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The Museum of Everything (à ne rater sous aucun prétexte)

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Pas osé prendre la photo clandestine, des panneaux indiquant 1000 € d'amende en cas de désobéissance. C'est évidemment une bonne blague. Les artistes exposés dans cette ancienne école vouée à la démolition se fichaient bien des us et coutumes, lorsqu'ils n'en étaient pas les victimes. Autodidactes, visionnaires, atypiques. L'humour anglais s'affiche dès la cour, avant de grimper vers la folie que représente The Museum of Everything. C'est la plus belle exposition visitée depuis des mois. Je me souviens de la surprise de celle consacrée à Jean-Michel Basquiat, mais ici il y en a des dizaines à découvrir sur trois niveaux. C'est le seul musée ambulant au monde à présenter les œuvres d’artistes non découverts, involontaires et spontanés des 19e, 20e et 21e siècles, des artistes pour qui il n'est d'autre question que l'urgence. L'art brut. Comme pour les films à suspense je préfère ne rien révéler de l'intrigue. C'est hallucinant. Peintures, photographies, sculptures, installations répondent à des situations extrêmes, des histoires à dormir debout, des scènes terribles de la vie quotidienne qu'il a fallu conjurer, avec les moyens du bord.

La présentation est aussi remarquable que les 500 œuvres. L'adéquation est parfaite entre l'expo et son support. Un modèle de scénographie muséographique. Esprits et fantômes hantent littéralement les lieux. Les planchers craquent. Les fresques des écoliers se mêlent aux élucubrations des artistes qui marchent sur la tête. Exhibition #1.1, une partie seulement de l'entreprise colossale, est si bien pensé par James Brett, qui réfute le titre de collectionneur, que l'on en reste coi devant les objets dérivés de la boutique. Leurs prix ne réfléchissent plus celui, modeste, de l'entrée : 5€ - 2,5 pour les étudiants - 0 pour les enfants. Et par dessus le marché les gardiens sont bénévoles ! Cough, cough ! Jusqu'au site Internet concocté aux petits oignons. Alors pour la photo j'attendrai la réédition imminente de l'épais catalogue, épuisé, très beau et donc très cher. Modèle économique géré par La Chalet Society, modèle de communication, modèle de médiation culturelle, modèle d'exposition, cela tranche avec les tableaux et les sculptures qui ne peuvent en être, des modèles. La personnalité de chaque artiste est unique, éclatante, bouleversante.

S'il est une exposition à voir à Paris cet hiver, vous n'avez plus le choix. Elle devait être terminée, mais son succès la prolonge jusqu'au 24 février. C'est ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h, les vendredi et samedi jusqu’à 20h, et pendant Noël et le Nouvel An. Sa situation géographique est tout à fait improbable : 14 boulevard Raspail à Paris, à l'embranchement avec le boulevard St Germain. L'immeuble fait tâche avec le quartier devenu bourgeois jusqu'à l'écœurement.

Tous les commentaires

24/12/2012, 01:44 | Par Liliane Baie

Merci ! Cela donne envie...

24/12/2012, 08:23 | Par françois périgny

Soif, envie, désirs de nouveau : l'improbable, l'impossible, l'inouï, les traces (tracks) des invisibles (des non-vus dans le "mainstream", dans le courant "dominant", dans l'académisme du "non-conformisme" (le libéralisme de monsieur Frick  (cfre le billet de G. Didi-Huberman).

   Des hangars, oui, des friches, des banlieues, des chemins de traverse. L'art avant qu'il soit acheté. Explorations, aventures. Et surgissements (surrections, insurrections ; événements, avènements).

24/12/2012, 18:01 | Par Rabourgris

Pour ceux qui n'ont pas la chance d'être à Paris, une adresse dans le Sud, le MIAM à Sète:

http://www.miam.org/ancien%20site/accueil.html

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