Lorsque j’étais enfant et habitant en région parisienne, Lyon avait la réputation d’être un pays envahi par le brouillard pendant une longue partie de l’année.
Je suis venu m’installer en région lyonnaise, il y a trente cinq ans … et je fus surpris de ne pas y trouver tellement plus de brouillards … voire moins, qu’en région parisienne.
Que s’était-il donc passé ?
Etions-nous, à Paris, victimes d’une de ces intoxications purement médiatiques qui faisaient à Lyon et son climat une réputation imméritée ?
Les Parisiens, effectivement souvent plongés dans le brouillard, avaient-ils éprouvé le besoin de limiter le charme de la ville de Lyon, celle qu’on appela « la capitale de la province », en la supposant plongée comme Paris dans le coton matinal pendant de longues semaines ? A ce sujet, je me souviens d’avoir, il y a cinquante ans, parcouru vingt kilomètres entre Saint Germain-en-Laye et Versailles, en roulant au pas au volant de ma 4CV avec la porte avant droite ouverte, pour pouvoir suivre du regard le bord du trottoir que le brouillard empêchait de voir au travers du pare-brise !
Si je vous parle de cela aujourd’hui, c’est qu’effectivement Lyon et sa région sont nettement moins envahis de brouillard que cinquante ans plus tôt.
L’origine en est une énergique politique d’assainissement supprimant les zones d’eau stagnante ou au moins de terrains mal drainés qui entouraient la ville de Lyon. Et ceci fut entrepris par cette nouvelle structure créée en 1966, qui s’appela la Communauté Urbaine de Lyon … dont l’une des premières compétences fut l’assainissement.
Nous sommes presque cinquante ans plus tard. Aucun esprit raisonnable ne conteste la nécessité d’organiser de façon concertée la vie de ces grands ensembles urbains où, avec le mouvement de désertification des campagnes, est venue se concentrer plus de cinquante pour cent de la population française.
J’ai abordé un aspect de cette évolution de la répartition spatiale de la population dans mes billets du 19, du 22 et du 23 janvier, en m’interrogeant sur ce que voulait dire « la démocratie » à ces différentes échelles et la meilleure façon de les articuler.
Hier soir, dans le cadre du Conseil de Développement du Grand Lyon, eut lieu une séance intéressante par le lancement de deux réflexions attendues par le Grand Lyon sur ce que va devoir être le nouveau Conseil de Développement à constituer après les municipales et comment faire adhérer les habitants du Grand Lyon à la « Métropole de Lyon » qui va regrouper les rôles de la Communauté Urbaine et du Conseil Général sur ce territoire où résident un million et trois cent mille habitants.
Rendre démocratique un ensemble aussi vaste … n’est-ce pas un défi plus important que réduire les brouillards lyonnais ?
Ce qui est sûr, c’est que pour le citoyen moyen de cette agglomération, la façon dont cet ensemble est géré n’émerge absolument pas de son brouillard administratif qui semble mystérieux … voire suspect.
Dans ce cadre, encore, cela ne passe-t-il pas par de gros travaux d’assainissement ?
En tout cas il me semble indispensable de ne pas reculer devant les travaux de drainage à entreprendre et de faire une chasse impitoyable aux eaux dormantes. J’en reparlerai sûrement de temps en temps.
Jean-Paul Bourgès 18 février 2014