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Une voix pour la paix: Neve Gordon, israélien, chaire de sciences politique et gouvernmentale à Ben-Gurion, Negev, Israël sud

Neve Gordon est professeur et chaire du département de politique et de gouvernement à l'université Ben-Gurion, à Negev dans le sud de l'Israel, la région la plus impactée par les tirs de roquettes du Hamas.Cependant, Gordon ne soutient pas l'offensive israélienne, qu'il qualifie de "outrageous".

 

De Beersheba, le 6 janvier 2009, il a parlé au téléphone avec la journaliste américaine Amy Goodman de Democracy Now.(Pour écouter voir le lien du podcast ci-dessous).

 

Aussi, dans un article publié en 2004, Professeur Gordon témoigne de la difficulté des conditions d'existence des palestiniens lors des préparatifs pour la construction du mur d'annexation, et la difficulté des pacifistes israéliens pour défendre leurs voisins palestiniens et à soutenir la cause de la paix.

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Neve Gordon : “On a reçu une roquette il y a environ une heure, pas loin de la maison. Mes deux enfants dorment dans un abri depuis une semaine. Et cependant, je crois que ce que fait Israêl est un outrage. ... Le problème, c'est que la plupart des israéliens disent que "Israël a quitté la bande de gaza il y a trois ans, et le Hamas continue de nous envoyer des tirs de roquette." Mais ils oublient des détails. Le détail, c'est que Israël y mantient sa souverainté. Le détail, c'est que les palestiniens vivent dans un énorme cage. Le détail, c'est qu'il leur manque les vivres les plus basiques, il leur manque de la nourriture, il leur manque de l'éléctricité, qu'il leur manque de l'eau, et tout cela. Et quand on oublie tous ces détails, on dit "Pourquoi nous tirent-ils dessus ?" Voici la propagande que nous servent les médias ici au quotidien. Et c'est pourquoi les gens ici pense que la guerre est raitionelle. Mais si vous regardiez ce qui se passe dans la bande de Gaza depuis trois ans et vous regardiez comment Israêl traite les palestiniens, alors vous penseriez plutôt que la résistance Palestinienne est rationelle. Et c'est justement ce point de vue qui manque dans les médias ici en Israël.”

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[La transcription est par moi-même.]

 

L'enregistrement audio de cette conversation téléphonique (en anglais) est disponible sur le site Democracy Now :

 

http://ia310841.us.archive.org/1/items/amy-goodman-column-090107/PodcastGaza090107_1.mp3

 

Posté le 6 janvier 2009

Amy Goodman’s New Column, “Israeli Voices for Peace” 

 

Voici un article par Neve Gordon > neve_gordon@yahoo.com, qui décrit les conditions d'existence des palestiniens lors des préparatifs pour la construction du mur d'annexation, et la difficulté des pacifistes israéliens pour défendre leurs voisins palestiniens et soutenir la cause de la paix.

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Les colons ne peuvent pas directement empêcher les pacifistes israéliens de rendre visite aux habitants. Au lieu de cela, ils terrorisent les Palestiniens de la région. Leur menace est également dirigée vers les pacifistes : "Chaque fois que vous venez pour recueillir des témoignages, nous rendrons la vie des habitants encore plus misérable." C'est un exemple type de la façon dont les colons essayent de torpiller le travail des Israéliens qui luttent pour protéger les droits fondamentaux de la population autochtone.
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Dans la partie méridionale de la Cisjordanie, situé sur la pente d'une montagne, il y a un petit village troglodyte palestinien. Son nom est Jinba, et il est la demeure d’environ trois cents habitants. Un visiteur pourrait voir les moutons paître sur une colline voisine et un tracteur labourer les champs. Une scène idyllique, en particulier après la saison des pluies, quand le désert a devenu vert.
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Mais ici aussi, la tranquilité apparente est un peu plus qu'une illusion. A la différence d'autres villages troglodytes dans la région du Mont Hébron, la vie à Jinba est devenue insupportable, et la petite communauté rurale est maintenant au bord de l’annihilation.
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A quelques centaines de mètres au sud de Jinba, les militaires israéliens ont installé un camp de formation et ont confisqué des mètres carrés et des mètres carrés de terres agricoles qui appartenaient précédemment aux habitants.
Les véhicules blindés et des jeeps traversent, sans aucune restriction, les champs à côté du village que les militaires n'ont pas expropriés, et détruisent ainsi des récoltes et effrayent les enfants en bas âge.
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A quelques centaines de mètres au nord, le long de l'arête montagneuse, une série de colonies et d’avant-postes Juifs ont été construits. Les colons menacent tout Palestinien qui grimpe la pente de la montagne, empêchant ainsi les habitants de Jinba de labourer leurs champs situés au nord et d’y faire paître leurs moutons.
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En outre, ces colons ont également bloqué la route entre Jinba et Yatta, la ville principale de la région où les habitants des troglodytes achètent la nourriture de base et se procurent les soins médicaux.
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Par conséquent, les militaires et les colons ont, avec succès, restreint les habitants de Jinba sur un minuscule bout de terre qui suffit à peine pour subvenir à la population.
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Les habitants ont été confinés sur une sorte d’île déserte, et sur beaucoup de points, leurs vies sont maintenant semblables à celles des milliers de Palestiniens qui sont emprisonnés entre la barrière de séparation - une série complexe de fossés, de routes, et de barrières - et la Ligne Verte, la limite d’avant 1967;
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Il est extrêmement difficile pour eux de voyager en Cisjordanie et impossible d'entrer en Israel. Leur déplacement a été sévèrement restreint, et dans un sens, ils ont été emprisonnés.
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Il y a deux mois, les habitants des troglodytes avaient déjà souffert d’une autre tragédie. Le 15 Janvier, un petit avion a répandu des produits chimiques sur certains des champs auxquels les villageois avaient toujours accès, détruisant les récoltes qui avaient été plantées juste quelques semaines auparavant.
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Ce qui ne pouvait pas être effectué du sol a été accompli par les airs.
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Pour les habitants de Jinba, le message était clair : Vous ne vivrez plus sur cette terre longtemps.
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La méthode est de détruire l'infrastructure de l'existence de sorte que les habitants quittent leur terre "de leur propre volonté."
En Hébreu, cela s'appelle le "transfert".
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Mais qui est derrière cette sinistre machination ?
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Le 4 Février [2004], les membres de Ta'ayush (une Association Arabo-Juive), ainsi qu'un avocat de l'Association pour les Droits Civiques et un employé des Physiciens pour les Droits de l'Homme, se sont rendu à Jinba. Alors qu'ils étaient là, l’avocat a effectué un appel téléphonique à la police d’Hébron, leur demandant d'examiner une plainte impliquant les colons dans le harcèlement des Palestiniens. Peu a été fait, elle sait ce qui en a résulté.
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4 nuits plus tard, vers 3 h du matin, trois voitures sont venues à Jinba. Les visiteurs semblaient être des officiers de sécurité des colonies voisines. Ils ont réveillé les habitants, séparant les hommes des femmes. Les enfants criaient et les vieux pleuraient, mais les hommes armés étaient peu impressionnés. Ils ont pris les hommes Palestiniens à part et les ont menacés.
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"Ne vous promenez pas dans le secteur de Mitzpeh Yair (un avant-poste illégal), et ne venez pas près de Bir El-Ad (la route vers la capitale régionale, Yatta)," ont crié les colons, réduisant encore l'espace vital des villageois.
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Avant de partir, les colons ont lancé cette menace : si les villageois devaient encore coopérer avec des avocats ou avec des pacifistes de Ta'ayush, leurs vies se transformeraient en enfer.
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Les colons ne peuvent pas directement empêcher les pacifistes israéliens de rendre visite aux habitants, aussi, au lieu de cela, ils terrorisent les Palestiniens de la région. Leur menace est également dirigée vers les pacifistes : Chaque fois que vous venez pour recueillir des témoignages, nous rendrons la vie des habitants encore plus misérable. C'est un exemple type de la façon dont les colons essayent de torpiller le travail des Israéliens qui luttent pour protéger les droits fondamentaux de la population autochtone.
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La machination bien-orchestrée destinée à pourrir la vie des habitants de Jinba indique que dans la région du Mont Hébron, les casseurs de loi travaillent de concert avec ceux qui sont payés pour les protéger : une alliance impie a été établie entre les colons, d'une part, et les militaires et la police de l'autre.
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Qui a indiqué aux colons qu'un avocat avait visité Jinba ?
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Qui a pulvérisé les champs de produits chimiques ?
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Et qui a permis aux soldats de piétiner et détruire des récoltes avec leurs véhicules blindés?
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L'énormité du danger que doivent affronter les habitants des cavernes devient beaucoup plus clair quand on tient compte de la construction rapide de la prétendue barrière de séparation. Selon les cartes éditées par le gouvernement israélien, la barrière passera au nord de ces villages.
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Ainsi, comme les villages du nord, ils seront aussi coincés entre la barrière et la Ligne Verte.
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Le harcèlement permanent des habitants tout comme la tentative de miner leur infrastructure devrait, en conséquence, être considérés en tant qu'élément d'une guerre d'usure.
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Avant que la barrière de séparation soit érigée dans cette région, l’emprise des habitants sur la terre sera très fragile. Il sera, donc, relativement facile de les déraciner et de les expulser de leurs maisons de sorte que la terre puisse être annexée sans Palestiniens.
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La situation au Sud d’Hébron est un microcosme du conflit Israélien-Palestinien dans son ensemble, qui est conçu par le gouvernement israélien actuel comme guerre démographique : il souhaite saisir autant terre qu'il peut sans indisposer la majorité Juive à l’intérieur de l'Etat.
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En Hébreu, comme déjà mentionné, ce genre de méthode s'appelle le "transfert."
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Dans l’autres langues, ce genre de méthode est appelé "nettoyage ethnique".

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Tous les commentaires

Merci jamesinparis pour ce lien. Naruna Kaplan de Macedo a aussi posté plusieurs vidéos cette année sur son blog montrant cette réalité à Hébron.
J'ai entendu parlé dernièrement de Sociocide pour définir ce que subissent les palestiniens. A la différence du génocide, le sociocide n'utiliserait pas de violence directe et massive pour annihiler physiquement une population. Mais un long processus comme le montre celui de l'ultra-colonisation d'Hébron. Cela n'empêche pas les massacres comme celui actuel à Gaza, mais ils ne sont pas systématiques.
Je ne sais pas ce que vaut ce concept, ni d'où il vient, pour tenter de comprendre. Mais c'est une piste à regarder.
Pourriez-vous rappeler la définition du terme "nettoyage ethnique" ?
Bien à vous.

Pour information : le terme "nettoyage ethnique" n'est pas le mien, mais celui utilisé par Mahmoud Abbas au mois de mars dernier, pour qualifier la politique actuelle du gouvernement israélien. . Reuters, le 13 mars 2008 Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé jeudi Israël de mener une campagne de nettoyage ethnique à Jérusalem-Est en empêchant la construction de foyers palestiniens et en coupant la ville de la Cisjordanie. . Lors du sommet de l'Organisation de la conférence islamique, qui se tient à Dakar, Abbas a également déclaré que le succès du processus de paix encouragé par les Etats-Unis dépendait de la volonté d'Israël de s'y engager sérieusement. . "Nos concitoyens de (Jérusalem) font face à une campagne de nettoyage ethnique soutenue par plusieurs mesures israéliennes, telles que la lourde fiscalité, l'interdiction des constructions et la fermeture des institutions palestiniennes, sans compter l'isolement de la ville de la Cisjordanie au moyen du mur de séparation raciste", a accusé Abbas. . "Ce qui se produit actuellement sur place est une violation complète (du processus de paix)", a-t-il ajouté dans la capitale sénégalaise. *** Le même jour à Dakar, où s'ouvrait le sommet de l'Organisation de la conférence islamique, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé lui Israël à s'abstenir de tout recours à la "force excessive et disproportionnée". . Bien à vous. jamesinparis . http://www.france24.com/fr/20080313-abbas-nettoyage-ethnique-israel-territoires-palestiniens-jerusalem-est

Sur le site de l'association belge Hope-Espoir-Hoop l'économiste Alain Rihoux, à partir de son expérience sur le terrain, élabore ce qu'il désigne comme un Economicide, qu'il décrit comme un "étouffement progressif planifié, une autre mesure plus radicale, plus efficace et plus encore en flagrante contradiction avec le droit national ou international et les droits humains les plus élémentaires". . http://www.hope-espoir-hoop.com/fr/index.php?info=articles&article=Economicide

Voici la toute dernière communiqué de Alain Rihoux : . Je suis le Directeur de l'ASBL Hope (voir annexe) et à ce titre, en rapport permanent avec la Palestine. J'en reviens à l'instant et je suis apeuré d'avoir vu le gouffre qui sépare la réalité sur le terrain et les théories qui circulent dans les médias occidentaux. . Quand je pense que le Président Sarkozy n'a pas dit un mot contraire quand la ministre israélienne des A/E, Madame Tzipi LIVNI, a annoncé en début de semaine sur le perron de l'Elysée qu' Israël défendait les idéaux de la Communauté internationale... Dans la foulée, une des dernières déclarations de G.W.Bush (2 janvier 2009) est d'annoncer que c'est le Hamas qui doit faire le premier pas vers la paix. La faute se trouve donc dans le camp palestinien ! . Sans minimiser l'erreur persistante du Hamas et des lancements de mini-roquettes vers l'Etat d'Israël, il faut s'insurger contre une désinformation outrancière.et mensongère. Depuis sa création, l'Etat d'Israël a systématiquement violé les règles les plus essentielles du droit international public et privé : . -Exclusion « manu militari » (avec quelques massacres à l'appui) de centaines de milliers de Palestiniens des terres de leurs ancêtres. Aucune (des dizaines) motion de l'ONU respectée depuis 60 ans. -Création et extension permanente de colonies illégales dans le West Bank. -Blocus-guetto de Gaza depuis de nombreux mois. -Des milliers de prisonniers palestiniens dans les prisons d'Israël, sans jugement (sans le droit fondamental d' "habeas corpus"). -Difficulté, voire impossibilité de déplacement des personnes au sein même de leur territoire du West Bank : des centaines de check-points fixes et volants en permanence. -Interdiction de voyage à l'étranger et de retour.en Palestine pour certains. -Interdictions de mouvements des Palestiniens du West-Bank vers Jérusalem Est, Gaza. -Un mur de 8m de haut et de 700km de long pour protéger la frontière verte longue de 300Km. Mur, au demeurant, condamné par la Cour de La Haye. -Humiliation quotidienne des Palestiniens du West Bank. -Riposte disproportionnée de l'appareil militaire Israélien. Rapport de pertes humaines de l'ordre de 1 à 100 à l'encontre des Palestiniens, dont de nombreux civils, femmes, vieillards et enfants. -Apartheid de fait dans de nombreux domaines à l'encontre des arabes-israéliens (de nationalité israélienne) et vivant en Israël. Pour revenir à Gaza, toutes les organisations d'aides présentes sur place insistent sur la situation de catastrophe humanitaire ambiante tandis que l'Etat d'Israël annonce calmement qu'il n'y a pas de catastrophe humanitaire. Les Israéliens de Tel Aviv, Beer-Sheva, Haifa…pourraient-ils supporter de vivre comme les habitants de Gaza. . La liste des atteinte aux valeurs de la communauté internationale est longue et il est difficile de se trouver en « défaut de droit » à la fois sur autant de sujets et surtout de sujets aussi graves. Aucun Etat au monde ne pourrait être à ce point en marge du droit sans se faire rappeler à l'ordre de façon magistrale par la Communauté Internationale. . Alors, Pourquoi? Et surtout : jusques à quand ? . L'Association Hope a été créée par trois Belges qui, suite à leurs différents voyages en Palestine, ont pris conscience qu'un des domaines qui souffre le plus du conflit israélo-palestinien est bien l'éducation. Grâce aux bons contacts avec des Palestiniens qui travaillent sur place dans le but de promouvoir les études de jeunes en difficulté financière, l'idée a mûri de créer un fonds de soutien pour les aider. Le site www.hope-espoir-hoop.com

Merci encore pour toutes ces informations.
Ce qui m'intéressait c'est de savoir ce que vous vous en pensiez.
Voici ce que j'ai trouvé dans l'encyclopédie Universalis : "Tentative de créer des zones géographiques se caractérisant par leur homogénéité ethnique, au moyen de la déportation ou du déplacement forcé de personnes appartenant à des groupes ethniques définis. Le nettoyage ethnique entraîne parfois la suppression de toutes les marques physiques témoignant de l'existence du groupe visé, par la destruction des monuments, cimetières et lieux de cultes.L'expression « nettoyage ethnique », traduction littérale des termes serbo-croates etnicko ciscenje, a été très fréquemment utilisée dans les années 1990 (bien qu'elle soit apparue antérieurement) afin de décrire le traitement brutal dont furent victimes divers groupes de civils lors des conflits qui accompagnèrent la désintégration de la république fédérale de Yougoslavie. Ces groupes comprenaient des Bosniaques (musulmans bosniens) de Bosnie et d'Herzégovine, des Serbes de la région de Krajina en Croatie, et des Albanais, puis des Serbes, de la province du Kosovo en Serbie.Cette expression a aussi servi à désigner la façon dont les militants indonésiens traitèrent les habitants du Timor oriental, dont un grand nombre furent tués ou forcés à abandonner leur foyer après que les citoyens de cette région eurent voté en faveur de l'indépendance, en 1999(...)"
Wikipédia parle aussi de transfert de population.
Ou bien ce qu'en dit Jean-Arnault Dérens dans le Monde Diplomatique sur le livre "Le nettoyage ethnique. Terreur et peuplement" de Stéphane Rosière : "L’expression « nettoyage ethnique » est entrée dans le vocabulaire courant durant les guerres yougoslaves des années 1990. Pourtant, qu’est-ce qu’un nettoyage ethnique ? En quoi diffère-t-il d’un génocide ? Le géographe Stéphane Rosière, utilisant une très vaste documentation, allant des guerres coloniales aux conflits balkaniques (récents et plus anciens), en passant par l’expulsion des Palestiniens d’Israël, distingue essentiellement trois types de nettoyages ethniques : les nettoyages et remodelages territoriaux, qui affectent en particulier l’Eurasie ; les nettoyages par les « pionniers », dont le modèle est bien sûr l’Amérique du Nord ; et les nettoyages de prédation, dont l’Afrique est la première victime. « Assimilable à une crise d’ajustement structurel, le nettoyage ethnique exprime des tensions et signe les mutations des espaces et des sociétés. » A ce titre, les temps du nettoyage ethnique ne paraissent pas révolus."
Ce qui est significatif ici c'est de voir que le nettoyage ethnique aurait plus pour fondement l'expulsion que le massacre de grande ampleur qui est lui plus propre au génocide.
Bien à vous.

Merci pour ces informations. Mais, ce que j'en pense n'a pas tellement d'importance, n'étant pas un expert dans le domaine. Le nettoyage ethnique ayant pour fondement l'expulsion et la dépossession semble correspondre à l'usage qu'en fait Mahmoud Abbas.

Au contraire jamesinparis, moi non plus je ne suis pas un "expert". Mais au-delà des lectures des autres que l'on peut faire et des faits, c'est tenter d'y trouver son propre langage. Pour ne pas noyer sa pensée, son propre regard sur cette réalité.
Merci pour cet échange.
Stéphane

Don't mention it !

Petit rappel historique http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_de_partage_de_la_Palestine . En septembre 1947, une première votation a lieu au sein de l'ONU pour décider du sort de la palestine et de son partage. Le résultat est le suivant : 25 voix pour le partage ; 13 voix contre ; 19 abstentions. Mais la résolution doit obtenir deux tiers des voix pour être acceptée, ce qui n'est pas le cas. . Les Etats-Unis, mécontents du résultat, vont faire pression sur les "petites" nations récalcitrantes au projet en leur octroyant des prêts (Haïti), ou encore avec des menaces de faire partir les industries (Libéria) afin de les obliger à accepter la résolution malgré leurs convictions. Le 25 novembre 1947 la votation est relancée à l'ONU. Le résultat est le suivant : 25 voix pour ; 13 voix contre ; 17 abstentions ; 2 absents. . Mais il manque encore une voix pour que la résolution soit acceptée. Le président américain va donc user de tout son pouvoir de la grande puissance militaire du moment. Il va menacer la France, qui s'est abstenue, de lui couper les vivres si elle n'accepte pas cette résolution. . Après ce tour de passe passe, l'ONU relance la votation quatre jours plus tard, c'est-à-dire le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale de l'ONU adopte, (résolution 181) le plan de partage de la Palestine [1] en deux États, l'un arabe, et l'autre juif — Jérusalem ayant un statut particulier sous l'égide de l'ONU. . La résolution 181 avait pour but la création de deux Etats: . un État juif de 14 000 km² avec 558 000 Juifs et 405 000 Arabes ; . - un État arabe de 11500 km² avec 804 000 Arabes et 10 000 Juifs formé de trois parties séparées : Gaza, la Cisjordanie et la partie nord voisine du Liban ; . - enfin, une zone sous régime international particulier comprenant les Lieux saints, Jérusalem et Bethléem avec 106 000 Arabes et 100 000 Juifs. . À noter que l’ONU accorda aux sionistes 50 % de plus que le plan Peel de 1937 soit 60 % du territoire alors qu’ils ne possédaient jusqu’alors que 7 % de la propriété foncière ; ce territoire comportait de plus 80 % des terres céréalières de la Palestine et 40 % de son industrie. . Conséquences du vote . Le Yishouv accepta sans condition le plan de partage tandis que les autorités des pays arabes voisins rejetèrent ce plan. La conséquence immédiate en fut le déclenchement d'une guerre civile en Palestine suivie de la guerre israélo-arabe de 1948. . Ayant attribué 60% du territoire aux sionistes (qui ne possédait jusqu'alors que 7% de la propriété foncière ) représentant 80% des terres céralières de la Palestine et 40% de son industrie, l'ONU a crée un grand vainqueur et un grand perdant. Il n'est pas surprenant que le Yishouv ait accepté sans condition le plan de partage des terres de la Palestine. On note également que le vote a échoué deux fois, avant de réussir au troisième vote sous la menace de fortes représailles économiques des états-unis. Une belle leçon de démocratie. Ainsi a été crée un "conflit", fabriqué de toute pièces par les puissances coloniales de l'époque, avec pour geste fondateur le partage foncièrement injuste d'un pays en deux parties inégales. The rest is history...

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