
Thématiques du blog
Au pays du journalisme de gouvernement
De la servitude volontaire, le cri de liberté d'Etienne de La Boétie (1530-1563), était sous-titré Contr'Un. Autrement dit contre toutes ces unicités dominatrices qui refusent, combattent, épuisent et détruisent nos pluralités, diversités, oppositions et contradictions. Du vivant de l'ami de Montaigne, leur malfaisance était concentrée dans le principe monarchique de droit divin, sous le joug duquel, entre temporel et spirituel, l'ordinaire humanité s'était accoutumée à courber l'échine. Il faudra quelques siècles pour que l'étonnement solitaire de La Boétie devant cette accoutumance à la servitude nous paraisse une évidence.
En faudra-t-il autant pour que, dans ce pays-ci, journalistes et citoyens, journalistes citoyens, nous sortions de notre torpeur soumise ? Car dans quelle autre supposée grande démocratie assiste-t-on à un spectacle aussi indigne démocratiquement et indigent politiquement que celui qu'offre, régulièrement, la communication présidentielle ? Dans aucun autre pays comparable, une émission sur mesure comme celle du jeudi soir 24 avril au palais de l'Elysée n'est envisageable. A l'étranger, du moins l'étranger de vieille culture démocratique, le plus souvent, quand ils veulent s'exprimer, les responsables politiques soit se rendent dans les émissions existantes, acceptant d'aller ainsi sur le terrain des journalistes, soit tiennent des conférences de presse dignes de ce nom, avec relance des questions et droit de suite. On me citera sans doute de rares exceptions. Mais justement, ce sont des exceptions.
En France, c'est la norme qui est scandaleuse. De François Mitterrand à Nicolas Sarkozy, en passant par Jacques Chirac, le président choisit son moment, ses interviewers, ses chaînes, son lieu, son décor, son public, etc. Et le journalisme est sommé de suivre. Ou plutôt accepte de suivre. Car que se passerait-il si la profession, dans un sursaut de dignité, affirmait unanimement qu'elle refusait ce jeu faussé qui, de plus, la discrédite ? Si elle défendait pied à pied les principes constitutionnels sur lesquels se fonde sa légitimité citoyenne : liberté, indépendance, pluralisme de la presse ? Si elle exigeait des conférences de presse présidentielles régulières, dont les règles ne seraient aucunement fixées par les communicants du chef de l'Etat ? Si elle refusait toute émission télévisuelle ad hoc, forcément imaginée pour servir l'agenda de communication présidentiel, où tout est fait pour éviter l'accident, l'imprévu, la question qui fâche, le moment difficile, la contradiction trop insistante, etc.?
Il faudra bien qu'un jour, en France, notre profession regarde en face le mal que le présidentialisme lui a fait. Comment il l'a abîmée et corrompue, la séduisant pour mieux la réduire, l'attirant pour mieux l'endormir. Les difficultés actuelles du métier ne sont pas seulement économiques : la morale, l'éthique, la vertu y ont leur part – ou plutôt leur dégradation, voire leur absence. Comment trouver normal, par exemple, que le responsable d'une radio privée, propriété d'un groupe médiatique dominant, Lagardère, soit en même temps celui d'une télévision publique, celle du Sénat? Que nos sénateurs, droite et gauche confondues, assurent en la personne de Jean-Pierre Elkabbach la présence à demeure auprès de l'une des deux assemblées parlementaires d'un représentant dévoué des intérêts d'un industriel est un évident mélange des genres entre public et privé. Sans même parler des règles qu'à l'inverse, on impose, au nom de l'intérêt général, à tout fonctionnaire afin d'éviter le cumul d'un emploi public et d'une activité privée.
Comment des interdits aussi évidents ont-ils pu sauter? Comment ne pas comprendre qu'en les tolérant professionnellement, nous - je veux dire, nous, les journalistes - faisons le lit de ce que, par ailleurs, nous critiquons : les mélanges des genres entre les milieux politiques et le monde des affaires, entre information et communication, entre journalistes et financiers, etc.? Mais il y a plus encore. La corruption du journalisme français par le présidentialisme, ses complaisances et ses courtisaneries, ses prébendes et ses récompenses, en aggrave les anciens travers, cette tendance à préférer l'opinion aux faits, l'éditorial à l'enquête, le commentaire à la découverte, le conformisme à la dissidence, la facilité à la rigueur, etc. Comme si la vraie légitimité du journaliste était à conquérir dans sa relation avec le pouvoir, quels qu'en soient les atours, plutôt qu'avec les citoyens.
Or ce journalisme de gouvernement est un vieil héritage qui lie le Grand Un monarchique d'hier au Grand Un présidentiel d'aujourd'hui. Au détour d'une promenade parisienne, on peut en trouver le résumé symbolique.
C'est une église :

Et c'est une tombe :

L'église, c'est Saint Germain l'Auxerrois, à Paris, qui fut longtemps l'église des rois de France, avant la construction de Versailles.

Pour l'éternité,Théophraste Renaudot, l'inventeur en 1631 de La Gazette, gît donc dans ce lieu qui incarne doublement le Grand Un de la servitude volontaire, à la fois monarchique et divin - de monarchie de droit divin. La Révolution ne s'y était pas trompée qui déconfessionnalisa Saint Germain l'Auxerrois, devenu pendant quelque temps un commissariat de police. Le supposé père du journalisme français dort donc d'un sommeil éternel au cœur du pouvoir absolu... De fait, La Gazette reste l'incarnation du journalisme de gouvernement, sage et raisonnable, jamais insolent, toujours officieux, relais de la parole officielle, à tel point que Richelieu et Louis XIII ne se privaient pas, sinon pour y écrire, du moins pour y faire passer les seules informations qui les arrangeaient.
La résonance peut encore se prolonger en dessinant un triangle symbolique. La Gazette de Renaudot, médecin et humaniste éminemment inventif, est parue par privilège royal. Ce privilège, il ne l'obtint pas par ses seuls talents, qui étaient incontestables, mais autant par sa proximité avec l'homme de l'ombre du pouvoir d'alors, le plus proche conseiller de Richelieu. Il se nommait François Leclerc du Tremblay (1577-1638) et ce moine capucin nous a légué deux expressions, l'une très courante - éminence grise -, l'autre plus désuète - père Joseph. Dit couramment le père Joseph, François Leclerc du Tremblay fut aussi surnommé l'éminence grise du Cardinal Richelieu, double allusion à la robe de bure des capucins et au titre d'éminence réservé au cardinaux. Eminence grise ou père Joseph, c'est le même métier de pouvoir qui, ici, est résumé : conseiller dans l'ombre, rester à la manœuvre, organiser des réseaux, construire de l'influence, recruter des soutiens, assurer des fidélités. Autrement dit, le père Joseph était l'incarnation avant l'heure du spin doctor des politiques, conseiller en communication, en image, en opinion, en sondage, en réputation, en clientèle, etc.
Le triangle diabolique de notre défaite professionnelle est ainsi tracé : à un angle, le pouvoir (ici, Louis XIII et son premier ministre de fait, Richelieu) ; au deuxième, le conseiller en communication (ici, le père Joseph et éminence grise) ; au troisième, le journaliste de gouvernement (notre Théophraste Renaudot, le « père du journalisme français »). A ce triangle du renoncement, on opposera l'image, plus mediapartienne, du cercle : cercles qui se recoupent et se croisent, cercle des collaborateurs du journal, cercle des contributeurs du club, cercle des journalistes, cercle des lecteurs, cercle des abonnés, cercle des curieux, cercles sans angles, sans angles morts surtout, sans coins ni recoins, tous cercles ouverts.
Quant à Théophraste Renaudot, à la biographie duquel Jean Lacouture travaille, laissons le dormir en paix. Une paix bien préservée puisque son lieu de sépulture n'est jamais mentionné, même pas sur le site du Musée qui lui est consacré à Loudun. Et c'est à une promenade sans but, au hasard de l'inspiration, que je dois de l'avoir trouvé. Journalisme et flânerie font bon ménage, tant leurs principes sont semblables: pas de programme imposé, pas de voyage organisé, pas de guide officiel…

Merci à Thibaud Vuitton pour les photos.


Tous les commentaires
Pendant un moment les Prix Renaudot ont mieux honoré la mémoire de Théophraste en désignant Aragon, Butor, LeClézio...Ce n'est pas de la littérature de gouvernement . Bravo pour l'enquête flânerie
Belle découverte de qui était Théophraste... je n'avais jamais cherché... Tout à fait d'accord sur les inquiétudes de ce billet... Responsabilité des journalistes... bravo c'est dit ! mais responsabilité des LECTEURS - ABONNES ... Des citoyens en quelques sorte...
La révérence est "génétiquement" la caractéristique d'une large part du journalisme français (il en existe d'autres, bien sur). Mais, je l'ai encore constaté au cours d'une émission à laquelle je participais vendredi sur LCI à propos des fichages et des fichiers de police, le problème, c'est la proximité, la complicité. Celles qui sont parait-il nécessaires pour obtenir de l'information. Ce qui consiste à confondre l'information avec la manipulation jetée en quelques miettes comme une pâture de sursis. Le plus parfait des piéges... CMV
Quelle est la seule réponse possible du citoyen ? Boycotter ces émissions complaisantes. Personnellement, je n'ai pas suivi le show Sarkozy, sachant d'avance ce qu'il allait dire....Et apparemment, je ne suis pas le seul !
Sauf que 11,5 millions de téléspectateurs "auraient" suivi ce "show élyséen et OrtF1" . Si c'est comme moi... j'ai filé au bout de 10 mn vers des forums plus intéressants sur le net... Suis-je dans les 11,5 millions ??? Et qui déclare "officiellement" 11,5 millions repris sur les ondes ??? Quelle époque épique...
Excellent! Un vrai plaisir à lire, premier texte de la journée pour moi (ouverture avec Mediapart oblige..:-).
Une des multiples réflexions qui viennent à l'esprit grâce à votre billet, c'est quand même, en dehors de la responsabilité évidente des journalistes, celle de l'ensemble des citoyens, que trop souvent j'aurais tendance à qualifier de "sujets", tant il me semble que c'est aussi au plus profond des mentalités que ça se passe. La sujétion au seigneur, et toutes les habitudes profondément ancrées qui la composent – ou qui la provoquent? –, ne se trouvent pas seulement dans cette sorte de besoin de livrer nos vies pour refuser nos responsabilités, à des "autorités supérieures qui Savent (avec un grand S)"; elles se trouvent aussi nichées dans une multitude de détails innocents, tout au long de la journée et envers toutes sortes de "micro-seigneurs" qu'on croise, dont on joue ou dont on dépend.
Certes la responsabilité est inégalement partagée: plus on a de pouvoir, plus on devrait se sentir responsable. Mais la dimension de la "demande de domination", ou plutôt de déresponsabilisation, chez l'ensemble du peuple, garde peut-être aussi une certaine part non négligeable?
Merci pour cette découverte "sans programme imposé, sans voyage organisé, sans guide officiel", excellent week-end à tous!
Excellent article, bien sûr. Et salutaire. Mais il faudra bien, cher E.P.,, vous débarraser de cette fixation sur Mitterrand. Car ce n'est pas lui qui a déclaré que la télévision était la voix de la France, et ce n'est pas lui non plus qui avait appris à De Gaulle à transformer ses "conférences de presse" en proclamations au peuple. N'oubliez pas que ne vous adressez pas seulement à de vieux crocodiles septuagénaires de mon espèce, ni même à de fringants quinqua de la votre, mais aussi ( surtout? ) à des lecteurs qui n'ont jamais connu les bons temps de l'ORTF, ni les titres des JT concoctés dans le bureau de "l'intellectuel" Peyrefitte. Tout ça pour dire ( mal probablement) que des journalistes insuffisants ou complices, voilà belle lurette qu'on en subit, et pas si lointainement que Théophraste. Pas une raison, certes, pour s'en accommoder...
Pardon Zénon, de vous reprendre là-dessus, mais je crois que c'est vous qui, comme beaucoup, avez tendance à faire une fixation qui consisterait à prêter à Edwy Plenel une sorte de rancune datant du scandale des écoutes téléphoniques.
Dans ce billet du Samedi, c'est vraiment évident qu'il ne s'agit pas "d'une fixation", mais tout simplement de préciser en trois noms, que ce fonctionnement de "journalisme de gouvernement" touche aussi bien les présidents de gauche que ceux de droite.
J'ajoute lourdement que, même si Plenel faisait vraiment "une fixation", c'est en lui lâchant la grappe là-dessus qu'on arriverait à s'en débarrasser, pas en revenant sans cesse dessus?
Cher Axel, les méthodes ont évolué. Maintenant les journalistes ne sont plus "écoutés", ils sont "doublés" en post-production à l'Elysée. Regardez ce malheureux Jean-Pierre Pernaut obligé de se justifier en brandissant systématiquement sa carte de journaliste alors qu'a l'évidence son JT n'est que de la propagande. Comme ce doit être humiliant pour lui de ne pas pouvoir exercer ce métier dont il clame partout qu'il est le sien...
On pourrait bien sûr relire le long texte de la Boétie sur la servitude volontaire qui s'impose à tous les journalistes et à tous les citoyens. Mais je voudrais évoquer quelques exemples d'une presse digne de ce nom : L'Aurore et la publication du "J'accuse" d'Emile Zola, l'ambition de la presse créée à la libération (dont Le Monde) après les errances de la presse de la III république, les chroniques de François Mauriac, L'Express des années 50/60 qui ne cherchait pas à flatter le pouvoir. Tous ces exemples montrent que, par intermittence, la presse ou certains journalistes tentent de remplir leur rôle mais que très vite ils retombent dans le confort de la facilité. Même s'ils ne sont pas journalistes, ces experts, toujours les mêmes, qui hantent les plateaux de télévision et qui sont convoqués dans les émissions d'information contribuent également le plus souvent à homogénéiser l'information. Qui en France oserait, comme l'a fait un journaliste américain lors d'une conférence de presse de Richard Nixon dire : "Vous mentez Monsieur le Président". Pourquoi ce mal est-il particulièrement français dans l'ensemble des pays dits occidentaux et démocratiques ? Il suffit de voir la réaction de Dominique Reynié à un simple billet de blog et dont la réponse sur le fond se fait toujours attendre pour s'apercevoir que Médiapart commence à troubler le jeu. Et c'est tant mieux.
Il suffit de voir la réaction de Dominique Reynié à un simple billet de blog et dont la réponse sur le fond se fait toujours attendre pour s'apercevoir que Médiapart commence à troubler le jeu. Pouvez-vous ajouter un lien qui permettrait aux lecteurs d'aller voir ce qu'il en est ?
Bonjour, Au titre du droit de réponse le texte du blog de Dominique Reynié a été repris par Médiapart sur le blog "animateurs du club". Médiapart a proposé un droit de réponse directement sur Médiapart à Dominique Reynié qui a ce jour ne semble pas avoir donné suite. Bien à vous
Merci de cette précision.
Je suis d'accord avec vous Dominique Reynié. Réf à son commentaire : http://reynie.typepad.fr/opinion_europenneeuropean/2008/04/le-problme-des.html?cid=114729926#comment-114729926 Ne pas pouvoir répondre à un blog de Mediapart est un problème. Je suis moi-même abonné à Médiapart et je n'avais pas perçu ce problème. J'ai toujours trouvé qu'il est préférable qu'un blog soit indépendant d'un média. Cela concerne donc Mediapart et Lemonde.fr De la même façon qu'une adresse email doit être indépendante du fournisseur d'accès, etc.
Je n'ai pas lu le blog qui a tout déclenché, mais si je comprends bien, un abonné de Mediapart a mis en cause ce Dominique Reyné sur un de ses billets. De mon point de vue, cet abonné ne représente que lui-même: il est libre d'exprimer ce qu'il veut chez Mediapart, mais cela ne rend pas Mediapart responsable de ce qu'il dit.
Exemple extrême: je me suis moi-même trouvé dans la situation extravagante d'avoir à défendre Jean-Marie Le Pen, jusqu'au point de (presque) me fâcher avec d'autres intervenants. Et comme c'etait à propos du "détail" des chambres à gaz (et non de la Shoah), peut-on imaginer que certains Juifs sensibles et traumatisés par la 2è guerre mondiale, auraient pu commencer à mettre en cause Mediapart? Non, bien sûr que non. C'était ma manière personnelle et maladroite de tenter de rester cohérents. Il était bien clair qu'il s'agissait seulement de moi, et que mon avis, que Mediapart me laisse librement exprimer, n'obligeait nullement Mediapart à endosser mes opinions.
D'autre part, ce Dominique Reyné avance aussi que "le Net" offre des possibilités différentes du Papier. Certes, mais Mediapart aussi se veut différent, du moins un peu différent. Mediapart est aussi un club, où les membres écrivent des billets qu'on peut commenter, à la manière des blogs. Mais il faut bien voir que nous pouvons par exemple éditer nos posts à tout moment, que la longueur n'est pas limitée, que la modération est postérieure et la censure quasi-inexistante. Rien que pour ces raisons, en tant qu'abonné, je refuserais qu'on laisse entrer ainsi n'importe quel troll et n'importe quels provocateurs, qui pourraient rapidement détruire la bonne ambiance constructive et relevée qui règne dans ce club.
Quant à se transformer en forum public, avec toutes les restrictions qu'on connait: pourquoi vouloir faire comme Le Figaro ou Le Nouvel Obs? Non merci!! Ensuite, j'entends (je ne sais pas si c'est vrai), que Mediapart, qui n'aurait PAS dû le faire à mon avis, a tout de même proposé un droit de réponse dans la partie journal (donc officielle: comme s'ils endossaient toutes les conneries que peuvent dire les abonnés) et que ce Reyné n'en a pas voulu? Si c'est ça, voilà bien un exemple d'emmerdeur à l'égo hypertrophié, avec qui il est inutile de s'attarder; non seulement inutile, mais aussi néfaste pour garder un esprit simple, droit et constructif.
Et précisément dans cette optique de ne pas se focaliser ainsi sur une personalité, mais de se concentrer sur la bonne intelligence entre Mediapart, ses abonnés, et le reste des potentiels lecteurs: gardons bien en tête l'esprit général que nous voulions pour Mediapart au tout début.
Ah la presse ! libertée tant rêvée. Excellent papier qui bien évidemment fait encore plus rêver sous les cocotiers de ma Martinique adorée. Mais puisqu'il faut encore y croire..... Merci Monsieur Plenel.
C'est parce qu'il y a encore des journalistes comme EP qu'on s'abonne à Mediapart. Il agace parfois, mais c'est son rôle. Il dénonce le marigaud de la profession (j'en suis, hélas) mais c'est si rare dans ce métier qu'on applaudit. Il explique, et ça c'est devenu très rare dans le métier. Il analyse, et ça c'est antédiluvien. Mediapart, c'est à notre époque, le signe que la presse peut encore troubler le jeu dénoncé par EP. Pourquoi tant de concentrations dans la presse, la mort de Combat, de Paris-Jour, d'un certain France-Soir, d'un certain Libé, d'un certain Monde ? Oui, bien sûr, pour des raisons économiques, a-t-on tendance à répondre. En êtes-vous certain ? Je vous dis, moi, que c'est pour mieux "tenir" l'info, et avec des sous on la tient mieux parce que ça coûtait cher jusqu'à Internet de fabriquer, écrire, vendre, diffuser un journal. La concentration des quotidiens régionaux, au lieu d'additionner les tirages des concentrés, les a divisés par deux (voyez dans les grandes capitales régionales). Mais voilà qu'aujourd'hui, comme naguère, les petites "feuilles" peuvent réapparaître. Moins cher qu'on croyait. À Dijon, par exemple, en 1900, ces feuilles-là pullulaient vers 1905 (Les Guêpes, quel beau titre !). Avec Internet, revoilà les Guêpes façon Mediapart, et c'est la démocratie qui va y gagner. On verra même les quotidiens (papier ou radios) revenir à du vrai journalisme, mais je rêve. Anecdote pour abonder dans le sens d'EP. Quand j'étais journaliste débutant, mon rédactuer en chef m'a dit un matin : je ne vous envoie nulle part aujourd'hui ; allez par la ville, regardez, ouvrez vos oreilles, flânez, et ce soir vous me ramenez sept infos et trois idées d'enquête. Merci Edwy Plenel.
Le triangle est parfait, mais il restera toujours des hommes comme vous pour lui opposer la triade liberté, égalité, fraternité...Bravo! Et puis, je ne crois pas que ces complaisances, ces courtisans aient jamais disparu, malheureusement on retrouve ce triangle infernal à tous les niveaux de la société. Il suffit juste d'en avoir conscience et inlassablement d'oeuvrer. Ce sont les minorités éclairées qui bousculent les choses comme vous le faites si bien... Nadja
J'ai retenu cette phrase du commentaire de Dominique Gautier : Qui en France oserait, comme l'a fait un journaliste américain lors d'une conférence de presse de Richard Nixon dire : "Vous mentez Monsieur le Président". Effectivement, je n'arrive même pas à imaginer la scène. Et en plus, je vois qu'elle me mettrait mal à l'aise ! Je suis donc contaminée par cet habitus bien français qu'a très bien décrit Edwy Plenel. . Tiens, je suis en train d'imaginer une interview de Jean Louis Borloo (sur les suites du "Grenelle" de l'environnement - ou une autre de B. Hortefeux.... par Mediapart, sur Mediapart !
Ce midi sur france inter l'émission de Rebecca Manzoni, revue de presse avec des journalistes étrangers. Le journaliste canadien explique ses débuts de correspondant en France: sortie d'une réunion de ministres (?) un journaliste français tend le micro "Un commentaire mr le Ministre?" et le journaliste canadien d'expliquer qu'il était "soufflé"! Même en 1ere année de journalisme au Canada, il expliquait que ce type de question (bateau) c'était direct la sortie...
Le Canada, justement, avec ce témoignage vécu l'été dernier à l'université de Vancouver, B. C., lors d'un atelier d'écriture journalistique : impossible de convaincre la journaliste-enseignante et les participants que la relecture d'une interview ou d'un article par la personne interviewée était une pratique courante, si ce n'est systématique, en France (même le Monde le fait, tout en le mentionnant, il me semble). L'incrédulité faisait presque mal à voir, tant on y lisait une nouvelle chute de l'image de la France.
Je tiens à rappeler que Céline a obtenu le prix Théophrastes Renaudot en 1934, pour je ne sis plus quel livre, juste un an après la ;prise de pouvoir par Hitler. Et ce n'était pas une coïncidence. On n'écrit pas " marigaud " mais " marigot ". (Pardon pour la pédanterie ).
ThéophrastE Renaudot / pour le ne saIs plus / (pour la pédanterie)
J'adore ces mecs qui veulent toujours avoir le dernier mot !
Cher M.Plenel , je suis d'accord avec votre analyse de la complaisance des medias vis à vis de nos présidents; toute fois, il me semble qu'existe une autre forme de complaisance très répandue chez vos confrères: la complaisance vis à vis de la pensée unique et du politiquement correct. J'ai le sentiment que le monde des medias agit comme le propagandiste de cette idéologie mâtinée de schémas intellectuels de la gauche la plus classique pour ne pas dire archaique et de compassionnel si présente dans notre pays. L'actualité fourmille d'exemples, les derniers en date étant ceux de la couverture des mouvements des immigrés illégaux ou des lycéens. Aucune analyse divergente n'est autorisée et une censure subtile s'établit .Le résultat est un divorce entre ce monde officiel des medias et le citoyen ordinaire qui constate quotidiennement que la réalité est différente. Le point extrême de ce divorce s'étant produit en 2002 lorsque le candidat de l'extrême droite est arrivé en seconde position. Je ne comprends pas pourquoi votre collectivité manque à ce point d'esprits réellement indépendants; la caricature étant la radio de service public dont certaines émissions ainsi que les revues de presse tiennent plus de la pravda que d'une analyse sérieuse, pondérée et contradictoire. S'agit-il d'une uniformité de la formation dispensée dans les écoles ou bien d'un phénomène d'auto-reproductions sociale classique dans les processus de recrutement? En tous les cas, je vous remercie de me permettre d'exprimer des opinions différentes dans Mediapart à qui je souhaite un plein succès.
"Le journalisme, c'est bien, pourvu qu'on en sorte", avions-nous coutume d'entendre à l'époque où, justement, j'essayais d'y entrer. En attendant, restez-y, M. Plenel et Cie. Du Québec, j'ai découvert Médiapart au moment de la mort de Césaire. Quelle bouffée d'air frais. Merci. AL
A journalisme de flânerie, lecture de flânerie... Cher Edwy, Je passais juste par là, faire un petit détour par mon cher "club privé numérique" (c'est quand même plus chic que les cercles privés de jadis - tous disparus ?), après une lecture, au soleil, de mon quotidien "papier" préféré (hé oui je sais, le papier... toujours ce bon vieux support dont on a du mal à se défaire, même si Mediapart est désormais ma première boussole ) et j'ai le bonheur de tomber sur votre dernière contribution. Non seulement la démonstration est exemplaire et implacable mais la perspective historique est instructive, troublante et éclairante. A vous lire on ne rêve que d'une seule chose : que la profession se bouge les fesses et acte selon vos conseils. Rêvons un peu, je le sens bien...c'est pour bientôt !! (on peut toujours rêver, non ??) Un Tiensdonc! tout revigoré par cette lecture de "résistance". Bien amicalement.
PatrickRÖDEL Concert de louanges bien mérité pour votre article qui rappelle avec force les conditions particulières dans lesquelles s'exerce la profession de journaliste. Ces conditions sont-elles propres à la France ? je n'en suis pas sûr ; l'exemple américain est assez exceptionnel et on pourrait trouver, en France, de beaux, de vrais moments d'indépendance vis à vis du (des) pouvoir(s). Qui est responsable de cet état de fait ? beaucoup de gens qui y trouvent leur intérêt, c'est sûr ; la lâcheté ambiante ; le décervèlement opéré par les médias (tout particulièrement par la télé) ; la proximité requise, par le métier, avec les gens de pouvoir, et avec ceux qui exercent le pouvoir (financier) dont dépend le journaliste - cette proximité (ah, être tutoyé par le président de la République - frisson quasi orgasmique -) est malsaine au plus haut point; la vouloir sans complaisance, c'est déjà reconnaitre qu'elle est, la plupart du temps, extrêmement complaisante. Mais enfin, des études sur la presse, des études critiques, il y en a eu et d'excellentes et depuis longtemps déjà - bien sûr, Bourdieu, Serge Halimi, Alain Accardo, Bouveresse et ses travaux sur Karl Krauss, Derrida et ses entretiens parus sous le titre Ecographies consacrés à la télé..., d'autres encore, dont le titre m'échappe pour l'instant. Quel écho ces études ont-elles eu dans la presse ? presque aucun. Que leur reprochait-on ? d'être excessives ? je ne crois pas que ce soit le point - bien des journalistes, en disaient autant, mais off, bien sûr. Ce qu'on leur reprochait c'est de n'avoir pas été écrites par des journalistes. On ne peut pas critiquer la presse, si on n'est pas du sérail. Ca me fait penser à ce qui s'est passé à Bordeaux, ces derniers mois. On a vu surgir, sur une place du centre ville, d'étranges rampes de lancement de roquettes qui recouvrent l'entrée et la sortie d'un parking souterrain. Que ce soit beau ou pas, provoc ou ridicule, importe peu. Ca casse une perspective, ça condamne toute une partie de la place, et les gens qui y passent ne voient plus rien. Mais personne ne s'était rendu compte de l'effet produit, irresponsabilité totale des gens qui avaient donné leur aval. Pendant la campagne électorale, deux des principaux candidats ont promis de faire détruire cette oeuvre d'art. Tollé unanime de la profession, tous les archis, même ceux qui confessent en privé trouver ce truc nul à chier, crient au scandale : c'est fait, c'est fait, impossible de revenir en arrière. Bel exemple de cet esprit de corps qui crée des solidarités sclérosantes et qui interdit de prendre en compte des critiques qui peuvent être utiles, salutaires même d'où qu'elles viennent. Bravo donc pour cet article.
Comme beaucoup d'entre vous, je suis revigorée après cet article, et comme beaucoup d'entre vous je suis partagée entre l'espoir et le découragement. Cet article nous fait espérer que peut-être une bouffée d'air déontologique commence à agiter les rédactions... Oserais-je demande à EP de développer dans l'une de ses flâneries, avec tout le savoir-faire qui le caractérise, les acceptions possibles du mot COMMUNICATION? Je crois que ce serait intéressant pour tous de rétablir par opposition à ce mot, ce qui est, ou plutôt ce qui est devenue l'INFORMATION mais surtout ce qui est devenue l'ACTION POLITIQUE. Cette confusion entre communication-information-action me perturbe en tant que citoyenne. Comment est-il possible pour un journaliste de ne pas interpeller un Président ou un Premier Ministre en leur demandant de mieux s'expliquer alors qu'ils reconnaissent des erreurs de COMMUNICATION mais qui restent droit dans leurs bottes quant au contenu de l'action communiquée? Personnellement, je ne sais pas encore si les mesures dont ces personnages font leur mea culpa vont être rectifiées puisque reconnues erronées.
Cher Edwy Plenel, merci pour votre texte très stimulant. - Une petite remarque : ayant consulté mon exemplaire du Discours de la Servitude volontaire (G-F Flammarion, collection Œuvres de Philosophie Politique, avec Chronologie, Introduction, Bibliographie, Notes par Simone Goyard-Fabre, 1983), j'ai vu la note suivante (p. 129) : Le titre de Contr'Un, souvent utilisé, n'a pas été donné au Discours par La Boétie.
Chère Anne Guérin-Castell, Vous me troublez grandement. Actuellement, je suis un peu loin de ma bibliothèque "papier" pour confronter, mais j'ai toujours lu le Discours avec ce sous-titre en forme de prolongement : "… ou le Contr'Un". Si votre édition a raison, cela voudrait dire que le Contr'Un a été ajouté ensuite, après la première édition de 1549, par des lecteurs/éditeurs ayant bien saisi le cœur de l'argument de La Boétie. Cœur que résume cette forte interpellation du Discours: "Qui garde le tyran quand il dort ?"
D'après ce qu'écrit Simone Goyard-Fabre dans son Introduction, le Contr'un serait apparu pour la première fois dans la version du Discours donnée par Simon Goulart en 1576 dans Mémoires des Etats de France sous Charles Neufiesme, un recueil de libelles qui fut largement diffusé.
Chère Anne, Merci de ces précisions. Vous m'avez appris quelque chose. De l'intérêt et du plaisir des conversations mediapartiennes…
Monsieur Plenel. A mon tour de vous remercier, pour l'article -qui est un bel article, conforme à la vocation de loyauté, et de grandeur coeur, revendiquée par Médiapart-, mais surtout pour m'avoir fait découvrir un livre, qu'à 60 ans, je n'avais pas encore lu. Pourtant je lis beaucoup et je ne peux vivre sans lire. Moi aussi je flâne, comme vous...Je suis photographe...Sans promenades, peu ou pas de photographie... Ma flanerie (dans Médiapart) m'a fait découvrir "Discour de la Servitude Volontaire". Quand à la servitude volontaire que vous dénoncez, si elle a pour cause immédiate la corruption par l'argent, elle a pour cause profonde la corruption philosophique qui tient au fait que, ceux qui font la Communication (et pas seulement présidentielle), comme ceux qui les servent, NE LISENT PAS, croupissent dans l'ignorance, avec un peu de pouvoir. Et pire encore, ils ne lisent que les revues de presse quotidiennes, leur source de culture de servitude du Pouvoir, qui leur donne un peu de pouvoir. Si vous êtes un homme libre, au grand coeur, c'est parce que vous lisez, et avez lu, des êtres qui ont labouré et semé la Terre de la Liberté, dont La Boétie. Mes salutations. Et mon soutien à Médiapart (que je lis maintenant tous les jours...au détriment -un peu- de mes livres qui m'appellent).
Bravo pour la qualité de l’article et pour la qualité des commentaires. Toutefois… J’ai tendance à faire la différence entre la presse de grande diffusion que votre article croque et creux et en ronde-bosse d’une façon tout à fait ressemblante, et la presse de diffusion aléatoire ou confidentielle où parfois, la liberté rime avec la dissidence, avec le Un réexaminé, avec le courage de voir ce que l’on voit et de dire ce que l’on pense. J’ai tendance également à penser que quelques libertés formelles (et symboliquement saillantes, comme le «vous mentez M le Pt ») chez nos voisins, ne produisent pas automatiquement le printemps du journalisme. Je constate que chez eux aussi il devient suicidaire électoralement de se présenter sous l’étiquette d’un parti qui ne se résout pas à la pénalisation progressive des luttes sociales. Le rouleau compresseur médiatique initié par notre brave Théophraste n’est pas, à mon avis, notre apanage exclusif. Mais il y a eu comme certains le soulignent fort justement des moments journalistiques plus dignes que ceux d’aujourd’hui. Sans aller chercher très loin, je citerai Camus, Jean Daniel, Jean François Khan ou le Canard Enchaîné, Libération dans ses commencements, le Monde par quelques articles comme celui d’Etienne Balibar sur Israel et la Palestine qui me revient à l’esprit et me semble un modèle du genre… SergeK
Si je me souviens bien, Monsieur Nicolas Sarkozy, avait émis quelques critiques sur les quelques journalistes présents lors d'un entretien télévisé parce qu'ils étaient mous et trop révérencieux, pourquoi alors, ai je découvert, au début de sa dernière allocution de quatre vingt dix minutes, des journalistes -guindés et peu à l'aise dans l'exercice journalistique -protocole qu'en tu nous intimide- Je crois que la naîveté passée de Monsieur Dasquié -sur les pratiques journalistiques en France aujourd'hui -, doit lui faire regretter sa candeur lorsqu'il traitait encore de sujets d'Etat en septembre 2007, sachant que lui n'était à la botte de personne. Je sors peut-être du sujet mais je pense que l'avenir Démocratique de notre pays passe également par la liberté de la presse -pas celle des jeux du cirque, où l'on met des people en mauvaise posture dans la scrutation de leur vie privée, pas celle qui s'organise bienveillante autour du pouvoir en place. La France file un mauvais coton démocratique, un coton à fibres courtes, qui tient tant que l'on tire pas trop de dessus. Essayons, de prendre exemple sur les règles démocratiques de quelques pays nordistes où le maître mot est RESPONSABILITE. Ah oui, j'oubliais, le Président est irresponsable politiquement dans notre pays ; si seulement cette simple règle pouvait changer. Si elle pouvait changer non pas pour créer le chaos d'une inconstance gouvernementale comme sous la IV ème République, mais pour que des hommes et des femmes qui viennent au pouvoir ni viennent pas y faire métier, mais y faire avancer le pays dans la responsabilité. Est-ce utopique?
Parmi les questions qui n'ont pas été posées à notre hyper Président, une au moins mériterait un développement : "Sommes-nous entrés dans une période de rigueur ?" autrement dit la "Réforme", terme revu et corrigé par les équipes de communicants, n'est-elle pas l'habillage politiquement correct des efforts demandés au peuple ? Est-ce impertinent de poser une telle question ?
Bonjour Edwy Plenel, Qui ne serait d'accord avec vos propos ? Toutefois, j'aimerais que soient recherchées des solutions pour sortir de cette situation que vous déplorez ! Les journalistes ont une très grande responsabilité, voire sont les seuls responsables, dans cette situation. A t on vu les journalistes critiquer les journalistes qui ont posé des questions à N.Sarkozy par exemple ? Aucun journaliste n'a pointé pour prendre un exemple simple que la hausse du barril de pétrole et la hausse de l'euro avaient des effets qui s'annulaient... Je change maintenant de sujet, mais nous ne nous en éloignons pas tant que cela : comment est ce possible que mediapart ne dise pratiquement rien sur l'affaire "Pascal Sevran" ????? On se tient les coudes dans la corporation ? Je trouve cela effarant ! Je dois sans doute me tromper. A moins que vous en ayez parlé, mais je dois dire que je ne trouve plus le temps de lire tous les articles qui sortent.
Je vais encore me répéter mais je suis abasourdie par cette impression de journalistes hypnotisés tels des lapins pris dans les phares de la limousine présidentielle. Le casting certes élargi fut de qualité si on oublie David Pujadas et Patrick Poivre, à jamais indécrottables. Mais Yves Calvi qui ne s’en laisse pas compter dans son émission sur France 5, pourquoi ne reprend-il pas le président qui par trois fois fait une réponse hors sujet en n’entendant pas ou en faisant semblant de ne pas entendre les termes précis employés dans les questions à savoir « régularisation » et « naturalisation ». Car il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre puisque le président sait très bien la différence entre régularisation d'un droit de séjour et naturalisation, dont certains caressent le rêve certainement. Valérie Auger, souvent percutante dans sa pédagogie européenne sur France 3, a bien voulu essayer de ramener le débat sur les heures supplémentaires à la mesure de l’individu. En effet dire que le salaire net mensuel est augmenté d’environ 50 euros c’est autrement plus parlant que des chiffres globaux tels que X millions de salariés ou entreprises ayant eu recours à ce procédé afin de "gagner plus". Le président lui a rétorqué que son chiffre était faux et qu’il y reviendrait plus tard mais on attend toujours… Quant à Vincent Hervouet pour la politique étrangère, comme il se l’interdisait pourtant, il a laissé «s’échapper son interlocuteur » qui n’a su que débiter des argumentaires appris par cœur. Dernier lapsus révélateur de journalistes hypnotisés qui ne réagissent toujours pas aux propos d'un interlocuteur qui se saoûle de mots mais qui ont pour le moins surpris ceux qui étaient de l’autre côté du poste : « une partie des Français se disent, au fond, il fait une politique pour quelques uns et pas pour tous. Si les Français croient ça, ils ont raison de le croire, je dois en tirer des conclusions immédiates. »
Sandra Serrepuy, journaliste Au-delà des grand-messes télévisées de notre cher président de la République, ou des ballets incessants des ministres dans telle ou telle émission télé ou radiodiffusées, les relations entre politiques et médias souffrent en effet de la promiscuité et des faveurs faits aux uns ou aux autres. Nous autres, journalistes de petits journaux, souffront quotidiennement de ce que les projets des ministres soient confiés aux mêmes journalistes, toujours. Quelques soit-disants grands quotidiens nationaux ont toujours toutes les infos avant tout le monde, tant et si bien que nous en sommes venus à nous dire souvent : "Qu'allons-nous traiter aujourd'hui comme sujet ? Allons voir ce que machin (j'ai un nom précis en tête, mais vous comprendrez que je legarde pour moi!) a écrit aujourd'hui, on saura ce qu'il faut traiter". Ce n'est pas du suivisme, c'est juste que ces journaux-là se font outils de propagande du gouvernement, à l'encontre de toute déontologie. Nous sommes arrivés dans l'ère de la com' à outrance. On ne peut même pas en vouloir aux politiques de s'y essayer, puisque ça marche. Puisque nous, les jounalistes, acceptons de manger de ce pain-là, que nous ne disons pas "stop" à cette façon de nous utiliser. Un exemple encore : rappelez-vous la grande conférence de presse de Nicolas Sarkozy, quand ce dernier s'est moqué de Laurent Joffrin. Personne n'a ouvert la bouche mais pire, les centaines de journalistes présents ont ri de ce que Nicolas Sarkozy disait. Revoyez les images... Ca ne choque personne ? Qu'est le journalisme devenu ? Tant que les journalistes accepteront de "travailler" de cette façon, que les lecteurs accepteront la soupe qui leur est servie quotidiennement, nous serons nombreux à ne pas prendre notre pied en écrivant et/ou en lisant la presse française...
Bien sur, l'exemple que vous donnez de la conférence de presse au cours de laquelle Laurent Joffrin s'est fait "allumer" par le président pour le plus grand bonheur de nombre de ses confrères est révulsant. Mais il me semble infiniment plus choquant que le "graal" des journalistes français que vous décrivez, soit de recevoir ce hochet ("le hochet républicain") que représente une distinction dans l'ordre de la Légion d'honneur des mains les plus hautes placées possibles du sérail politique. G. Sellès
Pourquoi donc n'ai-je pas encore trouvé - sauf ici - chez les journalistes professionnels un seul propos critique sur le fameux "courage" dont Sarkozy aurait fait preuve le jour où il a convoqué les cinq "hocheurs de tête" à l'Elysée ? "Courage" a dit Devedjian quelque part, mais de quel courage s'agit-il ? Mediaparteurs, allez vite lire le billet de Gregorio ici, là, dans ce blog, placé juste à côté de Mediapart, sur mon bureau :
L'adresse n'est pas apparue dans le commentaire précédent; la voici : http://jeanfer.com/news/gregorio-le-courage-de-sarkozy
Sur le journalisme : une partie du mal vient de l'enseignement désastreux de ce métier, assuré soit par les pontes de la profession, évidemment asservis ; soit par des seconds couteaux dont l'horizon professionnel et éthique est étroit. À ma connaissance, peu de journalistes du "Canard" dans les (trop nombreuses) écoles de journalisme-conformisme. Et d'ailleurs vous, Edwy Plenel, avez-vous déjà enseigné, c'est-à-dire transmis dans la ferveur et l'inquiétude des éléments de votre éthique professionnelle ? Par ailleurs, il faut refaire après tant d'autres la sociologie de la profession. Jusqu'à ces dernières années, la grande majorité des journalistes était issue de la classe moyenne, moyenne "inférieure". Or, le pouvoir d'achat, et le prestige social y afférent, de la majorité des journalistes français est faible, toutes choses égales par ailleurs – pas de 4 x 4 ni de maison de campagne ou d'appartement dans le VIe arrondissement de Paris quand on travaille dans un journal "moyen", à un poste "moyen". Les journalistes sont donc en demande d'ascension sociale, torturés par l'angoisse créée par le décalage entre leurs aspirations et la réalité – déclassement et paupérisation, surtout par comparaison avec leurs ex-condisciples, "Sciences Po'" aux commandes des ministères ou des entreprises. Dans une telle situation, les attachées de presse publiques ou privées n'ont aucun effort à faire pour corrompre : le journaliste "moyen" jouit (sens Lacan) d'être invité au Crillon ou au restaurant de l'Assemblée nationale pour y être abreuvé de champagne. Il ne voit pas que ces miettes pitoyables de statut sont la monnaie de singe avec laquelle il est payé par ses maîtres, à défaut de conditions de travail décentes qui lui permettraient d'exercer dans la dignité son métier – informer ses concitoyens. Enfin, ne surestimons pas le niveau culturel et intellectuel du journaliste "moyen" (je le sais, j'ai fait partie de la profession) : combien de véritables livres lus par un journaliste chaque année – combien d'entre eux connaissent La Boétie ? L'inculture des journalistes est profonde, équivalente à celle des Français toutes classes confondues. De même, l'aspiration à la liberté et à la démocratie : chez les journalistes français, comme chez les juges, médecins, avocats, députés, ministres et autres notables, cette aspiration est historiquement faible. Le passé nous l'a montré, le futur nous en apportera à nouveau la preuve : chaque fois que les Français ont le choix, la grande masse choisit la soumission. Il est donc normal que le désir (sens Lacan) de se coucher devant les puissants ait été, dès l'origine et jusqu'à aujourd'hui, érigé en norme par la profession.
bonjour à toutes et à tous, voici quelques maximes au cours de mes lectures >> nul pauvre ne vit parmi nous. on ne trouve ni voleur ni larron chez nous, et ni l'adulateur ni l'avarice n'ont une place ici. il n' y a pas de discorde entre nous. nos hommes regorgent de richesses. Lettre du Prêtre Jean, Utopie ? lire Thomas More. >>... l'autorité m'est insupportable, la dépendance invivable, la soumission impossible... Michel Onfray, "politique du rebelle-traité de résistance et d'insoumission" merci MEDIAPART, peut-être la tombe m'accueillera t-elle moins imbécile, pas gagné !!!
Merci , Monsieur Plenel, de mettre à disposition de vos lecteurs, votre intelligence, vos connaissances, vos interrogations,vos découvertes, votre passion, votre dignité, votre respect..........en fait votre professionnalisme afin que celui qui vous lit, puisse se faire une opinion en toute liberté. Ce qui fait la différence, c'est justement l'analyse, le questionnement, l'apport différencié, la mise en perspective..... Comment le citoyen se forge t-il son opinion? Comment peut il émerger de la masse de paroles, de mots déversés journellement par tous les médias? Et puis le sarkosisme apporte la déstabilisation : Rien n'est acquis, tout peut changer dans l'heure qui suit! Comment peut-on suivre la politique de notre pays avec un président qui décide de tout , tout en ne sachant pas où il va. Il lance des leurres et attend pour voir si ça mord. En fait, ce qui l'intéresse, c'est d'être président. Il joue le rôle du président sur la grande scène de la vie. Ce qui est lamentable , c'est que notre vie , à chacun, dépend de sa prestation. J'aime le cercle qui permet à chacun de voir l'ensemble, tous au même niveau, dans nos différences. A-t-on vraiment besoin d'un clown au centre?
ll est curieux et même inquiétant (pour nous au XXI° siècle) de constater qu'au XVI°, La Boètie, vivant sous une monarchie incontestée, cite en premiers, les tyrans issus de la Démocratie ! On pourrait en citer beaucoup, avant et surtout après le XVI° ! Mais revenons au nôtre ! Prémonition ? Avertissement ? et alors que faire ? attendre quatre ans, c'est long ! Merci Mr Plenel pour vôtre excellente analyse du journalisme de Gouvernement ! Pierre Predali
ll est curieux et même inquiétant (pour nous au XXI° siècle) de constater qu'au XVI°, La Boètie, vivant sous une monarchie incontestée, cite en premiers, les tyrans issus de la Démocratie ! On pourrait en citer beaucoup, avant et surtout après le XVI° ! Mais revenons au nôtre ! Prémonition ? Avertissement ? et alors que faire ? attendre quatre ans, c'est long ! Merci Mr Plenel pour vôtre excellente analyse du journalisme de Gouvernement ! Pierre Predali
merci pour l'article-promenade. je me demande s'il n'est pas intéressant de souligner que selon La Boétie si les sujets supportent le pouvoir despotique, pire encore lui remettent de plein gré le gouvernement total de la société c'est effectivement parce qu'ils y trouvent leur compte...ou plutôt parce que leurs représentants directs y trouvent leur compte. Rousseau écrivait dans son Contrat social que la représentativité tuerait la démocratie car elle favorise l'opacité et éloigne le citoyen du pouvoir décisionnel (il est vrai que parfois j'aimerai avoir Mr;Darcos en face de moi pour lui exprimer tout mon ressentiment)...je suis heureuse de participer à un journalisme responsable qui n'a pas oublié l'utilité et la validité de la déontologie ,et qui a compris en même temps que la transparence et la libre critique n'est possible que si les citoyens-sujets s'expriment eux-mêmes...
Chère Diane S., Entièrement d'accord, et merci de votre merci.
Les biens de consommation invendus sont partout massivement détruits… Par manque de pouvoir d’achat, la misère s’étend. Dans cette société de gaspillage, le problème n’est donc pas économique, il est juridique. Il faut une loi pour garantir le pouvoir d’achat L’exclusion aurait pour cause une crise économique. Or, une crise est économique lorsque les magasins sont vides par manque de matières premières, d’énergie, de main-d’œuvre, de savoirs et de technologie. Lors d’une crise économique, même avec de l’argent, on ne peut quasiment rien acheter par pénurie de production. En France, comme dans les pays du Nord, ce n’est pas le cas. Pour preuve, malgré les quotas qui limitent les productions, malgré les soldes, on détruit massivement les invendus tels que les produits de consommation courante. Un exemple, chaque année, on détruit 50% des fruits et légumes. Si le problème n’est pas économique, quel est-il ? Le problème numéro un, c’est, pour beaucoup, une pénurie de pouvoir d’achat. Dans un monde d’abondance, des gens sombrent dans la misère par insuffisance de pouvoir d’achat. Qu’est-ce que le pouvoir d’achat ? C’est de l’argent qui vient des revenus qui, eux-mêmes, proviennent des investissements. Et les investisseurs trouvent cet argent dans un seul et unique endroit, la banque. Le problème, c’est qu’ils achètent cet argent contre intérêts. Mais ces intérêts, les intermédiaires s’en débarrassent en les répercutant sur les prix à la consommation. Résultat, nous payons, en moyenne, pour un produit acheté, 30% d’intérêts. Ces intérêts abaissent donc le pouvoir d’achat de 30%. Une goutte d’eau pour les riches, une charge insupportable pour les bas revenus. Situation d’autant plus scandaleuse, quand on sait que l’argent en circulation est électronique à plus de 90%, sa création est quasiment gratuite, des chiffres et des lettres sur un disque dur d’ordinateur. Conséquence, toute production de richesses provoque un nouvel endettement. Avec obligation de travailler toujours plus au-delà de nos besoins, produire n’importe quoi dans n’importe quelle condition, au nom du seul paiement des intérêts. Et ce supplément de travail va créer des richesses provoquant inexorablement un nouvel endettement, et ce, jusqu’à la fin des temps… On entretient cette croyance fausse que l’argent vient des profits réalisés par les entreprises. La réalité est radicalement différente, d’un côté, les richesses produites dans les entreprises (biens ou services) et, de l’autre, l’argent créé dans les banques. Deux origines totalement différentes. La rencontre des richesses et de l’argent se faisant uniquement au moment de l’achat. A l’origine, le banquier, par la monnaie, donnait un droit, celui de prendre (acheter). Ce droit ne se vendait pas. La monnaie, inventée pour dépasser les conflits provoqués par le troc, avait pour fonction de pacifier les relations humaines. Payer vient du latin « pacare » qui signifie « faire la paix..» Les intérêts, en transformant la monnaie en marchandise, sont à l’origine d’un système générateur d’inégalités et d’exclusion. D’intègre, le banquier s’est transformé en juge corrompu. Il faut que la monnaie soit créée, non pas en fonction d’intérêts privés, mais uniquement en quantité équivalente aux richesses produites. Dénoncer les causes qui entraînent les gens vers la misère sous toutes ses formes, c’est affirmer haut et fort que le pouvoir d’achat (l’argent en l’occurrence) n’est pas un problème d’ordre économique, n’est pas un problème de production. Que l’argent du pouvoir d’achat, injustement attribué, relève du domaine de la justice, et donc du droit. Le droit appelant un positionnement législatif. Aux parlementaires de voter une loi redonnant aux Etats le contrôle d’une monnaie publique et sans intérêts. Au-delà de la servitude du salariat…. Dans les périodes de pénurie, quand les outils étaient rares, la monnaie servait à échanger des produits sur la base d’un temps de travail qui était essentiellement humain. En 200 ans, la productivité a été multipliée par 20. Cinq hommes suffisent là où il en fallait cent… Aujourd’hui, 95 % du travail contenu dans un produit est effectué par des machines. Les machines ne réclamant aucun pouvoir d’achat en échange font que ce travail est gratuit…Nous sommes tous les héritiers du patrimoine technologique accumulés par les hommes depuis trois millions d’années. Ce patrimoine de savoirs et de savoir-faire légitime un revenu d’existence dissocié de l’emploi, la monnaie étant créée en fonction des seules quantités de richesses produites. Des produits inutiles ou dangereux fabriqués au nom du profit disparaîtraient. Ainsi, le temps de travail moyen de chacun baisserait considérablement. Le temps libéré de la production permettrait à tous de s’occuper, et de soi-même et des affaires de la Cité. Surgirait alors une démocratie authentique où les citoyens auraient enfin le pouvoir de décider de la production des biens et services nécessaires à la satisfaction de leurs besoins. Le respect de l’environnement devenant la règle. 04/03/08 Libérons La Monnaie groupe de Nantes et du Pellerin infos et contact : Alain Vidal, 5, avenue Louis Vasseur, 44 000 Nantes vidal.mothes@wanadoo.fr blog : liberonslamonnaie.blogspot.com 02 40 89 32 03
En 1848, l'abolition de l'esclavage n'a pas aboli la servitude. En 1948, la Déclaration Universelle des « Droits » de l'Homme, légitimant le salariat, perpétue le commerce d'êtres humains. APPEL DU 10 MAI L'ECRIT DES PEUPLES CONTRE LA SERVITUDE pour une authentique Déclaration Universelle des Droits de l’Homme 10 mai 2008,, de Nantes, ville d'avant-garde dans la reconnaissance de son passé négrier, Libérons La Monnaie lance un appel, via internet, afin que l'humanité se libère de la servitude monétaire et salariale. L'esclavage aboli, l'extension du salariat n'a fait que moderniser la servitude en l'adaptant au progrès technique. L'objectif restant le profit monétaire. La société salariale, organisant la vente d'êtres humains en échange d'argent (le salaire), traite l'individu comme une marchandise. Du marché aux esclaves au marché au travail, qu'on soit vendu ou qu'on se vende, il y a toujours achat d'une force humaine de travail. Avec le salariat, le commerce d’êtres humains s’est généralisé à l’ensemble des continents. Peut-on espérer des droits, dits fondamentaux, dans un monde de servitude? Partant d'un Préambule fondateur traduit en plusieurs langues, cet appel est une invitation à l'écriture d'une authentique Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Pendant un an, chacun, sur tous les continents, pourra y contribuer. 10 mai 2009, l'Ecrit des peuples devenu Déclaration Universelle, sera rendu publique à Nantes. Préambule pour écrire une authentique Déclaration Universelle des Droits de l’Homme 1-Considérant que la force de travail, physique et intellectuelle, de l’individu est la composante essentielle de la nature humaine. Considérant que cette force de travail fait partie intégrante de la personnalité. Chacun doit en être le seul dépositaire et propriétaire. Toute personne ayant droit au libre choix de son travail, chacun disposera librement de sa force de travail, dans le respect d’autrui. Nul ne peut l’acheter, ou s’en emparer par la ruse, par la force ou tout autre moyen contraire au libre arbitre de chacun. Nul ne peut l’en déposséder contre son gré pour en tirer profit 2-Considérant que toute avancée nouvelle, scientifique ou technologique, n’est qu’un fruit, qu’une partie infime, à un moment donné, du patrimoine culturel accumulé par les hommes depuis l’aube de l’humanité. Considérant que le Savoir a cette particularité de pouvoir appartenir à un nombre illimité d’êtres humains, sans en déposséder aucun. Nul ne peut se prévaloir d’un savoir, s’en accaparer, et en limiter l’accès en subordonnant autrui. Considérant que la privatisation des grands moyens de production, d’échange et de communication crée les conditions qui ne laissent pour solution, au plus grand nombre, que le recours à la servitude dans le salariat. Nul n’a le droit de privatiser ces moyens pour en tirer profit par l’achat de la force de travail d’un être humain. Considérant que les grands moyens de production, d’échange et de communication font partie intégrante de ce patrimoine. Chacun, de la naissance à la mort, a le droit, en tant qu’héritier de ce patrimoine, à un revenu d’existence. Le temps de travail relevant de l’intérêt général est décidé démocratiquement. 3-Considérant que toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale, chacun est fondé à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité. Considérant que la monnaie est constitutive d’un pouvoir d’acheter des biens et des services qui garantissent les droits fondamentaux de la personne humaine. Considérant que ce pouvoir d’achat est subordonné au pouvoir de création monétaire. Le pouvoir de création monétaire releve de la volonté des peuples, unique fondement de l’autorité des pouvoirs publics. Ceux qui détiennent le pouvoir de création monétaire, expression de la volonté commune, ne profiteront pas de leur fonction pour en tirer des intérêts privés, quels qu’ils soient. Nul n’a donc le droit de contraindre autrui à vendre sa force de travail au nom d’intérêts sur la monnaie, intérêts contraires à l’intérêt général. 4-Considérant que les intérêts sur la monnaie, conjugués au salariat, constituent un système qui organise le commerce des êtres humains, mis en situation de vulnérabilité, en vue de tirer profit de leur force de travail. Considérant que le système de création monétaire avec intérêts, associé au salariat, constitue l’obstacle majeur à la satisfaction des besoins garantissant les droits fondamentaux du plus grand nombre. Les intérêts sur la monnaie et le salariat sont abolis. Après l'esclavage et le servage, l'abolition du salariat annonce la fin de l’Ancien Régime. Le commerce des êtres humains, définitivement aboli, inaugure l’avènement de la démocratie économique respectueuse d'un écosystème dont tous les hommes sont tributaires. La démocratie économique ainsi fondée ouvre la voie à la démocratie en politique. Libérons La Monnaie [collectif de Nantes et du Pellerin] le 10 mai 2008 Un wiki-forum d'échange est en voie de constitution. Dans l'attente, envoyer vos contributions à : vidal.mothes@wandoo.fr Alain Vidal 5, avenue Louis Vasseur 44000 Nantes Liberonslamonnaie.blogspot.com
De la servitude monétaire Les passages entre guillemets sont extraits de l’article de Edwy Plenel, « Au pays du journalisme de gouvernement » « De la servitude volontaire, le cri de liberté d'Etienne de La Boétie (1530-1563), était sous-titré Contr'Un. Autrement dit contre toutes ces unicités dominatrices qui refusent, combattent, épuisent et détruisent nos pluralités, diversités, oppositions et contradictions. Du vivant de l'ami de Montaigne, leur malfaisance était concentrée dans le principe monarchique de droit divin, sous le joug duquel, entre temporel et spirituel, l'ordinaire humanité s'était accoutumée à courber l'échine. Il faudra quelques siècles pour que l'étonnement solitaire de La Boétie devant cette accoutumance à la servitude nous paraisse une évidence. » Combien de siècles encore « pour que, dans ce pays-ci, journalistes et citoyens, journalistes citoyens, nous sortions de notre torpeur soumise » à la servitude monétaire ? Combien de temps encore à courber l’échine sous le joug d’une création monétaire discrétionnaire au profit d’intérêts banquiers conjugués à ceux des monopoles. Combien de siècles encore pour que l’étonnement minoritaire d’une poignée d’éclaireurs nous paraisse une évidence Continuons, « L’image plus médiapartienne du cercle ne s’opposera à ce triangle du renoncement que par des cercles qui se recoupent et se croisent, cercle des collaborateurs du journal, cercle des contributeurs du club, cercle des journalistes, cercle des lecteurs, cercle des abonnés, cercle des curieux, cercles sans angles, sans angles morts surtout, sans coins ni recoins, tous cercles ouverts » à un journalisme d’investigation qui osera dire la vérité sur la servitude monétaire cause première de la misère du monde. Il y a plusieurs milliers d'années, la monnaie, formidable invention pour dépasser les lourdeurs du troc, a opéré un extraordinaire rapprochement entres les hommes en démultipliant les échanges. Une monnaie créée en quantité équivalente aux marchandises produites autorisant jusqu'aux échanges les plus modestes. Une monnaie garantie par les seules productions et dont le support (coquillage, métal, bois...) n’avait intrinsèquement aucune valeur marchande. Une monnaie de lien non confondue avec les biens échangés. Une convention, un langage reconnu par tous. Une monnaie qui, par la mutualisation des techniques et des savoirs qu'elle générait, a puissamment contribué au développement des grandes civilisations dont nous sommes les héritiers. Mais depuis la Renaissance, les banquiers européens, précédés de la soldatesque, ont imposé à l’ensemble de la planète, une monnaie à intérêts, une monnaie payante, une monnaie d'endettement, une monnaie appauvrissant des populations longtemps autonomes. Une monnaie transformée artificiellement en marchandise, au prétexte qu’elle était garantie par l’or, contredisant une réalité têtue: les réserves de ce métal rare ayant toujours été inférieures, et de beaucoup, à la valeur marchande des échanges. Aujourd’hui, les réserves totales des banques centrales en or ne sont qu’un minuscule îlot dans l’océan des 2500 milliards de dollars échangés chaque jour sur les places financières. Depuis des centaines d’années, les monnaies autochtones sont interdites, leur usage étant sévèrement réprimé. Les intérêts, le prix de l’argent, réduisent considérablement les échanges marchands. Ecrasés par l’endettement, les petits producteurs indépendants (paysans, pêcheurs, artisans) sont inexorablement réduits au chômage, expropriés par les banquiers qui s’emparent « légalement » de leurs biens. Les intérêts ont rompu le lien. Devenus vagabonds, il ne reste pour ces dépossédés qu'une solution, la réduction à la servitude salariale dans des entreprises financées par les banquiers. Financement provenant tout naturellement du processus de dépossession de ces petits producteurs, auparavant indépendants. Aujourd’hui, ce mécanisme continue inexorablement, déclanchant, notamment, des émeutes de la faim, conséquence de la destruction de cultures vivrières ancestrales ayant laissé la place à des productions destinées à l’exportation au profit d’intérêts monétaires. Par le contrôle absolu qu’ils exercent sur les échanges, les banquiers ont un pouvoir de vie ou de mort sur les habitants de la planète. Quantité de productions répondant à des besoins vitaux, et réunissant toutes les conditions de faisabilité, sont purement et simplement interdites de financement car ne rapportant pas aux banquiers des intérêts suffisants. Les productions culturelles, édition, presse, entre autres, n’échappent que rarement à ce chantage. La rédaction de Médiapart tant attachée au principe d’indépendance a devant elle un grand chantier qu’aucun grand média n’a osé encore ouvrir, le chantier de ces « angles morts » du non-écrit, là, où la servitude monétaire et sa vieille complice, la servitude salariale sont plus vivantes que jamais. Alain Vidal, association « Libérons La Monnaie » (vidal.mothes@wanadoo.fr http://www.liberonslamonnaie.fr/)