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Le rôle de la TV dans l'acquisition des mots pour penser... écrire et s'exprimer.

Pour penser, nous avons besoin de mots. Le sens de ces mots, nous l'apprenons dès la toute petite enfance, comme indiqué ICI , [dans cet article ou celui-ci (ajout 24 janvier 2011) ].

 

La TV joue un rôle important dans la structuration de la PENSEE - qui a besoin de MOTS avec un SENS pour exister.

 

Une enquête très intéressante effectuée en Allemagne par un pédiatre auprès de 1900 enfants de la même région a démontré ce qui suit.

 

 

Pour évaluer ces dessins, Peter Winterstein et son collègue Robert J. Jungwirth ont élaboré un barème de notation simplifié sur 13 points. Il s’agissait avant tout de voir si le dessin était complet.

 

Pour chaque détail comme les cheveux, les yeux, le nez, le tronc ou les pieds, les médecins ont attribué un point. Ils ont fait de même pour la représentation des bras, du corps et d’une tête de taille proportionnée.

 

Peter Winterstein considère que cette technique est particulièrement indiquée pour comprendre comment les enfants préscolaires perçoivent les images.

 

Les résultats sont significatifs : les enfants qui regardaient le moins la télévision (jusqu’à cinquante-neuf minutes) ont obtenu jusqu’à 10,4 sur 13. Les enfants qui la regardaient plus de trois heures n’ont obtenu en moyenne que 6,4 sur 13, les plus mauvais résultats, soit 10 % des dessins.

 

Voici les dessins d'enfants qui regardent la TV au maximum 60 minutes par jour:

 

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Voici les dessins d'enfants qui regardent la TV plus de 3h par jour:

 

 

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Enfin voici les dessins d'enfants qu'on a laissés seuls regarder la TV et qui en ont subi des traumatismes importants8d611950fc49894bb4a32f25949aef26.png

 

Enfin, voicile résumé graphique des quelque 1.900 enfants examinés et testés:

 

 

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"Un cerveau ne s’imprègne correctement des choses que s’il les découvre par le biais de plusieurs sens, c’est-à-dire l’audition, la vue, l’odorat et le toucher. Et, de ce point de vue, la télévision est une source d’information bien pauvre en comparaison avec le monde réel." dit Winterstein.

 

De tels arguments sont aussi confortés par de nouvelles études américaines : des tests comparatifs effectués en trente ans sur des milliers d’enfants. Résultats : plus les sujets regardaient la télévision enfants, moins leur niveau d’études était élevé à 26 ans.

...
Ce qui irrite également Winterstein, c’est qu’au lieu de généraliser les études approfondies sur la télévision et les jeux vidéo, on gère souvent les problèmes après coup en faisant appel à la logopédie [ou orthophonie] et à d’autres thérapies qui coûtent cher au système de santé. On accuse souvent les enseignants d’être responsables des mauvais résultats de leurs élèves. En réalité, ils ne font souvent que “constater le gâchis des capacités des enfants”.

 


C'est donc le coeur même de la pensée qui est ici atteint.

 

Il faut répondre à l'arrivée de la TV par des actions fortes, sinon on arrivera à une société très pauvre en pensée et en créativité qui sera de plus en plus manipulable.

 

Notre système scolaire et pré-scolaire a suivi son évolution pédagogique sans prendre de mesures radicales pour parer aux effets de la TV et des jeux video.. On se contente de constater les dégâts à grande échelle (illettrisme 10% de la population française, "échec scolaire", 150.000 jeunes qui quittent le système éducatif sans formation).On crée les RASED ou l'école de la deuxième chance, alors que des milliers de jeunes garderont des traces indélébiles des humiliations subies par leur échec au travers de tout le système scolaire.

 

Pourtant la TV fait partie du quotidien de millions d'enfants, elle remplace le dialogue avec leurs parents - occupés à autre chose - et le jeu.

Je souhaite donc donner une chance aux enfants dès l'âge de 2 ans, âge où se structure le langage et la compréhension des premiers mots dans leur contexte.

 

Car tout se construit à partir de là. Les personnes qui enseignent - je n'aime pas ce mot dans ce contexte -  en maternelle ou les "nounous" le savent parfaitement. Ce handicap se traîne ensuite tout au long de la scolarité, car les autres enfants évoluent aussi à leur rythme, ils ne rattrapent jamais le retard.

Je rajoute une expérience en milieu carcéral:

 

Dans le cadre d'une association, je m'occupais de la réinsertion de détenus. Et en parlant avec l'un d'eux sur des sujets variés, je me suis aperçue qu'il parlait de l'arbre - si c'était un pommier ou un peuplier, c'était un "arbre" - ou de l'oiseau - si c'était un merle ou un pigeon, il ne faisait pas de différence - ou de la fleur: rose ou tulipe, il ne connaissait pas les différences.
 
Pourtant il était intelligent, mais son intelligence était réduite aux mots qu'il avait à sa disposition. Terrible enfermenent. Ce n'est pas étonnant que, lors d'un entretien dans une administration, ne pouvant exprimer ce qu'il voulait à ce fonctionnaire, il a pris sa machine à écrire et menaçait de la lui envoyer à la figure.

La violence est souvent la conséquence de cette impuissance et de toutes ces humiliations.
 


Sans parler de toutes les conséquences humaines, sociales, politiques (très manipulables) et économiques.

 

Tous les "bobos" qui trouvent le langage des banlieues "sympa" ne voient pas les dimensions du problème et l'enfermement dans lequel ces personnes vivent.
 


Un enfant a besoin d'adultes qui lui parlent et lui expliquent le sens des mots. Beaucoup d'enfants n'ont pas cette possibilité. C'est à eux que l'Etat doit se consacrer dans sa mission d'éducation et non pas les rejeter. Je cite un dernier exemple, celui vécu par ma soeur récemment à Tours.


La municipalité a confié 4 enfants à ma soeur, "nounou" depuis plus de 30 ans, 1 enfant de 9 mois et trois entre 2 ans et demi et 3 ans. La scène se passe en juin dernier.
 
Elle est sortie avec la poussette et les trois enfants pour aller voir le Guignol dans son quartier. Assis devant elle, il y avait une classe de CP.
 
Elle remarque au dernier rang, juste devant elle, un enfant qu'elle avait eu pendant plus de 2 ans et demi, issu d'une famille difficile, où il y a beaucoup de violence et peu de mots.
 
Elle avait essayé de lui donner le plus d'éveil et d'autonomie possible. Elle l'interpelle "Bonjour mon petit chaton, comment vas-tu, ça me fait plaisir de te voir".
 
L'institutrice se retourne et d'un oeil méchant lui dit "Madame, qui êtes-vous pour parler ainsi à cet enfant, qui vous autorise à le faire?" Elle lui explique brièvement. A la fin du Guignol, l'institutrice vient la voir et lui dit tout le mal qu'elle pense de cet enfant: "Agressif (on sait pourquoi), instable, perturbateur, méchant, etc."
 
Ma soeur est restée sidérée, voilà comment cet enfant à qui elle avait donné beaucoup d'affection et d'éveil est définitivement classé et détruit alors qu'il ne demandait qu'à évoluer et à VIVRE.
 
Il n'a aucun avenir dans notre pays. Car même l'Education nationale - qui devrait en faire un citoyen capable de se débrouiller dans la vie - le rejette.
  Où est l'Etat protecteur des faibles et soutien des forts (la Recherche) ?
 


On touche LÀ les fondements d'une société.

Tous les commentaires

Les dessins ! Très causants évidemment. Bien sûr, c'est à croiser avec le fait que ceux qui regardent le plus la télé sont probablement des enfants de familles super modestes... Mais ça ne change pas fondamentalement le problème. Très explicite ! J'ai reconnu les dessins typiques de certains enfants qui me sont confiés pour troubles très importants de la personnalité et du comportement. Ceci dit, juste un truc, à propos du sens des mots. Bien sûr on explique le sens d'un mot à celui qui ne le comprend pas. Mais quand même, très souvent, c'est l'emploi du mot qui délivre, de lui-même son explication. Pour dire seulement qu'il faut d'abord, et surtout, parler. Cordialement

Autres expériences : Je connais deux frères, qui libèrent ordinairement leurs parents devant la télé. Lorsqu'ils sortent ce ne sont que cris, coups d'épée, de marteaux, de triques… ils frappent, tapent, crient, provoquent et rugissent… Impossible d'avoir un semblant de conversation avec eux. Cela ressemble à une espèce de défoulement des violences qu'ils ont sagement accumulées pendant des heures. Je connais trois autres frères et sœur qui n'ont pas du tout accès à la télé., sans qu'ils soient des modèles d'enfants sages, qui ne se disputent jamais, il est au moins possible de parler d'adultes à enfants, ils cherchent à s'expliquer, même avec beaucoup de malices. La comparaison est vraiment abrupte ! Pourtant le niveau social, ou professionnel des parents n'est pas au désavantage des premiers.

Merci Phylloscopus de votre témoignage. J'ai fait les mêmes constatations.   Personnellement, je n'ai jamais laissé mon fils regarder la TV seul quand il était petit. Nous l'avons achetée quand il avait 4 ans, et c'était une règle entre nous qu'il ne la regardait jamais seul, car il avait beaucoup de questions et je ne voulais pas le laisser seul sans réponses... Un jour, il a regardé "Sesamstreet", une émission pour enfants d'une demi-heure. J'ai constaté qu'il y avait beaucoup de mouvements rapides. Après l'émission il était effectivement agressif.   Quand nous lisions, il restait très, très longtemps à observer les dessins et les images, s'abreuvait des mini-détails, posait des questions. Alors que cette émission TV allait très vite, les images changeaient constamment. Je suis persuadée que le manque de concentration dont se plaignent les enseignants vient de là, de ces images qui défilent rapidement.   Un jour, un enfant de son âge jouait chez nous, mon fils a souhaité que nous lisions ensemble son livre préféré. Je me suis installée avec un enfant de chaque côté et ai commencé à regarder la première page avec eux. Impossible, le gamin qui regardait la TV du matin au soir, ne pouvait pas rester assis et se concentrer sur une image.    Des générations d'enfants en Allemagne ont gardé un merveilleux souvenir de la "Sendung mit der Maus", une émission où ils ont appris une foule de choses en s'amusant. Je n'ai pas compris pourquoi cette émission pour enfants a été diffusée dans un grand nombre de pays, mais pas en France. Elle existe depuis 1971 et même les adultes la regardent toujours avec autant de plaisir.   Elle est composée de 4 séquences de 6 minutes, un dessin animé avec la souris, une partie éducative, une histoire, ici "Pourquoi suis-je sur la terre ?", des personnages qui reviennent régulièrement comme la taupe, l'éléphant, le canard jaune, le Capitaine Barbe bleue, etc... et une chanson.   Cette émission a reçu une foule de prix - le Bambi en or en 1973 - le prix de la TV allemande en 1993 - la légion d'honneur pour ses deux auteurs en 1995 - la caméra d'or en 1997 - le prix du QI en 2006 - la médaille du reportage scientifique de la société pour la physique en octobre 2008. et plus de 75 prix nationaux et internationaux.   Je me souviens encore aujourd'hui de l'explication de la "réaction en chaîne". Elle avait été diffusée après Tchernobyl pour expliquer aux enfants ce qui s'était passé. Dans une immense salle, il y avait des pièges à souris, chacun armé d'une balle de ping-pong. Quelqu'un entre dans la pièce et jette une balle de ping-pong sur un piège à souris, la balle saute et tombe sur un autre, à la fin ce sont des dizaines de balles qui sautent en l'air, retombent et déclenchent d'autres balles. Fascinant...   Je viens d'aller sur le site de l'émission. Réponse à la question: "Pourquoi le ciel est bleu?" et pas violet... ou bien "Comment fonctionne un radar ?", "Le recyclage des piles".   Cette émission passait sur de nombreuses chaînes du service public à des jours et heures différents, de sorte qu'il était possible de la revoir plusieurs fois pour réécouter quelque chose qui avait intrigué ou amusé.  

Cher Alain,   Absolument d'accord avec vous ! Dans quel domaine travaillez-vous? Je constate que vous savez de quoi je parle :-))   C'est pourquoi je plaide pour un engagement de l'Etat auprès des enfants d'au moins 2 ans pour l'acquisition et l'extension du vocabulaire par le jeu et la lecture de contes et récits avec dialogue ensuite entre les enfants et les adultes...   Je plaide absolument pour que l'Etat - qui trompe ses citoyens en inscrivant au fronton des bâtiments publics Liberté EGALITE Fraternité - prenne en charge ses citoyens à part entière que sont les enfants de 2 ans pour justement compenser "l'environnement social".   Ce Liberté EGALITE Fraternité est la plus grosse arnaque d'un pays qui endort toute velléité de regarder les choses vraiment en face pour y remédier.   Comme l'écrit si bien Art Monika   "Pourquoi simplifier cette langue écrite, qui puise ses racines dans notre histoire? Pourquoi vouloir lui rogner ses ailes ? Les enfants en difficulté continueront à peiner et à se tromper, car ce n'est pas langue qui leur résiste, mais quelque chose en eux qui résiste à la langue. Leur dira-t-on qu'ils peuvent écrire éléfan, ils écriront héléphan. "   C'est un leurre de penser qu'en "simplifiant" l'orthographe, les enfants défavorisés se rapprocheront des favorisés. Il y a eu en Allemagne une réforme de l'orthographe il y a quelques années   http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9forme_de_l%27orthographe_allemande_de_1996 (La conclusion de l'article de wikipedia est ridicule et partisane, j'ai travaillé pendant des années dans l'enseignement du français et de l'allemand et ai vite vu les limites du nouveau système)   La réforme a surtout fait les "choux gras" des instituts privés qui ont donné des cours à toutes les entreprises et administrations pour enseigner aux adultes la nouvelle orthographe qui se sentaient perdus de ne plus maîtriser une matière aussi élémentaire. Et les chefs d'entreprise et administrations ont bien payé pour les mettre au goût du jour. Je le sais puisque j'étais dans ce milieu....   Et... cela n'a rien changé. Car les enfants qui ne lisent pas écrivent tout autant avec des mots à eux, inventés, mais qui ne correspondent pas au nouveau système adopté.   La France devrait vraiment aller voir ce qui se passe derrière la frontière avec cette réforme qui voulait simplifier l'orthographe pour réduire la fracture sociale. Un coup pour rien, beaucoup d'argent dépensé pour rien. Un leurre...   Pour moi, ce n'est PAS le problème de l'orthographe, mais le problème de l'acquisition des mots et de leur sens, l'apprentissage de la lecture dès le plus jeune âge - 2 ans - non pas comme des "singes savants", mais en découvrant l'amour du texte écrit et lu par un adulte, en s'imprégnant des dessins qui vont avec. Car, comme le dit fort justement le pédiatre allemand "Un cerveau ne s’imprègne correctement des choses que s’il les découvre par le biais de plusieurs sens, c’est-à-dire l’audition, la vue, l’odorat et le toucher"   Cela peut se faire par de tous petits groupes, par exemple assis en rond par terre avec au milieu un/e adulte qui lit des histoires, montre les images et fait parler les enfants avec leurs mots sur cette histoire. L'adulte voit l'état de compréhension et d'expression des enfants de cet âge et peut les aider par le jeu et le dialogue.. Après c'est déjà tard... Ceux qui ont élevé des enfants en faisant attention à cet apprentissage le savent fort bien.   A cela j'ajouterais le bilinguisme qui devrait être une évidence dans un monde devenu un village.   La France se retranche dans son isolement, et je ne comprends pas pourquoi le bilinguisme n'est pas la règle dès la maternelle, non pas avec des Français, mais avec des éducateurs venus des pays où cette langue est parlée. Car l'apprentissage d'une langue implique sa socialisation, son intégration dans une culture (chants, cuisine, contes, jeux, etc) qui ne peut être véhiculée que par une personne née dans ce pays.   Vouloir apprendre une langue étrangère en faisant répéter des mots est totalement stupide. Les enfants n'apprennent pas ainsi leur propre langue, mais par le jeu et l'interactivité avec les adultes et d'autres enfants.   Pour avoir vécu pendant plus de 20 ans dans un milieu bilingue, j'en ai vu les avantages. Tous ces enfants parlent aujourd'hui plusieurs langues, certains 5 comme mon fils, d'autre 4 ou 3. Car cet exercice des neurones dès le plus jeune âge est structurant pour le cerveau et permet l'apprentissage d'autres savoirs sans trop d'efforts.     Les neurones s'interconnectent davantage, la palette des sons et des sens à disposition est bien plus large et ce ne peut qu'être bénéfique à condition que certaines règles soient respectées.   Beaucoup craignent que la langue maternelle ne soit pas acquise correctement. Ce sont des gens qui n'ont pas vécu eux-mêmes le bilinguisme, mais l'ont étudié et sont des puristes à l'esprit peu ouvert, d'autres craignent que les enfants soient "surchargés". Quelle ineptie...   Car le cerveau, c'est comme les muscles. Plus il est sollicité, plus il fonctionne.   C'est comme si on disait à un futur sportif: "Ne t'entraîne pas trop, ce pourrait être néfaste pour tes muscles..." alors que c'est justement l'entraînement qui fait le sportif...   Donc vouloir réduire la fracture sociale en abaissant l'effort, ne sert à rien. Il faut donner aux enfants, le plus tôt possible dans leur vie, et pour moi c'est 2 ans au plus tard, les moyens de combler le fossé que leurs parents ont avec le gros des autres.   Tout le reste me fait penser à des gens qui sont dans un grand bateau avec des trous dans la coque et qui s'efforcent d'écoper tout le long du parcours sans aucun autre résultat. C'est le cas pour les RASED et pour l'Ecole de la 2ème chance et tous ces mécanismes mis en place pour le "rattrapage"...   Bien sûr qu'il faut le faire pour tous ces enfants que l'on a laissé couler, mais il faudrait absolument changer le système dès la plus petite enfance pour éviter qu'ils ne coulent ainsi.   Enfin, je m'insurge contre cette admiration béate de certains pour le "langage des banlieues" qui maintient ces jeunes dans l'exclusion.     Ils ont un vocabulaire très limité qui ne leur permet pas de concourir avec ceux des classes favorisés. Il faut justement veiller dès la plus petite enfance à l'extension de leur vocabulaire pour leur donner les outils dont ils ont besoin tout simplement pour COMPRENDRE le monde qui les entoure.   Car ce sont les bases de la démocratie qui sont en cause, lorsque les citoyens ne sont pas formés ni informés, ils sont manipulables.   On touche LÀ les fondements d'une société.   Voir aussi: http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/191208/l-orthographe-l-illettrisme-contribution-a-la-discussion

Désolé, Mais : "enfilage de perles lieux communs chez les autos convaincus". Le coup des dessins, c'est tellement caricatural que c'est impensable que qui ce soit puisse y croire. Vous aimez vous faire peur. Vous aimez les morales qui régentent les autres. Une étude très savante a montré qu'il y avait corrélation entre les ventes de crèmes glacées et les ventes de lunettes noire. A aucun moment les "chercheurs" n'ont identifié que la corrélation était à faire avec les journées ensoleillées d'été... Bon, je vais pas m'épuiser. Vos "théories" parsèment déjà plusieurs fils depuis plusieurs jours. On ne fera pas démordre les tenants de ces thèses pour convaincus. Mais me taire complètement, c'est pas possible. La télé c'est le mal. OK. Je ne peux livrer que mon expérience personnelle. J'ai deux enfants. 10 ans et 14 ans. Ils sont libres de leur consommation télé depuis toujours. Elle est importante. Je ne peux décrire en deux lignes. Ma fille de 10 ans est au collège en 6ème et a 17,3 de moyenne. Mon fils de 14 ans est en 3ème et a 15 de moyenne. La télé leur ouvre des fenêtres immenses. Probablement font-ils parties de ces arriérés dont vous détourez si joliment les cas. Je sais, je dois être l'exception qui confirme la règle !

Et voilà comment il est absolument impossible de débattre sur le rôle de la TV dans l'acquisition du language.   C'est un sujet tabou qui donne des boutons à certains en France. Triste.   Ce que vous écrivez avec vos enfants et leurs notes à l'école ne signifie pas grand chose. Tout est relatif. Attendez qu'ils soient adultes... pour donner un jugement définitif...   Je n'ai jamais affirmé quelque part que la TV en soi soit mauvaise.C'est l'utilisation qui en est faite.   Prenez donc la peine de lire au lieu de survoler...

Je ne peux donc que vous renvoyer à votre propre proposition : Lisez ce que vous avez écrit. Où y a-t-il une phrase qui tempère la charge ?

C'est étrange que vous interprétiez tout à charge. Je répète donc:   Je n'ai jamais affirmé quelque part que la TV en soi soit mauvaise. C'est l'utilisation qui en est faite. Ci-dessous, dans la réponse à Phylloscopus, j'ai donné quelques exemples positifs... Peut-être n'avez-vous pas lu plus bas.   Refuser de voir les dégâts que provoque l'utilisation de la TV, notamment dans les familles qui l'utilisent comme seul "précepteur" est unilatéral, et empêche tout débat sur le pour et le contre. Pour lancer le débat, j'ai parlé du côté négatif, car il est totalement sous-développé dans le débat, cassé par des gens qui répondent comme vous sans regarder les arguments dans leur vaste expérience. On a un recul certain pour pouvoir en parler en connaissance de cause.   Les classes "éduquées" dont vous faites apparemment partie sont les moins touchées, ceux qui en souffrent le plus, sont les familles qui sont déjà "défavorisées" au niveau culturel. Vos réponses qui sont incisives et comme des coups d'épée, car non développées, ne font pas avancer la prise en compte de ces problèmes qui sont pourtant évidents pour ceux qui travaillent avec la petite enfance.   Et ces déficits de perception du monde, car cette perception par la TV est très réduite et unilatérale, suivent les enfants toute leur scolarité. Car elle transmet certes un "savoir" intellectuel mais comme le dit fort bien le pédiatre, il lui manque l'odorat, le toucher, l'interactivité tout simplement. C'est un face à face unilatéral entre l'enfant et le contenu sans interactivité. Et les enfants de familles socialement défavorisées ne vont pas vers les programmes les plus "éducatifs"...   D'ailleurs si vous faites l'expérience vous-même avec des enfants, des jeunes et même des adultes, vous constaterez qu'ils mémorisent davantage un sujet écouté avec attention à la radio que regardé à la TV. J'en ai fait des dizaines de fois l'expérience avec mes étudiants. Mais ça, c'est encore un autre sujet...

à D.W Apparemment, même si vos enfants regardent la télévision à leur guise, ils comprennent ce qu’ils écoutent et regardent ; il me semble bien que vous parlez avec eux, qu’ils vous interrogent et que vous leur répondez ( quand vous pouvez :o)…ce qui n’est pas le cas d’un grand nombre d’enfants . Je crois que si les dessins des enfants qui regardent la télé sont si pauvres ce n’est pas parce qu’ils la regardent, mais c’est parce qu’ils sont abandonnés devant, sans que personne ne s’en occupe, et ne les intéresse à autre chose (en plus).

Chers Dominique Wittorski et Etoile 66, Je vous lis tous les deux et me désole de vos désaccords. Car vous dites tous deux des choses justes. Etoile 66 rapporte une étude sur le Dessin du bonhomme (test utilisé en psychologie, coté selon l'échelle de Goodenough). Il est vrai, comme le dit Dominique, que si on a pris comme variable le nombre d'heures passées devant la télévision, sans tenir compte de toutes les caractéristiques des enfants (leur milieu socioculturel, leur niveau de développement psychoaffectif..) on va avoir des résultats biaisés. Avec des statistiques simplistes, on peut prouver que les gens qui ont des baskets rouges ont plus de cholestérol que ceux qui portent des baskets bleues. Mais il est vrai aussi, comme le rapporte Etoile 66, que la fréquentation trop intense de la télévision appauvrit le traitement intermodal des enfants (vision, toucher, audition...). Si à côté de cette fréquentation assidue de la télévision, les enfants ne bénéficient pas (comme les vôtres, Dominique), d'interactions familiales riches, d'expériences sensorielles variées, leur acuité perceptive et leur rapport au monde vont s'appauvrir. Donc, vous avez tous les deux une petite part de vérité sur la question, à mon avis. J'ai tenté de faire entre vous un peu de lien. De quoi je me mêle allez-vous me dire? Je ne sais pas, cela m'est venu comme ça ;o) Cordialement.

Art, Mais mon idée n'est pas que la télé c'est tout bon (ce n'est pas ce que j'ai écrit, du reste). Ce sont les idées exprimées sous forme d'affirmation totalement à charge qui me posent problème. Pas d'idées justes sans complexité. Je ne dis pas que les dessins exhibés n'existent pas. Je dis qu'une fois articulés de la sorte, il est impossible de discuter. Et que leur articulation est sujette à caution. Mon expérience, ce sont des dizaines de jeunes ou d'adultes qui suite à un spectacle ou une lecture... viennent demander : "J'ai compris que... ceci cela. Est-ce que j'ai bien compris ?" Voilà des gens qui demandent l'autorisation de penser. Ça c'est gravissime. Et des ostracismes comme il s'en tient ici conduisent tout droit à ses terreurs-là.
Autre point : Les langues étrangères. Véhicules à clichés depuis des décennies. La musique, est-elle considérable comme une langue étrangère ou non ? Je veux dire, si on en apprend l'orthographe et la grammaire ? Vous voyez déjà poindre une part de mon point de vue...

Dominique, je ne comprends pas votre agressivité. Vous condamnez sans essayer de débattre et vous sentez attaqué, comme si on vous demandait l'autorisation de penser... Etrange....   Je n'ai jamais dit que la TV ne pouvait jouer un rôle pour "ouvrir des fenêtres" sur le monde. Relisez donc à tête reposée.   En ce qui concerne les langues étrangères, vous écrivez de haut "véhicules à clichés depuis des décennies". Pourriez-vous préciser au lieu de lancer vos anathèmes ? C'est peut-être pour des anathèmes semblables que les Français sont connus dans le monde pour leur déplorable maîtrise des langues étrangères. Mon fils était récemment à Sydney pour participer à une conférence internationale et présenter ses travaux de recherche. Il y avait quelques Français qui s'exprimaient dans un anglais tellement "exécrable" selon ses termes, (accent et grammaire) que les participants pour comprendre devaient lire le texte imprimé. Le lendemain, certains sont sortis visiter l'Aquarium et le Zoo pendant leur présentation. Il en est de même dans les parutions scientifiques. Ils publient en grande partie en français. Croyez-vous que leurs travaux sont lus par les Chinois, Australiens, Indiens, Américains, etc... ? Ils tournent tout simplement la page en français et poursuivent leur lecture... Peu se donnent la peine de déchiffrer avec le dictionnaire..   Votre explication sur les "véhicules à clichés depuis des décennies" m'intéresse donc...

Vous parlez d'agressivité ! Mesurez-vous le taux de violence de vos propos nettement stigmatisateurs ? Pour entamer un dialogue , répondez donc clairement à la question : peut-on considérer la musique comme une langue étrangère ?

Dominique, Je constate que vous n'entrez pas dans le débat en répondant à : "Votre explication sur les "véhicules à clichés depuis des décennies" m'intéresse donc...   La question que vous lancez "répondez donc clairement à la question : peut-on considérer la musique comme une langue étrangère ?" ne peut être traitée par des phrases lapidaires, car il faudrait que vous expliquiez vos intentions. Alors je vais vous répondre clairement, comme vous le demandez et par expérience.   Il se trouve que je joue du piano depuis mon enfance et parle plusieurs langues étrangères, dont l'hébreu et l'arabe, l'allemand et l'anglais, mon fils parle couramment français, c'est notre langue commune de communication, allemand, anglais, polonais, langue de communication avec sa compagne , russe. Grâce au polonais et russe, il comprend le tchèque et le serbo-croate. Enfant, il a appris à jouer du piano et de la batterie. Il a arrêté à l'âge de 12 ans, mais souhaite aujourd'hui reprendre le piano à 24 ans. Mon compagnon parle couramment allemand, français, anglais et espagnol.   Donc, je ne "parle pas de la couleur comme un aveugle" (proverbe allemand traduit). Je parle en connaissance de cause en ce qui concerne les langues étrangères et la musique. Je ne sais pas si vous jouez d'un instrument et parlez des langues étrangères ou si les "convictions" que vous avez sont d'ordre idéologique ? Peut-être pourrez-vous nous éclairer à ce sujet, ainsi, nous pourrons mieux vous comprendre.   La musique est un langage, un mode d'expression, mais elle ne peut être considérée comme une langue étrangère. Pour moi, c'est clair et net.   Car le propre d'une langue, c'est de communiquer sur des sujets les plus variés, avec des objectifs à atteindre: "S'il-te-plaît, dessine-moi un mouton" ou bien pour exprimer des sentiments, la science, l'art, etc...   La musique est un mode d'expression qui demande à être acquis et appris presque comme on apprend une langue étrangère, mais la communication entre les êtres ne peut se faire qu'à un certain niveau de perception de l'esthétique.   Pour le cerveau, il a été démontré par plusieurs études que l'instrument le plus formateur dans le monde occidental était le piano, car il exige la liberté d'action pour chaque main qui joue une autre mélodie et la coordination des deux pour parvenir à jouer un morceau. Ceci entraîne, au fur et à mesure de cet exercice de coordination, une connection des neurones dans le cerveau qui est bénéfique dans d'autres domaines intellectuels et de technicité. Par exemple, la concentration pour jouer Bach est différente de celle pour jouer Beethoven, Schubert ou du jazz. Je trouve que Bach est plus complexe et assez génial de même que Wagner dont la musique de ses "drames musicaux" - il n'aimait pas le terme "opéra" - est faite en partie d'enchevêtrement de mélodies toutes caractéristiques d'un personnage. On reconnaît immédiatement le personnage et il entre en harmonie avec la mélodie d'un autre personnage. C'est tout simplement génial.   Je connais peu de musique de cet ordre complexe. J'adore aussi la musique arabe, comme la grande chanteuse Oum Kalthoum, http://fr.wikipedia.org/wiki/Oum_Kalsoum inégalée à ce jour dans l'expression. Pour en percevoir les nuances, j'ai écouté ses chants en boucle pendant des jours et des jours, pour "entrer" dans cette sensibilité. Il en est de même avec la musique indienne ou chinoise totalement inconnue en Europe...   J'adore aussi la musique irlandaise, découverte dans les pubs de Dublin, vivante comme aucune autre dans la vie quotidienne. Je suis justement en train d'écouter Molly Malone... http://fr.wikipedia.org/wiki/Molly_Malone chanson chargée de culture et d'Histoire...   La musique "pop" que les radios déversent à longueur de journée sur toutes les fréquences est une musique beaucoup plus basique, qui permet la reproduction et donc la communication rapide, mais à un niveau assez simpliste. Influence anglo-saxonne, américaine, au niveau mondial...   Dommage que les enfants n'apprennent plus beaucoup à l'Ecole à comprendre et aimer une musique plus différenciée dans l'expression de l'esthétique et des sensations qu'elle procure. On reste plutôt en surface...   Voilà, je vais encore me faire taper dessus. Mais c'est mon expérience...   J'espère avoir répondu à vos questions et souhaiterais - si vous cherchez du moins un vrai débat - que vous expliquiez ce que vous pensez vraiment lorsque vous écrivez: ""véhicules à clichés depuis des décennies"...   Cordialement

Je n'ai jamais dit que la TV ne pouvait jouer un rôle pour "ouvrir des fenêtres" sur le monde. Relisez donc à tête reposée. Je vous l'accorde vous n'avez jamais dit "la TV ne peut ouvrir de fenêtres sur le monde". Phrase à tournure doublement négative. Je relis... Avez-vous dit "la tv peut ouvrir des fenêtres sur le monde ? " Deux négations ne valent pas une affirmation. On n'est pas en logique mathématique. Je ne vois aucune phrase qui laisse entendre le début du commencement de quelque chose qui dirait que la télé est positive dans tel cas. Il n'y a que du négatif. Faut-il vous rappeler ceci ? C'est donc le coeur même de la pensée qui est ici atteint. Il faut répondre à l'arrivée de la TV par des actions fortes, sinon on arrivera à une société très pauvre en pensée et en créativité qui sera de plus en plus manipulable.

ô Dominique, le créateur de l'Empireur, quelle mouche ou quel taon vous piquent ? S'il vous plaît, en ce dimanche gris, reprenez votre humour habituel. Je me souviens des questions de votre fille sur les votes blancs... Avec le papa qu'elle a, évidemment, elle peut regarder la télé tranquille...Elle ne risque pas l'appauvrissement lexical et l'inhibition cognitive... Mais pensez à tous les petits enfants qui regardent la télé, avachis, sans que personne ne leur parle... Si, si, je vous assure, il y en a plein. Etoile 66 a raison de soulever la question, même si les termes vous agacent. Très cordialement.

Mais pensez à tous les petits enfants qui regardent la télé, avachis, sans que personne ne leur parle... Si, si, je vous assure, il y en a plein. Merci Art Monika :-)   Il y en a même qui regardent des films porno à 3-4 ans, seuls... et en parlent les yeux pleins de peur le lendemain... histoire vécue...

Dominique,   Pourquoi voulez-vous que j'enfonce des portes ouvertes ?   La TV a pris tellement de place dans la vie des gens que je n'ai pas besoin de la défendre. Récemment, je discutais avec une personne qui travaille dans le conseil de couples en difficultés. Son expérience: la majorité des couples qui se séparent le font parce qu'ils ne peuvent plus COMMUNIQUER. Une des raisons est la place qu'a prise la TV dans la famille."Tais-toi, j'écoute..."   J'en discutais hier avec quelqu'un qui prédisait d'ailleurs la fin de la TV sous son mode actuel, il ne souhaite pas acheter de TV, sa compagne non plus, ils préfèrent le net s'ils veulent s'informer ou se divertir, car ils ne sont pas obligés de regarder à une heure définie par d'autres et des programmes prémâchés par d'autres... Ils peuvent choisir quand et quoi et ont un choix beaucoup plus varié.   En ce qui me concerne, après avoir regardé la TV pendant des années, j'ai définitivement éteint mon poste en février 2007, après avoir constaté les multiples manipulations et bourrages de crâne lors des présidentielles. De plus, les émissions se répètent constamment. Je ne l'allume, car c'est un grand écran LCD, que pour regarder ce que je souhaite depuis mon PC portable ou pour des évènements particuliers. Et je préfère regarder les très intéressantes vidéos de TED par exemple: http://www.ted.com/index.php/ http://www.gapminder.org/videos cette série traite justement des apprentissages "How we learn": http://www.ted.com/index.php/themes/how_we_learn.html   J'ai aimé les singes écossais :-)) http://www.ted.com/index.php/talks/stefan_sagmeister_on_what_he_has_learned.html   Au plaisir...

Je pense que les enfants apprennent les mots quand ceux-ci leur délivrent des messages qui sont importants pour eux, et quand eux-mêmes tentent de communiquer ce qui est important pour eux de faire savoir... et de mieux comprendre en même temps leur propre pensées. Je serais d'accord avec vous sur ce qui concerne le rôle d'accompagnateur de l'adulte plutôt que celui de transmetteur de connaissances, par contre "la difficulté scolaire", c'est à dire notre incapacité à comprendre que tous les enfants n'ont pas le même rythme d'apprentissage, ni les mêmes projets d'excellence, cessons de penser que des spécialistes quelconques peuvent y remédier quoi que ce soit. La médicalisation des dites difficultés tient bien assez de place déjà sans en rajouter. Quant à la télévision, je pense que les enfants restent d'autant plus devant que la société se complaît dans ses privatisations et ses égoismes, dans ses fonctionnements excluants et dans ses expertises bourrées de propagande. Ayons des pratiques plus démocratiques et les enfants auront plus de vocabulaire. Et si nous souhaitons plus de démocratie n'attendons pas que ce soient eux, les enfants, qui la fassent. Vous dites peut-être la même chose, mais avec des mots que j'entends comme élitistes... et qui laissent entendre qu'un peu de bonne volonté suffirait...comme si M Darcos souhaitait lui aussi fournir à tous les enfants des outils de pensée efficaces. Serge Koulberg

Dans de plus en plus de famille, la télévision sert à "remplir" du vide pour les enfants. Devant la TV, ils ne crient pas, ne réclament pas leurs parents, ne disent pas qu'ils s'ennuient. Laisser la TV marcher sans arrêt, c'est avoir un peu la paix, souffler un peu après une journée fatigante. La TV, c'est un peu comme un biberon que l'on donne à l'enfant, pour être tranquille. Mais la TV sans la présence des grands pour la discuter, ça n'apporte rien aux petits enfants (moins de 6 ans?). Je suis partisan de la présence de la TV à la maison car ce peut être un merveilleux outil d'apprentissage, de connaissance. Mais la TV, pour un enfant que s'y retrouve face seul, avant l'âge de 6 ans (au plus tôt), c'est tout simplement aberrant, pour ne pas dire plus! Il en est un peu de même pour la TV dans les foyers: un peuple devant sa TV pense moins à tout ce qui ne va pas, devient passif, proteste moins! La TV peut devenir une drogue, comme l'alcool, servir à oublier le stress, aider à vivre en subissant!

@ Etoile Votre billet est intéressant, il gagne toutefois a être complété par les remarques pertinentes qu' A. Gilis vous a adressées. Je vous en reprocherais la "chute", un peu facile : du rejet de la "méchante institutrice" à celui de l'Education Nationale, il n'y avait qu'un pas à franchir, et vous l'avez fait allègrement, ce qui ôte un peu de sérieux à vos propos...
Mes enfants, à l'éducation desquels je m'étais consacrée, ne regardaient pas du tout la télé, et ils surprenaient bien des personnes par l'ampleur de leur vocabulaire... Mais l'absence de télé à la maison n'était pas un facteur d'intégration et ne leur facilitait pas les rapports avec leurs camarades de classe ( même si ma fille donnait le change et savait "réciter", avec le ton, toutes les publicités qu'elle n'avait jamais vues! ).Nous fûmes donc amenés à réintroduire la télé chez nous, bien entendu sous contrôle... Il n'empêche,qu'à plus de trente ans, mon fils me reproche encore d'avoir "un trou dans sa culture" car il se sent exclu lorsque, entre copains de la même génération, ils évoquent leurs souvenirs (télévisés) d'enfance !

Chère Emmanuelle, Il me semble que nous nous sommes rencontrées sur un autre fil et que vous avez été enseignante. Je comprends donc votre réaction à ma "chute". Je n'ai cité qu'une anecdote vécue et n'ai fait aucune généralisation sur l'Education Nationale, mais cette institutrice était dans ce cas-là, l'Education Nationale. Car ce n'était pas de l'abstraction, mais du vécu.   Je sais très bien qu'il y a des enseignants engagés, mon frère est de ceux-là et je lui conseille de ne pas oublier de vivre...   Je ne suis pas contre le fait de regarder la TV, mon fils l'a regardée, mais toujours en commun, jamais seul. Ce n'était pas une obligation de ma part, mais une habitude dans notre vie de famille. Je me souviens un soir, il avait 10 ans, il était seul, je n'étais pas encore rentrée du boulot et il voulait regarder la "Sendung mit der Maus" http://www.wdrmaus.de/ à 18h comme il le faisait toujours le jeudi. Il n'a pas osé allumer la TV tout seul, cela lui aurait paru trop étrange. Il a appelé la grand-mère qui l'avait gardé petit et qui venait souvent le garder le soir quand nous sortions. Et il lui a dit: "Oma, maman n'est pas là et je voudrais regarder la "Sendung mit der Maus".   Elle lui a bien sûr dit qu'il pouvait allumer la TV et la regarder. Cela m'a fait plaisir en quelque sorte, car cette anecdote m'a montré le degré de confiance que nous avions, moi en lui et lui en moi. Un respect mutuel qui est resté jusqu'à ce jour. Je pouvais lui faire confiance à 100% et lui pouvait et peut toujours le faire.

A mon tour je tempère: ces dessins sont saisissants, mais on ignore comment la sélection a été faite, et de qui ils proviennent ( en dehors de la consommation télévisuelle). . Comme si l'on ne savait pas qu'on trouve le même type de différences, entre enfants de milieux favorisés et enfants de milieux défavorisés, enfants de familles structurées et enfants en situation d'instabilité affective, etc.. Il est vrai que de nombreux enseignants se plaignent de l'"intelligence zappeuse" de leurs élèves, peu habitués à se concentrer sur la durée ( mais cela vaut pour l'ordinateur, que les gamins apprenent à utiliser très tôt, ne serait-ce que sous forme de jeux) Il s'agit moins de durée de consommation que d'accompagnement, et surtout d'alternative à la télé. Les jeunes enfants de moins de cinq ans, lorsqu'on leur donne le choix entre dessins, musique, apprendre des choses nouvelles, jouer, le tout avec quelqu'un, sont prompts à délaisser la télé . Mais qui ne propose rien ? Souvent ceux qui travaillent tard, rentrent pour attaquer les corvées ménagères, et évoluent eux-mêmes dans un monde où la culture se réduit à l'absorption passive des programmes. On ne peut transmettre que ce que l'on a.

Je suis d'accord avec vous sur le détail: on ignore comment la sélection a été faite ce qui est important. En fait, le pédiatre a "étudié" sur ce point les enfants de sa région, sans distinction et uniquement sur la durée de vision de la TV. Bien sûr, tout se tient. Et ce sont surtout les enfants de familles défavorisées qui en pâtissent le plus.   Raison de plus pour s'engager à ce niveau pour que les enfants, dès le plus jeune âge, puisse avoir une compensation, par l'Etat et ses services pour élargir leur vocabulaire et leur perception du monde. C'est pourquoi je suis pour une aide conséquente et obligatoire, avec la collaboration des pédiates et PMI dès l'âge de 2 ans au plus tard.

Chère Etoile 66, si le diable habitait la télévision elle serait beaucoup plus intéressante. L'influence de la TV commence à être intéresante à discuter à partir du moment où où on ne lui prête pas plus de pouvoir qu'elle n'en a. (on peut dire la même chose de l'école), à partir du moment où on l'envisage comme symptôme et souvent comme miroir de notre gâchis social et non comme sa cause. Je vous invite à méditer sur deux phrases de JC Guillebaud, dans la vie de cette semaine : "une société aura rarement été aussi inhospitalière à sa jeunesse que la nôtre." "Dans nos société européennes vieillissantes et apeurées par l'avenir, et la crise qui s'annonce, la jeunesse est devenue comme encombrante. On ne sait qu'en faire. On est tenté d'y voir une réalité en trop..." De se désoler du manque d'appétence à vivre et à penser des jeunes et d'en attribuer une bonne part de responsabilité à une succion de l'écran sans filtres et sans retour réflexif, dûe elle-même à l'inconscience des masses sous instruites... je comprends la réaction indignée de Dominique. à Art Monica : vous savez comme j'apprécie souvent vos analyses, aussi je n'hésite pas à vous dire que le vocabulaire psy que vous utilisez dans votre message de 22h52 me donne froid dans le dos à l'idée que des enfants peuvent être regardés avec des mots pareils. Cordialement Serge Koulberg

Cher Serge Koulberg, Quels mots de psy ai-je utilisés à 22h 52 qui vous donnent froid dans le dos, dites-moi ? Je ne trouve que ceux-là, de 21h52: la fréquentation trop intense de la télévision appauvrit le traitement intermodal des enfants (vision, toucher, audition...). Si à côté de cette fréquentation assidue de la télévision, les enfants ne bénéficient pas (comme les vôtres, Dominique), d'interactions familiales riches, d'expériences sensorielles variées, leur acuité perceptive et leur rapport au monde vont s'appauvrir.. Qu'ai-je écrit de choquant à vos yeux ? Le traitement intermodal est la base de notre expérience du monde. Je pourrais vous en écrire des pages là-dessus. Un bébé de cinq mois est capable de différencier une syllabe prononcée par un visage et une syllabe entendue: il peut donc mettre en relation le vu et l'entendu. Il peut également reconnaître par le toucher un objet qu'il a vu. C'est grâce à l'intégration intermodale du vu, de l'entendu, du senti, du touché, du goûté, que nous acquérons une expérience riche du monde. C'est un langage réducteur de psy, ça ? Pour la deuxième partie de ma phrase: oui, Serge, je connais des enfants qui n'ont pas la chance que l'on exerce par des jeux, des visites aux musées, des dialogues... tous leurs sens. Les enfants de classes défavorisées ont ont attention visuelle fine moins bien développée que ceux des classes défavorisées, simplement car elle a été moins exercée (étude faite à Grenoble sur une grande cohorte d'enfants). Merci de me dire ce qui vous fait froid dans le dos car je ne crois vraiment pas être une psy réductionniste. Réédité: je n'ai pas de réponse de Serge à cette heure. J'espère qu'il repassera par là, car je voudrais savoir pourquoi mon regard sur les enfants (????) lui fait froid dans le dos. Non mais, un comble ;o)

Chère Art Monica. J'ai dû me tromper d'heure sans aucun doute. Pour mon froid dans le dos, il ne concerne absolument pas la description que vous faites du fonctionnement de l'enfant, qu'il est sans nul doute utile de connaître, il concerne l'emploi d'un vocabulaire spécialisé de psychologue dans un débat qui touche à la scolarité d'enfants ne présentant aucune pathologie... ce qui provoque immanquablement un effet de rapprochement avec ces pathologies. C'est donc davantage une question de positionnement qu'une question de vocabulaire. Je n'ai pas la disponibilité de vous répondre ici de façon plus détaillée, je le ferai donc sur mon blog dans les jours qui viennent. Cordialement Serge Koulberg

Cher Serge Koulberg, Oui, effectivement, il y aura un débat à mener, sans simplifier nos positions respectives et en les argumentant. Les termes que j'emploie pour le développement "normal" et "pathologique" du langage écrit viennent de la psychologie du développement, de la psychologie cognitive, de la psycholinguistique et de la neuropsychologie. Le pathologique est une atypie, mais aussi un analyseur du normal. Les enfants et adultes dyslexiques nous ont beaucoup appris sur la façon dont nous lisons.Ce qui est mis en place pour aider ces enfants peut bénéficier aux enfants normaux. Je n'établis peut-être pas autant que vous une cloison opaque entre le normal et le pathologique. C'est sans doute ce qui vous a fait froid dans le dos. Mais nous en discuterons plus en détail bientôt. Et vous cesserez, je l'espère, de frissonner ;o) Bien cordialement.

@ Serge: L'influence de la TV commence à être intéresante à discuter à partir du moment où où on ne lui prête pas plus de pouvoir qu'elle n'en a. (on peut dire la même chose de l'école), à partir du moment où on l'envisage comme symptôme et souvent comme miroir de notre gâchis social et non comme sa cause   Je n'ai pas écrit que la TV était la cause du gâchis social ni qu'elle avait tous les pouvoirs... Mais elle contribue à renforcer le gâchis social et à l'empirer, enfermant les enfants dans un monde fait de peu de mots et de peu de sens, donc de peu de pensée.   L'effort qu'ils doivent produire pour s'en sortir est d'autant plus important, car il leur manque beaucoup d'outils que les autres ont depuis leur petite enfance... Ils ont donc besoin d'un soutien plus important, le plus tôt possible dans leur vie.   Ce que vous écrivez sur la société vieillissante est vrai, mais comme toute vérité, elle a une autre face, les enfants étant rares, ils sont devenus l'objet de toutes les attentions, ce qui les "pourrit" assez et ne contribue pas à leur épanouissement en toute liberté. Les attentes placées en eux sont surdimensionnées.

Comment répondre ? Le problème, c'est que vous êtes en campagne électorale sur l'ensemble de vos billets ("je souhaite que tous les enfants de deux ans.."), et que vous ne tolérez pas que l'on ne partage pas vos analyses univoques. Vous pratiquez les mêmes techniques de communication que l'Empireur : "Tous les bobos qui pensent que...". Cette technique c'est : affubler à ceux qui n'adhèreront pas à votre propos une position caricaturale et intenable avant même qu'ils aient eu la parole. Les auditeurs placeront illico les opposants dans cette posture, et en leur enjoignant de se dédouaner de cette posture sans leur permettre de le faire, vous les disqualifiez. La disqualification sera d'autant plus grande qu'ensuite il suffira d'écrire FAUX ou FAUX ou VOUS PARLEZ DE CE QUE VOUS NE CONNAISSEZ PAS. Autre technique : Aller même jusqu'à le montrer comme ridicule ("les bobos", ceux qui n'adhèrent pas sont forcément des bobos, le dernier des imbéciles gauche caviar, quoi). Voilà, tout ça et encore bien d'autres choses c'est la technique des amalgames politiques. On fait parler l'autre comme on souhaite qu'il prenne position, en sachant très bien qu'il n'a pas cette position, et on lui refuse de se dégager de cette posture caricaturale. L'Empireur place le PS dans cette position en permanence ("et l'on voudrait que je relâche les criminels..." mais personne ne le demande), Bayrou aussi.
En quoi vos positions sont caricaturales ? Je persiste, elle sont entièrement à charge.
Je n'ai pas lu l'entièreté de vos commentaires avant le mien sur la "charge". Je me contente de lire votre billet. Comme bcp de lecteurs. Dans votre billet pas de tempérance. Ensuite, puisque maintenant j'ai lu votre commentaire si positif, puis-je vous signaler que si vous avez la gentillesse de donner un bon point à une (une seule, allemande) émission télé, vous ajoutez immédiatement qu'elle n'a jamais été diffusée en France. Le reste de la planète oui. Mais pas la France (Je connais votre point de vue : la France est en-dessous de tout à tous les niveaux). Je ne vois pas comment la France peut se trouver valorisée à quelqu'endroit. Deux négations ne font pas un positif. C'est encore une des techniques des vieux briscards de la politique, faire croire que oui. Sur France Inter, hier, à un journaliste qui lui disait "Ça ne faisait pas partie des promesses de campagne, la suppression de la pub" lors d'une joute verbal autour de "les français nous ont élu pour des réformes", le porte parole de l'UMP répondait "Nicolas Sarkozy n'a jamais dit qu'il ne supprimerait pas la publicité". Waouw.
Elles sont caricaturales encore pour ceci : Je suis allé en prison, je suis allé en collège de ZEP et lycée technique, pour y faire mon métier : dramaturge, cinéaste. Vous dites qu'ils n'ont pas de vocabulaire donc pas de pensée. C'est faux. Ils ne parlent pas la même langue que vous. Ils parlent une langue qui leur est utile, et que vous ne comprenez pas (rassurez-vous, il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas non plus). Vous faites l'impasse totale sur le jeu du Pouvoir par la langue. La langue juste et correcte est toujours la langue du plus fort. Votre rapport à la langue est un rapport où le Pouvoir y a une place extrêmement forte. Voir vos positions sur le multilinguisme. En faisant cette impasse sur le Pouvoir par la langue, vous ne vous apercevez même pas à quel point vous stigmatisez des couches sociales en les unifiant dans vos descriptions, alors qu'elles sont multiples et mouvantes. Les positions "dans les banlieues, ils ne pensent pas, parce qu'ils ne savent pas parler, et comme ils ne savent pas parler, ils brûlent des voitures" sont des positions tenues par les adeptes du Finckelkrautcrétinisme. J'ai déjà eu l'occasion de l'écrire. Elles sont reprises en boucle, surtout par les politiques et les médias qui les suivent. Des élèves de ZEP de 6è, 4è et 3è ont décerné un prix littéraire théâtre, après trois mois de lecture et de débat, ils ont choisi "Ohne", une pièce que j'ai écrite pour France Culture. Oui, vous avez bien lu dans la même phrase : ZEP et France Culture. Lisez-là (la pièce), vous verrez, elle est difficile à lire (Elle est même carrément mal écrite, pourront ironiser certains). Mais elle parle de ce rapport à la langue. Ce sont des gamins qui passent leur temps devant les jeux vidéos et la télé qui ont choisi ce texte "France Culture". La langue française a un seul mot pour la neige, là où les langues inuits en ont dix ou vingt. Est-ce le français qui est pauvre ou l'environnement qui ne nécessite pas un tel vocabulaire ?
Je termine par la musique et les langues. Très vite. L'apprentissage d'une langue est toujours une ouverture sur une culture supplémentaire. Mais je constate que tous ceux qui affichent cette conviction la tempère toujours de position très mitigée sur l'usage des arts à l'école. Temps perdu. L'apprentissage de la musique met en place exactement les mêmes processus cognitifs. Pas au mêmes endroits (pour faire vite). On lit et on écrit la musique, on mémorise et on développe mille techniques fines. Il y a grammaire et orthographe musicale (à ce titre, on pourrait à juste titre se marrer du double bémol qu'il conviendrait de mettre avant le ré pour signifier qu'il est bémol lorsqu'il est employé en clé de fa et non en clé de sol...). Mais, parce qu'on ne peut pas dire "passe-moi le sel" avec de la musique (encore que), c'est un sous-langage ? Il y a des choses que l'on ne peut écrire qu'avec la musique. Ces choses sont EVIDEMMENT secondaires (j'aime bien la technique "je crie en capitale" pfff).
Le politique dit se préoccuper des besoins des gens. Tant que le politique n'aura pas compris qu'il faut tenir les désirs pour aussi importants que les besoins, la politique n'ira nulle part. Elle ne fera que du paternalisme. Certains continueront à dire que le paternalisme est de bon aloi.
Enfin pour conclure en une image : Caïn a tué Abel. L'histoire est célèbre. Il l'a tué à coups de manche de pelle. Si si. Dans leur grande sagesse, les anciens auraient-ils dû interdire les pelles ? Stigmatiser les pelles ? Exiger que l'on fasse des manches mous, afin de ne plus pouvoir tuer quelqu'un avec ?

Dominique, Vous me prêtez des intentions qui ne sont pas, mais libre à vous d'interpréter mes propos et de les colorer. C'est à cela que l'on s'expose lorsqu'on écrit. . Si j'écris: "A partir de 2 ans", c'est que j'en suis convaincue par mon expérience assez variée dans ce domaine. Je ne souhaite pas mettre un autre âge, car je pense que ce serait une grande amélioration sociale si la France pouvait s'occuper de manière compétente et ciblée de cette tranche d'âge. . Si je parle des "bobos", c'est parce que j'ai entendu diverses émissions sur France Culture et France Inter à ce sujet. Des "bien-pensants" qui trouvent "sympa" le langage des banlieues et sont soutenus à cet effet par une partie de "scientifiques" de l'Education nationale. Pour moi, selon mon expérience- j'ai travaillé comme bénévole en milieu carcéral pendant plusieurs années - c'est un crime, tout simplement. . Vous interprétez encore mon propos sur l'émission "Die Sendung mit der Maus". Je constate qu'elle est diffusée dans de nombreux pays, mais pas en France. Où est la polémique ? . Je n'ai jamais dit que les gens en milieu carcéral n'avaient pas de "pensée", vous caricaturez terriblement. Ils ont une expression, des mots - outils de la pensée - limités dans leur variété. Si vous lisez ce que j'écris de l'exemple sur l'oiseau, l'arbre et la fleur, il s'agit de réalités vécues pendant plusieurs années. Et de la violence qui en résulte de voir ses limites par rapport à d'autres qui ont d'autres outils à leur disposition. . Vous écrivez à juste titre: "Ils parlent une langue qui leur est utile c'est exact, mais "ce qui est utile" est très subjectif, et cette langue ne leur permet pas de s'imposer dans la sociéte dans laquelle ils vivent, autrement que par la force ou autres outils. C'est il me semble ce que vous refusez de voir, appelant "puissants" ceux qui ont tout simplement une palette d'outils plus importante pour s'exprimer et penser.   Je ne pense pas qu'il faille appeler "puissants" toute cette partie de la société qui n'a en fait aucun autre "pouvoir" que celui de la facilité d'expression. C'est trop noir et blanc... Les choses sont beaucoup plus complexes. Et votre caricature "dans les banlieues, ils ne pensent pas, parce qu'ils ne savent pas parler, et comme ils ne savent pas parler, ils brûlent des voitures" chose que je n'ai jamais dite ni pensée est outrancière et ne prouve rien. Tout comme vos sous-entendus agressifs... . Vous écrivez "Je suis allée en prison, en collège ZEP". . Cher Dominique, c'est bien d'y aller. En ce qui me concerne, j'ai vécu et accompagné des personnes incarcérées, pendant et après leur détention, pendant des mois et des années, cela demande de la persévérance: aide aux démarches administratives, à la gestion de leur argent, recherche de logement, de travail, appel tous les matins pour qu'ils se lèvent pour aller au boulot et ne le perdent pas au bout de 15 jours, suivi psychologique à cause de leurs "peurs" profondes mais avouées uniquement à des gens de confiance. Peur de se retrouver dans un grand espace avec du monde, comme une place ou tout simplement un Mc Do. après avoir vécu plusieurs années dans un espace de 9 m2. Peur de se lier socialement, peur d'être agressé dans la rue, réagissant aux regards des autres et soupçonnant l'agression, etc. etc... . Je n'y suis pas "allée" pour jouer, mais connais pour l'avoir vécu jour après jour, la problématique de la délinquance, ses sources, ses racines, ses conséquences etc... Permettez-moi donc d'avoir un avis sur le domaine ayant une assise autre que quelques "visites". Et ne m'ôtez pas l'empathie pour y mettre du calcul politique. Je l'ai fait parce que j'aimais ces personnes. Tout simplement. Et que je trouvais qu'il valait mieux agir que de les laisser retourner en prison. 80% des détenus y retournent parce qu'ils n'ont PERSONNE. L'Etat peut certes donner du fric, mais cela ne changera rien au problème purement humain. Et l'Etat qui est-ce sinon vous et moi ?   Je ne parle pas de "pouvoir" mais d'empathie. Je pense que votre idéologie vous aveugle un peu... Je ne parle pas de politique, mais d'êtres humains et essaie de réfléchir et proposer pour résoudre ce qui m'apparaît comme un immense problème. Et je préfèrerais qu'il n'y ait pas besoin d'accompagner ces personnes en difficultés dans la société, qu'il n'y ait pas besoin de RASED, parce que l'Etat et la société se seraient occupés avec compétence de ces personnes lorsqu'ils étaient enfants, à 2 ans par exemple... . Votre pièce sur France Culture, bravo pour cette expérience intéressante. Mais il n'est pas possible d'en tirer une généralité, cela dépend de l'enseignant qui les suivait. Vous en tirez une gloire et une fierté, je peux très bien le comprendre ;-) et ne peux que vous encourager à poursuivre... . Enfin votre histoire de Caïn et Abel est bien jolie, mais totalement inventée. Il se trouve que je connais la Bible dans le texte original, puisque j'ai fait de l'hébreu classique, il n'est jamais parlé de manche de pelle, votre imagination :-) est florissante (normal pour un artiste), mais il vaut mieux laisser les choses dans leur contexte... 4:8 Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. Point de pelle ni de manche :-)) Je doute d'ailleurs que ce que vous appelez "pelle" ait existé à cette époque où le récit est situé... . Allez, un peu plus d'ouverture et moins d'aigreur, cela ferait du bien aux échanges. Je ne vous demande pas de partager mes vues, mais au moins un peu d'objectivité et de critique constructive.

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Ma remarque est un peu hors sujet mais est symbolique de la place donnée chez nous à ceux qui ont pour mission d'accompagner les enfants.Comme pédiatre soucieux du devenir des enfants, je me suis toujours interrogé sur la rémunération de ceux qui étaient chargés d'apprendre aux jeunes enfants: les enseignants! Le rôle joué par ces professionnels est de loin plus essentiel que celui des professeurs d'université. A ce titre, les enseignants de la petite enfance devrait être mieux rémunérés que ceux qui enseignent tout en haut de l'échelle. A la rigueur, on peut se passer d'un professeur d'université pour ce qui concerne son enseignement: un étudiant peut assimiler la connaissance au travers des livres. Dans plusieurs pays nordiques, ce serait le cas: les enseignants des petits enfants seraient mieux reconnus et rémunéré que leurs collègues universitaires!

Là vous avez tout à fait raison et touchez un des points les plus importants: la reconnaissance des personnes qui s'occupent de la toute petite enfance . C'est bien là que l'on voit dans une société l'importance que l'on attribue à cette tranche de vie qui est pourtant la base de toute la vie d'adulte. . La remarque de Xavier Darcos - "couches-culottes" et "sieste" avec bac+5 - m'a fait bondir et vraiment mal. . A mettre en parallèle avec cette étude de l'OCDE: http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/090908/les-enfants-francais-n-aiment-pas-l-ecole-pourquoi que les médias français ont sciemment étouffée. . Je les mets juste en comparaison avec les déclarations suivantes: "L'école maternelle, ce n'est pas une garderie, c'est un endroit stratégique pour l'éducation. L'idée que l'école maternelle est une garderie est une idée d'un autre temps. C'est au moment de l'école maternelle qu'on devrait détecter les difficultés des enfants et leur apporter une réponse précoce. . C'est sur cette école maternelle qu'il faudrait faire reposer l'investissement de la nation pour essayer de corriger l'inégalité la pire, qui est l'inégalité culturelle.... . Il faut donc faire deux choses majeures, si l'on veut relever ce défi du zéro illettrisme ou de l'illettrisme tendant vers zéro: 1) il faut accompagner et repérer très tôt les enfants qui vont rencontrer des difficultés... 2) C'est une charge pour la Nation, mais c'est un investissement parce que, si vous les rattrapez, ces enfants, vous allez avoir beaucoup moins de difficulté lorsqu'ils seront adolescents et lorsqu'ils seront adultes. . Je vous laisse découvrir l'auteur de ces idées - selon moi - plus sensées.

En lisant différentes contributions une idée s'impose à ma petite expérience : Je veux parler du Grand Livre des Ânes. Pour ceux qui ne sont pas au courant, il s'agit des traces et indices que les bêtes abandonnent sur leur passage, et que nos ancêtres connaissaient assez bien, sauf les bracos, qui les connaissaient très bien. Mais cette observation nécessite justement les mêmes qualités diverses que l'apprentissage des enfants : contexte, souvenirs, odeurs, intérêt pour les détails, bruits et voix, profil de la végétation… etc. Ainsi, l'observateur averti saura dire en traversant un milieu, sans même y prêter grande attention : " ça sent la Genette ou le Grand duc." Non pas une question d'odeur mais de physionomie ou d'identification du paysage, que nos écoliers d'antan connaissaient, car l'école était loin et ils menaient les bêtes paître sur les pasquiers le soir… Autrement dit la télé. développe une ouverture d'esprit fantasmagorique, sinon très partielle, voire partiale, parce qu'elle enferme sur un déphasage social et biologique total. Oui, elle propose une ouverture d'esprit, mais inutilisable; par exemples des reportages sur les animaux ou sur les pays exotiques, ne permettent absolument pas de le faire soi même, le contexte est évaporé. On a donc affaire avec des gens qui croient tout connaître, mais n'ont aucune expérience.

Cher Phylloscopus, Comme vous avez raison! Le savoir par l'odeur, le goût, le toucher, les souvenirs, la nature... Vivant en banlieue de Bordeaux, j'étais toujours émerveillée quand nous allions voir la famille qui habitait à Castets dans les Landes, une maison à 4 km du voisin le plus proche, en pleine forêt. Une cousine aimait me montrer les nids de faisans dans la forêt et reconnaissait les "routes" du renard dans les champs et les bois. Tout cela, les enfants l'on VU à la TV, mais ne l'ont jamais senti, appréhendé et donc appris.

VIDEO (ICI) sur l'influence de la télévision et des jeux vidéo violents sur les enfants.

Peut être aurais-je dû ajouter que vis à vis de la lecture et de l'orthographe, la télé. et l'informatique jouent le même rôle, on croit s'affranchir des règles par une écriture ou des expressions télégraphiques… parce qu'on n'a rien à dire, bien qu'on parle continuellement. Personnellement, j'ai fait beaucoup de dictées et j'ai reçu beaucoup de zéros (5 points par faute !), mais aujourd'hui, 60 ans plus tard ! je me suis rattrapé en lectures et je trouve que l'orthographe d'un mot possède un sens, comme un indice ou une coulée dans la nature. Il faut dire aussi que je dispose maintenant de bons dictionnaires, qui racontent la vie des mots.

je me suis rattrapé en lectures et je trouve que l'orthographe d'un mot possède un sens, comme un indice ou une coulée dans la nature. Il faut dire aussi que je dispose maintenant de bons dictionnaires, qui racontent la vie des mots. Comme c'est bien dit !   Tout commence en effet par la lecture... Au lieu d'offrir des jouets débiles qui vont dans le coin au bout de quelques jours, un livre lu avec l'enfant, encore et encore, serait bien plus profitable.   Je me souviens des bouquins que nous allions prendre à la bibliothèque du coin, mon fils les choisissait et nous les gardions 15 jours. On en lisait le soir quelques pages, il s'imprégnait des images et posaient une foule de questions sur les images et le dialogue s'installait, les mots s'apprenaient tout seuls. Au bout des 15 jours, c'était lui qui disait les textes par coeur, sans savoir lire. Quand il a su lire tout seul, le pli était pris, nous lisions encore ensemble, à cause du plaisir du soir, mais c'était lui qui lisait. Et l'orthographe s'est apprise toute seule.   Il a d'abord appris à lire en allemand en CP. Puis un soir du CE1, pendant les vacances de Noël, il s'est construit une cabane dans le salon, a pris tous ses livres en français, s'y est enfermé et s'est mis à les lire tout seul, pendant des heures... L'orthographe en français est venue aussi toute seule, par la lecture...   C'est pourquoi je pense que c'est une nécessité de faire aimer la lecture dès la toute petite enfance. Le plus tôt possible. Je plaide pour 2 ans, des histoires lues avec les enfants par les adultes dans des "jardins d'enfants" qui ne soient surtout pas "scolaires".   Il y a aussi tant de personnes âgées qui ont tellement de temps, il serait possible d'organiser de tout petits groupes de 3 ou 4 enfants avec lesquels elles liraient de beaux livres qu'ils ne peuvent avoir dans leur famille. C'est à l'Etat d'organiser ce genre d'activités au niveau national.   Ce genre de structures existe beaucoup en Allemagne du Nord. Souvent ce sont des grands-mères qui viennent le soir faire le "babby-sitting" et lisent des histoires et à d'autres moments de la semaine. foto1.jpg http://www.jaz-ev.de/ueberuns/ueberuns.htm.. Sa fondatrice a eu la légion d'honneur en novembre dernier.   et les familles aident les séniors: foto4.jpg http://www.jaz-ev.de/projekte/projekte.htm   C'est ce que j'appelle la cohésion sociale. Il y a beaucoup de ces organismes dans le pays, comme encore: http://www.oma-u-opa-hilfsdienst.de/index.html   Des concepts de constructions immobilières pour l'entraide entre les générations   Je l'ai vécue personnellement à Hambourg, une grand-mère du quartier était toujours là pour garder mon fils, se promener avec lui, lui parler de l'Histoire de la ville mieux que moi, lui lire des histoires...   Il l'aime aujourd'hui - elle a 87 ans - plus que sa "vraie" grand-mère... Il me disait souvent "C'est bien qu'elle existe"...   Bien sûr c'est à l'Etat d'organiser la vie de ses plus jeunes citoyens, pendant la petite enfance. Mais si toutes les composantes de la société pouvaient travailler à la construction des nouvelles générations, ce serait génial... C'est faisable, je l'ai vécu... Il faut juste le vouloir, l'organiser.

Retour dans le débat avec un temps un peu plus disponible. Je réponds ici à Art Monica et à Etoile 66 Si j’ai une réaction épidermique à partir de quelques mots issus d’un vocabulaire spécialisé de psychologue, c’est qu’il était déjà question dans le billet d’Etoile66 et sur un débat portant sur l’école maternelle d’une part et sur la télévision d’autre part, d’un appel éventuel à des pédiatres pour évaluer la progression de l’enfant. C’est aussi que sur le fil des commentaires il est souvent question des enfants issus de classes défavorisées ou des enfants qui n’ont pas la chance de… Et comme je le fais le plus souvent, je réponds à ce que je lis entre les lignes, je puise dans les échos que cet ensemble d’écrits éveille en moi… plus que je ne cherche à répondre point par point au propos dont je reprends quelques mots dans mon commentaire. Ce rapprochement donc entre « les enfants qui n’ont pas la chance de… » et l’irruption sur le fil d’un regard médical sur la question des progressions plus ou moins empêchées par une fréquentation de la télévision sans accompagnement, me ramène à des questions sur lesquelles je me sens particulièrement intolérant : autant toutes les découvertes récentes sur le développement de l’enfant me paraissent intéressantes à connaître, autant il me semble dangereux de les transformer en recettes, ou d’en faire une pré-lecture de pathologies (ce n’est pas ce que vous faites, mais cela se pratique de plus en plus dans le milieu scolaire et dans le milieu de la formation pour adultes : interventions des orthophonistes, des psychologues dans le milieu scolaire, formations diverses confiées à des formateurs/psychologues. Et tout cela concours dans l’esprit de beaucoup de gens à remplacer des données essentiellement sociales par des données essentiellement médicales avec une culpabilisation maximum des parents qui résistent à ces « services » et avec des effets dévastateurs sur les enfants ainsi « repérés », « classés », « soignés » avec généralement bien peu de résultat puisque justement ils ne sont pas malades. Or les apprentissages linguistiques dépendent davantage de la motivation de l’enfant à aller chercher le savoir ou le savoir-faire que des circonstances qui rendent cet apprentissage plus ou moins facile. Et je crois qu’il en est de même pour tout apprentissage. Il fut un temps par exemple ou certains apprentis mettaient deux ans pour obtenir le même diplôme que d’autres en cinq ans, ensuite les seconds n’étaient pas des ouvriers ou des artisans moins compétents que les premiers. Mais que serait-il arrivés aux seconds si on s’était mis à soigner leur retard ? Je crois qu’il y a des apprentissages naturels (mêmes s’ils ne conduisent pas tous à l’intelligence conceptuelle primée à l’école) et qu’il faut y intervenir avec infiniment de précaution. Qu’il faut particulièrement faire attention à tout ce qui peut faire douter l’enfant de ses propres capacités. Or le discours médicalisant comme le discours sur les enfants qui n’ont pas la chance de… me paraissent avoir pour premier effet d’isoler l’enfant et de le condamner à ramer de remédiation en remédiation sans lui laisser l’espace nécessaire devant lui pour reconnaître et développer ses compétences. Quant aux compétences des personnes issues des milieux défavorisés, aux représentations que nous en avons, je vous invite à lire les livres de Jacques Rancière. Serge Koulberg

Cher Serge, Ci joint, sur le thème de l'abord "médical", mon point de vue de pédiatre PMI sur ce thème Bien à vous

Serge, Excusez-moi, mais vous voyez le monde à travers vote lunette sans essayer de penser autrement que selon le système franco-français. Vous écrivez: le discours sur les enfants qui n’ont pas la chance de… me paraissent avoir pour premier effet d’isoler l’enfant et de le condamner à ramer de remédiation en remédiation sans lui laisser l’espace nécessaire devant lui pour reconnaître et développer ses compétences. Votre remarque me fait peur. Car je n'ai jamais pensé une seconde "isolation" de l'enfant, mais prise en compte de tous les enfants par le JEU pour leur permettre d'acquérir les mots en écoutant parler et en discutant tout en jouant sur des histoires qui les intéressent. C'est ce que j'ai connu dans les jardins d'enfants en Europe du Nord. Et il me semble qu'ils ont en général de meilleurs résultats scolaires, moins de frustrations que celles générées en France par le système scolaire très cloisonné et intellectualisé. Laissez les enfants JOUER, c'est ainsi qu'ils apprennent, et surtout sans "distinction", "isolement" et "remédiation". Pourriez-vous peut-être essayer de penser hors de votre cadre fermé ? Voici ce qu'il donne: http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/090908/les-enfants-francais-n-aiment-pas-l-ecole-pourquoi

A Serge Koulberg, Je vous ai répondu personnellement plus haut, et vous répondez en bloc à Etoile 66 et moi, qui avons des conceptions et des expériences différentes. J ne me reconnais pas du tout dans la démarche médicalisante que vous me prêtez et contre laquelle je me bats. Je connais fort bien - et sur plusieurs angles - le sujet, contrairement à ce que vous supposez. Vous avez des réactions épidermiques en m'imputant des messages que je n'ai pas écrits, à des fausses heures. Il vous suffirait de lire mes réponses à Etoile 66 déjà sur ce Fil pour vous en rendre compte. Vous pouvez développer votre conception personnelle de l'école et votre refus de la médicalisation, sans m'attribuer des horribles notions de "psy" et sans me prendre comme repoussoir. Ce serait une façon plus constructive de dialoguer. J'espère que nous y parviendrons un jour. A condition toutefois de bien lire l'un et l'autre ce que nous écrivons, et de votre côté de ne pas me traiter de "psy" à la mords-moi le médical. Je ne suis pas celle que vous croyez, Mr Koulberg. C'est à moitié une plaisanterie.

Chère Art Monica, j'espère ne pas arrêter de frissonner de si tôt et je ne vous crois pas être celle que vous n'êtes pas.Il me semblait avoir été clair ci-dessus mais je vais essayer de l'être encore davantage en vous répondant à vous et rien qu'à vous comme tout être bien éduqué doit le faire, bien sûr. (je n'avais pas vu votre billet de 20h. cette fois j'ai vérifié pour ne pas risquer le hors sujet) J'ai bien noté que vous aviez utilisé en tout et pour tout un seul mot du vocabulaire issu de votre expérience dans le domaine de la psychologie du développement, de la psychologie cognitive, de la psycholinguistique et de la neuropsychologie et je vous assure de nouveau que je n'en ai tiré aucune conclusion sur une éventuelle appartenance de votre part à la secte des psy réductionistes. Aussi, pour ne pas risquer de cultiver le malentendu plus profondément, je me suis efforcé de décrire Ma réaction à ce mot unique dont je ne tire aucune conclusion quant à ce que vous êtes, j'ai essayé de vous indiquer les présupposés qui grenouillent dans ma tête à ce sujet. Je ne vous fais aucun procès de complicité avec la médicalisation ambiante et je ne suis pas fermé aux lumières des sciences du langage, du cerveau et du développement. Mais... J'aimerais savoir si vous êtes d'accord avec moi sur les effets dangereux de cette médicalisation. Parfois, j'essaye d'imaginer comment les enfants apprendront à parler lorsqu'avec "tout ce qu'on sait" on se mettra en tête "de leur apprendre à parler" au lieu de leur parler. Au plaisir de vous lire. Serge Koulberg

Cher Serge, Non seulement je suis d'accord avec vous, mais je m'échine dans mon travail à lutter contre cette médicalisation qui me sort par les trous de nez (qui fulminent souvent de ce fait). Je suis scandalisée de voir que parfois 50% des enfants d'une classe sont en orthophonie, alors que leurs difficultés ne relèvent pas toutes - loin s'en faut - de la pathologie. J'essaie d'avoir une démarche que j'appelle "intégrative", c'est-à-dire qui tienne compte des acquis de l'interdisciplinarité. Ce n'est pas très facile, car beaucoup de professionnels fonctionnent dans des oppositions stériles "tout social", "tout psychologique", "tout organique". Mais bon, je m'obstine et trouve souvent des échos, car ma préoccupation c'est l'enfant. A bientôt pour des dialogues constructifs ! Bien cordialement.

Cher Serge, Vous dites : Parfois, j'essaye d'imaginer comment les enfants apprendront à parler lorsqu'avec "tout ce qu'on sait" on se mettra en tête "de leur apprendre à parler" au lieu de leur parler. Il arrive parfois - rarement - que certaines mères psychotiques normales parlent à leur bébé en se mettant en position de leur "apprendre" à parler : elles se positionnent inconsciemment comme disposant d'un savoir "complet" que le bébé ne peut pas contribuer à faire évoluer. Cela occasionne alors des retards d'entrée dans la parole pour ces enfants. Donc, parler aux enfants, d'accord, mais cela ne suffit pas : il est nécessaire qu'une place de sujet de la parole soit attribuée dès la naissance au bébé, soit de le considérer comme "parlant", en puissance de paroles à venir si je puis dire, mais déjà là, dans le dialogue comme place symbolique. Un dialogue s'établit alors où l'enfant répond à la mère par ses mimiques, ses regards, de petits gestes ébauchés que la "folie maternelle primaire" interprète, considère comme des réponses - "folie maternelle primaire", c'est une expression que j'ai lue jadis sous la plume de je ne sais plus quel psy, expression qui rend compte de l'étonnement qui saisit parfois les observateurs extérieurs devant la richesse de la matrice de dialogue possible que les mères prêtent à leurs enfants. Au plaisir de vous lire bientôt sur ce sujet donc, Joha

Joha, Je n'ai pas toujours été d'accord avec vous, mais ici je vous rejoins complètement!

Chère Etoile 66. Veuillez me pardonner d'avoir d'une seule réponse englobé deux réponses. Je m'empresse ici de corriger cette inconvenance. Cependant... c'est bien le rapprochement entre une entrée médicale dans le sujet et plusieurs allusions aux pratiques "des milieux défavorisés qui m'ont fait chausser mes lunettes de sept lieux. Je me suis trouvé d'accord avec vous sur ce que j'appelle l'accompagnement attentif des apprentissages de l'enfants, d'accord avec vous sur "les jardins d'enfants plutôt que "les écoles maternelles", d'accord avec vous sur la nocivité de la télévision sans occasion de développer un regard critique sur ce qui est vu et entendu. J'ai lu cela comme l'essentiel de votre message. Il n'en demeure pas moins que j'ai été choqué par certaines de vos expressions par exemple "Ils ont un vocabulaire très limité qui ne leur permet pas de concourir avec ceux des classes favorisés. Il faut justement veiller dès la plus petite enfance à l'extension de leur vocabulaire pour leur donner les outils dont ils ont besoin tout simplement pour COMPRENDRE le monde qui les entoure... lorsque les citoyens ne sont pas formés ni informés, ils sont manipulables." Ce sont des mots qui laissent croire qu'il n'existe qu'une seule forme d'intelligence, la conceptuelle, la scolaire, celle sur laquelle s'opère la sélection, ce sont des mots qui nient toutes ces autres formes de l'intelligence dont la société a un grand besoin et qui sont reléguées au rang folklorique, ce sont des mots qui nient toutes les réussites paradoxales qui seraient bien plus nombreuses encore si notre système scolaire était moins ravageur. Mais cette importance accordée aux mots des classes favorisées nie également le fait que tous ces mots n'ont empêché ni le fascisme, ni l'élection à la présidence de la république du ministre de la police, ni la monumentale lâcheté de notre petit monde médiatique au demeurant très cultivé. Tout l'art de la seconde moitié du XXème siècle accuse le poids de cette évidence. Alors notre culture, oui, mais avec des pincettes. Je n'en tire aucune conclusion sur vos convictions personnelles, je n'ai pas l'habitude de juger les gens, je vous informe de ce que j'entends lorsque je lis ces mots-là. Une histoire racontée par Jacques Rancière que j'ai déjà cité par ailleurs mais qui a bien sa place ici : JR raconte comment, au XIXème siècle des écrivains amateurs, qui s'efforçaient d'imiter "leurs modèles" allaient porter fièrement leurs vers aux grands écrivains de l'époque Victor Hugo, Lamartine etc... et ceux-ci les recevaient en les encourageant "à écrire plus populaire", car dans le modèle classique, ils n'arriveraient jamais à la qualité des poètes reconnus. Ce ne sont que quelques mots au milieu d'un message auquel j'adhère sur bien des points, mais je ne peux pas les laisser passer sans réagir. Cordialement Serge Koulberg

Pourrait-on ici parler tout simplement de l'intelligence du cœur, chose plus spontanée et plus naturelle dans les milieux populaires que dans milieux favorisés?

@ Serge: Je pense que nous avons des difficultés à nous comprendre. Je parle de choses tout à fait pratiques. Des enfants qui ne connaissent pas le sens des mots, sont comme des étrangers dans leur propre pays. La fille de ma voisine m'avait alertée quand à 11 ans, elle ne comprenait pas le sens du mot "béton". J'avais essayé de l'aider, car elle était en difficulté scolaire, et me suis aperçue que dans un texte simple, elle n'en comprenait que la moitié ou même un tiers.   Comment un enfant ainsi étranger dans le monde qui l'entoure peut avoir une chance de suivre les cours, puisqu'il ne comprend pas ce que dit l'enseignant ni ce que disent ses camarades?   Aimeriez-vous être dans cette situation ?   C'est de cela que je parlais et de rien d'autre.   Les détenus que j'ai accompagnés avaient également un vocabulaire très, très réduit. Comme je l'indiquais déjà sur ce fil ou un autre, une chose m'avait frappée, certain ne connaissaient aucun nom d'oiseau - merle, pigeon, etc. inconnu à bord - ou d'arbre - chêne, peuplier, saule pleureur, inconnu à bord - de même avec les fleurs. Et c'était dans tous les domaines à peu près pareil. Le strict minimum pour survivre...   Quand ils étaient dans une administration, le fonctionnaire posait des questions et ils me regardaient disant "Hein, qu'est-ce qu'il dit ?"   Seuls face à ces agents, ils prenaient la mouche et devenaient violents, tout simplement par frustration de se trouver dans cette situation d'infériorité.   Voilà ce que je voulais dire. Et je pense que c'est le devoir de l'Etat d'éviter que des enfants, puis des adultes ne se trouvent dans de telles situations. Pour eux, pour leur vie tout simplement.   De plus, pour l'exercice de la démocratie, il est important d'avoir des citoyens qui soient informés des enjeux et les comprennent et non de citoyens qui soient manipulés par les discours simplistes.

à Joha1008 Je ne parle que des enfants "normaux", n'ayant aucune compétence pour aborder la question des pathologies. Et à propos de ces enfants "normaux" ce qui me préoccupe c'est de savoir comment ne pas transformer les connaissances que nous possédons aujourd'hui grâce à différentes sciences, en effets de culpabilisation de la pauvreté et des situations sociales difficiles. Je suis persuadé comme vous de la richesse du dialogue qui peut s'établir entre une mère et son enfant avec tous les langages du corps et de la parole, je suis persuadé que les parents ont tout à gagner à mieux connaître les mécanismes du développement de l'enfant, mais je crois qu'ils ont tout à perdre d'appliquer des recettes, c'est à dire d'oublier d'être avant tout eux-mêmes. Serge Koulberg

Réponse à Serge Koulberg, Pas évident les "plurialogues" par écrit - nécessité de nombreuses reprises pour arriver à peaufiner quelques avancées à plusieurs. Je me sens souvent en accord avec vos commentaires et billets mais là, je cale sur le terme enfants "normaux" - même avec les guillemets, je cale sur ce gros mot : NORME. Je cale encore plus du fait que vous argumentez de votre incompétence pour aborder la questions des pathologies - après avoir évoqué Rancière ? La norme, c'est quoi la norme ? N'est-ce pas souvent celle des plus forts, soit de ceux qui établissent les normes ? Autant pour moi cependant car c'est bien moi qui ai écrit mères psychotiques normales sans guillemets ! Je pensais que l'oxymore, le paradoxe, serait évident... Il est possible que ce ne soit pas le cas, donc, je précise ici qu'en matière de normes, une de mes références est Georges Canguilhem, dont la thèse s'intitulait "Essais sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique" - oui, ce Canguilhem qui décida de prendre congé de l'enseignement en 1940, déclarant au recteur de l'époque : « Je n'ai pas passé l'agrégation de philosophie pour enseigner Travail, Famille, Patrie. » "Pour Georges Canguilhem, le pathologique ne peut pas se définir de manière objective car il ne nous est pas possible de comprendre la maladie indépendamment du point de vue du malade." (Catherine Halpern) Canguilhem a introduit sa thèse par ces mots : « La philosophie est une réflexion pour qui toute matière étrangère est bonne, et nous dirions volontiers pour qui toute bonne matière est étrangère ». Alors, ne soyez pas persuadé que les parents ont tout à gagner à mieux connaître les mécanismes du développement de l'enfant car il n'y a là nulle mécanique sinon celle des "recettes" dont vous avez bien compris l'inutilité nocive quand elles s'imposent comme norme, voire comme mode - mais pouvoir parler avec quelqu'un des questions que l'on rencontre comme mère ou comme père, cela n'a pas de prix, et cela a toujours existé comme nécessité allant à la rencontre de la transmission des savoir y faire avec.... N'excluez pas de vos propos la place de la pathologie quand elle croise celle de "la pauvreté et des situations sociales difficiles" car quand les parents travaillent comme des galériens, il n'y a plus personne au foyer pour parler tout simplement ou pour amener à une consultation un gosse qui rencontre quelques problèmes pour se construire avec les éléments qui lui ont été attribués. Un bémol : il y a de plus en plus de parents de petite classe moyenne qui n'ont plus le temps... Les autres, ils prennent des "nounous" ! Un dernier mot sur la culpabilité. Autant je pense qu'il est ... d'accuser des êtres humains en leur disant que s'ils sont pauvres, c'est de leur faute. Autant je pense sincèrement que mettre un enfant au monde relève toujours de la culpabilité intérieure - des états d'âme si vous voulez - car il faut être "fou" pour mettre des enfants au monde quand on voit l'état du monde : cela ne date pas d'hier et cela croise la question de la sexualité. Je précise que je fais partie de ces fous - folle dans mon cas - qui ont mis des enfants au monde. De cela, je réponds. Donc, je pense qu'il faut différencier accusation, culpabilité et responsabilité : car se sentir responsable - du vebe "répondre" -, c'est parfois la dernière dignité qui nous reste, étant entendu que certain(e)s ont été et/ou se sont exclus de cette dignité sans qu'il faille pour autant leur jeter la pierre ! Post-scriptum : Ce billet parlait de télé et il n'y eut jamais de télé en ma maison - mais l'Allemagne nazie, le stalinisme, l'Angleterre blairiste, la France de Sarkozy et l'Europe ne se sont pas construits avec la télé. Ils se sont construits avec des discours ancrés en la misère. Que l'on branche des gosses seuls face à la télé - et aux jeux "interactifs" - est terrible mais est-ce si différent du quignon de pain salé trempé dans le vin que l'on glissait jadis, dans les campagnes, dans le poing serré des nourrissons qui têtaient ce quignon quand leurs parents travaillaient aux champs comme des forçats ?

Que l'on branche des gosses seuls face à la télé - et aux jeux "interactifs" - est terrible mais est-ce si différent du quignon de pain salé trempé dans le vin que l'on glissait jadis, dans les campagnes, dans le poing serré des nourrissons qui têtaient ce quignon quand leurs parents travaillaient aux champs comme des forçats ? Très bonne question. Après réflexion, je pense que oui, c'est différent. Car le vin les rendait petit à petit dépendants, peut-être, et on sait que l'alcool détruit les cellules du cerveau. Mais la TV, en plus, fait entrer dans les têtes des images et des pensées qui contribuent - entre autres - à formater la pensée. Ce que ne faisait pas le vin dans le pain sucé... Et l'enfant des champs avait encore tous ses sens en éveil pour appréhender le monde, celui qui est assis devant la TV n'a plus que ses yeux et ses oreilles actifs. Il appréhende la vie par media interposé...

Je vous suggère de vous intéresser à l'ouvrage qui fait référence en la matière et qui date de plusieurs décennies. Il s'agit des Recherches philosophiques que Wittgenstein écrivit dans les années 30. Vous y trouverez de nombreux développements qui aident à saisir la complexité qui accompagne l'apprentissage du langage. Le sens n'y est pas réductible à la signification, le concept de "jeu de langage " extraordinairement éclairant pour mieux appréhender le rôle non seulement de la télévision (par extension) mais également de chaque expérience quotidienne dans l'acquisition de nos mots. Et pour satisfaire les sceptiques, je vous recommande la section II et plus précisément le chapitre sur le Lapin-canard, figure paradigmatique, qui vient jeter un trouble (définitif ?) dans la marre de toutes nos certitudes puisqu'il s'attache à démontrer, bien avant les mots, la fluctuation même de nos perceptions.

Mille mercis pour cette intéressante référence. . Je dois avouer que je ne connaissais pas Wittgenstein. Je viens de lire sa biographie http://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_Wittgenstein et la description de Recherches philosphiques: http://fr.wikipedia.org/wiki/Investigations_philosophiques . Je vais me procurer ses oeuvres, car le personnage m'intéresse particulièrement, un esprit libre, que d'aucuns appellent un génie et qui pouvait dire à la fin de sa vie « Dites-leur que j'ai eu une vie merveilleuse. » . Beaucoup de ce que je viens de lire correspond à ce que nous discutions mon fils et moi depuis longtemps, lui qui travaille dans la Recherche en logique pure. Passionnant en effet. . Les travaux de Wittgenstein sur le langage semblent passionnants. A suivre donc... En tout cas, merci beaucoup, cher sam...

C'est pas mal de commencer Wittgenstein par " Le principe d'incertitude"... Vanc'

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