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Deux grands voiliers-écoles pour la Marine Nationale

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Vidéo du trois-mâts barque « Statsraad Lehmkuhl »

 

Notre « Ô combien vénéré président [1] » vient de déclarer qu’il allait faire la "guerre aux trafiquants et délinquants" et que quelques mesures, comme la déchéance de la nationalité pour certains criminels d'origine étrangère ou encore l’envoi des parents de mineurs délinquants en prison, devaient être votées.

Ce qu’il est intelligent notre « Bling-bling » !...

Un vrai génie de la politique !...

Car dans aucun pays, que ce soit dans les régimes démocratiques ou même dans les totalitarismes – et ce ne sont pas les régimes déments qui ont manqués dans l’histoire –, il n’est jamais venu à l’idée d’un leader d’appliquer cet incroyable et géniale innovation : « Si les gamins dékonnent, c’est aux parents d’aller en tôle !... ».

J’y crois pas … moi, le bouffon de base !...

C’est là où l’on reconnait la patte de l’innovateur, celui qui, par des décisions jamais prises auparavant, bouleverse le sens de l’histoire et l’évolution des sociétés.

Et bien notre « Bling-bling » à nous, notre « Ô combien vénéré président », va rester dans l’histoire, car, là, il a fait vraiment très fort, lui, notre « Géant de la pensée »  qui réfléchit pour nous, décide pour nous, dépense pour nous !...

Et je me sens un vrai « pygmée intellectuel » face à une telle pointure !...

M’enfin, je vais tout de même essayer de trouver quelques propositions – puisque je commence ma campagne présidentielle pour 2012 – qui pourraient peut-être intéresser des électeurs subjugués par la profondeur des analyses d’un tel « Danube de la pensée ».

Si !... J’ai osé la comparaison, tellement c’est puissant !...

D’ailleurs « Danube de la pensée », cela me fait penser à l’élément liquide – le whisky qui vieillit, balloté dans la cambuse - et à un projet de grands voiliers que notre « Ô combien vénéré  président » n’a jamais retenu.

Il est vrai que j’ai proposé de construire des grands voiliers pour embarquer la « rakaille » en navigation océanique !...

Quelle drôle d’idée !...

Il a pourtant une Rolex notre « Bling-bling » tant adulé des foules !... Et avec une Rolex, et bien l’on fait des régates !...  Ce n’est pas pour frimer…

D’ailleurs, s’il avait écouté mes propositions, il aurait construit un grand voilier présidentiel pour régater avec Vladimir, l’ancien maire de St-Petersbourg, qui est passionné de voile et embarque régulièrement sur les grands voiliers russes.

Pas grave !...

Je ferai installer une cabine présidentielle sur chacun des grands voiliers de la Marine Nationale que je ferai construire lorsque je serai élu – Si ! J’y crois !…

Mais je ferai attention à Vladimir qui a une fâcheuse tendance à lever le coude « à la russe », c'est-à-dire souvent – je n’ai pas envie de tanguer comme notre « Ô combien vénéré président » après l’avoir rencontré.

Mais passons à cette proposition de construire des grands voiliers pour la « Royale », qui n’a absolument rien d’originale car les Marines étrangères arment depuis bien longtemps des grands voiliers pour la formation des équipages.

 

Des grands voiliers-écoles pour les écoles de la Marine Nationale.

En s’inspirant de ce qui se fait ailleurs, je propose de construire deux grands voiliers du type du « Statsraad Lehmkuhl », un voilier-école norvégien, construit en 1914, et qui embarque ses cadets à Bergen.

Il y a bien sûr d’autres types de grands voiliers mais j’ai retenu celui-ci parce qu’il navigue depuis presque un siècle et qu’il est exploité par une Fondation – ce qui prouve que ce n’est pas si cher que cela et que c’est accessible aux structures civiles.

Mais que peut-on faire avec un grand voilier ?...

Et bien tout simplement naviguer et apporter des bases de vie qui développeront le goût du risque maîtrisé, de l’aventure, de la liberté et de la responsabilité, et celui du respect d’un minimum de règles qui permettent de vivre en communauté.

Tout ceci est à la base de l’enseignement dans la Marine Nationale.

Les écoles de la Marine qui pourraient être intéressées par la navigation à bord d’un grand voilier-école sont notamment :

.L’École Navale qui assure la formation initiale des officiers de la Marine nationale. Elle est installée à Lanvéoc-Poulmic, sur la presqu’ile de Crozon, au sud de la rade de Brest.

. L’Ecole de manœuvre et de navigation (EMN), école d’équipage héritière de l’école des gabiers et qui est chargée de la formation de l’ensemble des spécialités à dominante nautique. Elle accueille aujourd’hui environ 500 élèves par an.

. L’Ecole militaire de la flotte qui délivre une formation adaptée aux officiers de marine ou aux officiers spécialisés de la marine issus du recrutement interne.

. L’Ecole des mousses , qui, vingt et un ans après sa fermeture en 1988, a rouvert ses portes à Brest, en septembre 2009, sur le site du Centre d'instruction naval(CIN) avec 150 garçons et filles de 16 à 17 ans.

Mais il y a aussi des possibilités d’action sociale qui sont importantes.

 

L’Etablissement Public d’Insertion de la Défense (EPIDE)

Parallèlement aux écoles militaires nous trouvons l’Epide qui a pour vocation d'assurer l'insertion sociale et professionnelle de jeunes, âgés entre 18 et 22 ans, en difficulté scolaire, sans qualification ni emploi, en risque de marginalisation, et volontaires au terme d'un projet éducatif global.

Les besoins sont importants car les journées d’appel de préparation pour la défense (JAPD) permettent d’identifier chaque année environ 60 000 jeunes en difficulté sur 800 000.

La possibilité d’embarquer à bord de grands voiliers serait extrêmement gratifiante pour des jeunes qui ont besoin d’être reconnus, d’avoir une responsabilité sociale, de découvrir un milieu fort, et, en fait, de trouver une nouvelle famille capable de les structurer d’une façon saine.

Il serait même possible de compter sur des anciens de la Marine Nationale, de la Marine Marchande et de la Pêche, pour les encadrer et réduire les coûts équipages.

Notre « Ô combien vénéré président » ne connait pas l’Epide, car, s’il en avait eu connaissance, il aurait retenu l’idée du « Capitaine Haddock » (c’est moi) de construire des grands voiliers en série pour nos gamins.

Comme quoi, même si on est un « Danube de la pensée », on n’est pas forcément suffisamment informé.

Mais je lui rappellerai cela lorsque « Fifi le Premier » m’aura nommé ministre de la défense lors du prochain remaniement ministériel.

De plus, ces navires apporteraient à la Marine Nationale un puissant outil de communication auprès des Français, et des Françaises, toujours très attirés par les grands voiliers comme le montre la popularité des rassemblements de Brest et de Rouen.

Et c’est sans compter sur la charge de travail qui serait amenée aux chantiers navals STX de St-Nazaire pour la construction des navires.

 

Des matelots et officiers « volontaires des armées »

Les risques inhérents à la navigation à bord d’un grand voilier (grimper dans la mâture) nécessitent un équipage nombreux afin que les stagiaires soient encadrés dans les meilleures conditions de sécurité.

Le nombre particulièrement élevé de membres d’équipage, et le coût induit, est en effet le principal obstacle à la réalisation de ce type de projet.

Une  réduction non négligeable des charges équipages devrait être possible si des « volontaires des Armées » embarquent en tant que matelots ou officiers.

Le statut de « Volontaire des Armées » est peu connu du public mais il est possible de le découvrir dans l’étude « Faut-il instituer un service civil obligatoire ? » rédigée (2006) par l’Amiral Alain Béreau, ancien inspecteur général des armées.

Je reprends un extrait : « Il a été jugé souhaitable de conserver une possibilité pour les jeunes de se porter volontaires pour un service militaire. Les jeunes gens intéressés (entre 18 ans et 24 ans) souscrivent un volontariat d’un an, renouvelable quatre fois (soit au total soixante mois de volontariat). Ils sont soumis au statut général des militaires. Ils perçoivent une solde d’environ 730 euros par mois (hors indemnités particulières)… Les armées emploient ainsi un peu plus de 20 000 volontaires dans leurs rangs, dont les trois quarts dans la gendarmerie (respectivement 1 900 dans l’armée de terre, 1 400 dans la marine, 1 200 dans l’armée de l’air et 15 200 dans la gendarmerie). 7 500 volontaires ont été recrutés en 2004. Les intéressés restent en moyenne trois ans en qualité de volontaires ; pour nombre d’entre eux il s’agit d’une solution en attente d’un véritable recrutement, souvent parce qu’ils n’ont pas initialement le niveau requis et que le volontariat sera ainsi l’occasion de faire leurs preuves. C’est particulièrement le cas des volontaires de la gendarmerie… L’expérience acquise au cours du volontariat peut être validée au titre des acquis professionnels en vue d’obtenir un diplôme technologique et professionnel ».

 Cette possibilité d’embarquer des « volontaires aux armées » permettrait de réduire sensiblement les charges équipages et c’est vraisemblablement la méthode utilisée par la Marine allemande qui arme depuis 50 ans le voilier-école « Gorch Fock » afin de réduire ses coûts (le service militaire existe toujours en Allemagne parallèlement à un service civil fait par 200 000 jeunes par an).

 

Pour conclure, je sais très bien que toutes ces propositions sont ridicules et que je saborde ainsi délibérément mes dernières chances d’être élu en 2012 car je n’arriverai jamais à la cheville de notre « Ô combien vénéré président », notre « Phare de la pensée » dont les rayons illuminent la nuit afin de nous éviter les écueils de l’Histoire.

Et puis je n’ai pas de Rolex…

Jean-Charles Duboc

Euroclippers

 

[1] « Ô combien vénéré président » est une expression déposée par l’Ignoble Infreequentable lui-même

 

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