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M. Besson, la France est à Clichy-sous-Bois
Ce mardi 27 octobre 2009, cela fait quatre ans. Quatre ans que deux adolescents sont morts, brûlés vifs, dans un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés par peur des policiers qui les poursuivaient alors qu'ils n'avaient commis aucun délit. Quatre ans que les familles et les proches de Zyed et Bouna attendent la justice tout comme les parents et les amis du troisième jeune, le survivant Muhittin. Quatre ans que les banlieues françaises ont été le théâtre d'émeutes provoquées par les mensonges et le mépris du ministre de l'intérieur de l'époque face au drame de Clichy-sous-Bois.
Entre-temps, le ministre est devenu président de la République et, avec lui, «l'identité nationale» est entrée eu gouvernement. Nous le devinons tous d'instinct: sous la rhétorique rassembleuse, c'est une machine à exclure. A rassembler dans la peur de l'autre. A diviser pour régner. A égarer et à tromper: quand les dirigeants d'une nation ont besoin de la proclamer, c'est qu'ils la méconnaissent et la mésestiment, entre ignorance et oubli. Et il suffit de revenir à Clichy-sous-Bois pour le comprendre. Car ce que montre le drame de Clichy, quatre ans après, c'est que, sous ce pouvoir, la France n'est plus donnée à tous les Français. Qu'elle est refusée, dans l'ordinaire des vies quotidiennes, à certains de ses habitants. Que, pour eux, elle est devenue lointaine, inégale, injuste. Plus lointaine, plus inégale, plus injuste qu'hier.
Le hasard des notoriétés et des engagements a fait que les avocats des familles de Clichy sont aussi les miens, devenus depuis ceux de Mediapart, Maîtres Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman. Trois mois après le drame, dans un livre sous-titré Morts pour rien, ils avaient raconté, avec mon aide, L'Affaire Clichy, telle qu'ils l'avaient vécue (Stock, 2006). Dans un sursaut identique, la productrice Fabienne Servan-Schreiber en fit un film, L'Embrasement, diffusé sur Arte début 2007, avant l'élection présidentielle. Le sens de cette chaîne de solidarité, née du choc ressenti devant la fracture des émeutes, était justement de prouver à tous les Zyed, Bouna et Muhittin de notre pays que la France n'était pas une machine à exclure, que la justice n'y est pas un vain mot et que le droit vaut pour tous, sans distinction – jeunes ou policiers, misérables ou puissants, blancs ou basanés.
Or c'est cet horizon qui, sous ce pouvoir, s'éloigne chaque jour un peu plus. Cette utopie concrète, cette idée de la France. Tandis que, deux ans seulement après le drame de Villiers-le-Bel, qui avait coûté la vie à deux adolescents dans une collision entre leur moto et une voiture de police, les policiers bénéficient d'un prompt non-lieu, quatre ans après, Clichy-sous-Bois attend toujours vainement la justice. Pas moins de trois juges d'instruction se sont succédé dans ce dossier ouvert pour non-assistance à personne en danger, après une bataille homérique des avocats contre le ministre de l'intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy. Deux reconstitutions ont été organisées, plusieurs transports sur les lieux ont été faits et seulement deux policiers ont été mis en examen dans ce dossier pourtant sans grand mystère – sinon celui de l'injustice d'Etat.
C'est sans doute encore trop. Alors que l'instruction était enfin sur le point de se clore, l'un des avocats des policiers a attendu l'extrême limite pour opérer une manœuvre dilatoire: il vient de demander la mise en examen du survivant, lui-même gravement brûlé, Muhittin, en affirmant, au mépris du déroulement des faits, qu'il avait mis en danger la vie de ses deux camarades. Ces jeunes que la police n'a pas protégés, qu'elle a tout au contraire affolés et abandonnés, comme le prouvent les communications radios des équipages lancés à leur poursuite, seraient donc morts par leurs seules fautes. Me Mignard a évidemment dénoncé une «provocation» dans cette «atteinte à la mémoire des morts». Avec Me Tordjman, il sera mardi matin à Clichy-sous-Bois pour le rassemblement en souvenir de Zyed et Bouna.
J'aurais aimé être à leurs côtés, mais un déplacement m'en empêche. Solidaire en pensée, je voudrais juste rappeler ce qu'écrivaient Mes Mignard et Tordjman dans ce livre de 2006, en forme d'alerte sur le sarkozysme à venir. Ils y parlaient de la France, de notre France, cette autre France qui se dresse contre l'épouvantail à étrangers, à immigrés, à dissidents et à opposants que fabrique pour son maître du moment le zélé Eric Besson.
D'abord au début de leur propos: «A travers cette affaire, nous avons découvert une des réalités les plus prégnantes de notre nation. Un bout de France. Cette France que d'autres affolent parce qu'ils l'ignorent et la craignent. Il est rare d'apprendre autant en si peu de temps sur ses territoires et ses élus, ses enfants et ses élites, sa justice et sa police, ses institutions et ses politiques. […] Si nous livrons notre témoignage, c'est donc pour communiquer l'espoir d'une réconciliation possible. L'espoir que ce pays soit digne des familles Traoré, Benna et Altun qui y vivent et y travaillent, le respectent et l'honorent.»
Puis à la toute fin du livre: «Un mot sur la France, enfin. Il est vrai que notre pays ne va pas bien et qu'il se cherche. Il a pourtant une grande aventure humaine qui l'attend, à une dizaine de kilomètres de ses centres-villes. Que la France s'ébroue. Qu'elle sorte d'elle-même. Qu'elle tende la main. Qu'elle accueille toutes ses filles et tous ses fils, les blonds et les bruns, les blancs et les noirs. Alors pourra-t-elle devenir ce qu'elle prétend être. Oui, il faut faire sauter le verrou de la peur.»
Vaincre la peur. Vaincre les politiques qui font commerce de la peur. Nous savons bien que cette tâche nous incombe encore.


Tous les commentaires
Je n'avais rien lu de ce dernier soubresaut, l'accusation de l'avocat d'un des policiers contre le survivant, cela me révulse aujourd'hui de lire cela, c'est décidément la journée des révulsions en tout genre. Je n'ai pas le sentiment que l'on va vers le démantèlement de ce verrou de la peur, plutôt le contraire de ma connaissance de la vie des quartiers du même genre que Clichy mais en Normandie, au Havre, à Rouen ou dans de plus petites villes comme Evreux ou Verneuil sur Avre. Au contraire, les contrôles, les expulsions, les stigmatisations sont souvent encore plus marquées. Et l'impression d'impunité des agents de la force publique aussi, bien plus qu'avant.
On ne dit pas Monsieur Besson!
On dit Yago! ou Besson, simple flic!
Edwy, votre billet me fait penser à l'excellent documentaire de Bertrand Tavernier et de son fils Niels, " De l'autre côté du périph' " tourné à Montreuil.
Ce film avait balayé les images convenues entretenues par un gouvernement aveugle et sourd face au désespoir de ces populations laissées pour compte et les clichés sur les cités beaucoup plus sûrement que n'importe quel discours politique.
Ce documentaire serait bienvenu sur les chaînes par les temps qui courent. Un bon coup de pouce pour faire sauter le verrou.
Monsieur Plenel,
Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman ont écrit : "L'espoir que ce pays soit digne des familles Traoré, Benna et Altun qui y vivent et y travaillent, le respectent et l'honorent." Pour moi, cette phrase n'a de sens (et du coup, elle devient très belle) que si l'on en retire : "L'espoir". Que ce pays soit digne des familles Traoré, Benna et Altun qui y vivent et y travaillent, le respectent et l'honorent. Car, qu'est-ce que cet espoir, ce fameux espoir, cette attente, infinie et inaccessible, cet espoir de gauche, parfaitement ouvert à tous les vents, et aux pires vents ? La lutte pour, oui. Le combat pour, oui. Le combat pour que ce pays soit digne des familles Traoré, Benna et Altun qui y vivent et y travaillent, le respectent et l'honorent. C'est encore plus beau. Non ?
Tout d'abord ce billet m'a rappelé pourquoi j'aimais "Le Monde" ancienne formule : l'absence de photographies évitait que le raisonnement soit troublé par l'émotivité. A fortiori quand il s'agit d'une photographie de deux enfants morts dans des conditions atroces.
Ensuite il nous est donc proposé de reparler de Maître Mignard, qui en effet outre la défense d'Edwy Plenel, de "Mediapart", et de son ancienne associée l'ex avocate Ségolène Royal, avait fait une arrivée spectaculaire à Clichy-sous-bois à l'occasion de ce drame. Spectaculaire, car il avait décidé à l'époque que la France finalement ce n'est pas seulement les quartiers chics parisiens, et il avait donc ouvert un cabinet secondaire à Clichy-sous-bois, en le faisant largement savoir. Par ce geste il contribuait à pointer sur la nécessité de ne pas condamner une partie de la population française à la relégation. Ou il faisait du marketing. Chacun choisira, en tout cas depuis ce cabinet secondaire n'existe plus.
Sur la feinte indignation (car on parle d'un pénaliste chevronné) de Maître Mignard que son confrère de la partie adverse emploie tous les moyens pour défendre son client, je rappelle que c'est exactement le travail d'un avocat, de même que c'est le travail de Maître Mignard d'être indigné. Faut-il toujours boire les paroles de son avocat ? Je remarque que quant à lui Bakchich.info parvient à conserver du recul par rapport à son avocat Maître Bourdon.
Edwy Plenel nous dit qu'il aurait bien aimé aller à Clichy-sous-bois, mais qu'un déplacement l'en empêche.
Maître Mignard quant à lui donne de son temps régulièrement et de longue date pour enseigner à Sciences-Po Paris, l'école qui a ouvert la voie vers la fin de l'apartheid dans les grandes écoles, et surtout qui a montré à tous les lycéens de France quelque soit leurs origines qu'ils n'étaient pas interdits d'études supérieures.
Le lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-bois est partie à ce grand projet.
"Mediapart" de son côté, dans une récente longue enquête (plus de 50 personnes interrogées, la plupart sous couvert de l'anonymat) a décrété qu'essayer de faire entrer des jeunes de Clichy-sous-bois ou d'autres banlieues abandonnées de la république à Sciences-Po Paris était essentiellement de la communication. Dans la France de "Monsieur Besson" chacun devrait donc rester à sa place : Edwy Plenel comme "watchdog", Maître Mignard comme défenseur de la veuve et de l'orphelin (démissionnera-t-il de son poste d'enseignant à Sciences Po Paris à la suite de l'enquête de "Mediapart" sur cet établissement ?), Eric Besson et Richard Descoings comme salauds en mal de publicité. Et les habitants de Clichy-sous-bois ? Ah ben ils sont trop loin, ils n'ont qu'à s'abonner à "Mediapart".
Et qu'on ne me dise pas que je fais du mauvais esprit, car je n'ai pas mentionné la présence en page d'accueil de "Mediapart" ce matin de l'interview d'un professeur de Sciences-Po Paris, un de ceux donc susceptibles d'enseigner aussi à des jeunes des banlieues dont Clichy-sous-bois, rien que pour faire de la publicité au directeur de son école.
Pour finir sur une note plus sérieuse, ni la gauche ni la droite n'ont trouvé de solutions définitives pour améliorer les relations entre police et population, en dégradation constante. Deux enfants en sont morts. A l'époque de ce drame, Eric Besson était au parti socialiste, et a certainement joué les vertueux indignés. Aujourd'hui il est dans le camp des méchants. Pendant ce temps, rien ne change, puisque dès qu'on fait quelque chose pour ces banlieues c'est de la publicité, nous dit-on.
Heureusement nous ne parlons pas de sujets passifs, et je pense que ce sont ces habitants des banlieues qui sauront nous ramener à la raison, d'une manière ou d'une autre. On leur a tout fait : SOS-Racisme, Bernard Tapie, Fadela Amara...mais notre avenir se joue en tout cas en grande partie là, au-delà des politicailleries du microcosme, de l'entre-soi de blancs pas toujours crédibles.
Il faut arriver a la fin de votre diatribe pour comprendre, le reste etant assez décousu.
Heureusement nous ne parlons pas de sujets passifs, et je pense que ce sont ces habitants des banlieues qui sauront nous ramener à la raison, d'une manière ou d'une autre. On leur a tout fait : SOS-Racisme, Bernard Tapie, Fadela Amara...mais notre avenir se joue en tout cas en grande partie là, au-delà des politicailleries du microcosme, de l'entre-soi de blancs pas toujours crédibles.
Dites vous
N'y a t-il que des blancs, qui soient pas toujours (merci pour toujours) crédibles??.
Les non- blancs sont -ils toujours crédibles??.
Si vous aviez remplace "blancs" par "puissants" ou "l'elite" votre discours aurait une meilleure odeur.
Entièrement d'accord sur la dérive émotionnelle. On ressens tous des émotions face à divers évènement, il ne s'agit donc pas de faire le procès des émotions en elle-mêmes. Mais un fois passé ce temps émotionnel, il faut savoir passer à l'analyse et à la réflexion. Et c'est évidemment sur ce terrain-là que le journaliste devrait jouer. Surtout 4 ans après les faits. Même si le billet ne fait pas dans le sensationnalisme, son introduction et la photo qui l'illustre ne peut malheureusement qu'induire un état émotionnel propre à biaiser la réflexion.
Merci Monsieur Plenel pour ce cri qui nous rappelle à la réalité des choses.
Monsieur beber, comme beber avant lui, est toujours aussi confus et mélange tout, comme à son habitude. On ne se refait pas!
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Bonjour,
Je ne crois pas que monsieur Beber soit confus. Il défend une ligne qui mérite toute notre attention. Certes il est raisonnable de critiquer dans une démocratie. Le problème est qu'elle peut devenir contradictoire. Le journaliste doit pouvoir s'engager. Je crois qu'Edwy Plenel s'engage. Mais comme la dit le PR, il y a ceux qui agissent et ceux qui commentent. Je crois que toute la lumière n'a pas été faite dans le déroulement de cette histoire à Clichy. Les défenseurs des policiers jouent leur rôle. Edwy Plenel joue le sien ici dans ce journal. Pas facile pour la France de changer de peau !
Voyez le regard (un regard libre) de ce jeune homme Bouna qui sourit : ne voyez-vous pas qu'il regarde réellement, en la voyant, la personne qui le photographie ? Ne voyez-vous pas ce qui est vivant et souriant dans son regard ?
C'est cette vie là, qu'à Mediapart, et à la suite d'Edwy Plenel, nous voulons voir revivre en France, Eric Besson.
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Merci Edwy Plenel : cet article et ses derniers mots sont pour "nous tous", Français, d'une très grande importance.
La France fonctionne au mélange!
Yago Besson (dit éric), et son "patron" SarkoL'UMP nous la rejouent Maurras.
Cette France là ... nous la refusons!
C'est parce que vous la "refusez", en croyant pouvoir le faire en stigmatisant ses porte-paroles (Besson, Sarko...) et en feignant d'ignorer que vous parlez ainsi de millions, voire de dizaines de millions de Français que vous les acculez, ces Français là, à ne pas changer et à ne pas s'ouvrir. Se satisfaire de cracher sur l'arbre parce qu'on n'a pas vraiment le courage d'affronter la forêt. C'est l'impasse du discours plenelien.
Si impasse il y a, cher Sylvain Lovefab, puisque vous ne dites ou ne proposez rien de plus, n'est-ce pas aussi votre propre impasse ?
Comment donc, vous-même, affronteriez-vous la forêt ?
Dites-nous.
Pour vous convaincre qu'il y a impasse (je crois que vous n'êtes pas loin en fait de partager cette analyse), je suis prêt à vous dire que j'y suis aussi... Je pense qu'on ne peut pas en sortir en faisant ce qu'on reproche à l'autre: stigmatisation de l'électorat de droite (voire négation de son existence réelle: ce sont juste des abrutis qui se font berner...merci pour eux et pour le respect de leurs opinions), mépris des principes politiques qui fondent l'offre politique de droite. On ne peut pas croire défendre ceux qui ont besoin de la puissance publique en insultant sans cesse les choix et les idées de la moitié d'entre nous. On ne peut prétendre améliorer la vie ensemble en refusant tout fondement et toute légitimité à leurs opinions.
Le "que faire" est une affaire d'abord personnelle; c'est peut-être une façon d'éduquer ses enfants, de s'adresser à son prochain d'où qu'il vienne, en le mettant en valeur sans hypocrisie quoi qu'il dise de prime abord. C'est sur la base de cette relation de respect que l'on peut le conduire à penser qu'il a tout à gagner à faire le pari que l'autre n'est pas un danger et que c'est mieux pour tous de vivre dans cet état d'esprit. Vous allez me dire que je n'ai pas l'air de pratiquer ici ces belles paroles. Vous avez raison... mais l'efficacité politique c'est de construire une majorité. Et pour cela, inutile de ménager les voix qui peu ou prou feront in fine le même choix que nous. Ce sont les électeurs de droite qu'il faut aller chercher. C'est à eux qu'il faut s'adresser. Le faire par le mépris en contentant le fan club, comme le fait en boucle Plenel, c'est rester dans l'impasse. C'est aussi le confort du journaliste qui peut ainsi laisser à d'autres la charge de faire de la politique.
Point besoin d'être convaincu, lorsque l'on sait voir et entendre notre France souffrante, dont nous sommes. Mais je ne vois aucun signe d'impasse en lisant au contraire ici, le vrai respect vis à vis d'un ennemi, en ne lui mentant pas, en ne cachant donc pas les sentiments immondes que son action nous inspire. Il ne pourrait que nous en savoir gré au fond, si cela ne s'avérait (irrémédiablement censuré, bouclé ?), quand on pense à Eric Besson et le clou qu'il enfonce encore aujourd'hui - mais serait-ce une raison pour se taire ? Et en lisant surtout ici, le rappel de la vie de deux jeunes Français comme tant d'autres, qui, à mes yeux, seront morts pour (dans son sens originel), la "patrie".
Votre message, sympathique, perpétue à mon sens la même erreur de perspective: vous avez un ennemi? Sarkozy-Besson? Vous voulez lui signifier l'estime que vous lui portez? Pourquoi pas... disons que parler de Sarkozy à Sarkozy en mauvais termes n'a aucun intérêt politique et ne le changera pas. Je vous parle du peuple de droite et vous n'arrivez pas à parler d'autre chose que de son porte-parole temporaire. Par contre, dire que la France est à Clichy-sous-Bois, c'est clairement mépriser ce peuple là, qui ne s'y reconnaît pas. Il vous le signifiera dans les urnes.
"dire que la France est à Clichy-sous-Bois, c'est clairement mépriser ce peuple là, qui ne s'y reconnaît pas." ( Sylvain Lovefab)
Je ne comprends pas.
Plenel dit à Besson et Sarko, comme une évidence, que la France, son identité, celle dont on débat en ce moment, "est à Clichy sous Bois". Je pense que c'est faux pour une majorité de Français, surtout (mais pas uniquement) pour le peuple de droite. Et c'est mépriser la vision que ces Français là se font de l'identité de la communauté nationale à laquelle ils appartiennent eux aussi.
Ou l'art de déformer la pensée d'autrui, et de faire comme trop souvent, de l'amalgame. Déjà, Edwy Plenel n'est pas moi et ce que vous avez à lui adresser, dites-le lui à lui, pas à moi.
Ensuite, face à la mauvaise foi, mais surtout à la complaisance - et l'on sait jusqu'où mène la complaisance -, connaissez-vous cette phrase de F. Giroud ? : "Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser".
Bien à vous,
Merci d'avoir donné suite malgré tout, alors que vous aviez initialement le projet de n'en rien faire... Je relis vos interventions et ne vois pas en quoi j'aurai déformé votre pensée. J'ai répondu loyalement à toutes vos questions. Mais sans doute ne vous ai-je pas bien compris. Quand à Edwy Plenel, le présent site est fait de telle façon que m'adresser à vous c'est aussi s'adresser à lui. Vous voilà satisafaite sur ce point. Si vous aviez préféré une conversation privée, le présent site vous aurait aussi permis de le faire. J'ai suivi le chemin que vous proposiez.
Sur le fond, si vous cherchez bien, vous allez en trouver d'autres des phrases profondes et doctes qui nous parlent, sans nous dire ce qu'il en est. Je me souviens que vous annonciez en juin dernier le début de la dictature parce que le Président allait s'adresser à la tribune du Parlement. De ce matin-là, selon vous, daterait le changement de régime. Mais j'ai maintenant l'impression en vous lisant que c'est encore à venir... dans un style si souvent retrouvé sur ce site: la fin du monde débute chaque jour demain matin.
Pour ma part, mes propos n'allaient pas aussi loin dans la prophétie et dans la description de l'avenir. Je faisais juste état de l'existence dans notre pays d'un certain nombre de personnes, des dizaines de millions, qui sont parfaitement ignorés de la ligne éditoriale médiapartisane et des principaux intervenants dans nos débats. Voilà notre désaccord bien mis en lumière je pense: le maintien dans nos débats du black out sur une réalité sociologique aussi bien établie me semble autrement plus grave que les dangers du fascisme qui commencent demain matin mené par Nicolas Sarkozy (sous de Gaulle, déjà, c'était le fascisme ... c'est drôle de voir qu'il est devenu une vache sacrée à gauche).
Dans l' affaire de Villiers-le-bel , les deux malheureux jeunes roulaient avec une moto non homologuée , ne portaient pas de casque et ont fait un refus de priorité à la voiture de police . Voila les faits .
Certes et les policiers roulaient trop vite...mais seule la faute de ces gamins est retenue...
Mais alors, Artnaïf, devrait-on être obligés de l'écrire, que c'est bien de cela dont il est question ici, et avec Eric Besson, d'une France de la honte semant la mauvaise foi, le mensonge et la peur - et jusqu'où peut-elle aller, si cela devient la terreur ?
Il nous incombe donc tous, en effet (*), et à une justice indépendante, de travailler maintenant, coûte que coûte, à la recherche de ce qui est réel.
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(*) "Vaincre la peur. Vaincre les politiques qui font commerce de la peur. Nous savons bien que cette tâche nous incombe encore."
On ne peut défendre la justice de plus en plus à deux vitesses, qui se développe en France. Même si ces jeunes ont eu des tords, cela ne doit pas faire oublier les tords de ceux qui devraient montrer l' exemple à toute notre jeunesse.
Ne pas accepter cela, c'est pour moi, Messieurs Besson et Beser, fait partie de ce qu'est "être français".
Merci à Edwy Plenel de nous les, et je vais acheter le livre .
..petite corrections pour le commentaires ci-dessus... j'ai été interrompue, et voilà le résultats ...
Je m' adressais à Mr Beber, et non "Beser".
Et je remerciais Edwy Plenel de rappeler à notre mémoire le souvenir de ces adolescents, et de nous dire l' autre point de vue que celui qui nous est donné officiellement. ...
La justice ne peut s' accomoder d'un seul argumentaire.
Il faut aller chercher la droite......mais elle est phagocytée par ce président à l'ego monumental.Ceux-ci l'écoutent,dumoins ils écoutent des mots prononçés,non,RECITES par leur chef et continuent à se pâmer devant cet homme qui me rappelle Berlusconi et que les italiens honorent,quoi qu'il fasse.L'affaire Jean Sarkozy est révélatrice de l'ambiance à l'UMP :ils l'ont défendus contre vents et marée,criant au complot de la presse....Alors il y avait un "complot" MONDIAL !!!! (lire Courrier International)Tout cela est d'une tristesse,d'un minable qui me fait honte pour la France.On parle,en diversion,de l'Identité nationale : laquelle ? avec ces types racistes sans se l'avouer on est mal barrés.Pour vous rassurer,lisez VIRILIO,ça fait du bien.j'ai 75 ans et je n'ai jamais vécu une telle chienlit.
Quand nous, citoyens des centre-villes et des campagnes, parleront avec des gens qui ne sont pas de notre milieu... Alors le regard d'un banlieusard sur lui-même changera ! Pour y avoir vécu en banlieue, j'en suis convaincu. Le climat de violence ambiant réside dans la non-communication, la plupart du temps.
Après, je préfère me taire que parler de cette injustice permanente institutionnalisée depuis un certain 6 mai 2007. Et qui l'était déjà malheureusement avant, comme le confirme cet inexcusable fait-divers...
" Le climat de violence ambiant réside dans la non-communication, la plupart du temps" (delavergne)
Tout à fait d'accord, le problème politique est là : les failles, les frontières, existent apr la non communication. Mais comment faire pour se parler, dès lors que les "murs" sont là ?
Il faudrait déjà des lieux où être ensemble.
La récupération éhontée du thème de l'identité du pays, forcément multiple et complexe - au service d'une idée exclusive et excluante est une honte, honte qui a fait son tour des journaux télévisés ce soir.
Malheureusement cette ruse bien rodée et mise en scène, déversant ses maux sciemment dans le brouhaha politico-médiatique, conduit forcément à une polarisation et une abaissement du débat, manipulé au service des fins policiennes (oups, un lapsus) - dans ce cas, la récupération des vôtes de l'extrème droite.
Le gouvernement actuel n'a aucun désir ni projet de rassembement, de respect, de vivre-ensemble. Ce qui est très grave pour le pays et condamnable.
Simplement, MERCI, Edwy Plenel.
Votre article, cher Edwy Plenel, a le mérite de souligner le décalage entre la rhétorique et les faits. Les discours sur l'identité nationale sont de la rhétorique (la pire, celle qui crée un rideau de fumée, suscite du tintamarre, chatouille le chauvinisme et le nationalisme, mêle discours sur la laïcité et rejet de l'autre, brasse les clichés et les images d'Epinal et, au final, dresse les gens les uns contre les autres.) Au fait, imaginons que l'Allemagne lance un débat sur l'identité nationale. Vous imaginez le tollé ? Ajourd'hui, nous avons même eu droit à des trémolos sur la terre de France. Pourquoi pas la glèbe, tant qu'on y est ? Les faits, ce sont les sans-papiers en grève pour réclamer le droit à l'existence, les gens qui galèrent pour trouver du travail et boucler les fins de mois. Les "affaires". Le gaspillage éhonté des caisses de l'Etat pour satisfaire des goûts de luxe. La justice à deux vitesses, et cette incroyable accusation contre le jeune survivant. Les visages de ces gamins sont un simple rappel de leur existence tronquée. Si l'on a honte de s'émouvoir devant leur visage, c'est qu'on a perdu une faculté essentielle : celle de l'indignation, tout simplement. Continuez, cher Edwy Plenel, à vous battre avec vos armes : l'écriture, et une certaine idée du journalisme.
Bonjour Mr PLENEL,
Très récente abonnée de Médiapart, mais depuis, lectrice assidue, il ne s'est pour l'instant pas passé un jour où je ne me sois félicitée de cet investissement.
Ce matin je découvre votre article sur les 2 jeunes de Clichy sous Bois. Comme vous je suis ulcérée à l'idée qu'un avocat puisse mettre en cause un gamin qui a déjà subi un traumatisme physique et moral. C'est à vomir ! Comme vous je m'insurge contre cet acharnement à vouloir faire porter aux innocents le poids d'une culpabilité qu'ils n'ont pas. Le gamin de Marseille qui traversait avec son vélo en est une nouvelle illustration.
Et nous le savons tous: c'est bien le système qui pourrit de l'intérieur.
Alors, devant cette machine infernale qui grossit et écrase un peu plus chaque jour, comment non seulement expliquer aux français que l'Etat actuel travestit toutes les vérités mais qu'ils sont victimes d'une intoxication et peuvent réagir? C'est très difficile, car aujourd'hui la société française est en train de perdre ses repères.
Partout où la solidarité s'était organisée, la voilà battue en brêche. C'est un véritable retour en arrière que de nouvelles lois viennent conforter.
Mais attention: il n'est pas juste de penser que cela puisse se faire sans le consentement d'une majorité d'entre nous. Si tel était le cas, et vous le savez bien, jamais SARKOZY n'aurait accédé à la Présidence de la République. Et il faut bien avoir en tête que notre France, que je refuse de qualifier de "profonde" parce que ce terme est très mal employé, contient des centaines de milliers d'Eric BESSON qui se rendent aux urnes à chaque scrutin avec les résultats que nous connaissons!
Tout au plus, ce que nous pouvons dire c'est que le PS a bien de la chance de s'être débarassé de cet individu! Mais pour un Eric Besson, combien y a-t-il de Plénel prêts à s'organiser pour "reprendre la main" sur la politique qui a depuis longtemps échappé aux citoyens?
Le problème est identique dans les entreprises où le syndicalisme est soit corrompu soit inexistant. Le reportage diffusé lundi soir en est un exemple flagrant. Ce qui se passe à CARGLASS est absolument hallucinant et nous n'avons vu aucune expression d'un quelconque syndicat !
Idem pour le sport: un match annulé et tout le pays s'enflamme. Fallait-il ou non annuler le match PSG/OM? Voilà un débat public qui va "meubler" l'actualité pendant des semaines! Pendant ce temps, pendant que les sportifs français avachis devant leur lucarne à blaireaux vont se complaire à animer cette "question de société", le gouvernement lui, continue à affreter des charters d'émigrés vers des pays en guerre en se retranchant derrière de pseudo justification "Dans le vol pour l'Afghanistan, l'Angleterre, elle, avait placé 25 afghans. La France n'en avait placé que 3!" Merci Monsieur Besson. Nous sommes tous rassurés, ceux que vous avez renvoyés sont surement de dangereux délinquants et vous aviez à coeur de "protéger les français" de leur présence sur notre territoire! On y croit à mort !!!
Au fait les supporters du PSG et de l'OM: vous en pensez quoi vous des charters? Ca ne vous interpelle pas que l'annulation d'un match important soit concommittante avec ces expulsions? Et le motif de l'annulation, ça ne vous interpelle pas non plus ? Juste un rappel: nous sommes environ 60 millions de Français. Aujourd'hui, la VRAIE grippe A n'a vraiment touché que quelques dizaines de personnes. Vous ne trouvez pas suspect que 3 cas se manifestent subitement parmi la vingtaine de joueurs du PSG, juste au moment où l'attention des médias était tournée vers de vrais problèmes de société? Ah, j'oubliais: la grippe A se caractérise par des symptômes bien particuliers. Notamment une forte fièvre et de grandes courbatures qui vous clouent au lit. Avez-vous remarqué qu'aucun des joueurs du PSG n'est reparti à Paris sur un brancard? Avez-vous remarqué que tous avaient pris l'avion pour Marseille et en sont revenus debout, sans le moindre signe de fatigue? Vous n'avez pas l'impression qu'on vous a pris pour des c...? Juste pour que l'opinion publique soit focalisée sur le sport et non sur l'actualité redoutablement violente?
Ceci est un premier coup de gueule, il y en aura surement d'autres: je précise que je suis une militante syndicale qui n'a pas l'habitude de mâcher ses mots.
Merci à toute l'équipe de Médiapart d'ouvrir cet espace d'expression. Et même si certains lecteurs et/ou abonnés dérapent, mieux vaut pouvoir lire leurs textes et leur répondre que de pratiquer la censure.
Bonne journée à tous et merci Monsieur Plénel pour votre excellent article sur ces deux petits innocents de Clichy sous Bois que je n'arriverai jamais à oublier, grâce à vous, et à tous ceux qui refusent l'abject !
JoediSud
Une grande partie des Elites francaises n'a toujours pas compris que la solution a la plupart des problèmes de la France se trouve en banlieue.
* croissance, jeunesse, paiement de nos retraites !
* inventivité, créativité
* dynamisme, énergie, débrouillardise
* ouverture au monde, diversité. La diversité bien employée est toujours un avantage, une chance, en particulier dans un monde qui change et ou il faut s'adapter.
Une nation ne s'est jamais construite contre sa jeunesse, contre ses éléments les plus dynamiques
Une analyse simplement rationnelle de la réalité devrait nous faire tout miser sur les banlieues. Malheureusement, les mentalités encore encombrées de notre passé colonial sont un frein terrible, un danger. Pourquoi les USA ont ils toujours considéré l'immigration comme une chance et la France comme un problème et une menace?
Cher Oliv92, pour répondre rapidement à votre dernière interrogation, si les USA ont toujours considéré l'immigration comme une chance, c'est tout simplement parce que les USA sont un pays d'immigration. L'histoire de notre vieux continent est bien différente.
Ceci dit, vous faites un résumé historique qui gomme bien des méfaits de la civilisation américaine dont l'histoire est largement parsemées d'intolérance, et de racisme.
Quant à la colonisation, si elle fut originellement le fait des pays européens, n'oubliez pas les nations qui existaient avant l'arrivée massive des européens en Amérique et qui ont été détruites, ou réduites à l'exclavage dès l'arrivée des premiers colons...!
Non les USA ne sont pas une nation exempte de tout vice et dont il faudrait suivre l'exemple. Loin s'en faut!
Croire qu'aux USA chacun peut avoir sa chance est un leurre complet mais volontiers véhiculé par les médias, ou du moins certaines médias.
Vous n'aurez qu'à compulser les rapports d'Amnesty international pour vérifier ce que je vous écrit.
Ne pas être "blanc" aux USA est une tare. Comme être pauvre.
Sortez de ces clichés et ne croyez surtout pas que l'élection d'Obama est une preuve irréfutable d'un possible accès des "pauvres" aux plus hautes fonctions de l'Etat. Tout au plus, ce pourrait être un alibi, mais encore faut-il savoir qui était Obama. Sans doute un homme intelligent et apte à se hisser aux plus hauts niveaux. Mais qu'en est-il des autres, tout aussi capables, mais dont le portefeuille et le carnet d'adresses sont vides?
Je ne sais pas si notre chance se trouve dans les banlieues, mais je sais que nous n'avons rien à gagner à pratiquer l'exclusion. Les classes moyennes contre les pauvres, les "colorés" contre les "blancs", les ouvriers contre les employés, les agriculteurs contre les consommateurs, etc., etc..
Je crois qu'il faut d'abord sortir les français d'un modèle monarchique où les gouvernants continuent à s'octroyer des droits au détriment du "bien public".
Il faut aussi cesser de former des élites dont le formatage conduit aux pires excès. Et je suis navrée de vous dire que rien ne ressemble plus à un polytechnicien issu de Neuilly qu'un polytechnicien issu d'une banlieue défavorisée!
Enfin, il faut comprendre que l'ultralibéralisme que nous subissons aujourd'hui est le vecteur de plus important de nos maux. Et que son ferment le plus efficace est "l'abêtissement" des populations.
Ouvrir les yeux permet de comprendre le monde (du moins un petit peu). Et pour comprendre il faut d'abord apprendre. D'où l'importance de l'enseignement. Nos politiques le savent et c'est pour cela qu'ils s'acharnent à détruire l'école de la République, à multiplier les obstacles pour que les plus pauvres ne puissent pas accéder en nombre à la connaissance. Et quand quelques uns y parviennent, ils sont rapidement récupérés par les pouvoirs (Dati, et d'autres en sont des exemples).
On recausera de tout cela si vous voulez bien...
A bientôt
JoediSud
Où ai-je fait "un résumé historique"?
Au fait, j'ai vécu 2 ans aux USA, je connais donc un petit peu ce grand pays, qui a bien des défauts, mais aussi bien des qualités (comme tous les pays).
L'inquiétude de Nicolas Sarkozy sur l'identité nationale et le concept de diversité régulièrement et positivement utilisé par de nombreux commentateurs ont au moins une chose en commun : les dernières vagues de migrants ne sont pas assimilables aux précédentes et l'identité nationale s'en trouve menacée ou transformée. Finalement, ces deux discours sont symétriques et construisent les migrants et leurs enfants nés en France (et qui constituent la majorité de ceux qu'on appelle les immigrés) comme un problème en tant que tel. Des pesonnes nées en France, dont les parents sont aussi nés en France et y ont été scolarisées se voient assignées une différence qu'elles ne semblent pourtant pas revendiquer.
D'accord, Youri Z., admettons qu'il n'y ait pas de différence.
Alors pourquoi le problème existe-t-il plus à l'occasion (je n'ai pas dit, "à cause" !) de ces nouvelles vagues d'immigration ?
Voir le commentaire de Delavergne, plus haut.
-Je me dis que, par rapport aux époques antérieures, il y a moins de lieux où être ensemble (éducation populaire ? culture populaire hors de chez soi ? partis politiques, associations, brassant les gens ?)
-ne pas oublier aussi que les Polonais, Portugias et Italiens par ex. étaient éventuellement pratiquants catholiques, ce que qui faisait au moins un "lieu commun".
*Mes réflexions ne sont pas plus élaborées que ça, ce sont plutôt des questions liées à : que faire maintenant ? Qu'est-ce qui est à créer, inventer ? (je pense à la culture)
Bonjour Fantie B,
Je crois que deux choses se conjuguent pour expliquer la spécificité de notre regard sur ces migrants :
- ils ont renoncé au retour au moment de l'émergence d'un chômage de masse. Ils sont donc devenus plus visibles par le regroupement familial à ce moment là. Assistés ou délinquants, la perception que l'on a d'eux est pour le moins négative alors qu'ils sont les premières victimes du retournement de la croissance.
- Le passé colonial de la France joue aussi contre eux, notamment les algériens qui sont ceux qui sont les plus discriminés.
Beaucoup parmi ces "migrants" sont athées mais l'on continue de parler des 5 millions de musulmans qui peupleraient la France...
Il arrive que la stigmatisation d'une population ou sa perception comme une population déviante en disent plus long sur les obsessions de celui qui pointe la déviance que sur la population stigmatisée. D'ailleurs dire que les polonais ou les italiens n'ont pas rencontrés les mêmes problèmes est discutable : Gérard Noiriel prétend qu'ils sont nombreux à avoir voté avec leurs pieds, c'est-à-dire à s'en être retournés. La situation dans les pays d'origine de ces "migrants" et l'ancienneté de leur installation en France rendent cette alternative difficile.
Pour ce qui est des solution, je n'en ai pas plus que vous. Mon dernier billet sur la France métissée et l'impensé de cette catégorie donne une idée de l'état de ma réflexion à ce sujet : mais ce ne sont bien sûr que mes propes réflexions qui sont bien sûr discutables.
Bien à vous.
J'espère que Muhittin va bien . Je l'avais entendu s'exprimer à la radio, parler de sa douloureuse expérience..