Demain, donc, ce bon peuple de France va, uni comme un seul homme, processionner laïquement derrière les dirigeants de l'UE et de l'OTAN. Ce serait à mourir de rire si ce n'était aussi désespérant.
Qui m'aurait dit, un jour, que le Charlie anarchiste et si souvent combattu, à ses débuts, par l'ordre bourgeois et la censure, se rendrait au Père Lachaise en compagnie des milliardaires catholiques (mais pas que) du patronat et de leurs serviteurs zélés, voire même serviles. Il y aura là tout le CAC 40 et un zeste de Dow Jones. Du beau linge.
Il faudra, aux prolos, faire des efforts et pas les moindres...
Associer les dessinateurs anars aux fabricants et marchands d'armes représentés par la très démocratique OTAN, c'est pas évident. On verra, mêlés, les ouvriers, les chômeurs et les capitaines d'industries se donnant la main en chantant la même Marseillaise. Les sans-culottes et les Communards, de là-haut, ne vont pas en revenir.
A n'en pas douter, les Arabes et les musulmans du monde entier ne vont pas louper le spectacle. Eux, dans leurs ruines, à 2 pas de leur cimetière local, ils repasseront le film : Bagdad, Tripoli, Damas et Gaza, recouverts de décombres et de charniers. Caricature pour caricature, celle-là méritera de figurer dans les annales.
Personne n'a seulement songé à manifester quand les bombardiers vrombissaient au-dessus des capitales arabes. Non, on s'inquiétait seulement des plans vigipirates censés nous protéger alors que, de toute évidence, c'est raté!
On s'est poilé comme des baleines lorsque Charlie publia ses caricatures vu que c'était vachement bon pour la démocratie. Bon, bè, voilà la gueule de la démocratie, aujourd'hui.
Et notre bon peuple persiste et signe : après les minarets, le halal, le voile, les prières dans la rue, après le pain au chocolat, vlà-t-y pas qu'il va marcher du même pas que Sarko et Hollande, le tout sous l'oeil vigilant de la police surarmée jusqu'aux dents?
Guerres, chômage, racisme et unité nationale.
Au pays d'Hugo, de Voltaire et de Jaurès. France, tu pars en couille les pieds devant.