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La question du parquet et autres menus rituels de fidélité

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« Ah bon, toi, tes parquets sont cirés, pas vitrifiés ? » Elles me regardent l’air étonné, un peu comme si je venais de leur apprendre que je m’éclairais encore au pétrole. C’était lors d’un « déjeuner-copines », l’un de mes sports préférés parce que parmi les plus reconstituants qui soient. On mange, on boit du vin. On parle de tout, de rien. De choses graves ou pas. De ce qui se passe dans le monde, d’amours, de travail, de nos mères, de lectures, de projets, de regrets, de collègues, d’ex-collègues ou de notre hiérarchie, de films, de souvenirs, de bêtises aussi parfois et même assez souvent. Mais rien à voir avec « Sex & the City », on est de vraies femmes bien plantées dans la vraie vie, mes copines et moi, pas des créatures de séries.

 

 

Comment le parquet est-il venu sur le tapis ? Je ne saurai le dire. D’autant plus qu’il n’y a l’ombre d’une « hausfrau » en aucune d’entre nous. Alors probablement à cause d’un week-end pluvieux et légèrement cafardeux qui m’aura jeté dans un de mes rares mais féroces accès de ménage-à-fond qui me laisse généralement KO un jour ou deux. KO, les articulations douloureuses, mais avec une sensation de propre, de net, de fait, une bonne odeur de cire qui me réconcilie. La cire, l’objet du délit….
- « Mais tu es folle ? Avec paille de fer et tout le bataclan ? »
- « Et oui, avec paille de fer, cire d’abeilles et chiffons de laine …. »
Il faut dire… Il faut dire quoi, au fait ?
- « Et bien voilà, j’ai eu un grand-père ébéniste à qui j’avais promis-juré que je ne vivrai jamais, du moins de mon plein gré, dans une maison au parquet vitrifié. Il me disait que ça empêchait le bois de respirer, qu’il finissait par s’asphyxier et mourait. Alors croix de bois-croix de fer, j’ai juré…»
- « Et tu ne l’as jamais fait ? »
- « Non, à l’exception d’un appartement que j’ai occupé à peine 2 ou 3 ans il y a longtemps et où il y avait du faux bois vitrifié, j’ai toujours ciré mes parquets… »

 

 

Le parquet ciré. Son vieux rabot (sa « varlope ») qui trône toujours sur la console de l’entrée. Un vieux miroir piqué dans lequel on ne peut plus se voir depuis des générations et dont le cadre s’effrite mais dans lequel je me surveille chaque matin. Mon premier livre sans images. Des photos. Des milliers de photos. De vieux et insurmontables réflexes anticléricaux. Un vieux peignoir de ma sœur tout effiloché et un peu étroit pour moi que je continue à porter en souvenir d’elle. La manie d’essayer toujours de marcher sur les trottoirs dallés en évitant les traits. La valise de carton avec lequel mon père est revenu de camp de déportés. Le dégoût de la viande rouge et des abats. Un stylo-plume tout desséché. Un portrait de ma mère en jeune fille souriante près d’une chute d’eau. Des chants de la Commune ou de la Guerre d’Espagne. Le tout premier dictionnaire qui m’avait été offert. Un foulard de soie défraîchi. Un mûrissoir pour vers à soie venu d’une ancienne maison des Cévennes. Des mots, des noms, des expressions. Une étoile jaune, dans un tiroir quelque part. Et à peu près tout tout ce qui a été écrit sur les FTP. Le souvenir de certains lieux, certains parfums. L’envie toujours de caresser du bois dès que j’en vois. Toucher la pierre aussi quand elle est polie. La langue allemande pour apprendre à se réconcilier. «Nach Frankreich zogen zwei Grenadier»... Des vieilles lettres ou cartes postales avec de chères écritures disparues à l’encre pâlie. Un culte immodéré pour des valeurs devenues presque rétros comme le partage, la justice, la solidarité. Une bague trop petite et dont une minuscule pierre est légèrement déssertie. Un athéisme total. Des poèmes de René Char, Antonio Machado, Eluard ou Federico Garcia Lorca. Le goût du soleil. La haine du froid, de la solitude, de la neige et de la tyrannie. «A l’enterrement d’une feuille morte…» Ou Paco Ibañez : « Como tu, piedra pequeña, como tu, piedra lijera, como tu… »

 

 

Héritages. Souvenirs et héritages. Patrimoine. Les lames du parquet. Le parfum de cire qui flotte encore. Le souvenir du rabot, des copeaux, de la sciure. La grand-mère qui traquait les « chasse-galants » (toiles d’araignée) avec une « tête-de-loup ». Le pâté aux prunes du dimanche vers Angers qu’on n’a jamais réussi à recuisiner. Le kugeloff de l’autre côté de la famille dont la pâte n’a jamais levé. La bassine. La lessive. L’odeur de propre. L'avenue de la Résistance qui s'appelait alors rue Alexis-Pesnon. L'école Jules-Ferry. Une robe de chambre rose et matelassée qui se penche sur vous le soir pour vous embrasser et dont le parfum vous est encore palpable au moment de vous endormir des décennies après. Dors bien mon ange. Ce n'est rien, juste l'orage. Les conjugaisons, les départements, les verbes irréguliers. Se souvenir par cœur... L'instit' de CE1 s'appelait Mlle Panetras. La professeur de musique s'appelait Mme Duchman et passait de classe en classe avec son guide-chant. Qu'est devenue Mme Hérisson ? Ce n’est rien. Se démêler les cheveux à fond tous les soirs et tous les matins. Jamais de bleu avec du marron. Combien y en a-t-il de ces petits rites quasi invisibles du quotidien auxquels nous sacrifions sans même y penser, uniquement par fidélité ? Combien de petites madeleines qui surgissent et que vous n'avez plus grand monde pour évoquer alors que vous ressassez ? Combien de listes inutiles: les noms des profs, les noms des rues, les numéros de téléphone de tous les appartement où on a habité ? Des centaines ? Des milliers ? Impossible de savoir. Impensable même de prétendre vouloir les recenser…
- « Mais c’est si important pour toi ? »
- « Oui, je pense que oui. Sûrement oui… Sinon, je ne le ferais pas. Et je n’accumulerais sûrement pas non plus tout ça ! C’est un vrai marché aux Puces chez moi ! »
- « Pourquoi ? »
- « … »
- « Tu as une idée ? »
- « Je ne sais pas. Peut-être pour me sentir digne de ce qu’on m’a transmis et avoir la sensation de ne pas avoir démérité… »
- « Et pourquoi ? »
- « Sûrement parce que je suis fière de venir de tout ça et que c’est ma façon à moi de le célébrer. Je ne sais pas, une affaire de lignée ? Tu trouves ça con ? »
- « Con, bien sûr que non. Mais pourquoi te sentir fière ? C’est quoi, une lignée ? On n’est jamais responsable de son passé ! Regarde, on le dit assez des enfants de criminels ou aux enfants ou petits-enfants d’anciens collabos ou d’anciens nazis, ils ne sont pas responsables des erreurs de leurs parents. Ça devrait marcher aussi pour la fierté, c’est symétrique, non, tu ne trouves pas ? »

 

 

Depuis je réfléchis. Cette « symétrie » m’a littéralement tuer. Je me dis que tout cela doit alors avoir plutôt trait à la mémoire. Pas seulement à la fidélité. Ou alors à la mémoire de la fidélité. Célébrer par peur d’oublier. Garder pour se souvenir. Une sorte de récolement compulsif du passé par la pensée et les objets. Je m’interroge. Je collecte toutes les définitions du mot « transmission ». Je cherche. Je ressors des romans où des auteurs retraçaient parfois jusqu’au vertige le portrait de leurs parents haïs ou vénérés. Je lis et relis inlassablement le billet d’Antoine Perraud sur Dominique Fernandez, celui d’Edwy sur Michèle Audin. Je pense à Electre, à Oreste. J’essaie même de me replonger dans « Antigone », je renonce, je le repose, j’ai la migraine, je réfléchis...
C’est quoi, la fidélité ? Vous avez une idée ? « Fidélité » me dit Le Robert est un nom féminin apparu en français vers la fin du XIIIe siècle. Il vient du latin fidelitas et a remplacé féalté, feauté, de féal. Féal, de son côté, renvoie à la foi, à la fidélité à ce qui a été juré, au dévouement, à la loyauté. Suis-je loyale ? Suis-je dévouée ? Y a t-il quoique ce soit que j’ai un jour juré ? La foi ? Quelle foi ? La foi en quoi ? Alors, ça sert à quoi de se souvenir ? Que doit-on faire de tout ça ? Où doit-on le poser ? Paracétamol et verre d’eau. J’envie tous ceux qui ont la mémoire courte parce que la mienne me semble trop longue, trop lourde, et que je m’en sens encombrée. A quoi ça sert tant de mémoire ? Qu'est ce qu'on en fait ? Un dernier verre d’eau. Mieux vaut laisser tomber.

 

 

Oui, tout ça à cause d’une histoire de parquet, dont je ne me souviens même plus comment elle est venue sur le tapis !

Mais il brille de mille feux, ce soir, mon beau parquet ciré. Et la lune s’y reflète quand nous allons nous coucher… Tu vois, jusque là, j’ai tenu ma promesse, Pépé !

 

© Gustave Caillebotte, Les Raboteurs de parquet

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Waouaw !
PS : Moi, je viens de rénover un plancher. Du chêne ardennais, cloué. Le vitrifier ? Jamais. Plutôt crever. Nous non plus on respire plus avec les émanations de saloperies. Moi, je l'ai huilé. Pis j'ai posé dessus un poêle à bois.
Merci Grain, pour ce récit. Mais on a aussi d'autres "parents", qu'on se choisit. D'autres "progénitures" qui nous choisissent... La fidélité.. c'est juste parce que c'est choisi... Ça tombe juste bien que ça soit quelqu'un de si proche. Pas d'inquiétude.

Joli texte, Grain, où la plume trempe par touches délicates dans l'encre de la nostalgie. Chez moi non plus, les parquets ne sont pas vitrifiés. Hélas, ils ne sont pas suffisamment cirés non plus. Paille de fer, et tout le bataclan: c'est trop fatigant. Et pourtant j'adore l'odeur de la cire dans une maison. Qu'est-ce qu'on fait avec le passé ? Cela dépend des moments. Parfois, il nous encombre, fait écran au présent et nous empêche de voir l'avenir, qu'il obscurcit. Dans ces moments-là, il faut procéder au tri sélectif. Lui être trop fidèle nous est un carcan. Parfois, on tricote le passé et le présent et on fait un joli patchwork. On lui est fidèle et infidèle: on l'inscrit dans une autre trame. C'est ainsi qu'il peut nous nourrir sans nous empoisonner.

Très beau!
Pour moi la mémoire n'est jamais trop longue, trop lourde. Ce que je suis, ça vient de tout ça derrière moi, tout compte et en renier une partie serait me mentir à moi-même. Mieux: ce que j'aime plus particulièrement, c'est précisément les passages ou détails vraiment inconciliables avec "le reste", car c'est le plus difficile, donc le plus intéressant pour travailler "moi-même" et m'enrichir.
Non, décidément, je n'envie pas ceux qui sont tout le temps en train de faire table-rase, qui déchirent leurs photos quand les amours sont mortes etc. Je les plains car j'ai l'impression qu'ils sont en perpétuelle fuite en avant.

Cette histoire émouvante de parquet ciré, je la rapproche de la lecture de Hannah Arendt à laquelle nous convie Thierry Ternisien sur son blog. Cirer son parquet, c'est combiner vie active et vie contemplative, je pense.

Cirer, raboter, penser. Facere, Agere, Gerere.

Une merveilleuse histoire de parquet et de pépé. Merci Grain. J e la relierai tranquillement ce soir car là, je suis pressée.

"Cette « symétrie » m’a littéralement tuer. " Oui, et tu as eu raison d'être tuer, chère Grain. Là je ne fais même plus d'hypothèse, j'affirme ma "raison". C'est une fausse symétrie, que l'on t'a donnée là. Pour se construire l'être humain a besoin de confiance, autre nom de la foi. Il la prend dans son entourage, ou plutôt dans ses liens, il la prend où il peut. Même l'enfant d'un collabo ou d'une criminelle ou de je ne sais qui peut avoir ses robes de chambres roses, ses madeleines à lui, et tant mieux si ce ne sont pas les crimes de ses parents. Espérons que l'enfant en eux aura au moins trouvé un chat, une plante, une pierre (comme dirait François Roustang) pour se raccrocher, s'attacher, se confier, trouver une foi dans le monde.
Je t'embrasse, toi et ton Pépé, et j'en profite pour embrasser les miens, mes deux "Pépé", qui vivent toujours en moi, eux que je remercie d'être venus me voir en rêve quand j'ai commencé mon chemin de reconstruction, il ya déjà ... des tas d'années. L'un travaillait aussi dans les et le bois, j'ai gardé le petit lit de poupée qu'il m'avait fait, à mon émerveillement d'alors. Et ma mère, quand elle a pu, a trouvé une maison à parquet, qu'elle cire encore, même si elle trouve ça dur. L'autre m'a initiée au jardinage, et j'ai toujours eu depuis dans mes jardins groseilliers, cassissiers et framboisiers, tout comme chez lui. Je crois qu'on peut revisiter ses héritages, et garder, mettre au premier plan, ce qui nous nourrit, comme la cire nourrit les bois au lieu de les tuer.

Quel texte sensible et beau sur les filiations visibles et invisibles, familiales, volontaires, choisies, tout ce qui nous tisse... Tu as bien fait de mettre le parquet sur le tapis (et non l'inverse...) Et quel plaisir de te lire de nouveau !

Chère grain, si je venais à Paris, je ferais comme faisait Jean-Paul II, je viendrais m'agenouiller et baiser ton parquet! Juré! Croix de bois, croix de... paille de fer!

Quand ? Quand ? Tu viens quand, Tony ? Je te promets que je ne t'obligerais pas à prendre les patins... Et si tu ne tiens pas ta parole, c'est le bidon entier de cire d'abeilles dont tu seras enduit avant d'être roulé dans les plumes des traversins !

Je veux voir ça ! Je parle à ton beau billet, Grain, en secret, et me le recommande... Vancouv'

... cruelles! J'ai écrit "si" et fait suivre d'un conditionnel bien dubitatif... et déjà me voilà chevauchant le rail des tricheurs. L'une me menace de l'infâme traitement et l'autre s'invite au spectacle, déjà! Seigneur! Protégez-moi de mes bonnes amies...

Ça fait trois fois que je le relis. Sans doute pas la dernière. La drôlerie, la fraîcheur, la finesse, l'appel murmuré à toutes nos mémoires. Que de résonances. A mettre dans les petits bonheurs du jour...

Un bien beau texte, empreint de sensibilité ( et ce tableau de Caillebotte que j'adore ...)
Transmission et fidélité. Collections d'objets , de traces, de souvenirs... Vos mots cheminent et m'interrogent, moi qui fouille les brocantes pour le simple plaisir de manipuler des objets, polis par de multiples mains anonymes, qui m'intéresse à la généalogie des familles ( plus que de la mienne) et gratte les stèles moussues des tombes abandonnées pour y lire les inscriptions à moitié effacées. Pourtant, j'aime les murs dépouillés et les objets rares : je déteste accumuler et suis une grande déchireuse/jetteuse qui "fuit en avant", comme dirait Axel.<
Une seule exception : le buste d'un de mes ancêtres, peint par son beau-frère, posant l'air avantageux, barbe d'intégriste et gilet de sauvetage, sur fond de Loire déchaînée. Ce grand portrait ovale, dont j'ai jeté les dorures clinquantes du cadre, me fut légué par mon grand-père, à ma demande expresse, alors que je n'avais que six ans. Il voulait le donner au musée de sa ville natale car, sans grande valeur picturale, il évoquait un événement local ( une crue mémorable de la Loire) au cours duquel cet ancêtre s'était illustré en sauvant des eaux plusieurs enfants, ce qui lui avait valu de recevoir de Napoléon III la légion d'honneur et quelques subsides pour ses protégés ( j'ai conservé aussi la lettre cachetée qui les lui envoyait).
Pourquoi gardé-je ces souvenirs ? Non pour me rappeler mon grand-père (dont certaines paroles sont restées à jamais gravées dans ma mémoire). Sans doute en raison de l'immersion de mon histoire familiale dans l'histoire locale et nationale. Mais, surtout, parce que ce tableau gigantesque que je contemplais, enfant, dans le salon de mes grands-parents, du bas de mes six ans, fit naître en moi ce "désir d'Amériques" qui vous porte à explorer de nouveaux rivages. Car il m'apparaissait comme un pirate,un conquérant, un aventurier fabuleux, cet ancêtre au maintien compassé !
Fidélité au passé, oui, mais pas à un passé statique, à un passé mort. Fidélité au désir et à l'espérance, fidélité à l'avenir...

Votre texte est très en harmonie avec ce "beau travail" que j'associe toujours au tableau de Caillebotte! En vous lisant et, comme Virgil Brill, en vous relisant j'ai associé fidélité et transmission. Peut-être même plus que fidélité à un passé, je lis cet immense chantier que nous avons à "trier" de la transmission, celle qui est évidente, là présente et celle dont on se "souviens même plus comment elle est venue sur le tapis !" et qu'apparaît au détour d'une image, d'une parole, d'une page qu'on lit ... ou au cours d'une petite bouffe! Mais je ne veux pas faire de l'interprétation de supermarché et simplement vous dire que je me suis laissé entraîner en douceur et avec plaisir parmi ses "souvenirs et héritages".

J'ai déjà lu et relu et je relirai votre plume poétique, chère grain de sel, histoire de lignées et de lignes du bois que la cire met en valeur... histoire qui imprègne nos pensées, nos corps, nos gestes et nos choix, conscients et inconscients, parmi les éléments que nous récoltons de l'histoire - aucune symétrie là-dedans.
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C'était celle-là, Joha ? tronc-lierre.jpg

Non, c'est celle du dessus - autre relation entre tronc, écorces, racines et feuillages - toujours pas de symétrie cependant. Le lierre a mauvaise réputation qui semble 'profiter' du tronc auquel il s'adosse, voire détruire les murs construits par les humains, uniquement si ces humains n'entretiennent plus les murs. Dans mon jardin cependant, le lierre n'est jamais venu à bout d'aucun arbre, ils semblent vivre en bonne entente - quant aux murs, j'ai planté de la pacifique vigne vierge qui voisine chaleureusement avec le lierre qui s'en trouve limité... les murs tiennent toujours mais j'ai renoncé au potager depuis Tchernobyl qui m'a foutu le mouron - trois ans de légumes aux formes dantesques ont eu raison de ma constance et de notre appétit. Je vais acheter mes légumes au 'temps des cerises'... J'ai de la sympathie pour ces hommes qui poncent les parquets à la varlope, ils m'évoquent mes sorties dans le jardin quand il faut y préserver un espace pour nos repas, faut de l'huile de bras... Restent les arbres fruitiers fidèles au poste et la loupe de bois travaillée par les humains, presque proche de l'écriture - image de loupe de bois construite par un être humain ci-dessous : il y faut nos huiles de bras, nos amours et nos regards pour les découvrir et les dire, Joha
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Tant qu'à déraper, ce soir, je choisis ton parquet.

Qui parle de déraper ? Et Lisette, doucement, c'est juste une valse !

Dominique pensait peut-être au Parquet ...du Procureur de la République !

Mais que non, glissade pur bonheur, dérapage ravi sur patins ou sans, sur un parquet autrefois fréquenté, paille de fer et ainsi de suite, c'était la salle de bal où aucun bal jamais ne se tenait plus, mais on entretenait et on avait droit à la glissade, et on mettait des musiques improbables, et.. Car le Parquet judiciaire jamais ne dérape, c'est bien connu, sauf lorsqu'il a des hallus d'indépendance. Hors actu.

Entre Sissi et Milos Forman, les amours d'une blonde et au feu les pompiers et tutti quanti , les patins, la glissade, la luge, la chute ! M.Duras, écrit qu'elle n'aime pas ce mot de dérapage ( dans " Ecrire"), mais elle l'emploie ! Comme quoi....;o)

Alors là, je cherche, pour une fois que j'ai le bon livre sous la main, et ne trouve pas. Comme quoi, autant se décaler et prendre l'autre livre. Glissade, dérapage, cire, luge et chute ? De la chute, on se relève. Du dérapage, pas toujours ( aurait dit Marguerite, peut-être qu'elle l'a dit en plus, après avoir dérapé elle-même, sûre qu'on l'aimerait désormais dérapante). Zoup!

Zoup ! C'est moi qui dérape, je l'avoue . Marguerite n'aurait pas dû m'offrir un "côtes de Duras"... Dans Folio, c'est page 40, dans la sublime histoire de mouche. " Mais qu'une mouche meure, on ne dit rien, on ne consigne pas, rien. Maintenant c'est écrit. C'est ce genre de dérapage-là peut-être -- je n'aime pas ce mot -- très sombre, que l'on risque d'encourir." b,

Ah voui, retrouvée la mouche. In Gallimard, ça nous fait du cinquante. "... encourir. Ce n'est pas grave, mais c'est un événement à lui seul, total, d'un sens énorme: d'un sens inaccessible et d'une étendue sans limite. J'ai pensé aux juifs". GDS sans nul doute nous parle de mémoire. Difficilement, mais quand même, je retourne à l'odeur de cire, au parquet de bal obsolète, à la liberté sur parquet inutile, et à quand on se vautrait le nez sur les lattes de chêne, sans encore savoir, pour "Abattoir la mouche".

Une mouche est un grain de beauté sur la joue du temps qui passe (voir chez l'Oiseleur, qui comprendra)....

J'arrive de chez l'oiseleur, justement, plein d'épisodes en retard, depuis la mouche ( que je n'avais pas pris ), ça commence bien la journée, ça et une bonne glissade avec vous deux sur le parquet inutile, y a pas mieux ! Vancouv'

Je croyais qu'on en arriverait vite à l'indépendance du parquet... Mais non !

Déposons une plinthe.

Superbe la plinthe !!!! Tout ça est quand même mieux que de fumer la moquette. Même si je suis désolée de pratiquer parfois l'humour au ras du plancher...

Je m'étais aussi posé la question en lisant le titre. ;-) Mais ce parquet-là doit faire partie des choses qui ne sont pas indépendantes en nous.

Tu as raison, Fantie, il y a beaucoup de choses qui tournent autour de la question de dépendance/indépendance dans la notion de fidélité... Un peu comme un fil plus ou moins invisible qui nous relierait. Tu salueras de ma part le petit lit en bois de poupée, et les groseillers, et les cassisssiers, et les framboisiers... A tout bientôt !

Oui, il y a aussi, une phrase de Blanchot sur Virginia Woolf, où il "relie" la fidélité à la Vocation...De mémoire: "L'idée d'une vocation ( d'une fidélité) est la plus perverse qui puisse troubler un libre artiste". C'est mon petit grain de..riz ! Vancouv'

Il faut dire… Il faut dire quoi, au fait ? Rien, il faut surtout ne rien dire, sinon merci, ma chère Grain, pour ce texte émouvant et pudique qui renvoie chaque lecteur à ses caves et greniers intimes, à ses bouts de ficelles et marabilles dont il ne voudrait pour rien au monde se séparer. Les fidélités nous choisissent sans que nous le décidions, et il y a souvent plus de fidélité qu'on ne l'imagine dans l'infidélité.

C'était bien "raboteurs" et non "ponceurs", j'ai corrigé. Tu avais raison. Merci Anne ! Et à propos de "rabots", tu sais comment mon grand-père disait "avoir la gueule de bois" ? "Etre à débarbouiller à la varlope"... Je trouve l'expression formidable ! Mais je te préviens, quand tu essaies de la placer, les gens ont tendance à te regarder avec l'air, disons un peu interloqués !

Je n'ose imaginer un "débarbouillage à la varlope". Quoique…
Pour le titre du tableau, je n'ai aucun mérite. J'ai participé avec beaucoup de plaisir, il y a quelques années, à un film sur un artiste qui utilisait une reproduction des Raboteurs, avec d'autres matériaux, pour un livre-collage. Bertrand Dorny m'a remerciée en m'offrant un autre livre-collage, composé pour/avec un poème de Charles Juliet, "L'œil, la source" : "Quand l'œil est parvenu à se clarifier les vaines questions se dessèchent la ténèbre a été dissoute la pensée ne s'épuise plus à chercher l'être n'a plus à s'interroger sur le chemin qu'il lui faut prendre simplifié et unifié il adhère en toute confiance à ce qui advient et les mots coulent de source."

"Bouts de ficelles et marabilles".... Quelles merveilles !

J'adore le texte, j'adore l'expression débarbouiller à la varlope !!! Sans plaisanter pour autant, mais plus que mémoire l'important, tu l'as écrit c'est la transmission, et moi, je te remercie de nous avoir transmis cela qui fait partie de toi. C'est toujours la richesse des être ce qu'on leur a transmis (et ce qu'ils en font un peu aussi, mais même s'ils n'en font rien, c'est tout aussi riche). C'est juste encore plus beau si c'est transmis, cette parcelle d'éternité.... Je n'ai aucun avis sur les planchers personnellement, même si un vieux vrai c'est plus beau qu'un faux neuf !! Ca je sais quand même le reconnaître !! Même si je ne suis jamais restée assez longtemps à un endroit pour profiter de changer le parquet !! Et ça ne risque pas de s'arranger. Je suis abonnée au numéro 3/4, voire 1/2 depuis des années pour ce qui est du temps que je reste dans mes lieux de vie !! Bisous, j'aime te lire :)

Là, je suis revenue vous lire et l'image que j'avais insérée avait 'sauté' - c'est la deuxième fois, j'espère qu'elle tiendra cette fois, sinon il faudra que j'en cherche une autre... Mais j'aime les lignes des troncs d'arbres qui se croisent, la sève que j'imagine sous l'écorce et cette minuscule feuille verte qui sort en un endroit impromptu.

Ma foi, celle-là ressemble à un 'alignement' de chiffres... en l'état actuel. J'aime bien celle-ci aussi, j'en ai fait une de ce type dans les jardins de l'Alhambra, mais c'est en argentique, donc pas sur mon ordinateur : IMG3228arbressignes.jpg Petits plaisirs du jour...

De toutes façons, tout est finalement affaire de: tronc-d-arbre.JPG

Oui, là, je fais une nouvelle expérience avec vous, grain de sel, votre billet, puis quelques mots, quelques photos, et ce qui surgit de la vivacité de ces associations libres partagées, c'est bien sûr... les racines ! Des racines particulières, témoignant d'une espèce de voracité 'à l'envers', un appétit de racines comme le manifestent parfois les 'déracinés' - j'en fus, de ces déracinés sensibles, à poncer avec amour l'armoire de cuisine en pichepin extraite des caves de ma grand-mère... elle - l'armoire, ma grand-mère - trône actuellement entre cuisine et salle à manger ainsi réunies en une grande pièce qui n'isole plus la cuisinière des convives. Parfois, faut s'accrocher pour vivre...
Expérience 'nouvelle' au sens de 'sur mediapart', par écrit sur le net donc - je n'ai pas une grande expérience du net !

racinesracines

Racines palétuvierRacines palétuvier
Racines banianRacines banian

Y a parfois de petits bugs ces jours-ci sur mediapart, légers comme une brise, mais...

Bonsoir , Grain , en passant je suis venu voir ce joli parquet !

Je te ferai gentiment remarquer, ma chère petite Grain, que tu ne pourras plus prétendre que tu n'accueilles pas les gens dans ton Blog comme dans un salon de thé. Car nous voici en train de glisser sur ton parquet ciré, lorgnant avec gourmandise toutes tes jolies affaires personnelles, t'écoutant murmurer tes magnifiques souvenirs pudiques... Tu vois bien que tu dialogues avec nous, que tu nous réponds. OUARF !!! Démonika

Rien que pour toi, Demonika, et pour célébrer le culte du dialogue et du partage (à défaut de celui du salon de thé) : 12103731289VERrka.jpg

med-le-baobab-amoureux-visoflora-5842.jp Célébrons, célébrons.

Des baobabs ? Je ne te l'ai jamais dit, Lemur, mais si tu savais ce que me ça me rappelle. Je ne sais pas pourquoi dans mon esprit c'est associé au Petit Prince, mais je me souviens que quand j'étais gamine et qu'il y avait de la colère dans l'air, on parlait "d'aller plutôt planter des baobabs" ! Voilà, c'est malin, maintenant, il faut que je recherche d'où ça vient ! Biz à mon maki préféré. Tu as vus, tes leçons d'insertion d'images ont presque marché, j'ai progressé ! 0arbres.jpg1..jpg

Oui, ce sont les célèbres « baobabs amoureux ». Et bien vu ! J'avais oublié cette association

Et, sur les indications du petit prince, j'ai dessiné cette planète-là. Je n'aime guère prendre le ton d'un moraliste. Mais le danger des baobabs est si peu connu, et les risques courus par celui qui s'égarerait dans un astéroïde sont si considérables, que, pour une fois, je fais exception à ma réserve. Je dis: "Enfants! Faites attention aux baobabs !" C'est pour avertir mes amis d'un danger qu'ils frôlaient depuis longtemps, comme moi-même, sans le connaître... Oh, Maki, tu ne peux pas imaginer le cadeau que tu me fais !!!!

Waouh! Quelle magnificence, ces arbres entrelacés, amoureux... Merci, Grain et Lémur Cata de ces belles images. Sniff, j'ai encore besoin de conseils pour trouver le code des images sur Internet: je suis nulle. Je ne peux pas encore vous gratifier de ces splendeurs ou clins d'œil.

@ Art Monika : pour les images, voir le billet de la boite à outils cité plus bas par Grain. J'ai aussi retenu la formule par cœur. Disons que : On commence par ouvrir une de ces fameuses "balises" - celles qui nous rappellent notre société hiérarchisée ;-) Inférieur d’abord. Puis on tape, collé à la balise, img pour image et src pour source, avec un espace entre les deux. Après on colle le signe d'égalité - pour rattraper les inégalités précédentes et suivantes ? Et là on colle l'adresse de l'image. Puis il reste à refermer "les balises" - Supérieurement (ainsi l'égalité est encadrée par la hiérarchie)
Pour trouver le code des images sur le Net, et coller l'adresse de l'image : On trouve une image sur le Net via Google ou ailleurs. En tapant Google image ? et "recherche avancée" On clique sur l'image choisie. Sur sa page, on on fait fait un clic droit sur l'image. Dans la liste qu'offre le clic droit, on choisit Propriétés. Et on clique dessus. Sur Firefox, une petite fenêtre s’ouvre, Element Properties. Elle reste ouverte quand on revient à son message. On copie la ligne d’adresse par divers moyens. Une fois mise en mémoire, on colle l’adresse de l’image dans le message, après le signe =, par divers moyens (en veillant à ne pas laisser d’espaces).
J’ai prévu d’apprendre à réduire les images… plus tard !

Tu les aimes petites comme celle-là ? 180px-Varlopes_rabot.jpg

Cot cot cot, Fantie, vous êtes une vraie mère poule pour moi. Entre vous et Lémur Cata, nous sommes bien outillés. Je copie votre mode d'emploi et le mets on my desk sur le champ. Je vois que tout le monde fait dans l'image. Mais bon, les mots ce n'est pas mal non plus, hein ;o)

Je fais un essai. 001.gif

Bravo, Art Monika ! Nets progrès !!!! Et en tant que "Maman des poissons", c'est vraiment bien trouvé ! A moins que... c'est un petit dauphin, peut-être ? Pas grave: on accepte bien sûr aussi les familles recomposées !

Oui, c'est un petit dauphin (je les adore). Et puis grain de sel, baleine, dauphin... ce n'est pas complètement aléatoire ;o)

Oui, nous sommes toujours en famille !

"Il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s'astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu'on les distingue d'avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont très jeunes. C'est un travail trés ennuyeux mais très facile." Le Petit Prince Bonsoir grain de ciel tu as réveillé de beaux souvenirs avec ton plancher et ta paille de fer :) je reviendrai par ici demain pour les raconter. Bonne nuit

Cendrine, comme je sais qu'on a aussi ça en commun, kado pour toi là: http://lawrencegriffin.canalblog.com/albums/aninaux/m-chat_dormant_tronc_d_arbre.jpg

:o))

Bon et bien comme je mets une heure pour taper trois lignes entre temps Lémur a publié le le livre en entier... :(

Merci quand même à toi, Cendrine ! Quand je pense qu'il y a des années et des années que je cherche d'où vient cette histoire de baobabs et de danger ! Et tu vois, finalement, il suffisait de le demander ! Je crois que finalement le bois me porte bonheur. Je vais continuer à en toucher... motif_bois.jpg

Que c'est bon de te lire Grain! Cela me donnerait presqu'envie de commettre un truc dans le Tank.... Peut-être un inventaire de la sorte pour vocaliser un peu avant que l'inspiration ne revienne? J'ai fait mes débuts sur les patins d'intérieur avec un fou rire interdit à 11 ans en compagnie de ma tante et ma mère chez des voisins du coté de Bordeaux. Chez nous au plat pays, il y avait juste des petits capuchons en plastique (pour protéger le parquet des talons à éguilles), qui trônaient dans des boites transparentes sur la console dans l'entrée de la maison. Ma mère les proposait avec un sourire insistant aux visiteuses trop perchées. Cette distribution ne durait qu'un temps, car toutes les dames partaient avec. Sur des talons à embout aux allures de cannes. Comme des précieuses ridicules. On a laissée tomber et encore aujourd’hui le parquet chez ma mère présente des nuages de petits creux comme des confettis. Tu sais parfois je cire juste pour l'odeur une table ou un guéridon. Juste pour le plaisir du parfum magique. Merci Grain ! Dois me taire, dois travailler!! A bien bien. Et bises à toutes et tous!

Tink, je tiens quand même à préciser pour enlever tout doute possible que si grande soit ma fidélité à la mémoire de mon grand-père menuisier, je n'ai jamais, AU GRAND JAMAIS, fait porter des patins à qui ce soit qui pénètre chez moi, et encore moins des capuchons anti-talons à mes invitées haut perchées, non mais ! yy215x17.jpg D'ailleurs, il faut que je sois honnête, ces accès de ménage-à-fond, ce n'est grosso modo que tous les 2 ou 3 mois que ça me prend. Le reste du temps, juste des raccords ici ou là, en saupoudrage, pour masquer les taches.... et bien souvent seulement autour des tapis ! Je sais, une vraie souillon, ils auraient dit !

Décidément, ça patine grave aujourd'hui !

Génial tes tip tops! Je ne savais pas que ça existait ! T'inquète pas. J'avais bien compris que nous avons un même degré de penchant pour les tâches dites ménagères.... Auf ait comment mettre une image dans un message? Je sais le faire en prenant le lien d'un image sur internet mais pas en "collant" une image que j'ai dans mon ordinateur dans un commentaire. Pardon Grain de poser la question ici. Mais à chaque fois j'oublie . Bonne soirée ! PS, mon Père......bon une autre fois chez moi.

C'est lemur cata qui m'a appris. Enfin qui a fini par me faire rentrer le truc dans la tête parce des tas d'autres avaient déjà essayé ! Maintenant, j'ai appris la formule magique par cœur. Va voir là: http://www.mediapart.fr/club/edition/boite-a-outils/article/080109/comment-inserer-une-image-dans-un-commentaire Ton père ? Une autre fois ?

Ah oui, commets ! Commets Tink ! C'est un régal de lire Grain de sel, graine de ciel et c'est un régal de te lire " les nuages de petits creux comme des confettis..." Je les vois ! Vancouv'

Voilà le souvenir que je voulais évoquer... Grain, les patins..!!! et j'avais oublié..çà les patins... et puis je me fais doubler (pour la 2° fois) sur ton fil.:o)) "mettez les patins!!!" ,hurlait ma nounou, du fond de la cuisine, nous entendant rentrer. Elle astiquait régulièrement son plancher, à fond à grand renfort de paille de fer... rituel dont je ne me lassais jamais . Ah!!! le bruit rassurant de la paille de fer, et là je l'admirais! ceux qui ont essayé me comprendrons,...je vous parle d'un temps... Hmmm... l'odeur de la cire, et pour finir les patins... Nos patins à nous, c'était des morceaux de feutre plat... (pas des mules) et il était très compliqué de se déplacer avec çà... çà cassait le mythe.. tout le monde y avait droit, fusse de Gaulle en personne, s'il nous avait visité, (de Gaulle en patin chez la nounou du 5 °) ça donnait une démarche mécanique de robots trainant les pieds.. casi dangereux !! même mon héros, mon St Ex à moi, le mari de ma nounou, qui s'était scratché avec son biplan, ce qui lui avait valu une "patte raide", on reconnaissait sa démarche les yeux fermés... et bien m^me lui! il avait une drôle d'allure avec çà. Je ne me lassais jamais d'observer cet étrange ballet et lorsque nous étions plusieurs... le plaisir était à son comble!!! Merci, graine avec ce billet, de m'avoir emmenée du côté doux de l'enfance. Et puis ce tableau que j'aime beaucoup de Caillebotte,me rappelle un autre souvenir, plus proche, les débuts de Preljo.. Le chorégraphe Angelin Preljocaj, avant qu'il ne devienne le Béjart de la danse contemporaine .IL avait fait un petit film, réalisé par..Cyril Collard, c'était un ballet pour 3 danseurs, inspiré de ce tableau, une commande du Musée d'Orsay... On adorait. Impossible de trouver la vidéo... c'était les années 80/90 bénies, pour la danse, Mais aussi les années Sida.. mini_788690lesRaboteurs_image1.jpg Pardon! je n'arrive qu'à mettre des timbres postes.. alors que toi tu mets des posters géants, pourtant on a le même prof!?!!? Plaisir de te lire, Grain de ciel,car on sent ton plaisir à écrire.

Souvenirs souvenirs...Mon grand-père paternel était marié, mais il a couché avec la bonne, ( ma grand-mère), ça a donné mon père ! Mon grand-père n'a reconnu mon père que dans son testament en lui offrant une grande maison à Rouen; ça nous a fait quitter le HLM que mes parents avaient en revenant du Maroc! En arrivant dans la grande maison à deux étages, mes parents instituèrent pour leurs huit enfants, le rituel de la paille de fer le Dimanche! Puis, mes cinq frères finirent par tailler les haies du jardin,le Dimanche...pendant que les trois filles avec leur mère, faisaient la paille de fer, c'était moins rigolo ! ;o)))

On dirait un conte, chère.. ! Ni de Perrault (pas Antoine, celui du Chaperon rouge, du Chat botté ou de Peau d'Ane) ni même de Grimm, mais un conte quand même, avec les 5 frères dans le jardin, les trois filles dans la maison... et sûrement une fée va passer !

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oui je mets çà avant.. çà veut dire qu'il ne faut PaS le mettre? Je vais étudier çà à tête reposée pendant le week end Good nuit :)

@ Tink et Grain : j'espère que, un de ces jours, vous nous écrirez un billet sur "le ménage" ou "la ménagère", car en cherchant une image de celle-ci ( ménagère « parquet ciré ») j'ai trouvé quelques liens stimulants et contrastés : *Le parquet pour une « fille de ménagère » : http://ecrits-vains.com/thematique/enfances/lysette_brochu.html illustration : habillage_parquet_1.jpg *Pour Simone de Beauvoir, un extrait terrifiant du Deuxième sexe : http://www.entrailles.fr/public/Documents_texte/Un_extrait_du_deuxieme_sexe_II.pdf 414600361_175ee3d26a-7b465.jpg
*Le parquet et l’homme – ou bien, le parquet et le philosophe : Une référence sur la même page de Google, quelque chose que je cherchais - mais pas aujourd’hui - une présentation et deux critiques du livre de Clément Rosset (philosophe de la joie), Le philosophe et les sortilèges : Dans la deuxième critique Google avait trouvé cette phrase : « Pour le XIXe siècle l’ici avait toujours une odeur ménagère de parquet ciré à laquelle il convenait d’opposer les charmes des grands espaces. » (Christian Descamps, La Quinzaine littéraire, 16 juin 1985) labyfr_23.gif .
A partir de là, il y en aurait des choses à discuter sur le "positif" et le "négatif", sur la joie et la douleur, du cirage du parquet pour la femme, l’homme, l’enfant et l’être humain! édité Il faut que j'apprenne à réduire les images...

Le parquet ciré bien sûr. Mais ce qui m'inspire le plus c'est la varlope polie par les mains qui l'ont tenue, pendant que les mains de la ménagère polissaient les cuivres.

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003_BassineCuivre.jpg© bassine de cuivre

Sans oublier les mg-casserole.jpg bien sûr Miradou !

Un peu de Beckett ? Monsieur Rooney: - " D'autre part, me disais-je, il y a les horreurs de la vie chez soi - brossage, frottage, balayage, grattage, cirage, suçage, polissage, raclage, lavage, séchage, arrosage, brassage, rinçage, grinçage, malaxage, claquage, en un mot le ménage. Et toute la sale marmaille des voisins, braillant de vie et pétant de bonheur. Enfer des fins de semaine, tu en sais quelque chose." Vancouv'

Un proverbe de par chez moi, Vancouv', rien que pour toi (et pour Beckett): "petit potage, petit ménage, grand carnage !"

Et pour toi, Grain de ...beauté , 1) j'ai fait une mise en scène au petit Odéon en...93-94..où j'embêtais tous les techniciens en leur disant: je veux que ça sente la cire ! Quand les spectateurs rentrent dans la salle ! On l'a fait... 2) Quand Vitez, a mis en scène, Phèdre, de Racine, avec Nada Strancar, il a dit qu'il voulait juste un parquet, comme décor... "" Un parquet. Pourquoi un parquet ? Le parquet donne à lui seul l'idée de "l'intérieur". Si j'ai un parquet, je n'ai plus besoin de murs ni de rideaux ni de plafonds ni d'alcôves." Et tout Racine--y compris Bajazet--pourrait se jouer sur le même parquet, puisque c'est toujours la même chose et les mêmes gens." Vancouv', ( grain de ..b).

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@.. nous avons des... communs, je ne parle pas ici de paille de fer..

J'en suis sûre , sûre, sûre . EddyMitchell-Claude Moine-Schmoll, par exemple, mais pas seulement ! Vancouv'

@grain tu modère tes.. formats ? J'avais^peur que cette forêt de baobabs envahisse la planète Médiapart :o)

Je modère, je modère. Modérer, je n'arrête pas d'essayer de faire....

Sinon, en parlant de fidélité, et parce que je voulais prendre l'air, je viens de faire un petit tour chez notre ami L'oiseleur, que j'avais délaissée sans savoir comment. Là bas, pas de parquet, mais des tas de choses font très bien l'affaire: marches d'école, déesses, comtesses... Et oiseaux, quand même.

Des drôles d'oiseaux, même ! Des oiseaux comme on les aime, avec une histoire qui se promène entre leurs plumes et nous entraîne parfois très loin dans nous-mêmes...

Mais je crois que l'Oiseleur a fini par faire comme les oiseaux: il s'est envolé voir ailleurs s'il y était....

Un oiseleur c'est comme un oiseau.. il faut le laisser voler...pour le retrouver. :)

Mille mercis, Cendrine ! Cette poésie aussi est une merveille de souvenir ! Décidément ici les petites madeleines encore chaudes se ramassent à la pelle... Un grand patchwork de résonances entrecroisées qui nous tissent le plus merveilleux des: tricotin.jpg

Chère Grain de sel les étincelles poétiques qui sourdent de ton parquet ont une puissance contagieuse réjouissante. Je trouve que ton écriture invente un lyrisme moderne pour nos vies éclatées qui s'apparente pour moi à une nouvelle intelligence où les liens du coeur et de la pensée se chevauchent, une nouvelle intelligence basée sur une perception aigue de l'ephémère dans sa zone de proximité avec la durée sensible et impérieuse. L'écriture artistique ( comme on dit bêtement et pertinemment artisant d'art) me semble garder ici (sur ton parquet) et dans tous les commentaires une belle vitalité. Serge Koulberg

Ol la la, Serge, je ne sais pas comment répondre à tout ce que tu dis là ! Peut-être simplement comme ça: Arbres-Trees8.jpg Le bois dont on est faits, quoi ! Je pense que tu comprendras.

Je suis complètement d'accord avec Serge. Ta photo ci-dessus, me fait penser aussi , en écho au billet de P.Beray, ,aux pirogues faites dans les troncs d'arbre. Vogue la galère, avec toi, oui. Y a d'la Joie! Un grand merci, Grain, pour les traces. Vancouv'

Ejusdem farinae, de la même farine en latin, chère grain de sel, désigne, comme vous le savez, péjorativement, des gens qui ont en partage des vices ou des vies. Votre texte enlève la valeur dépréciative à cette locution antique et nous oblige à nous interroger sur le même, le semblable, le proche, les filiations, les fils qui cassent, les farines qui poudroient ou bien s'amalgament; sans jugement mis soudain entre parenthèse. Vertige des interrogations du butineur plutôt que rudesse des convictions toutes faites du flic de la pensée, même si la farine est obtenue en broyant... Bien à vous cordialement,

Ejusdem farinae, donc, cher Antoine Perraud. Ou quand notre mémoire fait des grumeaux....

Tout simplement magnifique. Merci

Ah non, ne me remerciez pas, Jamesinparis, c'est vous tous que j'ai envie de remercier, moi, d'avoir pu partager un peu tout ça ! Et de découvrir à quel point chacun essaie à sa manière de trouver son propre mode d'emploi avec tout ce patrimoine mental accumulé, m'aide vraiment. Un peu comme si tous ces bagages que je trimballe depuis des années et des années étaient devenus soudain... un peu moins lourds à porter !

Magnifique texte, madame de Sel. En le relisant, il m'est venu l'idée saugrenue de le mettre en rapport avec l'expression bien actuelle "rien à cirer". Serait-elle aussi une des manière d'exprimer ( sans en percevoir la dimension nostalgique) la perte des racines, l'oubli des origines, l'effacement des traces, voire le reniement de l'enfant que l'on fut ?

Autrement dit, chère Pointvirgule, on pourrait remplacer "rien à cirer" ou même "rien à battre" tout simplement par " totalement vitrifié(e)" ? C'est une idée ! D'autant que ça en dit long sur l'étanchéité de celui ou celle qui prononcerait cette expression. Imperméable à souhait. Mais bien sûr parfaitement rayable (à coups de talons aiguilles ou d'armoires normandes déplacées).... et comme disait mon grand-père (lire plus haut) susceptible à terme de s'asphyxier et de mourir étouffé sous un vernis superficiel ! Je ne suis pas de ce bois-là, madame ! Moi j'en ai fichtrement à cirer ! PS: j'adore le "madame de Sel" (qui n'en manque pas). Pour la petite histoire (et puisque vous êtes je crois une toute jeune abonnée), il y avait il n'y a pas si longtemps (cet été) une abonnée qui, comme nous étions assez souvent sur la même longueur d'ondes, m'a proposé qu'on s'appelle par nos prénoms. Elle m'a donc appelée "Grain". Maintenant, si je vous dis que son pseudo est Pet-de-Nonne, vous comprendrez.... que j'ai finalement opté pour l'appeler quand même par son nom tout entier. Si tu nous lis, pet-de-nonne, REVIENS !!!!!!

Merci pour ce beau texte que je rencontre évidemment. Tard. Pas d'importance. Je me suis arrêté sur ces mots:" Patrimoine. Les lames du parquet. " Et m'est remonté en mémoire le livre de Philip Roth , le Patrimoine où il y a une scène édifiante quant à ce qu'elle raconte de la transmission .Dans les rainures du parquet, le fils nettoie la merde de son père. Et merci pour avoir fait aussi remonter les raboteurs de parquet de Caillebotte

Il n'y a pas de quoi me remercier, cher dk, ce parquet est à tout le monde et tout le monde peut y laisser valser ses propres souvenirs. Quant à Philippe Roth, je l'ai, moi aussi, dévoré quasi compulsivement il n'y a pas si longtemps. Comme j'avais dévoré des yeux tout Caillebotte lors d'une exposition au Grand Palais il y a quelques années. Ce sont des traces qui, je pense, restent définitivement marquées ! A bientôt de vous recroiser bientôt au hasard d'une mémoire à partager...

et hop un petit coup de paille de fer!! :))

Yes ! Pour essuyer les larmes de nos beaux parquets ! oups! ça gliiiiiiissssssssse !

Magnifique, les "larmes du parquet", Vancouv' ! A croire qu'il serait fabriqué en saule pleureur !

Ah! Le saule pleureur, cet histrion!

Que de poésie en ce jour encore!!!:)

"En la luna negra de los bandoleros cantan las espuelas "... . http://www.youtube.com/watch?v=AY7t6pxpdaE . Garcia lorca, mon amour. Paco Ibanez, reconnaissance éternelle. Grain de sel, les deux, pour ce texte, qui m'inspire respect, bonheur, envie de refouiller dans mes cartons fermés. Et m'a laissée d'abord silencieuse quelques semaines. Ma maison perdue des Cévennes, ancienne magnanerie. La maison perdue du Vercors, où chaque semaine tous les parquets étaient passés à la paille de fer. Les larmes du parquet, en effet, et le bonheur du parquet retrouvé, aussi. Merci, chère Graine de Tout.

Claire, un jour, on va commencer à faire la liste de nos points communs. Elle promettait déjà d'être longue. Mais si tu rajoutes encore Ibañez, Lorca, une magnanerie perdue dans les Cévennes, el Jinete con sus espuelas, les accumulations de cartons... et le fait que j'ai failli m'appeler Claire (mais que j'étais trop foncée, ce qui a incité mes parents à changer leur fusil d'épaule), on ne va plus s'en sortir ! @mitiés +++ @ toi !

Très beau texte, mais pourquoi parler de fidélité alors qu'il s'agit d'amour et d'affection dont on fait durer le doux souvenir au travers d'objets?

Week-end de l'Ascension, pour moi au ras du sol. Je viens de le recirer. Avec une cire à l'ancienne semi-liquide que je voulais essayer. Couleur chêne foncé. Il y a du soleil dehors. En début d'après-midi, je ferai briller. Si la chance est avec moi, ça va étinceler ! Alors tant pis si demain j'ai le dos cassé....

A mon tour ! Par "fidélité" à toi, grain de sel de mer ..

On vous l'a surement déjà dit : on n'est pas responsable de sa lignée. Mais, selon moi, on est responsable DEVANT sa lignée, c'est çà, la fidélité. (Je suis fils d'apiculteur et petit-fils d'ébeniste ...). Quant au parquet, ça m'est arrivé, mais, jamais plus !

On vous l'a surement déjà dit : on n'est pas responsable de sa lignée. Mais, selon moi, on est responsable DEVANT sa lignée, c'est çà, la fidélité. (Je suis fils d'apiculteur et petit-fils d'ébeniste ...). Quant au parquet, ça m'est arrivé, mais, jamais plus !

Ben j'ai cliqué trop vite désolé

Fils d'apiculteur et petit-fils d'ébéniste ? Parfait, il y a tout: la cire d'abeille et le chêne du parquet... De quoi faire son miel !

PS: je suis petite fille d'ébéniste aussi, comme je l'ai dit dans le billet. Il officiait dans son atelier au fond du jardin, à Angers. Gamine, je jouais à ses pieds, dans la sciure, et adorais voir les copeaux se détacher, se faire plus longs, toujours plus longs... et tomber. Alors je les ramassais et on s'en servait pour bricoler de drôles de poupées improvisées qu'on appelait nos "copettes!

C'était bien sûr il y a des années....

Bien à vous !

J'ai vécu 25 ans à proximité immédiate d'Angers, j'aime beaucoup les angevins, ils ne sont pas, comme on l'a souvent dit, renfermés ; ils n'ont pas besoin de vous, simplement, pour être heureux : la douceur angevine n'est pas un vain mot. Mais si vous les rencontrez, ils vous ouvrent leur porte et vous donnent leur amitié sans problème. Nous y retournons régulièrement.

Amicalement

PM

Béhuard-les-Forges, vous connaissez ?

Tu veux dire Béhuard avec sa Vierge, dans son île au milieu de la Loire ? Moi, je viens de l'autre côté d'Angers, vers Saumur... Ca me manque, la douceur angevine qu'on ne comprend vraiment que quand on la quitte...

Oui, Yolaine, je veux bien dire ce Béhuard là ! Enfant, j'y passais toutes mes "petites" vacances et une partie des "grandes". Une vieille maison sur le pré communal (existe-t-il toujours ?) que mon grand-père louait pour pouvoir aller taquiner le goujon sur la Guillemette...

Frisson. Quel magnifique texte.

La fidélité ?

C'est l'identité.

Peut-être, Arpège... Je crois qu'au fond , c'est le genre de questions que je me posais en écrivant ce billet... et me pose toujours. Mémoire et sentiment d'identité. On est ce que notre passé a fait de nous. Mais ce n'est peut-être pas tout. Je ne sais pas... En tous cas, merci d'être passé ! La porte est toujours ouverte, il n'y a pas de clef...

Bien à vous

Pour le plaisir...de relire, relier.

relier, allier, délier, oublier, puis rallier. Je t'embrasse, Vancouvina !

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