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Polygamie : «Le Point» et la fabrication sociologico-médiatique d’une panique morale
C’est Arrêt sur images qui l’a révélé, le 1er octobre : au moment de « briser le tabou » de la polygamie, Le Point vient d’être pris « en flagrant délit de bidonnage ». Dans un dossier choc, en couverture de son numéro du 30 septembre (« Immigration, Roms, allocations, mensonges : ce qu’on n’ose pas dire »), le magazine consacre une double page à la polygamie. L’article (« Un mari, trois épouses ») repose pour l’essentiel sur le témoignage de Bintou, la troisième épouse d’un Malien de Montfermeil naturalisé français. Or Bintou n’existe pas : c’est un certain Abdel qui lui a prêté sa voix au téléphone, en imitant (mal !) un accent de femme noire, pour piéger un journaliste pressé de confirmer les clichés sur les banlieues. Et Abdel le prouve en filmant l’entretien, petit bijou comique diffusé par Arrêt sur images. Faute d’autres familles polygames sous la main, le reporter tombe dans le piège : après un simple entretien téléphonique, il n’hésite pas à décrire « la jeune femme au joli visage légèrement scarifié de chaque côté des yeux ».
Quand la fausse Bintou soupçonne son fils, qui « sèche les cours », de voler de l’argent, l’article ne recule pas davantage devant le lien de causalité : « Samba est-il en train de mal tourner parce qu’il vit dans une famille polygame ? C’est la question qui immanquablement trotte dans la tête. » Pourquoi ? La phrase suivante donne la réponse, que les analyses développées sur ce blog laissaient attendre : « Dans son livre “Le Déni des cultures”, le sociologue Hugues Lagrange pointe une surdélinquance chez les jeunes d’Afrique sahélienne, où 30% des chefs de famille sont polygames. Une situation qu’il explique notamment par l’absence du père, les tensions au sein du foyer générées par les rivalités entre épouses et la promiscuité qui pousse les enfants dans la rue. Le chercheur dit tout haut ce que les policiers disent tout bas depuis des années. »
Il y a quelques mois, Brice Hortefeux accusait de polygamie un commerçant nantais musulman, Lies Hebbadj, dont la femme portait le voile intégral, allant jusqu’à le menacer de déchéance de nationalité. Toutefois, la formulation du problème se cherchait encore : fallait-il le situer dans l’islamisme du commerçant nantais, dans son escroquerie aux allocations familiales, ou dans ses violences à l’égard d’une de ses compagnes ? Aujourd’hui, le discours a pris forme, en passant des Maghrébins aux Noirs – soit d’Abdel à Bintou : le problème de la famille polygame, c’est qu’elle serait cause de délinquance.
Manipulations médiatiques
Informé de la supercherie par Arrêt sur images, le journaliste du Point, Jean-Michel Décugis, se déclare « catastrophé » : « Je travaille depuis vingt ans sur la banlieue. C’est la première fois que ça arrive et c’est tout à fait désolant. » « Ça » ? Le manque de rigueur du journaliste, ou sa révélation publique ? Loin de plaider coupable, en effet, il contre-attaque bientôt : s’il reconnaît dans Libération s’être « fait piéger comme un débutant », il menace en retour : « on va attaquer en diffamation » ! Le communiqué que publie le site du Point est sur la même ligne : « Nous avons été victimes d’un coup monté par ce que l’on appelle un “ fixeur”. Un “ fixeur” est une personne qui permet aux journalistes de récupérer des témoignages dans les cités. Celui-ci voulait visiblement régler ses comptes avec les médias. » Et de conclure sur une note inquiétante : « Le Point se fait un devoir d’enquêter sur les raisons de cette manipulation et de mettre à jour les intérêts qu’elle sert. »
Arrêt sur images s’était déjà intéressé à l’importation du « fixeur » dans la pratique médiatique en banlieue, et son journaliste Dan Israel en rappelle aujourd’hui l’origine : « le terme qui désigne habituellement les aides et accompagnateurs des journalistes à l’étranger, notamment dans des pays dangereux ». Les cités seraient donc des zones périlleuses, comme le suggère d’ailleurs le reporter du Point pris en défaut : « Cela fait vingt ans que je me rends dans les cités, que je fais du terrain, que je prends des risques ». Sa mésaventure lui donne raison : l’enquête sur la polygamie, clé de la délinquance, était certes périlleuse … mais le danger inattendu de cette enquête téléphonique est venu du « fixeur » lui-même – Abdel. Ce jeune webmaster de Clichy a en effet choisi, pour une fois, de renverser le regard, en prenant le journalisme pour objet. Et de révéler ainsi « ce qu’on n’ose pas dire », soit, pour retourner le titre de la longue analyse du Point, « tabous et clichés » médiatico-sociologiques.
Faut-il s’en étonner ? Jean-Michel Décugis n’est guère sensible à cette démarche : « le système médiatique est critiquable, je suis le premier à le critiquer, mais là, il [Abdel] fait son gag, mais il n’y a aucun discours derrière pour étayer ce qu’il entend dénoncer. » Voire. Abdel déclare en effet, le même jour : « J’ai décidé de piéger un journaliste. Dans mon entourage, nous sommes plusieurs à être outrés de la façon dont on parle de Clichy-sous-Bois dans les médias. » Bref, « les médias nous ont mis une étiquette sur le dos. » C’est pourquoi, ajoute Abdel, « quand j’ai appris que le journaliste cherchait des familles polygames, ça m’a rendu fou. Quoi, après toute l’histoire du voile, on allait nous sortir le coup de la polygamie ! » Du coup, « je lui ai pondu une histoire basique, complètement dans le cliché. » Et de préciser son intention : « Je veux montrer que les médias ne font plus leur travail d’investigation, mais ils filtrent et créent l’info. »
L’autorité du terrain
Abdel a donc fait œuvre de journaliste en prenant pour objet, non pas la banlieue, mais la construction médiatique de son image. Grâce à lui, on comprend mieux comment se fabrique l’information. En effet, le journaliste du Point met en avant, pour se dédouaner, le rôle d’une autre intermédiaire, Sonia Imloul, présidente de l’association Respect 93 : alors qu’il cherchait à rencontrer une femme de polygame, « c’est elle qui m’a parlé d’Abdel, qu’elle a présenté comme un ami. » De même, le patron de l’hebdomadaire, Franz-Olivier Giesbert, évoque dans Le Nouvel Observateur un « contact recommandé par une personne faisant autorité. » Pourquoi Sonia Imloul fait-elle autorité – du moins sur ce sujet ? L’hebdomadaire le rappelle, elle est « l’auteure d’un rapport sur la polygamie pour l’Institut Montaigne ». Ce think tank patronal avait organisé une réflexion aboutissant à un colloque, le 4 décembre 2009 : « Qu’est-ce qu’être Français ? » C’était pendant le « grand débat » sur l’identité nationale lancé par le ministère de l’immigration, Éric Besson, qui y avait d’ailleurs remplacé le président de la République. Or l’Institut Montaigne venait de publier en novembre cette note sur la polygamie.
Revendiquant déjà de briser un « tabou », Sonia Imloul y mettait en garde contre ce « danger ». Mais ses neuf pages ne révélaient aucune information nouvelle. Au contraire, la responsable associative dénonçait le manque de données : « personne ne peut dire aujourd’hui, même avec une marge d’erreur importante, combien il y a de familles polygames en France. » Elle ajoutait même : « En l’absence de données fiables, on ne sait pas si la fin des regroupements familiaux pour les familles polygames décidée par la loi d’août 1993 a marqué un coup d’arrêt à ce phénomène ou si il a retrouvé une nouvelle vitalité depuis. » Sans doute citait-elle Jean-Christophe Lagarde, maire Nouveau Centre de Drancy : « autre idée fausse, répandue de façon nauséabonde par certains, notamment pendant les émeutes de 2005 : les enfants de ces familles polygames généreraient plus de violence, de délinquance que les autres. C’est faux et c’est absurde ».
Mais c’était seulement pour appeler à de vraies enquêtes : « On aimerait suivre l’élu de Seine-Saint-Denis, mais là encore nous n’en savons pas assez sur les comportements individuels et collectifs induits par la polygamie. » On aurait pu penser qu’à défaut de données statistiques, Sonia Imloul disposait d’un savoir de terrain. Or dans cette note, pour éclairer ses remarques générales, elle s’appuyait exclusivement sur des témoignages déjà publiés par ailleurs, en particulier dans la presse – à l’exception peut-être d’une anecdote qui ne correspond guère à l’expérience de la polygamie : « Témoignage d’un magistrat demandant à un enfant comment s’appelle sa mère : “laquelle?”, lui répond l’enfant. » Depuis quand les enfants d’hommes polygames ne savent-ils pas qui est leur mère ? Si Sonia Imloul connaissait la polygamie africaine, elle s’abstiendrait de cette citation…
Et c’est ici que l’ingénieuse supercherie d’Abdel sert de révélateur. Le Point publie en effet sur son site l’explication de Sonia Imloul, sans doute sommée de rendre des comptes : « J’avais besoin, lorsque je préparais mon rapport sur la polygamie, d’entrer en contact avec des familles polygames, notamment sur Montfermeil (Seine-Saint-Denis). » On découvre donc qu’elle n’en connaissait pas. « Dans ce cadre-là, on m’a mis en contact avec Abdel (un “ fixeur” qui permet de récupérer des témoignages dans les cités). » Sonia Imloul, l’autorité sur laquelle se fonde le journaliste, a les mêmes méthodes de travail que lui. « Lorsque j’ai su que Le Point travaillait sur le sujet, j’ai proposé au magazine de le mettre en contact avec une famille polygame à Montfermeil. » Mais en réalité, c’est avec Abdel qu’elle propose le rendez-vous : autrement dit, elle ne connaît toujours pas de famille polygame. Bref, de la polygamie, Sonia Imloul ne semble rien connaître que ce qu’on en dit dans les médias – ou que lui raconte son « fixeur »; elle sait seulement que c’est un grave problème.
On voit ainsi se constituer « l’effet de réel » qui fonde l’autorité du récit médiatique. Le journaliste s’autorise du « terrain » ; mais pour recueillir ses témoignages, il dépend d’un « fixeur ». Comment savoir alors qu’il s’agit d’un informateur autorisé ? C’est qu’il le rencontre par l’intermédiaire d’une « autorité » en matière de polygamie. Celle-ci s’autorise pour sa part du « terrain » associatif, mais son savoir semble surtout fondé sur la lecture de la presse ; en tout cas, son contact avec la réalité est médiatisé par le même « fixeur ». Du moins jouit-elle d’une autorité médiatique, qui tient sans doute à sa reconnaissance par l’Institut Montaigne… Pour que le cercle de l’illusion autorisée se referme, il manque encore une pièce dans le dispositif : les terrains associatif et journalistique sont en effet confortés par le terrain sociologique, qui sert à légitimer par son expertise cette construction si détachée de la réalité.
La légitimation sociologique
En matière de polygamie, sans doute Le Point peut-il citer Christian Saint-Étienne : la France attire selon lui trop d’immigrés qui « viennent y chercher une protection sociale inconditionnelle ». Les conséquences en seraient inquiétantes : « De véritables réseaux amènent ainsi sur notre territoire des femmes africaines qui, après avoir accouché, pourront, de proche en proche, faire venir une tribu polygame [sic]. » Le phénomène n’aurait rien de marginal : « C’est le principal moteur de l’immigration d’Afrique noire depuis une quinzaine d’années. Or notre système social n’est pas construit pour intégrer ces familles parfois illettrées. Elles vont alors vivre dans des ghettos tandis que leurs enfants connaîtront souvent l’échec scolaire et la relégation, source de violence. » Toutefois, on pourrait douter de la compétence, sur ce sujet, du titulaire de la chaire d’économie industrielle au CNAM. C’est ici qu’intervient l’expertise sociologique d’Hugues Lagrange, qui est le pivot du dossier du Point : en dehors de l’entretien d’une page qui lui est consacré, il est cité maintes fois – y compris, on l’a vu, dans l’article sur Bintou, qui lui attribue le constat d’une « surdélinquance chez les jeunes d’Afrique sahélienne, où 30% des chefs de famille sont polygames. »
Sans revenir sur l’ensemble des thèses du Déni des cultures, il n’est pas inutile de reprendre les divers propos de ce sociologue sur la polygamie. Le chiffre que cite Le Point provient semble-t-il d’une enquête sur des hommes de la vallée du Sénégal vivant en France dans des foyers, publiée par l’OCDE en 1983 (pp. 172-3)… En fait, sans s’attacher à de tels chiffres, l’ouvrage s’attache plutôt aux corrélations : un tableau le donne à lire, les enfants de familles polygames auraient, de loin, les résultats scolaires les plus bas, et les taux de délinquance les plus élevés (pp. 134-5). Comment ces familles polygames sont-elles repérées par le sociologue ? Dans un entretien que publie Le Nouvel Observateur le 30 septembre, celui-ci répond à la question – et le passage mérite d’être cité dans son intégralité :
N. O. - Vous faites aussi un lien direct entre la polygamie et la délinquance. Comment pouvez-vous le démontrer, alors que nous ne disposons d’aucune donnée fiable sur ce phénomène ?
H. Lagrange. - C’est vrai, mais je donne une estimation. J’ai fait un choix d’échantillonnage qui comprend tous les élèves de 6e. Nous leur avons demandé combien ils ont de frères et sœurs. Nous disposions aussi des dates de naissance de ces derniers. Alors quand nous constations plusieurs naissances séparées de moins d’un an dans une famille, nous supposions de la polygamie.
N. O. - Vous n’avez quand même pas fondé vos résultats sur des suppositions ?
H. Lagrange. - Quand vous avez plus de douze enfants, des naissances qui arrivent en même temps, ce qui se passe assez fréquemment parmi les enfants issus de l’immigration malienne... C’est un critère de repérage qui fonctionne sans coup férir.
N. O. - Sur 4 439 adolescents, combien sont issus d’un père polygame ?
H. Lagrange. - Environ 65. Mais prenons les choses dans l’autre sens. Au Val-fourré à Mantes, on compte à peu près 80 familles polygames (toutes ne figurent pas dans mon échantillon). La moyenne d’enfants par famille étant de 15, ça fait à peu près 1 200. Sur 3 500 collégiens, ça représente donc un tiers.
Il y a de quoi s’étonner : l’échantillon donne 65 enfants issus d’un père polygame pour 4439 adolescents – soit moins d’1,5%. Pourquoi prendre « les choses dans l’autre sens », sinon pour gonfler les chiffres et arriver à « un tiers », au prix d’une approximation grossière (15 enfants par famille) ? D’autant plus, comme l’a fait remarquer le sociologue Laurent Mucchielli dans France-soir, que ce résultat « ne peut pas être vrai car, que je sache, tous ces enfants ne sont pas des collégiens. Ils peuvent avoir entre 0 et 18 ans. » Il ne s’agit pas seulement d’une erreur de calcul, mais bien plutôt d’une volonté de grossir le problème.
Les chiffres peuvent-ils ainsi être manipulés, au gré des besoins ? Comment déterminer alors si la polygamie est un problème, ou non ? La comparaison avec l’entretien que donne Hugues Lagrange à 20minutes, publié le même jour que celui du Nouvel Observateur, laisse songeur : le discours change ici du tout au tout.
En parlant de «la polygamie» dans ces familles et de leur lien avec les émeutes urbaines de 2005, ne craignez-vous pas de les stigmatiser?
Au cours de mon enquête, conduite sur le terrain pendant dix ans, j’ai seulement constaté que les villes où l’installation de familles originaires du Sahel était traditionnellement plus forte étaient celles où les incidents ont éclaté. Par ailleurs, la polygamie n’est pas le problème, c’est un aspect très secondaire. Elle concerne une famille pour 10.000.
Vous pointez aussi la taille des fratries, plus importante que celles des familles issues de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb…
C’est en effet le premier problème. Il faut consacrer beaucoup de temps à chaque enfant pour qu’il réussisse à l’école. La différence d’âge entre les époux est aussi problématique puisqu’elle nuit à l’autorité parentale, plaçant les époux dans des places asymétriques. L’autoritarisme des pères, enfin, a une incidence sur le reste de la famille. Méprisés en France, ils reportent sur leurs femmes leurs frustrations et mettent les fils aînés au-dessus des mères. Cela fait des catastrophes éducatives.
Pourquoi ce changement d’ordre de grandeur, et en conséquence d’argument ? Une famille pour 10 000 ? Pas dans l’échantillon étudié, à l’évidence ; mais dans quelle population ? Et comment le sait-on ? Peut-être Hugues Lagrange, qui ne s’en explique pas, s’appuie-t-il cette fois sur la note déjà citée de Sonia Imloul : « Ainsi une étude de l’INED, fondée sur une grande enquête sur les populations immigrées en France datant de 1992, estima-t-elle le nombre de familles polygames à 8 000, pour 90 000 personnes concernées, soit 11 à 12 personnes par famille environ. Un rapport de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme s’est risqué en mars 2006 à une estimation de 16 à 20 000 familles, soit jusqu’à 200 000 personnes. » En tout cas, le sociologue délaisse son échantillon, pourtant censé fonder sa « démonstration ».
Dans Le Point du même 30 septembre, Hugues Lagrange dénonce « l’idéologie » qui présiderait au discours sur l’immigration, en opposant à « l’angélisme » supposé de la gauche son « réalisme » : « J’ai choisi de me confronter aux réalités du terrain, en m’appuyant sur des données inédites concernant 4500 adolescents en échec scolaire dans les collèges de région parisienne et autour de Nantes, que j’ai moulinées avec les données judiciaires concernant les mineurs mis en cause. C’est le genre de travail que vous ne faites qu’une fois dans votre vie. » Mais on le voit, en tout cas lorsqu’il s’agit de polygamie, Hugues Lagrange abandonne ses propres résultats. C’est ce qui lui permet de passer de passer d’1,5% (dans son échantillon) à 1/3, ou au contraire à 1/10 000.
Un effet de réel
En réalité, au-delà des aspects techniques du calcul, on comprend surtout, grâce à Abdel, comment fonctionne la construction médiatique des « banlieues » : à défaut d’être fondée en réalité, elle se réclame d’un terrain – celui du reportage ou de la pratique associative, voire de l’expérience policière ; autrement dit, elle s’autorise d’un effet de réel. Les enquêtes de la sociologie pourraient contredire cette illusion, comme un retour du réel. Mais il n’en est rien : le chercheur qui inspire aujourd’hui le discours médiatique sur la polygamie revendique justement de réagir contre la sociologie telle qu’elle se fait, en l’accusant de « déni ». Et s’il a tant d’autorité en dehors du champ scientifique, c’est bien sûr que cette rupture permet de renouer avec le sens commun, soit de briser les tabous pour renouer avec les clichés.
Or c’est devant les images télévisées des émeutes de 2005 qu’Hugues Lagrange a trouvé la clé des enquêtes qu’il menait déjà depuis 1999, comme il le confie au Nouvel Observateur : « Pendant les émeutes de 2005, j’ai regardé la télévision. C’était peut-être un biais mais j’ai vu beaucoup de visages noirs, plus que leur proportion dans la population. Tout le monde le sait, 70% des villes de plus de 50 000 habitants qui ont connu des émeutes possèdent une ZUS (Zone urbaine sensible)... Et qui habite dans ces zones ? En Seine-Saint-Denis, on compte environ quatre Maghrébins pour un Noir. Alors, si en 2005 je voyais autant de Noirs sur les images, ça valait le coup de se demander pourquoi ils étaient à l’avant-garde des émeutiers ? » Dans son livre, il ne se contente plus de ce constat : il en fait un principe d’interprétation, et la question devient une réponse. Au-delà des images, il rejoint ainsi les discours politiques, de Bernard Accoyer à Gérard Larcher, qui en 2005 expliquaient les violences des jeunes par les dysfonctionnements des familles polygames. L’image fait preuve.
La démonstration est inconséquente, et Hugues Lagrange peut tour à tour minimiser ou maximiser l’importance de la polygamie ? Peu importe. On en retient la réalité (supposée) d’un problème. Car l’autorité de son discours, il la puise dans l’évidence d’un sens commun de droite – qu’il contribue en retour à légitimer, y compris à gauche. Pour rompre ce cercle vicieux, ce que fait aujourd’hui Abdel, quand il prend la parole et se filme lui même, c’est introduire le doute sur pareilles logiques d’autorité. Le « fixeur » nous invite ainsi à prendre le faux bon sens d’un « nouveau réalisme », avide de briser les « tabous », non pour la vérité, mais pour ce qu’il est – une construction médiatico-politique, qui vient de se trouver, avec le livre d’Hugues Lagrange, une légitimation sociologique providentielle. Au lieu de le dénoncer, Le Point devrait donc le remercier, et avec lui, les médias devraient ensemble célébrer la contribution d’Abdel à la critique démocratique de l’opinion.
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Ce billet a fait l'objet d'un droit de réponse adressé à la rédaction de Mediapart. Il est publié ici.

Tous les commentaires
Bravo, c 'est par hasard que je tombe sur votre blog et je m'en félicite. Je suis intervenu déjà sur plusieurs papiers débattant la thèse de Lagrange...en disant et redisant que les "origines" nouvellement dénommées "culture" - in culture des origines-se gommaient disparaissaient rapidement et qu'elles ne sauraient être tenues pour "responsable" des errances saheliennes. M'interrogeant sur la perénisation de la polygamie que je n'ai jamais vu en fait . Mais je ne fréquente plus les quartiers depuis 25 ans ..si les mères vivaient, en France, dans le cadre de la polygamie -comment étaient elles rentrées en France?-il est certain que leurs filles n'y vivraient pas. Pas plus que les fils. La polygamie qui ne représente déja qu'un vestige au Sénégal ( je ne connais AUCUN polygame) et également en voie de disparaition au Mali et je ne l'imagine pas dans 10 ans en France . Peut-être TROIS polygames sur le territoire français. Avec bien sur des articles dans le nouvel Obs . "J'ai découvert LE polygame de l'Europe" avec en sous-titre - "Il a 86 ans " et en sous sous titre " et il ne bande plus - ne procrée plus-depuis 30 ans.
@ n'Diaye et aux autres.
Parfaitement, il y a très peu de chances de voir la polygamie ni se répandre, ni se péréniser en France.
Les jeunes femmes issues de l'immigration veulent une autre vie.
Par ailleurs, à part quelques intégristes ou retardataires, il ne faut pas faire l'insulte à l'immense majorité des hommes issus de l'immigration de leur faire un procès d'intention dans ce sens. C'est honteux.
Enfin, pour un peu connaître les sociétés traditionnelles sahéliennes et sub sahéliennes, il me semble avoir perçu que la polygamie n'était pas un choix mais plutôt, une obligation pesante pour les hommes. Les obligations qui pèsent sur les hommes en charges de leurs très grandes familles élargies sont un emmerdement de première catégorie.
C'est d'ailleurs une des raisons de l'immigration. Ces malheureux tenus à des obligations insupportables sont prêts à prendre tous les risques pour émigrer et à vivre comme des parias chez nous pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles élargies. petits frères, cousins tantes, oncles mères et grand mères. Il faut savoir ce que sont les obligations de solidarité auxquelles on ne peut pas se soustraire dans ces sociétés.
pour bien comprendre, il faut avoir eu à dire non à un des ces malheureux qui vous supplie de le faire entrer en France pour pouvoir nourrir sa famille.
Au fameux temps des colonies, il y avait même des jeunes qui préféraient s'engager pour l'Indochine que d'avoir à prendre ces responsabilités.
C'est dire ...
Bonsoir,
J'ai beau trouver que l'interprétation culturaliste de Lagrange non seulement erronée mais également insultante, je ne crois pas que vous puissiez dire que la polygamie est résiduelle au Sénégal. J'ai grandi à Dakar et dans un milieu plutôt de classe moyenne mais connais plusieurs familles polygames. Cette pratique est répandue, quoique non majoritaire, dans tous les milieux sociaux. De même, il me semble indéniable que la polygamie existe chez les immigrés sahéliens vivant en France. Que Lagrange bidonne ses chiffres ne nous autorise certainement pas à nier un phénomène qui existe chez nous juste pour le discréditer.
hadyba
votre témoignage m'interesse et je regrette de ne le lire que fort tard. Vous avez connu des polygames à Dakar... leurs enfants le sont-ils? et les polygames français ont -ils des enfants polygames? C'est en ce sens que je parlais de residuel..non seulement statistiquement faible mais sans force de reproduction.
Nous avons reçu ce droit de réponse de Sonia Imloul adressé au directeur de la publication de Mediapart. Conformément à la loi, nous le publions:
"Dans un article publié le 4 octobre 2010 sous la plume du sociologue Eric Fassin, je suis personnellement mise en cause au sujet de l'affaire du journaliste du magazine "Le Point" piégé par un faux témoin.
Eric Fassin prend prétexte de cette affaire, dans laquelle le journaliste piégé m'a présentée comme "une intermédiaire faisant autorité" pour mettre cette "autorité" en cause, dans des termes pour le moins désobligeantes à mon égard.
Il prétend ainsi en premier lieu que le rapport sur la polygamie dont je suis l'auteur ne contiendrait "aucune information nouvelle... au contraire".
A l'appui de cette allégation caricaturale, le sociologue se borne à extraire de son contexte quelques lignes d'un rapport de neuf pages dans une démarche partiale et très peu scientifique. Si Eric Fassin s'était donné la peine de lire ce rapport sans parti pris, il y aurait vu notamment que le sujet de la polygamie n'a pas été traité sous l'angle ressassé de la religion, mais, pour la première fois sous celui de la protection de l'enfant.
Un peu plus loin dans son article, Eric Fassin raille ma compétence lorsqu'il se permet d'écrire: " On aurait pu penser qu'à défaut de données statistiques, Sonia Imloul disposait d'un savoir de terrain"...
Mais à le lire, il apparaît que le savoir, qu'il soit ou non "de terrain" fait partie du domaine réservé du sociologue.
il est vrai que je me suis contentée pour ma part de naître à Saint-Denis, où je vis depuis 37 ans avec mes enfants qui y sont scolarisés, bien loin de l'Ecole Normale Supérieure. Qui suis-je dès lors pour rivaliser avec l'expérience de terrain de Monsieur Fassin, sociologue émérite? Probablement bien loin en tout cas de sa connaissance concrète et sans doute innée du terrain.
Pour lui répondre sur le ton qu'il emploie sans vergogne à mon égard, je dirai que si Eric Fassin connaissait la polygamie telle qu'elle se pratique sur le terrain précisément, c'est-à-dire en France et non pas en Afrique ni dans les thèses publiées à l'ENS, il serait sans doute à même d'admettre la triste réalité du témoignage du magistrat qu'il se permet de dénigrer avec mépris. Sans doute Eric Fassin en sait-il bien plus également sur la détresse de ces enfants qu'un vulgaire juge spécialisé dont l'expérience se limite à les recevoir dans son cabinet.
Et bien au risque de contredire les théories du sociologue, risque que je suis prête à assumer, je maintiens que de nombreux enfants évoluant dans cette configuration familiale ignorent qui est leur mère biologique.
Pour finir, Eric Fassin, qui connaît jusqu'à ma manière de travailler, s'autorise à prétendre que j'aurais rédigé mon rapport "avec les mêmes méthodes de travail" que le journaliste en cause. Ce qui prête cependant à sourire, c'est que cette affirmation ne repose que sur une simple reprise par ses soins de l'article du "Point", dont il critique à juste titre la méthode.
Au-delà de la réaction à ma mise en cause personnelle, je suis animée avant tout, en tant qu'habitante de la Seine Saint-Denis, témoin et actrice des difficultés et des inégalités de traitement subis dans ce département-notamment par les femmes et les enfants-, par le souci de jeter la lumière sur les vrais enjeux pour la population de ces quartiers. mon seul but est de lui permettre de sortir enfin de l'assignation à résidence à laquelle elle se trouve consignée.
Je n'ai pas le sentiment que le genre de débat autiste suscité par l'article d'Eric Fassin, axé sur l'autosatisfaction est les mises en cause personnelles, y contribue de quelque manière que ce soit.
Sonia Imloul."
Bravo à Abdel qui a réussi à mettre à nu " la grande presse française", à sa manière il s'est payé leur tête en jouant les "infiltrés "!
L'islamophobie est devenue un marché porteur comme diraient les spéculateurs financiers, un excellent fonds de commerce !
Beaucoup de ces histoires sont des mystifications. L'ancienne députée "néerlandaise" Ayan Hirsi Ali érigée en symbole de la femme luttant contre un "islam mysogine" s'est révélée être une menteuse de premier ordre qui n'a jamais subi quoi que ce soit et qui a même menti sur son identité ce qui lui a valu d'être chassée des pays bas.
C'est la même chose pour Waf Waf Sultan (Wafa Sultan) qui prétend avoir quitté l'Islam après avoir vu des élèves de son université se faire tuer par des "islamistes" sur le campus. Or d'après les professeurs de cette université jamais rien de tel n'est arrivé...
On a encore eu l'exemple de cette marocaine sans papiers expulsée qui a pu revenir parce que soit disant son frère en France la battait...
On ne compte plus les livres misérabilistes avec des titres comme "brûlée vive", "mon mari cet islamiste","sept pierres pour la femme adultère"...qui font des femmes arabes ou pseudo musulmanes des victimes que l'occidental de base croit devoir défendre
A tous ceux qui rêvent de venir clandestinement en France: au lieu de payer un passeur et risquer votre vie sur les mers agitées dans un bateau de fortune, écrivez un livre sur l'Islam en vous prétendant victime de ces affreux barbares intégristes, et si vous êtes une femme alors là c'est le Jackpot , vous deviendrez une star et Kouchner viendra même vous chercher en personne à l'aéroport !
Bonne Journée à Tous les Islamophobes qui squattent sur Médiapat ;-)))) !
C'est clair que l'islamophobie est maheureusement instrumentalisée en ce moment, mais que vient faire dans votre démonstration l'histoire de la jeune femme battue par son frère? Je n'ai pas entendu dire qu'elle avait menti?
@seveg
L'histoire de la jeune fille a été instrumentalisée par les "mi-pute mi-soumise",
une assoc largement financée par les pouvoirs publics et les pouvoirs locaux, toutes tendances confondues, ne disposant d’aucune base militante et qui est totalement absente des banlieues dont elle prétend vouloir défendre les jeunes filles. C'est le le genre d'histoire qu'adore médiatiser les "MPMS" pour justifier leur existence, car dénoncer toutes les violences faites à toutes les femmes, ça ne les intéresse pas !
Bien à vous.
Cool mec, on t'aime parce que t'es un homme pas parce que t'es islamique. Ca c'est ton affaire à toi seul.
Et puis j'ai pas lu beaucoup de propos islamophobe sur Médiapart.
Amitiés
@FrançoisG
Je suis une nana et pas du tout "islamique" !
"Et puis j'ai pas lu beaucoup de propos islamophobe sur Médiapart."
Peut être pas vous, mais moi si, j'en ai repéré quelques uns.
;-)) !
Bien à vous.
Excellent article!
Excellent !
bravo à l'article;
très fouillé!
Merci à Eric Fassin pour ce "démontage" d'un fantasme.
Merci et bravo à Abdel pour son intelligent travail.
Un soi-disant journaliste : Jean-Michel Décugis... un soi-disant journal : Le Point... en voilà qui ne risquent pas de s'attirer les foudres de l'em-Paillé de l'U.M.P.
Bravo pour votre article.
@spirit.....
Ne confondons pas tout. Il y a certes de l'islamophobie en France. Mais la polygamie surtout sahélienne n'est pas d'origine islamique mais coutumière.
Je disais, car c est je crois important, qu'elle n'est que résiduelle en Afrique, surtout au Sénégal . J'écrivais même que je ne connaissais aucun polygame . C'est faux . J'en connais un.C'est le chef de mon village. Il a reçu de son père décédé deux maisons à Mbour, qu'il loue. Il est donc, pour nous, riche. C'est le seul. Il a trois femmes.C'est un témoin d'une époque révolue.Celle où un homme pouvait avoir suffisamment d 'argent pour assurer non seulement la vie de sa nouvelle femme mais aussi la vie des parents et alliés de sa nouvelle famille.C'était l'époque où le pouvoir était donné non à celui qui avait ( avoir) mais à celui qui donnait, distribuait. Voir Mauss.C'est une époque disparue. Les urbains, qui sont les seuls à être riches accumulent et préfèrent s 'acheter des appartements à Paris que des alliés sur place sous la forme d'une jeune femme ( voir Xala le film de Sembenne qui date d'il y a 30 ans::!!!!)
Quant à la polygamie supposée en France elle me semble complètement farfelue..mais je n'ai pas fréquenté les "quartiers" depuis longtemps. Il faudrait en parler à mon amie Awa. Qui a habité Paris pendant plus de 30 ans. Qui tenait un restaurant rue Marcadet.Qui a été largement polyandre. A eu 3 enfants de trois pères différents. En parler a Beyala, la belle, à l'écrivaine Niaye..bref à tous ceux qui ont des contacts directs avec une population que l'on cotoie quand meme tous les jours
Et je voudrais en terminer par ceci. Qu'il faille pour parler de l'Afrique en France en passer par des "fixeurs". Mot bien prétentieux et qui signifie les informateurs de toutes les études ethnologiques. Car nous faisons de l'ethnologie en France . Ces populations de la Seine Saint Denis sont décrites et appréhendées comme les dogons à l'époque de Leris. Sont -ils si lointains ?
C 'est cela qui me parait étrange. Sortez de vos ghettos a fric... et a préjugés.
Merci beaucoup Monsieur N'Diaye pour votre témoignange éclairant!
L'ignorance est décidemment le pire de tous les maux!
+1000
@kakadoundiaye
"Ne confondons pas tout"
En ce qui me concerne, je ne confonds pas tout. En ce qui concerne Le Point, et tous les Médias-Menteurs-Manipulateurs au service du Racisme d'Etat, le "démontage" a été apporté par Abdel !
Bravo pour l'éclairage " plein feu" " sur le journalisme qu'aime Paillé !
La polygamie en France : au nom de quoi la diabolise-t-on ? Déjà avec Chirac on parlait d'abus aux allocations familiales, mais ces allocations sont bien versées aux mères pour leurs enfants ? Quelle différence entre celle versée pour l'enfant de la femme du polygame, de la femme mariée en France, de la femme non mariée, de la maitresse de l'homme marié avec une autre femme ??? La loi française reconnaît un droit à l'héritage du père pour l'enfant né hors du couple marié ! Alors ? Où est ce fameux diable ???
@ Pierrette,
pas faux, les allocs sont versées aux mères pour les gosses.
peu importe qui soit le père, qu'il y en ait un, plusieurs ou pas du tout.
voilà la seule VERITE qui compte,
finalement!
et au diable les faux arguments!
Article très interressant.
Franchement ça tourne au comique. Comique cet enfant qui pour la circonstance en perdrait le Latin-lait de sa mère : "Témoignage d'un magistrat demandant à un enfant comment s'appelle sa mère : laquelle, lui répond l'enfant..." j'adore !
Le comique aussi c'est de voir reprocher à Abdel, non pas de faire un travail critique, mais de ne pas avoir un "discours" aussi faux soit-il : "là, il (Abdel) fait son gag (expression trivial), mais il n'y a aucun discours derrière pour étayer ce qu'il entend dénoncer". Ce qui est inexact. Il y a un discours.
Au total on se retrouve devant un flagrant et double déni : déni critique contre ce fameux Abdel et déni des procédures de validation, du travail de la sociologie au bénéfice d'un discours effectivement, sauf qu'il est faux. C'est la construction de la propagande.
Ah, la, la! si les "sujets" (comme on dit en laboratoire), se mettent à parler de la théorie en dehors de la littérature de témoignage...
à a Khaldi,
votre commentaire touche la cible enn plein coeur
et achève d'éclairer le sujet!
"l'effet de réel" fait partie ,comme vous le savez, de l'arsenal technique des écritues de FICTION!
belle documentation, bravo !
"« Je veux montrer que les médias ne font plus leur travail d’investigation, mais ils filtrent et créent l’info. » (Abdel)
Parfaite démonstration. Bravo à Abdel.
Abdel rédac'chef du Point now!
"« Je veux montrer que les médias ne font plus leur travail d’investigation,
mais ils filtrent et créent l’info. » (Abde)
Je ne sais pas si les medias ne font plus leur travail mais les professionnels du social eux continuent de le faire tant bien que mal. Et ils sont tous les jours confrontés aux violences faites aux femmes. La polygamie en est une trop souvent mais on pourrait aussi parler des répudiations, des mariages forcés etc Mais chut, il ne faut pas le dire car malheureusement dans l'atmosphère délétere que font régner aujourd'hui nos dangereux dirigeants politiques, on en vient à ne plus pouvoir dénoncer la réalité. C'est triste. L'important finalement n'est il pas de se donner l'impression d'"agir" en blablatant entre soi sur les forums ?!
Bravo! Enfin de la vraie réflexion... et du vrai journalisme!
je pense que de plus en plus de gens et des jeunes vont se renseigner lorsque de tels articles sont mis en une et souvent on trouve ce que l'on cherche : bidouillage et fabrication de reportages bidons pour affoler ou continuer de monter les français les uns contre les autres. En télé TF1 détient le record, en journaux, le point marque un point de plus car ce n'est pas le premier reportage un peu falsifié qu'il titre.
J'ajoute que la polygamie, je le répète résiduelle même au Mali, est certes inadaptée à la société d'aujourd'hui mais que cela ne fut pas toujours le cas. A l'époque de l'empire du MALI, l'Empire de Soudjata, la polygamie était au contraire dans la société ,une institution qui garantissait aux mères la sécurité et aux enfants la nourriture et la formation. Dans une société de guerriers il fallait bien que le sort des femmes et des enfants soit pris en compte. Il l'était par la polygamie qui était une obligation,pas un choix ( surtout pas un choix libidineux comme souvent cela se dit et plus encore se tait). Les chefs de guerre devaient épouser non seulement les femmes de leurs homologues tués mais souvent aussi les femmes de les adversaires vaincus. ILs avaient, comme tous les riches, d'abord des obligations. La richesse c est ce que je donne distribue pas ce que j'accumule.
Cette structure constitue et plutot constituait la véritable colonne vertébrale de l'africanité. La polygamie faisait partie de cette structure.Elle a conduit aux cultures étonnantes et merveilleuses que l'on connait.
Pourquoi n'y a t il aucun film sur Soundjata? Et encore plus curieux- mais cela est complétement hors de propos -pourquoi n'y a t il aucun film sérieux sur un des plus grands hommes d état et aventurier du monde: Bolivar.Alors qu'il y en a 32 sur Napoléon qui ne lui arrive pas à la cheville.?
En sympathie avec l'Afrique ,
merci pour ce recadrage!
Ce que vous rappelez était mieux connu,me semble-t-il, il y a 30 ans.
Merci a Kakadoundiaye pour ces précisions.
Effectivement, c'est tellement frustrant pour quelqu'un qui connait un peu l'Afrique de voir tous ces raccourcis simplificateurs qui ne cherchent jamais à mettre en perspective.
Il faut aussi rappeler que l'Afrique, du fait des conditions climatiques et des maladies a eu très longtemps une difficulté principale : assurer la pérennité de la société. la polygamie avait donc un rôle purement utilitaire : celui qui avait les moyens DEVAIT entretenir plusieurs foyers de facon à maximiser les chances de pérennité du groupe, du village...
Les critiques de la Polygamie de la part d'un pays qui a eu un président polygame sont quand même invraisemblables...
Ah, Bolivar... je ferai peut être un peu cliché mais je préfère lire sa vie plutôt que la voir (mal) condensée dans une adaptation plus ou moins romanesque, et puis, il est peut être un peu trop grand pour que nos élites actuelles aient envie d'en parler et donc d'une certaine facon de s'y comparer.
Sur le fond, la polygamie n'es qu'une énième tentative de diversion aux relents xénophobes pour ne pas dire fachistes, mais je pense qu'Abdel mérite quand même d'être applaudi, pour la qualité de son travail, comme pour l'objectif cherché. Que le crétin du Point ne soit même pas poussé à la démission montre bien à quel point le journalisme francais est tombé bas. Quand à l'éminent crétinologue cité, malheureusement les journalistes préfèrent toujours les êtres de cet acabi, pensez à Allègre, que ceux qui n'iront pas dans leur sens, et pire montrerons que la situation est plus nuancée, plus complexe que le manichéisme ambiant l'affirme.
Il y a à boire et à manger dans ce texte, c'est magique! Le fixeur, comme dans les pays dangereux, l'éxagération, le sensationnalisme du journaliste, avec des mensonges vu qu'il n'était pas sur le terrain, des descriptions tout droit sorties de son imagination qui, ensuite, sont appuyées par des études de sociologues dont on se demande s'il grossissent leurs raisonnements ou si tout simplement ils ne sont pas limités au niveau capacité de raisonnement !
Merci Abdel, même si à mon avis, ces fixeurs devraient plus manipuler les manipulateurs au lieu de "collaborer" à cet stigmatisation des banlieues.
Quant à Hugues Lagrange, j'émettais des doutes sur ses thèses, maintenant je suis fixé: « Pendant les émeutes de 2005, j’ai regardé la télévision. C’était peut-être un biais mais j’ai vu beaucoup de visages noirs, plus que leur proportion dans la population. Tout le monde le sait, 70% des villes de plus de 50 000 habitants qui ont connu des émeutes possèdent une ZUS (Zone urbaine sensible)... Et qui habite dans ces zones ? En Seine-Saint-Denis, on compte environ quatre Maghrébins pour un Noir. Alors, si en 2005 je voyais autant de Noirs sur les images, ça valait le coup de se demander pourquoi ils étaient à l’avant-garde des émeutiers ? »
Quel joli départ d'une étude à l'image du déclic qui l'a lancée. Si on commence une étude avec de tels pré-supposés, il y a de fortes chances pour qu'on arrive à une étude infectée de ces mêmes pré-supposés.
"Alors, si en 2005 je voyais autant de Noirs sur les images, ça valait le coup de se demander pourquoi ils étaient à l’avant-garde des émeutiers ? »(H Lagrange)
.... et ceci sans d'interrogation - au moins parallèle- sur le choix des medias de sélectionner et de montrer (je n'ai pas dit monter !) ces images-là ?
Et ça c'est qualifié de scientifique? Il est assez naïf pour croire ce que la télévision lui montre, ou il fait exprès?
D'autant plus quen tout téléspectateur peut se prendre pour un sociologue patenté!
surtout s'il va dans le même sens !
La "fabrique de l'opinion"!
Dommage que les "sociologues patentés" et les bobos médiapartiens ne passent pas plus souvent le périph....
aujourd'hui, Abdel était sur France Inter, dans l'émission "là-bas si j'y suis"
Ca fait belle lurette que je me méfie des études et des thèses .Un chercheur, un directeur de recherche du CNRS avec qui j'avais engagé un travail, me disait tout le mal qu'il pensait de certains travaux , essentiellement par rapport à la manière dont ils avaient été réalisés . Il parlait alors de bidouillage.
Ce que j'ai retenu, c'est que nombre d'auteurs de travaux ont leur hypothèse explicative au départ .Ils vont alors orienter leurs travaux de telle sorte que le résultat corresponde à leur hypothèse. Lorsque je dis cela, je pense surtout aux travaux des chercheurs en science humaine, et aussi ceux des praticiens sociaux , profession dont je fais partie. J'ai eu l'occasion de suivre un séminaire où de doctes universitaires nous disaient crûment que maintes études, lourdes et couteuses dans le domaine des sciences humaines , n'avaient comme seul objectif que de permettre de valider des choix déjà opérés en amont .Tout était dit . Ce sont des méthodes vieilles comme le monde et personne ne les ignore .On ferme les yeux et on fait avec .
Ce journaliste du Point a agit de même .De toutes façons, si j'ai bien compris, car j'ai lu attentivement l'article d'arrêt sur images , le titre du Point était déjà retenu . Il fallait donc étayer l'hypothèse explicative du journal.
Abdel a un bel avenir devant lui .Il a fait preuve de perspicacité, de clairvoyance, d'à-propos et aussi d'humour.
Que le Point l'embauche .Il fera un bon journaliste.
c'est pourquoi certains "chercheurs" ,quand ils se révèlent à eux mêmes comme chercheurs de vérités (concrètes) ,se méfient de ce que Rabelais appelait "les sorbonnards" !
PAROLE d'une amie à qui je rends hommage au passage ,quand on lui demandait de quelle autorité elle tirait sa compétence (ah les dangers des experts!)
:"JE SAIS LIRE" répondait _elle!
J'ai oublié, pardon, de féliciter , Eric Fassin,l'auteur de cet excellent article ,qui je l'espère , pourrait être utilisé dans les écoles de journalisme.
Magnifique article !! Merci.
Hugues Lagrange était sur Fr 3, la semaine dernière, l'émission "Ce soir ou jamais", il défendait sa thèse, et avec lui un député UMP, je ne me souviens de son nom!!Il avait en face un autre sociologue, c'était très animé!!Heureusement qu'il avait le député car il a été un peu malmené!!Il y avait une jeune femme, "noire" au nom de la diversité, ils ont eu des propos assez durs vis-à-vis de la jeune femme, et qui savait se défendre!!Et dire que ce Mr.Hugues enseigne à Sciences Po Paris!!Il doit inculquer de fausses idées!!Mais bon, les élèves ne sont pas ignares!Mais les téléspectateurs ont dû boire ses idées!!
Il me semble que l'homme de l'UMP était Eric Raoult. Quant au sociologue en face de M. Lagrange, vous êtes au bon endroit vu que c'est l'auteur de cet article M.Fassin. ^^
M. Hugues Lagrange a un lourd passé. Avant la polygamie il a été, au début de sa carrière dans les années 80, l'un des principaux introducteurs en France de la notion de "sentiment d'insécurité", puisant dans les études américaines. Il travaillait sur le sujet avec M. Sebastian Roché, autre chercheur se présentant comme plutôt à gauche et très apprécié de la droite. On peut préciser que M. Lagrange n'est pas sociologue. Il a soutenu (en 1981 selon les catalogues de bibliothèque en ligne) une thèse de sciences politiques, essentiellement statistique, après une formation de maths / stats --il ne semble pas qu'il ait étudié la sociologie avant de devenir chercheur en sciences politiques, puis de se revendiquer sociologue.
Je crois me rappeler que nous avons eu un Président de la République polygame et ce qui faisait scandale, c'était surtout le détournement des moyens de l'Etat pour le camoufler.
En ce qui concerne la polygamie elle-même on disait plutôt que c'était sa vie privée et que cette info ne nous regardait pas. D'ailleurs c'est un mot que personne ne prononçait.
Ah, on me dit dans l'oreillette que le président en question était blanc, pas musulman, pas issu de l'immigration, pas banlieusard. Ah bah oui évidemment, alors, c'est pas pareil...
Pour l'heure, le mot "polygame" s'applique aux gens mariés officiellement plusieurs fois...Donc pas aux familles illégitimes...Ce qui est très ironique! Il vaut mieux avoir une famille officielle et une illégitime, que deux légitimes! Vive l'hypocrisie chrétienne...
De ce que j'ai entendu, le gouvernement souhaite réprimer la "polygamie de fait". Ce qui s'appliquerait parfaitement au cas Miterrand
@seveg
la polygamie je crois en avoir parlé plus haut est une institution qui a eu son efficacité sociale ( son efficace comme disait Poulantzas). Cela n'a rien à voir avec l'illégitimité. Qui appartient à un projet libidineux. Quand on a une maitresse ( deuxième bureau comme on dit chez moi) on n'a pas d 'obligations vis a vis des enfants et de la famille.La polygamie ne participe pas d 'un choix c est souvent une obligation.
Etant marié à une sénégalaise je connais plusieurs familles polygames au sénégal, mais il est vrai plus dans la génération précédente, ceux qui ont maintenant 50,60,70 ans. Chez les jeunes c'est quasiment impossible pour la plupart... ils ont déjà du mal à s'en sortir et a batir un foyer, alors un deuxième c'est mission impossible. Et la plupart des jeunes femmes ne l'accepteraient plus. Sauf
Une des tantes de ma femme a plus de 28 frères et soeurs, issues de 3 ou 4 femmes. La plupart on fait des études supérieures et s'en sortent magnifiquement bien, ils sont littéralement sur tous les continents, et créent un réseau phénoménal. Je suis trés admiratif des parents. Evidemment, comme dans toutes les familles, il y a aussi des tensions et des gens qui ne se parlent plu.
Cet Abdel est génial, et cet article aussi !
Plus trivialement, je me suis toujours demandé pourquoi la polgamie suscitait toujours une telle horreur fascinée, quand toutes les autres formes d'alliance multiples (adultère, divorces et recomposition), qui génèrent pourtant souvent des situations (au moins des transitions) très douloureuses pour les protagonistes, sont depuis longtemps acceptées et banalisées. Ce qui prouve que ce n'est pas tant les pratiques en elles-mêmes qui choquent, que la population / culture qui les porte et le cortège de représentations qui les accompagnent.
Bien sûr c'est juste une réflexion, ceci ne suggère en rien que je souhaiterais un retour en arrière sur la libéralisation des moeurs...
Encore des survivances d'un conservatisme rance hérité du XIXème, instrumentalisé par un pouvoir d'autant plus moralisant qu'il a lui-même un comportement dépravé.
évidemment!
on se dédouane
"je ricane ,dit la cane" PREVERT
L'article de Mr Fassin est excellent , la contribution d'Abdel géniale mais elle aurait pu passer par la trappe comme tout ce qui n'est pas dans la ligne de la pensée unique mais heureusement il y a médiapart et Edwy Plenel . alors merci à tout le monde y compris les intervenants .
Chère Zorha, si vous saviez combien les femmes à qui mes collègues et moi avons affaire chaque jour (binantionales de confession musulmane essentiellement) s'offusqueraient (le mot est faible) de lire de pareilles négations de leur condition. Certes il est regrettable que les journalistes se fassent (certains volontairement peut être) pièger mais il est bien plus regrettable que l'on en vienne à minimiser les ravages de la polygamie (je pèse mes mots !) et de toutes les autres formes de violences faites aux femmes. J'attends encore qu'une femme victime de la polygamie traditionnelle EN FRANCE vienne la comparer à l'infidélité. Peu leur échoie que Mitterrand l' ait institutionnalisée croyez moi.
La communauté des internautes médiapartistes a raison de trouver cet article excellent.
Responsable du Logement et de l'Emploi dans une petite ville de l'Ouest Parisien, je connais personnellement trois familles polygames. Les enfants des deux familles les plus anciennes sont tous diplômés de BEP à Bac +7 et donc, l'intégration s'est faite sans drame. Pour la troisième famille que je ne connais qu'au tiers puisque j'ai accompagné la troisième épouse, divorcée, qui élève seule huit enfants dont la scolarité est chahutée, le parcours est plus difficile.
Elle travaille la nuit sur une plateforme de traitement de déchets, passe des journées terribles de fatigue et de stress, elle ne peut s'occuper de ses enfants car elle n'en a pas le niveau, étant elle même illettrée.
on est loin ici des fantasmes médiatico-politiques de l'air du temps!
@Serge,
l'expérience que vous relatez est importante. Vous avez dites vous connu 3 familles polygames. Puis je savoir sur combien de dossiers traités. Quel pourcentage représentent elles? D'où étaient elles originaires? Mali je suppose? comment etaient elles venues? Sur la base du regroupement familial? Comment une femme polygame peut elle divorcer puisqu'elle ne peut dans le code français être mariée?
*A vous lire
Enfin un des derniers soutiens-soutiers du sarkozysme tombe! Le Point, ce journal aux éditoriaux bas du front, racoleurs et pseudo-sérieux du triste en chef Claude Umbert; Le Point, ce journal aux unes toutes plus catastrophistes et rances les unes que les autres; Le Point, ce journal qui a fait la campagne de Sarkozy, et qui ensuite s'est amusé à le descendre (tant mieux politiquement, mais quelle absence de cohérence éditoriale!); Le Point, ce journal où on bidonne l'information depuis longtemps (dès 2000, une amie journaliste avait eu une mésaventure de ce genre: un article qui n'allait pas dans le sens de la rédaction, totalement reformulé pour épouser des thèses populistes!). Et par-dessus tout, cette espèce de vernis de sérieux procuré sûrement par quelques journalistes honnêtes et un secrétariat de rédaction efficace et bien formaté idéologiquement...Quelle gigantesque supercherie...
Bravo Abdel : )
Qui sont ces " fixeurs " ? je ne connaissais pas cette expression , ni ce " moyen moyen " journalistique pour récupérer des informations .
Mais J'adore ce genre de retournement de situation ... bravo .
un "fixeur " terme journalistique est l'équivalent exact de "l'informateur" en ethnologie..... et en langage policier. Ce n'est pas un mouchard car ce qu'il révèle ne sont pas des choses cachées mais sont un regard sur ce qu'un oeil non habitué ne voit pas.
Dans la petite maison de la Presse du bourg voisin, ce "Point" est bien mis en vue. Les connaissant, je doute que les locaux "de base" sachent que c'est bidonné. D'ailleurs, souvent, leur "théorie du complot" à eux va dans l'autre sens, celle de "l'invasion". Pourtant, dans les villages du coin, on ne peut pas dire qu'ils souffrent particulièrement des conséquences d'une immigration massive. C'est plutôt la spéculation sur les matières premières agricoles qui leur cause de grands malheurs, puisque beaucoup d'entre eux sont passés à la monoculture depuis longtemps. Mais ça, ils sont peu à le comprendre vraiment.
Enfin bref, il faut faire attention. Ce n'est pas parce que quelques-unes d'entre nous, mieux informés, ont accès à ce démontage de la perversité politico-médiatique que le reste de la population va réagir de la même manière. Il y a certains instincts qu'il est dangereux de libérer. Le chemin de la haine et de la division, à terme, mène à la guerre.
Et je suis choquée de voir que le Point n'a pas retiré ce numéro de la vente, malgré cet article clairement mensonger. Quant au démenti qu'ils publieront dans le prochain numéro, je suis absolument sûre qu'il ne s'affichera pas en première page. Le mal est fait, beaucoup vont vouloir y croire.
J'espère franchement que d'autres élus lanceront comme Roland Ries un appel aux Républicains (que France info qualifie de "coup de gueule" ce que je trouve terriblement réducteur) après la multiplication d'actes racistes à Strasbourg, comme ils se multiplient un peu partout.
http://www.france-info.com/france-societe-2010-10-05-actes-racistes-le-coup-de-gueule-du-maire-de-strasbourg-489440-9-12.html
http://www.strasbourg.eu/accueil?ItemID=1589680563
Les hommes politiques du gouvernement ont dévoyé la parole publique mettant ainsi beaucoup de personnes en danger - il faudrait vraiment que d'autres aient le courage, comme Riess, de reprendre la main !
OUI,
on ,je ,beaucoup je l'espère ,attendent au tournant
ceux qui auront le courage de faire comme Mr Riess!
SI c'est SEGOLENE que dira-t-on d'elle,n'est-ce pas?
ALORS§
Sur le théme des manipulateurs manipulés ...
...on compte environ quatre Maghrébins pour un Noir... Qui compte...et puis la nuit tous les chats ne sont ils pas gris ...il a pris des magrebins pour des noirs...ça manquait de lumière ... à la lumiére dansante des caprices des jolies flammes de toutes les couleurs ... plus d'arabes ou de noirs ...ou ... autant des uns que des autres ...il a du arrêter l'image pour bien regarder et compter avec son doigt sur les visages...quelle occupation ...à propos d'occupation ...occupé, le territoire-france, non, le bateau, le navire-france, occupé, gangréné, et qui prend l'eau de toutes parts ...quand c'est le commandant de bord qui méne la mutinerie et l'organise à ses fins ...en attendant d'y parvenir et c'est comma ça qu'il y parvient, il perce des petits trous partout dans la coque depuis l'intérieur, ça a commencé dans les cales , et ça prend l'eau, de plus en plus de partout, l'eau putride du port, et plus ça s'enfonce, plus il perce haut...et puis on est bientôt en quarantaine...depuis que s'est déclarée une épidémie à bord, la gangréne lépreuse que ça s'appelle, ... paraît qu'c'est un microbe vaguement moyen-âgeux mais trés nocif ...trés purulent, une vrai saloperie d'infection...une sorte de chie-en-lit qui s'attrappe en ingurgitant une sorte de champignon qui pousse parait-il aux environs des Carpathes et dont le vecteur est à neutraliser ...et ses proches à surveiller ...
On devrait avoir un jour un vrai débat sur la polygamie et son alternative, le mariage monogame. Il ne faut pas oublier que ce dernier - sacrement divin dans la chrétienté et ne pouvant à ce titre être rompu - n'a pas été adopté au nom de l'égalité homme-femme (la reconnaissance juridique de cette égalité en Occident ne date que de la deuxième moitié du XXe siècle). En poussant le principe d'égalité jusqu'au bout, comme celui de liberté d'ailleurs, l'association polygamie-polyandrie serait plus logique (sachant qu'un mariage monogame reste possible). On pourrait pousser l'absurde en remarquant qu'avec la polygamie, la femme a le privilège de pouvoir épouser un homme déjà marié... On sait que le mariage monogame s'est toujours accompagné de ce que F. Engels appelait la double morale, c'est-à-dire la multiplication des maîtresses pour les hommes (la femme qui prenait amant était bien plus durement sanctionnée et de nos jours encore, lorsque cela se produit, généralement le mariage ne dure pas).. Avec le mariage monogame, le célibat des femmes est plus répandu que celui des hommes, ce qui est une autre forme d'inégalité. Quant à l'intérêt des enfants, le grand avantage de la polygamie, qui explique son succès dans l'histoire, c'est qu'elle permet de donner un père dans le cadre du mariage à la quasi-totalité des enfants (sauf ceux issus de relations incestueuses). De fait, les phénomènes d'abandon d'enfants, de filles-mères et d'infanticide sont bien plus répandus avec le mariage monogame. Le mariage polygame, plus souple (il n'empêche pas la monogamie, qui est d'ailleurs souvent majoritaire), permet une régulation démographique et économique alors que la rigidité du mariage monogame fait qu'il est instable et a toujours besoin d'être redéfini et aménagé (divorce, adoption, reconnaissance de paternité hors mariage, concubinage, PACS...), au point où le mariage lui-même finit par ne plus avoir de sens. Mais aujourd'hui, comme la polygamie tend à devenir illégale un peu partout dans le monde, du fait de l'hégémonie du droit occidental, il est difficile de juger de ses effets dans la mesure où ceux-ci sont aussi le fait de la marginalisation entraîné par son illégalité.
Excellente analyse.
Merci Mr Homo Pacer.
Juste pour rappeler, devant l'enthousiasme consensuel grandissant au cours du fil, que certaines femmes ou certains enfants vivent mal ou très mal la polygamie imposé, du fait de rapports hiérarchiques, ou de rapports de pouvoir- éventuellement institutionnalisés ("rang" de l'épouse).
Ce qui peut être aussi le cas dans toute structure familiale ou de groupe, bien sûr.
Ce n'est peut-être pas seulement pour des raisons économiques que ce mode d'union est en perte de vitesse. Les femmes le choisiraient-elles si elles avaient le choix ?
C'était juste pour dire, attention au contre-ethnocentrisme pas plus raisonné que l'ethnocentrisme!
Il y a aussi beaucoup d'enfants qui vive ma la monogamie de leurs parents!
Comme d'autres lecteurs, je vous remercie pour l'article qui démonte les manipulations médiatiques de manière précise et avec le regard du sociologue ("un effet de réel" : c'est tout à fait ça, depuis des années et sur de nombreux sujets).
"[...] les médias devraient ensemble célébrer la contribution d'Abdel à la critique démocratique de l'opinion" mais c'est évident tout le contraire que la plupart fera.
Hier, je suis tombé sur une émission de télévision où les "journalistes" (ils doivent avoir leur carte de là à dire qu'ils exercent ce métier et qu'ils en appliquent la déontologie...) commençaient par "révéler" la supercherie du Point pour conclure sur la "supercherie" d'Abdel qui ferait également bien du tort à la banlieue et qui participerait à la circulation des clichés. Il fallait oser. Ils ont osé sans vergogne aucune et sans sourciller sur leurs propos boiteux. S'il y a eu scandale c'est bien parce qu'Abdel a dévoilé sa manipulation, lui, et qu'elle révèle une manipulation médiatique qui, elle, se dissimule et se pare "des effets du réel" pour mieux tromper.
Celui qui déclare avoir menti afin de confondre un plus grand menteur serait donc à mettre dans le même sac ? Etonnant.
Pas tant que ça de la part de personnes qui ont répété dans les 5 minutes consacrées au sujet que les cités étaient des "lieux de non-droit" - répétant ainsi les propos de plusieurs ministères successifs de l'intérieur me semble-t-il - et que le fait que les journalistes soient obligés de passer par des fixeurs le démontrer bien. A croire que les journalistes pris en otages le sont de l'autre côté du périphérique ou à Vaulx-en-Velin et non au Liban, en Irak ou en Afghanistan ! On ne risque pas sa vie en enquêtant de manière journalistique sur la banlieue, on y risque seulement le temps que l'on doit y consacrer. Quant au Droit et aux droits, oui, effectivement les banlieues - les vraies, celles où leurs habitants sont mis au ban - en manquent et les réclament. Les responsables en sont les politiques et les citoyens qui votent pour leurs programmes de piétinement du contrat social.
Je me permets quand même de critiquer votre tournure de phrase suivante qui est malheureuse : "en imitant (mal !) un accent de femme noire". Que l'accent soit lié à la couleur de la peau, cela ne peut qu'être qu'une erreur de formulation de votre part.
De même que la polygamie a répondu en son temps à des impératifs sociaux (disproportion entre les nombres de femmes et d'hommes dans les sociétés guerrières), la monogamie a répondu à des impératifs de paix sociale, pour éviter les tensions au sein de la société, aidée en cela par la religion qui d'ailleurs a été très efficace en son temps (délit d'adultère, idéalisation de la virginité, condamnation du divorce...). Donc la question est : dans ce monde moderne, a-t-on encore besoin du rituel du mariage, sous quelque forme (mono, poly, homo...) qu'il soit ?
Bon article que celui d'Eric Fassin et bonne blague que celle du "fixeur". De fait, le papier du Point constitue un bel exemple de "bidonnage" qui, dans toute école de journalisme sérieuse (mais n'est-ce pas là aujourd'hui un oxymoron ?) vaudrait à son auteur de se faire jeter dehors. Il ne faut pas oublier, toutefois, que la tendance à prendre une grande liberté avec la vérité chez les journalistes ne date pas d'aujourd'hui. Un quotidien national n'annonça-t-il pas l'arrivée triomphale à New York en 1927 des deux aviateurs français Nungesser et Colli, avec déclaration des deux héros, lesquels s'étaient perdus en mer ? Une journaliste du New York Times n'obtint-elle pas le prix Pulitzer pour le portrait, inventé de bout en bout, d'un enfant de Harlemen drogué et dealer? Et le grotesque Poivre d'Armor, cire-botte de tous les pouvoirs qui tente aujourd'hui de se faire passer pour un martyre de l'indépendance, ne produisit-il pas un entretien avec Fidel Castro imaginaire ? J'ai exercé plusieurs années dans une grande agence de presse mondiale et, pour elle, rendu compte de plus d'un fait divers célèbre. Je ne compte pas les bidonnages dont j'ai été témoin, jusques et y compris dans des organes dits sérieux et respectés.
On bidonne par paresse, facilité, pour faire plaisir à son rédac-chef ou ne pas se faire engueuler par lui, pour complaire à ses lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, à ses annonceurs, pour vendre du papier ou de l'audience, pour aller dans le sens du poil de l'opinion, parce que c'est conforme à la ligne politique du média, etc... sans oublier l'ignorance, les préjugés, le poids de l'idéologie dominante contre lesquels la possession de la carte de presse ne garantit en rien. A chaque époque ses bidonnages et ses raisons de bidonnage.
Quant à la réponse du Point, elle offre à tout apprenti psychanalyste un cas patent de ce qu'on appelle la dénégation.
Si j'en crois les démonstrations de plusieurs intervenants, le travail du sociologue Lagrange me semble en contradiction avec la rigueur scientifique qu'on est en droit d'attendre en ce genre de matière. Elle est d'autant plus nécessaire quand on en arrive, comme lui, à des conclusions qui - nolens volens - risquent de conforter les préjugés les plus crasses, les plus cruels et les plus imbéciles, sans compter que les sinistres personnages qui nous gouvernent peuvent s'en servir pour justifier leurs infamies. Mais n'étant pas sociologue je me garderai de porter un jugement définitif.
De même, je me garderai tout autant d'affirmer que la polygamie est résiduelle en Afrique, ou le contraire, ma connaissance de ce continent étant limitée. Toutefois, pour avoir une compagne mi mossi-mi baoulé et avoir effectué de nombreux séjours en Afrique de l'Ouest (Sénégal, Burkina Faso, Côte-d'Ivoire) - et pas dans les hôtels ou les clubs de vacances - j'ai constaté que la pratique de la co-épouse était loin d'avoir disparu. Je crois même me souvenir que l'annonce, il y a un an ou deux, par Youssouf N'Dour, qu'il allait prendre une co-épouse avait suscité des réactions critiques au Sénégal. Reste que ce qu'énonce et rappelle Kakadoundiaye est fondé et plus que bienvenu. Il a hélas raison. L'ignorance est la chose du monde la mieux partagée en Europe s'agissant de l'Afrique. Bien peu d'Européens connaissent le nom de Soundjata Keita, fondateur de l'empire du Mali, de Shaka, créateur de l'Etat Zoulou. Qui sait ce que furent l'empire du Ghana, l'empire Songhai, le Mancina ? Il y a peu encore, nos livres d'histoire présentaient les défenseurs de l'indépendance africaine, les hommes qui s'opposèrent à la conquête coloniale, tel Samory Touré ou El Hadj Omar Tall, comme des féroces barbares esclavagistes. Cette ignorance ne peut que nourrir les préjugés que reflète l'article du Point... et dont le discours de Monsieur Sarkozy devant les étudiants de Dakar offre un catalogue presque complet.
Reste enfin, et là encore Kakdoundiaye a raison, qu'il ne faut pas tout confondre.
Je tombe du haut de mon mètre cinquante en vous lisant !
On se croirait sur rue 89.
Abdel a piégé un journaliste, bravo, génial, excellent travail !
Il est clair que s'il s'était appelé Jean-Pierre, ce serait un affreux manipulateur !...
Pfuuhhh!!!
Non non, Abdel ou Jean Pierre, voir même Edvy ou Laurent, tout ceux qui mettent en lumière la couardise et la bassesse méritent une statue.
Merci Abdel, refais en beaucoup comme ça,
@GRACCUS
Merci pour ce commentaire tout en nuance. Vous parlez de Youssou, Notre Youssou national, qui gagne à lui seul autant que la moitié des sénégalais réunis, heureusement qu'il pense, comme sénégalais, avoir une co-épouse plutot que de multiplier les deuxièmes bureaux!!!!
Mais vous vous rappelez les commentaires aigres que cela avait suscité!!! ce qui signifie bien que chez les gens de la généraétion qu'il représente - il a 60 ans-et ceux d'après- que la polygamie n'est possible, souhaitable que lorsque le niveau financier le rend et possible et obligatoire ( selon le principe qu'il faut redistribuer sa richesse si l'on veut acquérir reconnaissance donc pouvoir) d'une part mais aussi d'autre part que si la première et le seconde épouse le souhaite...ce qui est rarement le cas. A moins d 'épouser une femme comme deuxième epouse d'une génération antérieure à la sienne - c 'est à dire qui a plus de 60 ans-la polygamie est quasi impossi ble..
Discussion sur le livre d'Hugues Lagrange, Le déni des cultures, en ce moment (18h 20- 19 h) sur France Culture. avec l'auteur, et Laurent Muchielli.
J'ai eu la chance de voyager et séjourner en Afrique sur une durée de 3 à 4 ans.
J'ai gardé un excellent souvenir globalement, avec des nuances d'un pays à l'autre.
J'y ai rencontré des gens d'une grande humanité et grande sagesse.
C'est vrai que pour juger l'Afrique il faut faire l'effort de la connaître un peu.
Aussi par rapport à la polygamie il faut relativiser deux aspects différents. Ce qui présentait des garanties pour les femmes en sur-nombre comparées aux hommes plus exposés aux risques, mais il faut également considérer l'état de soumission qui en résulte qui est la contre partie négative.
Cependant, dans le Mali que j'ai connu dans les années 70, la polygamie était en décrue dans les milieux un peu plus aisés, mais le radicalisme religieux qui gagne du terrain peut maintenant amener une recrudescence.
Cela montre bien qu'il n'y a pas que des problèmes culturels légitimes mais aussi des problèmes d'influence religieuse, parfois extrémiste qui fait de l'abaissement de la condition de la femme son cheval de bataille.
En final ne pas juger de ce qui est culturel, mais se méfier de ce qui émane d'idéologies conquérantes.
L'humanité doit toujours progresser en France, en Afrique et partout dans le monde sans être freinée par des dogmes trop rigoristes. L'image de Dieu (quelqu'en soit le nom) est plutôt synonyme de paix et de tolérance que de combat et d'intolérance.
Jaime votre commentaire.
Amitiés
@ MARTINE COULOMB
Qu'il se fût prénommé Jean-Pierre, Patrick, Giovanni, Siegfried, Paco ou Moïse n'eût rien changé à l'affaire. Abdel a tendu un piège dans le dessein de démontrer que des ( des et non les !) journalistes sont prêts à gober n'importe quoi du moment que cela flatte les idées qu'ils se font et leur donnera matière à pondre un papier dans ce sens. Si le journaliste avait fait son travail - id est recouper, vérifier ses sources, enquêter sérieusement, aller voir sur place, bref se bouger le cul et non mordre à un appas grossier - le piège n'eût pas fonctionné. Il ne faut pas trop, non plus, accabler le malheureux. Le temps et les moyens d'enquêter sérieusement lui manquaient sans doute. Pas plus que lui, sa hiérarchie n'a fait son travail. Parce que son papier allait dans le sens de ce qu'elle voulait montrer et démontrer.
@ KAKADOUNDIAYE
C'est vrai que Youssou connaît une situation matérielle fort éloignée de celle d'un habitant de Pikine ou HLM5 ! C'est vrai également qu'on ne peut considérer la polygamie en Afrique de l'Ouest sans prendre en compte l'obligation de don - de redistribution - qu'a tout individu dans les sociétés qui s'y sont constituées. Mais entre nous - et pour sourire - cela doit être moins fatiguant et moins coûteux d'avoir un deuxième bureau que d'avoir deux épouses !
Cela n'a rien à voir: je crois qu'il y a eu un film se rapportant à Soundiata Keita. J'ai vu cela une fois en surfant sur Internet. Une série télévisée relatant l'épopée de Shaka Zoulou a été tournée par les Américains. Il en existe une version en anglais et une en français. Elles diffèrent par leur montage. C'est américain et pour la télévision. On est donc fort loin d'Eisenstein ou des grands récits des griots !
Merci pour cet article. Vive ABDEL. Le pire c'est que le "point" n'ait pas honte et menace de poursuivre. S'il lui font des soucis, je suis prêt à faire partie du comité de soutien. Et même je suis pour qu'on lui fasse une statue.
Pour ma part, et aux risques de faire hurler les féministes, la polygamie est d'ordre culturelle, et ce n'est pas en la stigmatisant de cette sorte qu'on aidera les enfants, qu'ils en soient issus ou pas, à vivre. Et puis la polygamie acceptée, qu'elle soit féminine ou masculine ne me gène pas du tout.
Enfin, n'oublions pas que si nous nous ennorgueillons d'avoir une fécondité plutot forte en France, c'est grâce à ces famille de 10 à 15enfants. Ce sont eux l'avenir de notre vieux pays, ce sont eux qui payeront nos retraites. Nous ferions mieux de bien les traiter dés à présent.
Et puis un mot sur le polygamme nantais d'Hortefeux: Ne trouvez vous pas qu'il est to much:
Comme par hasard, c'est sa femme que l'on interpelle parce qu'elle porte le voile, et puis c'est génial parce qu'il aurait déjà fraudé à la sécu et aux alloc et il a vraiment une vraie gueule de mouhjaidin, il a même pas honte de porter un foulard. A la place d'Hortefeux, sûr que je l'aurai payé!
Aprés avoir lu cet excellent article, ne croyez vous pas que ce pourrait être un bon coup bien préparé par les communicants qui nous gouvernent ou qui nous manipulent?
Si j'étais journaliste, je creuserai dans ce sens. Mais attention, en apportant des preuves et en recoupant vos informations. Pas comme moi, en ce moment. Mais rien n'empêche d'aller creuser le CV du policier ou gendarme qui l'a interpellé, de suivre l'enquête qui a permis de découvrir si rapidement toutes les atrocités que cet abominable polygame a fait à notre beau pays.
Allez encore merci pour votre travail.
OK pour toutes les critiques du livre du sociologue mais moi-même demeurant à Melun (et amie d'un africain), je suis surprise par la grande diaspora africaine et regrette que les jeunes -et moins jeunes- souvent diplomés- soient obligés (?) de quitter leurs terres pour s"expatrier en Europe; je m'interroge vraiment sur l'immigration noire africaine (je suis souvent la seule "blanche" dans le RER); je suis partagée et, loin de tout racisme trop facile , perturbée, j'ai mal pour l'Afrique et je ne sais quelle est la solution : partir, fuir, réussir,aimer, aider, travailler, éduquer, envoyer..
L'amour, toujours,
Je vous invite à lire un article de Sébastien Fontenelle qui se fait L’Express !
http://www.politis.fr/Abdel-Se-Pointe-Et-Se-Met-A,11781.html
bien vu! j'ai vu -et apprécié- l'article qui exprime bien mon "ressenti", mais dans mon petit commentaire, je pensais surtout à ceux qui restent en Afrique.
@Nathalie,
rester en Afrique? Merci mais pourquoi faire?
Se hausser du col parmi les parents des parents qui ont un parent bien placé? Se faire, devenir, le porte coton serviable et servile d'un gros-cou con comme un panier percé qui ne tient son pouvoir que de ses accointances ethnico familiales et n'aspire qu'à s'en mettre plein les fouilles sans honte ni regret ?
S'installer diplômes en poche et crédit bancaire assuré ( ce qui est quasi impossible mais on peut toujours rêver) et devoir affronter les besoins criants de toute la famille- 92 personnes en comptant les enfants- qui vient a tout moment vous demander une aide?
En 50 ans la Guinée par exemple - voir mon blog- après quelques tueries dictatoriales, qui firent au moins un millier de morts, accèdent à des élections à 50% démocratiques. Et que voit -on? Que les peulhs ont voté à 98% pour un peuplh et que les malinké ont voté à 98 % pour un malinké!!!!! Vive la démocratie et l'éducation.
Au Togo que voit-on, comme au Gabon, qu'un fils succède au père lequel régna pâr la force et la mort pendant plusieurs decennies et qu'au Sénégal l'actuel Président qui ne veut lacher l'os du pouvoir ne pense qu'à installer son fils dans la niche dorée où pleuvent les talbins.
Partir...pour beaucoup parce que l'air y est irrespirable. Pour d'autres parce que le peu que l'on peut gagner ici permet d 'envoyer là-bas de misérables sommes qui sont des trésors et des fortunes. Le salaire minimal- qui n'existe légalement pas- est d'environ 40.000 CFA -60 euros- Pensez qu'un ouvrier d'origine sénégalaise qui envoie chaque mois au pays cent euros- ce qui est possible- envoie l'équivalent de deux mois de salaire d 'ouvriers agricoles. D'ailleurs les travailleurs africains envoient au pays plus que l'aide internationale.