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« Hors de France ! », ce cri de haine sur la Croisette

« Bouchareb, hors de France ! » Ce slogan a été repris en chœur, vendredi 21 mai, lors de la manifestation organisée par l'UMP, à Cannes, contre le film Hors la loi, réalisé par le Français Rachid Bouchareb.

Mediapart, parmi les premiers, s'est inquiété, documents inédits à l'appui, de ce qui se jouait derrière la polémique lancée par des parlementaires UMP contre le nouveau film de Rachid Bouchareb, Hors la loi, suite de Indigènes, primé à Cannes en 2007. Nous avions montré que, loin d'une improvisation tenant du mouvement d'humeur, l'opération avait été longuement mûrie, avec des démarches officielles commencées il y a un an auprès du ministère de la défense.

Les courriers que nous avions révélés prouvaient l'implication directe du gouvernement, à travers l'un de ses membres, Hubert Falco, mobilisant le Service historique de la défense (SHD) pour nourrir l'offensive du député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca. Quel est donc ce pays si faible qu'il ne peut même plus assumer sa propre histoire ? Il suffit de lire les travaux des historiens français, d'écouter les témoignages recueillis il y a quinze ans par Mehdi Lallaoui ou de visionner le documentaire L'autre 8 mai 1945 pour connaître, avec ses nuances et ses contradictions, la vérité historique, car il y en a bien une, sur les événements de Sétif.

Cette défense par l'actuel pouvoir présidentiel d'une histoire d'Etat, mensongère et guerrière que l'on entend imposer à notre passé colonial, au lieu de le regarder tel qu'il fut, ombres et lumières mêlées, n'est pas un épisode anecdotique, porté par quelques nostalgiques. Elle est au ressort de la vision du passé et du monde qui, de longue date, anime cette présidence et dont les mots clés sont colonisation (positive), immigration (envahissante), islam (dangereux) et assimilation (obligatoire). C'est un passé mythifié et déformé qui est ici convoqué, mais dans l'espoir qu'il soit plein d'à présent, produisant un imaginaire actif.

En ce sens, l'opération contre Hors la loi est une illustration concrète de ce que signifiait le supposé débat sur l'identité nationale, lancé fin 2009 et, pour l'instant, en sommeil (mais l'Appel de Mediapart, lui, reste en éveil). Son imaginaire est de guerre et d'exclusion : d'une guerre perdue qu'il faudrait donc, un jour ou l'autre, effacer par une revanche ; d'une exclusion réclamée, pour faire de nouveau le tri entre bons et mauvais Français, Français véritables et Français d'occasion.

Si l'on en doutait, la manifestation organisée à Cannes, vendredi 21 mai au matin, en même temps que Hors la loi était projeté à la presse du Festival, en fit la démonstration. Dans la vidéo ci-dessous, à partir de 1 minute 38 secondes, vous entendrez donc distinctement le slogan « Bouchareb, hors de France ! » Serait-il de nationalité algérienne que cela ne changerait rien à la portée symbolique de ce mot d'ordre haineux, mais l'on précisera tout de même que Rachid Bouchareb, né le 1er septembre 1953 à Paris, est un citoyen français et qu'en 2007, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur. La vidéo, donc (© lemonde.fr) :

Rapportant le même événement sous un angle complémentaire, deux autres vidéos, l'une du Figaro, l'autre de l'AFP, témoignent de ce qui, politiquement, est ici à l'œuvre : une tranquille fusion idéologique de la droite et de l'extrême droite, de l'UMP et du Front national. L'UMP Lionnel Luca et la FN Lydia Schénardi y font paisiblement tandem, dans l'ordre UMP-FN pour l'AFP et, inversement, FN-UMP pour Le Figaro :

Instrumentalisée sous François Mitterrand, la focalisation autour de la montée du Front national nous a fait oublier l'essentiel que, pourtant, nous enseignait toute notre histoire, de l'affaire Dreyfus aux guerres coloniales, en passant, ô combien, par Vichy : loin d'avoir jamais pu prétendre seule au pouvoir, l'extrême droite a toujours servi de levier pour extrémiser la droite. Et le sarkozysme est en quelque sorte le précipité chimique de cette transgression politique. Il suffit de tendre l'oreille chaque fois que le pouvoir actuel discourt sur la nation, son identité supposée, sa gloire revendiquée, son passé héroïque, etc., pour comprendre qu'avec Nicolas Sarkozy, Maurice Barrès a pris sa revanche : « Pour permettre à la conscience d'un pays tel que la France de se dégager, il faut raciner les individus dans la terre et dans les morts » (La terre et les morts, Paris, La Patrie française, 1899). Oui, Maurice Barrès, passé d'un socialisme vague à un nationalisme exacerbé, indéniablement talentueux et néanmoins antidreyfusard antisémite – le talent littéraire n'ayant jamais protégé de la crapulerie politique…

Le problème, c'est qu'à moins de devenir amnésiques ou, ce qui est plus à la portée des pouvoirs, d'imposer un mensonge d'Etat à la vérité historique, nous savons bien, ou plutôt nous savons encore, nous lisons toujours dans les livres d'histoire et nous continuons d'apprendre à l'école ou à l'université, que ce racinement-là conduit à d'immenses catastrophes et à d'incommensurables charniers. Rien de plus mortifère que cette quête de « mêmeté », selon le néologisme forgé par l'historien Marcel Detienne qui y revient dans un essai mordant dont la confrérie historienne ne sort pas indemne (L'identité nationale, une énigme, Folio Histoire).

D'où l'enjeu de l'histoire, d'où l'histoire comme enjeu, d'où cette bataille incessante menée par ce pouvoir, depuis 2007, sur le terrain de l'histoire, de sa mise en scène, de son récit édifiant, de ses cimetières et de ses héros, de son contrôle idéologique, de ses musées nationaux à venir, de ses représentations cinématographiques à défendre, etc. Après tout, Patrick Buisson, le premier idéologue du sarkozysme (avant même Henri Guaino), venu de l'extrême droite où il fit ses classes intellectuelles, n'est-il pas directeur général de la chaîne Histoire, canal télévisé vendu par la puissance publique à TF1 et dont la programmation offre une lecture historique clairement droitière, dans ses priorités éditoriales comme par le choix de ses invités.

Reste ce slogan « Bouchareb, hors de France ! », dont tous ceux qui veulent croire que le pire n'est jamais certain se diront, pour se rassurer, qu'il émaillait un défilé bon enfant d'un petit millier de personnes pas vraiment représentatives des générations futures. Or c'est bien, tout au contraire, cette indifférence ou cette relativisation qui nous alarme. Comment est-il possible, pensable, acceptable que ces mots de haine aient été lancés dans une manifestation organisée par le parti présidentiel sans qu'ils aient suscité de commentaires indignés ou de réactions outragées ? Depuis qu'existe le Festival de Cannes, imaginé sur une idée du ministre du Front Populaire Jean Zay et institué après la Libération, depuis que se tient chaque année cet événement où la France est supposée accueillir le monde tout entier, recevoir sa diversité et sa pluralité, honorer ses imaginaires et ses mémoires, a-t-on souvenir d'une manifestation semblable, organisée par le parti au pouvoir pour inviter à l'exclusion ?

Quelle est donc cette défaite qui s'installe, celle-là même qui accompagne le peu d'émoi médiatique autour des profanations de symboles de l'islam de France (rien qu'en 2010, déjà : mosquée à Crépy-en-Valois, cimetières musulmans à Vienne et à Tarascon)? D'où vient ce profond renoncement qui va de pair avec notre silence insensible face à ce que ressentent toutes celles et tous ceux qui, comme nous, vivent, travaillent et étudient en France, mais qui, désormais, s'y sentent mal, de plus en plus mal, mal reçus, mal accueillis, malmenés, maltraités, parce que leur histoire familiale prend source au Maghreb, parce qu'ils sont de culture musulmane, parce qu'ils pratiquent leur foi en l'islam, parce qu'ils vont à la mosquée ou font leurs prières, parce qu'elles portent un foulard ou un voile?

Et qu'avons-nous dès lors à dire à tous ces jeunes Français musulmans (rencontrés ces jours-ci sur Mediapart par Michaël Hajdenberg) qui assument et vivent leur foi dans la République et qui se sentent et se vivent de plus en plus stigmatisés, humiliés, discriminés? Oui, comment nous faire entendre d'eux si nous ne disons rien, si nous ne crions pas, si nous ne nous sentons pas concernés, visés, touchés quand ne serait-ce qu'un seul d'entre eux s'entend dire : « Hors de France ! »?

Un cri qui, pourtant, est une injure à la France. Il y a quelques semaines, lors d'une rencontre, non loin de Cannes, autour de Mediapart et de notre livre collectif à la FNAC de Nice, dont l'affluence était en elle-même un signe d'espoir, un employé de l'établissement est venu me saluer. Il n'était plus tout jeune, travaillait à la FNAC depuis pas mal de temps déjà et, surtout, venait du Maroc. Voici ce qu'il m'a dit et qui, je l'avoue, m'a laissé sans voix, les larmes aux yeux: « Ils nous disent : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes". Mais, nous, la France, on l'aime. Et c'est elle qui nous quitte... »

Tous les commentaires

Visiblement cher Edwi Plenel, l'AFP n'a pas apprécié que vous mettiez sa vidéo en ligne sur ce site puisqu'elle en a bloqué la diffusion !!!

Quant au reste, plutôt d'accord avec vous...

J'ai admiré le somptueux crétin qui disait que ce film allait, je cite de mémoire, "foutre le feu aux banlieues"...

Et la menace de ce beau député sur la note qui serait présentée à France Télévisions, c'était bien mignon aussi...

Je crois que tous ces pékins sont bien plus dangereux que ce film !!!

Merci, cher concombre, je modifie donc et ne garde que la vidéo du Figaro.

Quand des cadavres défilent en portant le drapeau français…

Solidarité totale avec Rachid Bouchareb et les siens.

@ Mme Guérin-Castell

Comment osez vous écrire une premiére phrase aussi ignoble ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l'antique douleur éternel alambic !
À travers le treillis recourbé de leurs côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Je maintiens que vos propos sont ignobles , toute grande dame que vous cherchiez à paraitre .

Je ne suis pas d'accord avec vous, cher Arnaïf : qu'y a-t-il donc à redire à cette phrase si juste de Madame Guérin-Castell ? Lorsque des hommes n'ont comme seule justification, que des étandarts qu'ils brandissent, ce sont effectivement des cadavres : hommes sans âme et sans vie, ne méritant que notre mépris, non ?

Bien à vous,

Au poete Mithra-Nomadeblues

Vous considérez donc ces hommes comme une forme de sous- hommes qu' il faudrait éliminer (cadavres ) ; c' est le propre de la doctrine nazie . Juste pour rire , cher poete , on ne brandit pas un étandart , mais un étendard ; ce mot ne vous semble pas trés familier .

À propos de sous-hommes, je vous rappelle que ce mot a été utilisé par un homme qui visait avant tout à mettre dans sa poche d'élu les frères ou cousins (en Septimanie) de ces manifestants, jusqu'à se mettre à chanter “C'est nous les Africains” en pleine séance du Conseil régional où il était question de la loi sur les bienfaits de la colonisation.

Mithra-Nomadeblues interprète ce que j'ai écrit d'une manière, vous d'une autre. C'est le propre des images (ce qu'était pour moi ce mot dans un tel contexte)…

Les cadavres ne sont pas à éliminer, puisqu'ils sont déjà morts… mais je filerai d'autant moins la métaphore que j'ai déjà utilisé cette image à ce même propos : http://www.mediapart.fr/club/blog/annecolomb/210510/la-mediterrannee-ne-separe-plus-cannes-de-setif

Admettons que j'ai une raison personnelle de leur en vouloir. Il y a des expériences que l'on oublie d'autant moins qu'elles ont été précoces.

Quels que soient vos griefs envers ces hommes , griefs que je peux comprendre , vous n' avez pas le droit de les appeler cadavres . C' est une offense à l' esprit .

Ces hommes de la droite niçoise, comme bon nombre de celle nationale, sont dans une pathologie qu'il faudrait isoler.

Je dirais, pour dépasser l'idée d'une attitude il est vrai quelque peu mortifère de ces gens (à quoi mène la haine de l'autre, sinon à la destruction ?), qu'ils sont limités.

Ils sont d'un Humanisme limité. Handicap terrible.

Alors que les autres, nous autres, sont d'un Humanisme sans limites.

J'ai eu Lionel Lucas comme professeur d'Histoire, et déjà une rectitude toute penaude l'habitait. Sa pédagogie était faite d'un didactisme suffisant et de lassitude. Il ne m'a guère transmis le goût de cette matière car il la prenait de trop haut, tout comme nous et nous sentions poindre la volonté de dominer déjà, dans une maîtrise toute dédaigneuse.

Je suis heureux que mon identité ne soit pas empreinte de leurs gesticulations "intellectuelles", car elle serait rouge de honte.

Ils ont du pouvoir et pourtant ils sont d'un triste et profond ridicule.

Quand la bêtise s'institutionnalise, cette forme de marginalité devient légitime au yeux des plus obtus, de ceux qui souffrent dans une violence.

Cette indignation revancharde, au milieu d'un des plus grand festival d'une des plus grande culture du monde montre que la douce et légère vie azuréenne couvre une ombre sombre et nauséabonde.

L'ombre de l'humanisme limité.

Quel aveux de faiblesse et de fragilité pour la République Française ! Une fois de plus, la France et sa politique gouvernementale se déshonore et s'humilie...mais ça c'est plus un scoop ! Merci à Médiapart et à M.Plenel d'être toujours en mode réactif... C'est salvateur... Il ya tellement d'ignominies quotiennes qui passent inaperçues...qu'elles finissent par se banaliser dramatiquement...

Oui, je vous rejoins, Majead, et merci donc, une fois encore à Edwy Plenel, de nous tenir éveillés.

Je rejoins l'esprit des posts de Mithra et Majead.

A nous tous d'être, chacun à notre niveau, tout aussi "réactifs" que l'est Edwy Plenel dans cet article.

la valise ou le cercueil cela vous ne rappelle rien, pourtant ils étaient nées en Algerie

Oui, mais la connerie des uns n'a jamais jamais justifié la connerie des autres !!!

 

@ PJLB

132 ans auparavant ils n'étaient pas nés en Algérie. Ils l'avaient envahie et nous avons vu ce que nous en avons fait !

Ceux qui sont nés en France ne sont pas nés d'envahisseurs-colonisateurs. Ils sont nés de travailleurs que nous avons fait venir pour assurer notre développement économique en les employant dans des conditions pitoyables sur les chaines notamment automobiles, dans les travaux publics, à des postes dangereux et/ou peu ragoûtants.

Alors, oui, ils nous ont dit de partir dans des termes très crus. Mais comment oser la comparaison avec notre trahison criminelle !

Les différentes vidéos (y compris AFP) font froid dans le dos.

Ce bouclier de drapeaux français, pouvant à l'occasion se transformer en baïonnettes, pour crier "hors de France" à un Français qui ne fait que relater un épisode peu glorieux de notre histoire, rajouté à tout le reste souligné par Edwy Plenel, est une véritable honte et laisse redouter le pire.

Pourquoi parler de possible embrasement des banlieues ? Quelqu'un a-t-il besoin de souffler sur des braises entretenues par le chômage, les sous-équipements sociaux, les charges toujours plus lourdes pour des familles modestes qui ne peuvent plus, dans certains cas, répondre aux besoins les plus élémentaires de leurs enfants ?

Merci à Edwy Plenel et à Mediapart de nous alerter sur les dérapages de toutes sortes auxquels nous sommes soumis et qui dénaturent notre pays.

Je suis vraiment très triste, mais pas résignée.

Non, décidément, je ne parviens pas à avoir peur de mille vieux pieds-noirs. Les vieux ont leur éventuelle monstruosité active derrière eux. Nos amis d'une certaine gauche, totalement paumés, ont eux aussi besoin d'un ennemi. Quant-au sarkozysme, européo-atlantiste en diable, son patriotisme devrait faire rigoler tout le monde. Sarkozy nous quitte en 2012, notre seul problème étant la médiocrité du PS.

La seule chose sérieuse est cette possibilité d'alliance UMP-FN, cela mérite une enquête sérieuse.

Cher Jardidi, si j'étais croyant, j'aurais spontanément dit: "Que Dieu vous entende…"

Façon de dire que j'aimerais partager votre optimisme serein. Dans tous les cas, je ne crois pas, du moins à cette heure, ce jour et cette année, que "Sarkozy nous quitte en 2012". Cela ne se fera pas comme une opération du Saint Esprit et, d'ailleurs, votre commentaire sur "la médiocrité" que vous prêtez au PS montre bien que ce sera difficile. Surtout, je ne crois pas que la politique est une histoire écrite, automatique et prévisible. Et, dans tous les cas, ce sont les dynamiques, les sursauts et les rapports de force, construits au jour le jour, en faisant vraiment de la politique justement, qui permettent de l'écrire.

Je ne suis ni pessimiste ni optimiste. Simplement convaincu que l'espérance (entendue comme possibilité d'émancipation accrue) n'advient éventuellement que si l'on s'est inquiété, préalablement, de ce qui l'entrave, la mine ou la désespère. Dans cette dialectique de l'inquiétude et de l'espérance, c'est aujourd'hui la première qui l'emporte. Car nous laissons faire, nous restons inertes, nous sommes comme au balcon, spectateurs plutôt qu'acteurs. Non?

Comme M.Plenel...j'aimerais partager votre optimisme quant au départ de Sarko en 2012... Regardez G.Bush réelu deux fois...la politique de la terreur a encore de beaux jours devant elle...malheureusement... C'est bien là le drame des politiques d'Etat en général... La politique ne fédère plus par ses idées originales et ses convictions... Les hommes politiques se font réelire en choquant, en agitant le drapeau de la menace extérieure, en jouant avec les fantasmes collectifs, en manipulant les peurs ancestrales, en faisant appel aux instincts grégaires...bref...toutes mes condoléances à la Raison humaine...

Pour le témoignage, Eric Besson défile sur les écrans soudanais comme la voix de la France.

 

No comment...

Et c'est un film, un scénario, un réalisateur et une histoire de l'Histoire qui fait descendre dans la rue ces vieux nostalgiques et ces révisionnistes dûment manipulés par le pouvoir de l'imposteur et de sa clique. Qui est le plus minable dans l'affaire?

La bêtise, l'intolérance, le mensonge d'Etat, les contre-vérités, la cécité volontaire devant l'Histoire, voilà les vrais ennemis de la parole libre, de la création, de la liberté... De quel côté la France veut-elle se ranger?

Rachid et "Hors la loi" je suis avec vous !!!!

Résistance!!!

D'accord avec vous Edwy Plenel, pour cette analyse de la "tranquille fusion idéologique de la droite et de l'extrême-droite" et de ce que vous décrivez comme un "profond renoncement", grave impuissance de la société, repli.

Il est en effet stupéfiant qu'une telle manifestation - de haine - ait pu être organisée, soutenue, et réalisée, dans une totale impunité, et vous avez raison de rappeler qui se trouve à la tête de la chaîne de télévision Histoire, ainsi que le fait que Rachid Bouchareb est français, né en France, et qu'une telle poussée de haine exprimée de cette manière le vise lui, mais aussi tous ceux et toutes celles qui défendent une mémoire - et l'Histoire comme enseignement et compréhension du monde - rendue possible par les travaux des historiens, l'accès aux archives, le courage de beaucoup.

D'accord aussi avec l'évocation des travaux de Marcel Detienne sur l'identité nationale.

Pour "Hors la loi", reste à savoir comment va se passer la distribution de ce film, et dans quelles conditions il sera possible de le voir

Il s'agit bien du prolongement de cet empoisonnement que constitue le "débat" sur l"identité nationale" imposé par le gouvernement. Il faut lire et relire Paxton, lecture indispensable.

 

 

bonsoir,

il s'agit de mon premier commentaire, j'ai lu plein de choses, articles, blogs, commentaires.

je n'ai, jusqu'à maintenant, pas eu l'envie de me mêler des échanges, certains me semblent outranciés et cherchant querelles, et d'autres plein de volonté de comprendre et, somme toute, d'intelligence.

je n'ai, comme beaucoup, pas vu le film de Rachid Bouchareb, mais il me semble qu'il n'est pas honnête (mot lié au mot honneur, peut-être?) de critiquer une oeuvre (?? je n'en sais rien) sans avoir tous les faits et arguments.

ce que je sais ne vient que de commentaires et de points historiques (semblent-ils), mais l'histoire a t-elle été dite?.

je regrette toujours que l'histoire ne soit écrite que par les """"vainqueurs""" ou considérés comme tels.

Amitiés à M. Rchid Bouchareb et toute son équipe d'ouvrir un débat, je le vois comme tel.

je n'apprierais pas nécessairement son film, il doit exister et à chacun de voir et dire, soit c'est un film historique et pourra être critiqué et remis en cause comme tel, soit il s'agit d'une fiction, partant d'un moment issu de l'histoire (réel ou construit) , et alors nous ne sommes que spectateurs, aimant ou pas le film.

une précision sur le fait réel ou construit n'a pas beaucoup d'intérêt si l'histoire est dite, si elle ne l'est pas, ce la peut, doit se dire.

ces procès d'intention sont détestables, et ECRIVONS l'histoire à deux mains.

cette histoire nous est commune

bonne soirée

Dphi

Cher dphi, chers tous,

Il est possible que le film de Rachid Bouchareb ne soit pas excellent, subtil, accompli, etc. Mais chacun aura compris que le problème n'est pas là, et d'ailleurs, ceux qui manifestaient le faisaient sans l'avoir vu. J'ai simplement voulu saisir ce "petit fait vrai" à la manière d'un papillon qu'on épingle et qui, à lui tout seul, exprime un univers. En l'occurrence, ce à quoi nous nous habituons, insensiblement, l'air de rien, dans un mélange d'optimisme abstrait et d'indifférence confortable. Et qu'à l'inverse subissent nombre de celles et ceux d'entre nous qui ont un lien, même ténu, avec le Maghreb, la culture musulman ou l'islam comme religion.

Allez lire ou relire la série de Michaël Hajdenberg sur Mediapart, "Paroles de musulmans", et vous verrez, y compris dans les fils de commentaires, que ce n'est pas un constat alarmiste. C'est bien une réalité vécue.

Il ne s'agit effectivement pas de la “valeur” d'un film. Et d'ailleurs, ne faut-il pas s'interroger sur cette “valeur” dont il est question dans les avis portés sur un film ? De “mauvais” films ont parfois davantage contribué à éveiller les consciences que les “bons” sur un même sujet… Ne serait-ce que parce que ces derniers ne sont tout simplement pas vus.

Je n'ai pas vu Indigènes et je ne sais pas si j'irai voir Hors la loi. Mais je connais le parcours de Rachid Bouchareb : nanti d'un CAP d'ouvrier, il a réussi à entrer dans une petite école de cinéma, le CERIS, où les élèves recevaient une (maigre) bourse du ministère du Travail, ce qui, tant que cette école a fonctionné, a permis de faire du cinéma à des personnes qui n'appartenaient pas au “bon” milieu. Je devine ce qu'il lui a fallu ensuite de persévérance pour arriver à entrer dans ce milieu très fermé du long métrage et porter ses films jusqu'au bout.

Et ces gens qui manifestent sous le drapeau français, qui vont jusqu'à réclamer l'expulsion d'un Français parce qu'il s'appelle Rachid, qu'ont-ils fait de leur vie depuis quarante ans ? Qu'ont-ils appris sur l'histoire de ce pays qu'ils ont dû quitter, qu'ont-ils appris sur eux-mêmes, à part cultiver cette nostalgie empoisonnée qu'ils transmettent aux nouvelles générations ?

Ces “petits faits vrais”, il y en tant et tant, ils montrent toujours la même chose…

Je viens de regarder la première des vidéos, tendant l'oreille pour entendre cet immonde "Bouchareb hors de France", croyant à des voix isolées.

Non, pas besoin de tendre l'oreille, hélas. Il y a des choses qui font suffoquer, dans cette France-là. Que l'Ump local, allié au FN, surfe sur un électorat également local, cette partie revancharde pied-noir, ne change rien du tout.

L'atmosphère un peu oecuménique, autour d'Indigènes, me gênait. Sans doute parce que l'aimaient des gens qui aujourd'hui conspuent Hors la loi ( sans l'avoir vu, qui plus est): un bon arabe est-il un arabe mort en 14-18 ?

Avoir peur, en montrant Sétif, de "mettre le feu aux banlieues": la version historique du secret de famille, ou comment empoisonner en silence.

J'irais voir "Hors la loi" en gardant bien à l'esprit que c'est avant tout, comme "Indigènes" l'était, une oeuvre de fiction tirées de faits historiques donc forcément réductrice...

Comme le sont tous les films traitant de faits historiques...

N'oublions pas qu'il a fallu quand même attendre "Lacombe Lucien" pour qu'on nous parle vraiment de collaboration pendant la 2ème der des der !!!

Avant, c'était que du prêchi-prêcha à la gloire de la résistance !!!

On se demande encore comment les Allemands ont pu tenir 4 ans en France avec 40 millions de résistants face à eux !!!

Pour l'histoire des massacres de Sétif, j'irais chercher d'autres sources, pas dans les archives de l'armée, et je me ferais mon idée...

Quant aux abrutis (je m'excuse mais y'a pas d'autre mot) qui ont récupéré la projection de ce film dans un but de basse politique, vaut mieux que j'en parle pas car je vais me retrouver, au mieux, censuré !!!

Encore, l'élue FN, on en attendait pas moins d'elle, mais le député UMP ???

Le deputé UMP?

Allons Concombre es tu aussi naïf , que tu sembles le laisser croire ?

L'Histoire est L'Histoire , nul ne peut la falscifier bien longtemps,

Certains veulent gommer Setif .

Moi je ne peux oublier l'OAS !

Merci de vous souvenir , que Mitterand gracia les generaux felons,

et les retablis dans leurs droits à retraite militaire!

Vous direz que je jette de l'huile sur le feu .

Que chacun reconnaisse ses crimes !

16 ans à Paris , il n'etait opportun de se trouver Metro Charonne

en fevier 1962 !

Non concombre, la bete immonde n'est pas morte !

Et que savent ils ces abrutis du sang rouge de Notre drapeau !

Naïf Saine Colère ?

Je ne crois pas...

Le film n'est qu'un prétexte dans cette histoire, j'irais le voir avec le recul nécessaire...

Quant à cette manifestation, il ne me semble pas en avoir dit du bien, je me retiens même...

Je sais très bien qu'elle ne représente qu'une manoeuvre de plus de notre bon président...

Ce que je sais également, c'est qu'il joue avec des forces qui risquent de le dépasser, en a t'il conscience ou au contraire les sert-il pour son bénéfice personnel ?

Mais ce n'est pas la première manifestation de cet état d'esprit, donc je ne suis pas surpris...

Quant à la bête, elle n'a jamais dormi...

Pour ce qui est de l'histoire, je vais la chercher là où elle est et n'exonère personne de ses responsabilités, la France encore moins que les autres...

Allons Concombre , loin de moi les pensées que tu sembles me preter à ton encontre !

Nous echangeons regulierement sur d'autres blogs pour que je" devine" tes sentiments en domaine d'humanité !

Quiproquos !

Cordialement, Rugbyman .

Pas de problème cher Saine Colère Clin d'oeil !!!

J'avais dû me montrer trop tiède dans mon commentaire vis à vis de politiques qui font vraiment ici de la basse politique dans toute sa splendeur ou son horreur !!!

Récupération à tous les étages, avec tous les dangers que cela comporte quand on flatte les plus bas instincts de l'homme !!!

A vomir...

A bientôt...

Mais pourquoi Sarkozy flirt-il autant avec l'extrême droite depuis les régionales ? Peut-être pour ne pas risquer d'être le Jospin de 2012...

La droite et l'extrême-droite défilant ensemble et des cris de haine contre un cinéaste qu'ils s'imaginent déchu de sa nationalité et expulsable. Une manifestation UMP + FN.

Hortefeux parla de déchéance de nationalité il y a peu, en dehors de toute référence juridique. Ils rêvent de Pétain et de sa Révolution nationale qui déchut de leur nationalité française tant de français. Et qui enthousiasma tant de jeunes bourgeois (pas seulement Mitterrand).

L'antifascisme et l'antiracisme radicaux vont devoir reprendre du service.

ce n'est pas de cette "gôche" (ps) qu'il faut attendre quoique ce soit, où sont les penseurs, les empêcheurs de tourner en rond ?

Les hommes se résignent à un monde de médiocrité et d'injustice.

C'est la petite résurgence de la peste... !
Et la petite mort des libertés !

Etrangers, ne nous laissez pas seuls entre Français, trop flippant.

Je suis très inquiet pour la France de demain. La stupidité extrême est de s'attaquer à l'Islam. Il y a des politiciens en France qui pense que l'arme nucléaire permet toute provocation. Mais que serait une France qui effacerait le Maghreb de la carte ?

L'esprit guerrier est par défaut de courte vue. En gagnant des batailles, parfois des guerres on ne gagnera jamais la paix. Il y a des défaites militaires mais aussi des défaites morales.

Je reagis tardivement à votre commentaire , le relisant ce soir .

en accord avec la 2eme partie de vos propos .

Mais je ne comprend pas en quoi l'Islam est concerné , ainsi que l'arme nucleaire !

Cordialement

Le jour où quelqu'un vous aime il fait très beau... Il est dommage de ne pas pouvoir entendre ceux qu'on a envoyés au casse pipes sans le vouloir et qui y sont restés, de quelques camps qu'ils soient. Ils nous diraient peut-être de partir et d'aller voir ailleurs. Le temps ici est assez couvert.


 

Evidemment d'accord , PQJ .

Mais ne faut il pas un jour dennoncer ceux qui les envoyerent au casse pipe ?

De quelque camp soit il !

"Lui ou moi"

ainsi debute la guerre.Mais elle s'acheve par une rencontre embarassante " Lui est moi " Mahmoud Darwich .

Sage devise d'un abonné ( jamesinparis )

MERCI !

Merci à Edwy Plenel de noter ces petits faits qui font l'Histoire, côté généralement non écrit.

Depuis très longtemps, je pense que la fonction de l'extrême droite est "de servir de levier pour extrémiser la droite." je pense même que la droite n'a pas d'autre idéologie que celle de l'extrême droite et que les jeux de cirque autour de "la Liberté" ne sont que grain à moudre pour masses avaleuses sans mâcher.

La Liberté, quelques générations courageuses l'ont mise en tête de cortège et il en reste heureusement quelques forteresses anachroniques, mais pour combien de temps ?

Oui, il est important de défendre la liberté d'expression du Français Rachid Bouchareb contre la pensée qui se cache derrière ses drapeaux.


"Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur." Proverbe Africain.

 

Excellent !

Qui ne dit mot consent

 

Ce qui m'a paru consternant, c'est le silence de la foule autour du slogan.

Et les autres... Ne pouvaient-ils hué cette manifestation ? N'est-ce pas ce que l'on appelle un silence complice ? Il aurait pourtant suffi d'une voix dans la foule pour que d'autres se fassent entendre ensuite !

 

EXACT , Difficile de reagir en la presence de tels abrutis !

Quelle protestation officielle ?

S'il faut attendre les 'officiels' pour agir, nous ne sommes pas sortis de l'auberge ! Quoique, parfois...

A Avignon, NS, en promenade par là, a été hué lors de sa campagne électorale - je vous assure que ce n'est pas compliqué, j'y étais.

Par contre, quand on est aggressé par des français 'pure souche' bien imbibés, comme belges (la plaque d'immatriculation de notre véhicule) et femmes (ma fille et moi) - sales étrangères (sic) - rencontrer le silence des badauds, ça n'aide pas ! Je ne vous dis pas l'angoisse, j'ai mis ma fille à l'abri temporaire de notre voiture et j'ai été chercher dare-dare un 'officiel' (pas un gendarme mais un politique) au sein de cette charmante fête villageoise où nous ne faisions que passer - et j'ai obtenu gain de cause... Il y a toujours des 'officiels' dans les fêtes villageoises.

Les 'officiels', il faut parfois les secouer !

(Ben c'est sur , que faisiez vous sur Notre Terre Sacrée !!)

JoHa, lisez ci dessus au ennnniemmmme degré, je ne participe pas à cette nauseabonde campagne! Bien au contraire , si vous saviez !

Lorsque j'ecris "reactions officielles " , je pense à un communiqué d'un ministere ( la culture ?) .

Ou meme une plainte pour insultes racistes !

 

Maintenant , ceux, qui presents , n'ont pas reagi , sont ils des laches ?

Si oui, je pense que nous le somme tous , tous les jours , et de

quelques pays dont nous sommes citoyens .

Chère Joha,

Mais ici, ce sont des "officiels" qui mènent le cortège! Des élus...

Tout comme, il y a vingt ans, à Nice, il y avait toujours des élus RPR et FN dans les cortèges qui défilaient pour le rétablissement de la peine de mort..

Mais à propos de réaction officielle, on attend bien sûr une ferme déclaration de Frédéric Mitterrand .

 

Oui, Dominique, cf. la Flandre, il y a des officiels, des élus, qui...

saine colère,

Je pense que ce silence est plus compliqué qu'une 'simple' lâcheté - peut-être cela tient-il, en partie, à la généralisation du statut de 'spectateur impuissant' qui est dévolu à chacun dans cette société ?

Ceci dit, concernant la 'fête villageoise', il y a parfois des excités dans les fêtes bien arrosées. Mais les injures sont rarement aussi explicitement 'FN' - issues de jeunes venant de Marseille, les villageois (pas FN dans ce cas) étant par ailleurs 'estomaqués', et ils ont de bonnes raisons de l'être.

Il me semble que c'est d'une atmosphère généralisée en Europe dont il s'agit. J'ai vécu le même genre de scène en reconduisant un ami basané à l'aéroport national belge, lequel est situé sur la sacrosainte terre flamande où je m'étais égarée - injure venant d'un opulent conducteur de 4x4 dans ce cas : 'Retourne chez toi, ici, c'est des routes flamandes' (resic).

Une certaine France a toujours eu un problème avec son Histoire, surtout si elle concerne l'Afrique du Nord.

Souvenez-vous du film "les années de braise" de Lakdar Amina et des menaces qui pesaient sur les salles de cinéma qui le projetaient. Ce film était pourtant magnifique.

Cliniquement, oui il est évident que le rapprochement est en marche entre le FN et une partie non négligeable de l'UMP sarkozienne. Les bans seront publiés dès la disparition du père JM LP.

Tres juste analyse patrick 44 .

 

C'est systématique, dès qu'un film prend le contre pied de la vérité officielle ou tend à la relativiser, il provoque de vifs débats. D'ailleurs quand Marcel Ophuls présente "Le Chagrin et la Pitié", il en va de même. Si internet avait existé à l'époque, il y aurait eu asphyxie du réseau ! La vieille droite pétiniste n'est pas morte.

Regardez G.Bush réelu deux fois...

 

 

ah non ! élu une seule... la seconde !

Merci M.Edwy Plenel, d'être celui qui veille pendant que les autres dorment.Certains d'entre nous savent que la barbarie ne dort jamais que d'un oeil. Pourquoi nous autres êtres humains recherchons-nous avec tant d'exemplaire ferveur le mal et la fureur feignant d'ignorer qu'ils ne se nourrissent d'abord que de nos forces vives, de notre capacité d'aimer, de ce que nous avons de plus cher? C'est peut-être la paix qui est insupportable et ses avatars avec elle.

ça, et les conséquences prévisibles de la politique économique suivie. je suis pessimiste, oui...

J'avoue avoir une connaissance des plus vagues sur les événements de Sétif... Et le climat actuel embrouillerait plutôt les choses dans mon esprit déjà ignorant... Est-il possible, pour en revenir aux faits afin que les opinions se forment plus justement, que par exemple Benjamin Stora donne sur Mediapart un point d'histoire ?

Cher Kairos,

Outre Benjamin Stora et Apatridem, vous trouverez dans cet article un début de réponse sur les événements de Sétif eux-mêmes: La polémique sur le film "Hors la loi": au pays de l'histoire officielle.

Chers Anne et Edwy Plenel, je vous remercie pour ces renvois que j'ai consultés et qui effectivement éclairent cet enchainement de violences... J'en retire le sentiment que somme toute la perception du film n'est pas si fausse que d'aucuns l'affirment. Et que l'ampleur et la férocité de la répression empêchent la co-responsabilité dans une bagarre qui aurait en quelque sorte dégénérée, comme me semble vouloir l'établir le député Lucas... Peut-être qu'un film vu du côté des "européens" traduirait un autre vécu, non sans rasion, mais pour peu que le "sens" historique surdétermine l'événement dans sa globalité, il s'agit bien d'un écrasement sanglant et d'une terreur d'état opposés à une révolte elle-même déchaînée... Si je n'y comprends pas tout de travers...

Hier ils auraient pu les jeter dans la seine....ils manifestent pendant que ceux qui éclairent notre histoire montent les marches....j'aime à croire qu'il s'agit d'un lamento, le râle d'un révisionnisme que le courant emporte inéxorablement vers sa fin.

C'est honteux, insupportable, mais la verité saura encore une fois assumer ce fardeau, c'est le prix à payer.

Il y a des crimes de part le monde qui referont éternellement surface jusqu'a ce que les morts puissent enfin reposer.

Pour cela il faut que le crime soit dénoncé, afin qu'ils cessent d'être des âmes érrantes pour les uns, et lémures pour les autres .....Nous avons tous besoin que les morts gagnent leurs sépultures, ne serait ce que pour allez au delà....

Merci Edwy Plenel pour cet article et votre vigilance .

Ignoble France que celle-là, toute droite et haineuse.

Cette manifestation ressemble à d'autres, contre le Pacs, contre un film critiquant le catholicisme, contre des caricatures de Mahomet, peut-être contre la peine de mort, demain contre le mariage et l'adoption d'enfants par des homosexuels, contre la légalisation du cannabis, éternels combats d'arrière-garde. Des vieux pieds-noirs qui, dans vingt ans seront morts ou en fauteuil roulant, m'inspireraient presque un serrement de coeur. Je n'ai pas vu un seul jeune sur les vidéos, cela est l'essentiel. Nos amis, les vieux de gauche devraient comprendre qu'ils sont vieux, que les combats du passé sont dépassés et que nous allons vers autre chose, d'autres défis, d'autres enjeux, d'autres catastrophes. Les monstruosités de 2020-2030 seront autres et, en ramenant toujours tout au passé, nos amis les vieux ne font que rendre plus difficile l'avenir de leurs petits-enfants. Il faut penser l'avenir.

Comment M. Plenel peut parler de politique d'assimilation alors que Sarkozy n'a cessé de valoriser la diversité jusqu'à la déroute des régionales?

Je suis optimiste à propos de l'intolérance française à la différence et du départ de Sarkozy en 2012 face à un candidat PS pas trop mauvais et pour le reste, je suis rempli de certitudes, nous allons à la catastrophe.

Persuadé que le racisme a diminué depuis vingt ans, le "La France nous quitte" ne me paraît pas juste. Le niqab, le foulard expriment plutôt l'inverse, un éloignement d'une partie des Français d'origine maghrébine du groupe majoritaire latin.

Cher Jardidi,

"Valoriser la diversité", comme vous dites, ne signifie pas forcément accepter la différence. Nicolas Sarkozy a mis en scène, de 2007 à 2010, par calcul politique (embarrasser la gauche) plutôt que par conviction (la preuve, leur recul et leur faible poids aujourd'hui), des individualités issues de l'immigration africaine ou maghrébine. Mais ces promotions s'accompagnaient, y compris chez ces personnes (Fadela Amara en est un bon exemple), d'un discours d'assmilation: on leur demandait d'abord de se couler dans le moule d'une identité de référence. De fait, le mot "assimilation" fut popularisé par Eric Besson lors du débat sur l'identité nationale.

Vivre ensemble, partager un sens du bien commun et de l'intérêt général, ne signifie aucunement devoir se ressembler. Le poète Edouard Glissant aime à dire que ce que l'humanité a d'abord en commun ce sont ses différences, sa diversité en somme plutôt que sa "mêmeté". Et c'est de l'acceptation de cette diversité que peut naître de l'universalisable: des références communes, en termes de droits, de liberté, d'égalité, de fraternité. Autrement dit un partage librement accepté, une élaboration commune et collective, à l'inverse d'une soumission imposée d'en haut.

La couleur de peau, l'origine ou la naissance ne font pas la différence. Elles peuvent accompagner une identification au modèle dominant, uniforme et univoque, pour se faire accepter, pour se promouvoir, bref pour parvenir. La philosophe Hannah Arendt a écrit des pages inoubliables sur le sujet, opposant, pour les communautes juives d'avant la catastrophe du génocide, la figure du "parvenu" (qui veut absolument ressembler) à celle du "paria" (qui continue de se différencier).

Le concept d'assimilation suppose un modèle de référence immuable, comme si une communauté humaine n'évoluait pas, ne bougeait pas, ne se modifiait pas. Et qui définirait ce modèle dominant? Qui en serait le maître et le juge? C'est bien là l'enjeu de cette réactivation d'un passé colonial mythifié, car c'est dans l'aventure coloniale (notamment française et… républicaine) que s'est épanoui ce concept d'assimilation contre la diversité du monde, des cultures, des peuples, etc.

C'est évidemment un vrai débat qui mériterait plus que cette rapide réponse.

D'accord, Edwy. Mais entre le "parvenu" et le "paria", n'y a-t-il pas une place à trouver pour pouvoir survivre au sein du groupe ?

Dans ce schéma, où se situe une jeune femme recouverte du voile intégral qui passe un oral d'un concours de la fonction publique de la République française ?

"Vivre ensemble, partager un sens du bien commun et de l'intérêt général" : entièrement d'accord avec vous. Mais dans la pratique : chacun ne doit-il pas faire un pas vers l'autre - tout en gardant ses particularités ?

Un débat sur la question ne serait pas superflu - avec définitions et éclairages simples pour les gens comme moi, perdus mais cherchant à comprendre.

 

Chère Yolaine,

Bien sûr qu'il y a mille places dans cet entre-deux où s'inventent mélanges et métissages. J'ai évidemment suivi le débat sur Mediapart autour des portraits réalisés par Michaël Hajdenberg et vu votre remarque à partir du vieil adage: "Si tu vis à Rome, fais comme les Romains". Je ne suis pas certain que cette voie là nous soit de grand secours.

Plusieurs explications, pour ouvrir et prolonger la discussion.

1. Rome, c'est l'empire. La domination de référence. Le pouvoir central. Etc. Au-delà de ce sous-entendu là (se soumettre à une domination qui, en récompense, vous intègre et vous promeut), au-delà du choix ici souligné (voulons-nous dominer, est-ce là notre rapport au monde?), voudrions-nous l'être de nouveau, dominants et référents au centre du monde (quand le français, par exemple, était la langue des échanges internationaux – soit jusqu'à la seconde guerre mondiale pratiquement) que nous ne le pourrions plus. En tout cas pas de la même façon. De plus, l'assimilation romaine, comparée à notre uniformisation républicaine (dont les peuples de nos régions peuvent aussi témoigner), acceptait autrement la diversité, à la manière de la "créolisation" (pour reprendre encore Edouard Glissant) des Etats-Unis d'Amérique dont témoigne l'avènement d'Obama à la présidence. Les empereurs venaient parfois des confins de l'empire, anciens barbares conquis, mais gardant en partie leur spécificité. De plus, nous savons tous que cet empire a fini, en son sommet, par se convertir à une religion, le christianisme, à l'origine minoritaire et persécutée qui n'est pas née en son cœur, mais en ses lointains.

2. La particularité de la France, dans sa constitution progressive en tant que nation qui va rencontrer, tardivement, l'Etat qui cristallisera et figera cette évolution sous la forme d'un Etat-Nation, est d'être un creuset. Ce bout de terre ("Finistère") qui termine à l'Ouest l'Eurasie est un carrefour, entre terre continentale, mers et océans, est et ouest, nord et sud: de peuples, de cultures, de regions, de migrations, de déplacements, etc. L'invention d'une norme de référence est un mouvement tardif, qui plus est discriminant: longtemps d'autres peuples, pourtant dominés par la France, n'auront pas droit à cette norme de référence. Ce fut le cas avec le statut de l'indigénat en Afrique du Nord, ce fut le cas auparavant avec l'esclavage, ce fut le cas jusqu'aux départementalisations imposées, dans l'espoir d'une "assimilation progressiste", après 1945. De fait, c'est Aimé Césaire qui, alors député communiste, défendra ce nouveau statut à l'Assemblée. Mais l'on sait bien aux Antilles que ce fut aussi un piège, aujourd'hui démonté par la reconquête et la revendication par les peuples antillais de leur diversité.

3. Autrement dit, en nous appuyant sur l'immense richesse que nous apporte ce passé de brassages et de mélanges, il nous faut aujourd'hui porter un nouvel imaginaire politique de ce que signifie vivre ensemble, dans ce pays-ci, sous cette nationalité-là. Et cet imaginaire est disponible justement dans tout ce que nous apporte la diversité inventive venue de notre histoire coloniale, et l'œuvre déjà citée d'Edouard Glissant (de plus en plus reconnue par les Ango-saxons) en est le récit le plus abouti. Quand Glissant dit que les identités à racine unique sont mortifères et qu'il nous faut promouvoir des identités-relations, il indique un chemin qui est autant politique que poétique. Et qui suppose, en effet, de réinventer notre imaginaire républicain en tirant lucidement le bilan des impasses de l'ancien modèle.

4. Chère Yolaine, vous qui connaissez et aimez l'Irlande, vous savez forcément ce qu'est le poids d'un passé de domination coloniale et d'une religion percécutée parce que jugée minoritaire. Il en est résulté un lot de souffrance de près de deux siècles, voire plus. Si vous décentrez ainsi votre regard, peut-être vous rapprocherez-vous de mon point de vue. Par ailleurs, les Irlandais, une fois émigrés, n'ont jamais perdu le lien identitaire avec leur histoire irlandaise, où la religion (catholique) avait sa part essentielle. A tel point que l'IRA put toujours se financer grâce à la solidarité des communautés irlandaises émigrées, notamment aux Etats-Unis.

Bon, c'était pour le plaisir de la conversation et de la discussion. Merci d'être toujours là, assidue et vigilante.

Le temps de la haine, dans toutes les travées, dans tous les milieux, la haine comme slogan, comme raison d'être, exaspération maximum, logique de haine, un peu comme une façon de dire : je suis un tantinet malheureux, et ce tantinet, c'est sûr, me vient tout droit des autres et uniquement d'eux, donc je hais des autres, et m'en soulage en exprimant cette haine dès que je trouve le personnage parfait pour le rôle, celui qui va me procurer ce bonheur de haïr, cette jouissance primitive, quand pas même un rayon de soleil ne parvient seulement à caresser mon aptitude à être simplement heureux, là.

Identité majeure de notre temps.

Le temps de la communication à son maximum, et c'est comment ?

Ben c'est pas beau.

Et exponentiel, probable.

.Plenel nous tient éveillés.Merci.Un proverbe chinois dit : Plutôt que de fulminer contre les ténèbres,mieux vaut allumer une petite lanterne ".........J'ai 76 ans.Comment nier Sétif et combiens d"autres horreurs commises là-bas.Mais je suis obligé de constater que les algériens nourrissent une haine et une rancoeur permanante que l'on ne rencontre jamais chez des anciens "colonisés" comme les vietnamiens,les marocains qui par ailleurs se sont installés en France sans bruit,(une cambodgienne restauratrice dans mon quartier m' a dit récemment une chose inimaginable dans d'autres bouches : " Merci de nous avoir accueillis"!!!!!je soumet cette idée à des esprits plus aiguisés que moi mais pourtant ?.....ai-je tort de faire cette remarque de bon sens ?

J'ai oublié de noter l'excellente remarque de M.Plenel : " Sarko,sorte de précipité chimique du FN " A retenir ( je l'ai noté dans mon cahier de mots et citations ")

Je répondrai à Edwy PLENEL: "Au début j'ai cru que c'était un précipité chimique, mais, finalement à la couleur et surtout à l'odeur, je me suis vite aperçu que ce n'était que de la merde dans son écrin Elyséen"

 

"Le poète Edouard Glissant aime à dire que ce que l'humanité a d'abord en commun ce sont ses différences, sa diversité en somme plutôt que sa "mêmeté" dit Edwy Plenel, oh si judicieuse remarque, mais en regardant la vidéo, je suis prise d'un doute, et si justement cette diversité, cette différence n'était plus possible, plus même reconnue...voire pire niée par le gouvernement.

Ce n'est pas une réponse peut-être á Michel Velu, mais la rancœur des algériens vient aussi peut-être du fait qu'ils vivent sous une dictature déguisée et que personne ne fait rien pour les aider á se sortir de ce qui a régné et règne en Algérie depuis l'indépendance. Et ca fait aussi du bien de le dire et le redire !

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Et si l'on parlait enfin de ce qui surgit peu à peu mais vraiment -débat sur l'identité national et autres "Bouchareb hors de France" via Hubert Falco- d'un véritable "fascisme à la française" !

Merci Mr Plenel pour votre vigilance !

A propos de ce que dit E. Plenel de la notion d'assimilation et des contradictions de N. Sarkzy, il me semble intéressant de rappeler ces deux déclarations :

En 2004, dans La République, les religions, ll'espérance, il expliquait que "l'intégration n'est pas l'assimilation, cette dernière imposant au dernier arrivé qu'il renonce à son indentité pour être accepté" (édition de poche p. 34). Mais le 8/12/2009, dans Le Monde, il résumait ainsi ce qu'il attendait : "C'est de la part de celui qui accueille la reconnaissance de ce que l'autre peut lui apporter. C'est de la part de celui qui arrive le respect de ce qui était là avant lui. C'est de la part de celui qui accueille l'offre de partager son héritage, son histoire, sa civilisation, son art de vivre. C'est de la part de celui qui arrive la volonté de s'inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société qu'il va contribuer à transformer, dans cette histoire qu'il va désormais contribuer à écrire. La clé de cet enrichissement mutuel qu'est le métissage des idées, des pensées, des cultures, une assimilation réussie" (c'est moi qui souligne).

oui vous avez raison la peur est le moteur de la potitique actuelle . elle veut créer des fractures de conflits des exclusions des clans des durcissements et une intranquilité au coeur même du quotidien .la peur peut vite devenir une économie pour ceux qui l'orchestrent.

l'économie de droite c'est la peur du lendemain ,la peur de l'autre ,l'insécurité permamente ça ne vous rapelle pas un moment de l'histoire!!!!

Comme le conclut E. Plenel, l'important me semble être l'inertie, le silence qui accompagnent ces horreurs. Ne faudrait-il pas initier une protestation sur laquelle les démocrates, les républicains pourraient s'appuyer? Une fois encore, l'attitude des medias contrôlés, le service public, est inadmissible.

On parlait récemment de catharsis sur le blog de Rimbus, à propos d'Internet. Est-ce que l'association UMP-FN, le "hors de France", la traque aux immigrés menée par les phalanges fascistes n'en sont pas l'équivalent politique pour au moins une importante minorité de la population française? Population frustrée par un sentiment de perte de contrôle, le sentiment que tout se joue "ailleurs" que ce soit à Bruxelles ou à Pékin, Frustration qui s'extériorise au frais d'un "ennemi" facilement identifiable, et qui est en même temps attisée et récupérée politiquement par la bande à Sarko?

Même en Algérie où je suis né, nous recevions de petits papiers de mises en garde de la part de l'OAS afin de leur fournir de la farine, du sucre etc, pour leurs activités clandestines. Sinon, cet OAS promettait de plastiquer nos habitations. À Alger, ils tirèrent sur des enfants à la sortie d'une école, enfants algériens protégés par des militaires français. À lire les témoignages sur les banlieux Courneuve et autres, la tritesse me prend à a gorge de savoir que cette France, non seulement la sarkozienne, la France "historique" (mise à part des électrons libres, courageux) a encore dans son fond de commerce des agents de malheur et du malheur. Ayant quitté Nice en 1993 et voyant ce défilé de dinosaures aux portes de la mort crier avec poison dans la bouche, je me dis que c'est bien d'être parti loin de cette puanteur délétère.

2012, Sarkozy triomphera à nouveau avec un large sourire parce que la France et les français aiment faire de la théorie politique avec des lauriers et en pantoufles plutôt que de se mettre la tenue du combattant. On aime trop se donner bonne conscience. Quand la démocratie risque de disparaitre, il n'est plus temps d'aller dans un bureau de vote n'ayant plus de vocation démocratique. Il faut agir, le reste ne sont que des mots, des mots et des mots.

Merci Plenel pour votre courageux billet.

Merci, Yvoniko, de nous faire partager l'effroi de votre vécu : "Même en Algérie où je suis né, nous recevions de petits papiers de mises en garde de la part de l'OAS afin de leur fournir de la farine, du sucre etc, pour leurs activités clandestines. Sinon, cet OAS promettait de plastiquer nos habitations. À Alger, ils tirèrent sur des enfants à la sortie d'une école, enfants algériens protégés par des militaires français" :

C'est ce genre de phrase qui manque de plus en plus en France, des détails historiques dont il n'est pas vraiment fait étalage, choses honteuses sont sous couvercle, un seul son de cloche, je ne veux voir qu'une seule tête...

Les communicants travaillent pour qu'il n'y ait de bourrage de crâne que dans un sens, régression contribuant à ce que les Français se rallient à un seul panache, comme juste après la guerre, on croyait sur parole le curé, le docteur, le gendarme. Le bon vieux retour aux règles sociales que nul ne discute peut avoir prise tant qu'aucune autre parole, ou plusieurs, ne s'élèvent contre.

 

Bonjour,

merci à Mediapart et à Edwy Plenel d'avoir éclairé cette polémique et les enjeux sous-jacents.

Sur ces questions compliquées de l'histoire et des revendications mémorielles, je me permets de vous faire connaître un numéro hors-série la revue Tracés, (http://traces.revues.org/) (ou articles dispo ici pour ceux qui y ont accès http://www.cairn.info/revue-traces-2009-3.htm)

les contributions de G.Noiriel, A, Garapon, P.Blanchard , JP Jean, Spire et Weidenfeld notamment, sont très intéressantes pour saisit ces enjeux politiques.

L'article de Stora mentionné me semble également très informatif

 

 

On dérape encore et encore . Doit-on être surpris par ce qui se passe. finalement: le vrai visage de la France qui n'est pas celle de la liberté d'expression, mais celle de la Haine. Vidons la France de tous les indésirables, tant qu'on y est!! Tout cela est affligant et encore plus quand le personnel politique s'en mêle. en 2010 nous servir encore une histoire officielle comme argument même avec le SHD c'est risible et montre surtout l'ignorance de notre personnel politique. pas étonnant qu'on veuille réduire la place de l'Histoire dans les programmes d'enseignement. j'ose espérer que devant ces cris de haine autrement plus graves que casse toi pauvre con! on aura une réaction digne d'un festival!

cette manif au pied des marches et sous les fenêtres du jury du festival de Cannes visait de toute évidence à intimider et à orienter ses choix. En préférant récompenser l'histoire de Tibérine à celle de Sétif, il a manqué de courage. Espérons tout de même qu'on pourra encore voir le film en salle avant qu'il soit interdit de projection pour risque de trouble à l'ordre public.

Même si la politique actuelle de Sarkozy et son équipe exacerbe le racisme, la haine au sein de notre société, il faut reconnaître que le peuple français est en majorité partie prenante de cette dérive et ce depuis des lustres malheureusement.

Nous devons nous rappeler la fin du front populaire, l'avènement de la cagoule, la haine des communistes même au sein des groupements de résistants. Par ailleurs, pendant la seconde guerre mondiale, une très grande majorité du peuple français s'est couchée devant les Nazis et a même très souvent collaboré avec l'ennemi, ce qui explique le profond dédain envers les français ressenti par les britanniques qui eux à quelques exceptions près se sont battus au prix de grands sacrifices pour la population.

Malheureusement, je pense que la pleutrerie, la haine de l'autre, l'opportunisme sans état d'âme sont inscrits dans nos gênes depuis fort longtemps maintenant et que nos beaux discours sur les droits de l'homme ne sont qu'hypocrisie, et qu'il n'y a plus que nous les français pour y croire. Ainsi, Sarkozy sera réélu sans aucune difficulté en 2012 et d'ici là, le chiffon rouge de l'étranger envahisseur aura encore un peu plus été agité au nez des français.

Mcc

Vous avez raison de rappeler le racisme latent des Français au cours de l'histoire, cette manière de ne jamais anticiper, de laisser faire ou d'approuver sans regarder.A chaque fois, une frange douteuse émerge de cette inertie et profite pour prendre le pouvoir, en général pas des tendres !

On peut constater que le monde entier tend aux extrémismes en ce moment, il faut que quelqu'un paie pour cette dérive de laquelle on ne peut plus se dépêtrer, on se croirait dans un marigot où chacun attend de bouffer l'autre.

Quand même, cette inconscience d'une grande partie des Français contemporains qui ont aggravé la situation, déjà pas brillante, par un vote lourd de conséquences...

Et s'il y avait un sursaut, hein, et marre de ces petites guerres dignes de la Communale ? Après tout, c'est déjà arrivé aussi que les populations françaises se redressent, ulcérées, ne désespérons pas totalement du genre humain.

Quelqu'un a-t-il fait remarquer que Cannes est toute proche de Nice. Une Nice si longtemps célèbre avec sa famille de maires, les "Médecin", tout un symbole d'une droite pure et dure, quasi raciste. Rappelons aussi que la Côte d'Azur rassemble une très grosse majorité de retraités-aisés, pas vraiment une image de ce qu'est la France du vivre ensemble!

Où aurait-on pu, mieux qu'à Nice ou à Cannes, rassembler cette belle brochette de passéistes, en y adjoignant des malheureux Harkis, brandis comme un exutoire?

Il y a, dans tout cela et de mon point de vue, surtout beaucoup de manipulation et d'instrumentalisation car personne n'avait vu le film! Et je ne suis malheureusement pas certain que, même avec tout son talent, E Plenel ait eu raison, après sa belle première mise en garde précédente, "d'y revenir".

J'ai parlé de Nice. La Nice piémontaise, pied-noire, pied-nickelée façon mafia à l'italienne maintenant russe. Tout est permis même les pires propos. Les droites à Nice et même ceux/celles ayant tendance à tituber vers la gauche sont quasi racistes ou racistes bien rassis. Il y a un symptôme dans ce coin qu'on ne résussit pas à guérir, la peur de perdre sa place au soleil. Vous avez raison sur la "manipulation et instrumentalisation". C'est l'esprit démocratique français qui a frappé.

N ' en faites vous pas partie M Philips des retraités aisés , voire trés aisés ?

c'est pourtant un jury présidé par un américain et non un franchouillard qui a décidé de récompenser un film sur les massacres de Tibérine plutôt que celui sur les massacres de Sétif, donnant ainsi satisfaction aux manifestants et aux corps constitués.

Je me demande comment un film français traitant par exemple de la guerre d'Algérie, et ne respectant pas les faits historiques, un film romancé niveau histoire, comment un tel film serait reçu en Algérie !!

Bien simple, il serait tout simplement censuré ....

Merci Edwy Plenel pour cet article. Il ne faut rien accepter de cette haine qui se banalise. Je pense aussi à ce qu'Alain Badiou rappelle dans la phrase suivante : "On ne peut pas introduire en politique des désignations identitaires de ce type sans que cela ait des conséquences gravissimes."

Ce qui console, cher Edwy Plénel, est que toute l'UMP dans son intégralité ne peut approuver la manière dont s'est distinguée cette délégation cannoise... Il y a forcément des élus de la majorité qui désapprouvent en silence.

Admettons que le PS l'emporte en 2012 si les électeurs, plus éveillés qu'en 2007, se mobilisent contre le pire, quel que soit le candidat, il faudra que les socialistes se démènent afin d'éviter le retour des extrémistes de droite pour le mandat suivant car l'arrière-garde déjà en position, ne manquera pas de brandir le "retourne dans ton pays" et la couleur de peau !

Triste spectacle pour les cinéphiles en attendant ! Ainsi l'UMP veut montrer qu'elle bouge encore, faut-il manquer de billes !

S'ils desaprouvent, qu'ils le disent !!

QUI , OU , sont ils ces courageux silencieux ?

Hélas, saine colere, l'UMP, mal en point pour autant se démener par cette campagne de communication des plus extrémistes, ne peut aggraver son cas en montrant ses divisions internes au grand jour, représailles garanties, où irait-on !

"Mais je suis obligé de constater que les algériens nourrissent une haine et une rancoeur permanante que l'on ne rencontre jamais chez des anciens "colonisés" comme les vietnamiens,les marocains qui par ailleurs se sont installés en France sans bruit,"

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Après avoir lu plusieur livres sur la guerre d'Algérie, et notamment celui de François Maspéro "L'honneur de Saint Arnaud", j'ai peut être une petite suggestion concernant la "haine et la rancoeur permanente" des colonisés algériens = la colonisation s'étant faite à coup de razzia, de terre brûlée, de tueries, d'enfumage, et le tout sous le prextexte inouï "d'amener la civilisation" à ces indigènes, comment voulez-vous qu'il n'en aient aucune haine ni rancoeur.

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A leur place, j'avoue que j'en aurais plus que marre (c'est un euphénisme) de n'être considéré que comme chair à canon (guerre de 14-18), chair à colon (1830-1962) et aujourd'hui chair à patron en France.

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Et pour être plus claire, et toujours à leur place, je ferais tout pour faire bouffer menu leur code de l'indigénat aux nostalgiques de la colonisation.

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Fin des années 70, nous n'avons pu voir le film "La Bataille d'Alger". Les CRS nous ont fait sortir de la salle de cinéma. Je ne sais si "Hors la loi" pourra être projeté sans incident, toujours est-il que si la colonisation s'était si bien passé que cela, avec un "rôle positif" évident, pourquoi y a-til encore aujourd'hui les mêmes haineux de la vérité qui défilent contre un film certainement nécessaire......et que j'irais voir. De tout coeur avec Rachid Bouchareb

"Mais je suis obligé de constater que les algériens nourrissent une haine et une rancoeur permanante que l'on ne rencontre jamais chez des anciens "colonisés" comme les vietnamiens,les marocains qui par ailleurs se sont installés en France sans bruit," :

Intéressant constat qui pourrait être débattu aussi par ailleurs : étonnant silence de la communauté asiatique en France, elle ne se plaint pas, s'est reconstruite à sa manière sans fracas, et pourtant elle a souffert sa part de l'envahisseur sur son sol ! Les apparences laisseraient croire qu'elle nourrit moins de haine a posteriori que les Africains du Nord.Ou alors elle est moins persécutée dans son ensemble, tout simplement !

On peut trouver odieuse la réaction UMPiste sans même avoir vu le film de Rachid Bouchareb. C'est vrai qu'on est à Cannes, que cette région penche vraiment très à droite... Moi qui avais boudé "Indochine", j'irai sans doute voir "Hors la loi" : s'il a déclenché les foudres des bien-pensants méditerranéens bien plantés dans leur fief, je présume qu'il met le doigt sur une plaie mal refermée...

Hubert Falco a été, de longue date à l'origine de cette manifestation, nous apprend Eddy. Pas étonnant, il faut qu'il donne des gages à son électorat Fhaine très nombreux dans le Var.

Comme l'histoire évolue : le Var a été un département où des communes se sont révoltées contre le coup d'Etat de Napoléon le petit. Ce fut un fait remarquable parce que rare.

Vous faites bien de souligner les contradictions dans une région donnée au fil du temps. A peu de chose près, c'est toujours le pognon qui fait basculer dans l'abîme...

Je me souviens d'un ecrivain qui dans les années 70-75 ;denonçait à travers des sagas à grand succes( merité) le clan des mafieux , racistes en mairie de Nice .(le clan Medecin ,dejà extreme droite)

Rien n'a changer Monsieur Max Gallo .

(loin de moi ,penser que vous soyez complice, ou indifferent à ces graves incidents racistes)

De votre notorieté d'Immortel, de votre passé niçois ,nous sommes quelques

uns a nous etonner de votre silence .

Vous n'etes pas le seul , mais votre connaissance du Pays Niçois !!!!

j'hésite souvent à rajouter un commentaire à déjà tant et tant!... mais là, je ne tiens plus :parce que j'habite cette "région niçoise" qui, majoritairement , pue la haine et le racisme paceque j'ai 84 ans, et que j'ai vécu une fois déjà -une fois de trop- le fascisme dans mon pays et que je soutiens tout ce que dit Pleynel quant au danger actuel, à la fusion Droite/ extrème droite , à la necessité de le faire comprendre à tous les démocrates qui ne veulent pas"ça"... Parce que je veux que Rachid Boucharefsache qu'il y a tant de Français, comme lui et moi, qui résisteront aux provocations, mensonges, falsifications en tous genres...Je ne compte pas sur Gallo n i sur F Mitterand pour agir en ce sens !Agissons nous-mêmes, comme toujours . Sophie

Cela devrait être considéré comme un crime que de se sentir autorisé à crier "Hors de France" !

Dans ce contexte, que penser de la décision aujourd'hui de Brice Hortefeux d'autoriser les policiers municipaux à utiliser le taser ? On va tout droit à la multiplication des "bavures". Il est vrai que la commission chargée de contrôler la déontologie policière a été dissoute ...

Merci à Edwy Plenel d'entretenir en nous le réflexe d'indignation concernant ces vociférations de nostalgiques de l'apartheid algérien qui n'ont toujours pas digéré la défaite. Triste constipation !

 

Mais il faudrait tout de même rappeler que ces événements de Sétif, Guelma et Kherrata se sont déroulés sous un gouvernement dirigé par le Général de Gaulle. Que l'ordre donné à l'armée d'écraser sous les bombes de l'aviation et la marine, n'a pas émané des Pieds-noirs terrorisés par les revendications légitimes des Indigènes, mais du gouvernement français auquel participait le Parti Communiste Français !

 

D'autre part, il est facile aujourd'hui de s'indigner des cris de haine de ce millier de dinosaures de l'Algérie française en oubliant de rappeler que :

  • beaucoup moins de citoyens ou journalistes français (Albert Camus dans Combat et ...) ont défilé en France pour condamner la terrible répression coloniale des lendemains de ce funeste 8 mai 1945 à Sétif,


les archives algériennes concernant la guerre d'indépendance sont toujours inaccessibles aux historiens algériens, le FLN continuant ainsi à infantiliser la population pour mieux la mystifier et la pousser à chercher refuge politique et/ou social de l'autre côté de la Méditerranée,
la France est actuellement en guerre dans un pays musulman, l'Afghanistan, et nous acceptons, à nouveau, une piètre couverture des faits et enjeux, jouant sur la haine peureuse du taliban remplaçant le fellagha . Quelles exactions ne va-t-on pas découvrir au sortir de cette longue incursion militaire centre-asiatique ou un demi-siècle plus tard ?

Cher Djamo, chers tous,

Votre mention de l'Afghanistan me fait penser à Reza, ce grand photographe venu d'Iran qui n'a cessé de se soucier de ce pays. Or, le même week-end où je vous alertais ici sur ce qui s'était passé à Cannes, il arrivait une drôle de mésaventure à Reza dont rendent compte nos amis de Rue89 ce jeudi 27 mai. Une aventure aux allures de fait divers confus et aviné, dans le train du retour du Festival "Etonnants voyageurs" de Saint-Malo, mais qui ressort, me semble-t-il, du même climat malsain.

Pour lire l'article de Rue89, cliquez ici. Il se conclut sur cette déclaration de Reza qui fait bizarrement écho à la chute de mon billet: « J'ai vu arriver le fascisme en Iran, et je peux vous dire qu'avec de tels propos, Ahmadinejad est à notre porte. Cette France que j'aime, le fascisme rampant est à ses portes ! »

Bien triste épisode pour ce photojournaliste iranien réfugié à Paris, torturé pour ses images à 22 ans par la police secrète du Shah, photoreporter au National Geographic depuis 1991, Chevalier de l'ordre du Mérite, (...), créateur en 2001 de l'association AINA en faveur de l'éducation, de la communication et de l'information dans des pays meurtris comme l'Afghanistan.

J'ai sous les yeux l'album "100 photos de Reza pour la liberté de la presse", publié par Reporters sans frontières en 2008, contenant de magnifiques photos de cette Asie centrale martyrisée ces derniers temps par les grands empires environnants. L'armée française y opère, officiellement depuis 2001, dans le plus grand secret médiatique, n'offrant aux citoyens qu'un décompte macabre des jours de captivité des 2 journalistes de FR3 pris en otages.

Une quarantaine de soldats français morts en opération, combien d'Afghans ?

 

mission_home.jpg

 

PS : j'aimerai savoir si, finalement, Médiapart a vu le film de Rachid Bouchareb, "Hors la loi", et s'il en a fait une critique sur le site.

J'ai cliqué, j'ai lu. In vino veritas ?

Il n'en faut pas beaucoup pour que le vernis craque, que le fond des pensées se dévoile.

À rapprocher de certains commentaires sur la série d'articles de Michaël Hajdenberg.

La crise économique est un mauvais levain pour les peurs de toutes sortes, y compris celles qui se donnent l'alibi de la raison. Le pire peut effectivement advenir.

Mr Plenel,

En vous lisant j'évoquais le 24/05 ce qui surgit, s'est installé au travers du débat sur l'identité, peu à peu mais vraiment, un véritable "fascisme à la française" !

Vous avez cité Reza : « J'ai vu arriver le fascisme en Iran... Cette France que j'aime, le fascisme rampant est à ses portes ! »

Quand pourrons-nous lire un éditorial de vous sur la tentation de ce "fascisme à la française", la réalité de sa prégnance bien active ?

A l'avance, merci. djp


bravo Mr Luca , sans avoir vu ce film , vous reussissez à monter une manif raciste et haineuse ; depuis Mr BADINTER la France est tombée bien bas avec des gens comme vous ! et en plus vous êtes député de la république , je ne comprends vraiment plus rien , mais je continuerai à voter pour lutter contre l'obscurantisme et la bétise .

Non aux serpents qui sifflent sur la toile;

Non à la savante haine, et j 'en connais qui alimentent cette zone obscure avec un savoir faire toxique .

Oui aux gogos de l 'apaisement

 

 

 

Il y eut chez Fréderic Taddéi , une fois de plus des prises de bec alimentées par le film de RachidBouchareb "Hors-la-Loi "

Historien,non historien , documentaire , fiction, guerre d'Algérie etc....

journalisted'investigation ,

 

Je lis à droite et à gauche que chacun remet le sujet sur les plateaux

d'une justice à exécuter , comme on trancherait une tête, comme on assène la vérité faite une , égrenant sur le cordon du chapelet des perles acidifiées par une obsession: la rancune :

les Chrétiens,les Arabes , les sanguinaires, les agneaux , les moines deTibhirine ,les enquêtes, les monstres , pour en arriver à l 'Islam, le grand danger de la France ,

(alorsque j 'ai vécu toute ma jeunesse, entourée de mosquées,

d'églises,de temples protestants , de synagogues )

leDjihad, les bons et les mauvais Arabes, les digressions philo-patho-meditato exprimées avec une violence qui s' apparente à la haine , comme ces travestis ( Patronyme voilé )dont le masque souriant traduit pour qui sait flairer ,la zone obscure qui les habite.

 

Oui,j'aurai de toute mon âme souhaiter vivre ma vie entière ,non en exilée en France mais chez moi, à Oran .

Je ne veux qu'émane de moi que le goût de l 'apaisement.

 

Monnaie d' échange au mal qui court, vision de partage ,le chemin du réalisateur Xavier Beauvois, le merveilleux sujet du film qui a obtenu la plus haute récompense après la Palme d'Or: Des hommes et des dieux"

Cette vie était déjà donnée à Dieu et à ce pays "

 

"Ces hommes étaient des aventuriers, des artistes de l'amour, des gens qui vont jusqu'au bout des choses, de leur pensée, avec une foi, une rigueur... :

Merci Edwy Plenel pour cet article émouvant.

Vous croyez en ce que vous faites, vous aimez - et maîtrisez - votre métier et ça se sent !

Cette manifestation est une honte historique.

Justement plus que jamais notre Histoire a besoin d'être interpelée…

Interpelons-la donc.

Pour ma part je suis un peu bloquée sur les révoltes du XIX siècle en ce moment - cf. le billet de Laurent Mauduit "en mémoire de Charles Delescluze II" - mais je bougerai bientôt vers l'esclavage, la colonisation, le travail forcé, les conscriptions forcées avant d'aboutir vers ces insupportables massacres de Sétif.

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