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Sous les élections, nos trois crises historiques
Sous les urnes, leurs votants et leurs abstentionnistes, ce qui s'y exprime et ce qui s'y dissimule, coulent les torrents de nos alarmes et de nos espoirs. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer, la veille du premier tour des régionales, sur France Culture.
Exceptionnellement, je rediffuse et publie ici, pour les lecteurs de Mediapart, ma chronique hebdomadaire de France Culture du samedi 13 mars 2010. Il me semble en effet que son propos, fort éloigné du commentaire immédiat des résultats, n'en garde pas moins une certaine pertinence, notamment dans l'analyse de l'abstention massive, tout aussi historique par son ampleur que l'est le score de la droite par sa contre-performance. La voici donc en audio d'abord, puis, pour les amoureux de l'écrit, en version écrite.
C'est temps d'élections. D'enjeux locaux, de gamberges nationales, de petites phrases et de grandes spéculations. Tout cela est respectable et, en même temps, je suis saisi d'un trouble que je voudrais partager avec vous. J'ai comme le sentiment qu'une inquiétude profonde, entre angoisse et colère, travaille souterrainement ce scrutin, inquiétude dont notre débat public ne rend pas compte. Comme si nous restions à la surface des choses, tout en sachant qu'il y a bien plus grave. Comme si nous ne parlions pas des vrais enjeux, de ce qui fâche et divise. Comme si nous enfermions à clef ce qui, en vérité, nous tracasse.
De quoi s'agit-il? Eh bien, de ce moment historique que nous traversons et qu'en même temps, le débat politique ordinaire ignore. Nous sommes en effet contemporains, témoins et acteurs, de la rencontre cumulative de trois grands bouleversements objectifs comme il en arrive rarement dans un même siècle.
Le premier est une révolution industrielle, la troisième de notre histoire moderne, avec pour moteur technologique le numérique, succédant à la machine à vapeur de la première et à l'électricité de la deuxième révolution industrielle. Qui dit révolution industrielle dit destruction de richesses existantes et création de nouvelles, bouleversements commerciaux et géopolitiques, ébranlement des usages culturels et des habitudes sociales.
Or cette révolution industrielle, dont Internet est le symbole quotidien tout comme la locomotive et la voiture furent les emblèmes des précédentes, rencontre depuis 2008 une crise historique du capitalisme. Pas un soubresaut banal, pas une récession temporaire, non, une crise systémique, profonde, durable, et qui n'a eu, elle aussi, que deux précédents d'une ampleur similaire. D'abord, celle de 1857, au XIXe siècle, qui amènera Marx à, justement, étudier et problématiser le rôle des crises dans le capitalisme. Ensuite, celle de 1929 qui amènera Keynes à penser et théoriser la régulation par l'Etat de l'économie de marché.
Nous ne savons pas, du moins pas encore, quel sera le savant qui, pour la crise actuelle, prendra leur succession. Mais nous savons qu'au-delà de la bulle financière, toujours active et toujours menaçante, cette crise historique ébranle en profondeur notre quotidien, la réalité du travail, du salariat, de l'emploi, du partage des richesses, des inégalités, etc., sans compter qu'elle se mêle à une autre crise, elle aussi explosive, la crise écologique, les deux convergeant dans une véritable crise de civilisation.
Enfin, et comme si nous n'avions pas notre compte, à cette révolution industrielle et à cette crise du capitalisme, il faut ajouter la fin, à la manière d'une longue et lente agonie, d'un cycle long, d'un cycle multiséculaire, celui de la domination sur le monde de l'Occident tel que l'Europe l'inventa et le projeta sur la planète entière.
Nous vivons un décentrement du monde qui ébranle la relation construite depuis des siècles par les conquêtes, la colonisation, les empires, dans nos pays, avec l'ailleurs, avec le lointain, avec les autres, avec les étrangers. Nous vivons, pour le dire autrement, des temps désorientés, ceux d'un Occident qui a trop longtemps perdu son Orient et qui se voit aujourd'hui contraint de le retrouver, soit pour le redécouvrir soit pour l'affronter, selon la réponse que nous donnerons, de relations nouvelle ou de guerre ancienne.
Nous voici bien loin des élections régionales, et pourtant au cœur de notre avenir. Car c'est à propos de cette réalité sans précédent que, logiquement, nous devrions entendre nos politiques, nos candidats, nos élus: quelle haute réponse nous proposent-ils face à ce triple bouleversement historique? Quel horizon inventent-ils pour nous mettre en mouvement? Quel rêve, quelle perspective, quelle mobilisation, quel optimisme nous proposent-ils pour éviter l'inquiétude, l'angoisse, la dépression?
A moins, à moins que ce ne soit à nous, les peuples, d'apporter la réponse.


Tous les commentaires
Oh punaise !
T'as juste oublié la crise alimentaire et t'es pile poil raccord avec Hugo (Chavez, bien sûr, pas l'autre!) : en avant pour la 5è Internationale Socialiste !!!!!!
Ma foi !!!
Suffit de voir comment tu gères ta petite entreprise in-formative pour en avoir un avant goût antabuse : censure, flingage à tout va de tout ce qui dépasse, promotion au mérite, évaluateurs et ....... brrrrrr ......
Non merci.
Sans façon !
Ah oui ! Sinon, tu me fais bien rire avec ton Occident qui a trop longtemps perdu son Orient. Un soupçon de reste d'esprit gauchement colonial dans ce "son" appropriatif ? Hm ?
Je te donne un tuyau : à l'avenir, plutôt que de "décentrement", pense à "rééquilibrage". Tu peux même ajouter : juste.
Hu hu hu !
Et ce qui serait bien vois-tu, pour rééquilibrer tout ça justement, c'est que ce savant que tu invoques, après Marx et Keynes, ben pour une fois, il vienne de l'Est. Ou du Sud.
Nan ?
Quand on ne sait pas lire, on se fait modeste, et quand on veut polémiquer on s'en tient pas à l'insulte et la vulgarité...
Tutoyer n'est pas une vulgarité. Voir d'autres langages, ailleurs justement.
Dire que le ci-dessus éditorialiste nous fait un remake de l'appel d'Hugo Chavez pour une 5è Internationale Socialiste n'est pas une vulgarité, non plus un défaut de lecture.
Dire qu'il a oublié dans ce remake européanisé la crise alimentaire n'est ni une vulgarité, ni un défaut de lecture.
Dire que le "son" accolé à Orient est un lapsus révélateur d'un reste de pensée coloniale, n'est ni une vulgarité, ni un défaut de lecture.
Etc... etc ....
Flinguer mon commentaire est l'illustration s'il en était besoin de méthodes hautement redoutables.
Ah mince j'ai encore oublié : hu hu hu !
Pour une meilleure compréhension du schmilblick je rajouterai ceci qui a disparu après réapparition étonnante de mon premier commentaire censuré :
Quand je lis un article de cette qualité, je sais pourquoi je suis abonné à Mediapart et content de l'être.
Bien sûr on peut contester tel point, relever tel oubli (dans ce genre d'exercice on oublie forcément quelque chose pour quelqu'un), voire critiquer l'ensemble du propos, mais avec un minimum de politesse. A quoi sert-il d'être vulgaire et désagréable ?
Il faut quand même savoir qu'à chaque spécialisation professionnelle, on est en droit d'attendre un "service" de qualité.
Je connais peu de journalistes écrivant des papiers brouillonnés vite fait : la qualité est souvent, voire toujours au rendez vous. Manquerait plus que ça !
Maintenant que vous soyez béat et sans esprit critique aucun, pour rester correcte, face à votre mentor, ça vous regarde !
Arpège,
Je n'ai aucun mentor ni maître à penser. Je ne suis pas béat. Je dis clairement que l'on peut critiquer. Je suis globalement d'accord avec cet article. Libre à vous de ne pas l'être, mais pourquoi sur le ton du persiflage ? Oui, la plupart des journalistes écrivent correctement, mais certains ont plus d'aisance et de talent que d'autres et il se trouve que j'y suis sensible.
Respectueusement vôtre
Vous dites clairement que l'on peut critiquer, et c'est bien.
Mais le site d'information en ligne du ci-dessus éditorialiste dit clairement que non.
Quand vous aurez essuyé autant de censures de billet et de flingages de commentaires sur simple dénonciation que moi, peut-être comprendrez vous le choix du persiflage.
A vous lire, inutile de se demander pourquoi une censure...
Ben ouais !
Et à vous lire, pas la peine de se demander ...... ben rien , en fait !
Le gars qu'est pour la censure, en dehors de tout cadre légal, ben c'est le gars quoi !
L'est p't'être gentil mais ça va guère plus loin.
Ah ! on me glisse que c'est une fille : ben pareil !
Cette citation de Philippe Sollers peut sans doute apporter une ouverture pour appréhender le malaise profond de notre société : Son rapport au travail et à l'argent :
"L'homme, s'il ignore la vérité de l'argent, en reste au rêve. Il est exploité par la vérité qu'est l'argent. Pour que l'homme soit, pour qu'il ne soit pas un rêve d'homme, il faut qu'il comprenne qu'il est une valeur métaphysique (je ne dis pas religieuse). Partout où il met de la valeur autre que métaphysique, il est nié par l'argent."
Chère Mithra,
Les riches font ce qu'ils peuvent et les pauvres font ce qu'ils doivent, de tout temps c'est à peu près la même chose.
Les rêves des pauvres sont bien au-delà de leurs simples besoins vitaux, sinon cela ne serait pas des rêves, il s'agit donc bien de désirs purs, mais d'impureté complète, puisque celui qui est trop attaché aux biens s'aliène également de tous les autres, et ça les riches le savent parfaitement bien, dans la mesure où ils baignent eux-mêmes dans la soie depuis l'origine du système.
Les riches contrôlent donc bien les "rêves" des pauvres, qui ne sont que des "désirs" en leur ponctionnant au passage (ni vu, ni connu je t'embrouille) une grande partie de leur besoin vitaux, représentée par la fraction minimale et nominale de l'argent.
@ +NEO-
Et je rajoute, que comme dans les années 30, le CAC40 (ou les plus gros industriels et financiers si vous préférez pour l'époque) fait des profits et de la progression même en période de crise (exercices 2008 et 2009 = augmentation des profits), alors que le peuple va acheter le pain avec une brouette.
Donc où passe le pognon ??
Lire la merveilleuse et non professionnelle Eva Joly sur le sujet des Multinationales.
@ +NEO-
Cher Edwy, vous posez la bonne question, la seule qui vaille vraiment aujourd'hui: "quelle haute réponse [les élus] nous proposent-ils ?"
J'ai coutume de dire que nous ne vivons pas une époque ordinaire. Néanmoins, les élus ne nous proposent peu ou prou qu'un vernis pour habiller la continuité. Un "dézoom" serait bien nécessaire, mais nous continuons à regarder par le petit bout de la lorgnette, enveloppés dans nos habitudes, confortables ou pas. Que rien ne bouge, que rien ne change. Et, après ce premier tour, surtout pas le paysage politique, qui se raidit et se renfonce dans ses crispations.
Le paysage retourne donc à une configuration connue, comme beaucoup le souhaitent. Une droite désabusée et désorientée, un FN qui en tire avantage. Une gauche "à gauche" grâce au FDG, EE qui se resserre sur sa composante "Verts". Encore une fois nous avons manqué un rendez-vous, celui de l'éventualité d'un front républicain. En "bousculant" le PS avec EE, en ralliant la droite modérée avec le Modem. Je sais que peu ici goûtent cette perspective. Ce que je pense, c'est que la plus sommaire analyse de la situation actuelle, du chômage qui va s'amplifier, du financement des retraites qui paraît être un abîme devant nous, de la précarité qui va se répandre dans toutes les couches de la population, devrait nous amener à réaliser l'ampleur immense de la tâche. Et que les réponses traditionnelles et sans surprise que nous entendons depuis des décennies ne semblent guère à la mesure du défi. Pire, elles sont des faux semblants anachroniques qui nous disent : surtout, ne changeons rien. Que chacun garde sa posture, son discours. Notre pays a connu des hommes et des femmes autrement plus inventifs et visionnaires. Et surtout moins conformistes. La nouveauté n'est décidément pas l'apanage de notre pays. Avec ou sans réchauffement, le coq pourrait bien se muer en autruche.
En fait, un sarkozysme sans Sarkozy, tel est votre choix...
Velveth, je ne sais pas ce qu'est le "sarkozysme". Je doute que cet homme empli d'un tel néant ne puisse générer de quelconque terme en -isme ; suffixe d'ailleurs bien trop brandi et galvaudé sur ces fils pour vouloir signifier autre chose qu'un semblant de sens...
Vous avez bien tort.
"De quoi Sarkozy est-il le nom ?" en donne une définition...
Artman,
peut-être bien que si le peuple se mue en autruche c'est parce qu'il pressent le pire. Si des hommes et des femmes purent être, hier, inventifs et visionnaires c'est qu'au bout du tunnel ils croyaient discerner une lumière. Aujourd'hui au bout, ou près du bout, c'est plutôt l'obscurité qui apparaît. Et, dans l'obscurité, le pire est, sinon certain, du moins très probable. Claude Levi- Strauss exprimait ce malaise par une image:
"Il n'est aucun, peut-être, des grands drames contemporains qui ne trouve son origine directe ou indirecte dans la difficulté croissante de vivre ensemble, inconsciemment ressentie par une humanité en proie à l'explosion démographique et qui - tels ces vers de farine qui s'empoisonnent à distance dans le sac qui les enferme bien avant que la nourriture commence à leur manquer - se mettrait à se haïr elle-même parce qu'une prescience secrète l'avertit qu'elle devient trop nombreuse pour que chacun de ses membres puisse librement jouir de ces biens essentiels que sont l'espace libre, l'eau pure, l'air non pollué."
Comment, dans ces conditions, être inventif et visionnaire pour échapper au pire ?
Cordialement
@Faunus,
Merci pour votre citation fort à propos. Effectivement, comment être inventif ? Peut-être, justement, par instinct de survie... Mais encore faudrait-il que les pouvoirs, en place ou même dans l'opposition, suscitent un tant soi peu cette envie au lieu de cultiver un terreau stérile qui les nourrit encore, eux, pour un moment.
@Velveth
Si j'ai tort, c'est que vous devez avoir raison, sans doute. Les -ismes souffrent rarement la discussion et la contradiction. L'avantage du simplisme, c'est que c'est simple.
Au peuple d'apporter la réponse ? Bien, sûr, qui d'autre l'apportera même s'il est toujours aussi difficile de savoir qui est le peuple. Il y a une réponse en tous cas que le peuple apporte en permanence : c'est la définition concrète de l'acceptable et de l'inacceptable. Ce qu'il accepte de subir devient toujours acceptable, ce qu'il se résout à combattre devient parfois inacceptable.
Mais il est bien vrai qu'à la surface de la grande distribution de l'info le grand courant du fleuve semble orienter systématiquement les questions vers les petits problèmes dont on se fiche éperdument.
Au peuple ?
Non, Serge.
Aux peuples.
Les partisans du singulier en ces temps globalisés sont-culs-de-jatte et manchots.
Ce qui n'empêche nullement de "commencer par chez nous".
"Edito" XXL d'Edwy Plenel dans lequel, néanmoins, la filiation Marx - Keynes me semble "intempestive".
Merci pour le x et le s laissés dans un singulier inopportun.
J'espère que mon post n'est pas apparu fâcheux.
Telle n'était pas l'intention.
- C'est pas un fil, c'est une montagne russe.
- Ah bon ?
- Ben oui Maurice... tu vois bien... ça monte, ça descend, ça remonte, ça redescend...
- Oui... mais... russe !?
- Vieille histoire... sans intérêt.
- Et quand ça touche le fond ?
- C'est fini.
- Et on est loin là ?
- T'as qu'à attendre, on verra bien.
- Ouais... comme les vaches... on regarde passer le train. Il est vachement beau le train eh ?
La révolution industrielle se double d'une révolution "culturelle" : la numérisation du monde commun entamée avec l'économie s'étend à la perception même de notre monde ou le digital remplace l'analogique.
doublon
A moins, à moins que ce ne soit à nous, les peuples, d'apporter la réponse.
Bien sûr. Déconnexion totale entre peuple et représentants politiques dans de nombreux pays dits "développés", France, Etats-Unis d'Amérique...
Mais qui est capable de se remettre en cause et d'accepter (ou de prendre conscience) ces bouleversements somme toute logiques.
De cette réponse collective indispensable pourrons-nous encore évoluer en prenant en compte les éléments fondamentaux indispensables : l'être humain et notre planète qui nous assure la vie.
Oui mais... ce ne sont jamais les peuples qui se sont libérés d'eux mêmes, comme ils n'ont jamais produit du rêve.
Il a toujours fallu quelque élite...
Comme en ce moment ?
J'en doute et me souviens de ce membre de phrase "Décrétons le salut commun".
Il y a eu, il n'y a pas très longtemps, une émission de Frédéric Taddeï sur le problème des retraites. Les invités me sont tous apparus connaisseurs et donc intelligents sur ce sujet, et j'ai trouvé ce débat extrêmement intéressant, avec beaucoup d'ouverture à l'échelle humaine. Mais dès que des "politiques" débattent de toutes ces questions en public, les discours sont d'une pauvreté et d'une hypocrisie affligeantes...
Pardon pour sa vulgarité, mais le mot que l'on entend souvent depuis des décennies, n'est-il pas en effet : "On nous prend pour des c..." ?...
Il faut alors que s'amorce un sursaut, de la part des politiques, pour parler un discours intelligent et qui s'adresse à "l'homme" - son humanité.
Mais, pour cela, c'est aux médias que la responsabilité en incombe - et à Mediapart, en particulier.
Pour qui roules-tu Arpège ?
Cette question est inutile constatant qu'être en accord avec Hugo Chavez te fait baver de rage
Nan, ta question est surtout inutile 1/ parce que c'est une provoc vide 2/ parce que quoi que je te réponde tu as ton idée bien ancrée dans ta tête et que comme cette idée remplit une bonne partie de son vide, elle a 1/ une fonction éminente et 2/ y a plus de place pour une quelconque alternative un tant soit peu dissidente et/ou originale.
Aussi, je te la laisse, tout comme je te laisse ton appréciation de mon appréciation concernant Chavez.
Les votants npaïstes et consorts, je les exècre. Non tellement pour leurs idées, mais pour leur sectarisme comportemental, et leurs certitudes inébranlables, façon facho.
Pouah !
Dieu merci, une certaine conscience de masse vous a remis claiement à votre place : subalterne.
Bonne initiative Edwy car je n'ai jamais réussi sur le site internet de France Culture à écouter tes chroniques.
Excellente chronique,excellent article. De bonnes raisons pour être abonné à Mediapart et en faire la promotion auprès de ses amis.
Non, je ne pense pas cher Plenel, que nous devrions trembler de ces changements. Ce qui serait dommageable, ce serait de perdre nos filets sociaux dans cette évolution, qui ne doit que nous conduire vers d'autres concepts, d'autres paroliers, d'autres économistes, un autre PAF, que dénnonçait par ailleurs Ferrat dans ses chansons " engageantes".
On vous accuse de censure, j'ai été pour ma part moi aussi "censuré", mais je préfère une relecture de ce que j'écris par des hommes de journalisme, que de m'exposer....et de prendre des coups inutilement. Mais je ne voudrai paraître comme un cireur de pompe par cette phrase.
La complexité pourrait perdre les mondes. Mais l'histoire est bègue. Et elle fait de boucles, de boucles violentes, de convulsions qui se perdent, qui s'égarent et que l'idéal serait de les neutraliser pour dégager la scène.
Vivre, demande peu de choses si on y regarde de plus près. Le savoir lui demande beaucoup, et les gardiens des trajectoires ne doivent pas perdre la tête.
Oui, c'est une sanction pour le politique, ce contournement des urnes par nos concitoyens. Mais " sur tous les murs j'écris ton nom" vous connaissais la suite.
Puis.....ben si Merdiapart fait des ronrons, ben ma foi qui ça dérange? Pas moi.
Cher Edwy Plénel, je trouve intéressant de cogiter à partir de votre constat, une vue pour le moins "extra large" !
Votre prise de distance par rapport aux élections régionales peut être utile aussi pour calmer la colère que l'électeur peut ressentir dans une situation explosive. Cet abstentionnisme quasi suicidaire (si jamais il persiste au second tour). A croire qu'il faudrait "tout ou rien".
Bonne idée que vos interventions sur France Culture (constaté ces derniers mois la remontée de niveau de cette radio ayant opté pour des émissions et un langage accessibles à tous et sans langue de bois !).
Pour revenir à la conclusion d'Edwy Plenel, il ne faut bien sûr rien attendre des gouvernants. Les raisons d'espérer sont plus nombreuses qu'on ne le croît, et la métamorphose est déjà commencée. Les grands bouleversements que nous connaissons créent de nouveaux comportements, stimule les énergies créatrices. Si un dixième de Mediapart sous le chapitre IDEES ou IMAGINE était seulement destiné à l'innovation, aux propositions, coopérations, et le reste laissé aux plaintes, dénonciations, opinions nombrilesques et propagandes communautaristes, ce serait déjà... une révolution.
Ok pour le début de la métamorphose dont le temps n'est pas en rapport avec le désir médiatique.
Ok+++ pour le chapitre Idées ou Imagine !Que d'énergie négative engendrée par NS! Il est out, passons à l'énergie positive.
Cher Edwy Plenel, regardez donc http://www.fr-deming.org/afed-Archipel.pdf
C'est un point de vue original, assez juste finalement, qui n'a pas vieilli depuis 12 ans.
danger !!!!
Travail, famille, patrie sous peu....
Pas vraiment dans le sujet.... mais tellement important!!!!
http://www.petitiononline.com/azby1111/petition.html
Les Arrêtés du 28 décembre 2009 réformant les concours de recrutement des enseignants du premier et du second degrés (J.O. du 6 janvier 2010) prévoient à compter de la session 2011, dans les épreuves orales, une évaluation de la compétence dite « Agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable », dont la définition est donnée dans l'annexe de l'Arrêté du 19 décembre 2006 (point 3 « les compétences professionnelles des maîtres »). Cette évaluation occupe en apparence une place mineure dans l’oral de l’Agrégation (4 points sur 20 de l’épreuve orale où elle s’insère), ou même dans l’oral du Capes (6 points sur 20), mais il est aussi prévu par les Arrêtés que lorsqu'une épreuve comporte plusieurs parties, la note zéro obtenue à l'une ou l'autre des parties est éliminatoire. Et il est par ailleurs annoncé que les jurys des concours pourraient, outre les membres (issus du corps de l’Inspection ou des corps enseignants) proposés par le Président du jury, « comprendre des personnes choisies en fonction de leurs compétences particulières ».
En somme, les futurs candidats seraient supposés faire la preuve, au cours d’un entretien d’une vingtaine de minutes avec le jury (« exposé du candidat à partir d'un document fourni par le jury (dix minutes) et entretien avec le jury (dix minutes) »), de leur bonne moralité, cette évaluation pourrait être confiée à des personnes aux « compétences particulières », et une prestation insatisfaisante pourrait leur valoir une note éliminatoire.
Nous ne pouvons accepter qu’un certificat de bonne moralité – en vertu de quels principes, de quels critères ? - soit désormais requis pour accéder aux fonctions d’enseignant ; nous ne pouvons admettre qu’un jury puisse éliminer des candidats, en supputant dans le cadre d’une épreuve orale aux contours opaques leur incompétence en matière d’éthique et de responsabilité ; nous ne pouvons comprendre comment pourrait être suspecté le désir d’être un enseignant compétent et dévoué, s’agissant de personnes qui, au terme de plusieurs années d’étude exigeantes, et d’une ou plusieurs années de préparation spécifique, se présentent aux concours de recrutement de l’enseignement.
Enfin, cette disposition nous paraît des plus dangereuses car elle suggère une volonté de contrôle des consciences, étrangère à notre tradition républicaine. Les concours de recrutement ne sauraient évaluer que les compétences disciplinaires et les aptitudes pédagogiques des candidats.
C’est pourquoi nous demandons solennellement à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale que l’évaluation de la compétence « Agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable » soit retirée au plus vite de l’ensemble des concours de recrutement de l’Education Nationale, pour lesquels elle est actuellement programmée.
@Marie 75
" L'éthique est à la mode. L'éthique joue sur la surface des choses tant elle se préoccupe de l'image et peu de la réalité. Ethics pays disent les Américains. Il y a une morale et 36 000 éthiques. " D'Etchegoyen, philosophe de la morale. Les phrases suivantes s'en inspirent directement.
Ce que vous décrivez est d'une totale perversité, digne de big brother. La morale reste pourtant le véritable enjeu des grandes transformations que nous connaissons. La bonne vieille morale s'est autodétruite par ses "obnubilations" sexuelles, ses connivences avec l'ordre social, et souvent sa haine. Parlons plutôt de devoir de responsabilité, sollicitation de la conscience, ou d'interrogation morale. Celle-ci ne peut être soumise à aucun pouvoir, et porte un enseignement de paix. Elle s'organise autour de l'authenticité de la parole, de la cohérence entre le dire et le faire. Elle s'ouvre au dialogue, et ne s'impose que par accord mutuel.
Nous avons des efforts à faire...
Cela fait du bien et plaisir de vous lire, Ujamaa.
entièrement d'accord avec l'article (je n'ai pas encore écouté l'émission radio).....votre analyse me parait totalement juste et c'est bien ce qui me "déprime" en ce moment car les élections (celles ci ou d'autres) ne répondent pas à ces questions ni à ces crises....et ce depuis longtemps.....or sans y répondre, nous allons droit dans le mur (de la barbarie ente autre...et en matière de barbarie le capitalisme atteint des sommets tout comme les profits qui en découlent pour certains)....que faire ? créer des réseaux, regarder ce qui se passe ailleurs, et faire de la résistance (active) à la barbarie.....
en tout cas, merci pour le texte (et m'en vais vous écouter)
cf Delattre, libre belgique 16.03.2010 Une disparition
Le onzième, assez bobo même s’il l’est moins que la caricature qu'on en fait souvent, n’est pas forcément représentatif de la sociologie de l’électorat parisien en général. Voyons donc le score du Front national ailleurs dans la capitale. L’on peut constater que, même dans les arrondissements les moins nantis de Paris (en gros, ceux au Nord: le dix-huitième, le dix-neuvième ou le vingtième), l’extrême droite n’a jamais engrangé plus de 6% des voix. Ses meilleurs scores parisiens, le parti de Jean-Parie Le Pen les a réalisés en fait dans les quartiers les plus chics, qui sont aussi des bastions de la droite, comme le seizième (7%).
En Région parisienne au sens large, le FN n’a pas davantage cartonné, malgré des scores nettement plus élevés dans certaines banlieues qu’à Paris: 12% par exemple en Seine Saint Denis et dans le Val d’Oise. Du coup, à l’échelle de la Région, le parti d’extrême droite, avec 9,2% des suffrages au total, n’a pas résussi dimanche à atteindre la barre fatidique des 10%, qui permet de se maintenir au second tour. Conséquence? C’est carrément la disparition prochaine de l’extrême droite du Conseil de la Région Ile-de-France, où elle compte à présent 9 élus.
Pour la capitale, c’est tout de même une évolution politique qui n’est pas complètement banale.
Même en PACA sa terre de prédilection, le Front National n'a fait que baisser depuis 1998, et notamment à ces dernières élections 2010.
Voir
Élections régionales françaises de 2010
"Le FN, que certains instituts de sondage voyaient sous la barre des 10%, a réalisé une performance supérieure (11,4%) à ce qu'on lui promettait et plutôt inattendue. Bien qu'il soit en recul de 40 % (perdant 1 300 000 voix) par rapport à son score de 2004, il réalise toutefois deux performances notoires en PACA sa terre de prédilection (plus de 20% des voix en 2010, après 23% en 2004 et 26,8% en 1998) et dans le Nord-Pas-de-Calais avec 18% talonnant même l'UMP. Il dépasse la barre des 10% permettant de se maintenir au second tour dans 12 régions (et la frôle en Ile-de-France), contre 17 en 2004."
Comme on peut le constater, tous les chiffres du FN sont en baisse. Tous.
Que ce soit les évolutions, les comparaisons, en détail ou en global, en nbre de région où il peut se maintenir pour le 2è tour, etc.
Seuls les pourcentages ont gagné en apparence, du seul fait de la très forte abstention.
Que maintenant tout le monde en choeur répète à l'envi que le FN redevient une menace, c'est criminel, c'est irresponsable, c'est stupide.
C'est l'instrumentalisation du FN, que Mitterrand inventa, et qui aujourd'hui sert à faire ronronner la soupe médiatique panurgique générale si lucrative
(une parodie de journalisme: honte messieurs-dames...),
et qui aussi sert à faire fonctionner à plein la bonne vieille alternance bidon UMPS.
Que la promotion du FN marche encore,
ça prouve qu'on est plus que jamais décervelés et propagandés à mort par tous ces petits barons professionnels de la politique, nos "bons maîtres" cumulards, notre bonne vieille caste de seigneurs qui agite notre bon vieil épouvantail FN si rassurant car il évite de penser et de rien changer.
Votre analyse des résultats du FN est bonne... ça mérite d'être relevé parce qu'elle est par ailleurs rare. Le marigot médiatique qui joue à se faire peur avec le FN à 11,4%, c'est effectivement déplorable...
Ne soyez pas si sûr. Des ouvriers votent en masse pour le FN. Vous savez pourquoi. Beaucoup de gens n'ont pas voté pour le FN à cause des sondages qui leur donnaient des scores ridicules. L'apathie générale, l'indifférence, le sentiment d'impuissance, le désespoir, que traduit le score élevé d'abstention, conduit tout droit vers les extrêmes. L'exutoire est toujours la violence.
Toujours cette posture chez Plenel de constater qu'il produit lui-même des questions géniales auxquelles les hommes politiques actuelles n'ont évidemment pas de réponse. Avec cette pirouette finale sur la dichotomie indépassable, et la plus populiste qui soit, entre le peuple et les hommes politiques; par idéologie trotskyste et en fait antidémocratique sans doute; mais peut-être plus encore pour éviter qu'on lui pose une question simple: cher Edwy, où sont les réponses géniales à tes questions géniales? Car s'il s'obligeait à cet exercice là, il serait quoi, Edwy Plenel? Un homme politique, bien sûr, et visionnaire celui-là! La tentation est forte, on le sent à chaque article, à chaque intervention... mais il ne sautera pas le pas... on ne sait pourquoi, mais le plaisir de constater l'approbation jamais démentie du fan club quand on se contente de rester dans la stratosphère en évitant soigneusement glaise et cambouis ne doit pas y être pour rien. De quoi Edwy Plenel est-il le nom? D'un homme politique raté, déguisé en journaliste satisfait de ses succès faciles.
Plenel est un éveilleur de conscience, un sonneur d'alarme c'est plus honorable que de chercher des suffrages d'une manière démagogique, c'est de ce coté que sont les ratés
Je ne crois pas que les généralités débitées ci-dessus par Plenel aient éveillé la conscience de qui que se soit ni donné l'alarme à qui que se soit sur des éléments qui seraient novateurs... Franchement, qui a besoin de ce genre de divagations pour réfléchir et penser?... Ceci dit, être un patron de presse qui profite de son pouvoir de séduction intellectuel pour jouer à l'intellectuel original, ce n'est pas déshonorant. C'est juste lâche par rapport à ceux qui ont le courage de prétendre nous représenter, surtout quand le propos du génie consiste à leur tirer dessus du haut de son surplomb intellectuel. Mon propos est celui-ci: qu'il aille réellement au charbon, c'est trop facile, et parfaitement inutile de surcroît, de rester là-haut.
mais bien sure oui, oui m edwy plenel, absolument ...
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absolument merci pour médiapart, merci de prendre part à cette révolution du numérique, avec tout les efforts de diplomatie que cela demande ...
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merci de contribuer grandement au débat d'idées, d'offrir un regard intelligent au dessus de la mélée, une approche d'intellectuel, autant que de journaliste, qui n'hésite pas également à prendre part au combat politique.
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merci de permettre cet espace à la réfléxion, ce regard un peu " différent " sur la politique, qui essaye de poser les vraies questions, merci à nouveau tout simplement d'être du côté de la pensée, lors que la politique de la majorité présidentielle semble indéfiniment du côté d'un néant absolu d'une quelconque recherche ou idée de l'intelligence.