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La Base élèves, la police et la peste brune

Les craintes au sujet de détournements possibles de la « base élèves » seraient-elles justifiées? Certains pensent qu'elle a permis à la police de localiser et d'interpeller un jeune père de famille chinois en séjour irrégulier.

 

Depuis sa mise en place en 2005, la «Base élèves 1er degré», renseignée pour chaque enfant dès son arrivée en maternelle et pour 35 ans, a soulevé de nombreuses critiques et inquiétudes et des actions en justice, de et contre les enseignants désobéisseurs.

 

Dans un article du 26 mai 2009, Louise Fessard rapporte que si, en principe, "Les données sont consultables en partie par la mairie, en totalité par l'inspection académique. Elles remontent aux rectorats et au niveau national de façon anonymisée.", (...) les détracteurs soulignent les risques de connexion avec d’autres fichiers."

 

Mais les inquiétudes se font jour aussi dans un rappel à l'ordre du comité des droits de l’enfant des Nations Unies. "Après avoir entendu le gouvernement français le 26 mai [2009], le comité des droits de l’enfant des Nations Unies rappelle la France à l’ordre à propos du fichier «Base élèves premier degré». (...) «Les objectifs de cette base de données et son utilité pour le système éducatif n’étant pas clairement définis, le Comité est préoccupé par l’utilisation de cette base de données à d’autres fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière, et par l’insuffisance des garde-fous légaux empêchant son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations», peut-on lire dans les recommandations à la France du comité."

 

Eh bien, à en croire les militants de Vezin le Coquet, une commune de Rennes métropole, la crainte d'utilisation aux dépens d'étrangers en situation irrégulière n'est peut-être pas vaine.

 

Une institutrice d'école maternelle avait inscrit dans la base, comme elle en a l'obligation, deux enfants d'un jeune homme chinois vivant incognito dans la ville. Le 25 janvier 2010, elle reçoit un appel de l'Inspection lui demandant confirmation de l'adresse du père des enfants. Le 26, la police vient arrêter ce dernier, et le préfet lui décoche un arrêté de reconduite à la frontière.

 

La préfecture récuse " [tout] lien entre ce fichier et les renseignements que peuvent obtenir les policiers. Personne ne peut se servir de cette base. Elle est interne à l'école."

 

N'empêche, les voisins s'interrogent.

 

L'histoire est relatée ici et .

 

Martine et Jean-Claude Vernier

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Autre exemple récent de l'extension de la maladie brune.

Une maman sans papiers a été arrêtée chez elle dans le 17ème arrondissement de Paris, dans les circonstances suivantes (témoignage d'une membre du RESF).

"Des policiers de la Goutte d'or sont venus chez elle pour arrêter son fils de 16ans pour un vol de portable (il a été libéré après une garde à vue prolongée).  Ils ont demandé le passeport de l'enfant pour vérifier son identité et ne voulaient pas rendre le passeport. Ils ont fini par le rendre au papa, pendant que la maman était descendue voir son enfant se faire embarquer. Le jeune a dit aux policiers qu'ils laissent ses parents tranquilles et qu'il n'avait pas de problème pour les suivre vu qu'il n'avait rien fait. Ca n'a pas plu aux policiers qui ont plaqué l'enfant au sol, menotté en le bousculant fortement. Comme il est gravement asthmatique, la mère l'a imaginé mourant asphyxié devant elle (elle est très angoissée : pas de papiers, arrestation du fils, expulsion imminente,...) et a commencé à crier. Elle n'a pas insulté les policiers - je la connais, elle vénère la France et tout le reste, son père et grand père ayant fait les deux guerres pour ce pays...

Elle a été arrêtée avec son fils, embarquée pieds nus en tenue de maison. Elle a été frappée pendant sa garde à vue, un policier a mis ses mains à sa gorge et elle a eu le malheur de dire à son fils qu'elle mourait de honte d'être arrêtée, que la seule personne arrêtée de sa famille un jour avait été son grand père par les nazis... Ca n'a pas loupé, une fliquette a pris ça pour elle, et madame est donc jugée pour

- avoir traité la dame de nazie

- avoir résisté avec violence

- avoir fait de grands gestes vers les policiers en criant

- ne pas les avoir laissé faire leur boulot

- insultes

- refus de coopérer

- refus de donner ses empreintes génétiques

et j'en oublie peut-être."

La dame passe au tribunal correctionnel de Paris, 10ème chambre/1 du TGI, mercredi 10 février à 13h30.

 

On aimerait connaître les conclusions judiciaires pour la dame citée ci-dessus (sans guère d'espoir pour ce qui serait d'une justice vraiment juste, je veux dire d'un justice qui ne serait pas inféodée à la police).

On aimerait également savoir les suites de l'affaire de Vezin-le-coquet.

Mais un journal entier suffirait-il à nous renseigner sur les dégâts, en France, de ce que vous nommez justement "une peste brune" ? 

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