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Kamerun ! La guerre cachée de la France au Cameroun remonte à la surface

 

Avec la parution, le 6 janvier 2011, de Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (La Découverte), la France est rattrapée par une guerre fondatrice de la Françafrique qu’elle a trop longtemps occultée : la guerre du Cameroun.

 

 

Au terme de quatre années d’enquête, une équipe franco-camerounaise d’historien et journalistes documente de manière inédite la « guerre révolutionnaire » livrée par le pouvoir franco-camerounais aux indépendantistes de l’Union des populations du Cameroun (UPC).

 

Une petite guerre d’Algérie en Afrique centrale, passée largement inaperçue à l’époque et soigneusement masquée depuis. Une guerre qui a causé la mort de dizaines voire de centaines de milliers de Camerounais entre 1955 et 1971, et qui a permis d’installer le régime de terreur toujours en place aujourd’hui, incarné par Ahmadou Ahidjo (1958-1982) puis Paul Biya (1982 -…).

 

Et pourtant, encore aujourd’hui, les autorités françaises nient envers et contre tout. En visite à Yaoundé le 22 mai 2009, François Fillon, interrogé sur cette guerre, avait même osé affirmer : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun, tout cela c’est de la pure invention » (source). En 750 pages, les trois auteurs mettent en pièce ce déni d’histoire.

 

§ Pour la première fois, par exemple, un ancien magistrat colonial, Jean-Paul Martin, révèle qu’il a cherché à combattre la torture utilisée par les gendarmes français au Cameroun… et que, pour cette audace, il a été expulsé du Cameroun en 1959. Voir la vidéo:

 

§ Autre exemple saisissant de la brutalité de cette guerre : face caméra, l’actuel chef d’état-major de l’armée camerounaise, le général Pierre Semengue, reconnaît que son armée, entièrement créée, formée et encadrée par la France, coupait les têtes des maquisards. Voir la vidéo:

Ce ne sont là que deux des multiples révélations contenues dans cet ouvrage qui fera date.

 

Il a fallu quatre décennies à la France pour admettre qu’elle a mené une guerre en Algérie. Combien lui en faudra-t-elle pour reconnaître la guerre du Cameroun ?

 

  • Pour en savoir plus, le site du livre met en ligne progressivement les documents d’archives inédits, des extraits d’interviews de témoins et de responsables, politiques et militaires, camerounais et français, de cette guerre sale : http://www.kamerun-lesite.com

 

Les auteurs :

Thomas Deltombe, journaliste indépendant, est l’auteur de L‘islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 (La Découverte, 2005).

Manuel Domergue est journaliste au magazine Alternatives économiques.

Jacob Tatsitsa, enseignant, est doctorant en histoire à l’université de Yaoundé-I.

 

Contacts :

Editions La Découverte : Pascale Iltis : +33 1.44.08.84.21

 

Présentation de l’éditeur

Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l’on enseigne toujours que la décolonisation de l’« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd’hui d’évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature… C’est dire l’importance de ce livre, qui retrace l’histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s’incarnaient en un mot : « Kamerun ! ».

Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres… Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d’étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l’UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Et ils montrent comment l’administration et l’armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc.

Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d’une brûlante actualité. Car c’est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République. C’est l’histoire, enfin, d’un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d’indépendance et de démocratie.

Tous les commentaires

13/01/2011, 17:56 | Par Ivan Villa

Avant de vous lancer dans les palpitantes 750 pages de l'ouvrage, vous pouvez surfer sur le site Kamerun!

14/01/2011, 12:29 | Par Ivan Villa

15 janvier 1971/2011 - Quarante ans jour pour jour après la mort d'Ernest Ouandié. Rencontre à la librairie Résistances - Paris 17e - avec Thomas Deltombe & Manuel Domergue.

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18/01/2011, 09:20 | Par liz sallander

Bonjour

Abonnée de Médiapart je trouve regrettable que votre article sur ce livre événement ne soit pas mis en avant (même en filigrane) dans les pages d’accroche du journal.

Car C’est grâce a France inter et au net que j’ai pris connaissance de votre article ; c’eût été dommage de passer à côté.

Cordialement

02/04/2011, 12:28 | Par Ivan Villa en réponse au commentaire de liz sallander le 18/01/2011 à 09:20

A mediapart, le tri est sélectif pour la mise en 1ère page.

22/01/2011, 22:54 | Par Oliv92

il y a eu une interview d'un intellectuel camerounais sur Médiapart, qui parlait aussi de cette naissance tragique

23/01/2011, 10:59 | Par POJ

Merci pour la promotion de ce livre que je ne manquerai pas de lire. Le magistrat a connu le sort de La Bollardière.

23/01/2011, 11:31 | Par Velveth

Billet fort bienvenu.

Bien peu nombreux étaient ceux qui dénonçait cette "guerre cachée" !

02/04/2011, 12:29 | Par Ivan Villa

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19/07/2011, 23:21 | Par arbuste

J'aimerais savoir si l'auteur camerounais du livre,Jacob Tatsitsa, enseignant au Cameroun, n'a pas en ce moment des problemes avec le dictateur actuel du Cameroun,Paul Biya, à la suite de la publication de ce livre qui logiquement devrait rendre possible la traduction de celui-ci ,ce dictateur,devant la cour penale internationale de justice, pour complicités de crimes contre l'humanité.

Par ailleurs ,je suis d'accord avec Liz Sallander et son commentaire publié ci dessus le 18/1/2011, Mediapart pourrait parler plus de l'Afrique et mettre vraiment en avant ce livre majeur qu'est "Kamerun";

Mediapart, malgré toutes ses qualités de journal independant,critique et serieux, parle peu de ce neocolonialisme monstrueux qui regne en Afrique noire, et est victime de ce travers de toute intelligentsia des pays dominants: on parle de ce qui se passe dans ce pays dominant ( la France) de ce qui se passe dans les autres pays dominants ( usa chine etc...) de ce qui se passe dans les pays dominés par les autres pays dominants ( Tchetchenie,Tibet , Afganistan ) mais pas de ce qui se passe dans les pays dominés par son propre pays dominant ( les anciennes colonies françaises d'Afrique noire) ; malgré son esprit critique, Mediapart est victime de ce travers de l'information en France. Mais le mecanisme est le meme,aux USA par exemple; Noam Chomsky a bien montré cela dans son livre "la fabrication du consentement"; il s'agit de faire en sorte pour les puissances dominantes en France, que le citoyen moyen de note pays "oublie" l'Afrique et accepte cette domination atroce que subissent les habitants d'Afrique noire; les USA font pareil avec l'amerique du sud et l'Amerique centrale pour prendre un autre exemple.

 

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