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Acheter Français rêve ou réalité ?
Ces derniers temps nous entendons la classe politique française de gauche à droite nous seriner à longueur de médias ce petit refrain: "Citoyen, pour sortir de la crise, nous devons acheter français !"
Facile à dire avec un revenu confortable, alors qu'avec un revenu situé entre 400 et 1000€, la chose est beaucoup moins aisée. C'est beau le "patriotisme" économique, encore faut-il s'entendre sur le terme "acheter français", en effet, il suffit qu'un produit venant d'un autre pays que le notre soit modifié, par exemple, un jean's venu de l'autre bout de la planète auquel on aurait changé les boutons sur le territoire français devient automatiquement un produit "Made-in-France".
Stéphane, locavore averti, rencontré à la "Vache rit" sur le site de Notre-Dame-des-Landes nous en donne un exemple frappant, avec l'élaboration du cassoulet de Castelnaudary, qui n'a que de local que l'assemblage des produits divers venus du monde entier.
Dans ce cas, acheter français devient une fable, une illusion, si nous voulons vraiment acheter français, il faut aller plus loin, car celà implique produire français, ré-industrialiser le pays, certes mais aussi priviligier les circuits courts de proximité, respecter les saisons, par exemple, ne plus manger de tomates fraiches toute l'année.
Nous devons changer nos habitudes, ça n'est certes pas simple, mais pas impossible. Stéphane, rencontré à la "Vache rit" à Notre-dame-des-Landes en été 2010, nous a fait part de son expérience, fort intéréssante, devenir "locavore" durant un an
Locavore ? Kézaco? Le mouvement locavore encourage les « consommateurs » à acheter des produits frais et de saison, à acheter sur les marchés et/ou aux agriculteurs ou paysans locaux (dans les Amap) ou les cueillettes par exemple), à choisir leurs propres aliments, en faisant valoir la qualité du produit frais, des produits locaux, dont le goût est meilleur que celui du produit industriel.(wikipédia)
Alors si nous voulons réélement consommer local, il va falloir changer nos habitudes aliementaires, ce qui implique aussi, de changer de système.


Tous les commentaires
Bonsoir Jean-Charles,
En fait le sujet est de simple bon sens, valeur que l'on a perdu comme bien d'autres depuis trop longtemps avec comme vous l'écrivez droites et gauches autant à la ramasse les unes que les autres.
Si je puis me permettre, mais la genèse ou la paternité du thème en revient à ... François Bayrou, qui dans le vide inter-sidéral de non-propositions des uns et des autres, tous devenus parfaitement stériles et donc inutiles dans la sphère Politique, tous engoncés dans des systèmes surfant au gré du vent et des actualités (même judiciaires !) sans aucune vision générale de quel devrait être notre avenir comme pays libre, souverain et indépendant, quelle pitié quand même pour un pays comme le nôtre, le pays des Arts, des Armes et des Lettres, il reste notre seul espoir de porter haut des valeurs bien assises et une vision claire et raisonnable de notre place en tant que nation majeure sur cette planète qui change à la vitesse de la lumière. Le ni gauche ni droite prend de l'importance en ces temps de crises morale, sociale, économique, et donc politique.
Bien le bonsoir
Bonjour et bonne année à tous !
En fait, le thème de la re-localisation et de la nécessaire priorité à donner aux circuits courts est bien traité par une formation politique: il s'agit de la planification écologique, qui est un des axes essentiels du programme du Front de Gauche: L'Humain d'abord.
étrange retour en arrière
"ACHETEZ FRANCAIS"
ce slogan fut lancé par le gouvernement au début des années 30.
il y eu aussi la création de la soupe populaire
la réduction des traitements des fonctionnaires , de 10%, pas mal comme dégraissage
les conseils des diététiques pour manger équilibré en payant moins cher = consommer des légumineuses (lentilles, haricots, pois cassés, pois chiches) qui associés aux céréales apportent les protéines nécessaires. Exact MAIS venant de personnages confits dans leur graisse et festoyant au foie gras, filet de boeuf arrosé de chambertin, c'est une hypocrisie crasse
j'ai enseigné pendant 25 ans la crise de 29 en classe de 1e, en m'appuyant sur une émission de TV (la 2) qui condensait des archives cinématographiques américaines, françaises, allemandes ... et commentée par l'économiste J Marseille. Beaucoup de collègues en ont fait autant, mais je me demande si un seul de mes ex élèves s'en est souvenu, alors que les discours , images, révoltes, gesticulations des politiques, égoisme des financiers, idéologies actuelles ... sont un resucé de tout cela
à quand le front populaire ?
Bonjour,
Vous dites vrai, me semble-t-il. Alors, vite, un nouveau Front Populaire, avec la Révolution citoyenne, sinon, en effet, nous risquons la même issue tragique à la crise que dans les années trente: des peuples dressés les uns contre les autres, des boucs émissaires qui nous détournent du vrai fauteur de crise, le système capitaliste fou.
En total accord avec vous Monsieur Girault
Nombre d'économistes et partis sérieux n'envisagent pas une relance de l'économie française sans modification du comportement des consommateurs français, dont la demande devrait plus se tourner vers la production française : sinon les entreprises françaises ne trouveront pas de debouches, et toute augmentation du pouvoir d'achat creusera un deficit commercial. Ce n'est donc pas par racisme qu'il faut consommer français, mais pour que la France sorte du chomage.
Il y a même une association qui a été fondée par les économistes (Sapir, Greau...) et quelques militants (comme Morelle le conseiller de Montebourg, Landfried le porte parole de Chevenement, Bernier du M'PEP de Nikonoff), pour promouvoir une discussion sur ces sujets : son site plein de documents interessants (en maintenance) est ici.
4,5 millions d'emplois dans l'industrie en 1980, 2,5 millions en 2010 : il a fallu plus de 30 ans pour détruire notre industrie, donc clairement elle ne se reconstruira pas en un jour, et ce n'est donc pas du jour au lendemain qu'on pourra re-acheter français des choses aujourd'hui fabriquees en Chine.
Je crois aussi que ce n'est pas seulement grace a la bonne volonté des consommateurs (qui n'ont pas toujours la bonne volonté, et qui quand ils veulent ne peuvent pas toujours sans etre aides) qu'on y arrivera. Il faut que les institutions qui encadrent les consommateurs et l'economie les aident ou les incitent avec insistance : devaluation de notre monnaie, droits de douane, subventions aux exportations, politique de re-industrialisation, allegement des depenses des consommateurs autres que pour acheter des biens industriels, de maniere a ce qu'ils puissent supporter hausse de prix de biens industriels : action sur les loyers, les taxes sur la consommation, les rentes de monopole...
Certains pays réussissent et ne s'embarrassent pas de formules chauvinistes. Ils vendent au monde entier.
Source France Diplomatie
Pays-Bas
PIB par habitant 35.600 en 2010
Taux de croissance : 1,8% en 2010
Balance commerciale : 42,3 Mds en 2010
Suède
PIB par habitant 31 300 en 2009
Taux de croissance : 4,8% en 2010
Balance commerciale : 8,6 Mds en 2009
Suisse
PIB par habitant 46 00 en 2009
Taux de croissance : - 1,6% en 2009
Balance commerciale : 13 Mds en 2009
Hongrie
PIB par habitant 32 300 en 2010
Taux de croissance : 2,2% en 2010
Balance commerciale : 1,5 Mds en 2010
Allemagne
PIB par habitant 30 600 en 2010
Taux de croissance : 3,5% en 2010
Balance commerciale : 138,9 Mds en 2009
Lire aussi le rapport final des États Généraux de l'Industrie / février 2010 qui confirme les thèses de Bayrou :
http://www.industrie.gouv.fr/archive/sites-web/etats-generaux-industrie/fileadmin/documents/accueil/EGI_RAPPORT_SYNTHESE_FINAL_020210.pdf
Je ne crois que ce que je vois, et pour l'instant, je n'ai pas vu quelqu'un capable de m'expliquer en quoi de concret, possible et efficace pour la France, autre qu'un appauvrissement des salariés ou de l'Etat français, ce fameux "faire comme les allemands" peut se traduire ?
N'est-ce pas parce que vous êtes incapable de proposer de telles choses concrètes, que vous masquez cette incapacité derrière ce mystérieux "faire comme les allemands", dont personne ne sait en quoi il consiste concrètement, et dont on peut donc penser au bout d'un moment, qu'il est creux comme un discours de Bayrou ?
Comme cela se constate en lisant La France en panne de Cotta, cela fait en vérité depuis 1983, que nous essayons de "faire comme les allemands" : un franc cher, puis un euro cher comme le mark allemand ; une banque centrale, française dirigée notamment par Trichet, puis européenne dirigée a nouveau par Trichet, qui ne se préoccupe que de lutter contre l'inflation au detriment du financement des entrepreneurs et de l'activité, a l'instar de la bundesbank allemande ; la modération salariale des années 1980, pour etre aussi competitifs que les allemands. Les seuls "resultats" obtenus, c'est 2 millions d'emplois perdus dans l'industrie : 4,5 millions en 1980, et plus que 2,5 millions aujourd'hui; et un apauvrissement des salariés.
Les allemands sont en déficit commercial avec la Chine : bizare que vous ne nous ayez pas donné ce chiffre ? Et cela ne va pas aller en s'ameliorant, etant donné que les emergents seront de mieux en mieux capables de produire les biens industriels d'equipement (machines) et autres biens industriels de luxe (voitures de luxe, electromenager de luxe) dans lequel sont specialisés les allemands (et pas la France).
Au moment du passage a l'euro, Schroder a alors organise une reduction du cout du travail en allemagne : TVA sociale, autres mesures de moderations salariale negociee entre grands syndicats allemands et grandes entreprises allemandes, sous-traitance des pays de l'est (on assemble en allemagne), "flexibilisation" du travail. Or le passage a l'euro a empêché aux autres pays européens de dévaluer leur monnaie par rapport au mark pour equilibrer leur balance commerciale : ils ne pouvaient que reduire le cout du travail chez eux s'ils voulaient regagner en competitivité par rapport a l'allemagne, la devaluation par rapport au mark etant devenue impossible. L'essentiel de l'excedent commercial allemand est fait sur les autres pays de la zone euro, et non sur les emergents comme la Chine : voila probablement la principale clé du "succes" allemand.
Comme vous êtes résigné...
Et regardez ailleurs qu'en Allemagne.
Lisez le rapport en lien dans mon précédent commentaire.
Vous n'etes donc pas non plus capable de m'expliquer en quelques lignes en quoi de concret, possible et efficace pour la France, ce fameux "rapport" se traduit ? Ce rapport est-il donc, comme "faire comme les allemands", un ecran de fumee ?
Je ne suis pas résigné, il y a des choses possibles, efficaces, concretes a faire, pour sortir la France du chomage, mais choses que vous refusez pour on ne sait quelle raison ? Droits de douane, devaluation, eventuelles subventions aux exportations, reforme du systeme bancaires, actions visant a reduire les loyers et les rentes de monopoles; politique industrielle : les propositions de Jacques Sapir et Jean-Luc Gréau.
Lire le rapport final des États Généraux de l'Industrie, je vous l'assure, c'est du costaud.
Quant aux solutions, lire aussi mes billets, je ne fais que ça :
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/281211/parcs-huitres
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/271211/nkm-parle-de-qualite?onglet=commentaires#comment-1479573
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/141211/made-sarkozy-hollande-bayrou
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/220811/decerebration
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/170711/le-bauhaus-et-loeil-du-tigre-reedition
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/070711/deficit-commercial-deficit-culturel
http://blogs.mediapart.fr/blog/ujamaa/030711/revolution
Une révolution culturelle par la création responsable et ses processus et critères concrets qui traverserait tous les corps de l'état, les entreprises, l'éducation : via l'enseignement, la pratique, la reconnaissance, l'incitation.
Lao Tseu disait : un vase n'a pas d'USAGE sans contenu. Au-delà des organisations, structures, et tutti quanti, c'est le contenu qui m'importe. Qu'est-ce que le contenu dans l'industrie ?
Une idée = un produit = emploi.
Decidement vous etes bien avare en propositions concretes, accompagnées d'arguments montrant en quoi elles sont possibles et efficaces.
Mais finalement vous avez quand même sorti un mot clé : "l'innovation".
Il n'y aura pas de relance en France par "l'innovation" seule, pour deux raisons.
Premièrement, parceque ce ne sont pas les entreprises françaises qui peuvent decider quels produits elles vendent : ce sont les consommateurs qui choisissent quels produits ils achètent. Si vous redonnez du boulot dans l'innovation a nos 4 millions de chomeurs, ceux-ci utiliseront leur revenu pour acheter autre chose que des produits innovants : ils acheteront des biens manufactures industriels produits dans les pays emergents : habits, equipements de maison, appareils electriques, voitures... Les produits innovants qu'ils produiront ne trouveront pas suffisament de debouches, mais par contre nos importations augmenteront en fleche et se creusera un deficit commercial. C'est précisement l'une des raisons decisives qui ont fait rater les deux dernieres relances tentees en France, en 1975 et 1982 (decrites aussi par Cotta dans La France en panne).
Deuxiemement, votre relance par l'innovation risque d'etre fortement handicapée par le fait que les emergents peuvent aussi aujourd'hui, et de plus en plus a l'avenir, nous concurrencer de maniere redoutable sur les produits innovants. Les chinois font du spacial, des avions, des TGVs, de l'ecologique... Ils ont des ingenieurs, mettent des moyens tres importants dans la recherche, ont deja des grosses parts de marché. Et toujours avec en plus l'arme du bas cout du travail qui les avantage de maniere decisive.
Une relance est possible en France, mais elle doit aussi utiliser droits de douane, devaluation, reforme du systeme bancaire, controle mouvements capitaux... choses que vous refusez pour on ne sait quelle raison ?
Vous n'avez jamais rien vendu de votre vie comme la plupart des économistes ... atterrés. À vous lire on a envie d'aller se coucher. Vous restez dans vos idées, ne lisez pas... Même la Belgique a une balance commerciale supérieure à la France : positive. Et vous avez vu le film comique ? On a supprimé leurs douaniers.
Par ailleurs je suis plutot hostile aux economistes atterres, que je trouve trop mous par rapport a ceux comme Sapir et Greau qui veulent droits de douane et compagnie. Sterdyniak est l'un des economistes atteres, et il a toujours milité contre les droits de douane et compagnie, notamment dans ce rapport de 1994 (au moment de l'entree de la France dans l'OMC).
Ce que vous dîtes généralement ne me pose aucun problème, mais c'est du dit et redit : financiérisation, équité douanière, harmonie des taux de change, etc. etc. Mediapart en est inondé. D'une façon ou d'un autre des aménagement seront opérés, jamais suffisants.
Le sujet le plus important subsistera : une idée = un produit = emploi. Et ce n'est pas avec le seul marché français qu'on créera de l'emploi. Une politique industrielle est avant tout une politique culturelle.
Nous devons faire entrer la France dans la religion de l'innovation. Pour VENDRE. Sinon nous continuerons à emprunter à cause d'une balance des paiements désastreuse.
Nous devons cesser de dire INNOVONS nous devons pénétrer le contenu du mot (voir mes textes) et appliquer ses processus et critères.
Si ça ne vous pose aucun probleme d'arreter le concurrence portant sur le critere du cout du travail (pour que ne reste qu'une concurrence sur justement l'innovation et la qualité), alors moi de mon coté ça ne me pose aucun probleme qu'on encourage la recherche et l'innovation en France.
Finalement ces deux choses pourraient etre complementaires plutot qu'opposees l'une a l'autre ?
A ce propos, Paul Bairoch dit que la croissance est un processus cumulatif d'interaction entre plusieurs secteurs, entre les besoins des uns puis les innovations des autres etc... Il a montré que la révolution industrielle anglaise avait cette structure. Dans le meme ordre d'idees, Jean-Michel Quatrepoint s'est demande ce qui serait arrivé a l'industrie française si elle etait restee en France au lieu de se delocaliser ? N'aurait-elle pas beaucoup plus innové que ne l'a fait l'industrie devenue chinoise ? Car il y avait pour l'industrie française plus de pressions poussant a inover, et plus de capacités a inover, qu'en Chine. Plus de pressions : pas de competitivité grace a bas cout du travail pousse a etre competitif autrement : par la robotisation baissant cout production, par l'innovation et la qualité. Quand les hommes sont chers les machines apparaissent moins cheres ce qui pousse a machinisation a nouveau. Plus de capacité : capacité de recherche en France etaient superieures a celles de Chine dans les annees 1980, 1990; et meme encore 2000. Notre economie aurait surement un tout autre aspect, et l'industrie serait beaucoup plus perfectionnee s'il n'y avait pas eu delocalisations... C'est en tout cas une hypothese...
Je n'oppose rien, je sais que des réformes structurelles et raisonnables auront lieu. Mais quand vous dîtes "arrêter la concurrence portant sur les coûts", c'est un doux rêve bureaucratique. On pourra réguler un peu plus, c'est tout.
Ce que vous ne comprenez pas c'est que les Chinois vendront toujours moins chers leurs clous. Il faut donc créer et fabriquer des produits à très haute valeur ajoutée (par la technique, la qualité, l'image, l'innovation, la rareté, le terroir, etc..).
Tout ce que je vois c'est une France à situation égale avec bien d'autres pays européens en panne totale d'innovation vu la desecnte aux enfers de notre balance commerciale. Là est la poutre dans l'oeil.
Et quand ces pays profiteront comme nous de certains aménagements le manque criant d'innovation et le différentiel avec d'autres pays seront toujours présents.
"les Chinois vendront toujours moins chers leurs clous.", dites-vous. Et je crois que c'est la que se situe la friction entre nous.
L'objectif auquel vous pensez est que la France vende plus de choses au reste du monde. En effet je suis d'accord avec vous, les seules armes dont nous disposons pour vendre au reste du monde sont l'innovation, la qualité, a coupler quand meme avec des devaluation pour avoir une monnaie moins chere qu'aujourd'hui. Sans aller jusqu'a vendre des clous au reste du monde, il y a surement toute une gamme intermediaire entre les clous et l'ultra high tech que nous pourrions vendre si notre monnaie etait moins chere. Mais en tout cas innovation et qualité restent tres importantes pour nous pour vendre au reste du monde.
Mais une fois que nous faisons un effort d'innovation et de qualité important, je pense qu'il faut prendre comme un fait accompli le résultat obtenu, quel qu'il soit, et qu'il faut que nous adaptions nos autres actions a ce resultat, pour poursuivre d'autres objectifs importants en plus de vendre au reste du monde. Sachant qu'il n'y a aucune raison que nous soyons durablement les rois de l'innovation par rapport au reste du monde : nous serions bien pretentieux d'aspirer a une trop grande superiorité, voire a la superiorité tout court, a long terme.
Avoir donc une monnaie pas trop chere en regard des resultats obtenus en matiere d'innovation et de qualité.
Et surtout, etant donné notre capacité a exporter réelle et actuelle (et non imaginaire dans un futur où nous serions les rois de l'innovation), faire le necessaire pour poursuivre l'autre objectif tres important : la lutte contre le chomage et la pauvrete en France. Nous ne vendrons peut-etre jamais de clous au reste du monde, mais nous en consommerons toujours, et nous ne pouvons nous permettre d'acheter plus au reste du monde que ce que nous lui vendons. Notre capacité a exporter dit quelle quantité nous vendons au reste du monde. Il nous faut ensuite choisir ce que nous lui achetons, en commençant par ce que nous ne pouvons pas produire nous memes : petrole et autres produits des sous sols comme l'uranium ou le metal, voyages touristiques, produits agricoles ou alimentaires exotiques ou locaux, comme le sucre, le café, ou la vodka russe. Nous pouvons ensuite surement acheter quelques biens manufactures (et quelques autres services) au reste du monde. Mais il y a un moment où il faut dire stop : au moment où la quantité que nous achetons au reste du monde devient aussi importante que celle que nous lui vendons. A partir de ce seuil, le reste doit etre produit en France. Et la, meme des clous, nous pouvons les consommer fabriques en France, si cela s'avere necessaire, en regard du seuil fixé par nos exportations. Pour vendre en France des clous que nous avons produits, il nous suffit de mettre des taxes sur les clous importes des pays emergents, compensant la difference de cout du travail entre France et pays emergents. Normalement il ne devrait pas etre necessaire d'aller jusque la, etant donné que le petrole, les voyages, et les produits exotiques, ne representent que 27% de nos importations, les 73 autres % etant des biens manufactures ou services (transports de marchandises, services individuels divers autres que le tourisme) que nous pouvons produire nous memes.
C'est l'innovation qui fait vendre (et qui fait vivre, voir la suite du texte). Mais parfois on n'a pas besoin de différence quand le produit au regard du besoin est basique. On achète donc le moins cher.
Ce qui est le plus passionnant c'est la RID.
Quand la R & D classique n'emprunte que des sentiers classiques, la Rechecrche Innovation et Développement voyage vers l'inconnu. Ce qui n'a jamais été vu, fait.
Oui l'homme est condamné à inventer pour survivre...
Mais la France compte pas mal de misonéistes...
Le misonéisme, du grec miso - "qui hait" - et néo - "nouveau" - est l'attitude qui consiste à rejeter toute innovation.
Et les raisons invoquées, avec une politesse infinie, sont nombreuses. Mais au fond il n'y en a qu'une : la peur.
C.G. Jung nous dit que l'Homme se résiste à lui-même. Les anthropologues appellent "misonéisme" une peur profonde, superstitieuse, de la nouveauté. L'animal sauvage, les primitifs, et nos élites ont la même réaction d'incompréhension, de peur devant la nouveauté.
... La nouveauté prend du temps pour être enfin admise, mais à la fin le singe qui s'enfuyait en hurlant devant le miroir, adore ensuite s'y mirer. Le misonéiste hait l'innovation, vitupère contre, mais ne se gêne pas pour en profiter par la suite.
Pour information, il existe un synonyme, un terme médical, lakaïnophobie, soit la crainte morbide de la nouveauté. Kaïnophobe ! Le Capitaine Haddock aurait pu se servir de cette injure.
Pourtant toute société repose sur l'innovation pour s'auto-produire de façon permanente, ainsi se nomme l'autopoïèse. Cette capacité à créer constamment et sans discontinuer ses conditions d'existence. Une réorganisation permanente qui s'applique à tout l'ordre biologique, et, par extension, à l'ordre social humain.
L'autopoïèse française - qui désigne, depuis le XVIIIème siècle "la génération" - marche plus qu'au ralenti... On parle même de régression. Par misonéisme des élites ou kaïnophobie. Ainsi cette phrase de Morin se transforme en sentence : qui ne se régénère pas dégénère.
La France habitée par ses élites ne serait-elle pas devenue en partie un Combray ? Un monde proustien, un univers clos où la réalité est mise en scène. Combray a ses propres dieux et le monde extérieur est peuplé de barbares. "Les faits ne pénètrent pas", nous dit Proust, dans le monde où règnent nos croyances. On ne veut surtout pas voir le monde tel qu’il est. Une impuissance à communiquer. Les gens de Combray ont cette ignorance volontaire, se tiennent éloignés de toute contagion. Enfin presque, les résidences secondaires dans les pays totalitaires ne sont plus si sûres que ça.
Pourquoi ce misonéisme de nos élites ? Une simple explication : ce qui est nouveau attente au confort, aux privilèges, aux réseaux. Une vigne sur un sol et un climat confortables, avec un traitement chimique riche, produira un vin proche du sirop.
Une vigne qui aura souffert sur une terre et un climat avec "leurs caractères", produira un bon vin. Les élites françaises à part quelques exceptions, produisent du sirop. Voir le résultat : dette, balance commerciale, situation des jeunes, inégalités, chômage.
Donc l'élite se rencontrera, publiera ses petits bouquins, organisera sespetites conférences, suivra ses petits plans média, recevra ses petites médailles, expertisera le monde comme le journaliste sportif commente l'étape du Tour. Prendre un risque ? Aucun, vous n'y pensez pas, ce serait stupide, ne rendons pas plus fou le monde, il l'est déjà assez !
D'un autre côté, l'économiste américain Paul Romer prône la croissance endogène par l'innovation. Pour expliquer son concept il associe "innovation" avec "recette de cuisine". Romer nous dit :
Qu'on peut faire des plats sublimes avec des ingrédients - ou ressources - pas très chers et disponibles. La ressource A après reconfiguration devient A + avec sa valeur ajoutée. Qu'il est nécessaire de varier les recettes afin de ne pas faire disparaître un ingrédient naturel qui serait utilisé en permanence dans la même recette.
Que la croissance vient des meilleures recettes. Que les nouvelles recettes - comme elles utilisent en général d'autres ressources - sont moins polluantes. Que les pays sous-estiment le potentiel énorme des nouvelles recettes. Que ce potentiel ne s'ajoute pas mais se multiplie.
Quel appel à l'innovation ! Nous y voilà : une élite misonéiste face à un pays qui n'accepte plus son sirop. Un pays dont l'urgence des urgences est d'enseigner et d'utiliser les processus d'innovation pour se régénérer.
Misonéisme contre innovation.
... Cela me fait penser à un entraîneur de foot qui pensait qu'il fallait agrandir la taille des buts pour que les avants marquent plus. Il pensait au contenant, oubliait le contenu : le talent.