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Un flic : « Si je vous casse le nez, vous pourrez porter plainte... »

Un journaliste croise le chemin d'une patrouille de police en train de contrôler « virilement » une vingtaine de jeunes Indignés espagnols, dans le métro parisien. « Mon réflexe de journaliste et de citoyen est de documenter cette scène, en la filmant avec mon téléphone portable. » Mal lui en a pris...

 

 

 

Cela s'est passé le 18 octobre, quatre jours après l'interdiction par la justice du site Copwatch Nord-Ile de Francequi entend dénoncer les violences et les bavures policières (Article ICI)... Voici un extrait du témoignage du journaliste impliqué, Emmanuel Raoul, rapporté à Camille Polloni des Inrocks (Article et vidéo ICI) :

 

« Trente secondes après, le policier qui procède à l'interpellation se jette sur moi, arrache le téléphone de mes mains et le confisque. Voici le dialogue retranscrit :

- Policier 1 : "Regarde là, là là là, prends-le prends-le!"
- Emmanuel Raoul : "Je suis journaliste, je suis journaliste"
Un deuxième policier pousse le téléphone avec sa main.
- Policier 2 : "Et alors? Est-ce que vous accepteriez qu'on vous filme pendant votre travail? Non?"
- E.R : "Y'a pas de souci je suis journaliste."
- Sa compagne : "Sors ta carte"
Emmanuel Raoul filme les indignés à genoux. Un policier attrape son téléphone et le lui retire.
- ER : "Oh oh, je suis journaliste, oh! J'ai ma carte de presse"
- Le policier : "Vous ne me filmez pas, vous n'avez pas le droit de me filmer!"

Non seulement le policier part avec mon téléphone et refuse de me le rendre durant de longues minutes, mais il efface aussi la vidéo que je viens de tourner. Pendant ce temps, un de ses collègues me prend à part, me palpe et contrôle mon identité (carte d'identité et carte de presse), en refusant de m'indiquer dans le cadre de quelle procédure, enquête ou fichier de police ces données seront conservées.

Quand le premier policier revient, bombe lacrymogène à la main, son visage à quelques centimètres du mien, il hurle qu'il refuse d'être filmé, invoquant le risque pour lui, sa femme fonctionnaire de police et leurs trois enfants, d'être harcelés si son visage est affiché sur Internet. Il ajoute que si je diffusais ces images sans son consentement, il pourrait porter plainte mais que "ça ne changerait rien" pour sa famille. Et d'ajouter : "si je vous casse le nez, vous pouvez porter plainte, vous aurez quand même le nez cassé". »

 

RAPPEL

Filmer un policier dans l'exercice des ses fonctions n'est pas interdit par la loi.Comme le détaille sur Slate.fr (article ICI), Cécile Dehesdin, « les policiers peuvent vous demander d'arrêter de filmer, vous demander d'effacer votre vidéo ou vos photos, mais vous n'avez pas à obtempérer si vous ne le désirez pas, et ils n'ont pas le droit de vous y forcer. »

RAPPEL

Le 14 octobre,le site Copwatch Nord-Ile de France, dédié à la surveillance de la police et à la dénonciation publique de ses méfaits éventuelsa été interdit par la justice, suite à la plainte du ministère de l'intérieur pour injures et diffamations envers des fonctionnaires de police.

Malgré cette interdiction, le site Copwatch reste accessible grâce à des sites miroirs (Pour y accéder ICI).

Tous les commentaires

Heureusement qu'il était journaliste, je n'ose imaginer ce qu'ils auraient fait au péquin moyen !

 

Au fait, ces braves jeunes gens n'ont-ils jamais imaginé faire correctement leur boulot, dans le respect de tous les citoyens qu'ils sont censé protéger de ... , ben oui aujourd'hui on se demande de qui, des malfrats ou de leurs collègues ?

 

Curieux de voir, combien de gens changent de trottoir discrètement quand ils s'aperçoivent qu'ils vont croiser une patrouille de police !

 

Je vous comprends... Mais, pour ce qui me concerne, je me considère comme étant toujours « en service », en particulier dans ce genre de circonstance où des fonctionnaires assermentés abusent de leur pouvoir.

Innocent

Bigre, ça se durcit les rapports citoyens, journalistes policiers....De quoi ces derniers ont-ils peur ?

Ils ont peur du président de la République comme ils avaient peur du ministre de l'intérieur comme leurs chefs ont peur de leurs super-chefs (squarcini et consorts) etc... C'est ça le système actuel (et les employés de l'ANPE, et les gendarmes, et tutti-quanti)

Ce système a toujours existé. Dans un temps à peine lointain, nous avons encore en mémoire les rafles, Vél d'Hiv et autres, les arrestations pour ceci ou cela ou la police collaborait. Imaginez un seul instant : Et s'il avaient désobéi en masse? Peut-être que le cours de l'histoire aurait changé. Qui sait?

Il me semble que Coluche avait fait un sketch à ce sujet...

"N'ayez pas peur madame, nous ne sommes pas de la police !"

Je vous recommande un livre sur la question : « Policiers français sous l'occupation », Jean-Marc Berlière, Éditions Perrin 2009 (poche).

En substance, la police française, dans sa grande majorité a bien été l'outil de l'occupant nazi et du régime de Vichy. Avec zèle pour une minorité. Il faut d'autant plus rendre hommage à la poignée de flics qui a participé à la Résistance, et aussi, on les oublie trop souvent, à tous ceux qui ont « fermé les yeux » dans des moments décisifs et ont ainsi sauvé des vies humaines.

Soit dit en passant, ce qui vaut pour la police vaut aussi pour les journalistes qui ont massivement, pour des raisons « économiques », collaborés sans état d'âme.

Quant à la décoration de la police à la Libération, à ma connnaissance, elle vient de la volonté de De Gaulle de réconcilier les Français avec la police, et plus prosaïquement, de blanchir la police afin de rétablir l'ordre.

"Très ressemblante à la fourragère, la cordelière de soie à un ferret est portée, en tenue de gala, par les personnels de la police parisienne. De couleur rouge, elle symbolise la Légion d’honneur qui décore depuis août 1944 le drapeau des gardiens de la paix parisiens. Ces derniers ne peuvent porter une fourragère en raison d’un nombre insuffisant de citations obtenues."

 

C'est donc bien clair, en fin de compte seule une minorité est considérée avoir mérité cette décoration !

 

Ca me rappelle le témoignage poignant d'une vieille dame dont les parents étaient morts dans un camp de concentration. Elle se souvenait avoir vu, petite fille cachée dans un recoin d'escalier, les godillots des nazis venus rapter ses parents jusqu'à ce qu'elle réalise, devenue vieille, que les allemands avaient des bottes et que c'étaient les godillots des policiers parisiens qu'elle avait vus !

avez-vous lu les commentaires suite à la vidéo !!!!!!non mais c'est incroyable tous ces gens facho, j'en suis indignée, et je me dis qu'on n'est pas prêt de faire la révolution !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! les indignés sont des mouvements pacifistes, et on les traite comme des bandits ..... les bons flics vont avoir du boulot pour rconquérir la confiance de la population !!!!!!!

Ah! la belle époque.... quand les flics se faisaient péter le tarin à la barre de fer ou au manche de pioche !

Oui, mais pour ça, fallait être "un peu" organisés !

Il est peut-être pas trop tard pour faire changer la peur de camp !!!

Ah! la belle époque.... quand les flics se faisaient péter le tarin à la barre de fer ou au manche de pioche !

Oui, mais pour ça, fallait être "un peu" organisés !

Il est peut-être pas trop tard pour faire changer la peur de camp !!!

Je ne veux pas défendre les brutalités policières, ni les commentaires qui sous-entendent que tout ceux qui porte l'uniforme de la police sont des brutes de "fachos".

Mais franchement, je comprends que l'on ne veuille pas se faire filmer quelques soient les circonstances. On a l'impression que dans notre monde "pipolisé et facebooké", on a le droit de filmer qui on veut, de prendre des conversations et de les diffuser comme on l'entend.

 

Je comprends aussi qu'un policier (ou un pompier, un gendarme, un facteur,...) soit attentif à ce qu'on ne diffuse pas à tout va son image, si il risque de se faire prendre à parti lui ou sa famille, par des imbéciles qui s'arrogent le droit de tabasser tout ce qui porte un uniforme.

 

Relater et dénoncer les brutalités policières par écrit c'est aussi bien.

Certes, l'écrit c'est très bien, mais je ne vois pas pourquoi le droit de filmer ou photographier des policiers, comme n'importe quels citoyens et dans le cadre de la loi, devrait passer à la trappe, sauf à se laisser intimider par des flics qui abusent manifestement de leur pouvoir.

Justement, est-ce-que n'importe quel citoyen a le droit de ne pas se laisser filmer ou photographier ? Même par un titulaire d'une carte de presse ?

 

Par exemple ceux qui mettent des caméras de vidéosurveillance partout sous pretexte de "sécurité" argumentent du fait que si on a rien à se reprocher, on a aucune raison de ne pas se laisser filmer. Et bien je trouve l'argument fallacieux et liberticide.

 

Alors est-ce que on a le droit de filmer n'importe quel citoyen sans son consentement, sous couvert du "droit d'informer" ?

 

Tout ce que je dis c'est que il n'y a pas que l'image pour informer. D'ailleurs vous le faites très bien par écrit ici.

J'ajoute aussi que les comportements de la police dénoncés sur ce blog seraient d'autant plus rares si les flics ne se sentaient pas couverts, voire même encouragés, par leur hiérarchie.

Un exemple, tout chaud (dépêche de Reuters) :

« Claude Guéant soutient les chefs de la police

PARIS (Reuters) 12h25 - Frédéric Péchenard pourra rester directeur général de la police nationale même s'il est mis en examen dans une affaire d'espionnage présumé de journaliste, a déclaré mercredi Claude Guéant.

Le ministre de l'Intérieur a fait le parallèle avec le chef du renseignement français, Bernard Squarcini, mis en examen dans cette affaire et maintenu à son poste.

"J'aurais la même réponse à l'égard de Frédéric Péchenard que celle que j'apportais à propos de Bernard Squarcini", a dit Claude Guéant sur RTL. "Une mise en examen ne signifie pas une culpabilité."

"Il n'est pas coupable, il est présumé innocent", a poursuivi le ministre de l'Intérieur. "Il peut continuer l'exercice de ses fonctions."

L'opposition, en particulier le candidat socialiste à l'élection présidentielle François Hollande, a demandé la révocation des deux hommes.

Poursuivi pour "atteinte au secret des correspondances, collecte illicite de données et recel de violation du secret professionnel", Bernard Squarcini a reconnu les faits devant deux juges, tout en niant qu'ils constituent une infraction.

Il est mis en cause pour avoir obtenu les factures téléphoniques détaillées d'un reporter du quotidien Le Monde à l'origine d'un article sur la procédure judiciaire visant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, et mettant en cause Eric Woerth, ministre du Budget puis du Travail aujourd'hui redevenu député.

Frédéric Péchenard a quant à lui admis dans les médias avoir donné l'ordre d'identifier la source du journaliste. »

Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

 

Raisonnements à géométrie variable :

- Squarcini, mis en examen, n'est pas suspendu car il bénéficie de la présomption d'innocence,

- Mais le raisonnement ne s'applique pas pour le commissaire lyonnais, mis en examen et suspendu, car présumé ripou sans bénéfice de la présomption d'innocence ?

Deux poids deux mesures...

Je suis bien persuadé qu'en fonction de circonstances, la police peut faire son travail dans le respect de la Loi et des personnes qui, comme eux, y sont soumis. Une pratique policière pertinente avec les circonstances de son développement, ne peut montrer qu'une pratique policière pertinente, donc louable et honorable. De quoi les flics ont-il peur ?

Et bien, Guy Meunier, vous aviez raison il y a quelques années de ça.

 

Il est difficile pour un policier d'aller à l'encontre des méthodes et des procédures demandées par sa hiérarchie, ... et du ministère de l'intérieur.

Or Aujourd'hui, la politique du de la place Beauveau met bien sous pression les flics qui cherchent à pratiquer leur metier de façon pertinente et dans le respect des personnes. Car ça ne fait pas de chiffre.

 

Et il y en a des flics comme ça. Plus que beaucoup veulent bien croire.

Et bien ceux là vivent des moments difficiles.

J'ai le sentiment d'avoir vu la police dans son état normal, ,non ? Ah bon ! Z'êtes marrants vous les journalistes z'avez toujours l'air de croire à la bavure... Un bavure c'est en deça de combien de cas ? Tous les jours des citoyens se font garder à vue pour un oui pour un non, se font taser etc... et vous c'est seulement quand l'un d'entre vous subit à son tour le "zèle" de ces messieurs que vous ameutez la foule...

Bien entendu qu'il faut pouvoir filmer, c'est notre liberté (du moins ce qui nous en reste) qui est en jeu.. je ne sais pas, mais je n'ai pas l'impression que ma liberté en est danger avec le facteur ou le gardien de musée... même s'ils portent un uniforme.

Non MaxiRéussite, ce que je veux dire par l'uniforme c'est que certains imbéciles se sentent légitimes de frapper tous ceux qui en portent un (policiers, gendarmes, pompiers, facteurs, conducteurs de bus, ...).

 

Si vous ça vous paraît aberrant, et bien à moi aussi, mais ça existe.

Du coup je comprends qu'un citoyen, quelqu'il soit refuse de se faire filmer, flic ou pas.

 

Et vivre en société passe par le respect de certaines règles qui peuvent être contraignantes. Je trouve que la liberté de prendre des images d'autrui ne devraient pas prendre le pas sur la liberté de chacun de garder son image privée.

Arnaud, soyez sérieux.

Un policier en train de contrôler une identité, ce n'est pas une image privée. Il a le droit de le faire, proprement. Et il n'a pas le droit de profiter de son statut de policier pour empêcher les citoyens d'être informés. Il a le droit aussi de se regarder sur l'écran, et de prendre conscience de sa façon de travailler.

Filmez systématiquement tout fonctionnaire en activité, diffusez systématiquement vos images.

Respectons la vie privée.

Ah bon Bernard, vous êtes sérieux ?

 

Alors il faudrait pouvoir filmer tout fonctionnaire en activité sans son accord, et même sans son avis ?

 

Mais pourquoi uniquement les fonctionnaires alors ? Le fait de travailer pour le service public implique que son image ne lui appartient plus au boulot ? Il faudrait pouvoir filmer n'importe quel travailleur pendant son activité sans qu'il aie son mot à dire.

 

Mieux encore, vous proposez aussi de diffuser systématiquement les images en concluant au respect de la vie privée. Mmmmmmmmm !!!!

 

Après tout, si on a rien à se reprocher, il n'y a aucune raison de ne pas se laisser filmer, n'est ce pas ?On devrait mettre des télécrans partout tiens pour que chacun puisse prendre conscience de sa façon de travailler. Pas très décidé

 

Allez soyons un peu sérieux.

C'est pas un peu le cas avec toutes ces caméras de surveillance ? Dans les rues, dans les magazins, dans les services publics...

Qui permettent à la police de retrouver la personne qui vous a attaqué

mais

vous, vous êtes à l'hôpital...

Et oui, ça devient de plus en plus le cas. Et c'est pour ça qu'il devient de plus en plus important de créer des protections pour préserver le droit à l'image.

L'efficacité des caméras contre la délinquance est mitigé. Par contre, certaines images pourraient aussi être utilisées à des fins de pressions ou de chantage.

Mais pourquoi, un policier ne serait-il pas fier de montrer comme il travaille bien, au service des citoyens ? Il y a même des émissions de télé m'a-t-on dit qui passent la soirée à montrer ça.

Je propose aussi que les policiers passent systématiquement un alcool test, avant chaque mission. Après il faudrait en trouver un pour conduire les bagnoles. Rire

 

Tout le monde dispose avec son téléphone, d'un outil de journalisme amateur. S'il y a atteinte à la vie privée, c'est du ressort de la justice, pas de l'information. En cas d'insultes, de brutalités inutiles, de rackett, il y a défense et non atteinte à la vie privée. La vie privée de quoi ? De liberté ?

Ah Ah Ah, Très bonne idée l'alcootest, ca pourrait aussi réduire le nombre de situations tendues qui dérapent.

Arnaud Vauthier

Votre perspective est raisonnable, et sérieuse !

La question qui semble se poser pourtant, est pourquoi en vient-on à vouloir filmer les policiers, et pas les autres fonctionnaires ou même l'épicier ou le boulanger ?

Je ne songerais pas à filmer des policiers faisant leur travail de routine - mais, lorsque les tensions semblent monter, on devrait être prêt à filmer et c'est ainsi que des abus ont pu être rendus public aux Etats Unis, dans des cas devenus célèbres, ce qui contribue certainement à calmer certaines situations...

@ MJHOzoux et Bernard Colin.

OK, je suis d'accord, filmer des scènes de brutalité, d'humiliation, de bagarres, que se soit policier ou non permet de montrer et dénoncer des comportements imbéciles qui peuvent être sanctionnés et évités à l'avenir.

 

Ce que je dis c'est que je comprends ce policier qui ne veut pas être filmé.

Tout le problème aujourd'hui c'est que je pourrais prendre des images de qui que se soit et lui causer du tort très facilement. Or il y a un immense vide juridique là dessus car la loi est vite dépassée par la rapidité de la technologie accessible à tous (prises d'images et surtout diffusion).

On se focalise sur la police en oubliant un peu vite que se sont des citoyens comme les autres avant tout. Et en tant que citoyen, il me paraît normal qu'ils veuillent protéger leur image.

 

vous savez, un flic c'est pas payé bien lourd non plus. Ils peuvent avoir de sacrés problèmes si le voisinage apprenait leur métier, et leurs familles avec. Ce n'est pas toujours marrant d'être connu comme gosse de flic à l'école. Les flics vivent aussi avec cette peur là.

 

La carte de presse aurait dû être une garantie pour le policier que sa vie privée soit respectée et que le film ne serait utilisé que pour montrer un fait d'actualité. Hélas, certains abusent aussi de leurs cartes de presse et la confiance n'est pas là non plus.

D'accord, mais vous ne vous adressez pas à la question de savoir pourquoi aujourd'hui on a presque acquis le réflexe de vouloir filmer la police "en action"...

Mais parce que le policier, quelque soit le pays, est celui qui réprime, celui à qui on n'a pas envie d'avoir à faire, celui qui va au charbon lorsqu'il y a des émeutes ou des agressions ou des bagarres, ou ...

 

Il y a toujours du ressentiment contre la police (comme contre l' inspecteur du fisc, ou contre l'hussier, ...) alors si on peut leur faire du tort ou les prendre en faute, on s'en delecte.

 

Ce que je veux voir derrière l'uniforme ce sont les hommes et les femmes qui font ce métier nécessaire, difficile, et détesté.

La politique actuelle du ministère de l'intérieur est détestable, je suis le premier à le reconnaître. Qu'il existe des policiers cow-boys, inutilement brutaux et particulièrement stupide, je le reconnaît aussi. Mais ce n'est pas le cas de tous, loin de là.

 

Ce que l'on voit dans ce billet et qui est révélateur, c'est que le policier craint pour sa famille si il est reconnu en tant que tel. Et je maintiens que cet homme devrait avoir le droit de ne pas avoir son identité diffusé à tout va.

Merci pour ces précisions.

 

Mais pourquoi le policier serait-il détesté ?

 

Cela n'a pas toujours été le cas. Le policier peut aussi protéger non, et beaucoup le font encore, alors pourquoi cette image négative ? En France il est clair que la collaboration de la police française a eu un impact négatif. Mais au-delà ? La police britannique était encore relativement récemment bien considérée.

 

Ce sont les dérives policières qui causent cette situation de méfiance. Et c'est à la police de nettoyer ses rangs.

C'est très vrai mhjozoux. La police française a une image très négative. La dessus je vous rejoint.

 

Pour être allé en Angleterre et même à New-York dans les années 90, j'ai rencontré des policiers parlant aimablement dans la rue, renseignant avec le sourire, toujours très poli même lors d'un contrôle à l'aéroport.

Les polices britanniques et américaines ont leurs problèmes et leurs abus aussi, mais dans la vie de tout les jours, le comportement est celui du service au public (en tout cas dans le sud de Manhattan, le Bronx je dis pas).

 

La police française est continuellement sur la défensive et répond au mieux avec méfiance et plus souvent avec rudesse aux sollicitations des citoyens.

Du coup les citoyens le lui rend bien. Et c'est un gros problème ce manque de confiance entre les citoyens et leur police.

N'a-t-on pas entendu aussi au sommet de l'Etat, que "la vocation de la Police était d'interpeller et d'arrêter et pas de jouer au foot" ?

C'est d'en haut que doit venir la philosophie d'exercer le métier de la Police ou des gendarmes. Je trouve injuste de s'en prendre au policier de base.

De plus, je crois qu'il faut qu'on se remette en question nous tous français.

Il n'y a pas que le policier qui est arrogant. Allez prendre un café sur la rive gauche à Paris (demandez un verre d'eau par exemple).

 

Allez faire un tour aux Etats-Unis et revenez en France ensuite, vous serez étonné de l'impolitesse et de la rudesse des gens à qui vous demanderiez un renseignement ou à un café, à un kiosque à journaux, ou un douanier à l'aéroport,...

C'est surprenant et désagréable.

- Et quand je t'aurai pêté le moral, tu ne pourras pas porter plainte.

- ah ah ah ! Et comment tu vas t'y prendre ?

- viens voir le film. Ou regarde toi dans la glace, 26 minutes. Et regarde tes gosses.

- le moral pêté, c'est vachement grave, t'as pas le droit de faire ça.

- A toi de voir.

Bravo à ce journaliste courageux. Et journaliste ou pas, nous devons tous en faire autant : Pour ma part, si je suis témoin de quelqu'abus de pouvoir que ce soit, je filmerai et sauvegarderai immédiatement par envoi mail. Ce n'est pas un comportement de police mais de milice ! Avec Guéant comme big boss, je suppose que ce genre d'individu se sent intouchable. MEPRISABLE !

Filmez vos profs.

Si on filmait les élèves, certains parents seraient étonnés !

Rire

Je crois qu'ils le seraient, hélas, moins que vous ne l'imaginez.

Je ne suis pas policier. Je considère qu'ils n'ont pas tous les droits et même je ne les aime pas beaucoup.

Mais, si je m'apercevais que quelqu'un que je ne connais pas me filme, sans m'avoir demandé mon autorisation et sans que je sache dans quel but, je crois bien que je me mettrais en colère ...

Est-ce qu'il n'existe pas un droit à l'image ?

Ceci dit, moi, si je me mets en colère ça porte moins à conséquence car je n'ai pas d'armes sur moi...

Je suis bien d'accord avec vous Marie-José.

 

Et non il n'existe pas de droit à l'image à proprement parler selon le lien donné par ce billet (ICI) .

CE droit serait une extension du droit à la vie privée mais une succession de jurisprudences rend assez flou ce qui peut être filmé ou pas (actualité, images respectant la dignité,...).

De plus, là où il y a vide juridique c'est sur les images que tout un chacun peut prendre depuis son téléphone par exemple et le diffuser sur internet à grande échelle.

Un policier qui fait correctement son travail, dans le respect des personnes lors d'un contrôle d'identité par exemple, devrait être particulièrement satisfait qu'on le filme en pleine action, cela ne peut que rassurer la population, lui donner des bons points auprès de sa hiérarchie.

 

S'il y a un problème, c'est que la police ne joue pas toujours son rôle suivant les stricts principes républicains, qu'elle outrepasse souvent ses droits, qu'elle joue même volontiers les éléments provocateurs, qu'elle se croit parfois tout permis.

 

Je m'étonne que certains confondent le respect de la vie privée, avec la nécessaire transparence professionnelle de personnes qui agissent en notre nom pour faire respecter la loi et l'ordre républicain, et dont les actes peuvent avoir des conséquences graves pour les citoyens qu'ils interpellent. On le réclame de plus en plus de la part de nos élus, à juste titre, il doit en être de même pour la police et la gendarmerie. C'est tout simplement une question de démocratie.

 

Oui.

Je vote ça.

Mais enfin Emmanuel Esliard, vous savez qui est ministre de l'intérieur aujourd'hui ? Et qui était son prédecesseur avant lui ?

Vous savez quelle est la politique de la place beauveau actuellement ?

Il faut faire du chiffre, arrêter et interpeller le plus de monde possible. Il faut rafler, oui je dis bien rafler, des Roms pour les transporter de centre en centre avant de les expulser.

Et vous croyez que les flics ils se lèvent le matin en se disant "Super, aujourd'hui je vais casser de l'indigné" ?

 

Encore une fois, ce que je dis c'est que les flics sont aussi des citoyens comme les autres. Et que je comprend qu'ils ne veulent pas forcément être filmé et que leur image soit diffusée même si les images montrent qu'ils font bien leur boulot. Car dans la vie privée, il peut être pris à parti juste parce qu'il est fonctionnaire de police, ou bien ses gamins à l'école peuvent avoir des problèmes aussi si on sait qu'ils sont gosses de flic.

 

Même si ça vous étonne, oui ça touche leur vie privée. Un chirurgien passe à la télévision pour avoir réussi une greffe, et ses voisins le regarderont avec admiration.

Un flic est reconnu quand il intervient dans une bagarre de rue et il peut se faire cracher dessus quand il va chercher son pain.

 

Alors même si on n'aime pas la police, ces gens là devrait avoir le droit de protéger leur image.

 

Pour finir, la démocratie ça commence par les urnes. Et c'est bien le peuple Français qui a voté pour la politique du Karsher. Alors c'est bien gentil aujourd'hui de pourrir la vie du policier sous couvert de démocratie.

Le vote majoritaire donne de la légitimité à une politique, oui.

 

Il ne retire pas la légitimité des critiques, ne donne pas les pleins pouvoirs, n'autorise pas à des pratiques illégales. Ni à des maltraitances.

 

Moi, j'aime beaucoup les policiers, j'en fréquente personnellemment. Je crois qu'ils ont intérêt à être surveillés. L'abus de pouvoir est aux policiers ce que le dopage est aux sportifs.

Il ne s'agit pas de lui pourrir la vie. Il s'agit de l'empêcher de se la pourrir tout seul, et de nous la pourrir par la même occasion.

 

Avant de donner des leçons de démocratie, vous devriez réfléchir à l'équilibre des pouvoirs, à la citoyenneté, à la responsabilité collective,...

 

Oh, et puis non, rendormez-vous.

"Moi, j'aime beaucoup les policiers, j'en fréquente personnellemment... l'empêcher de se la pourrir tout seul, et de nous la pourrir par la même occasion."

Oulah, ça commence à être nauséabond. On les connaît ces vieilles rengaines : remplacez le mot "policiers" par "noirs", "arabes" ou "gays" et voyez quel discours vous tenez.

 

C'est exactement ces discriminations haineuses qu'il faut combattre, même si vous les enrobez de jolis mots comme "démocratie, citoyenneté, responsabilité collective" que vous répétez comme un perroquet et dont vous n'avez pas idée de leur sens.

 

Merci Bernard pour cette illustration explicite.

Essayez l'honnêteté, vous verrez, ça apporte des satisfactions.

 

Essayez aussi l'intelligence, ça vient tout seul. Lentement, mais ça vient forcément. Soyez très patient.

 

Jetez un oeil sur le bouquin de Fassin, sur les BAC. Juste pour vous informer.

Bernard, je crois qu'on a décroché du lourd !

 

J'ai l'impression que la VIème république, c'est pas pour demain, quand beaucoup de citoyens ne sont pas convaincus de la nécessaire transparence dans leur activité professionnelle de tous ceux qui sont au service du public, on constate que le ver est dans le fruit depuis trop longtemps.

 

Les gens s'habituent à l'injustice, l'indifférence s'étend, et maintenant ce sont les victimes de l'arbitraire qui sont considérées comme coupables, il n'y a pas si longtemps avec les viols, c'était la même chose !

 

en ce moment sur France Culture, l'anthropologue Didier Fassin sur la police en périphérie parisienne.

A podcaster:

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-les-quartiers-ont-ils-la-police-qu-ils-meritent-2011-10-27.html

Sauf si vous étiez encore idéaliste, humaniste, (Pourquoi pas …) vous auriez intérêt à saisir que tout indique que nous sommes en fin de civilisation et même (cette fois) d’ère …

Les organismes, les institutions seront « toujours plus » saturés, débordés, en faillite.

De même que la Police, les flics.

On sera t. p. agressés, dévalisés, tués, dans les rues et partout …

Une fin de civilisation se termine toujours dans la BARBARIE !

Contrairement à ceux qui rêvent, aux bobos, tout va maintenant se dégrader t. p. vite et intensément …

Tout est vermoulu, sclérosé, à commencer par les politiciens !

Pierre Payen (Dunkerque)

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