Dim.
21
Sep

MEDIAPART

Connexion utilisateur

"Le Capital au XXIe siècle" de Thomas Piketty, une formidable boîte à outils pour penser les inégalités

Le volume de 1.000 pages est à l'image de son sujet: capital. Avec "Le Capital au XXIe siècle", Thomas Piketty confirme son statut de maître à penser pour la gauche  - et globalement pour tous ceux qui réfléchissent à la question des inégalités. Depuis une quinzaine d'années déjà, l'économiste français s'emploie à analyser la répartition des richesses en France, en Europe et dans le monde.
En 2011, avec Camille Landais et Emmanuel saez, il prônait une "révolution fiscale". Pas seulement le slogan creux désormais repris en choeur par les politiques, mais une proposition concrète de remise à plat de l'impôt sur le revenu. Un site dédié permettait à chacun de calculer sa propre réforme fiscale.  Récupéré par François Hollande pendant sa campagne, cet appel a été enterré. La brillante contribution au débat demeure.
Avec "La Capital au XXIe siècle", Thomas Piketty porte la discussion à un niveau plus élevé encore. Son livre est une formidable boîte à outil, qui éclairera durablement un débat trop souvent caractérisé par des approximations, des sentiments, des préjugés. Jamais l'inégalité mondiale n'avait été étudiée avec autant de minutie.
L'ambition de l'exercice se donne à lire dès le titre de l'ouvrage: toute ressemblance avec un autre livre important sur le capital écrit au XIXe siècle n'est pas fortuite. C'est d'ailleurs dans la lignée de Marx, mais aussi de Kuznets, que Piketty se place dans son chapitre introductif. Le premier avait prédit l'autodestruction du capitalisme sous ses propres contradictions, le second annonçait au contraire la fin inexorable des inégalités (la fameuse courbe de Kuznets). Piketty ne se livre à aucune prédiction aussi catégorique. Plus prudent que ses deux illustres prédécesseurs, il se distingue avant tout par la minutie du travail statistique. "De toute évidence, Marx écrivait dans un climat de grande exaltation politique, ce qui conduit parfois à des raccourcis hâtifs", n'hésite-t-il pas à souligner. Son "Capital au XXIe siècle" s'appuie au contraire sur les données les plus complètes, collectées à travers le monde par de nombreux chercheurs. Elles sont accessibles en ligne sur la World Top Incomes Database. Tout le travail technique, les graphiques et les tableaux sont accessibles ici.
Le livre est bien trop dense pour être résumé en un billet de blog. A coup sûr, il servira de référence pour des articles futurs, mais je voudrais exposer ici quelques uns des aspects essentiels.
Piketty recadre le débat en fixant quelques ordres de grandeurs et lois universelles.
La première est la tendance inexorable des inégalités à se creuser (avant redistribution fiscale) si le taux de rendement du capital est supérieur à la croissance du PIB. Or, à quelques brèves exceptions près, la croissance économique est toujours restée inférieur au rendement du capital dans l'histoire ! Notre cadre de pensée est configuré par le passé récent, mais les Trente glorieuses ne sont en réalité qu'une parenthèse historique. Mieux vaudrait nous préparer à un siècle où l'économie croîtra de 1% par an environ (taux qui est en réalité très élevé, démontre l'auteur dans des passages qui ne déplairont pas aux partisans de la décroissance); le rendement du capital tournera autour de 4% comme il l'a toujours fait. Conclusion: sans correction, les inégalités sont vouées à augmenter encore et encore.
Piketty rappelle aussi qu'à travers l'histoire, dans toutes les sociétés, les 50% les plus pauvres de la population n'ont quasiment jamais rien possédé. Cette constante ne signifie pas que l'inégalité soit un horizon indépassable. Au contraire, le XXe siècle a donné lieu à de très importants transferts de richesse, principalement au bénéfice de la classe moyenne. Le livre est émaillé de graphiques présentant des courbes en U. Elles montren, sous de multiples angles, à quel point les inégalités très élevées du XIXe siècle se sont fortement réduites au XXe, avant de remonter depuis les années 1980. Un exemple parmi beaucoup d'autres ici. Seules les guerres semblent avoir permis de changer le cours des choses, parce qu'elles ont créé les conditions favorables à des vraies révolutions fiscales, en particulier l'impôt progressif sur le revenu.
Le livre se conclut d'ailleurs par un plaidoyer pour la réhabilitation de l'impôt progressif. Un objectif auquel l'auteur croit (espère) possible de parvenir de façon pacifique. Car la progressivité de l'impôt, qui incarne à ses yeux "un compromis idéal entre justice sociale et liberté individuelle", a été fortement érodée en trente années de néo-libéralisme. Si les inégalités forment un U sur le XXe siècle, les taux marginaux d'imposition forment une courbe inverse, en cloche (voir ce graphique). Après avoir culminé à des niveaux proches de 90% dans l'après-guerre (en particulier, ironie de l'histoire, dans les pays anglo-saxons aujourd'hui ultra-libéraux), les taux marginaux sont aujourd'hui bien trop faibles pour corriger la répartition inégale de la richesse.
Piketty se prend même à rêver d'un impôt progressif mondial sur le capital. Une utopie, admet-il, mais une utopie utile: elle serait "un point de référence pour mesurer ce que permettent et ne permettent pas des solutions alternatives". Un tel impôt permettrait aussi d'objectiver, grâce à des statistiques publiques, les chiffres de la richesse privée.
Utopique et utile, voilà des qualificatifs qui résument bien "Le Capital au XXIe siècle". On a pu percevoir à l'occasion de son passage récent à Bruxelles, à quel point Piketty capture l'air du temps, à quel point son exposé synthétise un enjeu dont tout le monde perçoit l'importance pour les décennies à venir.
En Belgique, la prochaine législature sera celle d'une grande réforme fiscale. Tous les partis reprennent le slogan de "révolution fiscale", beaucoup parlent de rétablir la progressivité de l'impôt sur le revenu (sérieusement rabotée, rappelons-le, par la réforme fiscale de Didier Reynders en 2003, qui a aboli les tranches à 52,5% et 55%). Il ne reste plus qu'à espérer que les incantations de campagne électorale donnent lieu à des réformes pas seulement cosmétiques. Afin de fixer un degré d'ambition, laissons la parole à l'auteur pour conclure: "d'après nos estimations, le niveau optimal du taux supérieur dans les pays développés serait supérieur à 80%". 82%, précise-t-il malicieusement dans une note en bas de page. Nous voilà prévenus.

Tous les commentaires

22/10/2013, 19:48 | Par philipo

la "révolution fiscale" c'est le sauvetage de la classe dominante êtes vous pour cela?

voici l'alternance

et maintenant voici l'alternative

où êtes vous plutôt pour cela ? http://www.reseau-salariat.info/3d02042ea4f8daa3b5dda0f837ed0971

 

taxer le capital (peu importe les formules technocratiques) c'est légitimer

le capital dans le pouvoir de décision de qui "travaille" pour combien pour faire quoi

où...et au nom de quoi, cette question est primordiale

et fait l'impasse sur la fonction publique,la sécu, la retraite...comme modèles alternatifs déjà là pour produire

sans capital, sans actionnaires, sans propriétaires lucratifs, sans impôt

avec la taxe sur le capital l'économie restera "ils" et ne sera jamais "nous"

 

taxer le capital c'est faire de ceux qui n'ont pas le pouvoir de décision sur l'investissement notamment (donc taxer le capital c'est légitimer les marchés pour le financement de l'investissement) des mineurs économiques des demandeurs d'employeurs et d'actionnaires...qui n'ont ni maîtrise sur la production ni maîtrise sur leur devenir....

faire de la fiscalité sur le capital c'est légitimer le modèle politico économique du capital, pas de capital pas de sécu, pas de capital pas de services publics

plutôt que de taxer le capital (on voit qu'à chaque fois le capital y échappe) :

tout le pib pour la cotisationtout le pib pour la cotisation sociale

pour preuve voici un texte de campagne sur le site de reseau salariat : pour la classe dominante plutôt l'impôt que le salaire :

http://www.reseau-salariat.info/3d02042ea4f8daa3b5dda0f837ed0971

 

23/10/2013, 13:26 | Par samuel zarka en réponse au commentaire de philipo le 22/10/2013 à 19:48

Voir en vidéo : http://www.reseau-salariat.info/b791203511827a06e86aec418f15f491

L'impôt corrige, la cotisation marginalise.

 

 

24/10/2013, 22:45 | Par christian delarue en réponse au commentaire de samuel zarka le 23/10/2013 à 13:26

Oligarchie / peuple-classe : Le dernier Piketty (2013) confirme la distinction 1% / 99 %

Il précise la situation du 9% du décile supérieur (juste sous le 1%).

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/181013/oligarchie-peuple-classe-le-dernier-piketty-2013-confirme-la-distinction-1-99

23/10/2013, 11:29 | Par OPTIM2

Une approche historique, de très long terme, des inégalités économiques et sociales, de leur formation et de leurs évolutions. Il fallait y penser et surtout parvenir à rendre les démonstrations intelligibles par tous.

Pour lire ce livre, il vaut mieux, pour les profanes, prendre son temps. Les passionnés le dévoreront en sachant que d'innombrables renvois en bas de page permettent de prolonger les analyses.

Cet ouvrage majeur, à mon sens,est un puits d'informations qui devrait éclairer nos gouvernants surtout ceux de gauche, si prolixes à prôner la justice sociale et l'égalité des chances.

 

 

23/10/2013, 12:12 | Par christian paultre

La production de l'inégalité financière ici très clairement expliquée

malheureusement pas la seule source d'inégalité.

23/10/2013, 12:44 | Par Pourlavenir

Piketty nous donne le mode d'emploi d'un partage des richesses équitable. Mais Hollande, pour faire la réforme fiscale promise dans sa campagne électorale, a prėféré un Cahusac fraudeur et un Moscovici vendu au Medef. Alors je conseille à Piketty de devenir belge (pas pour l'exil fiscal) car il a plus de chance de devenir ministre là-bas et de mettre en pratique sa révolution fiscale et de la faire adopter par toute l'Europe (qui deviendrait Sociale.

23/10/2013, 13:14 | Par Lechiffre

1) augmenter le taux de l'impot progressif, voila une fausse bonne idee. Apres la guerre, le taux marginal de l'impot sur le revenu a ete baisse, et on a vu les recettes fiscales grimper de sorte que les etats providence ont pu se developper...comme quoi...

2) l'idee de ponctionner les riches pour donner aux pauvres dans une economie de marche est une vue de l'esprit. Il est impossible pour l'Etat de maitriser la localisation finale de la charge fiscale, et ceux qui sont les cibles de l'impot ont des moyens licites ou illicites d'y echapper

2) comme disait Max Weber, la subjectivite en sciences sociales se manifeste dans le choix des sujets, quelles que soit les qualites scientifiques du "savant".

Piketty est obsede par les inegalites et par l'idee de faire rendre gorge aux riches, on peut aussi s'interesser a la croissance, a l'innovation et a la hausse du niveau de vie. Les conclusions ne sont certainement pas les memes.

L'obsession de l'egalitarisme est assez facile a communiquer aux autres. Elle tue un pays tout aussi facilement.

23/10/2013, 17:13 | Par DuBois en réponse au commentaire de Lechiffre le 23/10/2013 à 13:14

Voici quelques propositions pour des recherches d'avenir, objectives, et qui feront gagner la France qui va de l'avant.

_"les riches : des familles à exterminer, ou un moteur pour, ensemble, construire la France de demain?"

_"les entreprises ou les RMIstes, qui fait l'innovation en France ?"

_"Est-on vraiment pauvre quand on a un écran plat et un ipod ?"

_"faut-il taxer les riches, ou créer des emplois ?"

_"la taxe à 75% : jalousie populiste ou suicide économique ?"

_"hériter en 2013 : un crime monstrueux, ou le fruit d'une belle entreprise intergénérationnelle ?"

_"faut-il orienter les enfants à 11 ans ou les condamner à l'échec ?"

_"tout le monde doit-il faire des études, ou seuls les enfants doués ?"

Les lauréats auront droit à une bourse de 3 ans par la fondation Wendel en partenariat avec l'AFEP.

23/10/2013, 16:00 | Par Eric Walravens

Je ne suis pas l'avocat de Piketty, mais puisque mon billet suscite quelques commentaires, je vais répondre aux critiques de droite, puis de gauche, qui lui sont adressées.

@ Le Chiffre: quant au choix de l'inégalité comme sujet d'étude, il s'impose par la paupérisation d'une partie de la population et par la cohésion plus fragile de nos sociétés, qui constitue une menace pour la démocratie. C'est bien qu'elle revienne à l'avant du débat politique après des décennies où on a surtout parlé, justement, de croissance et d'innovation. Lisez aussi ceci http://www.rue89.com/2013/10/20/richard-wilkinson-les-inegalites-nuisent-a-tous-y-compris-plus-aises-246731

Sur votre premier point, la courbe de Laffer n'est en rien une constante, elle ne se vérifie pas dans tous les cas. Dans certains cas, prétendre que baisser l'impôt augmente les recettes fiscales relève carrément du mensonge. Je ne commente pas votre deuxième point. Renoncer à parler de redistribution parce que les riches trouveraient de toute façon de moyens de contourner l'impôt relève du cynisme complet.

Les critiques de gauche, relayée ici par Philipo, m'énervent beaucoup plus que celles de droites. Cette faculté qu'a la gauche radicale à se diviser sur des points purement idéologiques relève de la psychiatrie. Il faut être avoir la boussole politique sérieusement déréglée pour affirmer que le plaidoyer de Piketty constitue une régression, comme le fait sur ce site Geoffroy de lagasnerie http://blogs.mediapart.fr/blog/geoffroy-de-lagasnerie/181013/le-manifeste-inegalitaire-de-thomas-piketty-version-longue

Rétablir la progressivité de l'impôt n'a rien de régressif, c'est une évidence.

23/10/2013, 19:13 | Par gilles leroy en réponse au commentaire de Eric Walravens le 23/10/2013 à 16:00

Que vous répondiez à la droite extrème soit, mais que vous occultiez par des propos plus durs que ceux que vous employez avec cette droite extrème les propositions de philipo, pour le moins, ca m'énerve aussi beaucoup, elles ne peuvent pas être renvoyées d'une chiquenaude méprisante, pour ma part, elles me semblent aussi dignes d'intérêts que les vôtres, les deux méritent notre égale attention, sinon les deux portes-paroles de la droite extrème continueront à étaller les idioties.

24/10/2013, 10:18 | Par hoteldunord51 en réponse au commentaire de gilles leroy le 23/10/2013 à 19:13

oui intéressant cette réponse par l'insulte à gauche et argumentée à droite. Cela donne envie d'aller creuser à gauche.

24/10/2013, 11:18 | Par Eric Walravens en réponse au commentaire de gilles leroy le 23/10/2013 à 19:13

Au sujet des critiques de gauche formulées à l'encontre des propositions de Piketty, vous trouverez pas mal de remarques éclaiées sous le billet de Geoffroy de Lagasnerie cité plus haut. En gros on lui reproche:

1. d'occulter les autres formes d'inégalités. On pourrait aussi lui reprocher de ne pas évoquer la conquête spatiale. Ce n'est tout simplement pas le propos du livre.

2. de ne pas préconiser l'abolition pure et simple de la propriété privée du capital. Peut-être est-ce à la lumière de l'histoire du XXe siècle, en comparant la Russie de Staline et les Etats-Unis de Roosevelt qu'il a développé sa vision tout à fait "régressive" ?

 

24/10/2013, 14:11 | Par gilles leroy en réponse au commentaire de Eric Walravens le 24/10/2013 à 11:18

Je comprends mal votre point numéro 2, vous pouvez développer en 2 ou 3 lignes. Merci.

24/10/2013, 14:51 | Par Eric Walravens en réponse au commentaire de gilles leroy le 24/10/2013 à 14:11

Un certain nombre de commentateurs sur ce site affirment que le plaidoyer pour l'impôt sur le capital est une façon de légitimer le capital et sa concentration dans quelques mains. Puisqu'un impôt progressif est à leurs yeux une solution trop timide, il faut en déduire que ces commentateurs veulent carrément abolir la propriété privée du capital. Je ne crois pas que ce soit réaliste ni souhaitable (euphémisme). Cela a été tenté au XX siècle avec le résultat que l'on sait. L'une des références de Piketty est plutôt le modèle mis en place sous Roosevelt, avec des taux d'imposition élevés. D'où ma remarque.

 

 

24/10/2013, 15:00 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Eric Walravens le 24/10/2013 à 14:51

Pas plus réaliste que l'idée d'un impôt mondial ou même européen, qui est une ineptie antidémocratique digne des néolibéraux. Avec de telles propositions, quand on connaît déjà l'énorme disparité qui existe entre les états dans leur capacité à percevoir l'impôt, autant dire tout de suite qu'on ne peut rien faire.

24/10/2013, 17:44 | Par Eric Walravens en réponse au commentaire de XipeTotec le 24/10/2013 à 15:00

"une ineptie anttidémocratique digne des néolibéraux". Comme vous y allez. C'est avec ce genre de commentaires qu'on alimente la grande confusion idéologique de nos sociétés, où l'on voit se rejoindre dans un même discours anti-élites l'extrême-gauche et l'extrême-droite.

"Autant dire tout de suite qu'on ne peut rien faire". Si on vous suit, une collectivisation du capital et un impôt sur le capital auraient le même degré de vraisemblance ? J'espère que vous vous rendez compte que  c'est vous qui dites de inepties. La proposition d'un impôt européen sur le capital n'a rien d'irréaliste techniquement. Politiquemement, elle est hors de portée pour l'instant, mais il ne me semble pas impossible que les esprits évoluent dans cette direction. En tout état de cause, si on veut réduire les inégalités, il est nécessaire de pouvoir traduire cette volonté dans des propositions concrètes.

24/10/2013, 23:12 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Eric Walravens le 24/10/2013 à 17:44

C'est pourtant vous qui le dites : c'est hors de portée. Il faut donc à l'évidence imaginer autre chose, sauf si on a intérêt à continuer à berner les opinions publiques.

07/11/2013, 13:25 | Par philipo en réponse au commentaire de Eric Walravens le 24/10/2013 à 11:18

La cotisation sociale est l’ennemie n°1 du patronat. Il le dit clairement dans les Echos du 19 juin 2012 : « Avant tout, réduire la taxation du travail pour stimuler rapidement la compétitivité des industries, enfermées dans un cycle infernal préjudiciable à l'emploi. La hausse des coûts du travail, de plus en plus taxé, ne permet pas aux entreprises de disposer de la marge financière essentielle à la montée en gamme de leurs produits, ni de maintenir leurs parts de marché grâce à des prix compétitifs. En particulier, en France, la part prise sur les charges patronales pour financer la protection sociale est élevée, alors que le consommateur est relativement peu taxé. Un transfert massif des cotisations patronales vers une assiette fiscale permettrait à la France de converger vers l'Allemagne et de sortir de cette situation sans issue en initiant le choc de compétitivité attendu. »

 

 

piketty donc dit TINA à la propriété lucrative et comme savant piketty dit mais regardez le stalinisme c'est l'abolition

de la propriété lucrative "la lumière de l'histoire du XX°" l'histoire est un construit la lumière aussi et l'expression lumière de ...en est un autre

donc pour piketty l'histoire est mère de la connaissance et science des sciences vérité des vérités, l'économie n'est que la bonne leçon de l'histoire et l'histoire est tombée un jour du ciel comme ça. Pour un scientifique de haut vol, le piketty y cherche pas longtemps  pour dire :

l'abolition de la propriété lucrative c'est la lumière de l'histoire qui le dit, les pires horaires du XX° siècle, or personne n'est pour le retour des pires horaires du XX° siècle ? et bien n'abolissons pas le capital (propriété lucrative et valeur travail)/

1° remarque : piketty a écrit u plaidoyer et son but n'est pas comment atteindre la vérité mais convaincre or si la fin est convaincre et non la vérité comme fin piketty est avant tout un sophiste avant d'être un économiste

2° remarque : piketty ne parle que des lumières qui renvoit à un XX barbare il en résulte donc le silence sur les combats de la classe ouvrière

des conquis du CNR qui n'ont pas fait "les lumières du XX° " seul staline... est responsable et non le capitalisme, mais chuuut c'est l'histoire tombée par hasard du ciel

24/10/2013, 22:16 | Par mariefab en réponse au commentaire de Eric Walravens le 23/10/2013 à 16:00

Pas de commentaire à faire sur vos réponses vis-à vis de vos détracteurs de droite.

En revanche, je ne vois aucune argumentation de votre part pour répondre à Philipo de façon rationnelle ("m'énervent beaucoup plus que celles de droites", "relève de la psychiatrie", "boussole politique sérieusement déréglée". Est-ce la tous les contre-arguments économiques dont vous disposez? Cela relève de façon flagrante que les critiques de la gauche alternative et notamment la théorie de Friot (économiste au demeurant) vous déstabilisent au plus haut point. C'est quand-même un comble que cette gauche alternative ne puisse pas émettre un autre regard que le vôtre, étayé qui plus est, sans se faire insulter. Est-ce là le débat scientifique que vous nous proposez?

"la progressivité de l'impôt n'a rien de régressif" : Non, pas en soit effectivement tel que notre système est construit aujourd'hui, on peut le voir sous cet angle comme vous le faites dans ce cadre restreint de notre époque conservatrice; ou bien on peut voire cette progressivité de l'impôt (surtout quand on suppose que tout le reste suivra grâce à cela) sous celui d'une simple cautère sur une jambe de bois comme le font les critiques de la gauche alternative, lesquelles posent un regard d'ensemble bien plus construit et plus large à mon sens.

J'en conclue donc que, puisque votre regard se situe à main chemin entre la critique de droite et la critique de gauche, selon votre expression, alors vous êtes tout bonnement un centriste qui ne s'avoue pasRigolant

Votre soutien à picketti (qui m'avait profondément énervée au passage pour son accueil favorable des politiques de l'emploi en matière de"contrats-aidés", allons donc, continuons à légitimer la précarité et l'austérité!), dont on peut supposer votre soutien à Hollande par voie de conséquence, n'a rien de très original et novateur. Une petite philosophie de centriste au rabais qui ne change rien fondamentalement. Encore qu'Hollande se situe pour sa part nettement plus à tribord depuis un bon moment sous bien des angles (si ce n'est tous!: champs économique, social, pol, culturel, moral et démocratique, tout y passe!)

Roosevelt avait lui-même taxé lourdement les + riches mais les pauvres avaient-ils pour autant complètement disparus? Pas du tout.

La pensée petite bourgeoise monolithique et conservatrice de la classe moyenne supérieure commence à m'exaspérer!

24/10/2013, 22:38 | Par Eric Walravens en réponse au commentaire de mariefab le 24/10/2013 à 22:16

Collez-moi l'étiquette qui vous semble la plus appropriée, ça ne me fait ni chaud ni froid. Je répète ce que j'ai écrit un peu plus haut. La propositions exposées ici (sur lesquelles on peut certainement discuter) n'ont pas pour vocation de répondre à tous les problèmes de la société. Ce serait trop leur demander. Elles constituent seulement un instrument visant à ramener une répartition des richesses plus acceptable. Un instrument dont la gauche peut s'emparer, non pas pour promettre monts et merveilles, mais pour réorienter un peu le système. On pourra toujours dire que cela ne va pas assez loin. Mais le mieux est parfois l'ennemi du bien. Encore faudrait-il définir ce que pourrait être ce mieux...

24/10/2013, 23:35 | Par mariefab en réponse au commentaire de Eric Walravens le 24/10/2013 à 22:38

Dis comme ça, en effet, je préfère parce qu'au début, vous nous présentiez quand même le livre de Piketty comme l'ouvrage du siècleRigolant et la gauche alternative comme de dangereux malades mentaux (vous vous souvenez "psychiatrie"). Je pense qu'on s'est donc bien compris.

Petit bémol : "Encore faudrait-il préciser ce que pourrait être ce mieux". Mais Philipo l'a déjà très bien décrit en s'appuyant sur Friot que vous devez connaître je pense.

 

25/10/2013, 00:55 | Par Eric Walravens en réponse au commentaire de mariefab le 24/10/2013 à 23:35

J'ai utilisé le mot de psychiatrie non pas pour être méprisant, mais parce que je ne comprends pas l'ardeur qu'une partie de la gauche déploie à s'entre-déchirer. cf multiplication de petits partis, querelles byzantines... Il y a là un ressort psychologique qui m'échappe. Si l'on veut avancer vers un partage de la richesse plus équitable, il faut travailler à partir de propositions concrètes qui soient à a fois ambitieuses et praticables. Cela me semble être le cas ici. Piketty ouvre une piste, un impôt progressif sur le capital, qui permettrait d'une part de limiter l'accumulation de richesse privée entre quelques mains; de l'autre de dégager "un complément relativement modeste à l'échelle de l'Etat social moderne: quelques points de revenu national (3-4 points au maximum, ce qui n'est pas à négliger)". C'est ambitieux: un consensus mondial sur un tel impôt est inenvisageable. Le lobbying anti sera démentiel. C'est néanmoins praticable: dans un cadre européen, on pourrait jeter les bases d'un tel impôt, éventuellement via une coopération renforcée entre certains pays. Ce qui se fait autour de la taxe européenne sur les transactions financières peut servir d'exemple et d'expérience en termes d'écueils à éviter.

25/10/2013, 14:53 | Par mariefab en réponse au commentaire de Eric Walravens le 25/10/2013 à 00:55

"je ne comprends pas l'ardeur qu'une partie de la gauche déploie à s'entre-déchirer". Mais tout n'a été que renoncement de la part de ce gouvernement qui n'est pas de gauche à mon sens. Allez faire un petit tour part là par exemple pour voir l'état d'esprit de le gauche alternative et autonome que je comprends complètement: http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-feher/251013/rompre-avec-la-majorite-presidentielle-ou-sabimer-avec-elle-le-choix-cest-maintenant#comment-4026928

"la taxe européenne sur les transactions financières peut servir d'exemple et d'expérience en termes d'écueils à éviter"dites-vous . Allez aussi à ce propos voir cette fois ci par là : http://www.mediapart.fr/journal/france/221013/taxe-tobin-les-deputes-plient-devant-bercy. De toutes façons, taxer les transactions financières est une hypocrisie sans nom. Il faut les supprimer tout simplement car elles ne servent que les parasites et les puissants, rien d'autre. Pourquoi ne voulez-vous pas voir que des alternatives existent pour faire disparaitre la propriété privée lucrative de nos sociétés. Cela n'a-t-il pas déjà été efficace avec les services publics, avec le système des retraites, le système de la sécurité sociale, avec les formes de co-propriétés des moyens de production? l'exemple de Marinaleda en Espagne n'est-il pas un exemple concret prouvant que c'est possible? Les exemples sont nombreux mais les réticences et contre-attaques conservatrices à ces expériences historiques intelligentes encore plus.

Comment osez-vous dire que vous ne comprenez pas ce besoin de radicalité face à un pouvoir qui s'est fourvoyé de tous côtés et salit en permanence les valeurs de gauche, saccage les modèles alternatifs que nous avons su construire ensemble de façon intelligente (sécu, retraite, services publics...)? c'est vous pour le coup que je trouve irrationnel à force d'aveuglement. Les exemples s'empilent et se ressemblent du TSCG, au CICE, en passant par l'ANI, les contrats précarité en masse grâcement subventionnés par tous pour le patronat qui a toujours les poches percées et pleure ses larmes de crocodile, ......."mon ennemi c'est la finance!", bien sûr, et tout est à l'avenant. Même la droite mettait plus de garde-fous, sous son mépris affiché. Autant donc nous demander de faire alliance avec la droite, c'est ridicule!

y en a marre vraiment, ce peuple de gauche veut un vrai changement, radical et concret, bien plus radical et concret que ces demi-mesures! Arrivé un moment, il faut aussi savoir faire sa révolution intérieure, symbolique, culturelle et philosophique pour adopter un regard porteur de vrais changements en profondeur, sinon, ce sera la cata, un désastre démocratique et on y va droit devant! On y est déjà d'ailleurs.

 

25/10/2013, 15:15 | Par Eric Walravens en réponse au commentaire de mariefab le 25/10/2013 à 14:53

Vous me faites dire des choses que je n'ai pas dites. Je partage assea largement la critique de l'action de François Hollande (c'est d'ailleurs suggéré dans mon billet). La tendance de la gauche à s'entre-déchirer dont je parle vise plutôt ce qui se fait à gauche de la gauche de gouvernement. Quand un penseur offre une argumentation très développée et des outils réalistes pour appporter un peu de changement dans la répartition de la richesse, je pense que cette gauche de la gauche devrait s'en emparer. Bien sûr, il y a des formes économiques intéressantes, coopératives et autres, et ces voies doivent être explorées. Mais je ne pense pas que ces formes d'organisation puissent être généralisées à toute l'économie, à moins d'imaginer une révolution mondiale... A un moment, il faut aussi être en mesure de formuler des propositions qui sont réalisables politiquement, qui peuvent obtenir un consensus au nivau européen, parce que c'est le niveau minimal pour agir à l'heure  de la mondialisation.

25/10/2013, 16:04 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Eric Walravens le 25/10/2013 à 15:15

La suraccumulation du capital n'est pas un phénomène naturel. Il est trop facile d'aller chercher des solutions impossibles à réaliser, comme un impôt mondial, en se gardant bien de dénoncer les politiques qui ont permis ces dérives, en premier lieu le déshabillage délibéré de la souveraineté des états.

07/11/2013, 13:18 | Par philipo en réponse au commentaire de Eric Walravens le 25/10/2013 à 15:15

mais ce que propose reseau salariat n'est pas une utopie vous ne pouvez pas nier

l'esistence de l'expérience cinquantenaire des services publics et des branches nationales

de la sécurité sociale? L'extansion de ce déja là ne se fera pas en une fois il y aura des étapes

évidemment car il faut préparer l'après capitalisme mais le déjà là nous offre un réel empirique

pour passer à autre chose

07/11/2013, 12:41 | Par philipo en réponse au commentaire de Eric Walravens le 25/10/2013 à 00:55

mais parce que "richelle plus equitable" est un postulat que vous avancez comme une évidence

(keynésienne : théorie de la "redistribution" dans laquelle toute la gauche s'est engouffrée)

pour vous tout ce qui est "je ne comprends pas " relève de la sphère psychiatrique

je suis philipo et dit ceci sans le démontrer : la cotisation sociale est un salaire et non un revenu, elle ajoute et ne ponctionne rien

le salaire plutôt que l'impôt ou redistribution mais de faire de la cotisation sociale u modèle pour le salaire net et à vie. La "redistribution"

c'est légitimer les patrimoines lucratifs sur le travail des salariés, avec l'impôt sur le revenu du patrimoine au sens  de : j'ai accumulé un outil de production et n'en fait aucun usage, d'autres les salariés actionnent cet outil et j'attends la réalisation de la plus-value, je tire non pas de mon travail mais de ma propriété lucrative un revenu et non un salaire.

La cotisation sociale étant du salaire et non un revenu elle est toujours liée à une production mais sans employeurs sans prêteurs sans actionnaires; le financement de l'investissement est socialisé sous forme de salaire la cotisation, et les salariés se prêtent sans intérêt et sans remboursement; la cotisation c'est le contraire de la propriété lucrative. Avec la cotisation la création de valeur annuelle affectée à l'investissement ne transite plus par les titres du patrimoine lucratif, une partie de la création annuelle de valeur est mutualisée va à des caisses qui prêtent san intérêt et sans remboursement. Sans remboursement car la valeur prêtée n'est que l'anticipation de la valeur qui va être créée dans un n+1, c'est une  anticipation: nous nous faisons crédit dans le sens nous nous faisons confiance quant au cycle de production de valeur à venir. Ainsi la fonction propriété lucrative est non seulement etouffante mais inutile, la fonction d'investissement par la cotisation permet aux producteurs de décider de l'investissement et de prendre des responsabilités à la gestion de l'économie et non des responsabilités à la gestion de la cohésion sociale entre riches et pauvres au nom de l'équité, on passe avec la cotisation à une responsabilité au nom de la citoyenneté économique...bon si je ne me suis pas fait comprendre il vaut mieu aller sur le site de reseau salariat

23/10/2013, 19:23 | Par zeta

ouvrage de référence a mettre tout à coté du Chiapello / Boltanski.

23/10/2013, 20:25 | Par Yves Besançon

Vous avez bien raison de parler de travail capital que représente cet ouvrage majeur de la rentrée de Thomas Piketty sur la problématique des inégalités.
Comme vous le rappelez très bien, T. Piketty montre très bien que la dynamique du marché sans correction redistributive majeure conduit nécessairement à une concentration croissante des patrimoines, avec un taux de rendement du capital structurellement supérieur au taux de croissance. Depuis le début des années 80, le recul de la progressivité de l'impôt sur le revenu, combiné au ralentissement du rythme de croissance, explique alors le retour à une dynamique de long terme d'augmentation des inégalités patrimoniales. Comme le souligne T. Piketty, la solution idéale et normale pour contrecarrer cette tendance de long terme serait la mise en place d'un impôt progressif annuel sur le capital, au moins au niveau européen. Par exemple, sur les gros patrimoines affichant hors inflation des taux de rendement de l'ordre de 6 à 7 %, dans le contexte actuel de croissance économique ralenti avec un trend probablement de 1 % par an en moyenne sur les décennies à venir, il serait nécessaire d'imposer à raison du différentiel, soit de l'ordre de 5 à 6 %. Souhaitons avec T. Piketty que la "raison progressiste" altruiste  et éclairée l'emporte sur la "passion néolibérale" égoïste et aveugle, et non par la guerre comme par le passé, mais par la Démocratie...  
Puisque vous rappelez les références aux travaux de Karl Marx et de Simon Kuznets faites par T. Piketty, je me permets de glisser le lien vers un billet que j’ai écrit il y a quelques mois sur le sujet et qui peut intéresser le lecteur : De la question des inégalités : Karl Marx contre Simon Kuznets ?         

23/10/2013, 20:33 | Par Richard Bonobo

Piketty est un economiste d une grande qualite et d un sens ethique rare. SOn ouvrage, qu il a presente dans diverses radios montre, a priori, l effroyable inegalite economique d un monde qui ne sait plus ou il va ' 

VIve la decroissance et la suppression complete des 'objets noirś qui empoisonnent notre monde : les voitures, les chaises rouges, les livres de Lacan, les balancoires circulaires, les bonbons acidules, les preservatifs durex, j en passe et des meilleurs'

25/10/2013, 03:47 | Par Alicia Deys en réponse au commentaire de Richard Bonobo le 23/10/2013 à 20:33

supprimer ... les livres de Lacan? Et pourquoi pas tous les livres pendant que vous y êtes.

Pour  lutter contre les inégalités économiques, vous-même et Piketty (littéralement sanctifié) êtes donc prêts à vivre dans un monde sans livres, assis sur un tabouret rustique, à ne manger qu'une fois par jour et dormirait à même le sol?  J'en doute fort. A moins que vous ne fassiez de l'humour.

 Pourquoi n'avez -vous plutôt listé tous ces produits envahissant le temps et l'esprit, à peine achetés et déjà osolètes : I-pod, Tablettes, Home-cinema, etc. etc. 

 Restons donc sur la proposition de rendre à nouveau l'impôt réellement progressif en ajoutant des tranches d'imposition.

23/10/2013, 22:34 | Par Lechiffre

@Walravens

Merci de votre reponse (quoique je ne vois pas pourquoi on me qualifie de "droite" mais peu importe).

J'ai lu le bouquin de Wilkinson in extenso (l'avez-vous lu, vous qui en parlez?). Il est tout a fait digne d'interet mais suscite beaucoup de questions impossibles a traiter ici.

Je ne reviens pas sur la courbe de Laffer, qui certes n'est pas une loi absolue (il y en a peu en economie) mais se trouve souvent verifiee. Je precise seulement deux points de mon commentaire precedent, qui etait tres rapide:

-l'idee que l'Etat ne peut etre certain de qui va payer l'impot n'a rien a voir avec les comportements d'evasion ou de fraude fiscales, elle est liee aux mecanismes du marche. La charge fiscale "voyage" en fonction des elasticites respectives de l'offre et de la demande, particulierement sur les marches du travail et du capital. Quand on veut taxer l'epargne ou le capital par exemple, celui-ci peut s'evaporer par simple delocalisation (ce n'est en rien une fraude) mais l'effet peut etre aussi une compression des charges autres que fiscales (salaires notamment) si l'offre de travail est plus inelastique que l'offre de capital (c'est malheureusement souvent le cas). Au final vous n'etes jamais sur d'"atteindre" les riches. En pratique, on ne les atteint jamais, on ne fait que reduire la base fiscale. On poursuit une illusion, la.

-le choix du theme des inegalites: qu'il soit d'actualite ou non, travailler sous cet angle d'approche structure toute la vision du monde choisie et occulte des questions qui pourtant s'imposent. Par exemple, remarquer que la remuneration du capital est superieure au taux de croissance exige une explication: pourquoi en est-il ainsi (y a t'il un complot, ou des raisons plus profondes?) et que passerait-il si ce n'etait pas ainsi. Un niveau que l'on trouve trop eleve de la remuneration du capital, constate sur une base historique, est-il une manifestation du Mal a eradiquer par l'exorcisme, l'effet d'un complot des possedants a travers les siecles (mais comment font-ils ??) ou une condition sine qua non de l'innovation, de l'investissement et des gains de productivite, sources de l'elevation du niveau de vie generale? C'est pourquoi j'oppose l'obsession de Piketty a reduire les "inegalites" a la preoccupation du progres economique qui peut enrichir plus les uns que les autres, mais enrichit tout le monde.

C'est plutot sur ce type de questions que debouchent ces travaux, il me semble, plutot que sur l'idee qu'il faut egaliser a tour de bras en tapant sur tout ce qui depasse. Mais il y a la une question psychologique. Piketty fait partie de ces fonctionnaires qui voudraient que tout le monde se fonctionnarise.

Personnellement, je ne suis pas d'un naturel jaloux, je me moque que d'autres soient plus riches a condition, soit qu'ils aient herite, soit qu'ils l'aient merite par les risques pris. C'est la richesse acquise sans coup ferir au detriment des autres (exemples: banquiers, bonus, stock options...) qu'il faut traquer.

24/10/2013, 23:00 | Par christian delarue en réponse au commentaire de Lechiffre le 23/10/2013 à 22:34

Le fait d'être fonctionnaire suppose non seulement une garantie d'emploi (qui devient relative), ce qui n'est pas à négliger dans un monde de précaires et de bas salaires. Mais de plus ce sont des individus qui agissent pour le bien commun, l'intérêt général et non pour le profit d'une entreprise capitaliste, pas même d'ailleur pour les bénefices d'une société coopérative. Ils défendent, en principe, l'Etat social. En principe car il y a des vendus, des traitres qui détourne la satisfaction des besoin sociaux vers la satisfaction des profits des firmes multinationales ou de la finance.

Vouloir réduire les inégalités, moins de pauvres et moins de riches, c'est aller vers plus de justice sociale. Si vous êtes de ce programme avec ses variétés vous êtes de gauche. 

Etre de gauche, c'est aussi vouloir agir sur le fonctionnement du marché (régulation) mais aussi sur son périmètre afin de laisser place à l'économie non marchande productrice de valeur d'usage, en clair des services publics et l'Etat social.

Etre de gauche, c'est vouloir donner la parole aux couches populaires mais pas pour qu'elles flattent l'oligarchie, pour qu'elle approndissent la démocratie.

Oligarchie / peuple-classe : Le dernier Piketty (2013) confirme la distinction 1% / 99 %

Il précise la situation du 9% du décile supérieur (juste sous le 1%).

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/181013/oligarchie-peuple-classe-le-dernier-piketty-2013-confirme-la-distinction-1-99

26/10/2013, 12:17 | Par zeta en réponse au commentaire de Lechiffre le 23/10/2013 à 22:34

Un docteur en économie à 22 ans ne doit pas avoir de problème de sécurité de l'emploi. Il gagnerait simplement beaucoup plus en n'étant pas fonctionnaire. L'enrichissement de tous par l'enrichissement global est une vaste blague, les mécanismes de solidarité locale ayant été dissous dans le libéralisme, le pauvre américain d'aujourd'hui et celui d'hier ont des situations tout à fait comparables.

http://www.utrend.tv/v/9-out-of-10-americans-are-completely-wrong-about-this-mind-blowing-fact/

Peut-être que votre vision du monde est distordue par l'optimum économique de la classe moyenne que nous venons de vivre.

23/10/2013, 22:08 | Par Yves Besançon

Contrairement au discours de droite clairement affiché par lechiffre ("Je ne reviens pas sur la courbe de Laffer, qui certes n'est pas une loi absolue (il y en a peu en economie) mais se trouve souvent verifiee"), s'il y a bien une courbe en économie sans aucun fondement théorique sérieux et qui a toujours été démentie par les faits, c'est bien cette courbe de Laffer. Pour une présentation de la grande supercherie Laffer, à l'origine pourtant de l'explosion des dettes publiques à partir du début des années 80, lire notamment :  Le syndrome de l’aversion fiscale

23/10/2013, 22:32 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de Yves Besançon le 23/10/2013 à 22:08

Je suis a la fois content et inquiet de vous retrouver. Inquiet pour vous car ne vous voyant plus poster de billet je pensais que vous alliez mieux, c'etait peut-etre un faux espoir.

Puis-je simplement faire remarquer que ce nest pas moi qui ait mentionne Laffer, mais mon auguste interlocuteur? 

Les courageux qui se reporteront a votre texte verront que vous y prenez les choses a l'envers: vous indiquez a la fin du texte (et c'est deja discutable) que les baisses de taux ne font pas augmenter les recettes. Mais ce n'est pas le point ici: on parle d'une augmentation de la pression fiscale qui ferait, ou ne ferait pas, augmenter les recettes. C'est dans l'autre sens.

23/10/2013, 23:26 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de Lechiffre le 23/10/2013 à 22:32

Toujours strictement rien compris lechiffre : les faits montrent que l'augmentation de la pression fiscale augmente les recettes fiscales, et sa diminution, contrairement aux fantasmes de vos petits copains, génère bien une baisse des recettes fiscales, comme celle enregistrée au début des années 80 aux Etats-Unis à l'origine de l'accroissement spectaculaire du déficit public américain. De mon côté, je ne suis pas inquiet vous concernant, vous ne pouvez guère faire mieux....

24/10/2013, 00:34 | Par juan23 en réponse au commentaire de Yves Besançon le 23/10/2013 à 23:26

Comment voulez-vous qu'il fasse mieux puisque les propos qu'il tient proviennent d'informations mal digérées: c'est le café du commerce en costume trois pièces.

25/10/2013, 03:32 | Par InternetDev

  Ah non mais Hollande, par derrière, il a dit amên à tout le monde, parce qu'il a préparé "sa  conquêtes" depuis tellement d'année (plus de 10-15 ans  au moinsn et pas souvent clairement), qu'il aurait vendue même sa mêre pour 2000 Looses... (ce qu'il a en partie fait en 2002 et 2007).

  Non, pas supprenant non plus qu'il déçoivent la gauche, même soft, dans tous les domaines (Presse, Economie, progrès, courrage (hormis celui déssayer de faire entrer dans le crâne de tous le monde, avec les cleps de gardes de l'Obs, Figaro ..., qu'en fait, il  est de droite et seulement de droite, comme ont dit en math)).

  au minimum, c'est un Bayrou et au maximum, un Lepen.

06/11/2013, 12:30 | Par Motortown

un économiste social-démocrate plutôt conformiste, pas syndiqué à la CGT etc etc, bof 

21/02/2014, 11:14 | Par Vivre est un village

Bonjour Eric,

Un grand merci pour ce billet Sourire.

Pur la petite histoire, notre camarade ourse blanche a été censurée pour avoir recommandé ce livre alors que Thomas Piketty était invité, par une autre partie de Mediapart, à donner une conférence Penseur.

J'aime bien utiliser la parabole de l'avion Mediapart à 2 réacteurs, le réacteur gauche qui programme les conférences fonctionnant correctement et le réacteur droit placé sous le haut patronage de Géraldine Delacroix fonctionnant en pleine rétro poussée MaladeMaladeMalade.

Je vines de parcourir ce livre de la première page à la dernière avec l'immense regret de ne pas avoir la compétence de mathématicien nécessaire pour tirer le plein bénéfice de cette lecture En pleursEn pleursEn pleurs.

Pour essayer de combler mon chagrin, j'ai acheter le livre une deuxième fois que j'ai troqué contre http://blogs.mediapart.fr/blog/vivre-est-un-village/040214/le-1er-livre-dun-ami-qui-fut-tres-actif-sur-mediapart-et-continue-letre écrit par un mathématicien de haut rang Cool.

L'idée est de faire une explication de texte fondée sur une exploitation grand public des annexes mathématiques du livre Cool.

Que pensez-vous de ma démarche ? Penseur

je vous remercie, par avance pour votre réponse Sourire.

A bientôt Approuvé .

Amitié Idée.

Newsletter