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27
Nov

MEDIAPART

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Le procès baclé du film "Les nouveaux chiens de garde".

Où comment, l'arroseur se fait arroser mais comme on sait qu'il ne l'a pas fait exprès et puis qu'on l'aime bien.....

On ne lui en voudra pas car reproduire à l'interne ce que dénonce le potentiel contradicteur ne peut être que le fruit d'un lapsus mental qui exonère son auteur de devoir prouver sa bonne foi, devenant pour le coup, évidente!!

La suite est une critique de la critique de l'article de Laurent Mauduit sur le film ,"Les nouveaux chiens de garde" et de la mise en évidence en bonne place d'un commentaire de Philippe Corcuff, élevé au rang quasi-nobiliaire de "Commentaire recommandé par Médiapart".......ah ces bolchéviques du Front de Gauche et leur retournement sans fin des négations des négations.J'ai repris pour ce qui suit la trace écrite de mon commentaire dans le fil de discussion avec quelques retouches:

 

Très drôle.........il y a les commentaires recommandés par les lecteurs et puis voici la catégorie "Commentaires recommandés par Médiapart", venant à part et en bonne place. Il est savoureux de constater que sur ce coup là, Médiapart reproduit à son échelle ce qui est dénoncé dans le film. Philippe Corcuff endosse, à son corps défendant, le costume de l'analyste, politologue venant rappeler la "bonne ligne "médiapartienne. Il est ici le spécialiste dont on ressort l'avis d'expert et après lequel les aboyeurs pénibles du Front de Gauche et d'autres n'ont plus qu'à aller se mirer dans le miroir et mesurer la violence du vermillon leur montant aux joues, mesurant soudain l'immensité de la montagne d'ignorance sous laquelle ils s'ébrouent difficilement.

 

Le film est clairement une création marxiste voulant montrer au final que les "vedettes journalistes et leurs spécialistes au dessus de tout soupçon" ne sont que le fruit d'un rapport de production au service de la classe dominante, la bourgeoisie. Il n'en reste pas moins vrai que plusieurs moments investigateurs donnent des éléments objectifs sur lesquels il serait bon de "gratter" si on trouve que les auteurs de ce film ont fait preuve de trop de rusticité:

 

"Existe-t-il vraiment des sociétés vendant des ménages de journalistes, dont les prix et performances notées par les entreprises privées figurent sur des fichiers pdf ?".......si des marxistes traitent cela trop lourdement, que d'autres fassent mieux et plus finement!!

 

"Existe-t-il vraiment des rendez-vous tous les derniers mercredi du mois dans un lieu des beaux-quartiers de Paris nommé "Le Siècle" où les grands décideurs financiers et politiques se retrouvent pour échanger leur appréciation de la situation ? Est-il vrai que les vedettes médiatiques participent à ces réunions ? Quel est leur rôle dans ces réunions ?"........si des marxistes traitent cela trop lourdement, que d'autres fassent mieux et plus finement!!

 

"Est-ce une réalité que les spécialistes appelés à grand renfort sur les plateaux-télé pour défendre le modèle libéral et présentés comme des sommités intellectuelles bardées de diplômes universitaires occupent une grande partie de leur temps et de leur intelligence à faire tourner le dit système par leur présence dans de nombreux CA en qualités d'administrateurs ? ......si des marxistes traitent cela trop lourdement que d'autres fassent mieux et plus finement!!

 

Bref, il y a de quoi s'occuper. Et si cela peut me rendre meilleur, je dirai moi aussi comme Philippe Corcuff....

 

Merci à Laurent Mauduit d'avoir introduit de la distance critique vis-à-vis de tels penchants régressifs, si actifs dans les commentaires de mediapartiens!

 

 

Tous les commentaires

31/01/2012, 14:13 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX

PS: Sachez tout de même que j'apprécie "Médiapart" en général et les deux auteurs que je critique en particulier.

31/01/2012, 14:51 | Par Fantie B.

En accord avec l'esprit de votre billet.

Une analyse "fine" des medias est certainement nécessaire. Mediapart peut-il y participer sans s'interroger sur les positions de ses acteurs dans le système médiatique, passé et présent (capitaux symboliques et sociaux, actionnaires,  réseaux...)

cf commentaire ici sur le fil du billet de Laurent Mauduit.

31/01/2012, 17:09 | Par 403

En intervenant hier soir, comme beaucoup d'autres pour solliciter un débat entre les 'belligérants' sans susciter pour autant de réactions, j'ai été heurtée ce matin par la sélection des sélectionnés, forme d'épigraphe qui en sonne en quelque sorte le glas.

Médiapart m'apporte beaucoup, je lis régulièrement le Monde Diplomatique et j'en conclus que ces outils doivent nous servir à aiguiser notre esprit critique même si c'est parfois à leur détriment.

'Les nouveaux chiens de garde' est un film d'utilité publique, L Mauduit l'a reconnu comme tel, cet un acte militant qui peut toucher un grand nombre de personnes, c'est l'essentiel!

Tant pis pour les vieilles querelles d'ego ou idéologiques dont personne n'est dupe, relisons Nizan et Bourdieu qui ont su en leur temps agiter le microcosme, notre vigilance critique fera le reste.

31/01/2012, 17:34 | Par Fantie B.

Pour les nuances ou critiques à apporter au film, par rapport à la place qu'il fait aux medias qui ne sont pas dans le moule dominant, qui sont eux-mêmes critiques (dont Mediapart, asi etc.) on peut lire le commentaire/analyse de Roger Evano :

les-nouveaux-chiens-de-garde-degats-collateraux

31/01/2012, 17:56 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 17:34

Je viens de lire ce billet et c'est bien tourné mais encore une fois , pour la critique de ce documentaire qui est critiquable, faisons en la critique sur les 3 points saillants qu'il développe et qui forment la trame de cette création, soit:

- les sociétés privées vendant les "ménages" de journalistes.

- la réunion mensuelle des puissants de ce pays où les vedettes médiatiques figurent en bonne place.

- le silence sur le pedigree "privé" des "spécialistes" pérorant à longueur d'antenne sur la nécessité de la réforme.

Prenons ces trois points, analysons ce qui est outrancier et déplacé dans le film pour élaborer une critique "réelle". Moi, j'ai découvert un peu tout cela dimanche soir au cinéma de St-Junien en Haute-Vienne, sauf le point 3 et encore, je ne pensais pas qu'on en était rendu là.

31/01/2012, 18:04 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Jean-Philippe VEYTIZOUX le 31/01/2012 à 17:56

D'accord sur l'importance de vos trois points.

Ce qu'il y a c'est que j'en connais au moins deux, ce qui est surtout dû à ma lecture régulière du Canard depuis très longtemps ainsi qu'à l'écoute occasionnelle de Là bas si j'y suis.

Celui qui m'intrigue c'est le second :
"- la réunion mensuelle des puissants de ce pays où les vedettes médiatiques figurent en bonne place."

Des commentateurs y font régulièrement allusion sur Mediapart.

Je voudrais en savoir plus.

Comment ?

Il ne suffit pas de dire que des personnes mangent ensemble. Quel sens donnent-elles à ces rencontres ? Peut-on dire qu'il en sort des actions concrètes ?

Si le film a mené une véritable enquête journalistique sur ce point, il m'intéresserait.

31/01/2012, 18:20 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 18:04

Entièrement d'accord avec vous . Il faut creuser la chose, enquêter etc etc.... On a le droit d'avoir des amitiés dans tous les milieux.

31/01/2012, 18:39 | Par Emmanuel Esliard en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 18:04

Il me semble que l'on donne trop d'importance aux dîners du "Siècle". Le principal reproche que je fais à ce club, c'est son élitisme qui tend à produire un réseau d'influence basé uniquement sur ce critère, pour en faire partie il faut compter dans la société médiatique et être adoubé par les deux tiers du conseil d'administration. On crée ainsi une sorte d'aristocratie politique, journalistique, patronale, syndicale qui ne peut que donner des signes de conservatisme, et l'état de soumission et de connivence de la plupart des personnalités des médias ne peut qu'aggraver la situation. Mais "Le Siècle" n'en est pas responsable , il en est un symptôme. Il ne prend évidemment pas de décisions pratiques.

 

31/01/2012, 18:45 | Par dianne en réponse au commentaire de Emmanuel Esliard le 31/01/2012 à 18:39

" Il ne prend évidemment pas de décisions pratiques."

Les actes des "rendez-vous" ne sont bien évidemment pas publiés, il n'y a pas de CR ni de relevé de décisions, mais il est évident que les uns ne sont pas trop cruels aux autres et réciproquement, lorsque des arbitrages, les mettant en cause ou en phase, sont nécessaires...

31/01/2012, 19:06 | Par Emmanuel Esliard en réponse au commentaire de dianne le 31/01/2012 à 18:45

Ce sont des dîners, donc relativement informels, mais avec des thèmes de discussion, cela permet à des personnes qui n'en auraient pas forcément l'occasion de se parler. Avec aussi, j'en suis persuadé des prises de rendez-vous plus formels, comme je l'ai dit c'est un club d'influence, et à mon humble avis les journalistes n'ont rien à y faire, ou alors c'est qu'ils sont pétris de connivence, c'est comme s'ils participaient à un conseil des ministres en donnant leur avis, c'est un mélange des genres plus que dommageable pour la profession et notre information, parce que s'ils font mention d'une prise de position d'un des convives, d'une manière ou d'une autre, ils se condamnent et ne seront plus invités, ils doivent donc cacher ce qu'ils peuvent apprendre ! C'est anti-déontologique !

 

 

31/01/2012, 20:29 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de Emmanuel Esliard le 31/01/2012 à 19:06

Emmanuel, ta dernière phrase dit tout!!!

31/01/2012, 19:05 | Par hasbeen en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 18:04

Nous allons passer du Fouquet's au Crillon Fantie B.

Une coupette ?

,°)

31/01/2012, 19:13 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de hasbeen le 31/01/2012 à 19:05

sans façons :o)

31/01/2012, 18:12 | Par dianne

Pour moi aussi, Médiapart est TRES important. Mais voici ma réponse à M. Mauduit

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"si peu de finesses, avec si peu de nuances," donc. C'est ce que vous pensez du documentaire M. Mauduit.

En réponse, juste une question : comment nuancer finement face à un processus aussi manifestement scélérat ?

Si vous estimez que le film ne lance que médiocrement le débat, il conviendrait que Médiapart s'y colle. Mais il faudrait sans doute déjà nous expliquer pourquoi on y a fait  si ouvertement campagne pour M. Hollande lors des primaires (Ah le fameux article de dernière heure, juste avant LE vote, lui demandant des "éclaircissements" !). A mes questions on a répondu : "c'est justifié par les sondages". Voilà. Tout en finesse et en nuances.

31/01/2012, 20:49 | Par 403 en réponse au commentaire de dianne le 31/01/2012 à 18:12

Il me semble que vous soulevez un point qui va au de-là de la déontologie dont se parent les journalistes les mieux intentionnés.

Si le film met au jour les grosses ficelles, les filigranes qui tissent les articles d'opinion sont plus difficilement détectables.Je suis sceptique sur l'objectivité en général car nous sommes tous avant tout, faits de chair et d'histoires qui nous lient au verbe. Des mots, nous lisons ce que nous voulons et ce que nous pouvons , sources de contresens forcément malencontreux mais parfois souhaités.

L'idéal serait que chacun annonce la couleur.

31/01/2012, 18:55 | Par Emmanuel Esliard

En accord avec ce qui est dit, Mediapart n'a pas toujours des leçons de déontologie à donner à tout le monde, il y a parfois de la connivence dans l'air, surtout si certains se sentent égratignés ! Et là, comme par hasard on donne du corps à une impression qui a tout de même un gros fond de réalité : les élites se serrent les coudes et ne supportent pas qu'on leur fasse sentir leur caca, surtout s'il est nerveux !

 

Sur Mediapart, nous savons très bien que les journalistes dans leur grande majorité déplorent et condamnent la situation actuelle des médias dominants en France, mais le problème c'est que pour des raisons diverses cela ne débouchent sur pas grand-chose ! Alors, faut-il attendre trente ans ?

 

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