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Le fils du ciel et le toit du monde
Alors que les médias en sont pleins, on voit peu de lecteurs/membres participants de Mediapart soumettre à ce Club des opinions ou des interrogations sur le débat en cours depuis la mi-mars à propos du Tibet et de l’attitude que doivent adopter les Occidentaux à l’occasion des jeux Olympiques qui lui sont peu ou prou liés désormais. On se refuse à croire, pourtant, que cette retenue résulte d’un désintéressement vis-à-vis de cette crise précipitée par un regain de violences, sur ce qu’il est convenu d’appeler « le toit du monde ». Les lignes qui suivent n’ont pour but que de sonder cette audience en soumettant à sa réflexion quelques idées qui n’engagent que leur auteur. Celui-ci s’engage en retour à lire attentivement les réactions qu’elles susciteront pourvu qu’elles évitent de répéter les clivages simplistes – et connus – dans lesquels militants pro-Tibet et sympathisants pro-Pékin ont enfermé en boucle la question tibétaine ouverte voici 58 ans.
Les violences intervenues au Tibet (au sens large et ancien comprenant les régions à fonds culturel tibétain prédominant passées dans le giron de provinces chinoises limitrophes de l’actuelle « région autonome » définie par Pékin) depuis mars sont les plus intenses enregistrées dans le secteur depuis 1989, voire depuis 1959. Avec celles intervenues depuis peu dans des zones musulmanes turcophones de l’ouest du pays, si l’on considère la République populaire de Chine dans son ensemble, il semble d’ores et déjà établi que nous sommes en présence d’une agitation sur une échelle telle que le pays n’en a pas connu (et cela toute proportions gardées) depuis la « révolution culturelle » des années 1966-1969. Cette agitation dépasse en ampleur tous les soulèvements localisés qui ont été signalés au cours des dernières années, portant notamment sur des spoliations diverses imputées à l’Etat ou à ses représentants locaux par des villageois ou des ouvriers, ou encore les mouvements de colère sporadiques de telle ou telle peuplade de l’empire.
Le seul phénomène d’ampleur supérieure qui vienne à l’esprit depuis la mort de Mao Zedong a été l’agitation pro-démocratique du printemps 1989 à l’encontre du régime de Deng Xiaoping. Encore celui-ci n’a-t-il tourné que dans très peu d’endroits à des affrontements brutaux entre manifestants et forces de l’ordre communiste. Tiananmen fut, par sa dimension médiatique en particulier, une exception alors que toutes les villes de Chine connurent des défilés anti-gouvernementaux. Des violences consécutives aux débordements de manifestations, ailleurs qu’à Pékin, n’ont pas donné lieu à une démonstration de blindés sous les fenêtres du pouvoir d’Etat.
Dès lors, l’agitation récente du Tibet et la réponse non moins violente que le gouvernement de Pékin y a opposée, appellent plusieurs réflexions.
Pourquoi maintenant ? A l’évidence, deux agendas se sont télescopés. L’un est traditionnel : les journées avoisinant le 10 mars sont, tous les ans, source de soucis pour le gouvernement chinois, qui entend bien que la pression interne du chaudron tibétain ne provoque aucune oscillation du couvercle chinois. La commémoration du soulèvement de Lhassa de 1959, réprimé dans le sang, est une des dates noires du calendrier des pompiers de l’idéologie et des sapeurs musclés de la police, au Tibet comme partout où se trouvent des communautés de Tibétains en Chine (et dans les Etats himalayens voisins soucieux de maintenir des rapports cordiaux avec Pékin).
L’autre agenda est naturellement la ligne droite menant à l’ouverture des Jeux olympiques en août. Pékin voulait en faire une fête à sa gloire et s’approprier une montée d’adrénaline nationale alors que, sous le tapis lénifiant des proclamations officielles, il est évident depuis plusieurs années qu’on assiste à une poussée des mécontentements sectoriels venant en contrepoint des réussites économiques du pays dans son ensemble. Les excès de zèle auxquels a d’ores et déjà donné lieu cette volonté, ne peuvent aller qu’en s’accentuant au fil du compte à rebours jusqu’à la cérémonie de clôture (et non pas seulement celle d’inauguration comme on feint de le croire ça ou là).
Qu’est-ce que la réaction de Pékin traduit ? Il faut remonter au débat qui a précédé l’attribution des JO de 2008 à la Chine, en 2001, pour répondre à cette question. Et même à l’année 1993 – voici donc 15 ans.
Deng Xiaoping est encore en vie. La Chine a, depuis plusieurs années, posé sa candidature aux JO de l’an 2000. « L’an 2000 » étant alors la date horizon utilisée par la propagande du régime en objectif de mobilisation nationale pour manifester sur la scène internationale une présence chinoise massive, marquant les esprits. Mais la répression de Tiananmen est venue, en 1989, qui a sérieusement écorné l’image du pays, quelle que soit la tentation des milieux d’affaires qui manoeuvrent auprès du CIO pour lui faire attribuer les Jeux. Certes, depuis 1992, Deng, déjà très affaibli physiquement, a réussi à imprimer un nouvel élan de décollage économique après la glaciation générale qui a frappé la Chine en 1989. Mais il en faut un peu plus pour emporter la décision. Un petit effort sur le plan des droits de l’homme, ont soufflé certains à l’oreille de Deng. Le « vieux » a accepté. Il a permis que soit libéré son prisonnier politique personnel, le dissident Wei Jingsheng, six mois avant le terme de sa peine de 15 ans de prison infligée en 1979 pour avoir traité Deng de « nouveau despote » de la même eau que Mao Zedong. Wei, pour sa part, a joué en partie le jeu : « Vas pour les JO », a-t-il dit à la presse étrangère. « Au moins, ça nous fera de l’air », a-t-il ajouté en privé. Mais il a continué à critiquer Deng et le régime pour tout ce qui clochait sur le plan des libertés fondamentales. Le clash est venu dans les premiers mois de 1994. Les Américains commettent une gaffe protocolaire de taille en envoyant leur chargé des droits de l’homme au sein du département d’Etat à Pékin, John Shattuck, pour y rencontrer, dans cet ordre, Wei et le ministre des affaires étrangères Qian Qichen. Les Chinois sont furieux. De son côté, le CIO n’est pas convaincu par Pékin, et attribue les Jeux à Sydney. En avril, Wei Jingsheng est renvoyé en prison.
Il faudra des années à Pékin pour relancer la machine d’une nouvelle candidature, crédible celle-là, à la faveur de sa montée en puissance économique en particulier. Ces performances emportent une adhésion croissante dans les opinions publiques, les regards critiques et rappels de Tiananmen s’estompent derrière les paillettes de la réussite financière et de quelques prouesses techniques (le premier astronaute chinois dans l’espace en fera partie, plus tard).
En 2001, l’heure de trancher est venue : faut-il croire aux promesses de Pékin sur une amélioration des comportements politiques en même temps que des conditions atmosphériques ? Ou rejeter la demande chinoise au motif que les promesses verbales ne suffisent pas ?
Des Chinois pas tous inféodés au régime, loin s’en faut, penchent dans le sens de Wei Jingsheng sept ans plus tôt : pourquoi ne pas prendre Pékin au mot ? Faire passer le test JO en grandeur nature au Parti communiste. L’exercice aura au moins valeur de révélateur. Soit les expériences en laboratoire de participation citoyenne à échelle microscopique dans lesquelles le régime affirme ne plus vouloir s’impliquer et dicter sa loi tendent à se multiplier d’ici 2008 – soit Pékin, face à la montée des revendications, se dirigera vers le mur. « Il n’y a quand même pas 1,3 milliard d’imbéciles en Chine », nous dit l’un, résumant l’enjeu.
Ce qui vient de se produire tend à montrer que, si le pari valait d’être engagé, c’est la deuxième hypothèse qui l’emporte.
- Même si l’on peut raisonnablement penser qu’une partie de la bureaucratie n’est pas d’accord avec les options sécuritaires qui ont mené à l’engrenage de Lhassa et des provinces périphériques du Tibet ;
- même si l’on ignore tout encore, comme le soulignent les envoyés spéciaux du Monde (vendredi 4 avril), des affaires en sous-main qui ont pu se dérouler pour déclencher et surtout, laisser se répandre, la fureur tibétaine ;
- et encore moins de provocations éventuelles du même ordre que celles qui avaient donné lieu, en mars 1989, à un embrasement ayant conduit à l’instauration de la loi martiale à Lhassa pendant plus d’un an, dans une sorte de répétition générale de la crise de Tiananmen à Pékin,
c’est la pulsion forte – on n’ose appliquer le schéma des « tendances » voire des « clans » tant leur existence mériterait d’être démontrée en l’espèce – qui a pris le dessus. Jeux ou pas jeux. Prestige international ou pas. Menaces de bouderie plus ou moins symbolique des Occidentaux ou pas.
Quelle leçon en tirer ? La Chine n’a plus que quelques semaines pour démontrer avec force qu’elle est aujourd’hui capable de résister à la tentation totalitaire et répressive dès que la démangent, sur des nerfs à vif hérités de l’Histoire, les aiguillons de la contestation quand ce que son régime considère comme une question cruciale est dans la balance. En l’occurrence, son « espace vital ». L’expression est utilisée ici à dessein, le seul énoncé de cette thèse sonnant désagréablement aux oreilles européennes mais ayant déjà été formulé en Chine, et dès avant l’ère communiste.
On oublie un peu souvent, s’agissant de cette extrême sensibilité des nerfs chinois sur ces questions, que
- c’est Deng Xiaoping, le grand réformateur des années 1980, qui a donné le Tibet à la Chine de Mao en supervisant sa conquête dans la foulée de la prise du pouvoir militaire du pays par l’armée communiste doublée de son réseau de commissaires politiques ;
- que ni Mao ni Deng n’ont jugé bon de forcer le destin, en revanche, pour récupérer l’autre « province sacrée », Taïwan, toujours de facto indépendante six décennies après la guerre civile, encore que sous la menace des missiles continentaux.
Où sont les nerfs les plus sensibles ?
L’ « expérience JO » est, aujourd’hui, mal partie. La tendance est-elle réversible ? Difficile à dire, mais l’heure n’est plus à faire demi-tour. Reste peut-être à trancher dans le vrai-faux débat sur le degré d’enthousiasme que les démocraties doivent déployer pour des Jeux qui, quoiqu’il arrive, vont voir se multiplier les provocations nationalistes du régime chinois en réponse à ce qu’il considérera comme des provocations adverses « anti-chinoises ». Jusqu’à quel degré se faire plaisir, à qui faire plaisir, en boycottant, en faisant la moue, en risquant l’accrochage ? Quel effet en attendre ? La question est mineure par rapport à la suivante.
En quoi cette affaire tibétaine dépasse en importance le sort des Tibétains ? La Chine d’après-Mao a pris des engagements auprès de la communauté internationale, qui se résument en ces mots : pas d’usage de la force hormis en cas de nécessité vitale, en échange de quoi nous troquons technologie contre main d’œuvre à bas coût. C’est une question de définition de la « nécessité vitale ». Vitale pour qui ? Pour quoi faire ?
Tant qu’un gouvernement existera à Pékin, le fait accompli chinois de 1950 au Tibet ne sera jamais remis en cause. Mais il y a manière et manière, pour faire un Etat digne de l’époque moderne. Au-delà, où se situe la « nécessité vitale » d’une souveraineté intangible sur Taïwan ? Sur des îlots plus lointains des côtes du continent que des pays de la région (Asie du sud-est en Mer de Chine méridionale notamment), quitte, en poussant les feux, à raviver les antagonismes historiques ? Sur des territoires jadis inclus dans les frontières impériales chinoises ou inféodés ?
Avec son propre pays, le gouvernement chinois peut-il un jour envisager un rapport qui ne soit pas celui de la force perpétuellement réaffirmée avec violence au moindre mouvement de grogne ? Face au monde extérieur, peut-il un jour cesser de se cacher derrière des sophismes comme celui formulé par la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Jiang Yu (citée le 4 avril par le Wall Street Journal) : « ce n’est pas parce que nous accueillons les Jeux olympiques que nous ne devons pas maintenir notre pays sous le règne de la loi » ? La porte-parole n’a pas lancé cette pirouette volontairement insultante pour l’intelligence étrangère à propos du Tibet ou du Xinjiang musulman, elle l’a lâchée au sujet d’une autre manifestation de mauvaise humeur pékinoise à quatre mois de la cérémonie d’ouverture des Olympiades de Pékin : la condamnation du plus célèbre activiste actuel des droits de l’homme, Hu Jia, à cinq ans de prison pour prises de positions subversives. Histoire que personne ne se méprenne sur la nature du raidissement de la direction chinoise, façon grand courroux du Trône céleste, alors que l’épreuve olympique approche.
On est loin, là, de débats consistant à déterminer de quelle couleur et de quelle taille sera la banderole à la gloire du Tibet insoumis accrochée sur un bâtiment public au passage de la flamme olympique « chinoise » en route vers Pékin via Lhassa.
FRANCIS DERON


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UNE PRECISION: ce n'est pas à 5 ans mais à 3 ans et demi de prison que Hu Jia a été condamné. Wei Jingsheng l'avait été à 15. L'Histoire progresse.
On peut toujours défaire ce qu'on a fait. Ainsi, aprés avoir donnés les jeux aux Chinois contre une promesse d'améliration des droits de l'homme, on peut ne plus y aller, c'est à dire boycotter. Mais à mon sens, le plus génant pour pékin serait qu'on y aille et que cela provoque des choses. Par exemple, le refus par les télévisions de retransmettre les jeux puisque Pékin, pour éviter toute anicroche, envisage le différé aseptisé plutôt que le direct immaitrisable. La délégation française des athlètes devrait aussi refuser de défiler le jour de l'inauguration des jeux et coudre sur ses maillots un petit drapeau tibétain ou les mots free tibet. Mais rien de tout cela n'aura lieu, on le sait. Nos atlhétes ne sont pas des citoyens mais des machines à concourir qui ont peur de leurs ombres et n'osent qu'un maigre badge proclamant que le monde peut-être meilleur si les valeurs de l'olympisme sont respectés. Autrement dit, si ma tante en avait.... Bref, nous savons que l'Europe, qui sur ce sujet ne s'exprime pas d'une seule voix, ira concourir quel que soit le nombre de morts à Lhassa. Pourtant, même ces petits gestes provocateurs auraient plus d'utilité qu'un improbable boycott que je souhaite personnellement. De quoi se souvient-on en effet des jeux olympiques de Berlin en 1936. Du salut romain ou fasciste (?) des athlétes français, mais surtout du départ d'Hitler de la tribune plutôt que de saluer la victoire du noir Jessie Owen sur cent mètres, si je ne dit pas de bêtises, et en 1968, des poings rageurs levés par les compétiteurs noirs américains proche des blacks panthers engagés dans la lutte antiraciale aux Etats unis. Sur le reste, la chine, le grand empire. C'est comme pour l'URSS. Nous en avons une vision homogène alors que la chine est multiple ethniquement comme tout pays. la dictature du parti sur le prolétariat et l'ultra libéralisme économique en sont aujourd'hui le moyen d'unification. Mais le réalisme économique prend le pas sur les beaux principes démocratiques. La Chine nous a acheté 160 Airbus, 2 centrales nucléaire Aréva, aura sa ligne de montage des A 320, bref entre ultra libéraux, on se comprend. Personnellement, je ne regarderai pas les jeux s'ils sont retrasmis et si nous sommes des millions à faire cela, la pub, l'audience des télés, l'image policée de Pékin, en seront quelque peu troublé, ce dont se féliciteront nos amis les tibétains qui à l'évidence ne sont pas les amis de Bernard Kouchner.
j'approuve à cette proposition de boycott par les téléspectateurs. Agissons nous même au lieu de demander aux athlètes ou au gouvernement de le faire. Rêvons : si des millions ne regardent pas les Jeux, c'est moins de pognon pour le CIO, des pertes pour les entreprises qui exploitent les travailleurs ici et là bas, des pertes pour les publicités achetées très chères et qui ne vaudront plus rien si l'audiance n'est pas au RV, donc les télés se retourneront contre le CIO pour obtenir réparation du préjudice économique. Un engagement par motion des européens pour boycotter les JO de Pekin en ne regardant pas la TV pourrait il être lancé? Pour ma part, je m'engage à ce boycott, bien que portif intéréssé par l'évènement. Citoyens européens, engagez vous.
je dirais même plus : excellent idée !...
Dans ce terrible bras de fer engagé par le pacifismez tibétain contre le colosse chinois tout reste à faire. Personnellement je ne regarderai aucune retransmission,n'achéterai aucun journal sportif et passerai la période des jeux à lire découvrir pour ensuite etre intarissable sur la cause tibétaine. L'enjeu à mon sens est de bannir le sjeux par l'attitude .Combattre les maux par les mots. Pourquoi pour reprendre une idée à la mode n'endosserions nous pas la mémoire d'un des martyrs tibétains. L'idée à mon sens ne pouvant etre proposée qu'à des personnes capables de comprendre donc majeures. Nos athlètes sont timides montrons leur l'exemple quand on veut on peut. POURQUOI NE PAS ORGANISER DES MILLIERS DE PETITIONS POUR CONVAINCRE notre président de tenir une de ses promesses de campagne: etre le president de la république des droits de l'homme. Ledalai lama est GRAND LUI.
Une question : cette analyse très fouillée a-t-elle été proposée au "Monde" ?
Réponse à GEGE: La question est tout à fait pertinente et mérite une réponse tout de suite à l'intention de vous-même et des autres intervenants et lecteurs de Mediapart. L'analyse n'a pas été proposée au Monde car elle n'avait pas à l'être. Je suis à présent chargé par Le Monde de couvrir l'actualité de l'Asie du sud-est et non plus la Chine. Pour Le Monde, deux journalistes en Chine et des envoyés spéciaux s'occupent et vont s'occuper de ce sujet pour les mois qui viennent et je n'ai pas de raison particulière d'ajouter ma prose à leur travail, au risque d'encombrer les colonnes du journal, sauf à ce qu'on me le demande. Ceci étant j'écris et je travaille sur la Chine depuis un peu plus de 35 ans et ai régulièrement apporté des contributions - n'engageant que moi - à quantité de débats publics et travaux d'études sur la Chine moderne - c'est à ce titre, au demeurant, que Le Monde m'a engagé voici 23 ans. Ma place actuelle m'interdit d'autant moins d'observer ce qui se passe en Chine même,qu'une aggravation de la situation dans ce pays, où j'ai passé 14 ans à plein temps professionnellement et que je n'ai jamais cessé de suivre (c'est donc un peu plus qu'un "hobby") aurait des répercussions dépassant largement ses frontières. Merci de m'avoir permis d'éclaircir dès maintenant ce point.
Merci pour cet éclaicissement. J'ai juste été un peu surpris de retrouver "dans les colonnes" de Mediapart et sous la signature d'une "plume" que j'apprécie par ailleurs une analyse qu'il m'eût été agréable de retrouver dans "le Monde" si - et ceci sans entonner un certain discours ambiant - il était resté le quotidien que j'ai connu il y a près de 40 ans maintenant.
Paradoxalement, heureusement qu'il y a ces jeux olympiques en Chine... En effet, pour une fois, l'opinion mondiale peut réagir aux exactions du pouvoir chinois à l'encontre de "sa" minorité au Tibet ; il y a là un levier qui pourrait permettre une ouverture du dialogue entre Pékin et le Dalai Lama, qui ne réclame que l'application de traités chinois qui ont déjà reconnu l'automie du Tibet et le respect de la pratique de la religion des tibétains, une religion qui, elle, prône la non-violence. Pour résumer, les tibétains luttent pour des droits qu'ils ont déjà "formellement"... Il ne faut pas oublier les autres minorités chinoises, ni tous les chinois qui souffrent. Faire les jeux en Chine, ce sera peut-être pour eux une occasion de pouvoir témoigner de leur condition, à la faveur de rencontres rendues alors possibles avec les sportifs et les spectateurs venus du monde entier. Moi aussi, si le gouvernement chinois reste sur cette position "dure" et schizophrène, je ne regarderais pas les jeux à la télévision. Par ailleurs, j'ai été choquée par les propos de M. Mélenchon, qui ne voit dans le Tibet qu'un état féodal arriéré. C'est bien mal connaître l'histoire du Tibet et du Bouddhisme pour faire état de tels arguments. M. Mélenchon, il faut absolument vous cultiver !
Cessons de nous voiler la face. Dire que la présence des athlètes de la planète à Pékin va ouvrir les yeux de qui que ce soit en Chine est une utopie malfaisante. Porter un badge, anneaux olympique plus citation extraite de la charte des JO ne vaut que pour les pays et les citoyens du monde qui connaissent la signification du port de ce badge ! Rien n'empêche les autorités chinoises de diffuser une autre version de la signification de ce signe extérieur de protestation. Reste à savoir contre quoi nous voulons protester ? Si c'est contre les exactions commises au Tibet par le gouvernement chinois....: trop tard; ça fait des années que ça dure et que nous apprenons dans une relative indifférence les recours à la force pour "dé-Tibet-iser", les répressions de manifestations et autres actions présentées par l'ambassadeur de Chine en France comme un devoir de maintien de l'ordre du même type que les interventions policières dans les banlieues en crise face à une minorité conduite par le terroriste qui se cache sous les traits du Dalaï-Lama Si c'est contre le régime chinois totalitaire et non respectueux des droits de l'homme....: trop tard ;ça fait des années que ça dure ( arrestations et emprisonnements, contrôle des médias, censure à tous les étages) et que nous laissons notre "humanisme "dans notre poche pour mieux remplir les portefeuilles de nos entreprises. Si c'est contre la décision qui a été prise par le CIO de donner les JO à Pékin......: trop tard; le comité a assorti sa décision de voeux pieux encourageant la Chine à avancer vers plus de respects des libertés mais depuis 2001 n'a rien regardé, rien exigé, rien contrôlé, rien suggéré pour se trouver maintenant au pied du mur. Oui, utopie malfaisante parce qu'elle donne bonne conscience à la plupart mais qu'elle ne fera en rien évoluer quoi que ce soit en Chine. Utopie malfaisante parce que ce "très petit geste" nous permet d'éviter la question du respect réel des valeurs de l'olympisme dont on nous parle sans cesse mais qui sont vraiment à des années lumière de ce qui anime actuellement les décisions liées cette manifestation. Utopie malfaisante parce que le soufflé une fois retombé la chine continuera à chinoiser et les pays développés à ce plier au nom du CAC 40.
Article fouillé et intéressant. Au-delà du test du gouvernement chinois, un second test est en cours. Celui des gouvernements et peuples occidentaux. Le capitalisme at-il besoin de la démocratie. Ou comme Robert Reich dans son dernier livre le démontre l'hypercapitalisme ne détruit-il pas de fait la démocratie ? Auquel cas la Chine serait simplement en avance...en ayant réalisé la fusion de deux totalitarismes.
dianne "La Chine d’après-Mao a pris des engagements auprès de la communauté internationale, qui se résument en ces mots : pas d’usage de la force hormis en cas de nécessité vitale, en échange de quoi nous troquons technologie contre main d’œuvre à bas coût." Voilà...pourquoi il y aura des JO à Pekin. Il faut bien que la grande foire commerciale des multinationales de la fringue de sport fabriquée en Chine trouve pour une fois une vitrine d'origine ! Quel espace vital pour le fric décomplexé ? Mais la planète entière, bien entendu. En regard de ça les protestations mollassonnes et hypocrites de nos stars du muscle français sont ridicules, voire indécentes : ils ne vont pas mordre la main qui les nourrit fastueusement. Et le sort des Tibétains ? Dégâts collatéraux sans doute....
Pierre Raccurt Les JO auront certainement lieu à Pékin et toute la presse en rendra compte : peut-on suggérer que chaque jour chaque page consacrée aux JO commence par la citation bien apparente de l'un des articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Rien n'interdit à la presse Radio et à la Télé d'enboîter le pas...
L'Histoire et la Géographie de notre Monde sont complexes. Comment nous , petite peuplade dite française pouvons nous encore intervenir dans les grands destins étrangers alors que nous sommes, dans l'ensemble , incapables d'avoir une Vision juste de notre Pays, de Notre Politique. Les Chinois,comme les autres vastes pays de la Planète, ont-ils besoin de NOTRE vision de la Démocratie. Nous les donneurs de leçons sommes nous encore en Démocratie ou sous le joug de ce que Raymond Barre appelait le "microcosme", c'est à dire d'un petit pourcentage "d'élus" ou de technostructure qui accapare tous les pouvoirs. Nous allons de manifestations en manifestations, les grands débats démocratiques se confondent avec les "à vous de juger" ou "complément d'enquête"....... ILsuffit que quelques personnages "forts en gueule" (Cohn Bendit, Ménard, Augustin Laurent.....) lancent de grandes déclarations relayées par des médias en quête de scoops pour ameuter une certaine "classe" toujours prête à manifester. Les grandes manifestations contre le CPE par exxemple n'ont regroupées qu' 1/4 des lycéens et étudiants (du public) recensé ! Combien de personnes s'agitant sur le parcours de la "Flamme Olympique" seraient aptes à situer le Tibet géographiquement, historiquement et politiquement ? Les JO ne doivent pas être boycottés mais au contraire attirer des meutes de journalistes relatant avec le plus d'objectivité possible ce qu'ils voient , ce qu'ils constatent . La Chine "s'est éveillée", raison de plus pour la montrer telle qu'elle est par rapport à ce qu'elle était. Les JO sont une occasion exceptionnelle, en dehors de tout esprit mercantile qui régit ce que l'on appelle encore le Sport, de montrer comment vit , aujourd'hui, une importante partie du Monde , géographiquement, politiquement et aussi , il faut s'y résoudre,économiquement .
"Combien de personnes s'agitant sur le parcours de la "Flamme Olympique" seraient aptes à situer le Tibet géographiquement, historiquement et politiquement ?" Parce que si l'on peut situer le Tibet, cela pourrait justifier que les Chinois oppriment les Tibétains ? Je ne suis pas bien le raisonnement ! "Les JO ne doivent pas être boycottés mais au contraire attirer des meutes de journalistes relatant avec le plus d'objectivité possible ce qu'ils voient , ce qu'ils constatent." Ils ne verront et ne constateront probablement que ce qu'on voudra bien qu'ils voient et qu'ils constatent.
Boycott ou pas boycott ? Tout le tintamarre provoqué en Occident depuis le mois dernier me laisse perplexe. Pourquoi les citoyens occidentaux manifestent-ils ? Pour afficher leur "soutien" et montrer leur "attachement" à la cause tibétaine et aux Droits de l'Homme en général ? Pour "faire pression" sur le gouvernement chinois et sur leurs propres dirigeants ? Quand je vois que la flamme olympique - symbole de paix et d'union entre les peuples à travers le sport - doit être "protégée" par une véritable armée de policiers (pour empêcher des manifestants "pacifiques" de l'attaquer !), je me dis que l'événement a pris chez les populations occidentales une tournure largement symbolique qui échappe à toute explication "rationnelle". Les manifestants trouvent scandaleux que des JO soient organisés par un pays dont le régime est "autoritaire". Ont-ils (et vont-ils) également organiser des "marches blanches" - désormais à la mode - pour que nos entreprises arrêtent tout commerce avec l'Empire du Milieu ? Couper les ponts avec la Chine est-il le meilleur moyen pour que la démocratie avance dans ce pays ? Et si, comme l'indiquait le dissident Wei Jingsheng, organiser les JO à Pékin n'allait pas changer grand chose pour les droits de l'Homme, pourquoi s'opposer avec tant d'acharnement à la tenue de cet événement ? Je pense que la population chinoise dans son ensemble est très fière d'accueillir les JO. Signe que leur pays est désormais "accepté" et "reconnu" par le reste du monde. Comment vont-ils interpréter le fait que les Occidentaux manifestent pour leur retirer ou bouder cet événement ? A vouloir faire pression sur Pékin, c'est probablement l'effet inverse au but recherché qui est en train de se produire. Le gouvernement chinois va retourner la situation en sa faveur pour que souffle (encore un peu plus fort) un vent de nationalisme sur le pays. Au final, on peut donc se demander à quoi aura servi toutes ces manifestations pro-Tibet. Je pense que cette montée de fièvre "anti-chinoise" - même inconsciente - dépasse largement le cadre des JO. Toutes les peurs liées à la mondialisation, l'avènement programmé (et rabâché dans les médias) de cette future puissance mondiale se sont cristallisées autour de cet événement. Peut être suis-je un grand naïf, mais je pense réellement que les Droits de l'Homme en Chine s'amélioreront progressivement avec l'accroissement général du niveau de vie de la population chinoise. Par la durée, grâce à des échanges accrus avec les pays occidentaux, et non en quelques semaines de manifestations non seulement inutiles mais contre-productives.
Après avoir lu ces premières réactions, j'aurais tendance à rejoindre les remarques de Christophe Guguen (pardon pour avoir écorché votre patronyme dans une version précédente) sur l'effet négatif qu'aurait un retrait des JO des Occidentaux (ou des démocraties, moins l'Inde, qui ne suivrait pas, pour faire simple) auprès du public chinois dans son ensemble; et sur l'encouragement qu'y verraient probablement les milieux les plus retrogrades et xénophobes de la bureaucratie "communiste". J'apporterais toutefois des restrictions sur l'effet mécanique "démocratisant" de la hausse du niveau de vie pour deux raisons: 1. il n'est jamais démontrable et ne le sera jamais, et 2. une portion tellement majoritaire de la population chinoise demeure dans une condition de pauvreté telle, et ce pour de longues années, qu'elle formerait le cas échéant, si une telle équation était établie, un réservoir inépuisable de réfractaires à un assouplissement politique. Mais je m'exprimerai peut-être plus complétement sur ces commentaires un peu plus tard si vous le voulez bien. FD
Tout à fait d'accord avec l'analyse de Christophe Guguen. Humilier la Chine en lui faisant perdre la face ne servira en rien la cause tibétaine alors que semble-t-il les chinois se font une fête de ces J.O.
Quels illusions les membres du CIO nourrissaient-ils pour croire aux promesses de la Chine en lui attribuant les J O ? Le problème du Thibet existait déjà, et c'est aujourd'hui qu'on semble le découvrir. Qu'espéraient - ils ?
"trop tard" pour reprendre les termes de Comardine. De plus ce monde est vaste et complexe. Avant tout, il faut s'astreindre à le regarder en face même si notre première réaction est faite de dépit et d'incompréhension. Ne pas regarder la télé lors des JO en guise de protestation, c'est plus qu'un service rendu à sa propre bonne conscience, c'est aussi refuser ce prérequis-là. Regarder en face la dureté du monde qui émerge, alors que chez nous l'aboutissement de la social-démocratie "équilibrée" nous donne à voir des choses plus digestes. Toute cette affaire de JO met en lumière cet effet d'optique du point de vu occidental. Il me semble que nous modifions les choses par le regard. Pourtant il nous faut constater qu'au bout de 50 ans, le problème du Tibet s'est enfermé dans une impasse. Il y a eu des voies de sortie par le passé mais nous n'avons pas été là pour donner l'impulsion tant que c'était possible. Le Tibet forme une entité culturelle forte, fédérée autour d'une religion. Malgré cette base temporelle solide, associée à une identité géographique claire, la réalité du peuple tibétain a volé en éclat dans un phénomène de dilution chinoise. Pardonnez ma question: qu'est-ce que n'a pas fait le Tibet qui lui aurait permis de survivre en tant que civilisation indépendante ? Au niveau de l'organisation de l'état, au niveau du rapport de force (pas forcément incompatible avec la non-violence) avec son voisin, au niveau de la diplomatie internationale? Quid du message envoyé aux observateurs mondiaux lorsque le Dalai Lama a passé 1 an en Chine du temps de Mao avant de comprendre son erreur? On n'est pas sérieux quand on a 17 ans. L'histoire nous apprend qu'il faut faire certaines choses pour survivre en tant que civilisation: s'adapter au monde, se prémunir des ambitions des autres, trouver une place à la croyance dans l'état pour favoriser un minimum de réalisme politique, se doter d'un gouvernement qui sert ces intérêts là. Cela me fait mal d'écrire cela mais... Jamais le Tibet n'a semblé vouloir évoluer dans ce sens. Au contraire, la strétégie du Dalai-Lama semble s'être basée sur une seule idée, malheureusement fausse. Celle que le boudhisme, alors à la mode d'ailleurs, serait toujours sauvé par l'occident car il est une voie de retour à la sagesse pour celui-ci après le coup de balancier matérialiste. En faisant cela, le Dalai-lama confondait déja boudhisme et état thibétain et d'autre part, sous-estimait la propension de l'occident à s'embarquer toujours plus loin dans le vide, et à regarder sans sourciller les âmes s'évaporer au dessus de temples bouddhiques en format jpeg de vacances. En somme, le Dalai-lama, le Tibet ne se sont-ils pas trompés? Certes, le réveil de la Chine, la marche de l'histoire sont d'une dureté implacables... (C'est dur de passer sa vie dans ce monde. A t'on le choix?) Encore faut-il l'admettre, et si la ligne de vie du Tibet suit la croyance, l'esprit, le rôle d'âme du monde, en refusant la base besogne de s'organiser pour défendre son existence, il fallait demander un statut de type Vatican et se déclarer d'intérêt public de l'humanité... De tout mon coeur je voudrais que le Tibet soit sauvé, comme je regrette la riche multiplicité des cultures d'avant la révolution industrielle, mais de nos jours la naïveté se paye cher, hélas.
Vous avez écrit : "on voit peu de lecteurs/membres participants de Mediapart soumettre à ce Club des opinions ou des interrogations sur le débat en cours". A mon humble avis : le sujet est éminemment complexe, le fil de votre article en témoigne. Les risques d'européo-centrisme face à l'évolution du géant chinois plusieurs fois millénaire sont forts, avec risque d'impuissante indignation. Compte tenu des problématiques géo-politico-économiques, et des intérêts à la dimension de ce pays, les risques de manipulation de l'opinion, par instrumentalisation, à des buts non identifiés, sont de premier ordre. Si je ne regarde pas la Télévision pour les jeux, comme quelques uns des lecteur de Médiapart, la masse de nos absences ne pèsera pas lourd face aux habitudes dominantes de consommation télévisuelle. Je crois en revanche que si la communauté d'information de Mediapart peut prendre forme et gagner en expérience, à l'occasion de cet évènement d'importance mondiale, c'est par un niveau d'information et de prise de sens au dessus de la mélée. Je serais très intéressé à être tenu informé de l'évolution des opinions publiques nationales des européens, des russes et des américains, des pays asiatiques. Et de l'évolution de la position de leurs gouvernants. Cette analyse continue et quelques interprétations d'étapes donnant du sens aux gesticulations, nous permettrait-elle d'émerger de la mer mouvante des informations sans lendemain ? Et de donner du sens à l'évolution des rapports de force en jeu ? Qu'en pensez-vous ?
Bonjour à vous ! _______ Boycott ou pas boycott ? Le boycott des cérémonies d'ouverture et de clôture de la part de l'Europe - et de la France en particulier -devrait suffire à créer la bonne distance entre l'esprit des Jeux et l'organisateur de ces mêmes Jeux, à savoir : l'Etat chinois. Un boycott des Jeux eux-mêmes serait contre productif ; il réveillerait le nationalisme chinois et isolerait l'Europe et la France de ce peuple qui, massivement, soutient les Jeux. Aucune nation ne sacrifiera ses athlètes pour le Tibet (et aucun athlète ne se portera volontaire) ; inutile donc pour l'Europe et la France de jouer les Don Quichotte en courant le risque de l'isolement diplomatique, sportif, politique et culturel. En revanche, c'est au CIO de faire pression sur l'Etat chinois afin qu'il respecte tous les engagements qu'il a pu prendre auprès de ce comité en se portant candidat et plus encore, en remportant la candidature de ces Jeux. Le CIO doit faire preuve de fermeté, même si les enjeux financiers sont colossaux pour ce comité. ________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
Mémorable journée en France pour la défense des droits de l'homme! et dans le monde! Merveilleuse démonstration de nos capacités de résistance! Est-il besoin d'aller chercher à plus de 10 000km une nécessité de crier " ça suffit!" N'y a-t-il pas d'autres leçons de démocratie et de pacifisme à donner plus proches de nous! L'Irak, la Tchétchénie,la Palestine attendent leur tour et à nos portes les milliers de travailleurs étrangers expulsés par notre gouvernement Merci au peuple tibétain d'avoir ranimé la flamme de tous les opprimés!
Comme beaucoup je m' interroge sur les résultats de ces manifestations; la Chine risque de durcir ses positions, en présentant à son peuple les tibétains, et ceux qui les soutiennent, comme des agitateurs et des provocateurs irresponsables. Mais même si c' était le cas, est-ce que le fait de ne pas réagir et ainsi de donner raison à la Chine, n' aurait pas abouti à la même chose? J' ai l' impression d' une impasse. Alors finalement c' est très bien, autant faire connaitre son opinion, son attachement aux droits de l' homme, le Tibet étant ici un symbole des minorité opprimées, face à un autre symbole celui qu' auraient dû être les JO, celui de la paix dans le monde, du respect des valeurs humaines !. Aurait-il fallu ne pas dénoncer cette mascarade ? le fait que ce que compte pour le CIO, les gouvernements, c'est de préserver les bonnes relations et des contrats juteux avec ce pays dont l'économie explose? que les droits de l' homme passent loin derrière? Cette forte protestation n' est -elle pas aussi le résultat du ras le bol de certains de nos concitoyens qui constatent cette soumission de plus en plus grande de notre pays aux intérêts économiques? Ils avaient l' habitude de se considérer dans un pays qui respectait les droits de l' homme et dont les valeurs affichées aux yeux du monde étaient : "liberté, égalité, fraternité". A l' intérieur, la liberté d'expression de la presse est en recul, la façon dont sont traités les sans papier est révoltante....C' est formidable que certains continuent de crier ces valeurs malgré le déploiement des forces de police. Je me pose deux questions : -en dehors des périodes d' agitation, , les tibétains subissent une oppression au quotidien; de quoi vivent-ils, dans ces changements qu'on leur impose? (surtout les moines) -vous avez évoqué Taiwan; je n' ai pas vraiment compris pourquoi ce pays n' avait pas subi le même traitement que le Tibet; est- ce qu' il y a un danger pour son avenir ?
Je fais partie des 38 % de français contre le Boycott.. Mieux, je pense que le Thibet doit rester chinois et que le dalai lama est un vieux con persuadé qu'il va se réincarner (en dalai lama bien sûr pas en crapaud !) Sa légitimité pour devenir dirigeant du Thibet est la même que celle de l'archevêque de Paris, du grand Rabin, du recteur musulman ou d'Olivier Besancenot pour gouverner la France. A l'heure de la mondialisation, le désir de minorités nostalgiques de vouloir leur indépendance est pathétique (Guyane, corse, Bretagne..), sinon néfaste (Iles Caiman, Panama, Monaco, Lichenchtein, Andorre Vatican etc…) et le nombre de farfelus messianiques innombrable! La Chine ne s'est jamais prononcée sur la répression des basques de l'ETA en Espagne ou des Corses du FLNC en France….. Faut-il boycotter Jerusalem parce que les israéliens massacrent des Palestiniens Faut-il Boycotter La Mecque parce que Houssama Benladen Délire Faut-il boycotter Téhéran.!haut lieu touristique des agences de voyage françaises ..parce que le président iranien est dingue ? Faut-il boycotter la région Charente-Poitou parce que Ségolâne Royal préside cette région ? Quant à la question des droits de l'homme en Chine (Thibet inclus…) fallait peu être y penser lorsque Pékin a été choisi.. En tout cas si on veut espérer arriver à faire évoluer les Chinois, il ne faut pas leur faire perdre la face… Les actions carnavalesque à l'occasion du passage de la flamme à paris n'y ont pas plus contribué que les manipulations de l'Arche de Zoé au Tchad-Soudan n'ont fait avancer la cause des rebelles du Darfour !
Excellente barba-papa !!!!! ______________________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
Honorable barba -papa Injurier le Dalaï Lama va sans doute faire avancer les choses! Quel beau message vous nous lancez ici. Seulement , il vous manque un minimum d' informations : LE DALAI LAMA N' A JAMAIS DEMANDE L' INDEPENDANCE DU TIBET ( vérifiez l' orthographe française pour votre culture ! ). Il considère que le Tibet doit rester chinois, et il réclame, pour les tibétains, le droit de pratiquer leur religion . Dans les pays des plus "modernes", chacun peut pratiquer sa religion. Du coup, si je n' étais pas trop polie, c' est vous que je traiterais de "vieux c...."
En 1913 le Dalai Lama (dont le bonze actuel se dit la reincarnation) réclamait déjà l'indépendance. Le 9 mars 1961, il lance à l'ONU un appel en faveur d'une restauration de l'indépendance du Tibet. La répression s'empire et la Chine commence à coloniser le Tibet. En 1963, le Dalaï-Lama promulgua une constitution pour un Tibet démocratique, appliquée par le gouvernement tibétain en exil. En 1988, le Dalaï-Lama est reçu au Parlement européen de Strasbourg où il propose un « plan de paix » en cinq points, visant un haut degré d’autonomie du Tibet. Il s’appuie sur les trois résolutions votées par l’ONU en 1959, 1961 et 1965 reconnaissant au Tibet le droit à l’autodétermination. Actuellement il met la pédale douce pour mieux embobiner les Chinois et les europeens naifs Extrait de la Declaration du dalai lama à Strasbourg : ...Vous savez que j’ai proposé au Parlement européen de Strasbourg un THibet démilitarisé et dénucléarisé, qui pourrait faire tampon entre les deux géants d’Asie, l’Inde et la Chine, qui sont depuis leur indépendance en position de confrontation... Pour l'orthographe, ça se discute : on trouve les deux, mais dans le dialecte local les habitants s'appelent Bhot-ias et la région Bhod or Bhot, avec un "h" aspiré… ce qui justifie la traduction européenne de 'tHibet' Vouloir à tout prix écrire "Tibet" sans H comme dans Tintin au Tibet manifeste une ignorance arrogante des coutumes locales.
Le résumé historique qui précède m' a fort intéressée; contrairement à son auteur ,cela m' inspire un grand respect envers le combat pacifique du Dalaï Lama pour le peuple tibétain. En 1959,quand la Chine a envahi le Tibet, celui qui était encore un adolescent avait été élevé par son entourage... comme le futur Dalaï-lama, et imprégné de la certitude qu'il en était la réincarnation. Quelques mois aprés, avec quelques tibétains, sa fuite a été organisée pour préserver sa vie et, il est vrai, les traditions religieuses de leur peuple. Cet homme de tradition, imprégné de certitudes religieuses, a du s'adapter au monde étrange des pays qui l' accueillaient, réussissant à se faire entendre et respecter.. Après s'être légitimement "appuyé (je vous cite) sur les trois résolutions votées par l' ONU... reconnaissant au Tibet le droit à l' autodétermination" il a essayé de protéger les tibétains d' une oppression implacable. Puis il a progressivement adapté sa position à l'époque actuelle, et ne demande plus que le respect de la culture et de la religion tibétaine, par le dialogue et le pacifisme. Je le trouve fidèle à ses convictions ( que je ne partage pas), à son pays, capable de s'adapter, pacifiste... que des qualités Si j' étais née aux "bonnes époques", je crois que j' aurais milité pour l' indépendance des irlandais, des basques, des corses, mais aussi pour la décolonisation et contre l' esclavage. Le monde actuel se moralise; cependant desethnies sont maltraitées encore actuellement. Elle n' ont pas toutes la " chance " de l'être par l'état qui accueille les JO, qui sont le symbole des droits de l' homme . La défense des droits des tibétains peut leur servir aussi. Pour ce qui est de l' orthographe, votre goût pour le retour aux sources du mot Tibet est sympathique, et respectable (bien qu'il fasse contraste avec votre répulsion contre certaines autres traditions); mais je vais me défendre, et défendre Hergé par la même occasion; on ne peut tout de même pas nous accuser d' arrogance pour avoir utilisé le vocabulaire qui est de règle dans tous les dictionnaires français,et qui donc est admis par l' académie française.
" Si j'étais née aux "bonnes époques", je crois que j'aurais milité pour l'indépendance des Irlandais, des basques, des corses, mais aussi pour la décolonisation et contre l'esclavage. Le monde actuel se moralise. Cependant des ethnies sont maltraitées encore actuellement. Elle n'ont pas toutes la " chance " de l'être par l'état qui accueille les JO, qui sont le symbole des droits de l'homme . La défense des droits des tibétains peut leur servir aussi." ecrit Josie. Ah le bon vieux temps ! je ne vois pas trop le rapport entre les séparatistes irlandais, basques ou corses… et l'esclavage ! Vous semblez vous désintéresser de l'Indochine, du Pakistan et de l'Algérie... Le monde actuel se moralise Cependant des ethnies sont maltraitées encore actuellement ??? L.O.L. Effectivement, demandons aux survivants Rwandais, aux femmes iraniennes qui portent le tchador ou qui vivent sous la Charia et aux enfants exploités en Inde ce qu'ils en pensent...sans attendre les J.O. tous les quatres ans ! Attention je ne prétends pas que la Chine soit une démocratie qui respecte les droits de l'homme. Mais je n'ai aucune sympathie pour des roitelets religieux -qu'ils se prétendent pacifique ou non- qui en général font d'excellents dictateurs. (Voir les états chrétiens en Europe et pourtant la religion chrétienne n'est-t'elle pas toute douceur? la politique des religieux d'Israel est elle plus rassurante que l'Islamisme iranien ?) Quant à la réincarnation du Lama… bon libre a vous d'y croire… comme à l'infaillibilité quasi 'religieuse' que vous mettez dans l'académie française sur l'orthographe du tHibet (A propos vous ecrivez Pékin ou Beijing ? Et je vous signale vous avez oublié un 's' à 'elle' dans votre phrase -Elle (s) n'on pas toutes la chance...) Le vieux c..vous salue bien. :-)
Le résumé historique qui précède m' a fort intéressée; contrairement à son auteur ,cela m' inspire un grand respect envers le combat pacifique du Dalaï Lama pour le peuple tibétain. En 1959,quand la Chine a envahi le Tibet, celui qui était encore un adolescent avait été élevé par son entourage... comme le futur Dalaï-lama, et imprégné de la certitude qu'il en était la réincarnation. Quelques mois aprés, avec quelques tibétains, sa fuite a été organisée pour préserver sa vie et, il est vrai, les traditions religieuses de leur peuple. Cet homme de tradition, imprégné de certitudes religieuses, a du s'adapter au monde étrange des pays qui l' accueillaient, réussissant à se faire entendre et respecter.. Après s'être légitimement "appuyé (je vous cite) sur les trois résolutions votées par l' ONU... reconnaissant au Tibet le droit à l' autodétermination" il a essayé de protéger les tibétains d' une oppression implacable. Puis il a progressivement adapté sa position à l'époque actuelle, et ne demande plus que le respect de la culture et de la religion tibétaine, par le dialogue et le pacifisme. Je le trouve fidèle à ses convictions ( que je ne partage pas), à son pays, capable de s'adapter, pacifiste... que des qualités Si j' étais née aux "bonnes époques", je crois que j' aurais milité pour l' indépendance des irlandais, des basques, des corses, mais aussi pour la décolonisation et contre l' esclavage. Le monde actuel se moralise; cependant desethnies sont maltraitées encore actuellement. Elle n' ont pas toutes la " chance " de l'être par l'état qui accueille les JO, qui sont le symbole des droits de l' homme . La défense des droits des tibétains peut leur servir aussi. Pour ce qui est de l' orthographe, votre goût pour le retour aux sources du mot Tibet est sympathique, et respectable (bien qu'il fasse contraste avec votre répulsion contre certaines autres traditions); mais je vais me défendre, et défendre Hergé par la même occasion; on ne peut tout de même pas nous accuser d' arrogance pour avoir utilisé le vocabulaire qui est de règle dans tous les dictionnaires français,et qui donc est admis par l' académie française.
Il y aura peut-être des bouderies, sûrement pas de boycott. Même si la situation n'est pas comparable en tous points, peut-être devrait-on se souvenir de "l'effet JO" à Moscou en 1980 si ne me trompe, enfin en période dite de glaciation. L'arrivée massive de reporters, sportifs, techniciens,spectateurs étrangers avait rendu impossible un contrôle parfait des allées et venues. De l'avis des dissidents, et plus généralement d'un certain nombre d'intellectuels mal perçus par le pouvoir, ce fut la "bouffée d'air frais" évoquée dans l'article. Et, dans les bagages des Jo, rentrèrent pas mal de textes, de contacts pris. Sans trop de dégats ultérieurs ( arrestations, etc). Résultat modeste en apparence, mais durable. Il serait intéressant, d'ailleurs, d'en savoir plus sur la ( ou les plus probablement) position des dissidents chinois sur le Tibet. A part ça, il me semble qu'en dépit des formidables contrats en cours, du satisfecit "droits de l'homme" hâtif décerné par les Etats unis à la Chine, seule la communauté internationale a le pouvoir de faire bouger les choses. Un peu, très peu, mais beaucoup pour les tibetains. Et enfin, les athlètes médaillés peuvent aussi dédier leurs victoires devant les cameras du monde entier.
Puisqu'il y a appel aux lecteurs de Mediapart quant à ce qui les intéresse, voici mon avis : Je rejoins C&F Quay qui écrivait : Je serais très intéressé à être tenu informé de l'évolution des opinions publiques nationales des européens, des russes et des américains, des pays asiatiques. Et de l'évolution de la position de leurs gouvernants. Cette analyse continue et quelques interprétations d'étapes donnant du sens aux gesticulations, nous permettrait-elle d'émerger de la mer mouvante des informations sans lendemain ? Et de donner du sens à l'évolution des rapports de force en jeu ?" Aujourd'hui, je cherche des infos sur ce qui se passe à San Francisco, demain, j'en chercherai sur l'accueil de la flamme à Buenos Aires. Mais je peux me contenter d'analyse retrospectives, il y a encore quatre mois avant les Jeux ! Ce que je voudrais que les analyses de Medaipart m'aident à comprendre c'est ceci : dans le parcours de la flamme, s'agit-il plutôt de manifestations "pro Tibet" ? Ou de manifestations pro droits de l'homme, ou anti dictature chinoise en général ? Bref, y a t-il ou non un vrai mouvement d'opinion publique mondiale qui se formerait pour dire que le commerce ce n'est pas tout dans la vie ? Alors ça m'intéresserait beaucoup....
Pour barba-papa : ma liste reprenait quelques exemples de la vôtre, qui précédait, elle n'était pas exhaustive. J trouve que le lien est fort entre les responsables de génocides et les esclavagistes; ce sont des humains qui ne respectent pas les autres humains, qui ne les considèrent pas comme leurs égaux, qui se donnent des droits sur leur vie et leur s libertés. Au cours de l' histoire, on en a vu des manifestations variées, et cela continue. Si les populations qui jouissent de la libérté d' expression, mais n' ont pas pour autant le pouvoir de décision, ne sont pas vigilantes, et ne font pas des actions quand les circonstances sont favorables, pour défendre les populations opprimées, les choses avancent moins; d' ailleurs, ces libertés sont fragiles et on a tout intérêt a ne jamais les croire acquises à jamais. Quant au Dalaï Lama, étant moi- même athée, je ne partage pas ses croyances; mais je respecte les croyances de chacun, tant qu' elles n'imposent rien aux autres. Quand vous affirmez que le Dalaï Lama que vous avez commencé par traiter de " vieux con ",puis e "roitelet- religieux" ( je vous cite ) veut reprendre la direction du Tibet ( votre message du 08/04/08), cela n' engage que vous. Je pense qu' il y a renoncé à en croire ses positions actuelles . Vous avez le droit de penser qu'il ment et qu' "il met la pédale douce pour mieux embobiner les chinois et les européens naïfs" ( je vous re-cite), mais avez - vous le droit de l' affirmer publiquement ? Heureusement qu' il a autre chose à faire qu' à nous lire car il pourrait vous poursuivre en diffamation ! Comme Dominique Conil, je crois que les JO peuvent apporter en Chine une " bouffée d' air frais", et "seule la communauté internationale a le pouvoir de faire bouger les choses". Même si les motivations des gouvernants chinois sont très fortes : le Tibet est le château d' eau de l' Inde et de la Chine, et son sous- sol renferme de grandes richesses non encore exploitées. Comme certainsle propose, si la Chine ne change rien vis à vis des tibétains avant le début des jeux, je ne regarderai aucune retransmission télévisée des JO: ce sera mon boycott; plus nous serons nombreux à le faire, plus l' impact sera grand. Le vrai pouvoir est détenu par les consommateurs, s' ils en usent
Merci pour cet appel aux lecteurs et votre article éclairant. Voici donc ma contribution. Tout d'abord, répondant à votre proposition d'éviter les positions simplistes, il faut bien admettre cependant qu'il est difficile d'avoir une approche nuancée de la question. On tombe vite dans l'alternative "droit de l'hommisme" contre "real politik", ce que semblent montrer certaines contributions précédentes. Pour ma part, cependant, une telle alternative n'est pas infructueuse. A condition d'en combiner les termes plutôt que d'en exacerber les contradictions. Et d'être clair sur le point de départ de son analyse. Le mien, ce sont les droits de l'homme et leur prééminence, envers et contre tout, et quels que soient les arguments qui peuvent leur être opposés, par les tenants d'un certain relativisme culturel notamment. Mais cela n'empêche pas non plus ma vision de se teinter de "real politik": ce qui importe in fine ce sont les résultats concrets, et non les belles déclarations ou les bonnes intentions, parfois destinées à se donner bonne conscience comme le rappellent certains lecteurs. Etre efficace, au service des droits de l'homme, voilà quel serait mon principe directeur. D'où les constatations qui suivent et qui s'adressent aux 2 "camps": 1- Il y a une certaine naïveté, ou bien un aveuglement, dans l'argument des pro JO à Pékin. Que dit cet argument?Que les JO pourraient contribuer à une évolution favorable du régime chinois, vers plus de démocratie. Pour respectable que soit l' argument dans son intention, restons lucides. Quelles sont les motivations profondes de la Chine et les chances qu’elle embrasse, ne serait ce qu'en partie, l’idéal sous jacent des JO, en prise directe sur l'idéal démocratique? Ce qui me frappe, c’est à quel point la Chine désire les signes de la respectabilité (les JO en l’occurrence) sans faire sienne (et le revendiquant ouvertement) les fondements de cette respectabilité (l'idéal démocratique et les droits de l’homme). Paraitre, profiter du paraitre, mais surtout ne pas changer – voilà ce qui me semble motiver la Chine dans ce qui ressemble à un jeu de dupes. On ne peut pas se contenter d’espérer, ce serait naïf, que le simple développement économique sera en lui-même porteur de démocratisation, et croire que les JO vont agir dans ce contexte comme un accélérateur du changement (incroyable prétention du CIO !). Cela me parait une vision essentiellement occidentale et réductrice. Gardons à l’esprit que le développement économique et technologique extraordinaire que connait le pays n'est pas uniquement porteur d'évolutions positives, même si elles existent indubitablement: il fournit aussi au régime chinois les moyens d’un contrôle accru de sa population, comme en témoignent la mise sous tutelle et l’utilisation à des fins policières des technologies internet. Un immense cadeau a été fait aux dirigeants chinois avec les JO. Force est de constater qu'il n'y a aucune contrepartie et que l'évolution "positive" n'est nullement inscrite dans l'histoire. L'inverse pourrait tout aussi bien se produire, au nez et à la barbe des membres du CIO et des naïfs de ce monde. 2 - Il y a maintenant une responsabilité de fait, sur ceux qui soutiennent le Tibet (dont je suis), d’assurer la permanence et la survie de la question après que la flamme s’est éteinte à Pékin. Certains ont dit que la question du Tibet allait rester posée jusqu’aux JO. Très bien, mais après ? Chacun rentre chez soi ? C’est bien la question de l’après qui est posée, et qui me semble la plus importante. Au pire, toute l’agitation récente n’aurait fait qu’attiser un désir de revanche qui trouverait à s’assouvir une fois éteinte la flamme olympique ? Quel échec monumental ce serait ! Je pense que toute personne "raisonnable" que préoccupe la question tibétaine ne peut maintenant que réfléchir à ce que devrait être cet après, et de manières plus générale, comment favoriser, aider, accompagner, les tendances pro démocratiques du pays. 3- Que faire dans un tel contexte? Je n'ai pas de réponse toute faite. Simplement, je reste convaincu que l’expression d’une conscience morale en occident, dans toute son imperfection et même parfois sa facilité, me parait justifiée et nécessaire, comme l’expression d’une autre vision et d’un autre monde possible, par rapport à celui, effrayant, qu’essaient de formater les gérontes de cette techno dictature que semble devenir la Chine. Elle est justifiée non seulement vis-à-vis du Tibet et des autres minorités, mais aussi vis-à-vis du peuple chinois, qu’il n’est pas question d’amalgamer à ses gouvernants et qui mérite mieux. Enfin , il me reste une immense perplexité devant le fait que rien n’est écrit d’avance et que tout peut se retourner, dans un sens comme dans l’autre. Appel à la vigilance, donc ; mais aussi à l’ouverture : savoir reconnaitre et encourager les tendances qui vont dans le « bon sens » - puisque je pose, en ce qui me concerne, qu’il y a un « bon sens », celui des droits de l’homme.
Emmanuel Klotz Votre analyse très complète, bien implantée dans l' actualité et objective ne peut que nous faire avancer de plusieurs crans dans la réflexion; merci. Et elle pose la question cruciale, pas encore abordée: que faire pour l' avenir immédiat, les lendemains des JO? il est carrément angoissant de penser que tout cela pourrait avoir été vain, et pire, que le tibétains pourraient en payer très cher les retombées. Compte tenu de la valeur que la Chine accorde à la reconnaissance par les JO, mais aussi du "contrat" qu' elle avait accepté avec le CIO lors de l' attribution, j' en arrive à me dire que la menace de boycott par de nombreux gouvernements, si elle n' acceptait pas le dialogue avec des médiateurs (pour faire accepter la liberté de culture et de croyances religieuse, valeurs défendue par les JO), aurait été, et pourrait encore être la plus efficace... (Malheureusement, les gouvernements ont trop peur pour leurs intérêts commerciaux il ne faut pas réver.) Les manifestations peuvent avoir un impact. A mon échelle je suis décidément déterminée à ne regarder aucune retransmission télévisée des JO si rien ne change. Peut-être, si nous sommes très nombreux cela pourra-t-il agir sur la Chine, mais aussi sur les autres pays. N' oublions pas que l' importance des JO repose sur l' intérêt que lui apportent les spectateurs, et les téléspectateurs, qui sont les plus nombreux.
Quelques remarques pour laisser se poursuivre ces échanges et retourner à ma propre besogne. Il est évident que les JO 2008 ne sont pour la Chine qu’un moment M d’une évolution qui a un passé et un avenir ; et que, d’autre part, la « question du Tibet » par laquelle tant de gens se sentent concernés sans véritablement savoir de quoi il retourne, n’est qu’un aspect d’un problème à la fois plus vaste et plus simple (dans son énoncé au moins, si ce n’est dans sa solution) : la « question de la Chine », c'est à dire de son organisation politique. Je propose, deux réflexions complémentaires : 1. Le nationalisme n’est pas un simple produit de remplacement fourni par la direction politique chinoise à un peuple en mal d’idéologie depuis l’abandon ipso facto du communisme (même si le gouvernement de Pékin a tendance à souffler régulièrement sur les braises). C’est une alchimie à double sens qui l’oblige à coller au sentiment général en allant parfois à l’encontre de ses propres plans (on l’a vu lors de flambées de ressentiment anti-japonais par exemple). La responsabilité première en incombe certainement au régime de Pékin, mais, ce stade franchi, c’est plutôt une affaire de la poule et de l’œuf. A l’autre bout du spectre, le nationalisme peut être aussi une manière indirecte pour la population de s’en prendre à ses gouvernants tout en restant « masquée » (c’est arrivé de nombreuses fois depuis le XIXe siècle ; les communistes chinois s’en souviennent, qui en sont le produit). S’en réjouir ou le craindre simplement n’est pas une proposition très constructive, encore que je partagerais volontiers l’avertissement de Philip Bowring, un commentateur qui ne peut être soupçonné de complaisance envers Pékin (International Herald Tribune de ce matin, en Asie en tout cas) : « Beware an angry China » - où là, pour le coup, il deviendrait de plus en plus difficile de faire l’indispensable part des choses entre « les Chinois » et « le gouvernement chinois » (distinction qu’occultent dans l’écrasante majorité de leurs propos les partisans les plus chauds d’une « cause tibétaine » confortablement distante des réalités de la vie quotidienne au Tibet). Il découle de ceci la nécessité de mesurer les gestes qui pourraient être vécus par la population chinoise comme une grave humiliation (notion qui n'a rien à voir avec la ridiculement exotique "perte de face" qui est si souvent invoquée comme explication passe-partout), avec des effets contraires à ceux recherchés. 2. Toute « action » extérieure n’est pas a priori illégitime ; l’initiative bien calibrée peut avoir des effets positifs, même en Chine. A condition de mesurer les enjeux sans romantisme déplacé sur un terrain explosif. La « question tibétaine » n’existerait pas plus que la « question taïwanaise » - et c’est pour cela que j’ai mentionnée cette dernière dans mon propos initial – si la « question chinoise » était réglée, par là j’entends la question d’un assouplissement politique général en Chine dans le sens d’une accalmie des rapports internes et de normes plus proches de la démocratie (non pas en tant qu’ « idéal » mais dans une vision plus churchillienne, oserai-je dire, de « moindre mal »). Il ne saurait y avoir de « solution au Tibet » (avec ou sans H, quelle importance ? les Tibétains écrivent en tibétain, que l’on sache) sans solution (ou amorce de solution) en Chine proprement dite. Je reconnais qu’on entre là dans l’empire onirique, mais le passé doit instruire l’avenir. N’oublions donc pas que - -il n’y a pas eu de « génocide » au Tibet si le mot doit conserver un sens dans l’ordre des massacres de masse à coloration ethnique ; qu’il n’y a pas de « génocide culturel », pour la même raison qu’à banaliser les mots, on finit par banaliser les faits. - -le peuple tibétain, voici quarante ans, n’a pas plus ou mois souffert du maoïsme (chinois, convenons en) que les Mongols ou Ouighours de la République populaire ni que les Chinois eux-mêmes. Tous en ont bavé énormément alors que l’intelligentsia européenne s’était enchinoisé la tête au point de faire de Mao un héros précurseur alors que c’était un tyran passéiste. Ce sont souvent des représentants de cette intelligentsia, survivants du naufrage, qui, de nos jours, mesurent de leur pied à coulisse les progrès de la "démocratie" en Chine pour le compte des annonceurs des marques liées au CIO… - -l’a-culturation du Tibet provoquée par son absorption par la Chine est un phénomène tardif par rapport à l’a-culturation subie par le peuple des provinces centrales de la RPC, mais du même ordre. On mesure mal aujourd’hui, parce qu’on ne veut pas trop les voir, les séquelles de l’abrutissement généralisé auquel ont été soumis l’ensemble des « Chinois », Hans et autres. Elles sont pourtant nombreuses. On embrigade les monastères, on ouvre des bordels à Lhassa? On a, jadis, détruit des temples en Chine même, cassé les poignets de pianistes, les doigts de marionettistes, les tibias de danseurs, et tabassé à mort des filles coupables d'avoir couché avec un "mauvais élément". (Le retard dans le processus, et certaines formes différentes qu’il prend, au Tibet résultent des moyens réduits de mobilité de la population chinoise dans les années 1960 et ses réticences naturelles à adopter la vie des hauts plateaux – réticences surmontées de nos jours par l’appât du gain rapide et une certaine forme d’élargissement de l’univers mental des populations des plaines). - -c’est pour la seule raison que Taïwan est indépendant de facto du continent depuis 1949 que le maoïsme l’a épargné. La question de sa souveraineté ne se poserait pas si la Chine populaire avait entrepris un processus de fédéralisation, en donnant un sens concret à ce terme d’ « autonomie » resté lettre morte au Tibet, au Sinkiang (Xinjiang), en Mongolie intérieure, etc. Or il ne saurait y avoir fédéralisation sans authentique démocratisation, et inversement. Enfin, le louable souci de se garder aujourd’hui de tout « européocentrisme » ne doit pas nous faire oublier de rester « européens » sur cette question aussi. C'est-à-dire fidèles à ces valeurs que nous revendiquons avec impatience entre nous mais qui furent piétinées dans les salons d’Europe tandis que les ressortissants de la République populaire de Chine dans leur ensemble, Hans comme Tibétains, étaient, eux, sous la botte. FD
Merci à vous Francis Deron de nous informer et aussi d' avoir mis en place ce thème de discussion. Cela a bien ajoutéà mes connaissances plutôt maigres. Pourquoi ai-je tellement envie de réagir au sort des tibétains? (j' avoue que je n' avais pas encore réfléchi à mes motivations). Je n' ose parler qu' en mon nom, mais je crois que ceci est valable pour d' autres: - en occident, nous sommes des citoyens habitués au respect de la part de l' état ( tout au moins jusqu' à l' année dernière) ; nous sommes cependant dans le souvenir de la dernière guerre modiale, qui ne fait que renforcer le rejet que nous faisons de toute oppression ( est- ce que la France s' en serait sortie seule?). - les moyens d' information sont devenus terriblement plus efficaces depuis quelques années; pendant longtemps on n' a eu connaissances des faits barbares qu' après qu' ils aient eu lieu; en particulier pour la Chine, jusqu' à présent il était très difficile de savoir ce qui s' y passait ( c' est même peut-être ce qui fait qu'on "profite de la situation"); il a bien été rapporté que les moines avaient utilisé les tel portables et internet pour appeler au secours; comment rester insensible ? - ils ont, ainsi que le Dalaï- Lama , usé de stratégie en choisissant l'évènement international des JO pour se manifester, plutôt que de laisser faire en silence; c'est louable et c' est la preuve de leur souffrance; ils savaient le danger et certains en sont morts; évidemment, , pour d' autres en Chine, et dans d' autres régions du monde, il existe aussi des situations terribles, et il est très frustrant de se sentir impuissant; ici, les victimes nous interpellent à chaud, et profiter des JO est une opportunité exceptionnelle - le CIO avait mis des conditions à l' attribution des JO à la Chine, qui ne les respecte pas; s'il jouait son rôle en exigeant de la Chine qu' elle les mette en oeuvre, les citoyens de différents pays ne se sentiraient pas obligés d'agir; prendraient-ils plaisir à compromettre les JO sans une cause qui leur parait fondamentale ? Si la Chine ne change pas ses positions avant les épreuves, je persiste dans mon intention de ne pas visionner la retransmission TV des JO
Merci à vous Francis Deron de nous informer et aussi d' avoir mis en place ce thème de discussion. Cela a bien ajoutéà mes connaissances plutôt maigres. Pourquoi ai-je tellement envie de réagir au sort des tibétains? (j' avoue que je n' avais pas encore réfléchi à mes motivations). Je n' ose parler qu' en mon nom, mais je crois que ceci est valable pour d' autres: - en occident, nous sommes des citoyens habitués au respect de la part de l' état ( tout au moins jusqu' à l' année dernière) ; nous sommes cependant dans le souvenir de la dernière guerre modiale, qui ne fait que renforcer le rejet que nous faisons de toute oppression ( est- ce que la France s' en serait sortie seule?). - les moyens d' information sont devenus terriblement plus efficaces depuis quelques années; pendant longtemps on n' a eu connaissances des faits barbares qu' après qu' ils aient eu lieu; en particulier pour la Chine, jusqu' à présent il était très difficile de savoir ce qui s' y passait ( c' est même peut-être ce qui fait qu'on "profite de la situation"); il a bien été rapporté que les moines avaient utilisé les tel portables et internet pour appeler au secours; comment rester insensible ? - ils ont, ainsi que le Dalaï- Lama , usé de stratégie en choisissant l'évènement international des JO pour se manifester, plutôt que de laisser faire en silence; c'est louable et c' est la preuve de leur souffrance; ils savaient le danger et certains en sont morts; évidemment, , pour d' autres en Chine, et dans d' autres régions du monde, il existe aussi des situations terribles, et il est très frustrant de se sentir impuissant; ici, les victimes nous interpellent à chaud, et profiter des JO est une opportunité exceptionnelle - le CIO avait mis des conditions à l' attribution des JO à la Chine, qui ne les respecte pas; s'il jouait son rôle en exigeant de la Chine qu' elle les mette en oeuvre, les citoyens de différents pays ne se sentiraient pas obligés d'agir; prendraient-ils plaisir à compromettre les JO sans une cause qui leur parait fondamentale ? Si la Chine ne change pas ses positions avant les épreuves, je persiste dans mon intention de ne pas visionner la retransmission TV des JO
Tout d’abord, je me demande si le fonctionnement de MediaPart avec le blog de commentaires peut fonctionner correctement sans une base d’informations communes même si le texte de Francis Deron est très intéressant et informatif. J‘aimerais que les journalistes de MediaPart fassent un gros effort, avec des spécialistes réputés, pour aborder les questions suivantes afin d'éviter de tomber dans l’émotionnel : -sur l’histoire de la Chine et du Tibet : j’ai compris que le Tibet est une province autonome depuis les années 1200 avec une indépendance relative entre les deux guerres soutenue par l’Angleterre ? Est-ce que les Américains, puis les Russes lorsque Nixon s’est réconcilié avec la Chine, sont intervenus en parachutant des armes à des combattants tibétains pour déstabiliser la Chine maoïste comme je l’ai entendu sur France Inter dans l’émission de Monsieur X ? - sur l’histoire de la Chine et de l’occident oubliée par les français mais toujours dans la tête des chinois : la guerre de l’opium avec en particulier les anglais, le sac du palais d’été par les anglais et les français, les concessions (les squares de Shanghai avaient un écriteau à l’entrée indiquant : interdit aux chiens et aux chinois),… - sur le statut réel des minorités en Chine, sur l’avenir de ces minorités en fonction du développement du tourisme,… - sur le bouddhisme tibétain et sa réalité théocratique, sur les raisons de son développement en France, sur ses réseaux… - sur la perception de la Chine par les français avec les délocalisations,… - sur ce qui s'est réellement passé au Tibet. Seules des réflexions approfondies pourraient casser l’emballement médiatique émotionnel qui fait que, peut-être, aujourd’hui 80% des Français souhaitent un boycott de la cérémonie d’ouverture : ils ont été informé par les média qui n’ont pratiquement donné que des informations venant du coté des soutiens des tibétains et très peu venant de spécialistes sinologues pour resituer les évènements et encore moins de Chinois. Lorsque que l’on parle des droits de l’homme en Chine soyons complets et je cite Domenach, spécialiste de la Chine qui a donné les informations suivantes dans le Figaro : « Je suis scandalisé par la niaiserie démagogique de certains commentateurs français sur la question (des droits de l’homme). Un pays comme la Chine ne passe pas du totalitarisme à la démocratie en un tour de main. Il est un fait que la presse en Chine est très contrôlée et que 30 journalistes chinois sont en prison, souvent pour des raisons non politiques d’ailleurs, mais il faut rappeler qu’il y a en Chine 550000 journalistes. Idem pour les 80 à 100 internautes poursuivis sur les 210 millions d’internautes que compte ce pays ! Autre exemple : celui de la peine de mort. Depuis que les jugements doivent être confirmés par la Cour suprême, les exécutions capitales ont diminué de 25 à 30% l’an dernier ». On est donc dans un pays qui est en progrès réel selon nos normes, très loin de l’Allemagne nazie (parfois citée par des comparaisons) qui, en 1936, se dirigeait vers un fascisme de plus en plus développé. A coté de ces demandes d’informations, je souhaite faire quelques remarques connaissant un peu la Chine et les chinois. Les chinois ont vécu de nombreux chocs successifs très violents : l’actions des occidentaux (guerre de l’opium, les concessions,…), l’occupation japonaise (massacre de Nankin), la guerre civile entre communistes et nationalistes, la violence du maoïsme avec les famines du grand bond en avant, la révolution culturelle et aujourd’hui, ils ont la violence du libéralisme poussé par l’occident : les chinois sont en majorité traumatisés par cette succession d’évènements sauf les quelques bénéficiaires du développement et les jeunes qui s’américanisent très vite. Les jeux olympiques représentent pour eux une occasion d’oublier un peu les humiliations passées. Ils sont très fiers des réalisations accomplies et attendent avec impatience le moment de montrer ce qu’ils font et d’accueillir les étrangers dans les meilleures conditions. Le spectacle des manifestations parisiennes sont (s’ils les ont vues) absolument incompréhensibles pour eux (ils les verront avec internet et les chaines hongkongaises) et vont les révolter. Inutile de penser qu’ils vont se révolter contre leurs dirigeants au contraire ; cette société aujourd’hui diversifiée va se replier autour d’eux. La présence de députés à la manifestation, l’absence possible du chef de l’état à la séance inaugurale vont aboutir à des réactions de rejet de la France d’une manière générale. Je ne comprends pas une diplomatie qui a fait de la Chine depuis de Gaulle un partenaire privilégié et qui peut en quelques jours perdre des cartes importantes sur l’échiquier mondial (et il n’y a pas que la Chine), à cause d’un groupe de pression et d'un représentant de reporters sans frontières. Sarkozy avec ses tergiversations va perdre sur tous les tableaux. Par ailleurs, il me semble élémentaire d’user tout d’abord d’une menace non publique par les voies diplomatiques. Chirac a sans doute fait beaucoup plus pour les droits de l’homme en Chine que ce que que l'on peut imaginer aujourd'hui avec les bonnes intentions de Sarkozy. Enfin naturellement, je souhaite vivement les droits de l’homme au Tibet mais j’avoue que les procédés employés reviennent à mépriser les droits des chinois à organiser dans les meilleures conditions une manifestation qui est pour eux une fantastique occasion d'ouverture au monde. On pourrait citer les chiffres respectifs des personnes concernées mais les droits de l'homme s'applique à chaque individu. Vouloir humilier les dirigeants chinois reviendra à humilier le peuple chinois. Quand mon président se trouve, sur le plan international, dans une situation délicate je ne me sens pas bien. A nous de trouver des formes de protestations qui tiennent compte de la complexité de la situation.
Bonjour, Merci de votre réaction. Nous aurions bien sûr pu faire plus dans notre couverture du Tibet. Et c'est pour cette raison que le texte de Francis Deron est le bienvenu. Qu'il en soit remercié. Nous avions auparavant publié également une contribution de Jean-Philippe Béja. Mais vous pouvez tout de même trouver quelques éléments sur notre site, "partie journal". Par exemple cet article qui propose plusieurs pistes de ressources documentaires: http://www.mediapart.fr/journal/international/170308/tibet-nouveaux-affrontements-et-polemique-sur-les-jo-de-pekin Vous pouvez également utiliser sur la page d'accueil de notre site notre moteur de recherche et saisir Tibet: vous trouverez alors ce que nous avons écrit et l'ensemble des liens proposés vers d'autres ressources. Bien à vous F.Bonnet
Bonjour, Les modèles républicains intégrateurs sont à finalités normalisatrices, le but est de créer "un homme nouveau". Le problème de l'intégration à "longue marche" forcée ou subie, c'est qu'elle présuppose la désintégration des cultures, langues, économies, identités des populations concernées. Les dirigeants chinois assument sans complexe leurs missions de libérateurs des populations stigmatisées comme attardées au regard des lumières du progrès technologique. Le "cheptel humain" est considéré comme élément de la conquête territoriale au même titre que l'espace physique. Le colon confisque le territoire et dresse les sous races à sa culture et à ses valeurs. Le système éducatif fera le reste en détruisant les langues vernaculaires des enfants de ces populations. Le progrès à "coups de pompes dans le cu" et l'élévation des demis hommes vers les "Lumières" de la modernité: Vaste programme des dirigeants chinois. Seulement c'est long et ouvrageux d'extirper la culture vernaculaire, ces "sauvages" résitent. Pour ceux qui veulent vivre leurs identités, les camps de travail soumettront leurs corps .... et leurs esprits... Toute proportion gardée on connait ça dans d'autres républiques"Une et Indivisible", les méthodes sont différentes mais les résultats sont les mêmes à l'échelle de plusieurs générations. Que c'est triste un pays normalisé ... La brutalité des méthodes et des moyens est choquante. Les concepts qui sous tendent ces attitudes coloniales le sont encore davantage. C'est peut être le concept de développement durable à la chinoise.
Si la Chine ne change pas ses positions avant les épreuves, je persiste dans mon intention de ne pas visionner la retransmission TV des JO 09/04/2008 20:08Par josie c'est ça qui va leur faire peur ! Je n'aurais jamais cru possible d'être un jour d'accord avec Jean Luc Melanchon , senateur socialiste de l'Essonne. Mais CHAPEAU ET BRAVO pour sa tribune publiée sur son blog intitulé : JE NE SUIS PAS D’ACCORD AVEC LE BOYCOTT DES JEUX DE PEKIN ET LA PROPAGANDE ANTI CHINOISE : http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=585
bonjour, Je ne comprends pas très bien ce débat autour de "regarder ou ne pas regarder les JO". Combien de lecteur et blogeurs de Mediapart ont-ils suivi des JO au cours des dix dernières années ? Regardez vous vraiment les JO (à part une épreuve d'athlétisme ou de natation très impressionnante) ? J'avoue que ma question ne fera pas avancer le sort des Tibétains ni la connaissance de l'histoire de ce peuple (cf message très intéressant de RenéCarré) mais est-ce un acte si engagé voire révolté que d'éteindre sa télé ?
Je connais pas mal de gens qui regardent les cérémonies d' ouverture et quelques épreuves, surtout quand des sportifs français ont des chances de gagner. Il existe sans doute des "mordus", mais aussi des personnes qui ne regardent jamais. Pourquoi certaines chaînes retransmettraient-elles les épreuves s' il n' avait pas d' "audimat" ? Ce serait une action " par défaut"; je préfèrerais que d' autres actions aient un effet avant les épreuves . Si les chinois accordent autant d' importance aux JO, c' est que ce doit être une vitrine. Y a-t-il plus de spectateurs qui se paieront le voyage et une place, ou qui regarderont la télé ? Je me fais peut-être des idées fausses. Médiapart, qui s'y connait en médias pourrait peut-être nous informer sur la réalité de l' impact de ce genre de boycott, à condition qu' il soit suivi ??
A propos de Melenchon, on peut lire l' article de Médipart d' aujourd'hui : " MELENCHON OU MELENCHINE ", de SERVAL .
A propos du sénateur Mélenchon, on peut lire aussi l’excellent commentaire « QUAND UNE CERTAINE "GAUCHE" JUSTIFIE LE COLONIALISME » de Franck, ici : http://naturellement.typepad.fr/franck_naturellement/2008/04/quand-une-certa.html
Le plus surprenant chez le plupart des manifestants pro-tibet à Paris c'est que la plupart d'entre eux n'ont aucune idée de ce qu'est la culture tibétaine qu'ils défendent avec une telle ardeur ! La société tibétaine est une société extrêmement sectaire, inégalitaire et matchiste ... D'ailleurs Francis Deron pourrait sans doute nous le confirmer... Cependant pour ne surtout pas tomber dans le discours pro-chinois contre pro-tibet il faut souligner que le dalaï-lama n'a jamais caché sa fascination pour les démocraties occidentales et il a d'ailleurs dans son gouvernement en exil repris certaines de ces valeurs. Il ne faut donc pas tomber dans une vision manichéenne des choses, les gentils tibétains contre les méchants chinois ... Et je pense d'ailleurs que ces gens sont plus anti-chinois que pro-tibet. En effet, la Chine fait peur aux occidentaux, 1,3 milliards de Chinois, une croissance 5 fois plus grande que la notre, des milliers de produits chinois qui nous envahissent ... Alors tout est bon pour taper sur la Chine mais finalement cela ne va-t-il pas avoir des effets pervers ? Une montée du nationalisme chinois me semble inévitable,des chinois commencent a appelé au boycott des produits français ! Et rien n'est plus facile pour le gouvernement chinois que de récupérer cette hostilité en leur faveur. Résultat la répression risque d'être plus forte que jamais, dans ces conditions les chinois se passeraient bien du soutien des occidentaux. Le boycott ? On se trompe de boycott à mon avis. Les gentils militants pro-tibet de Paris ont sans aucun doute dans leur appartements plusieurs dizaines de produits fabriqués en Chine. Paradoxal non ? Mr Sarkozy a signé 30 milliards de contrats il y a quelques mois avec les chinois et maintenant il se sent soudain pris d'un irrésistible élan de droit de l'hommisme et n'irait pas à la cérémonie d"ouverture ! Alors l'argument que j'ai entendu c'est que si on boycott les produits chinois le peuple chinois va en souffrir ... Et la Corée du Nord ? Est-ce que quelqu'un se soucie de la Corée du Nord ? Non, parce que bon elle fait un peu peur mais ils ont pas un assez grand potentiel économique ! L'Iran ? Elle fait peur alors on prend des sanctions économiques et qui c'est qui paye ? Le peuple iranien mais tout le monde s'en fiche. Le vrai problème du boycott des produits chinois c'est qu'il est impossible pour nous occidentaux il y en a beaucoup trop ! Donc finalement tout cela n'est qu'un prétexte pour dire non à la Chine alors certes cest un régime horrible, plusieurs milliers d'exécutions capitales chaque année, traffic d'organes, tortures et j'en passe ! Mais la Chine n'est pas la seule alors oui pour les droits de l'homme mais alors défendons là vraiment et pas seulement quand ça nous arrange ! En Afrique par exemple la situation est bien pire qu'en Chine alors qu'est-ce-que les gens attendent pour ce bouger ? D'ailleurs le groupe Bolloré par exemple qui exploite les ouvriers africains comme le montrait un article de mediapart pourquoi personne ne lui dit rien ? J'ai l'impression que l'on saisit le prétexte des droits de l'homme pour exprimer notre haine de la Chine et c'est bien là le problème.
Jearene Pour quelle raison les citoyens français en voudraient-ils particulièrement aux chinois? nous savons bien que de nombreux chinois ont énormément souffert depuis des décennies. Vous avez raison de dénoncer tout ce qui ne va pas dans le monde ailleurs qu 'en Chine, c' est tout aussi révoltant. Mais en Afrique, en Corée, il n' y a pas de JOet la Chine, pays d' accueil, avait promis au CIO d' améliorer le respect des droits de l' homme... Et aussi, les tibétains ont profité de cette opportunité pour nous alerter, par des manifestations. Il y a là une OPPORTUNITE. Les changements souhaités par les chinois avaient quelques fondements ( n'y a-t-il pas eu d' évolution ?), mais on ne peut pas changer des convictions ancrées depuis des siècles en quelques années, et l' emploi de la force n'est pas le plus efficace. Nous serions trop brutaux en boycottant des épreuves sportives, mais il faudrait approuver la répression brutale avec matraques, emprisonnements, tortures, interdiction de pratiquer une culture etc.... pour le bien de la population ainsi traitée ! Cela m' évoque le proverbe "quand on veut tuer son chien, on dit qu' il a la rage " Pour une fois, il nous est possible d'agir ; doit- on y renoncer sous pretexte qu' on ne le peut pas ailleur ?