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Enfin, les medias osent parler franchement de la guerre déclenchée par la France en 1870...

Parce qu’elle est à l’origine de la chute du second Empire, de la proclamation de la IIIème République, de l’unité allemande, de la Commune de Paris, de la perte par la France de l’Alsace et de la Lorraine, et d’un contentieux franco-allemand qui allait durer jusqu’en 1945, rarement une guerre n’a eu autant de conséquences que celle que Napoléon III déclarait à la Prusse le 19 juillet 1870.

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Ainsi commence l'émission de France Inter de ce jour "2000 ans d'Histoire".

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Depuis toujours, nous avons appris à l'école - du moins ma génération - que c'était le méchant Bismarck qui avait déclenché la guerre en 1870 (dépêche d'Ems). Alors que c'est un mensonge historique. C'est la France qui a déclaré la guerre avec toutes les conséquences néfastes que cela a eu, notamment les deux conflits suivants.

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Je viens d'écouter l'excellente émission sur France Inter "2000 ans d'Histoire" qui parle justement de ce sujet et remet un peu les pendules à l'heure :http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/2000ansdhistoire/

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L'émission peut être écoutée pendant 7 jours: http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/2000ansdhistoire/index.php?id=77771

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En voici le sommaire:

"La guerre de 1870

« Après l’invasion prussienne, il n’y a plus de malheur possible. Ce fut le fond de l’abîme, le dernier degré de la rage et du désespoir. »

Gustave Flaubert

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Parce qu’elle est à l’origine de la chute du second Empire, de la proclamation de la IIIème République, de l’unité allemande, de la Commune de Paris, de la perte par la France de l’Alsace et de la Lorraine, et d’un contentieux franco-allemand qui allait durer jusqu’en 1945, rarement une guerre n’a eu autant de conséquences que celle que Napoléon III déclarait à la Prusse le 19 juillet 1870.

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Sûr de la victoire de son armée, il n’imaginait pas ce jour là que, 6 semaines plus tard, il serait fait prisonnier par les Allemands à Sedan, et que son empire serait renversé par une révolution parisienne. « Nous sommes archi-prêts, il ne manque pas un bouton de guêtre » lui avait affirmé son ministre de la guerre, le général Lebœuf. Et c’est pourquoi, ce 19 juillet 1870, Napoléon III était persuadé que son armée serait à Berlin avant la fin de l’été."

 

Ce n'est qu'un sujet, manipulé par l'Etat français dans l'enseignement de l'Histoire dans l'Education Nationale. Il y en a de nombreux et il serait grand temps que les Historiens européens collaborent pour écrire une Histoire plus proche des FAITS et non une idéologie nationaliste.

 

Tous les commentaires

Cela me donne une idée. J'irai voir, à l'occasion, sur les sites d'universités étrangères, celles du Québec par exemple, comment sont décrites les guerres civiles transfrontalières européennes.

C'est une démarche fort intéressante et très instructive. C'est d'ailleurs la première chose que j'ai faite quand je suis arrivée en Allemagne en 1973. J'avais emporté avec moi tous mes bouquins d'Histoire du lycée de la 6ème à la Terminale et ai acheté tous les manuels scolaires correspondant utilisés dans les lycées de Hambourg. La comparaison fut instructive, pour moi qui croyais que ce que j'avais appris était la réalité... "La réalité devait se trouver entre les deux" me suis-je dit. C'est ce qui m'a incitée à m'intéresser au traitement de l'Histoire dans l'Education Nationale et à remettre beaucoup de choses en question que l'Ecole m'avait enseignée comme étant la vérité historique ou géographique. Ces deux matières sont l'objet de manipulation nationaliste par les responsables des programmes scolaires. L'histoire de Môquet et Sarkozy n'en est qu'un épisode supplémentaire.

Ça rappelle aussi le "cas d'école" (si j'ose dire) des crimes de guerre japonais en Chine pendant WWII, inexistants dans l'inconscient collectif japonais, dont la plupart n'ont jamais étudié la deuxième guerre mondiale que sous un prisme très déformé qui les a persuadés qu'ils sont un peuple de pacifistes. Si j'osais encore dans la négation ou les arrangements avec la réalité, je dirais que ça aurait même peut-être du bon, qu'ils se croient pacifistes? Qu'on devrait peut-être tous en faire autant? :-)

Cher Axel, Je me permets de te signaler qu'en ce moment même une équipe d'universitaires japonais et chinois travaille sur un livre d'histoire commun. Le Japon change et les révisionnistes, car ils existent, ne sont qu'une poignée. Et les Japonais sont conscients des crimes de guerre, certes longtemps masqués dans l'historiographie. Le ressentiment chinois est en outre vivace. Nankin, c'est au moins 200 000 morts en quelques jours. L'un d'entre-eux a eu une formule saisissante, nous (Chinois et Japonais) sommes comme la France et l'Allemagne en 1945... Souviens-toi combien ce fut dur de réconcilier nos deux peuples après la guerre, et combien aujourd'hui cela nous paraît évident.

Merci Yohann pour ces précisisons. J'en étais resté au froid très récent de ce Premier Ministre japonais (celui qui soutint Bush en Iraq-2003) qui tenait à continuer de se recueillir tous les ans sur tel monument qui représente une grave blessure chinoise et aussi une négation. Je savais qu'on en parlait timidement, mais je ne savais pas qu'on était déjà si loin engagé dans cette bonne voie "à la franco-allemande".
Il me semblait aussi que le processus était très différent de celui des Allemands, qui eux, ont appris l'histoire du nazisme telle qu'on l'a apprise aussi en France et "à l'Ouest" (tandis qu'en RDA on apprenait la version soviétique qui minimisait l'action Alliée), et qui ont explicitement intégré toute une charge de remords, repentance, excuses infinies et autres censures permanentes diverses et variées, alors que les Japonais se positionnaient plutôt dans l'oubli, dans une posture qui ne necessitait pas de "s'excuser" outre mesure?
C'est l'idée que j'en avais, d'où découle donc que les Allemands, eux, ne tomberont jamais des nues, contrairement aux Japonais, mais je me trompe peut-être?

En 1939, c'est aussi la France qui a déclaré la guerre à l'Allemagne. Qu'en déduisez vous?

kairos En 1870, la guerre avec l'Allemagne n'avait peut-être pas un caractère inéluctable (ne serait-ce que parce que le système d'alliance ni les enjeux ne la rendaient "mondiale")... Il était possible d'éluder la provocation diplomatique de Bismarck; c'était d'ailleurs la position de Thiers... La situation intérieure de l'Empire a été déterminante dans la décision (restaurer un pouvoir autoritaire malmené par les élections législatives de 1869 et regonflé par le plébiscite de 1870)... Maintenant, je doute qu'il y ait beaucoup d'historiens allemands pour exonérer Bismarck de toute responsabilités dans le déclenchement du conflit... En tout cas, il y a longtemps que les historiens "français"y impliquent l'Empereur, et même encore davantage... l'Impératrice!

Merci de votre précision. Mais que n'a-t-on pas appris à l'Ecole... . Quant à la dépêche d'Ems, il faudrait aussi l'analyser sous l'angle des différences culturelles. Il ne faut pas oublier que Bismarck était de Hambourg. Pour y avoir vécu pendant 27 ans, je connais la différence dans la communication. J'en ai touché quelques mots sur ce fil. Le comportement de l'ambassadeur français n'était pas non plus angélique, lui qui s'est senti "fâché" de ne pas être reçu et qui a attisé le tout.

Chère Etoile 66, puisque vous êtes intéressée par une histoire qui sorte de la vision franco-française, et puisqu'il s'agit d'un de mes champs de travail, je vous conseille de lire, si ce n'est déjà fait, les manuels franco-allemands de Terminale et de Première, en histoire. Cela devrait vous plaire. Dès 1928, Marc Bloch appelait de ses voeux une histoire croisée. Actuellement, nous travaillons avec des collègues polonais et allemands sur des cours d'histoire trinationaux. Par contre, en tant que professeur d'histoire, je ne souscris pas à votre vision de la guerre de 1870. Bismarck après avoir guerroyé contre l'Autriche (victoire de Sadowa) et réussi à annexer les territoires au nord, voulait parachever sa politique et créer un Reich centralisé. Il a réussi à mobiliser le ressentiment des Allemands contre les Français de ce temps (je me rappelle quand j'étais étudiant à Heidelberg, que des Allemands donnaient encore à leur chien le nom du général de Louis XIV qui avait ravagé le Palatinat...) et à instrumentaliser le besoin de gloire de Napoléon III. Dans ses mémoires et un de mes amis allemands les a récemment fait publier, Bismarck dit bien qu'il a voulu agiter devant le taureau français un chiffon rouge, ce fut la dépêche d'Ems. Il y a certes des raisons de politique intérieure qui ont motivé aussi la déclaration française, mais la guerre n'était pas inscrite dans le second Empire. N. III l'avait assuré, l'Empire c'est la paix", afin de s'assurer le soutien de la bourgeoisie, hostile à toute aventure militaire en Europe. Bismarck était un grand homme d'Etat, avec une vision claire de ce qu'il voulait. Napoléon III vaut mieux que l'image qui lui reste dans la mémoire collective française. Mes élèves, dans des sections bilingues, apprennent les deux histoires, et aucun, à ma connaissance, ne condamne ni l'un ni l'autre.

Merci Yohann de votre commentaire. En effet, je connais le manuel d'Histoire, du moins celui lancé par Schröder et Chirac il y a quelques années. Mais il ne me semble pas englober cette partie de l'Histoire, à moins que je ne me trompe, je vais vérifier. Et je me demande quels lycées français l'utilisent. J'aimerais bien savoir...

Le manuel de première a été présenté en notre Sorbonne l'année dernière, et il est utilisé dans les lycées depuis cette année scolaire. Si vous désirez des renseignements, je vous renvoie, de manière immodeste, j'en conviens et j'en suis navré, à mes articles dans Historiens et Géographes, et à certains papiers sur Médiapart. Concernant son emploi, il est utilisé dans les sections européennes et Abibac dans sa version allemande, et dans sa version française, dans les lycées traditionnels. Depuis cette année, toutes les classes de Terminales utilisent ainsi dans mon lycée le manuel franco-allemand en langue française et mes élèves d'euro l'utilisent en langue allemande. L'année prochaine, je le ferais adopter, du moins je vais essayer dans sa version française pour l'ensemble des classes de premières. Un exemple, cette année, mes élèves de premières ont étudié l'évolution politique en France et en Allemagne de 1851 à 1914, avec trois éléments centraux, la question scolaire, la question religieuse, et la nature du régime politique. En ce moment, ils étudient la Première Guerre Mondiale du côté allemand " der Erste Weltkrieg aus der deutschen Sicht" Je conseille même ce manuel pour mes étudiants... Et les Japonais que j'évoquais plus haut viennent de traduire le manuel de Terminales en japonais pour offrir une base de travail. Nous avons l'honneur de travailler avec eux, et aujourd'hui, l'histoire croisée est désormais notre horizon. Cela devrait vous réconforter. Bis bald

Excellent. Les choses avancent donc, lentement mais sûrement. Il est cependant dommage que ce ne soient que les classes d'Abibac (Bac allemand et français en un seul examen) qui l'utilisent. Tenez-moi au courant si vous arrivez à le faire adopter par toutes les autres Terminales. Car les Abibac sont déjà ouverts à une lecture multiculturelle de l'Histoire et de la Géographie. . En ce qui concerne la sécurité sociale, il est évident que Bismarck était bien plus en avant que la France. D'ailleurs le droit local Alsace-Moselle garde le système institué par Bismarck et refuse le système en vigueur dans le reste de la France, pour des raisons évidentes. D'ailleurs cette sécurité sociale en Alsace-Moselle n'est pas en déficit. . Je me demande QUI en a entendu parler dans le reste de la France ? . La faillite personnelle issue d'une loi allemande du 10.02.1877 étendue aux trois départements français annexés vient d'être instituée dans le reste du pays il y a juste quelques années. . Chut... il ne faut pas le dire trop fort. Interrogez les habitants de ces trois départements. Vous verrez leurs réactions. Ils tiennent particulièrement à leur système social. . Les médias n'en ont pas informé le reste du pays lors de l'instauration il y a peu de la faillite civile. Ils trouvaient bien que l'Etat prenne cette décision :-) et ont tu le reste. J'ai souri en les écoutant, ces journalistes parisiens...

Pour les Terminales, c'est déjà fait... Toutes nos terminales ont le petit livre rouge... ;-) Pour le statut particulier, les élèves en sont conscients, ne serait-ce que par le statut concordataire, il existe à ce titre des professeurs de religion dans les lycées mosellans et alsaciens. Pour le droit social, très en avance, ils le savent normalement, il y a des modules en Education civique sur les particularismes et des cours d'Histoire. Pour la faillite personnelle, oui, il y a silence. Mais cela ne m'étonne guère, les agences de revolving sont souvent détenues par les grands groupes bancaires, qui ne désirent pas tant que cela que des personnes à qui on a prêté des sommes astronomiques, sans réel contrôle, échappent à ce scandale par une loi généreuse et bien faite.

Vous pouvez ajouter le livre foncier et l'échevinage dans las tribunaux de commerce.

kairos Si vous me permettez une réserve... Napoléon III voulait sortir du statu quo du congrès de Vienne, par une reconfiguration sous l'égide des "nations", une idée toujours neuve en Europe à l'époque(ce qui est assez normal pour un Bonaparte!)... Ce qui en passait par la guerre, en particulier avec l'Autriche (dont le conflit franco-allemand est une suite directe)... Au fond, Bismarck aura repris cette vision, au compte de l'Allemagne, et aura manoeuvré génialement... Quant à la formule: "l'Empire, c'est la paix", admettez qu'elle souffre bien des exceptions, Crimée, Mexique... Mais, pour un réévaluation de Napoléon III, je vous rejoins, son "image" est souvent unilatérale, caricaturale, et trop facilement dans la teneur des pamphlets de Victor Hugo: l'histoire écrite, réécrite par les vainqueurs, la IIIeme République? Cordialement.

Tout à fait Kairos, c'est d'ailleurs une de mes préoccupations, cette image à changer. On l'accuse de parler un mauvais français avec un accent italien, or, il parlait avec un accent, mais... allemand. C'est lui, et pas les notables de la République qui a rétabli le suffrage universel, après qu'il soit supprimé par cette Seconde République, à peine acccordé. Et qu'écrire sur sa politique économique, sur le droit de grève qu'il a enfin accordé aux ouvriers... Il mériterait un papier sur cette plate-forme. Je souscris à ce machiavélisme bismarckien, un grand homme d'Etat, qui avait une vraie vision de l'Europe et... de l'Allemagne. N III avait le souci des nations, et notamment de la Grande Nation, qui devait montrer l'exemple et aider les mouvements nationaux, tout en oubliant pas les intérêts impériaux (Nice et la Savoie récupérées) Oui, j'aurai dû écrire : "L'Empire, c'est la paix... en Europe..."

(je me rappelle quand j'étais étudiant à Heidelberg, que des Allemands donnaient encore à leur chien le nom du général de Louis XIV qui avait ravagé le Palatinat...) Et comment ravagé, le Palatinat rhénan !

Et comment, en effet...

L'histoire comparée, comme la littérature comparée, comme tout ce qui permet de nuancer, apprendre de l'autre... passionnant. ça me rappelle aussi les débats sur le caviardage de certaines planches de Tintin au Congo, la disparition de certaines cases jugées racistes - et elles l'étaient, je ne conteste pas ; mais elles témoignaient si bien, aussi, de l'esprit colonialiste qui a longtemps animé les esprits. Cela en disait long. Leur absence aussi sur nos hontes et nos silences. Si l'enseignement pouvait bénéficier plus largement de ces regards croisés, dédoublés, ce serait en effet remarquable.

Nous en sommes encore aux premiers pas, mais les premiers pas sont les plus importants, ce sont ceux qui comptent. Les travaux en Pologne avec des collègues allemands et français donnent aussi des résultats assez fascinants, je dois dire... Je fais toujours avec mes élèves et mes étudiants l'analyse de quelques planches de Tintin au Congo..., même si le regard d'Hergé est plus subtil qu'on ne pourrait le croire. Un exemple, de mémoire. Ces enfants africains, présentés comme ignares (ils ne savent même pas faire deux plus deux) savent, sans savoir lire, sans moyens de communications modernes, qui est Tintin... Cette petite bulle qui parle de Tintin reporter est aussi un hommage à cette culture orale, qui sait aussi faire véhiculer les nouvelles et les identités.

Oui Yohann, c'est bien pourquoi je parlais de caviardage (mais j'ai peut-être changé de mot entre deux, je n'ai pas relu mon commentaire avant de vous répondre). De toute façon, "racisme" latent ou pas, c'est un témoignage. Sans compter qu'entre auteur et personnage il y a une marge et que l'on peut dénoncer en mettant en scène au premier degré. Pour le reste, vous avez raison, les premiers pas sont essentiels mais quelle voie magnifique vers une culture européenne, comparée, conservant les perceptions nationales mais pour les mettre en perspective.

mais quelle voie magnifique vers une culture européenne, comparée, conservant les perceptions nationales mais pour les mettre en perspective. Exact ! C'est cela l'Europe dans la diversité culturelle et le respect de celle-ci. C'est ce que je vis en Allemagne, où chaque Land a ses particularités, ses coutumes et ses parlers. . Quand je pense qu'en France, l'Etat centralisateur à anéanti les langues et cultures régionales à coups de règles sur les doigts à "l'Ecole de la République", pendant des décennies... . Les mains sur la tête, les genoux sur une règle en bois, pour "punir" d'avoir parlé sa langue régionale dans la cour de l'école... Certaines sont presques mortes. Triste... . Avant de respecter la culture européenne, il conviendrait que la France respecte ses propres cultures qui ne sont pas un nivellement au "niveau" de Paris.

Je vous suis Christine, c'est en effet un témoignage de l'esprit d'une époque et d'un groupe social, Hergé était proche du scoutisme et des catholiques belges, ceux que l'on voit, sous l'aspect d'un missionnaire débonnaire dans cette fameuse planche. La culture européenne existe déjà, c'est la manière de la présenter, et comme vous dites, surtout de la mettre en perspective avec d'autres. On découvre ainsi que nos peuples, en apparence, si différents, ont été confrontés aux mêmes défis. Si on prend l'exemple du beau XIX siècle, la France et l'Allemagne ont connu la question sociale, la question religieuse, la nécessité d'instruire les populations, les réponses sont souvent différentes (le droit social allemand est ainsi plus en avance, encore aujourd'hui d'ailleurs... sur son homologue français) et étudier cela, c'est dépasser son petit pré carré. Et en littérature, quels sont vos champs d'investigation actuels ?

Les travaux en Pologne avec des collègues allemands et français donnent aussi des résultats assez fascinants, je dois dire... Pourriez-vous en dire plus ? . Il se trouve que je vis sur ces trois pays, puisque mon fils, Français et Allemand né à Hambourg, épouse une Polonaise dans trois semaines. Toute la famille polonaise vient faire la fête, ainsi que celle de Bordeaux. Notre famille s'étend donc de Bordeaux à Cracovie en passant par Hambourg, Sarrebruck et St Denis de La Réunion... . La Pologne est un pays totalement inconnu des Français, mais j'aime ce pays que j'ai découvert il y a juste quelques années. J'écoute les excellentes émissions scientifiques de la radio polonaise : http://www.polskieradio.pl/nauka/ pour parfaire l'apprentissage de la langue que je suis en train d'apprendre. . Ces travaux m'intéressent donc particulièrement...

Non, chère Etoile, la Pologne n'est pas un pays totalement inconnu des Français. Je connais la Pologne et j'aime ce pays, et je ne suis pas le seul. Je parle même un peu polonais. Et nous avons, en outre, une forte communauté d'origine polonaise, en France, très active, très présente. Il faut sortir des clichés aussi, le Français n'est pas nécessairement arc-bouté sur lui-même et sait voyager et s'ouvrir au monde. Je parlerai de ces travaux bientôt sur mon blog, pas de souci.

OK Yohann, mais dans l'imaginaire français, le Polonais est un ouvrier venu travailler dans les mines ou un ouvrier comme Lech Wałęsa. . La majorité des Français - hors Universitaires - ne connaît rien de la Pologne ni des Polonais. . Bravo d'apprendre le polonais. Je suis aussi en train de le faire depuis quelques mois. Il y a d'ailleurs d'intéressantes similitudes de pensée dans les expressions idiomatiques entre le polonais et le français, ce qui est fort intéressant, car ce sont des langues de structure et groupe linguistique totalement différents.

C'est formidable... on peut venir au mariage?

Ne sont invités que les amis... un certain Alain n'en fait pas partie.

Je vous recommande la lecture de Suzanne Citron "Le mythe National" aux éditions de l'Atelier http://www.editionsatelier.com/index.php?ID=1016031&contID=1008721&results=1&keyWords=citron ainsi que celle de Léon Schirmann "Eté 1914 Mensonges et désinformation" aux éditions Italiques http://www.editions-italiques.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=51

Cher Patrick, Merci de ces références! Il faudrait aussi revoir le mythe de Napoléon, j'entendais hier à la radio, je crois sur France Culture, un des intervenants parler des lois que "Napoléon a données à la France"... A l'étranger, il est plutôt considéré comme un "boucher" qui a tué et massacré... Ces deux livres semblent secouer les certitudes. Il faut espérer d'autres historiens sans langue de bois. Merci !

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