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Notre France, ou la plume dans la plaie

De l'appel Nous ne débattrons pas, rassemblement exceptionnel, à notre cahier spécial en kiosques, opération inhabituelle, Mediapart s'est porté en tête du combat contre le poison de l'identité nationale, cette machine de division et d'exclusion. Par conviction bien sûr. Mais aussi par fidélité à une certaine idée du journalisme. Un détour en apporte la preuve, détour que j'ai proposé récemment aux lecteurs de Marianne sous le titre La France de Londres et qu'il m'a semblé juste de partager, aussi, avec ceux de Mediapart.
*
Mesdames et messieurs du tribunal de l'identité nationale, tout journaliste digne de ce nom est un mauvais Français qui s'ignore. Prenez celui-ci. Une vedette reconnue, aucunement un dissident. Sinon un conservateur, du moins un modéré. Pas du tout révolutionnaire, même pas radical. Soucieux de sa bonne réputation, peu porté sur la polémique, d'abord préoccupé des hauts tirages et des fortes audiences garantis par son nom et son talent. Et pourtant...
Parti en reportage, ce Français dans l'âme, convaincu des bienfaits civilisateurs de la Grande Nation, persuadé que la France élève à elle seule la beauté du monde, prétend soudain découvrir l'ordinaire d'un mensonge. Non plus les idéaux de « Liberté, Egalité, Fraternité », mais leur trahison. Non pas la République des droits de l'homme, mais son démenti. Et, du coup, au prétexte de bien faire son travail, il raconte ces fariboles, au risque de nuire au drapeau.
Précieuse pièce à conviction pour les modestes ouvriers de l'identité française que nous sommes, l'ouvrage qui atteste de son entreprise anti-française, de sa malfaisance et de sa turpitude commence par ces lignes : « Voici un livre qui est une mauvaise action. Je n'ai plus le droit de l'ignorer. On me l'a dit. Même, on me l'a redit ». Confirmant l'absence de circonstances atténuantes, cet aveu bravache, mesdames et messieurs du tribunal, ne témoigne-t-il pas d'un entêtement coupable dans le dénigrement antinational ?
Jugez-en, car voici la suite, qui atteste d'une audace sans nom et, sans doute, d'une infiltration par des idées étrangères à l'âme française, d'une incompréhension foncière de cette inimitable « pensée française » dont notre président de la République et notre premier ministre nous disaient encore récemment que tout Français véritable savait la reconnaître d'instinct.
Ecoutez, lisez donc ce renégat : « On m'a également appris différentes autres choses : que j'étais un métis, un juif, un menteur, un saltimbanque, un bonhomme pas plus haut qu'une pomme, une canaille, un contempteur de l'œuvre française, un grippe-sous, un ramasseur de mégots, un petit persifleur, un voyou, un douteux agent d'affaires, un dingo, un ingrat, un vil feuilletoniste. Et quant au seul homme qui m'ait appelé maître, il désirait m'annoncer que j'étais plutôt chanteur qu'écrivain ».

Trêve de moquerie, car l'affaire, ce poison du supposé débat sur l'identité nationale, n'est pas seulement sérieuse, elle est surtout dangereuse. Ces mots sont les premiers de Terre d'ébène, le grand reportage d'Albert Londres sur l'Afrique occidentale française, paru en 1929. Un livre en forme de réquisitoire sur la servitude coloniale, le travail forcé, le déni de la justice, l'inégalité instituée, etc. « Tout ce qui porte un flambeau dans les journaux coloniaux est venu me chauffer les pieds », ajoute Londres.
Or c'est dans le même avant-propos de ce livre qu'on trouve la formule désormais canonique, communément citée par les journalistes pour défendre leur indépendance professionnelle et leur liberté critique – la plume dans la plaie. Rappel qui mérite une citation intégrale : « Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».
Entêté, Albert Londres y revient dans l'épilogue, élargissant le propos au-delà du journalisme professionnel pour viser à la responsabilité civique : « Flatter son pays n'est pas le servir, et quand ce pays s'appelle la France, ce genre d'encens n'est pas un hommage, mais une injure. La France, grande personne, a droit à la vérité ». Si vous n'avez rien manqué des récurrentes bessonneries, qui sonnent la perdition morale d'une présidence et d'un gouvernement, vous aurez compris ce que l'autorité d'Albert Londres nous autorise à en dire.
Tout simplement que ce pouvoir injurie la France. Qu'il l'insulte et l'abaisse. Qu'il l'ignore et la malmène. Et qu'au contraire, critiquer la France, c'est l'aimer. La vouloir, la revendiquer, l'exiger. Et ne pas supporter qu'on la critique, c'est, à l'inverse, la déserter. Oui, il y a une façon très française de vouloir la France qui est toute de réclamation, d'inquiétude et d'ambition. Entier, ce désir-là est impétueux. Ses critiques sont d'élévation. Rien à voir avec les refrains du déclin, ces déplorations d'amertume, ces lamentos d'aigreurs. Ceux qui les entonnent disent leur perte de confiance dans leur pays et dans son peuple, au point de rabaisser le premier et de redouter le second.
C'est cela la France de Londres, qu'il s'agisse du nom d'un journaliste ou de l'appellation d'une ville : contre la nécrose nationaliste et identitaire, défendre une certaine idée de ce pays, toute de hauteur et d'exigence, et, par conséquent, d'ouverture à la diversité des mondes et des humanités.
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Post-scriptum: confirmation entêtée que cette conception du journalisme rejoint une certaine idée du monde, on retrouvera, sur le site du Prix Albert-Londres, la présentation par Marie-Monique Robin (distinguée par ce prix en 1995) de son film Torture Made in USA, diffusé en exclusivité sur Mediapart ces deux derniers mois.


Tous les commentaires
Chers amis de la rédaction de Médiapart,
Je vous souhaite pour 2010 de continuer à porter la plume dans les multiples plaies de notre monde.
Remarquable référence que cet honneur fait à Albert Londres, tout simplement un homme libre, catégorie rare en 2009. Parmi les détails pittoresques de sa biographie, on note qu'il s'est fait connaître, à partir de 1914, en couvrant plusieurs évènements, dont l'évasion du forçat Dieudonné...
On peut rapprocher le rôle du journaliste, tel qu'il est ici défini, de celui de l'écrivain, dont Albert Camus donnait une exaltante définition, dans son discours de réception du Prix Nobel de littérature, ler décembre 1957, à Oslo :"...il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent." Albert Camus évoque, ensuite, les "deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté."
Albert Londres déshonnoeré par la France qui a laissé à Vichy sa maison tomber en ruine, et qui gruge le passant en lui présentant une façade de "papier" pour masquer l'indifférence de la Ville et de la Région et de l'Etat. E.Gaudin
Monsieur Plenel,
Le travail du journaliste véritable.
Le travail de l'éditeur véritable. Le remarquable travail d'Eric Hazan.
Je me permets d'émettre quelques réserves sur "le travail d'Eric Hazan", un de ces "militants de la paix" en Palestine, qui cause de "dialogue", qui affirme que palestiniens et israéliens ne se détestent pas et aspirent, de ce fait, à vivre ensemble, ce "Monsieur" se montre donc, après les avoir rencontré, réticent vis à vis de la Résistence palestinienne du hamas, (la seule qui existe encore en Palestine), alors que pendant ce temps là les colons israéliens poursuivent leur besogne de colonisation
En plus, la plume dans la plaie, ça fait une contrepèterie remarquable. (Je sors)
Rien a ajouter
Nous pouvons etre fiers d etre francais, en resistant a la pensse identitaire, a ses relents d une autre epoque, une epoque, ou certains se complaisaient a voir la France s abaisser et a en rejeter la responsabilite sur ce peuple, qui lui sut dire non a l inacceptable autour d une poignee d hommes et de femmes d honneur. D hommes et de femmes qui ne courtisaient pas les puissants de l instant.
Soyons comme eux rejetons la fausse pensee, la fascination de la decadence, et la soumission aux puissances d argent et du moment.
Denoncons sans relache la brutalite du managememnt martial et cupide, cette politique destructrice, qui protege les forts et veut asservir les faibles.
Honte a ces nouveaux reactionnaires, a leur pauvrete humain, a leur manque de droiture et de respect pour l autre.
Jean Bachelerie
Cher Monsieur Plenel.
Déjà votre nom commence comme plume. Mais aussi comme plaie.
Pensez-vous, après ce brillant papier (et l'aide de Londres) disposer d'assez de plumes pour les tremper dans toutes les plaies de ce monde où nous mènent des malades mentaux (Et spécialement les imposteurs, les malfrats du CAC 40 et leurs minables copains du Fou(tri)quet's) ?
En vous lisant et en participant à l'aventure de MDP nous espérons apporter le plus de plumes possible à cette nécessaire entreprise.
Bonne et heureuse 10° année du siècle des machines imbéciles aux cadences infernales...
Hier soir, en regardant les nouvelles à la télévision, je vois que Sarkozy vient de décorer d'une médaille, le conducteur du train qui a déraillé à la gare d'Austerlitz. Il y a quelque chose qui me fait horreur là-dedans (gros plan sur la médaille, avec le PDG de la SNCF en arrière plan) - et que Sarkozy réclame "une peine exemplaire" à l'encontre de l'homme responsable de cela (l'homme de vingt ans avait bu et était sous l'emprise de cannabis "et" de cocaïne - la belle aubaine pour désigner un coupable). Comment exprimer cette façon qu'a ce président de "décorer" et de faire lui seul la justice ?... Mais quand donc une certaine droite (je ne parle pas de la gauche dont je suis) n'ayant rien à voir avec cette gouvernance-là, va-t-elle enfin commencer à dire "Non !" à ce Nicolas Sarkozy qui distribue ses bons points, comme un sherif, des étoiles ?... Sommes-nous en France ou en train de jouer dans un très mauvais western ?... Et des journalistes annonçant ce genre de nouvelles, d'avoir l'air de trouver cela normal, voire "exemplaire"... Nous sommes effectivement entrés là dans un "système" de gouvernance par ce qu'on appelle maintenant "de la Com", ou une certaine vie "cadrée comme il faut"... Cela devient irrespirable.
Alors Mediapart met le doigt dans cette plaie, et avec en effet la plume pour, non plus "montrer" les choses (caméras complices au poing), mais les "dire" ; ce n'est certes pas de gaieté de coeur, mais cela s'appelle Résistance.
Merci.
+1, Mithra, j'adhère pleinement à votre commentaire.
Merci pour ces références, il est toujours agréable de savoir qu'il y a ou il y a eu dans notre chère France une Femme ou un Homme debout quelque part prêt(e) à relevé l'honneur de ceux qui n'ont pas accès à la parole public. Donc de nous conforter dans notre entêtement à refuser de subir le joug des ennemis de la liberté!!!!
Nous avons eu François l'Ambigu.
Puis, Jacot le Fourbe.
Et là, maintenant, Nico le Tueur.
Peut-être va-t-il falloir enlever nos lunettes de nos nez, pour les installer sur nos fusils ? Dieu (c'est Noël !) nous en garde.
"Les armes et les mots, c'est pareil; ça peut tuer pareil !"
Léo F.
Excellent article...Mediapart pourrait-il tremper sa plume dans la plaie pakistanaise afin de nous éclairer au sujet du coeur de la corruption soupçonnée à l'origine de l'attentat meurtrier de Karachi où plusieurs de nos compatriotes ont trouvé la mort???
Cher JML7678, oui, bien sûr, d'autant plus que c'est Mediapart qui, le premier, dès septembre 2008, a relancé cette affaire. Vous trouverez en cliquant ici un rappel de nos principaux articles sur le "karachigate". Et Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme ne lâchent pas l'affaire, soyez-en assuré.
Merci de votre réponse...J'ai pris connaissance de la totalité des articles et je me sens donc tout penaud: j'ignorais à quel point le travail des journalistes de Mediapart était approfondi... Je ne doute pas de leur engagement et les salue pour la qualité de leurs investigations.
Merci donc à l'hebdo Marianne et à Edwy Plenel.
Oui, il convient d'entrer en résistance.
A la manière des arts martiaux d'Extrême-Orient. Se servir de l'énergie de l'autre pour le faire chuter - plouf- dans sa vilénie.
Laissons dire les bêtises et aussi tôt les combattre pied à pied par des raisonnements qui se tiennent, qui ont de la hauteur, qui s'arrachent à la glaise par une pensée lumineuse.
Ou bien résister en faisant l'édredon : offrons du mou, du vide, de la non réponse directe. Ailleurs développons nos qualités critiques. Avec sang-froid. Les bretteurs cherchent l'adversaire en tous lieux. Qu'ils s'épuisent à nous courir après. L'heure de l'estocade arrivera aux élections, celà nous donne du temps.
Il y a bien les tenants de l'uppercut, je n'en suis pas. Mais cela soulage sûrement les tenants de la bagarre en tous lieux. Attention aux munitions-arguments. La violence effraie, lasse et soulève quelques fois des relents nauséabonds.
Porter la plume dans la plaie : oui ! avec talent, froideur, humanité, humour et détachement.
L'arme de l'écrit est l'une des plus mortelles qui soit.
Joyeux Noël à tous, à ceux qui écrivent, ceux qui lisent.
Je pense aussi à ceux que personne ne voit.
Je crains malheureusement que par les temps qui courrent l'élection ne soit devenu qu'une vaste fumisterie laissée aux mains du marketing et de la pub. Et si on veut éviter la parole des armes et de la violence (qui, oui, soulève souvent des relents nauséabonds) il serait grand temps de re-visiter et de ré-inventer de nouvelles formes de paroles collectives.
Il me semble que Médiapart y participe, mais est-ce suffisant ?
<Mille mercis à Edwy Plénel non seulement de sauver l'honneur des journalistes mais aussi celui des citoyens français qui se confortent à la lecture quotidienne de MEDIAPART. Joyeux Noël à tous nos amis.
Merci Mr Plenel pour votre culture, votre intelligence, vos qualités d'écrivain. Surtout continuez pour notre "idée" de la France, de l'Europe et du Monde
Remarquable travail M. Plenel...
Et c'est cette France là qui m'agrèe, celle de la vérité et de l'honneur, celle d'Albert Londres et... De beaucoup d'autres fort heureusement...
Celle qui est capable de regarder au fond de son Histoire, d'y séparer le bon grain de l'ivraie, de reconnaitre ses fautes (oulala, étant capable de repentance, serais-je un mauvais Français ?), d'essayer de les corriger ou au moins de s'en excuser, bref la France qui essaye d'avancer vers ses idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité inscrits aux frontispices de tous ses édifices publics, même si le chemin est long et difficile...
Malheureusement, depuis mai 2007, notre Petit Timonnier et ses affidés, les Lefebvre, Besson et autres Hortefeux et Morano nous ont ramené, à mon sens, quelques deux cents ans en arrière !!!
Notre pays est devenu bien commun, il n'est vraiment plus cette petite lumière qui brillait parfois pour quelque peuple épris de liberté...
Remarquez, que pouvait-on attendre d'autre d'un homme qui avait Bush et sa vision du monde pour modèle à une époque ?
Ce même homme qui a déjà plusieurs fois "tué le père" afin d'atteindre son "Graal" ?
Cet homme qui devait "roupiller à côté du radiateur" lors de ses cours de sciences humaines et sociales et qui n'a rien retenu de ses cours d'Histoire...
Ce Petit Simplificateur à la vison manichéenne qui oublie que de soi-disants "mauvais Français" ont également participé à la grandeur de la France et à son rayonnement...
Mais qu'attendre donc d'un homme pour qui les références sociales sont les Bolloré, Lagardère et autres Johnny Halliday et Christian Clavier ?
Un homme qui a remplacé les belles plumes et les esprits éclairés par des capitaines d'industrie et des "pipoles" !!!
Un homme qui n'hésite pas une seconde à instrumentaliser les sentiments les plus vils et les peurs les plus ancestrales de certains citoyens de notre Nation pour essayer de définir ce fumeux concept d'identité nationale dont la simple étude de l'Histoire démontre que cette fameuse identité nationale n'est que l'addition de multiples influences et apports intellectuels et génétiques tout au long des siècles !!!
Et que tous les aventuriers politiques qui se sont égarés sur ce chemin ont entraîné leurs pays et leurs peuples au désastre !!!
La force de la France et de son peuple a toujours été d'intégrer et d'adapter à ses besoins, parfois dans la douleur je vous l'accorde, tous ces bouleversements et surtout d'en retirer "la substantifique moëlle" !!!
La soi-disant grandeur de la France, elle est là et certainement pas ailleurs...
Et pour rassurer Mithra-Nomadeblues_, je lui indique que je pense faire partie de cette "certaine droite" (quoique, les étiquettes...) qu'il décrit et qui a évité la lobotomisation massive depuis une certaine campagne Présidentielle...
Une droite qui n'a pas oublié son humanisme et qui ne se pliera certainement pas devant des intérêts économiques, et les capitaines d'industrie qui les représentent, allant à l'encontre de ce qu'elle estime nécessaire au progrès social et au "bonheur" du plus grand nombre...
On est peu nombreux encore mais ça augmente...
Cher Le Concombre masqué, : "Une droite qui n'a pas oublié son humanisme", dites-vous ?
Si, elle l'a depuis longtemps oublié, son humanisme.
"et qui ne se pliera certainement pas devant des intérêts économiques" ?
Mais elle ne fait que cela depuis des décennies, de se plier devant des intérêts économiques !
"ce qu'elle estime nécessaire au progrès social et au "bonheur" du plus grand nombre"
Et bien c'est justement en cela que la droite reste toujours assez abjecte à mes yeux, qu'elle se croie toujours (bien évidemment à tort) le droit de détenir le destin des autres.
Vous faites partie de "la France d'en haut". Restez-y. Les humains, eux, existent sans votre permission.
Bien à vous,
Désolé cher Mithra-Nomadeblues mais je ne fais pas partie de cette France d'en haut, ni d'en bas d'ailleurs, tout simplement de la France dans sa grande diversité et je ne vois pas ce qui vous autorise à m'exclure comme ça de la race humaine...
Vos actes seraient-ils en inadéquation avec la tolérance que professe la gauche ou encore votre tolérance est-elle à géométrie variable ?
Je suis désolé de vous le dire mais vous présentez les mêmes symptômes que notre "cher" Président, à savoir une vision très manichéïque de la société Française...
"Hors moi et ceux que je représente, point de salut !!!" ou encore "c'est noir ou c'est blanc mais ça ne peut pas être gris clair ou gris fonçé" !!!
Si vous déniez à la droite de compter dans ses rangs des hommes de bonne volonté plus soucieux de l'intérêt général que de leurs intérêts particuliers, alors pourquoi les appeler à votre secours pour barrer la route à Sarkozy et ses sbires dans votre premier billet ?
N'y aurait-il pas là comme une légère contradiction ???
A ce moment là, il ne faut pas les appeler, continuez à ne compter que sur les forces de gauche pour lui barrer la route mais engagé comme c'est et, au vu de la gabegie ambiante au PS, je dirais que c'est plutôt mal barré et qu'on risque de voir notre "ami" commun en reprendre pour cinq ans dès 2012 !!!
Le problème, c'est que mathématiquement vous aurez besoin du vote des électeurs du centre (droit ou gauche on s'en fout) pour l'emporter aux prochaines échéances électorales et encore plus pour le scrutin à 2 tours de la Présidentielle, pensez-y un peu avant de nous la jouer "pur et dur" !!!
Quant à moi, je vais continuer à exister avec ou sans votre permission, ce que je faisais déjà avant de vous connaitre d'ailleurs...
Ah, au fait, ua secon tour de la Présidentielle de 2007, j'ai voté Ségolène Royal (ce qui ne m'enchantait pourtant guère) pour ne pas avoir à voter Sarkozy...
Marrant non, pour un homme de droite, ou du centre ?
Au Diable toutes ces étiquettes d'ailleurs, elles nous pourissent bien assez la vie comme ça !!!
Cordialement.
Désolée si je vous ai blessé. C'était ces termes que j'avais entendus assez grandiloquents de souhait de "bonheur", qui m'avaient fait du mal.
Mais continuons donc à rester maintenant éveillés, sans oublier de garder notre humour (et je parle pour moi).
Bien à vous cordialement,
Ne vous excusez-pas, vous ne m'avez pas blessé ou alors très superficiellement chère Mithra-Nomadeblues_...
RIRES !!!
J'ai déduit votre appartenance au "beau-sexe" au "e" final de "désolée"...
De plus votre ton était très courtois comparativement à ce que j'ai connu sur le forum Orange que je fréquente également, lorsqu'il n'est pas interrompu comme en ce moment...
Et je peux vous dire que là-bas, ça ne prend pas de gants, tir à vue assuré par quelques excités sur tout ce qui a le malheur de ne pas adhérer au "monde selon Sarkozy"...
Mais ça m'amuse et comme je suis d'un naturel plutôt combatif, ça donnait lieu à de belles empoignades...
Sur ce forum, c'est plus soft mais beaucoup plus "éclairé" aussi, bref ça me change et c'est bien agréable...
J'en profite aussi pour corriger mon invention de l'adjectif "manichéïque" que je remplace bien évidemment par "manichéenne" !!!
J'ai dû un peu trop abuser de la bonne chère en ces fêtes de fin d'année, pas très grave, l'important est d'arriver à se faire comprendre...
Et vous avez raison, il peut m'arriver d'être un peu "pompeux" ou "grandiloquent" par moment...
Mais bon, ça part d'un bon sentiment, souhaiter "le bonheur du plus grand nombre" n'est pas répréhensible je suppose...
Mais, n'oublions jamais que "l'enfer peut être pavé de bonnes intentions" et ma propre définition du bonheur n'est pas forcément la même pour tout le monde...
Et je vais m'arrêter là, parce que si on commence sur le sujet du "bonheur" on va en avoir pour toute la nuit...
D'ailleurs de plus grands (et de loin) philosophes que moi se sont penchés dur le sujet et ne sont arrivés à aucun consensus, donc...
Je ne doute pas un instant de votre humour et j'en ai parfois aussi, mais étant nouveau sur ce forum, disons que j'y vais sur la pointe des pieds en ce moment et, la décontraction venant, ça devrait aller en "empirant" !!!
RIRES !!!
Cordialement et à bientôt...
Je pourrais ajouter à mon précédent commentaire,en citant Maurice Schumann au micro de la BBC à Londres : "Honneur et patrie ! Les français parlent aux français." Ce qui est la meilleure réponse à ce faux débat sur l'identité nationale imaginé par Guaino & co.
Cher Mediapart,
Porté par vos plumes acerbes et éclairés pour nous rendre toujours un peu moins dupes de ce monde qui défile par médias et spectacles interposés, sous nos yeux et ouies parfois ébahies et surtout désespérées.
En 2010 je vous apporte mon plus fidèle soutien
Monsieur Plenel,
Un véritable non est toujours accompagné d'un oui.
Non au débat sur le racisme, oui à la régularisation de tous les sans-papiers.
Bonjour Edwy,
Je partage votre sympathie pour Albert Londres et vous remercie de nous rappeler cette figure originale de son époque et qui le reste aujourd'hui.
Sa lecture rend marginal pour aiguiser la capacité d'indignation et l'esprit critique, ce qui était déjà rare à son époque. Vichy illustre le conformisme des notables auquel il s'est heurté, rappelant Baudelaire : "Le Français est un animal de basse-cour si bien domestiqué qu'il n'ose franchir aucune palissade (...) Bel exemple de la bassesse française, de la nation qui se prétend indépendante avant toutes les autres."
Les oeuvres complètes de Londres sont éditées chez Arléa.
A quand un article sur Orwell et la common decency ? C'est de la même veine et peut être qu'on réussira à le convaincre d'ouvrir un autre livre. Non, il n'y a pas que la Pincesse de Clèves dans les librairies et les bibliothèques.
"Ici Londres. Les français parlent aux français".
Cher Edwy, j'aime vos mots et ceux que vous avez cités. Combien sommes nous donc à nous reconnaître dans ces principes et ces valeurs ?
Pour rejoindre l'article en une de T. Cantaloube, rappelons nous des mots de nos dirigeants au début de la guerre en Irak. Ne disaient-ils pas aux Américains, l'ami, le vrai, c'est celui qui sait aussi dire qu'il n'est pas d'accord, celui qui sait aussi dire à son ami qu'il est dans l'erreur ?
La France que vous décrivez, Edwy, c'est celle que j'aime et que je vois s'effacer, celle dont je suis fier et qui aujourd'hui s'estompe sans bruit. Quelle sensation étrange aujourd'hui que de percevoir ces nuages lourds des lendemains qui ne se souviennent plus. Ces voix qui s'échinent, couvertes par la caquetaille et bientôt peut-être la fureur et la vocifération naissantes.
Celui qui attise le feu qui couve ne sait pas qui le rallumera. Mais ce qu'il sait très bien, c'est que quelqu'un, quelque part, s'en chargera. Et le Folamour pyromane pourrait bien avoir toute latitude pour endosser le costume taillé et prêt depuis longtemps, celui du sauveur.
Albert Londres était un grand bonhomme, j'en suis d'accord, ses reportages restent des lectures passionnantes. On trouve sur Mediapart des enquêtes approfondies qui ne vont pas dans le sens du vent et sont sans équivalent dans la presse écrite, c'est vrai, c'est ce que les abonnés y viennent y chercher, elles sont souvent courageuses, merci à leurs auteurs. Ceci dit je ne trouve pas que les meilleurs papiers soient les défense et illustration de mediapart et/ou du journalisme d'Edwy Plenel, dont le style un brin grandiloquent et maître d'école peut amuser mais aussi lasser. "Mediapart s'est porté en tête du combat contre le poison de l'identité nationale", bon, oui, à voir, mais est-ce la peine de se prendre autant au sérieux pour être pris au sérieux ? Et moins de 50.000 signatures pour un appel présenté aussi solennellement est-ce vraiment un succès ?
@TOculaire
Succès de la pétition ? L'auriez vous vue relayée dans les médias TV, au 20 heures peut-être, à la une d'un grand quotidien ? Où avez vous donc vu qu'elle serait auto-qualifiée de "succès" ? La question d'actualité serait plutôt de la diffuser et de la partager encore et encore, et avec les moyens dont nous disposons.
Quels sont les papiers que vous évoquez, et dont l'objet serait "les défense et illustration de mediapart et/ou du journalisme d'Edwy Plenel" ? Si son style vous "amuse" ou vous "lasse", personnellement il me touche. Chacun son truc. Ceci étant, votre propos, lui, se montre bien péremptoire et peu amusant.
"Se prendre au sérieux pour être pris au sérieux" ? Pour sûr, on peut aussi "dénigrer pour ne rien dire"... Car votre commentaire semble lui, se prendre très au sérieux, mais pour dire quoi ? Tiens, bizarre, on dirait du Bodisatva/Babar666... Ca c'est amusant...
@ artman
J'ai vu la pétition "auto-qualifiée de succès" en tête de l'article de M. Plenel ("rassemblement exceptionnel"). Ce que je veux dire, simplement, est que pour ce qui me concerne, et peut-être ne suis-je pas le seul, l'intérêt de Mediapart est dans la précision et le courage de ses enquêtes, dans la pertinence de ses "parti pris", pas dans les éditoriaux confits de postures morales, qui personnellement ne me touchent pas, de M. Plenel. Pour en rester à celui d'aujourd'hui la célébration d'Albert Londres est un poncif de la profession et le titre, "Notre France", pas des mieux choisis (ma France contre ta France, c'est toujours le débat sur la soi-disant identité nationale ; ce titre a été utilisé par Michelet à une époque où la nation n'était pas encore un panache blanc politique de droite, il fleure bon, surtout, les années 1930 --c'est le titre, entre autres, d'un petit livre publié en 1933 par Lucien Romier).
Maintenant on en pense ce qu'on en veut ; je vous concède que je ne suis pas amusant ; et c'est votre droit de me trouver péremptoire.
Cher TémoinOculaire,
Vous êtes le bienvenu, et nul besoin en effet d'aimer telle ou telle de mes proses pour apprécier plus généralement Mediapart qui, heureusement, ne s'y réduit ni ne s'y résume. Aussi n'ai-je nulle intention de vous faire changer d'avis ou de goût. Pour autant, sauf à paraître indifférent, je ne peux ignorer quelques uns des points que vous soulevez.
Le sérieux, d'abord. J'avoue volontiers n'être guère drôle s'agissant de certaines réalités qu'à force de prendre avec ironie, distance ou moquerie, nous finissons par minorer, relativiser ou ignorer. Ainsi en va-t-il de l'active xénophobie que véhicule cette malfaisante affaire d'identité nationale. Loin d'une posture abstraitement morale, vous trouverez ici argumentées quelques unes des motivations réfléchies de cette attitude. Quant au ton de "maître d'école" que vous m'imputez, j'ose y entendre un compliment caché, les instituteurs républicains (que notre actuel président veut, depuis son discours du Latran, dégrader derrière le curé) me semblant toujours un bel idéal pédagogique.
"Notre France", ensuite. Pardon s'il y a eu incompréhension, mais ce titre dont l'ironie discrète vous aura échappé, loin de faire référence aux années 1930, renvoyait à la symbolique dreyfusarde, prolongée par Charles Péguy (Notre patrie en 1905, Notre jeunesse en 1910). C'est en somme un retour à l'envoyeur (ceux qui brandissent la France en bandoulière n'en ont pas le monopole et, surtout, n'en sont pas les meilleurs amis) et, chez moi, une récurrence tant j'ai été habitué, dans le passé, à être vilipendé comme le symbole même de l'Anti-France, sans racines ni frontières.
Albert Londres, enfin. Mes excuses encore si ce rappel vous a lassé, mais vous auriez tort de le prendre pour un poncif. Non seulement parce que nos réalités médiatiques le démentent encore bien souvent, mais surtout parce que l'on se méprend sur le contexte de cette "plume dans la plaie". D'ordinaire, on croit qu'il s'agit de la grande cause à laquelle Londres reste associé, celle du Bagne de Cayenne, et l'on oublie qu'il s'agit en fait de la réalité coloniale française. Un contexte, vous en conviendrez peut-être, qui n'est pas sans rapport avec notre actualité: le refoulé colonial à l'œuvre derrière l'impérative "assimilation" demandée, de Besson à Guaino, en passant par Sarkozy, à tous ceux qui, en France, viennent d'ailleurs.
Bref, si nous ne sommes pas toujours plaisants, c'est que la réalité ne l'est pas, tout simplement. Et c'est bien ce qui a motivé le succès de l'appel de Mediapart qui, ne vous en déplaise, est bien un "rassemblement exceptionnel". J'évoque ici la qualité autant que la quantité: je n'ai pas souvenir, depuis l'élection de 2007 (voire avant), d'un texte signé par un tel arc-en-ciel politique, de Dominique de Villepin à Olivier Besancenot, en passant par toutes les nuances partisanes ou intellectuelles qui s'expriment entre ces deux pôles, démocrates, socialistes, écologistes, communistes, etc.
Bonnes lectures et bonnes fêtes sur Mediapart ;-)) (et c'est bien là un franc sourire).
Bonjour Edwy Plenel, excellentes fêtes de fin d'années et meilleurs voeux à vous et vos proches.
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merci beaucoup pour le travail considérable qu'effectue médiapart, pour permettre de faire comprendre la justesse d'une réponse face à cette démarche populiste visant à créer le désordre, semer une certaine confusion, et stigmatiser ainsi une grande partie des citoyens de france.
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La manoeuvre est tellement grossière et pernicieuse, c'en est vraiment révoltant et débectant, que cela puisse encore faire prise de nos jours, reflétant une mentalité détestable de la part de cette formation politique au pouvoir actuellement et qu'il conviendrait de qualifier de simplement " raciste ", malgré quelques personnes dites de l'intégration, on ne peut se leurrer bien longtemps face aux déclarations d'un chirac, d'un hortefeux, ou d'une nadine morano ...
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l'ump représente le rêgne de la veulerie et de la bêtise généralisée, jusqu'à des situations extrêmes, telle que l'élection/nomination de Jean Sarkozy à la direction de l'epad qui représente une bouffonnerie sans nom ...
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un gouvernement pompier pyromane, comme l'ont été les déclarations de nicolas sarkozy avant son élection concernant sa volonté de rêgler la question des banlieues au " karcher ", il y aurait beaucoup à dire sur les nuisances de cette mentalité et la déliquescence de la fonction politique pour permettre de préserver un certain équilibre républicain.
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merci également à médiapart, de nous faire découvrir ou redécouvrir des auteurs, hommes de culture, qui représentent des modèles en tant que trajet personnel et références pour défendre une certaine idée de l'engagement politique, et d'une certaine conception du monde.
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cordialement.
"Quant au ton de "maître d'école" que vous m'imputez, j'ose y entendre un compliment caché, les instituteurs républicains (que notre actuel président veut, depuis son discours du Latran, dégrader derrière le curé) me semblant toujours un bel idéal pédagogique."
Et ainsi allèrent les critiques à l'égard de Ségolène Royal. Quand on veut invalider le propos informatif et argumenté de quelqu'un on le qualifie de "maître d'école" et ce n'est pas de bon pronostic de la part de celui qui émet l'avis.
Je vous sais gré M. Plenel d'utiliser des ressorts de discours un peu au-dessus des "transactions" verbales habituelles. De choisir la grandeur (et non la grandiloquence) face à la petitesse de certains.
Le niveau misérable de la plupart des débats actuels vient de ce que nous manquons de tribuns, d'orateurs qui sachent ce que parler (et non tchatcher) veut dire, qui puissent faire remuer quelque chose d'enfoui en chacun pour qu'un petit déclic se produise et nous amène à sortir de sphères souvent un peu étriquées. Seul moyen d'entrer dans la logique de l'Autre et de le comprendre un petit peu.
Une forme de populisme détestable tente de faire croire à des majorités paresseuses que la simplification extrême du discours est un gage d'efficacité. Erreur. Elle ne mène qu'à la pensée unique. Et au formatage des moutons.
Merci de nous balancer encore de temps en temps des pages écrites avec les tripes !
Vous aurez deviné que j'ai été "maîtresse d'école" et que je connais tous les arguments des fainéants quand ils se mettent en tête d'amener le plus grand nombre à leur niveau, histoire de ne pas faire tache !!!
Cher Edwy Plenel, je vous trouve bien patient dans vos réponses argumentées à certains de vos lecteurs qui s'érigent en critiques littéraires et politologues avisés mais qui n'osent surtout pas s'exprimer à visage découvert.La France des trouillards en somme, dans 8 cas sur 10, celle des cornichons masqués et autres diablesses de barricades!
Merci d'élever un peu le débat avec ce bon vieux Albert et montrer l'insignifiance de nos actuels politiciens qui, avec talonnettes ou pas n'arrivent pas à la cheville des populations qu'ils entendent gouverner.
Oui, j'utilise un pseudo comme beaucoup de lecteurs de Mediapart, il n'y pas pas forcément que de mauvaises raisons à cela et dès lors que je n'injurie ni ne diffame je ne vois pas où est le problème (d'autant que les "identités véritables" avec nom et prénom ne sont pas certifiées, je pourrais signer Jean Martin, n'est-ce pas).
Oui, je pense que l'invocation d'une France avec majuscule, même celle de Londres et de Londres, renforce le nationalisme ambiant plus qu'elle ne le combat, et que le vibrato de l'article de M. Plenel contribue à faire pencher la discussion du côté de l'affectif plutôt que de la raison, ce qui est un des ressorts de l'action politique de M. Sarkozy. Et je le regrette.
Mais en effet je ne suis ni critique littéraire, ni politologue, ni plus avisé que mon voisin de palier, mes propos sont seulement des opinions de lecteur, qu'on peut ne pas partager. Mais je ne vois pas en quoi elles abaisseraient le débat. Je remercie en tous cas M. Plenel d'avoir pris la peine d'y répondre sur le fond et non comme vous par l'invective.
Monsieur Plenel,
"Mediapart" dans "la plaie" : le non. Pas mal. Exemplaire, même.
Et la "guérison" : le oui, qu'en est-il ?
Grandeurs et limites du jiournalisme.
Et demain ?
Monsieur Plenel,
Autre question : Ne répondez-vous qu'aux détracteurs de "Mediapart" ?
Si votre réponse (peu probable) est : oui, je saurai à quoi m'en tenir.
Cher hêtre,
Non, détrompez-vous. Et j'avais bien lu votre interpellation sur le passage du "non" au "oui". Mais il est vrai que j'ai pour premier réflexe de répondre à celles et ceux qui manifestent leur désaccord ou leur désapprobation quand, à l'inverse, votre questionnement me semblait prolonger avec complicité ce détour par Albert Londres. De plus, j'aurais bien du mal à vous répondre définitivement. Il me semble en effet qu'un journal d'information comme Mediapart, fût-il le carrefour des oppositions, se définit plutôt par ses refus et ses révélations que par ses accords ou ses approbations. Ou, pour le dire autrement, nos informations et nos prises de position invitent à des réflexions et propositions déductives qui sont laissées à la liberté plurielle de nos lecteurs, à leurs échanges et à leurs débats. Cela ne signifie pas que Mediapart s'interdit de prendre parti "pour" et non seulement "contre". De fait, nous n'avons pas arrêté d'affirmer un parti pris favorable à une radicale démocratie, à une exigence sociale et à une solidarité internationale. Mais notre moindre propension à prendre parti "pour", en exprimant un programme, un projet, une décision, une orientation, etc., traduit sans doute notre refus de prendre une place qui, sauf situation exceptionnelle, excéderait la nôtre. Après tout, nous avons conçu Mediapart pour permettre cette invention collective, dans la dialectique entre le Journal et le Club. Mediapart n'est pas un directeur de conscience, plutôt un accoucheur de débats. Un éveilleur, plutôt qu'un guide.
Bon, je ne sais pas si j'ai répondu clairement, mais j'aurais au moins essayé. Merci de votre fidélité, et bonnes fêtes sur Mediapart.
Monsieur Plenel,
Merci pour votre réponse.
Qui a le mérite d'être claire. Et je le dis sans flagornerie : A la hauteur des attentes que tout lecteur d'un journal à l'existence duquel, d'une certaine façon, il participe est en droit d'exiger. Un journal comme "Mediapart" relie non seulement ses lecteurs au monde, au pays et aux gens (gens que négligent tant d'autres journaux), mais aussi entre eux. Vraiment. Je crois que "Mediapart", jour après jour, redessine très positivement le paysage journalistique (même s'il m'arrive encore d'interpeller sans beaucoup de ménagement tel ou tel journaliste de la rédaction). De plus, je reçois votre réponse comme un encouragement à poursuivre dans la voie qui est la mienne. Celle de l'hypothèse communiste. Celle de : Oui à la régularisation de tous les sans-papiers. Vaste (pas si vaste) entreprise. J'ai, moi aussi, des détracteurs.
Bonnes fêtes sur "Mediapart".
Ce n'est qu'un début, continuez Combat ! Merci.
Identité = être comme. Comme quoi est-ce qu'une nation peut être ? Par naissance, comme ses parents, et ainsi de suite. Donc toujours id-entique.
Or c'est pas vrai. Ca marche pas. Ca change de générations en génération.
Mais peut-être est-ce être comme l'autre d'en face, les uns et les autres, tous comme un seul homme, pareils.
Là encore plus ça marche pas.
Mais qu'est-ce que c'est que ce foutoir. Allô, Ubu, faudrait couper ce qui dépasse, merdre alors !
Ou alors ...on voulait parler de la place grandissante de la religion musulmane ? Mais alors, pour quoi on l'a pas dit honnêtement ? Parce qu'elle subit encore les marques du Moyen-âge ? Qu'elle n'a pas passé le cap de la Déclaration des droits de l'homme (et de la femme) ?
Et alors ? C'était pas le cas du Judaïsme il y a 2000ans, puis du Christiannisme il y a 200 ans ?
Ou encore ...on avait dans le collimateur les peurs des électeurs pétainisés au virus du-dit Front national : le virus de l'être comme ...le Chef.
Et alors là, ça sent son Providentiel fürher à plein nez : pestilence des charniers.
Pour sortir de l'ornière, disons que la Nation est un complexe sans cesse en évolution de par les êtres qui la composent. Un tel composite s'appelle en bon français : IDIOSYNCRASIE.
Une idiosyncrasie donc qui, si on la confond avec une identité, mène à l'idiotie -sans plus aucune qualité de symbiose- qu'on nomme guerre civile.
Vieux lecteur du journal "Le Monde" (une bonne quarantaine d'années), j'apprécie bien votre "reconversion", je comprends , à chaque fois que je lis vos "papiers" les raisons de votre "départ" et votre nouvelle orientation!
Vieux militant "d'extrême gauche" (Soixantehuitard prolongé et tenace), je navigue sur les eaux vaseuses et puantes de nos "Valeurs de Civilisation" judéo-chrétiennes qui dégagent plus que jamais les puanteurs de l'INTOLERANCE et du MENSONGE.
Ce n'est peut-être pas pire que du temps de ma jeunesse, j'avis vingt ans au début de la guerre d'Algérie que j'ai esquivée par un sursis d'étudiant alors que j'étais instituteurs remplaçant
J'ai eu la chance en terminale, en 1955, d'apprendre par mon professeur d'histoire d'Obernai qui avait dans un cours d'histoire interpelé le petit fils du colon qui ,était revenu à Obernai!
Il lui a bien spécifié que son arrière grand-père qui avait quitté Obernai en 1870 n'était d'aucune façon menacé par les Allemands, bien au contraire, ces derniers faisaient tout pour bien se faire voir par les Alsaciens, qui avaient obtenu la statut de Land et gardé la possibilité d'apprendre la langue française, ce qui n'a pas été les cas, ni en 1918 et en 1945! où "il était chic de parler français"
Il était donc était parti pour planter des vignes dans l'Orannais (alors que les musulmans ne boivent pas de vin) sur des terres volées aux "autochtones" et attribuées aux "bon patriotes alsaciens"
De ce jour là, j'avais bien compris que que l'Algérie n'était qu'une entreprise coloniale où je n'avais rien à y faire.
J'ai aussi entendu sonner les cloches du côté de Jules Ferry le "tonkinos"
Donc si la République, du temps de ma jeunesse, n'était point sans défauts, ce qu'il y a de déplorable, de crapuleux par les temps qui courent, c'est cette "légèreté" pompièristes de discours qui soutiennent de raccourcis historiques qui après toutes les critiques et remises en questions qui ont pu être faites depuis cinquante ans, ont un air délicieusement rétro pour certains "esthètes" genre imbéciles du calibre Gainaut, mais relèvent d'une entreprise d'brutissement aux allures des comédies musicales qui ont, comme par hasard (sic) un succès foudroyant
Sans jouer les vieux grognards, du temps de ma jeunesse, j'avais le sentiment d'avoir en face de moi des adversaires (il me souvent du temps où en 1967 j'avais fondé , avec des copains étudiants, un comité palestine à Strasbourg, et nous ferrallions avec des étudiants sionistes, en balançant des propos que j'aurais quelques peines à imaginer si je ne les avais consignés sur des bouts de papiers qu'en ce moment je collecte pour en faire un "témoignage" et que je balance sur mon blog
Merci de nous avoir fait partagé cet article, une nouvelle fois très juste et d'une puissance remarquable.
Edwy Plenel, je profite de ce fil pour vous remercier.
Merci pour l' existence de Médiapart.
Merci pour la qualité et le sérieux de vos billets. Ce qui se passe en France me parait carrément très grave, et mérite d' être traité et combattu avec sérieux. Cela ne me dispense pas, en d' autres lieux et sur d' autres sujets, voire avec des journaux dont c' est la spécialité, de rire... d' autant plus que nous avons justement besoin de décompresser.
Merci pour ce cahier et cet appel, car il ne s' agit pas de désapprouver en se taisant, ni en se réfugiant dans une tour d' ivoire, mais en dénonçant ce qui est inadmissible dans ce "débat "qui ne devrait pas être organisé ainsi, ni par l' état, ni en période électorale.... et est-ce que ce sujet doit être "débattu" ?
Enfin, sur un autre thème, merci de nous apprendre que MD continue à enquêter sur l' affaire Karatchi, qui peut être une bombe à retardement pour ceux qui nous "gouvernent" (... dans le seul sens où ils détiennent presque tous les pouvoirs !), et une délivrance pour les français .
« Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».
Les lecteurs non plus n'ont pas à "faire plaisir". Ce serait un mauvais service à rendre à la presse écrite. Internet est un bon outil pour recadrer les journalistes.
Surement parce que Internet est plus rapide et permet, peut-être une plus grande interaction, et qui dit interaction dit exigence des deux côtés, lecteur et journaliste.
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boddisatva
Je suppose que vous sous-entendez que les remerciements que j' adresse à E Plenel sont là "pour faire plaisir".... Non j' exprime ce que je ressens à un moment donné.
J' ai eu l' occasion d' émettre des critiques, au gré des billets et commentaires .
On peut aussi remercier parce qu'on est en accord ET que l' on considère que la persone à laquelle on adresse des a rendu service.
Or c' est totalement le cas:
-quels autres journalistes ont pris l'initiative d' essayer de créer un journal qui ne s' aligne pas sur le "lèche-bottisme" au gouvernement? J 'en connais un autre : Siné-Hebdo
- quel journal nous a permis de signer une pétition, et a proposé dans les kiosques un argumentaire à tous les citoyens contre le débat sur l' identité nationale?
Je renouvelle mes remerciements, surtout que les critiques ne manquent pas, sur le site qui nous permet de nous exprimer sans réserves, même pour "être contre".
Elles sont légitimes, sans doute, mais pas plus que les remarques positives !
Londres Albert, pour rappeler à la France contemporaine quelles sont ses valeurs réelles au sein de son propre bouquet identitaire "si multiple" et étoffé de par son histoire, bien vu ça.
Londres, pour défendre une certaine idée de la France, qui par trop réductrice, au sein d'un seul et exclusif débat, bien malsainement orienté depuis le début, ne peut demeurer, ne serait-ce qu'une seule seconde (et c'est déjà trop, cette seconde là) en ce carcan là.
Londres, pourquoi pas finalement....
"Ici Londres (souvenez-vous de moi, "remember me" in english), la France parle aux Français !!! Ici Londres !!!"
@ +O-NE