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May

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Sécurité : un sondage plébiscité

En matière de sécurité, «les annonces de la majorité» seraient «plébiscitées». Du moins Le Figaro l'affirme-t-il en une le 5 août, en s'appuyant sur un sondage Ifop : « Roms, déchéance de nationalité, peines planchers, vidéosurveillance : les idées de l'UMP sont approuvées aussi à gauche. » L'information est aussitôt reprise par une dépêche AFP, qui dictera le ton des médias dans leur ensemble : « Le consensus semble transcender assez largement les tranches d'âge, appartenances sociales ou préférences politiques affichées. »

Il est vrai que le « palmarès » du sondage (c’est le mot du Figaro) est impressionnant : 80% des Français seraient favorables à « l’instauration d’une peine incompressible de 30 ans de prison pour les assassins de policiers et de gendarmes », 79% au « démantèlement des camps illégaux de Roms », 70% au « retrait de la nationalité française pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme », et 80% au « retrait de la nationalité française aux ressortissants d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’incitation à l’excision » [sic]. Avec ces scores de maréchal, on peut bien parler de « plébiscite » pour Nicolas Sarkozy.

 

Clivages

Sans doute quelques articles, de Mediapart à Libération, vont-ils mettre en cause la méthodologie. L’enquête, contrairement aux usages, est menée au cœur de l’été. Les questions s’enchaînent au risque d’entraîner un « biais d’acquiescement » systématique. Surtout, l’Ifop se convertit au sondage en ligne – à l’exemple d’Opinionway, pour des résultats souvent comparables, et pareillement critiqués. C’est d’ailleurs la raison invoquée pour éliminer ceux qui se déclarent sans opinion.L’Ifop s’en justifie sur Rue89 : « Par téléphone, nous avons en moyenne 5% de NSP [ne sait pas]. Sur Internet ou dans les sondages par papier, ce taux est trois ou quatre fois supérieur, car c’est un “item-refuge” pour le sondé. Ça équivaut donc à recueillir des opinions faussées » ; et d’ajouter (sans rire) que les prendre en compte « serait une faute professionnelle. » Peu importe : à l’heure où, selon le Journal du dimanche, Nicolas Sarkozy ferait ainsi « retour au peuple », toute contestation, fût-elle méthodologique, est taxée d’élitisme. Brice Hortefeux peut se frotter les mains : « Comme souvent, le sarkozysme n’est pas en phase avec les élites, mais il l’est avec la société. »

Le plébiscite médiatique du sondage plébiscitaire est souligné par l’indifférence qui a entouré un sondage CSA publié dès le lendemain, dans L’Humanité du 6 août. Il est vrai que les résultats en sont moins spectaculaires : sur le démantèlement des camps illégaux de Roms, 62% les jugent nécessaires (contre 79 % favorables dans le sondage Ifop), et sur le retrait de la nationalité pour meurtre de policier, ils sont 57% (contre 70%). L’écart entre les deux sondages se creuse d’ailleurs si l’on considère les réponses extrêmes – « tout à fait » ou au contraire « pas du tout ». Sans doute la tendance n’est-elle pas inversée ; du moins est-elle atténuée.

Tout se passe en réalité comme si les résultats paraissaient d’autant plus vrais qu’ils sont moins vraisemblables. « De fait, s’émerveille Le Figaro, qui aurait cru que 62% des électeurs de gauche approuveraient qu’on retire leur nationalité française à des ressortissants d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’excision ? Ou que 50% des mêmes soient pour la déchéance des délinquants d’origine étrangère qui attenteraient à la vie d’un policier ou d’un gendarme ? » Et d’en conclure, en réponse à Martine Aubry dénonçant une « dérive antirépublicaine » de Nicolas Sarkozy : « Les dirigeants socialistes, dépassés par leurs troupes, n’ont toujours pas fait leur révolution culturelle, huit ans après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle. »

L’enjeu, c’est bien le « plébiscite », soit le consensus censé réunir électeurs de droite et de gauche : alors que, sur la foi du sondage Ifop, Le Monde s’interroge le 6 août : « Sécurité : la fin d’un clivage ? », le même jour, L’Humanité peut titrer en se fondant sur le sondage CSA : « L’ultrasécuritaire clive la France ». Car l’écart y est très important entre d’une part la droite et l’extrême droite (très semblables dans leurs réponses), et d’autre part la gauche et l’extrême gauche (également proches) – dans un rapport, pour chaque réponse, d’au moins 1 à 2. Du coup, on se prend à relire le sondage Ifop, pour constater que le clivage politique entre droite et gauche y reste tout à fait pertinent (bien plus que le sexe ou la résidence, et même que l’âge ou la profession) : pour chaque question, le rapport est d’1 à 1,5 ou 2 !

 

"Faire l’opinion"

Pourquoi l’engouement médiatique qui accueille le sondage Ifop, d’autant plus frappant qu’il est présenté par Le Figaro comme un désaveu pour les médias ? « Des résultats jugés “spectaculaires” par Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion de l’Ifop, qui voit dans cette enquête la confirmation de ce qu’il pressentait: “L’affaire Bettencourt a occupé une place très importante dans les médias, mais l’opinion, elle, a davantage été marquée par les violences des dernières semaines.” » Au nom des Français, l’institut de Laurence Parisot fait donc la leçon aux médias, coupables de trop s’intéresser aux affaires.

Le directeur adjoint du département Opinion n’avait d’ailleurs pas attendu cette enquête pour l’affirmer avec force. En juillet, il déplorait déjà que « l’affaire Bettencourt-Woerth s’étale à la une des journaux et vampirise toute l’actualité politique » ; pourtant, elle n’aurait« pas eu le même écho dans le pays réel que dans la sphère médiatique ». Or l’Ifop n’a publié aucune enquête sur ce scandale ; en revanche, d’après un sondage CSA, 56% des Français le jugent grave. Jérôme Fourquet ne s’en laisse pourtant pas conter : il n’y aurait rien de nouveau depuis 1991, « au moment des scandales touchant le PS »... Surtout, « si une majorité se dessine quant à la gravité du dossier, le jugement porté est cependant très fortement structuré par les affinités partisanes : 72 % des sympathisants de gauche pensent que l’affaire est grave, cette proportion étant deux fois moindre à droite ». Bref, c’est distinguer l’opinion « partisane », avec ses clivages, du « pays réel », forcément consensuel.

Si, pour l’Ifop, les affaires intéressent surtout les médias, qu’est-ce qui importe vraiment pour « les Français » ? En juillet, Jérôme Fourquet soulignait que « seuls 50% des Français avaient parlé avec leurs proches » de l’affaire Woerth-Bettencourt, contre 86% pour les retraites. Mais il ne parlait pas d’insécurité. En réalité, la grande enquête « victimation et sentiment d’insécurité en Île-de-France », menée tous les deux ans auprès de 10 000 personnes (soit dix fois plus que les sondages Ifop ou CSA), concluait en 2009 que, pour les Franciliens, ce n’est plus du tout la délinquance qui est jugée prioritaire (on a reculé depuis 2001 de 39,2 à 12,6%), mais désormais, nettement, la pauvreté et le chômage (à 39,8 et 40,9%).

Si l’Ifop préférait toutefois se fier à ses propres sondages nationaux, une enquête publiée le 28 juillet 2010 montre effectivement une forte progression du sentiment que la délinquance a augmenté depuis 2007 (de 43 à 59%), alors même que 84% des sondés se jugent personnellement en sécurité. Plus intéressant encore : les Français croient d’autant plus à cette augmentation que le taux de délinquance est plus faible dans leur propre département ! Si l’on en conclut, avec France-Soir, que depuis l’élection de Nicolas Sarkozy « le “sentiment d’insécurité” se généralise » (ou du moins la croyance dans l’insécurité…), peut-on penser que la délinquance « vampirise » l’actualité ? Quelques jours plus tard, si l’insécurité lui fait oublier les retraites, Jérôme Fourquet ne mentionne pourtant pas ce sondage de son propre institut dans ses commentaires sur la politique sécuritaire.

On voit ici combien la « vérité » résulte d’une construction. C’est pourquoi les sondeurs ne sont pas plus que les journalistes ou les politiques les interprètes autorisés des « Français ». Les uns et les autres proposent des versions de l’opinion, qui la reflètent bien moins qu’elles ne contribuent à la former. Comme le relève encore Rue89, quand on interroge sur les « camps illégaux de Roms », on pourrait ajouter une question pour savoir « si les gens sont favorables au respect de la loi qui oblige certaines communes à aménager des terrains d’accueil pour les Roms ». « C’est vrai, on aurait pu la poser », reconnaît Frédéric Micheau de l’Ifop. « Mais on est obligé de faire des choix, et tous les choix sont mutilants. » Pour les peines incompressibles de 30 ans, il n’eût pas moins été intéressant de rappeler qu’elles sont aujourd’hui fixées à 22 ans, mais que leur automaticité reste inconstitutionnelle. Quant au retrait de la nationalité, on aurait pu demander s’il était propice à la sécurité de créer des apatrides, s’il fallait le limiter aux Français naturalisés, ou l’étendre aux Français d’origine étrangère (et lesquels), etc. Autant de choix qui découpent la réalité pour lui donner sens.

Revenons au sondage CSA, publié par L’Humanité. La leçon la plus instructive y tient à une aberration apparente. Les questions se multiplient : les mesures annoncées sont-elles « nécessaires », « urgentes », « efficaces », mais aussi « conformes à l’idée que vous vous faites de l’intégration en France » ? Or les réponses peuvent surprendre : c’est dans la même proportion que les mesures contre les Roms et les assassins de policiers sont estimées « justes » (respectivement 56 et 55%) ou « discriminantes » (54 et 53%) ! En réalité, les résultats s’inversent selon qu’il s’agit de sympathisants de droite (80 et 76% les trouvent « justes ») ou de gauche (75 et 74% les trouvent « discriminantes »). Quant à ceux qui les trouvent à la fois « justes » et « discriminantes », équilibrant ainsi le total, leur contradiction apparente confirme surtout que, comme dans tout sondage, la formulation de la question détermine en partie la réponse.

 

Méthode et politique

Définir les questions, ce n’est pas un simple préalable méthodologique ; c’est aussi un enjeu politique. Car les problèmes ne se posent jamais tout seuls ; ce sont toujours des acteurs politiques qui les posent, et qui tentent d’en imposer les termes. « L’opinion publique » ne préexiste pas au débat public, dont les représentations médiatiques et sondagières font partie ; elle en est l’enjeu même. Le président de la République définit aujourd’hui l’insécurité comme une priorité, et la pose en lien avec l’immigration, voire avec l’origine. Il n’offre donc pas tant le reflet de quelque xénophobie ou racisme des Français qu’il ne s’emploie à les attiser par son discours et sa politique.

Il n’appartient ni aux sondeurs ni aux journalistes de s’en faire le relais auprès de la gauche en s’autorisant d’une opinion qu’ils concourent à produire. C’est en effet à l’opposition de proposer un langage alternatif, soit d’autres constructions de l’opinion, et d’autres articulations problématiques – et d’abord avec la politique économique, en réaction à la crise actuelle comme dans la réforme des retraites dont l’Ifop nous rappelait naguère l’importance pour les Français. Si toutefois la gauche se laissait intimider par la droite, mais aussi par des médias ou des instituts de sondage, jusqu’à accepter les termes du débat posé par Nicolas Sarkozy, elle serait condamnée à perdre en 2012 ; sa seule chance de gagner, c’est de poser d’autres questions, pour définir autrement les problèmes – et ainsi façonner à son tour l’opinion publique.

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line-height: 26.8pt">(une version abrégée de ce texte paraît dans Le Monde daté du 13 août sous le titre : "Sécurité : de l'art de façonner l'opinion publique".)

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Tous les commentaires

VOIR aussi texte de BOURDIEU (1972 ) publié , je crois vers le 8/8 par CHAFIKBR-Club de MEDIAPART

" l'opinion publique n'existe pas "

Vous citez les critiques de Libération parues au moment de la publication de ce sondage, mais le problème c'est que pas plus tard qu'hier les résultats globaux du sondage de l'IFOP sont repris tels quels sans aucune précaution dans un court article de Libération. A croire que les journalistes ne lisent pas leur propre journal.

Le glissement vers un "fascisme" sui-generis est évident, on disqualifie tout ce qui en trave vos desseins : on parle de fascisme pour Médipart, mais "on" crie au scandale quand on vous retourne le compliment...Quand on a plus la légitimité démocratique, on la cherche là où on peut. Il sera intéressant d'observer, dès demain, si les nouveaux moyens de communication (internet, etc...) réussissent à créer une véritable opinion publique...

Une question oubliée par les sondeurs : Est-ce que le discours de Grenoble est une digression pour faire oublier l'affaire Woerth ?

Remarquable analyse ; félicitations !

Les médias ont en effet plébiscité ce sondage d'une façon outrancière et sans les réserves d'usage.

C'est une honte !

Le PS était super content de ce sondage qui a permis d'enterrer l'affaire bettencourt / woerth, c'est dire combien la direction du PS est mouillée dans la gentille histoire des enveloppes "graft" et les valises de billets qui ont été très favorables à la campagne de 2007...

Finalement rocard préfère aussi la corruption avant tout ...

Affirmations gratuites

C'est pas sérieux.....

Argumentez si vous voulez etre crédible

J'aimerais bien qu'un jour les sondages de ce type incorporent une question du style "A supposer que le résultat de ce sondage ne soit pas conforme à votre réponse, pensez-vous que le gouvernement doive en tenir compte ?"

Cela dit : excellent Billet, Eric Fassin

Trés intéressant et éclairant. On comprend pourquoi le pouvoir a cru bon de financer moult sondages afin de préparer l'enfumage de l'opinion.

"Plébiscité, dans la Cité". C'était téléphoné...

Terminus
Descends tout le monde descends
Descends tout le monde descends
Descends tout le monde descends
Descends, descends
tatatatatatatatatata
tatatatatatatatatata

A la suite de l'émission "C dans l'air" d'hier... J'ose espérer qu'Yves Thréard lira cette remarquable analyse Clin d'oeil !!!

si on avait demandé :

- la vie d'un policier vaut elle plus que la mienne?

- les naturalisés ont ils moins de droits qu'un français de souche?

qu'aurait on obtenu?

de plus quand on demande aux français s'ils sont pour la peine de mort concernant les infanticides, serial killers et autres la réponse sera evidemment OUI.

les questions du sondage mêlaient habilement les questions "normales" avec celles faisant débat, histoire d'entrainer toutes les réponses dans le même sens.

c'était un sondage manipulé , et j'aimerais bien savoir si la sécurité des banlieues est le premier fléau d'importance en France, où si'l n'y a pas de problèmes plus "majeurs" que celui là, tenant compte du fait que l'insécurité en France n'est peut être pas pire qu'ailleurs, enfin, à vérifier.

Enfin, ce genre de débat ne permet pas aux français de relever la tête pour avancer , il est tout simplement déprimant et nous fait nous recroqueviller sur nous mêmes!!!

 

+ 1

Les sondages sont tres dangereux car formatés

Il faut les " manipuler " avec la loupe avant d'avoir une " opinion "

Ils font parti des stratégies ( parties politiques , marketing des groupes industriels etc , etc, )

Je note : «tous les choix sont mutilants. » ou tous les choix sont militants ?

Il faut bien reconnaitre que sur des problèmes aussi graves la démonstration est brillante. Que n'emporte-t-elle pourtant ma décision?

Peut-être parce que je ne peux être tout à fait d 'accord avec cette assertion provocatrice : "« L’opinion publique » ne préexiste pas au débat public, ".Elle considère que l' opinion est neutre, pate malléable et n'existant que par les concepts et notions qui viendrront lui donner vie à travers le débat public. Elle suppose que les problèmes de délinquance, d'immigation,n'ont jamais dans l'opinion été posés, séparés ou réunis.

Ce qui n'est, bien sur, par le cas. Si l'assertion est valable dans le cas de l'opportuniuté d'en revenir à un étalon or, opinion qui n'a dans la vie courante des citoyens aucune pre-existence, je pense qu'il n'en est pas de même concernant la lutte sécuritaire et les relations immigrations-délinquances.

D'autant que cette relation est constante, débattue depuis longtemps et qu'elle appartient à un vocabulaire connu et décodé des oppositions droite/gauche.

Je ne crois donc malheureusement pas à une maladie du thermomètre. A peine je pense, que les chiffres avancés, un peu triomphaliste doivent peut-être être revus à la baisse.

Quant à l'aspect positif qui indique qu'il faudrait pour meubler ne serait-ce que conceptuellment le débat que la gôche se manifestât, je ne peux, là, qu'être d 'accord et constater, avec tout le monde, qu'elle est aussi transparente sur ces thèmes que l'est peu la gestion de Liliane..bref quelle n'existe pas...là où elle est a priori la seule , par tradition, et honneur, à s'élever. Cette gauche qui remet aux lendemains ce qu'elle devrait faire sur l'instant, cette gauche en vacances quand le vel d 'hiv est ouvert, cette gauche qui regarde passer les trains de la déportation, est la grande responsable des triomphes y compris dans les sondages de Sarkozy.

 

 

Merci à Eric Fassin pour cette mise au point .

 

Comme quoi les universitaires travaillent au milieu du mois d'Août *

 

*au lieu de faire du vélo au Cap Nègre en s'arrêtant pour manger des beignets offerts par le bon peuple -une restauratrice- devant les caméras ( tout en gardant leurs gants, j'espère que avez remarqué ce détail qui souligne la spontanéité de la chose)

Article intéressant, mais peu surprenant.

"Faire l'opinion" que vous utilisez en intertitre étant au préalable le titre d'un livre de fond sur ce sujet du remarquable sociologue Philippe Champagne, il eut peut-être été souhaitable de le signaler dans votre article... D'autant que dans leur contenu, vos analyses, commentaires, et conclusions recoupent tellement celles qu'il a produite voici plus de 10 ans que vous n'ignorez sans doute pas cet ouvrage.... Voir aussi ses analyses des médias sur le site d'Acrimed.

Vous avez raison, j'ai donc explicité la référence. Cela dit, je tente, dans ce texte, d'appliquer des raisonnements familiers en sciences sociales, que je ne prétends nullement inventer, à l'actualité.

Merci de votre réponse. Mais vous savez, c'est devenu tellement fatiguant ces articles de journalistes où il n'y a pas de réf. que je trouve qu'on se grandit à citer des sources sérieuses, des stats, etc... ET que Mediapart a intérêt à suivre l'exemple de la rigueur en ce domaine (tels NY review of Books ou Monde diplomatique)plutot que la presse de Lagardère et des autres....

Patrick, pas Philippe puisque vous exigez des précisions...

le lapsus est amusant pour un lecteur d'Acrimed

 

Comment voir un lapsus -philippe ou Patrick- où il a surtout un mot tapé trop vite....?

 

Par contre, votre formule "exiger des précisions" ,quant à elle, me semble plus révélatrice : elle reformule -pour la déformer subrepticement- ma suggestion -non mon exigence! -que les journalistes citent leurs sources et les travaux -non des précisions- su r lesquels ils s'appuient...

thM

Je m'amusais à plaisanter (" déformer subrepticement" ???) sur l'association Philippe/ Champagne mais je devrais savoir qu'il faut s'en abstenir.

En tout cas, s'agissant de la nécessité impérieuse d'un effort de rigueur journalistique et, en particulier, de la précision des sources*, je suis mille fois d'accord bien évidemment mais il me semble que Fassin ne fait généralement pas dans l'approximation ...

* tous les efforts que déploie Mucchielli en ce moment en attestent

 

 

 

Merci Eric Fassin pour la justesse de votre analyse; vos interventions écrites , orales ( cf Ce soir ou jamais) sont un" contre pouvoir" précieux et pertinent!

Je propose humblement, une liste supplémentaire de questions, histoire d'éclaircir le débat.

1) la patronne de l'institut IFOP (également patronne du MEDEF) souhaite-t-elle chagriner le pouvoir en place ?

2) Etienne Mougeotte (Rédacteur en chef du Figaro) est-il le plus actif opposant au Président de la République ?

3) la patronne de l'institut IFOP souhaite-t-elle être vue autrement que comme une conne, par le pouvoir en place ?

4) Etienne Mougeotte aimerait-t-il être considéré comme un allié qui compte du Président de la République ?

Si vous savez, répondre à ces 4 questions, vous saurez relativiser le sérieux de ces chiffres FORMIDABLES, qui sont l'ordinaire des instituts de sondage, travaillant pour l'UMP.

J'ajoute que les sondages sont fait avant les anonces securitaires (les Items sont testés). Les résultats sont un peu manipulés, mais les mesures proposées, ne le sont pas pour leur efficacité mais parce que c'étaient celles qui plaisaient au panel interrogé. Nicolas Sarkozy savait tout à fait ce qu'il faisait en annoncant ces mesures: il savait que l'opposition et la société civile pousserait des cris d'orfraies, ce qui ferait buzzer l'affaire. Il ne restait plus qu'à publier les résultats ...

http://www.mediapart.fr/club/blog/henri-lelievre/070810/comment-nicolas-sarkozy-vous-blouse-avec-des-sondages

 

Il n'empêche que le fond du problème demeure : d'où vient cette propension à la xénophobie, à l'exclusion, à la petite phrase raciste dès qu'un problème intervient avec un INDIVIDU (fût-il noir, arabe ou asiatique...), ce relâchement apparemment libérateur depuis Le Pen, depuis Sarkozy, depuis Hortefeux, depuis Besson qui lui nous relie à un Chevènement pas toujours net, cette longue histoire de tutoiement de tout africain qu'on croise (cf. le militaire au Togo), ce sentiment d'être les maîtres du monde dès qu'on met le pied sur un territoire autre que le sien (même aux Etats-Unis), bref cette orgueilleuse prétention ? Les comportements du militaire, des flics qui expulsent à La Courneuve, du secrétaire général d'un syndicat de police qui réclame des statistiques ethniques de la délinquance, sur France Inter à huit heures du matin, comme s'il était évident qu'il apparaîtrait nettement que tous les étrangers, tous les noirs français, tous les arabes français sont des délinquants - tous ceux-là sont une expression de ce que, nous étrangers (j'en fais partie), ressentons tous les jours dans les transports publics, les regards, les petits écarts méprisants... Ras-le-bol !

Après être passés du stade : "mais ils n'ont pas d'âme", à celui "mais vous savez ce sont des grands enfants", le tutoiement est la derniere facilité que s'autorisent les médiocres qui croient par cela, se situer par essence au-dessus de leur interlocuteur.

L'élection d'OBAMA les a maintenu en suspension, durant une semaine, au plus.

Chassez le naturel, il revient au galop !

Que m'importe l'opinion, faut-il rappeler qu'Hitler a été élu,

qu'une majorité bien conditionné peut verser dans l'excès

Il n'en reste pas moins que la constitution

dont le chef de l'état est garant doit être respectée

elle est là justement pour éviter ces abbérations

Je n'ai que faire de ces sondages,

pour moi seul la constitution doit être respecté

quelque soit l'opinion.

c'est la verite seul la constitution doit etre respecte

Les médias savent faire de la pédagogie ( "consommer avec modération", "fumer tue"...) De la même façon il faudrait assortir les articles sur les sondages d'un "mode d'emploi" du genre : "la façon de poser la question oriente la réponse, etc...

C'est naïf je le sais, mais on peut rêver non ?

J'espère que tout comme moi les lecteurs de mediapart s'ils regardent vaguement les journaux télévisés onr relevé que depuis le changement de présidence du 6 aout nous avons droit tous les jours et parfois deux fois par jour à des reportages sur des faits divers de violence développés par images.

Il apparait clairement que "l'information" si tant est qu'il en existe une impartiale relaie les discours sécuritaires du gouvernement actuel.

Cela ne peut que nous conforter (pas nous réconforter hélas) sur de futures émissions de JT à l'horizon 2012!!!

La nomination d'un président de télévision par le pouvoir éxécutif renforce ces jours-ci les inquiétudes que nous pouvions avoir sur l'impartialité d'une telle mesure.

De toutes manière, les sondages bricolés ne tiennent pas la route face aux élections. Le mieux est de laisser croire aux commanditaires qu'ils ont enlevé le morceau. Ca leur fait plaisir et ne changera rien au final.

Marianne publie demain un nouveau sondage (CSA) qui contredit celui de l'Ifop (il ne sonde pas le public sur l'approbation des mesures à venir mais sur l'efficacité de la politique actuelle): 69% la juge inefficace, 27% efficace, 4 ne se prononcent pas (respectivement 72/25/3 à gauche, 53/45/2 à droite) >>> résultats complets ici.

L'échantillon est sensiblement le même que celui de l'Ifop (1021 pour 1003), la méthode identique (quotas) et le mode de recueil différent (par questionnaire auto-administré sur Internet pour l'Ifop, par téléphone au domicile pour CSA). Le moment surtout est important: le 11 août pour CSA, du 3 au 5 pour l'Ifop. Entre temps on est passé d'une surexposition de faits divers sordides à une (petite) remise en cause du virage sécuritaire du gouvernement. Mais on pourrait aussi bien montrer qu'un autre sondage CSA pour L'Humanité, réalisé en même temps que celui de l'Ifop (4 et 5 août) était beaucoup plus nuancée (49% pensaient que les mesures annoncées seraient inefficaces contre 47%, tout en estimant qu'elles sont «nécessaires» – 62/35 – et «discriminantes» – 54/40.)

Quelles conclusions tirer de ces tergiversations? Que ceux qui répondent sur Internet seraient plus à droite que ceux qui répondent au téléphone de leur domicile au mois d'août? Ou que, définitivement, les sondages ne servent pas à connaître l'état de l'opinion mais à valider des décisions en montrant qu'elles sont «soutenues par un large public», alors que les sondeurs font injonction aux sondés d'exprimer catégoriquement un avis qu'ils n'ont peut-être pas élaboré, vague ou indécis.

A vous lire, on en déduit que les sondages sont un business inutile dont le génie du marketing a su les rendre indispensables à leur clientèle (les politiques et la presse).

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