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La révolution mondiale a (peut-être) commencé en 2011

 

 

 

Manifestation d' «Occupy Wall Street », à New York.Manifestation d' «Occupy Wall Street », à New York.

« Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours ».

 

David Graeber, avec les Indignés à New York.David Graeber, avec les Indignés à New York.

 

David Graeber, 50 ans, qui bénéficie d'une renommée comparable outre Atlantique où il est reconnu comme « le meilleur théoricien anthropologique de sa génération », est encore quasi inconnu des Français. Auteur de plusieurs livres originaux de réflexion sur l'actualité de l'anarchisme, il a contribué au numéro spécial du magazine Adbusters(connu notamment pour avoir lancé l'appel d' « Occupy Wall Street »), de janvier 2012, « The Big Ideas of 2012 », avec un article (version originale, en anglais, ICI) où il s'interroge sur les suites possibles des révolutions et des rébellions dans le monde, en 2011.

 

 

 

Situating Occupy

LESSONS FROM THE REVOLUTIONNARY PAST

 

« Sommes-nous en présence

d'un changement fondamental, comme en 1789,

et pas seulement à une mutation des pouvoirs en place ?

Il est impossible de le dire,

mais il y a des raisons d'être optimiste. »

 

La Révolution française aurait pu se cantonner à un seul pays, mais elle a rapidement transformé en profondeur tout l'occident. En seulement vingt ans, ses idées, auparavant considérées comme de folles utopies (que le changement social pouvait être vertueux, que les gouvernements devaient gérer le changement social, qu'ils tenaient leur légitimité du peuple), ont pris corps.

 

1848 à Berlin. « En 1848, les révolutions ont éclaté simultanément dans cinquante pays différents, de la Vallachie au Brésil. »1848 à Berlin. « En 1848, les révolutions ont éclaté simultanément dans cinquante pays différents, de la Vallachie au Brésil. »

 Et si les révolutionnaires n'ont nulle part réussi à prendre le pouvoir, les institutions inspirées de la Révolution française se sont ensuite partout imposées.

Le même processus s'est déroulé au XXe siècle. Certes, les révolutionnaires ont pris le pouvoir en 1917 en Russie, mais ce que Wallerstein a appelé la « révolution mondiale de 1968 » ressemblait plus à celle de 1848 : de la Chine à la Tchécoslovaquie, de la France au Mexique, nulle part les révolutionnaires n'ont pris le pouvoir, mais partout « 68 » a commencé à transformer l'idée même de révolution.

Lénine... « 1968 n'a pas consolidé la révolution russe, il a été le premier pas significatif dans la direction opposée. »Lénine... « 1968 n'a pas consolidé la révolution russe, il a été le premier pas significatif dans la direction opposée. »

 D'une certaine manière, la séquence du XXe siècle était très différente de celle du XIXe. La révolution bolchévique a représenté l'apothéose finale de l'idéal jacobin de transformation de la société par en haut. L'esprit de la révolution mondiale de 1968 a été plus anarchiste.

Un étrange paradoxe, puisque, à la fin des années 60, l'anarchisme avait pratiquement disparu comme mouvement social de masse. Pourtant son esprit a tout envahi : la révolte contre le conformisme bureaucratique, le rejet de la politique partidaire, le dévouement à la création d'une nouvelle culture libératrice permettant une véritable auto-réalisation des individus.

Manif de féministes Noires en 1970. « Le féminisme moderne, principal héritage de 1968. »Manif de féministes Noires en 1970. « Le féminisme moderne, principal héritage de 1968. »

 L'héritage le plus durable de « 68 » est le féminisme moderne. Les impératifs et les sensibilités du féminisme radical — la conscience anti-hiérarchique, la volonté de substituer le débat et le consensus aux rapports de force traditionnels, la remise en cause de toutes les inégalités... — se sont introduits en profondeur dans nos existences quotidiennes. Ainsi l'anarchisme, comme mouvement social, renaît-il à nouveau de ses cendres.

1989, place Tienanmen... « C'est l'esprit de rébellion des années 60 qui a inspiré les soulèvements contre le “socialisme”. »1989, place Tienanmen... « C'est l'esprit de rébellion des années 60 qui a inspiré les soulèvements contre le “socialisme”. »

 Ces dernières années ont vu surgir une série de petits « 68 ». , qui ont débuté place Tienanmen pour aboutir à l'effondrement de l'Union soviétique, esprit de rébellion détourné ensuite par le capitalisme néolibéral. Ensuite, à partir de la révolution zapatiste qui débuta en 1994, ce fut l'émergence de l'alter mondialisme fondé sur la décentralisation et la démocratie directe. La perspective d'avoir à faire face à un véritable mouvement mondial et démocratique a suscité la peur des autorités américaines. Au point que celles-ci ont eu recours à leur antidote classique : la guerre, sur une échelle la plus grande possible.

 Et là, le gouvernement américain a bénéficié de l'avantage extraordinaire d'un prétexte : le terrorisme des droites islamiques, aussi sauvagement ambitieux qu'hétéroclite. Plutôt que de traiter le problème à sa source, le gouvernement américain a préféré dépenser des milliards de dollars en dépenses militaires, en pure perte. Dix ans plus tard, l'impérialisme, à son paroxysme, semble avoir sapé les fondements même de l'empire américain. Nous assistons aujourd'hui à son effondrement.

Les Indignés en Israël, aussi... « La vague de rébellion a explosé partout. »Les Indignés en Israël, aussi... « La vague de rébellion a explosé partout. »

Rien que de très logique : en grande partie, de la même façon que les révoltes qui ont abattu le pouvoir soviétique ont débuté dans des pays comme la Pologne ou la Tchécoslovaquie, la vague de rébellion contemporaine s'est répandue à travers la Méditerranée, d'Afrique du Nord au sud de l'Europe, puis, beaucoup plus hésitante au début, à travers l'Atlantique, à New York... Et, en quelques semaines, elle a explosé partout.

À ce stade, il est extrêmement difficile de dire sur quoi cela va déboucher. Après tout, la caractéristique des évènements véritablement historiques est d'avoir échappée à toute prédiction. Sommes-nous en présence d'un changement fondamental, comme en 1789, et pas seulement à une mutation des pouvoirs en place ? Il est impossible de le dire, mais il y a des raisons d'être optimiste.

 Permettez-moi de conclure en citant trois de ces raisons.

Le manifestant « personnage de l'anneé » pour Time Magazine. « La révolution de 2011 s'est propagée vers le centre impérial. »Le manifestant « personnage de l'anneé » pour Time Magazine. « La révolution de 2011 s'est propagée vers le centre impérial. »

 • Premièrement, aucune des révolutions mondiales précédentes n'a eu lieu au centre du système. La Grande-Bretagne, la principale puissance impériale du XIXe siècle, a été à peine touchée par les soulèvements de 1789 et 1848. De la même manière, les États-Unis sont resté largement à l'abri des grands moments révolutionnaires du XXe siècle. Fait sans précédent, la révolution de 2011, elle, s'est propagée vers le centre impérial lui-même, les États-Unis.

 • Cette fois-ci, l'élite au pouvoir ne peut pas commencer une guerre. Ils ont déjà essayé, mais ils n'ont pas les cartes en mains pour y parvenir. Et cela fait toute la différence.

« L'image de mecs blancs, d'âge moyen, en costume... peut-être l'image la plus spectaculaire d'“Occupy”. »« L'image de mecs blancs, d'âge moyen, en costume... peut-être l'image la plus spectaculaire d'“Occupy”. »

Enfin, la propagation des sensibilités anarchistes et féministes a ouvert la possibilité d'une véritable transformation culturelle. Car telle est la grande question : peut-on créer une culture véritablement démocratique ? Peut-on changer nos conceptions fondamentales de la politique ? Pour moi, l'image de mecs blancs, d'âge moyen, en costume, dans des endroits comme Denver ou Minneapolis, apprenant patiemment les rudiments de la démocratie directe avec des prêtresses païennes ou des militants Noirs et anarchistes, est peut-être l'image la plus spectaculaire du mouvement « Occupy ».

New York, automne 2011...New York, automne 2011...

 Bien sûr, tout cela est peut-être la première étape d'un nouveau cycle de récupérations et de défaites. Mais si nous assistions à un autre 1789, un moment où nos conceptions de base de la politique, de l'économie, de la société, sont sur le point de se transformer, c'est précisément ainsi que tout commencerait.

 DAVID GRAEBER

 

 

Tous les commentaires

06/01/2012, 00:54 | Par pol

Et bien si nous voulons nous faire un peu d'argent, il faut parier sur l'événement! Enfin si je dis cela c'est bien pour faire de l'humour.

06/01/2012, 13:25 | Par Jean-Pierre Anselme en réponse au commentaire de pol le 06/01/2012 à 00:54

Et l'humour est libertaire... Merci.

 

06/01/2012, 07:07 | Par AA Bradley

Les Trente Glorieuses sont la preuve qu'un monde prospère et paisible pour tous n'est pas une utopie. L'avènement de cette période et son maintien pendant une trentaine d'années ont été rendus possibles, essentiellement, par la volonté politique d'un homme. La fin de cette période et la situation actuelle, nous les devons à une oligarchie qui n'a jamais cessé de vouloir reprendre les pleins pouvoirs. Tout ce qui se passe depuis une trentaine d'années doit nous porter à croire que tout cela a été parfaitement organisé et planifié de longue date. Et que les pouvoirs politiques de la plupart des pays européens sont complices et partie prenante dans ce processus. Je ne crois pas que le capitalisme soit en train de s'effondrer mais qu'il est en train d'atteindre son but. Tous ceux qui prétendent le contraire se trompent ou font semblant de se tromper.

06/01/2012, 13:14 | Par prevalli en réponse au commentaire de AA Bradley le 06/01/2012 à 07:07

peut être que oui mais aprés avoir atteint le but, le seul qui reste est de s'y maintenir, et dans l'histoire se maintenir n'est pas une mince affaire.

Tout passe, tout est imprévisible. Seulement lorsqu'arrive le changement il faut savoir en être acteur.

06/01/2012, 13:59 | Par Jean-Pierre Anselme en réponse au commentaire de prevalli le 06/01/2012 à 13:14

« Lorsqu'arrive le changement il faut savoir en être acteur. »

Certes, et on peut peut-être aussi être acteur du changement...

06/01/2012, 13:57 | Par Jean-Pierre Anselme en réponse au commentaire de AA Bradley le 06/01/2012 à 07:07

À ADRIEN LABAYRADE

 

Vous répondre est difficile car vous touchez à de nombreuses questions qui nécessiteraient chacune de longs développements. Permettez-moi d'esquisser des réponses sur trois points :

 

« L'avènement (des Trente glorieuses)... ont été rendus possibles, essentiellement, par la volonté politique d'un seul homme. »

Quel est cet homme providentiel que vous évoquez sans le nommer ? Plutôt que d'expliquer l'histoire par la volonté d'un homme, je préfère la démarche de David Graeber qui essaye de comprendre celle-ci (avec prudence, vous l'aurez noté) à travers les grands mouvements sociaux et politiques.

 

« Tout ce qui se passe depuis une trentaine d'années doit nous porter à croire que tout cela a été parfaitement organisé et planifié de longue date... »

À mon sens, vous surestimez beaucoup les hommes qui sont aux manettes économiques et politiques du système capitaliste. Leur coordination est en quelque sorte « naturelle » : la course effrénée et insatiable aux profits. Mais la loi de la jungle est par nature incompatible avec une quelconque planification, les prédateurs ne complotent pas, ils agissent chacun pour leur compte, quitte à détruire les concurrents qui se dressent sur leur chemin. Le résultat est celui que nous connaissons aujourd'hui, dans le monde, en Europe, en France : le capitalisme est un canard sans tête... qui nous mène droit à une catastrophe humaine et planétaire. Rosa Luxembourg posait l'alternative ainsi : « Socialisme ou barbarie ».

 

« Je ne crois pas que le capitalisme soit en train de s'effondrer mais qu'il est en train d'atteindre son but. »

Encore une fois, le capitalisme n'a pas de but à long terme, il n'a que l'objectif immédiat d'accroître ses profits. Et c'est bien cette cessité sur le futur qui le rend si dangereux pour l'humanité... et la planète terre. David Graeber estime que la guerre (une guerre comparable à celles qui ont ravagé la planète au XXe siècle), moyen ordinaire du capital pour sortir de ses crises, n'est pas à l'ordre du jour. Je souhaite que nous n'ayons pas à vérifier cette analyse...

06/01/2012, 15:40 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de Jean-Pierre Anselme le 06/01/2012 à 13:57

Je vous remercie, Jean-Pierre Anselme, d'avoir répondu à mon commentaire avec autant d'ardeur à me contredire. Mais je vous préviens tout de suite qu'aucun de vos arguments ne résistera longtemps devant les faits établis que je vais me faire un devoir de vous mettre sous le nez. D'abord, je vous parle des Trente Glorieuses comme d'une expérience sociétale unique en son genre depuis l'avènement des temps modernes, qui contredit formellement le TINA des néolibéraux. Or ce TINA n'est qu'une des innombrables formules employées par les néolibéraux pour nous endormir et pouvoir nous imposer leur système plus facilement. Précision nécessaire avant de continuer ma démonstration, par néolibéraux, j'entends non pas ceux qui adhèrent plus ou moins au système néolibéral mais exclusivement ceux qui participent activement, de façon concertée et parfaitement organisée à sa mise en place. Selon ce dont je suis sûr, c'est donc au plus haut niveau que le néolibéralisme s'installe. Comment imaginer sinon, que les paradis fiscaux puissent prospérer tranquillement en recueillant des sommes astronomiques normalement destinées au bon fonctionnement des Etats ; que des agences privées de notation puissent mettre des pays sous tutelle - des pays ruinés par des banques privées que ces mêmes agences conseillent - sans avoir eu au préalable l'aval et la bénédiction des gouvernements les plus puissants de la planète ? La crise de la dette en Europe est principalement dûe aux taux d'intérêts exorbitants réclamés par les banques privées qui sont seules aujourd'hui à pouvoir financer les Etats en lieu et place des banques centrales. Qui a décidé d'interdire à la BCE de jouer le rôle qui lui avait été initialement dévolu ? Ce ne sont-là que quelques exemples parmi beaucoup d'autres qui montrent que les gouvernements sont directement et sciemment impliqués dans cet apparent désastre. Et qu'en dépit de ce que nous sommes nombreux à croire, ils maîtrisent parfaitement la situation.

07/01/2012, 00:17 | Par Jean-Pierre Anselme en réponse au commentaire de AA Bradley le 06/01/2012 à 15:40

Et bien, oui, je suis entièrement d'accord avec tout ce que vous dites ici ! À l'exception de votre conclusion : « ils (les gouvernements) maîtrisent parfaitement la situation ». À suivre...

07/01/2012, 09:37 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de Jean-Pierre Anselme le 07/01/2012 à 00:17

Ne jamais sous-estimer l'ennemi... Surtout un ennemi de cette taille, qui possède le pouvoir, l'argent, des moyens matériels et humains considérables et une expérience qui s'étend sur des milliers d'années de domination et d'exploitation des peuples. Un ennemi qui a une très haute estime de lui-même et qui ne nourrit pas plus de scrupules à votre égard que vous-même à l'égard d'un cafard (le spectacle d'enfants crevant de faim tandis que de parfaits inutiles se voient offrir des salaires mensuels de l'ordre du million d'euro se suffit largement à lui seul pour nous en convaincre). Aux yeux d'un membre éminent de l'UMP, vous n'êtes qu'un minable si vous gagnez moins de 5000 € par mois.

23/01/2012, 17:22 | Par Nemo3637 en réponse au commentaire de AA Bradley le 06/01/2012 à 15:40

Ce qui est trop pris en compte par Adrien Labayrade, dans l'évolution politique et économique, c'est le rôle des "politiques": néo-libéraux, révolutionnaires, réformistes...En réalité le capitalisme est rapidement devenu une machinerie - un système - qui fonctionne tout seul, dans sa propre logique, sans pouvoir naturellement se remettre en question, très peu influencé par les politiciens quelqu'ils soient. Ceux qui s'y opposent ou veulent le réformer, jusqu'à présent, ont échoué et ont participé, bon gré mal gré à sa recomposition.

Keynes est ici un bon exemple. Il n'a eu en fait aucune influence dans la gestion de la crise de 29. Il ne fut reconnu vraiment qu'après 1945, quand ses "recettes" correspondaient simplement aux besoins du capital. Et celui-ci les avait déjà appliquées sans lui. Cela en choquera sans doute certains mais on peut en discuter documents à l'appui.

Aujourd'hui ce système est à l'agonie. Beaucoup d'économistes, de membres du "système" le pensent. La réalité de la crise économique et financière ne permet guère d'envisager un nouveau démarrage comme après la Seconde Guerre Mondiale. Les BRICS qui subissent déjà ladite crise n'y pallieront pas.

C'est cette fin qui engendre naturellement des alternatives. Et, il est vrai, compte tenu du potentiel objectif des forces de production de par le monde, en capital fixe (machines) que les conditions sont propices à l'établissement d'un communisme libertaire.

Maintenant cette fin du capitalisme promise entrainera t-elle automatiquement la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme ? Ledit système est prêt à tout pour le perpétuer. Par l'établissement d'une société fasciste après une guerre civile. Par la guerre inter-étatique elle-même. L'évolution, le résultat pourrait très bien être alors une paupérisation et un retour à un système quasi féodale.

C''st donc aussi une action volontariste qui pourrait faire changer la société dans le bon sens. On compte sur toi Adrien.

23/01/2012, 17:22 | Par Nemo3637 en réponse au commentaire de AA Bradley le 06/01/2012 à 15:40

Ce qui est trop pris en compte par Adrien Labayrade, dans l'évolution politique et économique, c'est le rôle des "politiques": néo-libéraux, révolutionnaires, réformistes...En réalité le capitalisme est rapidement devenu une machinerie - un système - qui fonctionne tout seul, dans sa propre logique, sans pouvoir naturellement se remettre en question, très peu influencé par les politiciens quelqu'ils soient. Ceux qui s'y opposent ou veulent le réformer, jusqu'à présent, ont échoué et ont participé, bon gré mal gré à sa recomposition.

Keynes est ici un bon exemple. Il n'a eu en fait aucune influence dans la gestion de la crise de 29. Il ne fut reconnu vraiment qu'après 1945, quand ses "recettes" correspondaient simplement aux besoins du capital. Et celui-ci les avait déjà appliquées sans lui. Cela en choquera sans doute certains mais on peut en discuter documents à l'appui.

Aujourd'hui ce système est à l'agonie. Beaucoup d'économistes, de membres du "système" le pensent. La réalité de la crise économique et financière ne permet guère d'envisager un nouveau démarrage comme après la Seconde Guerre Mondiale. Les BRICS qui subissent déjà ladite crise n'y pallieront pas.

C'est cette fin qui engendre naturellement des alternatives. Et, il est vrai, compte tenu du potentiel objectif des forces de production de par le monde, en capital fixe (machines) que les conditions sont propices à l'établissement d'un communisme libertaire.

Maintenant cette fin du capitalisme promise entrainera t-elle automatiquement la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme ? Ledit système est prêt à tout pour le perpétuer. Par l'établissement d'une société fasciste après une guerre civile. Par la guerre inter-étatique elle-même. L'évolution, le résultat pourrait très bien être alors une paupérisation et un retour à un système quasi féodale.

C''st donc aussi une action volontariste qui pourrait faire changer la société dans le bon sens. On compte sur toi Adrien.

07/01/2012, 09:21 | Par utopart en réponse au commentaire de Jean-Pierre Anselme le 06/01/2012 à 13:57

@ Jean Pierre Anselme

Encore une fois, le capitalisme n'a pas de but à long terme, il n'a que l'objectif immédiat d'accroître ses profits.

Je crois que vous faites erreur en partie.

Effectivement, le capitalisme a pour objectif premier d'accroitre ses profits.

Mais il sait parfaitement intégrer la notion de long terme, de planification de sa croissance.

Il sait trouver les moyens financiers par des profits à très court terme pour investir dans des sources de revenus sur le long terme. Tout ces capitaux qu'il prélève dans les diverses bulles financières qu'il sait faire gonfler opportunément, il les réinvestit dans des biens durables, de l'immobilier, des forêts, des terres agricoles ou apparemment incultes qu'il défriche etc etc

Ils transforment des capitaux virtuels issus des processus financiers qu'ils ont mis en place, en actifs réels qu'ils s'approprient aux frais des victimes de leurs manipulations spéculatives.

 

 

07/01/2012, 10:03 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de utopart le 07/01/2012 à 09:21

"Ils transforment des capitaux virtuels issus des processus financiers qu'ils ont mis en place, en actifs réels qu'ils s'approprient aux frais des victimes de leurs manipulations spéculatives."

N'est-ce pas la définition du capitalisme pur qui consiste à établir des règles économiques permettant de s'approprier "légalement" les richesses produites par les autres ?

07/01/2012, 10:38 | Par Béatrice SCULIER en réponse au commentaire de AA Bradley le 06/01/2012 à 07:07

Les trente glorieuses comme preuve d'un monde prospère et paisible !!! Pour qui ? Vous parlez comme d'une utopie d'une époque qui a construit sa prospérité en pillant les autres peuples, en exportant ses guerres, en transformant le monde qui l'entoure en un immense supermarché qui produit et vend de la merde.

Un homme "providentiel" aurait été le chevalier blanc de ce triste paradis, que de vilains méchants oligarques ensuite se seraient appliqués à détruire ! Harry Potter, Un Monde sans fin sont des contes délicieux... Ils font rêver mais pour analyser l'histoire, peut-être ne sont-ils pas le meilleur outil ?

Le capitalisme est une très vieille lune, tout comme les autres systèmes. Je rejoins Jean-Pierre Anselme dans l'idée que le renouveau de la pensée anarchiste revivifie le politique et permet de sortir du mirage des messies dont la volonté seule pourrait sauver le monde. C'est d'ailleurs l'un des éléments les plus intéressants qu'on rencontre dans les mouvements des indignés. Pas de gus gus sauveur, pas de parti qui fait marcher au pas et récupère un jour ou l'autre les billes que les naïfs lui ont donné (ne tournez pas la tête vers la gauche pour les voir, il y a longtemps qu'ils n'y sont plus). Plus exigeant, moins rassurant... mais peut-être plus réaliste ?

07/01/2012, 10:56 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Béatrice SCULIER le 07/01/2012 à 10:38

Oui... il va falloir remettre les pendules à l'heure.

Sérieusement.

Les trente glorieuses... on croit rêver.

07/01/2012, 15:43 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de Béatrice SCULIER le 07/01/2012 à 10:38

Vous mélangez un peu les choux et les carottes en parlant de modèle social, d'époque, d'utopie, de pillages et des dérives de la société de consommation. Concernant les exactions à caractère colonialiste du type pillages et exploitation humaine à outrance, je vous fais remarquer qu'elles ne sont pas spécifiques à la période des Trente Glorieuses, qu'elles existaient déjà bien avant, comme presque partout ailleurs, et qu'elles existent toujours. Sous d'autres formes moins officielles mais tout aussi exécrables. Mais c'est bien sous De Gaulle que la décolonisation a commencé. Du point de vue du modèle économique et social proprement dit, le système secteur public-secteur privé mis en place durant les Trente Glorieuses permettait un équilibre des forces entre le patronat et les salariés sans nuire à l'économie. C'est de cet équilibre et de ce partage des pouvoirs que les libéraux, emmenés par les Reagan et les Thatcher, n'ont jamais voulu. D'où les privatisations, le démantèlement de nos services publics et la destruction complète de nos acquis sociaux pour aboutir au capitalisme pas encore tout à fait triomphant d'aujourd'hui. Réjouissez-vous car cela fait déjà une trentaine d'années que la guerre et l'exploitation coloniale n'ont plus besoin de s'exporter. Ca se passe à l'intérieur de notre propre pays à présent, de nos entreprises et de nos usines (du moins pour ce qu'il en reste !). Quant à manger de la merde, on pouvait assez facilement la manger avec couverts et assiettes du temps des Trente Glorieuses. Aujourd'hui, la tendance est plutôt au self-service dans les poubelles des supermarchés. Vive donc le progrès à la sauce néolibérale ! Mais l'anarchie ?... Généralement, c'est vers l'âge de 15-18 ans qu'on comprend clairement que sans un minimum d'organisation, il est difficile d'amener plusieurs millions d'individus à vivre ensemble dans la paix et l'harmonie. J'allais oublier votre référence aux Indignés ! En effet, on a vu le magnifique résultat de leurs actions anarchiques de jeunes décérébrés qui, notamment en Espagne, par inculture politique, rejettent en bloc toutes les solutions qui ne peuvent pourtant venir que de ce côté-là. Ils s'avèrent aussi efficaces à faire élire ceux qui les ont mis dans la merde que BHL à faire élire des régimes islamistes avec l'appui des forces de l'OTAN. Rejeter le politique sous prétexte que la gauche nous a déçus autant que la droite consiste à fermer les yeux au volant d'une voiture, faute de ne pas savoir lire les panneaux indicateurs.

09/01/2012, 20:42 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de AA Bradley le 07/01/2012 à 15:43

Il est un peu tard pour revenir vers ce fil, mais tout de même !

 


Les trente glorieuses... ! Adrien !

 


Un petit préalable :
S'agissant d'analyser l'évolution planétaire du capitalisme et l'indéniable mouvement d'uniformisation de l'exercice pseudo démocratique qui accompagne sa mondialisation financière progressive, on ne voit pas très bien ce que vient faire l'action de De Gaulle comme argument, surtout en en critique de la thèse exposée. (A lire plutôt "la nouvelle raison du monde" dont il fut ici question assez largement).
Plus précisément attribuer à De Gaulle la paternité du mouvement historique de la décolonisation est assez croquignolet. Il faudrait quand arrêter avec la supercherie gaullienne.
Pour raffraîchir votre mémoire Adrien, vous éviter de dire des bêtises et surtout de nous prendre pour des imbéciles, merci de faire ici quelques révisions.
Tout au plus faut-il reconnaître à De Gaulle l'habileté politique certaine qui fut la sienne d'avoir su manipuler ces "veaux" de français en "surfant" sur la décolonisation. Et quelle décolonisation ! Foccart et les réseaux de la france-afrique... ça ne vous dit rien ? C'était sous quel règne ?

 


Mais justement à propos de décolonisation, et pour en revenir à l'objet premier de mon intervention... vos trente glorieuses.

 


Ne s'agirait-il pas plutôt des trente ruineuses.

 


Entendons-nous bien... je ne parle pas d'argent. Je parle justement de ses valeurs... morales, culturelles, dont vous semblez être friand et qui pourtant, à bien y réfléchir ont été submergées, déconstruites, rangées au placard, très précisément dans ces années là... 50 et 60, par la grâce de cette consommation triomphante importée d'outre atlantique, bien opulente, bien débile... formica, plastique et transistors yéyés, adossée à cette croissance si miraculeuse... tout aussi précisément financée par l'exploitation néocolonialiste. Nous y revoilà...dans la belle france du général.

N'est-ce pas aussi celle qui avait honoré Papon ?

 


"La société du spectacle" : Guy Debord, 19...67.

10/01/2012, 15:35 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 09/01/2012 à 20:42

Votre problème, JC Charrié, c'est que vous comprenez tout de travers. J'affirme 1) que le capitalisme n'est pas en train de s'effondrer ; 2) que le processus néolibéral en cours est organisé et planifié de longue date ; 3) qu'il s'appuie sur un véritable projet de société duquel la démocratie sera totalement absente ; 4) que ce projet est soutenu de manière active par tous les gouvernements de droite depuis trente ans, voire plus (de la droite déclarée mais aussi par la fausse gauche des T. Blair, des B. Schroder, des Zapatero, etc.) ; 5) qu'en dépit de ce qu'ils essaient de nous faire croire, un projet de société alternatif est possible comme en témoigne l'expérience des Trente Glorieuses.

Autant de points, à l'exception du 5ème, que "La nouvelle raison du monde" confirme.

10/01/2012, 19:35 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de AA Bradley le 10/01/2012 à 15:35

C'est ça... Béatrice Sculier mélange les choux et les carottes, moi je comprends tout de travers et vous, vous faites le tri à l'endroit qui vous convient... avec le "projet de société alternatif des trente glorieuses".

Alternatif à quoi ?

11/01/2012, 08:14 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 10/01/2012 à 19:35

C'est incroyable une mauvaise foi pareille !! Là par exemple, vous faites comme si vous me lisiez pour la première fois alors que j'ai déjà eu maintes fois l'occasion de vous exposer en long et large mes arguments sur la question. Vous, en guise d'échanges, vous restez bêtement accroché à vos positions comme une moule à son rocher en vous contentant, pour tout argument contradictoire, de tourner en dérision celui qui a des idées différentes des vôtres.

06/01/2012, 13:31 | Par françois périgny

Oui, yes, si, jawohl, da. Quelque chose frémit; un terremoto. Le vieux monde tremble sur ses bases. Mais... Socialisme ou barbarie ? L'année à venir va être "passionnante".

06/01/2012, 15:17 | Par raybor

Pour moi, l'image de mecs blancs, d'âge moyen, en costume, dans des endroits comme Denver ou Minneapolis, apprenant patiemment les rudiments de la démocratie directe avec des prêtresses païennes ou des militants Noirs et anarchistes, est peut-être l'image la plus spectaculaire du mouvement « Occupy ».

A quand ce genre de mecs (propres, pas sales) sur le parvis de la Défense ?

07/11/2012, 16:46 | Par Serge ULESKI

Là, je vous trouve un peu optimiste.

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