Le piège de la lutte anti-terroriste en Afrique de l'Ouest
Depuis le 11 septembre 2001, Français et Américains se sont progressivement installés dans l'idée que l'Afrique de l'Ouest sahélienne était en passe de devenir un nouveau sanctuaire pour Al-Qaida. La logorrhée sur la vulnérabilité que représenteraient des Etats supposés « faibles » ou « faillis », au demeurant grands pourvoyeurs de migrants, leur contiguïté géographique avec le Maghreb, la dominance religieuse de l'islam en leur sein, voire la prégnance, dans leur histoire, d'une vieille tradition maddhiste (on dit aussi millénariste), prompte au djihad, ont accrédité cette hypothèse dans l'esprit des décideurs. L'utilisation du Sahara nigérien, malien et mauritanien comme refuge par des groupes islamistes algériens, et les quelques prises d'otages occidentaux que ces derniers ont perpétrées, ont paru donner raison aux Cassandre de l'anti-terrorisme islamiste. Elles ont justifié non seulement l'aide militaire aux Etats sahéliens, mais aussi l'engagement direct de conseillers et de combattants américains et français sur leur sol. Depuis plusieurs années, Washington et Paris mènent une guerre en Afrique occidentale qui ne dit pas encore son nom.
Qui s'en indignera, puisqu'il y va, nous dit-on, de notre sécurité ? Sauf que, à force de crier au loup, l'on risque bien de le faire venir là où il ne frayait pas.
Le Sahel est l'une de ces zones liminales et grises que l'Etat n'a jamais entièrement contrôlées, bien qu'il les englobe et qu'elles ne vivent pas en dehors de lui, mais bien par rapport à lui, tant sur le plan politique que d'un point de vue marchand ou culturel. En tant que telle, la ceinture sahélienne est comparable à d'autres espaces de circulation et de dissidence, familiers aux historiens et aux anthropologues : ce que l'on a nommé, de manière aussi imagée qu'abusive, la Route de la Soie en Asie centrale ; l'Afghanistan et le Baloutchistan ; le Kurdistan ; ou encore les îlots du détroit de Malacca en Asie du Sud-Est. Dans ces interstices du système international d'Etats, des sociétés, généralement nomades, ont assuré le convoyage des hommes, des biens et des idées, quitte à se payer sur la bête au passage, par le brigandage, la piraterie, la guerre ou la contrebande. Elles ont entretenu avec les pouvoirs centraux de leur voisinage des relations ambivalentes, sur le mode du commerce, de la prédation, de l'affrontement, de l'alliance ou de la dissidence. Au Sahara et dans le Sahel, comme ailleurs dans le monde, ce sont des populations nomades qui ont joué les premiers rôles dans ces rapports de complémentarité, plutôt que d'altérité, avec l'Etat. On les y qualifie généralement du terme générique de Touarègues bien que certaines d'entre elles n'appartiennent pas à proprement parler à cet ensemble transsaharien et berbérophone. L'Etat colonial n'est jamais parvenu à les assujettir, et son successeur national n'y a pas mieux réussi, comme l'illustre la succession des rébellions au Mali, au Niger et au Tchad depuis les indépendances. Tout au plus a-t-il pu garantir, pour des durées plus ou moins longues, une paix relative grâce à diverses concessions politiques ou économiques.
On voit mal comment une intervention militaire étrangère obtiendrait de meilleurs résultats qu'un Etat, colonial ou national, fort de son appareil politique qui, certes, a toujours souffert d'une grande pénurie de moyens, voire de légitimité, mais dont le principe d'action est plus efficace que celui de la seule répression. Or, la première conséquence de l'ingérence occidentale sera d'évider ces Etats sahéliens, sur la « faiblesse » desquels l'on verse des larmes de crocodile, en obérant leur souveraineté, leur représentativité et leur crédibilité vis-à-vis de leurs citoyens. En outre, Français et Américains vont droit à l'échec sur le terrain. Leur puissance de feu et de renseignement ne doit pas faire illusion. Le précédent de la Somalie - sans même parler de celui de l'Afghanistan - rappelle qu'elle n'est pas suffisante dans des conflits asymétriques de ce genre. Et l'insécurité que les milices du delta du fleuve Niger ont instaurée depuis près de vingt ans en compromettant la production pétrolière du Nigeria met en lumière l'incapacité des armées classiques face à des résistances sociales de ce type. Il est vrai que de bons esprits citent maintenant en exemple les milices de contre guérilla que l'Algérie a levées dans les années 1990 pour étouffer les maquis islamistes. Si c'est ce que l'on veut faire dans le Sahel, que cela soit clairement dit, car l'Afrique de l'Ouest, en matière de « milicianisation » des conflits, a elle aussi une certaine expérience : en Sierra Leone, en Côte d'Ivoire ! La tâche sera ici d'autant plus aisée que des sociétés dites secrètes de chasseurs, les dozo, sont d'ores et déjà disponibles pour cette tâche, dont on n'ose imaginer le coût humain.
Pis encore, l'intervention étrangère va agir comme une prophétie autoréalisatrice et finir par créer la menace qu'elle entend conjurer, non sans enclencher toute une série d'effets pervers. En dramatisant le danger de la lutte armée islamiste dans le Sahel, pour le moment très circonscrite, Américains et Français prennent le risque de cimenter la relation marchande et l'alliance conjoncturelle entre les groupes algériens qu'Al-Qaida a « franchisés » et les Touarègues, sous la bannière d'une idéologie commune. En combattant l'islamisme du haut de leur arrogance (ou de ce qui est perçu comme telle par nombre de musulmans), ils donnent aussi à celui-ci des lettres de noblesse anti-impérialistes qui ne laisseront pas insensibles tous les damnés de ce morceau de terre. Et ce, d'autant moins que les programmes d'ajustement structurel des années 1980-1990, le démantèlement des grandes filières agricoles (coton, cacao, café) que ceux-ci ont provoqué, la ruine des systèmes d'éducation et de santé publiques qu'ils ont précipitée, l'endiguement coercitif de l'émigration que la libéralisation économique et l'inégalité sociale accélèrent, la caution plus ou moins honteuse apportée à la perpétuation des autoritarismes n'ont guère ménagé d'échappatoire à la jeunesse surnuméraire, avide de reconnaissance et de dignité, mais réduite à la subalternité. Depuis vingt ans, la guerre civile et la délinquance ont été les deux principales formes de mobilisation qui lui ont été laissées, de pair avec la rédemption religieuse. Autant dire que la désignation de l'islamisme comme ennemi principal de l'Occident (et de ses clients) dans la région, et sa répression, sont une façon de paramétrer politiquement la colère sociale des exclus, ceux du cru ou ceux de la diaspora en butte au racisme et à l'iniquité de la politique anti-migratoire de l'Union européenne. Dans ses travaux, le sociologue Roland Marchal (CNRS-CERI), sans doute le meilleur spécialiste de la Corne, a montré comment les Shebab somaliens ont acquis leur audience de cette même conception erratique de la lutte contre Al-Qaida : « Elle a réussi à transformer une organisation groupusculaire en une force qui contrôle désormais 80% du territoire du centre et du sud de la Somalie, et plus encore en termes de population. Au lieu d'affaiblir les Shebab, la stratégie contre-terroriste les a renforcés » (Libération du 13 juillet 2010).
Dans le Sahel, ce scénario catastrophe est susceptible de se greffer sur la politisation du grand refoulé, et même de l'impensé, de l'indépendance : celui de la mémoire de l'esclavage, omniprésente dans les relations sociales ordinaires, mais occultée par la lutte nationaliste - sauf dans la Guinée de Sékou Touré - au nom de l'unanimisme anti-colonial. Selon les pays ou leurs provinces, de 20% à 50% de la population sont d'origine servile. La résurgence politique de cette question semble inéluctable à la faveur du multipartisme et de la réverbération au sud du Sahara du débat français sur l'esclavage. Or, l'islam, religion universaliste qui entend transcender les clivages de statut social au sein de l'umma, contrairement au préjugé qui prévaut en Occident, et qui historiquement, mieux que l'administration française, a contribué à l'émancipation des captifs au Sénégal par l'intermédiaire des confréries, peut procurer les moyens idéologiques de prendre en charge cette problématique du legs esclavagiste. Il en a notamment été ainsi dans le nord du Nigeria, par le biais de partis politiques populistes ou de mouvements maddhistes (1). Dans les prochaines années, la captation de cette cause par le radicalisme islamique est une possibilité parmi d'autres, qu'il serait imprudent de favoriser.
Les dirigeants africains, quant à eux, ne seront pas en reste pour exploiter la grossière faute d'appréciation des Occidentaux. Ils voient dans la politique anti-terroriste de ces derniers une nouvelle rente diplomatique, après celles de l'anti-communisme, de la libéralisation économique, voire, toute honte bue, de la « démocratie », pour légitimer et financer la perpétuation de leurs régimes autoritaires, sinon pour assurer leur suprématie régionale, à l'instar de l'Ethiopie dans la Corne. Le dernier sommet de l'Union africaine, qui s'est tenu en Ouganda dans la foulée de l'attentat de Kampala, attribué aux Shebab somaliens, ne laisse guère de doutes à ce sujet. En retour, la reproduction des situations autoritaires, avec leur lot d'injustices sociales, sera le meilleur sergent recruteur du radicalisme islamique qui trouvera d'ailleurs son répondant chrétien : le fondamentalisme pentecôtiste, en pleine ascension depuis trois décennies, dont l'influence n'a pas été étrangère à la déstabilisation religieuse du Nigeria et à la polarisation politique en Côte d'Ivoire depuis dix ans.
L'engagement militaire de la France et des Etats-Unis dans le Sahel s'inscrit de surcroît dans un contexte particulier qui le rend singulièrement périlleux. Les côtes guinéenne, sénégambienne et mauritanienne sont devenues les points de passage de deux commerces que les Etats occidentaux ont criminalisés : ceux des migrants (en direction de l'Europe) et des narcotiques (en provenance d'Amérique latine, et à destination du Vieux Continent ou du Golfe). Les routes contrebandières sahariennes sont le prolongement ou le doublement de ces voies d'échange du littoral. Touarègues et groupes armés islamistes ne sont pas les seuls à prélever leur part de tribut. Différents incidents ont mis en lumière l'implication manifeste de dirigeants politiques, parfois très haut placés, en Guinée Bissau, en Guinée, en Libye, voire au Sénégal, sans même parler des complicités dont bénéficient les trafiquants au sein des administrations exsangues de la plupart des Etats de la région. Selon toute vraisemblance, des organisations criminelles sont en passe de se constituer, à l'interface des réseaux mafieux latino-américains et italiens, des pouvoirs d'Etat et des sociétés transitives de l'espace ouest-africain. La lutte anti-terroriste représentera pour ces nouveaux acteurs une formidable aubaine, qui viendra compléter les rentes des luttes anti-narcotique et anti-migratoire dont ils extraient d'ores et déjà des ressources substantielles.
A l'heure où les interventions militaires de l'Occident en Irak et en Afghanistan se soldent par le désastre annoncé, et la guerre contre la drogue par l'enkystement de mouvements et de gangs armés en Amérique latine, est-ce trop demander à nos gouvernements de réfléchir aux conséquences à terme de leurs choix dans le Sahel? En quelques décennies, ils ont créé trois rentes globales dont l'exploitation est éminemment profitable du fait, précisément, de leur criminalisation à l'échelle internationale : celle du trafic de drogue, celle du convoyage des migrants condamnés à la clandestinité, celle de la revendication islamiste. Dans ces trois cas, c'est bel et bien la prohibition qui forme la valeur économique ou politique et sert les groupes que l'on prétend combattre, à savoir les narcotrafiquants, les passeurs et les djihadistes. Si une révision drastique de cette stratégie absurde n'est pas amorcée, l'Afrique de l'Ouest sombrera inexorablement dans une configuration incontrôlable, à mi-chemin de ce que l'on peut observer au Mexique, en Colombie ou en Italie du Sud, pays avec lesquels elle est au demeurant en connexion étroite, mais aussi très comparable, mutatis mutandis, à celle de l'Afghanistan. Il faut cesser d'alimenter ce que l'on veut endiguer. Il faut cesser de faire monter les enchères. Il faut dissocier la santé publique en matière d'addiction de l'interdiction des narcotiques, restaurer des possibilités légales d'immigration, et apporter des réponses politiques à l'islam politique en lui accordant la représentation légale à laquelle il aspire pour contrer les groupuscules violents et ultra minoritaires qui s'en réclament. C'est à cette triple condition que l'on peut désamorcer la machine infernale saharienne dont l'opération ratée dans les confins du désert malien et l'exécution de l'otage français nous ont fait entendre le sinistre tic tac, en cette fin de mois de juillet.
(1) Jean-François Bayart, L'Islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar, Paris, Albin Michel, 2010, chapitre 5 et L'Etat en Afrique. La politique du ventre, Paris, Fayard, 1989 [2006], chapitre 6.


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Ce nouvel article formé d'extraits est vraiment très intéressant et répond à mon avis très justement à la folie guerrière de certains gouvernements occidentaux, multipliant les échecs, désastres potentiels et avérés, et favorisant le développement de groupes armés. L'exemple des talibans, d'Al-Qaida, et de l'Afghanistan ne semble pas atteindre le discernement de ces mêmes gouvernements, il y avait pourtant largement matière à ne pas reproduire cette façon d'attiser le feu. Ou alors, quand bien même une certaine prise de conscience existerait dans les instances dirigeantes militaires, les représentations gouvernementales et diplomatiques, d'autres objectifs prioritaires concernant le contrôle de matières premières, l'implantation de bases militaires, le commerce des armes, ne seraient-ils pas prioritaires ?
A cet égard, ne peut-on pas dire qu'actuellement, à travers la politique étrangère prônée et réalisée par le gouvernement français, Sarkozy tendrait à prendre la place qu'a occupée Blair précédemment aux côtés des guerres et interventions américaines ?
Merci d'indiquer le nom de Roland Marchal et des références pour vos analyses publiées ou republiées.
article ou tout est excellent, bravo
Que c'est net, tout y est.
je me l'imprime pour vous lire et vous relire.
Quel texte !
Après avoir mis à feu et à sang l'Irak, l'Afghanistan et le Paskistan, dans leur lutte contre le terrorisme, les Sahéliens seront les prochaines victimes de cette guerre.Les déclarations guérrières de Sarkozy et son gouvernement vont mettre le feu au poudre et finir d'achever une région qui est déjà trop instable.Le sahel n'a pas besoin de cette guerre car il est durement mis à l'épreuve par les caprices de la nature: famine, sécheresse, sauterelles,......En dénonçant la faiblesse et la faillite des états de l'espace sahélo-saharo pour lutter efficacement contre leur ennemi imaginaire Al quaida, les occidentaux veulent prendre le controle d'une région très riche en matière première (Pétrole, gaz, uranium, or,....) et très convoitée par la chine. Le Sahel serait-il devenu le nouvel espace de l'affrontement écononique est les chinois et les occidentaux par le truchement de la lutte anti-terroristes???
C'est pour trouver des articles comme celui ci ou comme la série sur l'identité biologique que nous nous sommes abonnés à Médiapart. Certes, c'est l'affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy qui a fait connaître votre "journal", et qui a provoqué un afflux d'abonnements. mais c'st la qualité rédactionnelle de vos articles de fond qui fera que les abonnements se renouvelleront. En attendant, merci à l'auteur de cet article: nous attendons maintenant qu'il fasse la liaison enntre ces travaux et ceux de Nakache sur les neuro-sciences.
C'est tout à fait ça ! et c pour ces raisons que j'y suis et que j'y reste !:)
Lisez les 7 Piliers de la Sagesse de Lawrence d'Arabie, et vous comprendrez comment les gouvernements s'immiscent dans certaines régions du monde, des décennies à l'avance, parce que ces régions sont de futurs fournisseurs d'énergies. Le rest e est littérature !!!!
excellent article qui permet de sortir de la doxa géopolitique convenue. Avec ces "trafics", les villes du Sahel reprennent une importance stratégique qu'elles avaient perdu avec l'avènement des comptoirs sous l'impulsion des Européens à partir du 16e siècle.
Il y a hélas fort à parier que ces avertissements ne seront pas entendus. Les peuples ne comptent pas et les voyous -Etats-voyous, mafia, gouvernements corrompus, gouvernements malades, groupes radicaux, entreprises multinationales, marchands d'armes et trafiquants de tout poil- mènent la danse et finissent par s'entendre objectivement entre revers, gains et consolidations. C'est toujours la loi du plus fort, la loi des brutes, des paranoiaques et de tout ceux qui n'aspirent qu'à prendre leur revanche ou à devenir calife à la place du calife. La tragique histoire toujours reproduite d'une triste espèce qui ne s'en sort pas, de sa barbarie. Et dans 30 ans, dans 50 ans, dans 100 ans, combien serons-nous (des milliards bien sur!) à nous déchirer pour conserver ou conquérir "notre part" de ce qui restera de ce pauvre gateau de Terre? Non vraiment, quel blues!:-(
Lumineux. Hélas, les dés sont jetés, l'ennemi monté et désigné.
Article lumineux, mille mercis et mille bravos.
D'un point de vue factuel, l'analyse proposée pose bien le problème de la survenance quasi simultanée de plusieurs sources d'enrichissements possibles sur la base de trafics à organiser et contrôler (drogue, passage de clandestins et djihad rémunérateur car rançonneur). Les états occidentaux dont la France en érigeant certains interdits (drogue) ou limites (visas) sont directement pourvoyeurs des problèmes créés.
Néanmoins, affirmer que la solution résiderait dans le fait "d'apporter une réponse politique" à "l'islam politique" en lui conférant "une représentativité légale à laquelle il aspire", ne règle en rien le problème du choix de l'interlocuteur à reconnaitre. Sur quelles bases ? En fonction de quels critères ?
Depuis quand "l'islam politique" tient-il conférence ?
Qui représentera-t-il et qui excluera-t-il ?
Quid des pouvoirs déjà installés qui seront autant de déçus soucieux d'une revanche ?
C'est le continent tout entier qui fait l'objet d'un horrible marchandage entre les occidentaux et les chinois.
Le prosélytisme musulman animé par les islamistes n'a rien à envier à celui des pentecotistes militants qui investit actuellement l'Afrique.
Chacun prépare ses bataillons mais avant la fureur des crises envisagées, on peut se poser la question suivante : pour quel enjeu ?
@Patrick,
effectivement il est extrêmement difficile de definir un "islam politique" .Il ne peut etre ni celui de l Egypte ni celui de l' Iran en tout cas pas celui de l'Afrique ni dans sa tendance nigeriane ni dans sa tendance malienne ex alégrienne ni dans les confréries sénégalaises.
Mais il existe un extrémisme musulman nourri de trafics et de stupidités proche effectivement des baptistes américains dont l'influence commence a se faire sentir en Afrique, laviolence en moins et ce n'est pas rien .Il ny a pas encore de Born Again du Maghreb qui enlèvent des otages et se promenent armés
Qui fait encore confiance à Hortefeux ?
Dire en baissant les yeux...la menace est réelle...mais la vigilance renforcée...
c'est mettre en œuvre une méthode connue de renforcement du sentiment d'insécurité
chez les citoyens..suivi immédiatement d'un renforcement de la confiance dans le pouvoir en place, comme l'ont fait les hommes de main de BUSH fils, avant la réélection de celui-ci..
Espérons qu'en France, la simplicité de la théorie s'affalera devant la complexité de la pratique !
Je soulignerai, comme tous les autres commentateurs, l'excellence de cette analyse globale.
Je me permettrai cependant de ré-écrire, au bénéfice de mon analyse, l'enchainement des causes et effets.
En faisant par exemple des secousses systémiques, des plans d 'ajustement et de la crise des matières premières agricoles ( soulignons, en passant, que le chef que le pouvoir français vient de nommer à l'AFD -Agence Française de Développement- est celui qui fut le grand maitre de la destruction des filières coton en ruinant des centaines de petites entreprises ) un élargissement des "zones de non-droits" ,ce que vous appelez les interstices, c'est à dire là où le pouvoir de l'Etat se fait ténu voire absent..
Il importe effectivement de comprendre combien et comment l'autorité de l'Etat se dissoud, s'émiette, se fluidifie jusqu'a disparaitre ( école, santé, gendarmerie, infrastructures..) plus on s'éloigne des capitales. Le cas casamancais est à cet égard d'une clarté exemplaire. On pourait dire la même chose aussi d'une grande partie du Mali, de la Guinée, du Niger, de la Mauritanie en ce qui concerne le Sahel mais pointer aussi en zone équatoriale - l'ex-Zaïre- kivu- le Congo-Brazza, la Centrafrique etc..-) Il apparait qu'effectivement de fort larges espaces se créent ainsi, où prolifèrent des groupes dissidents ( cas des Milices Targui-Niger- des combattants de la boucle du Niger-Nigeria- des rebelles casamançais- Sénégal- des dissidents des forêts guinéennes venus de Sierrra Leone,..) mais aussi des groupes mafieux et trafiquants, et les groupes plus ou moins liés au mouvement salafiste.
Que l'intervention française ou franco-américaine ait tendance à fédérer les oppositions, à cimenter Tamacheks et Salafistes par exemple, voire à rapprocher trafiquants, religieux et politiques ne me semble pas évident.
Dans ces vastes territoires "libérés" par l'impéritie des Etats il est "naturel" que les affaires des uns servent les intérêrts des autres, que les groupes en position dominante dans telle ou telle partie du Sahel, monnaient leur pouvoir auprès des trafiquants et/ou des salafistes chacun touillant sa petite tambouille dans son coin.
Ainsi l'intervention française, m'est avis, plus que de jouer avec le feu et d'attiser, en resserrant leurs liens, les conflits risque t -elle d'être surtout quelque chose qui s apparenterait à un baroud d 'honneur ou a quelque chose ayant à voir, comme les français y sont tant habitués, à une gesticulation .
Mais le problème reste entier. La solution viendra et ne pourra venir que de la prise en compte de la cause principale à savoir le desengagement- dissolution de l'Etat et de ce qui le rend possible, les détournements, les relations privilègiées, et le refus des investisseurs à faire traiter sur place les matières premières tant minières qu'agricoles.
Sans ce renforcement des investissements productifs devant conduire à un renforcement de l'Etat et de son rôle, on court effectivement le risque que se perpétuent et s'approfondissent des relations "contre-nature" comme celles qui aujourd'hui semblent se mettre en place au Sénégal entre mourides et pouvoir politique et surtout que sur ces vastes territoires "libérés" circulent tout ce qui appartient aux trafics ; hommes, drogues, armes.
Qui s'en indignera, puisqu'il y va, nous dit-on, de notre sécurité ? Sauf que, à force de crier au loup, l'on risque bien de le faire venir là où il ne frayait pas.
C'est trop subtil pour que le balourd Hortefeux comprenne
Avant de dire qu'Al Qaïda s'implante en Afrique de l'Ouest, les occidentaux ont négligé de relever que la misère y est implantée depuis bien plus longtemps, sans provoquer la même attention de leur part.
La misère favorise le ressentiment et la violence.
Cela ne dérangeait pas la france ni les USA de vendre des armes pour des diamants douteux.
Une étude sur l'action des évangélistes américains en Afrique serait intéressante pour suivre les implatations "d'Al Quaïda".
Existe-t-il un parallèle entre les zones d'action de ces évangélistes et les bassins de gisements de ressources naturelles ?
La Françafrique est également un bon facteur de ressentiment (voir le colonel insulter et menacer les journalistes).
Ils erait intérssant de connaître l'opinion des Africains sur les réseaux occidentaux qui entretnieennt la corruption et la dictature dans leurs pays. L'effet de ces réseaux fait que Al Qaïsda, Mugabe ou Khadafi apparaissent peut être comme la seule alternative pour s'émanciper du mépris et des abus occidentaux.
Tous les occidentaux ne sont pas cyniques comme leurs gouvernements. Michel Germano a payé de sa vie son dévouement pour les conséquences des politiques vendus au profit.
Omar El Kadi, enseignant à l'universit Al Azhar au Caire propose un tafsir du Coran pour les non musulmans . Les Frères muslumans se recrutent beaucoup plus dans les trois universités laïques du Caire où les étudiants ignorant le Coran et se font plus facielement abuser par le discours intégriste.
merci pour ces explications lumineuses , puissent les "décideurs" venir s'en inspirer !
Comment le continent américain et l'Europe pourrait-ils abandonner la façade ouest de l'Afrique,d'où sont parties les origines de nos richesses?Aprés l'importation d'esclaves,il y a bien d'autres sources de profit à faire transiter par cette façade.Pourquoi Mr Bolloré a-t-il autant investi dans ces zones??
Merci à Mediapart d'avoir publié cet article aujourd'hui car il représente un avertissement que nos dirigeants n'ont su prendre au sérieux. Une analyse excellente et comme dit un de nos lecteurs "lumineuse" qui aurait du alerter plus d'un politicien. Bravo M. Bayard pour cet article qui est une leçon d'histoire passée et à venir (l'actualité d'aujourd'hui en est la preuve). Article à diffuser et distribuer à nos amis qui ont encore une conscience politique.
Excellent article, même si je ne partage pas tout sur "l'Islam politique", mais qui de nos gouvernants en tiendra compte?. La France a des africanistes ayant une bonne connaissance du terrain- qui ne sont jamais écoutés, ni même consultés. On leur préfère les spécialistes qui émergent d'un tas d'officines qu'on découvre par hasard. De plus le traitement par les chaines de télévision de cette prise d'otages dans le plus grand cafouillage ne rendra pas une meilleure lisibilité de la situation. Faire monter les enchères au Sahel, c'est doublement dangereux car cette zone comme le dit J-F Bayart est difficilement contrôlable et les différents états le savent bien et la notoriété faite aux ravisseurs leur sera très profitable. Cet espace sahélien n'a jamais été véritalement contrôlé par les pays riverains et on ne peut pas l'assimiler pour des raisons multiples à des zones de non droit comme il en existe en Arique centrale. La lutte contre Aqmi ne doit pas justifier n'importe quoi. Dire que la France est allée aider l'armée nigérienne, c'est méconnaître les fonctionnements de ce type d'intervention. La France a donné son feu vert à l'armée nigérienne au mépris des expériences acquises en matière de prise d'otages. je pense hélas qu'on a pas fini de voir se multiplier les erreurs d'appréciation sur le continent. Grâce à Mediapart, on a des articles comme celui ci des articles de réflexion qui fond du bien au citoyen que nous sommes.
Excellent article, même si je ne partage pas tout sur "l'Islam politique", mais qui de nos gouvernants en tiendra compte?. La France a des africanistes ayant une bonne connaissance du terrain- qui ne sont jamais écoutés, ni même consultés. On leur préfère les spécialistes qui émergent d'un tas d'officines qu'on découvre par hasard. De plus le traitement par les chaines de télévision de cette prise d'otages dans le plus grand cafouillage ne rendra pas une meilleure lisibilité de la situation. Faire monter les enchères au Sahel, c'est doublement dangereux car cette zone comme le dit J-F Bayart est difficilement contrôlable et les différents états le savent bien et la notoriété faite aux ravisseurs leur sera très profitable. Cet espace sahélien n'a jamais été véritalement contrôlé par les pays riverains et on ne peut pas l'assimiler pour des raisons multiples à des zones de non droit comme il en existe en Arique centrale. La lutte contre Aqmi ne doit pas justifier n'importe quoi. Dire que la France est allée aider l'armée nigérienne, c'est méconnaître les fonctionnements de ce type d'intervention. La France a donné son feu vert à l'armée nigérienne au mépris des expériences acquises en matière de prise d'otages. je pense hélas qu'on a pas fini de voir se multiplier les erreurs d'appréciation sur le continent. Grâce à Mediapart, on a des articles comme celui ci des articles de réflexion qui fond du bien au citoyen que nous sommes.
Rassurez-moi, monsieur Bayard, êtes-vous auditionné par nos responsables politiques et par nos élus dans les multiples commissions de l'AN ou du Sénat ?
Article qui apporte un éclairage sur ce qui se passe dans le Sahel, et ses enjeux... On peut aussi s'interroger sur l'"unanimité" gauche-droite concernant cette intervention, avant même de savoir exactement ce qui s'est passé, preuves à l'appui, avant toute analyse balistique... La "vérité" qui nous est servie, schématique, incomplète, manichéenne ("barbares", a martelé Sarkozy) peut-elle satisfaire à ce point les journalistes et les hommes politiques ? Il suffit qu'Alain Juppé, la mâchoire crispée, dise que "les terroristes ont été neutralisés", pour que cette formule magique fasse taire toutes les questions que l'on peut, que l'on doit, légitimement, se poser ? Quelles conséquences éventuelles, aussi, pour les autres otages qui se trouvent au Sahel ? Ou assiste-t-on à un "durcissement" politique voulu, pour démontrer que la France ne se "laisse pas faire" ?
Rarissime et excellente analyse de la situation politico-militaire de cette région.
Bien evidemment , le recours à la force ne réglera jamais rien; ici comme ailleurs. Mais politiquement , c'est "excellent". Le discours matamore de sarkozy ce soir , à la TV après l'assassinat de nos deux compatriotes,en est une parfaite illustration,.
Un peu d'histoire événementielle. Etait-il vraiment nécessaire qu'un chef d'état incompétent ordonne ou cautionne une opération militaire qui allait à coup sûr envoyer à la mort les deux gars du Niger ? Incompétence apparemment doublée, à l'heure actuelle, du désir de passer (refiler serait le mot juste) à d'autres la responsabilité de décisions irresponsables. Cela vaudrait bien une comparution en conseil de guerre.
un acte barbare condamnable, certes, mais ne répond il pas à la barbarie ordinaire du capitalisme. Pendant le discours de notre matamore, combien d'enfants sont morts de faim sans qu'il s'en offusque?
ces deux barbaries sont objectivement complices.
A entendre Juppé hier soir, il n'y a plus qu'une issue pour nos ressortissants au sahel: s'habiller en infirmière bulgare.
Le récent drame au Niger est horrifiant (d’autant plus quand on a des liens avec Linselles) ; quelles destinées pour ces deux jeunes pris au hasard probablement ? Mais il faut savoir voir plus loin. De qui ont-ils été vraiment victimes ? Peut-être uniquement de bandits avec le cache-sexe d’une interprétation erronée de principe religieux. Peut-être des agissements de la « France » non pas «et », mais qui se défend contre les « USA ». Mais peut-être aussi et plus probablement a-t-on à faire à des fanatisés relativement sincères qui pensent participer à un combat plus ou moins qualifiable d’islamique contre le « Grand Satan usaméricain chrétien» et ses acolytes européens qui martyrisent leurs frères musulmans dans divers pays « arabes » ; et en particulier la Palestine et son injustice plus que sexagénaire. Et ce combat, alors que la misère croît et que des pantins sont mis à la tête de gouvernements fantoches, ça fabrique d’excellents terroristes, voire kamikazes. Surtout lorsqu’on leur souligne, ce qui est totalement vrai, que ces drames enrichissent grassement les vendeurs d’armes, de mercenaires et de reconstructions de bâtiments que leurs propres sales armes ont détruites. Et tout ça pour s’enrichir aussi avec le pétrole qui est le véritable objectif international et pas, par exemple, la défense de la femme afghane ou irakienne ou pakistanaise ou la lutte contre la drogue. Sans AREVA et quelques grosses fortunes françaises et autres usaméricainnes ou pas exploitant l’Afrique et les Africains , les jeunes Linsellois, entre autres, seraient probablement en vie. Car, oui, la vraie cause de beaucoup de drames en 2011, comme auparavant, ça ne sera pas, au dernier degré, le fanatisme religieux mis en avant par certains pour cacher la réalité, mais l’appétit d’argent, de pouvoir, voire de sexe, de quelques grosses fortunes occidentales et de quelques banksters soutenant quelques grosses fortunes moyennes-orientales et des dictateurs ou candidats au renversement d’un dictateur qui le deviennent parfois à leur tour.
J'en suis à ma quatrième lecture et je ne suis toujours pas sur d'avoir compris. La lecture des commentaires ne m'aide pas beaucoup tant ils sont contradictoires.
Dans la mesure où des enlèvements ont lieu on a le choix entre trois solutions :
payer la rançon
laisser mourir les otages
tenter de libérer les otages par la force
Faute de répondre sur ce point, l'article ne permet pas de savoir le nom qu'il convient de donner aux ravisseurs (bandits ? mafieux ? islamistes ? trafiquants ?) ; apparemment c'est un peu tout celà de sorte que l'article produit plus de confusion que d'éclaircissement sur ce point ; la palme étant pour le "apporter des réponses politiques à l'islam politique en lui accordant la représentation légale à laquelle il aspire" qui demande au moins quelques explications et, en patriculier dans quels lieux ce réponses doivent être apportées ?
Pour les otages, il y a une solution que vous semblez oublier: la négociation. La manière dont les deux otages français ont été considérés par les autorités françaises montre bien qu'on est dans une sorte de guerre antiterroriste, il semblerait qu'elles aient tenu plus compte de la mort des ravisseurs que de la vie des otages. Les familles des victimes viennent d'être frappées par une étrange raison d'Etat qui continue à fabriquer ses ennemis. Les Français du Niger ou des pays limitrophes doivent se dire: si cela m'arrive, ma vie ne vaudra pas cher. C'est affligeant et paradoxal de la part d'un pays qui considère toujours ses émigrés comme des expatriés: apparemment, dans ces cas-là, la patrie considère ces pertes humaines comme les dommages collatéraux d'une guerre, on les sacrifie. Bravo pour l'article, excellent, complexe, dense.
Je n'ai pas oublié : ce que vous appelez une négociation se limite à marchander le montant de la rançon.
Pour le reste je continue de trouver l'article confus et/ou ambigu.
L' exécution des deux ressortissants français à Niamey récemment relance le débat de savoir ce qui se passe au Niger, de comprendre qui sont ces "rebelles " et assassins ; des fanatiques, des mafieux, des autonomes, des affidés, nul ne le sait vraiment .
La première observation que l'on peut faire est que les nouvelles autorités de Niamey semble vouloir collaborer avec les autorités françaises. Cela c' 'était déja vu lors des enlèvements des travailleurs d' Areva où le nouveau pouvoir et contrairement à Tandja avait permis aux autorités françaises de sécurité d'effectuer un travail qui n'avait pu etre fait auparavant.
Car le desert est comme la mer ; il est impossible d 'y circuler sans necessairement avoir à se ravitailler en eau et en essence dans un des rares "ports" où il est impossible d 'échapper aux regards et aux oreilles; chacun vous dira que rien ne bouge dans un desert grand comme six fois la France sans qu'aussitôt tout le monde le sache.
Il faut prendre en compte aussi la politique de l'ex président, politique opposée aux revendications touaregs, qui a poussé ces derniers dans les bras des trafiquants et des fanatisés du Nord.
Faut-il voir dans cet attentat une tentative de reprendre la main alors que less tribus semblent vouloir bénéficier de la politique de la main tendue du nouveau Président ? La France et Areva ( qui avait du licencier son Chef de la Sécurité sous la pression de Tandja) appuie t il cette politique? Areva est elle prête à repenser les termes de son exploitation et des concesssions qui lui ont été attibuées allant dans le sens d'" un plus grand respect de ses travailleurs et de l'environnement,?
Je ne le répéterai jamais assez le développement des zones de non droits est directement lié aux politiques du travail des firmes exploitantes et aux politiques locales de corruption des élites gouvernantes.
La solution viendra de là et des soutiens que recevront les forces touaregs dont il convient de comprendre qu'elles sont prêtes à se vendre au plus offrant si elles n'obtiennent pas reconnaissance de leurs droits<;
***En dramatisant le danger de la lutte armée islamiste dans le Sahel, pour le moment très circonscrite, Américains et Français prennent le risque de cimenter la relation marchande et l'alliance conjoncturelle entre les groupes algériens qu'Al-Qaida a « franchisés » et les Touarègues, sous la bannière d'une idéologie commune. ***
Excellent article, où j'ai compris que là encore, les imbrications souterraines et inavouables de bien des acteurs ne risquent pas de permettre un dénouement favorable à moins d'un miracle.
Les solutions qui règleraient, même en partie, une situation corrompue sont rarement, sinon jamais appliquées.
Les rapports de l'enlèvement m'ont immédiatement fait penser que les victimes françaises avaient été tuées dans la fusillade et pas du tout exécutées par les "terroristes". Juppé et Sarko ont été très prompts (trop) à dire qu'on les avaient trouvés après, et trop sûrs d'eux pour répéter leur leitmotiv habituel : "je persiste et je signe".
Tout a été très vite, les militaires avaient des ordres et si les balles leur appartiennent ils ne vont pas se gêner pour falsifier les indices.
Passé le moment d'émotion, des avocats vont se pencher sur cette affaire.
MERCI pour cet article de fond, étayé, éclairant, exigeant ; du journalisme engagé. Il rend honteuses les fictions sommaires que nous servent radio-télé-quotidiens confondus, quelle misère, quelle désinformation !...
Sans une telle analyse du temps long de l'histoire coloniale et post-coloniale, les rapports de force actuels au Sahel sont incompréhensibles. Merci de nous en offrir une, au plus vite et de même envergure, sur l'Afghanistan !
Quant à ce récent épisode et son dénouement, on attend vraiment autre chose que le storytelling officiel... La version selon laquelle l'exécution des otages a précédé et justifié l'opération, c'est de l'enfumage.
En réalité, l'assassinat de M. Germaneau, les otages d'AREVA - sans compter l'impasse pour Géquières et Taponnier en Afghanistan, ça commence à faire beaucoup.... La campagne sécuritaire sur les risques d'attentats en territoire français laisse l'opinion dubitative; en revanche, ces prises d'otages français réitérées ont de quoi l'inquiéter, et mettre sérieusement en faillite le discours matamore : alors il fallait faire un coup d'éclat, déclencher une opération "énergique"pour corriger le mauvais effet...
Il est à craindre que la mort des deux otages de Niamey soit un dégât collatéral consenti, que ceux-ci soient les sacrifiés d'une chasse aux "terroristes islamistes" un peu spectaculaire, à visée de politique intérieure : la campagne de Sarko est bien commencée, n'est-ce pas ? La question du "terrorisme" y sera traitée à ce niveau-là, hélas...
Chirac nous rendait les otages du Liban au bon moment. Sarko ramène tantôt les infirmières bulgares (à quel prix, cela sera-t-il établi ?) , tantôt il fait canarder comme dans les films américains (le prix politique, il faudra l'établir aussi). Zorro ou Rambo, c'est tout bon pour l'image.
Et celle de Carla tapotant du mignon Kleenex le front en sueur de Chouchou ? Pas mal non plus.
Il n'y a pas forcement de complot Sarkozyste, juste une situation dont on a mal évalué les couts
http://www.mediapart.fr/club/blog/acnm/210910/prix-appele-monter-lelectricite