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Clichy-sous-Bois, Villiers-le-Bel, Tottenham : pour une déontologie policière
On a oublié le premier motif, évènementiel, des émeutes en Grande Bretagne. La mort de Mark Duggan 29 ans abattu le 4 août par des policiers dans le quartier de Tottenham dans le nord de Londres. Duggan était antillais. Il était soupçonné d'appartenir à un gang. Les policiers ont justifié l'usage de leur arme en invoquant un état de légitime défense.
La colère est venue de là, de l'homicide bien sûr mais aussi et du moins des circonstances invoquées qui n'ont pas convaincu un quartier qui s'est embrasé come Clichy-sous-Bois en octobre 2005 et Villiers-le-Bel en novembre 2007.
La communication de crise de la police vise spontanément à exonérer de toute responsabilité. Cela s'est vérifié à Clichy – "les enfants n'étaient pas poursuivis" – ou à Villiers – "le véhicule de police circulait normalement". Dans les deux cas la relation des faits s'est avérée fausse. La première affaire attend d'être examinée par la chambre criminelle de la cour de cassation à la suite d'un arrêt de pure opportunité de la Cour de paris contre l'avis de trois juges d'instruction de Bobigny. La seconde attend d'être renvoyée par la Cour de Versailles devant le tribunal pour homicide involontaire.
Aucun des policiers impliqués n'a été sanctionné ni même muté. C'est pourtant leur relation trompeuse des faits qui avait mis le feu dans les têtes avant qu'il ne soit mis aux voitures. Le bilan a été catastrophique en termes de jeunes arrêtés et de policiers blessés.
Le même processus est observable à Londres. Dans un premier temps, une communication qui sert de leurre est offerte à la presse, prompte il est vrai à céder aux clichés et à l'émotion. Dans un second temps, l'émeute démarre reléguant au second plan l'investigation des faits. Le mal est fait, on connait la suite.
C'est plus tard mais bien trop tard que l'enquête rétablira les faits. A Clichy l'Inspection générale des services anéantit la thèse des fonctionnaires sur place au tour de la centrale électrique, à Versailles l'expert judiciaire anéantit les explications des policiers.
Pour Mark Duggan, l'IPPC (l'Independant Police Complaints Commission) a fait savoir le 9 août que rien ne démontrait que Mark Duggan se soit servi de son arme ou tenté de s'en servir. La thèse de la légitime défense s'effondre. On ne prétend pas ici que M. Duggan était un pasteur baptiste, mais la mort infligée n'est pas légitime pour autant.
Reconnaissons aux services d'enquête ou de contrôle de la police IGS en France, IPPC en Grande Bretagne une loyauté qui les honore. Pour autant cela n'excuse pas des communications désastreuses dans des quartiers marqués par un lourd contentieux avec les forces de l'ordre. Les chefs de la police en portent la responsabilité. La question n'est pas d'intervenir pour mettre un terme aux pillages et d'arrêter leurs auteurs, l'essentiel est de ne pas fournir d'alibi aux pillards. Or communiquer dans l'urgence, et mentir, c'est provoquer. La police a le devoir de prévenir la violence, pas de faciliter sa propagation.
L'aggravation alarmante de la crise sociale et la violence qui peut à tout moment surgir impose une déontologie policière stricte, une déontologie de temps de crise.
En 1968, le préfet de police Maurice Grimaud avait su calmer les fonctionnaires et ainsi pu contenir la gravité des violences exercées par les policiers en rappelant des règles déontologiques élémentaires. Instruit par les émeutes de Clichy en 2008 – il était le directeur de la police nationale –, le préfet de police Gaudin fit afficher la lettre du préfet Grimaud dans les commissariats et le préfet Lambert interdire l'usage des lanceurs de balle de défense en Seine-Saint-Denis lors des manifestations de lycéens après les graves blessures du jeune Geoffrey à Montreuil en octobre 2010 dues à un tir de LBD.
C'est la bonne voie, mais encore faut-il maitriser la communication et ne pas tolérer les faux commis par des fonctionnaires dans la relation de leurs interventions. Il convient même de pratiquer le doute systématique sur les procès verbaux effectués lors de la survenance de tels faits et faire procéder à la désignation d'un juge d'instruction dans les heures qui suivent. Si un service de police est admis à communiquer seule l'IGS doit y être autorisée. Les syndicats de police, véritables pipelettes des faits divers, n'ont pas leur place ici. Ils n'ont aucun mandat pour intervenir dans les enquêtes.
Certains diront que ce systématisme fait peser un soupçon voire constitue une une injustice vis-à-vis de policiers confrontés à des situations parfois périlleuses lors d'interventions dans les quartiers populaires. La vérité est à ce prix et tordre le cou à la rumeur n'a précisément pas de prix. L'affirmation téméraire que tout était normal lors de l'accident mortel de Villiers a produit trois jours d'émeutes. Si un juge d'instruction avait été désigné de suite, un dossier ouvert aux familles, un juge objectif plutôt qu'un procureur instrumentalisé et des propos futiles, bien des policiers n'auraient pas été blessés et des peines de prison évitées.
Qui dira le poids de la communication mensongère, ou au mieux téméraire, dans les révoltes suivant la mort de Mark Duggan?
Alors oui le doute dans ces cas doit être méthodique -c'est-à-dire un juge désigné- pour le bien de tous, policiers et jeunes, pour celui de la paix civile évidemment menacée lors d'évènements propices à la violence, pour la vérité tout simplement. La vérité n'est pas ethnique, elle est la vérité. Ce doute ne serait d'ailleurs qu'une toute petite injustice, vite réparée si les faits étaient limpides, et puis « mieux vaut » comme l'écrivait Goethe « une injustice qu'un désordre car » – on oublie souvent de le citer en entier – « un désordre peut produire une injustice plus grande encore ».
Jean Pierre Mignard
Avocat
Docteur en droit pénal


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Pire à Clichy : Sarkozy, qui ne pouvait ne pas être parfaitement informé comme ministre de l'intérieur (à l'époque) a prétendu que les malheureux enfants électrocutés volaient des matériaux sur un chantier. Dans une société digne de ce nom et devant un tel drame, un tel mensonge ne devrait-il pas définitivement carboniser (c'est le cas de le dire) le responsable politique coupable d'un tel mensonge?
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Ce qui vaut en Europe devrait aussi valoir en Côte d'Ivoire. Cher Maître que pensez vous du sort fait à M. Gbagbo par son successeur?
La bande qui sévit à Neuilly n'a pas encore suscité d'émeutes?
Monsieur,
Je ne comprends pas votre intervention, plutôt hors sujet.
M. Gbagbo sera mis à la dispositionde la Cour pénale interntionale ( CPI) dès que la procédure de celle-ci sera achevée et ceci à la demande de la République de Côte d'ivoire et du président Ouattara.
Je n'ai aucune inquiétude sur la garantie de ses droits par la CPI. Vous, si?
J.P.Mignard,
Etes-vous encore l'avocat de Alassane Ouattara ? Pouvez-vous donner des éclaircissements sur votre relation avec ce politicien ?
Hors-sujet, quand ça vous arrange ! La Côte d'Ivoire ne se trouve pas sur une autre planète et les intérêts financiers internationaux dont Mediapart nous découvre les rouages sont au travail aussi bien en France, qu'en Grande Bretagne ou en Côte d'Ivoire.
Me Mignard, en tant que defenseur des libertés publiques, il eut été interessant justement de recueillir votre opinion sur la situation ivoirienne. Il est assez comique (ironie par antiphrase) de constater la discrétion de violettes qui est la votre lorsqu'il s'agit d'évoquer la situation de M. Gbabgo. Le faux-fuyant que vous utilisez pour éluder la question qui vous est adressée ne plaide pas en votre faveur. Est-ce à dire que la Côte d'Ivoire est un état de droit? Ou cette notion est-elle le réceptacle de valeurs diamétralement opposées à celles dont vous vous prévalez en France? L'inquiétude sur la garantie des droits de l'ancien président ivoirien est légitime lorque l'on connait la pratique immodérée de la violence politique de votre (ex?) client... Il est bien beau de se poser en défenseur de valeurs fondamentales, encore faut-il en cette matière faire preuve de constance et d'honneteté. Mais il est vrai qu'en ce domaine l'Afrique jouit d'un statut dérogatoire...
Monsieur,
Oui ou non estimez vous que M. Gbagbo est menaçé dans on intégrité physique et dans ses droits lorsqu'il sera sous statut de la CPI?
Répondez à cette question précise car elle resume toute votre longue dissertation relative au sort de M. Gbagbo.
Oui ou non est ce le président Ouattara qui a demandé explicitement la compétence de la CPI pour M. Gbagbo?
La CPI sera compétente pour TOUS les faits commis en Cote d'Ivoire, tous sans exception a commencer bien sur par les faits de crimes contre l'humanité qui pourraient être reprochés à M Gbagbo.
Enfin n'etes vous concernés que par le sort de M. Gbagbo et en rien de ce qui s'est passé en Grande Bretagne cet été ni en France dans les banlieues ces dernieres années?
Me Mignard, en tant qu'avocat vous êtes passé maitre dans l'art de répondre à côté de la question qui peut vous être posée. En cela, vous ne faites que vous conformer à une certaine déformation professionnelle, je ne saurai donc vous en tenir rigueur.
Pour revenir à ma "dissertation" comme vous la qualifiez, vous éludez ma question: "Oui ou non la Côte d'Ivoire dirigée par votre (ex?) client le 'démocrate' Ouattara est-elle un état de droit?". Répondez à cette question précise car elle résume toute l'hypocrisie de votre position.
Quant à votre affirmation sur la compétence de la CPI sur TOUS les crimes commis en Côte d'Ivoire, n'êtes-vous pas au fait que votre (ex?) client ignore tout des exactions commises par ses milices composées de coupeurs de route et autres brigands de grands chemins? Je vous renverrai pour cela au verbatim d'une interview donnée par ce dernier lors de son dernier voyage aux Etats-Unis. Difficile dans ce cas d'enquêter sur la totalité des crimes commis lors de cette crise politique.
Votre dernière phrase n'appelle que très peu de commentaires, originaire de Clichy-sous-Bois, je suis donc, cher Me, concerné au premier chef par ce qui s'y passe. Vous n'y êtes, heureusement pour votre confort, que de passage. J'y ai grandi et ne saurai recevoir de leçon de la part d'un intermittent du spectacle.
Bien à vous...
Monsieur Ahouansou:
Je vous répondrai donc de nouveau:
La CPI sera compétente pour tous les crimes commis sur toutes les parties du territoire et elle sera seule maitresse de ses investigations comme de ses procédures. c'est l'honneur du Président Ouattara d'avoir préféré confier à la justice internationale des solutions malheureusment traitées dans le déni des droits de l'homme dans nombre de payes africains.
Je suis intermittent d'un spectacle vieux de 6 ans bientôt à Clichy. Je n'ai aucune lecçon à recevoir de vous dans ce dossier que je partage avec quelques uns et les familles depuis toutes ces'années.Qu'avez vous fait vous mêmes pour vous ériger en donneur de leçons?
Je ne me souviens pas vous avoir jamais rencontré lors des dizaines de réunions auxquelles j'ai participé à Clichy, ville ou j'ai même tenté de constituer un cabinet d'avocats et ou l'une de mes -brillantes- collaboratrices est Clichoise, ou et je revendique avec fierté avoir pu embaucher durant trois ans deux jeunes Clichois. Sans autre espoir de gains de faire ce que je pensais utile. Chacun sa pierre...
Je continue avec plusieurs membres de mon cabinet à travailler régulierement avec le Lycee Alfred Nobel de Clichy. Et j'ai embauché un jeune Clichois durant les vacances.
Je n'aurais pas eu à dire tout cela si vous n'aviez insulté par cette phrase méprisante "d'intermittents du spectacle" mes associés, mes collaborateurs, dont le dévouement est immense , par ignorance, dans le meilleur des cas, ou par malvaillance.
Je n'ai qu'une fierté celle d'avoir la confiance des familles des gamins morts électrocutés, la votre d'ailleurs je ne la recherche pas.
Donc rompons là.
Cher Me Mignard,
En bon avocat vous êtes rompu aux effets de manches et ne répondez jamais aux questions précises qui vous sont posées.
Seul un enfant se satisferait de vos digressions sur l'honneur de M. Ouattara. Confier à la CPI l'épineux cas de M. Gbagbo est une façon pour lui de se débarrasser d'une patate chaude. Chef des milices armées ayant notamment œuvrées à Duekué, avec "l'efficacité" que l'on sait, dans le silence complice de nombre de défenseurs des droits de l'homme et libertés publiques de notre pays (dont vous faites partie), il s'en remet aux régulateurs de cet ordre mondial ayant facilité sa sanglante prise de pouvoir. Il eut été pour lui trop ardu politiquement de juger M. Gbagbo en Côte d'Ivoire.
Les récentes prises de positions tout en finesse de représentants de l'ONU, concernant les conditions de détention attentatoires aux droits de l'homme de M. Gbagbo, devraient doucher votre optimisme quant aux garanties légales accordées par votre (ex?) client. Mais il est clair que sur ce point votre parti pris vous fait passer par pertes et profits les principes que vous défendez par ailleurs. Dont acte...
Concernant Clichy-sous-Bois, votre susceptibilité vous égare. Cela fait 6 ans que vous honorez les clichois de votre présence pour n'y exercer, je vous le rappelle, que votre profession, rien d'extraordinaire à cela. Je vous le répète, j'y ai grandi et peux vous assurer que les problématiques que vous avez découvert depuis peu, je les ai vécues. Si vous reprenez votre première réponse et le commentaire que j'y apporte, vous noterez que je ne fait aucune critique ou observation sur votre action concernant cette triste affaire et encore moins sur vos collaborateurs (intermittent du spectacle est au singulier. Encore un effet de manche...).
Votre poignante envolée (que j'ai lu les yeux remplis de larmes) sur vos grands et éclatants mérites est donc, selon une locution que vous affectionnez, hors-sujet. Point n'est besoin d'être décoré de la légion d'honneur pour réfléchir et avoir un avis critique, encore moins pour solliciter vos lumières...
Pour finir, vous ne m'avez jamais vu, il est vrai, car je ne suis pas dans les parages immédiats des caméras et des micros. Je ne confonds pas action citoyenne et défense de certains principes avec auto-promotion.
Bien à vous...
a M. Ahouansou
En matière d'action citoyenne je citerai à Clichy la longue et patiente requete pour que les familles de Zyed et Bouna obtiennent justice . Dommage que votre action ne vous ait pas poussé de ce côté, vous auriez été le bienvenu et, hélas, les medias n'étaient que trop peu là. Vous non plus apparemment.
Votre vindicte ne sert personne.
Je constate que vous vous acharnez à revenir sur la Côte d'Ivoire lorsque l'on vous parle de CLichy. Nul doute que tous ceux qui n'ont eu de cesse que de ternir la mémoire de ces deux gosses et de leurs copains, y compris au nom de l'anti islamisme le plus dangereux, vous en sauront gré.
Vous êtes un excellent agent d'atmosphère.
Enfin j'ai en effet confiance en la justice internationale et dans la CPI notamment.
Rien ne permet en l'état de poursuivre un dialogue impossible puisque vous confondez échange avec sentence.
Cher Me Mignard,
Votre sensibilité à fleur de peau vous empêche selon toute vraisemblance de comprendre le sens de mes interventions, qui loin de pousser à l'assouvissement d'une vindicte contre une personne que je ne connais ni d'ève ni d'adam, ne cherchent qu'à faire ressortir le paradoxe de positions de principes qui selon le sens du vent, se voient affirmées ou niées.
Je ne m'acharne à rien d'autre que d'obtenir des réponses à des questions qui préoccupent nombre de français, malgré l'omerta qui règne dans nos médias. Je profite également de l'occasion rare de pouvoir échanger avec un des membres de ce système qui marche sur la tête. Il est difficile, je le vois et même pour un brillant avocat, de défendre l'indéfendable.
Inutile de revenir sur votre action à Clichy-sous-Bois, en tirer une quelconque gloriole est pour le moins déplacé. Souffrez-donc que l'on ne vous félicite pas pour avoir fait votre travail. Ce n'est, également, nullement un blanc-seing valant à mes yeux la trahison de valeurs essentielles. Mais ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions?
Souffrez également que l'on agisse dans d'autres domaines. Ne niant certes pas l'importance de la cause que vous défendez (le déni de justice pour ces deux adolescents et leur famille, et non pas la défense de l'action meutrière de votre 'ex?' client...), d'autres combats ont retenu mon attention. Votre connaissance approfondie des quartiers défavorisés et des situations difficiles de ceux que l'on nomme avec élégance les minorités visibles, devrait vous amener à concevoir qu'il y a pléthore d'engagements possibles...
Je prends avec le sourire votre argumentaire qui ferait de moi un allié objectif de la droite extrême, mais un bon avocat doit savoir faire preuve de mauvaise foi. Vous êtes de fait un très, très bon avocat...
Que je sois passé à vos yeux, en quelques lignes, d'un fou furieux assoiffé de vengeance à un suppôt de l'extrême-droite pour finir en chauffeur de salle, démontre trois choses: vous ne savez pas sur quel pied danser, vous vous laissez emporter par vos humeurs et surtout, vous n'êtes pas constant dans le choix de vos positions...
Vôtre confiance en une justice internationale, largement orientée par les maîtres occidentaux de ce monde, sonne comme un trait d'humour, involontaire mais savoureux, émanant d'un praticien du droit, contempteur de la justice et de la police nationale (qui ne sont pas irréprochables, loin s'en faut) et bien au fait du caractère plus qu'opportuniste des choix de poursuites dans l'ordre juridique international.
Vous désiriez ce matin rompre le dialogue, vous le reprenez ici, il est donc plus qu'évident que mes sentences sont susceptibles d'appel, donc discutables. Cette fâcheuse impression de vous sentir en permanence devant un juge (déformation professionnelle, j'en conviens à nouveau) altère votre perception de l'échange. Votre morgue exceptée, je ne vous tiens rigueur de rien.
Bien à vous...
Cher Maître,
Si vous trouvez ma diversion sur la Côte d'Ivoire hors-sujet c'est tout simplement car je ne peux comprendre votre courage à défendre la mémoire des enfants de Clichy sous Bois et à dénoncer l'attitude de la police dans ce cas; et je ne comprends pas votre engagement aux côtés de M. Ouatara. Grâce à de courageux blogueurs sur MDP nous avons pu bénéficier d'informations sur la situation en Côte d'Ivoire. Ces derniers jours circulent des informations alarmantes sur les conditions de détention et d'isolement de M. Gbagbo. La CPI est restée bien silencieuse. Il me semble qu'un travail important reste à faire pour établir la responsabilité réelle de Messieurs Ouatara et Gbagbo dans les massacres intervenus en Côte d'Ivoire. La sous information sur la situation actuelle est criante. Si vous détenez ces informations, que ne les donnez vous?
Cordialement,
GW
Monsieur,
Le Président Ouattara souhaitait une intervention rapide de la CPI , bien plus rapide que la procédure actuellement suivie car c'est de la chambre préliminaire de la CPI que dépendra l'ouverture de la procédure contre M. Gbagbo et sur tous les faits relatifs à d'éventuels crimes contre l'humanité commis en Côte d'Ivoire, quelqu'en soient les auteurs. Je dis bien quelqu'en soient les auteurs et sur ce point le président Ouatarra se montre inflexible. La CPI n'accepterait d'ailleurs aucune partialité dans ses investigations.
Je vous indique que les équipes du Procureur de la CPI se sont déjà rendues en Cote d'Ivoire et que les premières enquêtes ont commencé. Il n'y a eu aucune réticence de la part du gouvernement à faciliter la mission CPI et on doit considérer que M/ Gabgbo est dorénavant sous statut CPI.*
Je considère comme un immense progrès qu'un pays sortant de la guerre civile tente d'éviter les règlements de compte et ait décidé d'abdiquer une partie de sa souveraineté au profit de la justice internationale c'est à dire au profit du droit. c'est rare et pas seulement en Afrique, même si le président Mandela avait sur ce point donné au monde une leçon de savoir vivre.
En France en 1945 et 1946, même sous le gouvernement du Général de Gaulle et d'hommes et de femmes remarquables, je vous rappelle que la justice fut expéditive au point que l'on peut s'interroger parfois si c'était encore de la justice.
Cela dit je suis attentif à votre dernier billet qui n'est pas passé inaperçu et je vous accorde un point: on n'est jamais assez transparent. Dont acte et sur ce point là, merci.
Monsieur,
Répondez sur ce pour quoi vous semblez gêné c'est à dire les modes de gestion de l'ordre public dans les quartiers marginalisés en France et en Grande Bretagne.
Je n'ai pas à ouvrir un debat avec vous que je ne connais pas sur un sujet qui n'est pas celui du forum ni à répondre de ma pratique professionnelle devant un tribunal du Net sur un réquisitoire à priori hostile.
Vous évitez le sujet traité et vous vous évertuez à dévoye la discussion. C'est un procédé connu de diversion.
Pire à Clichy : Sarkozy, qui ne pouvait ne pas être parfaitement informé comme ministre de l'intérieur (à l'époque) a prétendu que les malheureux enfants électrocutés volaient des matériaux sur un chantier. Dans une société digne de ce nom et devant un tel drame, un tel mensonge ne devrait-il pas définitivement carboniser (c'est le cas de le dire) le responsable politique coupable d'un tel mensonge?
Cet article dénonce bien ces mensonges d'Etat, qui ruinent actuellement notre monde.
Résultat ! Les parents, les frères, les copains de Zyed et Bouna, n'auront-ils pas toute leur vie, le sentiment d'une injustice flagrante, du pot de terre contre le pot de fer ? Je les ai vu à la sortie du tribunal, dignes, en aurais-je été capable d'être digne, je ne crois pas.
mercredi 27 avril 2011 Mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois : non-lieu pour les policiers.
Cinq ans et demi jour pour jour après les faits, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a accordé mercredi matin un non-lieu aux deux policiers initialement renvoyés devant le tribunal correctionnel dans l'enquête sur la mort de deux adolescents en 2005 à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés après une course-poursuite avec des policiers. Un troisième adolescent, Muhittin Altun, avait en revanche survécu. Ces événements avaient été le point de départ de trois semaines d'émeutes dans les banlieues. Les deux policiers avaient initialement été renvoyés par les juges d'instruction chargés de l'enquête devant le tribunal correctionnel pour «non assistance à personne en danger». Le parquet de Bobigny, qui avait requis un non-lieu, avait fait appel de cette décision.
«Le dossier a toujours été vide», a expliqué leur avocat, Me Daniel Merchat, en se réjouissant qu'après «cinq ans, (ses) clients voient enfin leur honnêteté professionnelle reconnue». «Au bout de 5 ans, la petite voix de la vérité judiciaire a fini par couvrir le tintamarre des leurres médiatiques», a-t-il encore déclaré.
http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/mort-de-zyed-et-bouna-a-clichy-sous-bois-non-lieu-pour-les-policiers-27-04-2011-1425242.php
Mais qu'au moins, cet avocat ait lui, la dignité de se taire !
Il est certain qu'une erreur policière justifie la mort de cinq personnes, lors des émeutes anglaises. Il serait véritablement inhumain de penser le contraire. Les policiers ont des devoirs que les émeutiers n'ont pas et c'est très bien ainsi.
Votre commentaire se veut sans doute caustique. c'est dommage sur une question pareille. L'erreur policière c'est un mort, avec les cinq autre, que vous citez cela fait six. Il n'y a donc pas cinq morts et une erreur. il y a six morts.
Ensuite si vous m'avez bien lu c'est l'attitude face à ce que vous appelez pudiquement l'erreur que je dénonce, c'est à dire le mensonge ou pour être plus cauteleux une cmmunication fallacieuse.
il ya donc six morts et un mensonge. Sans mensonge il n'y aurait peut être pas eu de morts à Londres ou en GB ni de blessés après les deux morts de Clichy ou les deux morts de Villiers le Bel.
Des morts et en aucun cas des erreurs.
Merci de votre mot, qui mérite attention. Je vous répondsvolontiers. Le ton caustique, voire cynique de mon commentaire s’explique,comme nombre de propos de ce type, j’imagine, par le fait que l’humour ou ladérision peuvent être les armes, dérisoires il est vrai, de personnes tout simplement pressées, voiredécouragées par l’existence d’un « politically correct » qui n’estmalheureusement pas absent de Mediapart et qui tend à faire croire que lesfautes, réelles, de Sarkozy expliquent, voire excusent, toute manifestation,quelles que soient les formes qu’elles revêtent.
Dans le cas qui nous occupe, je constate que le comportementde la police ne peut être considéré a priori comme un mensonge, sauf à enadministrer la preuve ce qui, à maconnaissance n’a pas été le cas jusqu’ici en Angleterre. Ce constat n’exclutpas le fait que ces policiers aient commis une erreur, ni que les autoritésaient elles-mêmes commis un mensonge ou tout au moins un abus d’autorité enabsolvant la police sans preuves. Bien sûr ! Si l’on intériorise l’idéeque, quoi qu’elle fasse, la police est mauvaise et ce du fait même qu’elledépend d’un gouvernement mauvais, la légitimation de l’agression policière estalors recherchée non pas dans les faits mais dans le jugement sur la policeinduit par celui qui est porté sur le gouvernement et la président de larépublique. Cette stigmatisation (car c’en est une) est finalement la même quecelle qui est pratiquée par nombre de jeunes, objectivement discriminés, sanspossibilité ni même vision d’avenir, de toutes nationalités et origineethnique. Le problème est alors double : d’abord cette stigmatisationest-elle légitime, conforme à la réalité de la police ? Ensuite les actesqu’elle induit sont-ils ou non de nature à contribuer à résoudre les problèmes,réels, des jeunes ?
A la première question on peut répondre assezfacilement : de nombreux faits témoignent du fait que le « flic » n’est pas forcément etsystématiquement l’auteur d’abus. Ce constat rend d’autant plus consternant lefait que des policiers ou pompiers aient pu être agressés, voire tués au coursde ces dernières années par des jeunes, même s’ils sont effectivement victimesd’injustices.
La seconde question convoque une réponse qui me paraîtévidente : le fait, résultant d’une condition sociale injuste, de détruiredes magasins, tuer des vieillards, s’attaquer systématiquement à la policen’est en rien productif. Cela fait obstacle, comme on l’a vu en France, à uneenquête sereine et impartiale sur les pratiques policières. Mais surtout :Les effets politiques de ces actions ne contribuent en rien à augmenter laqualité de vie de leurs auteurs. La droite s’en trouve de fait renforcée, commeon l’a vu en France et comme en témoignent les derniers sondages consécutifsaux révoltes des jeunes anglais. Il tombe évidemment sous le sens que même encas d’abus policier, ces comportements ne se justifient pas.
Les personnes qui interprètent hâtivement ces révoltes commedes mouvements de lutte induits par de mauvaises conditions de vie oublient enfait deux choses : la première est que l’on ne saurait nier qu’une culturede la criminalité soit produite par ces mauvaises conditions de vie. La secondec’est que rien, contrairement à ce qui s’est passé lors de la révolte deslycéens en France, aux révoltes tunisienne, égyptienne, n’indique que les émeutesanglaises véhiculent un projet politique quelconque, même si, encore une fois,elles sont fondées sur un légitime sentiment d’injustice. Face à cettesituation, il ne suffit pas, comme le fait trop souvent la gauche, de déclinerostensiblement le fait que ces révoltes résultent de mauvaises conditions devie, qu’il faut donc les « comprendre » et se borner à condamner dansla foulée les politiciens responsables de cet état de fait. Cette seuleposition réduit ces jeunes au statut d’arguments dans une stratégie argumentativedont les visées électorales peuvent évidemment être dominantes. Non. Lesexpériences arabes mentionnées plus haut mais aussi la lutte de l’ANC enAfrique du Sud, la structuration de la révolte noire aux USA autour demouvements tels les Panthères Noires ou Luther King, bien d’autres réalitésencore montrent que ce qu’il faut actuellement c’est travailler à organiser lalutte politique et sociale de ces populations défavorisées. Il ne suffit pas deleur envoyer de gentils travailleurs sociaux et de créer des centres deprévention. Il faut organiser une lutte et ici, et seulement à cette condition,des actes réfléchis de violence sont peut-être souhaitables et utiles. A maconnaissance, aucun parti, en Angleterre et en France ne pose le problèmeainsi, même si les bonnes âmes s’émeuvent du sort de la jeunesse dans lesassemblées électorales. Le parti socialiste, par exemple, ne se salit pas lesmains en organisant la lutte des jeunes ou en tentant de le faire. Cet enjeuest fondamental. Tant qu’il ne sera pas relevé, la révolte revêtira la forme dela criminalité.
On peut enfin ajouter une chose : La police, pour lesjeunes défavorisés, est l’emblème, le symbole du pouvoir. Casser du policier,qu’il soit coupable ou non, donne au moins l’illusion de s’attaquer au pouvoir.C’est évidemment une lutte dérisoire qui n’a jamais débouché sous cette formesur quoi que ce soit, sauf à s’articuler à des objectifs et à d’autres moyensde lutte politique. Mais alors il faut constater que les « élites »politiques fonctionnent de la même manière que nos jeunes banlieusards. Mais àun autre niveau. Ainsi, ils s’attaquent quasi exclusivement à un Sarkozy,lui-même impuissant et complicement dépendant de la finance et qui se trouvedans une position exactement symétrique de celle du petit policier face à desjeunes. Symptôme : Il n’y a jamais eu de mobilisation de masse contre lesbanques, et surtout pas au niveau européen. Les partis de gauche et lessyndicats n’ont jamais proposé de telles actions. A la nécessité d’une mobilisationdes jeunes contre l’injustice, seule alternative à une culture du gâchis,répond celle d’une réelle mobilisation de la gauche contre les criminelsfinanciers qui instrumentalisent, y compris les nations.
Bien à faire…
Cher Monsieur,
Bien sur que non il n'y a en effet aucun projet politique dans ces émeutes ou se mêlent violence , exaspération, pillage et désespoir. Elle sont un symptome, pas un projet. Je vous rejoins la dessus.
Ensuite dans les périodes de désordre toutes les classes de la société se trouvent réunies et barssées. Victor Hugo a érifgé un monument au peuple avec son roman "Les Misérables" sur fond des émeutes de 1832 à Paris.
Un de ses héros est un adolescent qui aurait pu aussi parcourir les rues de Tittenham et de Clichy, Je veux dire Gavroche Thénardier, a la fois pick pocket et héros des barricades. Hugo publia ce livre sublime en 1848 et en 1849 il rédigeait son "Disours sur la misère".
Je n'ai aucune sympathie pour les pillards. La mort d'un policier me remplit de tristesse. mais je ne veux pas cracher sur les jeunes des quartiers pauvres quand leurs révoltes, y compris dans ce qu'elles ont d'insupportable, nous renvoient à notre cécité et à nos egoismes.
Enfin et c'etait le sujet: les policiers sont des fonctionnaires d'Etat. ils sont sous serment. Ils ne doivent pas mentir, eux moins que d'autres sinon il n'y a plus ni loi ni ordre. Ils sont en charge de l'exemple.
je cite :
puis « mieux vaut » comme l'écrivait Goethe « une injustice qu'un désordre car » – on oublie souvent de le citer en entier –« un désordre peut produire une injustice plus grande encore ».
Cela ne vaut-il pas en Côte d'Ivoire, ou bien c'est différent pour les Africains ?
Ce billet moralisateur est une analyse superficielle, qui ne tient aucune compte des causes réelles des conflits, ici comme là-bas.
Je voudrai que JP Mignard admette que souvent les "erreurs" ou bêtises" des victimes sont les seules causes de leur mort, et que la police, la société ne furent que spectatrices ...
Ce n'est pas parceque un délinquant, jeune et irresponsable passe à l'état subite de victime morte brutalement qu'il devient par miracle subjectif innocent et victime d'une bavure policière..
C'est ce que certains jugements essayent de faire comprendre ..
A Cloclo.
Je ne prétends pas que la mort d'un délinquant le transfigure en pasteur baptiste ou en bénévole d'une ONG humanitaire. Je me place sur les obligations de la police dans un état de droit. Je demande une éthique à la police que je ne demande pas un voyou. Un délinquant est justiciable d'un tribunal répréssif pas d'une charte éthique. Rappelant cela on enfonce une porte ouverte.
La police , elle, doit respecter sa déontologie et celle ci , comme la loi, ne lui autorisent pas n'importe quoi , n'importe quand contre n'importe qui. Sinon c'est l'arbitraire et ce n'est plus un état de droit. Alors, en effet, la police peut faire des erreurs, cela admettons le car l'infaillibilité ne fait pas partie de ses obligations.
Mais elle ne doit pas MENTIR. Elle est sous serment, il s'agit de fonctionnaires sous serment. Il s'agit donc de faux et d'usage de faux en écritures publiques qui relèvent du droit criminel. Le comprenez vous?
A mon tour je vous pose une question: si l'on ne croit plus en la police , en qui croira t on? Si l'on n a plus confiance en la police" le bien le plus précieux de la cité" disait déjà Aristote, alors viendra le temps des vengeances privées.
Malédiction que cela.
On ne sait toujours pas si J.P. Mignard est encore l'avocat de Alassane Ouattara. A-t-il honte d'en parler ? En tout cas, ça aiderait beaucoup à la transparence si cela était établi honnêtement.
Car la réaction de J.P. Mignard aux émeutes relève finalement de la même bonne conscience ostentatoire qui décide que son "camp" ce sont les 'bons' et les autres les 'méchants'. Ne pas demander d'éthique à un 'voyou' c'est un manque d'éthique justement. C'est une classification essentialiste des êtres humains et une affirmation cynique de l'ordre établi qui, on le sait, profite tant aux politiciens du parti soit-disant socialiste.
Confus...
Non en effet je ne de:mande pas à un voyou de signer une charte éthique ni même d avoir une éthique quelconque.La délinquance voyez vous, c'est cela: l'omission de toute éthique.
Un fonctionnaire n'étant pas un voyou il est normal d'exiger de lui ce que l'on ne demande pas à un délinquant, sauf à se couvrir de ridicule, une éthique précisement. Je vous recommande la lecture du code de déontologie de la police et accesoirement du code pénal sur les faux et usages de faux.
Je suis toujours l'avocat de la république de Côte d'Ivoire et je ne vous tiendrai pas informé de mes relations avec ma cleinte, cela s'intitulant le secret professionnel.
Sur ce je crois vraiment que nous nous sommes tout dit.
Etrange, presqu'irréel ces échanges !
Un avocat, défenseur des droits de l'homme, parfois du "petit homme", de l'homme dévoyé, de l'homme délinquant, de l'homme criminel est attaqué parce qu'il défend...
Qu'est-ce qu'un avocat ? Au fond posons-nous la question autrement : est-ce qu'un criminel a le droit d'être défendu par un avocat ?
Je dois être idiote. J'ai la bête tentation de répondre "oui". N'est-ce pas le fondement même de notre démocratie que de permettre même à un criminel de se faire défendre par un avocat ? Pour autant l'avocat doit-il perdre son honneur et son âme ? Sa conscience d'homme ? Et son droit d'exprimer lui aussi son indignation ? Eût-il défendu Landru ! Monsieur Landru...
Voilà un avocat attaqué parce qu'il défend des (je force à peine le trait à lire les messages) criminels d'Etat. Peut-on juger un homme pour ses crimes, sans qu'il ait le droit d'être défendu ? On peut. Dans les dictatures, on ne juge pas, on condamne.
Méfions-nous ! Maître MIGNARD, spécialiste des dictatures, à travers le mensonge d'Etat, nous alerte. Par le mensonge de quelques policiers représentant l'Etat, l'avocat nous met en garde contre le fait de devenir nous aussi des criminels et de voir disparaître le statut de "victimes" pour un statut délinquant de celui "qui a voulu tirer sur le policier" ou "qui a fui devant des policiers, donc qui avait mauvaise conscience"... Sauf que l'avocat ne peut intervenir dans ce jeu médiatique pervers. Il nous assiste lorsqu'il y a procès. Sans procès, l'avocat nous prévient. Attention à l'absence de justice confisquée par la parole devenue omnipuissante de certains fonctionnaires de l'Etat !
Peine de mort pour le jeune qui court devant un policier et qui aurait pu, a voulu mais n'a pas pu, ou n'a pas su, tirer ? Sans armes, peu importe. Le policier lui a tiré. La vie décidèment ne coûte pas cher dans une démocratie.
Oui, un avocat est comme Janus, à double visage. Mais ce rôle complexe et délicat lui permet ou devrait lui permettre de mieux connaître les arcanes du pouvoir et les méandres de l'âme humaine. De toute façon un avocat qui ne défendrait que des innocents courrait à la ruine ! Nous sommes tous coupables : coupables de non-assistance à personne en danger, coupables de lâchetés au quotidien, de mesquineries indicibles, d'escroqueries minables au nom du profit plus grand réalisé par l'Etat qui serait plus voleur encore que nous !
Ce que dénonce cet avocat n'est pas anodin ni anecdotique. Il devrait tous nous mobiliser. La parole d'un policier est toujours la parole de l'Etat. L'Etat peut-il se compromettre au point de brader de plus en plus Sa parole ? J'en doute. Si l'usage de la force ne paraît plus légitime lorsqu'elle est entre les mains de la police, de l'Etat, alors l'usage de la force appartiendra à des bandes armées qui, elles, n'auront pas besoin d'avocats, ni de juges pour condamner d'autres citoyens à la mort.
Les citoyens s'armeront. Contre la police. Contre l'Etat. Cet appel, ce rappel à la déontologie professionnelle est nécessaire et bienvenu. Un policier n'est pas un citoyen ordinaire. Pas plus qu'un avocat qui trahirait sa déontologie professionnelle s'il refusait de défendre un criminel parce qu'il saurait sciemment que c'est un criminel.
Etrange France ! Qui oublie jusqu'à ce devoir républicain d'équilibrer les droits de la défense et de l'accusation. Mais qui peut nous assurer que demain, moi ou vous, ne serons pas injustement accusés ? Et soulagés de savoir que, malgré l'importance du crime qui nous est reproché, un avocat acceptera de nous défendre, au risque de devenir impopulaire ?
Il est important aussi de souligner que la haute hiérarchie policière, en la personne de Michel GAUDIN ou d'autres hauts serviteurs de l'Etat, n'a pas couvert et ne couvrira pas les mensonges de policiers qui déshonorent leur fonction, que le gouvernement soit de gauche ou de droite. Symbole de cette volonté politique, l'introduction des armes non léthales dans la police nationale a été une "révolution". Pour un policier, un adversaire "neutralisé" était un adversaire mort. Un avocat, Nicolas SARKOZY, devenu ministre de l'intérieur, a fait tomber le mur de la "honte", diminuant de manière incontestable le nombre de "bavures" policières. Il est dommage que l'avocat semble s'être effacé au fur et à mesure que l'homme politique a pris une importance présidentielle. De même que s'efface la Sécurité Publique, 80 % de l'activité de la police nationale, au profit d'une autre police, la police aux frontières, porteuse du "chiffre" qui fait la différence, celui des reconduites aux frontières.
Dans son article, Maître MIGNARD relève le rôle de porte-paroles singuliers, les syndicats corporatistes policiers, qui colportent les mensonges qui ont enflammé les banlieues pour couvrir des policiers qui ont outrepassé leurs droits. Il s'interroge sur la légitimité de ces syndicalistes policiers à s'exprimer en lieu et place de l'autorité d'Etat. Et je le rejoins sur cette interrogation, où bien souvent, sur le thème de l'absence de moyens donnés aux policiers, les syndicats corporatistes victimisent des policiers "voyous" provoquant des réactions de rejets et de haine, il faut bien l'écrire, contre des fonctionnaires à qui tout serait permis, même le droit de tuer, et ce impunément. Mourir parce que vous avez peur d'être contrôlés par la police nationale ? Est-ce normal ?
Il y a effectivement un problème de relais de la communication officielle d'Etat au sein de la police nationale. Au fond, le devoir de réserve a rendu muet les chefs de service ou les donneurs d'ordre. Les syndicalistes policiers s'expriment en leur lieu et place, créant une confusion peu avantageuse pour la police nationale. L'image véhiculé est systématiquement celle d'une société civile en guerre, où les policiers seraient les victimes et non les gardiens d'un ordre qui n'existerait plus : la paix. Donc les jeunes se savent en guerre et les résistances s'organisent. Le discours syndicaliste policier n'est pas protecteur envers la jeunesse, mais agressif et "offensif".
Pour conserver leurs adhérents, autres policiers, les syndicalistes sont prêts à tenir tous les discours. La surenchère est lamentable, au point d'excuser l'inexcusable, donnant aux citoyens l'impression que tous les policiers se comportent mal et ont donc intérêt à se couvrir mutuellement. Ce qui est faux. Les policiers représentent l'Etat et sont au service des citoyens. L'oublier, c'est créer volontairement le risque d'une guerre civile. La Sécurité Publique doit retrouver toute sa place et sa légitimité dans la police nationale.
Les policiers attendent de leurs chefs de service et des vrais représentants de l'Etat un discours clair et un projet porteur d'avenir pour la société comme pour la place qu'ils devront y occuper au côté de leurs concitoyens en tant que gardiens de la paix civile.