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Le bruit du silence du projet de réforme constitutionnelle

A partir du 3 mai, les députés vont entamer la discussion du projet de réforme constitutionnelle visant à "l'équilibre des finances publiques". Comme le nom l'indique, il ne s'agit pas d'une simple loi mais d'une "réforme" qui devra être approuvée par les assemblées réunies en congrès. Ce n'est donc pas rien et pourtant, partout, c'est un extraordinaire silence médiato-politique qui ne peut s'expliquer que par un très large accord consensuel politique et syndical.

Le but est d'inscrire dans la constitution l'obligation d'équilibrer, c'est à dire de réduire les dépenses publiques ce qui ne peut se faire que par des suppressions de postes, un démantèlement accéléré des services publics, de nouvelles privatisations, la poursuite de la destruction des systèmes de santé, de retraite et de sécurité sociale etc.

Alors que l'on cause et disserte sur la crise et la réduction des inégalités, les millions d'usagers des services publics et plus encore les plus démunis seront les principales victimes du délabrement de nos institutions républicaines.

Mais, il faudra certainement continuer à acheter des drones, des Mirages, des Rafales, des frégates, un nouveau sous-marin nucléaire, produire encore plus de têtes nucléaires, continuer à envoyer des troupes en Asie, en Afrique pour préserver, non les intérêts de la France mais les intérêts particuliers des actionnaires des multinationales.

Et puis, il est à se demander si toute résistance, toute revendication de nature salariale, toute volonté de voir préserver et renforcer les services publics pourraient ne pas être considérées comme anti-constitutionnelle et être susceptibles de poursuites ! Et quel serait le rôle des syndicats dans ce processus ?

Alors, faut-il se taire ?

Tous les commentaires

Même si je ne suis pas totalement dupe, expliquez-moi par a+b ce que "équilibrer les finances publiques" équivaut à "supprimer des crédits aux budgets".

merci

Equilibrer, c'est à priori, faire en sorte que les dépenses soient compensées par des recettes équivalentes. Concernant les dépenses publiques, cela consiste à se rapprocher des critères de Maastricht, soit les fameux 3%. Compte tenu de l'ampleur du déficit et de la dette, l'orientation politique est bien de réduire les dépenses de façon drastique ce qui passe déjà par les emplois et les services publics. C'est d'ailleurs ce qui est fait et qui va encore s'accélérer avec la "réforme".

Mais ce qui peut paraitre le plus curieux mais qui ne m'étonne pas personnellement, c'est le mutisme total autour de ce projet pourtant à l'ordre du jour de l'assemblée le 3 mai !

C'est surtout cela qui devrait attirer notre attention.

Ce projet est sidérant. Il est exactement en accord avec la volonté de la Commission Européenne, et des marchés, de mettre fin peu à peu à toute politique budgétaire nationale et de là à toute politique nationale, comme Mendès-France et les travaillistes anglais l'avaient bien pressenti, dès les années 50 dans le Marché Commun. C'était bien avant Tony Bliar bien sûr. Il n'y aura pas d'Europe sociale, mais une Europe pour les marchés financiers.

Le PS va-t-il voter cette révision ?

@guitou73

Une réforme de la Constitution se fait devant le Congrès (députés+sénateurs), où elle demande une majorité qualifiée. La droite a-t-elle cette majorité qualifiée? Sinon, et si le PS s'oppose à la réforme, il faudra à Sarkozy convaincre quelques membres de "gauche".La dernière fois, la réforme de Sarkozy a passé à 1 voix près: celle de Jack Lang (Parti Socialiste). Je ne sache pas qu'il ait été exclu du PS pour cet acte important de torpillage de la politique officielle de son parti.

Le PS va sans doute:

-soit approuver la réforme, avec quelques crtiques formelles;

-soit s'opposer à la réforme, pour la galerie, tout en sachant qu'elle passera; -soit comme pour le traité de Lisbonne ne pas donner de consigne à ses ouailles, ce qui fait aussi passer la réforme largement.

@gaelz

PS : parti à multiples facettes, qui vogue au gré de ses fantaisies, de ses inepties et de ses contradictions.

Jack Lang, c'est la cerise sur le gateau. hi hi hi hi hi hi

Pour apporter un regard différent sur ce sujet très bassement technique, un pays a tout comme un ménage des créanciers sur ses dettes et un budget. Il faut que les créanciers (cad les prêteurs) soient confiants que les bons du trésor qu'ils achètent avec promesse de remboursement avec intérêts leur seront effectivement remboursés au terme du contrat de financement. Notez que la règle des 3% de seuil d'endettement annuels maximum est antérieure à l'€. La spirale des déficits en marche depuis longtemps pour les pays comme la France structure le paysage créanciers/ débiteurs, les créanciers étant aujourd'hui massivement présents en Asie, et les débiteurs massivement plutôt en Europe états dont France, Grèce, Portugal, Italie, ou les particuliers Anglais, Espagnols, Irlandais, et les USA qui peuvent dégraisser leur dette en jouant sur la valeur de leur monnaie.

Conclusion, les seules marges de manoeuvres que nous ayons, tout comme le ménage surendetté sont: gagner plus, cad augmenter notre production intérieure, d'aucuns soulignent la baisse drastique de notre industrie ces dernières années et notre misère financière logique qui va avec, soit de dépenser moins, et c'est là la seule option comptablement valable que vous mettez en avant ici.

L'argent que nous utilisons de manière goulue pourrait sans doute être bien mieux contrôlé, il faudrait donc renforcer les vertus d'un contrôle politique plus démocratique sur l'utilisation faite des deniers publics dans un but de plus grande efficacité sociétale, et au détriment d'intérêts particuliers puissants qui se servent au détriment de l'intérêt génaral des citoyens. Instituer davantage de transparence dans les budgets, établir des comparatifs internationaux par plus de contrôle démocratique sont les fers de lance de toute reprise en main des affaires financières ici comme ailleurs.

Bonnes réflexions, et merci pour ce billet.

 

@ Gérard Gome

Vous avez mille fois raison de faire un billet sur le sujet qui est en fait déjà "réglé" en haut lieu ; le 3 mai ne fera qu'entériner une mesure obligatoire visant à se rapprocher au plus près et sans faute des critères fixés au niveau européen pour tendre au maximum ce fameux équilibre des finances publiques.

Non seulement il n'y aura plus de marge, mais cette obligation inscrite dans la constitution engage et engagera tout parti désireux de gouverner comme garant d'un équilibre supra-national. C'est le rôle et le sens de l'Assemblée Nationale qui sont là attaqués encore plus profondément, et donc de la représentation nationale également.

Cela ne concerne pas que la France bien entendu. Il faut je crois mettre cette réforme en rapport également avec le pacte de compétitivité entre l'Allemagne et la France. Tout un dispositif se met en place qui permettrait en effet de déclarer comme anti-constitutionnelles les résistances et manifestations de résistance en défense des services publics, des salariés, de la protection sociale, de la Santé, de l'Education, de l'Emploi, de la Culture etc...

C'est très grave, et la question à ce sujet doit être posée dès maintenant à chaque candidate(e). Il est même très tard pour la poser. Car cette réforme rend toute opposition parlementaire véritable susceptible de se mettre hors-la-loi.

Il est clair que l'information et la mobilisation au sujet de cette réforme auraient dû émerger bien plus tôt.

Pour demain premier mai, les appels à manifester sont axés aussi sur la solidarité internationale face aux mesures dites d'"austérité" et d'"assainissement" des finances publiques ; voir le site

http://www.evous.fr/Manifestations-du-1er-mai-2011-a-Paris-Les-rendez-vous-et-parcours,1150465.html

ainsi que le site de la LDH et ceux des organisations syndicales.

Voir également l'article de Charles Conte

http://blogs.mediapart.fr/edition/comment-faire-societe/article/280411/appel-pour-un-premier-mai-de-refus-du-racisme-et-d

 

Quel silence !

Merci à vous .

Recommandé .

Ce billet doit etre lu !

Je la redoutais la mauvaise nouvelle du jour, la voilà.

Elle confirme le retour subreptice, mais certain, d'une nouvelle société d'ordres semblable sur bien des points à celle de l'Ancien Régime, celle d'avant la Révolution.

Ce projet de réforme constitutionnelle en est l'une des clés de voûte.

Pendant ce temps, le bon peuple est anesthésié par des mariages princiers, des béatifications papales, des problématiques électorales, des bruits, des buzz, des stratégies diverses de distractions.

Les claviers fument en solo et poussent de grands cris muets.

Les poisons de la bonne gouvernance accélèrent la dislocation de notre République démocratique.

Le citoyen se mue silencieusement en autre chose........En quoi ?

Les partis d'opposition ne s'opposent plus à rien ni à personne et ce parti qui se dit socialiste squatte un créneau qu'aucun discours social ne vient légitimer.

Mais l'histoire ne se répète jamais que sur le mode de la bouffonnerie. Peut-être alors faudra-t-il parler de refondation.

 

Député socialiste, je vous indique que nous nous sommes déjà expliqués clairement sur ce sujet :

1- nous voterons contre à l'Assemblée. Je serai un des orateurs sur ce point mardi.

2- si le Président réunit néanmoins le congrès, nous voterons contre à Versailles.

3- les radicaux de gauche de l'Assemblée (dont on oublie parfois qu'ils ont fait "passer" le traité européen) ont déjà pris la même position.

Amicalement.

Invoquerez-vous le "principe de non-régression sociale" qu'a invoqué Martine Billard dans sa question au gouvernement sur l'inconventionnalité de la réforme des retraites ? Et sinon, pourquoi ?

A CEKERT,

Vous vous déclarez député socialiste, je lis votre commentaire et je vous le dis franchement, je ne vous crois pas un instant...

C'est cruel mais c'est ainsi, le PS actuel (donc ses représentants) est décrédibilisé à mes yeux depuis l'épisode de la ratification du traité de Lisbonne.

Je n'ai pas la cruauté de revenir des reniements des périodes Mitterrand ou plus proche Jospin (lui c'était une trahison permanente)...

Il se trouvera toujours dans votre parti des rénégats genre Lang que vous n'avez jamais eu le courage de dénoncer par ailleurs.

 

C'est intéressant que vous interveniez dans ce débat en tant que député. Je n'ai malheureusement pas eu à faire aux explications dont vous faites états ici. pouvez nous nous faire part quelles sont les grandes lignes de réflexion de votre groupe - et pourquoi pas de vos alliés occasionels, puisque vous les mentionnez- à ce sujet?

Avec tous mes remerciements,

et également en toute amitié.

Merci pour cette information, qui aurait dû focaliser davantage de commentaires à l'instar de ce qui se passe pour le foot, en ce moment. Même si ce qui est dénoncé dépasse les frontières footballistiques.

Une ère d'austérité à nulle autre pareille s'installe en France, et les lecteurs de Médiapart qui ont la chance d'avoir une telle information, se focalisent sur le pourquoi, le comment de tels articles -ceux sur le foot- et des possibles désabonnements.

Qu'ils ne disent pas qu'ils n'étaient pas informés et qu'ils regrettent le peu de mobilisation des français !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Pour plus d'informations sur ce sujet IMPORTANT .

Voilà quelques que mots , afin que ce billet reste en

lecture au moins jusqu'au vote à l'Assemblée .

( sans aucune connivence avec l'auteur de ce billet )

MERCI

Quelqu'un peut-il rappeler les modalités pour réviser la Constitution par voie législative.

Il y a d'abord les votes du Sénat et de l'Assemblée avec un quorum... Enfin un peu d'éclaircissement sera le bienvenue.

Egalement rappeler la ratification du "Lisbonne", comment et avec qui Sarko a réussi son hold-up sur la volonté du peuple.

Comme beaucoup j'avais entendu parler de ce projet de loi, mais de la à faire cette réforme maintenant, alors que mr Sarkozy n'a plus de majorité à l'assemblée et au sénat, donc une réforme qui devrait avorter car l'exemple du traité de Lisbonne est dans toutes les têtes et je considère que depuis ce fameux congrès oû il fût voler leur libre arbitre au peuple souverain en démocratie, que nous sommes en dictature ! Je reste socialiste dans ma tête même si comme plus de 10 000 adhérents à 20 euros considérés comme des parasites lors des primaires de 2006 du PS, je garde mon vote pour Mme Royal, remarquable hier sur le plateau de C politique, mais personne n'a songé à nous donner le taux d'écoute de l'émission !

Je voudrais jouter pour ceux qui ne s'en serait pas rendu compte, mais Mme Royal ne s'achète pas, au contraire de pas mal de gens de gauche comme Kouchner ou encore Fadela Amara ou Fréderic Mitterand, ont participé ou participent encore à ce gouvrenement. Oui, mme Royal a vu DSK à Paris la semaine passée et non, elle ne se couchera pas devant cet ignoble personnage fabriqué par les sondages élyséens afin de continuer le démantelement des services publics et donner encore plus de pouvoir aux banques et aux grandes entreprises qui nous gouvernent aujourd'hui, n'oublions jamais son rôle en qualité de ministre des finances et sa loi de libéralisations des banques postales et CE entre autre qui ont aboutit à la perte de plus de 600 millions d'euros par leur filiale DEXIA. Ces banques et les autres qui affichent ostensiblement dans les bureaux de leurs conseillers qu'il faut leur faire "confiance" que ces conseillers ne sont pas "rémunérés" sur leurs ventes de crédit en tout genres, assurances ou forfaits mobiles, lorsque'on pert de vu son coeur de métier arrivent les dérives du toujours plus d'argent facile et non contrôlé !

Meme Royal s'achète comme les autres. La preuve :aprés son voyage au Proche Orient , elle a tenu des propos parfaitement contradictoires avec ceux valorisés dans "désirs d'avenir"au sujet de l'application du Droit international en Palestine......Meme Royal sait parler double, spécialité de ce qu'est devenu le PS depuis fort longtremps....

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