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La gauche et la double pensée
02 août 2009
Par jean_paul_yves_le_goff
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Jean-Claude Michéa est intelligent. Donc roublard. Très intelligent. Donc, très roublard.
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Dans son dernier petit ouvrage "La double pensée", 2008, il feint de s'en prendre à "la question libérale". (C'est le sous-titre : retour sur la question libérale).
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C'est, évidemment, à la gauche qu'il en a.
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Page 58, il s'en prend au "haut du pavé médiatique" (Coupable, bien évidemment, comme la gauche, de "double pensée").
Tout rapprochement avec qui que ce soit de la mouvance Médiapart, directeur, rédacteurs, lecteurs, contributeurs, souteneurs, serait le résultat d'une pensée malveillante. (Et peut-être même sarkozyste).
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jean-paul yves le goff
démocrate utopiste
républicain réaliste
activiste anarcho-royaliste


Tous les commentaires
. Je disais donc que Michéa est roublard et que quand il dénonce "le libéralisme", c'est, en réalité, à la gauche qu'il en a, la gauche qui a abandonné le socialisme, sans le dire et rallié, sans le dire clairement le libéralisme, au moins le libéralisme que Michéa appelle "le libéralisme politique et culturel" sinon tout à fait définitivement le libéralisme économique, dont l'auteur signale en passant qu'il s'appelait autrefois "capitalisme". . L'expression "double pensée" a, selon Michéa, un double sens. Qui s'en étonnera ? Moi peut-être qui me demande in peto : deux seulement ? ça m'étonnerait ! ce serait trop simple ! . Bref, pour Michéa, la double pensée est d'abord un système mental qui a deux versions parallèles et complémentaires d'une même logique... qu'il appelle encore "circularité dialectique fondamentale".... . mais...mais... mais... il y a un "mais"... . "Dans le roman de George Orwell, le terme de double pensée a cependant un sens beaucoup plus spécifique. Il désigne le mode de fonctionnement pyschologique très particulier qui soutient l'exercice de la pensée totalitaire (Orwell s'est naturellement beaucoup inspiré des intellectuels staliniens de son époque). Cette étonnante gymnastique mentale - essentiellement fondée sur le mensonge à soi-même - permet à ceux qui en maîtrisent le principe de pouvoir penser en même temps deux propositions logiquement incompatibles (...) Il m'a semblé que ce second sens du mot "double pensée" s'appliquait à merveille au régime mental de la nouvelle intelligentsia libérale de gauche (et d'extrême gauche) qui a pris corps sous l'ère mitterrandienne." . (pages 16 et 17) . jpylg
jpylg!!! vous vous demandez "in peto", ce qui veut dire "en pet"! il faut écrire "in petto" et je vous suggère de corriger avant que Melchior ne trotte sur ce fil; tenté à ce point, il risquerait d'en oublier ses voeux de pieuse réserve et peut-être le salut de son âme
Bonjour Humaro, Justement on est encore bien au calme ici, donc ne criez pas trop fort ou ne le mentionnez pas de trop cet âne, car il serait bien capable de rappliquer dans la seconde. @ +NEO-
bonjour Vertubleu, je me suis bien gardé de prendre une trompette ou une baguette de tambour, mais vous conviendrez que la coquille est cocasse et qu'il fallait bien prévenir l'auteur de cette coglionata
Et sur la gauche et la doublepensée, vous avez une idée pour faire avancer le débat?
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@Axel J sur le fond, je ne me sens pas particulièrement compétent, je me contente donc sagement de lire et d'apprendre; sur la forme, j'ai signalé une curieuse coquille; la dernière fois que je m'étais autorisé à relever ce genre de confusion - c'était dans un billet sur le score du FN à Hénin-Beaumont où il était écrit "cris d'Orphée" au lieu de "cris d' orfraies"- les auteurs m'ont tout simplement remercié; mais sur ce fil il y a apparemment une pancarte de gardiennage où il est annoncé "Il est rigoureusement interdit ici de signaler les fautes, mêmes ridicules, et plus encore d'en sourire"; désolé, je ne l'avais pas remarquée
Vous êtes vraiment pas cool sur ce coup là mon cher Humaro, car vous devez forcément avoir un avis sur le sujet, car l'objet même du livre de Michéa est l'analyse de l'évolution des courants de gauche de la gauche, dont si je ne m'abuse, vous étiez un militant masqué et actif de l'un d'entre eux, à l'époque de l'après 68. Allez on s'en fiche un peu des barres aux "t" des nombres de "t" et points sur les "i", livrez-nous plutôt votre impression "in vivo" de ce parcours, ainsi que des critiques que Michéa y porte, à tort ou à raison peu importe, un petit témoignage SVP. Vous pouvez parler en toute confiance, Plenel n'est pas là aujourd'hui, et on est au calme ici. @ +NEO-
Si vous répondez à un commentaire, son auteur ne peut plus le modifier, donc pour signaler les coquilles, le mieux est de passer par le message privé. Pour le côté cocasse, on avait souri avec vous, ne vous en faites pas. Pour l'appel au retour des incessantes moqueries soi-disant bon-enfant, par contre, il y a effectivement une certaine prudence à observer en ces temps délicats de retour au calme péniblement obtenu après une longue et terrible bataille, et n'allez pas me dire que vous tombez des nues: pas vous! :-)
@Axel J j'aime mieux les choses dites comme ça @Vertubleu ce n'est pas de la coquetterie, je ne me vois pas intervenir utilement (en tout cas à ce stade) sur la double pensée, d'autant plus que je je suis un peu en surcharge; sur mon parcours: si vous m'avez identifié, vous pouvez retrouver aisément un ouvrage dans lequel je livre une auto-analyse (pas facile!) de mon engagement
. Michéa: . La double pensée, ..."pages 49, 50, 51 . " Ma seconde précision portera, quant à elle, sur l'essence même de la philosophie anarchiste. Je souligne, en effet, dans la dernière partie de mon essai, que le point aveugle de toutes les entreprises révolutionnaires a toujours été le problème posé par l'existence - probablement inévitable quel que soit le type de société - d'un certain nombre d'individus habités par un besoin pathologique d'exercer une emprise sur les autres (que cette emprise soit intellectuelle, psychologique, physique ou politique (...) il nous faut également comprendre que si l'on n'y prend garde les meilleures institutions politiques du monde (...) seront toujours perverties et détournées de leur sens originel du seul fait de cette volonté de puissance de quelques uns . Même et surtout lorsque ces quelques-uns s'arrangent pour ne rien voir du désir de pouvoir qui les anime ni de ses manifestations les plus évidentes...C'est malheureusement là un phénomène que la plupart des militants connaissent très bien (du moins tant qu'ils ne songent pas eux-mêmes à se hisser par tous les moyens au sommet de l'Organisation révolutionnaire). " . Ce phénomène que Michéa décrit si bien ou même, les révolutionnaires, les libertaires, - chefs charismatiques ou simples militants - deviennent irrésisitblement autoritaires, est possible en raison de l'existence de la double pensée. C'est cette double pensée qui fait que les uns et les autres ne voient rien du désir de pouvoir qui les anime ni de ses manifestations les plus évidentes." . jpylg
Au fond, la double pensée est très confortable. Elle permet de se donner bonne conscience et de mieux résister ainsi à l'adversaire.
. Michéa parle de la bonne conscience. . jpylg
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Sur le fil de Lincunable intitulé "origine du fascisme" j'ai fait référence à l'un des maîtres à penser de Michéa, qu'était Michel Clouscard, philosophe communiste. Michéa fait une très bonne synthèse de Clouscard et d'Orwell, dont l'univers l'a également beaucoup fasciné. @ +NEO-
. " j'ai fait référence à l'un des maîtres à penser de Michéa, qu'était Michel Clouscard, philosophe communiste. " . merci pour le tuyau . jpylg
De rien, il a été son prof de fac de philo. @ +NEO-
Pas très nouveau et politiquement transverse à mon avis. "Le Prince" de Nicolas Machiavel vers 1513.
Affirmer n'est pas démontrer. Vous nous laissez sur notre faim. ------------------------------ Edité : Erreur de ma part ; je me croyais sur l'autre billet actuel de jpylg (revue Esprit 1939).
. en ce qui concerne l'enquête d'Esprit de 1939, nous n'en sommes qu'au début. . jpylg
. Effectivement, je pense aussi qu'il n'y a dans cette histoire de double pensée de nouveau que la forme. . On peut remonter bien au-delà du Prince. . Jean-Claude Michéa qui est agrégé de philo ne peut pas ne pas connaître, le mythe de Mètis, déesse de la prudence, de la raison et de la ruse. . Mais dans sa dénonciation, fort amusante et fort pertinente, de la "double pensée", l'auteur est le premier à mettre en pratique la sienne. . Comme il est malin, ce n'est pas à 100% la même que celle des autres; c'est la double pensée quand même. C'est pourcela que j'ai dit, dans le premier article qu'il est intelligent et roublard. . D'ailleurs, même les sots pratiquent la double pensée; a fortiori les gens intelligents. La double pensée nous est indispensable. . Elle est aussi comme le dit plus haut Dominique Gautier génératrice de bonne conscience or sans bonne conscience, ou du moins sans une conscience anesthésiée, la vie n'est plus possible. . jpylg
On retrouve cette double pensée dans le domaine scientifique, dès que la science se trouve confrontée à des contraintes qui ne sont plus de son ressort (politiques, commerciales). Le même scientifique peut alors en même temps louer l'esprit scientifique toujours disposé à réactualiser ses théories en fonction de la réalité, et fustiger comme irresponsable ou irrecevable tout objection à sa propre position.
. L'utilisation de la "double pensée" dans le traitement de l'objection est, en effet, fondamental. . jpylg
Bien que n'ayant pas lu le livre il me semble que nous sommes ici dans un phénomène différent de la méthode décrite dans "Le Prince". Dans ce dernier il s'agit d'un calcul, d'une méthode réfléchie, d'une tactique consciente issue de l'intelligence . Dans l'analyse proposée dans ce livre il semblerait qu'au contraire la double pensée soit l'ordre du subconscient d'où la "bonne conscience" qu'elle procure et la difficulté à amener à la prise de conscience pour en sortir.
"de l'ordre du subconscient d'où la bonne conscience", ou "de l'ordre du subconscient et de la bonne conscience", oui certes, moi perso dans mon expérience personnelle professionnelle c'est ce que j'ai constaté chez pas mal de petits chefs et autres délégués syndicaux planqués: le phénomène qui consiste pour le "double-penseur" à oublier qu'il doublepense, à décider de commencer à croire sincèrement à ce qu'au départ il savait être de la doublepensée.
C'est le "crime contre l'esprit": Faire semblant d'être idiot ne suffit pas (comédie intenable), il faut décider sciemment de devenir authentiquement idiot (ainsi on peut enfin invoquer l'excuse de l'idiotie et de l'incompétence, car sinon on serait coupable de mal faire sciemment).
. " il me semble que nous sommes ici dans un phénomène différent de la méthode décrite dans "Le Prince" " . C'est vrai que c'est différent. C'est différent aussi de l'inconscient freudien et de la "Mètis" des anciens Grecs. . Ce n'est pas non plus, à proprement parler, inédit que l'on dénonce le "double langage" en politique. . Mais je crois qu'en ces temps de crise, il est particulièrement intéressant de revenir sur le contenu du "non-dit" et de dire qu'il peut, éventuellement, être l'exact contraire du "dit". . jpylg
. Michéa disait donc que tant les révolutionnaires autant que les libertaires, à peine se sont-ils emparés du pouvoir qu'ils deviennent autoritaires, du fait de leur volonté de puissance (page 50) . Il poursuit : . " ET ce n'est certainement pas par hasard si c'est précisément ce problème qui préoccupait Orwell et dont il a donné dans "Animal Farm" une description littéraire et politique magistrale. C'est à coup sûr de cet endroit précis qu'il faudrait repartir si l'on voulait réellement comprendre pourquoi (et comment) tout au long de l'histoire, tant d'idées politiques généreuses ont été perverties et tant de révolutions trahies. Etre capable de saisir intellectuellement l'essence du capitalisme constitue donc bien, comme je le soulignait en commençant cette conférence, d'une politique radicale efficace. Mais savoir reconnaître la VOLONTE DE PUISSANCE des uns et des autres partout où elle se manifeste et sous toutes les formes où elle se manifeste, (y compris naturellement en nous-mêmes), voilà sans doute une condition au moins aussi décisive. Il est vrai que cette dernière condition implique un travail sur soi psychologiquement complexe et moralement exigeant dont bien des militants, officiellemenent "dévoués à la cause" ont d'excellentes raisons "personnelles" de vouloir être dispensés..." " . (pages 51-52) . jpylg
je ne connaissais pas l'ouvrage de Michéa mais cette citation sur la Volonté de puissance donne très envie de le lire (aucun sous-entendu: ça m'intéresse et, pour une fois, je vous remercie)
. Pages 53 et 54, Michéa évoque Guy Debord et sa "société du spectacle". . Debord dénonce, dès 1957, comme un effet de la société du spectacle les "pseudos-sujets de discussion culturelle". . Cette expression a fait "tilt" chez moi. Depuis longtemps, j'ai l'impression que l'on se complait à gauche tout spécialement dans ces "pseudo-sujets" de réflexion et j'aurais maintenant tendance à y voir le moyen le plus parfait d'échapper au réel et un effet de la "double pensée". . Poursuivant sa réflexion - qui n'est pas une pseudo-réflexion - Michéa voit la "double pensée" jouer à plein dans les analyses qui vont être faites de mai 68 et aboutiront, via "l'illusion rétrospective" (page 56) à une "vérité officielle" (page 57). Réalité et vérité officielle produisent une "structure dialectique complexe" (page 57) qui, finalement, élimine certaines lectures interprétatives de mai 68, au profit d'autres , en l'occurrence la "séquence "Althusser-Bourdieu-Deleuze-Foucault-Derrida". . Cela aboutit, in fine, à la "nouvelle extrême-gauche citoyenniste" qui "a fini par exercer un pouvoir déterminant dans le champ académique contemporain et dans ses divers prolongements médiatiques et "associatifs". (page 58). . jpylg
. Via Montesquieu, Michéa, parti des guerres de religion aboutit donc, cahin caha, à Mai 68. (Lire attentivement de la page 58 à la page 65 pour refaire le parcours). . Depuis mai 68,nous sommes, selon l'auteur, dans une "économie de droite" qui s'appuie sur une "culture de gauche". On peut aussi considérer qu'il s'agit d'une "dictature libérale", "verrouillée", grâce au "principe d'alternance unique", avec un "régime représentatif" qui assure le "cadre juridique et politique le plus approprié au développement intégral d'une société spectaculaire et marchande" (dont les bases psycho-idéologiques" sont constituées par une "culture de la consommation réalisée" (laquelle explique que les pauvres votent à droite)... . (pages 64-65) . jpylg
Excusez-moi d'avoir interrompu cette lecture (le livre de Michéa : La double pensée) depuis le 7 août. Je souhaiterais donc, aujourd'hui, attirer l'attention sur une précision qui figure dans une note de bas de page (pages 96 et 96) relative à ce que Debord appelle "la culture de consommation". . La culture de consommation ne renvoient nullement à une société où tout le monde consommerait, ce qui supposerait une aisance économique générale; mais à une société où tout le monde désire consommer. C'est le désir de consommation qui est érigé en idéal structurant ladite société. . La culture de consommation ne suppose pas un réel pouvoir d'achat mais ce qui est tout autre chose et qui en tient , c'est-à-dire "la puissance effective du pouvoir d'achat imaginé". . C'est aussi en ce sens que vont ensemble culture de consommation et société du spectacle. . jpylg
Le petit livre de Michéa "La double pensée" est vraiment excellent ! . Dans la note de bas de page (page 97) l'auteur fait allusion à une expression de Guy Debord qui est "les actuels moutons de l'intelligentsia". Inutile de dire que l'expression me plait. Il paraît qu'elle se trouve dans l'une de ses ultimes lettres. Comme il est mort en 1994. les actuels moutons que désigne Guy Debord ne doivent pas être très différents de ceux que nous connaissons. . A part cela, tout le paragraphe principal de cette même page vaut d'être cité : (ici, c'est évidemment, Michéa qui parle) . "Or qu'en est-il aujourd'hui ? A lire les programmes de la gauche et de l'extrême-gauches françaises on en retire la curieuse impression qu'une société socialiste (quand d'aventure ce terme "archaïque" est encore employé), ce n'est fondamentalement rien d'autre que la continuation tranquille du mode de vie présent, tempérée d'un côté par une répartition plus équitable des "fruits de la croissance" et de l'autre, par une exhortation perpétuelle à lutter contre "toutes les formes de discrimination et d'exclusion", que celles-ci, d'ailleurs, soient réelles ou purement fantasmées. Avec en prime, cela va de soi, juste ce qu'il faut de "démocratie participative" pour permettre aux individus (on n'ose plus dire au "peuple") de se donner plus facilement des maîtres de gauche." C'est tout-à-fait l'impression que me donnent nos concitoyens de gauche, spécialement quand on les lit sur médiapart : ils veulent la même chose, mais avec un autre baratin. Et un zest de participation. . (à suivre)
. Dans les lignes qui suivent, de Jean-Claude Michéa, on trouve un très bel exemple du mal politique actuel. . Il est loin d'être sans rapport avec celui que l'on constate dans les diverses contributions de ce mois d'août, réunies sous le label de "socialisme hors les murs". . Dans celles-ci, on voit que pour chaque faction socialiste, le seul problème est qu'il y a d'autres factions. (Même si ce terme est, évidemment, banni). Chacune croit que la solution consiste à se rallier à elle. On génère de la division, au nom de l'unité. .. . Le "celles-ci" employé par Michéa renvoie (dans la phrase qui précède à "gauche et extrême-gauche", mais la citation se lirait aussi bien si "celles-ci" désignaient les factions du PS. . "Contrairement aux radicaux des années 60, celles-ci ont, en effet, parfaitement intégré l'idée selon laquelle la solution de tous les problèmes politiques modernes dépendrait, en dernière instance, de notre capacité technologique et industrielle à produire n'importe quoi, dès lors que ce n'importe quoi apparaît susceptible de trouver des acheteurs à l'autre bout du monde ou de créer ici quelques emplois (quand bien même ces emplois ne correspondraient à aucune profession sérieuse ou utile). Cette façon purement quantitative (ou "économiste") d'envisager les choses implique évidemment qu'on laisse de côté toute réflexion morale et philosophique sur le sens et la valeur de ce que l'on est amené à produire et, par conséquent, sur le sens et la valeur de nos manières de vivre (...) Il devrait pourtant sauter aux yeux qu'un tel renoncement à s'interroger sur les conditions mêmes d'une existence humaine digne de ce nom, est devenu, du coup, extrêmement difficile du vieil idéal libéral de "neutralité axiologique". . page 99 . (à suivre)
. Vous pensez bien que je buvais, littéralement, du petit lait, à la lecture de ces phrases de Michéa, dans "La double pensée" : . "Je me définirais (...) comme un démocrate radical, c'est-à-dire comme quelqu'un qui pense que la démocratie ne saurait être confondue avec le régime représentatif. La logique de ce dernier le conduit, en effet, de façon inexorable, à déposséder le peuple de toute souveraineté réelle au profit d'une caste de politiciens professionnels, technologiquement assistée par des experts autoproclamés (...)Si par démocratie on doit entendre le "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", il est donc absolument clair que les régimes représentatifs modernes n'en constituent qu'une version extrêmement appauvrie, et même, dans certains cas, purement formelle. D'un point de vue strictement philosophique, il serait assurément plus exact de définir ces régimes comme des "oligarchies libérales, selon l'heureuse expression de Castoriadis (ou encore comme des "aristocraties électives", si l'on préfère la terminologie de Rousseau). pages 102, 103, 104 . Je e buvais du petit lait et en même temps je me sens immédiatement fort déçu et frustré, comme je le suis en permanence tout au long de ce livre; cette façon de dénoncer le mal sans s'indigner autrement, me semble souvent une façon comme une autre, de l'accepter. . C'est tout ce que Michéa trouve à dire contre la politique professionnelle ? C'est bien peu ! . La démocratie n'est pas le système représentatif, dit-il; or nous sommes dans un système représentatif, donc nous ne sommes pas en démocratie. (Encore moins dans la "démocratie radicale" qu'il appelle de ses voeux). . Arrêtons-nous un instant. Représentatif ... qu'est-ce à dire ? Représentatif de quoi ? "Représenter : Tenir la place de quelqu'un... agir en son nom, en vertu d'un droit, d'une charge qu'on a reçue" (Petit Robert) De qui les "représentants" tiennent-ils la place ? du peuple ? alors nous sommes en démocratie. Mais pourquoi certaines catégories (notamment fonctionnaires) sont-elles sur-représentées et d'autres à peine symboliquement ? L'égalité n'existe plus au niveau de la représentation. Certains citoyens "pèsent" donc plus que d'autres ? . Evidemment, chacun sait, tout en voulant ne pas le savoir, que les "représentants" que sont nos parlementaires, représentent leurs partis respectifs qui les ont désignés, le peuple n'étant là que pour ratifier la désignation, à l'aveuglette. . Et les partis, ils représentent qui ? . jpylg
"C'est, évidemment, un avantage politique tout à fait décisif que de pouvoir discuter ici, entre nous, sans avoir à craindre qu'une police politique débarque à l'improviste et nous envoie tous les trois dans un camp de rééducation. . Pour autant, il serait, encore une fois, tout aussi absurde de soutenir que dans nos sociétés libérales, le pouvoir politique est réellement exercé par le peuple. Comme l'écrivait Debord, les droits dont nous disposons sont essentiellement les de droits de "l'homme spectateur". En d'autres termes, nous sommes globalement libres de critiquer le film que le système a choisi de nous projet (ce qui pour un peuple frondeur n'est jamais un droit négligeable). Mais nous n'avons strictement aucun droit d'en modifier le scénario, et cela que nous apportions nos voix à un parti de droite ou à un parti de gauche". . Michéa, la double pensée, page 105-106
“globalement libres de critiquer le film que le système a choisi de nous projeter (ce qui pour un peuple frondeur n'est jamais un droit négligeable)”
C'est même un os à ronger très commode pour ceux qui produisent le film, et pour leurs complices les acteurs et autres projectionnistes et jusqu'à l'ouvreuse et la caissière etc zélés. C'est même une soupape de sûreté naturelle qui fait partie du système: Nous, on est des esclaves frondeurs, on aime ronchonner, bougonner, protester, freiner des quatre fers en permanence, dénigrer, faire la gueule. À la limite, on est même secrètement contre une éventuelle amélioration de notre situation, car alors, on n'aurait plus de raisons de se plaindre. Mais surtout, notre énergie qu'on pourrait employer à arranger, à exiger du tangible, du concret, du sens, notre énergie on la gaspille et on la disperse dans "la fronde" type Canard Enchaîné...
Complices, moi je dis... Serfs, esclaves, activement et contents de l'être, et les "producteurs" du film, bah, ils auraient tort de ne pas en profiter, non?
. C'est à 100% mon avis. . Nous avons jusqu'à le droit de siffler ou d'applaudir. . Les dogmatistes oui-ouistes grandsprincipistes médiapartistes appellent ça une liberté absolue... . C'est pour cela que j'ai opté pour le dissentisme oui-ouiste. . Oui-ouiste, oui ! mais dissident ! . jpylg
La mise en place d'institutions réellement démocratiques est-elle possible, se demande Michéa, page 106 ? Cela lui semble très douteux car, s'appuyant sur l'exemple d'analyses, par Pierre Clastres, de sociétés dites primitives d'Amérique du Sud, lesquelles sont très égalitaires et organiser pour empêcher l'apparition de quoique ce soit qui rappelle un Etat et de toute coupure politique entre dominants et dominés, Michéa fait valoir que Pierre Clastres est bien obligé de constater que, même dans de telles sociétés, on rencontre inévitablement des individus que leur besoin obsessionnel d'êtreadmirés ou obéis pousse vouloir occuper la position de number one. (...) Clastre est ainsi conduit à examiner les stratégies auxquelles ces sociétés recourent afin d'apprivoiser le désir ce pouvoir de ces narcisses ambitieux et d'en neutraliser les effets politiques dissolvants.
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Jean-Claude Michéa,
la double pensée
pages 106 et 107
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Cette fois, on voit bien que la question politique n'est plus simplement celle des mécanismes institutionnels qui devraient permettre l'exercice en commun du pouvoir. La question devient clairement morale et psychologique (ou, si l'on veut, nietzschéenne) (*) C'est celle que posera toujours à n'importe quelle société, fut-elle égalitaire, l'existence d'invidus incapables d'exister par eux-mêmes et qui ont besoin en permanence, pour se sentir reconnus, de défier leurs semblables, de chercher à les dominer, à les exploiter ou simplement à les utiliser (...) C'est même généralement parce qu'on néglige de poser cette question ou - ce qui est beaucoup plus grave - parce qu'on s'y refuse, que la plupart des révolutions finissent habituellement par être détruites de l'intérieur et détournées de leurs objectifs initiaux. En tout cas, c'est bien la thèse qu'Orwell cherchait à défendre en écrivant la Ferme des animaux. (...) Aussitôt libérés, les animaux décident - dans l'enthousiasme général - d'édifier une ferme socialiste modèle, dans laquelle tous les animaux seraient égaux. Le problème, c'est que certains de ces animaux, - dans le roman, ils sont symbolisés par les cochons - ne sont pas du tout prêts à vivre dans une société "libre, égalitaire et décente" (telle est, on le sait, la définition orwellienne du socialisme). Et cela, parce qu'il leur est psychologiquement impossible de s'adapter à un monde dans lequel ils ne pourrait plus contrôler la vie des autres, décider à leur place, ou, simplement, être au centre de toutes les attentions. (...) A partir de ce moment, conclut Orwell, le destin de la Révolution est scellé: si personne ne s'oppose à la prise du pouvoir par les "cochons" (c'est-à-dire ceux qui jouissent du pouvoir, à tous les sens du terme), rien ne pourra plus emêcher la domination de classe de se reformer, même si c'est sous des formes historiquement inédites (...) Une organisation politique (ou une "association") est en effet toujours, par définition, une machine à conquérir ou exercer du pouvoir (et à distribuer des places, y compris lorsqu'on se trouve dans l'opposition ".
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Michéa La double pensée, page 108,109, 110
(à suivre)
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Michéa fait allusion à la "volonté de puissance".
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Tout en appréciant énormément la sagacité de la réflexion de Michéa, j'ai tendance à soupçonner qu'il a recours lui-même à la double pensée, ce que j'ai déjà dit une fois ou l'autre.
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Mais je suis en train de me demander s'il ne pratique pas aussi, ce que j'appellerais la demi-pensée.
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C'est-à-dire que, tout en disant beaucoup (avec peu de mots, ce qui est remarquable), il n'en dit encore que la moitié.
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Par exemple, en réduisant l'essence de la vie politique, comme dans les citations ci-dessus, à la VOLONTE DE PUISSANCE, il est évident que les militants de base ne se reconnaîtront pas dans cette description, du fait qu'eux, dont on ne peut pas dire qu'ils ne constituent pas un élément décisif de la vie politique, ne sont absolument pas concernés par les mécanismes décrits: jouissance, domination, etc....
C'est là où je pense que Michéa ne dit que la moitié des choses. C'est-à-dire que la VOLONTE DE PUISSANCE des uns (minoritaires) n'aurait strictement aucune efficacité si elle ne prenait appui sur la VOLONTE D'OBEISSANCE des autres (majoritaires).
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C'est cette volonté d'obéissance, essentielle au fonctionnement de nos mécanismes politiques qui n'est pas décrite. Moi, je l'appelle : le OUI-OUISME.
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JPYLG
Et la double-pensée, côté dominés, ce serait quelque chose comme "je me fais croire à moi-même que j'aime ma petite part de pouvoir au peuple, alors que ce que j'aime vraiment sans me l'avouer à moi-même, c'est la servitude, c'est être dominé par ces "secrétaires", là, qui font semblant de m'écouter avant de décider".
Michéa n'en parle peut-être pas lui-même, mais le phénomène est archi-démontré, discuté et analysé, par des ouvrages célèbres comme "la servitude volontaire" ou équivalents?
Mais peut-être le processus psychologique est-il moins étudié?
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< Mais peut-être le processus psychologique est-il moins étudié? >
La volonté d'obéissance que j'évoque et que j'appelle le "oui-ouisme", dont Michéa ne parle pas, c'est évidemment rigoureusement la servitude volontaire de La Boétie.
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Au risque de me contredire, à propos de psychologie, puisque j'ai dit sur un autre fil, qu'il était peu utile de s'intéresser à la psychologie du troll labuche ou de l'irrésistible et attirante Pénéloppe, je pense que la psychologie (ainsi que l'anthropologie) contiennent les clés d'une amélioration d'une démocratie un peu authentique.
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La formation qui devrait être donnée à tous les citoyens avant que le droit de vote effectif leur soit attribué devrait porter non pas sur des connaissances institutionnelles juridiques et abstraites, mais prioritairement sur la psychologie des chefs mise en rapport avec la psychologie des foules.
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C'est d'ailleurs ce que faisait cette enquête de la Revue Esprit de 1939 qui ne semble pas passionner les oui-ouistes, à mon grand dam :
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http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/020809/une-enquete-de-la-revue-esprit-en-1939-sur-la-representation-par
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jpylg
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Le problème serait relativement facile à résoudre si ce besoin de dominer les autres - qui est le véritable moteur de certains "camarades" - s'affichait toujours comme tel, de manière parfaite visible et transparente, avec, pourrait-on dire, une naïveté enfantine. (...)
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Ce qui complique toutefois la question c'est que, la plupart du temps, la volonté de puissance se manifeste d'une manière beaucoup plus subtile et détournée. Au point que cet amour du pouvoir demeure presque toujours invisible à ceux-là même qu'il anime en profondeur. Il suffit, par exemple, d'observer la manière dont fonctionne concrètement un débat public, une assemblée générale, ou une réunion militante, pour repérer au premier coup d'oeil un certain nombre de comportements récurrents qui ne prennent tout leur sens qu'à la lumière de cette analyse. La manière, par exemple, dont la parole va être monopolisée par certains (en général des hommes) ou celle dont elle est régulièrement prise par d'autres à la seule fin de s'écouter parler ou d'attirer l'attention sur leur précieuse personne, constituent ainsi les formes les plus classiques de ce désir infantile de prestige et d'autorité auquel j'ai fait allusion. Et pourtant, même à ce niveau élémentaire, il est déjà très rare que ceux qui fonctionnent de cette manière aient la moindre conscience de ce qui est réellement en jeu (si l'on veut bien mettre à part, évidemment, le cas es pervers).
Or, ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg. Dans la pratique, ce besoin pathologique d'occuper en permanence le devant de la scène ou de vérifier son degré d'emprise sur les autres peut prendre des formes autrement plus compliquées et redoutables. C'est précisément ce qui m'a conduit à essayer de décrire , dans mon livre, les voies inattendues et souvent difficile à percevoir immédiatement (la psychanalyse m'a été ici d'un grand secours) par lesquelles certains individus finissent, à la longue, par exercer un contrôle de fait au sein d'un groupe ou d'une collectivité - sans jamais en violer ouvertement les règles, et tout en ayant, par ailleurs, le sentiment sincère que leur interventionnisme étouffant relève uniquement d'un dévouement exemplaire à la cause et à ses exigences. L'expérience quotidienne montre abondamment que ce genre d'invidius épuisants, maniaques et querelleurs (généralement passés maîtres dans l'art de culpabiliser les autres) - mais tout aussi capables, quand il le fut, de se montrer charmeurs, voire charismatiques - se révèlent aussi dangereux, pour le fonctionnement démocratique de n'importe quelle communauté, que les Staline ou les George Frêche"
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(à suivre)
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Michéa, la double pensée, pages 110 à 113
Merci pour ce portrait du parfait "melchior".
J'en ai rencontré dans mon propre parti tout aussi bien, car c'est hélas un type de pathologie assez courant, mais aussi "dans le civil" où ils occupent souvent une sorte de position de "gourou dominant" devant qui il faut faire allégeance sous peine de se retrouver bientôt si habilement attaqué et désigné à la vindicte populaire de la meute des suivistes,
qu'il ne reste plus qu'à disparaître pour éviter le pire.
Et bien entendu, une fois disparu, vous devenez pour ceux qui restent un "absent qui a toujours tort", tandis que le gourou, lui, a encore renforcé son emprise et son pouvoir sur le groupe, groupe qui se trouve privé d'un "récalcitrant" et qui donc prend de plus en plus la forme du silence terrorisé
(sous couvert de "bonnes soirées sympa avec rires et chansons")...
"Comte de la Fère, est-ce vous qui médisez des absents ?"
(Alexandre Dumas, Vingt ans après.)
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J'ai, effectivement, pensé au troll labuche, surtout en ce qu'il est inconscient des mécanismes qui le font agir (heureusement pour lui, d'ailleurs).
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Quant au fait que les troll labuche sont nombreux et qu'on les trouve ailleurs qu'en politique, c'est évident.
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jpylg
Michéa poursuit son analyse des principes cachés du militantisme politique...
"Je suis en effet convaincu que tant qu'on n'aura pas découvert une manière de neutraliser les différentes manifestations de la volonté de puissance (institutionnelles ou non) (...) nous nous exposerons à devoir affronter indéfiniment les mêmes problèmes politiques"...
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Dans la longue note qui accompagne ces pages , Michéa rappelle que dans son précédent livre "L'empire du moindre mal", il a suggéré qu'à côté des formes "paternalistes" de domination d'autrui, il existait des formes "maternalistes" d'emprise.
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Il voit comme une bonne illustration possible de cette domination "maternaliste" la vie de saint François d'Assise et la spiritualité qui en découle.
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Je n'ai pas lu "L'Empire du moindre mal" et ne saurais, a priori, que penser de cette digression. Toutefois, l'idée me plait beaucoup que la domination soit sexuée, c'est-à-dire qu'à une domination paternaliste corresponde une domination maternaliste.
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Je ne suis pas contre le fait non plus que Michéa conclut sa longue note en disant "il serait peut-être temps de s'interroger sur ce que l'inconscient de la gauche extrême doit à la spiritualité franciscaine et abbatiale".
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C'est fort possible ! Je connais beaucoup moins que Michéa la gauche extrême et la spiritualité franciscaine et la psychanalyse.
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Mais je crois qu'il n'y a aucune raison de limiter l'analogie entre les mécanismes de fonctionnement des partis politiques (extrêmes et minoritaires ou non) et la religion.
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Ce que m'a apporté mes dix-huit mois de lecture des militants politiques sur Médiapart, c'est la Révélation qu'ils raisonnaient et réagissaient comme des croyants.
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Je suis aussi, bien entendu, totalement d'accord avec Michéa quant il dit que faute de savoir "neutraliser les différentes manifestations de la volonté de puissance", nous nous exposerons à devoir affronter indéfiniment les mêmes problèmes politiques".
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Mais je rappelle un précédent commentaire que j'ai fait. Michéa s'étend largement sur son analyse très intéressante de la volonté de puissance. Notamment, il montre que la volonté de puissance à l'oeuvre chez de nombreux militants peut être parfaitement inconsciente. Ce sont des considérations extrêmement précieuses et me semble-t-il, jusqu'à maintenant, assez inédites.
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Cela étant, je rappelle que la volonté de puissance n'est le fait que de quelques-uns, même si ces minorités se retrouvent à tous les échelons hiérarchiques d'une organisation de parti politique, et que la volonté de puissance des uns serait totalement inefficace sans la volonté d'obéissance des autres, qui celle-là est extrêmement majoritaire, également à tous les niveaux.
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Alors qu'elle constitue la matière première du système, Michéa ignore délibérément la volonté d'obéissance.`
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Peut-être parce qu'il sait qu'il s'adresse à des obéissants.
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(à suivre)
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jpylg
"Peut-être parce qu'il sait qu'il s'adresse à des obéissants."
Certes il ne faut pas négliger le passage obligé par la démagogie voire la flatterie, parfois déguisée non pas en modestie, mais plus prosaïquement, mentie par omission.
Il faut bien vivre, et l'éditeur lui aussi a envie de vendre son bouquin à un maximum de lecteurs, et non aux seuls rares capables d'admettre qu'il sont eux aussi au fond des esclaves soumis et contents de l'être.
À propos de la domination masculine vs. domination féminine:
C'est un des enseignements qui se font jour avec le plus d'évidence si comme moi vous aviez fait une grande partie de votre vie en Finlande, sous un "régime" plutôt matriarcal donc, par opposition à votre (ma) culture originelle française patriarcale:
Vous apprenez, parfois à vos dépends mais aussi à en tirer des avantages inédits, que les modes de fonctionnement, de persuasion, de manipulation, de gestion des conflits etc etc etc tout ce qui jalonne les étapes de nos progressions dans la vie,
vous apprenez effectivement que le "mode masculin" a son pendant le "mode féminin".
Vous vous adaptez, vous finissez par vous sentir à l'aise, vous commencez à devenir par exemple expert en victimisation
(je caricature pour faire comprendre par rapport au "mode ségoléniste" mais il y a un peu de ça: il faut pardonner aux Françai(se)s qui en sont encore au stade archaïque caricatural de la lutte féministe dans un environnement brutalement macho),
vous commencez à devenir un champion de la communication avec les enfants jeunes (qui dans ces environnements de "domination féminine" ont toute leur place partout donc se baladent seuls là où chez nous ils se retrouveraient kidnappés vite fait bien fait),
vous découvrez avec bonheur que la Police est un service public ami (ce qui est difficile à imaginer dans un environnement masculin propre au développement de la culture mafieuse des passe-droits à la française),
etc.
Passionnant.
Il y a très longtemps que j'attends qu'on se mette enfin à travailler sur l'aspect psychologique du pouvoir, qui est effectivement déterminant et qui coincera tant qu'on n'y fera pas face.
Je crois que dès ma plus jeune enfance, dès que j'ai compris la Deuxième Guerre mondiale et le fameux Hitler dont tout le monde parle, j'ai reçu la notion (probablement une réflexion entendue de la bouche d'un adulte) que Hitler n'aurait pas été Hitler s'il avait grandi "bien dans sa peau"...
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Cette contribution où il nous est proposée une comparaison entre la domination patriarcale et la domination matriarchale est particulièrement intéressante.
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Quand je parle de la formation qu'il conviendrait de donner aux citoyens avant de leur permettre d'utiliser le droit de vote, je ne pense pas à une formation aux contenus intellectuels et abstraits très poussés, mais qui contiendrait en revanche de l'histoire et de la géographie humaine; la connaissance d'autres cultures pourrait avoir un rôle privilégié.
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La psychologie aussi bien sûr. Non pas la psychologie générale mais deux types très particuliers: la pyschologie des chefs et la psychologie des foules.
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jpylg
Il y a très longtemps que j'attends qu'on se mette enfin à travailler sur l'aspect psychologique du pouvoir
Cher Axel, sur ce point, il me semble que Freud l'a fait dans Le Malaise dans la culture que j'évoquais déjà l'an dernier sur un fil de Peneloppe.
Ce que je lis ici de cet ouvrage de Michéa ne cesse de m'y renvoyer.
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C'est sûr !
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Papa Freud n'a rien perdu de sa subversivité parce que tout son apport n'a pas été réellement intégré !
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jpylg
Dans les pages qui suivent celle où j'ai puisé la dernière citation, Michéa parle assez longuement de la "question libérale".
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Je rappelle que c'est le sous-titre de son livre "La double pensée"; mais que j'ai prétendu, à tort ou à raison, que le véritable sujet du livre que, un peu volontairement, à mon avis, était la double pensée telle qu'on la pratique à gauche, la preuve étant l'adoption par la gauche (et non avouée ) du libéralisme économique.
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Si l'on saute ces quelques pages, (114, 115, 116, 117, 118) on arrive, en page 119, à une autre citation intéressante que voici :
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"De nos jours, il devrait, au contraire être devenu évident pour n'importe qui que le développement massif de l'aliénation trouve sa source véritable et ses points d'appui principaux dans la guerre totale que les industries combinées du divertissement, de la publicité et du mensonge médiatique livrent quotidiennement à l'intelligence humaine".
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C'est bien dit, ce que je me demande c'est si, dans le mensonge médiatique (combiné à deux autres industries dans le cadre d'une guerre totale), une part très grande n'est pas prise par la gauche ?
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jpylg
Je reviendrai lire tout cela. Ce "petit" livre (méfions nous du terme "petit", il cahe parfois une telle densité...) a l'air déciédément trés intéressant. Et puis, Jpy, je mettrai en ligne -ailleurs, parce que ce serait un peu "lourd" sur ce fil, quelque chose d'Agamben qui revient sur Guy Debord, dit à peu prés la même chose (sur le spectacle et la consommation) mais en l'abordant par un autre versant...
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Il est très intéressant, en effet, mais, à mon avis, à manipuler avec précaution.
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Selon moi, ce que j'ai déjà exprimé précédemment, Michéa lui-même pratique la "double-pensée" qu'il dénonce,ou peut-être faut-il dire la "demi-pensée" en ce sens qu'il ne va pas jusqu'au bout de ce qu'il pense et s'arrête au moment où il gênerait ce qui est devenu "son" public. C'est exactement ce qu'un véritable auteur ne doit pas faire qui a l'obligation de dire le plus exactement possible exactement ce qu'il pense et non pas arranger ce qu'il pense à ce qu'il pense que ses lecteurs vont penser de ce qu'il pense.
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jpylg
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Michéa, la double pensée :
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Page 120 :
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"Concentrer son attentionsur les seuls méfaits de "l'Etat raciste et policier" (comme si (...) le gouvernement sarkozyste ne représentait qu'une forme rajeune de l'Etat pétainiste) procure, en effet des bénéfices secondaires beaucoup trop importants pour ne pas être psychologiquement suspects. Car cette admirable vigilance "antifasciste" ne présente pas seulement l'avantage de transformer instantanément ses zélés pratiquants en maquisards héroïques; seraient-ils par ailleurs sociologues appointés par l'Etat, stars du show-biz, maîtres de conférences à la Sorbonne ou pensionnaires attitrés du cirque médiatique. Elle les dispense surtout d'avoir à s'interroger pendant tout ce temps, sur leur degré d'implication personnelle dans la reproduction quotidienne du mode de vie capitaliste; autrement dit sur leur propre rapport au monde de la consommation et à sa contre-culture "subversive" officielle".
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(à suivre).
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jpylg
Merci Monsieur Le Goff pour toutes ces réflexions, toutes ces ouvertures marginales, exceptionnelles, singulières et extraordinaires (tout cela étymologiquement parlant, bien sûr, je ne suis pas en train de passer de la pommade à qui que ce soit).
Je pressens seulement fortement qu'une grande part de vérité s'y trouve, façon état des lieux très exact de l'existant.
Quant à ce que vous appelez la "demi-pensée" de Michéa, comme s'il butait sur quelque chose d'indicible finalement .... je ne sais pas. Peut-être laisse-t-il à chacun le temps d'envisager son hypothèse comme plausible, comme évidente, pour d'un coup commencer à réfléchir à une solution qui ne serait donc pas la révolution, puisque là aussi la "volonté de puissance" tuerait la solution.
Je relève cette citation (sans trop avoir compris si elle vient de vous ou de Michéa) :
"La culture de consommation ne renvoie nullement à une société où tout le monde consommerait, ce qui supposerait une aisance économique générale; mais à une société où tout le monde désire consommer. C'est le désir de consommation qui est érigé en idéal structurant ladite société."
Ce désir, bien que légitime, pourrait être à la base de l'impasse totale dans laquelle se trouve aujourd'hui tout parti dit de gauche.
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" Ce désir, bien que légitime, pourrait être à la base de l'impasse totale dans laquelle se trouve aujourd'hui tout parti dit de gauche. "
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Cela me semble bien vu. La citation en question est de Michéa.
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jpylg
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Je vois un rapport entre les propos de Michéa dans son livre "La double pensée"
et la Une du Point de cette semaine (n° 1927, 20 août 2009), titrant : Sarkozy est-il de gauche ?
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Au fond, ramené à sa plus simple expression ce que dit Michéa dans son dernier livre, sauf qu'il s'arrange pour ne pas le dire clairement, car il choquerait le public qu'il s'est constitué, c'est tout simplement que la gauche est passée à droite. Dès lors on ne voit pas pourquoi, la droite ne serait pas, quand cela lui chante à gauche ?
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Voici la citation d'aujourd'hui, c'est page 123 et Michéa dit qu'il s'agit de la question des questions. Ce qui voudrait dire que c'est le point culminant du livre :
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"Parvenu à ce point, je suppose qu'il est temps d'affronter enfin la question des questins : comment un tel cataclysme politique et culturel a-t-il pu se produire ? Ou, si l'on préfère, par quelle mystérieuse dialectique, la gauche et l'extrême-gauche (qui incarnaient autrefois la défense des classes populaires et la lutte pour un monde décent) en sont-elles venues à reprendre à leur compte les principales exigences de la logique capitaliste, depuis la liberté intégrale de circuler sur tous les sites du marché mondialjusqu'à l'apologie de principe de toutes les transgressions possibles ?"
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C'est, effectivement, la question des questions; mais quel verbiage anesthésiant !
Pourquoi ne pas écrire tout simplement : par quel dévoiement catastrophique la gauche est-elle passée à droite?
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On encore : pourquoi n'y a-t-il plus aujourd'hui comme alternative au capitalisme libéral que la dictature politico-religieuse ?
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Pourquoi de telles formules délayées qui anesthésient ?Pourquoi pas les slogans-choc qui pourraient réveiller ?
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doublon
Essentiel.
Et je ne trouve pas la question formulée de façon anesthésiante du tout.
Impression d'une boucle nettement bouclée. D'autant que si l'on prend le temps d'observer, de lire et d'entendre ce qui se dit aux extrêmes quels qu'ils soient, le cataclysme a fait son oeuvre tout autant.
Jean-Paul-Yves : je pense sincèrement mais avec un incommensurable dépit, que la politique, toute la politique, est devenue un métier et uniquement un métier, donc rémunérateur tant d'un point de vue financier que narcissique. Point.
Dès lors, quel slogan inventer, qui serait suffisamment juste et percutant pour ne pas se retrouver illico à la marge, aux extrêmes, du côté des doux rêveurs au mieux, des dangereux propagandistes au pire ?
Adieu idéologies,
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C'est vrai que je suis injuste à l'égard de Michéa, "la question des questions" n'est pas mal formulée, en effet.
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Je critique cette formulation sur l'unique base d'options qui me sont personnelles. Le slogan a mauvaise presse. Il serait la voix d'expression du populisme. Pour ma part, je prétends qu'il peut y avoir autant de vérité et plus dans un slogan de quelques mots que dans un livre de quatre cents pages.
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jpylg
Oui je suis d'accord sur la fonction du slogan, surtout qu'un gros pourcentage de gens ne peuvent, pour différentes raisons, souvent pas mémoriser plus de deux ou trois mots bien balancés !
Et puisqu'on ne sait plus trop bien où l'on habite avec tous ces dérèglements idéologiques
, je finis par penser que piquer un des slogans de la droite chiraquienne, ferait d'une pierre deux coups :
"Réduire la fracture sociale", et, partant de là, tout un programme incluant des items à l'infini.
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Nous sommes d'accord !
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Pour ma part, je suis spécialement fier de dire que toute ma philosophie politique, dans sa plénitude, s'exprime avec ces mots :
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"Dehors, les usurpateurs ! "
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jpylg
antiparlementariste primaire
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La réponse à "la question des questions" (voir épisode précédent) que pose Michéa, page 123 (laquelle, du moins reformulée par mes soins, est : comment la gauche est-elle passée à droite ?) tient dans les mutations économiques, culturelles et politiques du système capitaliste.
Autrement dit, la droite a changé, tandis que la gauche, en ne changeant pas s'est elle-même liquidée, le début de cette auto-liquidation étant à rechercher dans une analyse des événements de 1968, idée chère à Michéa.
Il y consacre de nombreuses pages que je survole pour fixer mon attention, page 130, sur la formule qui m'interpelle de la "fausse conscience", laquelle s'exprimerait, selon lui, par un "langage enchanté"
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Il me semble que "double pensée", "fausse conscience" et "langage enchanté" vont particulièrement bien ensemble.
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Laissant mon esprit vagabonder imprudemment, je me demande si nous n'avons pas sur Médiapart quelques maîtres du langage enchanté; dans le club, bien évidemment; mais peut-on être vraiment sûr qu'il n'y en aurait pas, sur Médiapart, également en haut lieu ?
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jpylg
Un peu de social dans pas mal de libéralisme, ma brave dame, que voulez vous, les événements nous y poussent!
Bon, y'avait bien Jospinou à un moment donné, qui pensait pas trop double et parlait donc d'une seule voix d'une seule, mal lui en a pris : désenchantement total du langage!
Je ne dirais pas que la droite a changé, je dirais qu'elle s'est magnifiquement épanouie. Faut dire le terrain était, et est encore, très fertile.
Quant à la gauche, elle s'étiole de plus en plus, que ça en devient pitoyable.
Vincent Peillon vient de rater sa cible, les primaires élargies resteront semble-t-il bel et bien socialo-socialistes. Rien de changé. La rose se dessèche.
A ranger dans un herbier ?
Et sans mauvaise conscience.
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Jospinou, pas adepte du double langage et de la double pensée ?
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Si j'en crois les écrits que notre PGD Edwy lui a consacrés, y a pas pire !
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jpylg
J'ai pas trop de temps là malheureusement, JPY. Je faisais allusion, histoire d'en rire, à son "programme non socialiste". Au moins c'était pas de la langue de bois enchanteresse.
Si vous avez cinq minutes, mettez moi les liens vers ces écrits de EP (je suis un peu paumée sur ce site pour tout vous dire).
Bien cordialement.
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C'est l'un des derniers bouquins où Edwy, se prenant pour saint Augustin, nous fait ses confessions.
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En fait dans une bonne moitié du livre, c'est plutôt les péchés de Lionel qu'il raconte, quand ils étaient tous deux chez les troskystes.
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jpylg
bonjour
comme souvent, je réagis tardivement...mais ce n'était pas pour rien que je vous avez indiqué cette expérience des rats de D. Désor. L'expérience, répétée et sur-répétée, démontre au moins que :
1) les sociétés mammifères peuvent être organisées socialement d'après leur mémoire génétique comme peut l'être le monde des insectes (abeilles, fourmis ou termites).
2) cette organisation chez les mammifères s'établit, en première analyse, sur le stress lié au pouvoir (ce que vous nommez "volonté de puissance et d'obéissance").
3) pour abolir chez les rats cette organisation, à priori héritée de la nuit des temps , il faut traiter chimiquement, mais alors toute organisation sociale disparaît!!
Ces résultats expérimentaux répondent en grande partie, à votre question des questions.
Plus.... grand amateur d'Orwell (comme moi au passage), Michéa n'ignore pas cette formule assassine de 1984 (qui ne plaira pas à Velveth) : "ils ne se révolteront que lorsqu'ils seront devenus conscients et ils ne pourrons devenir conscients qu'après s'être révoltés". Cette phrase type d'une double pensée (Orwell EST celui qui développe la double pensée qui sert de base aux livres de Michéa pour interpréter le monde actuel) démontre à mes yeux fatigués, que Michéa -et du coup vous à partir de son livre-, sur-interprété les mots d'un mourant, ie Eric Blair (mourant et déçu par ce qui a été le combat de sa vie, lorsqu'il écrit 1984). Ce qui n'empêche pas que Orwell a trop souvent raison -même aujourd'hui et sur beaucoup de point- et a toujours combattu pour ses idées ...et à mes yeux émerveillés, je pense que vous êtes de la même trempe. Mais derrière les mots des uns, il faut souvent rechercher les mots des autres pour mieux comprendre.
Chris
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Vous me faites beaucoup d'honneur; mais peu importe. Vous me faites surtout plaisir en disant que c'est sur le très long terme que nous devons brancher notre réflexion politique.
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Cela ne veut pas dire que le moyen terme (les élections) ou le court terme n'existe pas (les salaires, les vacances, la santé, etc), ou l'urgence (une personne sur un autre fil parlait du cas social d'une grand-mère qui a à sa charge deux ados en difficulté).
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Je pense qu'il faut reprendre la réflexion politique à Platon et Aristote et y inclure l'anthropologie, la sociobiologie et la psychologie.
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Il n'y a pas que Orwell: Max Weber dit aussi quelque part que rien ne change; de la monarchie à la démocratie, ces changements sont superficiels; les infrastructures restent qui sont féodales. Je crois qu'il ne va pas assez loin et qu'il faut dire qu'elles sont animales. Ce n'est pas une raison pour se désespérer. Une fois qu'on le sait, on se dit: il faut faire quelque chose, et l'on cherche, et l'on essaie.
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jpylg
Merci J.P.Y.
Bon ben je file chez mon libraire, il va être content !
(heu, pour les infrastructures animales, comment dire, c'est structurel quoi! Mais ne désespérons pas, vous avez raison.)
Je suis très gêné pour extraire des passages du développement que fait Michéa du concept de fausse conscience, à partir de la page 130. Je crois que tout est à lire, y compris les notes de bas de page.
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Il est certain que pour Michéa l'actuel mal français commence avec "l'après-68". L'après-68 s'est caractérisé, selon lui, par un refus d'analyser la réalité de ce qui s'était passé, ce qui aboutit à la mise au point d'un "mai officiel" - et faux !
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Mais que s'était-il passé réellement en mai 68 et à qui a profité le crime de détournement du mai 68 authentique ? Ce qui s'était passé, c'était le renoncement aux principes d'action politique ouverts par les efforts et les succès de l'Internationale situationniste et les travaux de Guy Debord pour comprendre la société.
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Quant au bénéfice du crime de détournement ( de telles formulations sont les miennes et non celles de Michéa, sauf quand il y a guillemets), il aura consisté en une "prise de pouvoir universitaire (Althusser, Bourdieu, Foucault, Deleuze, Derrida) prêtant main-forte au "cynisme mitterrandien" qui, avec des gadgets comme SOS-Racisme, lui-même soutenu par quelques stars du show-biz, revient à "dissoudre la question sociale" pour assurer "l'hégémonie" du "nouvel esprit du capitalisme".
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(de la page 130 à 133).
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En somme, si je comprends la théorie de Michéa c'est que mai 68 fut interprété par ses héritiers-bénéficiaires comme un signe d'espoir pour la gauche - quelque chose avait été possible, que l'on avait raté, mais qui reviendrait - alors qu'en réalité ce fut une terrible catastrophe pour la gauche, en ce sens que des solutions possibles en vue disparaissaient de l'horizon.
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(à suivre)
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Pages 133- 134-135 de La double pensée :
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"Ici, je me doute bien que beaucoup de jeunes auditeurs vont avoir un certain mal à me suivre, car ce n'est généralement pas ainsi qu'on leur raconte l'histoire de ces années tumultueuses et fondatrices. Je les invite donc tout simplement à lire le discours prononcé par Bob Kennedy à l'université du Kansas en mars 1968 - quelques semaines avant son assassinat - discours dont je cite un long passage dans mon livre. Ils auront la surprise d'y découvrir une critique de la culture capitaliste et du mythe de la croissance dont la pertinence et la radicalité, rétrospectivement stupéfiantes, lui vaudrait aujourd'hui la réprobation consternée de tous les courants de la gauche - de Jacques Attali à Olivier Besancenot en passant par Ségolène Royal et Marie-Georges Buffet. Or Bob Kennedy n'était pas un anarchiste ou un révolutionnaire au sens strict du terme. Il s'inscrivait simplement (comme, à la même époque, le pasteur Martin Luther King) dans la grande tradition démocratique radicale du populisme américain. Ce simple fait (dont l'époque fournirait évidemment bien d'autres exemples) donne, à lui seul, la mesure de l'incroyable retournement idéologique (ou de cette véritable contre-révolution dans la révolution, je ne vois pas d'autre mot) dont la France de la seconde partie des années 1970 a été l'un des théâtres privilégiés. Ce qui a été progressivement refoulé de la mémoire collective, à partir de cette époque extraordinairement trouble (et l'on connaît le rôle décisif que des médias comme Actuel ou Libération ont joué dans cette contre-révolution intellectuelle) ce n'est rien moins, en effet, que l'ensemble des questionnements critiques qui - en mai 68 et dans les années qui avaient suivi (des combats de Lip à ceux du Larzac) - avaient fondé ou accompagné les luttes les plus radicales et les plus créatives du mouvement populaire".
(à suivre)
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jpylg
La volonté de puissance s'exprime d'abord par la force accessoirement soutenue par une idéologie n'importe laquelle c'est une question d'opportunité culturelle. Ce n'est pas une nouveauté, cette situation remonte aussi loin que l'histoire des chefs.Ce que je trouve plus intéressant de comprendre c'est par quels mécanismes ceux qui soutiennent et/ou subissent le pouvoir des chefs ne peuvent contrôler ses débordements. et surtout pourquoi tout le monde semble convaincu de la nécessité de chef partout et toujours.
Vous semblez trés mal placé pour en parler, losqu'on constate le fanatisme pour votre idole ...
Je vous adore, surtout ne changez rien. Vos prises de positions sur SR toutes en nuances me ravissent
j'en suis fort aise ...
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Les "suiveurs" contrôlent les débordements des chefs, soit en se révoltant contre eux, soit en constituant des "contre-pouvoirs" (éventuellement destinés à tromper les chefs), soit en suscitant des rivaux aux chefs (préparant ou faisant craindre le changement) .
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Je ne sais pas quels sont ces mécanismes, mais je crois qu'ils sont fondamentaux en politique et qu'ils ne sont pas du tout hors de nos capacités de connaissance; encore faut-il s'y atteler, et j'ai l'impression que l'institution ne le veut pas.
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Quand je souhaite que le droit de vote effectif soit précédé et soumis à une formation, c'est ce type de formation qui me semblerait utile. Effectivement, je pense que les idéologies et a fortiori les "programmes" n'ont pas d'autre but que d'habiller sous des apparences respectables des jeux et des appétits de pouvoir.
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jpylg
Les suiveurs fonctionnent vraisemblabement par projection, ils se sentent chef à travers le chef et lorsqu'ils intriguent pour des changements de chefs ils resteront des suiveurs de chef. Le fond de la question est plutôt la soumission au chef. Elle traduit en premier lieu une forme d'infantilisme ressentie avec un certain confort, encouragée par le système éducatif et vérouillée par le système de production économique.
Quand la démocratie consiste à poser une fois tous les 5 ans à quelques millions de personnes voulez vous de moi comme chef en sachant que si la majorité dit oui ilcontinuera de faire ce que bon lui semble, alors oui la démocratie laisse perplexe et on comprend les abstentionistes et je ne me laisse pas abuser par ceux qui déclarent que la démocratie est le moins mauvais des systèmes .
Si la démocratie consiste à poser des questions précises sur des sujets précis, à un public précis concerné par la qestion, alors je pense qu'une prise en compte d'une opinion majoritaire n'est pas fondamentalement mauvaise.
Je crois que certains appellent cela démocratie participative mais ce n'est pas politiquement correct et Jonath va encore me faire les gros yeux
Confondre démocratie et suffrage universel me parait peu productif.
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@ christian paultre
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A de très petites nuances près, c'est tout à fait ce que je pense.
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Cela étant, il n'y a pas lieu de se désespérer. Nous sommes comme cela, c'est tout. Je crois que la meilleure des choses, pour fonctionner moins mal, un peu moins mal, c'est de savoir comment nous fonctionnons.
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Malheureusement, le bluff culturel (le formatage...) est tel que quand on s'attaque à la question, on est taxé de nihilisme, ou de fascisme, ou des choses dans ce genre.
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jpylg
non du tout, je vois pas ce qui rend différent la démocratie de la démocratie participative, cela me semble redondant et sans réel pragmatisme, voila tout.
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" Si la démocratie consiste à poser des questions précises sur des sujets précis, à un public précis concerné par la qestion, alors je pense qu'une prise en compte d'une opinion majoritaire n'est pas fondamentalement mauvaise "
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c'est rigolo, vous avez des exemples de questions précises sur des sujets précis à un public précis concerné par la question ?
Oui par exemple demander aux usagers du RER de voter une augmentation de salaire pour les conducteurs de rames...
On peut poser la question de façon plus subtile et moins abrupte; dans cet exemple on définit un électorat d'usagers et non un comité d'usager, c'est plus démocratique, mais on a pas la culture c'est dommage...
" Oui par exemple demander aux usagers du RER de voter une augmentation de salaire pour les conducteurs de rames... "
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ou demander aux 80 % de français qui gagnent le smic en bossant 35 ou 40 h par semaine, si ils souhaitent gagner 30 000 euros/mois sans rien faire, c'est certain que vous allez avoir pas mal de réponses favorables ...
Oui mais là il n'y a pas de décision à prendre saisissez vous la nuance?
Mais si à ces 80% on leur demandait leur avis sur des propositions pour réduire l'inégalité des salaires avouez que la politique serait nettement plus intéressante et vous feriez une drôle de gueule.
nan mais ça fonctionne pas comme ça les choses, oubliez ...
Bonjour,
J'en reviens à ........ Pages 133- 134-135 de La double pensée, et je reprends, en l'aérant, la dernière phrase :
"Ce qui a été progressivement refoulé de la mémoire collective [...] n'est rien moins [...] que l'ensemble des questionnements critiques qui [...] avaient fondé ou accompagné les luttes les plus radicales et les plus créatives du mouvement populaire".
Elle me plaît cette phrase.
Il me semble qu'elle résume l'état de la gauche, dont on ressent les effets dévastateurs jusque dans les fils mediapartiens, en ce que "les questionnements critiques n'accompagnent plus le mouvement populaire".
Schisme.
Ou, pour parler peuple : chacun sa merde!
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Cette phrase me plaît beaucoup aussi.
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Evidemment, cette analyse est d'une extrême simplification, "réductrice", comme l'on dit.
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C'est simplement qu'elle va à l'essentiel. Depuis mai 68, en politique, mais tout particulièrement à gauche, tout particulièrement chez les intellos,(l'intelligentzia), tout particulièrement dans les médias, on bluffe. C'est aussi simple que cela.
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Le problème, c'est que les oui-ouistes marchent dans la combine et en redemandent.
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Quand j'entends (de loin) que l'Université d'été du PS a l'intention de redonner la parole aux militants, je me dis que le foutage de gueule n'a pas de limite. Plus c'est gros, mieux ça passe.
Ce qui se conçoit bien s'exprime clairement, dit-on. Donc je ne dirai pas de cette analyse qu'elle est réductrice, loin de là. )))
(Je n'ai toujours pas compris à quoi vous faites allusion quand vous parlez des oui-ouistes!)
Foutage de gueule, probablement, mais prise de conscience aussi Jean-Paul, peut-être! J'ai besoin d'être optimiste (même si naïve).
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Vous avez raison, Arpège ! Il faut rester optimiste ! C'est l'histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine.
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Je fais ici dans le négatif parce que nous sommes en milieu hyper-oui-ouiste, se gargarisant de mots et de grands principes !
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La réalité n'est pas si tragique. Ou bien si elle l'est, le tragique est ailleurs: c'est l'état de la planète, pas l'état de la France.
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jpylg
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Redonner la parole aux militants ? (Comme ils le disent à leur Université d'été ?)
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Bien sûr que les professionnels de la politique (qui font également partie des metteurs en scène de la société du spectacle) sont parfaitement capables de mettre au point un très grand "show" sur ce thème.
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Quant à faire en sorte qu'il s'agisse d'une réalité, c'est hors de question. D'abord, ce serait, pour eux, suicidaire.
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Le voudraient-ils, ils ne le pourraient pas : leur mentalité, leur système sont formatés autrement. Leur mentalité, leur système sont formatés pour bluffer !
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jpylg
J'ai bien peur d'être d'accord avec vous.
Je vais reprendre un prozac!
Parce qu'il faut trouver une issue.
En tout cas, ça m'a donné envie d'aller lire ce livre. Merci pour ce débat.
Oh ..... vous savez, mon Père, ce n'est pas un débat, c'est juste une discussion, au coin du feu.
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" ce n'est pas un débat, c'est juste une discussion, au coin du feu. "
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Admettons qu'il n'y ait pas du deuxième degré dans "au coin du feu" !
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Ce qu'il faut surtout éviter, à mon avis, ce sont les débats préformatés de Médiapart, genre "socialisme hors les murs- assises de la gauche", ainsi que les éditoriaux (heureusement rares) de la direction.
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Je crois qu'il y a de bons trucs édités par l'Encyclopédie des Nuisances, tel que :
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Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable. (Jaime Semprun, René Riesel) -) 2008
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Il faut toujours attiser le feu ....
(...)
Oh! ben le nouvel ouvrage que vous nous proposez là est encore très prometteur ))))
Je vais prendre la boite entière de prozac et peut-être le commander chez mon libraire......
Vous avez raison il faut des courageux pour affronter la réalité, à la fin!
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Je ne l'ai pas lu. Je l'ai seulement feuilleté. J'ai eu l'impression qu'il était écrit en diaffoiranto pur et dur.
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Je me suis peut-être trompé : je regarderai à nouveau.
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Eventuellement, je l'achète et je le traduis en français.
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jpylg
Merci Jean-Paul, en plus, comme ça vous nous ferez une nouvelle fiche de lecture, qu'on aura donc le plaisir de discuter tranquillos (et puis, pour tout vous dire, par ces temps de crise, une petite économie c'est toujours ça de gagné!).
Mediamicalement.
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" une petite économie c'est toujours ça de gagné! "
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Très juste ! Souvent, je me contente du titre : c'est gratos ! (*)
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jpylg
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(*) et parfois, c'est ce qu'il y a de mieux.
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Quel contenu concret pourrait-on donner à ... ? Y a-t-il encore un sens à ... ? faut-il, à l'inverse encourager par tous les moyens... ? La défense de l'autonomie locale s'oppose-t-elle au... ? Quelles nouvelles formes de coopération et d'entraide pourraient... ? Devons-nous au nom de ... refuser tout analyse critique de la notion de... ? Quel contenu pratique faut-il donner à la notion de ... ? Comment aider, d'une façon concrète, les différents peuples du ... ? Quels types d'institutions éducatives pourraient... ? Quels types de biens matériels et symboliques sont indispensables à ...Comment inventer de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes...
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Si toutes ces questions (et mille autres semblables) - banales il y a trente ans encore - sont devenues à peu près inaudibles pour l'électeur de gauche moderne (et plus encore, pour le cyber-militant des nouvelles radicalités), c'est bien parce qu'elles ont été ensevelies sous un "Mai 68" imaginaire - réduit (...) et mis en scène par les spin doctors de la propagande officielle, avec l'aide de quelques anciens combattants nostalgiques, des communicants spécialisés de l'industrie publicitaire, et de certains universitaires apparemment très fiers d'occuper à nouvelle la Sorbonne (mais cette fois, il est vrai, contre un salaire plus conséquent).
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page 137-138
Ça me fait un peu penser à une copine à moi, qui avait cinq ans en Mai 1968, mais qui dans les années 80-90, laissait planer autour d'elle une aura de "glorieuse ancienne combattante soixantehuitarde", aux yeux de ses enfants et copains teenagers subjugués et qui n'y regardaient pas d'aussi près dans l'imposture.
On laissait faire, "bah si ça peut lui faire plaisir", sachant très bien de quoi il retournait, et croyant que ça ne portait pas à conséquence...
Grave erreur, alors que les jeunes qui ont eu 20 ans autour de 1993, furent ceux de l'illusion de l'audiovisuel, ceux qui manquèrent de repères concrets, ceux qui s'en forgèrent d'artificiels d'après l'imagerie d'épinal soixantehuitarde...
édité:
(Désolée, j'avais mis un lien sur un entretien avec Michéa mais ça ne fonctionne pas. C'est sur le site A Contre-Temps. )
http://www.acontretemps.org/
http://acontretemps.org/
(il n'y a pas de www dans celle-ci)
@ Bérangère,
Celui-là ? Cordialement.
http://acontretemps.org/spip.php?article217&var_recherche=orwell
Merci !
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@ bérengère bonvoisin
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Il s'agit, effectivement d'une interview approfondie. Cela dit, Michéa en donne pas mal, d'ailleurs, ce petit livre intitulé la Double pensée est pour une large partie une interview donnée à Radio-libertaire (plus deux ou trois autres).
. On peut par exemple, jeter un coup d'oeil avec profit, à celle donnée au Point :
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http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2007-09-06/entretien-integral-jean-claude-michea-et-la-servitude-liberale/989/0/199481
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Ou celle donné au Journal du Mauss :
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http://www.journaldumauss.net/spip.php?article308
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Sans oublier que, sur Médiapart même, Philippe Corcuff lui a consacré un billet :
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http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/040609/michea-et-le-liberalisme-hommage-critique
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Je n'avais pas vu, jusqu'à présent, le billet de Philippe Corcuff qui porte, non sur la Double pensée, mais sur l'empire du moindre mal et renvoie à un article qu'il avait lui-même fait pour le Journal du Mauss. Je lirai ça à tête reposée.
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http://www.journaldumauss.net/spip.php?article495
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jpylg
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Dans l'extrait de La Double Pensée que j'ai mis en ligne aujourd'hui à 14h49, j'abrège toute une série de questions qui sont celles que, d'après l'auteur, on n'ose plus se poser aujourd'hui et que l'on se posait il y a trente ans.
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J'abrège parce que je ne peux tout de même pas recopier tout le livre, mais il me semble être à lire de la première à la dernière ligne, y compris avec une grande attention aux notes de bas de page.
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Toujours est-il que parmi cette série de questions, il y en a au moins une que je ne peux pas ne pas reprendre in extenso; la voici :
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Quels types d'institutions éducatives pourraient développer le sens critique des individus (et leur sensibilité civique et morale), leur permettant ainsi de résister, entre autres, à la décérébration organisée par la propagande publicitaire et le mensonge médiatique ?
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jpylg
Justement pas une institution, m'est avis!
Des lectures à voix hautes (de Michéa et d'autres) au Parc de la Villette, ou bien Place de la Rép, ou bien Bd Richard Lenoir, je ne sais pas, mais investir l'espace public. Là où se trouvent les gens (qui n'auraient jamais l'idée par exemple de rentrer dans un café philo).
Merci bérangère pour le lien. J'aime bien quand il dit "je dois être structuré comme une poupée russe". Dieu merci, on ne reste pas figés, nous non plus!
A partir de la page 139, Michéa développe l'analyse des différences entre le libéralisme de droite et le libéralisme de gauche.
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Personnellement, je le trouve beaucoup, beaucoup moins convaincant (et beaucoup moins percutant) dans l'analyse que dans la dénonciation.
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En page 139, il en était à expliquer que le problème politique est, en réalité, un problème philosophique. Pour un certain nombre de raisons qu'il énumére, la critique morale et philosophique est devenue impossible. J'aime beaucoup, bien sûr, qu'il utilise des expression telles que "l'immense travail de falsification médiatique" (page 139) ou bien la "décomposition mentale" on en sont arrivés un certain nombre d'intellectuels de gauche (noteen bas de la page 147).
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J'aime ses a parte plus que ses développements, par exemple cette note du bas de la page 149 : "La fable de La Fontaine Le Loup et l'Agneau, semble un bon test pour distinguer l'ancien homme de gauche de sa version moderniste actuellement triomphante. L'homme de gauche d'autrefois, quand il lisait cette fable, sympathisait d'emblée avec l'agneau (qui représentait, à ses yeux, le Peuple, éternelle victime des exactions des Puissants). L'homme de gauche moderne, comme on le voit, a tendance, au contraire, à préférer le loup. Sans doute une réminiscence inconsciente de l'idée libérale selon laquelle l'homme est un loup pour l'homme".
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jpylg
page 153 :
je résume : le libéralisme politique et culturel, tel que la gauche l'a adopté, trouve dans l'économie marché, les moyens de suppléer à la disparition du sens commun et de la morale commune. C'est ce qui constitue, selon Michéa, l'unité dialectique de la double pensée.
Comprenons bien : le mal est moins le libéralisme politique et culturel lui-même, cultivé grâce au recours à la double pensée, que ce qui l'a rendu possible, à savoir la disparition du sens commun et de la morale commune, que l'on se cache par la double pensée.
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( à suivre)
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Je rappelle que dénonçant les méfaits du libéralisme (autant culturel et politique qu'économique), Michéa vise surtout la gauche , disant (page 156) que "la stratégie habituelle des libéraux - surtout à gauche - "est de lutter contre les valeurs morales, régulièrement ramenées à un "ordre moral" ou à la tentation totalitaire; en réalité au profit de ce qu'il appelle "l'idéologie du bien" qui s'oppose à la "décence ordinaire", selon le concept élaboré par son grand maître Orwell.
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Cette expression "d'idéologie du bien" me plait assez. Je me demande si ce n'est pas, tout simplement, ce que j'appelle le "oui-ouisme" ? L'idéologie du bien n'est-elle pas connue, depuis longtemps, sous le terme de "bienpensance".
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Il est vrai que la bienpensance est peu connue - dans la forme que Michéa, et c'est son grand mérite, nous révèle, c'est-à-dire la bienpensance de gauche.
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La bienpensance de gauche ruisselle sur Médiapart. A moins qu'elle ne suinte ? Comme l'autre qui ne savait pas dire si ça gratouille ou si ça chatouille, je n'arrive pas à savoir si la bienpensance de Médiapart a la forme d'un ruisselement ou d'un suintement ? Les deux, peut-être ?
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La bienpensance de gauche qui a tendance à voir en tout appel à la morale un appel au fascisme, ne trouve rien à redire, en revenche, contre l'indécence ordinaire, dont Michéa donne quelques exemples:
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Le palace, pour chats et chiens de riches, à Paris: indécent.
Le salaire des vedettes du football professionnel : indécent.
Le salaire des stars politiquement corrects du show biz : indécent.
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Et tant d'autres choses qui laissent la bienpensance de gauche indifférente.
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( à suivre)
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En pages 162 et 163 de son livre, Michéa revient sur ce qu'il appelle "la question anarchiste par excellence", dont il avait précédemment dit quelques petites choses, en faisant allusion à ces militants qui sont poussés par la volonté de puissance.
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"C'est effectivement une question politique essentielle. Et pas seulement politique, d'ailleurs, car le besoin pathologique de s'immiscer dans la vie des autres, de la contrôler, voire de l'organiser peut se manifester à tous les niveaux de l'existence - de l'activité militante à la vie amoureuse (...) Or, si la volonté de puissance s'avère si dangereuse et particulièrement sur le plan politique, c'est tout d'abord (...) parce que ceux qu'elle anime le plus intensément en sont, en général, les derniers informés.. Ensuite - mais les deux choses sont liées - parce qu'elle s'exerce, dans la majorité des cas, sous des formes obliques et particulièrement difficiles à appréhender".
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Là-dessus, comme il le fait souvent, Michéa pond une longue note de bas de page qui développe cette idée de la volonté de puissance chez le militant :
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"Il y a au moins un signe qui ne devrait jamais tromper, quant à la présence de ces conflits de pouvoir inconscients. C'est lorsque le fonctionnement d'un groupe politique commence à ressembler à une cour de récréation : disputes et chicanes à propos de n'importe quoi; formation incessante de clans et de sous-clans aux frontières toujours recomposées; brouilles immédiates pour un regard de travers ou une marque de préséance refusée; ergotages à n'en plus finir pour savoir qui a commencé le premier; jalousies et venin. C'est dans cette atmosphère tristement empoisonnée par les conflits d'ego que la scission idéologique permanente (avec son cortège d'excommunications fulminantes et de mises au point définitives) devient peu à peu - comme chez les paramécies - le principal mode de reproduction de la secte. On reconnaîtra facilement, dans cette description le travers majeur de l'Internationale situationniste (on sait qu'à la fin seuls trois membres n'avaient pas été exclus- dont Debord lui-même).
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On pourrait d'ailleurs penser à d'autres partis , dont un beaucoup plus récent...
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jpylg
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C'est un bog, le double langage informatique sur Médiapart...???
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@ christian paultre
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Je ne m'attendais pas au double langage de votre part. Comme quoi, on ne se méfie jamais assez.
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jpylg
Nous approchons de la conclusion de cette partie du petit livre de Michéa , la double pensée, dont je rappelle qu'il est fait, principalement, d'un avant-propos, d'une interview accordée au Nouvel Obs, (27 sept 2007) d'une conférence au Centre Ascaso-Durruti (nov 2007) dont la transcription est parue dans le numéro de mai 2008 de la revue anarchiste Réfraction) et, plat de résistance, d'un long entretien sur Radio Libertaire en date du 16 décembre 2007).
Il s'agit, dans tous ces cas, de commentaires de son précédent ouvrage, l'Empire du moindre mal.
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C'est de la conclusion de l'entretien sur Radio-Libertaire qu'il est question. J'aime beaucoup la pensée de Jean-Claude Michéa, sans quoi, je ne me serai pas donné le mal d'en transcrire des échantillons depuis des semaines. Cependant, j'ai dit dans des messages précédents que je n'excluais pas que lui-même cède, plus ou moins, au charme discret (et surtout aux avantages de la double pensée); autrement dit qu'il ne va pas jusqu'au bout de sa propre pensée, spécialement quand il risque de déplaire à ses auditeurs ou lecteurs. Ainsi, quand il prétend s'attaquer à la droite libérale et qu'il s'adresse à des gens de gauche, la critique passe; il dit bien, mais à mon avis, insuffisamment clairement, qu'il s'attaque à l'influence que la droite libérale exerce à gauche. C'est-à-dire qu'il s'en prend à la gauche libérale. Ou plus exactement à une gauche qui croit exister et qui n'existe plus parce que cette gauche est devenue la droite. (Avec quelques nuances extrêmement secondaires). Il aurait les moyens de faire cette démonstration, mais il ne le veut pas.
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Ceci, pour évoquer, cette conclusion à venir. (Mais après, nous aurons encore les notes qui sont abondantes et intéressantes). On retrouve cette tendance fâcheuse à dissimuler la subversivité (voire la violence) de la pensée, sous les oripeaux d'une forme lénifiante.
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Michéa dit donc la chose suivante : à laquelle je propose que l'on accorde la plus grande attention : (c'est en page 164 du petit livre) :
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"Il est donc absolument indispensable que tous ceux qui estiment qu'il y a encore un sens à combattre collectivement pour un monde libre, égalitaire et décent, accordent une attention renouvelée à cette perversion aussi ancienne que l'homme (...) mais dont je continue à penser, à la suite d'Orwell, que la plupart des "gens ordinaires" en sont - du moins pour l'instant encore - globalement protégés. En tous cas, infiniment mieux protégés que les membres de la classe dominante, que leur mode de vie privilégiée déresponsabilise et maintient ainsi dans l'immaturité".
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Voici le problème de Miché, selon moi. Cette perversion aussi ancienne que l'homme, d'abord, à cet endroit il ne la nomme pas; plus exactement, il ne la rappelle pas, car il l'a précédemment nommée : c'est la volonté de puissance, le désir d'empiéter sur le territoire d'autrui. Il fallait le redire, il ne le fait pas.
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Mais surtout il affirme, parfaitement arbitrairement, et même en contradiction avec ce qu'il a dit précédemment que, de cette perversion, ceux qu'il appelle "les gens ordinaires" - c'est-à-dire, vous et moi, - sont protégés. Le danger serait représenté par "les membres de la classe dominante", privilégiés, irresponsables, immature. Puis il enchaîne sur les principes - que nous verrons ensuite - que ces gens ordinaires - qu'il vient d'absoudre dans sa grande générosité - devraient suivre s'ils veulent "combattre collectivement pour un monde libre, égalitaire et décent".
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La réalité - il a été le premier à le dire dans des pages précédentes, c'est que la volonté de puissance et la tendance à envahir le territoire d'autrui sont présentes - au moins potentiellement et souvent effectivement - chez n'importe quel militant qui, de ce fait, tout en restant dans un apparent respect des règles de fonctionnement de la collectivité, en réalité bafouent les principes les plus élémentaires de la démocratie.
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J'ajouterai que, d'après ma propre expérience des milieux militants, la recherche de privilèges est l'un des principaux moteurs de la "militance" et que, pour tout en appartenant à la "France d'en bas", on peut être aussi irresponsable et immature que n'importe quel privilégié de la France d'en haut.
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jpylg
Je me souviens avoir compris quelque-chose qui m'avait fait très mal à l'époque, même si aujourd'hui je m'y suis fait car ce n'est plus si franc ni si noir-et-blanc:
«Pire encore que la loi du Plus Fort: la loi du Plus Faible»...
(avais-je découvert alors que j'évoluais dans de grandes structures professionnelles municipales au syndicalisme plutôt très corrompu...).
Je me demande cependant, si Michéa n'aurait quand même pas eu tort de mettre (avec vous jpylg donc) la volonté de puissance des "faibles" sur exactement le même plan que la volonté de puissance des "forts"?
Je ne sais pas si c'est vraiment la même volonté de puissance, ou si les deux volontés de puissance sont de natures suffisamment différentes pour justifier son choix de prôner plutôt quelque-chose comme
«Le pouvoir implique la responsabilité»?
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1) sur la volonté de puissance...
La problématique que vous décrivez en ces termes "«Pire encore que la loi du Plus Fort: la loi du Plus Faible»...n'aurait pu que plaire à Nietzsche qui a écrit : "il faut protéger les forts contre les faibles..."
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2) sur le rapport entre pouvoir et responsabilité : la responsabilité devrait être la condition sine qua non du pouvoir; je crois qu'on en est très loin...
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jpylg
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Page 165, Michéa propose quelques principes à l'usage des "gens ordinaires", c'est-à-dire, vous et moi, qu'il a défini précédemment comme protégés, du moins pour l'instant, du danger de la volonté de puissance.
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Je dois dire que je puis qu'approuver le premier d'entre eux :
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" Le premier, c'est évidemment la nécessité d'assurer en permanence la rotation de toutes les fonctions dirigeantes. Aucun militant ne devrait jamais pouvoir s'installer durablement à la tête d'une association, d'un parti ou d'un syndicat - du moins lorsque ceux-ci ont atteint une certaine ampleur. Le statut de dirigeant permanent (ou de "révolutionnaire professionnel", selon l'expression de Lénine ) est clairement incompatible avec les exigences morales de tout combat pour une société égalitaire".
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(à suivre)
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Je disais donc, dans le précédent message du 11 septembre que Michéa, dont j'apprécie énormément les positions, mais à qui je reproche de les délayer beaucoup, au point qu'elles perdent l'essentiel de leur impact potentiel propose un premier principe à l'usage des gens ordinaires, ceux qui pratiquent encore la "common decency". Le premier est d'exiger la rotation des responsables de partis, organisations, associations, etc. Le second est de "toujours entretenir un rapport de méfiance a priori avec les médias officiels". Ce principe, il l'énonce en ces termes, sans davantage mettre l'accent, si ce n'est, vaguement, quand il dit ": les médias (...) ne médiatisent par définition que ce qu'ils veulent bien médiatiser".
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Il aurait pu au moins mettre dans le même sac les médias officiels et les médias officieux et et non seulement émettre un souhait de méfiance (ou de défiance), mais dénoncer la véritable connivence existant entre le journalisme politique, tout particulièrement et les professionnels de la politique.
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Il aurait pu surtout ne pas se perdre dans des exemples très anecdotiques qui enlèvent toute force au propos.
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Bref, il retrouve à peu près son "punch" quand il écrit, page 171 et 172 : "Tout organisation radicale (...) devrait accorder une importance statégique aux trois principes suivants : premièrement, le renouvellement systématique et continuels de tous ses dirigeants; deuxièmement, une politique de défiance a priori et permanente envers tous les micros et caméras qui se tendent spontanément vers elle; troisièmement - et c'est probablement le principe le plus essentiel, dans la mesure où il concerne chacun de nous en tant qu'individu singulier - un souci constant de chaque militant de faire le point aussi bien sur son propre désir de pouvoir que sur son degré d'implication personnelle dans le mode de vie capitaliste.
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Je mettrai demain en ligne la longue note de la page 171 consacré au rapport du journalisme au système dont il est un élément.
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(à suivre)
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J'aime beaucoup la note que l'on trouve en bas de la page 171, consacrée au journalisme.
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L'expression "note de bas de page" n'est pas très appropriée, en l'occurrence, vu qu'elle fait les 3/4 de la page.
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"Il est donc inutile d'imaginer que les professionnels des médias mentiraient consciemment (sauf, bien sûr, dans le domaine réservé de l'économie où seuls des spins doctors sont autorisés à officier, éventuellement aidés par deux ou trois crétins sincères), ni même qu'ils devraient travailler à tout moment sous l'oeil d'un quelconque big brother. A partir du moment où ils ont été essentiellement sélectionnés sur leur profil (le néojournaliste doit être "ouvert", "citoyen" et même capable d'une certaine autodérision), ils tendent en effet à dire et à faire d'eux-mêmes tout ce que le système attend d'eux. Quitte, parfois, à devancer les désirs de ce système, en encourageant audacieusement toutes les formes possibles de sa pseudo-contestation. De ce point de vue, et comme l'écrivait déjà d'Alembert, "on pourrait comparer les journalistes dont je parle à ces mercenaires subalternes établis pour lever les droits aux portes des grandes villes, qui visitent sévèrement le peuple, laissent passer avec respect les grands seigneurs, permettent la contrebande à leurs amis, la font très souvent eux-mêmes, et saisissent en revanche pour contrebande ce qui n'en est pas."
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(à suivre)
Oui, cette fameuse forme d'autocensure, parmi d'autres, qui est bien connue et qui était discutée aussi notamment dans le numéro spécial censure du Canard Enchaîné des alentours de Janvier 2008,
dont même nos journalistes ici à Mediapart parlent de temps en temps...
La France, avec son "modèle mental" d'éducation dès l'enfance, fort propice et tourné vers la soumission et la servilité comme mode d'évolution et moyen de promotion, est certes un contexte particulièrement favorable à cette soumission des journalistes et à leur "asservissement consenti" et naturel au sortir des écoles.
Voyez en ce moment l'exemple frappant de la chappe de plomb sur les événements du 11 septembre 2001 à New York et au Pentagone:
Qu'on soit pour ou contre, qu'on croie ou qu'on ne croie pas la version officielle, là n'est pas la question et peu importe, puisque ce qui se passe c'est que le fait même de poser des questions est interdit, et même sévèrement combattu par tout le "microcosme" et notamment la gent journalistique quasiment unanime à conserver le statuquo du fonds de commerce du "choc des cultures", à moins que plus prosaïquement, nos gars-là aient juste peur qu'en affichant leur ouverture à la discussion, ils se voient refuser par les services d'immigrations américains (soumis au Patriot Act), leur droit de voyager aux USA?
La peur qui se transforme en lâcheté structurelle, elle aussi est variable selon le contexte culturel, et en France, vu comment tout le monde fonctionne, hélas elle joue à plein et naturellement, sans même qu'on la sollicite...
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Je ne peux que souscrire
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jpylg
" (les journalistes) tendent en effet à dire et à faire d'eux-mêmes tout ce que le système attend d'eux".
Oui c'est sûrement très juste. On peut ajouter, et c'est peut-être pire "à dire et à faire d'eux mêmes tout ce que le lectorat potentiel attend d'eux".
Résultat : une bonne agence AFP suffirait, mais c'est discount, pas de décryptage.
Des emplois perdus.
Aurez vous, cher Jean Paul, votre conclusion personnelle à nous proposer, concernant globalement cette double pensée, à la fin de cette lecture éclairée ?
Croyez vous à la viabilité de cette double pensée dans un seul cerveau ? Ou bien faut il en déduire que l'une domine l'autre finalement?
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" Résultat : une bonne agence AFP suffirait, ..."
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Je pense même qu'une seule agence serait moins pire, si j'ose dire, que le système actuel qui crée l'illusion du pluralisme et de la liberté, alors qu'il s'agit d'un pluralisme excluant des quantités de singularités et une liberté totalement faussée par le formatage.
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Il y a, je l'ai dit mille fois, un formatage général qui admet des formatages particuliers, à la conditon que les seconds soient compatibles avec le premier; en cas contraire, le rejet est impitoyable.
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Non, a priori, je ne pense pas tirer de conclusion personnelle sur le thème de la double pensée. Si je me lançais dans une telle entreprise, je risquerais fort de faire du sous-nietzsche. Nietzsche dit merveilleusement que nous sommes des menteurs et que toutes nos valeurs sont fausses.
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Faut faire avec pourtant, et ne pas désespérer.
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Merci de m'avoir dit que ces citations vous ont intéressé.
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jpylg
Vous réussissez à me faire sourire. Vous savez, de ce rire qui est la politesse de.....
Bon.
Je ne sais pas comment on peut être conscient et optimiste.
Peut-être faut-il préférer l'oubli, le retrait ?
Bien sûr que commenter ce bouquin est intéressant, mais un peu diafforantesque, je confirme, surtout sur la fin
(enfin le bouquin, bien sûr)
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" Bien sûr que commenter ce bouquin est intéressant, "
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Certes, mais pour ce qui me concerne, je l'ai très peu commenté, me contentant des citations. Bien sûr, je me suis permis de dire que Michéa lui-même pratiquait, éventuellement, un peu la double pensée...peut-être le double langage... mais, en tous cas, dans ce double langage n'entre pas du tout ce que j'appelle le "diaffoiranto".
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Le diaffoiranto, c'est un style obscur pour cacher le vide de la pensée. La pensée de Michéa n'est pas vide du tout et quand il s'exprime il s'exprime très clairement. Je le soupçonne de ne pas dire tout ce qu'il pense; mais non pas de cacher ce qu'il pense par des roublardises langagières.
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jpylg
Hm, hm!
Enfin quant à moi, je le trouve très confus dans sa dernière intervention. (Ou bien est-ce moi qui ne possède pas tous les paramètres nécessaires à une bonne compréhension ?)
Je ne sais pas ce qu'il pourrait cacher dans ce qu'il ne nous dirait pas tout. Peut-être que son processus de pensée n'est pas lui même abouti ?
Il est apprécié, Michéa, de ce qu'on appelle l'extrême droite (Soral, qui pourtant se revendique moitié à gauche).
Je comprends, de loin, vaguement, que Michéa entend que la gauche n'existe pas en fait, il s'agirait d'un mirage en quelque sorte. Une sorte de rêve inabouti, par la force des choses, du cours des événements..
Constat terrible.
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" Michéa entend que la gauche n'existe pas en fait, il s'agirait d'un mirage en quelque sorte. Une sorte de rêve inabouti, par la force des choses, du cours des événements.. "
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C'est ce que je comprends aussi, et je pense qu'il a raison. Evidemment, c'est pas la joie...
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jpylg
Je pense idem.
De quoi rester cois et coites!
En page 172 - nous approchons de la conclusion de l'entretien que Michéa accorde à RAdio Libertaire - l'auteur revient sur le troisième principe qu'il souhaite voir mettre en oeuvre, je rappelle que ce troisième principe est : " un souci constant de chaque militant de faire le point aussi bien sur son propre désir de pouvoir que sur son degré d'implication personnelle dans le mode de vie capitaliste. "
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Je rappelle aussi que, parallèlement, dans le fil que j'ai consacré aux citations d'une enquête de la Revue Esprit en 1939, il est actuellement question du militant.
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Je reviens à Michéa:
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"Le troisième suppose, par exemple, des capacités de remise en cause personnelle, - à la fois morales et psychologiques - que l'univers militant n'a jamais particulièrement encouragées (des choses absolument essentielles avaient été dites à ce sujet, dès 1972 dans la célèbre brochure situationniste, Le Militantisme, stade suprême de l'aliénation) (*). Cela d'autant plus comme on le sait, que beaucoup de militants rêvent avant tout d'un monde où tous les êtres humains seraient enfin devenus "politiquement conscients", c'est-à-dire, en réalité, d'un monde où tous les êtres humains auraient été refaçonnés à leur belle image.
(à suivre)
(*) Michéa consacre une longue note de bas de page à cette brochure que je citerai demain
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Je suis très heureux de mettre en ligne l'intégralité de la note de bas de page du petit livre de Michéa, "La double pensée", ainsi que je l'avais annoncé hier.
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J'en suis d'autant plus content que, à peu près au même moment, Sylvain Bonneau, a publié un papier sur l'initiative mise en place par le PS pour tenter de récupérer ce qui est récupérable comme militants parmi les intellectuels de gauche.
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Voir :
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http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/190909/ps-et-intellectuels-l-ebauche-assez-gauche-d-un-dialogue
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Je signale aussi que la série de citations extraites de l'enquête sur la démocratie et la représentation par la Revue Esprit de 1939 tourne ces jours-ci autour du portrait du militant et spécialement aujourd'hui sur l'intellectuel militant.
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Consultable ici :
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http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/020809/une-enquete-de-la-revue-esprit-en-1939-sur-la-representation-par
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Cela dit, voici la note de bas de page de Michéa, (pages 172 et 173)- Il parle d'une certaine brochure néo-situationniste parue en 1972 sous le titre: Le Militantisme, stade suprême de l'aliénation.
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"Cette brochure mythique et anonyme - publiées en 1972 au nom d'une mystérieuse "Organisation des jeunes travailleurs révolutionnaires" (organisation fantôme elle-même épinglée dans le texte) - s'ouvrait sur une critique en règle de tous les groupes gauchistes qui s'étaient développés "à la suite du mouvement des occupations de Mai 68", critique destinée à "préparer le terrainau mouvement révolutionnaire qui devra les liquider sous peine d'être liquidé par eux" (on remarquera ici, une fois de plus, que "l'esprit de Mai 68" à l'époque était beaucoup moins unifié que celui qui court toujours à la FNAC et dans les livres de Serge Audier). "La première tentation qui vient à l'esprit - poursuivait le texte - est de s'attaquer à leurs idéologies, d'en montrer l'archaïsme ou l'exotisme (de Lénine à Mao) et de mettre en lumière le mépris des masses qui se cache sous leur démagogie. Mais cela deviendrait fastidieux si l'on considère qu'il existe une multitude d'organisations et de tendances et qu'elles tiennent toutes à bien affirmer leur petite originalité idéologique. D'autre part, cela revient à se placer sur leur terrain. Plus qu'à leurs idées, il convient de s'en prendre à l'activité qu'ils déploient "au service de leurs idées" : le MILITANTISME. " Pour les auteurs de la brochure, il s'agissait donc, en un mot, de "chercher derrière le mensonge la réalité du menteur pour comprendre la réalité du mensonge." Ce texte sulfureux (dénonçant, entre autres, l'omniprésence du masochisme, de la religiosité et de la volonté de puissance dans l'univers militant) - et qui est encore consultable sur quelques sites internet - avait été reçu, à l'époque, comme un véritable coup de pied dans la fourmilière gauchiste. Inutile de préciser que les "leaders historiques" du mouvement s'arrangèrent asez vite pour organiser l'oubli définitif des questions qui venaient d'être ainsi soulevées.
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( à suivre)
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Dans la fin de son entretien sur Radio libertaire du 16 décembre 2007 qui constitue une bonne partie de son livre "La double pensée", Michéa énonce trois principes qui lui semblent devoir être mis en oeuvre pour que les gens ordinaire, au sens donné à cette expression par Orwell, reprennent quelque forme d'existence dans la vie politique.
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Dans l'extrait précédent, il a, assez longuement, commenté le 3ème qui est que les militants devraient s'interroger à la fois sur leur volonté de puissance et sur le rapport réel qu'ils entretiennent avec le mode de vie dominant dans la société qu'ils disent vouloir changer.
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Les deux principes précédents, sont, rappelons, : 1) Le renouvellement systématique de tous les dirigeants des partis politiques et associations para-politiques; 2) une politique de défiance a priori et permanente envers tous les micros et caméras.
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Vers la fin de l'entretien, il s'exprime ainsi : "Quant aux deux premiers principes, je ne suis pas sûr que ceux qui ont consacré l'essentiel de leurs efforts à accéder aux fonctions dirigeantes d'une organisation (ou, ce qui est, peut-être encore plus suspect, à en devenir les porte-parole médiatiques attitrés), soient les plus qualifiés pour mettre ce genre de questions à l'ordre du jour.(la morale politique a, elle aussi, son principe de Peter). De la même façon, d'ailleurs qu'il serait profondément naïf d'attendre des "représentants du peuple" qu'ils décident d'eux-mêmes, un beau matin, que la politique ne doit plus être un métier réservé à une caste, et qu'en conséquence, aucun mandat politique ne sera plus renouvelable."
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(à suivre).
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Du nouveau :
http://blogs.mediapart.fr/blog/sidoinec/170313/les-mystere-de-la-gauche-jean-claude-michea-0
jpylg, anarcho-monarchiste