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56 graffeurs à la cour de Versailles: dernière audience d'un procès inédit

Vendredi 25 mai la Cour d'Appel de Versailles, nouvelle audience dans l'affaire qui oppose la RATP et la SNCF à 56 graffeurs adeptes des peintures illégales sur les tôles des trains.

AzyleAzyle

Les plaidoiries des avocats risquent d'être encore une fois agitées. Le 20 janvier 2012 les avocats des parties civiles s'étaient fait remarquer en rendant in extremis leurs conclusions. Les avocats des prévenus n'avaient donc pas eu le temps nécessaire pour en prendre connaissance, les analyser et répliquer. Certains avocats ne les avaient d'ailleurs pas encore reçues le jour de l'audience. Réponse ironique de l'avocat de la RATP : « Il se peut qu'il y ait eu des problèmes à La Poste, j'ai amené des copies dans le coffre de ma voiture, si la Cour veut bien me laisser 5 minutes…» . Interrogé à la sortie, ce dernier n'avait pas voulu répondre aux questions de Mediapart, me conseillant de contacter le service de communication de la RATP « pour avoir leur langue de bois. C'est la consigne sur cette affaire. » Avec des dommages et intérêts réclamés qui se chiffrent en millions d'euros et l'opacité des devis qui font peser de lourds doutes sur le coût réel du dégraffitage, on comprend le silence radio.

Dans cet article (lien), Mediapart expliquait en détail l'origine de l'affaire. Comment une banale perquisition pour trafic de stup a débouché sur le démantèlement du noyau dur des graffeurs de trains des années 2000 (un grand cru). Deux ans d'enquêtes dignes d'un mauvais polar: écoutes téléphoniques, filatures, rafales de perquisitions et de plaintes ciblées. Au total, 56 graffeurs seront traduits devant la justice pour dégradation volontaire en réunion. Comprendre: de la peinture illégale entre amis. 

Au pénal, en septembre 2009, le réquisitoire du Parquet avait été désavoué par les juges (dommage léger au lieu de grave, exit la circonstance aggravante de dégradation en réunion). Lors du premier volet civil (21 septembre 2010), les juges ne se sont pas laissés aveugler par les prétentions des parties civiles (1,8 millions d'euros de dommages et intérêts réclamés) en divisant les sommes réclamées par dix (de 150 à 12.000 euros). Quant aux books des graffeurs mis sous scellés, ultime trace de leur art systématiquement karchérisé, ils n'ont pas été rendus et risquent d'être détruits. Face au risque de la disparition d'un patrimoine artistique important, Mediapart s'était associé à la pétition de Karim Boukercha (lien) qui militait pour que ces documents soient confiés à des historiens et sociologues. Un appel signé par plus de 3500 personnes et cité par plusieurs médias nationaux (cf. France Culture). Parmi les signataires, Mode2, Jay, Azyle, Oxmo Puccino, Virginie Despentes, Costa et Romain Gavras, Vincent Cassel, Rebecca Zlotowski, Antonio Seguí, Michel Deguy, Maurice Olender, Fabrice Bousteau, JD Beauvallet... : des noms historiques du milieu du graffiti, du cinéma, du rap, mais aussi des peintres, des journalistes, des chercheurs et des écrivains.

Cokney en actionCokney en action

Très attendue, l'audience de vendredi ne devrait pas aller à l'encontre de la clémence des premiers volets du procès. Difficile de condamner lourdement ces graffeurs pour des faits anciens de dix ans, alors que la plupart d'entre eux ont refait leur vie ou sont depuis exposés en galerie et musées et participent au rayonnement international de la scène artistique française. Difficile également de condamner - sous les projecteurs médiatiques- un mouvement artistique majeur du 20è siècle, même si beaucoup voudraient confiner les arts urbains dans les bas fonds.

Si la prison a été évitée, la clémence est ponctuelle et masque la sévérité de jugements plus récents mais moins médiatisés. En témoignent les récentes arrestations de graffeurs réputés. Le graffeur Vices -destiné à la prison vu son CV artistique- a préféré s'exiler après son arrestation en 2007. Mank a écopé de deux lourdes peines actuellement contestées en appel (6 mois de prison ferme et 110.000 euros de dommages et intérêts). Cokney, l'un des plus talentueux de sa génération, attend son audience fixée au 2 octobre 2012 (300.000 euros de réparation lui sont réclamés). Oreak, arrêté la semaine dernière, attend également son procès (562.000 euros de dégradation estimée). Beaucoup attendent donc une réforme radicale de ce système répressif démesuré pour de la peinture sur des murs et trains. Ancien ministre de la culture, Frédéric Mitterrand était intervenu en faveur de l'artiste ZEVS lors de son arrestation à Hong Kong en 2009. Il n'avait pourtant pas fait preuve du même sens artistique devant la justice de son pays en ne soutenant pas les graffeurs arrêtés et lourdement condamnés en France.

ZEVS vs ArmaniZEVS vs Armani

Alors qu'il était en campagne officieuse pour le poste de Ministre de la culture, Christophe Girard plaçait les arts urbains au coeur de son Petit livre rouge pour la culture (on aurait préféré dazibao). Dans l'entretien qu'il m'avait accordé pour la revue Graffiti Art (à lire ici) il soulignait la nécessité, en cas de victoire de la gauche, de "trouver un nouvel encadrement législatif. La peine de prison c'est démesuré, c'est grotesque. Il n'y a ni meurtre ni viol, d'ailleurs y'a-t-il vraiment dégradation? (…) Associons à ce débat celui de la commande publique pour arrêter d'envisager cet art sous l'unique prisme de la répression et de la nuisance."

Les avocats des accusés invoqueront vendredi prochain les propos de l'actuel adjoint à la culture de la mairie de Paris, qui a accompagné la création du 104, de la Gaieté Lyrique et de la Nuit Blanche où les arts urbains et numériques ont pignon sur rue. Aurélie Filippetti, nouvelle ministre de la culture, devra prendre parti: soutiendra-t-elle la création artistique underground?

1 commentaire sélectionné par Mediapart

Tous les commentaires

24/05/2012, 13:21 | Par Arpège

Oui, mais si elle les soutient du coup l'underground risque de ne plus être ce qu'il était et l'adrénaline associée au truc (transgression) pourrait venir à manquer. Va falloir la jouer fine. Equilibré. Je crois qu'on peut être confiant...

24/05/2012, 13:28 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Arpège le 24/05/2012 à 13:21

C'est exactement ce que disait assez justement Christophe Girard: en finir avec les peines démesurées, ouvrir la commande publique au graffiti, tout en veillant à ne pas le vider de sa puissance. C'est délicat, nous sommes d'accords. Mais la prison pour de la peinture, c'est scandaleux. 

24/05/2012, 13:43 | Par Arpège en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 24/05/2012 à 13:28

Inconcevable.

26/05/2012, 05:54 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 24/05/2012 à 13:28

ET si on tagait les murs de votre maison, vous applaudiriez?

26/05/2012, 12:43 | Par rebeka en réponse au commentaire de La nouvelle Héloïse le 26/05/2012 à 05:54

faut pas être contre les jeunes non plus :_)

27/05/2012, 00:26 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de rebeka le 26/05/2012 à 12:43

Jeune ou vieux, il ne faut pas non plus se faire aveugler par des opérations de com'.

L'enjeu des avocats: imposer à la SNCF et la RATP que leurs demandes soient justifiées précisément. L'enjeu des parties civiles: faire le procès du graffiti en général.  Pourtant, la SNCF et la RATP n'hésitent pas depuis plus de vingt ans à récupérer le graffiti pour améliorer leur image  Cf. les pubs Imagine R de Mode2, les affiches de Grems, ou encore la décoration du train Thalys avec dans le casting... un graffeur sur le banc des accusés dans ce procès qui a trop duré. 

24/05/2012, 13:53 | Par rebeka

On m'a taguée ma bagnole j'ai vachement aimé

24/05/2012, 13:56 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de rebeka le 24/05/2012 à 13:53

Chère Rebeka, les tagueurs ne s'attaquent jamais aux voitures des particuliers. Ne mettons pas dans le même sac (de bombes) ceux qui écrivent NTM sur une voiture et ceux qui font du graffiti pur et dur. 

28/05/2012, 14:07 | Par rebeka en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 24/05/2012 à 13:56

alors tout va bien. comme c'est simple avec toi la vie, cher Hugo !

Chere Rebeka.

28/05/2012, 15:38 | Par BerurierVon77 en réponse au commentaire de rebeka le 28/05/2012 à 14:07

Bah justement c'est que l'article de Hugo ne traite pas de ces "toys" (comme on dit dans le milieu) qui font de la merde avec des sprays, mais de graffeurs reconnus dans le milieu qui ont dépassé depuis longtemps ce stade..

 

24/05/2012, 19:46 | Par phili15 en réponse au commentaire de rebeka le 24/05/2012 à 13:53

Je suis sûr que vous attendez la deuxième couche!...

25/05/2012, 16:28 | Par rebeka en réponse au commentaire de phili15 le 24/05/2012 à 19:46

oui bien sût quand on aime les jeunes on aime les couches

Sur mediapart certains en tiennen une bonne couche en tous cas. tout ce qui est crade est bien etc... Mais faire attention aux autres ou les respecter ou les aimer comme soi meme alors là non !!! c'est limite fasciste

26/05/2012, 23:32 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de rebeka le 25/05/2012 à 16:28

Chère Rebeka, personne ne vous oblige à aimer le graffiti, bien au contraire!Sourire  Les graffeurs doivent payer lorsqu'ils se font prendre, c'est le jeu. Mais ils doivent payer ce qu'ils ont vraiment coûté à la société pour le nettoyage. Or dans le procès dont je parle, depuis 10 ans les avocats des prévenus dénoncent l'opacité des devis et du coût du dégraffitage invoqué par les parties civiles. C'est cette opacité qui devrait nous interpeller collectivement. 

25/05/2012, 09:42 | Par mite54

comment ! les artistes qui ont perpétré ce forfait ne sont pas rémunérés ? une vraie merveille ! c'est les vaches qui doivent être contentes ! dommage que ces trains aillent trop vite sauf en Lorraine je vous rassure le TGV n'a que le nom  et seulement un petit tronçon dans la Marne ! pour le reste c'est uun TER comme les autres !

Nos trams sont recouverts de pub des roues jusqu'en haut !

24/05/2012, 15:06 | Par POJ

Je suis surpris que des sociétés qui contrôlent tant leurs clients et pratiquants des tarifs aussi prohibitifs - rendant la voiture plus économque - n'aient pas les moyens de garer leurs trains dans des endroits où ils pourraient au moins autant les surveiller qu'ils ne le font avec leurs passagers.

Une erreur. Ils ne devraient tagger que les carrosseries, pas les vitres.

24/05/2012, 15:52 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de POJ le 24/05/2012 à 15:06

Les dépots de trains sont très sécurisés (caméras infra rouge, détecteurs de mouvement, maître-chien, alarmes...). Pour les vitres c'est un débat ancien. Certains puristes du graffiti ne voulaient pas y toucher, d'autres n'hésitent plus à les recouvrir ou les rayer. 

26/05/2012, 23:44 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de arnaud parienty le 24/05/2012 à 19:03

Je vous rassure cher Arnaud, ceux qui lacèrent les sièges à coup de cutter n'attendent pas les graffiti pour savoir qu'ils ont le champ libre!

 

25/05/2012, 08:25 | Par Bouchet A. en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 24/05/2012 à 15:52

La double peine: être serré dans les transports en commun et ne même pas pouvoir voir à l'extérieur à cause de petits cons qui se prennent pour des artistes et qui vont pleurer quand on leur explique qu'on ne peut pas emmerder le monde impunément...

27/05/2012, 00:01 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Bouchet A. le 25/05/2012 à 08:25

La double-peine, c'est bien l'un des problèmes de ce procès. Avec leurs méthodes dénoncées à l'unisson par les nombreux avocats des prévenus, la SNCF et la RATP se disputent les coûts du dégraffitage et brandissent des devis de nettoyage très différents concernant les mêmes graffitis.

Exemple: le nettoyage d'un graffiti X est revendiqué par la RATP. Or, la SNCF revendique aussi le nettoyage de ce même graffiti, pour un prix plus élevé. Le graffeur devrait donc payer double car les parties civiles sont souvent incapables de justifier leurs demandes, de prouver qui à effacé quoi et à quel coût? Ou au contraire, cet exemple -que l'on retrouve par centaine dans ce procès- révèle l'opacité manifeste de l'argumentaire des parties civiles? 

C'est votre droit cher Bouchet A. de vouloir faire ici le procès du graffiti (c'est aussi la volonté des parties civiles). C'est d'ailleurs un débat intéressant. Ce n'est cependant pas le rôle d'un tribunal. Les graffeurs doivent payer pour le dommage réel causé, pas un euro de plus. 

24/05/2012, 15:48 | Par fissafisso

Juste pour vous embêter : en correctionnelle, on dit "prévenu" et pas "accusé" - terme réservé aux crimes relevant de la Cour d'assises. A moins que vous m'informiez - horrible nouvelle - que le tag est devenu un crime passible des assises.

24/05/2012, 15:50 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de fissafisso le 24/05/2012 à 15:48

Bien vu, je commence donc à perdre mes fondamentaux malgré 4 années de droit... 

24/05/2012, 21:13 | Par ericfischer en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 24/05/2012 à 15:50

fallait pas copier sur Jean S.  !!

24/05/2012, 15:49 | Par hasbeen

Pendant qu'on y est ... In bed with Madonna Invader. (Ok je suxXx).

,°)

 

 

 

24/05/2012, 16:36 | Par Tinus en réponse au commentaire de hasbeen le 24/05/2012 à 15:49

Ah, c'est bon !

Merci Hasbeen

24/05/2012, 16:50 | Par Tinus

Green disait, paraît-il : "Il y a autant de générosité à recevoir qu'à donner"

Un truc à rappeler à la SNCF, la RATP, la SNTP, la RACF, etc.

24/05/2012, 17:14 | Par pol

Et les banquiers, les patrons, les financiers, les vrais voyous?

24/05/2012, 17:26 | Par -

Hébendisdonc  ! Et en plus ils osent intenter des procès à des artistes , c'est dégueulasse !

 

Wikitrucmachinchose :

 

Critiques[modifier]

Dans un rapport publié en octobre 2010, la Cour des comptes critique la SNCF et la RATP pour leur gestion financière « en pointant du doigt des réseaux saturés, une gestion catastrophique des chantiers de rénovation et une comptabilité difficilement compréhensible »62.

À l'automne 2011, la Cour des comptes épingle le comité d'entreprise de la RATP. Elle se montre extrêmement critique et dénonce des malversations, des dépenses excessives, des surfacturations, une comptabilité médiocre, ou encore, une gestion opaque des centres de vacances63. Devant l'ampleur des fraudes constatées dans la gestion du comité d'entreprise, les magistrats de la Cour des comptes, début décembre 2011, demandent l'ouverture d'une enquête pénale64.

 

 

  

24/05/2012, 17:26 | Par jean michel martin

je prends le train, je prend le tramwai, je vais à la campagne, un peu partout aves ces moyens, et je veux bien croire qu'il y ait des talens, mais j'ai aussi le droit de detester les salissures et d'en voire partout ne peux justifier le fait qu'il y ait des oeuvres, parfois, de temps en temps, sur mon parcour. peut-être pas dans vos quartiers?

24/05/2012, 19:06 | Par arnaud parienty en réponse au commentaire de jean michel martin le 24/05/2012 à 17:26

Bien sûr que non ! Les artistes qui viennent soutenir les graffeurs prennent le taxi (non taggé) plutôt que le métro (bombé). De même, pourquoi le graf est-il concentré sur les arrondissements populaires ?

24/05/2012, 20:13 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de arnaud parienty le 24/05/2012 à 19:06

Je ne prends pas de taxi et je cours derrière les trains bombés pour mieux les voir lorsqu'ils entrent en station. Pourquoi le graffiti est concentré sur les arrondissements populaires? Car dans ces quartiers les politiques publiques lavent moins que dans le 16è, qu'il y a moins de caméras et de policiers au m2. Mais n'oubliez pas que le graffiti en France a fait ses premières armes sur les palissades de chantier du Louvre, et sur les murs des quais de la Seine de... Solférino, Paris 7è. 

24/05/2012, 19:49 | Par Philippe LEGER

Graffer les fenêtres, les pneus et les bas de caisse, c'est de l'éjaculation fénétique. Regardez la photo de la remorque qui illustre le blog. Le gars n'a pas su se modérer. Faute de connaître sa discipline, il a dénaturé son projet initial. Il est passé à côté de la belle ouvrage. Amateur ! Pour une œuvre sauvage qui me touche, m'émerveille, combien de scribouillis qui déshonorent l'art du graffiti, d'infâmes salopperies qui rejaillissent sur l'ensemble de la corportation et discréditent le travail de plasticiens très talentueux ? Les vrais artistes du graffiti, respectueux de l'éthique, devraient se porter partie civile ! On souhaiterait que les grands sociétés de transport les fassent travailler. Pourquoi leurs œuvres, achetées et revendues à prix d'or par des marchands d'art avisés devraient-elles être réservées aux salons d'une minorité friquée ?

24/05/2012, 20:10 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Philippe LEGER le 24/05/2012 à 19:49

Vous parlez d'un des whole-car (graffiti recouvrant l'ensemble d'un wagon) les plus célèbres de l'histoire du graffiti parisien, exécuté par Azyle, l'un des "Kings" de la scène actuelle. Ses amas de tags (et non de graffitis) s'emparent du support, se repassent entre eux, ses compositions sont puissantes et colorées, les coulures se mixent entre elles et aboutissent à des jeux de lettres et de couleurs nerveux et percutants. Donc gardez vos "vrais artistes du graffiti" , votre "respect de l'éthique" et votre envie de modération pour vous. Le graffiti c'est sale, puant, sous tension, ça sent la pisse ou la suie d'un tunnel de métro, et c'est ça sa beauté. Sourire

24/05/2012, 21:10 | Par Jaren

"ses compositions sont puissantes et colorées"

Ce qui est puissant et coloré c'est la façon dont la vie d'autrui est piétinée.

Peu importe ce que l'autre pense. L'essentiel c'est mon expression.

Hugo Vitrani  merci de laisser toutes vos coordonnées (mail, portable, adresse postale ...& le reste qui va bien avec) afin que les lecteurs de ce post puisse s'y exprimer à leur façon.

PS : rémunéré à la tâche ... c'est bien cela qui fabuleux.

La finance, vous y avez pensé ?

24/05/2012, 21:24 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Jaren le 24/05/2012 à 21:10

Vous devriez postuler à la brigade anti-tag cher Jaren, pour sauver les vies piétinées et récupérer mes coordonnées. 

Rémunéré à la tâche, c'est en effet la définition d'un pigiste. D'où le jeu de mot (la tache de peinture). Pour la finance, j'en suis très loin. 

25/05/2012, 23:05 | Par SAINE COLERE en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 24/05/2012 à 21:24

Merci pour la parenthése .

nous avions pigé !!

(avec le sourire )

24/05/2012, 22:07 | Par dominique passeron

L'artiste vrai n'aime-t-il pas, quel que soit son art, utiliser, pour ses oeuvres, un support qui est le sien, qu'il s'est procuré, où qu'il soit, partie intégrante de son oeuvre...?

25/05/2012, 10:50 | Par marushah en réponse au commentaire de dominique passeron le 24/05/2012 à 22:07

Hein ? Pourquoi il voudrait absolument ca, "l'artiste vrai" ?

Pis pour être artiste "vrai" faut assi faire ses couleurs soit même hein ? ces pinceaux aussi, pis qu'il tisse la toile ave ses petite mains, non , aussi ?

30/05/2012, 07:19 | Par dominique passeron en réponse au commentaire de marushah le 25/05/2012 à 10:50

J'adore votre sens du "juste milieu"...

24/05/2012, 22:15 | Par Aurelman

Vert et blanc, ou bien multicolore, chacun pourra aprécier ou non l'habit de sa rame.

L'art est aussi affaire de support, alors pourquoi les rames n'en deviendrait-elles pas ?  (Ce n'est pas une question réthorique mais un vrai questionnement qui pourrait être débattu).

Bien des fois, je prefère parfois ma rame colorée avec son message en peinture, que sa traditionnelle teinte bicolore ternie par la noire pollution, ou même que son habit publicitaire !

Mais par pitié laissez les fenêtres transparentes ! il y a aussi des oeuvres à aprécier (ou non) à l'exterieur de la rame lorsqu'on est dedans ;)

26/05/2012, 06:36 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Aurelman le 24/05/2012 à 22:15

ET comme j'aimerais  laisser une trace de mes passages dans ces métros,ces gares ,ces aéroports ,je suis toujours étonnée, à chaque utilisation de ces moyens de transport ,de constater la froideur des lieux,  reconnaitre son train,sa direction,le bon bureau d'accueil! je n'ai pas la logique "indispensable", heureusement ,quand on a pas de tête ,on a des jambes!

26/05/2012, 19:45 | Par Anne Dubor en réponse au commentaire de sinoué le 25/05/2012 à 00:20

@sinoué, vous avez super bien dit ce que je ressent, merci. Sourire

25/05/2012, 02:10 | Par Tinus

Je m'étonne de voir ici autant de réactions-ulcérées-d'usagers. Je croyais qu'ici on savait tolérer l'incompris, accueillir l'étrange. qu'on savait qu'il est souvent question de placer sur la même ligne son oeil, son cerveau et son cœur.

Hugo Vitrani nous explique les paradoxes inhérents à ce conflit de société, et en retour naissent des commentaires rageurs parlant de manifestations outrageantes, d'éjaculats, de souillures. On croirait entendre le procès de la masturbation au XIX° siècle ! Pour moi, rien de plus beau que ces chenilles colorées de la nuit, qui glissent hors de  leurs entrepôts pour  surprendre la ville grise et humide, un petit matin de novembre.

 

Bravo Hugo Vitrani, bravo sinoué

25/05/2012, 09:42 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Tinus le 25/05/2012 à 02:10

Merci à vous Tinus! Et d'accord avec vous: en chacun de nous sommeille un petit-usager-réactionnaire qui ne pense qu'à son petit confort et sa belle vue par la fenêtre. L'essentiel est de comprendre que pour de la peinture sur des murs ou des trains on ne devrait pas aller en prison. Qu'une brigade anti-tag n'est pas forcément nécessaire, avec tout l'arsenal sécuritaire qui va avec. Que le flagrant délit est suffisant, que les TIG sont plus utiles que la prison, que le coût réel du dégraffitage ne devrait pas être opaque, et que TF1 ne devrait pas venir filmer les perquisitions de la police lorsqu'il s'agit de tagueurs....

25/05/2012, 15:14 | Par Tinus en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 25/05/2012 à 09:42

"qui ne pense qu'à […] sa belle vue par la fenêtre"

Là, pas d'accord. II y a des compromis quand même faciles à faire ici. On a l'usage des roues qui tournent sous le train et vous emmène, et l'usage des fenêtres qui ne font pas de vous des rats. Si les tagueurs et grafeurs ne veulent pas retrouver une armée d'usagers contre eux, pas de doute, ils doivent respecter la liberté d'usage.

26/05/2012, 19:48 | Par Anne Dubor en réponse au commentaire de Tinus le 25/05/2012 à 02:10

@ Tinus, entièrement d'accord, avec vous.Sourire

26/05/2012, 19:58 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de Tinus le 25/05/2012 à 02:10

C'est votre droit de vous extasier systématiquement devant n'importe quel tag. Tolérez que des usagers ne partagent pas vos goûts et se scandalisent des atteintes portées au bien public. Vous extaseriez-vous si au petit matin, vous découvriez les murs de votre maison décorés ou souillés (le décor pour les uns est souillure pour les autres) sans que vous n'ayez rien demandé ? C'est facile d'être tolérant quand on n'est pas directement concerné!

27/05/2012, 00:09 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de La nouvelle Héloïse le 26/05/2012 à 19:58

Chère Héloïse, tout comme les peintures du XVIIè siècle, les tags ne se valent pas tous. Concernant les usagers, c'est un autre débat. Ce qui devrait vous interpeller c'est l'opacité des demandes des parties civiles et l'absurdité d'une peine de prison. Les graffeurs ne demandent pas l'immunité, mais simplement d'éviter la double peine. C'est trop demander? 

27/05/2012, 12:58 | Par Tinus en réponse au commentaire de La nouvelle Héloïse le 26/05/2012 à 19:58

Chère Héloïse, comment pouvions-nous savoir que vous habitez dans un train ?

25/05/2012, 08:48 | Par rebeka

Sur la meme ligne svp oui, l'oeil, le cerveau, le coeur, et l'Autre aussi. Si ca ne vous gene pas

 

25/05/2012, 14:02 | Par Tinus en réponse au commentaire de rebeka le 25/05/2012 à 08:48

Oui, bien sûr Rebeka. Le rôle du cœur. Même si le tag part d'une signature, d'une affirmation de soi, il s'agit toujours d'altérité. Cette soif.

Je ne suis pas tagueur ni grafeur. Quand je suis intervenu dans l'espace public, avec la photographie, c'était toujours sur du mobilier urbain ou des murs vides, des parapets de ponts, sinon sur concertation ou par commande. Les rames de trains sont effectivement à l'usage de tous, et dans ce sens, publiques. Par contre, ceux qui ont tagué votre voiture privée ont eu absolument tort. Là oui, le bombage ou le coup de pinceau est légitimement perçu comme un coup de cutter !

On peut ne pas aimer cet art, qui à mon avis manque aujourd'hui d'invention et de diversité. Mais dans le contexte de répression qu'il connaît je ne peux qu'admirer, à chaque fois, sa combativité.

25/05/2012, 09:40 | Par jflescour

tout le monde peut savoir ce qui est
ou pas permis
quand on y va donc en connaissance de cause
...

je crois que pour un artiste de "rue"
ne pas se faire prendre fait parti du jeu
non ?

...
j'ai posé dans la rue, il y a un an
la "municipale" m'a signifié mon manque d'autorisation
je leur demandais la "nationale" sachant qu'il n'avait pas le "pouvoir"
de me dégager !!!
la "nationale" est venu, j'ai dégagé et pris un pv
que j'attends toujours
cependant je viens d'apprrendre que la gendarmerie me cherchait
à mon ancien domicile !

...
je ne vais pas crier à l'injustice
alors que je savais parfaitement ce que je faisais
et que ça faisait partie du bazar d'être ferme
dans ma volonté d'afficher dans un lieu public... et d'être présent !
parfois la dérive du système ne peut être ridiculiser
autrement qu'en étant présent
comme si la présence (re-)mettait l'acte en jeu !

...

jouer au chat pour mon cas
ne suffit plus, c'est sans doute une histoire... d'ego surdimensionné !!!

--
aller* quelle époque
jf le scour, 2012
*je sais, je sais, je revendique

 

25/05/2012, 09:47 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de jflescour le 25/05/2012 à 09:40

Cher JF, 

On en reparle lorsque vous aurez fait plus d'un collage illégal devant la police municipale (pas malin quand même)? Et qu'une brigade viendra chez vous à 7h du mat' pour vous réveiller à coup de menottes, vous informant que vous avez été filé depuis quelques mois, mis sur écoute, etc. Personne ne demande la légalisation du graffiti, mais simplement de mettre fin à des peines injustifiables. 

25/05/2012, 10:57 | Par jflescour en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 25/05/2012 à 09:47

c'est dificile !
de ne pas avoir la même façon de pensée !
je ne remets pas en cause l'action de vos protégés
j'essaie juste de dire que parfois certains entreprennent
autrement
se faire la "municipale", la "nationale"
comme expérience de ce qu'est la liberté d'expression
c'est aussi jouissif que de se faire un train !!!
...
l'age venant "MOI"
j'ai envie de me cogner le "pouvoir", je peux ?
(cf l'affichage "virtuel" avec qui j'ai plus de retour que d'habitude, mort de rire... sur le net)

--
aller* quelle époque
jf le scour, 2012
*je sais, je sais, je revendique

 ps : autrement dit, vous avez du mal
à jauger le détournement... de situation
il n'y a pas que le pied de la lettre




25/05/2012, 10:54 | Par marushah en réponse au commentaire de jflescour le 25/05/2012 à 09:40

et fait de la prison. C'est sympa de faire de la prison. Si vous connaissiez ca, je suis sur que vous seriez dessus de n'avoir eu qu'une amande (même pas payé).

25/05/2012, 10:40 | Par eS4

mon plaisir, lorsque je prends le train, c'est de regarder le paysage… Et la semaine dernière, je n'ai rien vu, parce qu'un graffiti occultait totalement la fenêtre… L'art, oui, bien sûr, mais pas n'importe comment n'importe où… Certes, voir un train tout coloré passer, c'est assez rigolo, et j'ai déjà eu plaisir à en voir. Mais quand on est dedans, qu'on part travailler pour une journée la tête dans le guidon, et qu'on nous prive en plus de ce qu'il y a dehors, ce n'est pas agréable ! Ce serait intéressant d'analyser les conditions habituelles de voyage des pro-graffeurs-envahissants…

Peut-être faut-il dire que mon trajet en train est long, et qu'il traverse de belles campagnes. Effectivement, lorsqu'on fait 1/4 h de métro dans des tunnels, ou que le seul paysage à voir est des entrepots sales, des casses de voiture, et des HLM, le point de vue peut être différent. N'empêche que voir que des graffitis les uns au bout de autres pendant des kilomètres, c'est assez lassant aussi, et fatiguant pour les yeux, puisqu'on ne reconnaît plus rien des supports, et que tout finit par se mélanger dans un tourbillon psychédélique.

N'empêche que si on jouait le jeu des graffeurs jusqu'au bout, on construirait des trains sans fenêtres, et puis après, pourquoi pas, des gens sans yeux, puisqu'il n'y a plus rien à voir…

Et comment verrait-on alors ces belles œuvres que vous nous vantez ?

La limite, elle est là, pour moi : de même que la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres (et cela vaut aussi pour les livrées affreusement standardisées des ter au travers de toute la France), de même, offrir au yeux une œuvre d'art qui empêche précisément de voir puisque ça occulte les fenêtres (et que ça uniformise le décor extérieur), il y a quand même un non-sens, là…

25/05/2012, 10:56 | Par marushah en réponse au commentaire de eS4 le 25/05/2012 à 10:40

Je suis d'accord que tagger des fenetres, c'est pourri.

Mais votre désagrément (réel) vaut-il de faire de la prison ? D'être endété de centaines de millier d'euro d'amende ?

28/05/2012, 15:48 | Par BerurierVon77 en réponse au commentaire de eS4 le 25/05/2012 à 10:40

Je comprends votre peine, j'apprécie moi aussi regarder le paysage et ses graffitis par la fenêtre.. Si un graff recouvre ma fenêtre, je change de place, même si c'est très rare vu tous les nettoyages.

Dans un pays d'Europe de l'Est, il me semble que graffer un métro n'est pas illégal, du temps que les personnes ne s'attaquent pas au fenêtre.. Mais bon, en France, la peine est la même que l'on déborde ou pas sur les fenêtres (la SNCF fixe l'amende uniquement selon le M² recouvert de peinture... il me semble ), alors se limiter à la tole pour une oeuvre qui finira la plupart du temps aussitôt au nettoyage...

25/05/2012, 11:10 | Par dianne

Je n'entre pas dans les détails de procédure qui sont compliqués comme dans toute affaire collective. Juste un truc : marre de circuler dans des trains dégueu.  Il y a un monde entre l'art et le barbouillage de biens communs sans l'assentiment des intéressés.

Et ma foi quelle hypocrisie par ailleurs : on continue à fabriquer et à vendre des bombes de peinture aérosol. Faut bien faire tourner la machine à cash. Questions subsidiaire : où trouvent-ils le fric ? C'est hors de prix ces trucs-là.

Voilà c'était ma séquence mégère mais en tant que banlieusarde usagère du train j'en ai ras la casquette. Il n'y a d'ailleurs pas que les rames : les quais, les murs de soutien, les stations, les chemins vers les stations, etc... etc...

Et comme le dit justement un intervenant, les sièges sont rapidement traités de la même manière à l'intérieur des rames.

25/05/2012, 11:45 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de dianne le 25/05/2012 à 11:10

2 euros la bombe de peinture, on a vu plus cher. Elles ne sont hors de prix que dans les BHV et autres magasins d'art qui gonflent les prix jusqu'à 10 euros la bombe. 

25/05/2012, 16:55 | Par dianne en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 25/05/2012 à 11:45

Manque de pratique de ma part !... :-))

 

26/05/2012, 00:35 | Par SAINE COLERE en réponse au commentaire de dianne le 25/05/2012 à 16:55

Dianne "la mégère " ( sourire )

Non seulement je partage votre couroux , et de plus le perçois comme légitime .

 

28/05/2012, 15:53 | Par BerurierVon77 en réponse au commentaire de dianne le 25/05/2012 à 11:10

Les bombes de peinture sont utilisées en toutes légalités du temps que le graffiti est fait dans un lieu où il en a reçu l'autorisation (lieux tolérés, évènements culturels..) de plus les premières bombes de peintures étaient faites pour les voitures et se trouvaient dans les magasins de bricolages ( où ça se glisse facilement sous le manteau... )

 

25/05/2012, 11:41 | Par jgal

Ces graffeurs ont le même mépris pour leurs concitoyens que JC Decaux et ses  panneaux publicitaires  (prétention artistique en plus).

25/05/2012, 12:10 | Par jflescour en réponse au commentaire de jgal le 25/05/2012 à 11:41

 

voilà un débat à mettre sur la table
les panneaux de pub sont-ils mieux que les grafittis ?
la privatisation de l'espace urbain va-t'il dans le sens du bien-être en ville ?

...

ils ont l'autorisation de monsieur le maire
pour mettre des panneaux !
merci, monsieur le maire
ah oui, monsieur ratp, vous le faites aussi
est-ce que je peux mettre un panneau sur un quai, moi
sur une place de marché, on ne peut pas monsieur le maire me l'a déjà signifié...

...

ah, vous voulez qu'on vous paye
pour l'emplacement
combien ?
avec ou sans dessous de table
... vous soutenir pour la prochaine "élévation"
euh élection, peut-être

--
aller* quelle époque
jf le scour, 2012
*je sais, je sais, je revendique

 

25/05/2012, 12:39 | Par Luc Rigal en réponse au commentaire de jflescour le 25/05/2012 à 12:10

Eh oui ! Mais regarder un graffiti, ça s'apprend (incroyable, mais vrai !), à commencer par savoir en dénicher dans les recoins les plus improbables et parfois très passants (les chats de gouttière pratiquent un même savoir-faire de proscrit). Certains sont très poétiques, parfois elliptiques ou discrets à l'extrême (un scoop !), la pub jamais.

25/05/2012, 16:59 | Par dianne en réponse au commentaire de Luc Rigal le 25/05/2012 à 12:39

On est dans un autre registre, là.  Dépôt poétique... Surprise touchante au coin de la rue...

Mais l'agression par des surfaces outrageusement bariolées est aussi déplaisante que les gigantesques 3*4 publicitaires. Une sorte de sommation à voir.

26/05/2012, 03:38 | Par Luc Rigal en réponse au commentaire de dianne le 25/05/2012 à 16:59

Non, non ! Le registre est le même, les auteurs sont différents !…

Bien sûr, beaucoup parmi les graffeurs en rajoutent dans la violence des formes industrielles et dans la surcharge. Leur objectif n'est pas d'obtenir le délassement de l'œil !… Je ne comprends pas cet entêtement à assimiler cette pratique manuelle à son opposé publicitaire ! Il faut relire les pages de Baudrillard sur les graffiti new-yorkais :

 

La ville n'est plus le polygone politico-industriel qu'elle a été au XIXe siècle, elle est le polygone des signes, des media, du code. Du coup, sa vérité n'est plus dans un lieu géographique, comme l'usine ou même le ghetto traditionnel. Sa vérité, l'enfermement dans la forme/signe est partout. C'est le ghetto de la télévision, de la publicité, le ghetto des consommateurs/consommés, des lecteurs lus d'avance, des décodeurs encodés de tous les messages, des circulants/circulés du métro, des amuseurs/amusés du temps de loisir, etc. Chaque espace/temps de la vie urbaine est un ghetto, et tous sont connectés entre eux.

À l'anonymat [des villes] les graffiti n'opposent pas des noms mais des pseudonymes. Ils ne cherchent pas à sortir de la combinatoire pour reconquérir une identité impossible de toute façon, mais pour retourner l'indétermination contre le système — retourner l'indétermination en extermination. SUPERBEE SPIX COLA 139 KOOL GUY CRAZY CROSS 136, ça ne veut rien dire, ce n'est même pas du nom propre, c'est du matricule symbolique, fait pour dérouter le système commun des appellations […]. Irréductibles par leur pauvreté même, [ces termes] résistent à toute interprétation, à toute connotation, et ils ne dénotent rien ni personne non plus : ni dénotation ni connotation, c'est ainsi qu'ils échappent au principe de signification et, en tant que signifiants vides, font irruption dans la sphère des signes pleins de la ville, qu'ils dissolvent par leur seule présence.

Les graffiti vont à l'inverse de tous les signes médiatiques et publicitaires, qui pourraient donner l'illusion, sur les murs de nos villes, de la même incantation. On a parlé de fête à propos de la publicité : sans elle, l'environnement urbain serait morne. Mais elle n'est en fait qu'animation froide, simulacre d'appel et de chaleur, elle ne fait signe à personne, elle ne peut être reprise par une lecture autonome ou collective, elle ne crée pas de réseau symbolique. Plus que les murs qui la supportent, la publicité elle-même est un mur, un mur de signes fonctionnels faits pour être décodés, et dont l'effet s'épuise avec le décodage.

Tous les signes médiatiques procèdent de cet espace sans qualités, de cette surface d'inscription qui se dresse comme un mur entre producteurs et consommateurs, entre émetteurs et récepteurs de signes […] Les graffiti, eux, sont de l'ordre du territoire. Ils territorialisent l'espace urbain décodé — c'est telle rue, tel mur, tel quartier qui prend vie à travers eux, qui redevient territoire collectif. Et ils ne se circonscrivent pas au ghetto, ils exportent le ghetto dans toutes les artères de la ville, ils envahissent la ville blanche et révèlent que c'est elle le véritable ghetto du monde occidental ( Jean Baudrillard, « Kool killer ou l'insurrection par les signes », dans L'Échange symbolique et la mort, éd. Gallimard, 1976, p. 120-123).

 

Donc, les graffs sont agressifs, c'est entendu. Ils ont le tort de s'imposer trop violemment : ils saccagent, ils défigurent dans des formats inévitables… Pour résumer, ils galvaudent notre usage compatissant du trottoir !

26/05/2012, 13:58 | Par dianne en réponse au commentaire de Luc Rigal le 26/05/2012 à 03:38

Je n'ai pas besoin de Baudrillard pour ressentir comme une agression ce qui envahit l'espace visuel de manière sauvage. Ce n'est pas une question de nature de la production. Après tout chacun est libre de concevoir en son privé tous les délires qu'il lui semble bon de matérialiser et d'en faire profiter des consentants curieux. Mais quand tout l'environnement "libre" (notamment les surfaces claires, lisses ) se retrouve maculé par des slogans analphabètes déguisés en production artistique, on peut raisonnablement questionner la démarche.Combien d'habitations privées sont-elles défigurées par des "élans artistiques" de cette nature ?... Pour lors c'est bien d'emmerder le monde qu'il s'agit. Le coût du nettoyage pour les collectivités est considérable.

Par ailleurs, certains élus locaux ont le courage de s'opposer à la prolifération des panneaux mercenaires saccageurs de paysages. C'est aussi une question de délibération citoyenne.

Que signifie "notre usage compatissant du trottoir" ?

26/05/2012, 17:53 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de dianne le 26/05/2012 à 13:58

C'est hélas très IN de louanger les créations spontanées sur les murs...des autres de préférence. Cela a commencé avec Jack (Lang bien sûr, Langue de bois ?) Foin du respect de la propriété d'autrui ou du bien public. Il y a parfois de l'ART, parfois des MERDES mais ayant peur de faire montre de leur ignorance, nos élus préfèrent évoquer l'ART et la LIBERTE. Signe des temps ? de décadence ? d'individualisme roi  et de violence ?

 

27/05/2012, 17:52 | Par Luc Rigal en réponse au commentaire de dianne le 26/05/2012 à 13:58

 Ce que veut dire « notre usage compatissant du trottoir ».

 

La voie publique réserve des surprises que son usager respectable (vous, Dianne, par exemple) ne trouve pas toujours bonnes. Au contact de dessins muraux malvenus, il peut se juger ainsi la victime répétée « d'emmerdements » prodigués par des « délirants analphabètes »…

Pour surmonter cette désagréable impression de dévalorisation narcissique, que lui imposent injustement les aléas du trottoir et de la promiscuité, il mettra ses déboires sur le compte de la misère humaine (l'infériorité court les rues). C'est, en société chrétienne et principalement de la part de sa bourgeoisie, le réflexe usuel qui précède celui de la répression.

25/05/2012, 13:08 | Par francois_d en réponse au commentaire de jflescour le 25/05/2012 à 12:10

la différence c'est que la décision de mettre un panneau de pub est prise par un organe élu démocratiquement. une décision concernant l'espace public ne peut être prise que par les citoyens (et donc par la voie des élus) et non par une seule personne.

si un graffeur décide tout seul de tagger un mur, quelle différence avec quelqu'un qui déciderait tout seul de casser un abris-bus? le message artisitique (subjectif...)

après, c'est vrai que le prinicipe démocratique ne fonctionne que si la démocratie fonctionne. et là, je doute que nos élus soient majoritairement favorable au tag...

25/05/2012, 21:43 | Par LA PARIGOTTE en réponse au commentaire de francois_d le 25/05/2012 à 13:08

Au nom du fric !

26/05/2012, 20:02 | Par Anne Dubor en réponse au commentaire de jflescour le 25/05/2012 à 12:10

@jflescour, il y a quelques années à Amiens, les panneaux Decaux avaient prêtés des espaces à des artistes, et c'était super.

25/05/2012, 12:49 | Par Luc Rigal en réponse au commentaire de jgal le 25/05/2012 à 11:41

@ JGAL

Et ne trouvez-vous pas contradictoire, alors, qu'ils s'adressent à eux ?

Quant à l'incontournable JC Decaux, qui pratique l'esthétique de la transparence et de la domination froide, il semblerait qu'il sollicite plus spécifiquement leur portefeuille…

25/05/2012, 12:45 | Par tgoirand

Joli graf, que le premier présenté.

 

25/05/2012, 12:45 | Par tgoirand

Joli graf, que le premier présenté.

 

27/05/2012, 00:36 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de tgoirand le 25/05/2012 à 12:45

Cher TGOIRAND, voici une vidéo de l'auteur, Azyle, l'un des tagueurs les plus talentueux de la scène française, arrêté et condamnée depuis. 

 

25/05/2012, 14:37 | Par Ragondine

Moi je trouve que la plupart des tags signature, ne sont qu'une façon de marquer un territoire comme les chiens qui urinent pour déposer leur odeur. Ces dégradations qui sont des incivilités à l'intérieur du métro me sabotent le moral . S'il se trouve des  tags artistiques ce n'est pas le cas de ceux que nous subissons dans nos rames de métro et de RER. Je ne classe pas parmi les taggeurs ceux qui agrémentent nos murs avec des pochoirs et des fresques, qui sont pour moi les vrais artistes de rue à défendre.

27/05/2012, 00:14 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Ragondine le 25/05/2012 à 14:37

Si vous aimez ces "vrais artistes", vous comprendrez très rapidement que ce sont eux qui marquent aussi les territoires "comme les chiens" que vous dénoncez. Votre classement fait donc pshiiit! (vous voici devenue tagueuse!) 

28/05/2012, 15:55 | Par BerurierVon77 en réponse au commentaire de Ragondine le 25/05/2012 à 14:37

Le problème c'est que c'est souvent les même personnes...

25/05/2012, 15:20 | Par Jean-Michel PRUDHOMME

Vos "graffeurs" ne sont pas des artistes mais des voyous.

J'espère qu'ils auront la peine maximum et je déplore qu'il ne soit plus possible de les envoyer exercer leurs talents à Saint-Laurent du Moroni. 

25/05/2012, 16:45 | Par Tinus en réponse au commentaire de Jean-Michel PRUDHOMME le 25/05/2012 à 15:20

Amusante, la référence au second empire. Le bagne de Cayenne, créé pour les communards, probablement d'autres voyous dans votre esprit.

Seriez-vous parent du général Prud'homme ?

 

26/05/2012, 17:58 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de Jean-Michel PRUDHOMME le 25/05/2012 à 15:20

Saint-Laurent du Maroni, (pas de Moroni). On peut  voir en Guyane  les oeuvres d'un bagnard qui était un faussaire et qui a décoré toute une chapelle.

25/05/2012, 17:14 | Par GILLES WALUSINSKI

Quand les trains sont pleins de monde, ils sont bombés. Dans ce cas le sévice public à graphe son cas...

25/05/2012, 17:30 | Par -

Je préfère un tag qu'une pub pour une banque avec ses produits toxiques et ses contrats de confiance et d'arnaque !

A lire :  Pour une esthétique du tag  Anne Tassel

 

Esthétique de dégagement, le tag interprète la rivalité et le différend; la problématique du beau ou du laid disparaît au profit de l’expression d’un sujet aux prises avec un objet qui lui échappe, au-delà du manque, vers une absence d’objet.
L’espace ouvert par le tag provoque ainsi à une variation du champ esthétique lui-même, piégé entre la précipitation pulsionnelle et l’art de la retenue, dont l’image est interprétation du nom, la lettre, interprétation de l’autoportrait, le style, interprétation du trait issu de la métonymie d’un désir singulier.

Auteur : ANNE TASSEL

 

Et cette revue ...  !!!

 

Revue adolescence

25/05/2012, 18:05 | Par -

Ohlalalalala  ... ceux qui ne veulent plus regarder par la fenêtre peuvent se plonger dans des revues !  En voilà de la lecture !!!

 


 

dossier de Territoires n°457 - avril 2005




j457.jpg journal de Territoires
n°457 - avril 2005


> lire l'article du mois dossier de Territoires
n°457 - avril 2005

L'expression dans l'espace public,
les tags gueulent et
les graffs griffent



> lire le sommaire
> lire l'article du mois
> pour aller plus loin sur le sujet 
 457.jpg  > LE SOMMAIRE Fondamentaux L’art ou la loi ?
Tags et graffs, entre institutions et générationsAlain Vulbeau, sociologue Décryptage
De la zulu Nation au graffiti writerHondo, graffeur Analyse
L’art d’intervenir dans l’espace publicHugues Bazin, sociologue Pollution visuelle
Maîtriser l'affichage publicitaire intempestif dans sa communePierre-Jean Delahousse, Paysages de France Affichage associatif
De nombreuses villes hors-la-loiSabrina Costanzo, journaliste

25/05/2012, 21:41 | Par LA PARIGOTTE

Jack Lang avait été plus malin que la SNCF et la RATP (pas difficile) : il avait exposé les graffeurs au Musée des Monuments français... En en faisant des artistes reconnus, il les a embourgeoisés et court-circuités...

En leur faisant un procès la SNCF et la RATP en fait des "délinquants". Pour un certain type d'artistes c'est une reconnaissance,  un label de qualité !

En plus, ce que font ces graffeurs c'est juste beau. Un jour ces wagons coûteront une fortune ! et les "prudhommes louis-philippards" en reconnaîtront alors la valeur....

Par contre, c'est vrai qu'obturer les fenêtres ce n'est pas humain pour les gens que l'on transporte dans ces véhicules à l'esthétique aride et déjà inconfortables.

26/05/2012, 01:06 | Par SAINE COLERE en réponse au commentaire de LA PARIGOTTE le 25/05/2012 à 21:41

Mais bien sur.  Les speculateurs  se ruent sur les wagons tagués et les protegent de la convoitise en les enfermant dans de gigantesques coffres fort !

26/05/2012, 18:02 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de LA PARIGOTTE le 25/05/2012 à 21:41

On peut être à la fois artiste (mais tous les grafs et tags ne sont pas des oeuvres d'art) et délinquant. La propriété publique n'est pas une toile blanche destinée aux artistes. La SNCF est en droit de décider lesquels de ses murs peuvent être offerts à des artistes. Elle est en droit de choisir.

27/05/2012, 00:18 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de La nouvelle Héloïse le 26/05/2012 à 18:02

Chère Héloïse, personne ne souhaite nier la légitimité de la SNCF à poursuivre les graffeurs. Mais elle a aussi l'obligation de justifier ses poursuites par un coût réel de dégraffitage. Ici, cette preuve est controversée. Tout comme les arguments invoqués pour justifier d'un préjudice moral:  les avocats des graffeurs montrent que les voyageurs se plaignent bien plus des mauvaises odeurs et des retards des trains que des graffitis; et la SNCF demande à beaucoup de graffeurs de réaliser des peintures ou des visuels pour leurs opérations de communication. Soudainement, le graffiti ne ferait donc plus peur aux voyageurs, et serait fréquentable et apprécié.  

27/05/2012, 09:58 | Par rebeka en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 27/05/2012 à 00:18

evidemment que faire faire des affiches de com par des graffeurs ça fait pas peur aux voyageurs et pas plus que quand ces graffes sont sur les rames. peur de quoi ?

 ça nous gonfle de voir les mecs dégueuler leurs trucs sur les wagons et les murs et les banquetes etc . C'est pas de la peur.

faut pas prendre les gens pour des billes

26/05/2012, 01:04 | Par SAINE COLERE

Tagueurs = Artistes  ?

A chacun ses valeurs .

Excusez .

Me voilà une idée     (celà arrive , meme niaise )

Ma preference va aux tagueurs des grottes prehistoriques .

Ils "disaient " leur quotidiens et de plus  devaient etre chez eux .

Je suis curieux de connaitre la signification des  "ZDFREZYTOTRF"

 (excusez LEURESTAUXGRAFS )

La culture à la Warhol ?  oui chacun aura cru avoir son heure de gloire .

25/05/2012, 23:19 | Par christian paultre

 

Amusante réflexion sur l'art

Cet art contestataire est lourdement puni parce qu’il est contestataire pas parce qu’il est beau;

Il faut dire quand même que dans la plupart des cas l'étalage de ces égos agressifs est assez sinistre et que le nettoyage coûte très cher. Une méthode intéressante utilisée à Lyon consiste à taguer les tags avec de jolis tags

26/05/2012, 00:16 | Par SAINE COLERE en réponse au commentaire de christian paultre le 25/05/2012 à 23:19

Effectivement , Christian .

Je peux temoigner d'un fait réel , vécu ..

Voilà une dizaine d'années , je "trimais " dans un commerce situé dans un quartier populaire de Paris .

Chaque nuit , le rideau metallique etait tagué , dessins , injures , et j'en passe .....

Nous avons contacté un jeune "graphiste " qui nous à decorer le rideau des etranges ou fabuleux Shadocks.

Son oeuvre est restée intacte .

Un collegue , gerant d'une librairie scientifique , eut les memes problémes , jusqu'à ce qu'il fit dessiner sur son rideau le portrait d'Einstein  les cheveux en bataille .

De ce jour plus aucune dégradation .

26/05/2012, 01:14 | Par SAINE COLERE

Hugo Vitrani .

Vous citez , Mr Girard adjoint à la Mairie de Paris .

Je ne suis pas certain qu'Il apprecierait ces oeuvres sur les vitrines de Vuiton , ou

dans l'avenir sur les murs de l'ancienne Samaritaine dévolue à devenir l'endroit plusque luxueux de l'Empire de Mr Arnaud dont Il est le proche collaborateur.

26/05/2012, 03:51 | Par Luc Rigal

Enfin, tout ça nous fait bien du souçi…

27/05/2012, 00:33 | Par SAINE COLERE

LUC RIGAL .

Votre commentaire , teinté d'humour un peu acide , me convient tres bien .

J'aime votre reflexion ,nous invitant à comprendre que le sujet est bien peu important en regard des innombrables drames .

Alors je persiste :

Connaissez vous la chanson de Maxime Le Forestier

 " L'Homme au bouquet de fleurs "   ?

Je m'en inspire pour vous repondre avec amabilité .

"ça nous fait bien du souci ..... " ercivez vous .

NON .

Je n'ai pas encore vu de tag representant la flore , et encore moins les soucis .

 

 

27/05/2012, 00:41 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de SAINE COLERE le 27/05/2012 à 00:33

Alors, (mal)saine colère, ouvrez vos yeux et votre esprit: si vous ne voyez rien de social dans le graffiti, il existe des ouvrages de référence qui vous expliqueront l'histoire de ce mouvement artistique qui en dit long sur nos sociétés. Concernant l'argument "il y a pire que...", il marche pour tous les sujets donc pour aucun. Ne dit-on pas, en droit, que l'on juge l'état d'une société démocratique à l'état de ses prisons? Alors que dire d'une société qui emprisonne ses artistes, et les expose dans les musées? 

27/05/2012, 01:29 | Par SAINE COLERE en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 27/05/2012 à 00:41

Hugo Vitrani .

Tout d'abord je n'aborde en aucun propos les lourdes condamnations demandées en reparation des degats occasionnés sur du materiel appartenant à chaque citoyen .

( Effectivement je les désaprouve , mais demande tout de méme sanctions .)

Ensuite , pour  un "journaliste " de Mediapart  je trouve parfaitemant inelegant , et je reste poli , le fait que vous vous permetiez de vous attaquer à mon pseudo .

Suis je ( mal ) saine , en contestant votre analyse concernant  L'ART du TAG  ?

Autre exemple :

Suis je ( mal ) saine si je ne considére pas la fabuleuse "Fontaine " comme une oeuvre absolument geniale .

( Il suffirait de la casser , pour decreter que le casseur, par son acte devient à son tour  créateur ).

Quant aux autres propos Il s'adressaient à l'abonné ironique , que j'ai apprecié .(pas de souci )

Sachez , Monsieur que je suis pas d'humeur a supporté vos leçons , et que je lis ce qui m'interesse et n'on pas ce que l'on m'ordonne .

Un de mes Trés , Trés  proches , peut me conseiller , si je le veux , en sociologie ou philosophie de l'ART  .

C'est parfois un sujet de vigoureuses contreverses .

Nous( deux ) n'allons pas monopoliser, plus longtemps ce billet , je vous quitte donc .

Salutations .

 

27/05/2012, 01:54 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de SAINE COLERE le 27/05/2012 à 01:29

Les échanges numériques débouchent parfois sur des malentendus: je n'ai en aucun cas attaqué votre pseudo, je l'ai simplement détourné avec l'humour que l'on retrouvait également dans l'ironie de votre commentaire. Il n'y avait là aucune malice de ma part. Mes conseils de lectures ne sont en aucun cas des ordres, bien au contraire, ce sont des invitations à découvrir de nouveaux horizons (et si vous le souhaitez je peux vous indiquer de bons ouvrages sur le sujet). Vous n'êtes donc pas du tout malsaine (mais sans doute un peu trop tranchée dans votre analyse sur l'absence de social dans ce mouvement artistique). Par contre, il y a des colères malsaines dans ce fil de commentaires qui se veut, trop souvent, le procès du graffiti.

Concernant la "fontaine", si il s'agit de l'urinoir de Duchamp, il a bien été cassé par Pinoncelli, en hommage à l'artiste (c'est à lire ici, ou à voir ici). Pour finir, si les controverses sur l'art sont souvent vigoureuses, les controverses juridiques peuvent nous mettre d'accord sur certains points: les graffeurs doivent payer le coût réel, les parties civiles doivent prouver ce coût, et la prison doit être évitée pour de la peinture. Et ce n'est pas aussi anodin qu'on pourrait le penser. N'est-ce pas?

27/05/2012, 02:25 | Par SAINE COLERE en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 27/05/2012 à 01:54

Hugo Vitrani .

Je ne vais pas vous contredire , en vous lisant  ci-dessus , Il est exact que le malentendu est flagrant

Comme vous l'ecrivez " les echanges numériques debouchent parfois sur des malentendus ."

Je ne vais pas vous contredire , je n'ai pas su percevoir l 'humour dont vous dites avoir usé .

Dont acte.

Vous croyant honnete  .

Pour moi l'incident est clos .

Je nous souhaite à tous deux une nuit apaisée  .

Bonne fin de nuit à tous .

27/05/2012, 13:41 | Par Christine Marcandier

Miss Tic, un mur du quartier CroulebarbeMiss Tic, un mur du quartier Croulebarbe © CM

27/05/2012, 14:22 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Christine Marcandier le 27/05/2012 à 13:41

Pour Miss Tic (ici sur Mediapart), je préfère ce pochoir...  Mais n'oublions pas que la plupart de ses interventions sont depuis très longtemps autorisées par les propriétaires des murs, Miss Tic ayant en mauvais souvenir un ancien jugement pourtant clément par rapport aux procès des graffeurs. 

27/05/2012, 14:45 | Par Christine Marcandier en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 27/05/2012 à 14:22

J'aime beaucoup Miss Tic (et j'avais lu ton papier). J'ai choisi cette photo faite il y a quelques semaines moins pour le support et l'artiste (tu dis très justement à la fin de ton article à quel point le côté institutionnel de son œuvre désormais est pour elle une limite) que pour la phrase, "La poésie est un sport de l'extrême", en écho voire réponse, aux commentaires du fil.

27/05/2012, 14:55 | Par rebeka en réponse au commentaire de Christine Marcandier le 27/05/2012 à 14:45

Mon mari (routier) aime beaucoup les grafs de misstic ausi sur le cul du camion.

27/05/2012, 21:53 | Par Jaren en réponse au commentaire de Christine Marcandier le 27/05/2012 à 14:45

Il ne vous reste plus Christine Marcandier  de nous indiquer les fréquences de votre écho et nous autoriser ainsi à acceder à ce sport de l'extrême.

J'adore votre logique qui pisse sans même nous faire croire qu'il pleut  "J'aime beaucoup Miss Tic " / "moins pour le support et l'artiste "

Je ne sais pas si la poésie est 1 sport de l'extrême.

Ce dont je suis sûr, c'est que  la sottise est le sport favori de ceux qui n'ont rien à foutre

28/05/2012, 11:42 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de Jaren le 27/05/2012 à 21:53

Qu'est-ce qu'il était stupide ce SAMO (J.M Basquiat) qui n'avait rien à foutre de ses journées! 

Alors, cher Jaren, qui est vraiment un sportif de compétition?

28/05/2012, 12:09 | Par Christine Marcandier en réponse au commentaire de Jaren le 27/05/2012 à 21:53

@Jaren. Votre citation est tronquée. Et à en juger par votre élégance, le commentaire est, lui aussi, un sport de l'extrême.

 

28/05/2012, 16:26 | Par BerurierVon77

Intéressant toute cette série de Commentaires sur le graffiti, il y a ( bon, pas tout à fait quand même ) un discours similaire que sur des sites comme le Figaro..

J'ai l'impression que c'est des formes que prend le graffiti ( Sur les fenêtres de trains/métros et sur les maisons/voiture personelles.. )

Il n'y a pas de codes des graffeurs, si on entre dans ce milieu on ne signe pas de charte de bonne conduite.. Bon, il y a quand même des codes qui sont respectés par une majorité des graffeurs ( Pas touche aux églises, aux voiture de particuliers... ), mais bon les gamins qui touchent pour la première fois une bombe n'en sont pas forcément au courant... On peut pas reprocher à un graffeur en particulier ces pratiques (bon, à part s'il l'a fait.. )

Mais bon, on a un code pénal très bète contrairement à d'autres pays, javais dis dans un commentaire plus haut qu'en Europe de l'Est, le fait de graffer sur un métro était illégal que si ça touchait les vitres, je vais rajouter l'exemple Brésilien où le graffiti est puni d'amende que si ce que l'on fait n'est pas jugé beau ! Ca inverse pas mal la donne par rapport à la France où c'est le graffiti dans son ensemble qui est pénalement répréhensible.. Que l'on fasse une croute ou un chef d'oeuvre, si on se fait chopper on aura des ennuis avec la Justice, alors autant finir le plus vite sa pièce..

Avec le refus de rendre les "albums photos " des artistes interpellés, on voit bien encore une fois la preuve de la bétise de notre justice, même si la plupart des photos doivent être celles de pièces ratées ( Ce jugement est souvent aussi celui de l'artiste ), on gache aussi d'excellentes pièces..

Le graffiti est quand même une extraordinaire dualité, tiens prenons l'exemple de Horfé, un graffiti-artiste parisien très Hype, entre ce tableau

ExpositionHorf%C3%A9GalerieCelal.jpg

et ce tag

6151835229_b3aa05c5c7.jpg

y'a quand même un univers... Mais ça vient du même artiste en tout cas..

28/05/2012, 16:47 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de BerurierVon77 le 28/05/2012 à 16:26

Horfé est hype dans le milieu du graffiti, mais pas encore pour son travail en galerie, même si son passage sur toile est prometteur. Par contre, s'il y a tout un univers entre le tag que vous montrez et sa toile, c'est tout simplement car ce tag est loin d'être aussi bon que la plupart de ses signatures travaillées (sans doute à cause du parpaing qui ici boit la peinture et empêche certains effets, change la vitesse d'exécution et perturbe la fluidité du mouvement). Entre un beau tag, un beau chrome, une belle fresque, un tracé direct... aucune différence. Et j'ai même souvent une préférence pour le beau tag (sachant évidemment que le public hors graffiti ne trouvera jamais un tag beau, surtout lorsqu'il est tracé en noir, au fat cap, et qu'il s'impose violemment dans l'espace public). Pour finir, merci pour vos commentaires qui se démarquent de beaucoup d'interventions de ce fil de discussion. 

29/05/2012, 17:47 | Par BerurierVon77 en réponse au commentaire de Hugo Vitrani le 28/05/2012 à 16:47

J'avoue, je me suis pas trop foulé, j'ai pris le premier de ses tags que j'ai trouvé sur Google.. J'accroche pas trop à son style.

Le tag est au final une forme de calligraphie la plus basique qui soit, c'est pas quelque chose qui met du temps à être fait comme un graff, et si à l'intérieur, un style s'exprime, ça renvoit à des choses, à un mouvement.. C'est plus que du vandalisme même si ça apparait comme tel.

Enfin mon commentaire c'était pour dire que le graffiti était une discipline qui englobait tout ça, tagger la ville, les transports en commun, c'est dans ça qu'on voit les vrais.. j'ai un peu du mal à voir des évènements Hip Hop avec pour le graffiti que des graffeurs qui me sont inconnus, que je ne vois que dans ces évènements et pas lorsque je me balade dans la rue, que je prends le train.. ça manque d'authenticité ( Ahah, bon sûrement, une partie d'entre eux ne portent pas le même blaze et ce n'est pas le cas pour tous, il y en a que l'on peut pas remettre en cause. )

En tout cas c'est cool de voir sur Mediapart le graffiti traité d'une manière convenable, sans recherche d'insécurité ou de hype..

29/05/2012, 20:30 | Par Hugo Vitrani en réponse au commentaire de BerurierVon77 le 29/05/2012 à 17:47

Merci! Mais je persiste et tague ;-) : il n'y a rien de basique dans un tag, c'est sans doute la calligraphie la plus difficile à maitriser dans cette discipline. C'est si facile de faire un mauvais Wild Style avec des flêches et des jeux de couleurs qui masquent la faiblesse d'un lettrage. C'est si difficile d'avoir un beau tag, puissant et efficace... Alors, oui, au final un tag se fait en 30 secondes, mais il faut des années de travail et beaucoup de talent pour savoir en faire un beau, si vite.  

17/07/2012, 12:27 | Par lechatbotté

Graffeurs? Arrêtez de donner de jolis noms aux activités néfastes. Ici il s'agit de vandales. Peu importe qu'ils se prennent pour des artistes ou que d'autres croient que ce qu'ils commettent est artistique ou pas. S'ils se veulent artistes ils n'ont qu'à arrêter de s'attaquer à la propriété d'autrui. Ce qu'ils font n'est pas plus artistique ou appréciable parce qu'ils le font sur des trains. Alors pourquoi ne pas "graffer" dans un cadre légal? Ils doivent payer pour la réparation des dommages qu'ils ont causés. Je ne vois pas pourquoi cela reviendrait aux pigeons habituels (utilisateurs des transports, ceux qui payent leurs impôts, ...).

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