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Blablacar, le covoiturage tué par la finance et l’appât du gain

Il y a des jours où les coups de gueule remontent plus que d’autres. Aujourd’hui, fais partie de ces journées où l’on souhaite s’exprimer et montrer au plus grand nombre le mensonge et la calomnie proposée par certains services.

Aujourd’hui, mon dévolu se tourne vers le site Blablacar, le site N°1 du covoiturage en France qui a réussi en l’espace de 5 ans à créer un esprit communautaire et humaniste autour du covoiturage et à le détruire, récit d’un inscrit de la première heure qui vomit ce qu’est devenue la dernière.

logo covoiturage


Le covoiturage, c’est quoi ?

Si l’on souhaite réaliser une définition la plus succincte et fausse possible, nous pourrions dire que le covoiturage, c’est le fait d’effectuer un voyage en voiture entre plusieurs personnes se connaissant, ou pas dans le but de partager les coûts de carburant. Cette définition pourrait s’avérer juste dans un dictionnaire, mais en réalité, il s’agit avant tout d’un état d’esprit, alliant à la fois un volet économique (réduction du coût du voyage), à un volet écologique (ne pas prendre de multiples voitures pour un seul et même voyage) à un volet social (échange et liens entre les personnes). Un état d’esprit qui, lors du lancement du site covoiturage.fr, prenait tout son sens.


Covoiturage.fr en gratuit, déjà de l’histoire ancienne

Pionnier et libérateur de l’économie collaborative sur Internet, le site covoiturage.fr est la résultante de plusieurs facteurs économiques et sociologiques qui ont permis l’émergence, dans les années 2007-2008 d’un état d’esprit covoitureur.

À l’époque, la crise économique faisait rage et avec elle, le prix du baril de pétrole a fait exploser le litre de carburant, passant en quelques mois un litre de gazole de 0,95€ à 1,30€ soit une augmentation de 35%.

 

Covoiturage.fr, c’était l’idée de mettre en relation des personnes allant d’un point A à un point B, en permettant aux conducteurs de récupérer au passage des personnes faisant le même trajet qu’eux, cela le plus simplement du monde en ayant accès les uns et les autres à nos coordonnées respectives.
En 2008, et après plusieurs dizaines de covoiturages sur le site, j’étais heureux de contribuer à ce qui semblait être un pied-de-nez à la société de surconsommation, un pied-de-nez au «tout profit», mais hélas, la finance a eu raison de Covoiturage.fr.


premier logo du site covoiturage.fr

Logo du site Covoiturage.fr, en 2004 avant la reprise par les dirigeants actuels en 2008. Source : archive.org


Passage au mode payant de Blablacar, le début de la fin pour le covoiturage

La douceur, c’est le maître mot du passage du site en mode payant. Région par région, mois après mois, le site communautaire à la limite de l’esprit hippie s’est vu cadenassé par des développements de fonctionnalités toutes plus sécuritaires les unes que les autres et la tenue de discours de peur digne des partis extrémistes pour forcer le passage à son mode payant.

Côté chiffres, il n’y a rien à dire, en opérant ce virage à 360°, le site a vu exploser son nombre d’inscrits et par là même son chiffre d’affaires. Mais en gagnant des inscrits, le site et son équipe en ont perdu les fondements du covoiturage, basé sur la confiance d’autrui et le partage.

Vous allez me dire, mais il faut bien vivre, l’argent ne pousse pas dans les arbres ?

Vous aurez bien raison, sauf qu’avec plusieurs millions d’utilisateurs d’autres moyens sont possibles pour la monétisation d’un modèle comme Covoiturage.fr, sans pour autant passer par une taxation systématique du voyage (j’en parle plus bas dans cet article).
Le covoiturage n’est plus social, il est purement économique

Il est bien terminé le temps où les personnes prenaient le covoiturage comme moyen numéro un et non pas comme option par défaut pour voyager.
Aujourd’hui plus que jamais, le volet social a volé en éclat, laissant place à des dérives de la part des conducteurs et des passagers qui font état que le covoiturage n’est plus ce qu’il était.

Conducteur ou taxi ? Certains n’hésitent plus à prendre jusqu’à 8 personnes dans des véhicules du types Transporter et effectuer dans les cas extrêmes plusieurs voyages dans une même journée.

De façon plus courante, nous pouvons voir que certains conducteurs arguent sans broncher l’argument du « c’est toujours moins cher que la SNCF, si tu n’es pas content du prix, tu n'as qu’à prendre le train », laissant le partage pur du péage/carburant aux oubliettes.

Côté passager, ce n’est pas toujours mieux, certains s’autorisant des voyages totalement aspirés par leur walkman (si, ce terme existe encore) qui, dès l’entrée dans la voiture affirment avoir leur place, comme dans un train, pourtant, ce n’est pas ça le covoiturage…

Mais pourquoi un tel revirement dans les mentalités ? Comme pour l’ensemble des nouveaux concepts, la faute revient au créateur et à ce niveau, Blablacar a fait fort en instaurant ce climat nauséeux.

 

Le site fait de la répression et ose instaurer des termes comme « sécurisé »

Le site a évolué ces dernières semaines, Blablacar à (enfin) mis à jour son site internet et ajouté des fonctionnalités qui auraient dû être native.
Avant cela, pendant les deux années passées à développer leur système payant, les développeurs du site n’ont eu cesse d’ajouter des fonctionnalités pour lutter contre une chose infâme… L’envoi de numéro de téléphone.

Force est de constater que les développements ont porté leurs fruits puisqu’il est aujourd’hui impossible d’envoyer un numéro de téléphone, que cela soit par voix numérique ou lettrée et quand bien même il s’agisse d’une langue étrangère (technique utilisée à l’époque qui fonctionnait bien). Pires, les messages sont aujourd’hui modérés lorsqu’ils contiennent un doute selon les robots de soumission, un véritable flicage qui n’a rien de sécurisant, mais une répression pour ne pas passer dans les mailles du filet.

Mais le site ne s’arrête pas là dans sa transformation et dans sa radicalisation, il met en avant une sémantique toute particulière, assurant que le mode payant va nous "sécuriser" pour les personnes qui avaient peur que Robert C (45 ans), ne soit un violeur en série ou encore que Mohamed R (22 ans), ne soit qu'un cambrioleur hors pair.
Afin de faire accepter son système payant, le site affirme que le paiement en ligne est donc le moyen préféré des conducteurs et des passagers. Ici, plutôt que de s'efforcer de nourrir une bonne foi réelle dans le covoitureur, Blablacar préfère aller dans le sens de la minorité qui avait une "peur" réelle du covoiturage en la validant par son discours sur le site internet.

Mais comment peut-on croire à un tel discours ?

Si vous avez cru ce que vous avez lu, je reste pour ma part persuadé du contraire. Le paiement en ligne et le code sécurisé ne satisfont, à mon sens, ni les passagers qui payent plus cher, ni les conducteurs qui sont payés à retardement. Voici quelques arguments dont vous pourrez vous servir lors de vos prochaines conversations en plein débat covoiturage, "c'était mieux avant ou maintenant ?".

  • Conducteur, j’avais pour habitude de recevoir un billet à la fin du trajet, je reçois maintenant un virement directement sur mon compte en banque...Je reçois près de 1500€ sur mon compte par an, quid de la déclaration d’impôt en fin d’année, est-ce du revenu ?
  • Conducteur, je paye mon plein et mes péages le jour du trajet, je me retrouve maintenant à devoir attendre 48h à 72h avant de percevoir mon argent, tout en étant obligé de me connecter pour activer les codes que j’ai reçus.
  • Conducteur, j’avais pris l’habitude dans un souci d’équité de réviser le tarif du trajet (en partant d’un montant maximum) au fur et à mesure des covoitureurs validés… Aujourd’hui, le prix fixe des réservations en ligne m’empêche toute flexibilité.
  • Passager, j’avais pour habitude de réaliser un trajet entre Nantes et Paris de X €, me voici aujourd’hui avec un trajet qui me coûte 3€ de plus, sans parler du prix de marché instauré par covoiturage.fr avec la mise en ligne d’un code couleur litigieux.
  • Passager, je pouvais contacter le conducteur très rapidement par téléphone pour toutes questions un peu sensibles. Aujourd’hui, si je dois partir en dernière minute et que la description du covoiturage n’est pas très précise, je vois prendre le risque d’effectuer ma réservation et de l’annuler si le conducteur ne peut pas faire un écart de quelques kilomètres ou autres (dans les 24 dernières heures avant le départ sera retenu 50% du montant du trajet que vous avez payé).

Cela suffit-il de vous convaincre que la mise en place du système payant n’est qu’une manne financière pour le site internet, n’apportant absolument rien en termes de services, sécurité ou autre ?

En instaurant ce discours et ce climat au sein de Blablacar, l'équipe a certes élargi son champ d'inscrits, mais considérablement détruit l'esprit du covoiturage, mettant en avant des notions sécuritaires, monétaires, en oubliant le reste. Mais au final, que payons-nous ? La réponse est simple, des numéros de téléphone, qui nous coûte cher...

 

covoiturage et l'argent

La réalité sur le modèle de Covoiturage.fr, un site détenu par des gros bonnets

Si vous trouviez mon discours déjà sec à l’encontre du site Blablacar, ne vous invite à vous asseoir pour lire ce qui va suivre. Pavanant d’événements en événements, le PDG de Covoiturage.fr, Frédéric Mazzella, est représenté partout comme une icône de l’économie collaborative. De plus, ses équipes de communication toujours plus efficace nous assurent que Blablacar est un véritable havre humaniste, trainant dans les festivals où il fait bon vivre et où il fait bon refaire le monde à cracher sur ces géants de la finance qui pourrisse l’économie réelle.

 

Pourtant, et n’en déplaise aux adorateurs de Blablacar comme j’ai pu l’être, le site n’est aujourd’hui plus qu’une «cash machine» détenue par des financiers, et le covoiturage n’est plus qu’une vitrine pour vous enfoncer toujours plus là où ça fait mal, votre porte-monnaie.

 

Blablacar à la botte d’un fonds d’investissement

Le fonds d’investissements ISAI, dédié au marché de l’innovation sur Internet, s’est emparé de la success-story Blablacar pour entrer en tant qu’actionnaire majoritaire. Avec une levée de fond revendiquée de 1,25 million d’euros (voir sur leur site http://www.isai.fr/portefeuille/liste_des_participations.html), il apparait clairement que les cartes ne sont désormais plus entre les mains des concepteurs qui ont laissé filer l’esprit du covoiturage dans les méandres des millions d’euros.
Pire encore, le CA de la société voit s’asseoir à sa table des experts en entreprises, mais surtout des financiers, à l’image de Didier Kuhn, ex-PDG de Screentonic racheté par Microsoft et Pierre Kosciusko-Morizet (PDG de Priceminister). Il est mort le temps utopique où nous croyons tous, nous la génération Covoiturage.fr de la première heure, qu’il était né ici un site communautaire qui ne pensait pas à son propre profit.

Mais me direz-vous, est-ce si grave d’être subventionné par un fonds d’investissement, au fond, il m’apporte un service ?

Je vous rassure, il n’y a rien de grave à se voir aidé financièrement par des business angels, en revanche, qui dit investissements dits retour sur investissements, et rassurez-vous, Blablacar est prêt à tout pour vous faire payer plus !

 

EXCLUSIF : Blablacar propose des frais évolutifs très bien cachés !

C'est lors de mon dernier covoiturage entre la Haute-Savoie et Paris que j'ai appris la meilleure. Je demande à l’ensemble de la voiture quel a été leur prix d’achat et là, stupeur, ils n’ont pas tous payé la même chose !
Je redemande et après avoir vu leurs mails de transactions, j’avais bien entendu, la première à avoir réservée a payé 33€, là où les deux autres ont payé 34,50€ (pour un trajet de 30€). Quoi ? Blablacar, en plus de se servir sur les passagers décide de se sucrer encore plus suivant le fait que vous soyez le premier à réserver ou non ?

Après quelques jours, je me lance dans l'épluchage du site internet et me voici que les CGV de Blablacar. Horreur ! C'est bien marqué, suivant la date de votre réservation (de 72h avant le départ à 24h), vos frais seront majorés, et pas qu'un peu.

Voici un exemple de tarif pour un trajet entre Nantes et Paris. Imaginons que je sois conducteur, je décide de mettre 25€.
Le trajet est pour le 1er Juillet, une première personne réserve aujourd'hui. Il paiera 25€x7,92% + 0,66€ (fixe) soit 27,64€ (10,5% de frais), pas mal mais peut mieux faire.

Un autre prend mon trajet le 29 juin, après tout, le covoiturage, c'est un peu ça la liberté de partir 48h plus tard, il va donc payer plus, logique ? Il paiera 25€x11,88% + 1,07€ (fixe) soit 29,04€ (16% de frais), ça commence à te faire mal là ?

Finalement, une demoiselle perdue décide de prendre le covoiturage dans les dernières 24h, ce qui finalement ne change rien à mon programme, j'ai bien stipulé un départ et une arrivée à une heure précise...Et bien malheureusement pour elle, elle paiera 25€x12,48% + 1,19€ (17,2% de frais)...

Sur le dos des conducteurs, et sur celui des passagers, Blablacar impute des frais différents sans aucunes raisons autres que celles de ramasser des sous, toujours plus de sous. Je vous rassure, des 7 points de plus gratté par Blablacar, le conducteur n'en voit bien évidemment pas la couleur.
Que pensez aujourd'hui de ce site qui a mis en avant des idéaux collaboratifs, mais qui en réalité, nous considère comme de simple numéros de carte bancaire ?

Pourtant, d'autres méthodes pourraient exister dans le monde du covoiturage, en voici une pour que m'a fatalité et celle de milliers de covoitureurs se transforme en espoir...

 

Des solutions existent pour sauver le covoiturage avec un vrai modèle économique

Mais alors devant un tel constat, que faire pour amorcer la révolte ? Honnêtement, avec 95% de part de marché et 7 millions d’utilisateurs, il va être compliqué d’inverser la tendance aujourd’hui, néanmoins à l’image d’Internet, tout peut aller très vite, rappelons-nous la chute de Radioblog, suivi par la montée de Deezer, Spotify, puis leur désertion pour finalement recapter de l’audience.

Internet est un média incontrôlable qui n’a de pouvoir que ses utilisateurs, si demain un concurrent crédible aux yeux des utilisateurs sort, Blablacar pourrait bien perdre la tête en quelques semaines…

Pour ce qui est de la concurrence, entre sites dépassés pour les quelques gratuits comme Covoiturage-Libre et sites toujours payant pour 123envoiture ou le futur Dreever, il n'existe pas encore de modèle rêvé, c'est donc à nous tous de l'inventer, et si il était réalisé par les membres, pour les membres ?

 

Jaimelecovoiturage.rêve, un site à l’adhésion pour unifier les covoitureurs

Il n’existe pas, mais il pourrait séduire les foules, Jaimelecovoiturage.rêve, c’est le constat qu’aujourd’hui, il doit exister un modèle économique pour qu’une équipe puisse tenir un site internet de l’ampleur de Blablacar.fr, mais pour cela, nul besoin de faire payer 15% par trajet.

L’adhésion est aujourd’hui une méthode équitable qui permettrait à chacun d’accéder à une plateforme de covoiturage ouverte tout en étant contrôlée. Pour une somme symbolique à l’année, c’est la possibilité d’offrir un renouveau pour le covoiturage, alliant esprit social, intérêt économique et réalité écologique pour un changement sociétal profond.

Le covoiturage, c’est plus qu’un simple voyage, c’est la confiance dans l’autre, le vivre ensemble, c’est tout cela que j’ai pu avoir lors de mes nombreux covoiturages et qui aujourd’hui, n’existe plus.

Imaginez-vous 7 millions d’inscrits pour 2€/an, cela fait 14 millions d’euros de budget annuel pour tenir un site de covoiturage, n’est-ce pas assez ? Et pour les passagers, c’est rentabilisé en un voyage seulement…
En espérant que ce billet fera réagir, dans le bon sens, ce qui est en train de devenir une nouvelle branche du «cool business». Pour ceux qui douteraient de ma légitimité à intervenir sur un tel sujet, voici mon profil Blablacar.fr.

Si vous souhaitez me suivre ou en savoir plus sur qui je suis, vous le pouvez, via mes réseaux ci-dessous :

Allez plus loin sur le sujet Blablacar et sur les mécontents de la première heure

Si je me suis dit qu'il fallait bien que quelqu'un en parle aujourd'hui au vu de l'éloge fait aux sites de covoiturage avec la grève de la SNCF, d'autres l'ont déjà fait avant moi et ce n'est qu'une petite partie de l'iceberg. Si les community manager de Blablacar veulent faire croire que seul les mécontents prennent la parole, ils se trompent et asserons ici leur cercueil. 

  • Martin Denoun et Geoffroy Valadon parle du partage et de la propriété dans Lemonde Diplomatique ici.
  • En 201, Pierre Eve, un utilisateur du site LePlus du NouvelObservateur faisait également le constat amère de l'utilisation de Blablacar, à lire ici.
  • Sur le site de l'UFC Que Choisir, on se plaint également de la fausse communication du 100% remboursé en cas d'annulation. Certes, le conducteur ne perçoit rien si l'annuation est faites 24h ou moins avant le trajet, mais les frais pour Blablacar restent les mêmes, voir ici sur le forum de l'UFC.

Informations complémentaires et mises à jour de l'article : 


Mise à jour du 02/07/2014 : Blablacar annonce une nouvelle levée de fond et refuse de dire qui détient quoi !

Index Ventures s'ajoute aux deux acteurs déjà présent autour de la table du CA de Blablacar. Une levée de fond record de 73 millions d'euros a été validé, faisant d'Index Ventures certainement l'acteur majoritaire de Blablacar.

Interrogé par Frenchweb sur les évolutions que souhaitaient prendre Blablacar, le PDG Frédéric Mazella  n'a pas souhaité rendre public la part de participation des différents acteurs financiers. Une question qui l'a d'ailleurs mis fortement dans l'embarras.

FrenchWeb : "Est-ce que vous êtes encore majoritaire dans Blablacar ou non ?"

F. Mazella : "Au niveau de la composition du capital, nous ne communiquons pas dessus". - Lisez plutôt (nous avons clairement perdu la main sur notre modèle et notre société et aucun retour en arrière ne sera possible).

Mise à jour du 25/06/2014 : Merci à vous, lecteurs et partageurs !

Je tenais à vous remercier toutes celles et tous ceux qui ont lu cet article et vous qui ne l'avez pas encore lu, sans malheureusement pouvoir y répondre dû à la fermeture aux commentaires des non abonnés de la plateforme blog Médiapart. Je tiens également à mettre en avant d'autres ressources, que vous trouverez en bas de cet article pour ettofer mon constat, je ne suis (et nous ne sommes) plus seul(s)...La révolution du covoiturage est en marche, je vous laisse consulter l'article ci-dessous :


 

Article rédigé par Nicolas Robineau.

Tous les commentaires

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

24/06/2014, 20:27 | Par LUDOVICROIF

Bonjour,

J'ai globalement fait la même analyse y compris sur le discours invoquant la sécurité pour passer en mode payant. J'ai aussi toujours su qu'ils en passeraient par un mode payant au vu de l'actionnariat que je connaissais depuis longtemps. De la même manière que vous je n'ai pas compris le besoin de créer différents niveaux de prélèvements selon la date de la réservation. Je conçois l'intérêt du yield management pour les avions ou les trains mais dans le cas du covoiturage, ça me semble assez mystérieux. J'aimerais avoir leur argument sur ce sujet.

Ce que je sais pour autant c'est que le covoiturage est un phénomène qui répond à un besoin d'être ensemble d'abord et de réduire ses frais ensuite. Blablacar est un des services, le premier, celui qui a su capter ce phénomène, le développer intelligement et en tirer des bénéfices. Mais ce n'est pas le seul. J'utilise autant que je peux covoiturage libre que je trouve très bien. Il n'apporte pas le même niveau de service mais il repose sur des donateurs, sur un esprit de partage et dans ce sens, il me convient et me semble apte à être développé. C'est donc à nous covoitureurs de choisir. 

Une autre idée qui m'a traversé l'esprit, notamment aussi pour la ruche qui dit oui, ce serait de laisser en libre au moins une partie de ses codes pour pouvoir créer un service gratuit un peu moins efficace mais gatuit donc. Cela leur donnerait la légitimité d'un service plus high-end (excusez les termes marketing) sur le marché tout en permettant à la population d'utiliser d'autres services gratuits. C'est un peu ce que souhaite faire Tesla.. ok il n'a pas les mêmes contraintes (sa stratégie open source s'appuie sur le besoin de créer un nouveau marché qu'il ne peut pas développer seul) mais on pourrait l'appliquer au covoiturage avec un certain succès.

A suivre donc !

 

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

25/06/2014, 11:40 | Par CraPatate

Nicolas,

Tu n'es pas le seul a faire ce constat.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous suggère la lecture de cet article du monde diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/2013/10/DENOUN/49720

A+

Guillaume

25/06/2014, 14:26 | Par Evenstrood en réponse au commentaire de CraPatate le 25/06/2014 à 11:40

Bonjour Guillaume, 

Merci encore pour ce commentaire qui éclaire en effet très bien la situation. Je pense égalment que c'est le tout économie collaborative qui est une grande supercherie. Si elle existe et qu'elle fonctionne, les mastodontes qui l'a gère ne sont que des financiers puissant et donc dangereux.

25/06/2014, 17:28 | Par sans e

Je tiens à vous faire part de la réflexion que j'ai eue lors de l'apparition,du système illico de blablacar, en me faisant l'avocat du diable, moi qui, tout comme l'auteur, étais un covoitureur des (presque) premières heures de ce portail. Le fait de passer à un système de prépaiement (incluant donc des frais de gestion) n'est peut être pas dû uniquement à l'appât du gain... le site a aussi en quelque sorte été victime de son succès, avec de plus en plus d'usagers éloignés de l'esprit de base du covoiturage, basé sur la confiance (avec tout de même un système d'avis sur les usagers pour savoir, dans une certaine mesure, à qui on a affaire, tant en tant que covoituré que covoitureur), qui pour certains n'hésitaient pas à abuser de la confiance du conducteur, en ne le payant pas une fois arrivés à bon port. D'où la "necessité" de passer à ce genre de dispositif. (ce n'est que mon analyse suite à des discussion avec plusieurs chauffeurs, je n'ai pas mené d'enquête approfondie)

Je sais aussi, même si j'ai beaucoup moins l'occasion de "covoiturer" ces derniers temps, que le site est revenu en arrière (probablement suite aux plaintes des usagers) et qu'on a maintenant la possiblité de choisir ou non d'utiliser le système illico. FIN DE LA PARENTHESE NAIVE.

Je sais aussi qu'il existe des pages sur les réseaux sociaux qui permettent de ne plus passer par ce site, et il semblerait qu'elles se multiplient. Tout espoir n'est pas perdu!

25/06/2014, 17:51 | Par Evenstrood

Bonjour Sans E :)

Merci pour votre réaction et pour vous porter acovat de Blablacar par la même occasion. Je tiens donc ici à revenir sur certains points que vous évoquez : 

  • Incluant donc des frais de gestion - J'ai lu sur un post FB de 2012 et écrit par le community manager de Blablacar qu'il comprennait les frais de serveur, d'envoie de sms, et bien sûr pour faire tourner la boutique. C'est ici un comble lorsque l'on connait le coût d'un serveur et celui d'un envoie de sms de masse (quelques centimes maximum). 

Le pire étant les différentes de frais allant de 10% pour des trajets longs et réservé +72h avant le départ à +25% pour des trajets court à la veille du départ...Si les frais étaient pour couvrir la gestion, il n'y aurait pas se coefficient de 2,5.

De plus, quid des annulations et des frais conservés par Blablacar, il ne me semble pas que la banque fasse payé un pré-paiement, c'est ici inadmissible, surtout en arborant fièrement un remboursement total.

  • Les avis des conducteurs/passagers : C'est une bonne chose mais là encore, inutile d'avoir un système payant pour mettre cela en place. Il est également bon de noter qu'à part du paraître, rien ne rend plus sécurisé les voyages.
  • Il existe un autre modèle possible. La seule chose que je dis, c'est le passage à 15% de frais du jour au lendemain n'était pas la seule option possible. 

Blablacar sur notre dos ce paye 2000m² de locaux en plein Paris, personne ne se plain ? Pour terminer le comble, la société vient de recevoir un 1er prix de marketing éthique en Espagne...

 

26/06/2014, 17:34 | Par supermegaridin

Merci, merci merci. J'avais l'impression d'être le seul à être scandalisé par le changement opéré par cette entreprise. Sans parler de l'envie de vomir à chaque pub 4 par 3 dans le métro qui a du couter les yeux de la tête, coùt qui aurait été tellement plus judicieux à investir dans le site et la communauté.

Maintenant il ne reste plus à nous, utilisateurs mécontents, de monter une plateforme alternative dégagée de tout but lucratif. 

26/06/2014, 21:46 | Par Axel J

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6398ème exemple de l'emploi perverti du mot "sécurité", décidément le mot principal de notre nouvelle novlangue...

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Pour immobiliser et asservir totalement un chaton, il suffit de l'attraper par la peau du cou. Il semble alors paralysé, on en fait ce qu'on veut. C'est un réflexe conditionné qui correspond à la gestion de ses déplacements par sa mère, alors qu'elle les allaite encore et qu'elle a besoin de leur totale collaboration quand elle change de nid.

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Et pour immobiliser et asservir complètement un "citoyen" français, il suffit de prononcer ou d'écrire le mot "sécurité"...

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26/06/2014, 21:52 | Par Evenstrood

 @Axel : Merci pour cette remarque, avez-vous d'autres réflexions concernant le fond de l'article et une argumentation pour contrer les termes de sécurité ? :)

27/06/2014, 12:17 | Par Axel J en réponse au commentaire de Evenstrood le 26/06/2014 à 21:52

Une idée qui m'est venue tout de suite, dès que j'ai appris dans votre billet, que l'esprit de liberté et d'initiative personnelle ont été tués dans cette histoire:

La prochaine étape de ce nouveau business, ce sera de rendre illégale toute tentative de s'organiser entre soi, sans passer par eux, en se contactant sur Facebook ou autre.

Ma main au feu qu'ils ont déjà des juristes véreux en train d'y travailler...

28/06/2014, 19:46 | Par LaureMoulin

Cher Evenstrood,

Nous sommes en total en adéquation avec votre opinion. Nous travaillons depuis plusieurs mois sur une offre compatible avec l’idéologie du covoiturage. Ce que vous soulevez dans cet article est particulièrement intéressant : Quel est le bon modèle économique pour le covoiturage ?

Aujourd’hui le système de commission par trajet s’est imposé comme la norme. Comme vous, le passage du mode gratuit au payant ne nous a pas dérangé au départ. Plutôt passagers que conducteurs, nous étions totalement satisfait de payer un service de qualité. Covoiturant régulièrement, les frais supplémentaires se sont accumulés jusqu’à devenir important. De plus, se retrouver dans la même voiture que des passagers qui n’ont pas payé le même prix pour le même trajet nous semble contre l’esprit d’origine de partage du covoiturage.

Aujourd’hui, nous travaillons sur la version gratuite de Sitngo :

- Un paiement sans commission quel que soit le mode de paiement (espèce ou carte bancaire). Pour rendre cela possible, l’utilisateur devra s’acquitter des frais bancaires en cas de paiement en ligne.

- Une recherche de trajet permettant à l’utilisateur de trier ses résultats en fonction de ses liens d’amitiés

- Un covoiturage sécurisant avec des profils utilisateurs détaillés, un système de notation, un paiement en ligne sécurisé et bien plus encore !

 

Et notre modèle économique dans tout ça ? Comme vous le dites si bien «  l’argent ne pousse pas dans les arbres », une chose est sûre, nous voulons ce que les covoitureurs veulent ! Il est évident que nous ne pourrons pas rester gratuit indéfiniment, cependant nous avons une réelle volonté de trouver une solution économiquement viable et compatible avec la mentalité du covoiturage. Dans tous les cas, nous ne prendrons jamais un pourcentage de la somme due au conducteur.  

 

Laure, Ronan et Sébastien

Fondateurs de Sitngo.fr

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

06/07/2014, 23:32 | Par barthélémystk en réponse au commentaire de LaureMoulin le 28/06/2014 à 19:46

Une remarque : on ne peut pas accéder à la moindre information sur votre site.

A moins de s'inscrire cad donner son email etc...

rédhibitoire

03/07/2014, 12:16 | Par Thomas Guigou

Covoituré de la première heure j'ai aussi assisté à la perversion de la logique collaborative par les gestionnaires du site dans un premier temps (auxquels j'ai envoyé de nombreuses lettres de plainte), perversion reflétée sur les usagers eux-mêmes ensuite. 

J'ai connu un temps, où le conducteur, constatant que nous étions précaire ma fiancée et moi, ne nous faisait même pas payer le trajet. J'ai connu un temps où on se faisait des amis grâce au covoiturage. Cette logique a été, comme on pouvait se l'attendre pourri par le fric.

Depuis je n'emprunte même plus blablacar (sauf dans les régions où, insuffisament présent, ils n'osent pas imposer des frais de mise en relation, je pense à l'Italie par exemple). Nous faisons du stop.

Il est bon de voir que des initiatives désintéressées émergent pour contrer ces pourris. Mais elles sont nombreuses et se limitent généralement à des épiphénomènes sans envergure. Il faut présenter un front commun, un front de lutte contre le pourrissement par l'argent. Je vais adhérer immédiatement à Sitngo et encourager mes proches à faire de même

Mais ce que la dérive de blablacar met en évidence (dérive qui n'en n'est pas une car l'imposition était en fait envisagée depuis le départ), c'est l'impossibilité de faire émerger toute logique humaine de ce système. Il confirme que seule une perspective révolutionnaire peut nous sauver.

 

En vous remerciant de vous manifester sur ce sujet

 

04/07/2014, 10:02 | Par Evenstrood

@Thomas : Merci pour ton témoignage sur ton expérience Blablacar. Concernant les relèves et les alternatives, il en existe beaucoup mais il faudrait surtout les mutualiser...

Aujourd'hui, la forme que doit prendre la futur offre de covoiturage est une association. A cela, une seule alternative est déjà en place, elle s'appelle Covoiturage-Libre.fr qui génère chaque jour entre 5 et 10'000 visites.

Plutôt que de créer de nouvelles offres de type SitNgo.fr (très pokeristique comme nom) ou encore Roueverte, Vadrouille-Covoiturage ou Covito, il serait intéressant d'avoir une fusion de l'ensemble de ces acteurs avec un modèle économique basé sur de la mise en relation gratuite ou de l'adhésion (ce que j'évoque).

N'oublions pas non plus le plus grand concurrent actuel qu'est 123envoiture et qui permet également la mise en relation avec le paiement en espèces.

La révolution covoiturage ne marchera qu'avec la fusion de l'ensemble des autres acteurs et un concensus autour des idées du covoiturage de ces mêmes acteurs.

07/07/2014, 16:07 | Par Yves Le Signor

Une solution simple et efficace :

 

http://covoiturage-libre.fr/

 

Bien à vous,

 

Yves Le Signor

16/08/2014, 16:21 | Par caroline louis

Dommage que la revue  Maif Magazine n°165 de juin 2014 en face la promotion encore aujourd'hui 

20/08/2014, 23:53 | Par Aamarcha

Bonsoir à vous,

Nous avons développé (l'application mobile est en cours de finalisation) un réseau social de covoiturage totalement gratuit.

Nous travaillons sur un modèle économique plus équitable et qui garantit une totale gratuité pour les conducteurs et les passagers.

Je me permets de le partager avec vous : https://www.covyou.com/

Bien à vous !

 

25/10/2014, 15:38 | Par Clovis DURAND

Bonjour Nicolas (et tous les autres).

 

J'ai en effet fait les mêmes constats. Malgré les mails envoyés à mes contacts pour promouvoir d'autres sites, les personnes n'ont pas l'air de réagir.

Personnellement, j'ai beaucoup utilisé un site belge www.eurostop.be qui utilise le même système d'antant. Il n'est pas reservé à la Belgique puisque j'ai fait surtout des voyages en France grâce à ce site (de belges traversant la France). Il suffirait juste que les français en usent.... Il faut juste s'inscrire, et tu accèdes directement aux données des utilisateurs. Aucun frais de réservation, juste main à la main.

Corinne 

 

01/11/2014, 15:35 | Par uthagey

Excellent billet et très bonne synthèse de la situation. J'ai pratiqué BBC dés le début, et AlloStop bien auparavant. Tant comme conducteur que comme passager... Le système s"est en effet transformé en une machine à fric implacable, et votre billet a le mérite de décrire son fonctionnement.

Je ne n'utilise plus ce service depuis longtemps désormais. En fait Ouigo, et Kelbillet.com réponde, paradoxalement, mieux à mes attentes en matière de déplacement rapide et peu onéreux. Et en tout cas, je préfère désormais payer un peu plus et arriver plus rapidement.

 

08/11/2014, 08:56 | Par Monsieur Bouton

et revenir à l'auto-stop?

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