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Qu'est-ce qu'être de gauche ? (Suite et fin ?)

Pour poursuivre le débat de manière plus fluide, je vous propose, comme cela m'a été suggéré, de poursuivre le débat ici. Nous en étions à la question du débat égalité/équité et nous en venions à celle de l'individualisme et de l'école.

 

Contribution de virgil Brill sur une conception de l'individu non instancié sur la marchandise pour ré-inventer un imaginaire de gauche :

Jean-Claude Charrié m'a demandé hier d'apporter quelques précisions. Excusez moi d'avoir tardé, cela ne tient pas seulement à une cascade d'obligations mais aussi je dois l'avouer au fait que je manque de sommeil et ne suis pas très sûr d'arriver à être clair.
En fait ce retard a du bon car j'ai pu lire l'échange si riche et si lucide entre Melchior et Farid, complété par les remarques de Fantie et Vincent. Ainsi que la fine mise au point de Grain de sel qui me déblaie le terrain et que j'utilise sans vergogne comme introduction. C'est bien sûr dans le premier niveau de questionnement que je me situe quand je parle dela (re)constitution d'un imaginaire de gauche, c'est à dire non instancié sur la marchandise et l'individu, mais irrigué par la culture du soi et la convivialité [qui] doit nécessairement accompagner, voire inspirer l'indispensable et urgente reconstruction théorico-politique.
Jean-Claude estime que ça touche juste mais fait deux réserves et demande des éclaircissements.
1) Il lui semble incohérent de vouloir fonder la revigoration d'un imaginaire de gauche à la fois sur la culture du soi et le refus de l'individu. Simple problème de définitions. L’individu comme objet, comme unité quantitative, considéré isolément, avec un perspective de “réussite”. La personne, le soi, comme sujet singulier avec un projet d’épanouissement.

Je refuse d'être considéré simplement comme individu isolé, comme un client, un justiciable, un contribuable, toutes données quantitatives et objectivables.
C'est bien à cette condition quasiment réifiée que tend à nous réduire le fonctionnement sociétal fondé sur le profit. Nous sommes tous des unités économiques définies avant tout par une quantité de profit. On appelle ça la réussite, la pauvreté, ce genre de choses.
C'est bien l'affaire de l'individu de s'en sortir, proclame la droite. C'est bien à la collectivité d'agencer une transformation sociale visant à l'émancipation, affirme la gauche. Emancipation, certes, Quelle émancipation ?
Emancipation de l'individu, ce client qui voudrait pouvoir acheter plus de "belles" choses vues à la télé, dans la pub, les séries ? Faisant le jeu du mercantilisme qui propose un rêve de bonheur fondé sur l'acquisition marchande?
Ou émancipation de la personne, enfin en mesure de rêver ses propres rêves, d'imaginer ses propres fins, d'explorer ses propres profondeurs et de s'intéresser à celles de ses semblables ? Ces valeurs auxquelles je fais des allusions insuffisantes ne sont pas à proprement parler des valeurs de gauche "en soi"mais il me semble qu'un imaginaire de gauche qui ne les intègrerait pas serait bien pauvre et n'aurait que des revendications quantitatives comme indépassable horizon, faisant en cela le jeu du capitalisme mercantile.
A partir d'un socle minimum défini par le Préambule de la Constitution et dont l'insuffisance prolongée (et même en train de s'aggraver) est un scandale de plus en plus insupportable dont seul un mouvement social puissant pourra venir à bout, il est mentalement et humainement indigent de projeter son désir sur l’avoir tel qu’il nous est dicté par la mythologie marchande, comme signe d’excellence de l’individu et comme substitut du soi. De plus cette misère morale est politiquement contre-productive.

2) je ne crois pas que l’imaginaire de gauche se soit historiquement et soit encore « instancié sur la marchandise » ; je pense pour ma part qu’il l’est d’abord sur le travail et la croissance nous dit encore Jean-Claude.
Ce n’est pas que l’imaginaire de gauche soit en tant que tel instancié sur la marchandise. Mais il l’est par défaut. Nous sommes TOUS assiégés par les rêves de droite, les rêves de marchandise, de réussite sociale individuelle. Cette mythologie marchande et atomisante baigne la société en permanence et procède insidieusement. C’est je crois un des agents de ce que jpylg appelle le formatage de l’opinion, d’autant plus redoutablement efficace que cela n’agit pas de façon rationnelle mais par imprégnation inconsciente et intériorisation de modèles directeurs d’autant mieux suivis qu’ils paraissent “tout naturels”. Qu’on soit de gauche ou non. Combien de gens de gauche s’abstiennent de regarder la téloche ou la regardent d’un œil distancié et critique ? Pas de quoi faire des multitudes. Comprenez moi bien: je ne parle pas ici des “buts de guerre” de la gauche, je parle de l’imaginaire des gens.Je crains que la Starac’ n’y tienne plus de place que “le Temps des cerises”.

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur...
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

PS 1 Pardonnez moi d’avoir été à la fois aussi sommaire et aussi prolixe. J’ai trouvé moins discourtois de vous livrer ce galimatias que de vous faire attendre encore. Je suis prêt à essayer d’éclaircir ce qu’il y a de fumeux et de compléter les criantes lacunes en répondant à vos questions.

PS 2 Ces géniales considérations doivent beaucoup à Mona Chollet (la Tyrannie de la réalité, Rêves de droite – Miguel Benasayag, viré de France Culture par l’exquise Laure Adler (le Mythe de l’individu) François Flahaut (le Paradoxe de Robinson)
et Gabriel Tarde, tel que cité et commenté par Bruno Latour et quelqu’un d’autre (l’Economie, science des intérêts passionnés).
Ne leur en veuillez pas : ils valent la peine que vous les lisiez vous-mêmes.

10/02/2009 17:27Par Virgil Brill

 

Intervention de Jean-Claude Charrié sur la vision et le projet de la gauche, suivie d'un commentaire prémonitoire de fantie B.. 

Bonsoir, j'ai repris le déroulé de ce fil juqu'à votre échange d'aujourd'hui, la question éducative a souvent été effleurée, elle est très souvent sousjacente et j'en viens à considérer qu'elle est en réalité centrale.

Je reprends depuis cette proposition de Vincent : "Vous dites également : la droite postule que les individus ont les moyens de leur autonomie (ou de leur individualisme entendu comme l'autonomie par rapport à son groupe social) alors que la gauche devrait, à mon sens, armer les individus pour l'individualisme.
Mais alors, si la gauche atteint son objectif, ne devient-elle pas la droite?"
Nous en arrivons bien me semble-t-il au fondement de la pensée politique de gauche : « armer les individus pour l'individualisme » n’étant qu’une reformulation actualisée de l’engagement pour l’émancipation.
Soit : à gauche postulat de l’égalité en droits, posée en réalité comme but, et projection politique volontariste comme moyen de l’atteindre par l’équité, contre interprétation de l’égalité en droits posée comme état ou don originel, et projection politique fataliste comme organisation de la liberté d’exercice de ce don à droite (sans égard pour la notion d’équité).

10/02/2009 19:03Par Jean-Claude Charrié

Oui, je crois que la question des "dons" de l'individu va bientôt se poser.
La droite ne postule-t-elle pas l'inégalité intrinsèque des individus, de par leurs "dons", leur héritage inné etc ? L'individu ne devrait là sa valeur qu'à son "lignage", ou à lui-même (sa volonté).
Tandis que la gauche postulerait que le contexte dans leqquel l'individu naît et grandit a une énorme importance pour le développement de ses compétences.
( j'ajouterai pour ma part : et aussi, pour le développement de sa volonté).

 

Contribution de Pierre Fayollat sur l'importance de la question éducative, entendue au sens large, et qui s'articule de mon point de vue au commentaire de Jean-Claude plus bas.

 

Il me semble que transformation sociale est trop neutre. Je préfère, et de loin, la justice sociale dans la démocratie pour vivre bien tous ensemble.
Comme le souligne fort justement Jacques Rigaudiat, justice sociale c'est mieux qu'égalité des chances.
Et pour réduire les déterminismes sociaux, il faudra peut-être s'intéresser à la famille : un tout petit d'une faille ballotée par la précarité, sans jouet ni livre, bercé par la télé ou les "cassettes du bled" du matin au soir et qu'on fesse pour le corriger ne sera pas à égalité avec un enfant entouré de parents s'exprimant bien, sans grave problèmes économiques et sociaux, affectueux et attentifs, lisant des histoires tous les soirs, chantant des comptines, proposant des jouets et jouant avec l'enfant etc. Ça se voit dès la maternelle. La maternelle et l'école corrigent un peu. Si peu qu'au collège c'est déjà fini pour beaucoup : ces ados y vont car c'est un lieu de socialisation mais plus un lieu d'apprentissage de connaissances. Il sont largués.
Et donc, la justice sociale dans la démocratie pour vivre bien tous ensemble ne sera possible qu'en remettant en cause profondément la manière d'élever les enfants uniquement sur le modèle familial notamment dans la toute petite enfance. C'est bien sûr un exemple parmi d'autres.
Pour réduire les déterminismes sociaux, il faut aussi s'attaquer au néo-colonialisme qui exploite les pays du sud et y favorise des économies rentières et des régimes anti-démocratiques. Ce néo-colonialisme est indispensable au maintien de ressources bon marché pour alimenter le productivisme et la croissance. Or la conséquence, c'est la montée de la misère au sud qui tente d'y échapper en venant chez nous et dont on retrouve les enfants dans nos écoles avec toutes les difficultés que l'on connait. Chance pour nous, cela crée un brassage culturel à terme profitable et la France est ainsi moins uniforme et morose que les pays trop repliés, voire.
Et donc, la la justice sociale dans la démocratie pour vivre bien tous ensemble ne sera possible qu'en remettant en cause profondément la manière d'élever les enfants et aussi qu'en cessant l'exploitation capitaliste.
Nous ne sommes plus là dans la régulation polie et policée mais dans la révolution qui n'est pas celle du "capitalisme vert" bien tempéré, car le capitalisme, c'est les inégalités, la crise et le désastre écologique. Ça fait suffisamment longtemps que ça dure pour qu'on s'en aperçoive.


 

 

 

Ce n'est pas une synthèse mais un point d'étape. Pour éviter d'être taxé de partialité par Etoile 66, comme elle le fait plus bas dans le fil où elle parle d'un "résumé", je précise qu'elle considère que nous sommes prisonnier d'une idéologie, de notre univers qui ne dépasse pas nos frontières (comme le nuage...), et que nous pensons en tiroir.

 

Tous les commentaires

Cette question j'aurais besoin de la passer à travers mon filtre préféré. "Que répondrais-je à un enfant de xx ans qui me la poserait?" "De huit ans?" "De onze ans?" "De quatorze ans?" (ça fait au moins trois filtres, et ça fait probablement un excellent exercice, bien concret?).

Cher Axel J, Voilà plusieurs fois que vous m'interpellez vivement sur mediapart ou que vous vous posez, vis-à-vis de moi, en donneur de leçons. Sans remonter au psychodrame du mariage annulé, je me souviens que vous m'avez récemment accusé de "refaire l'histoire" me taxant, péjorativement, du moins, sous votre plume, "d'intellectuel". Vous m'avez ensuite reproché les majuscules de ma signature qui contreviennent, à ce qui visiblement, vous tient beaucoup à coeur, la netiquette. Votre intervention sur le dernier billet d'Etoile 66 portait une allusion à peine voilée, à mon billet. A charge bien sûr. Et vous voilà ici où je laisse le lecteur juger par lui-même la qualité de votre intervention. Si vous souhaitez me blesser, je préfère vous dire tout de suite que c'est peine perdue. Non pas que je sois invulnérable, je ne suis pas de bois, mais, disons que ma sensiblité aux attaques personnelles est une fonction croissante de l'estime que j'ai pour celui qui les énonce. Cela dit, je vous serais reconnaissant si vous alliez vomir votre petit paquet de haine ailleurs que sur ce fil qui, visiblement, semble intéresser les gamins que nous sommes.


Comme vous avez fourni un gros effort pour vous adressez à moi sans attaques personnelles, procès d'intention, sermon, ou discours par lesquels vous me faites part de votre analyse de ma personnalité, je vais répondre à ce message, qui constitue donc un net progrès. Je vais même vous donner du concret : être de gauche, c'est croire qu'Axel J peut s'adresser à FARID sans l'agresser. Ce que vous venez de faire, bravo. Mais comme je suis très à gauche, je crois qu'un jour, vous serez capable de m'interpeller en articulant quelque chose comme une argumentation. Une espèce de Grand Soir, si vous voulez. Et là, alors là... C' EST LA LUTTE FINALE...


@ Farid: je n'avais pas du tout lu le commentaire d'Axel comme une provocation mais comme une vraie proposition.
Cela se rapproche un peu de ce que j'entends plus bas par "sensibilité" de gauche, ressenti de gauche, vision de gauche du monde; Effectivement, on peut se placer à ce niveau "simple", ou l'affectif" se mêle progressivement de "raison", pour dialoguer avec des enfants (puis adolescents) qui demanderaient : "c'est quoi, être de gauche" ?
C'est une question pertinente, je trouve que ça nous force à aller droit au but. Je ne sais pas ce que je répondrais... . ...le mot qui me vient en premier c'est justice, puis, justice sociale. Puis, inégalités, et enfin, inégalités structurelles, instituées, dont les gens ne peuvent sortir seulement apr un effort individuel (cf. l'esclavage). Et j'ai eu en écrivant l'image de mon premier acte militant personnel (défendre une camarade de classe attaquée par un plus grand nombre dans une cour d'école).
Bon, mais ceci est ma lecture du commentaire d'Axel. Néanmoins, j'y retrouve la tonalité de son abord général de cette question, en particulier celle de son retour bien plus bas dans le fil.

Merci Fantie, et je sais que vous n'êtes pas la seule à avoir les yeux assez ouverts et à savoir modifier vos angles de vue. Apparemment, c'est par le genre de subterfuge "l'âne qui rend visite au hibou" qu'il faut passer (voir plus bas, beaucoup plus bas dans ce fil), pour avoir une chance de redescendre suffisamment sur terre pour espérer un peu de concret. Merci donc à la finesse (à la grande expérience, hasarderais-je plutôt?) de MelchiorGrisetLabûche. Apparemment, un premier billet et 300 commentaires c'était encore un peu tôt? Ah, les enfants! Toujours si impatients!.. Mais méfiez-vous de MGL, car il n'a qu'une arrière-pensée derrière cette pédagogie, c'est le programme de son parti et son travail pour redresser la France et les Français: Que du concret, beurk! :-)
“Et j'ai eu en écrivant l'image de mon premier acte militant personnel (défendre une camarade de classe attaquée par un plus grand nombre dans une cour d'école)”
Diriez-vous que vous étiez "de gauche" ce jour-là? (pardon, je plaisante, réponse facultative :-))

@ Fantie, C'est sans doute parce que vous gommez le contexte évoqué dans mon premier paragraphe, et qu'Axel nous a fait un retour bien innocent. Quand on a lu ses dernières interventions à mon égard, on ne s'y trompe pas. Sa réponse ci-dessus confirme maladroitement ma première lecture. Ré-édité : je ne nie pas qu' Axel puisse faire des contributions constructives et être courtois, il l'est avec d'autres. Il fait une fixation sur moi depuis ma polémique avec Etoile 66 qui d'ailleurs se solidarise avec lui plus bas. Et lorsqu'il fait une fixation, il ne lâche pas, il suffit de se relire certains fils récents. Ci-dessous, commentaire d'Axel J sur le billet d'Etoile 66 qui montre tout l'intérêt qu'il porte à notre type de débat: Chère Etoile, "nous nageons si profondément et depuis si longtemps dans un océan de propagande destiné à nous infantiliser et nous aveugler, que nous n'avons aucune chance de nous faire une représentation mentale suffisamment concrète à partir de votre exemple. Par contre, habitués que nous sommes à constamment nous échapper dans la contestation et la râlerie, dans l'abstrait et les belles généralités ainsi que la grande politique très théorique si passionnante pour oublier jusqu'à l'existence de responsabilités individuelles qui seraient les nôtres..." N'est-ce pas transparent ? je vous rappelle que mon billet évoquait la question de la responsabilité individuelle pour affirmer qu'il fallait la nier.

Chère Fantie, Vous ne souhaitez plus vous en mêler et je vous comprends, ça n'en vaut pas la peine. Néanmoins, je poste un florilège des dernières interventions d'Axel à mon sujet, je le laisse mettre les liens et s'il le souhaite, mes réponses. Il peut aussi aller chercher des échanges plus anciens et plus cordiaux, d'avant mon papier sur les intellectuels. Ca, c'est sur le billet d'Art Monika : “...la nétiquette dont j'ignore tout et qui, à vrai dire, ne m'intéresse guère...” On avait remarqué, sinon vous ne resteriez pas ainsi en majuscules alors qu'il vous a déjà été suggéré de passer en minuscules et surtout, alors que vous ne verriez pas spécialement d'inconvénient non plus à passer en minuscules (selon vos propres dires). A mon avis (mais je ne suis pas intellectuel...) si on voulait se comporter correctement "comme dans la vraie vie", et bien justement on ferait l'effort de s'intéresser aux particularités de chaque lieu visité, et le Net en est un, afin de respecter les codes locaux au lieu de vouloir imposer les siens propres sans désir d'apprendre ni de s'adapter. 02/02/2009 17:54Par Axel J Ca, c'est sur mon billet sur les intellectuels. Cher Virgil, c'est parce que vous n'avez pas le contexte. En fait, ce billet que vous relisez maintenant à tête reposée, qui s'est étoffé de nombreuses additions toutes plus intéressantes les unes que les autres, ne reflète plus du tout l'ambiance agressive et pleine de ressentiment dans laquelle il a été conçu. Il s'agissait d'une bête controverse entre précisément Etoile66 et Farid, sur d'autres sujets, controverse que Farid a eu l'idée de faire passer sur un autre plan, beaucoup plus universel, en écrivant ce billet sur "les intellectuels". Une manière de se mettre bien au-dessus de la mêlée et de se donner le beau rôle, en partant sur des plans si universels, que les simples maladresses de telle ou telle "fonceuse" ou autres "poëtes", bientôt paraîtraient insignifiants, sinon carrément oubliés. Je me contentais de cette évolution, car la qualité des échanges ici est excellente, mais je ne pouvais quand même pas marcher à fond dans cette "réécriture de l'histoire" que Farid a réussie de main de "maître-intellectuel"... Et mon interprétation du commentaire de Serge Koulberg, c'est précisément ça: je crois qu'il voudrait, comme moi, bien signifier clairement qu'il ne sera pas complètement dupe d'une "réécriture de l'histoire" à ses dépends, d'une "redistribution des rôles" dans laquelle on oubliera l'origine triviale de "l'affaire" pour ne retenir que la si haute tenue et la si chiadée-élaborée-supergéniale pensée de "l'intellectuel Farid". 18/01/2009 15:42Par Axel J L'honnêteté m'oblige à dire qu'entre temps, il m'a donné un bon point en qualifiant un de mes commentaires d'excellent. Monsieur est trop bon.

Cher Farid, je ne vais pas m'en mêler davantage ! Moi aussi je crois en l'importance de la responsabilité individuelle dans l'émancipation. Notion compliquée, que la gauche n'a pas trop envisagée, mais que les sciences humaines pourraient aussi nous permettre d'approfondir. édité Désolée : mes premières formulations étant maladroites, j'en ai supprimé une partie avec l'accord de Farid. Au vu de ce qu'il écrit au dessus, elles tombaient à côté de la plaque et n'apportaient rien. (Comme Virgil ci dessous, j'ai du mal à supporter tout ce qui aboutit à des mises à des frontières étanches entre les gens. Alors que ça les regarde, c'est leurs vies.)

Cher Farid Je pense qu'Axel est double-face. Sans duplicité, à mon avis. Beaucoup de ses commentaires sont à la fois très judicieux et d'une sensibilité qui peut aller jusqu'à la délicatesse. Et aussi m'a-t-il semblé d'une grande honnêteté, reconnaissant volontiers ses torts ou erreurs. Et parfois il explose avec une hargne haineuse d'une brutalité à couper le souffle et qui me semble d'une grande injustice, comme avec vous ou Art Monika. J'en suis arrivé à penser qu'il est sujet à une sorte d'éréthisme moral à la trahison, à la traîtrise, à la déloyauté, à l'hypocrisie et toutes ces sortes de vilaines choses. Hypersensibilité qui lui fait interprèter comme symptômes des peu appétissants traits en question des comportements de toute bonne foi tels que les agaçantes réécritures avec suppression de l'original par l'ardente et intègre Art Monika ou la délocalisation que vous avez opérée avec le billet sur les intellectuels. Le malheur c'est qu'ensuite, tout comme l'excellent jpylg que j'apprécie beaucoup également, pas moyen qu'il en démorde, il ne voit ni n'entend carrément plus les démentis, preuves, protestations etc. Il n'a plus confiance. Je me sens impuissant devant cela mais je n'arrive pas à m'y résigner. Je relisais hier sur un fil d'Art Monika (Ellulie) un dialogue touchant, juste et plein de charme, qu'ils avaient eu tous les deux. Quel dommage, quel saccage, quel gaspillage... Mais quand les blessures sont faites, comment faire ?

Merci tout d’abord à Virgil pour ses éclaircissements qui remettent les choses en bon ordre. Et qui me permettent de vous soumettre une remarque relative à la construction générale et au développement de nos échanges, et renvoi à une difficulté récurrente s’agissant du débat politique. Il me semble que plusieurs plans se chevauchent en permanence qui nuisent assez singulièrement à la progression d’ensemble. Je m’explique : s’agissant de tenter une définition de l’engagement politique, de droite ou de gauche puisque telle est la question, parlons-nous tous, toujours, de la même chose ? Je pense que non et que nous sommes bien souvent dans la confusion entre pratiques politiques et engagements idéologiques. Ce n’est pas pour faire hurler notre starlette … mais au passage, je ne résiste pas à revendiquer personnellement la nature idéologique de mon engagement et à dénoncer cette dictature nihiliste qui consiste à proférer ce mot comme une insulte. Ceci m’amène à conclure provisoirement en m’adressant à Virgil pour lui confirmer selon cette distinction l’utilité de la réponse qu’il me fit et mes remerciements.

Pardonnez-moi, mais puisque chapitre 2 il y a, je recolle ici le commentaire que j'avais mis vraiment tout à la fin du chapitre 1. Peut-être que ça ne le méritait pas, mais je persiste et signe... ne serait-ce que parce que ce n'est pas tous les jours qu'il y a (à quelques exceptions près) des échanges de cette qualité sur le site. D'abord un grand bravo à Farid d'avoir initié ce débat ouvert. Je dis vraiment "ouvert" car loin de nous asséner une façon de voir définitive et personnelle, son billet (comme d'ailleurs ses interventions qui ont suivi) posait vraiment la question contenue dans son titre, il soumettait qqch à la réflexion d'autrui et permettait de réfléchir ensemble, de confronter les réactions et les façons de voir de chacun. Ensuite, juste une remarque que je me suis faite à la lecture des commentaires. Je pense qu'il y a au fond deux niveaux de questionnement, d'où parfois une certaine distorsion dans le débat: - les valeurs et principes de gauche (ou de droite) tels qu'on les sent, tels qu'on les porte, tels qu'on les a parfois reçus, dont on est pétri, auxquels on a été ou non éduqués, donc la gauche (ou la droite) intériorisée, voire rêvée, et pour lesquels certains d'entre nous sont prêts à se battre. - et d'autre part les partis ou personnalités qui s'en réclament (ou s'en sont réclamé) et ce qu'ils en font (ou en ont fait) dans la vraie vie, "au nom" des valeurs auxquelles on croit et qui, quelque soit leur "étiquette", ne parviennent pas toujours à emporter notre adhésion, loin s'en faut. Je m'explique: on peut se sentir "de gauche" et ne se reconnaître dans aucun de ceux qui se réclament "de gauche" ou sont censés l'incarner. D'où cette impression de "désenchantement", notée plus haut, qui est à mon sens une notion intéressante et très pertinente dans tout ce questionnement. Pour ma part, je le reconnais sans mal, même si je me sens fondamentalement et définitivement de gauche, je pense qu'il ne m'est jamais arrivé de voter POUR quelqu'un, j'ai toujours voté CONTRE l'autre. Ou pour le MOINS PIRE. En tous cas bravo pour la qualité de ce débat !

Chère Grain de sel, Je crois que nous sommes nombreux à gauche dans votre situation. Plus que les personnes, pour ma part, c'est au projet ou au programme que ne ne crois pas. Je vote à gauche car je m'identifie aux valeurs de gauche, mais je reste dubitatif quant au programme. Sans vouloir provoquer Melchior, il me semble que le programme du PS manque d'ambition et que ceux des partis plus à gauche, le sont trop ou plutôt, le sont sur un registre qui me semble chimérique. Du coup, je suis "un sujet politique flottant", ce qui a son confort mais laisse souvent un goût amer. Très cordialement.

Je confirme et ajoute: pour lutter contre le roulis et l'amertume il n'y a pas 36 solution, il faut prendre et se réapproprier la parole. C'est ce qui est en train d'advenir dans notre bonne vieille république du moins faut-il le souhaiter, et c'est ce à quoi vous contribuez Farid, tous les espoirs vous sont donc permis.

C'était vous, Jean-Claude Charrié, qui aviez apporté la notion de "désenchantement" au débat ? Comme le fil d'avant n'est plus trop maniable, je ne me souviens plus vraiment. Mais si c'est le cas, je trouve cela très bien vu et en plein dans le sujet....

FARID, Qu'appelez-vous exactement "débat égalité/équité" ? "Débat" étant, pour moi, je ne vous le cache pas, le mot qui dit que rien ne doit être dit qui puisse aller contre les opinions les plus consensuellement admises.

Cher hêtre, Vincent (si vous passez par là) et d'autres, J'ai fait une confusion dans mon commentaire précédent sur les concepts d'égalité et d'équité. En fait, j'ai assimilé équité et égalité des chances. Si on entend l'équité comme la recherche "d'une égalité des chances qui ne soit pas seulement un principe affirmé mais aussi une réalité concrète permettant une véritable réduction des inégalités sociales", alors Vincent a raison et je comprends mieux sa frayeur... Il y a deux acception de l'égalité : - l'égalité arithmétique où tous les individus, sans distinction, doivent être traités de la même manière - l'égalité qui s'ajuste aux efforts de chacun. Cette deuxième conception s'articule à l'égalité des chances et à la méritocratie. Donc, pour reprendre avec plus de rigueur ce que j'écrivai dans le chapitre 1, je crois que la gauche doit viser à l'équité pour construire une société où les chances sont véritablement égales. Ce qui nous amène à la question éducative comme le souligne Jean-Claude (désolé, je n'ai pas votre nom sous les yeux) et qui ne me satisfait qu'a moitié. La question est bien sûr pertinente et importante, mais, reste prisonnière d'une réduction du mérite au titre scolaire. @hêtre, Je ne sais pas trop quoi répondre à votre question, un débat pour moi est quelque chose de constructif.

.

(Erreur d'édition bis)

Je suis désolé Farid d'insister, mais je persiste à penser qu'il ne s'agit pas de "construire une société où les chances sont véritablement égales", mais une société où le plein exercice de ses droits est garanti à chacun, l'égalité en droits de tous ayant été posée comme prérequis. Pour avancer sur la question éducative, je vous propose l'interprétation non limitative au seul champ scolaire que j'en fais (au passage il faudra que vous m'expliquiez votre référence au mérite) à travers les quelques lignes qui suivent (un peu longues je m'en excuse), rédigée également à titre de contribution pour un autre débat: " S’agissant d’éducation, il convient en particulier de dire et de redire que les conditions de vie d’une femme enceinte pèsent certainement beaucoup plus lourd sur l’avenir de son enfant à naître que tous les artefacts éducatifs (institutions, méthodes et compétences pédagogiques, contenus d’enseignements, outils d’évaluation et d’orientation etc. etc.) que la société pourra ultérieurement mettre à disposition de cet enfant. Il convient aussi de dire et de redire qu’ensuite, les 5 ou 6 heures quotidiennes que passera l’enfant dans l’institution scolaire ne pourront rivaliser d’impact avec les 18 à 19 heures qu’il passera à l’extérieur de cette institution, temps de sommeil compris. Il convient enfin de convenir une bonne fois pour toutes que l’éducation instituée ne pourra jouer un rôle réellement prépondérant qu’à partir du moment où cet enfant décidera par lui même d’engager un travail personnel volontaire pour tirer parti de ses services, c’est à dire pas avant 14 ou 15 ans dans le meilleur des cas, 17 ou 18 ans plus communément et bien souvent jamais dans les conditions actuelles de fonctionnement de l’école. Il faut donc tout simplement revenir à cet acquis fondamental des sciences humaine selon lequel chacun d’entre nous n’est que le produit de ses relations (de toutes ses relations) avec son environnement, et ne pas l’oublier systématiquement dès que l’on aborde la question des institutions éducatives, c’est à dire lorsque l’on met « l’instruction » (et non pas l’éducation) en débat. Et il n’est pas indifférent de considérer qu’à l’origine le ministère public en charge de la mission éducative d’état n’était autre que le « Ministère de l’instruction publique ». Les mots ont un sens, et les termes du débat à conduire sont ainsi clairement posés : débattre des missions, de l’organisation, des corpus disciplinaires, des méthodes, des moyens de l’école ne saurait épuiser la question éducative, tout au plus s’agit-il d’en aborder l’un des aspects, certainement le plus facile à bien des égards, circonscrit aux limites de l’action publique. Et l’on perçoit bien qu’il serait vain de prétendre également épuiser ce seul sujet si dans le même temps l’impasse est faite sur les clarifications et mises à jour qui s’imposent aujourd’hui d’évidence, concernant l’ambition éducative globale que doit se fixer la société dans son ensemble et à travers toutes ses composantes à commencer par son unité de base, la famille. Un discours sur l’éducation qui ne prendrait en compte que la question scolaire, n’aurait aucun sens. Pour autant, le débat de fond sur l’instruction scolaire ne saurait être différé, les questions sont lancinantes, les sentiments d’échec, d’impuissance, d’inutilité parfois la rongent, et les enjeux sont désormais clairs et à relativement court terme : le concept lui même de Service Public et l’égalité du droit à l’instruction sont en péril. Mais il y a lieu au préalable de recentrer le débat sur son objet réel, d’en fixer explicitement les limites et de sortir à la fois des projections irréalistes et des représentations implicites ; ce faisant un grand pas pourrait certainement être franchi pour élucider, ou plutôt pour poser rationnellement les termes d’un débat beaucoup plus général : en réalité, engager le réarmement du projet humaniste et sa reconquête du champ idéologique. "

Cher Jean-Claude Charrié, D'abord, merci pour votre retour. J'ai pensé que nous pouvions parler de mérite sans trop de mystification dans une société où l'équité est réalisée, c'est pourquoi j'en ai fait mention. Pas vraiment convaincu par l'idée, j'ai suggéré qu'il ne fallait pas le réduire au titre scolaire. En fait, ce qui me pose problème, c'est la validation marchande du mérite de chacun. Galbraith, dans un dernier petit livre, questionne le concept de travail et remet en cause son homogénéité : le concept embrasse un ensemble d'activités hétérogènes plus ou moins épanouissantes et les activités qui le sont le plus sont souvent les mieux rémunérées... Est-ce si logique ? De même, il me semble que faire des études est un enrichissement personnel financé en partie par la collectivité, pourquoi dès lors s'en prévaloir pour exiger d'importantes rémunérations, ce que font trop souvent, par exemple, les médecins. Concernant votre riche texte sur l'école, j'en partage l'analyse qui rejoint un peu la contribution de Pierre Fayolat sur le précédent fil.Il pose notamment la question de la famille comme facteur de socialisation déterminant les trajectoires scolaires. Je souscris à l'analyse mais je bute sur les solutions potentielles. Enfin, au risque de paraître un peu limité, j'aimerais que vous explicitiez ce que vous mettez exactement derrière le concept d'égalité des droits. Merci.

@hêtre, Je ne sais pas trop quoi répondre à votre question, un débat pour moi est quelque chose de constructif.(Farid) …et j'ai bien l'impression que c'est ce qui se déroule sous nos yeux. Ne trouvez vous pas, hêtre ?

Prenons l'exemple de la langue. Qui la crée ? Qui a inventé le français, ou le chinois ? Nous participons tous à l' "invention" de la langue. Que faire de la dialectique : altruisme, égoïsme, cet éternel et infernal couple dans lequel les idéologies nous coincent depuis si longtemps... Cette opposition en l'occurrence pour moi n'est pas valide. Dans ce processus, l'intérêt de tous EST l'intérêt de chacun... Bel inconnu ! C'est "drôle" de voir l'évidence la plus quotidienne, la merveilleuse définition d'un des aspect majeur de notre espèce : la langue vivante élaborée par tous et pour tous, oubliée, ignorée. Chacun pour soi, alors pas de langue, pas de pensée (je pense en français, quelque chose qui n'est pas de moi pense avec moi à chaque instant et je ne suis pas moins libre pour autant) un silence profond et absurde. Chacun pour soi et pas de musique, chacun pour soi et.... pas d'homo sapiens... Où est alors la pensée de droite ? Que faire face à la langue ? Dire : la liberté s'arrête où commence celle des autres, ce que je considère comme une pensée de droite, ou bien la liberté des autres (et la langue et la dignité, etc.) est la condition de ma liberté, ce que je considère comme une pensée de"gôche". Je ne me considère pourtant pas de gauche puisque je privilégie le consensus au constat de séparation par nature type majorité cinquante pour cent plus une voix (voie), émanation de cette idéologie du conflit de tous les égoïsmes contre tous les égoïsme, certitude malheureuse de nos soi-disant progressistes. Autrement dit, si je prends quelque chose à quelqu'un à ses dépens pour améliorer ma condition (mes richesses), rien que de très "normal" pense-t-on... Est-ce si "normal" ? Ne pas pouvoir se représenter la souffrance de l'autre et ne pas en concevoir une empathie, Qu'est-ce que c'est ? On appelle ceux qui fonctionnent sur ce mode là des psychopathes. Les malades sont au pouvoir. Y-a-t-il même alors une pensée de droite en dehors d'une négation primaire de ce qui n'est qu'un aspect simple et évident de notre nature. Le livre De Généreux (la "dissociété), avec lequel je ne suis pas toujours d'accord, dit bien cette "oubli" promulguée par ceux à qui il manque quelque chose, la capacité à comprendre que l'on n'existe pas sans les autres. Ce n'est pas un point de vue moral, mais bien un constat de "nature". N'importe quel linguiste ou anthropologue peu le dire (je ne suis que musicien) Mais, dit Généreux, à force de nous tenir ce langage "contre nature", nous parviendrons, car elle n'est pas inaltérable, à modifier cette nature, notre nature. Alors quel avenir ? Pour moi : la fin. Rien de moins. Mais je suis peut-être déjà un dinosaure. Peut-être suis-je un homo sapiens "anterior" Christian

@ hêtre: Waouh: Que la chose est bien dite... . Car à voir le démarrage de ce fil et le "résumé" des plus de 200 contributions - qui exclut tout autre opinion - on nage en plein dans la "pensée unique" et tous ceux qui ne sont pas d'accord seront accusés d'être "agressifs", "méchants", "de droite", etc... . Voilà comment on tue tout débat. . Continuez donc entre vous, vous arriverez peut-être à construire votre mur de verre qui vous enfermera dans ce que vous tentez de définir comme la "gauche" et personne ne viendra plus vous déranger. . C'est comme le mur qui séparait l'Ouest de l'Est, tous les "méchants" étaient à l'Ouest et les "bons" à l'Est. Ou vice-versa, cela dépendait bien sûr si la personne se percevait comme "socialiste pragmatique" ou "capitaliste". . Avec de tels "tiroirs" verrouillés dans la tête, on peut bien entendu tourner en rond toute sa vie sans réponse à quelque question que ce soit. . Je rappelle ici l'émouvant échange intellectuel sur le fil précédent entre Farid, soutenu par Fantie, et Vincent: Si on laisse de côté la question de l'épuisement des ressources Ben, heu. Farid, est-ce bien raisonnable ? 10/02/2009 14:38Par Virgil Brill --------------------------- Non ce n'est pas raisonnable, il s'agissait seulement de rester dans le cadre fixé par Vincent... 10/02/2009 17:38Par FARID --------------------------- "il s'agissait seulement de rester dans le cadre fixé par Vincent" La "pensée française" dans toute sa splendeur. Peut-être enfin certains comprendront-ils ce que j'essaie d'expliquer depuis longtemps: cette façon de penser en petites "cases", en "tiroirs" qui arrive à produire de telles "fleurs". . Vous avouez enfin que ce n'est pas "raisonnable" :-))) 10/02/2009 18:58Par Etoile66 --------------------------- Mais oui, et c'est volontaire, et provisoire : on fait des catégories pour penser quelque chose. Et puis, on avance plus loin, alors on défait ces cases là, et ainsi de suite; Comment penser sans catégoriser, je me me le demande ? Le tout c'est de prendre les catégories pour des outils et ne pas leur donner d'autre importance que celle-là. Ce n'est pas "la pensée française", c'est la pensée logique. 10/02/2009 19:03Par Fantie B. --------------------------- Non, non, Fantie, c'est la "méthodologie" purement française. . Comme vous baignez dedans depuis toujours, je me doute bien que vous ne puissiez imaginer d'autres façons de PENSER, car Farid nous a justement démontré comment, avec un raisonnement logique, mais en "tiroirs" ou "cases", on arrive à des conclusions totalement erronées et à une vision du monde repliée sur ses certitudes. . On peut "penser" autrement, pas par petites "cases" ni en "tiroirs" mais de manière plus ouverte... Par exemple, le terme "Argument" dans le wiki français, anglais et allemand. Vous y verrez les différences d'approche et de profondeur... . Logique : allemand, anglais et français . Abstraction : français, allemand, anglais . Voici d'autres termes où souvent la page n'existe même pas en français: http://en.wikipedia.org/wiki/Mind_map / http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_heuristique (amusant de lire la critique française) http://en.wikipedia.org/wiki/Brainstorming http://en.wikipedia.org/wiki/Inquiry . Il se trouve que je suis assez proche de la recherche en intelligence artificielle et elle ne pourrait se suffire de cette façon de penser en "tiroirs" que l'on trouve partout en France et dont vous venez d'apporter la "justification". Elle allie plusieurs approches des réalités. . http://www.afia-france.org/tiki-index.php?page=AFIA

Etoile, vous m'énervez à vouloir absolument me ranger dans une case -celle de la "pensée française " par exemple. Littérairement, je suis anglophile depuis mon enfance et je me suis nourrie d'humour anglo saxon ,le non sense en particulier. Intellectuellement je me réclame de la démarche scientifique expérimentale, un point c'est tout. Par ailleurs je me reconnais ici et là dans différents courants des sciences humaines, tous ceux qui s'intéressent aux relations plus qu'aux individus ou aux choses fixes. La philo pragmatiste (anglo saxonne),l'école de Palo Alto, l'interactionnnisme symbolique et la psychologie sociale (1ère Ecole de Chicago), la pensée de Max Weber (Allemagne), de Simmel (Autriche ?) et j'en oublie, peu importe, car beaucoup de ces courants sont reliés, se nourrisent les uns les autres. Ce qu'ils ont en commun c'est une démarche de pensée scientifique, ancrée dans le réel, avec des allers-retours constants. Dites que vous rejetez l'apport des sciences humaines en général et ce sera plus clair.

Chère Etoile, pourriez vous nous laisser jouer au sable avec nos œillères et notre vision en noir et blanc et pendant ce temps là aller discuter gravement entre grandes personnes responsables à l'esprit ouvert, sur votre fil par exemple, où nous n'allons pas vous harceler.

Zut, ma répétition est annulée. Chouette, j'ai un peu de temps ce soir. Je me présente : Joël Martin, philosophe de bac à sable à oeillères ne voyant qu'en noir et blanc et qui joue avec les grains de silice afin de les faire fondre pour mieux construire son mur de verre. Faut pas vous énerver, Fantie. Faites comme Virgil, rigolez. A mon tour de jouer... Un, deux, trois, c'est parti. Coucou, les revoilà les grands thèmes récurrents stellosoixantesizard ! Les voilà, presque au complet pas plus loin que juste au dessus, on les applaudit bien fort, ces vieux amis auxquels nous sommes si habitués. Allez, commençons. Musique, Maestro. "Continuez donc entre vous, vous arriverez peut-être à construire votre mur de verre qui vous enfermera dans ce que vous tentez de définir comme la "gauche" et personne ne viendra plus vous déranger." Le voilà, le célèbre mur de verre tant attendu ! On continue la revue : "Avec de tels "tiroirs" verrouillés dans la tête, on peut bien entendu tourner en rond toute sa vie sans réponse à quelque question que ce soit." Et tournez manèges ! Au suivant ! "Avec un raisonnement logique, mais en "tiroirs" ou "cases", on arrive à des conclusions totalement erronées." C'est vrai, il manquait quelque chose à la panoplie habituelle. On est rassuré : les voilà , les petites "cases". On continue. Tiens ? Mais c'est nouveau. Attendez, j'ai du mal à lire. Désolé, mais j'ai peut-être fait sauter un ou deux mots en copiant-collant : "Il se trouve que je suis assez proche de l’intelligence artificielle" On se disait aussi... Y a qu'un ordinateur pour être aussi répétitif ! Vous croyez qu'il faudrait la rebooter, notre etoile66 ? Des fois qu'elle nous donnerait de chouettes définitions de l'égalité, de l'équité, de la tolérance, de l'indulgence, de la largeur d'esprit ? Sans tiroir de verre, sans mur qui fait tourner en rond toute sa vie... Rêvons. Mais pas de contrepet, ce soir. Elle ne m'inspire guère, notre éruptive GPS (Guide de la Pensée et de la Sagesse). Ah, si : "Sagesse n'est pas folie !" Moël Jartin

Je ne suis pas vraiment fâchée, en fait; Les petites cases m'ont fait penser tout à l'heure à Hercule Poirot et ses petites cellules grises. Chez Agatha Christie, lui il représente la logique (franco-belge ?) tandis que Miss Marple représente l'intuition. cerveau gauche cerveau droit (ou l'inverse)- une incommunicabilité ?

Joël . Il faut que vous ignoriez tout de l'infomatique pour me mettre dans la "case" ou le "tiroir" ordinateur ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! . Un ordinateur a une logique "binaire" ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! . Or je n'arrête pas de lutter contre cette vision binaire, en noir et blanc, qui vous colle des oeillères vous empêchant de voir la riche complexité du monde. Votre formatage idélogique bien français vous enferme dans une prison intellectuelle dont je rirais si ce n'était triste à pleurer ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! . Etoile66 . PS - Ah, ces prisonnières idéologiques de leur rhétorique monochrome (même pas les deux couleurs noir et blanc), faut tout faire à leur place...

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Je pianote se soir sur mon portable et sans souris (oubliée au bureau) d'où visiblement quelque imprécision dans mon usage des commandes. Toutes mes excuses à tous pour ce malheureux bégaiement.

Cher Jean-Claude, vos interventions sont d'une telle qualité qu'on vous pardonne bien volontiers. Et on préfère que ce soit vous qui vous répétiez, plutôt que telle autre commentatrice...

Jean-Claude Joël a bien raison, vous êtes toujours les bienvenus, vous et vos clones. Vous avez cependant la possibilité d' "éditer" deux de vos triplés et d'en effacer le contenu pis de les "publier". Cela redonnera de la maniabilité au fil.

@Jean-Claude Vous dites mais je persiste à penser qu'il ne s'agit pas de "construire une société où les chances sont véritablement égales", mais une société où le plein exercice de ses droits est garanti à chacun, l'égalité en droits de tous ayant été posée comme prérequis. OK, mais quid si on décide que l'un de ces droits garantis est l'égalité des chances?
On en revient toujours à une question de définition. C'est quoi, l'égalité des chances? S'agit-il par exemple de contrôler précisément le nombre d'heures que chaque enfant passe devant la télé afin qu'ils soient tous égaux? Je suis bien d'accord avec vous que l'éducation est cruciale, mais l'éducation reste un système qui convient a certains enfants plus qu'à d'autres, et au sein duquel existe des différences liées aux personnes (un bon directeur d'école n'est pas la même chose qu'un mauvais directeur). Peut-on inscrire en droit des choses aussi incontrôlables? Je ne le pense pas, et vous non plus, si je vous comprend bien.
Néanmoins, si le but de la gauche est de permettre à l'individu de s'émanciper de son groupe d'origine, il faut bien mettre en place quelque part un système de compensation des moins favorisés, qui si on part d'une notion de Droit revient à choisir un système d'interventionnisme aigu au sein de chaque famille, voir au sein de chaque cerveau.
L'égalité en droit (ce que j'appelle de manière plus large l'équité) est une condition nécessaire à l'émancipation de l'individu, ce fait me semble acquis. Ce n'est pas une condition suffisante. Je pose la proposition que l'émancipation de l'individu (à comprendre dans le sens généralement posé dans ce débat, à savoir non pas l'égoïsme mais le choix d'un rôle social) n'est pas un but en soi, mais un processus. C'est le fait de travailler à son émancipation qui émancipe, peu importe la position ou les origines sociales, ces éléments se modifiant d'eux-même. Cette proposition reconnait que l'égalité des chances ne se décrète pas, elle n'est que le résultat certes progressif d'une dynamique d'émancipation (et de responsabilisation, l'un n'allant pas sans l'autre).
Ce processus, à mon avis, ne doit pas être piloté par l'Etat (dont le rôle doit se limiter à la mise en place et au maintient des conditions nécessaires, à savoir l'équité) mais piloté par les citoyens eux-même. Pourquoi? Car il y a contradiction permanente entre le désir d'Etat et le désir d'émancipation, quel que soit le type de pouvoir. Je pense que l'Histoire l'a suffisamment démontré.

"l'émancipation de l'individu (à comprendre dans le sens généralement posé dans ce débat, à savoir non pas l'égoïsme mais le choix d'un rôle social) n'est pas un but en soi, mais un processus." (Vincent Verschoore). Proposition très intéressante de définition du but et processus de la gauche, l'émancipation. Je souscris pour le moment à tout ce qui la suit. Jamais une "société de gauche" ne sera stabilisée, en équilibre, car toujours elle sera en tension : Dans chaque micro groupe, comme dans la société entière, il y a et aura "contradiction permanente entre le désir d'Etat (1) et le désir d'émancipation, quel que soit le type de pouvoir". (d'où les questions que j'ai posées sur des blogs NPA, sur la notion "d'autogestion"). (1) pour les petits groupes : en transposant la notion de "désir d'Etat" en désir de régulation, d'arbitrage, de cadre.

. J'aurais eu envie de dire que, pour moi, être de gauche, c'est vouloir mettre de l'humanité dans notre animalité. . Mais je ne peux pas, car, à droite, on peut le vouloir aussi. . Donc, être de gauche, je ne sais pas ce que c'est... je sais que ça existe, mais je ne sais pas ce que c'est... . Une certaine façon d'être utopiste, peut-être ? . Non, je ne peux pas dire ça non plus, étant donné le nombre de gens de gauche qui ont tant et tant de programmes réalistes, ou du moins qu'ils croient réalistes, alors que toute leur vie politique, ils n'auront fait que la rêver... . En définitive, c'est peut-être cette définition que je vais risquer : être de gauche, c'est osciller entre un petit nombre de façons de rêver, d'ailleurs entre elles peu compatibles. . En essayant de réaliser un chouïa quand la droite, un instant affaiblie, lui laisse un court moment s'emparer du pouvoir. . jpylg

. Je poserais volontiers une question subsidiaire, en complément de mes remarques précédentes : . La gauche qui a exercé le pouvoir entre 1981 et 2002 a-t-elle été de gauche ? . jpylg

Cher JPY, Pour répondre à votre question, il faudrait déjà avoir une réponse à celle posée par Farid: C'est quoi, être de gauche?

@ JPY : Ce que vos remarques m'ont évoqué (par association d'idée), c'est un des travers possibles de la gauche au pouvoir : l'assistanat. Qui déculpabiliserait les élites de gauche ? Mais qui s'oppose à l'idée d'émancipation. (qui dit assistanat, dit clientélisme, pratique de droite pour moi)
(ajout) Puisque vous passez par là, autre association d'idée : L'émancipation comme processus, et comme prise de rôle social (Vincent), ce serait pour moi l'auto-formation du citoyen dans le collectif.

Chère Fantie l'auto-formation du citoyen dans le collectif. Oui! Mais l'auto-formation émancipatrice, pas l'auto-formation normative. C'est tout le problème de la formation citoyenne subsidiée par l'Etat, qui lui donne un droit de regard sur le contenu et le but de cette formation. Et lui couper les vivres quand ca ne lui plait pas, comme actuellement.

Oui, Vincent, c'est pour ça que j'avais ajouté, dans le collectif. Mais ce terme est ambigu puisque les systèmes étatiques se basent sur du collectif, aussi. Je pourrais aussi dire, formation mutuelle, co-formation. Mais rien de tout cela ne traduit exactement ce que j'ai en tête sur le processus d'émancipation. Si j'écris auto et co formation permanente, ça va faire formule...
Essai : Je verrais bien une alternance entre des lieux d'éducation populaire, et des lieux de formation de "service public". Et dans chaque système, une alternance de méthodes pédagogiques : -auto formation libre (celle de l'autodidacte) -hétéro formation par des "maîtres" compétents et formés (!), -co-formation mutuelle et ouverte (comme ici-même ...)

Un fil de discussion(s) très stimulant ; le prenant en route, et n'ayant pas lu le 1er (je ne sais pas d'ailleurs si j'en aurai le temps...), juste une réflexion : vous parlez d'"alternance de méthodes pédagogiques", y incluez-vous "apprendre à apprendre" ?

. @ Fantie : d'accord ! (Sauf que ceci nous renvoie à une définition extrêmement théorique et qui, justement, doit être revisitée, qui consiste à penser que la gauche, c'est le progrès, c'est la liberté, c'est la vérité, c'est la justice, etc....Je doute maintenant de tout cela ! (J'avais, au début de l'autre fil, quand il était encore manipulable) exprimer ce doute en disant (excusez-moi de me citer moi-même : le problème de la gauche, c'est la vertu). Toutefois, votre expression "d'auto-formation du citoyen dans le collectif" me semble très intéressante, parce que débarrassée de la gangue moralisatrice. . @ Vincent... je sais que vous êtes un homme pressé, vu le grand nombre (comme moi) de problèmes que vous brassez. Faut quand même prendre le temps de lire : j'ai dit que la gauche, je sais que çà existe, mais je ne sais pas ce que c'est. . Disons que c'est une réponse in abstracto. Mais on peut aussi aborder le problème in concreto et se demander : le clan Mitterrand, est-ce que c'en est ? . jpylg

"On ne sait pas ce qu'est la folie mais on sait reconnaître un fou" disait en substance Foucault. Voulez-vous dire qu'il en va de même pour la gauche?

. Foucault, peut-être... mais je préfère saint Paul : "Si quelqu'un parmi vous se croit sage à la manière de ce monde, qu'il devienne fou pour être sage, car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu". " (1 Corinthiens, 3, 18) . jpylg

Intéressante question mais qui, si elle veut se situer sur le plan politique, n'a pas de réponse. Je lui préfèrerais la formulation "Qu'est-ce qu'une politique de gauche ?". Question concernant la politique et non une qualité portée par les individus. Cela permet d'ailleurs de dire clairement que la politique menée par le PS depuis 1983 n'était pas de gauche. D'ailleurs était-ce de la politique ou simplement la gestion de l'état avec une sensibilité sociale, ce dont sont capables bien des gens qui se disent ou sont étiquetés de droite.

. "Question concernant la politique et non une qualité portée par les individus." Thierry Ternisien . Je crois, justement, que c'est cela, la gauche, une ...qualité ... . portée par des individus, oui; et par des groupes d'invidus, c'est-à-dire par des classes sociales. . Le reste est mauvaise littérature et politique professionnelle. . jpylg

Comme toujours une remarque lapidaire mais intéressante par les questionnements qu'elle ouvre. La gauche serait une qualité portée par des individus ou des groupes d'individus...Innée ou acquise ? Quel rapport avec le professionnalisme politique ? Et si la gauche était restée une position ce qu'elle était au début ?

Une position devant la vie, oui, formule intéressante. ce lqui se rapproche de "l'attitude" au sens de la psychologie sociale. Et comme je ne crois pas à l'inné des idées, il ne me reste que l'acquis ! Acquis plus ou moins "primaire", plus ou moins affectif, plus ou moins réfléchi.

. A mon avis, c'est une disposition innée...encore qu'il faut le dire très vite, car la différence entre l'inné et l'acquis est encore un autre débat dont on n'est pas près de sortir... . Le rapport avec la politique professionnel ? C'est le même que celui qui existe entre le sentiment religieux et l'endoctrinement-embrigadement religieux. . Encore une formule lapidaire. . Lapidons donc. . jpylg

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@Fantie Sur l'assistanat: d'accord avec vous, mais je fais la distinction entre l'assistanat différencié (selon que vous entrez dans telle ou telle catégorie vous avez droit à telle ou telle assistance, ce qui entraîne une mentalité d'optimisation des droits à l'assistanat) et l'assistanat qui serait une redistribution unique et universelle (chacun a droit à la même chose, sans distinction) d'une partie de la richesse nationale dans le but de donner à chaque citoyen le minimum matériel lui permettant de travailler à sa propre émancipation.
@JPY In concreto..... j'en sais rien, je suis arrivé en France en 2000. Lors de l'élection de Mitterand en 1981 j'habitais l'Angleterre, sous Thatcher. La gauche anglaise était aux abois. L'impression générale était que la France devenait un pays communiste. J'ai vécu tout cela d'assez loin.

Je vais me risquer à ouvrir mes petits tiroirs noirs et blancs après m'être extrait de ma cage de verre malgré mes oeillères. J'ai du mal à différencier l'assistanat de la solidarité autrement que comme termes employés plutôt par la droite pour le premier et plutôt par la gauche pour le second. C'est la solidarité collective (redondance) qui permet d'assister les plus démunis. Et j'ai envie d'asséner un semblant de paradoxe : l'égalité, c'est atténuer les inégalités. Hum ! Pas assez intello, ça... Je sens que je vais peut-être me faire ramasser par quelqu'un...

Solidarité, ça vous a un air de réciprocité possible, supposée. Assister, c'est joli aussi (étymologiquement, ça ne veut pas dire être à gauche et à droite de quelqu'un d'ailleurs?). Donc, pas de problèmes pour moi ! Le paradoxe : l'égalité, c'est atténuer les inégalités. Oui. Ce qui veut dire qu'on commence par les reconnaître, ce qui est important.

Il me plaît bien votre commentaire, chère Fantie B. Solidarité, c'est les plus riches qui payent pour les plus pauvres. Les plus pauvres sont assistés et reçoivent. Certains des plus riches qui ne payent pas de bon coeur n'acceptent pas cet état de chose et vilipendent cet assistanat. Je crois qu'ils sont plutôt à droite qu'à gauche. Mais je manie peut-être des tiroirs noirs et blancs... Pauvre etoile66, on ne la voit plus ces temps-ci sur ce fil. Vous croyez qu'elle boude ou qu'elle recherche une armada de citations et de références pour nous en faire profiter ?

Solidarité, ça vous a un air de réciprocité possible, supposée. Assister, c'est joli aussi (étymologiquement, ça ne veut pas dire être à gauche et à droite de quelqu'un, d'ailleurs?). Donc, pas de problèmes pour moi ! Le paradoxe : l'égalité, c'est atténuer les inégalités. Oui. Ce qui veut dire qu'on commence par les reconnaître, ce qui est important.

Chers Farid, Fantie, Vincent, Grain de sel, Jean Claude et les autres Des distinctions importantes ont été précisées sur ce fil entre se sentir de gauche et voter Pour, entre les idéaux qu'il paraît important de ne pas abandonner et en particulier celui de l'égalité pour certain, l'égalité des chance pour d'autres et l'évaluation des progrès effectués ( vers ces idéaux ou en sens inverse), entre débat d'idées et implication dans l'action et en filigrane (à moins que je ne sois passé trop vite sur certains commentaires), nos diverses appréciations sur le périmètre de confiance et de responsabilité que nous attribuons à l'Etat, confiance qui pour d'autres (dont je suis) ne peut se rapporter qu'à l'existence de contre-pouvoirs à la fois institutionnalisés et non institutionnalisés. S'il est une question que j'ai envie pour ma part de mettre en avant, ce sont les traces de colonialisme qui restent dans nos têtes, dans nos mots et dans nos pratiques, tout ce qui fait que par les noms qu'on leur donne, les adjectifs dont on les affuble, les verbes sans autonomie qu'on leur accole, on considère certains êtres inférieurs à d'autres, certains citoyens négligeables et donc corvéables et matraquables à merci. Ce point à mon sens n'a rien à voir à avec les vieux rêves d'égalité et tout à voir avec cette création artificielle de pauvreté et de délinquance qui est l'inépuisable source des idéologies qui réclament des chefs et de la police. Comme disent nos ministres de l'éducation nationale, il faut à mon sens, et s'agissant de la gauche, assurer les bases. Serge Koulberg

S'interroger sur les bases d el'idée de "gauche", pour les assurer, bien d'accord, Serge : "on considère certains êtres inférieurs à d'autres". Cela subsiste en effet chez "des gens de gauche", et aussi dans "des politiques de gauche". D'où la tentation de l'assistanat pour évacuer le problème et s'en déculpabiliser. @ Vincent : Dans mon esprit assistanat s'oppose à responsabilisation. C'est différent de la question des droits. (ajout) un exemple : repeindre les cages d'escalier des HLM : assistanat "moral". Monter un chantier d'insertion autour d'un ensemble locatif : action de formation citoyenne, d'autant plus si elle est couplée avec une définition participative du projet .

@ Vincent : Je reprends sur le concept « d’égalité des chances ». A vous lire je pense que notre controverse n’est que de pure forme, encore faut-il nous en assurer. Ce que je réfute au-delà du mot c’est l’idée sous jacente du hasard. C’est pourquoi je rejette votre proposition de l’un des droits pouvant être celui à l’égalité des chances. Nous savons bien qu’un enfant (donc le futur adulte qu’il est) ne peut être tenu pour responsable de sa naissance, par définition soumise à toutes les formes d’inégalités. Ces inégalités sont en grande partie des productions de l’histoire (à décliner) et à la marge, sauf cas d’école, des « fatalités naturelles ». A l’analyse, une infime partie d’entre elles subsisterait je pense dans le champ du pur hasard. Mais pour l’enfant lui-même en tant qu’être unique, individu ou personne (le distinguo a été précédemment introduit et mériterait éclaircissement), pour lui, de son point de vue : tout est pur hasard. Seule la référence aux Droits est donc susceptible de guider l’élaboration et la conduite des formes d’équité qui vont permettre de tendre, non pas vers une égalité formelle, mais vers l’exercice de l’égalité en Droits. Par ailleurs je souscrits totalement à votre proposition de l’émancipation en tant que processus, mais sans renoncer au principe qu’elle est aussi un objectif (toujours le même : la capacité à exercer ses Droits). Mais vous revenez sur la question éducative de façon à mon avis beaucoup trop restrictive en disant : « l'éducation reste un système qui convient a certains enfants plus qu'à d'autres ». Ce n’est pas dans ce sens que je voulais introduire cette question (ma contribution n’était donc pas claire). Je l’appréhende pour ma part, et pour résumer, en réaffirmant : chacun d’entre nous n’est que le résultat de sa relation au monde. Et c’est pourquoi je disais : « …l’ambition éducative globale que doit se fixer la société dans son ensemble et à travers toutes ses composantes à commencer par son unité de base, la famille … », étant entendu que je n’exclu aucune composante. Par exemple, la relation de travail dans une entreprise, outre ses visées productives liées à l’objet de l’entreprise, produit également de la norme (comportementale entre autres) , c'est-à-dire du sens et de l’adhésion (ou de l’hostilité) à ce sens. En cela elle est éducative, elle participe à notre individuation. C’est du moins ce que je crois et qui me fait penser que la question éducative est réellement centrale, d’un point de vue de gauche bien évidemment. Et qu’elle est probablement l’entrée efficace pour le réenchantement nécessaire de l’avenir. Roulez tambours, sonnez trompettes … (je suis un peu passionné par la question vous l’aurez deviné … mais je suis pas dans le mammouth... juste à la marge).

Cher Jean-Claude, Je pense effectivement que nous sommes d'accord. Ma référence à l'éducation était restrictive au sens ou je pensais "système d'éducation nationale actuel", qui pour moi est hautement inéquitable en ce sens qu'il avantage ceux et celles dont la disposition naturelle est compatible avec ce système très particulier d'éducation. Mais prenant "éducation" dans son sens général, bien sur, je vous suis.
C'est académique, mais je doute que l'émancipation puisse jamais être un but, un état objectivement acquis, car c'est fondamentalement, à mon avis, une notion relative et dynamique. Est pèlerin celui qui marche, et non pas celui qui est arrivé.

Cher Vincent, "qu'il avantage ceux et celles dont la disposition naturelle est compatible avec ce système très particulier d'éducation". Là, c'est vous qui me faites peur... je crois que la référence à la nature est fondamentalement de droite, et même souvent, très à droite.

Cher Farid, Je précise donc: par "naturelle'' j'entends une disposition plus ou moins grande à s'accommoder de ce genre d'environnement hautement artificiel, confiné et discriminatoire. Disposition variable selon les profils psychologiques, caractères, histoires familiale, etc.. Rien à voir avec la capacité d'apprentissage en tant que telle. Disposition variable également due à l'institution elle-même: un enfant catalogué de nul par un prof sera d'autant moins motivé pour s'accrocher, tout à fait indépendamment de ses capacités intrinsèques.

à Farid Plutôt que de prendre une page vierge uniquement parce que la 1ère était pleine, j'aurais bien aimé que vous recensiez toutes les portes ouvertes jusque-là, toutes les notions qui ont fusé autour de votre question introductive que vous auriez alors reformulée en les y insérant sous forme de pistes possibles. Ne serait-ce que pour éviter les bégaiements. Plus généralement, certains billets mériteraient une synthèse une fois le débat clos. Synthèses qu'on pourrait classer en une bibliothèque à usage mediapartien. Mais peut-être suis-je un soixante-huitard attardé réclamant toujours l'impossible.

J'adhère et plussoye sur le principe: il faut faire des synthèses et les indexer dans un grand récapitulatif médiapartien. Toutefois, ici, c'est peut-être encore prématuré, nous n'avons fait que tourner autour du pot, nous ne sommes pas entrés dans le vif du sujet. Pas encore.

Ce que vous demandez là, cher snp, est un travail de journaliste. Hors, les journalistes officiels de MP, on les rencontre fort peu dans ce genre de débat (sauf erreur, pas le moindre jaune dans ces 300 et qques commentaires). Choix stratégique de non intervention dans les débats du Club, ou mise à distance volontaire de débats qui ne sont pas conformes avec la ligne éditoriale et l'image de marque, je n'en sais rien. Mais il me semble que c'est à un journaliste de MP de faire de que vous demandez à Farid, ce qui serait une juste "compensation" pour l'énergie fournie par les participants - bénévoles - à ce débat.

Cher Vincent, je suis en complet désaccord avec ce que tu dis là. Les journalistes de Médiapart sont les bienvenus dans ce débat passionnant s'ils en ont envie mais : d'une part ce n'est pas une obligation pour eux de même que ce n'en est pas une pour nous de commenter leurs articles; d'autre part je ne vois pas pourquoi ce serait à l'un d'entre eux de faire cette utile synthèse. Farid me semble tout désigné, avec sa clarté de raisonnement et d'expression et son côté "fair play"ainsi que son évidente aptitude à la, précisément, synthèse. Mais c'est un gros boulot et si son bébé l'empêche de dormir... Pardon Farid, avec des soutiens comme moi on n'a plus besoin d'ennemis…

Chers Snp,Vincent et Virgil, Je ne crois pas que ce débat gêne la rédaction de mediapart qui a placé mon billet en Une le lendemain de son écriture. Concernant la participation des journaliste, j'avoue y avoir pensé mais il me semble évident qu'il est délicat pour un(e) journaliste d'exposer ses convictions politiques sans risquer de n'être lu qu'à travers ce prisme... Virgil, effectivement, vous êtes un ami bien encombrant... Les qualités que vous me prêtez me font passer au rouge vif et j'en deviens donc gauche. Plus sérieusement, j'ai bien pensé à faire une synthèse, mais, comme vous l'avez compris, je manque un peu de temps et de sommeil... De plus, comme le dit Melchior, il est peut-être encore trop tôt.

Comme disait la molécule, ne synthétisons pas trop vite! Et comme eusse pu dire JPY, évitons la Sainte Thèse avant d'en connaître les tenants et absolutions. La-dessus je me sauve....

A Farid le rouge (de confusion, ce qui augure mal de la suite !) Pas de synthèse prématurée, certes. Mais un petit rapport d'étape aurait pu être utile à tous. Ou alors si vous mettiez en fin de votre introduction pour ce fil un "copié-collé" du fil précédent expurgé de ses scories, lesquelles ont pris pas mal de place par elles-mêmes et par les réactions qu'elles ont induites (mea culpa), gênant à la fois la manipulation et une lecture synthétique qui deviendrait alors plus facile. Qu'en pensez vous, ô unique ?

Bon, bon, OK, désignons Farid comme volontaire alors :)) Bien sur aucune obligation de participation des journalistes, je disais simplement qu'ils sont a priori bien placés pour faire une synthèse de ce type de débat, ne serait-ce que pour faire avancer leur propre réflexion sur le sujet.

Il me semble qu'Erich Inciyan avait fait il y a pas mal de temps un travail de synthèse - fort bien fait et équilibré - sur des commentaires. Mais ce n'était pas dans le cadre d'un blog. Il s'agissait des commentaires aussi nombreux et variés que vifs et frémissant de l'article du journaliste sur l'annulation d'un mariage pour tromperie sur la virginité. Pas besoin de préciser si c'était celle du monsieur ou de la dame. Je me souviens fort bien de ce débat, car une de mes questions avait été qualifiée de "perverse" par un certain Farid, mais ce n'est sans doute pas le même que le talentueux et mesuré initiateur de ce blog. Je ne me souviens plus si dans le pseudo de ce Farid-là, il n'y avait que des majuscules... PS - Cher Vincent, "Or, les journalistes...", pas "Hors"... Cela dit, cela m'étonnerait, vu la liberté de ton sur Médiapart, que l'absence de "jaune-verts" sur le fil de Farid soit une critique voilée d'une éventuelle non conformité avec la ligne éditoriale du site.

"Perfide" cher Joël Martin, perfide et pas perverse. C'était bien le même, avec une signature en majuscules. Souhaitez-vous vraiment y revenir? L'eau a coulé sous les ponts et je ris de bon coeur à vos contrepèteries. Très cordialement.

Je crois bien que c'était perverse, cher Farid. Mais peu importe. A vous lire à présent, j'oublie complètement le Farid de ces temps reculés... Très cordialement

A mon avis, [être de gauche] c'est une disposition innée...(jean_paul_yves_le_goff) Peut-être bien. Je pense que c'est probable. Au moins en partie. Si on considère la différence entre disposition innée (disposition dont on est porteur à la naissance) et disposition héréditaire (disposition dont on est porteur dès la conception). Ceci devrait ramener l'attention des débatteurs sur une partie de ce que J-C Ch inclut dans son acception (à laquelle je souscris) d'un processus éducatif, comme comprenant, "first but not least" la première période de la vie, in utero où ont lieu les premières interactions, à proprement parler primordiales entre un bagage génétique et des évènements. Jean-Claude, seriez vous d'accord pour qu'on désigne cela comme processus de développement de la personne, par exemple, plutôt que comme "processus éducatif" qui par ses diverses connotations peut facilement nous entraîner vers des voies de garage ?

Why not ? nous verrons à l'usage. Je crois qu'il nous faut simplement être soucieux de l'explicite.

Plus que soucieux, sourcilleux. Nous devrions fonder une confrérie de ce nom-là: Les Sourcilleux de l'Explicite !

@JPY et Virgil Je vous cite ce que Farid disait quelques commentaires plus haut: Là, c'est vous qui me faites peur... je crois que la référence à la nature est fondamentalement de droite, et même souvent, très à droite. Personnellement je ne crois pas un seul instant à une quelconque disposition naturelle de gauche ou de droite, ces considérations sont d'ordre socio-culturelles, aucun aspect génique la-dessus. Ou alors attendez-vous à un programme de modification génétique Franco-Italien (par exemple) pour l'éradication du gène gauchiste!

1. D'une part, la génétique a certainement encore beaucoup de mystères, . 2. D'autre part, il reste à savoir s'il n'existe pas des prédispositions d'ordre spirituel. Ce que j'ai tendance à croire. (En reconnaissant que, là, on est dans l'ordre de la spéculation pure, la Gnose, pour reprendre un terme de l'antiquité). . 3 . Je reconnais enfin que ce n'est pas avec de telles considérations que l'on gouverne. . jpylg

à Vincent Verschoore J'espère que c'est vous qui avez raison (et en suis même certain) : un enfant né de parents de droite, catho, tout ce qu'on voudra, adopte d'abord les positions de ses géniteurs et ne s'en émancipe, éventuellement, qu'ensuite. Si ce même enfant est adopté encore bébé par des gauchos, athées, etc., il en fera aussi ses idoles au moins quelques temps. On est d'abord le fils de son père et/ou de sa mère, heureusement pour les mieux lotis et malheureusement pour les autres, ces derniers ayant justement besoin du fameux "cœur" de la gauche qui, si elle n'en a pas le monopole, ne le protège pas aussi bien derrière son porte-feuille que la droite. . Etre de gauche, disposition innée, les opinions de jpylg me surprennent souvent.

"Etre de gauche, disposition innée, les opinions de jpylg me surprennent souvent" . Moi non, pourquoi. Il est rousseauiste, c'est bien son droit.

Y en a bien qui sont marxistes tendance Groucho...

Vincent, relisez mon commentaire ci-dessus. Vous l'avez interprété de travers..

@ virgil Je suis admirative (et je ne plaisante pas) de ce que tu écris. Dans le processus de développement de la personne je ne mettrai pas une "disposition innée". Ce processus se fait (selon moi!) à partir d'un soi (allo FREUD aide nous à définir un SOI) et la conjugaison de rencontres, d'une Société, d'événements. Comment un peuple , une personne peut à un moment T de l'histoire être amener à prendre une position politique? Je ne saurais répondre à cette question. Merci de m'y aider.

@Farid, Vincent et Serge Il faudrait peut-être dire « égalité en droits » au pluriel, mais aussi, « en droit », au singulier, et dans le même temps, pour être vraiment explicite et rigoureux. Ce qui, pour moi, est réellement le fondement, pour l’instant non dépassé, d’un engagement de gauche, car à contrario la démonstration est faite que les pratiques et les idéologies de droite, y compris celle qui consiste à dire qu’elle n’en est pas une, reposent toutes sur son déni, d’une façon ou d’une autre. Cela ne veut pas dire que les pratiques gouvernementales de gauche qui nous ont été dernièrement servies, aient été placées sous les auspices de cette rigueur, loin s’en faut. Et cela nous ramène naturellement à votre juste questionnement Farid sur les « solutions potentielles ». De là, il faut me semble-t-il « embrayer » d’une part sur les idées de processus et de dynamique introduites à juste titre par Vincent, et repasser d’autre part au travers de la distinction que sollicite Serge et que j’avais suggérée dans ma réponse à Virgil sur le fil précédant en disant : s’agissant de tenter une définition de l’engagement politique, de droite ou de gauche puisque telle est la question, parlons-nous tous, toujours, de la même chose ? Je pense que non et que nous sommes bien souvent dans la confusion entre pratiques politiques et engagements idéologiques.

parlons-nous tous, toujours, de la même chose ? Je pense que non et que nous sommes bien souvent dans la confusion entre pratiques politiques et engagements idéologiques. (Jean-Claude Charrié) Oui, il est clair que ce n'est pas clair. Mais je crois que ça avance, bravo à tous. Limiter les items confondables (ça existe, ce mot ?) à la pratique politique et l'engagement idéologique me paraît réducteur. J'aimerais bien y ajouter quelque chose comme : la configuration du moi et sa relation avec autrui et le monde. Bon, c'est pas une formule simple, on pourra essayer de l'améliorer mais si on fait l'impasse là-dessus on appauvrit singulièrement la problématique et je crois qu'on fait en fin de compte le jeu de la "weltangschaung" de droite, surtout en ce temps d'offensive du prétendu réalisme...

Complètement d'accord et j'aurais du attendre avant d'envoyer ma note ci-dessous qui est l'ébauche de réponse que je peux proposer. Ceci dit, je ne suis pas germaniste ... pitié.

"Pas germaniste". Moi non plus ! Et j'ai peut-être bien fait une faute. Mais difficile de lire un bouquin de philo ou de psychanalyse sans tomber sur ce mot qui veut dire à peu près vision du monde, du coup quand je veux parler dans ce registre j'emploie le terme allemend sans y faire attention. Scusi ! réédité pour cause d'erreur de balise html

Je reviens sur l'inné et l'acquis (cf, Jean-Paul). C'est à juste titre la ligne de partage fondamental, dans le monde des pédagos, entre tenants de l'inné, réputés à doite et partisants de l'acquis, à gauche (s'en suit la prolifération de toutes les chapelles possibles de part et d'autre). Les premiers ne se privant pas d'invoquer ce que j'appelais plus haut, "les fatalités naturelles" dont tel ou tel peut-être affecté pour invalider la proposition adverse. Ce sont donc des concepts particulièrement chargés de connotations, à manipuler me semble-t-il avec beaucoup de précaution. Les appliquer à la question intoductive à ce fil me paraît hasardeux. Virgil introduit la notion supplémentaire d'hérédité, mais s'agit-il de l'hérédité au sens commun, de biologique, et ne pourrait-on considérer qu'il ai également une hérédité sociale ? Qui renverrait elle en réalité à un acquis. Sur ce thème et pour ceux qui s'y intéresseraient, je me suis personnellement tourné avec profit vers les travaux de Bernard Stiegler (Mécréance et discrédit, aux édition Galilée) et à travers lui de Simondon (lire à ce sujet le texte de la conférence de Jean-Hugues Barthélémy "Quel nouvel humanisme aujourd'hui", me semble-t-il disponible en téléchargement sur le site de l'Université de Tous les Savoirs, interressant car rapide à lire), à consulter également les remarquables fiches de lecture critique, gratuitement téléchargeables sur le site: la vie des idées.fr , animé par Pierre Rosanvallon. C'est une mine sur tous les sujets.

Cher Jean-Claude, Je vous avoue qu'avec vous j'apprends.

Le problème, c'est que nous mêlons des sujets voisins mais distincts: qu'est-ce qu'un programme de gauche, une organisation de gauche, un gouvernement de gauche, un militant de gauche, un électeur de gauche, qu'est-ce que la droite, le centre existe-t-il, plus à gauche que moi meurs-tu, qu'est-ce que l'égalité, qu'est-ce que la liberté (la fra-ter-ni-té n'en parlons pas), comment peut-on être de gauche, et j'en passe. Moi, j'en reviendrais bien à la lutte jamais achevée entre le désordre établi et le mouvement (et les conditions d'efficacité de celui-ci). Et l'économie de marché peut-elle être de gauche ? Sinon peut-il y avoir une efficacité économique de gauche ? (Ceci est un débat à l'intérieur de la gauche, à mon avis, mais certains ne sont pas d'accord) Et la gauche européenne ? Et la gauche écologiste ? Bon, comment mettre un peu d'ordre heuristique dans ce "bordel ambiant" (Moréno) bien nécessaire et sans doute fécond mais à condition de le dépasser ?

Pour satisfaire à la proposition de Melchior qui est juste, j'aimerais personnellement circonscrire un échange sur la problématique suivante: quelle(s) réponse(s) de gauche à la situation immédiate, en France ? Pour autant je reste attentif à poursuivre les échanges de fond qui ont été bien trop longtemps évacués au nom des principes de réalité et d'efficacité, et confisqués par les experts, en toute contre productivité. C'est justement le paradoxe dont il faut sortir, par la redistribution de la parole et sa réappropriation par le plus grand nombre.

@Jean-Claude 1)Virgil introduit la notion supplémentaire d'hérédité, mais s'agit-il de l'hérédité au sens commun, de biologique, et ne pourrait-on considérer qu'il ai également une hérédité sociale ? Qui renverrait elle en réalité à un acquis. Jean-Claude, je crois avoir été clair. Je parlais d'hérédité biologique : disposition dont on est porteur dés la conception, en opposition avec une disposition innée qui serait le fruit des premières interactions (voir les travaux de Catherine Dolto sur l'haptonomie). 2) Bernard Stiegler est à mes yeux un défricheur et un déchiffreur de première importance. Il a fondé l'association Ars Industrialis à laquelle je fais de la pub sans vergogne bien que j'en sois membre, ce qui est sans doute sa seule faiblesse : http://www.arsindustrialis.org Allez y voir ! @Melchior Oui, c'est un peu le ouaï et les directions que vous proposez sont judicieuses mais limitantes; forcément. Que faire ? -Continuer dans ce généreux désordre, fécond mais aussi tout ce que vous dites ? -Choisir des thèmes considérés comme plus opérationnels, tels que ceux que vous proposez ? -Essayer de définir 2 ou 3 filières thématiques et ouvrir des fils différents pour les traiter ? -Attendre que le bébé de Farid soit devenu un enfant sage qui épargne les nuits de son papa ? -Arrêter tout ça et passer aux choses sérieuses : une bonne bataille de polochons à la japonaise ?

OK pour arsindustrialis, j'ai lu le petit bouquin et visité le site il y a quelques temps, je n'ai pas renouvelé depuis. Je garde ça pour le moment où j'éprouverais le besoin de ne plus tourner en rond où il y aura besoin de me relancer. Je suis assez convainu, par la démarche de Stiegler, j'aime bien ses rares interventions télé, je lui doit beaucoup après 30 ans de paresse et de conformisme intellectuels, j'ai beaucoup "souffert" pour lire le tome 1 de Mécréance et discrédit, j'ai l'intuition de ne pas être en accord sans pouvoir encore mettre des mots quand il aborde le politique.Mais je vais suivre.

On pourrait essayer de voir ce que les gens qui se veulent de gauche proposent pour l'Europe, sa démocratie, sa dimension sociale, sa contribution à la résolution de l'urgence écologique mondiale.

Bonjour Farid, bonjour à tous, après avoir lu tout ce fil, je rebondis d'abord sur cette dernière notion apparue, celle de l'inné et de l'acquis. Jean Claude reprend par la question de l'hérédité, sociale, et non biologique. J'ai tendance à opter (plus que ça, j'opte à 100%) pour cette idée des acquis familiaux qui se transmettent à travers mille gestes, postures, paroles et biens, évidemment. Mais ce n'est pas une fatalité, puisque certains d'origine droitière, deviennent profondément de gauche. Du coup, je tenterai une mini-contribution : comme Thierry Thernisien, je préfère parler d'idées, de projets de gauche plutôt que le "être de gauche" - il ne s'agit pas pour moi d'une essence, un être en soi, mais une véritable construction sociale, intellectuelle ...ce n'est pas une affaire de sentiments (ce qui ne veut pas dire qu'on n'est pas aussi agis par des passions !) A ce titre, il me semble que l'héritage de la droite est très marqué par l'idée des privilèges (et là on voit que des hommes de gauche peuvent avoir des pratiques de droite !), par une forme de déni de la notion de classes, et par l'idée que l'individu peut beaucoup sur son sort par lui même (perspective libérale, pas dans le sens économique !), cette idée-là omettant au passage d'envisager que l'individu est aussi une construction culturelle. Du coup, pour moi, un projet de gauche reconnaît que les rapports sociaux sont à penser grâce à : * une reconnaissance de l'existence des classes (même si ces classes bougent), de groupes d'intérêts (autre façon de le dire en fin de compte) qui sont en conflictualité, * l'effort de penser cette conflictualité (et qu'on ne confonde pas avec la violence d'une lutte), penser les antagonismes pour leur donner une existence en mots et une réponse en terme de propositions sociales. * une pensée toujours renouvelée chargée de débusquer comment les privilèges se reconstituent, une façon de laisser ouvert le débat de façon permanente (aider à la vitalité des contre-pouvoirs) * une pensée sur la répartition des richesses et le travail : qu'est-ce que la propriété ? qu'est-ce qui peut être propriété privée et ce qui ne peut pas ...construire des projets sociaux autour du travail, de sa rétribution, de sa réglementation .... * une pensée sur la construction de la paix et aujourd'hui, plus que jamais, sur le devenir écologique des sociétés ... Bon, je m'arrête mais ce n'est pas clos (bien sérieux tout ça, hein ! pas trop vain j'espère), et vous remercie beaucoup Farid et chacun de vous. Marielle Billy

J'adhère à vos cinq points, le dernier pouvant se reformuler autour de l'idéal d'universalité républicaine. Il faut peut-être aussi insister davantage sur l'urgence écologique, la droite ne le fera pas à notre place.

Ravie, Melchior. sur l'écologie, archi d'accord, je l'ai glissé dans ma dernière phrase car cela me paraît s'articuler avec la recherche de paix.

Content de vous retrouver, chère Marielle. Je vous suis à trois-cents à l'heure sur ceci : "J'ai tendance à opter (plus que ça, j'opte à 100%) pour cette idée des acquis familiaux qui se transmettent à travers mille gestes, postures, paroles et biens, évidemment. " Et y a pas que pour la politique. Les fils de Jean-Sébastien Bach qui ont survécu (sacré Bach, il a eu 22 enfants avec deux dames) étaient qui claveciniste, qui organiste, qui violoniste, qui compositeur. Et parfois tout ça à la fois. Irène Curie a eu le prix Nobel, comme sa maman Marie (qui elle l'a eu deux fois, en chimie et en physique). Et n'en déplaise au nabot de la pensée, le prix Nobel n'est pas héréditaire. L'environnement familial est décisif. La vie est un long fleuve tranquille ?

Cher Noël au jardin, moi aussi ravie de vous saluer. Je suis restée un peu loin ces temps-ci ... Je vous glisse un mots sans vergogne : avez-vous lu mon dernier billet, j'ai aussi un peu pensé à vous en le faisant. Scusez-moi, m'sieursdames, je reviens au sujet (plus bas)

Où trouver votre dernier billet, chère Marielle, que je m'y plonge avec délectation ?

Chère Marielle Vos deux premiers points au moins me paraissent définir tout bonnement un fonctionnement démocratique, qui implique une gestion pacifique des conflits. @Tous Je comprends bien le désir d'aller vers de l'opérationnel et peut-être que c'est ça qu'il faut faire. Mais je me demande si ici nous ne ferions pas mieux d'essayer d'avancer sur ce qui se situe en amont, sur le soubassement anthropo-psycho-machin chose qui à force de rester une sorte d'impensé risque de faire trébucher, une fois de plus, les tentatives de prise sur la réalité sociale, économique, politique...

Cher Virgil, pensez-vous vraiment que la notion de classes sociales soit incluse dans la conception de la démocratie ? je ne vois pas, je suis peut être aveugle sur le coup. Please, expliquez ... Quant à la prise en compte de la conflictualité, prise en compte consciente de ce fait comme un "objet" de travail pour le corps social, là aussi j'ai du mal à la repérer. Ce que je repère (de plus en plus) c'est plutôt l'effort de montrer que les luttes sociales ce n'est pas bon !

Marielle Ce que je repère (de plus en plus) c'est plutôt l'effort de montrer que les luttes sociales ce n'est pas bon ! Simple propagande de droite… Quant on en arrive au fascisme, il n'y a carrément plus de classes sociales, il n'y a plus que le Peuple unanime derrière son Chef. pensez-vous vraiment que la notion de classes sociales soit incluse dans la conception de la démocratie ? Non, bien sûr, par en tant que telle. Mais la lutte des classes est bien un conflit et comme tel de nature à pouvoir être géré pacifiquement (mais non sans effervescence) par une démocratie qui fonctionne et où la fonction de réforme n'est pas rouillée, voire détournée a contrario comme en ce moment. Mais on en revient bien sûr au processus éducatif cher à Jean-Claude ou à ma marotte de la culture d'un soi convivial. Tant que les gens d'une sociologie de gauche (pardon pour ce raccourci brutal qui ne vaut rien sans la bienveillante participation du lecteur) auront un imaginaire de droite, on aura du mal…

Après une panne de connexion de quelques heures, je suis de nouveau parmi vous. Pour rebondir sur les derniers échanges et donner mon opinion, j'ai intitulé mon billet "Qu'est-ce qu'être de gauche" et pas "qu'est-ce qu'une politique de gauche" parce que, à mon sens, la première question conditionne la seconde. Il me semble que le prisme idéologique (comme Jean-Claude, j'assume ce concept) de la gauche c'est : - les déterminismes sociaux donc les inégalités - la lutte des classes ou l'antagonisme entre groupes sociaux - l'universalisme et la non réduction de l"'individu" à une identité assignée (religieuse, de classe ou autre), ou à un être rationnel dépouillé de toute appartenance (d'où mes guillemets à "individu" qui incarne bien cet être abstrait). Le texte de Virgil me paraît intéressant pour fonder une anthropologie de gauche. Voilà pour la société comme on peut la lire (c'est bien sûr à compléter) Vient ensuite le projet de gauche qui s'en déduit ou plutôt qui peut être imputable à une telle vision : La construction de l'équité, de l'égalité en droits, la production d'individu autonome... Enfin, celle du programme plus concrète et qui prend appui sur l'analyse et le projet. On peut y ajouter la question des moyens...

Je pense Farid qu'il faut remonter d'un cran votre deuxième alinéa: la lutte des classes ou l'antagonisme entre les groupes sociaux. Je n'ai pas de réserve pour les 2 autres. Je subsituerais donc au second le principe de "solidarité". Je crois en effet que l'homme est solidaire. C'est une reformulation connotée, mais intentionnellement de ma part, de "l'animal grégaire", parce que je pense que les idéologies de droite sont à la fois fondées sur l'interprétation opposée et porteuses du principe d'égoïsme. Le cynisme qui consiste à nier la solidarité essentielle (au sens philo.) de l'homme ne se justifie à mon avis que par le recours à une lecture volontairement (ou stratégiquement, dans l'ordre du discours) tronquée du réel et à l'invocation d'exemple justificateurs qui ne restituent jamais l'individu dans sa plénitude, ou ne présentent autrement dit, qu'une parcelle de lui. Je veux dire par là qu'un individu quel qu'il soit appartient toujour à un cercle ou réseau de solidarité, quelle que soit la dimension de ce cercle ou de ce réseau. (le plus restreint étant communément celui de la famille nucléaire). Nier ce principe de solidarité et accréditer la véracité de ce déni est d'une efficacité idéologique redoutable, car ce faisant, c'est un pan entier du potentiel d'humanité, ou pour mieux dire encore de "la promesse d'humanité"qui s'effondre. C'est mettre déjà un pied dans le nihilisme mortifère et détricoter l'ambition éducative, la scotcher à l'utilitarisme immédiat. Et de ce point de vue j'ajouterais, sur un autre registre bien sûr, que l'idéologie de la lutte des classes, repose sur une compromission à la marge avec ce nihilisme, car elle résulte de la soumission au présuposé matérialiste qui a fondé historiquement la contribution de gauche au désenchantement. Je ne saurais nier pour autant la réalité des progrès dont nous bénéficions tous, accomplis au nom et par la lutte des classes; mais je crois le temps venu de dépasser ce stade historique. Il faudrait aussi que nous parlions des solidarités territoriales. Elles mettent en jeu des ressorts profonds, proches du réflexe et je pense qu'elles ne peuvent désormais qu'alimenter des iéologies de droite, il faudra donc les déconstruire, mais nous aurons l'occasion d'y revenir.

Vous avez raison, l'entrée, c'est le conflit. "Je n'ai pas de réserve pour les 2 autres. Je subsituerais donc au second le principe de "solidarité"." Là, je ne vois pas ce que vous voulez dire. Intégrer le principe de solidarité dans l'anthropologie de l'individu ou en faire le point de mire d'un projet ?

Les deux, mais nous pouvons, par commodité, poursuivre à partir de la dernière contribution que je viens d'envoyer

Comme Virgil, je soutiens le projet de Farid : Pour moi aussi, la question Qu'est-ce qu'être de gauche ? est pertinente, peu traitée, et première. Etre ou avoir ? Etre de gauche, ou avoir un projet de gauche... L'être c'est ce qui détermine les pratiques, tandis que le projet peut éventuellement s'ancrer sur du discours : des paroles qui n'engagent pas l'être. Justement, ce billet et ses commentaires sortaient des sentiers battus et rebattus depuis des années, ou siècles, ceux qui consistent avant tout à penser en projet, en idées, en utopies rationnelles. (ajout) Quel est le but ? Même s'il n'est pas atteignable ? Si c'est l'émancipation de l'homme, come ça a été évoqué dans le fil, pour qu'il ait les moyens de son auto émancipation : Qu'est-ce qui va le permettre ? Un ensemble de mesures structurelles, rationnellement préparées , Ou un chnagement radical dans les relations ? Dans les relations de dominations et de soumission. Dans nos interactions. Qu'y cherchons-nous? Et comment ça se change.

à Fantie B. . L'être c'est ce qui détermine les pratiques, vraiment ? Ce n'est pas un tout petit peu les pratiques qui déterminent l'être ? . Qu'est-ce qu'être herbivore ? Qu'est-ce qu'être musicien ? Qu'est-ce qu'être polyglotte ?

D'accord, tout à fait ! Ce qui existe c'est une relation entre l'être et ses pratiques. D'autant que, l'ai dit quelque part, je ne crois pas à l'inné ou l'hérédité de l'être, puis que je pense qu'il se détermine au cours des interactions (et d'accord, les premières sont les plus importantes, d'où le rôle de la famille et même de l'avant naissance). Bon, je me mets en congé pour ce soir. Après tout, une discussion ouverte sur ce que serait un projet de gauche serait intéressante aussi ! Parce qu'à chaque proposition concrète, on pourrait se demander : en quoi cela va-t-il dans le sens de l'émancipation?

Cher Melchior, chère Fantie B, Peut-être peut-on substituer le concept de vision du monde ou d'idéologie à celui que propose Fantie. Etre herbivore nécessite de voir le monde à travers le prisme d'un naturalisme intégral par exemple. Je crois que la bataille idéologique est importante pour crédibiliser un projet et un programme de gauche.

Idéologie, j'ai du mal . A cause de l'impasse sur les pratiques, qui peuvent exprimer l'inverse des représentations, parfois. Vision du monde oui, car je peux y rattacher l'idée de "monde vécu" (phénoménologie, Simmel ). Un individu vit dans un monde où il "pratique" comme si ces pratiques étaient naturelles, évidentes, de "bon sens", tel l'herbivore qui broute dans les prés. Mais deux individus - sur le même pré - n'auront pas le même monde vécu. Ainsi du lion et de la girafe dans la même savane, ou de l'agriculteur et du cheval dans le même champ (j'ai fait très attention dans mes choix d'animaux !)

Attention à vos choix d'animaux, vraiment ? Bravo, vous nous avez collé un incident diplomatique sur les bras : vous avez oublié le plus sagace qui est aussi, hélas, le plus vindicatif : l'âne ! Misère de nous...

Virgil, je vous trouve un peu rosse ! Mais que ces commentaires sont grisants...

J'ai tenté, sans succès, de trouver sur le net des statistiques électorales par profession. On sait par exemple que les commerçants et artisans, les patrons petits et grands votent dans leur grande majorité à droite ; pour les enseignants, plutôt à gauche ; pour les ouvriers, c'est plus fluctuant, peut-être parce qu'ils sont plus réceptifs au marketing politique (aux slogans, disons-le), au formatage cher à jpylg. De telles statistiques nous éclaireraient grandement, me semble-t-il, pour répondre à la question de Farid.

La gauche et la droite représenteraient des réponses différentes ou opposées aux enjeux considérés comme essentiels par les Français. L'impression de flou, de malaise viendrait de ce qu'il n'y a plus de débat passionnel. L'homosexualité est à peu près tolérée, le parti raciste est resté très minoritaire donc le racisme n'était pas déchaîné, le débat Europe/France ne passionne pas, rien n'intéresse vraiment la majorité des Français. L'écologie et la précarité sont deux enjeux essentiels, ce ne sont pas des passions, mais il faudra peut-être attendre que le réchauffement climatique et la pollution causent d'énormes problèmes pour qu'une forte minorité de Français s'y intéresse et en fasse un débat national de premier plan. Ce serait peut-être la même chose pour la pauvreté, il faudrait attendre que quarante pour cent des Français soient pauvres pour que le débat commence à être sérieux. L'aveuglement, la manipulation, l'inorganisation entrent en jeu mais ne devraient que ralentir l'élaboration du débat et la séparation des Français en différents camps.

Patience ça vient, ça vient ... méfiance aussi ... ça craint, ça craint.

(Fantie B. 11/02/2009 21:29) “Ma question reste, cependant, qu'est-ce qu'être de gauche ? Et je n'ai pas envie d'en changer, la réponse pour moi n'étant pas évidente. Je comprends qu'Etoile nous dit que ce n'est pas une question pertinente. Mais comment le saura t-on si on n'y a pas répondu ? C'est quoi, être de gauche? Je demanderais bien à Etoile, ou à d'autres sympathisants du parti Démocrate: C'est quoi, ne pas se sentir de gauche, ne pas vouloir se revendiquer de gauche? Ça serait sympa de nous répondre, ça nous aiderait peut-être tous à voir plus clair?”
Chère Fantie, je suis un de ces sympathisants du Mouvement Démocrate pour qui cette question est difficile, et je peux vous donner une première raison extrêmement simple: J'aimerais tant, mais ne peux pas dire si je suis "de gauche" ou "de droite". Je ne sais pas, tout simplement. Personnellement, "centriste" ne me gêne pas, je m'en sers tout le temps pour pouvoir discuter avec les autres puisqu'ils ont tant besoin de repères. Mais ce qui me conviendrait beaucoup mieux, c'est de pouvoir dire "je suis de droite ET de gauche", encore que même ceci, pour moi n'a pas encore vraiment de sens.
Alors que fait-on avec les gens comme moi? On les laisse de côté, ils ne sont pas des citoyens dignes de figurer dans le grand schéma? Trop abstraits, peut-être? Trop enfantins?
Le sujet est passionnant et la question est certainement pertinente, et on en parle depuis longtemps puisque Serge Koulberg avait déjà lancé le sujet il y a à peu près un an; on la retrouve aussi par exemple tout récemment dans les fils de Yohann Chanoir sur "les cinémas de droite" avec beaucoup de poésie qui elle aussi, aide beaucoup à réfléchir, mais avec aussi pas mal de petites r´flexions de tous ordres. C'est une question qui s'appréhende souvent et un peu partout, avec légèreté et un certain sentiment de jubilation: rien que pour ça, c'est une bonne question, et non, pas une question réservée "aux adultes sérieux".
J'espère que quand j'aurai enfin la réponse définitive et incontestable, je pourrai enfin me dire clairement et fièrement: "Axel, tu es de gauche" ou "Axel, tu es de droite". :-)

Le centre aussi existe (même si je n'y adhère pas le moins du monde) : il rassemble ce qui à droite et à gauche ne lui paraît pas contradictoire. Si l'on considère que la gauche privilégie le social sur l'économique (relance de la consommation par le pouvoir d'achat et, par ricochet, du marché) et la droite l'inverse (le marché comme moteur principal), le centre choisit plutôt l'équilibre entre les deux, voulant tout autant soutenir l'économie de marché que corriger les disparités sociales, ce qui me paraît risqué car aucun ne booste suffisamment l'autre pour faire avancer la machine. En théorie, et parce que consensuelle a priori, ce serait l'idéal si la méthode centriste pouvait fonctionner. Mais dans la pratique on a toujours observé si peu de différence entre centre et droite (dernier exemple, la quasi fusion des deux dans l'UMP) que cela reste, à mon humble avis, du domaine de la spéculation intellectuelle. . L'avis d'un(e) vrai(e) centriste corrigera probablement mes élucubrations.

Cher Axel, Je partage votre questionnement, ne me sentant ni de droite ni de gauche par manque de certitude de ce que cela veut vraiment dire, et par manque de confiance dans ceux qui représentent ces tendances. On pourrait en déduire que je suis centriste par non-choix, mais ce n'est pas non plus le cas. Pour moi l'avenir se situe en-dehors des discours politiques actuels. Ce qui n'empêche que je trouve la question de Farid fondamentale, elle nous permet de revisiter les raisons qui font que nous nous sentons proches, ou pas, de cette image de gauche.

. "Axel, tu es de gauche" ou "Axel, tu es de droite". Axel J . Axel, tu es dangereux, parce que tu réfléchis. . jpylg

Là, ce n’est plus Axel mais de l’évêque George Berkeley :-D George_Berkeley_by_Jonh_Smibert.jpg

"Axel, tu es de gauche" ou "Axel, tu es de droite". Axel J Axel, tu es dangereux, parce que tu réfléchis. jpylg . Mais absolument. Il est sur ce fil à peu près le seul à parler sans verbiage et avec vérité. Tout le reste sent pour moi l'idéologie répétée depuis des décennies. Toujours les mêmes ritournelles creuses et vides de toute pratique. . Je lis par exemple sous le clavier de snp: On sait par exemple que les commerçants et artisans, les patrons petits et grands votent dans leur grande majorité à droite ; pour les enseignants, plutôt à gauche ; pour les ouvriers, c'est plus fluctuant, peut-être parce qu'ils sont plus réceptifs au marketing politique (aux slogans, disons-le), au formatage cher à jpylg. . Autrement dit, ceux qui pensent sont de gauche, ceux qui sont "fluctuants" - comme les ouvriers - sont des cons. . C'est un peu tout le résumé de ce fil pour moi. Une position intellectuelle incroyablement hautaine, qui nage dans son jus et qui se donne bonne conscience en pensant que les autres ont tort. Ils pensent qu'ils sont bons, humanistes, qu'ils veulent redistribuer aux autres ce qu'ils n'ont pas contribué à gagner. Ils utilisent des concepts pompeux, de Liberté, d'Egalité - qui n'a JAMAIS existé, et de Fraternité - qui a encore moins existé que l'Egalité. . Mais, quand on voit la pratique, cela fait rigoler. . Du pipeau, de l'idéologie où ceux qui manient les concepts ronflants se sentent supérieurs aux autres, voient les autres comme des cons ou des méchants, un peu comme ceux de "la droite" qu'ils détestent. Disons que les deux camps se regardent en chiens de faience. . Du moins le peuple des "supporters", car les "élus", eux, ceux qui s'en mettent plein les poches avec les impôts des autres qui triment, eux ils font partie du sérail, se cotoient dans les différentes inaugurations et manifestations en tout genre et n'en ont RIEN à foutre du bas peuple. Grâce au cumul des mandats qu'ils ont réussi à faire accepter intellectuellement à tout le pays, - 85% en France, contre 15% en Grande-Bretagne et 10% en Allemagne - ils peuvent garder leur "rente" et se faire élire même s'ils sont "repris de justice" - de droite comme de gauche - et ils sont "repris de justice" parce qu'ils ont oublié de faire passer des lois les protégeant dans les cas concernés, ce qu'ils vont vite réparer par prochains décrets ou amendements. . Tant d'idéologie bon marché me fait bondir. Il se trouve que j'ai eu à cotoyer le milieu politique, le vrai, celui qui vit de ces "rentes", non pas celui qui discute comme ici, gobant béatement ce que des gens comme Montebourg ou Aubry racontent, eux qui disent en public le contraire de ce qu'ils disent en privé... Tiens, quelques petits extraits succulents, juste pour vous rafraîchir la mémoire. . En 2002, Arnaud Montebourg disait (vidéo): "Le programme de Jospin ? C'est le programme de Bayrou en moins bien. Tu l'as lu, le programme de Bayrou ? Moi, il me plaît beaucoup plus. C'est pour ça que ma femme hésite entre Bayrou et Jospin. Je lui ai dit "Non, vote Jospin, ce sera carrément à droite. ..". C'est honteux, c'est honteux cette campagne, j'en veux beaucoup à nos chefs. D'ailleurs si on perd, je leur ferai payer 500 balles les billets de 100 balles et on est quelques-uns, hein." On attend toujours les billets de 500 à 100 ou vice versa :-(( Sans commentaire... . Maintenant, Arnaud Montebourg est au sein du "directoire" du PS, qui répétait à l'envi en 2007 "Bayrou n'a pas de programme"... . Il est maintenant aux côtés de Martine Aubry qui a fait sa campagne interne sur le refus de partenariat avec Bayrou, mais qui à Lille a fait le contraire (vidéo). . Je cite une partie de la vidéo où Martine Aubry dit: .... nous sommes dans un accord politique. Et à l'accord politique il y avait un préalable... ce n'est pas demain que nous allons descendre dans la rue ensemble pour combattre Sarkozy, mais c'est que nous sommes d'accord sur l'analyse politique que l'on fait aujourd'hui.... Nous savons que nous avons à côté de nous des hommes et des femmes qui partagent nos valeurs et on l'a pas découvert hier ou avant-hier, parce que nous nous connaissons, voilà... . L'art du double langage, il n'y a que les naïfs pour se laisser prendre au piège et de croire aux "camps" gauche-droite. Les uns tiennent le pouvoir central, les autres le local, et au prochain coup, c'est le contraire... les vases communiquants. Et le "bon peuple" marche docilement. . Non, le monde politique qui se traîne d'inaugurations de maison du département, etc, en matchs de foot en passant par les maisons de retraite et manifestations culturelles, c'est une caste à part.... J'ai eu à "remplacer" un "élu" dans ces manifestations. Ce que j'y ai rencontré - ce monde politique d'"élus" de tous les niveaux, droite, gauche, centre etc mélangés - c'est un monde terrible, qui n'a rien à voir avec le monde réel. . De canapés en petits fours, de gala en inauguration, de manifestation sportive aux manifestations culturelles et sociales, ils se déplacent POUR ETRE VUS et réélus à la prochaine occasion.Les documents que j'ai eu à lire, émanant de leur clavier, sont des abîmes de nullité superficielle. Tragique pour le pays... . Tiens, regardez donc sur la télélibre, cette magnifique vidéo, où l'on voit Jacques Chirac, Marie-Georges Buffet (PCF), Claude Bartelonne (PS, tendance Fabius), Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, etc, tout ce beau petit monde réuni pour manger les petits fours et surtout se faire VOIR pour être réélus à la prochaine occasion, pendant que dehors, les vrais problèmes se voient... http://latelelibre.fr/index.php/2007/01/chirac-dans-le-93-507/ Ils n'en ont RIEN à faire... c'est ainsi depuis 10 ans. Excellente vidéo qui en dit plus long que tous vos discours gauche-droite que je lis ici. . Car qui est au pouvoir en Seine-St Denis depuis 1967 ? Ils auraient eu le temps de faire changer les choses... . C'est bien la "gauche". Celle qui se pavanne à côté de Chirac, Sarkozy et Villepin. Extrait: La Seine-Saint-Denis est l'un des départements constituant la Ceinture Rouge historique de Paris. C'est un fief historique de la gauche, et en particulier du parti communiste, qui contrôle encore la préfecture et plusieurs grandes mairies du département (Saint-Denis, Bobigny, Tremblay-en-France, Le Blanc-Mesnil, La Courneuve...). Après y avoir disposé de la majorité absolue de 1967 à 2001, le PCF a détenu la présidence du Conseil général de la Seine-Saint-Denis jusqu'en mars 2008... . D'ailleurs, ils ne parlent pas de CITOYENS, mais d'ELECTEURS, ceux que l'on ne regarde que lorsqu'on en a besoin pour se faire élire... . Réveillez-vous donc au lieu de raconter des sornettes intellectuelles. Vous vivez en quasi-monarchie et justifiez le tout béatement. Cela me donne envie de vomir.

Puisque vous me faites l'amabilité de me citer, acceptez que j'en fasse de même. D'autant qu'on s'enrichit grandement avec vos propos qui ne sont rien d'autres qu'un interminable chapelet d'insultes, comme dans ce dernier commentaire : - idéologie répétée depuis des décennies ; - ritournelles creuses et vides de toute pratique ; - position intellectuelle incroyablement hautaine, qui nage dans son jus ; - des concepts pompeux ; - cela fait rigoler ; - Du pipeau, de l'idéologie ; - concepts ronflants ; - se sentent supérieurs aux autres, voient les autres comme des cons ou des méchants ; - idéologie bon marché ; - gobant béatement ce que des gens racontent ; - qui disent en public le contraire de ce qu'ils disent en privé ; - double langage ; - naïfs ; - le monde politique est une caste à part ; - abîmes de nullité superficielle ; - Réveillez-vous au lieu de raconter des sornettes ; - Vous justifiez tout béatement. . Ouf ! N'êtes-vous pas atteint de tuberculose pour tant cracher ? Votre clavier doit être plutôt ragoutant avec, en plus, votre "envie de vomir" en guise de conclusion.

@ Fantie, à propos de l’idéologie « Nous nous inscrivons tous dans un récit », voilà la reformulation que je vous propose (et qui renvoie au processus de développement de la personne, ou à l’éducation). Une idéologie n’est donc, au sens où je l’emploie, qu’une représentation du monde. Et dans ce sens, ceux qui prétendent s’en défier ne font en réalité qu’affirmer celle à laquelle ils souscrivent et qui n’est autre qu’une idéologie infantile et nihiliste. Infantile car elle ne procède me semble-t-il que d’une hypertrophie de leur ego et corollairement d’une négation de l’autre en tant que ce qu’il est, pour ne le considérer que comme une chose ou un objet, dans un paysage sans ailleurs et dans une immédiateté sans avant ni sans après, objet tantôt utile, tantôt obstacle ou rival sur le chemin de leurs assouvissements pulsionnels.

J'ajoute: et nous savons bien que c'est ce récit, cette représentation qui seuls permettent la projection, c'est à dire le réenchantement (qui fait défaut).

@ Jean-Claude Charrié : oui, mais c'est aussi le récit qui fait l'aliénation, qui fait l'enfermement dans la répétition mortifère etc. Je suis sortie de mes grands récits et je m'en porte plutôt mieux. C'est sûr qu'alors l'enchantement n'est plus là, mais si c'est le prix à payer pour un monde plus humain, je suis d'accord. @ Axel : merci d'être venu ! @ Virgil : à demain...

Je compends votre défiance, mais ne la partage pas. Et je crois que nous touchons là au coeur du débat, sur un plan anthropologique. Je fais l'hypothèse que nous sommes parvenus au moment ou les grands récits fermés sont révolus. J'entends par fermés, à la fois fermés sur eux même (en tant que représentations exclusives les unes des autres) et fermés sur leur objet (en tant que représentation d'un possible aboutissement). Or il me semble possible (et c'est ce que j'apelle le réenchantement, non seulement possible mais indispensable), de réactiver (je ne trouve pas mieux dans l'instant) non pas un, mais des récits, qui soient désormais ouverts, c'est à dire articulés entre eux et qui ne se fixent pas un horizon fini. En faisant un énorme raccourci, il me semble rejoindre là quelques idées sous jacentes à l'affimation de Farid introduisant un autre échange en disant "pourquoi je respecte les intellectuels".

Je trouve l'intervention d'Axel littéralement passionnante. Je pense que d'un dialogue avec lui pourrait venir une clarification de nos propres positions, attitudes, fantasmes. A la fois de ce qui alimente notre réflexion et de ce qui irrigue notre rêve. Bon, et comment on fait ? Je suis un peu pris de court, j'ai le truc sur le bout de la langue. Aidez moi.

Des contributions de cette sorte sont bien sûr les bienvenues. De gauche, j'ai un rapport, disons distancié, à la propriété et je ne me considère pas comme propriétaire de ce blog. Axel J peut donc y débattre, dès lors qu'il le fait loyalement et pacifiquement. Dans le cas contraire, je ne pourrais pas l'empêcher d'intervenir mais je peux, tout comme lui, me montrer agressif et cassant. Je crois que c'est vous qui vous définissiez comme "un pacifique qui soigne son crochet du droit", en cela, comme en toute chose d'ailleurs, je ne suis donc pas si unique que mon prénom le laisse entendre. La balle est dans son camp. Il peut d'ailleurs, comme il le fait, choisir ses interlocuteurs et m'éviter, c'est toujours mieux qu'une nouvelle attaque personnelle ou qu'un discours sarcastique. A bon entendeur.

Farid Unique, vous l'êtes. Univoque, certainement pas !

@ Farid : j'ai rajouté tout en haut du fil une réflexion à propos de la première proposition d'Axel. Qui se trouve aussi en résonnance avec "la question stupide" (très pertinente aussi pour moi )de Melchior plus bas. Si quelqu'un nous demande (enfant ou pas) : Mais enfin, pourquoi être de gauche, ou, Dis, c'est quoi être de gauche ?, ou : Dis, pourquoi toi, tu es de gauche ? Je crois que nous y répondrons peut-être avec notre sensibilité, nos affects., ou nos valeurs. Personnellement, ça m'intéresserait beaucoup de recueillir cette "étape" là de la pensée de chacun !

Je crois en effet que l'homme est solidaire. C'est une reformulation connotée, mais intentionnellement de ma part, de "l'animal grégaire", parce que je pense que les idéologies de droite sont à la fois fondées sur l'interprétation opposée et porteuses du principe d'égoïsme (Jean-claude Charrié) Solidaire. Je crois que c'est tout simplement ce qui fonde l'homme, c'est à dire le processus d'humanisation de chaque bébé homo sapiens qui devient homme par les autres hommes. Je me demande si être de gauche ce n'est pas tout simplement être fidèle à ces racines là. Ce qui me fait bien rire parce que pour le dire je pique des mots dont la droite a fait grand usage et mésusage au point de les user, ça apprendra à Guainarkozy à nous piquer Jaurès, non mais !

Chers compagnons sourcilleux de l'explicite, à demain.

Au fait, il me vient une question stupide: pourquoi être de gauche ? Hum ?

C'est vrai que, d'un point de vue gauchiste, si tous les riches et bienheureux sont de droite, ne vaudrait-il pas mieux les rejoindre plutôt que les combattre? Il me semble que cela rejoint l'hypothèse que j'avais émise en début de cette discussion: l'esprit de gauche considère que les ressources, et donc le niveau d'enrichissement global, est limité et que l'enrichissement de chacun "à volonté" n'est pas possible, qu'il faut donc répartir ce qui existe aujourd'hui le plus équitablement possible. A contrario, la vision de droite ne met pas de limite réelle à la notion de ressources, ou plus exactement considère qu'il est possible d'enrichir tout le monde, la richesse créant elle-même de nouvelles ressources.

Là, on est pas sortis de l'auberge. Implicitement Vincent votre hypothèse revient à poser l'enrichissement comme paradigme indépassable. C'est une provocation.

Il me semble qu'il s'agit en fait de poser une certaine conception de l'enrichissement comme paradigme indépassable. Cela revient à questionner la valeur. La conception implicite de Vincent semble correspondre à la valeur telle qu'elle a été théorisée par le marginalisme, elle n'a pas d'essence et réside dans le désir et la subjectivité des individus, c'est la valeur des marginalistes ou de l'économie néo-classique. Elle permet d'ailleurs d'évacuer la valeur travail qui débouche presque mécaniquement sur celle de l'exploitation. Au delà de cette question épineuse, il me semble qu'il est désormais nécessaire de concevoir une conception collective de la valeur permettant de trouver une réponse à la question écologique.

Pour le fameux "Enrichissez-vous !", je crois que Guizot était plutôt de droite.

@Jean-Claude, Provocation? sans doute, mais avec les meilleures intentions du monde! La répartition des richesses, et pour être clair j'entends ici par "richesse" la valeur ajoutée de la transformation des ressources naturelles (la richesse culturelle, ou immatérielle en générale, n'ayant a priori pas de limite), cette répartition donc est au centre du débat gauche-droite me semble t'il, et à ce titre effectivement indépassable.

. @ Vincent Verschoore . Tout en étant intéressé par ces réflexions, je me demande s'il ne s'agit pas d'une nouvelle déclinaison de l'axiome selon lequel, à gauche on est intelligent et à droite on est bête. . Bête au sens propre, puisque j'avais déjà dit que, "gauche" pouvait signifier "humain" et "droite" "animal". . Mais je ne crois pas à cet axiome. . En revanche, l'idée que la différence entre droite et gauche tournerait autour d'une certaine conception de la création de richesses (avec ou sans limite) et leur partage me semble très féconde, potentiellement. . Il faudrait ajouter les notions d'effort et de force ( + de risque), très présentes à droite, là où la gauche caresserait celles de solidarité et de justice (+ de sécurité). . jpylg

Cher JPY Pour faire simple: la création de richesses implique effort et force, la distribution de richesses implique solidarité et justice. D'ou mon dilemme par rapport au positionnement gauche-droite: les deux aspects sont nécessaires. Yin et Yang. Mais ca ne fait pas avancer le débat, je sais....

En effet ça ne le fait plus guère avancer car "ça" bloque à un certain niveau qui, s'il rend compte au moins partiellement de comportements visibles en particulier dans les sphères politique et syndicale, reste décidément aveugle à ce que plus haut j'appelais hier un impensé.

D'accord avec Vincent : "la création de richesses implique effort et force". Mais il faut les efforts de tous : patrons (souvent de droite) et salariés (souvent de gauche). Et sans solidarité ni justice, qui c'est qui recueille la plus grosse part du profit ? Les salariés ou les patrons ? Je crois que cette question qui contient sa réponse prépare un peu le terrain à des gloses plus savantes. Scoop : le contrepet est de gauche : ce sont les gens de droite qui donnent de grands coups de main aux riches et les gauchistes sont liants. Moël Jartin PS - Qui est insensible aux effets des forces ?

Cher Joël, Je sais que je vais vous faire hurler, mais je défends depuis longtemps l'idée parfaitement inacceptable de la fin du salariat, c'est-à-dire la fin de la subordination contractuelle d'un être humain à l'autre. C'est sans doute parce que je ne souscrit pas vraiment au rapport de force patron/salarié que vous citez, qui est une image très médiatique (on parle des grands patrons qui licencient des dizaines de milliers de gens) mais en termes numéraires ces patrons sont fort peu nombreux. La grande majorité des patrons sont des "petits ou moyens patrons" qui sont dans la même galère que leurs employés (survivre face à une compétition omniprésente), qui licencient quand ils n'ont vraiment plus le choix, qui s'investissent énormément dans leur boîte, mais qui ne font pas la une des journaux. Pour faire le lien avec l'émancipation dont nous parlions plus haut, pour moi l'émancipation du travailleur lambda passe par le fait de couper ce lien infâme de subordination à l'autre (au patron, en l'occurrence), développer une compétence qui lui permette non plus de vendre des heures de main d'oeuvre mais de la valeur ajoutée, et établir un rapport horizontal, d'égal à égal au sien d'une chaîne de production de valeur globale, plutôt que le rapport vertical actuel symbolisé par le "contrat de travail" qui stipule clairement ce lien de subordination auquel il faut se soumettre. Cette idée est-elle de gauche ou de droite? Je ne sais pas.

Pourquoi hurlerais-je, cher Vincent alors que vous m'invitez à réfléchir ? Je suis fort embarrassé car je crains de n'avoir pas tout compris dans vos propositions. Votre constat sur l'état de subordination du salarié par rapport au patron ne soulève de ma part aucune objection, mais je ne vois pas bien par quoi vous voulez remplacer le salariat. Vous évoquez la possibilité d'un "rapport horizontal", mais n'est-ce pas la bonne vieille cogestion que vous prônez ? Merci d'avance de vos précisions.

Je me suis aussi posée la question. Et j'avais pensé à une société d'individus, tous leurs propres patrons, mais liés par des rapports d'interdépendance : Exemple le meunier et le boulanger. Et aussi le technicien de surface propriétaire de "sa petite entreprise" (lui-même) : établi comme profession libérale. Bref la société libérale achevée ?

Fantie B. prend de bons exemples. En plus, le boulanger et le meunier ne peuvent pas être une seule et unique personne, car on ne peut pas être à la fois au four et au moulin. Plus sérieusement, une petite objection à Fantie : quand ni le meunier ni le boulanger ne peuvent faire seuls le travail, ils embauchent un ou deux salariés... Objection qu'on peut lever en supposant que ces deux artisans prennent chacun un associé. Question : comment passer du "salariat" à - désolé du néologisme - l' "associat" ?

Cette idée est-elle de gauche ou de droite? Je ne sais pas. Moi je crois que c'est le genre d'utopie (un lieu autre dont on rêve en espérant arriver un jour dans un lieu qui lui ressemblerait autant que possible) qui ne germe pas dans une cervelle de droite. Ça me fait penser à la chose suivante : il a été dit à plusieurs reprise dans ces fils qu'il y a des gens de droite qui sont en fait des gens de gauche qui s'ignorent. Cela ne voudrait-il pas dire que ce sont des personnes avec "un imaginaire de gauche", quoi que cela veuille dire (il va bien valoir qu'on arrive à se le raconter, ce truc là…) qui sont dissuadées de se penser de gauche par des pratiques peu engageants dites de gauche ("démocraties" populaires, bureaucratismes divers, exercice mitterrandien du pouvoir avec cour et camarillas, etc.) PS Cher Vincent, avez-vous comme je vous le suggérais le petit commentaire qu'à mon sens vous n'aviez pas bien lu puisque vous l'aviez compris à l'envers ? Vous avez sans doute compris que je m'intéresse à ce que vous pensez...

@Joël, Fantie, Virgil, En réponse à vos réponses: pour moi le lien de subordination contractuel, le contrat de travail, est le symbole même de la société conservatrice, hiérarchique, fondamentalement esclavagiste, l'antithèse de la notion d'homme libre (comment peut-on se dire libre quand on passe le plus gros de sa vie dans un lien de subordination à autrui?). C'est une question de principe. La révolution industrielle a mit ce système en place car il lui fallait une main d'oeuvre non qualifiée dont il fallait simplement acheter le temps et garantir l'encadrement. Le socialisme a œuvré pour améliorer les conditions de travail, améliorer la représentativité des ouvriers via les syndicats, très bien. Mais je ne comprends pas pourquoi le socialisme continue à vouloir faire vivre ce mode de fonctionnement post-esclavagiste, qu'en même temps il dénonce comme une exploitation, au lieu de le faire sauter et amener l'homme à la condition de liberté qui doit être la sienne.
Il est aujourd'hui parfaitement raisonnable d'envisager un monde dans lequel les gens peuvent coopérer, s'associer, sans qu'il y ait subordination. Sans qu'il faille demander la permission pour aller pisser ou prendre un jour de congé. Il est possible de reprendre le chemin de l'émancipation. Mais ca demande un changement de paradigme, une refondation des relations du monde du travail, et une responsabilisation individuelle accrue. Ce nouveau paradigme, à mon sens, intègre également la notion d'allocation sociale universelle, un revenu minimum garanti qui protège l'homme de l'obligation de subordination pour survivre.
Bon je radote, je radote, il se fait tard....

Radoter, c'est autre chose, cher Vincent, suivez mon regard en noir et blanc... Non, vous, vous ouvrez une piste en imaginant un monde sans subordination. Donc sans compétition, purement "associatif". Je suis sincère, c'est une belle idée, une magnifique "utopie".. Mais j'ai LA bête question : on commence par quoi ? Bien amicalement, Joël

@ Vincent : oui, belle idée : mais suppose-t-elle que l'émancipation de chacun soit réalisée ? @ Joël : (si j'osais - tentons sur notre espace commun - les commentaires et billets dee Mediapart ? Parce que, si ici nous n'arrivons pas à coopérer, nous associer pour faire vivre quelque chose, le pourrons nous ailleurs ?)

@Joël et Fantie Je ne dis pas que dans cette utopie il n'y aurait plus de compétition, il y aura toujours dans le vie des moments ou l'on est en concurrence avec d'autres, je pense même que c'est salutaire. En tout cas je ne crois pas en l'économie planifiée. Mais très clairement le mode coopératif serait le mode dominant. L'idée est que chacun soit maître de la valeur ajoutée qu'il apporte. Point de départ: l'artisanat est un exemple ancien et universel de ce principe: l'artisan ne vend ni heures ni muscles, il vend une œuvre. L'économie dite sociale et solidaire est une avancée, en ce sens que dans une coopérative par exemple chaque participant est en même temps copropriétaire et créateur de valeur. Aujourd'hui cette utopie existe en filigrane, elle occupe des interstices du système économique "subordinatoire" dominant. Elle est risquée, car plus on s'éloigne de ce modèle dominant, moins la société "protège". Le système ultime de subordination/protection est évidemment le fonctionnariat d'Etat, subordination à vie contre sécurité d'emploi à vie. Mon utopie implique un changement assez fondamental des relations économiques, de la gestion du risque et du concept même de solidarité. Solidarité qui ne serait plus un système hautement morcelé, inégalitaire et corporatiste, mais un acquis de base de tout citoyen et un but premier du système économique: faire en sorte que chacun dispose d'un minium vital lui permettant de rester maître de lui-même.

@Vincent Les coopératives on sait que ça marche. Mais face aux monstres que sont les multinationales dans le contexte de l'impitoyable mondialisation actuelle, comment peut survivre une coopérative ? Remarquez, le microcrédit se développe face aux émormes banques... Alors pourquoi pas ? J'avoue que je suis un pau paumé, cher Vincent. Car tout ce que vous me dites me séduit. Mais à côté de ça, dans le domaine que je connais, celui de la recherche, domaine où pourtant la coopération est la règle, comment financer les projets ? D'une façon générale, dans votre beau modèle égalitaire, qui prend les décisions ? Désolé, cher Vincent, ce n'est pas de la réticence envers votre modèle tellement plus humain. Mais est-ce un manque d'imagination de ma part, est-ce que je suis trop conditionné par 67 ans d'existence dans le système actuel... Je n'arrive pas intellectuellement à trouver un point d'accroche, d'adhérence à votre utopie, alors que pour l'adhésion, je n'en suis pas si loin...

Les coopératives on sait que ça marche. Mais face aux monstres que sont les multinationales dans le contexte de l'impitoyable mondialisation actuelle, comment peut survivre une coopérative ? J'avoue que je suis un pau paumé . Bien sûr que les coopératives locales marchent, les agriculteurs bio qui vendent de la qualité - et non de la merde au prix fort comme le font les grandes surfaces - s'en sortent fort bien en s'organisant. Tout est une question d'INFORMATION. Quand on sait que Leclerc et Cie est proche du pouvoir et empêche toute critique sous peine de procès, on comprend un peu mieux l'omerta actuelle. . Voir l'excellente étude sur les prix de la grande distribution: http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/viande-la-hausse-des-prix-montree-du-doigt-28-01-2009-224405.php il y a foison d'articles sur le net à ce sujet... - En ce qui me concerne, je refuse de suivre la masse qui - docile- pousse son caddy dans les grandes surfaces, et j'achète au petit commerce. Conclusion: relations beaucoup plus personnelles, produits souvent offerts, prix moins chers que dans la grande distribution, qualité et goût bien supérieurs... . A vous de continuer de pousser votre caddy dans les "temples de la consommation" qui vous exploitent et exploient leurs fournisseurs - ou de soutenir votre commerce local, où vous pouvez vérifier la qualité et l'origine des produits... . Après, il ne faut pas se plaindre si le "commerce de proximité" disparait. . Chaque consommateur a un pouvoir - un pouvoir politique - par sa consommation. Mais il faut apprendre à se restreindre, à ne pas consommer de raisins en hiver, de fraises au début du printemps, et utiliser uniquement les légumes et fruits de la saison. . Au temps du "tout, tout de suite" c'est une modification des comportements qui devient nécessaire. Une Education... . J'ai souvent écrit sur ce site que le "pouvoir d'achat" en France était malmené par de nombreux acteurs qui en profitent, par rapport à l'Allemagne, et ce depuis 1973 où je peux en juger. Je rappelle la visite de Luc Chatel en Allemagne il y a quelques mois: http://tf1.lci.fr/infos/economie/consommation/0,,3853826,00-luc-chatel-fait-emplettes-allemagne-.html . http://www.dailymotion.com/video/x5hxae_dplacement-chatel-supermarch-allema_news . Mon compagnon allemand et moi discutions ce midi de ce sujet - nous habitons à 200 mètres de la frontière et voyons tous les jours les voitures françaises qui occupent la majeure partie des supermarchés allemands - et constations les différences de prix depuis 1970 entre les deux pays. Voir : http://www.mediapart.fr/comment/reply/19960/32266 . Il y a deux mois, mon compagnon allemand était dans la maison de Charente-Maritime qu'il a achetée il y a 25 ans, avec un ami électricien. Il voulait lui montrer le marché de Noël local, avec les amis du jumelage allemand. Ils ont donc passé une semaine, à deux, dans la maison. . Il lui a montré les commutateurs pour la lumière qui sont un peu bruyants et lui a demandé de les remplacer par des commutateurs silencieux, comme ceux que nous avons en Allemagne. Ils sont allés tous les deux chez "Bricomarché". Et là le choc. (Nous y sommes habitués, vivant à la frontière). . Le prix était de 30 € pour des commutateurs qui - en Allemagne - coûtent 10-12 €. Conclusion: ils vont acheter les commutateurs en Allemagne et les installeront en Charente-Maritime. . Le fameux "pouvoir d'achat" en France est victime de ces pratiques depuis des décennies. J'ai toujours comparé les prix - des photos et du matériel photographique, de l'électro-ménager, etc. - les prix sont souvent 25% plus chers en France. . Pas étonnant que les gens ont l'impression d'avoir des problèmes de "pouvoir d'achat". Ils ne sont pas organisés comme "consommateurs", n'ont pas compris leur "pouvoir" en tant que consommateurs, et se font avoir depuis des décennies par des grandes surfaces qui se sucrent sur leur dos pour construire de plus en plus de magasins dans le monde. . Ils sont "fiers" de voir "Carrefour" ou "Leclerc" s'installer en Chine ou ailleurs - la "gloire" de la France - et ne voient pas que ces entreprises le font par l'argent qu'elles viennent de leur soutirer... . Triste. Triste. Triste...

@Fantie : il me semble que ça fait un moment qu'on échange fructueusement en ayant oublié nos menus différends de naguère ? En ce qui me concerne, j'en suis ravi...

@ Joël : Moi de même. Les différents sont faits pour être posés, ce qui leur donne une chance d'être dépassés.

@Virgil Je suis revenu sur votre commentaire, distinguant l'inné de l'acquis. Que le développement social et affectif commence in utero je ne le conteste pas, j'ai même pratiqué l'haptonomie quand ma compagne était enceinte, c'est dire! Mais de là à y voir un début de conscience politique, je n'y arrive pas. Peut-être pouvez-vous expliciter? Cela dit votre dernière phrase me fait honneur, et je vous la retourne.

Cher Vincent, Quand je parle d'un imaginaire je ne parle pas d'une conscience politique. Pas même du début d'une conscience politique. Je parle (j'essaye de parler) des débuts d'une posture spontanée à l'égard de soi-même et à l'égard du monde. Je la résume au galop et d'un gros trait, cette posture dont l'haptonomie peut en effet être un facteur (ou cofacteur) originel, dans un tableau général de gestation heureuse : confiance en soi, ouverture au monde (c'est à dire aussi à l'autre). Cette confiance spontanée en soi aura de bonnes chances de favoriser le développement d'une personnalité en mesure à la fois : -d'éviter les crispations identitaires, le refus de l'autre, la survalorisation de la "réussite" indexée sur des signes sociaux et l'exercice d'un pouvoit réel ou symbolique… -de développer un imaginaire plus porté sur la culture d'un soi perméable à autrui et disposé aux solidarités avec les personnes, aux interdépendances; moins disposé à la musculation d'un ego surcompensateur et barricadé fait pour surnager dans un monde de concurrence des individus. A l'issue de ce processus de développement dont l'impulsion initiale de la vie in utero ne peut évidemment suffire à garantir qu'il sera mené à son terme, tant une histoire personnelle est riche de carrefours hasardeux, il sera possible qu'émerge un penchant politique, qui pourra en fonction des rencontres, des expériences etc. évoluer ou non en conscience politique. Voilà, mon bon Vincent. Ceci vous éclaire-t-il mieux sur ce que j'essaye moi-même de mieux formuler (encore très incomplètement) grâce à votre questionnement dont je vous remercie, comme je remercie tous ceux qui m'aident en me poussant et me tirant avec leurs questions et leurs mises en question ? Je voudrais m'adresser encore à l'alerte et judicieux Melchior mais son âme amène me pardonnera de remettre à plus tard pour cause de ""je vois plus clair du tout"...

"débuts d'une posture spontanée à l'égard de soi-même et à l'égard du monde." "confiance en soi, ouverture au monde (c'est à dire aussi à l'autre)." Entièrement d'accord, et bravo Virgil de l'avoir si bien résumé ou lié. D'où la tragédie de beaucoup d'existences, en l'absence de cette confiance de base.

Cher Virgil, C'est certes éclairant, mais je continue de penser que le travail commencé in utero qui pose les bonnes conditions pour la suite ne sont pas figées à la naissance, les composants de la personnalité que vous citez seront essentiellement acquis pendant les 7-8 premières années de vie au contact du monde. J'ai lu que les circuits du cerveau de l'enfant se forment pendant les 6 premières années, et qu'ils se forment afin d'optimiser la réponse de l'enfant aux stimuli les plus fréquents. Un enfant connaissant le tendresse et le partage sera "câblé" pour rechercher et proposer ce type de comportement tout au long de sa vie. A contrario un enfant soumis à l'inattention et la violence sera "câblé" pour être en phase avec ce milieu, et sera donc plus naturellement inattentif et violent envers les autres. Rien à voir avec l'hérédité (même si la répétition sur de nombreuses génération d'un même comportement peut sans doute mener à une inscription génétique, mais c'est un autre sujet), et sans doute pas grand chose à voir avec l'inné. Je pense qu'il faut bien distinguer le terreau (disons, l'inné) de ce que l'on y plante (l'acquis).

Je vous propose de faire non pas une synthèse, mais trois à partir des questions que j'ai évoquées plus haut : - qu'est-ce qu'une idéologie (au sens de vision du monde)de gauche ? - Qu'est-ce qu'un projet de gauche ? - Qu'est-ce qu'un programme de gauche ? Cette dernière risquant d'être pauvre puisque le sujet n'a pas vraiment été débattu. On peut au moins lister les thèmes. Je précise que je préfère la synthèse au florilège puisqu'elle me semble mieux rendre compte d'une réflexion collective. Le florilège n'étant que la juxtaposition de réflexions individuelles, bref, la synthèse est de gauche et le florilège de droite(-: Mon travail sera bien sûr soumis à vos critiques et devra être corrigé. Si l'un d'entre vous souhaite s'y coller, qu'il le dise et pourrait m'envoyer son travail par MP pour publication sous son nom sur mon blog ou, qu'il le fasse sur le sien en nous prévenant.Pour ma part, je ne peux rien garantir quant aux délais... En tout cas, merci pour ce débat constructif que j'ai trouvé enrichissant et même "jubilatoire". PS :ces remerciements et cette proposition ne signifie pas que le débat est clos, si vous souhaitez le poursuivre sur tel ou tel point, vous pouvez bien évidemment le faire. PPS / vous pouvez bien sûr critiquer cette proposition.

Merci Farid! En attendant, on essaiera de ne pas trop pourrir votre blog :)

Même si c'est marginal : Je garderais bien aussi la question : -Qu'est-ce qu'une sensibilité de gauche ? C'est-à-dire, recenser des facteurs affectifs énoncés par les uns ou les autres, qui peuvent déterminer une orientation de gauche, un sentiment d'être de gauche.
C'est peut-être en lien avec la question de Melchior un peu plus haut : pourquoi être de gauche ( le pourquoi étant dans son message en gras, comme un lien, mais débouchant sur du rien !)
Je veux bien faire le recensement des éléments de tels "ressentis de gauche" présents sur les deux fils, et les envoyer à Farid. Sans synthèse car j'y suis inapte (déduisez-en ce que vous voulez !)

Bonjour Fantie, même si c'est un peu en marge, j'ai réagi plus bas à ces propositions sur "l'être de gauche", et c'est peut être en lien avec ce que vous nommez "sensibilité de gauche" ????

Tout à fait. Hier soir je m'étais embarquée dans "l'être"... Et sans filet euh, sans philo ! Et je viens de rajouter tout en haut du fil un commentaire aux questions que posait Axel en début, et que Farid avait "rejetées". Qu'est-ce que nous répondrions à un enfant - ou à un ado pressé - qui nous interpellerait : C'est quoi, être de gauche ? Pour moi c'est une question, finalement, au moins pertinente, sinon cruciale (surtout quand je pense à Eric Besson, B. Kouchner, R. Dumas...- sans porter de jugements moraux, je me pose des questions sur leurs parcours et "passages")

Fantie J'en déduis que vous vous estimez inapte à la synthèse.

@ Virgil : Très juste ! par contre, vous me semblez y exceller, voir le rapprochement que vous avez fait plus haut entre premières "postures" devant la vie et confiance en la vie. J'ai tourné autour de cette idée depuis des années sans pouvoir réunir les deux brins. Alors que maintenant que vous l'avez dit, ça me semble évident. Cette discussion ouverte que nous menons à plusieurs m'évoquait depuis hier un livre qui reprend une discussion ouverte entre deux intellectuels (inconnus du grand public). "Penser l'hétérogène". (Jacques Ardoino et André de Peretti) Finalement, les deux interlocuteurs en arrivaient à relier leurs différences d'idées à des postures différentes devant la vie. Eet l'un d'eux rapprochait ça du premier lien "maternant". Securisant ou insécurisant.

Très bien. Grâce à ce travail dont vous avez la gentillesse de vous charger, chacun d'entre nous y verra plus clair y compris dans sa propre pensée. Ce sera peut- être un tremplin pour repartir sur des bases plus définies et avec une nouvelle énergie (solidaire !) Merci à toutes ces voix qui ont multilogué, qui avaient quelque chose à dire et l'ont dit en étant la plupart du temps ouvertes à ce que disaient les autres, ce qui a fait qu'à la fin provisoire) de ce fil nous en étions me semble-t-il arrivés plus loin qu'au point de départ. Je rêve qu'une certaine personne y ait appris quelque chose et puisse à l'avenir nous écouter, nous accompagner et éventuellement nous critiquer autrement qu'en manifestant à coups de Houlala!!! une indignation stérile et contre productive. C'est le moment de signer du pseudonyme que j'aurais pris si je n'avais choisi d'apparaître sous mon vrai nom rêveur aux étoiles

Rêveur aux étoiles... C'est très joli. Y compris à la 66 ? Je rigole, Virgil...

Joël Tu as le cœur à rire Moi je l'ai à pleurer sur la plus haute branche un rossignol chantait

Le rire peut être cathartique, cher Virgil. Et ta chanson se poursuit par "Auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir..." La "mienne", elle est brune. Toujours le coup du verre à moitié plein et à moitié vide... Haut les coeurs, Virgil, y a pas que Sarko dans la vie. PS - Allez, un peu de rire sarcastico-catharthique (source : Frédéric Dard) Il y a une vraie différence entre le verre à moitié vide et le verre à moitié plein. Le verre à moitié vide, c'est celui que tu viens de vider à moitié (imparable !). Le verre à moitié plein, c'est ceui qui vient de t'être servi par un radin. Vive les verres, Virgil ! Moël Jartin

Poursuivre? On ne va pas s'en priver Farid et vous n'allez pas vous en tirer par un retrait sur "l'Aventin". Pour reprendre à partir de l’intervention de Vincent articulée autour de l’enrichissement, je vous propose de faire un petit tour du côté du « vieux logiciel de gauche » qui suscita un peu plus haut, un trop rapide échange (à mon goût) entre Melchior et Farid. Je fais ce rapprochement car il me semble qu’il illustre bien en quoi ce fameux logiciel peut-être qualifié de vieux, inadapté à la situation présente et comptable finalement de l’impuissance des gauches instituées. Par incidente je voudrais en profiter pour tordre le coup à cette assertion selon laquelle la pensée de gauche serait en panne et la droite aurait définitivement gagné la bataille idéologique. Ce fut l’objet d’une forfanterie (une de plus) de notre inculte président et d’une multitude de reformulations bêtement complaisantes, de la part de ses collaborateurs et autres serviteurs. Et je crois que c’est exactement le contraire qui est advenu. Au-delà des désordres qu’elle met enfin en évidence, la globalisation de l’économie aura eu pour effet majeur de projeter enfin les citoyens que nous sommes dans la réalité, qui est planétaire pourtant depuis longtemps. Je dis et je répète enfin, car je crois en effet que cela est éminemment positif, en dépit des douleurs que vont inévitablement induire les ajustements nécessaires. Là est d’ailleurs à mon sens l’enjeu politique immédiat, maîtriser au mieux ces douleurs pour éviter qu’elles ne s’expriment en un refus du réel, un refus devant l’obstacle en quelque sorte, et faire en sorte qu’elles motivent un élan solidaire pour le dépassement des vieilles représentations, des vieux récits (coucou Fantie), du vieux logiciel. J’y viens. Outre qu’elle a permis de construire de pertinents outils pour l’analyse économique et sociale du capitalisme mercantile, qu’elle a en cela autorisé toutes les constructions coercitives contraignant ce capitalisme aux lois de la redistribution, la pensée marxiste a surtout refermé l’imaginaire collectif et le principe de rationalité sur le matérialisme. En cela, son héritage est beaucoup moins positif, il est même catastrophique, il porte en lui le désenchantement qui procède d’une confusion originelle (ou plutôt d’un enchâssement déductif) entre matérialisme, réalisme et rationalité. Il participe à ce titre, de notre enfermement idéologique dans le nihilisme fondamental qui porte le capitalisme, en indexant toute projection à des stratégies fondées sur l’unique légitimité d’affrontement des intérêts matériels (tout comme le capitalisme). Fussent-elles de classe, ces stratégies sont vouées in fine à l’échec (le creusement des inégalité) parce que mutilées à la naissance de ce qui constitue l’essence même du politique, le cœur même de toute projection ou vision d’avenir, la condition de toute espérance, à savoir : l’humanité qui est en chaque citoyen, l’humanité qui fait qu’avant d’être travailleurs ou chômeurs, nous sommes d’abords des individus (hommes, femmes, immigrés etc. etc.), citoyens … libres, égaux et solidaires. Le matérialisme dialectique et la lutte des classes sont donc, à mon avis, pour "la gauche", des formes rédhibitoires du nihilisme, qui condamnent à l’aveuglement, et qui par ailleurs posent la marchandisation en tant que seul horizon des relations humaines, comme condition de leur propre pertinence, une auto justification en quelque sorte. Cela ne veut pas dire que les solidarités de classes ou d’intérêt soient disqualifiées en tout, mais seulement (et ce n’est pas rien) qu’elles ne sauraient fonder un projet politique aujourd’hui pertinent et opportun. Il faut rechercher ailleurs, ou plutôt remonter d'un cran, c'est un peu ce que nous avons commencé à faire ici, nous ne sommes pas les seuls, il faut continuer. Ne vous déplaise Farid (en toute amitié).

Petite précision: les citoyens ... libres de penser, égaux en droits et solidaires

@jean-Claude Trop dur avec Farid. A part ça, trop fort ! Là je pointe la façon dont vous montrez le double rôle de Marx, -d'une part armant les esprits (et le mouvement social et politique) par son analyse économique et sociale du capitalisme mercantile, -d'autre part, dans un même mouvement, assignant à l'imaginaire social de gauche le même horizon indépassable que ledit capitalisme mercantile. Hic jacet lupus (traduction libre : c'est là qu'il y a un os dans le fromage).

@Jean-Claude Vous avez raison de vouloir poursuivre mais ne pensez vous pas qu'il faudrait souffler un peu, attendre le premier point dont Farid s'est chargé, laisser mûrir, digérer ce que nous nous sommes appris ? J'ai voulu vous demander un contact (pour pouvoir suivre vos commentaires) et voir si vous aviez un blog mais je suis tombé sur un lieu désert. Est-ce votre volonté ou un bogue ?

Ni l'un, ni l'autre. En réalité, je débarque. Je ne sais pas très bien comment tout cela fonctionne. Le contat que vous cherchiez, vous dites l'avoir demandé ... mais, à quel guichet? Non vraiment, je n'ai aucune expérience, je ne suis même pas capable d'insérer des contenus en itallique dans mes contributions ... et cela me nuit. J'enrage. Je pourrais créer un blog, mais je ne sais si je serai capable de l'assiduité régulière qui me semble due aux correspondants. J'hésite.

@ Jean-Claude Charrié, et tous les nouveaux ou anciens désireux de ne plus enrager comme lui ! Pour apprendre à « naviguer » sur Mediapart, cliquer sur le lien de votre choix :
1. Voici ce qu’a produit l’édition participative mediapart : la boite à outils : http://www.mediapart.fr/club/edition/boite-a-outils/ Rien n’est classé, il faut parcourir la page jusqu’à trouver l’intitulé de sa question. Mais il y a aussi ce lien à explorer : Comment utiliser la boite à outils
2. Voilàce qu’a produit la solidarité ! entre membres « perdus dans la jungle HTML » : Un aide-mémoire langage HTML, à imprimer, ou mieux, à placer dans ses favoris : Car on peut y préparer ce qu’on veut mettre en italique etc. (il restera alors à le copier puis coller dans un commentaire) : Pour la genèse : http://www.mediapart.fr/club/blog/lemur-cata/180109/aide-memoire-html ou directement la version pdf à mettre en favoris http://www.mediapart.fr/files/Pense_bete_html_pour_mediapart_version_4.pdf (merci à Lémur Cata)

Cher Jean-Claude Si vous cliquez sur mon nom en bas de ce commentaire (en bleu) vous allez arriver à ma page (si vous en profitez pour cliquer à gauche sur contact vous me ferez plaisir car nous pourrions nous suivre mutuellement sur les différents fils). Si vous cliquez maintenant sur votre nom, ci-dessus par exemple, vous arriverez à l'emplacement de votre page. Vous verrez la différence. Cliquez alors sur l'onglet PARTICIPER en haut de page et suivez... Pour l'italique, procéder comme suit : insérer le ou les mots entre crochet inférieur i crochet supérieur et crochet inférieur slash i crochet supérieur.(Les crochets sont sur la touche juste a droite de la touche Maj) Il faut que ces signes soient en contact et non séparés par un intervalle. Pour mettre en gras, même procédé, en remplaçant i par a. Pour italique gras vous cumulez les deux groupes de signes. Vous pouvez tout à fait ouvrir un blog et ne l'alimenter en billets que de façon irrégulière, personne ne s'en formalisera. Tout au plus certains, mis en appétit par les premiers billets, s'écrieront-ils : "Jean-Claude, feignasse, on a faim !".

Rempli de perplexité, je suis allé interviewer une sommité locale: le père Chathuant. Celui-ci n’était pas trop content qu’on le dérangeât, mais fit bonne figure néanmoins. - Et quel bon vent t’amène, bourrique ? - Ô grand rapace de la nuit, qu’est-ce qu’être de gauche ? - Hou ! Etre de gauche, c’est… hou hou ! C’est soutenir une politique de gauche. - Une politique, sûr ? - Sûr. Le clivage droite/gauche est du domaine politique. - Alors, qu’est-ce qu’une politique de gauche ? - Hou ! Une politique de gauche est une politique qui vise à rapprocher la société telle qu’elle est d’un idéal de gauche. « Partir du réel pour aller vers l’idéal », comme disait un grand homme de gauche. Hou. - Mais qu’est-ce, alors, qu’un idéal de gauche ? - Hou. Tu m’embêtes avec tes questions. Bon, eh ben, hou: un idéal de liberté pour chacun et pour tous, ça te va ? Et d’égalité, c’est-à-dire de protection de la société et des individus qui la composent contre les privilèges, tant abolis que perdurants ou renaissants… - Une seconde, je note… tant perdurants… que re… nais…sants… Oui ? - Enfin de fraternité. Hou. - Fra… ter… ni…té. - C’est ça, fais l’andouille, bourrique. Fraternité: bienveillance des uns envers les autres et réciproquement et dévotion au bien public. La vertu républicaine, quoi. Nécessaire pour faire aller liberté et égalité du même pas, comme deux bœufs attelés à la même charrue. Hou. - Est-ce là tout ? Mais les gens peuvent placer là-dedans différentes conceptions… -Hou ! Ben oui. C’est ça le pluralisme. « Diversité c’est ma devise », la seule qui convienne aux universalistes. Bon, faut que je dorme un peu, à présent. Ce soir il fera nuit. Bien des choses à Immanence et à Multitude, ainsi qu’à Vincentpeillon si tu le vois. Immanence et Multitude sont, comme chacun sait, mes deux jeunes oies de compagnie, et Vincentpeillon le chat du garde-champêtre. En voilà un nom pour un chat.

Bel apologue, cher Melchior. Le chat huant semble de gauche et le grand duc de droite. Ah, ces deux hibous... Moël Jartin PS - Ne pas confondre multitude de braves et bravitude de mule...

Si l'on admet qu'être de gauche c'est penser qu'à chaque coup de dès ce n'est pas obligatoirement le même qui gagne à chaque fois, je vois dans ce débat un modèle de débat réussi en ce sens que l'important n'y est plus d'avoir raison, mais de puiser énergie et arguments à la réfléxion des autres, par de savants rétablissements pour retomber sur ses pieds à partir de préoccupations qui ne sont pas les siennes, et de retrouver ses propres chemins de compréhension dans le dédale des points de vue autres que le sien. Bravo Farid pour ce débat réussi et à tous les autres pour votre contribution sans filet. Je ne me donne pas la disponibilité pour suivre un fil aussi soutenu...mais pour une fois je le regrette. Serge Koulberg

Je vous invite tous à lire ce commentaire http://www.mediapart.fr/comment/reply/33924/107267 et vous dis "Adieu" sur ce fil. . Je vous laisse à vos élucubrations...

Contrairement aux ânes tels que moi, "centre affamé n'a pas d'oreilles". Vous devez avoir horriblement faim.

Etoile, je vous ai lue, et il me semble que vous évoquez la pratique politicienne, alors que le fil explore les idées politiques. Alors vous me direz que les idées se voient dans la pratique ; certes, mais comme l'Histoire n'est pas finie, on peut avantageusement analyser et critiquer puis avancer des idées ...et ne pas en rester à des "impressions" sur ce qui est moral ou pas. Exemple : Il y a une grosse question à laquelle vous ne touchez pas (parmi d'autres), c'est celle de qui produit les richesses ? qui les possède ? et comment on les partage ? C'est une façon comme une autre d'entrer dans la réflexion politique. Bien à vous.

Chère Etoile, J'avoue que votre bagarre avec certains contributeurs ici me fait sourire, non pas par condescendance ou moquerie mais parce que je vois très bien ce qui motive vos perceptions, et ce qui motive celles desdits contributeurs. J'ai moi-même pas mal fréquenté, et fréquente encore, des groupes de gens qui pourraient écrire la même chose que vous sur ce sujet, et qui me sont néanmoins sympathiques. Je suis titulaire d'un MBA au nom d'une prestigieuse école de commerce de mon pays natal, au sein de laquelle j'ai côtoyé nombre de gens, certains brillants dans leur spécialité, qui en lisant ce débat sur la notion de gauche politique réagiraient sans doute aussi violemment que vous, car il n'en comprendraient pas l'utilité et encore moins l'essence. Il me semble qu'un choix s'offre ici à vous, comme il s'est offert à moi voici quelques temps déja: soit ignorer ce type de débat, soit y participer en essayant d'en comprendre les tenants et aboutissants puis en y participant de manière constructive, même si c'est pour démontrer son irrationalité. Mais tenter de prouver que le débat n'a pas lieu d'exister ne sert strictement à rien; au contraire cela ne fait que renforcer les incompréhensions.

Elle est partie, Etoile66, notre GPS (Guide de la Pensée et du Savoir)... Snif ! "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé..." C'est pas du Lamartine, le poète du lac ? Encore un qui voit le monde en tout ou rien, en noir et blanc, avec ses petits tiroirs et son mur de verre qu'est un plan d'eau limpide...

@ chère Etoile, Comment vous dire … et pour tout vous dire, je vous y attendais, si désespérément prévisible. Pourquoi vous obstinez-vous à vouloir convaincre quelques personnes qui s’intéressent à une question, que la dite question n’est pas intéressante voire sans objet ? Quelle vocation missionnaire vous agite ? Et comment voulez-vous nous faire croire qu’un dialogue, un débat, une démocratie en somme puisse fonctionner sur la négation de ses constituants ? Je l’ai déjà dit ici, que les appellations droite et gauche ne vous conviennent pas n’a strictement aucune importance, changez-en à votre guise et laissez nous en liberté … s’il nous chante, et ne vous déplaise. Votre obstination est fondée sur une dramatique erreur de perspective, vous êtes scotchée semble-t-il devant un rétroviseur. Il y a fort longtemps voyez-vous que les serfs ont compris que leur seigneur, au prétexte de les protéger des razzias du seigneur voisin, leur faisait suer sang et tripes pour sa propre fortune, et ne glorifiait la sainte union de son peuple que pour mieux se servir et mieux razzier à son tour, quitte à distribuer, parées d’une onctueuse et bien pensante bénédiction, quelques miettes à la piétaille. Même les sanctificateurs n’y ont pas résisté. Et c’est très bien. Que voulez-vous que nous fassions de vos exhortations anachroniques à je ne sais quel retour sur les rivages improbables d’un monde peuplé de puissants charitables et de pauvres résignés, allant main dans la main vers une gloire tout aussi improbable ? Oui, droite et gauche ne sortent pas glorieuses des 60 années que nous venons de vivre. Surtout la gauche, car après tout, à en juger par le creusement des inégalités, la droite ne s’en est pas si mal sortie … pour le service de ses commanditaires. S’il vous a échappé qu’il appartient aux citoyens qui veulent renouveler leur engagement (quel qu’il soit), et à eux seuls, d’en discuter les modalités selon leur volonté, alors ne les fustigez pas à coup d’accusation de sectarisme, gardez vous de dénoncer les œillères que vous les accusez de porter, car en l’occurrence vous-même vous rendez coupable des maux dont vous les accablez. Nul a besoin désormais d’un directeur de conscience. S’il vous a également échappé que l’enfermement du débat politique français dans la médiocrité que vous dénoncez à juste titre ne résulte en réalité que de la dépolitisation et de la dépolarisation, de ses termes et de ses protagonistes à la fois, et fort logiquement au demeurant, alors poursuivez votre chemin sur la voie d’une mythique cité du consensus pour le service d’un tout aussi mythique intérêt général partagé, par la grâce de je ne sais quelle transcendance, et respectez la controverse de ceux qui ne pense pas comme vous. S’il vous a enfin échappé que tout ceci n’est pas fortuit, mais procède d’une histoire et de responsabilités singulières, alors admettez que vous n’êtes vraiment pas faite pour le débat politique, que ce n’est pas votre monde ni celui dans lequel vous aspirez à vivre, et fuyez le vite, laissez le à ceux qui s’en délectent et s’en pourlèchent et paix à leurs âmes. Amen.

Je reste chiffonnée (!) par cette façon de dire les choses : "être" de gauche ! "L'être" va sans doute se décliner par des "valeurs" et là, c'est le début de cafouillage, non ? Gauche et droite, est-ce que ce n'est pas un découpage politique ? et donc une manière d'articuler des idées et une pratique. Des idées, pas des valeurs. Non pas que les valeurs soient inutiles, mais c'est trop vague, facilement du domaine de l'abstrait ...du psychologique ou de la morale. Alors Farid, serait-il question d'une morale de gauche ? Exemple : "la fraternité" est une valeur républicaine. Elle peut devenir la base d'une idée de gauche si elle est le départ d'une réflexion sur le "comment", les moyens réels ....la mise au jour de la possibilité de la rendre effective (fraterniser c'est faire la paix, c'est aussi une idée de partage ...). Sinon, c'est du prêche.

Je comprends mal le sens de votre remarque Marielle. Est-ce à dire que par delà les oppositions qui s'inscriraient dans le domaine des idées, il ne pourrait y avoir que partage dans le domaine des valeurs?

Je vous demande pardon de mon manque de clarté : certes, il y a des lignes de partage dans les valeurs mais de mon point de vue ce clivage ne correspond pas au clivage politique. Je connais des moines extrêmement fraternels, soucieux des autres, ...et qui votent à droite (mais pas pour les mêmes raisons que Bouygues). Alors ??? et bien, c'est que ces clivages ne se recouvrent pas, et c'est tant mieux. C'est pour cela que je rechigne à parler de valeurs de gauche, de sensibilité de gauche ...car cela a tendance à moraliser le domaine politique et de mon petit point de vue, c'est un piège - au bout du compte tout le monde risque de se ressembler, comme si les clivages politiques n'étaient que d'affreux accessoires, presque négligeables. Je crains que cela ne brouille les choses.

@ Marielle : Pour moi, le ressenti n'est pas une affaire de morale mais de sentiments qu'on ne maîtrise pas, d'affects. Une affaire d'inconscient, presque. Les valeurs, non plus, ne sont pas forcément de la morale. Ce sont plutôt les représentations du monde.
Je dirais alors que votre moine a des valeurs "de gauche", mais qu'il vote à droite parce qu'il a des raisons, autres que cette sensibilité, de voter à droite. Lesquelles, ce serait intéressant aussi à regarder; de même que l'inverse. N'y a-t-il pas des gens, de sensibilité de droite, qui votent à gauche ou font une carrière politique à gauche ? Je pense que oui. E tje suppose qu'ils aurront du mal à faire une politique de gauche, au-delà de leurs projets ou discours affichés. C'est pour cela que je m'intéresse, au-delà des discours et même des votes, aux "sentiments", aux raisons affectives qui soutiennent les idées ou qui font les votes. (Dans les deux cas, les raisons du vote contraire à la sensibilité seraient intéressantes à voir: elles peuvent être affectives : lien avec sa famille, sa communauté... ou "raisonnables" ?)
Je ne vois pas de morale là dedans, au sens normatif du terme.
Par contre, quand on pose en préalable que -"être de gauche" c'est supérieur à "être de droite" ; -ou que, "voter à gauche" c'est supérieur à "voter à droite" , c'est à ce moment que s'introduisent de la morale ou de la culpabilisation.

Pas mieux à dire en réponse à Marielle. Et je connais également pas mal de gens de gauche qui s'ignorent et votent à droite ou même qui sont élus sous des étiquettes de droite. Pour les valeurs il pourrait être introduit un premier distinguo fondé sur leur hiérarchie dans l'imaginaire personnel. Mais ça reste à creuser.

Un cas intéressant pour illustrer ou réfléchir sur la différence entre "sensibilité" et vote, ou carrière politique : le cas de ceux qui "changent de camp". Petite discussion dans les commentaires du sujet consacré à Eric Besson (s'en prend aux "élites tordues". Ou bien écouter La fabrique de l'Histoire (France Culture) :La trahison en histoire (2 au 5 février)

Fantie et Jean Claude, ce qui me gêne là dedans c'est qu'on dirait que le "être de gauche, le sentir à gauche correspond à des valeurs humaines supérieures (si on faisait la liste, je crains que la série des valeurs de "gauche" remporte le pompon) ; alors pour clarifier, je dirais qu'il y a des valeurs humanistes, des valeurs généreuses ...et que c'est souhaitable qu'elles soient présentes chez les gens qui veulent une politique de gauche. Quant à ce que vous dites du "ressenti", c'est un peu pareil pour moi ; et je ne crois pas que l'inconscient compte ici sinon on ouvre la boîte de Pandore ! Je rigole à peine (o) Amical salut

Marielle, je ne crois pas qu'il faille réfuter la hiérarchisation des valeurs. Ce serait d'une façon ou d'une autre adopter un relativisme absolu qui ne peu conduire qu'au cynisme. Bien que les valeurs occupent effectivement des positions relatives différentes pour chacun, justement en raison de la hiérarchie personnelle que chacun se construit à travers son éducation (entendue y compris comme somme de ses expériences), un des enjeux de l'intersubjectivité, du dialogue, des relations sociales, des échanges tel que celui que nous conduisons ici même, n'est-il pas de produire du sens partagé (sens comme signification et comme direction à la fois), c'est à dire de l'adhésion au sens et finalement de produire de la norme, en l'ocurrence une hiérarchisation des valeurs? Mais je n'ai peut-être pas correctement interprété votre remarque.

Un mot encore, Jean Claude, en aucun cas je refuse de hiérarchiser les valeurs mais je ne crois pas qu'il soit juste de les dire de "gauche" ou de "droite" car elles relèvent d'un autre domaine. Vous me comprenez ?

Yesss, c'est leur hiérarchisation qui est discriminante sur "l'échelle" droite/gauche.

Je ne pense pas que l'on puisse dire qu'une valeur est de droite ou de gauche. C'est la façon de mettre en pratique ces valeurs qui peut être qualifiée de droite ou de gauche. Si on prend l'exemple de la fraternité par exemple envers les plus pauvres, en caricaturant à peine, une politique de gauche mettra en place un système de redistribution des plus riches vers les plus pauvres alors qu'une politique de droite laissera les riches s'enrichir pour que ceux ci puissent par leurs œuvres, leurs fondations (les fondations si chères à notre étoile pro-teutonne) répandre leurs bienfaits vers les plus pauvres. En allant plus loin, une politique encore plus à gauche ne se contentera pas de redistribuer, (vision social-démocrate) mais voudra démontrer que la pauvreté est due à la structure et au fonctionnement de la société elle-même, et remettra en cause cette structure et ce fonctionnement pour en proposer un autre.

"Encore plus à gauche" ! Plus à gauche encore, le Sentier lumineux et les cellules translucides ? On est toujours le "droitier" de quelqu'un, vous savez.... . "pour en proposer un autre": on attend avec impatience. Mais à nos demandes instantes, la réponse est toujours la même: on sait pas, on verra, c'est les travailleurs z'eux mêmes qui inventeront cette structure et ce fonctionnement le moment venu, dans le courant du processus révolutionnaire, faut faire confiance à l'inventivité des masses. Ben voyons... Et on se retrouvera avec un joli plan quinquennal concocté par les commissaires du peuple, qui ne fonctionnera pas à cause des comploteurs et saboteurs, d'où répression, etc. Et notre bel idéal de gauche, où sera-t-il passé ? . Enfin la fraternité n'est pas simple affaire de redistribution des richesses, mais de partage des savoirs et des pouvoirs, de souci républicain de faire aller ensemble la liberté et l'égalité. C'est la vertu républicaine, au fond (il faut faire un retour à Jaurès). En outre, à notre époque, cela ne se conçoit que dans une perspective internationaliste. . Le souci de l'avenir est une valeur de gauche (le mouvement se soucie de savoir où il va) et non de droite ( le désordre établi n'a d'autre ambition que de perdurer). D'où l'importance que la gauche va accorder de plus en plus à l'écologie. On peut même en faire un critère pour distinguer la vraie gauche et les "gauches" immobilistes (quel que soit l' "ancrage" auquel ces dernières prétendent).

Je ne faisais qu'essayer de montrer la différence entre valeurs, qui ne sont ni de gauche ni de droite ni du centre, et théories et actions politiques. Je n'essayai pas ici d'établir une hiérarchie mais simplement de montrer qu'il y a des différences entre ceux qui s'accommodent du système et ceux qui veulent le changer. La virulence de votre réaction semble montrer que vous en établissez une, et que tout ce que vous situez à votre gauche, ce qui doit recouvrir pas mal de monde, ne tend qu'à se précipiter sur le sentier lumineux du goulag et de la rééducation par le travail (vous l'aviez oublié celui là). Vous attendez avec impatience que l'on vous donne un beau projet de société clé en main. Mais pourquoi ne nous proposez pas le votre? Vous n'en avez pas? Ou se serait-il perdu dans un vain désir d'avenir? Souci d'avenir qui serait seulement une valeur de gauche? Dieu sait, même s'il n'existe pas, que je ne suis pas de droite, mais voilà bien une preuve que le sectarisme peut se réfugier dans les replis de la pensée du centre gauche.

Il n'y a personne à gauche de ma gauche, et surtout pas les conservateurs ou les traditionalistes en tous genres. Ceux qui prétendent l'être sont-ils si nombreux ? On verra ça aux prochaines élections, auxquelles ils participeront avec la seule ambition de "se compter" (voyez sur le fil consacré aux rapports du NPA et de l'union de la gauche de la gauche-croupion). . Jetez un coup d'oeil sur Si la gauche veut des idées... avant de parler de vain désir. . Je veux bien croire que Dieu, dans Son infinie bonté, ne veut pas savoir que vous êtes de droite. Mais le diable ? Y avez-vous pensé, au diable ? Sérieusement, votre histoire de centre-gauche, c'est toujours le continuum dont on s'accorde à dire, me semble-t-il, qu'il n'existe pas. . De droite surtout: refuser la latéralité des valeurs. C'est le leitmotiv de ceux qui disent que le clivage gauche/droite est dépassé. .

Le souci de l'avenir est une valeur de gauche (le mouvement se soucie de savoir où il va) et non de droite ( le désordre établi n'a d'autre ambition que de perdurer).
Ca, cher Melchior, ca se discute!: Je dirais au contraire que les gens de droite sont très doués pour protéger leurs acquis, les faire fructifier puis les transmettre à la génération suivante. C'est tout le but du conservatisme, généralement de droite. Je dis bien généralement.

Et : la gauche protège les acquis d'intérêt général, la droite protège les acquis d'intérêts particuliers ?

@Fantie, Je dirais plus précisément: la droite protège les acquis d'intérêts général qui protègent les acquis d'intérêts particuliers. Mais, en fait, la gauche aussi, sauf que les intérêts particuliers ne sont pas les mêmes.

@Alain, une politique encore plus à gauche ne se contentera pas de redistribuer, (vision social-démocrate) mais voudra démontrer que la pauvreté est due à la structure et au fonctionnement de la société elle-même, et remettra en cause cette structure et ce fonctionnement pour en proposer un autre.
D'accord, mais la question que je me pose est: quelle autre structure?

C'est bien la question.

Je vous laisse à vos élucubrations... Je suis déçu : la pauvre femme est décidément bouchée. Je suis soulagé : tout le monde comprend pourquoi... @Melchior J'adore votre petite saynète. Un délice de lecture. Qui pourrait faire un excellent démarrage de fil. Qui remet pas mal de choses en place. Qui peut-être en évacue d'autres. C'est je crois le petit revers de votre pensée apollinienne dont les vertus sont fortes : la part dionysiaque est oubliée. Elle risque de se "venger". Cf. le retour du refoulé.

Merci à tous pour cet intéressant débat. Si je ne sais pas toujours exactement ce que c'est qu'être de gauche, je sais au moins maintenant ce qu'est "être de droite".

@ Vincent, Intéressante Vincent la conclusion de votre adresse à Etoile qui nous ramène à l'irrationnel et donc au rationnel. Pourriez-vous préciser, ou illustrer, ou développer?

Cher Jean-Claude, Je ne sais pas si ce débat est fondamentalement rationnel ou irrationnel, là en fait n'est pas la question pour moi pour l'instant, mais s'il s'avérait qu'il est irrationnel il aurait quand même fallu le faire pour le savoir. Pour Etoile ce débat est irrationnel. Mais peut-elle le démontrer rationnellement? Il serait intéressant qu'elle s'y attache, mais elle préfère rester sur un mode déclaratif plutôt qu'argumentatif. C'est le reproche que je lui fais, gentiment j'espère. Maintenant si votre question sous-entend "la gauche est-elle rationnelle", alors là je vous répondrais: "oui, sauf si vous êtes de droite" :))

Ce fil est un peu terrifiant : ça part dans tous les sens en étant preque toujours intéressant, on voudrait pouvoir parler en même temps avec Vincent, Fantie, Marielle, Farid, Jean-Claude, snp, Melchior, jpylg, et Joël qui accompagne avec sa rieuse bienveillance, etc. -Marielle. Je crois que tous nous évitons de tomber dans le piège moralisateur, s'il peut nous arriver de l'effleurer par mégarde ou de paraître y mettre carrément la patte par négligence ou rapidité d'expression. Nous savons bien, comme vous, que le moralisme est d'un autre registre que celui où nous essayons de nous tenir. Il me semble en revanche qu'essayer d'envisager l'intériorité, dans la perspective de la personne, du sujet comme singularité née des interactions, est une entreprise (re)fondatrice d'un imaginaire de gauche et qu'on aurait grand tort de l'éluder. Je crois comprendre qu'au moins Fantie et Jean-Claude sont aussi dans cette position pour le moment et que Farid n'y est pas étranger. Je ne sais si Vincent en pense quelque chose car il refuse jusqu'ici de "mordre à l'hameçon". Melchior ne dit pas que ça ne compte pas mais semble impatient d'être dans la lumière de l'action plus que dans ce qui lui apparaît peut-être comme la pénombre des profondeurs. Jpylg pour sa part est sans doute animé par la crainte que nous ne sombrions dans la gauchosatisfaction et je pense que la vigilance "paranoïaque critique" de ce chercheur qui à la fois se sent de gauche et est très attentif aux points aveugles qu'engendrent les formatages qu'il a entrepris de définir et de repérer, cette vigilance peut tous nous aider. Je voulais répondre à chacun et le relancer mais je laisse tomber. Too much. Je n'avais pas du tout prévu de faire ce point partiel... Pensez vous que je déforme et/ou réduis ?

Effectivement je ne dis pas que ça ne compte pas. Simplement j'insiste sur le fait que le clivage gauche/droite relève du champ politique et n'est pertinent que dans ce champ. Sur le problème du bien et du mal: il intervient par exemple dans l'opposition entre éthique de conviction et éthique de responsabilité: quand on est au gouvernement la navigation vers les fins est soumise aux contraintes et obstacles, on ne peut éluder cela. . D'autre part je suis convaincu que la personne individuelle est le sujet de base de la vie politique, et que nous sommes tous (gauche comme droite) redevables de cela au libéralisme classique et aux Lumières du 18ème siècle. Il n'y a pas de bonheur collectif sans bonheurs individuels (mais il n'y a sans doute pas d'aboutissement du bonheur individuel sans travail au bonheur collectif). . Cela dit, effectivement, sans méconnaître l'intérêt théorique et pratique de l'introspection et de la quête par chacun de son identité, je crois plus urgent d'analyser la question de l'eau potable, de l'alimentation, de l'éradication du saturnisme en région parisienne, du logement, enfin, ce genre de petites choses terre à terre où nos tendres âmes de gauche peuvent se manifester à elles-mêmes plus facilement.

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A ce moment du débat que je reprends de temps à autres, je suis d'accord avec cette façon de dire de Melchior. L'affaire du "sujet" est cruciale aussi mais demande de se référer à d'autres champs (dont la philosophie et la psychanalyse qui ont tenté de fonder le concept à leur tour). On a intérêt à distinguer les domaines requis dans la réflexion sauf à dire que tout est politique, que tout est de gauche si ça s'occupe du bonheur des gens ...or, on sait bien que ce n'est pas cela : la politique a une dimension dialectique selon moi - celle qui va sans cesse de l'élaboration de projet à la question de la mise en ouvre (avec les notions de court terme et de long terme). Mais il est très bon aussi de faire dialoguer les disciplines entre elles : du coup "morale" peut dialoguer avec "politique", psychanalyse aussi, sociologie, histoire .... Je vais poursuivre la lecture du fil ....

très bon aussi de faire dialoguer les disciplines entre elles" . Oui, bien sûr; à condition de bien repréciser le vocabulaire. Valeur, champ, sujet, conflit, etc. etc.: autant de mots qui doivent être redéfinis chaque fois qu'on passe d'un domaine disciplinaire à un autre, sous peine de malentendus interminables.

Cher Virgil, et par extension Chère Marielle, Je vais tourner autour de votre appât sans y mordre: l'introspection permet de conforter sa relation à soi, et de là sa relation à l'autre. Ceux qui méditent sont rarement violents. Savoir ou l'on se situe soi-même permet de mieux se situer par rapport à l'autre. Comme l'enfant s'émancipe de ses parents en grandissant (désolé de répéter ce terme tout le temps, si vous avez un synonyme...). L'introspection s'accorde mal avec le discours intellectuel, il s'agit avant tout de ressenti. Histoire d'un Maître et son élève: chaque jour l'élève demande à son Maître: "Maître, dit-moi ce que je dois apprendre". Et chaque fois le Maître réponds "cherche" et balance l'élève par la fenêtre. Un jour, l'élève s'approche du Maître, et le balance par la fenêtre. Le Maître lui dit alors "maintenant que tu sais ou chercher, tu n'a plus besoin de moi". Morale de l'histoire: à vous de voir. Mais personnellement je n'y vois aucune connotation politique.

@ Melchior : la question de l'eau potable, de l'alimentation, de l'éradication du saturnisme en région parisienne, du logement, et des choses terre à terre : tout ça passe pour moi par des affaires de relations : Relations entre locataires et propriétaires, entre habitants et fournisseurs d'eau, ou de nourriture, pour ce qui est de vos exemples; Relations elles-mêmes prises dans un système structurel. Mais qui ne les détermine pas entièrement. Relations de pouvoirs, de dominations... stratégies des acteurs.

Non Virgil vous ne déformez ni ne réduisez, à mon goût. Et belle formulation synthétique en tout cas de cette entrée vers la projection collective réenchanée par une approche renouvelée de la singularité. Je la fait mienne pour l'immédiat. Car elle permet de fixer l'un des points d'appui essentiels à mon avis de ce que j'appelle la reconquête ou pour mieux dire, le réarmement idéologique, en nous invitant à revisiter et réévaluer l'individualisme. (C'est ce qui m'a conduit il y a 3 ans à m'intéresser à Stiegler) C'est aussi ce qui est en profondeur derrière la polémique que suscita l'affirmation de Delanoé se disant libéral. Pas plus ici (ce serait stupide) qu'ailleurs, je ne roule pour lui, mais la virulence des critiques qui lui furent adressées témoigne de cette sclérose idéologique arqueboutée aux dogmes simplificateurs d'inspiration marxiste dont il faut sortir. Nous avons frolé mainte fois la question tout au long de ce fil, je ne résiste plus au besoin de mettre en partage l'appréhension qui en est la mienne. Il n'est pas très risqué pour commencer de noter qu'un projet politique visant à l'émancipation du citoyen ne peut espérer aboutir en développant des stratégies exclusivement fondée sur la négation de l'individu ou du moins sur son rejet aux marges. C'est bien pourtant, en gros, l'interprétation hyper dominante que nous propose la gauche instituée depuis des décennies. La grande frayeur de l'irruption soixantehuitarde sans doute, et ... grand bon en arrière : le citoyen amputé de son humanité, uniquement considéré comme sujet de la république. Une reprise inconsciente des sujets du roi via la terreur puis l'empire, confirmée par le communisme soviétique héritier de l'empire tsariste, puis la chine ... c'est une hypothèse. Plus sérieusement, cette mutilation du projet humaniste, pourtant relativement abouti dès la révolution de 1789 (cf. l'oeuvre de Condorcet) inscrira je pense une contradiction essentielle et rédhibitoire au coeur de la philosophie politique du mouvement socialiste dans son ensemble, imputable à l'apport du matérialisme dialectique et à l'idéologie de la lutte des classes. Il s'agirait donc aujourd'hui de réarticuler individualisme et socialisme (débarrassé de tout collectivisme), pour initier un humanisme social, ou un socialisme humaniste digne de ce nom et surtout dynamique, c'est à dire non dogmatique. Le principe dynamique est je crois essentiel, il y a là certainement quelque chose à trouver aussi du côté de chez Edgar Morin et de "sa" pensée complexe. Pour l'instant, on peut illustrer je crois cet impensé de gauche jusque dans la livraison dernière du contre plan de relance, qui ne procède que par la mobilisation de recettes classiques (probablement indispensables et bonnes pour certaines, au moins autant que celles d'en face). Ce n'est pas tant le classicisme des recette qui est en cause, mais bien plutôt l'absence de tout projection les accompagnant pour indiquer, au delà du seul sauvetage immédiat et temporaire d'un système qui vient de faire la preuve de son irrationalité, en quoi les mesures proposées ne le sont qu'à titre transitoire vers un autre système. Et cela repose je pense toujours sur l'incapacité à intégrer, les dynamiques sociétales voire civilisationnelles dans la projection politique et réciproquement. Et cela consiste en l'occurrence, à ne présenter l'offre politique qu'en terme de produit fini (en exclure donc tout ce qui pourrait relever de l'utopie) et corollairement a ne s'adresser qu'au consommateur eu lieu de considérer le citoyen et finalement cultiver cet enfermement et renoncer encore à l'humanisme assumé. ... il se fait tard, j'arrête. A+

Cher Farid, J'aurais bien voulu participer à ce Fil, mais ayant loupé quelques épisodes, je ne sais plus comment m'y insérer ! La matière est devenue trop dense. Pour ce qui a trait aux conflits, dont Virgil regrette l'existence et la non résolution, là haut dans le Fil, j'ai choisi de ne plus commenter. Parfois, le silence vaut mieux que des mots. Très amicalement.

Chère Art Monika, Je suis toujours content de savoir que vous êtes dans le coin et comprends parfaitement votre silence. Très amicalement.

@Art Monika Tu ne sais pas comment t'insérer dans le débat ? C'est pourtant simple : tu dis ce que tu penses. M'est avis que ton éclairage ne serait pas de trop. Ben vrai, pour sûr.

Je reprends, à partir d’un échange esquissé avec Vincent sur le thème de la rationalité. Vincent concluait cette entrée par la remarque : « Maintenant si votre question sous-entend "la gauche est-elle rationnelle", alors là je vous répondrais: "oui, sauf si vous êtes de droite" ». J’entends bien que le critère de rationalité ne peut être validé comme discriminant droite/gauche de l’engagement politique des individus citoyens considéré dans sa quotidienneté. Cependant, je pose, que toutes les constructions philosophiques et politiques sur lesquelles s’appuient l’évolution des sociétés reposent elles mêmes sur le principe de rationalité. Dès lors, ce principe devient bien discriminant des postures conservatrices qui procèdent du refus irrationnel d’un autre principe plus fondamental encore, celui de l’évolution (laissons Darwin et son actualité de côté … quoique). Et in fine, je pose donc que la rationalité caractérise bien l’engagement politique en faveur du progrès ; progrès entendu comme évolution rationnelle … et retour à la déclaration des Droits. Cela vous parait-il acceptable sur la voie du réenchantement ?

P.S.: J'aurais du conclure en disant: ... et retour PAR la déclaration des Droits .. vers la question initiale de Farid.

PS: J'aurais du conclure par: ... et retour PAR la déclaration des Droits ... vers la question initiale posée par Farid

Au temps de l'esclavage et jusqu'à l'aube des grandes conquêtes sociales il était plus aisé de se définir de gauche par le simple "refus de l'exploitation de l'homme par l'homme". Je crois cette définition toujours pertinente de nos jours si on la complète par "jusque dans le moindre de ses retranchements".

Oui, cette proposition générique me va bien, mais je considère que tout en étant nécessaire elle est insuffisante car elle ne dit rien par elle seule du (ou des) comment(s). Autrement dit elle reste dans l'injonction sans mettre les doigts dans le cambouis de la projection. Elle ne propose finalement que l'agglomération des insatisfactions contre, sans suggérer l'engagement pour quelque chose qui reste impensé ou du moins implicite. Elle ne peut pas porter l'espérance qui fait défaut, elle ne désigne pas l'horizon utopique nécessaire à l'engagement dans la délibération.

Proposition générique, oui. Avec pour modeste but, là, d'en revenir au point de départ pour en écarter les développements exogènes.

Cher tous, J'essaie de reprendre le train en marche (pour ma synthèse, si j'ai bien compris, ma proposition était prématurée...et peut-être bien ambitieuse, ai-je le droit de la retirer?). Pour répondre à Marielle, je précise que je ne souhaite surtout pas introduire la morale dans ce débat et, si je dis "être de gauche" c'est parce que je considère que c'est comme être musicien par exemple. Un musicien n'est pas musicien QUE lorsqu'il pratique, et il me semble que c'est parce qu'il a une certaine manière de lire les sons, à leur donner un sens, un certain rapport à cet univers donc, qu'il devient musicien. De même, l'écrivain a un certain rapport aux mots, et selon moi, être de gauche, c'est avoir un certain rapport au monde au sens où c'est développer une lecture du monde fondée sur certains postulats (que nous essayons d'élucider) et guider par certaines valeurs qui ne correspondent pas à la morale. Il s'agit moins d'un débat entre le bien et le mal (concept à mon sens dangereux) que d'un débat idéologique. Cela m'amène à questionner Jean-Claude sur ce qu'il entend par "réalité" ou "confrontation au réel" dans le texte très intéressant que vous consacrez à l'ambivalence du marxisme. Pour prendre un exemple, les économistes orthodoxes nous disent qu'il ne faut pas trop réglementer la finance car le système actuel a permis une croissance importante ces dernières années et a réduit les inégalités mondiales. Soit. Des économistes moins orthodoxes répondent que si on fait abstraction de la Chine, les inégalités se sont maintenues voire accrues. Bien. Si on en croit des économistes carrément pas orthodoxes, la réduction des inégalités ne tient pas à la finance mais à un rattrapage de l'ordre de nos trente glorieuses. Pourquoi pas ? Ou est la réalité ? Le discours vrai d'aujourd'hui, il me semble que c'est le premier qui constitue non pas notre science (encore que) normale mais notre idéologie normale. Et c'est là que se situe la victoire idéologique de la droite. On peut aussi penser aux propos de Breton, l'ancien ministre, qui disait en substance que peu importait que la France soit, dans les faits, un pays attractif concernant les investisseurs étrangers. Il fallait baisser les impôts pour corriger une mauvaise réputation. Bref, je crois que la droite nous a imposé sa réalité, et qu'il nous appartient de lui substituer la nôtre.

. Un musicien n'est pas musicien QUE lorsqu'il pratique Farid . Dans la problématique précédemment évoquée de l'inné et de l'acquis, un musicien n'est pas musicien parce qu'il pratique, même pas parce qu'il a appris la musique; il apprend la musique et puis il pratique parce qu'il est musicien. . Le musicien n'est musicien que parce qu'il naît musicien. . Si c'est possible pour la musique (ou la peinture, d'ailleurs, et bien d'autres choses), pourquoi ne serait-ce pas possible pour la droite et la gauche? . Prière de ne pas ramener cette problématique au "génisme". L'âme peut être bien plus concernée que les gênes. . jpylg

@JPY Naître ou ne pas naître, that is the question. Réponse à votre question "Si c'est possible pour la musique (ou la peinture, d'ailleurs, et bien d'autres choses), pourquoi ne serait-ce pas possible pour la droite et la gauche?": Parce qu'on peut être musicien ou peintre de droite comme de gauche.
L'âme peut être bien plus concernée que les gênes Surtout que là ou il y a du gêne, il n'y a pas de plaisir. Faites-vous allusion ici à la perception bouddhiste de la réincarnation, ou l'âme est une entité qui évolue d'incarnation en incarnation?

Loin de moi l'idée que l'on puisse être de gauche ou de droite par naissance. Je ne crois d'ailleurs pas au concept de "vocation", je veux dire qu'être de gauche c'est se forger une vision du monde, c'est un "processus mental", une paire de lunettes qu'il faut toujours ré-ajuster... Je crois d'ailleurs que les idéologies de droites sont difficiles à combattre parce qu'elles s'ajustent assez bien au sens commun, le mérite, la responsabilité, la volonté... Il me semble d'ailleurs que ces explications sont presque tautologiques puisque on explique un acte ou une situation par une volonté ou une liberté. Pour déconstruire ces idées, il est nécessaire de théoriser un peu plus. Toute la difficulté de la gauche selon moi. L'un des exemples les plus intéressants est, il me semble, la question du suicide qui peut apparaître comme un choix rationnel ou un acte de liberté. C'est souvent quelque chose d'insaisissable, néanmoins, les sociologues montrent que les taux de suicides, d'une année sur l'autre, sont stables et différent selon les groupes sociaux...une partie de l'explication est donc sociale. Être de gauche, c'est choisir d'aborder la question sous cet angle.

. Absolument ! . Bien entendu, nous sommes en dehors du champ de la science (mais non pas de l'expérience humaine). . Il n'y a aucune raison de penser que la Vérité ne s'étende pas au-delà de l'emprise de la science. . La réincarnation (ou quelque soit le terme que l'on utilise, la notion est déjà chez Platon, avec la "réminiscence) résoud des quantités de mystères, dont celui, à la fois si répandu et si étrange du "surdoué", (le vrai surdoué, comme on les trouve chez les très grands artistes ou les très grands savants). . jpylg

Houlà, jpylg, vous êtes bien affirmatif avec votre "Le musicien n'est musicien que parce qu'il naît musicien." Désolé de ne pas exaucer votre souhait, mais ce n'est pas ce que pensent les généticiens. A mon humble avis, on ne peut pas dire non plus : "le généticien n'est généticien que parce qu'il naît généticien." On ne connaît pas le gène qui prédispose à être musicien, ni celui qui prédispose à être généticien ou contrepéteur. C'est comme juge d'instruction ou ministre des DOM-TOM : on ne connaît pas les gènes de Burgaud... Moël Jartin PS - C'est une vieille croyance, la prédisposition prénatale à être ceci ou cela. En témoigne le fameux "On devient cuisinier mais on naït rôtisseur". En outre, lorsque l'on dit qu'un musicien joue "avec toute son âme", c'est qu'il joue avec "ses tripes", en se défonçant, en oubliant les notes pour en extraire la musique. Encore un vieux dicton : "Ce pianiste virtuose est la véritable réincarnation de Liszt !"... L'âme, en musique, c'est plutôt celle du violon...

A Jean Paul Yves 13h46 : ".Le musicien n'est musicien que parce qu'il naît musicien" et le reste ... Qu'est-ce que vous nous affirmez-là ? un hameçon pour prendre le gogo ???je rigogole .... Plus sérieusement, c'est évident qu'on naît touts différents (ouh le cliché !!) : on naît avec des mélanges hasardeux qui peu à peu prendront forme dans la vie au monde. Alors, un tel peut faire, à partir de ses prédispositions, de la musique, de la peinture, de la dentelle ...., et la réalisation des ses prédispositions se concrétisent de façon extrêmement différentes selon le milieu pour dire vite. Pour résumer : on naît "quelque chose" ...et on en fait autre chose .... ex, de la musique. Certes le milieu ne suffit pas, et la naissance non plus ; il faut quelque chose des deux qui se rencontrent. Acceptez-vous cette reformulation ?

A Jean Paul Yves 13h46 : ".Le musicien n'est musicien que parce qu'il naît musicien" Il faut être absolument naïf pour écrire une telle ineptie. . Les vrais "musiciens" s'exercent au moins 8 heures par jour...

Exact : les pros font ça toute la journée. Mais je connais quelques "grands amateurs" qui ont un autre métier et dont certains jouent mieux que certains pros. Ils sont aussi de vrais musiciens. Brassens, quant à lui, disait que sans le travail, le don n'est qu'une sale manie. Mais qu'est-ce que le don ?

"être de gauche, c'est avoir un certain rapport au monde au sens où c'est développer une lecture du monde fondée sur certains postulats (que nous essayons d'élucider) et guider par certaines valeurs qui ne correspondent pas à la morale. Il s'agit moins d'un débat entre le bien et le mal (concept à mon sens dangereux) que d'un débat idéologique." (Farid) Je comprends mieux votre "idée" de l'idéologie : rapport au monde, lecture du monde fondée sur des postulats et des valeurs. J'ya ajouterai juste : rapport au monde fondé peut-être aussi en amont par des ressentis, parfois inconsicents, qui remontent aux expériences fondamentales de la prime enfance, de l'enfance ou de l'adolescence. rapport au monde ancré donc dans un "monde vécu".
Dans ce rapport au monde il y aurait, entremêlé, le rapport aux autres et à soi. (C'est par exemple ainsi que Bernard Charlot définit le "rapport au savoir" : fondé sur le rapport à soi, aux autres et au monde.) Dont un rapport au collectif : Moi avec le collectif, qui suis-je ? En compétition avec ce collectif ? inclus dans ce collectif et en compétition avec les autres du collectif ? solidaire de ce collectif ? Ou suis-je "double", parfois solidaire, parfois en compétition ?
édité : @ JPY, ci dessous : Oui, je sais désormais que je suis double. Mais peut-être que tout le monde ne l'est pas ?

. peut-être que tout le monde ne l'est pas ? Fantie B . Tout le monde l'est et ne l'est pas. Certains le sont plus que d'autres, c'est un peu comme l'Egalité. . jpylg

. @ Fantie, . Réponse : double. Vous le savez d'ailleurs très bien. . jpylg

Peut être que, finalement, c'est ca la véritable distinction entre la gauche et la droite: pour la gauche tous les hommes sont égaux mais certains un peu plus que d'autres; pour la droite les hommes sont tous inégaux, certains un peu moins que d'autres...

À Alain Godefroy . Je ne vous en veux pas de vos enfantillages (« centre-gauche« , « vains désirs d’avenir »… Je sais qu’il n’est pas facile de garder son équilibre sur le bord de la falaise ultra-gauche, un pied sur la terre ferme et l’autre dans le vide). Ma grand-mère me disait: « ça te passera avant que ça me reprenne »). . Je m’inquiète davantage pour vos confusions en matière idéologique, voire vos complaisances à l’égard de la droite. Les valeurs de droite et les valeurs de gauche ne sont pas les mêmes. . La gauche et la droite se réclament de la liberté, mais n’en ont pas du tout la même conception. Pour la droite, c’est essentiellement la liberté économique des possesseurs de capitaux. Pour la gauche en général, c’est la liberté pour chacun dans tous les domaines, bornée seulement par celle d’autrui. Ce n’est pas du tout la même chose. Pour la gauche de la gauche de la gauche , je ne suis pas sûr que la liberté individuelle conserve un sens, peut-être est-ce un fantasme petit-bourgeois, c’est un point à éclaircir. . La droite ne se réclame pas de l’égalité (sinon, par habitude, de l’égalité juridique la plus formelle, qui fait que les riches et les pauvres ont le même droit par exemple à comparer le contenu de leurs comptes en banque respectifs aux honoraires des avocats ou des médecins). L’égalité est clairement une valeur de gauche. Pour ce qui est de la gauche de la gauche de la gauche, nous savons bien qu’elle prône une société où tous sont égaux, les uns étant même plus égaux encore que les autres. . La fraternité (que j’ai de plus en plus de mal à distinguer de la vertu républicaine depuis que jpylg m’a infligé un zéro pointé à ce sujet) n’est pas une valeur de droite. Elle n’a pas sa place dans la défense du désordre établi. Beaucoup de gens, qui se croient de gauche et même plus, n’en ont que faire cependant. Elle est totalement inutile à qui s’attache à la liberté sans l’égalité, de même à ceux qui s’attachent à l’égalité sans la liberté. Pour la gauche de la gauche de la gauche, passée la période euphorique du romantisme révolutionnaire, elle est avantageusement remplacée par les règlements de comptes et les haines recuites. Le camarade Miguel demande où est Cienfuegos, où est Ochoa. Peu de temps après, personne n’ose demander où est le camarade Miguel.

Cher Melchior, Je ne vous en veux pas de votre condescendance et je laisserai quant à moi ma grand-mère en dehors de cela. Je pense que vous devriez relire mon commentaire initial car apparemment vous avez vu rouge (euh désolé...) au simple mot changer la structure de la société et vous m'avez apparemment immédiatement catalogué comme une espèce de crypto-communiste . En fait je voulais simplement montrer qu'une valeur n'est ni de droite ni de gauche mais que la droite et la gauche apportait des réponses différentes. Je donnais donc l'exemple de la fraternité avec une réponse à gauche qui serait plutot la redirection et à droite qui serait la charité. Je mentionnerai que certains allaient plus loin que la redistribution et remettait en cause le système lui-même. Je n'ai nulle part dit indiqué où aller ma préférence, soit dit en passant. Visiblement, vous avez une pensée différente et une valeur pour vous peut être de droite ou de gauche. Vous me permettrez de vous dire que votre vision est très manichéenne. Dire par exemple que pour la droite, la seule liberté est la liberté des possesseurs de capitaux est quelque peu exagéré. Le simple fait que vous puissiez le dire montre d'ailleurs que la liberté d'expression a été globalement respectée en France, bien que celle-ci ait le plus souvent été gouvernée par la droite.

D'apès Alain Godefroy : "... la liberté d'expression a été globalement respectée en France." Pourvou qué ça doure...

Ceci est en effet une autre question

La liberté d'expression est grosso modo respectée, Dieu merci nous sommes encore en "démocratie libérale pluraliste". Voyez quand même à qui appartiennent les grands groupes de presse et comment fonctionnent les médias. . Ne me classez pas abusivement au centre gauche et je vous laisserai volontiers un strapontin chez les démocrates. . Mes respects à Madame votre aïeule. Quant à la mienne, elle n'aimait pas trop se faire pousser dans les orties.

La liberté d'expression est grosso modo respectée, Il n'y a que les naïfs ou ceux qui ne sont jamais sortis de leur trou pour écrire une telle ânerie. Les pays autour de la France se marrent...

Melchior, 15h05 le 13/02 Pourquoi rabattez-vous toujours à un moment ou à un autre les discussions sur les idées d'extrême gauche à une affaire réglée, celle de la dictature inévitable ??? On est loin d'avoir exploré toutes les idées dans ce domaine, trop long pour en parler ici. Une autre fois.

Que sont les "idées d'extrême-gauche" ? . Ou bien elles sont compatibles avec la démocratie sociale, et alors ce sont des idées de gauche, tout simplement: bienvenue ! Ou bien elles exigent de mettre la démocratie entre parenthèse, et alors elles ne sont pas de gauche ( pas de nature à lutter efficacement et salutairement contre le désordre établi) et je n'en veux pas. . Ce n'est pas moi qui ai inventé le parti unique, la dictature du prolétariat, le plan centralisé et toutes ces joyeusetés...

OK Melchior, mais cette idée de démocratie, il faut tout de même ne pas oublier de la relativiser : la démocratie occidentale s'accompagne fort bien d'un déni de démocratie pour les plus pauvres. Je vous donne un exemple : pour favoriser la mixité sociale, il faut décider d'installer des familles modestes dans des quartiers aisés (avec tout un accompagnement, certes), il faut que les écoles de ce fait se "mixifient", et croyez-vous que les plus gâtés accepteront comme ça ! il faudra bien prendre des décisions et les imposer ! et là il y aura toujours des gens pour pleurer sur la démocratie bafouée. C'est pour cela qu'il faut des principes à cette démocratie, et que les politiques aient des comptes à rendre en vertu de ces principes. Voilà où je vois une des pistes à explorer avec audace : le partage. Et cela peut aller jusqu'à l'expropriation (indemnisée) parfois, non ? Le parti unique est le fait de toute dictature, de "droite" ou de "gauche". D'ailleurs on n'est plus alors, dans ce type de division sémantique. La pluralité des partis n'est pas une garantie de justice sociale. Une fois cela posé, on peut réfléchir à ce que serait un contrôle populaire actif ...

"La pluralité des partis n'est " effectivement " pas une garantie de justice sociale. " En revanche, si un régime est fondé sur le parti unique, il n'est pas de gauche, on peut en être sûr, et cela se verra vite. . Il n'y a pas de dictature de gauche, en effet. . Pour l'exemple que vous donnez,ainsi que pour le "contrôle populaire actif", la démocratie participative peut aider à résoudre le problème. Si elle fonctionne au Brésil ou en Poitou-Charentes, pourquoi ne conviendrait-elle pas ailleurs ?

"Rien de pire que la loi du plus fort" pensais-je quand j'étais exploité chez le bouseux du coin. Puis je m'en allai voir chez les grandes structures très syndiquées et tout et tout, pour m'apercevoir assez vite que "Pire encore que la loi du plus fort: la loi du plus faible"...

. Connaissez-vous, Axel, la phrase de Nietzsche : "Il faut protéger les forts contre les faibles" ? . jpylg

Je n'ai presque rien lu de ma vie, mais je suis chaque fois heureux de voir que mes "bonnes fréquentations", notamment pas mal d'universitaires comme vous, sont toujours là pour confirmer l'utilité du rôle du candide.

@ Axel J "Pire encore que la loi du plus fort: la loi du plus faible". Expliquez nous ça plus en détails, car apparemment c'est du vécu et pas une préconception. Ça m'intéresse d'avoir les faits, les "tranches de vie" puis votre lecture. Ça ne vous ennuie pas ?

Bah, j'ai pas mal d'exemples bien précis, des souvenirs vivaces à la pelle, mais je crois que si je n'ai pas encore pu participer à l'excellente Edition sur le Travail animée par Mathieu Magnaudeix, c'est peut-être parce que je sais déjà comme ça fait trop mal de se voir systématiquement nié comme si ce qu'on disait était absurde (tiens ben en voilà une, indication concrète sur l'état d'esprit dans un environnement où personne de veut -ne doit- se responsabiliser).
Tiens, j'ai une piste, qui me vient à l'esprit grâce à votre bienveillante et constructive finesse: Pas exactement ce que j'ai en tête, mais largement sur la bonne voie, Le Principe de Peter, de Laurence J. Peter et Raymond Hull. Mais le Principe de Peter participe encore d'une logique saine (paradoxalement), puisqu'il pose la Compétence et l'Incompétence dans un ordre sain et normal à la base, qui se voit perverti dans son "application au monde du travail" (ou serait-ce au "monde réel" ou "nature humaine"?).
Tiens, encore un autre genre de piste, encore dans l'esprit de collectivité pervertie dont je tente de m'approcher ici: Le mécanisme bien connu et typique, qui consiste à économiser les bouts de chandelle à longueur d'année dans un immobilisme total, puis soudain, en décembre, à tout gaspiller dans un honteux et écoeurant gâchis, pour la seule raison que "s'ils s'aperçoivent que nous pouvions économiser, notre prochain budget risque de ne pas être calculé à la hauteur du précédent" (avec ce fameux "ils" qui représente bien entendu d'autres maillons "quelque-part", tout aussi incompétents à vérifier comment on n'ose jamais aucune innovation de toute l'année, pour par contre terminer en un gâchis révoltant pendant les deux dernières semaines).
Cette fameuse "gauche" que j'aime et dont j'ai souvent besoin, et dont aussi je me réclame dans certaines situations, la voilà dans toute son horreur quand il s'agit de travailler concrètement c'est-à-dire en se responsabilisant. "Etre de gauche"? Si on voulait se définir honnêtement, on saurait, on oserait, accepter les deux côtés de la médaille, pas seulement le plus avantageux. Idem pour la droite bien évidemment.

. Oui, Axel, la "naïveté" est une qualité essentielle dans la recherche. Etre "formé", c'est être "déformé" . C'est aux naïfs qu'il appartient de trans-former les dé-formés. . Je suis moi-même un naïf. Je n'ai fait des études supérieures complémentaires que tardivement, alors que j'étais depuis longtemps "irrécupérable". Je n'ai passé mes examens qu'en disant exactement ce que les examinateurs voulaient entendre. . jpylg

"Il faut protéger les forts contre les faibles" Peut-être, je ne vais pas dire que cette assertion est fausse mais, pourquoi?

Surtout, qui protège les uns contre les autres ? (réponse marxiste: l'Etat de classe)

. @ Vincent (complément sur la "ré-incarnation-réminiscence") . C'est le christianisme qui a fait de Platon un auteur "rationnellement correct". C'est, en réalité, un ésotériste. Il passe d'ailleurs pour un élève de Pythagore (sans que l'on en soit sûr). Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ses héritiers du IVème siècle, les néo-platoniciens (Plotin, Porphure, Jamblique, etc) sont des ésotéristes. Le christianisme les laminera. . Donc les théories boudhistes orientales auraient pu faire partie de l'héritage occidental, si les choses avaient autrement tourné. . Pour en revenir à Platon, c'est dans "Ménon" qu'il développe sa théorie de la réminiscence, en liaison avec une réflexion sur l'apprentissage. . J'ai trouvé quelques bonnnes pistes sur Internet : . jpylg --- http://www.universitethomiste.com/philosophie/PLATON/menoncommentaire.html Le thème fondammental de cet extrait porte donc essentiellement sur cette question : y a-t-il vraiment dans l'âme des idées innées de tout objet intelligible ? La théorie de la réminiscence constitue la réponse à cette problématique. L'homme a déjà en lui toutes les vérités, mais il l'ignore. Les opinions vraies sont à l'intérieur de l'âme avant même qu'elle soit ralliée à un corps ; et ces opinions sont suscitées par une interrogation et une stimulation constante permet que ces opinions vraies deviennent des connaissances. Ces opinions vraies, en tant qu'elles sont dans le sujet, ont dûes être de tout temps dans l'âme humaine, du temps de sa vie terrestre et du temps de sa vie non terrestre. C'est le point le plus subtil de la doctrine de la réminiscence de Platon, car c'est le point qui inclut nécessairement l'immortalité de l'âme. Il n'y a donc aucune différence entre se re-souvenir et apprendre ; l'âme connaît déjà tout et l'ignorance n'est qu'un oubli. Il y a effectivement dans l'âme humaine des idées innées.

@jean_paul_yves_le_goff C'est déjà dans Socrate, qui a été le maître (à sa façon socratique) de Platon, pas forcément besoin d'aller chercher Pythagore -ce qui par ailleurs ne me dérange nullement. En effet le "gnoti se auton" de Socrate (connais toi toi-même) a été entendu à tort comme une maxime morale alors que c'est un précepte scientifique : connais-toi toi-même car la vérité de l'univers est en toi (et non pas simplement ta "vérité" comme sujet). Ce qui me laisse songeur, c'est que ce mode de connaissance n'est pas du tout en contradiction avec l'élaboration du corpus mathématique...qui lui-même arrive à rendre compte de différents plans de réalité (Euclide, Lobatchevsky,Riemann…) Il y a plus de choses sous le ciel…

. D'une part, Socrate, c'est Platon; dans la mesure où (deux autres sources très secondaires, on ne sait rien de Socrate qui n'a lui-même rien écrit). . Quant au "Gnôthi se auton", il s'agit - sauf erreur, - du début d'une inscription qui se trouvait au-dessus du fronton du temple de Delphes et qui, dans son entier était : Connais-toi toi-même et tu connaitras l'Univers et les dieux." . L'idée, qui fera fortune est celle de la correspondance analogique entre le macrocosme et le microcosme. . Science et sagesse ne sont pas distinctes, au temps de Platon, comme nous les distinguons aujourd'hui . jpylg . PS J'ai l'impression qu'on s'éloigne pas mal de la gauche et de la droite.

Pas tant que ça. La gauche a besoin de sagesse et la République de savants.

Très juste, cher Melchior ! Soeur Emmanuelle, qui n'était ni de droite ni de gauche, déclarait que sagesse était source de foi. Et Pierre Curie, mari de Marie, qui avait travaillé en physique sur la dissymétrie droite-gauche, goûtait les ferveurs de sa savante. Moël Jartin

Vous avez raison, Γνῶθι se transcrit plus fidèlement par gnôthi. Je sais bien que Socrate n'a pas laissé d'écrits et que nous ne connaissons ses propos que par Platon, avec ce que cela implique d'incertitude. C'est ainsi que nous pouvons savoir ou croire savoir que Socrate avait fait de la formule de Delphes sa propre devise... Un petit a parte entre compagnons de curiosité ne peut faire de mal à personne et permet à Melchior de nous régaler d'une de ses reparties.

@Farid Pour répondre Farid à votre demande de précision sur « la réalité », je voudrais d’abord évacuer le recours aux discours économistes que vous invoquez. La séquence que nous vivons ne donne à mon avis qu’un droit aux économistes, celui de se taire. La formule est violente certes, j’y reviendrais. Prétendre que la croissance des 20 ou 30 dernières années a réduit les inégalités procède d’une imposture insupportable. Je vous renvoie aux publications d’ « Alternatives économique » pour aller à la source. Car en réalité c’est exactement le contraire qui doit être observé, jamais les inégalités n’ont été aussi grandes, entre les plus riches et les plus pauvres au sein même des sociétés ou des nation et entre les nations elles mêmes (il en était question pas plus tard qu’hier soir chez Taddéi sur France 3. Le discours des économistes procède d’abord et en réalité d’une confusion volontaire entre enrichissement et réduction des inégalités. Nous avons convenu dans notre échange que la réduction des inégalités était au cœur d’un engagement de gauche, dont acte. Et conclusion, un raisonnement construit sur le seul constat de l’enrichissement d’une société prise dans sa globalité n’a aucune valeur s’il n’est pas assorti de considérations sociales et politiques. Les économistes bien évidemment arguent de la prétention au statut de science de leur spécialité pour refuser d’entrer dans ces considérations non scientifiques et « bassement politiciennes ». Se faisant, ils ne font en réalité que cultiver l’émiettement de la pensée qui les légitime et ne disent pas la réalité. C’est en gros toujours le problème avec les spécialistes de quelque chose. Je pense qu’il faut faire le crédit de la bonne foi à la plupart d’entre eux, il n’en reste pas moins qu’ils ne nous sont d’aucun secours, pris chacun isolément dans son domaine de compétence. Un spécialiste ais-je envie de dire n’est intéressant qu’à la condition d’être humble avant d’être spécialiste. C'est-à-dire de se taire et d’écouter, tout simplement pour prendre le souci de comprendre en quoi sa parole est sollicitée, dans quelle mise en perspective ses connaissances sont convoquées, avant d’apporter sa contribution. Alors, non la dictature des spécialistes, ou des experts, n’est pas symptomatique d’une hypothétique victoire idéologique de la droite, bien au contraire, elle est le reflet de ses erreurs catastrophiques, engendrées par le nihilisme fondamental auquel sont adossées les idéologies de droite, et qui consiste à réfuter l’aptitude des hommes à construire collectivement leur avenir. Autrement dit ces idéologies fatalistes qui refusent l’humanité, ou la promesse d’humanité qui est dans l’homme. Et pour en revenir à « la réalité » et à la « confrontation au réel », il me semble que nous pourrions convenir qu’il ne s’agit de rien d’autre que de la représentation rationnelle du réel et de la mise à jour incessante de cette représentation par l’exercice rationnel. Ce qui ne veut pas dire représentation et actualisation objectives. Je veux dire par là qu’on ne peut être objectif que de son propre point de vue. C’est donc bien « le point de vue » qui est en question, et pas le principe d’objectivité. Ceci m’amène à faire un petit retour vers le principe dynamique, pour émettre l’idée que « la dynamique » au plan anthropologique pourrait se situer, ou, être définie par, la mobilité du point de vue. De là les questions : y a-t-il mobilité sur un seul ou plusieurs axes ? et dans une seule ou les deux directions (régression ou progression) ? ou bien faut-il considérer en trois dimensions, une mobilité ascensionnelle le long d’une spirale ? J’opte pour cette dernière. Mais là, on commence vraiment à se prendre le choux (pardonnez moi).

Le chou. (re pardon)

@Jean-Claude Charrié Si on doit passer par de la géométrie dans l'espace je suis obligé de lâcher la rampe, à mon grand regret (me manque la case…) Cela dit, je vous écoute avec avidité. PS où en êtes vous avec la technique dans Médiapart (italique, blog, contacts…) ?

Pas bien loin, mais je progresse. Je partageais l'envie manifestée par plusieurs d'ente nous d'engager un échange plus circonstanciel et circonstancié, aux prises avec l'actualité immédiate, et me suis donc mis en peine de rédiger une introduction pour un nouveau fil. Chose faite et après consultation de notre ami Farid auquel en l'occurrence la préséance est due, j'ai donc réussi, un peu par miracle je dois dire, à ouvrir mon blog par ce forum sous le titre: Quel projet de gauche aujourd’hui ? Sa présentation n'est pas à la hauteur de mes espérances, mais c'est sans importance, à chacun sa géométrie. Je ferai mieux la prochaine fois.

bug

La séquence que nous vivons ne donne à mon avis qu’un droit aux économistes, celui de se taire. Absolument d'accord. . Et le droit de se taire à ceux qui prônent la "gauche" comme salut, et ont oublié d'aller faire un tour dans les quelque 40 ans de "socialisme réellement existant" à l'Est de l'Europe. . Sur ce site, on zappe toute une partie du monde, on refuse de regarder les réalités en face. . Il n'y a aucune "idéologie" qui soit meilleure que l'autre. . Il faut avancer, innover, comme le fait l'humanité depuis des millénaires, sans revenir à des idées des siècles passés, car toutes ont démontré leurs limites. . La théorie c'est bien beau, mais il faudrait - en la formulant - ne pas perdre des yeux des réalités vécues au siècle dernier sur notre Continent. Je sais bien que la partie orientale de notre continent a été totalement occultée dans l'Enseignement en France, c'était trop "loin". . Triste de tourner ainsi en ronds idéologiques...

"ceux qui prônent la "gauche" comme salut, et ont oublié d'aller faire un tour dans les quelque 40 ans de "socialisme réellement existant" à l'Est de l'Europe."(Etoile) Qui, ici, au moins parmi les participants à ce fil : - soit pense que les "40 ans de "socialisme réellement existant" à l'Est de l'Europe" ont été réellement du socialisme ? - soit défend une reprise des " 40 ans de "socialisme réellement existant" à l'Est de l'Europe", et leur extension au monde ?
Je réponds pour moi,: A mon avis (qui ne date pas de 1989), les " 40 ans de "socialisme réellement existant" à l'Est de l'Europe" ont été 40 ans de capitalisme d'Etat et de dictature bureaucratique. Quand je discute sur "Qu'est-ce qu'être de gauche", je n'ai pas en tête ces expériences là, pas plus aujourd'hui qu'hier.

Quelle patience Fantie ! Bien sûr que personne ici n'a "en tête ces expériences là, pas plus aujourd'hui qu'hier". On se demande bien quel plaisir masochiste la pousse à ferrailler sur ce fil qui ne la concerne pas puisque pour elle, comme pour la plupart des gens de droite, gauche et droite n'existent pas. C'est à se demander si elle ne viendrait pas nier l'existence du choux à la crème et du baba au rhum si par hasard quelqu'un se demandait quel est le meilleur des deux. Mais si j'interviens ici c'est pour pointer du doigt une connivence partielle entre Mme 66 et Melchior G.-L., lequel semble ne pas vouloir accorder l'étiquette de gauche à tout ce qui se trouve à la gauche du PS, n'y voyant-là, lui aussi, que des adeptes du goulag, du polpotisme ou je ne sais qu'elle révolution culturelle à la chinoise. Ne faudrait-il pas accorder nos violons pour au moins nous entendre sur quels partis (ou mouvances) sont ou ne sont pas à gauche, même si c'est une autre façon de se poser la même question : "Qu'est-ce qu'être de gauche ?", et ne pas tourner en rond en donnant des réponses trop discriminantes ou même inconciliables ?

Que signifie "à gauche du PS" ? Les "adeptes du goulag, du polpotisme ou je ne sais qu'elle révolution culturelle à la chinoise." sont-ils des gens de gauche, à votre avis ? Et ceux qui ont des complaisances pour eux ? Tenez-vous Staline pour un homme de gauche ? Et Khadhafi ? . Ce n'est pas moi qui dénie aux autres courants de gauche que le mien le droit de se dire "de gauche". C'est eux qui bien souvent ne me reconnaissent pas de gauche; ne renversons pas les rôles. Moi je leur propose l'unité, parce que je suis pour l'unité de toute la gauche. Et eux me la refusent, parce qu'ils estiment ne pas devoir se compromettre avec moi. Le peuple décidera. . Sur le fil de commentaire du billet "quel projet de gauche aujourdhui ?" j'amorce un embryon de typologie des familles de la gauche, on peut s'y reporter et l'enrichir...

AVIS A TOUS Jean-Claude Charrié a posté un billet sur son blog dont le titre parle de lui-même : Quel projet de gauche aujourd'hui ? C'est ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-claude-charrie/130209/quel-projet-de-gauche-aujourdhui

Je voudrais revenir sur ma dernière contribution pour corriger une erreur de perspective qui m’est imputable concernant la victoire ou non de la droite au plan idéologique. J’avoue n’avoir abordé cette question que sous l’angle des fondements "philosophiques" et n’avoir exprimé de réponse que de ce seul point de vue. Et de ce point de vue je la maintiens. Du point de vue pragmatique des résultats électoraux il en va bien sûr tout autrement. Et c’est pourquoi je dis qu’il y a lieu de réarmer le projet humaniste.

"Réarmer le projet humaniste", c'est ce à quoi s'emploie Vincent Peillon dans LaRévolution française n'est pas terminée. Le double échec du collectivisme et de l'ultralibéralisme ouvre la voie à un retour en force du socialisme humaniste.

Je ne l'ai pas lu, je n'en ai entendu que tu bien, le titre n'augure rien de "mal " ... pourquoi pas. Difficilement conciliable toutefois de prétendre contribuer à une reprise idéologique à vocation réunificatrice et simultanément de s'engager autant dans une dynamique partisane construite sur l''affrontement d'ambitions personnelles. J'ai du mal à suivre.

Diriez-vous que le débat De Gaulle - Giraud, en 1943, était un "affrontement d'ambitions personnelles" ? Ce qui compte, c'est le projet: pour le peuple de gauche: remise en mouvement ou immobilisme. Réarmement théorique et politique ou retour aux petites marmites dans un petit coin où mijotent de petites soupes maigres et aigres.

Désolé, mes connaissances sur le débat De Gaulle-Giraud de 1943 étant nulles je ne peux répondre à la question. Pour le reste, peu d'objection si ce n'est qu'à mon avis il n'est pas rationel de vouloir en même temps porter ou initier une dynamique de régénération, et de s'inscrire dans une tradition qui lui fait obstacle, ou procède des mécanismes que cette régénération est censée permettre de dépasser.

A propos de l'individualisme et pour poursuivre. L’individualisme conduirait-il à la fin de la démocratie en ruinant les corps intermédiaires (syndicats, associations, partis politiques), indispensables au dialogue civil, à la formation de la demande sociale et à l’expression politique de cette demande? C’est en gros la question à laquelle je parvenais en conclusion d’une intervention dans la discussion ouverte sur mon blog « quel projet de gauche aujourd’hui ? » Cette question trouvant à mon avis mieux sa place ici, en cohérence avec les thèmes de nos précédents échanges, je vous soumets les quelques réflexions qui suivent. Une réponse négative semble devoir s’imposer et confirmer qu’individualisme et engagement de gauche ne sont pas compatibles. Au panthéon des valeurs de gauche, solidarité, égalité en droits, équité en traitement ne font à l’évidence pas bon ménage avec l’individualisme aujourd’hui triomphant. Et, selon une tradition maintenant bien établie, les « gens de gauche » sont les premiers (pas toujours les seuls) à déplorer la perte du lien social, le délitement des solidarités, la disparition des militants (associatifs, syndicaux et politiques) tandis que l’individualisme galopant serait le symptôme du triomphe de l’égoïsme, du consumérisme cynique et de l’inhumanité … de droite. Et finalement il n’y aurait rien d’autre à faire que s’adapter et intégrer l’idéologie de l’offre dans les projections de gauche pour répondre à la demande d’électeurs définitivement convertis en consommateurs. J’ai essayé un peu plus haut dans se fil de dire en quoi il me semble que cette approche de l’individualisme n’est pas satisfaisante car elle procède de la mutilation de l’espérance humaniste et universaliste originelle par le matérialisme marxiste à double titre : par la négation de la promesse d’humanité qui est en l’homme et corollairement par le rejet de toute réalité qui ne serait pas matérielle. La définition négative de l’individualisme, à mon avis trop facilement partagée comme une évidence, est je pense en effet un héritage de cette mutilation. L’humanité qui est en l’homme, qu’est ce à dire ? Je pense par exemple à la spiritualité (et je ne dit pas religiosité), je pense encore à la créativité ou à la sensibilité et au rêve. Et le désenchantement du monde que Marcel Gauchet imputa à la fin des religions, me semble en fait beaucoup plus imputable à cette mutilation de l’homme par lui-même. Mutilation dont les effets dévastateurs ont été démultipliés par le fait qu’un individu n’avait plus désormais de réalité qu’en tant que membre de sa classe d’appartenance, et que seul pouvait être rationnel le réalisme et qu’il n’était de réalité que matérielle. Tragique ! Alors se pose une autre question : est-il possible de faire une autre interprétation de l’individualisme ? Une interprétation plus conforme à une espérance de gauche ? Il me semble que oui. Il me semble que nous pourrions par exemple y voir, par delà la sortie des religions, une lointaine, et certes encore ténue, réminiscence du « soin de soi » des anciens grecs, c’est si je ne me trompe une propositions de Michel Onfray, elle me convient. Bernard Stiegler ouvre également des perspectives en développant l’hypothèse, que sous le masque de l’individualisme consumériste se cache en réalité la captation par le marché de la libido et par delà, des ressorts de ce qu’il appelle avec Simondon l’individuation psychique et collective, autrement dit de l’émergence du sentiment d’appartenance, des identités et finalement des projections collectives. A creuser d’urgence et toujours, sur la voie du réenchantement.

Sans même avoir recours au réenchantement, pour moi le versant positif de l'individualisme c'est le "je" créateur et créatif. L'individuation de l'adolescent se produit quand il peut revisiter son héritage, à la lumière de ses nouveaux liens et savoirs, pour se "choisir un je" parmi un créneau de possibles. Cette individuation-là est aussi une réponse possible à l'aliénation d'un travail subordonné, à l'aliénation de la dépendance qui assujettit.
Mais comment ces "je" individuels vont-ils pouvoir ensuite être en lien, former des liens sociaux nouveaux ? C'est toute la question d'une éducation ou d'une formation, même orientée vers la créativité, lorsqu'elle est trop individualiste.
Un exemple : nous pouvons former les jeunes à tenir un blog... Et comment se parleront-ils ? Qui ira lire l'autre ? Ne pas oublier donc la formation à la discussion, à habiter des espaces de parole véritablement collectifs.
Autre exemple, pour la formation aux différentes facettes du travail social (dont l'enseignement...), on pourrait penser à une formation "en partenariat".

Fantie, j'en suis ravi nous parvenons à la même conclusion : un projet de gauche, vraiment, ne peut s'organiser qu'autour de la problématique éducative. Tout le reste n'est, si je puis dire, qu'agencement de moyens. Et, à y bien réfléchir, c'est bien là que se situe pour moi la possibilité concrète du réenchantement : l'éducation comme réalité possible de la promesse humaniste portée par la déclaration universelle des droits. L'éducation tout au long de la vie, non pas comme exercice d'entretien de l'employabilité du travailleur (comme voudrait nous le faire admettre y compris nombre de leaders de gauche et la quasi totalité des syndicats), mais comme exercice du soin de soi et conséquemment d'autrui. Je retrouverai l'intervention que j'ai déjà faite au sujet de l'éducation sur ce fil (ou le précédent je ne sais plus) par laquelle je souhaitais initier un échange sur la question et nous avancerons, mais il faudra je crois poser d'abord quelques fondations solides. J'en parle un peu dans ma dernière contribution sur le diagnostic. A bientôt.

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