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Europe: crise et fin?

J'offre ici à la réflexion et à la discussion quelques thèses sur la situation européenne inspirées par les événements du dernier mois, et arrêtées à la date du 21 mai 2010.

 

1. La crise ne fait que commencer

En quelques semaines, on aura donc vu la révélation de la dissimulation de la dette grecque avec l’aide de Goldmann et Sachs, l’annonce par le gouvernement Papandreou de la possibilité d’un défaut de paiement de nouveaux intérêts de sa dette, brutalement multipliés, l’imposition à la Grèce d’un plan d’austérité sauvage en contrepartie du prêt européen, puis la « baisse de notation » de l’Espagne et du Portugal, la menace d’éclatement de l’euro, la création du fonds de secours européen de 750 milliards (à la demande, notamment, des Etats-Unis), la décision contraire à ses statuts par la BCE de racheter des obligations souveraines, et l’adoption des politiques de rigueur dans une dizaine de pays. Ce n’est qu’un début, car ces nouveaux épisodes d’une crise ouverte il y a deux ans par l’effondrement du crédit immobilier américain en préfigurent d’autres. Ils démontrent que le risque de krach persiste ou même s’accroît, alimenté par l’existence d’une masse énorme de titres « pourris », accumulée au cours de la décennie précédente par la consommation à crédit et par la titrisation des assurances et la conversion des credit default swaps en produits financiers, objets de spéculation à court terme. Le « mistigri » des créances douteuses court toujours, et les Etats courent derrière lui. La spéculation se porte désormais sur les monnaies et les dettes publiques. Or l’euro constitue aujourd’hui le maillon faible de cette chaîne, et avec lui l’Europe. Les conséquences en seront dévastatrices.

 

2. Les Grecs ont raison de se révolter

Premier effet de la crise et du« remède » qui lui a été appliqué : la colère de la population grecque. Ont-ils donc tort de refuser leurs« responsabilités » ? Ont-ils raison de dénoncer une« punition collective » ? Indépendamment des provocations criminelles qui l'ont entachée, cette colère est justifiée pour trois raisons au moins. L'imposition de l'austérité s'est accompagnée d'une stigmatisation délirante du peuple grec, tenu pour coupable de la corruption et des mensonges de sa classe politique dont (comme ailleurs) profitent largement les plus riches (en particulier sous forme d'évasion fiscale). Elle est passée, une fois de plus (une fois de trop ?), par le renversement des engagements électoraux du gouvernement, hors de tout débat démocratique. Enfin, elle a vu l'Europe appliquer en son propre sein, non des procédures de solidarité, mais les règles léonines du FMI, qui visent à protéger les créances des banques, mais annoncent une récession sans fin prévisible du pays. Les économistes s'accordent à pronostiquer sur ces bases un « défaut » assuré du Trésor grec, une contagion de la crise, et une explosion du taux de chômage, surtout si les mêmes règles s'appliquent à d'autres pays virtuellement en faillite au gré des« notations » du marché, comme le réclament bruyamment les partisansde « l'orthodoxie ».

 

3. La politique qui ne dit pas son nom

Dans le « sauvetage » de la monnaie commune, dont les Grecs auront été les premières victimes (mais ne seront pas les dernières), les modalités prévalant à ce jour (imposées notamment par l'Allemagne) mettent en avant, prioritairement, la généralisation de la « rigueur » budgétaire (inscrite dans les traités fondateurs, mais jamais véritablement appliquée), et secondairement la nécessité d'une « régulation » - très modérée – de la spéculation etde la liberté des hedge funds (déjà évoquée après la crise des subprimes et les faillites bancaires de 2008). Les économistes néo-keynésiens ajoutent à ces exigences celle d'une avancée vers le « gouvernement économique » européen (notamment l'unification des politiques fiscales), voire des plans d'investissements élaborés en commun : faute de quoi le maintien d'une monnaie unique s'avérera impossible.

Ce sont là, à l'évidence, des propositions intégralement politiques (et non pas techniques). Elles s'inscrivent dans des alternatives à débattre par les citoyens, car leurs conséquences seront irréversibles pour la collectivité. Or le débat est biaisé par la dissimulation de trois données essentielles :

- la défense d'une monnaie et son utilisation conjoncturelle (soutien, dévalorisation) entraînent soit un assujettissement des politiques économiques et sociales à la toute-puissance des marchés financiers (avec leurs « notations » autoréalisatrices et leurs « verdicts » prétendument sans appel), soi tun accroissement de la capacité des Etats (et plus généralement de la puissance publique) à limiter leur instabilité et à privilégier les intérêts à long terme sur les profits spéculatifs. C'est l'un ou c'est l'autre.

- sous couvert d'une harmonisation relative des institutions et d'une garantie de certains droits fondamentaux, la construction européenne dans sa forme actuelle, avec les forces qui l'orientent, n'a cessé de favoriser la divergence des économies nationales, qu'elle devait théoriquement rapprocher au sein d'une zone de prospérité partagée : certaines dominent les autres, soit en termes de parts de marché, soit en termes de concentration bancaire, soit en les transformant en sous-traitants. Les intérêts des nations, sinon des peuples, deviennent contradictoires.

- le troisième pilier d'une politique keynésienne génératrice de confiance, en plus de la monnaie et de la fiscalité, à savoir la politique sociale, la recherche du plein emploi et l'élargissement de la demande par la consommation populaire, est systématiquement passé sous silence, même par les réformateurs. Sans doute à dessein.

 

4. A quoi tend la mondialisation ?

A quoi bon, au demeurant, réfléchir et débattre de l'avenir de l'Europe ou de sa monnaie (dont plusieurs grands pays se tiennent à l'écart : la Grande Bretagne, la Pologne, la Suède), si on ne prend pas en compte les tendances réelles de la mondialisation ? La crise financière, si sa gestion politique demeure hors d'atteinte des peuples et des gouvernements concernés, va leur apporter une formidable accélération. De quoi s'agit-il ? D'abord, du passage d'une forme de concurrence à une autre : des capitalismes productifs aux territoires nationaux dont chacun, à coup d'exemptions fiscales et d'abaissement de la valeur du travail, tente d'attirer plus de capitaux flottants que son voisin. Il est bien évident que l'avenir politique, social et culturel del'Europe, et de chaque pays en particulier, dépend de la question de savoir si elle constitue un mécanisme de solidarité et de défense collective de ses populations contre le « risque systémique », ou bien au contraire (avec l'appui de certains Etats, momentanément dominants, et de leurs opinions publiques) un cadre juridique pour intensifier la concurrence entre ses membres et entre leurs citoyens. Mais il s'agit aussi, plus généralement, de la façon dont la mondialisation est en train de bouleverser la division du travail et la répartition des emplois dans le monde : dans cette restructuration qui intervertit le Nord et le Sud, l'Ouest et l'Est, un nouvel accroissement des inégalités et des exclusions en Europe, le laminage des classes moyennes, la diminution des emplois qualifiés et des activités productives « non protégées », celle des droits sociaux comme des industries culturelles et des services publics universels, sont pour ainsi dire déjà programmés. Les résistances à l'intégration politique sous couvert de défense de la souveraineté nationale ne peuvent qu'en aggraver les conséquences pour la plupart des nations et précipiter le retour (déjà bien avancé) des antagonismes ethniques que l'Europe prétendait dépasser définitivement en son sein. Mais inversement, il est clair qu'il n'y aura pas d'intégration européenne « par en haut », en vertu d'une injonction bureaucratique, sans progrès démocratique dans chaque pays et dans tout le continent.

 

5. Nationalisme, populisme, démocratie : où le danger ? où le recours ?

Est-ce donc la fin de l'Union européenne, cette construction dont l'histoire avait commencé il y a 50 ans sur la base d'une vieille utopie, et dont les promesses n'auront pas été tenues ? N'ayons pas peur de le dire : oui, inéluctablement, à plus ou moins brève échéance et non sans quelques violentes secousses prévisibles, l'Europe est morte comme projet politique, à moins qu'elle ne réussisse à se refonder sur de nouvelles bases. Son éclatement livrerait plus encore les peuples qui la composent aujourd'hui aux aléas de la mondialisation, comme chiens crevés au fil de l'eau. Sa refondation ne garantit rien, mais lui donne quelques chances d'exercer une force géopolitique, pour son bénéfice et celui des autres, à condition d'oser affronter les immenses défis d'un fédéralisme de type nouveau. Ils ont nom puissance publique communautaire (distincte à la fois d'un Etat et d'une simple « gouvernance » des politiciens et des experts), égalité entre les nations (à l'encontre des nationalismes réactifs, celui du « fort » aussi bien que celui du « faible ») et renouveau de la démocratie dans l'espace européen (à l'encontre de la « dé-démocratisation » actuelle, favorisée par le néolibéralisme et par « l'étatisme sans Etat » des administrations européennes, colonisées par la caste bureaucratique, qui sont aussi pour une bonne part à la source de la corruption publique).

Depuis longtemps, on aurait du admettre cette évidence : il n'y aura pas d'avancée vers le fédéralisme qu'on nous réclame aujourd'hui et qui est en effet souhaitable, sans une avancée de la démocratieau-delà de ses formes existantes, e tnotamment une intensification de l'intervention populaire dans les institutions supranationales. Est-ce à dire que, pour renverser le cours de l'histoire, secouer les habitudes d'une construction à bout de souffle, il faille maintenant quelque chose comme un populisme européen, un mouvement convergent des masses ou une insurrection pacifique, où s'exprime à la fois la colère des victimes de la crise contre ceux qui en profitent (voire l'entretiennent), et l'exigence d'un contrôle « par en bas » des tractations entre finance, marchés, et politique des Etats ? Oui sans doute, car il n'y a pas d'autre nom pour la politisation du peuple, mais à la condition – si l'on veut conjurer d'autres catastrophes – que de sérieux contrôles constitutionnels soient institués, et que des forces politiques renaissent à l'échelon européen, qui fassent prévaloir au sein de ce populisme « post-national » une culture, un imaginaire et des idéaux démocratiques intransigeants. Il y a un risque, mais il est moindre que celui du libre cours laissé aux divers nationalismes.

 

6. La Gauche en Europe ? quelle « gauche » ?

De telles forces constituent ce que traditionnellement, sur ce continent, on appelait la Gauche. Or elle aussi est en état de faillite politique : nationalement, internationalement. Dans l'espace qui compte désormais, traversant les frontières, elle a perdu toute capacité de représentation de luttes sociales ou d'organisation de mouvements d'émancipation, elle s'est majoritairement ralliée aux dogmes et aux raisonnements du néo-libéralisme. En conséquence elle s'est désintégrée idéologiquement. Ceux qui l'incarnent nominalement ne sont plus que les spectateurs et, faute d'audience populaire, les commentateurs impuissants d'une crise à laquelle ils ne proposent aucune réponse propre collective : rien après le choc financier de 2008, rien après l'application à la Grèce des recettesdu FMI (pourtant vigoureusement dénoncées en d'autres lieux et d'autres temps), rien pour « sauver l'euro » autrement que sur le do sdes travailleurs et des consommateurs, rien pour relancer le débat sur la possibilité et les objectifs d'une Europe solidaire...

Que se passera-t-il, dans ces conditions, lorsqu'on entrera dans les nouvelles phases de la crise, encore àvenir ? Lorsque les politiques nationales de plus en plus sécuritaires se videront de leur contenu (ou de leur alibi) social ? Des mouvements de protestation, sans doute, mais isolés, éventuellement déviés vers la violence ou récupérés par la xénophobie et le racisme déjà galopants, au bout du compte producteurs de plus d'impuissance et de plus de désespoir. Et pourtant la droite capitaliste et nationaliste, si elle ne reste pas inactive, est potentiellement divisée entre des stratégies contradictoires : on l'a vu à propos des déficits publics et des plans de relance, on le verra plus encore lorsque l'existence des institutions européennes sera en jeu (comme le préfigure peut-être l'évolution britannique). Il y aurait là une occasion à saisir, un coin à enfoncer. Esquisser et débattre de ce que pourrait être, de ce que devrait être une politique anticrise à l'échelle de l'Europe, démocratiquement définie, marchant sur ses deux jambes (le gouvernement économique, la politique sociale), capable d'éliminer la corruption et de réduire les inégalités qui l'entretiennent, de restructurer les dettes et de promouvoir les objectifs communs qui justifient les transferts entre nations solidaires les unes des autres, telle est en tout cas la fonction desi ntellectuels progressistes européens, qu'ils se veuillent révolutionnaires ou réformistes. Et rien ne peut les excuser de s'y dérober.

Tous les commentaires

Merci pour ce constat clair, et pour la prospective. Où trouver les structures et les personnes nouvelles capables de porter les espoirs et les projets de retour du politique, de la démocratie, et du contrat social, au niveau nécessairement européen, alors que les classes politiques actuelles et les structures qu'elles ont imposées sont si profondément compromises dans la dégradation; et que la révolution, pour appeler les choses par leur nom, devra concerner toute l'Europe?

Très bon article. L'Europe ne pourra pas se sauver grâce à ses peuples ni ses institutions. Il aurait fallu faire ces dernières avant d'espérer une adhésion populaire sous forme de "puissance publique communautaire".

Voilà un tour d'horizon qui apporte du grain à moudre.

Au sujet du dernier paragraphe (quelle gauche pour quelle Europe ?), vous dites des choses évidentes - je veux dire, criantes de vérité - mais non prises en compte.

La grande question est le pilotage de cette Europe, le souci de cette Europe et de ses peuples. Il faut sortir des préchi-précha compatissants et poser les questions de fond : les hérauts politiques ne les posent pas et font mine de s'émouvoir, au prix de quelques concepts fumeux, il n'y a aucun engagement fort vis à vis de la question de la solidarité des peuples et de ses moyens politiques. Tout se joue "petit bras" et rien ne questionne le problème de l'indépendance des pays vis à vis des bourreaux de la finance et de l'arnaque de la libre concurrence.

J'ai l'impression de vivre dans un monde de boutiquiers.

La population est déprimée et repliée sur un fatalisme individuel et triste, car elle sent ce vide, il suffit de faire une distribution de tracts pour s'en parecevoir.

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" J'ai l'impression de vivre dans un monde de boutiquiers. "

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Ton impression te trompe, Marielle; la réalité est que tu vis dans une république bananière.

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jpylg

ce qui n'est pas en contradiction : les boutiquers ne voient pas plus loin que leur bourse et s'accommodent fort bien de ce que tu dénonces.

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Disons que nous sommes dans une France boutiquière qui rame pour construire une Europe bananière.

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Tu as raison: les contradictions, on en vient à bout.

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jpylg

JPYG,

Bananière ou pas, notre belle république n'en est pas moins régie par un monde de boutiquiers. Toute l'Europe, bananière ou pas, va en baver. Le système capitaliste va enfin pouvoir se déchaîner dans toute sa brutalité. Si j'étais croyant, je prierais !

Constat cruellement réaliste sur les gauches europénnes...

Etienne Balibar, c'est bien intéressant de vous lire.

Un philosophe qui ne se désintéresse pas de l'analyse de la crise économique, politique et sociale. Qui est en solidarité avec les mouvements du peuple grec, sans faire la fine bouche.

Une alternative est proposée par vous: soit assujettissement des politiques économiques à la toute puissance des marchés, soit accroissement de la capacité des Etats. Mais vous en venez ensuite à vouloir construire une "puissance publique communautaire", non réductible aux intérêts des Etats, qui serait liée à un renouveau de la démocratie et une égalité entre les nations. L'Etat passe au second plan alors derrière la nécessaire démocratie à l'échelle européenne. Ce qui est plus intéressant, me semble-t-il.

Ce sont les Etats au service des capitalistes (la formule mérite d'être affinée)qui sont les ennemis dans cette lutte continentale des peuples. Non?

La faillite de la gauche (social-libérale) européenne, que vous stigmatisez à juste titre comme faisant le lit des droites nationalistes, est trop liée à ces pouvoirs étatiques pour pouvoir critiquer ce despotisme plus ou moins éclairé, au service des capitalistes européens, qui domine l'Union européenne. Elle ne saurait rien faire pour que le peuple fasse irruption dans ce jeu bloqué. Elle n'est pas eulement "spectatrice", elle est dans le camp adverse.

Une gauche indépendante de l'Etat, mouvementiste plus que "populiste", portant les conséquences politiques de la critique du capitalisme, ce ne serait pas une formule qui se déduirait de votre analyse? Une telle gauche qui reste à construire.

Voilà une réflexion qui rappelle le rôle des intellectuels et qui donne quelque espoir en montrant que les chemins que nous ne prenons pas (celui de la repolitisation) existent.

Solidarité ou concurrence tel est bien le débat et il est vraiment dommage qu'il soit aussi rarement présenté ainsi, dans sa clarté criante.

La gauche n'existe évidemment pas sans courage populaire, la droite continue de rêver des résolutions magiques qui permettraient de garder intacts ses égoïsmes tristes sans dommages collatéraux mais le rôle des intellectuels est bien de démonter les légendes des possédants et de leurs exécutants dans les exécutifs "démocratiquement élus", de mettre le doigt sur le risque systémique, de montrer qu'il est toujours permis de rêver autrement.

Très bon résumé de la situation, auquel j'adhère pleinement.

Il n'y ad'autre issue que de construire une europe politique qui défende ses citoyens et ses systèmes de protection sociales. Ca commence par l'election au suffrage universel direct du président de l'union européenne. Seul une personnalité légitimée peutprendree des décisions qui engage l'avenir des citoyens européens.

On pourrait imaginer que le président la comission soit ainsi élu plutôt que désigné par des accords de couloirs entre dirigeants européens. Il serait alors le chef de gouvernement de l'union. Le conseil européen et son président aurait un rôle d'arbitre et aurait en charge le plan diplomatique et militaire. Le parlment aurait le rôle législatif.

En gros la simple éléction su président de la commission au suffage universel, changerait tout car il y aurait enfin quelqu'un qui aurait des comptes à rendre aux électeurs. On sortirait aussi enfin des considérations nationales, car le pays d'origine comptera peu par rapport aux programmes.

Conclusion: faisons jouer la clause de pétition (il faut 1 millions de signataires d'appartenat à au moins 5 pays différents) pour éxiger l'examen de l'éléction du président de la commission au suffrage direct.

Présidentialiser l'Europe ?

Merci bien !

On sait ce que cela donne dans notre pays.

Il conviendrait d'élire à la propotionnelle intégrale, dans toute l'UE, une Constituante qui proposerait de nouvelles institutions européennes sans tomber dans le travers du présidentialisme néo-bonapartiste.

Ma contribution à ce même point de vue: L'Euro, la Grèce et l'Europe

 

Bel article ,Monsieur le professeur.

lorsque la philosophie vient nous parler d'economie politique avec bon sens et clarté .

Bienvenue et merci .

Et il en faut combien des articles, des billets, des commentaires
alarmants pour ce bouger le séant.

Il faut commencer ce jeudi 27 et descendre dans la rue. Même en pantoufles.

Les antagonismes et les egoïsmes sont tels que seul un tsunami de nature économique et financier serait à meme de conduire au dépassement des situations nationales acquises.

De plan de relance en plan de rigueur nous ne procédons qu'à du rafistolage.

C'est (hélas ?) sur les décombres de notre organisation actuelle que nous pourrons construire et passer des accords nouveaux et porteurs de progrès, installant la solidarité, la responsabilité au fronton de nos nouveaux traités d'union.

Rien ne dit d'ailleurs que ce nouvel équipage doive engager 27 pays.

Article intéressant... mais vraiment pessimiste!! En revanche, je suis profondément en désaccord sur la Grèce: Non, ce n'est pas la classe la plus riche qui en a profité, mais tout le peuple grec qui ne payait pas la TVA et travaillait au noir; tous les gens honnêtes qui ont vécu en Grèce le disent depuis des années; la corruption est généralisée dans ce pays. Alors on peut s'interroger sur les méthodes du FMI ou de l'UE pour faire payer les Grecs, mais il fallait bien qu'ils payent l'addition un jour... Un peu facile et caricatural d'accuser les "méchants" riches et les politiciens corrompus.... Tout le monde a profité du système!!

Je vous cite: "tout le peuple grec qui ne payait pas la TVA et travaillait au noir".

Cette sotte allégation est de l'ordre de la xénophobie entretenue par les médias au service du pouvoir et de l'argent.

Comment imaginer, un seul instant, une famille grecque faisant ses courses ne payant pas la TVA sur les produits achetés ?

Et vous parlez de caricatural !!!

Je vous suis, Velveth...

@ Etienne BALIBAR

Ce n'est plus un billet, Monsieur le Professeur, c'est un pavé en pleine tête que vous nous envoyez.

A priori, c'est tellement dense (et vrai) que l'on s'abstient de réfléchir et que l'on a envie de dire : oui, bien sûr, on savait tout cela ; on savait que ce système-là n'était pas sain et même qu'il était sans avenir ; on savait que la Gauche ne pourrait pas nous sauver parce quelle avait largement contribué à la mise en place de ce système à tiroirs (dans l'ordre : droits démesurés accordés à la Haute Finance, aux multinationales et aux GMS ; disparition des États au profit de hauts fonctionnaires non-élus ; ouverture des frontières ; monnaie privatisée et banques centrales indépendantes - des peuples). Et tout cela s'explique par UNE SEULE CAUSE... qu'aucun gouvernement n'a jamais combattue.

Personnellement, j'ai même publié un livre en janvier 2007 annonçant une catastrophe économique et financière en Europe qui serait le prélude à la disparition de notre civilisation occidentale.

C'était énorme, et donc aucun "responsable" politique et médiatique de Gauche n'y a cru! J'ai prêché dans le désert ; c'est ce risque que vous prenez vous-même dans ce genre de combat (juste).

- Les causes de cette disparition annoncée? Je les ai décrites comme "la ciguë de Socrate", ce poison qui a tué le premier grand résistant à ce "système néolibéral" (inventé en Grèce Antique et responsable de sa disparition).

- Les (vrais) remèdes? Nous les connaissons depuis ARISTOTE mais le système est enclenché pour aller jusqu'au bout de ses forces, en suivant le chemin de la Démesure, décrit par PLATON (qui voulait éviter la mort de la civilisation athénienne).

Vos solutions? Un populisme européen? L'émergence de nouvelles formes de Démocratie? dans un tel "grand machin"?

Non, Monsieur le Professeur, alea jacta est, le système ira jusqu'au bout de sa DÉMESURE. Dormez tranquille, cher DEMOS, vous allez droit dans le mur! Tout est verrouillé, Monsieur le Professeur, les peuples sont anesthésiés, paralysés : des morts-vivants.

On fait quoi?

Rien! On ne fera rien! Et le système va s'écrouler de lui-même...

Là, nous avons une chance de nous en sortir, une seule chance : il faudra reconstruire, et si nous nous y préparons bien, nous pourrons expliquer quelle est cette CAUSE PREMIERE UNIQUE de tous nos malheurs.

Ensuite, nous devrons démultiplier les solutions dans tous nos sous-systèmes, pollués par deux millénaires de farces romaines sauce "Empire".

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe...

Et (bien sûr) pour un Autre Euro...

Cordialement,

J.M

 

 

Vous dites, en final de ce décor un peu lugubre: "Il faudra reconstruire, nous pourrons expliquer quelle est cette cause première unique de tous nos malheurs" Alors dites nous en deux mots, de cette "cause unique première", on pourrait commencer à échanger là dessus, en attendant la chute finale annoncée.

J'ai quand même bien peur que l'on recommence, comme avant à la fin de chaque guerre qui venait résoudre les crises. On reconstruisait tout, les années glorieuses on les appelait... Mais aujourd'hui la guerre est impossible. Il s'afit de trouver une autre façon de vivre ensemble, et que cela soit possible et accepté par tous.. pas du rève, du nouveau, du réel, du possible. Pas simple!

@FMD

"Il faudra reconstruire [...], et nous pourrons expliquer quelle est cette cause première unique de tous nos malheurs".

Je peux même rajouter : "... cause première unique de tous nos malheurs depuis que la naissance de la monnaie institutionnalisée" (je reprends l'esprit des écrits de PLATON) car, bien avant les monnaies métalliques en Europe (Grèce, il y a 2.800 ans), les monnaies existaient sans être institutionnalisées (coquillages, plumes rares, grains d'orge...).

J'ai parlé de tout cela dans mon premier livre : ce n'est pas moi qui ai trouvé cette cause première, c'est ARISTOTE (PLATON avait ouvert la voie). C'est vous dire que le sujet est très, très sérieux, avec des références incontestables.

Mon travail a consisté à expliquer en quoi ce concept était une grande découverte et je suis prêt à en détailler l'application dans tous les sous-systèmes (constitution, droit, fiscalité, monnaie, banque centrale, haute finance...), créés par les puissants de ce monde pour consolider leurs droits acquis. Les droits acquis? Ils ne s'embêtaient pas, ils visaient l'éternité de ces droits et ils ont parfaitement réussi parce que jamais personne n'en parle...

Merci M. Balibar. On ne saurait mieux réactiver un débat dont plus personne à gauche ne veut entendre parler depuis les déchirements de 2005. Il serait "derrière nous" car il faut "aller de l'avant"... Mais les faits sont têtus et personne parmi les critiques de l'époque ne se réjouira de voir se réaliser ses pronostics les plus sombres.

Dire que "plus personne à gauche ne veut entendre parler " est un peu fort de café, Dianne.

Ne croyez-vous pas que c'est une certaine gauche dite de gouvernement qui est seule visée ?

La preuve par Balibar.

Ca y est, la machine Velvethienne est relancée.

Ha, s'il n'y avait que le NPA à gauche, comme les choses seraient simples !

Malheureusement, d'un côté, il y a ceux qui mettront les mains dans le cambouis et seront obligés de transiger, de refreiner leurs ardeurs face au dur mur des réalités internationales; et de l'autre, ceux qui se contenteront de lancer des anathèmes !

Balibar, lui, a au moins le mérite d'ébaucher des pistes de réflexion et d'indiquer un chemin ce qui est rare chez nos chers intellectuels.

La gauche de la gauche est plurielle et ne se limite pas au NPA dont la première année d'existence est critiquable.

Les pistes de reflexion auxquelles vous faîtes allusion, je tente d'en ouvrir de multiples dans mon blog qui n'a rien à voir avec ce que peut déclarer telle ou telle chapelle.

Quant au cambouis, faut-il cumuler fonctions et prébendes sous les ors de la République pour en être couvert ?

Participer au Siècle aux côtés d'Alain Minc, de DSK, Rachida Dati, Claude Bébéar ou de Martine Aubry ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle

Amusante définition du cambouis !

Je reformule : plus personne dans la gauche qui a soutenu que le projet de TCE était incontournable. Comment débattre si on est tout seul ? J'ai rarement vu l'art de l'esquive porté au point actuel sur ce sujet...

Désolé.

Votre post est incompréhensible.

Faisons court : aucun oui-ouiste n'accepte plus de dialoguer là dessus !Ils sont dans la m... et ne le reconnaîtront jamais. La liste d'insultes fut longue... pour laquelle on aimerait quelques excuses polies.

Ça ira comme ça ? Sourire

J'ai compris !

La chaleur doit m'embuer les neurones...

Rire

cela signifie la fin des états et la réorganisations du politique pour une europe forte face à la déreglementation .je serai pour renforcer le parlement européen sur des bases saines . les étas actuel son déphasés inéfficaces et empétrer dans des lobby.

revoir la question des frontières pour une identité européen !la droite est trop faites d'abrutis pour éléver les peuples à cette unification semblables et différents à la fois !

Totalement en désaccord avec vous.

Vous prétendez rechercher un approfondissement de la démocratie sous d'autres formes que celles existantes, des formes supranationales… C'est à la fois illusoire et donc parfaitement incantatoire. Pourquoi ?

Parce qu'avant de faire partager un nouveau dessein, on s'occupe d'abord de démontrer que la politique préconisée correspond aux attentes, en premier lieu des victimes de la mondialisation. Autrement dit : faites la preuve, ici, sur la petite échelle des Etats-nations (dont vous voulez assez vite vous débarrasser, parce que trop petite surface pour le socialisme, l'universel, la création monétaire, etc.), de la nouvelle politique de civilisation que vous préconisez, avant de nous proposer un horizon européen de moins en moins palpable, maîtrisable, pour les populations.

D'ailleurs, de quoi est fait le fameux gouvernement économique européen, sinon du calcage sur le modèle de désinflation compétitif des Allemands, introduit par les réformes Schröder dès 2000 ?

Votre projet est cohérent. Je le conteste totalement.

Comme je dis souvent : l'européïsme, en quelque sorte culturel, dont la gauche n'aura jamais voulu se déprendre, nous aura conduits à servir (à notre corps défendant) de marchepied à la mondialisation version européenne. Ceci sans pour autant être parvenu à organiser un tant soit peu sérieusement celles et ceux qui en sont les premières victimes.

Ainsi, la question européenne aura été, pour la gauche radicale et la gauche en général, la chronique d'une mort annoncée.

Avec de tels projets, le "populisme", le "nationalisme" que vous craignez tant a de beaux jours devant lui.

Il n'y a aucun européisme dans le texte de Balibar.

Il questionne plus qu'il ne répond dans ce domaine.

Défendriez-vous le souverainisme, ce nationalisme honteux, fut-il affublé de termes de gauche ?

 

D'abord, nous n'avons pas la même lecture de ce texte.

Ensuite, je ne pense pas exactement que Balibar questionne.

Enfin, je vous ai déjà dit que le prétendu "souverainisme" dont on nous rabat les oreilles, afin de mieux le condamner, correspond selon moi au désir de ne pas se voir voler les acquis démocratiques de la souveraineté sur nos vies.

La souveraineté nationale est la seule forme réellement existante de la démocratie.

Que les technocrates et les bonnes âmes veuillent s'en affranchir, je le comprends, et je les conteste, voilà tout.

S'il y a une leçon à tirer du stalinisme et de ses multiples variantes, c'est que la fin (le socialisme) ne justifie pas les moyens (la transnationalité organisée par des élites éclairées). Mais les moyens (la démocratie comme elle existe et devant être approfondie, de façon à exprimer les aspirations de tout le peuple, en particulier des couches populaires abstentionnistes) expliquent la fin (le type de socialisme que vous voulez);

De cette leçon élémentaire, vous découvrirez qu'il est inutile de couper les cheveux en quatre pour retrouver le peuple. Pour l'heure, le peuple ne veut pas d'une Europe transnationale. Il apprécie la coopération pas l'uniformisation. C'est tout l'enjeu de la définition de ce que c'est la socialisme…

Et mes mots de gauche valent autant que les vôtres.

Bonté divine !

V'là du Mélenchon mal recyclé...

Rire

L'Europe dont les peuples ne veulent pas est celle des marchés financiers, des combines et de la toute puissance déréglementatrice et dérégulatrice de la commission qui n'est elle-même que la voix des 27.

Les peuples ne veulent pas d'une Europe anti-sociale, anti-démocratique.

Quant au stalinisme que j'ai toujours combattu, il a peu à voir avec cette Europe là.

Ne mélangeons pas tout.

Comme je vous l'ai déjà dit, je ne crois pas que les peuples ne veulent pas de l'Europe simplement parce que cette Europe est, dans l'état actuel des choses, dérégulatrice, etc.

Cela, c'est votre point de vue.

Je crois, pour ma part, que les peuples s'y opposent aussi parce qu'ils ne voient pas comment ils pourront maîtriser cet espace à 27 pays. Et je leur donne là-dessus raison. L'échelle proposée est antinomique avec notre idéal commun, je crois Rire, d'autogestion.

En vérité, le projet européen interroge notre définition du socialisme et son universalisme.

Et à vouloir à tout prix redonner une cohérence au projet européen, tel que les bonne âmes le conçoivent, conduit ces mêmes bonnes âmes (des écolos aux "radicaux") à avaliser les pertes de souveraineté des peuples.

Ce ne sera pas la première fois que les bonnes intentions conduisent à la catastrophe. Et à défaire ceux-là même qu'on prétend défendre. C'est pourquoi, malheureusement, une formation xénophobe comme le FN continue à capter mieux que d'autres la protestation populaire.

Mais des "pères fondateurs" (fieffés réactionnaires) jusqu'aux tenants du social-libéralisme des années 80-90, aucun n'était animé de "bonnes intentions".

Dès le traité de Rome, la marchandisation de l'espace européen était en marche.

Que l'élargissement pose des problèmes supplémentaires, c'est certain mais l'important est effectivement le projet tel qu'il s'est incarné dans le TCE: tout pour les marchés financiers et maintenir à distance les peuples pour qu'ils ne puissent influer sur le cours des choses.

Le traité de Lisbonne consacre cette "ligne" qui réunit une large partie de la gauche européenne (PSE), les libéraux modérés ou pas (ALDE) et les conservateurs modérés ou pas.

Le FN capte une partie de la protestation populaire à l'égard de cette Europe de la finance parcequ'elle est anti-sociale et anti-démocratique et que cela conduit à une certaine xénophobie "défensive".

C'est catastrophique mais ce n'est pas en pronant l'identité de l'Etat -Nation que l'on lutte contre le nationalisme !

Je ne prône que le respect des souverainetés populaires, qui ne s'expriment qu'à travers des espaces concrets : au jour d'aujourd'hui, les espaces nationaux.

Et je ne crois pas que, dans l'état actuel des rapports de force, il soit possible d'obtenir une démocratie plus pertinente ailleurs.

Je ne recours donc pas à la magie des mots pour faire accroire des possibilités nouvelles quand des millions de mes concitoyens sont au chômage ou dans la précarité. Je pars de la réalité présente, prosaïque, et j'essaye de la transformer sans trop de plan sur la comète.

Et depuis Maastricht, voire avant, les faits me donnent plutôt raison : le projet européen a fait avaler toutes les couleuvres. Et les bonnes âmes "radicales", jusques et y compris E. Balibar, boiront le calice jusqu'à la lie.

C'est une des raisons qui m'ont fait m'écarter du gauchisme, même si ce terme venait d'ordinaire de mes adversaires politiques. La vie militante m'a fait malheureusment comprendre, par la suite, qu'il y avait du vrai dans ce qu'ils disaient.

Pour recréer du lien, repolitiser nos concitoyens, il faut partir de leur vécu et non de desseins mirifiques. C'est la meilleure façon de ne pas refaire les mêmes âneries. Pour l'instant, une partie des argumentaires du FN, et même certaines de ses solutions (protectionnisme), me paraissent plus percutantes, en vérité plus proches des préoccupations des gens, même si je combats ce parti.

Ainsi vont les contradictions… à mon grand regret.

Quant à l'Etat-nation, il faut savoir le défendre lorsqu'il est attaqué en son sein même par les prévaricateurs. Je défends donc l'Etat républicain et citoyen, ses acquis sociaux et politiques. Le véritable enjeu est là et pas ailleurs, au moins pour l'instant.

Les intérêts capitalistes, avec les délocalisations, les sous-traitances coordonnées à l'échelle planétaire, le rôle des transports maritimes et les décisions en un éclair prises grâce à Internet, ces i,ntérêts capitalistes sont effectivement mondialisés.

Chacun sait que l'espace de l'Etat-nation n'est plus celui des décisions cruciales à l'époque actuelle. On sait aussi que l'espace public européen n'existe pas réellement. Les conditions d'une discussion démocratique dépérissent.

L'Etat nation resterait à défendre? En tant qu'héritier du colonialisme et bras armé de l'impérialisme français, cet Etat-nation français n'inspire pas trop de nostalgie.

pascal b m'ôte les mots de la bouche.

Quant au procès en sorcellerie à l'égard du gauchisme, comme je ne me sens nullement sur une ligne de cette nature, cela m'indiffère.

 

"Chacun sait que l'espace de l'Etat-nation n'est plus celui des décisions cruciales à l'époque actuelle…" : mais qui est ce chacun ? Voilà bien une pensée unique, concession formidable à l'ère du temps et effet du rouleau compresseur mondialiste.

Ensuite, vous écrivez : "héritier du colonialisme et bras armé de l'impérialisme français, cet Etat-nation…" Alors là, on est dans la négation de tous les combats anticolonialistes et antiimpérialistes, y compris la décision de démission de Chevènement lors de la 1re guerre du Golfe, puis celle de ne pas en être dans la 2e !

Oubliés aussi les porteurs de valises et tous les soutiers par milliers se battant auprès des luttes de libération nationales

Les révolutionnaires à la petite semaine sont prêts à se soulager de la souveraineté du peuple : on retrouve là leur manque de sensibilité populaire.

Misère du gauchisme.

 

Vous préférez rejoindre Chevènement au Siècle aux côtés de Bébéar, Alain Minc et DSK ?

"Pour recréer du lien, repolitiser nos concitoyens, il faut partir de leur vécu et non de desseins mirifiques." Certes. Mais en partant du vécu des européens, on peut imaginer un avenir, et le proposer sans que cela n'apparaisse "mirifique" qu'à ceux qui persistent à s'accrocher à leur foi en une "réalité incontournable". En l'occurrence, si l'on ne veut pas voir d'autre réalité que l'Etat-nation, si l'on refuse a priori la réalité possible d'une Europe fédérale (par exemple), alors on en reviendra fatalement aux guerres européennes, économiques ou sanglantes (où est la différence pour tous ceux qui vivent en-dessous du minimum de pauvreté ?), ce n'est qu'une question de délai (qui se raccourcit à vue d'oeil).

Non, Serge Marq, en politique c'est le rêve qui emporte les peuples. La réalité contraint, le rêve élève.

Libre à vous de lâcher la proie pour l'ombre ! Mais comprenez que les gens qui sont dans la difficulté ne soient pas dans le même état d'esprit.

Pour l'instant, depuis le tournant européen, qui date déjà de trois décennies, au résultat si peu probant (c'est un euphémisme), on pourra dire que c'est vous qui avez fait acte de foi !

Je vous laisse donc à vos rêves qui, comme chacun sait, ne mangent pas de pain et sont infinis.

Des rêves infinis en politique? Le retour? Je suis preneur.

J'adore les pavés lancés par Etienne Balibar, mais je suis demandeur d'éclaircissement concernant ce passage :

Et pourtant la droite capitaliste et nationaliste, si elle ne reste pas inactive, est potentiellement divisée entre des stratégies contradictoires : on l'a vu à propos des déficits publics et des plans de relance, on le verra plus encore lorsque l'existence des institutions européennes sera en jeu (comme le préfigure peut-être l'évolution britannique). Il y aurait là une occasion à saisir, un coin à enfoncer.

 

Merci Etienne Balibar, pour ces "pavés" lancés dans la mare. Il s'agirait qu'un jour ou l'autre, proche de préférence, ce soient les peuples européens qui décident eux-mêmes des institutions qu'ils veulent se donner. On pourrait commencer par procéder à l'élection au suffrage universel d'une assemblée constituante.

Le souvenir du TCE impose deux remarques :

- Si le débat suscité par une telle élection devait soulever autant d'interventions citoyennes que pour le TCE, ce serait un premier grand pas dans la prise de conscience des peuples de leur pouvoir délibératif.

- Le souvenir de l'enterrement du TCE, en France comme en Irlande, ne saurait inciter à délibérer d'un projet avant qu'il ne soit porté en terre.

"Il existe désormais un désespoir programmé, qui est la forme nouvelle d’une violence oppressive ayant pour but de briser la volonté de résistance. Et de le faire en poussant les victimes à bout afin de leur démontrer que leur révolte ne peut rien, ce qui transforme l’impuissance en humiliation." (relire le "Précis d'Humiliation" de Bernard Noël, disponible ici)

""Il existe désormais un désespoir programmé, qui est la forme nouvelle d’une violence oppressive ayant pour but de briser la volonté de résistance. Et de le faire en poussant les victimes à bout afin de leur démontrer que leur révolte ne peut rien, ce qui transforme l’impuissance en humiliation."

magnifique citation Naja. Merci.

Le désespoir et la peur. Deux accessoires indispensables à l'instauration du totalitarisme à l'échelle mondiale. La fédération des malheurs pour une aliénation générale et définitive. Ce n'est plus de l'ordre de la science-fiction ou du docu-drama. Et pendant ce temps-là, médialand (et non Médiapart) nous vend Strauss en cataplasmes, en ampoules, en pommade, en piqûres...à usage franchouillard.

Misère.

Que certains pensent encore que la France peut exister par elle-même comme une grande Suisse ou un grand Luxembourg, au mieux une grande City et que le mot démocratie pourrait encore avoir un sens dans un tel espace à la merci de tous les éternuements des grands de ce monde me laisse sans voix.

J'abonde dans ton sens, Serge.

Les frontières souverainistes encouragent celles du FN.

On peut défendre le principe de frontières avec des projets autres que "souverainistes". A moins de poursuivre le projet qui est celui de l'hypercapitalisme mafieux : la destruction des états pour un règne incontesté.

Le respect de la souveraineté populaire devrait s'exercer tant dans les contours des Etats-Nation que dans l'Europe.

La souveraineté populaire ne s'exerce ni dans l'un ni dans l'autre de ces cadres.

Les frontières n'existent plus que pour maintenir voire exacerber les sentiments nationaux des peuples ou rejeter les immigrés qui "ne plaisent pas".

Le capital s'en exonère depuis longtemps.

Décidément le naturel revient au galop !

Comparer l'état de la démocratie en France avec celle de l'Europe, faut le faire !

Ensuite, come je l'ai maintes et maintes écris, la démocratie française est perfectible mais son approfondissement est plus à la portée de nos concitoyens que l'ersatz de démocratie européenne.

Enfin, les frontières existent aussi pour protéger… notamment les services publics à la française, etc. nés, entre autres, du programme du Conseil national de la résistance.

Que de vérités simples et si élémentaires.

Misère du gauchisme, toujours Rire.

Vous trouvez que nous vivons, en France, dans un système démocratique ?

Tout s'éclaire !

Je ne comprends pas bien votre expression "misère du gauchisme" à propos de l'échange ci dessus. Est-il interdit d'évoquer le sujet ?

Non, aucun interdit : je veux signifier par là que le gauchisme est cette atttitude toujours prompte à la surenchère, quitte à passer par pertes et profits les acquis au nom d'un rêve prétendûment éclairé.

Il n'a pas pour soubassement de sa proposition ou de son slogan la réalité prosaïque telle qu'elle est, et donc ne parvient jamais à transformer cette réalité.

Un peu comme FO, qui ne participera pas demain à la grève générale, au motif qu'une seule journée de grève ne sert à rien !

Et si la réalité ne s'appréhendait pas diectement mais au moyens de concepts évolutifs? Quelle est cette "réalité prosaïque" qui compterait défendre l'Etat-nation comme donnée a-historique.

La "réalité prosaïque" est celle du bon sens qui ne pense pas. La réalité est à construire, donc à réinventer. Même Chevènement dans sa jeunesse (il y a si longtemps) en était d'accord.

Encore une fois, vous vous trompez : c'est précisément en vertu d'une donnée historique que l'Etat-nation ne peut guère être supprimé d'un trait de plume !

Quand à la réalité, où avez-vous lu que je propose de m'en tenir à cette seule réalité sans vouloir jamais la changer. C'est pour la changer qu'il est nécessaire de bien l'apprécier, de bien faire face à ses difficultés, et de redéployer en conséquence nos forces.

Comprenez-moi : de 1981 à 2004, 13 pays sur les 15 qui constituaient l'Europe, ont été dirigés par des forces de gauche à dominance social-démocrate, sans que jamais le gauche radicale parvienne à en influer le cours dominant… Le rapport de forces est-il aujourd'hui meilleur qu'hier ?

Il serait intéressant d'établir par le menu l'état des forces pays par pays, l'espèce de délitement qui s'y est opéré — le renouveau d'une gauche radicale dans la partie occidentale de l'Europe procédant plus d'un sursaut, voire de l'instinct de survie, que du développement majoritaire des idées de gauche.

Cette appréciation sur la rapport de force est d'importance, car il aura fallu, déjà, près de 20 ans pour faire admettre à la gauche radicale (du PCF au NPA, en passant par LO) qu'en dépit des fameuses "résistances", la montée de l'altermondialisme, et autres raisons d'espérer (sic)… nous étions tout de même entrés dans une véritable période de reflux.

Allons-nous consacrer autant de temps pour établir un diagnostic réaliste, cette fois-ci, sur l'Europe ?

Voilà pour la question de la réalité.

Je suis toujours étonné de voir nombre d'intellectuels s'abandonner eux aussi à des formes de bulles spéculatives.

Sur le reflux des socialistes et communistes et libertaires, tous courants confondus, LO n'est pas criticable puisque considérant les forces petites bourgeoises aux commandes de toutes les révolutions depuis Lénine et Trotsky. Pour le NPA que je connais mieux, les défaites vécues dans le passé récent furent décrites comme devant être dépassées lors du processus constituant de ce parti. Le "diagnostic" de reflux et de défaites fut fait. La divergence n'est point là.

"Supprimer l'Etat-nation d'un trait de plume": quelle force politique se réclame de ce programme, que ce soit à droite ou à gauche ou à l'extrême-gauche? Etes vous si "réaliste" de vous attaquer ainsi à des moulins à vents?

Je ne suis pas volontaire pour inventer un Valmy à défendre avec les souverainistes. Ce qui serait une proposition strictement réactionnaire.

Sinon, l'Etat-nation n'est pas mort: diagnostic partagé.

— Sur l'analyse de la période, je me souviens parfaitement de C. Aguiton expliquant que nous assistions, à travers les FSM, à "un mai-68 mondial rampant", ce que ne démentait pas D. Bensaïd lorsqu'il fut interpellé à ce propos…

J'estime que bien des dirigeants, chez les uns et les autres, ont un double cerveau, ne parvenant jamais à dire vraiment comment ils jugeaient la période. C'est pourquoi ce que retiennent les gens, c'est l'attente du fameux 3e tour social ! Formule qui correspond plutôt à l'idée d'une montée que d'un reflux.

Et lisez donc la prose des années 90, vous n'y verrez pas particulièrement un sentiment de recul. Dans ces milieux, on insiste toujours sur les "résistances". D'ici à ce que l'on craigne désespérer ou démotiver les militants…

Quand au rapport à l'Etat-nation, cela procède du même ordre : dire une chose et son contraire dans le même temps. Une ambiguïté évidente, comme des gens gênés aux entournures. D'ailleurs, vous-mêmes (Velveth et vous), si vous relisez notre dialogue, vous constaterez à quel point vous n'êtes pas à l'aise sur ces questions.

J'ajouterais à votre conclusion ceci : non seulement l'Etat-nation n'est pas mort, pire il agit. Voyez B. Obama cherchant à réduire l'influence de la Finance aux Etats-Unis et les efforts incroyables de celle-ci pour l'en empêcher.

Je n'ai pas relu les tracts des années 90, mais j'en ai quelque souvenir. Parler des "résistances" est bien le moins pour continuer à militer, en période difficile. Il y avait un caractère incantatoire parfois dans la description de ces luttes, je vous l'accorde.

Sur le "mai 68 mondial rampant", je n'en ai pas de souvenir que cette idée ait eu quelque importance; les livres de Bensaïd ne théorisaient pas une révolution en train de se faire, pour le moins. Mais ils disaient combien les raisons de se révolter non seulement persistaient mais étaient plus nombreuses. Sans inventer des luttes qui n'existaient pas.

Depuis le tournant libéral de 1983, les luttes du mouvement social sont effectivement, pour l'essentiel, des luttes de "résistance" face aux attaques des pouvoirs qui se sont succédés. Les reculs furent analysés dès les années 80 par la LCR et trouvent leur traduction dans son manifeste "A la gauche du possible" en 1992.

Que des tracts ponctuels n'aient pas repris ces analyses, c'est évident. Il faut n'avoir jamais milité ailleurs qu'au PS ou à l'UMP pour ne pas comprendre cela.

.

 

Quant aux questions liées à l'Etat-nation, je ne vois pas en quoi pascal b ou moi-même sommes mal à l'aise.

Je ne suis en rien un souverainiste portant des habits d'homme de gauche et l'ai dit clairement en expliquant le pourquoi - tous les billets de mon blog démontrent d'ailleurs combien je suis éloigné de cette ligne Maginot qui ouvre la voie au nationalisme...

@Balibar

Qui ne saurait applaudir des deux mains aux grandes lignes, à l'esquisse dessinée à grands traits et de ce que nous vivons et de ce que nous allons vivre.
A commencer par la mondialisation qui sous quelque forme qu'elle se présente est bien la mise en concurrence des système sociaux et des salaires...ce que vous appelez le passage du "capitalisme productif aux territoires nationaux". La concurrence n'étant plus alimentée par la fordisation de l'appareil deproduction ,par la capitalisation ( et sa baisse tendancielle), mais par les avantages des territoires où la production s 'éxécute. D'où la chasse "aux petits profits " ouvriers ( appelés avantages sociaux) .
Face à cette regression sociale irreversible les gouvernants n'ont que le choix de lutter c est a dire de convertir un ouvrier français en ouvrier chinois, c est grosso merdo ce que fait NS) soit, à l'intérieur de l Europe de dresser des barrières pour que cela ne se fasse pas. ( je reprends sla vieille idée de Todd vieille de 15 ans).

Mais ce gouvernement économique dont la France et l 'Europe tarde tant à se rallier n est pas uniquement le rapprochement des politiques fiscales . La politique neo-keynesienneque nous représentons va beaucoup plus loin puisqu'elle tend vers un accroissement de la capacité des états à se distancer des marchés pour se refinancer, a continuer à redefinir la BCE, voire a redefinir des taxes empreinte écologiques qui penaliseraient les produits en terme de kilomètres parcourrus, de dechets incorporés, etc...

Ce qui evidemment n 'est pas n 'appartient pas à des solutions tecchniques mais bien poltiques et volontaristes.

 

Serge Marq je comprends ce que vous voulez dire et je partage votre point de vue sur la souveraineté. Votre allusion à Marx me fait penser, du moins je le conçois ainsi, que la philosophie, aussi misérable soit-elle pour être impuissante à changer le monde, n'en demeure pas moins l'indispensable recours de notre temps de crise. Je ne crois pas qu'aucun changement profond et durable n'est jamais été possible sans qu'il soit précédé par une agitation intellectuelle propre à faire basculer un système. Prétendre que Marx n'est pas un philosophe est, il me semble, complètement faux et jamais critique aussi virulente du capitalisme n'aurait pu voir le jour sans la philosophie de 1844.

Ceci étant, je ne crois pas que nous soyons dans une société de type romaine, citoyenne et politique, propre a restaurer le Contrat social, ni même dans une société où les classes étant clairement identifiées, la lutte soit possible pour les abolir. Cet "ennemi invisible", le marché, est considéré à la fois comme un poison et un remède et selon les intérêts des dirigeants du moment parfois un poison ou parfois un remède. Les abstractions que ce marché manipule et auxquelles personne ne comprend rien n'a guère de frontières communes avec celle d'un Etat-nation ou plutôt son souvenir. Comment faire de la politique dans ces conditions ? C'est-à-dire comment créer un espace dans lequel il soit possible à chacun d'entre nous de peser sur le cours des choses ?

Ma formule peut être résumée simplement : "Qui peut le plus peut le moins."

Avant d'orienter les énergies vers la Terre promise, façon Europe fédérale, y compris mâtinée d'anticapitalisme, occupons-nous déjà de trouver du travail aux 5 millions de chômeurs, d'insérer les personnes handicapées, d'offrir des logements à ceux qui n'ont pas de toit, etc.

Prenons les mesures coercitives si elles s'imposent et n'attendons donc pas la constitution d'une Europe non libérale.

Autrement dit, que toutes ces bonnes âmes promptes à s'abandonner aux solutions magiques d'un ailleurs mettent en branle le même dispositif qu'elles préconisent pour l'Europe. Et vous verrez alors que les couches populaires y reconnaîtront les siens.

La politique reprendra ses droits. Et les peuples des autres pays y verront une source d'inspiration.

Le reste est de l'ordre du bavardage, c'est-à-dire de l'idéologie, dont raffole un certain petit milieu.

là où vous faites erreur c'est que le travail n'a pas grand chose à voir avec la politique. On peut même penser que le travail est le principal obstacle à la politique. Jamais les conditions matérielles de l'existence n'ont permis de faire de la politique car une économie dépend d'abord des modes d'organisation d'une société. Travailler, c'est d'abord pour subvenir à des besoins élémentaires pas pour légiférer. Vous sous-estimez le rôle de l'idéologie en la qualifiant de bavardage mais je ne pense pas que nous en ayons la même définition.

Je n'ai pas la science infuse.

Oui, il y une dichotomie entre travail et politique, c'est l'évidence. Et plus vos conditions de travail sont difficiles et votre rémunération mauvaise, moins vos préoccupations risquent d'être tournées sur un effort supplémentaire de cet ordre (légiférer comme vous dites).

Par idéologie, je signifie la construction très théorique en chambre, une espèce de bulles intellectuelles. Perry Andresson, il y a longtemps, avait mis en avant combien les travaux marxistes avaient changé sous l'emprise des universitaires, parlant de marxisme occidental au détriment des intellectuels organiques (révolutionnaires de l'action, syndicalistes, militants de masse, cadres politiques, etc.).

Cette transformation est un produit de la défaite politique de la gauche devant la crise. Et, bien sûr, est aussi un résultat de la désaffection à l'égard des partis, en particulier à la suite du stalinisme et de tout ce qu'il a charrié.

Mais j'admets volontiers me tromper sur bien des domaines. Je mène simplement une réflexion dont je fais part ici, à propos d'une texte de E. Balibar que je critique. Pas plus.

 

On peut se lamenter avec plus ou moins de lucidité, plus ou moins de pertinence sur la crise politico financière et proposer des solutions excellentes, le malheur c'est que les citoyens votent pour des hommes qui disent et font le contraire. Que faire dans ces conditions attendre que l'on touche le fond?'

La gauche s'est historiquement divisée sur la construction européenne, maudite par le camp communiste , Cgt incluse,par l'extrème gauche bien sûr, dénonçée comme le cheval de Troie des Etats Unis contre le bloc de l'Est. Cela explique la faiblesse originelle de la construction sociale.

On constate aujourd'hui la nécessité d'une puissance publique europénne, je reprends l'expression d'Etienne Balibar. Il s'agit donc d'une démarche de nature fédéraliste. le gouvernement économique c'est cela, un véritable gouvernement politique dont on n'ose toujours pas énoncer la vraie nature.

 

Est ce encore temps? Là est une question à laquelle je suis bien incapable de répondre. Le veut on? Cela c'est toujours possible. Mais ce qui est sur c'est que tout retour à l'Etat nation est calamiteux. C'est le protectionnisme. Et comme le disait si bien Jaurès, le protectionnisme, quelqu'en soit la forme c'est la guerre, et la guerre sous toutes ses formes. Et que toute volonté d'en rester à l'Etat nation conduit à l'impuissance. souvenons nous des attaques sur le franc des premiers mois du septennat de F. Mitterand.

 

Nous sommes au milieu du gué. Le pire endroit pour une rencontre.

Donc, pour résumer, si l'Europe est anti-sociale (et anti-démocratique, par ailleurs) c'est principalement la faute de la LCR !

Une sacrée mignardise (grâce affectée) !

Non , une bien trop lourde charge pou la LCR, pas née en 1957, et une formation politique somme toute réduite, non je parle du PC, au plus fort de sa force, les ulta libéraux, les nationalistes et les gaullo-souverainistes, bref tous les reliefs de la France de Papa, de la France bicéphale, des guerres coloniales etc..

Les agnostiques d'hier sont devenus les zélotes daujourd'hui. Un peu tard mais bienvenue quand même!

 

 

Il est vrai que cette "union des conservateurs et souverainistes" a été terrible.

Aussi terrible que les signatures du PS (et de ses alliés) au bas de tous les traités européens qui ordonnaient privatisations, déréglementations et dérégulations et y compris le recul de l'âge légal de la retraite !

Votre dénonciation du protectionnisme est une pure allégation.

Non seulement les pays occidentaux l'ont tous pratiqué pour devenir ce qu'ils sont. Non seulement les Etats-Unis le font aujourd'hui encore. Eux et beaucoup d'autres, sans qu'aucune guerre ne se déclare. Mais tous les fédéralistes un tant soient peu sérieux expliquent qu'il faudra vraisemblablement en passer par une forme intelligente de protectionnisme européen !

Quant à Jaurès, pouvez-me citer sa formule et votre source ?

Enfin, pour les attaques sur le Franc, sachez que les attaques sur toutes les monnaies existent encore, sinon à quoi serviraient les spéculateurs ?!

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