Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Le Wall Street Journal et AIG : désinformation et tentative de manipulation

Le Wall Street Journal s'est lancé dans ce qui parait être une grotesque tentative de manipulation journalistique, relayant une manoeuvre qu'il est difficile de ne pas qualifier de chantage d'AIG , pour conforter la résistance des dirigeants d'AIG qui veulent percevoir leur bonus. Dans un article à sensation sur le feu qu'AIG chercherait à éteindre à Paris (http://online.wsj.com/article/SB123802506167942421.html#printMode) les auteurs de l'article prétendent que la démission de deux dirigeants de la Banque AIG créerait un risque de défaut sur 234 milliards de dérivés. Ce risque aurait été exposé dans un document remis au US Treasury Department en début de mois avec une lettre sur les 165 million $ de "retention payments". AIG prétend que le départ des deux dirigeants de la Banque AIG à Paris pourrait constituer un "event of default" parce que les personnes devant remplacer ces deux dirigeants bancaires doivent faire l'objet d'une approbation par les autorités française, et que si les autorités françaises n'approuvent pas les dirigeants, elles pourraient elles mêmes désigner les remplançant, ce qui pourrait être considérée comme une prise de contrôle et déclencher le paiement de 234 milliards de dérivés. Apparemment Banque AIG aurait un encours de transactions sur dérivés de 1.600 milliards $. L'argumentation d'AIG se situe dans la ligne de défense des bonus qui est de dire que les banques ont besoin de ceux qui ont monté les opérations pour les dénouer. Bien entendu AIG souligne que l'obligation de payer les 234 milliards de dérivés ne pourrait être honorée et que ceci causerait non seulement la faillite d'AIG, mais aussi des dommages considérables en particulier pour toutes les banques européennes qui ont souscrit des contrats sur dérivés.

On ne peut d'abord qu'être frappé par l'incroyable irresponsabilité d'une telle argumentation. Un problème abondamment souligné par les critiques des produits dérivés, comme l'auteur de ces lignes, est la sous estimation des risques de contrepartie. L'argumentation d'AIG montre que cet opérateur censé être un des plus surs dans sa solvabilité et responsables dans sa conduite n'a pas de solvabilité à la hauteur de ses engagements, et qu'il n'a aucun sens des responsabilités.

L'argumentation montre l'extrême fragilité des engagements dans les produits dérivés, car elle démontre qu'un raisonnement qui se fonde sur les clauses formelles habituelles dans ces contrats peut être invoquée dans une parfaite attitude de mauvaise foi. Dans le droit anglais ou américain , le raisonnement qui est une pure aberration rationnelle pourrait en effet prospérer. On constate que pour la protection de leurs intérêts personnels, les banquiers anglais et américains sont prêts à menacer de causer volontairement le tsunami financier que l'on craint.

Non content donc d'avoir créé dans leur cupidité un risque systémique de catastrophe financière planétaire, les banquiers utilisent ce danger pour continuer à faire payer ce qui foncièrement est la mise en place d'une catastrophe planétaire qui peut s'enfler pour détruire la planète économique et financière.

Par son article le Wall Street Journal vient à l'aide du tract des banquiers de Wall Street, et continue la manoeuvre qui a été de prétendre que l'exécution de ses engagements par AIG était une aide aux banques européennes. Il est temps qu'en Europe on comprenne que les produits dérivés sont des bombes nucléaires dans les mains de Wall Street et la City.

 

Tous les commentaires

Armes de destruction massives...

@ jamesinparis Copyright Warren Buffet :) Once again he was right !

Il est temps qu'en Europe on comprenne que les produits dérivés sont des bombes nucléaires dans les mains de Wall Street et la City. Merci de nous y aider, cher Georges. Blog de salut public.

Merci pour cet éclairage très intéressant. Je sens qu'on nous manipule de tous les côtés. Continuons malgré tout la lutte pour trouver le meilleur chemin.

Allez... Une petite quête pour AIG...

la Finance est engagée dans une lutte sans merci pour sa survie. Tous les coups sont permis, nous n'avons encore rien vu et c'est effrayant !

Georges, . "L'argumentation d'AIG se situe dans la ligne de défense des bonus qui est de dire que les banques ont besoin de ceux qui ont monté les opérations pour les dénouer." . C'est faux. . Je suis désolé d'arriver à chaque fois comme un cheveux sur la soupe mais je viens de lire l'article du WSJ est c'est tout à fait clair. Les contrats stipulent que le nomination d'un dirigeant par le législateur constitue une prise de contrôle (pas faux...) et donc, un cas de défaut. Donc, si l'Etat français ne valide pas les remplaçants des ex-dirigeants démissionnaires et qu'il nomme lui même les nouveaux dirigeants de la filiale française, il y a défault: et là ça coûte trés cher. . En l'occurence, AIG attire l'attention de l'Etat français sur ce point pour que notre gouvernement fasse attention lors de la nomination des nouveaux dirigeants. La démarche d'AIG est utile puisque le contrat étant privé, l'Etat français aurait pu commettre une bourde sans le savoir... . S'agissant des deux anciens dirigeants - Mauro Gabriele et James Shephard - ils ont donné leur démission, renoncé à leur bonus et proposé de rester sur place pour aider AIG et l'Etat français à organiser la transition dans de bonnes conditions. . A toutes et à tous. Si quelque chose dans mon propos ne vous semble pas clair ou trop technique vous avez 2 options: (i) ne me faites pas confiance et partez du principe que vous ne m'avez pas lu ou (ii) demandez moi d'approfondir jusqu'à ce que vous ayez compris. C'est une des sources de la crise actuelle : des gens ont fait semblant de comprendre des choses qu'ils ne comprenaient pas.

@Gnic Désolé de ne pas être d'accord avec vos propos qui dénaturent mon argumentation et dont l'analyse technique est superficielle. L'argumentation d'AIG est destinéE à démontrer les problèmes que posent le non paiement des bonus et le départ de ceux qui affirment que les banques ont besoin d'eux pour dénouer les opérations qu'ils ont monté. Il est donc parfaitement exact comme je l'ai indiqué de dire que l'argumentation d'AIG se situe dans la ligne de défense des bonus. Vous écrivez que "les contrats stipulent que le (sic) nomination d'un dirigeant par le législateur (sic) constitue une prise de contrôle" : outre l'erreur manifeste de parler d'une désignation par le législateur, puisque ce n'est pas la législateur qui ferait cette désignation, mais les autorités de contrôle bancaire, l'hypothèse d'une désignation par ces autorités de contrôle est une hypothèse qui tient de l'aberration, surtout dans les circonstances. Il est difficilement imaginable (et là encore on retrouve la manoeuvre tendancieuse d'AIG) qu'AIG ne puisse désigner un dirigeant acceptable aux autorités de contrôle bancaire. D'autre part ce n'est pas le rôle des autorités de contrôle de désigner un dirigeant si la banque ne le fait pas : le cas échéant elle ferait désigner un administrateur judiciaire pour diriger la banque. Enfin même si elles désignaient les dirigeants il n'est pas exact que ceci constituerait une prise de contrôle car en fait elles imposeraient à la banque un dirigeant acceptable. Dans les circonstances actuelles, vu le passif potentiel d'AIG il n'est pas imaginable de penser que l'Etat agirait d'une façon qui prêterait à une analyse comme une prise de contrôle : la désignation d'un dirigeant faite pour des raisons de contrôle des compétences bancaires ne peut en aucune manière être considérée comme une prise de contrôle, ni même comme un indice de direction de fait. Il convient par ailleurs de souligner que dans la technique de rédaction de ces contrats financiers en droit anglais ou en droit américain ce n'est pas parce qu'un événèment est un "event of default" qu'il y a , dans ce cas, mise en jeu de la garantie, il faut d'autre part que le cocontractant décide de faire jouer l'event of default pour qualifier un cas d'inexécution anticipée. Il est bien évident que les bénéficiaires de protection n'auraient pas un tel comportement suicidaire. La désignation des dirigeants par l'Etat français des dirigeants de la banque est une hypothèse qui tient de l'aberration. Les conséquences évoquées relèvent d'une pure argumentation technique fallacieuse. Prétendre que la démarche d'AIG "est utile puisque le contrat étant privé, l'Etat français aurait pu commettre une bourde sans le savoir" est prendre les autorités bancaires pour des imbéciles incompétents . L'argumentation d'AIG n'a donc qu'un fondement extrêmement ténu, c'est que qu'aux Etats Unis on appelle un "frivoulous argument". L'aspect important est que, pour défendre les bonus de ses dirigeants, AIG met en avant une argumentation qui confirment les risques de contrepartie avec une catastrophe systémique qui pourrait être déclenchée par un argument aussi dérisoire que celui en cause. Ceci confirme le danger extrême des "armes de destruction massive" qui sont dans les mains d'irresponsables En ce qui concerne votre propos il est manifeste que vous n'avez pas les compétences techniques nécessaires pour disserter avec une suffisance qui n'est pas justifiée par votre expertise, il vous faut approfondir ces compétences jusqu'à ce que VOUS ayez compris.

merci pour ces analyses éclairantes. Lorsque le petit monde de la finance est exposé au grand jour (et on sait qu'il n'aime pas ça), les valeurs qui le sous-tendent apparaissent elles aussi très clairement... ça en devient même grotesque tellement c'est indescent ces histoires de bonus. Cela montre aussi que peu de gens sont disposés à prendre leur part de responsabilité dans la crise, ormis sous la contrainte. Qu'ils continuent à nous donner des arguments pour mieux encadrer la finance!!!

Une conséquence de la polémique soulevée par AIG est de faire apparaitre que c'est par le biais d'une banque française que des CDS avec un encours de 1,3 mille Mds$ ont été émis, avec un risque potentiel immédiat de 234 Mds$ . Ceci pose des interrogations sérieuses sur l'attitude des autorités de contrôle , y compris en ce qui concerne les banques bénificiaires de ces contrats de protection, protection où un risque de perte colossale est agité par le vendeur de protection

L'action AIG Insurance Group est à son plus bas niveau historique, à savoir 0,35 USD –8 march 09, contre 60 USD son pic en 2007. L'un des principaux investisseurs de cette entreprise, mais également l'un de ses ex directeurs, M Greenberg, alias "Hank" pour les américains téléphiles avertis ( « Hank » très proche historiquement de Kissinger et de tous les dirigeants de la CIA, dont il fut même pressenti pour en prendre la direction à l'époque de l’Irangate) vient tout récemment d’assigner cette entreprise par devant le Tribunal de New-York, au motif qu'elle lui aurait fait perdre près de 2 milliards de USD, et ce du fait même de sa très piteuse gestion dans les « SWAPS Londoniens » de la City (dont une gde partie sont réellement à l'origine de la crise actuelle et de la vague de fonds affectant la finance mondiale). Ce procès, dont le fond est tout à fait inédit, pourrait d’ailleurs faire jurisprudence outre atlantique. Greenberg, C'est celui qui va bientôt plus que défrayer la chronique financière mondiale, voyez plutôt pedigree plus qu'impressionnant : - Maurice R. "Hank" Greenberg (born May 4, 1925 in New York City) is an American businessman and former chairman and CEO of American International Group (AIG) - Wikipédia US - réactualisé. A l'âge de seulement 20 ans "Hank" est l'un des premiers GI (soldat décoré) a pénétrer dans l'horrible camp de Dachau et a en libérer les prisonniers survivants, ce qui dit-on, lui aurait forgé un caractère d'ACIER. Il a aujourd'hui 83 printemps ce monsieur, et se lève toujours à 5 heures tous les matins, il est à la tête d'une fortune estimée à 4 milliards USD (Forbes US), qui vient de se trouver amoindrie de 2 milliards USD du fait même de la baisse de l'action AIG (Rise and Fall at AIG - art. de presse à consulter à ce sujet - NYT) AIG dont il fut lui-même l'emblématique et charismatique président durant près de 30 ans, qu'il a quitté en 2005, et qu'il assigne aujourd'hui en justice. Dans Manhattan et sur Park Avenue, certains serveurs de restaurants et bars huppés disent à mots couverts et en substance que « si le tribunal de New-York ne lui donnait pas raison à terme dans les années qui viennent, avec réparation du préjudice à la clé, le vieux hank serait bien capable d’aller fumer lui-même tous les managers d’AIG avant ces 90 printemps avec les pétoires qu’il a conservé de la dernière guerre, il rigole pas avec ça le vieux »(sic)...... A suivre donc…… @ +NEO-

Newsletter
Je m'identifie