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Rétention administrative des étrangers : contrats suspendus par la Justice

Le nouveau marché de l’assistance aux étrangers en voie d’expulsion doit prendre effet mardi prochain, 2 juin. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de décider de suspendre les contrats conclus par le ministre de l’Immigration.

 

Comme nous l’avions raconté dans un précédent billet la Cimade, associée à d’autres associations soucieuses de la protection des droits des étrangers, mène depuis des mois une bataille juridique contre la réorganisation de l’assistance aux étrangers dans les Centres de Rétention Administrative (CRA) décidée en août 2008.

 

Tout en faisant en novembre 2008 des propositions concrètes.

 

Un premier jugement avait obligé le ministère à modifier son appel d’offre mais, en février 2009, le Conseil d’Etat a rejeté le recours en référé déposé par l'ACAT-France, l'ADDE, l'Anafé, le Comede, ELENA-France, le Gisti, la Cimade, la LDH, le SAF et le Secours catholique, demandant la suspension en urgence du décret relatif à la défense des étrangers en rétention du 22 août 2008. Début mai 2009, alors qu’un recours pré-contractuel introduit par la Cimade pour contester " la réduction des droits des étrangers, l’émiettement et la dénaturation de la mission associative de défense des droits des étrangers en rétention" était en cours d’examen par le tribunal administratif de Paris, les contrats étaient signés par le ministre, sans attendre l’audience supplémentaire prévue !

 

La Cimade se préparait à quitter 13 des 22 centres de rétention administrative où elle a exercé, depuis près de 25 ans, une mission d’aide à l’exercice effectif des droits des étrangers, et à se replier sur les trois lots (sur huit) qui lui avaient été attribués, la couronne sud-ouest/ouest/nord-ouest de l’hexagone et le Mesnil Amelot, au pied des pistes de l’aéroport Charles de Gaulle. Elle a tenu à informer les retenus de ce départ et des conséquences que cela pouvait avoir sur leurs droits, et à leur témoigner leur soutien dans et hors des centres de rétention. Ils ont pour cela rédigé et distribué une lettre ouverte en français, anglais, arabe, espagnol, italien, portugais et russe, qui n’a pas pu être distribuée dans les CRA…

 

Elle organise aussi une série de mobilisations pour la journée du 2 juin.

 

Il restait encore à juger un recours ‘’post-contractuel’’ sur une argumentation semblable. La décision vient de tomber, selon le Communiqué de la CIMADE :

''Rétention administrative : Eric Besson doit ouvrir d’urgence une concertation avec les associations de défense des droits des étrangers.

Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a décidé de faire droit à la requête de la Cimade en suspendant les contrats conclus, dans la précipitation, le 10 mai, par le ministre de l’Immigration.

La Cimade prend acte avec satisfaction de cette décision de justice.

La Cimade demande au ministère de l’Immigration d’ouvrir de toute urgence une concertation avec les associations de défense des droits des étrangers, afin de dégager une solution permettant de garantir et de maintenir une réelle assistance juridique aux étrangers placés dans les centres de rétention administrative''.

De quoi motiver pour les rassemblements pour du 2 juin.

 

Saluons au passage une autre décision de justice en date du 28 mai : la 13e cour d’Appel de Paris a relaxé l’association Droit Au Logement qui avait été condamnée en novembre 2008, par le tribunal de police, à une amende de 12 000 euros, et à la confiscation de 318 tentes et de matériel de couchage, lors du campement des 374 familles sans logis de la rue de la banque, entre octobre et décembre 2007. Plus de détails ici .

 

Et, toujours dans la même semaine, la libération de Julien Coupat.

 

Martine et Jean-Claude Vernier

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Tous les commentaires

De bonnes nouvelles donc, transitoires peut-être, mais bonnes quand même.

"Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a décidé de faire droit à la requête de la Cimade en suspendant les contrats conclus, dans la précipitation, le 10 mai, par le ministre de l’Immigration. " Il y a des jours où même le peut-être transitoire, provisoire, fait une musique à contre-temps. Celle de la justice qui peut exister encore en France, dirait-on.

Après avoir posté mon commentaire sur votre précédent billet, j'ai découvert celui-ci et je me permets de l'éditer ici également où il me paraît dans la continuité de votre propos. . à propos... Finalement les "méthodes de voyou", comme le dénonçait le secrétaire général de la Cimade, Laurent Giovannoni, n'ont pas payé, et le juge des référés du tribunal administratif a suspendu la signature du Ministre, monsieur Besson et prononce ainsi un véritable camouflet, qui est aussi un avertissement à la politique du gouvernement et de son serviteur-zélé. Et encore plus important, le fait que le Tribunal indique dans son ordonnance que les prestations «fixées par le ministre de l'immigration, ne permettent pas d'atteindre, dans son intégralité, l'objectif fixé par législateur», reconnaissant ainsi le bien fondé des critiques qui soulignent la régression des droits pour les personnes en centre de rétention. * Contrairement aux informations voulant faire passer l'opposition de la Cimade pour une réaction à la fin «du monopole d'intervention», l'Association a demandé, dès samedi soir «au ministère de l'immigration d'ouvrir de toute urgence une concertation avec les associations de défense des droits des étrangers, afin de dégager une solution permettant de garantir et de maintenir une réelle assistance juridique aux étrangers placés dans les centres de rétention administrative». ** Sur France-Inter, lors de l'émission "Dimanche soir politique" d'i-Télé, monsieur Besson ne peut que reconnaître les conséquences de sa manoeuvre: «Je vais proposer à la Cimade de signer une convention avec elle prolongeant de trois mois son action afin de permettre que les étrangers en situation irrégulière soient toujours suivis, accompagnés» en ajoutant «Je ne reproche rien à la Cimade. Elle fait du bon travail.» Merci pour votre utile démarche d'information permanente.

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