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Les chômeurs passent à l'action

 

Alors que Nicolas Sarkozy inaugure sa énième campagne de stigmatisation des « assistés », le collectif Occupons pôle emploi annonce une journée d'action des chômeurs et précaires le 14 février.

 

 

 

 

 

 

 

À Bordeaux, lors de la journée d'action nationale du 17 janvier.À Bordeaux, lors de la journée d'action nationale du 17 janvier.

Ce début d'année 2012 voit éclore un nouveau mouvement de chômeurs et de précaires en France (1). À Bordeaux, Lyon, Nancy, Strasbourg, Clermont Ferrand, Pontivy, Quimper, Brest, Redon, Rennes, Montpellier, Nice, Marseille, Montauban, Aubenas, Toulouse, Lille, Dunkerque, Paris… plus d'une quinzaine d'agences ainsi que deux CAF ont été occupées par des collectifs de chômeurs et de précaires, soutenus par des syndicats et des formations politiques de gauche, lors de la journée d'action du 17 janvier lancée par Occupons pôle emploi.

 

 

Le mardi 14 février, Occupons pôle emploi veut amplifier une mobilisation bien entamée, un « bout d'essai » selon ses promoteurs, tenter aussi de fissurer l'omerta médiatique, en appelant à nouveau à envahir et occuper les agences de Pôle emploi et toute autre « cible » significative.

 

 

 

Paris, manifestation avant l'occupation d'une agence de Pôle emploi en 2010.Paris, manifestation avant l'occupation d'une agence de Pôle emploi en 2010.

Occupons pôle emploi est une nouvelle galaxie militante large et protéiforme, organisée en réseaux à la manière des Indignés, via Facebook et des blogs pour les collectifs de chaque ville.

Un mouvement social en marche où se retrouvent les principales associations nationales de chômeurs et précaires (AC!, l'APEIS, la CGT-Chômeurs, le MNCP, le MCPL, la CIP IDF, L'Appel et la Pioche, Recours-Radiation, Génération Précaire), des collectifs locaux, mais aussi les Indignés, Anonymous, les Désobéissants, Attac..., des syndicats ( la CNT, SUD-Emploi, la CGT-Pôle Emploi, le SNU, FO Intérim...) et des partis (le Front de gauche, le NPA, EELV...).

 

 

Dans son appel pour la journée d'action du 14 février, Occupons pôle emploi précise ses revendications et ses objectifs (extraits) :

 

 

« Le gouvernement se refuse à écouter les mouvements des chômeurs et précaires qui demandent, en vertu des alinéas 5 et 11 du Préambule de notre Constitution, qu'on les respecte : si « Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi », alors « Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler, a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence ».

STOP aux diminutions d'indemnisation, aux suppressions et aux refus d'allocations;
STOP aux retards de traitement des dossiers;
STOP aux radiations/sanctions injustifiées et intempestives;
STOP aux contrôles abusifs et aux convocations multiples;
STOP à la dématérialisation des courriers qui dématérialise les chômeurs;
STOP au travail gratuit via les EMTPR
(Évaluation en milieu de travail préalable au recrutement);
STOP au travail obligatoire pour les allocataires du RSA;
STOP aux contrats précaires CDD, CUI (Contrat unique d'insertion), CAE (Contrat d'accompagnement dans l'emploi) CIE (Contrat initiative emploi)...
STOP à la stigmatisation des sans emploi et aux discriminations sociales ! »

 

Une agence de Pôle emploi murée par un collectif de chômeurs à Rennes.Une agence de Pôle emploi murée par un collectif de chômeurs à Rennes.

 

Dans la nuit du 18 au 19 janvier, l'entrée du pôle emploi de Rennes Albert 1er (sic) était murée et taguée, « Marre de parler à un mur », par un collectif de chômeurs. Dans son tract signé « Des chômeurs en colère », le collectif explique son action : « Si nous avons fait cela, c'est pour protester contre tous les murs que le pôle emploi dresse devant les chômeurs et qu'ils se prennent dans la gueule : radiations, rupture d'indemnisations, infantilisation, pression pour accepter n'importe quel boulot, mépris des droits les plus élémentaires, etc. »

Et de conclure avec humour : « Un secteur qui recrute : la lutte contre pôle emploi et toutes les politiques scélérates du gouvernement. CV et lettres de motivation superflus. Tous profils bienvenus. Embauche immédiate. »

 


(1) Le premier mouvement des chômeurs en France est apparu à l'hiver 1997-1998. Commencé à Marseille le 11 décembre 1997 pour exiger le reversement du reliquat du fonds social des Assedic envers ses allocataires (13 milliards d'excédents), le mouvement se répand rapidement dans toutes les grandes villes. Très médiatisées, les occupations d'Assedic, d'ANPE et de bâtiments publiques se multiplient, des salariés de toutes conditions rejoignent durablement les chômeurs dans des comités autonomes, les revendications se précisent et vont au-delà de celles concernant les seuls chômeurs : représentation active dans les instances sociales, relèvement important de l'ensemble des allocations, réduction significative du temps de travail sans diminution des droits, établissement d'un revenu décent pour tous les plus démunis... Pierre Bourdieu, lors de l'occupation par le mouvement des chômeurs de l'École normale supérieure, le 17 janvier 1998 : « Ce mouvement des chômeurs est un événement unique, extraordinaire. (…) La première conquête de ce mouvement est le mouvement lui-même, son existence même : il arrache les chômeurs et avec eux tous les travailleurs précaires, dont le nombre s’accroît chaque jour à l’invisibilité, à l’isolement, au silence, bref à l’inexistence. »

LIENS :

http://occupons-pole-emploi.blogspot.com/

http://fr-fr.facebook.com/events/238208902922253/

http://www.demosphere.eu/node/28055

 

Tous les commentaires

Ça y est, il l'a.... C'est même comme ça que je l'ai découvert ! Billet recommandé +++

Merci, édifiant... je le recommande aussi

Que c'est-il passé? Les années 80 s'annonçaient pleines d'espoir et d'envies neuves.On pouvait à juste raison penser que, plus on avencerait dans le temps,plus on irait vers la connaissance,le savoir justement inculqué, et tendant vers une justice juste, vers .....Que c'est-il passé? Trente ans plus tard.Merde c'est exactement l'invers.Mauvais film,mauvais scénar? Non ce sont les acteurs qui ont merdé, egoistes à en crever,supers cabots minables de tant de médiocrité qu'ils se sont crus supérieur, pouvant tout, oui tout se permettre, y compris ce qui ne l'etait pas:l'atteinte à la dignité des personnes.Rien de bien nouveau au regard de l'histoire.Et bien si..  Elle n'aurait jamai du recommençer.Coluche revient ils sont devenus fous.

Merci de ce rappel  ; les associations de  chômeurs s'étaient à l'époque élevées contre le coût faramineux de ce logo minable.

En dehors de l'intérêt démocratique de défendre les chomeurs, ce président n'a reçu aucun mandat pour cela. Par conséqnuent:

1 c'est un effet de manchette pour son électoral, car peu de temps

2, peut-être serait-il utile de voir si ce collectif a des  avocats qui puissent voir quelle démarche entamer juridiquement, puis à la CE ou cour de justice de l'europe tant évoquée

3. Il est temps de demander un réferendum sur les droits des élus qui sont nos représentants et payés cher au propre et figué  par nous. Il faut que cela s'arrête.

L'idée de Nicolas Sarkozy d'un référendum pour imposer aux chômeurs n'importe quel boulot est, bien sûr, un « effet de manchette pour son électorat ». Une idée de Patrick Buisson, ancien directeur du journal d'extrême droite, Minute, un fasciste notoire qui est un des principaux conseillers du président.

Les réactions à gauche, y compris du PS, sont heureusement claires et vigoureuses. Reste à résoudre la question principale : le chômage de masse, sur lequel surfent toutes les droites depuis toujours.

La réduction massive du temps de travail, pour vivre mieux et partager le travail, est la grande  absente de cette campagne électorale. Or, soit on partage le travail comme cela se fait depuis trente ans, les uns sont au chômage et dans des boulots précaires tandis que les autres subissent des conditions de travail de plus en plus tragiques, soit on partage le travail entre tous ! Rien de nouveau dans cette analyse, ce fut celle du mouvement ouvrier depuis sa naissance, dommage que la gauche l'ait oublié.

 

Billet à mettre en Une. Comme devraient l'être ceux qui traitent de la situation en Grèce.

Très bon article!

 

Un autre témoignage de l'intérieur, il date un peu, et ça ne s'est pas arrangé :

http://www.dailymotion.com/video/xccv3h_pole-emploi-temoignage-de-rose-mari_news

ça va beaucoup mieux, merci, je m'occupe, avec d'autres amis, du site

http://www.recours-radiation.fr

et Pôle Emploi ne nous fait pas chômer, ni nous, ni les tribunaux...

Allez voir le forum du site, vous aurez un avant goût de ce qui se passe aujourd'hui dans ce machin chose qui détruit autant la santé de son personnel que celle des chômeurs.

La meilleure défense, c'est l'attaque (organisée), la meilleure défonce, c'est le prozac, fais-ton choix camarade..

Bonjour Jean-Pierre Anselme,

Je viens de constater avec étonnement...??? et retard..., du à mon manque d'application dans mes recherches peut être..., que nous militions, revendiquions..., pour la même cause. J'en suis autant surpris que géné, car c'est comme si je découvrais que la clef du coffre secret que je venais de découvrir..., il y a peu..., était..., alors que je m'échine à la chercher de partout..., sous le dit coffre...! Peut on, de ce fait, faire connaîssance...?  Sourire

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