Ven.
10
Fév

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Le courage encore de le dire

Voici les plus récents faits constatés par l'ONU, son Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Médecins du Monde, et une coalition d'ONG comprenant Oxfam Grande-Bretagne, Amnesty International UK, CARE UK, Médecins du Monde UK, Save the Children UK, CAFOD et Trocaire (Irlande), dans les mois précédant l'agression militaire actuelle par l'état d'israël à l'encontre du peuple palestinien. On y voit clairement les contours indiscutables d'une politique menée par un état qui agit au-dessus de la loi - et hors les lois internationalemment reconnues.

 

Il a été démontré sur le terrain que les conditions minimales de la trève en cours n'ont pas été respecté par l'Etat d'Israël. Tout comme la plupart des résolutions de l'ONU à son sujet.

 

Ces réalités et bien d'autres, sont totalement ignorées par la quasi-ensemble de la presse occidentale dans sa présentation du conflit, réduisant le traitement du conflit à un scénario de ripostes et contre-ripostes, sans logique, ni fin, ni espoir...

 

Comment sanctionner un tel aveuglement volontaire, de la part de la presse entière d'un "Occident" qui se veut "libre" ?

 

Comment créer les conditions d'un vivre-ensemble possible, quand le'Etat d'Israêl est laissé carte blanche pour agir au-dessus de toute loi et Convention, et ignorant la plupart des résolutions de l'ONU depuis son existence ?

 

Que dire de la molesse et de la complicité de la quasi-totalité de la presse occidentale sur un sujet où ce sont les faits, la mise en persepective et la recherche de la vérité qui devraient être à la base de tout traitement du conflit ?

 

 

Lundi 29 Décembre 2008 - Situation humanitaire à Gaza
Paris, le 29 décembre 2008 - L’offensive militaire israélienne menée dans la bande de Gaza depuis plus de 48h vient encore aggraver une situation humanitaire alarmante.

 

Vendredi 05 Décembre 2008 - Gaza : MdM dénonce les entraves à l’accès de l’aide humanitaire
Depuis le 4 novembre dernier, l’action humanitaire des ONG, dont Médecins du Monde, est entravée par un blocus sévère imposé à Gaza, alors même que la situation de la population s’aggrave de jour en jour.

 

Vendredi 07 Mars 2008 - GAZA: LA PIRE SITUATION HUMANITAIRE DEPUIS 1967
6 mars 2008 - La situation humanitaire dans la Bande de Gaza n'a jamais été aussi grave depuis le début de l'occupation israélienne en 1967, selon un nouveau rapport publié aujourd'hui (6 mars) par une coalition d'ONG comprenant Oxfam Grande-Bretagne, Amnesty International UK, CARE UK, Médecins du Monde UK, Save the Children UK, CAFOD et Trocaire.

 

 

3529_ochalogo.gifOCHA préoccupé par la situation médicale à Gaza22 octobre 2007 – Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) est préoccupé par la pénurie de produits anesthésiants dans la Bande de Gaza, provoquée par les restrictions d'importation imposées par les autorités israéliennes, a affirmé ce matin la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas.

 

Cette pénurie a entraîné la fermeture d'un certain nombre de salles d'opération et de centres de santé dans le territoire, a-t-elle également indiqué.

Cette situation est par ailleurs exacerbée par l'impossibilité pour les malades palestiniens de quitter la Bande de Gaza pour chercher des soins médicaux adéquats ailleurs.

 

Les restrictions ont également engendré des pénuries croissantes de produits alimentaires de première nécessité et un ralentissement dans le ravitaillement des populations locales.

 

« L'étau économique continue de se resserrer sur Gaza, dont les populations sont les victimes d'une stratégie politique délibérée de punition », a affirmé pour sa part le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, John Holmes.

 

 

United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
GAZA HUMANITARIAN SITUATION REPORT
2 January 2009 as of 14:30
The humanitarian crisis in the Gaza Strip is significant and cannot be understated. It follows what the UN had described as an 18 month long “human dignity crisis” in the Gaza Strip, entailing a massive destruction of livelihoods and a significant deterioration of infrastructure and basic services. (faut-il traduire ?)
 

 

 

Logo des Nations Unies 

« L’Organisation des Nations Unies continuera d’appuyer les efforts déployés à l’échelle internationale pour mettre un terme à l’occupation qui a débuté il y a 40 ans et pour trouver une solution prévoyant l’existence de deux États: une Palestine viable et autonome, et un Israël où règnent la sûreté et la sécurité. En plus d’être avantageuse pour les deux peuples, cette solution aiderait à promouvoir la paix et la sécurité dans la région élargie. »

Secrétaire général Ban Ki-moon, 9 mai 2007

 

 

Résolution adoptée par Assemblée générale de l'ONU, 18 décembre 2008
[sur la base du rapport de la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) (A/63/401)]
63/96. Applicabilité de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, au territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et aux autres territoires arabes occupés

 

Notant en particulier la réponse de la Cour, qui conclut notamment à l’applicabilité au territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, de la quatrième Convention de Genève2, et à la violation par Israël de plusieurs dispositions de cette Convention,

 

Notant en particulier la réponse de la Cour, qui conclut notamment à l’applicabilité au territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, de la quatrième Convention de Genève2, et à la violation par Israël de plusieurs dispositions de cette Convention, 

Soulignant qu’Israël, Puissance occupante, doit respecter strictement les obligations qui lui incombent en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire.

1. Réaffirme que la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 19492, est applicable au territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et aux autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ;
2. Enjoint à Israël de reconnaître l’applicabilité de jure de la Convention au territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et aux autres territoires arabes occupés par lui depuis 1967, et d’en respecter scrupuleusement les dispositions ;
3. Exhorte toutes les Hautes Parties contractantes à la Convention, agissant en application de l’article premier commun aux quatre Conventions de Genève4, et conformément à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice en date du 9 juillet 20047, à continuer de tout mettre en oeuvre pour en faire respecter les dispositions par Israël, Puissance occupante, dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et les autres territoires arabes occupés par lui depuis 1967 ;
4. Souligne de nouveau la nécessité d’une mise en oeuvre rapide des recommandations pertinentes figurant dans les résolutions qu’elle a adoptées à sa dixième session extraordinaire d’urgence, notamment la résolution ES-10/15, le but étant de faire respecter les dispositions de la Convention par Israël, Puissance occupante ;
5. Prie le Secrétaire général de lui rendre compte, à sa soixante-quatrième session, de l’application de la présente résolution.

 

 

 

 

Comment vraiment croire à une vie meilleur pour tous, israeliens et palestiniens, sans agir avec amour, sans construire avec amour et respect les conditions d'un vivre-ensemble réellement possible ?

Ce n'est pas être antisémite que d'espérer une autre manière d'agir de la part de l'etat d'Israel, sans quoi des ripostes nées de cette purgatoire qu'est l'existence du peuple palestinien continueront pour toujours.

 

Ajouter l'enfer à cette purgatoire, ce n'est pas saisir le problème en son fond : ce n'est pas agir pour le bien de tous.

 

Croire que la sécurité est une affaire du plus fort, c'est se mentir. Comment bombarder ce qui reste des infrastructures civils du peuple palestinien, et dire aux enfants palestiniens qu'un vivre ensemble est possible ? Que la vie est respect et amour et liberté ? Est-ce ainsi qu'on construit le vivre-ensemble de nos demains, le seul vrai garant de la sécurité ?

 

Et si le début d'une solution passait par le respect des résolutions de l'ONU et de la Convention de Genève, et par une presse qui informe vraiment ?

 

 

 

 

Et en attendant une possible "incursion militaire terrestre" de la part de l'armée israëlienne...

la dernière dépêche du Service d'information des nations Unies:

 

2 janvier 2009 – Qualifiant la situation à Gaza d'épouvantable, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé vendredi la distribution de pain à des familles de Beit Hanoun parmi les plus démunies et les plus touchées par les récentes frappes aériennes israéliennes.  



 

Tous les commentaires

Je renvoie également à un article, que je viens de découvrir, de Tariq Ramadan, Au nom des Palestiniens du mercredi 31 décembre 2008, sur le même sujet, et que vous pouvez consulter ici : http://www.narosnews.fr/spip.php?article1011 "Il est surprenant, et au fond révoltant, de voir combien, quand il s’agit des Palestiniens, nous manquons de mémoire et de mises en perspective. Alors que la conscience juive appelle, avec juste raison, tous les pouvoirs et tous les citoyens du monde à un constant travail de mémoire pour ne pas oublier les atrocités, les massacres et les génocides du passé, voilà que nous sommes invités à des évaluations instantanées et sans perspectives quand il s’agit de la politique de l’Etat d’Israël."

@Jamesinparis : je ne peux pas reconnaître comme sincère la parole de Tariq Ramadan, qui pour moi ne cherche qu'à instrumentaliser tout ce qui l'arrange. Par contre, je me suis reconnue dans l'appel de Stéphane Hessel, entendu à la radio ce soir. Je serai à la manifestation en soutien au peuple palestinien demain sur le mot d'ordre, Oui à la vie pour les deux peuples (voir appel relayé par Ivan Villa dans les commentaires de l'article d'E Plenel).. Si les slogans débordent vers un antisémistisme même déguisé, je quitterai la manifestation. Pour moi, la guerre en Palestine n'est qu'une des guerres en cours dans le monde. Très bien de soutenir cette cause là parmi les autres, mais la laisser instrumentaliser par des islamistes totalitaires, non.

Je ne connais pas assez Tariq Ramadan pour porter un jugement de valeur sur ses intentions, mais je ne lis rien dans son article d'analyse qui s'apparente à un antisémitisme déguisé. Plutôt qu'un jugement de valeur, il faudrait mieux appuyer une telle accusation d'instrumentalisation sur des faits et sur une analyse plus approfondie. (Je ne peux dire si vous avez raison ou non de l'accuser ainsi, j'avoue que je ne sais pas). Cependant, votre réponse, ou réaction, m'inspire quelques réflexions. Dire que la guerre en Palestine n'est qu'une guerre en cours dans le monde, une cause parmi les autres - merci pour l'information. Pourtant, j'étais au courant de ce fait empirique. Je vous soumets les faits documentés et indiscutables et mon questionnement quant à la démission de la quasi-totalité des grands medias de l'occident dans leur traitement du conflit israelo-palestinien, et vous me répondiez avec : ce n'est qu'une guerre parmi d'autres. Devant un billet qui ne cède à aucune instrumentalisation, et ne participe à aucun antisémitisme (mème déguisé), c'est une bien curieuse réponse. De surcroît, on pourrait soutenir, de manière tout à fait plausible, que par la nature du conflit, et ses énormes conséquences pour la paix dans ce monde, c'est justement une situation "pas comme les autres". Sur un registre autre, tout comme Pessoa écrit : "Toute les lettres d'amour sont ridicules, car sinon elles ne seraient pas des lettres d'amour", j'ai envie de vous répondre que "toutes les geurres ne sont pas comme les autres, car sinon elles ne seraient pas de guerres". Autrement dit, en traitant patiemment et rigoureusement les faits et en respectant la réalité particulière propre à chaque conflit, nous permettrait de saisir le fond, le comprendre et trouver les réponses qui lui sont propres, plutôt que de voir les agendas des uns et des autres manipuler et empirer une situation déjà combien difficile. N'est-ce pas justement l'importance de l'information, et la manière dont le conflit est traité par les grands medias, sans le moindre respect pour des faits les plus élémentaires, où ces réalités que je cite dans mon billet et bien d'autres sont totalement ignorées par la quasi-ensemble de la presse occidentale dans sa présentation du conflit, réduisant ainsi le traitement du conflit à un scénario de ripostes et contre-ripostes, sans logique, ni fin, ni espoir... n'est-ce pas justement cette démission des medias occidentaux qui fait et qui fera que nous nous manifesterions pendant des années encore à venir pour la cause des Palestiniens ? Bien à vous. jamesinparis

Que l'état d'Israël empêche la plupart des journalistes d'accéder à Gaza depuis novembre 2008, a inspiré les signataires suivants d'adresser une lettre à Ehud Olmert : Associated Press Chief Executive et President Tom Curley, Reuters Editor-in-Chief David Schlesinger, New York Times Executive Editor Bill Keller, ABC News President David Westin, BBC News Director Helen Boaden, CNN, Canadian TV network CTV, ZDF, et Agence France Presse. . Cependant les faits que j'évoque ici et les informations que je cite sont connu de tous. Pourquoi l'absence des faits les plus fondamentaux sur ce sujet, dans le traitement que font la plupart de ces Media de l'actualité concernant ces événements ? . - a quoi sert-il d'aller sur place, si c'est en oubliant tout ce qu'on sait déjà avant de s'y rendre ? . Est-ce pour fournir des "infos" à une société de spectacle ?

Je ne sais pas si cela sert à quelque chose d'aller sur place à l'ère d'Internet et des portables du moment qu'on peut relayer des témoignages. Sur place pour moi cela ne voudrait pas dire "heure par heure " , avec l'avancée des combats, des tirs etc., donnés du grand hotel le plus proche. Là est le spectacle. Sur place, ce serait à l'intérieur de la bande de Gaza, pour relayer ce que vit la population, ou comment se passent les combats en cas d'attaque "terrestre". Mais quels sont les Etats en guerre civile ou extérieure qui laissent désormais les journalistes décrire de près ce qu'ils font ?

Ce n'est pas le sujet central de mon billet, qui est justement l'absence quasiment totale d'une mise en perspective s'appuyant sur ces fait largement documentés - et que je cite dans mon billet - dans le traitement fait par les plus grands médias de l'occident du "conflit israëlo-palestinien".

J'ai mieux compris ce matin ce que vous vouliez mettre en lumière : c'est à dire un traitement de l'indformation dans les grands medias (que je n'écoute plus...) qui, au lieu de construire une trame d'article ou de reportage sur les faits, construit ses trames sur ce que j'appellerais un story telling. Je pense que si on faisait une revue de presse des grands medias du monde musulman, on trouverait un autre story telling. Chacun des strory telling choissisant les faits qui collent avec sa trame; J'aimerais que Mediapart se penche sur ces deux story telling et les mette en perspective, et montre l'impasse atteinte par ces stratégies. Mais vous avez raison, l'urgence est bien à rappeler les faits actuels, c'est-à-dire ce qui se passe aujourd'hui à Gaza pour ses habitants, et, pour éclairer le contexte, de rappeler la situation qui est faite à ce territoire depuis qu'il a voté Hamas. Comment peut-on aujourd'hui vivre à Gaza, que peut-on y faire pendant ces tirs, comment peut-on s'y protéger soi et sa famille ? Quelles décisions de survie prendre en vue de l'invasion terrestre annoncée?

Je suis totalement contre le storytelling dont vous parlez, et mon billet voudrait que les grands medias, qu'on les écoute ou pas, se penche sur les faits, tous les faits, sans quoi les "faits actuels" ne peux avoir un sens. C'est d'ailleurs méprendre totalement mon article d'y trouver un quelconque apologie du storytelling. Tous les faits que mon billet met en lumière, sont le fruit d'un travail sérieux sur le terrain par des organismes internationalement reconnus, le plus souvent sous l'égide de l'ONU, et largement documentés. De plus, ils sont très récents, et montre clairement ce qui se passe : nul besoin de "storytelling". La déclaration de l'Assemblé général des Nations Unis date du 18 décembre 2008. Bien à vous jamesinparis

Malentendu. Je ne disais pas du tout que votre billet faisait l'apologie d'un story telling. J'ai bien compris que vous demandiez (comme je le fait) que les grands medias lâchent leurs façons de raconter cette histoire pour en revenir d'abord au faits. (Je pense qu'il y a aussi un story telling de Tariq Ramadan, du Hamas et de l'Iran par exemple, mais c'est un autre problème que celui des faits).

Oui, effectivement l'erreur est pour moi, j'ai lu votre commentaire de travers. Mes excuses Fantie B. jamesinparis

Le professeur Rachad Antonius à l’UQAM (Université du Québec à Montréal), en fait la même analyse de la presse canadienne. Mais dans le New York Times et le Washington Post, les deux grandes presse de référence aux USA, le même traitement du "conflit" est proposé sans nuance aucune. ; Comment accepter de la part d'un occident qui se veut "libre", un tel traitement indiscutablement mensongère dans l'ensemble des medias de masse ? ; 31/12/2008 - Gaza : Violence coloniale et justifications mensongères par Rachad Antonius Professeur à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) ; La propagande du gouvernement israélien a été complètement intériorisée dans le discours dominant des médias québécois et canadiens. On explique la violence actuelle par le fait que le Hamas aurait brisé la trève avec Israël, et qu’il est donc responsable de la violence israélienne présentée comme une « riposte », Israël ne faisant que se défendre contre un ennemi implacable qui veut toujours le détruire. Dans les meilleurs des cas, on déplore les excès de la dite « riposte », mais on ne remet pas en question qu’il s’agit bien d’une riposte. Le dossier entier de La Presse sur la situation actuelle a pour titre : Riposte d’Israël à Gaza. On a donc complètement intériorisé la signification que le gouvernement israélien veut donner à l’événement, et elle devient le cadre à partir duquel la situation actuelle est perçue et comprise. On ne remet pas non plus en question le principe même de la violence pour résoudre le différend israélo-palestinien, étant entendu que cette violence est légitime quand Israël l’utilise mais illégitime quand le Hamas le fait, même si les moyens dont dispose chacun des deux protagonistes ne sont pas comparables et que les dommages qu’ils subissent en termes humains et en termes d’infrastructures ne sont aucunement comparables non plus. ; Cette logique souffre de deux erreurs fondamentales qui font qu’elle ne tient absolument pas la route. D’abord elle contredit les données empiriques sur le terrain qui sont bien documentées et que personne ne conteste : c’est juste qu’on les oublie. Ensuite elle s’inscrit dans une logique proprement coloniale. ; Qui a brisé la trève ? ; Contrairement à ce qui a été répété ad nauseam dans les éditoriaux ainsi que dans les entrevues télévisées, ce n’est pas le Hamas qui a brisé la trêve mais bien Israël. C’est le 4 novembre 2008 que la trêve, qui durait depuis quatre mois, a été brisée par Israël lors d’un bombardement qui a fait six morts parmi les Palestiniens. C’est seulement après ces assassinats ciblés que les tirs de roquettes ont repris, pas avant. Le 17 novembre, les Israéliens bombardaient à nouveau et tuaient quatre autres Palestiniens, amenant le total de morts palestiniens à quinze depuis le bris de la trève par Israël. Ces faits sont solidement documentés (voir par exemple les textes de l’ancien correspondant du Jerusalem Post, Joel Greenberg, dans la Chicago Tribune du 17 novembre 2008). Dès le lendemain du 4 novembre Israël a décidé de boucler complètement Gaza et de ne pas permettre la circulation de nourriture et de médicaments. Entre le 5 novembre et le 30 novembre 2008, seuls 23 camions de vivres ont pu entrer à Gaza alors qu’en moyenne, ce sont 3000 camions par mois qui peuvent répondre aux besoins de la population qui se chiffre à 1.5 millions. La situation humanitaire déjà désastreuse, et dénoncée comme telle par les représentants de l’ONU, est devenue encore plus catastrophique suite à ce blocus. Mais ni les bombardements Israéliens ni le blocus ne sont considérés comme des actes d’agression. Une logique coloniale ; Alors qu’est-ce qui amène les faiseurs d’opinion à « oublier » ces petits détails ? C’est qu’au fond, le gouvernement d’Israël se donne le droit d’utiliser la violence contre une population qu’il considère humainement inférieure, mais ces populations inférieures ne doivent surtout pas lever le ton. Dans la logique coloniale, rien n’est considéré comme une agression contre des populations subalternes, alors que toute révolte des subalternes est considérée comme un affront à l’ordre colonial, et doit être sévèrement punie. ; Dans cette logique, on n’a pas besoin de respecter le droit international, et on pense que les peuplades inférieures ne comprennent que le langage de la force. Cette logique n’est heureusement pas partagée par toute la société israélienne et les mouvements comme Gush Shalom la contestent énergiquement. Par contre, l’élite politique canadienne l’a reprise intégralement. Or ce n’est pas le langage de la force qui va faire débloquer la situation, mais le respect du droit international. ; http://www.bilin-village.org/francais/articles/presse-et-medias-independants/Gaza-Violence-coloniale-et-justifications-mensongeres

Jamesinsparis, je vous donne raison, le conflit israélo-palestinien est disproportionné et déformé. Disproportionné en ce sens qu'il y a bien un colon dominant qui écrase et un colonisé révolté qui subit et cherche à résister. Déformé par la propagande éternelle des dominants obligés d'intervenir contre les affreux barbares diaboliques du Hamas qui ne veulent pas être bien sages bien propres et qui ne croient plus au mythe de "la table des négociations", véritable tapis volant, et par le rempart commode de l'antisémitisme comme le soulignait la manifestation du CRIF aujourd'hui en soutien à Israël. Déformé de manière disproportionnée par les images fallacieuses d'une bombe égale une roquette, de cent morts égalent un mort, par l'atroce "payer un prix disproportionné", la loi du talion fois 100. Cela dit, on peut être athée et ne pas se méprendre sur le rôle néfaste, conservateur, rétrograde de la religion quelle qu'elle soit dans l'histoire. Religion souvent utilisée comme le racisme pour justifier les massacres. Le judaïsme en Israël ne fait pas exception puisque les majorités comportent la plupart du temps leur part d'organisations politico-religieuses extrémistes, belliqueuses, partisanes du "grand Israël" et bâtisseuses de colonies sur les territoires occupés ou à Jérusalem-est. Autrement dit, on peut critiquer ces extrémistes religieux et même la religion juive en général sans pour autant être antisémiste. Je crois toujours utile non seulement de manifester notre refus de la répression israélienne, d'observer, d'analyser le conflit d'aujourd'hui ses racines, les faits et les conjectures mais aussi le masque "politiquement correct" dont il se pare comme tous les masques coloniaux avant les attaques. A cette fin, certains parallèles avec l'histoire coloniale française ou bien les guerres actuelles en Afrique et en Françafrique me semblent éclairants. Exemple : " Se porter au secours des Palestiniens pris en otage par le Hamas et protéger les Israéliens des roquettes" vaut bien "Se porter au secours des Français innocents sauvagement et lâchement assassinés par les terroristes du FLN". Je veux dire que la majorité des français peut être très lucide sur ce qui se passe à Gaza tandis qu'elle fut ou est encore très aveugle ou indifférente à ce qui se passe en Afrique et au rôle trouble de la France dans nombre de conflits. Enfin, je n'ai pas pu achever cette nuit sans regarder grâce à vous le poème de Mahmoud Darwish, "Etat de Siège" que vous avez cité sur Youtube. Après "Lui ou moi", il y aura "Lui et moi". Note d'espoir.

Espérant qu'on viendrait à un "Lui et moi" bientôt. Merci à vous.

Newsletter
Je m'identifie