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Qui se cache en "nous"?

Lorsque ce vendredi 12 août 2011 le journaliste de France inter demande à Elie Cohen, éminent économiste multi-casquettes, si par hasard la financiarisation de l'économie mondiale ne serait pas au centre des crises des 15 dernières années, il répond: "Mais qu'est ce que vous voulez la financiarisation c'est nous qui l'avons voulu.". De quoi nous plaignons-nous puisque c'est de notre faute.Mais qui est donc ce nous responsable de tant de malheurs financiers?

Là est la clé de l'énigme, il y a bien un nous qui a décidé de la libéralisation de la finance mondiale avec des hommes et des femmes politiques qui ont signé les traités et autre lois permettant la prise de pouvoir des marchés financiers sur les représentants des peuples. Volontairement, par des décisions politiques réfléchies, les élus se sont délestés de leur pouvoir pour les transférer à des acteurs sur lesquels ils n'ont, et surtout ne veulent avoir aucun contrôle. Le diagnostic est évident, et notons au passage que ce qui a été fait politiquement peut être défait de la même manière, autrement dit la solution de l’affaire est politique.

Mais d'après Elie Cohen, professeur-chercheur-économiste, pourquoi en parler puisque nous l'avons voulu.

Si les personnalités politiques de tous bords cités ci-dessus sont obligatoirement incluses dans le nous, qui faut-il intégrer d'autre derrière ce nous? Elie Cohen sans doute, mais qu'en est-il des citoyens qui, rappelons cette trivialité, sont censés détenir le pouvoir en démocratie?

 

 

*

 

 

Cette morgue du professeur-économiste-chercheur est insupportable car nous a-t-on demandé notre avis concernant la mise en concurrence des économies des différents pays de l'union européenne? nous a-t-on demandé si nous étions d'accord pour supprimer nos services publics? nous a-t-on demandé si nous voulions bien que notre pays finance désormais notre dette (parce que là aucun problème c'est bien la dette de tous les français) uniquement sur les marchés financiers internationaux?

En un sens oui, c'était en 2005, et nous avons répondu mais nous n'avons pas été écoutés. Pire nous avons été méprisés, par des personnalités dont Elie Cohen justement. Reprenons une interview du grand expert, c'était le 21 avril 2005 pour le journal Le monde. Que nous disait Mr Cohen?

Lorsque la journaliste lui demande s'il va voter oui ou non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, il répond : "Je vote oui. C'est un oui de raison, pas d'enthousiasme. Au moins est-ce un clair non au non. Le non français peut être le point de départ d'un processus d'involution de l'Europe. Nous avons énormément de problèmes et manquons terriblement d'énergie politique. Mais ce serait un paradoxe extrême que l'Europe éclate au moment où montent en puissance l'Inde et la Chine et où les États-Unis confirment leur leadership.

De plus, la France, sans l'Europe, serait contrainte de s'adapter plus vite à l'ordre économique dominant. Pour toutes ces raisons, le non de gauche est une hérésie."

 

Nous avons donc commis une hérésie, diantre mais il faudrait envoyer 55% de la population au bûcher!UE.jpg

 

"L'argumentation" d'Elie Cohen en 2005 ne tient pas. Premièrement à le suivre le non au TCE serait le début de la fin de l’Europe. En un sens il aurait dû avoir raison car c'était bien un rejet de l’Europe néolibérale telle qu'elle s'était construite depuis 50ans auquel nous avons assisté. Nous espérions donc un changement radical d’Europe et c'est ce qui aurait dû se produire dans une vraie démocratie, puisque même sans les titres ronflants de Mr Cohen, nous avions compris l'impasse dans laquelle s’enfonçait l’Europe et nous voulions éviter le genre de crise que nous vivons actuellement.

Malheureusement là s'arrête la justesse de son raisonnement, car le TCE bien que rejeté par les français est actuellement en vigueur sous le nom de traité de Lisbonne qui en est la copie conforme de l'aveu même du rédacteur principal du TCE, Mr Giscard d’Estaing en personne. Même si l'hérésie a eu lieu, le désastre auquel nous assistons ne peut en aucun cas être imputé au refus français. Avec un peu d'audace nous pourrions presque supposer que c'est justement parce qu'il est en vigueur que les choses vont si mal. Mais chut nous l'avons bien cherché.

Un des grands arguments des pro-oui lors du débat sur le TCE était de dire que de toute façon ce traité ne changeait rien puisqu'il reprenait et synthétisait tous les traités antérieurs. Et que cela ne changerait donc pas grand chose. A un détail près, celui de l'acceptation démocratique du projet européen. En quelque sorte avec le TCE nous avions la possibilité d'exprimer notre avis sur la construction européenne telle qu'elle avait été pratiquée depuis les années 50 dans les cabinets ministériels, c'était la première fois depuis Maastricht. Or en 2005 l'échec de la Communauté Européenne était tellement patent que ce qui commençait à se profiler en 92 s'est concrétisé en 2005.

Lorsque l'on regarde l'Europe de 2011, fonctionnant avec son TCE renommé, nous ne pouvons qu'être admiratif devant la clairvoyance de notre professeur/chercheur en économie. Qui allons-nous dévorer après la Grèce?

Quelle violence et quelle honte que cette Europe construite par ce tout petit nous. Pourtant nous étions des imbéciles, nous, les citoyens qui espérions et continuons d'espérer autre chose qu'une Europe de la prédation financière et politique.

 

 

*

 

 

Pourtant la réalité est tellement simple, trop peut-être pour un sur-diplômé. L'union européenne a été construite non seulement à l'ombre des peuples, mais depuis 2005 carrément contre les peuples. Du moins nous en sommes certains en ce qui concerne les français, les irlandais et les hollandais qui ont tous refusé le TCE/traité de Lisbonne. Pour les autres peuples européens il aurait peut-être fallu commencer par leur demander leur avis. Le nous est donc extrêmement limité et représente en fait un vous, cette oligarchie qui se croit habilitée à décider au nom de tout un continent et dans laquelle Elie Cohen a l'air de s'inclure. Comme tous les indignés qui fleurissent dans le monde occidental, nous considérons que cette oligarchie ne nous représente pas, et que c'est vous qui avez voulu et construit cette Europe pathétique, dans laquelle ne l'oublions pas beaucoup d'entre vous y trouvent un intérêt certain. Pas nous.

 

 

Tous les commentaires

Oui vous avez raison, On fait quoi? Nous!

On va lire ça :

http://www.legrandsoir.info/reforme-revolution-ou-realisation.html

Réforme, révolution ou réalisation ?

Badi BALTAZAR

La réalisation commence dès lors que l’on prend conscience de sa réalité citoyenne, ce n’est pas qu’un outil ou un type de comportement, c’est d’abord et avant tout la matérialisation d’une volonté individuelle et collective... Réaliser, ce n’est donc pas améliorer ou changer, c’est rendre réel, effectif, faire exister.

la suite là : www.lebuvardbavard.com

 

Excellente analyse ! Bien à vous, M Stambach.

Une ou deux bricoles à préciser cependant:

 

les Irlandais ne se sont pas prononcés sur le TCE, mais sur le Traité de Lisbonne. Ils s'y sont repris à deux fois, mais, contre l'avis des néo-libéraux (en particulier du copain de de Villiers dont j'ai oublié le nom), ils l'ont finalement voté, ce que, pour ma part, je trouve heureux. Sinon nous serions toujours sous le régime du Traité de Nice, et l'Europe serait totalement paralysée.

 

politiquement assez malencontreuse (Ségolène Royal proposait une autre démarche) la ratification du Traité de Lisbonne a été, juridiquement, impeccable. Comme le refus du TCE, quoi... Le Parlement des pays-Bas a lui aussi ratifié Lisbonne. Le Traité de Lisbonne, ratifié par les Parlements de 26 pays et par le Peuple irlandais lors du deuxième référendum, est désormais la loi commune du Peuple européen.

 

Autre chose: il me paraît abusif de qualifier de "néo-libérale" la construction de l'Union Européenne "depuis cinquante ans". L'inflexion néolibérale est très récente, et réversible.

D'accord avec vous concernant la légitimité juridique du traité de Lisbonne, mais mon propos est de souligner qu'en revanche il n' a aucune légitimité démocratique, ce qui sont deux choses totalement différentes.

 

Concernant les Irlandais c'est pour cela que j'avais pris la précaution de signaler que les français, les hollandais et les irlandais avaient tous refusé le TCE/traité de Lisbonne, puisqu'effectivement on les a interrogé sur le traité de Lisbonne et non sur le TCE. Par contre j'estime pour ma part que le deuxième vote irlandais est nul et non avenu. Depuis quand fait-on revoter les gens parce qu'ils n'ont pas voté ce qu'il "fallait"?

 

Sur l'Europe néolibérale, je maintien ce que j'ai écrit, qui n'était pas dû à un emballement littéraire mais reposait sur des arguments sérieux. La société du Mont-pelerin créée au lendemain de la seconde guerre mondiale pour contre-carrer le communisme est la boîte intellectuelle du néolibéralisme (fondée par Hayek notamment). Or cette "société" a eu une influence décisive lors de l’élaboration du projet européen dans les années 50. En revanche, il est vrai que cette base néolibérale relativement masquée par les régimes protectionnistes européens de l'après-guerre sautera de plus en plus aux yeux à partir des années 80. Il n'en reste pas moins que le traité de Rome en contenait les germes.

 

 

Vous pouvez estimer ce que vous voulez à propos du deuxième vote irlandais; ce qui compte, c'est ce que le peuple irlandais en pense lui-même...

 

Le néo-libéralisme est une maladie du libéralisme, qui tend à livrer l'économie, en définitive, à la dictature des marchés financiers. Ce n'était pas du tout le projet européen, plus proche de l'ordo-libéralisme: marchés encadrés et domestiqués.

 

Le PS s'est (enfin !) rallié à l'économie de marché ces dernières années. Cela n'emporte pas ralliement (sauf dans son aile la plus droitière, et encore...) au néolibéralisme.

 

De plus en plus, les milieux d'affaires proches de l'industrie et de l'économie "réelle" se rendent bien compte que la dictature financière sur l'économie est une impasse aussi pour eux, et la rejettent.

 

Enfin, les néo-libéraux sont contre la construction européenne (ils l'ont montré lors du référendum irlandais): ils préfèrent de beaucoup une zone de libre-échange politiquement amorphe. De ce point de vue, le non au référendum a été pour eux pain bénit. Il serait temps que la Gauche "noniste" abandonne ses petites lunettes spéciales et voie les choses d'un peu plus près.

Je n'adhère pas à votre définition de l'ordo-libéralisme qui est plutôt un projet de privatisation de l'état au service des marchés financiers qui sont certes encadrés mais uniquement pour que rien ne vienne entraver son "équilibre". Ajoutons à cela un rejet complet des mouvements sociaux et de la moindre intervention démocratique dans le fonctionnement des différents marchés, ainsi que la volonté délibérée d'infléchir les comportements humains pour les rendre "compatibles" avec une économie de marché concurentielle. L'ordo-libéralisme est bien l'ancêtre du néolibéralisme (qui en revanche n'a plus rien à voir avec le libéralisme économique) notamment en ce qui concerne la théorie monétariste qui est identique, et qui s'apparente plus à une religion qu'à une théorie économique. En revanche l'ordo-libéralisme ne s'interdisait pas de s'attaquer aux monopoles des grosses entrepises privées, interventions que le néolibéralisme a définitivement abandonnées. Par contre je suis d'accord avec vous l'ordo-libéralisme allemand a eu une influence prépondérante sur la construction européenne, mais étant donné sa filiation avec le néolibéralisme, on peut conclure comme je le disais, que l'influence néolibérale était bien présente dès les début de la construction européenne.

 

Par contre je ne comprends pas bien votre seconde affirmation, stipulant que le PS se serait rallié à l'économie de marché. Déjà ce terme d'économie de marché est beaucoup trop flou, et c'est devenu un terme fourre-tout que j'ai du mal à comprendre. Si on parle de marchés, lieux où s'échange des biens ou des services, je crois que le PS y adhère depuis sa formation. Si l'on parle de la théorie des marchés concurrentiels et de leurs équilibres, outre le fait que cette théorie est fausse dans la réalité, je ne vois pas plus le ralliement récent du PS à cette dernière et c'est tant mieux. D'ailleurs le projet du PS est suffisamment flou à dessein pour être compatible avec les principaux candidats et pour ne surtout pas "effrayer" les marchés, bien tendus en ce moment effectivement. Pourriez-vous préciser votre pensée?

 

Sur les milieux d'affaires qui se rendraient compte de l'aberration économique dans laquelle nous sommes, j'espère que vous avez raison (ce ne serait d'ailleurs pas trop tôt) mais outre le fait qu'il est difficile de prouver ce que vous dites de manière rigoureuse, j'attendrais pour ma part de voir le résultat concret de cette louable prise de conscience.

 

Pourriez-vous donner un exemple de personnalités néo-libérales qui auraient pris position contre le traité de Lisbonne car je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Cela me paraît curieux de prime abord mais je suis prêt à changer d'avis.

 

 

 

Pourriez-vous donner un exemple de personnalités néo-libérales qui auraient pris position contre le traité de Lisbonne

 

Philippe de Villiers et son copain milliardaire irlandais dont j'ai oublié le nom, et le Britannique du Parlement européen, là, Farrage ou un nom comme ça.

 

Les néo-libéraux sont contre la construction européenne, ils se satisferaient d'une zone de libre-échange.

 

Ne pas confondre néo-libéraux (partisans de la dictature financière) et ordo-libéraux, qui sont un tout autre courant. Evidemment, du point de vue dit "anticapitaliste", cette distinction peut paraître de peu d'importance: s'il s'agit de balayer l'économie de marché et d'instaurer le collectivisme, peu importent ces "nuances".

 

le PS se serait rallié à l'économie de marché.

Le PS français s'est rallié explicitement à l'économie de marché en juin 2008, il me semble. Les SD allemands: à Bad Godesberg vers 1960...

Avant, ils étaient officiellement pour la collectivisation plus ou moins centralisée. (Ce qui explique pourquoi des gens comme Mendès-France ne se disaient pas socialistes).

 

Sur le premier paragraphe, je n'ai pas l'intention de vous suivre maintenant dans l'élaboration d'un arbre généalogique; mais je puis vous assurer que nous sommes tous des descendants d'Adam Smith.

@MGL

On m'avait dit que nous descendions tous d'Adam (et Eve) mais je ne connaissais pas leur nom de famille !!!

"Quand une civilisation arrive à relever des défis, elle croît. Sinon elle décline. Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre"
Arnold Joseph Toynbee

13 août 2011 Les civilisations meurent-elles par suicide ?

Fethi GHARBI

http://www.legrandsoir.info/les-civilisations-meurent-elles-par-suicide.html


 

Vous m'avez fait repenser à cette affiche que je voyais quand j'étais petite dans le métro et qui m'interrogeait, sans la comprendre. Je viens de découvrir que c'était une campagne de la Sécu. Déjà, à cette époque, NOUS étions mis en accusation ! Les salauds de pauvres alcooliques creusaient le trou de la Sécu, par leurs inconséquences...Sourire

Après, dans les tunnels du métro, le nez collé sur la vitre, je lisais : Du beau... Du bon... Dubonnet ! (marque de spiritueux)

Si j'avais eu une console, je n'aurais pas ces images gravées dans la tête...

 

Outre le jeu poujado-heideggerien sur le "nous" propre aux intellos, pour dire "eux" (et on sait ce que ça veut dire quand on est un intello), cette scission entre les "oui" et les "non" à l'Europe marque donc un clivage qui n'est décidément pas réparé.

 

Les cliveurs ont gagné. Faudra pas s'étonner des conséquences l'an prochain.

Ce clivage est dépassé, et depuis longtemps, par les ailes marchantes (Royal, Montebourg, EELV...). Ceux qui en font leur fonds de commerce en seront pour leurs frais.

Je ne partage pas votre analyse. Peut-être que ces personnalités aimeraient que ce clivage n'existe plus car le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils n'y possèdent pas un très beau rôle, surtout pour des grands démocrates présumés. Leurs espérances, partagées par la majorité des grands médias qui sont dans le même bateau, ne sont pas automatiquement partagées par les citoyens loin s'en faut. De mon point de vue les français l'ont encore en travers de la gorge, à juste titre, et nos institutions ont perdu le peu de légitimité qu'elles possédaient encore. L'abstention en est le meilleur témoin.

L'avenir nous départagera. Mais, disait Alphonse Allais, "on aura beau dire, il y a de moins en moins de gens qui ont connu Napoléon".

Monsieur E. Cohen a hélas raison.

- Le traité du Luxembourg de 1985/1987 (qui acte la libéralisation des mouvements de capitaux et qui organise "la concurrence libre et non faussée") a été voté au parlement français à une très large majorité (Jacques Delors à la baguette/merci les socialistes français...).

- Le traité de Maastrich (qui acte la dépendance totale des Etats vis à vis des marchés fianciers) a été voté par le peuple français.

C'est triste, mais c'est vrai. Au même titre que plus de 20 millions de français se sont reconnus, en 2007, dans ce clown de Sarkozy.

Ce que vous dites est juste sauf que vous avez oublié un tiret qui du coup retourne la table:

- Le traité constitutionnel européen en 2005 rejetté par les français. Comme il regroupait tous les principaux traités, c'est en quelque sorte le rejet des anciens traités. L'ironie est que la gauche espérait une renégociation du traité et non pas un maintient dans les traités existants qui avaient été délégitimés par le vote français.Mais la suite n'a pas été à la hauteur d'une grande démocratie.

L'opinion evolue et c'est tant mieux. Déjà en 92 le traité avait été ratifié de justesse, l'évolution européenne s'étant poursuivie dans la même voie désastreuse, il me paraît logique qu'en 2005 le non l'ait emporté.

 

Donc au final, Mr Cohen a tort car il fait comme si 2005 n'avait jamais existé, comme 99.9% de nos experts et politiques...

Bien sûr cela n'engage que moi.

Votre interprétation est pour le moins audacieuse... Puisse la fortune vous sourire.

 

Mais j'ai peur que vos espoirs ne soient déçus.

Merci de votre réponse qui me paraît intellectuellement recevable. Mais on peut alors aussi dire que l'élection de Mr SARKOZY (élu sur un programme néolibéral pur sucre et qui valide quelques mois plus tard le traité de Lisbonne) est un démenti au référendum de 2005).

Cordialement.

@Marc Courtes:
Vous avez helas! mille fois helas!raison:
Souvent on entend dire que les decisions prisent au niveau européen ne sont pas prises de façon démocratiques, qu'on ne nous consulte pas etc.
C'est faux: c'est bien une majorité de Français qui a élu démocratiquement nos deputés européens, non?, et comment votent-ils? dans plus de 80% des votes, la gauche ne s'oppose pas à la droite : soit elle vote dans le même sens , soit elle s'abstient, ce qui permet de faire passer le texte soumis au vote. Seule un petit groupe de députés : le groupe "Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL)" s'oppose à la droite !
Regardons vers le futur: en 2012 il y aura plusieurs candidats à la presidence de la republique:
Combien d'electeurs choisiront d'abord en fonction des positions des candidats viv à vis du fonctionnement des institutions européennes?
Combien? je vous le demande?

"Combien d'electeurs choisiront d'abord en fonction des positions des candidats viv à vis du fonctionnement des institutions européennes?" (juan23)

D'accord avec vous, il y a là un gros manque et j'aimerais que Mediapart joue un rôle d'éclaireur dans ce domaine.

Ce n'est pas une majorité de français qui ont élu leurs députés européens car il y a eu, je vous le rappelle la bagatelle de 60% d'abstention, non prise en compte bien entendu. Et comme je le soulignais dans le billet, je n'ai rarement vu un tel niveau de tartufferie dans les tracts qui semblaient identiques entre EELV, le PS et l'UMP, preuve qu'ils savent très bien ce que veulent les français. Maintenant pourquoi ne pas avoir voté en masse pour les candidats de la gauche unitaire européenne, autrement dit le front de gauche en France, malheureusement je n'ai pas la capacité de répondre. La nouveauté de cette formation n'y étant pas étrangère ni l’écœurement des citoyens devant ce que vous nommez une démocratie (parlement européen, 5ème république française), et que je trouve beaucoup plus proche d'une techno-oligarchie. A force de se moquer du peuple, les citoyens ne s'intéressent que superficiellement à la politique car il faut bien le dire le spectacle de notre scène politique donne quand même envie de penser à autre chose.

Le parlement européen n'a quasiment aucun pouvoir comparé à la commission et au conseil européen, réunissant les chefs d'état et de gouvernement. Sans compter le rôle de la BCE qui est en lévitation au dessus de toutes les instances européennes sus-nommées.

Excusez-moi de rabâcher mais on nous a consulté sans tenir compte de notre vote, et ce n'est pas en élisant des députés qui n'ont pratiquement aucun pouvoir que l'on peut parler de décisions prises de façon démocratique. Les décisions sont prises là où elles sont depuis longtemps, dans la fraternité des cabinets ministériels.

Mais il est vrai que les députés ont aussi leur part, mais nous représentent-ils vraiment?

 

 

 

Comment s'écrit : Con ou Cohen?

Avantageux ce mr Cohen. Il a servi de caution morale au journal de 13h de FR2 à plusieurs occasions cette semaine en "nous" livrant son éclairage de spécialiste...

Finalement, je préfère encore mr Cohen Jean Michel. Au moins quand il "nous" conseille un régime, "nous" savons à qui "nous" avons affaire!

Au journal de 13h, au jt du soir lundi, mardi, mercredi! C dans l'air jeudi! France inter vendredi...

Il est partout!

Lui, le bronzé de Montségur finances, et son clone de Global Equities...

Pour la section locale de la propagandastaffel abteilung ces trois pitres sont les seules sources d'information de not' bon peuple!

Et on s'étonne qu'ils ne comprennent rien!

Et encore... Je ne regarde passe pas ma vie devant la télé...

 

Dans C dans l'air il crachait le morceau en "expliquant" qu'il allait falloir taper dans la Sécu...

Et sévèrement!

Rien de personnel hein! Mais que voulez-vous? La dette sociale! Mon pauv' monsieur...

De notre faute... La cigale et la fourmi toussa toussa...

Enhardi par cet excellent climat, un téléspectateur se lâche; message sms:

" Mais qu'attend-t-on, avec toutes ces dettes pour supprimer le rmi et diviser par deux les allocations chomages?"

Sic!

Ca ne s'invente pas...

 

Moi je verrais sans déplaisir, sa bonne tête de gros nounours jovial rouler dans un panier...

Mais... Comme lui... Rien de personnel! La révolution mon pauv' monsieur!

Vous savez ce que c'est...

 

Je ne crois pas avoir raté la poutre comme vous le dites car si j'ai rebondi sur le nous, c'était justement pour souligner le manque de démocratie, que l'ensemble de l'interview confirme et que la crise ne fait qu'illustrer jusqu'à la nausée chaque jour un peu plus. Cependant il est beaucoup plus facile de se prétendre en démocratie, comme le font la plupart des "experts", lorsque les décisions prises par le pouvoir politique sont en accord avec ses propres pensées puisque dans ce cas effectivement le peuple n'est pas écouté mais c'est pour son bien, la frustration est moindre. En revanche c'est beaucoup plus difficile à avaler lorsque l'on estime non seulement que les décisions prises sont mauvaises, mais en plus qu'elles le sont contre l'avis du peuple.

C'est d'ailleurs une leçon à méditer pour un futur gouvernement de gauche que j'appelle de mes vœux, dans une démocratie aucune décision d'importance ne saurait être prise sans que celle-ci soit ratifiée par les citoyens. Autrement dit même si l'on pense sincèrement que le peuple se trompe on ne peut lui imposer une décision au risque de délégitimer toutes les institutions prétendument démocratiques. Par exemple imaginons qu'un gouvernement veuille "avancer" l'âge de départ à la retraite à 55ans à taux plein, le peuple votre et refuse cette mesure. Bien que le gouvernement pense agir pour le bien du peuple, et dans le sens du progrès humain, il devrait reculer pour obtenir l'adhésion des citoyens et non pas tenter un passage en force ou utiliser des moyens détournés pour faire passer sa mesure quoi qu'il advienne. Même si l'on rêverait de coup de force de ce genre, il n'en reste pas moins que cela resterait une atteinte à la démocratie. Bien sûr un tel gouvernement aurait parfaitement le droit d'utiliser l'arme redoutable de la communication, nous serinant sur tous les médias qu'il n'y a pas d'autre solution, car avec l'abolition des niches fiscales l'état étant trop riche il faudrait augmenter toutes les branches de la protection sociale...

La pensée "Elie Cohen" est évidemment notre pain quotidien. Hier encore, sur Fr2, un monsieur dont je n'ai retenu ni le nom ni la qualité, mais qui s'exprimait d'un lieu où dominaient les écrans indicateurs des cours boursiers, en réponse à une naïve question de la journaliste de service qui lui demandait qu'elles étaient les fautifs du yo-yo des cours, lui a répondu "vous, moi, tout le monde" et dans la foulé s'est félicité de la politique sarkozienne... Je veux bien, comme vous et tout le monde, payer ma redevance audiovisuelle mais j'avoue, qu'à force d'entendre pareil pensée unique qui n 'émane pas de moi, je vais finir par être tenté de lui appliquer ma taxe citoyenne..

Excellente analyse.

Quelques uns cassent la barque, et tous la réparent.

Le problème, c'est que ce sont toujours les mêmes, ceux qui cassent qui dorment à l'abri, les autres restent sous la pluie.

Et chaque fois que des trous apparaissent dans le toit, parce qu'ils font péter trop de bouteilles de champagne, c'est encore les sans logis qui doivent jouer les couvreurs, avant d'aller retourner se coucher dans le pré, et écouter la musique de la fête qui sort par les fenêtres qu'ils ont fabriquées au prix de leur santé, et de leur vie.

Le mieux, c'est de foutre le feu à la baraque, ensuite, on se fera des cabanes sur mesure, qui ne seront pas des palais, mais on s'en fout, des rois et de leurs draps de soie, il suffit que plus personne n'ait à souffrir du froid et de la faim, et que la richesse des uns n'entraîne plus la ruine de tous.

Affligeant...

 

Attention au copier coller sur internet. Il existe 2 Elie Cohen (nous sommes gatés !), tous deux économistes dont l'un est mort en 2008 et qui était administrateur de la Société Générale. En vérifiant les membres actuels des conseils d'administrations sur leurs sites officiels, je ne vois pas "notre" Elie Cohen à la Société générale ni chez Orange/ France Télécom, par contre il est bien administrateur chez Pages Jaunes.

 

Voici au autre copier coller de 2008 qui contrebalance votre copier coller:

Elie Cohen n'est pas administrateur de Société Générale (c'est un homonyme), il n'a jamais particulierement proné la privatisation d'entreprises, (mais dans certain cas l'adaptation à la concurrence européenne). Il est un des conseiller du parti socialiste. (Et est considéré par beaucoup de gens au MEDEF comme un affeux gauchiste...) Il est administrateur d'orange et de pages jaunes parce qu'il est un grand spécialiste des télécoms, et qu'il était depuis très longtemps administrateur de l'entreprise france télécoms.... Il est membre du conseil d'analyse économique comme tous les économistes français un peu reconnus (il sont trente ou quarante au CAE)

 

Effectivement autant pour nous. Vous avez raison il faut se méfier de nos propres réactions lorsque des faits mal vérifiés semblent confirmer à merveilles nos suspicions!

@ Stambach : "il faut se méfier de nos propres réactions lorsque des faits mal vérifiés semblent confirmer à merveilles nos suspicions"

Faire un article sur le "social traitre" Elie Cohen en exposant la biographie d'un homonyme !! On voit où conduit le mécanisme intellectuel stalinien!!!!

Et qu'on ne me dise pas que ce n'est pas ça. Sinon c'était quoi?

On en est la!!!

Tout à fait exact, c'est bien l'autre Elie Cohen, celui qui est mort qui était administrateur de la Soc Gen.

Le rouge de la honte sur mon front...

 

D'habitude je vérifie toujours avant de mettre une "info" en ligne, mais là je me suis fié à la référence Serge Halimi diplo...

Mea culpa.

 

Il est quand-même bien chez pages jaunes...Mais ça n'excuse rien...

Reste que quand je lis qu'il est plutôt de "centre gauche"! Je pouffe...

A cette aune Lecanuet était un bolchevik..

Ca, c'est de l'info !!!

Thank you Sir !

T BAUDIER

très utile à connaître tout ce que fait Elie Cohen,ça le démasque.

Intéressants, les derniers commentaires qui explorent la biographie mediatico-politico-commerciale d'Elie Cohen.

ajout : mais, attention à l'homonyme , voir commentaire de balzane78 au-dessus.

 

Quoi qu'il en soit, je suppose que le Elie Cohen conseiller du PS est bien celui qui sévit dans les "grands" medias ? Celui qui dit que la financiarisation et la crise, c'est"nous" ?

Haro sur Cohen!

Bien sur qu'il s'agit de "nous" ... qui avons élu Sarkozy, et vont peut-etre le réélire.

Le choix, nous le faisons tous les jours, par notre comportement de consommateur de biens, de loisirs, de media etc...

Le non à la constitution n'a jamais été un "pour " une alternative construite et viable.

Ce qui est valable encore aujourd'hui: un "non" à une fiction : un homme représentant un système.

Pas de système de remplacement, mais un trop plein de systèmes, à condition.....qu'on ne change pas son jour de départ en vacances: 793km de files hier, routes dégagées aujourd'hui.

Quelle est la responsabilité des ILS dans ce simple choix individuel ?

Je n'ai pas élu Sarkozy ; je n'ai jamais soutenu la financiarisation de l'économie ; je ne crois pas aux recommandations d'Elie Cohen et autres experts qui ne font qu'accompagner la crise financière en naviguant à vue à ses côtés. Pour moi son "nous" n'a pas de sens autre que d'embrouillage.

Moi non plus je n'ai pas élu NS, mais mon voisin qui n'a aucun diplome - mais le droit de vote - l'a élu.

En démocratie, quand l'erreur est majoritaire, c'est la loi !

Il importe donc d'identifier ou est l'erreur, et qui sont vraiement ces ILS.

PS: apparemment Drupal ne veut plus d'accents circonflexes ni d'accents graves, grrrrr...!

Nos vies ne sont pas exemptes de paradoxes et de contradictions et la vôtre non plus j'en suis sûr.

Cependant nos sociétés occidentales sont arrivées à un tel degrés d'abondance et d'aisance qu'il faudra encore de nombreuses années avant d'en arriver au point où la grande majorité de la population ne pourrait plus partir en vacances. Ce qui n'empêche pas les vacanciers de pouvoir se rendre compte du chemin catastrophique sur lequel nous sommes engagés, et de vouloir en changer démocratiquement pour peu que l'offre soit à la hauteur.

Effectivement nos choix individuels sont importants mais ils ne sont qu'une des pièces du puzzle, et je pense que nous n'avons pas grand chose à gagner en nous montrant du doigt les uns les autres, la situation actuelle est aussi le résultat de nos divisions...

et je pense que nous n'avons pas grand chose à gagner en nous montrant du doigt les uns les autres,

Ni en en montrant que les autres...

C'est mon modeste but: inviter à regarder chez soi d'abord, ne serait-ce que pour comprendre la difficulté (des autres) à résoudre ces contradictions.

Bravo pour cette analyse que je me permettrai d'élargir à mon expérience des "sur diplômés" d'une façon empirique mais, je crois, pertinente.

 

Le nombre des diplômes n'assure pas forcément la qualité du diplômé... J'ai pratiqué, dans le champ médicosocial, nombre de sur-diplômés parfaitement stupides (je disais C..s à l'époque), dans la mesure où leur savoir les limitait à répéter la doxa de leur champ de compétence sans qu'ils parviennent à le mettre en oeuvre dans la réalité factuelle qui se présentait à eux. Comme des perroquets, ils répétaient inlassablement leurs théories sans comprendre que l'objet avait changé de sens.

C'est le cas d'Elie Cohen et de bien d'autres "experts" qui ont abdiqué leur sens critique au profit de leur ego ou de leurs intérêts.

Il faudrait dresser une liste de ces POURRIS médiatiques et la diffuser largement et continuellement.

Est-ce lui que Martine AUBRY a choisi comme conseiller ??

 

 

Belle analyse.

Je ne veux en aucun cas dévaloriser votre travail, mais à ce jour en est-on à l'étude des phénomènes qui ont abouti à la situation où nous sommes ?

Ancien d'ATTAC j'ai milité pour le non et en toute connaissance de cause, ayant lu la quasi totalité du TCE (Annexes comprises)

L'urgence aujourd'hui ce n'est plus le diagnostic qui pour les antilibéraux est clair et commence à être consensuel dans une partie de plus en plus grande de la population malgré le médias et les partis qui freinent des quatre fers dont une part importante des caciques du PS.

Non aujourd'hui le malade est en phase terminale, métastasé par le cancer libéral.

Que faisons-nous ??

Des prières des incantations , un pélerinage à Lourdes, l'euthanasie, une chimio ....

Parlons des solutions, faisons des propositions concrètes.

Voir mon billet ICI

Un abonné y a déjà mis un lien qui m'a permis de venir vous lire.

Echange constructif de bons procédés.

 

 

M A se dit proche de Daniel Cohen économiste lui aussi Leur proximité est chose pus que publique

dès que vous voyez arriver sur les écrans ce personnage, vous savez à quoi va servir son discours devant un journaliste complaisant qui ne lui posera surtout pas la moindre question embarrassante.

il n'est, par soumission des médias, pas le seul dans ce cas à la télé et en radio, il fait partie de cette équipe de mafieux (ou de spécialistes reconnus comme on les présente à chaque fois) qui dévalisent les pays européens bref ceux qu'on appelle des libéraux et nous la jouent: "je suis un spécialiste, vous pouvez me croire (sous entendu, tas d'ignorants que vous êtes, on va vous la mettre bien profond)". La seule solution sera de virer ces néfastes pour le bien public et de leur pourrir la vie à la même hauteur que leur rapacité financière.

alors quand on voit ou on entend ces guignols, mieux vaut changer de chaîne que d'entendre leurs chansons de malheur.

 

Nous vivons dans une démocratie totalitaire....Les Condorcet, les Danton, les Saint Just et les Robespierre nous maquent pour soulever les français et abattre les bastilles noé libarales à droite comme à gauche....Helas nous en sommes loin....

@ Melchior GL

Vous écrivez plus haut à propos de la construction européenne: L'inflexion néolibérale est très récente, et réversible.

Ne nous privez pas de vos lumières, ne nous faites pas saliver plus longtemps, dites-nous ce qui vous fait affirmer cela (la réversibilité) et quels moyens techniques vous proposeriez pour "renverser la vapeur"?

Vous pouvez vous exprimer ici ou sur pleins de billets qui traitent ce sujet.

Allez y !!

 

J'ai écrit ça, moi ? Je devais avoir trop bu. Il est évident qu'elle est irréversible, que les néo-libéraux tiennent puissamment le pauvre monde dans leurs serres implacables, vont nous percer le crâne avec leurs becs hyperpointus, et que, quoi qu'on fasse, nous allons tous crever dans d'horribles souffrances (le plus tôt sera le mieux, si vous tenez à mon avis éclairé). Adieu donc, frère d'infortune.

@ MGL

Ici même sur ce billet :

13/08/2011, 14:26PAR MELCHIOR GRISET-LABÛCHE

Une ou deux bricoles à préciser cependant:

 

les Irlandais ne se sont pas prononcés sur le TCE, mais sur le Traité de Lisbonne. Ils s'y sont repris à deux fois, mais, contre l'avis des néo-libéraux

(en particulier du copain de de Villiers dont j'ai oublié le nom), ils l'ont finalement voté, ce que, pour ma part, je trouve heureux. Sinon nous serions toujours sous le régime du Traité de Nice, et l'Europe serait totalement paralysée. 

politiquement assez malencontreuse (Ségolène Royal proposait une autre démarche) la ratification du Traité de Lisbonne a été, juridiquement, impeccable. Comme le refus du TCE, quoi... Le Parlement des pays-Bas a lui aussi ratifié Lisbonne. Le Traité de Lisbonne, ratifié par les Parlements de 26 pays et par le Peuple irlandais lors du deuxième référendum, est désormais la loi commune du Peuple européen.

 

Autre chose: il me paraît abusif de qualifier de "néo-libérale" la construction de l'Union Européenne "depuis cinquante ans". L'inflexion néolibérale est très récente, et réversible.

 

C'est bien la preuve que j'étions bu. Tout le monde, dans notre Club, s'accorde à dire que les 27 parlements européens (et le peuple irlandais) sont complètement dingues, voire criminels. Si je dis le contraire, ça ne peut être que par accident, un soir d'ivrognitude. Je rectifie: la construction de l'Union européenne est néo-libérale depuis le Traité de Westphalie au moins, et elle est, depuis Lisbonne, "grrrravée dans l'marrrrbre ! grrrravée dans l'marrrrrbrrrrre !". On est foutus, quoi.

doublon d'un commentaire à venir

doublon

Ce type devrait être sus-pendu pour sortir une telle saloperie.

 

Ne vous trompez pas : ce "nous" n'a rien à voir avec les décideurs politique et économique ; pour ce type (ce porc !)... ce "nous" c'est vous et moi.

 

Tellement de choses à dire ...

Mais d'après Mr E. Cohen rejeter la financiarisation de l'économie et toutes les acrobaties spéculatives , c'est chercher des poux à ce pauvre retraité du Michigan dont les revenus dépendent d'un fond de pension dont les dirigeants se doivent de rechercher les placements optimaux ...

Si ce n'est pas se f...du monde ...!

Il n'y a plus qu'à demander au retraité du Michigan ce qu'il en pense , s'il touche bien sa pension , où s'il se fait gruger par les responsables de son FdP...

Vraiment cet économiste de reférence a bien du mal pour me convaincre de la justesse de ses propos , d'ailleurs il fait des lapsus très intéressants , et en quoi il est un spécialiste !

Cettte idéologie ultralibérale ne repose à mes yeux sur aucune justification d'efficacité , mais sur la propagande et sur la force de ses bénéficiaires , c'est à dire la petite minorité qui met en péril des sociétés entières ...

Ls.

Je trouve votre billet, Monsieur Stambach, très injuste et très féroce. Et je trouve la plupart des commentaires qui abondent dans votre sens désagréables à lire par la charge anti-intellectuels qu'ils véhiculent. On y devine parfois une haine des "élites" qui doit tout aux émotions et bien peu à la raison, je le crains. Combien parmi ceux qui traitent Monsieur Cohen de noms d'oiseau et ses propos de "saloperie" ont pris la peine de l'écouter au lieu de se baser sur le compte-rendu que d'autres ont fait de ses propos ? Il ne propose rien de moralement scandaleux. On peut n'être pas d'accord avec ses idées mais doit-on pour autant déchaîner autant de détestation ? Est-ce bien digne de démocrates que de ridiculiser ses contradicteurs avec des accusations mensongères et en déformant leurs propos ?

 

Pour revenir au fond de l'affaire, Monsieur Cohen dit "nous" en réponse à un journaliste sur les responsabilités de la situation économique, en particulier du fait de la dérégulation des marchés financier. Ce "nous" peut s'entendre au sens de "les états" par opposition aux dits marchés. C'est une pratique courante d'utiliser le nous lorsque l'on parle de "la France" et que l'on en est citoyen. Par exemple, lorsque "on" a gagné la coupe du monde ou Dieu sait quel autre colifichet. De même, Monsieur Cohen peut vouloir employer le nous au sens de "la puissance publique des états". Rien de scandaleux à cela. Il signifie alors que, collectivement, les états ont fait le choix de laisser les intérêts financiers dicter leur loi.

 

Il peut aussi faire référence aux électeurs qui élisent des gouvernements de droite dure ou des sociaux-démocrates à la politique tout aussi néo-libérale partout en Europe et, plus largement, dans presque tous les pays démocratiques du monde (à l'exception de quelques pays d'Amérique du sud, peut-être). Nombreux, ici, se gargarisent du "non" au bien mal nommé traité constitutionnel pour montrer à quel point le complot international se joue des aspirations démocratiques. Ils font l'impasse sur les "oui" qui ont précédé et sur l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007. Je précise au passage que contrairement à ce que beaucoup semblent croire, dans l'entretien dont ils est question Monsieur Cohen n'aborde absolument pas la question du traité et en aucune façon ne fait porter la responsabilité de la situation actuelle au "non" français. Si c'est ce "nous" là que Monsieur Cohen emploie alors je n'y vois pas non plus matière à le trainer dans la boue. Le "nous" est justifié par les urnes. Il l'est tout autant par les comportements quotidiens. Combien parmi les rédacteurs de réactions tonitruantes contre ses propos connaissent une marque de chaussures de sports fabriquée en Europe ? Combien font l'effort de réfléchir au moment de remplir le chariot à roulettes du supermarché ? Combien possèdent des placements financiers sans même savoir ce qu'ils recouvrent réellement, combien ont un compte bancaire et placent leurs économies au Crédit Coopératif ou à la NEF ? Combien savent ce qu'est une AMAP ? Combien sont syndiqués ou engagés en politique ?

 

Nos démocraties sont malades d'individualisme, de manque d'éducation et de dépolitisation. Les citoyens - électeurs, par un phénomène d'entrainement en forme de spirale descendante, en sont à la fois des responsables et des victimes. Responsables de voter pour des sirènes nauséabondes anti-pauvres, anti-immigrés, anti-fonctionnaires, anti-Princesse-de-Clèves, anti-intellectuels, anti-impôts, anti-profiteurs-du-système, anti-Europe, anti-n'importe-quoi-pourvu-que-ça-plaise-et-qu'on-n'aborde-pas-le-principal. Victimes de devoir supporter en retour la voix de son maître à la télévision, à la radio et dans les journaux. Victimes de recevoir en retour, pour leurs enfants, une éducation au rabais dans les écoles de la république. Victimes de voir le pouvoir politique leur échapper de plus en plus et d'assister à son transfert vers des intérêts privés.

Je ne crois pas que l'on puisse combattre cette maladie en brocardant superficiellement un économiste au lieu de l'écouter et de tirer un enseignement de ce qu'il dit, que l'on soit ou non d'accord avec lui. Cette tendance mortifère n'annonce rien de bon car seule la politique peut "nous" tirer de l'ornière. Et de politique, dans toutes ces réactions, il y en a bien peu, hélas.

Ce billet m'a fait plaisir, parce que la suffisance de Monsieur Elie Cohen, qu'on voit tous les jours sur plusieurs chaines de télé, m'agace. Non que tous ses propos soient faux ou inintéressants ; il ne fait que reprendre les arguments de tous les économistes de droite. Passons sur le "nous" cohenien, mieux vaut en rire. On pourrait dire aussi que c'est un pluriel de majesté. Un peu d'humour ne fait pas de mal. Le plus grave dans ce que dit Elie Cohen, c'est que ceux qui ont dit non au traité de Lisbonne ont dit non à l'Europe. C'est faux. Ils ont dit non au modèle européen prôné par les néo-libéraux. Un grand merci à Frédérik Stambach de l'avoir rappelé.

Ce que vous dites concernant le nous est juste, cela peut être toutes les choses que vous soulignez. En revanche, je voulais justement exprimer mon désaccord avec cette vision car elle repose sur un présupposé important: les élus nous représentent effectivement et agissent au nom de l'intérêt général. Autrement dit notre démocratie fonctionne bien, le peuple gouverne réellement et les décisions sont toutes légitimes d'un point de vue démocratique car ce sont les élus du peuple qui les ont prises.

Or mon présupposé, que vous avez le droit de contester, est différent car j'estime que notre démocratie est totalement insuffisante, et d'ailleurs cette économie néolibérale prospère grâce à cette faille béante. En d'autres termes les élus sont en roues libres. Le référendum sur le TCE, quelque soit votre opinion, en est la preuve criante. D'ailleurs vous partagez aussi mes doutes démocratiques : "Victimes de voir le pouvoir politique leur échapper de plus en plus et d'assister à son transfert vers des intérêts privés.". J'ai juste utilisé le prétexte du nous pour les mettre "en musique".

 

Vous avez raison Mr Cohen ne parle pas du TCE dans la vidéo, et c'est à mon sens un grave problème, c'est pour cela que j'ai ressorti les arguments d'Elie Cohen en 2005 car l'occasion était trop belle de souligner l'immense contradiction de ces grands "professeurs".Car contrairement à ce que vous suggérez, je ne suis pas anti-intellectualiste, ce qui n'est pas forcement le cas de tous ces merveilleux experts qui refusent tout débat et sont incapables d'autocritique. Je me fais donc un plaisir de souligner leurs erreurs.

Que nous disait-on, et je me rappelais bien des positions de Mr Cohen, en 2005: que le "non" au TCE était synonyme de xénophobie, c'était un vote anti-européen et Mr Cohen était même allé jusqu'à dire que seul les imbéciles pouvaient voter non. Et son argumentaire nous expliquait également quel serait le drame économique pour la France et l'Europe si le NON l'emportait Or mon propos était de souligner l'ironie de la situation. Le TCE est passé en force sous le nom de traité de Lisbonne, donc c'est comme si le OUI avait été majoritaire dans les faits, et pourtant la situation européenne est bien pire que ce que Mr Cohen craignait sans l'application du TCE. Remet-il un tant soit peu en question ces propos précedents? emmet-il l'hypothèse que le rejet du TCE était peut-être moins imbécile que ce qu'il estimait en 2005 quand on voit l'état de l'Europe en 2011 qui fonctionne avec les merveilleux traités qu'il a défendus?

Ce n'est pas un véritable débat intellectuel c'est une tribune, où les experts sont souvent interchangeables tant les discours sont similaires, avec le matraquage pour règle principale.

 

Par contre je n'ai pas bien compris le rapport entre avoir un compte au crédit coopératif et le "droit" d'intervenir dans un débat. Faudrait-il un brevet de respectabilité avant de pouvoir débattre? à la bonne heure, exigeons-le alors des experts en premier lieu.

Tous les préjugés , tous les présupposés me font peur .....les miens comme ceux des autres citoyens ....

Quant à la possibilité que nous aurions eu nous tous citoyens d' exprimer "notre avis" sur la CE à l' occasion duTCE - soit une histoire d'un demi siècle - allons voir par exemple ce qu'il en reste de l' histoire de la CE dans les esprits des bacheliers des séries générales L ES S ( ailleurs ce n' est pas au programme) pour pouvoir exprimer un avis pertinent .......

il en va de même pour moi concernant les préjugés, Jeff, si cela vous rassure...

 

Pour ce qui est de la vision de l'Europe chez les bacheliers, il y a fort à parier que c'est la version officielle qui prévaut. Qu'à cela ne tienne et malgré tous ses défauts, l'Europe est nécessaire !

dans le "nous" il y a sans doute aussi les journalistes de France Inter qui semblent ignorer l'existence d'un F. Lordon, par exemple.

Sauf Daniel Mermet qui doit être podcasté pour ceux qui ne peuvent l'écouter à son heure de diffusion.

Il n'y a plus de promotion de son émission aux heures de grande écoute.

Allez savoir pourquoi ?????

Les staliniens sont de retour (voir plus haut)! Et ils pullulent sur Mediapart. C'est consternant!

Les cons vont me convaincre de voter à droite

Serait-ce un plan diabolique à cette intention? Hélas, je crains que non!

@ Frédérick Stambach,

Je viens de découvrir ce billet parce qu'il y a été fait allusion à un échange sur mon dernier billet.

Votre billet est clai, bien construit et sa rédaction en rend la lecture agréable .

Je l'ai transmis à mes amis ! Sourire

 

Merci à vous!

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