur ce billet ainsi que les autres ailles au delà du stade de simple abonné pour atteindre un niveau disons "décisionnaire", ce que nous n'avons pas à être. D'ou ce "on" vague certes et inclusif de toutes les personnes qui à un moment donné ou à un autre ont réagi, et quel que soit leur opinion ou leur velleité vis-à-vis de MdP. Concernant Ségolène Royal, c'est surtout son courrier de décembre dernier qui me gène. Et, excusez moi mais je parle en toute franchise, le risque d'instrumentalisation qui en découle notamment depuis l'épisode de la maison de la chimie (le seul au passage qui ait été repris par vos confrères concernant Médiapart et parfois concernant Royal elle-même). Pourquoi ? simplement parce qu'autour de moi, lorsque j'ai commencé à parler de Médiapart, on ne m'a pas parlé d'Edwy Plenel, mais du journal soutenu par Ségolène Royal avec la connotation que vous pouvez imaginer...Difficile après cela de parler d'indépendance. C'est un peu comme si Yvan Rioufol se mettait en tête de faire la même chose que vous...cela ferait sourire tout le monde (au mieux). Voila ce que je stigmatise surtout. Quant au compromis, vous avez pu noter que ce n'est pas tout à fait mon style, y compris dans ma famille. Je pense qu'il faut donc dépasser tout cela désormais et le laisser s'enfoncer dans les limbes et les lambeaux de l'info et passer à autre chose. Médiapart s'imposera par la qualité de son rédactionnel, inutile de revenir encore sur cette avanie Bien à vous Serval
Voir de l'antisémitisme partout, et surtout là où il n'est pas, même si l'on souhaiterait ardemment qu'il y soit (mauvaise foi dans le but de nuire à autrui, complot et calomnies, névrose obsessionnelle, paranoïa), c'est le banaliser ; banaliser l'antisémitisme, c'est discréditer la lutte contre l'antisémitisme ; discréditer cette lutte, c'est commettre une erreur irréparable et une faute impardonnable. Les imbéciles (les gens de bonne foi qui se trompent n'en restent pas moins des idiots) et les salauds n'ont plus qu'à bien se tenir ! A bon entendeur... ___________________________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
Je rassure tout le monde. Je n'ai rien de très important à ajouter à tout ce que j'ai pu lire plus haut. Je ferai donc gagner du temps aux lecteurs, pour cette fois en tout cas. Nouveau venu sur ce blog, je le trouve particulièrement digne et digne d'intérêt. La vigilance déontologique dont fait preuve Edwy Plenel me semble exemplaire. Par ailleurs, les interventions de Claude Askolovitch sont courageuses et donnent du relief au débat. Elles permettent d'éclaircir aussi ses réponses face à des attaques parfois confuses et sinueuses. J'ai eu l'occasion de suivre à la télévision quelques interventions de ce journaliste. Son débit un peu saccadé, ses affirmations parfois trop péremptoires avaient eu sur moi un effet assez négatif. Je parle de sa forme d'expression et non pas de ses arguments. Ce blog me permet de le situer autrement. Plus humain et plus naturel.