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La France... une Démocratie pluraliste ou une monarchie républicaine ?
Depuis des mois et des mois, on entend dans les médias cet argument asséné à tout bout de champ:un parti avec 3 députés... pour disqualifier le Mouvement Démocrate. Or, le parlement français ne représente pas du tout les courants politiques du pays, la constitution et son système électoral encourage la servilité des "petits partis" qui doivent se coucher devant l'un des deux grands pour avoir des chances d'avoir des députés ou sénateurs.
Voici les résultats du 1er tour des législatives, moment où l'on voit le poids politique réel des candidats et des partis:

C'est ainsi qu'un parti comme le PC ou le Nouveau Centre ont des sièges en nombre, alors qu'ils ne dépassent pas les 5%:
PC- 4,29% = 15 sièges - Nouveau Centre - 2,37 % = 23 sièges. On observe déjà une anomalie assez malsaine...
Par contre, un mouvement politique un mois à peine après sa création, le Mouvement Démocrate, avec des candidats qui n'avaient jamais fait de politique avant, totalement inconnus, obtient dès sa première participation 7,61% des suffrages... se positionne comme troisième force politique du pays dès son lancement... mais n'obtient que 3 sièges à cause des jeux d'alliances du second tour auquel il a refusé de se soumettre.
On est en droit de se poser des questions sur ce système politique aberrant, soutenu à bras le corps par les deux grands partis qui en profitent. Ceux-ci ont refusé de concert la modification de la Constitution il y a peu qui aurait permis de modifier ce système pernicieux, non respectueux du pluralisme.
Voici la structure actuelle de l'Assemblée Nationale française:

En fait, pour être élus, les députés doivent faire allégeance soit à l'UMP - comme le Nouveau Centre ou les Divers droite ou le MPF - soit au PS, comme les Verts, les RDG, les Divers gauches et le PCF. Sinon, pas d'élus.
Il n'y a que le Mouvement Démocrate qui a présenté des candidats sans faire allégeance et s'est trouvé confronté aux deux grands partis qui ont tout bien verrouillé pour garder le pouvoir.
Les citoyens n'ont plus que le choix de "l'alternance"... Qui n'en est pas une, car les uns détiennent le pouvoir local, les autres le pouvoir national. La seule solution pour changer étant de reprendre les autres, ad libitum...
Dans le pays où je vis, tout parti ayant dépassé la barre des 5% - ce qui évite un morcellement à l'italienne et est représentatif d'une certaine force politique - a droit à siéger de plein droit au parlement.
Et soucieux de la cohérence à donner à la politique sur le long terme, ils se retrouvent sur des sujets importants et divergent sur d'autres, c'est le jeu du débat démocratique. Comme le disait d'ailleurs Cohn-Bendit au parlement européen qui lui ressemble dans sa structure et son système: http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafJznc.html
Le Monde a d'ailleurs fait une simulation lors des dernières législatives, la voici:

Le Monde dit que ce système est "compliqué". Il est pourtant très simple, logique et respectueux des courants politiques du pays, ce qui ne donne pas aux citoyens le sentiments de devoir se vendre ou s'applatir devant un autre et faire des compromissions pour être élus.
Il est grand temps de s'engager pour une nouvelle constitution, celle qui a été imposée à grands coups de marchandages - un poste ici, un autre là - est lamentable et peu démocratique.
Comme on le voit, les choses seraient très claires, il y aurait à l'Assemblée Nationale l'UMP, le PS et le Mouvement Démocrate avec 61 députés. Ce qui représenterait exactement les forces en présence ayant plus de 5% des suffrages au niveau national.
Je prétends donc que la France n'est pas une vraie démocratie, que ce système est maintenu en l'état pas les deux grands partis qui en profitent et utilisent l'argument totalement faux du désordre de la IVème République qui était plutôt ce que l'on connaît en Italie.
Sans AUCUN rapport avec le système ci-dessus, totalement stable et démocratique. Chaque mouvement politique se présentant seul devant les citoyens électeurs. C'est le peuple qui décide qui va à l'Assemblée et non pas les partis, comme c'est le cas en France, par toutes les allégeances et magouilles...
Voici le Bundestag élu selon ce système:

On y voit beaucoup plus de stabilité et de pluralisme. Cinq mouvements politiques ont dépassé la barre des 5%.
Les citoyens sont habitués à la démocratie dès la maternelle où ils en font l'apprentissage pratique jusqu'au bac.
Au collège et au lycée, ils ont des cours de sociologie et de politique.
Ils adorent faire des "panachages" lors des élections, pour éviter qu'un parti n'ait trop de pouvoir.Voici le système de vote et le bulletin utilisé pour les législatives:

Chaque électeur met 2 croix, l'une sur le côté du candidat local, en fonction de ce qu'il connaît de lui, s'il l'apprécie ou non, l'autre pour le parti de son choix.(J'ai toujours mal au coeur quand je vois les tonnes de papier jetées en France pour les élections, tous ces "bulletins de vote" dans les corbeilles, jetés pour rien... ici un seul bulletin par citoyen)
C'est là qu'intervient le "panachage". L'électeur peut voter pour un candidat d'un parti qui n'est pas forcément de son bord, s'il fait un bon travail et vote aussi pour son parti. C'est ce qui est impensable en France où les gens ont été dressés à penser en clan, où on ne vote jamais pour quelqu'un qui n'est "pas de son clan" même s'il fait un excellent travail.
Lors du dépouillement, le candidat local qui a recueilli le plus de voix est élu. A la fin du scrutin, on fait les comptes des pourcentages obtenus par les partis qui envoient un nombre de députés supplémentaires pour corriger la différence. Je trouve ce système très équilibré et respectueux des suffrages des citoyens. Pas de marchandages, pas d'allégeance. Chacun est face à ses électeurs.
Chaque parti donne ses volontés ou non de coalitions avec les autres. Et un contrat de gouvernement précis est négocié et conclu par les partis qui acceptent de travailler ensemble.
Dans cette constellation, les sociaux-démocrates (rouge) souhaitaient s'associer aux Verts, mais ils n'avaient pas de majorité ensemble.
Les "jaunes", FDP, libéraux, avaient affirmé qu'ils ne s'allieraient qu'avec les Chrétiens-Démocrates (noir), ni avec les rouges, ni avec les Verts.
Les Verts refusaient une alliance avec les Chrétiens-Démocrates (noir) (ce qu'ils ont fait au niveau local à Hambourg, toute la république observe cette expérience qui marche très bien sur la base du contrat de gouvernement précis.)
Pas question pour les partis démocratiques d'alliance avec Die Linke, parti issu du parti SED ayant exercé la dictature en Allemagne de l'Est et prônant encore aujourd'hui des méthodes non démocratiques.
Il ne restait plus que la grande coalition pour poursuivre les réformes, c'était ce que le pays souhaitait avant les élections dans tous les sondages d'opinion. C'est ainsi qu'Angela Merkel est devenue Chancelière, élue par cette assemblée devant laquelle son gouvernement est responsable.
Enfin voici le parlement européen où l'on voit aussi le pluralisme démocratique, élu d'après un système électoral à la proportionnelle, semblable à celui qui existe preque partout en Europe - hors de France:

Le mode de scrutin est à la libre appréciation de chaque État membre. Cependant, il est soumis à trois règles :
- le système doit, au niveau de chaque État membre, être sous la forme de la représentation proportionnelle.
- la zone électorale de chaque État membre peut être subdivisée si elle n’affecte pas la nature proportionnelle du système.
- le seuil, au niveau national, en dessous duquel les votes ne donnent pas de députés ne doit pas excéder 5 %.
Le nombre de sièges alloués à chaque État membre est fondé sur le principe de la proportionnelle dégressive.
Il n'y a qu'en France que l'on voit un système électoral aussi injuste.
Il est temps de penser à le modifier... pour sortir de cette "monarchie élective"...


Tous les commentaires
. @ Etoile66 . Effectivement, le présent billet complète bien cet autre : . http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/171208/le-cumul-des-mandats-ronge-la-vie-politique-francaise-appel-a-mediapart . Mais personnellement, je ne me soucie pas tellement de savoir si le Parlement français correspond ou non aux forces politiques existantes. Il est sûr que non. A partir de là, si l'on veut approfondir, on entre dans la querelle des modes de scrutin: proportionnel ou majoritaire, etc... . On risque d'oublier une réalité bien scandaleuse : c'est que la représentation politique nationale ne correspond en rien à la réalité socio-professionnelle du pays. Autrement dit que les "représentants du peuple" ne représentent pas la réalité du peuple. Corrolaire de ce scandale : une fois élu, le député ou le sénateur ne retournera plus à son ancien métier : il est devenu politicien professionnel. . On croit pourvoir un poste pour un mandat de cinq ans. En réalité, par le jeu du cumul des mandats et des stratégies correspondantes, on fait entrer un homme dans le métier politique pour quarante ans et plus. . Mais cela ne choque personne, parce que l'opinion publique est formatée. . jpylg
Magnifique démonstration !
. Il y a un problème, péné ? . jpylg
Oui, le refus français d'une meilleure représentativité des sensibilités, à travers une meilleure proportionnelle, et je trouve que le travail qu'a fait Etoile est convaincant. A part ça, je suis toujours Royaliste.
. Moi ce qui me choque, mais ne me surprend pas, c'est le refus de la caste politicienne, toutes sensibilités confondues, de rendre au peuple la fonction de représentant du peuple. . Je suis toujours abstentionniste. . jpylg
Pardon de fissurer ce début de belle unanimité, mais je ne partage absolument pas les vues idylliques présentées à propos de l'Allemagne, et les vues catastrophistes de la situation française. Je ne nie pas que le système français doit évoluer. Mais la dithyrambe élevée à la proportionnelle allemande me paraît hors proportion et guidée par un point de vue tronqué : le besoin partisan de dégager un espace à Bayrou. Pardon de le dire aussi crûment. Du reste, vous ne vous en cachez pas, c'est tout à votre honneur. Le système belge est proche du système allemand, et il a généré un complet pourrissement des mœurs politiques. Je trouve, moi, qu'un système d'élection où les alliances se font après le vote et non avant est un système de dupe où l'électeur est systématiquement baisé : il donne son vote à un parti qui sait d'avance qu'il n'aura pas à tenir un certain nombre d'engagements puisqu'il s'associera à un autre parti qui est contre ces engagements. Au total : plus petit dénominateur commun a posteriori. Certains points de programme ne sont là que comme aspirateur à électeur, en sachant pertinemment que l'on sera dans l'impossibilité d'appliquer. L'accord de gouvernement reportera la responsabilité de l'abandon dudit point sur l'autre parti. Pratique. Et honteux. L'électeur restera toujours dans l'incertitude sur la question de savoir pour quoi il vote. Le système français a au moins le privilège d'une netteté plus grande. Personne ne peut objectivement être étonné de ce qui se passe ici depuis un an et demi. Les annonces, pour biaisée qu'elles aient été, étaient pourtant nettement orientée, en donnant un majorité à l'Empireur tout le monde savait. Les "grandes formations" sont des regroupements de courants et de mouvements qui décident (ou pas, mais alors à leur dépens comme l'histoire récente nous le montre, de Jospin et la Gauche Plurielle à Ségolène Royale et Martine Aubry...) de s'entendre en amont afin de défendre un corpus d'idées. Les parti "minoritaires" existent donc au sein de ces structures, et leurs idées défendues et imposées dans les lignes quand des Politiques valables savent les défendre. On peut regretter la pauvreté de programme, ou la minceur d'idées nouvelles, liées souvent à ces dénominateurs communs trop difficiles à atteindre en amont pour des questions d'égo souvent, de stratégie politique aussi, mais ce n'est pas une raison, à mon avis, pour souhaiter que les alliances se fassent après coup : une fois que l'on sait exactement ce que l'on pèse... mais qu'on est obligé de tailler à gauche et à droite en oubliant que ceux qui nous soutiennent ne s'identifient en général pas à l'ensemble du programme, mais choisissent un "pis-aller", se contentent d'un compromis... Mais pas celui qui sera réalisé quelques semaines plus tard. Moi, je préfère avoir la teneur du compromis avant de voter et non après ! On peut également regretter la personnalisation des idées derrière des porte-manteaux politiques... Ça, c'est très fort en France. Mais du côté Bayrouiste autant que dans les autres formations. Trente ans de Belgique et douze ans de France me permettent de comparer.
@ Dominique: Ce que vous écrivez montre que vous ne connaissez pas le système allemand. Je trouve, moi, qu'un système d'élection où les alliances se font après le vote et non avant est un système de dupe où l'électeur est systématiquement baisé : C'est FAUX. Car en Allemagne, tous les électeurs savent AVANT le vote quelle alliance les partis feront. Avant la dernière élection, tout ce que j'ai cité plus haut était connu AVANT l'élection. C'est donc pour cela que les partis étaient liés par leur promesse électorale et qu'il n'y a pas eu de majorité possible Verts+jaune+rouge, car les jaunes (FDP) l'avaient exclu AVANT les élections. S'ils ne l'avaient pas fait, la majorité aurait été totalement différente. C'est d'ailleurs ce qui a "tué" Ypsilanti (SPD) en Hesse. Elle avait promis à tout crin que le SPD ne s'allierait pas avec Die Linke pour former un gouvernement, si elle était en position de pouvoir le faire. Et après les élections, elle s'est proposée aux votes avec le soutien de ce parti d'extrême-gauche, rejeton de l'ancien SED qui a maintenu la dictature du "socialisme réellement existant" en Allemagne de l'Est pendant plus de 40 ans. Et là, les gens ne l'ont pas accepté. Ils n'ont pas accepté que l'on se fasse élire avec une promesse de coalition et fasse le contraire après. Et elle n'a pas été élue, car la base a refusé cette manipulation. Voilà, c'est tout simple et clair.
Et encore ceci : Il ne restait plus que la grande coalition pour poursuivre les réformes, c'était ce que le pays souhaitait avant les élections dans tous les sondages d'opinion. Mais alors, pourquoi voter ? Puisque le sondage l'avait déjà dit... Et que c'est ce que le pays souhaitait... Cessons de voter. Sondons. En France, les votes ne correspondent pas aux sondages ? C'est donc la preuve que le système électoral est pourri. Soyons sérieux.
On voit bien que vous ne connaissez pas le pays!!! Excusez-moi, j'y vis depuis 1973 - avec une "pause" de 2 ans à Paris en 2000-2002 - et peux vous affirmer que ce que vous écrivez est faux. D'ailleurs, il n'existe pas en Allemagne tous ces "instituts de sondages" comme en France, et la règlementation est tout autre. Ils sont plus "scientifiques" que ce qui est accepté en France. Et les médias sont aussi tout autrement structurés de sorte que les manipulations que l'on y voit en France sont bien moindres. Pour la presse, voir sur le fil: http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/091208/long-article-du-spiegel-mort-lente-de-la-democratie-en-france ma réponse http://www.mediapart.fr/comment/reply/29387/79686 et surtout http://www.mediapart.fr/comment/reply/29387/79743 dont voici un extrait: L'implication active des journalistes dans la politique gouvernementale - contrairement à d'autres pays - a été soigneusement évitée depuis la fondation de la République fédérale, car on avait trop bien en mémoire le danger d'une instrumentalisation de la presse comme organe de propagande sous le IIIème Reich. Depuis sa fondation, l'Allemagne est le seul pays dont l'organisation suprême des journalistes, la Bundespressekonferenz, http://de.wikipedia.org/wiki/Bundespressekonferenz invite le porte-parole du gouvernement pour une conférence de presse. Un "embedded journalism" comme aux USA pendant la guerre d'Irak, serait impensable en Allemagne.. la suite sur le fil... En complément, la structure qui régit l'audiovisuel public: http://de.wikipedia.org/wiki/%C3%96ffentlich-rechtlicher_Rundfunk#Organisationsstruktur qui n'est malheureusement pas disponible en français. La structure qui permet une prise en compte de toute la société et non du pouvoir en place est la suivante: Organisationsstruktur Die Steuerungsorgane des öffentlich-rechtlichen Rundfunks bestehen aus dem Rundfunkrat und dem von ihm gewählten Intendanten und Verwaltungsrat. Die Aufgabe des Rundfunkrates besteht in der Überwachung der pluralen Programmgestaltung. Der Verwaltungsrat kontrolliert die wirtschaftliche Tätigkeit der Rundfunkanstalt und die Geschäftsführung des Intendanten. Dieser ist wiederum für die Programmgestaltung und die generelle Geschäftsführung verantwortlich. Er repräsentiert den Sender nach außen hin. In den Aufsichtsgremien sitzen Vertreter der in den Landesrundfunkgesetzen der Länder festgelegten gesellschaftlich relevanten Gruppen wie politische Parteien, Gewerkschaften, Sozialverbände, Kirchen usw., wobei die politischen Parteien meist nicht mehr als 30% der Sitze stellen. Das öffentlich-rechtliche Fernsehen hat den so genannten öffentlich-rechtlichen Auftrag zu erfüllen, der in dem jeweiligen Landesrundfunkgesetz verankert ist. Danach müssen die Programme den Zuschauern umfassend und ausgewogen Information, Bildung, Kultur und Unterhaltung anbieten. Dabei sind auch bestimmte journalistische und ethische Prinzipien einzuhalten. Les organes qui dirigent l'audiovisuel public sont le Rundfunkrat (Conseil de l'Audiovisuel), "les intendants" qu'il élit et le conseil d'administration. La mission du Conseil de l'Audiovisuel est de contrôler le pluralisme dans les programmes. Le Conseil d'administration contrôle l'activité économique des chaînes et la gestion des "intendants". Ceux-ci sont responsables de l'organisation des programmes et de la gestion générale. Ils représentent les chaînes à l'extérieur. Dans les conseils de surveillance siègent des représentants des groupes socio-professionnels fixés par la législation de l'audiovisuel des Länder (régions) tels les partis politiques, les syndicats, les associations sociales, les églises, etc... Les partis politiques ne peuvent dépasser 30% des sièges. L'audiovisuel public doit remplir une mission de droit public, ancrée dans la législation de l'audiovisuel des Régions pour offrir dans les programmes une information équilibrée et importante ainsi que la culture, les arts et le divertissement. Certains principes journalistiques et éthiques doivent être respectés. On est très loin du CSA dont le président est nommé par le Chef de l'Etat ainsi que le président de l'ensemble de l'audiovisuel français. Ce serait impossible en Allemagne !
Plus que d'accord avec vous Étoile sur la nécessite de reformer l'AN. Les français se désintéressent de plus en plus aux élections, si on ne croit le taux d'abstention qui ne cesse de croitre, sauf à la dernière présidentielle. Il m'est avis qu'il faut rendre aux électeurs le sentiment que leur vote sert à quelque chose. En France, si vous habitez une circonscription dans laquelle un parti l'emporte systématiquement au premier tour avec une belle majorité, il vous faut une grande motivation pour aller voter si vous ne le soutenez pas. Le résultat est bien souvent connu d'avance en fonction du découpage électoral. La simulation du Monde, bien qu'intéressante, est biaisée car un changement des règles du jeu, changerait aussi les comportements dans l'isoloir. De fait, cela supprimerai la notion de vote utile, qui est l'une des plaies de notre démocratie. «A la fin du scrutin, on fait les comptes des pourcentages obtenus par les partis qui envoient un nombre de députés supplémentaires pour corriger la différence». Cela me parait beaucoup plus facile avec cette règle d'identifier les partis qui souhaitent respecter la parité et la diversité.
Bien, j'acte que l'argument d'autorité tient lieu de dialogue. Dans ce cadre inutile de rien tenter de dire : je ne connais rien. Cependant, quand même, avant de quitter ces lieux : Je ne vous parle pas de l'Allemagne, mais de la Belgique où opère un système comparable. Et ce système génère en Belgique des effets ultra-pervers. Liés aux gens qui le pratiquent peut-être. Plus qu'au système. Ça demande à être questionné : est-ce le système français qui est problématique, le personnel politique, les deux ? Franchement les positions excessives ne me semblent pas justes. Les mentalités autant professionnelles, que personnelles et bien sûr politique de la France, de la Belgique et de l'Allemagne ont leur autonomie et différence... Ce qui marche à un endroit ne fonctionne pas chez d'autres. Il faut alors tout changer : le "peuple " y compris... L'exemple de la Belgique vaut réflexion. A votre avis non. Et l'Allemagne est parfaite. Bon. Ne pas en discuter. Bien. Puis-je vous faire remarquer que c'est vous-même qui écrivez "Chaque parti donne ses volontés ou non de coalitions avec les autres. Et un contrat de gouvernement précis est négocié et conclu par les partis qui acceptent de travailler ensemble." Dans un passage qui se situe après l'élection et ne laisse pas entendre qu'il y ait un second tour... Je ne connais pas l'Allemagne ? Je connais la Belgique, qui a un scrutin proportionnel approchant, à un seul tour. Ce dont je parle. Les alliances s'y font après l'élection. Je ne connais pas de scrutin proportionnel à deux tours. Alors qui perd quand ? Aux élections suivantes ? Que voulez-vous qu'on vous dise de plus ? Que la France doit absolument adopter la Constitution allemande ? Non seulement vos arguments ne sont pas emballants. Mais vous ne semblez pas voir que la façon dont vous les assénez ne donne pas envie de partir à votre suite et à celle de Bayrou pour un franc et sympa dialogue dans l'avenir. Désolé d'être intervenu. Mais, si vous voulez continuer à assèner que les autres n'y connaissent rien, vérifier que la pédagogie de vos interventions est parfaitement claire !
Il y aurait beaucoup à répondre à vos affirmations et questions. Car beaucoup de choses sont mélangées. Cela semble un dialogue de sourds, je vous parlais du système allemand, vous me parlez de la Belgique !!! Je ne connais pas la Belgique et ne m'aventurerais pas dans une comparaison. Je n'ai actuellement pas le temps de vous répondre, ce sera pour plus tard.
kairos Mais cet arrangement entre partis pour constituer une majorité selon les résultats électoraux est-il lui-même démocratique (car ce sont bien les directions des partis qui l'élaborent, sans que les électeurs eux-mêmes en valident les termes, donc en vertu d'un principe de délégation qui n'échappe pas au travers du genre)? N'est-ce pas alors ce "fameux régime des partis", qui correspond peut-être au "génie" politique allemand, mais a connu en France la destinée que nous savons (n'oublions pas qu'en mai 58 l'impuissance de ce régime faisait planer le risque d'un putsch militaire, rien de moins!). Lorsque François Mitterrand en est revenu au système proportionnel, outre la droite (dont, à l'époque, François Bayrou) qui a protesté, Michel Rocard a démissionné du gouvernement! Et le rétablissement du scrutin majoritaire par Jacque Chirac et la nouvelle majorité (dont, à l'époque, François Bayrou) semble ne pas avoir soulevé de contestation populaire... Tout mode de délégation n'a-t-il pas ses imperfections démocratiques, l'essentiel étant que le peuple se sente représenté... et, de ce point de vue, peut-être avez-vous raison: le système actuel a-t-il encore totalement l'adhésion du corps électoral? C'est ce dont il faudrait mieux s'assurer...
Chère Etoile 66, Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant la proportionnelle et effectivement le scrutin allemand me semble plus juste. Celui que nous avons en France est particulièrement injuste. Avant de lire les commentaires ce qui me gênait c’est que les alliances puissent se nouer après le vote mais vous avez dit que c’était faux. Et cela m’a quelque peu rassuré. Vous êtes sûre ? :-)) Votre développement est très bon mais j’attire votre attention sur le fait qu’appliqué en France suivant votre exemple il consisterait à écarter près d’un tiers de l’électorat (28% représentés par des partis faisant moins de 5%) de la représentation nationale. Ce qui, pardonnez-moi, n’est pas négligeable. C’est énorme. J’estime que ces partis ont aussi vocation à être représentés même s’ils constituent un émiettement à l’italienne et un risque d’instabilité parlementaire. Néanmoins on peut très bien, pour éviter cela, envisager le recours à une motion de défiance constructive. Celle-ci, si elle met en cause l’exécutif doit prévoir la liste des candidats pour remplacer ledit exécutif. C’est ce qui se passe en Corse. En clair, il ne suffit pas pour une majorité de renverser ledit exécutif mais encore lui faut-il s’entendre préalablement sur un nouvel exécutif faute de quoi la motion de défiance ne peut prévaloir. D’autre part par votre exemple choisi, il ne vous a pas échappé que l’UMP avec 40% des suffrages se retrouverait avec 55% des sièges (majorité absolue) et forcément puisque vous ne tenez pas compte d’un tiers de l’électorat et qu’il faut bien répartir autrement. Par ailleurs votre exemple révèlerait que seules trois formations politiques seraient représentées au lieu de 2 « grosses » ( on en gagne une) à l’heure actuelle ce qui, convenons-le, ne me semble pas de nature à représenter les diverses sensibilités politiques en tant que partis. N’oublions pas non plus (chaque médaille a son revers) que la proportionnelle coupe le contact élu/électeur car ce sont les partis sur scrutin de listes qui choisissent les noms ( France-1986) mais peut-être avez-vous de bonnes idées sur la question. Mais, sur le fond et donc dans l’esprit de votre billet, je vous rejoins totalement. Cordialement.
Cher Lézard, Juste une réponse rapide car je dois partir. Vous écrivez: "j’attire votre attention sur le fait qu’appliqué en France suivant votre exemple il consisterait à écarter près d’un tiers de l’électorat (28% représentés par des partis faisant moins de 5%) de la représentation nationale. Ce qui, pardonnez-moi, n’est pas négligeable. C’est énorme." S'il y a tant de "petits" partis en France, c'est à cause de la législation qui incite tout groupement à se présenter aux élections ce qui assure sa survie financière. Le tout est payé par le contribuable et c'est selon moi une dérive. S'il y avait une réglementation correcte, il y aurait des partis solides avec une assise populaire conséquente qui intégrerait ce qui se manifeste en France sous forme de parti, comme les chasseurs, Coluche, etc... le tout payé par le contribuable de façon assez conséquente. Vous dites qu'il n'y aurait que 3 formations à l'Assemblée, mais c'est du fait de l'apparition de ces mini-groupements qui attirent des électeurs mais n'ont en réalité aucun vrai programme de gestion de la vie publique. Vous voyez bien que tant en Allemagne qu'en Europe, il y a un éventail plus large. Cordialement
Chère Etoile 66, Je pense contrairement à vous que si il y a des " petits partis" c'est parce qu'il y a des sensibilités légitimes que ne sentent justement pas représentées par l'UMP et le PS qui bipolarisent la vie politique française et auxquels comme vous dites il faut faire allégeance électoralement parlant. Je crois que F. Bayrou serait d'accord avec moi. :-)) Il leur faut justement faire 5 % pour ces "petits" pour recevoir les fonds du contribuable. Mais où est le problème car c'est justement le seuil que vous fixez à leur représentation ? Tant qu'ils n'ont pas atteints ce seuil le côut pour le contribuable est zéro en terme de subventions. / "Vous dites qu'il n'y aurait que 3 formations à l'Assemblée, mais c'est du fait de l'apparition de ces mini-groupements". Non , pour le coup ce serait votre exemple choisi qui justement ne tiendrait pas compte de ces groupements si l'on retient les 5% nécessaires selon vous. / "...ces mini-groupements qui attirent des électeurs mais n'ont en réalité aucun vrai programme de gestion de la vie publique." Votre subjectivité l'emporte. Le PCF est à 4% et les Verts à un peu moins et ils ont, à mon avis, un vrai programme de gestion de la vie publique avec lequel, certes, on peut être d'accord ou pas mais là n'est pas le problème. Comme F. Bayrou ils ont participé à un vrai programme de gestion publique au gouvernement de la France. Cordialement.
Cher Lézard, Vous écrivez: "Il leur faut justement faire 5 % pour ces "petits" pour recevoir les fonds du contribuable. Mais où est le problème car c'est justement le seuil que vous fixez à leur représentation ? Tant qu'ils n'ont pas atteints ce seuil le côut pour le contribuable est zéro en terme de subventions." C'est ce que pense la majorité des Français, mais ce n'est pas exact et l'Education Nationale se garde bien d'enseigner ces détails, car le peuple se poserait de vraies questions. Depuis 2003, l'argent public est octroyé aux partis dont les candidats auront obtenu chacun au moins 1 % des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions. Le financement public est en 2 fractions : * première fraction : proportionnelle au nombre de voix obtenues au premier tour des dernières élections législatives. Condition : présenter des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions * seconde fraction : proportionnelle au nombre de parlementaires. Condition : être bénéficiaire de la première fraction C'est donc un moyen pour tout groupuscule souhaitant se financer de présenter des candidats dans au moins 50 circonscriptions sur 577. En espérant qu'au moins 1% des inscrits voteront pour eux, ils bénéficient de la 1ère fraction. Ainsi ils empochent le financement public qui leur permet de poursuivre leurs activités sur le dos du contribuable, car ils n'ont en fait aucun autre objectif. Et cet argent est assez important, il est de l'ordre de environ 1,63 € par voix (ça vaut déjà le coup, financement assuré pendant 5 ans... pour la LCR et autres par exemple...) et près de 44 400 € par élu - si je me souviens bien - pendant toute la législature, soit 5 ans. http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/participation/parti-politique/comment-partis-sont-ils-finances.html Le "Nouveau Centre" - parti créé de toutes pièces dans l'urgence sous l'impulsion du président de la République actuel par les anciens UDF ayant rallié l'UMP - n'a pas réussi à présenter des candidats dans au moins 50 circonscriptions, malgré la "nomination" comme candidats de membres de la famille d'Hervé Morin et même de son chauffeur, me semble-t-il me souvenir. . Tiens, je viens de retrouver l'info sur France3: http://www.dailymotion.com/video/x22edd_leroymorin-bidouillages Ce seuil n'a finalement pas été atteint. L'UMP a bien essayé de faire passer une loi leur permettant le financement public, mais certains députés dont Bayrou se sont violemment opposé à cette "lex Morin" et le projet a échoué devant la gronde des députés. Voir: http://www.dailymotion.com/video/x3ai8t_bayrou-modem-financement-du-nouveau_politics Le Nouveau Centre pour se financer a donc eu recours à un stratagème que peu de Français ont appris: ils ont fait une alliance électorale - après coup - avec le parti Fetia Api, petit parti polynésien. La construction est osée et assez cocasse, c'est le contribuable français qui paie, la vache à lait docile... Ils ont trouvé une petite faille dans le système: http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20071117.FAP9715/le_nouveau_centre_obtient_un_financement_public_de_900..html " les textes du financement public des partis politiques permettent aux formations d'outre-mer de recevoir une aide dès qu'elles ont présenté un candidat aux législatives. En métropole, des candidats dans 50 circonscriptions sont requis au minimum pour qu'un parti bénéficie ensuite des 45.000 euros annuels durant la mandature pour chaque député élu. Le Fetia Api n'a récolté qu'un peu plus de 1.000 voix au total dans les deux circonscriptions polynésiennes (1,11% des suffrages exprimés) en juin dernier. Mais selon Philip Schyle, il suffit que les 21 députés du Nouveau Centre "signalent leur rattachement au Fetia Api auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques" pour que plus de 900.000 euros tombent annuellement dans les caisses de son parti à Tahiti. Une somme qui sera aussitôt reversée au Nouveau Centre en vertu de la convention signée mercredi à Papeete par Philip Schyle, moins les 30.000 euros annuels conservés par le Fetia Api, selon les termes de l'accord." Petit clin d'oeil: c'est à cette époque que des jeunes ont lancé le site humoristique Leroy-Morin C'est ainsi que le contribuable français paie 900.000 € par an pendant 5 ans pour soutenir un parti créé de toutes pièces par la volonté du président actuel pour contrecarrer F. Bayrou... et pour permettre à l'UMP de maintenir ses positions. Il en est de même avec tous les partis soutenus à bras le corps tant par l'UMP - comme "la gauche moderne" de Bockel, le parti de Jean-Louis Borloo et maintenant Bernard Tapie qui va reprendre du service en politique (voir l'interview qu'il a donnée à Marianne il y a un mois) - que par le PS - comme le PRG par exemple. Il est triste et scandaleux que l'Education citoyenne ne soit pas du tout faite en France dès la maternelle, que les Français en devenir n'apprennent pas comment ceux qui les dirigent les manipulent et les plument à longueur d'année... et parlent "d'aller chercher le pouvoir d'achat avec les dents"... S'ils étaient vraiment informés, ils se révolteraient. C'est ainsi qu'on fait croire aux Français ignorants de tout ceci, que c'est un acte démocratique que de soutenir ces petits partis comme celui des chasseurs, comme M. Schivardi ou tous les partis qui se font financer par l'argent public et n'ont aucune ambition ni envie de gouverner ni les communes, ni les régions, ni l'Etat. Ceci fait vivre des personnes aux frais des contribuables qui eux doivent vraiment bosser pour vivre... Donc, je trouve que la barre des 5% est salutaire, car elle invite à un engagement sérieux et pour l'atteindre, il faut avoir un projet de société, un programme clair et crédible au national. Cela entraîne l'engagement politique de qualité. Car il faut travailler pour arriver à 5%. La preuve, la majorité des petits partis français n'y arrivent pas, non pas parce que les gros les écrasent, mais parce que l'engagement et la qualité des projets de société n'est pas à la hauteur des enjeux. Il ne s'agit que de ramasser l'argent public facile... Les militants sont certes honnêtes, mais pas ceux qui cachent ces motivations qui sont réelles. Enfin vous parlez du PCF et des Verts. Je vous répondrais que les Verts - en France comme en Allemagne - ne sont pas un parti à vocation de gérer l'ensemble des responsabilités d'un pays, ils sont un parti écologique, mais la vie n'est pas que l'écologie. Ils ont donc vocation à disparaître ou à s'engager au sein d'un parti présentant tous les aspects de la vie socio-économique d'un pays. Une grande partie des Verts se trouvent d'ailleurs au sein du MoDem, comme son ancien porte-parole Jean-Luc Bennahmias ou plus récemment Yann Werling, personnages plus connus, mais il y en a une grande partie et ils sont intégrés dans les organes dirigeantes du Mouvement. De même Corinne Lepage, écologiste engagée et très compétente, est aussi à la direction du mouvement et veille à ce que toutes les propositions pour la rédaction du projet de société intègre la composante écologique. Dans chaque commission, il y a un délégué "développement durable". Je ne sais pas ce qui en est au PS ou à l'UMP... on en entend peu parler. Quant au PCF, il en est comme des moulins à vent, il a été un mouvement d'espoir pour le monde, il a montré ses limites et son temps est passé, comme l'a été celui des moulins à vent après l'arrivée de la vapeur - pour citer A. Daudet dans "Le secret de Maître Cornille" (conte que j'adore). Ils ont certes fait leur travail, mais ils ne sont plus en phase avec l'évolution du monde... Car le communisme a montré ses frasques, là où il a été réellement appliqué. Tout le reste n'est qu'utopie ou rêveries... eb se cachant les réalités historiques vérifiables partout où il a été à l'oeuvre. Car on ne peut faire le bonheur des peuples contre eux, par le dirigisme, la dictature, même si les intentions d'origine sont louables. Les peuples doivent se décider en toute liberté. Ayant vécu non loin du Mur, j'ai pu voir l'état du pays du "socialisme réellement existant"... à ne souhaiter à aucun pays, même à celui que l'on n'aime pas. Le tout sous un discours humaniste, des slogans pleins de bonté et de valeurs... L'Ecole française n'enseigne pas la citoyenneté dès la maternelle. Elle dispense de "l'instruction civique" - savoir intellectuel sur les institutions et non pratique sur les questions brûlantes - à partir du collège en évitant bien entendu les sujets qui fâchent comme celui-ci, le financement et autres réalités de ce qui est appelé l'ETAT. Etat auquel les gens confèrent une certaine "aura", entretenue par ceux qui le dirigent pour que surtout RIEN ne change... de droite comme de gauche, car ils sont les deux pendants du système. Ainsi les Français réclament une "aide de l'Etat", appellent l'Etat quand ils ont des problèmes, et celui-ci leur fait croire qu'il va les résoudre. Pendant ce temps, quelques grandes familles, environ 160.000 personnes, politiques, financiers, grands chefs d'entreprises, dirigent un pays rendu docile de 64 millions d'habitants... Pourquoi voulez-vous que cela change ? Avec 85% de cumul des mandats - 10% en Allemagne - la caste s'autogère sans aucun problème. Et le pays paie... Nous sommes donc bien en monarchie malgré les noms utilisés.
Chère Etoile 66, Merci de votre réponse et de vos arguments raisonnés même si je ne peux les partager dans l'ensemble. Vous avez raison, bien sûr, concernant la première fraction. Je suis néanmoins favorable à l'expression de petits partis qui n'ont pas pour seul but d'amasser l'argent du contribubale ( pas tous mais rien n'est parfait) Ces petites formations concourent à l'expression pluraliste dont notre pays a besoin. Ces subventions dont vous parlez poussent aussi ces formations à la parité hommes/femmes : c'est une des conditions du financement. Sans ce financement, qui ne me gêne pas, elles seraient réduites au silence ne disposant pas suffisamment de fonds. Il est donc de mon point de vue normal que l'Etat y apporte son concours dans des proportions bien évidemment limitées. J'y viens. Si vous me le permettez, mettons les choses en perspective : ces petites formations dans le cadre de la première fraction ont reçu ( corrigez-moi si je me trompe) de l'Etat pour les dernières législatives une somme avoisinant peu ou prou 10 millions d'euros au total ( Modem inclus avec 3,8 millions). Ce chiffre ( 10 millions) , chère Etoile 66, représente 0,005 % du budget de l'Etat pourcentage encore moindre si j'exclus le Modem cher à votre coeur. :-)) Ne croyez-vous pas que cela s'apparente à "une tempête dans un verre d'eau" ? Est-ce si cher payé pour la démocratie lorsque tant de milliards s'envolent en fumée ? / Je ne vous répondrai pas sur le PCF et les Verts car nous entrons là dans la subjectivité de chacun et ce n'est pas l'objet principal de notre échange. / Par contre sur le non-enseignement de la citoyenneté à la maternelle sachez que je peux vous rejoindre sans aucun souci. Cordialement.
Il existe en France un certain nombre de petits partis car la probabilité existe d'avoir une représentation avec quelques % seulement. Dans un système ou cette possibilité n'existe pas, comme en Allemagne, ces petits partis se dissoudraient et deviendraient de simples courants de partis plus importants. Ca ne changerait pas grand chose, sauf pour les quelques élus de ces mini partis évidemment. La tendance à l'éparpillement que l'on voit actuellement en France est pour moi plutôt le signe d'un dynamisme politique qui rejette la logique des blocs. Il me semblerait bénéfique d'un point de vue d'expression politique que l'UMP explose et que les divers courants qui la composent puisse exister indépendamment les uns des autres. Je ne pense pas qu'il faille sacrifier les idées politiques à la logique électorale des blocs, mais malheureusement il faut bien reconnaître que pour arriver au pouvoir l'approche "bloc" est plus efficace (la preuve par l'UMP). La preuve aussi aux USA, ou si vous voulez avoir une chance de gagner il faut obligatoirement rejoindre l'un des deux grands partis. La logique des blocs et de ses gros appareils renforce également l'effet pervers mentionné par JPY, la non-représentativité socio-professionnelle. Les gens qui ne se sentent pas représentés par l'un ou l'autre bloc finissent par s'abstenir.
La logique des blocs et de ses gros appareils renforce également l'effet pervers mentionné par JPY, la non-représentativité socio-professionnelle. Les gens qui ne se sentent pas représentés par l'un ou l'autre bloc finissent par s'abstenir. VincentVerschoore . Ce que vous appelez "logique des blocs et de ses gros appareils", c'est la logique des partis. Ils n'ont absolument rien de démocratique, ni dans leur fabrication ni dans leur fonctionnement. De plus, en dépit du poids extraordinaire qu'ils ont dans la vie politique, ils n'ont pratiquement pas d'existence dans la Constitution (en France, du moins). . Voir, à ce sujet, un mot que j'ai mis sur le fil "l'opinion publique est formatée" (3) . jpylg
La démocratie induit mécaniquement la logique des partis, car si c'est la majorité qui décide il faut bien trouver un système qui permette aux prétendants au pouvoir de former une masse critique suffisante pour exister. Que les partis ne soient pas démocratiques est tout aussi logique, car leur but est de servir leurs champions, pas d'être une agora. Le mode de réflexion du militant politique est un mode quasi militaire: il y a des ennemis, un objectif à atteindre ou à défendre, des manœuvres, des territoires, des prises de guerre, de la propagande... rien de tout cela n'est compatible avec la démocratie. C'est pourquoi, malgré la logique avancée notamment par Etoile66, ne ne suis pas en faveur des gros partis, et plutôt en faveur d'un salutaire éparpillement, à charge ensuite aux représentants de ces petits partis, selon leurs résultats électoraux, à former des coalitions gouvernementales. Mais bien sur ce n'est pas non plus la panacée, étant Belge je connais les fameux compromis à la belge et les difficultés inhérentes à gouverner sans une majorité monolithique. Finalement ca reste un choix entre deux mauvaises solutions, mais hors la démocratie directe je ne vois pas d'alternative.
. Vincent, . Je ne veux pas vous dire qu'il faut penser autrement que comme vous pensez. Laissez-moi cependant vous dire que votre réponse, en dernière analyse, consiste à dire : "les choses ne peuvent pas être autrement". . C'est cela, le résultat du formatage, que l'on voit à l'oeuvre même chez ceux qui s'en méfient. Penser que les choses ne peuvent être autrement, tel est le but du formatage. Déformater, c'est, avant tout, libérer l'imagination. . Bien évidemment que les solutions imaginées débouchent sur d'immenses difficultés de mise en pratique; mais chercher des solutions sans le secours de l'imagination dé-formatée, c'est chercher des solutions à l'intérieur du formatage. . jpylg
Cher JPY Je suis convaicu que vous avez raison sur le fond, mais cela implique de remettre également en question la notion de démocratie, et de République, car ces éléments sont la base du formatage dans lequel se situe ma réflexion. Imaginer d'autres formes de participation politique sans s'attaquer au cadre de référence, n'est pas pas aussi rester dans une perception formatée? En fait, ou commence le formatage?
Je suis assez d'accord avec vous. J'ai d'ailleurs entendu hier sur France Info l'interview absolument incroyable d'un membre - syndiqué - du Conseil d'Administration de France Télévision après la "décision" de De Carolis de supprimer la pub. Il disait en substance qu'il était contre, mais qu'il avait voté pour, parce qu'il n'y avait plus d'autre solution, la grille des programmes ayant été faite selon cette directive. Il ajoutait plusieurs fois: "C'est fou, mais il n'y avait aucune alternative". Dommage, je n'ai pas pu enregistrer ces déclarations. Cela me faisait penser à certains évènements vécus en Allemagne dans les années 30 du siècle dernier de même d'ailleurs que ces 5 bâtons de dynamite au Printemps. Tous les JT et infos sur les radios ont occulté toutes les autres informations importantes - politiques, économiques et sociales - comme si c'était un écran de fumée et la possibilité de renforcer la surveillance policière à l'approche de la St Sylvestre où les voitures flambent plus que dans d'autres périodes de l'année... Je peux me tromper, mais c'est mon sentiment...
Sur le fond de la discussion de ce sujet - qui devrait s'appeler pour ou contre la proportionnelle, je ne me prononce pas pour le moment. Je relirai, connaissant mal le système allemand (mais comme beaucoup ici, je me refuse à l'ériger en pôle unique d'où penser les choses).
Je sais juste que je suis contre la proportionnelle intégrale, type Israël, pour uen Assemblée Nationale. Je soulignerai ici petite remarque de Vincent : "Le mode de réflexion du militant politique est un mode quasi militaire" Je crois me souvenir que le mot militant vient de militaire. Pour moi, se dégage de toutes nos discussions politiques éparses sur Mediapart, une idée que je vous soumets : -Il y a une tension entre le système des partis, donc du militantisme de parti, et l'exercice concret de la démocratie par les citoyens. -Si la démocratie ne consiste qu'en droit de vote, elle est atrophiée.
- Je développe un peu, en pensant à l'aphorisme que nous a proposé Alexy Fortin, au sujet des "idées arrêtées": Les partis sont un outils puissants pour arrêter des idées. Ce qui leur permet d'avoir des élus, er donc d'arriver au pouvoir. Mais si, ensuite, le pouvoir est exercé sous forme de coalition, du fait de la proportionnelle et de l'émiettement des partis, que deviennent les idées en question ? La coalition "s'arrête" sur denouvelles idées. Sur lesquelles les citoyens n'ont pu se prononcer, puisqu'elles ont été formées après l'élection (exemple, Israël)
Je laisse Etoile répondre car c'est très intéressant mais en deux mots: Et bien justement, grâce au système du panachage offert comme possibilité et surtout comme moyen d'expression aux électeurs, c'est avant les élections que déjà on s'organise et on projette, selon "avec qui on souhaite se cohaliser et avec qui on promet de ne pas fricoter". L'électeur n'est pas pris au dépourvu, il n'y a pas de fait accompli, voilà l'idée, possiblement pas toujours réalisable mais souhaitable?
Merci de la précision, Axel. Mais alors, comment les partis qui se coalisent se "comptent-ils" ? Quand l'électeur peut-il se prononcer sur la représentativité propre de chaque parti ? -Je précise que je rejoins Olivier ci-dessous, quand il parlait de la nécessité d'exposer aussi les inconvénients du système.
Chère Fantie, Je vais essayer de répondre à vos questions - et remarques :-) . Je relirai, connaissant mal le système allemand (mais comme beaucoup ici, je me refuse à l'ériger en pôle unique d'où penser les choses). C'est une bonne idée. Car les gens discutent sans regarder ni vraiment comprendre ce qui se fait hors des limites de l'hexagone. Je vais vous donner quelques pistes pour mieux comprendre, d'ailleurs sur wikipedia les infos sont assez bonnes à ce sujet. Mais avant tout, je reviens sur vos "réflexions" du style "comme beaucoup ici, je me refuse à l'ériger en pôle unique d'où penser les choses" ou Je précise que je rejoins Olivier ci-dessous, quand il parlait de la nécessité d'exposer aussi les inconvénients du système. . Je n'ai JAMAIS écrit nulle part qu'il y ait un système parfait ou un "pôle unique d'où penser les choses". J'ai simplement essayé de faire sortir les personnes qui me lisent de ces cercles concentriques dans lesquels ils sont, sans regarder au-delà des frontières. Il se trouve que j'ai choisi de vivre derrière la frontière et que je connais bien le pays dans lequel je vis puisque j'y ai passé plus de 30 ans, active dans la vie professionnelle, éducative et politique. Je le connais très bien et vous offre juste la possibilité de comparer et de confronter ce que vous connaissez à ce qui existe ailleurs. Votre réflexion et celles d'autres sur ce site me font penser à plusieurs choses vécues. Je citais sur ce fil des PME, comment j'avais été invitée à venir discuter avec le Directeur commercial d'une grande PME allemande, présente sur tous les continents. Je suis restée trois heures dans son bureau. Il était étonné et s'interrogeait: Pourquoi une telle résistance aux changements en France, alors que dans tous les autres pays c'est possible ? C'était sa question. . Pour moi, il est aussi étrange de constater les réactions sur ce site, quand j'écris que quelque chose fonctionne mieux en Allemagne qu'en France. Immédiatement, la majorité des intervenants protestent et deviennent agressifs. Par contre, si en Allemagne, je dis que quelque chose est mieux en France ou ailleurs dans le monde, immédiatement les gens veulent savoir pourquoi, où, pour pouvoir apprendre et s'améliorer. Ces deux comportements différents m'étonnent tous les jours. Il y a quelques mois, l'OCDE a fait paraître des résultats sur l'école, très négatifs pour la France, la quasi-totalité de la presse française a détourné les conclusions pour en faire un rapport positif. De l'autre côté de la frontière, quand les médias ont publié des résultats négatifs suite à la première étude PISA, tous les médias ont donné des pistes d'améliorations, la TV a diffusé mois après mois, des émissions de contrôle des connaissances sous forme de jeux, a repris les tests PISA, tout le pays s'est intéressé à la question pour... apprendre. Ces deux comportements si différents expliquent aussi l'évolution des deux pays ces dernières années. Les uns veulent apprendre, les autres refusent la critique. . Mais alors, comment les partis qui se coalisent se "comptent-ils" ? Quand l'électeur peut-il se prononcer sur la représentativité propre de chaque parti ? J'ai publié un article sur les élections régionales de Hesse il y a peu, un coup d'oeil vous donnera quelque infos, j'y ai mis des graphiques. . Ensuite, une des caractéristiques, c'est que les citoyens sont très informés. Les points importants quant à l'INFORMATION de la population: quelques infos, rédigées par des Français.. . La presse écrite est très lue. Voici une comparaison quant au nombre de titres de quotidiens: Allemagne, 430 quotidiens et autre presse d'actualité, France: 126 quotidiens et autre presse d'actualité. Mais ce n'est pas que le nombre de titres qui diffère, c'est le contenu. . Je vais vous donner juste un seul exemple, qui pourrait se voir sur tous les sujets. Le Congrès de Reims du PS. Je prends juste un quotidien régional, la SZ. Voici le nombre de pages consacrées au Congrès du PS, avec analyses de fond: 7 novembre 2008, 15 novembre 2008, 15 novembre 2008, 21 novembre 2008, 21 novembre 2008, 22 novembre 2008, 23 novembre 2008, 24 novembre 2008, 25 novembre 2008. Vous pouvez cliquer pour vérifier la teneur et la présentation des articles. Je pourrais vous citer encore de nombreux quotidiens qui analysent en profondeur le pays et l'étranger, qui informent la population de manière très complète tous les sujets, nationaux ET internationaux. . Sincèrement, avez-vous vu des journaux français, quotidiens régionaux ou nationaux, informer de cette manière sur ce qui se passe en Allemagne ? Jamais. En 30 ans de comparaison, je n'ai vu en France que des préjugés erronés sur le pays, aucune autre information que des dépêches de presse reprises sans être vraiment travaillées en profondeur. La même "sauce" dans les quotidiens et les hebdomadaires. Aucune profondeur d'analyse ni de vraies informations. C'est ainsi qu'on en arrive au summum de la désinformation avec la question de N. Sarkozy reprise par "Le Point": "Vous iriez passez vos vacances en Allemagne, vous ?" Ou à une petite cousine en Première ou Terminale à qui je demande si elle a appris l'allemand au lycée, elle me répond: "Non, j'aime pas les Allemands". Je lui demande "Tu en connais?". Elle me répond: "Non". Puis au bout d'un moment, elle me dit "Si, il y en a une dans notre classe". Je lui demande: "Alors, elle est sympa ?" Et sa réponse, bien dans le schéma véhiculé par les médias: "Oui, elle est très sympa, mais c'est parce qu'elle habite depuis longtemps en France !". . Je reviens donc à vos questions. . L'INFORMATION de la population, au jour le jour, sur les enjeux et les propositions des différents partis, la proximité avec les élus locaux - le non-cumul des mandats la favorise et les "élus" ne se prennent pas pour si "importants" - les études d'opinions, autrement plus sérieuses que les "instituts" français qui appartiennent à des amis du pouvoir en place (ex. CSA appartient à 100% à V.Bolloré, etc...) et n'ont rien de scientifique dans leurs méthodes. On peut voir évoluer la position des partis, tous les dimanches dans tous les médias. . La fameuse question est posée: "Si vous deviez voter dimanche, pour quel parti voteriez-vous ?" Tous les médias publient ces résultats et analyses. Sur la 2ème chaîne TV, il y a tous les dimanches une émission qui analyse tous les résultats, le "Politbarometer". Si vous allez y faire un tour, vous pouvez feuilleter les 17 pages de graphiques en bas à droite. Voici la réponse à la question de dimanche dernier, 13 février 2009, "Si vous votiez pour les législatives dimanche pour quel parti voteriez-vous ?" :
Pour vous permettre de comprendre, même si vous ne parlez pas la langue, je vous donne l'explication des couleurs: CDU - Noir - Chrétiens-Démocrates SPD - Rouge - Sociaux-Démocrates FDP - Jaune - Libéraux-Démocrates Verts - Vert - Parti écologiste Die Linke - Violet - Correspond au parti de Mélanchon Autres partis: Gris . Il faut aussi savoir que seuls les partis ayant dépassé la barre des 5% peuvent entrer au Parlement, ce qui évite des situations à l'israëlienne ou à l'italienne et garantit une grande stabilité. . Je vous cite aussi l'excellent travail du Spiegel Ces études sont le compilé des résultats de plusieurs instituts d'études d'opinions: Allensbach, fondé en 1947, Forsa, fondé en 1984, Groupes d'études pour les élections: fondé en 1974, Infratest dimap: fondé en 1996, TNS Emnid, mandaté par les médias, les partis, les associations, les universités et les agences de presse. . Tout d'abord, l'analyse de l'évolution des partis dans le temps, jour après jour. Ce tableau date du 17 février. 4.666 personnes ont été interrogées pendant la semaine:
On y voit les différents partis évoluer dans le temps. . Enfin, voici quelque chose qui est inconnu en France, le "calculateur de coalition" : .
C'est la CDU d'Angela Merkel qui représente la force politique la plus reconnue dans le pays. Elle jouit d'ailleurs d'une popularité sans conteste. . Depuis l'élection de Hesse, le FDP augmente. Mais comme la CDU a déclaré vouloir faire coalition avec le FDP, et que le FDP est d'accord, c'est l'option la plus plausible. . Le SPD a dit ne pas vouloir faire coalition avec l'extrême-gauche. . Ce qui apparaît en premier "souhait" actuellement est intéressant, car les Verts ne veulent pas faire alliance avec la CDU, au niveau national et la CDU non plus. Cependant, on voit que les tenants de la grande coalition - noir et rouge - sont encore majoritaires, en 2ème position. . Pour la première fois aux dernières élections de Hambourg, la CDU a conclu un accord de coalition avec les Verts et ils gouvernent très bien ensemble, malgré les points de désaccords ici et là qui sont réglés par le contrat de coalition négocié et écrit. Voici comment elle a vu le jour. Les résultats des urnes étaient les suivants: .
Avant les élections, le SPD - rouge - avait déclaré ne pas vouloir faire alliance avec l'extrême-gauche ni avec la CDU et vouloir obtenir la majorité pour décider de la future coalition. But non atteint. La CDU - noir - avait déclaré vouloir faire alliance avec le FDP - jaune - mais celui-ci n'a pas atteint les 5%. Donc il n'entre pas au parlement local. Comme la CDU est le parti qui arrive en tête, c'est à lui de décider avec qui gouverner. Il fait donc des "entretiens de sondage" avec les 2 partis qui restent, l'extrême-gauche étant exclue pour des raisons historiques et de constitutionnalité. Les négociations avec le SPD échouent rapidement, il ne reste plus que les Verts. Et les négociations sont très fructueuses et arrivent même à trouver des points de compromis non prévus dans les programmes des 2 partis avant leur négociation. Cette coopération montre donc qu'il est possible d'innover. C'est cette expérience hambourgeoise qui influe sur l'évolution actuelle au niveau national. . Pour revenir à la situation nationale actuelle, le graphique paru dans le Stern de jeudi dernier le montre assez bien:
. Voici donc comment sont informés les citoyens semaine après semaine, un peu partout dans les quotidiens et hebdomadaires, à la radio et TV. Les gens savent à l'avance et en discutent, influencent même les orientations, ils savent quel parti va faire coalition avec quel autre parti. Ce n'est PAS DU TOUT comme en Israel où on attend les résultats pour "négocier". . Ils savent comment évolue le pays, il y a des discussions politiques chaque semaine sur les différentes chaînes de TV et elles sont très populaires et regardées. . Voici les émissions politiques ou politico-économiques qui passent toutes les semaines sur les 2 chaînes publiques - et les chaînes régionales: ARD : (première chaîne publique): Anne Will (très regardé), Informations de Berlin, Kontraste, Monitor, Panorama, Fakt, Report de Mainz, Report de Munich, Le club de la presse (très regardé le dimanche midi avec des journalistes internationaux), Echos du monde . ZDF: (2ème chaîne publique): Le journal de l'étranger, Maybritt Illner (très regardé), Points de vue, Politbarometer (très regardé), Berlin direkt, Frontal 21, Was nun?, Wiso, magazine économique . Alors, la question. Pourquoi ces différences entre les deux pays? Pourquoi en France, aucun médias n'explique vraiment les élections cantonales qui sont des plus importantes pour le partage du pouvoir local. L'abstention est énorme. Aucune information sur les projets, sur les enjeux. Les gens vont voter pour le parti, c'est tout. . Cela vient de l'EDUCATION. Ici, la politique, tout comme la religion, l'éthique, le théâtre, sont des matières enseignées dès l'école primaire. C'est dès la maternelle que les enfants apprennent la responsabilité citoyenne... on ne les traite pas comme des êtres immatures. . C'est de là que me semble venir la différence, d'après tout ce que j'ai observé. . Rien n'est parfait nulle part, tout est perfectible, l'être humain est le fruit d'une évolution et chaque pays évolue à son rythme et selon son niveau de formation.
Etoile66 : merci pour vos billets, toujours très instructifs. J'aurais cependant quelques suggestions à vous faire. 1/ Vous seriez plus crédibles si vous avanciez aussi les INCONVENIENTS du système allemand. Il doit bien y en avoir. les démocraties parfaites n'existent pas. 2 / Il faudrait faire un billet, un jour, sur un domaine de la société allemande, de sa démocratie, qui fonctionne moins biens qu'en France. Il doit bien y en avoir aussi (je vous donne quelques idées : la natalité, la résurgence des groupes nazi, l'échec de la réunification, le système ferroviaire, le prix des transports en commun, le prix des télécom, le lobby automobile et la passion des allemands pour la bagnole... en creusant, on trouve) Je sais bien que la France et sa démocratie vont très mal, mais un peu d'équilibre dans votre propos vous rendrait plus convainquante. Je vis aussi en Allemagne, et je m'y sens mieux qu'en France, mais pas au point de dire que tout y est parfait. Olivier
Cher Olivier, Merci de votre contibution :-) depuis Francfort où vous habitez depuis un peu plus d'un an... Avant de répondre à vos conseils qui sont pour certains pertinents, je me permets de vous dire que pour "sentir" un pays et comprendre ce qui se dit "entre les lignes", comme l'humour, l'ironie, la sensibilité, l'âme d'un pays ou d'une région, il faut y vivre au moins 5 ans. Avant, on n'est qu'à la surface des choses et on ne comprend pas ce qui se dit "entre les lignes" ou dans les conversations on ne comprend pas l'ironie, et les petits détails autres que les mots. Et encore moins la politique qui est justement faite d'une foule de détails "sensibles" qu'on ne perçoit pas vraiment en lisant la presse ou en écoutant le JT, ou même en en discutant avec les collègues de travail. C'est le vécu de beaucoup de gens qui ont changé de pays ou de région à l'intérieur d'un pays. Pour "sentir" le pays, il faut y rester plusieurs années et maîtriser la langue dans ses plus petits recoins. En ce qui me concerne, je vis depuis 6 ans à la frontière entre la Lorraine - région qui m'était totalement inconnue et que j'ai encore quelques difficultés à "percevoir" car elle est totalement différente dans son vécu et sa sensibilité que mon Sud-Ouest natal - et la Sarre, région d'Allemagne totalement différente de Hambourg où j'ai passé près de 27 ans. Maintenant pour répondre à vos différents points. 1) Vous souhaitez que je parle des inconvénients de l'Allemagne. Il y en a bien entendu, tout est une question d'équilibre. Je ne sais pas comment parler de ce que vous appelez les "inconvénients" du pays ferait avancer le débat sur les institutions. Je reste persuadée qu'elles sont de meilleure qualité démocratique qu'en France. Je ne suis pas la seule avec cette opinion, ceux qui connaissent les deux systèmes et les comparent sont du même avis. Je vous laisse libre de citer les inconvénients que vous y trouvez, on pourra en discuter ensuite. Bien sûr, à l'intérieur du pays, il y a des gens qui trouvent des inconvénients au système, que l'on peut encore améliorer, mais si on le compare avec celui qui existe en France, il n'y a pas photo. Je me permets de citer F. Bayrou qui le mentionnait dans son projet de VIème République: http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/propositions/election-modes-scrutin.html http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/propositions/sixieme-republique.html 2) Je vous laisse toute liberté de faire un billet, un jour, sur un domaine de la société allemande, de sa démocratie, qui fonctionne moins biens qu'en France. Il doit bien y en avoir aussi Vous citez en vrac, - la natalité: il faudrait analyser le sujet sous tous ses aspects. Je suis prête au débat avec vous et tous ceux que cela intéresse. - "la résurgence des groupes nazi" je ne sais pas quelle presse vous lisez et quelles sont vos sources d'information, mais l'extrême-droite est beaucoup plus importante en France qu'en Allemagne. Seulement les JT français font souvent leur titres des affrontements entre l'extrême-droite et ceux qui manifestent pour protester chaque fois que les groupes d'extrême-droite manifestent. Car avant d'avoir le droit de manifester, il faut le demander auprès des autorités et la manifestation est donc connue du public. Immédiatement, le sujet étant hypersensible dans le pays, des groupes d'antimanifestants s'organisent. La police devant faire respecter le droit à l'expression de tous, se met donc entre les deux groupes pour éviter les morts éventuels. C'est ainsi que la presse fait ses photos et ses titres. Tous les faits divers sont grossis comme avec une immense loupe, ainsi l'attaque d'un policier récemment en Bavière. Mais en France il se produit des faits similaires partout dans le pays et le pourcentage de gens pensant extrême droite est beaucoup plus important en France, cette mouvance a même intégré l'UMP, faisant baisser le FN dans son électorat. - "l'échec de la réunification" !!! Comme vous y allez. Quelle presse lisez-vous ? J'aurais bien voulu voir comment la France aurait intégré 16 millions de personnes n'ayant cotisé dans aucune caisse d'assurance sociale, ni retraités, ni assurés sociaux qui ont perçu les allocations dès la chute du Mur, avec un très fort taux de chômage puisque toute l'économie s'était effondrée. Non, la réunification n'est pas un échec, je ne sais pas si vous êtes allé visiter les Länder de l'Est, ils ont une excellent infrastructure, souvent bien meilleure qu'à l'Ouest, Angela Merkel a même souhaité la relance de l'Ouest il y a 2 jours, car l'Est a bénéficié de milliards de subventions pendant deux décennies par l'impôt de solidarité que nous payons encore à l'Ouest pour financer l'Est. Ceux qui avaient espéré que cela aille plus vite étaient des utopistes et sont déçus. Mais ceux qui étaient réalistes savaient qu'il faudrait au moins une génération, si ce n'est deux pour que les gens arrivent à une unité. Ils ont été à l'école du "socialisme réellement existant" l'embrigadement total dans les organisations de jeunes et ne peuvent penser autrement d'un coup de baguette magique. Les enfants de ces gens ont vécu les drames des enseignants qui ont dû enseigner tout autre chose et se sont vus désavoués, ces drames ont été vécus dans les familles. Et on ne peut espérer la cicatrisation de tels traumatismes en l'espace de 10 ou 20 ans. Mais l'Est avance à son rythme, des entreprises solides et novatrices s'y sont créées et ceux qui ont fui le pays pour aller chercher le confort à l'Ouest y retournent petit à petit. J'étais récemment en Mecklemburg-Vorpommern, et étais assez stupéfaite du haut niveau des infrastructures. - le "système ferroviaire". Je ne sais pas ce que vous lui reprochez. Je voyage à travers la France et l'Allemagne depuis plus de 20 ans et préfère le confort et la qualité du service de la DB plutôt que le mépris du voyageur par le personnel de la SNCF. Sur l'ICE Francfort-Paris, c'est assez flagrant. - "le prix des transports en commun" merci de préciser. - "le prix des télécom" dito - "le lobby automobile et la passion des allemands pour la bagnole" dito. C'est vrai, ils aiment les voitures de qualité. Où est le problème ? Vous terminez en écrivant: "Je vis en Allemagne et m'y sens mieux qu'en France". Ce serait bien d'essayer de décortiquer et d'analyser POURQUOI. C'est aussi l'opinion de la dame qui parle à Luc Chatel dans cette vidéo: http://www.dailymotion.com/video/x5hxae_dplacement-chatel-supermarch-allema_news En ce qui me concerne, c'est la même chose, mais je sais pourquoi. Et je n'ai jamais dit que tout y était parfait. Quand je parle de certains sujets avec les gens, je leur dis ce qui est mieux en France, comme la cuisine, la "garde" des enfants en bas-âge, bien que ce ne soit que de la "garde", on pourrait en faire autre chose, etc... Mais il faut avouer que les choses sont en général plus honnêtes, directes, droites et cela rend la vie tout simplement plus facile.
Etoile66, Vous écrivez : "- "la résurgence des groupes nazi" je ne sais pas quelle presse vous lisez et quelles sont vos sources d'information, mais l'extrême-droite est beaucoup plus importante en France qu'en Allemagne." 4 morts en Allemagne cette année 2008 grâce à cette extrême-droite "bien plus faible qu'en France". Devant un tel niveau de désinformation "je ne sais quelles sont vos sources d'informations"..., je suis désolé, mais je prends le reste de ce que vous écrivez avec des pincettes à manche long. Je sais que vous répondrez "vous mélangez tout". J'anticipe : il me semble que comparer une république fédérale où les Länder ont le pouvoir à une République centralisée, en proposant de transposer le système électoral de l'un dans l'autre sans plus d'analyse politique est un grand mélange qui frise le n'importe quoi. Qui frise ? Non.
Vu le niveau d'informations que véhiculent les médias français êtes-vous bien sûr de savoir ce qui se passe vraiment dans le pays? Je vais vous donner quelques exemples: Tchernobyl. A la frontière, c'était ubuesque. Les Allemands étaient informés, heure après heure du passage du nuage radioactif pour se protéger, les bacs à sables étaient couverts de bâches pour éviter que le sable ne soit contaminé, etc... dans la presse, tous les jours on pouvait lire le taux de becquerels dans les différents produits alimentaires, on savait à cette lecture où la pluie radioactive était particulièrement tombée. A quelques mètres de là, du côté français, le gouvernement assurait que la France n'avait pas été touchée. Tout était dans le meilleur des mondes. Comme si un mur de verre protégeait le pays. On sait aujourd'hui que c'était une immense désinformation. Les cancers de la thyroïdes sont nombreux dans les régions où le nuage radioactif est tombé. En Allemagne, les gens étaient prévenus des mesures à prendre au niveau de l'iode. Il en a été de même avec le sang contaminé. Contrairement à ce qu'affirme Fabius et autres, les spécialistes SAVAIENT que les conserves de sang françaises n'étaient pas dignes de confiance. J'ai un ami médecin qui était à l'époque au centre hospitalier de Homburg. Un des responsables refusait que l'hôpital achète le sang de l'institut Pasteur parce qu'il savait - y ayant travaillé - qu'il n'était pas digne de confiance au niveau sanitaire. Il a résisté longtemps jusqu'à ce qu'un administratif lui impose les conserves françaises - parce qu'elles étaient moins chères. C'est ainsi qu'il y a eu des morts à cause des transfusions dès ce moment. Il en est de même avec une foule d'informations qui ne sont tout simplement pas diffusées en France. Comme dernièrement les oeufs qui ont été lancés sur le président français lors de sa visite à Dublin. Pas un mot dans les médias français, alors qu'on en a parlé aux infos allemandes. J'ai parié avec mon mari que les Français n'en sauraient rien. Ce qui a été le cas. Ce n'est bien sûr pas très important, mais c'est à ces détails que l'on voit l'état de l'information en France. J'ai un ami qui est officier est a été plusieurs années au SIRPA http://fr.wikipedia.org/wiki/SIRPA . Il m'a raconté comment le ministère de la défense impose SA vision de l'information aux médias et contrôle toute communication à cet endroit. Une faute de ce service avait été de laisser passer un reportage au JT où l'on voyait des filles en pleurs sur le quai de Toulon au départ de frégates qui partaient dans le Golfe lors du 1er conflit. Cette image n'aurait pas dû passer. Voilà, tout ceci pour vous dire que les médias français, justement par l'Etat centralisé et leur proximité avec le pouvoir en un seul lieu, sont très contrôlés et que n'est diffusé que ce que veut bien le pouvoir en place. Avec le net, les choses changent - heureusement. Alors, il est facile de monter en épingle ce qui se passe en Allemagne, 4 morts, il n'est pas avéré que ce soit le fait de nationaux-socialistes , et de taire ce qui se passe en France. Vous n'êtes pas sans savoir - entre-temps cela a "filtré" - que le nombre de voitures incendiées et de violences a augmenté mais que les statistiques officielles les taisent ou minimisent. Tout cela pour montrer que le ministre de l'Intérieur devenu Président travaille au mieux. D'ailleurs, s'il souhaite mettre la main sur l'audiovisuel et l'INSEE - source d'informations "objectives" - est-ce par pure générosité ou pour mieux tenir le pays dans l'information souhaitée et non réelle ? La République est centralisée, disons que le pays est dominé par Paris depuis la dynastie des Capétiens. Je suis d'accord avec vous. Les différentes "régionalisations" ou "décentralisations" n'ont rien produit d'autres qu'un amoncellement de couches administratives qui pèsent sur le budget de l'Etat, sans que le pouvoir central ne cède vraiment des compétences aux régions. Trouvez-vous cela souhaitable, irrémédiable et immuable pour toute l'éternité ? C'est un système qui n'a rien de démocratique. C'est pourquoi je m'engage pour que les choses CHANGENT dans ce pays sclérosé et si frileux face à tout changement.
C'est un système qui n'a rien de démocratique. C'est pourquoi je m'engage pour que les choses CHANGENT dans ce pays sclérosé et si frileux face à tout changement.
Permettez-moi d'exprimer un doute sur vos façons de dialogue démocrate. Je ne vous confierais pas les clés.
Et sinon, vous répondez quoi aux arguments énumérés ?
Cette année, on a eu quatre morts déjà, du fait de l'extrême droite. Chaque jour, on compte deux actes de violence dus à l'extrême droite en Allemagne - Andrea Röpke , politologue et journaliste indépendante.
L'attentat contre le policier de Passau montre qu'on assiste à une radicalisation de la scène néonazie - Oskar Niedermayer, politologue. (Note de moi : il s'agit d'un coup de couteau porté à côté du coeur ce samedi 14 décembre contre un policier dont la vie est maintenant hors de danger)
Sont-ils suffisamment allemand pour que leurs mots soient considérés ?
Qu'il faille critiquer avec intelligence les institutions françaises, personne ne le conteste. Mais la caricature et l'emporte-pièce alliés à des arguments d'autorité et une nette propension à l'esprit partisan sans esprit critique disqualifient les propos.
1. Que la France ne soit pas parfaite ne signifie pas que l'Allemagne le soit. 2. Que l'Allemagne soit parfaite ne signifie pas que les solutions allemandes soient transposables en France (les pays ont des Histoires). 3. On peut douter que l'Allemagne soit parfaite. 4. Je maintiens que le système majoritaire français signifie que le jeu des alliances et des programmes de gouvernement s'établissent en amont de l'élection, non que les petits partis n'existent plus. Ils existent. Primes à ceux qui s'entendent. Déprime pour ceux qui jouent perso en pensant être majoritaires contre les autres. L'esprit collectif existe aussi en France. Dire qu'il n'y a que deux idéologies et place pour personne d'autres est une caricature. Je ne prétends pas qu'il n'y a pas d'effet pervers dans le rapport de force qui s'établit entre les partenaires. Tout système porte en lui sa propre perversion. Les partenaires allemands ne me semblent pas sortir indemnes de leurs jeux d'alliance, eux non plus...
Vous citez des personnes qui ont donné leur avis dans les médias. Il faut savoir que ce sujet est hypersensible dans le pays et qu'une tentation à la dramatisation existe sur ce sujet particulier. Bien sûr l'attentat contre le policier de Passau a suscité une grande indignation, il n'est pas prouvé d'ailleurs qu'il soit à imputer à cette mouvance. C'est un peu comme l'hystérie "antisémite" en France, la jeune fille juive qui s'était infligé elle-même des croix gammées avait accusé un "attentat antisémite". Ou cette bagarre où un jeune "juif" avait été tabassé à Paris dans le quartier du Marais, les médias ont aussitôt parlé d'une attaque "antisémite" alors qu'il s'agissait d'une rixe entre bandes. Il faut faire très, très attention avec la médiatisation des faits et surtout leur interprétation. A comparer avec la médiatisation de "l'ultra-gauche" est les arrestations inutiles, le tout très médiatisé. Je ne veux rien minimiser, mais il faut replacer les choses dans leur contexte et il n'y a pas en Allemagne de "montée" de l'extrême-droite, mais une radicalisation des personnes en souffrance, comme c'est le cas en France, et elles trouvent refuge dans des groupes qui les attirent. Le phénomène est connu et très maîtrisé. Dans les années 70, après le choc pétrolier et la crise qui a suivi, il y a eu aussi une montée de l'extrême-droite. J'arrivais alors dans le pays. Tout le monde était offusqué de voir le NPD aux parlements régionaux - ce que la France a empêché par un système électoral non représentatif du pluralisme. Et la discussion n'a pas eu lieu au Parlement français puisqu'ils n'y étaient pas, les choses y ont été étouffées. On a juste vu la gestion "magnifique" de la ville de Vitrolles... En Allemagne, ils sont entrés dans les parlements régionaux et se sont très vite décrédibilisés par leur incompétence, leurs méthodes ont été démasquées en toute transparence et ils n'y ont pas été réélus. Ce dialogue démocratique n'existe pas en France. Les médias en manque préfèrent montrer du doigt ce qui se passe ailleurs qu'en France. Cela rassure. Mais ont pourrait citer les nombreuses profanations de cimetières juifs, les attaques racistes contre les Arabes. Mais chut, ce n'est pas politiquement correct de le diffuser. Pour replacer les choses dans leur contexte, voici quelques informations: D'après les renseignements généraux, il y a eu 1 513 faits racistes et antisémites déclarés, dont 361 violents en France en 2004. Ils étaient 833 en 2003 et 1313 en 2002. Les faits antisémites sont les plus nombreux (950 en 2004) dont 199 actes violents. La région parisienne est la plus affectée. Les actes antimaghrébins ont connu une forte augmentation en 2004 (563 faits parmi lesquels 162 violents). Les profanations de cimetières et les atteintes aux mosquées se sont multipliées. Pour sa part, la Commission nationale consultative des droits de l’homme dresse pour l’année 2007 un tableau des manifestations de racisme, antisémitisme et xénophobie. La diminution des actes racistes et antisémites constatée en 2005 et 2006 semble se poursuivre, ces derniers sont en outre de plus en plus et de mieux en mieux pris en compte par les autorités judiciaires. Les violences et menaces à caractère raciste et xénophobe sont pour l’année 2007 en baisse de 9 %, les personnes d’origine maghrébine étant les plus touchées à la fois par les actes racistes (68 % de la violence raciste est dirigée contre la communauté maghrébine) et les menaces racistes (60 % du volume global). Le rapport constate que la lutte contre l’antisémitisme porte ses fruits : 386 faits ont été recensés en 2007 contre 571 en 2006 (- 32,5 %), après une nette augmentation entre 2005 et 2006. Quand on sait comment les chiffres sont manipulés depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau président, on est en droit de se poser des questions... l'avenir montrera les réalités... Je viens d'écouter sur France Inter une émission au sujet de Guy de Maupassant, choqué par la guerre de 1870 que la France avait déclarée, poussée par une hystérie aveugle des réalités des forces en présence. J'ai lu les livres d'Histoire français et allemands sur cette époque, on dirait qu'on parle de choses différentes. Cela me rappelle les années 70 alors que j'écoutais Radio Algérie sur les ondes le matin - car j'étudiais l'arabe à l'époque - et où les informations sur les évènements semblaient tellement différentes de ce que j'entendais en France. On aurait dit qu'il ne s'agissait pas des mêmes évènements. Déjà Pascal, lucide, écrivait: "Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. De cette confusion arrive que l’un dit que l’essence de la justice est l’autorité du législateur, l’autre la commodité du souverain, l’autre la coutume présente ; et c’est le plus sûr : rien, suivant la seule raison, n’est juste de soi ; tout branle avec le temps. La coutume fait toute l’équité, par cette seule raison qu’elle est reçue ; c’est le fondement mystique de son autorité. Qui la ramène à son principe, l’anéantit.” Pour finir, je n'ai JAMAIS parlé de PERFECTION ni écrit quelque part qu'un pays serait PARFAIT. C'est votre interprétation. Je compare juste et en tire certaines conclusions sur certains domaines. C'est ce qui se pratique partout pour faire avancer les choses, la comparaison honnête, le benchmarking aussi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Benchmarking Libre à vous de garder vos convictions et de ne surtout RIEN changer...
Dans ce cas, j'attendrai de vivre 5 ans en Allemagne avant d'oser dialoguer avec vous. Excusez moi d'avoir la moindre idée, la moindre opinion sur la question, un regard neuf. Votre remarque me rappelle celle d'un consultant (allemand) qui commencait toujours ses discussions en disant qu'il avait 25 ans d'expérience en logistique, et que, par conséquent, il avait forcément raison. Résultat, il nous a foutu un sacré bazar. Juste un exemple : le trafic ferroviaire, pour démontrer votre mauvaise foi: * Frankfurt-Paris se fait en 4 heures. - 2h30 en Allemagne pour faire Frankfurt-Saarbrucken, environ 185km - 1h30 pour faire Saarbrücken- Paris 400 km en France Au rythme allemand, il faudrait 7h30 pour faire Frankfurt-Paris, pas 3h50. Un autre exemple : Frankfurt - Berlin il faut en moyenne 4h30... pour 540km, à comparer au 2h00 du paris-Lyon, distance équivalente. Résultat, tous les allemands prennent leur chère voiture pour voyager, et polluer à 200g de Co2 du km. Le prix des transports en commun : métro à Frankfurt : 2,40€ le ticket, pour un tout petit réseau, à comparer au 1,50€ de Paris. Téléphone : tout est payant pour appeler l'étranger. Donc l'Allemagne est un pays parfait selon Etoile66. Olivier
Cher Olivier, Vous comparez souvent des choses qui ne sont pas comparables, par exemple en ce qui concerne le trajet Paris-Francfort. Il vous suffirait de regarder le tracé au niveau géologique pour voir que la partie Paris-Sarrebruck est plate, une plaine où il est facile de faire passer des TGV, mais que la partie Sarrebruck-Francfort traverse les montagnes. Ce n'est pas le nombre de kilomètres que l'on peut comparer. Voici un aperçu du relief sur cette carte: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ed/Deutschland_topo.png http://www.lexilogos.com/france_carte_relief.htm
Entre Sarrebruck et Mannheim, le train passe par une partie très montagneuse, bien que le relief ne soit pas très haut. C'est pourquoi le tracé qui passe par Strasbourg et longe la vallée du Rhin a des chances de succès et d'être plus rapide, ce que l'on peut très bien voir sur la première carte du relief de l'Allemagne. Pour Paris-Lyon et Francfort-Berlin, vous comparez encore des pommes et des poires. Regardez le relief à traverser pour le trajet Francfort-Berlin, alors que le TVG Est ne traverse aucun relief car il prend les parties plates et longe les vallées. (Ce tracé direct, qui évite toutes les agglomérations entre Paris et Lyon, notamment Dijon, permet un gain de 87 km par rapport à la ligne historique. Il ne comporte aucun tunnel) L'Allemagne ayant une densité de population (231 hab./km²) plus du double de celle de la France (93,59 hab./km²) est constituée de beaucoup plus d'agglomérations qui ne peuvent laisser passer les trains à la même vitesse que le TGV qui traverse les campagnes françaises. Votre conclusion que "tous les Allemands" prennent leur voiture n'est pas exacte. Je voyage en ICE à travers toute l'Allemagne et les trains sont pleins d'hommes (et de femmes) d'affaires, du moins en 1ère classe. D'autre part, depuis plus de 10 ans, il existe des sociétés de covoiturage et location de voitures à l'heure dans toutes les grandes villes. Je n'ai pas le temps de chercher les différents sites du type http://www.cambio-carsharing.com/cambio/carsharing/fr/1/stdws_thema/intro/intro0.html Pour le téléphone payant pour appeler l'étranger, renseignez-vous. Ma belle-fille appelle sa famille en Pologne régulièrement presque gratuitement. De plus, renseignez-vous auprès de votre opérateur pour les flat-rates. De toute façon avec Skype vous pouvez appeler le monde entier gratuitement. Pour le prix du métro parisien et de Francfort, je n'ai pas toutes les données pour juger, mais il est évident que ce que Paris "offre" pour le métro, il le reprend ailleurs par les taxes et impôts... Et puis la Grande distribution se sucre sur le dos des consommateurs depuis des décennies et reverse aux communes la partie de l'impôt, ce qui compense... Vous qui travaillez dans le "Contrôle de gestion" vous devez bien le savoir ? Quant aux 5 ans que je mentionnais, votre remarque offusquée changera sûrement si vous restez plus longtemps dans le pays. Vous verrez, avec le recul, qu'au bout d'un an, vous ne pouviez comprendre vraiment l'âme du pays ni l'humour ou l'ironie, ni la politique.... Je vous l'ai écrit par honnêteté car c'est une évidence. Vous pouvez avoir bien sûr une "opinion" sur tout, personne ne vous en empêche, mais vous constaterez avec le recul qu'il vous manquait une foule d'informations pour pouvoir vraiment juger... Nous l'avons bien constaté avec vos affirmations sur la gestion des déchêts récemment http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79177 http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79186 http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79191
A mon avis la supériorité des institutions allemandes tient surtout à la structure fédérale. Vivement une Europe des régions ! . Il serait aussi grand temps que face à une offre politique monopolisée par une caste de professionnels, la demande politique des citoyens s'organise et dépasse l'acquiescement béat qu'on requiert d'elle. A quand des associations sur le modèle de celles des consommateurs (qui feraient la chasse aux cumulards et aux charlatans) ? . Pendant que j'y suis: l'article du Spiegel sur Sarko est accessible en français dans Courrier International n°946-947 (18-31 XII 08). A apprécier aussi une rétrospective des caricatures de l'année.
"Avant de répondre à vos conseils qui sont pour certains pertinents, je me permets de vous dire que pour "sentir" un pays et comprendre ce qui se dit "entre les lignes", comme l'humour, l'ironie, la sensibilité, l'âme d'un pays ou d'une région, il faut y vivre au moins 5 ans". Etoile 66 "Excusez-moi, j'y vis depuis 1973(en Allemagne) - avec une "pause" de 2 ans à Paris en 2000-2002 - et peux vous affirmer que ce que vous écrivez est faux." Etoile 66 La France a changé depuis Pompidou... c'est peut-être pourquoi les propos, systématiquement dévalorisants que vous tenez sur ce pays ne sont peut-être pas bien informés. D'ailleurs, comment le seraient-ils puisque les médias français... Peut-être les médias allemands ne parlent-ils, avec objectivité bien-sûr (Allemagne oblige) que de la France? Il est quand même étrange que vous ne vouliez pas sortir d'une vision manichéenne de ces deux pays. Vous m'avait déjà expliqué que la faiblesse du taux de fécondité en allemagne s'expliquait par le choix des femmes allemandes de voyager... Le viellissement puis la dépopulation qui menacent ce pays s'expliquerait donc par l'irrésistible attrait des femmes allemandes pour le tourisme!!! Pour le reste, je partage le point de vue de Dominique Wittorski... Cordialement
Cher Farid, La France a changé depuis Pompidou... c'est peut-être pourquoi les propos, systématiquement dévalorisants que vous tenez sur ce pays ne sont peut-être pas bien informés. Alors je corrige votre information à mon sujet. Je partage ma vie entre l'Allemagne et la France depuis des années et suis au moins 4 mois par an en France, dans le Sud-Ouest plus exactement. De plus, j'habite à 200 mètres de la France et y suis presque tous les jours, la dernière fois ce matin au marché de Sarreguemines :-)) où je connais tout le monde. Si vous trouvez mes propos "désobligeants" je serais enchantée de savoir desquels il s'agit. En ce qui concerne les médias, je vous renvoie au fil http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/091208/long-article-du-spiegel-mort-lente-de-la-democratie-en-france vous pourrez y lire leur structure respective. Je ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit, je vous explique juste comment fonctionnent les choses dans les deux pays, du moins ce que je constate. Vous écrivez: "Vous m'avait déjà expliqué que la faiblesse du taux de fécondité en allemagne s'expliquait par le choix des femmes allemandes de voyager... Le viellissement puis la dépopulation qui menacent ce pays s'expliquerait donc par l'irrésistible attrait des femmes allemandes pour le tourisme!!!" Je suis étonnée du souci qu'ont les hommes français sur ce site de la "natalité" en Allemagne et du fait de la dépopulation. C'est étrange. En quoi cela vous pose-t-il problème ??? Comme je le citais plus haut, l'Allemagne a une densité de population (231 hab./km²) plus du double de celle de la France (93,59 hab./km²) où serait le problème ? Certes cela posera des problèmes économiques, industriels etc. au pays, mais en quoi cela gêne-t-il les hommes français qui s'inquiètent du taux de natalité du pays voisin? J'aimerais comprendre le mécanisme de pensée... Vous caricaturez mes propos, mais j'ai essayé de vous expliquer pourquoi les femmes n'ont pas choisi de faire des enfants dans les années 70-90. L'arrivée de la pilule leur a apporté une immense liberté après la dictature vécue par leurs parents. Je me souviens avoir évoqué ce problème de taux de natalité avec mes étudiantes dans les années 70-80, elles voulaient toutes faire carrière, voyager, mais pas avoir d'enfants. A ma question sur le dépeuplement du pays, elles me répondaient presque toutes: "Est-ce si important ?" Voilà, vous pouvez y voir ce que vous voulez, c'est la réalité. J'aimerais juste savoir ce qui vous gêne dans ce contexte.
belle démonstration Etoile66 que je partage évidemment. Je doute pourtant que les choses changent, je pense même que notre président est en train de nous concocter l'écrasement des partis qui ne sont pas avec l'UMP (sauf le PS bien entendu, ). Alors que veut on ? si l'on veut que Sarkosy ne soit pas réélu en 2012 il n'y a qu'une chose à faire, faire front ensemble et s'allier (PS, verts, Modem, ..) au lieu de se diviser.
Faire front ensemble et s'allier, oui, PS, Verts, MoDem etc et jusqu'à ceux des gaullistes, chiraquiens etc, démocrates et européens de droite qui ne sont vraiment pas contents de l'approche sarkozienne actuelle.
Une belle perspective, mais hélas, je ne peux m'empêcher, pessimistement, de voir au PS encore beaucoup trop d'intérêts particuliers à ce que rien ne change à la vieille situation pourrie actuelle, en un genre d'alliance "UMPS" tacite et bien comprise.
Merci Axel de votre réponse réaliste. voir au PS encore beaucoup trop d'intérêts particuliers à ce que rien ne change à la vieille situation pourrie actuelle, en un genre d'alliance "UMPS" tacite et bien comprise. . Voir ce que j'écrivais sur : http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/171208/l-honnetete-intellectuelle-de-martine-aubry-et-arnaud-montebourg-a-vous-de . Le problème, c'est que la majorité des gens a la mémoire courte... et est mal informée...