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Oct

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Bangui, une pantalonade

Le caillassage de l'Ambassade de France à Bangui ce 26 décembre 2012, appartient à un registre bien connu. Il est aussi politique et spontané que ma guenon est moldave. Il vise en fait, en attaquant l'Ambassade et en terrorisant quelques secrétaires encore toute bronzées de leur passage incontournable au Rock, à dire à la France et à son Président de venir dare dare aider le Président Bozizé pressé militairement par son opposition d'être, manu militari, proprement délogé .

Car la rébellion est aux portes de Bangui après une campagne éclair qui dans les annales ne sera pas sans rappeler les cent jours, campagne éclair où ces rebelles plus ou moins conglomérés en Séléka, ( 1)véritable Objet Politique Non Identifié, viennent de faire par deux fois fuir )l'armée régulière, conquérir Bambari, contourner Sibut où sont cantonnés des unités tchadiennes prêtées en renfort par le Grand frère du Nord, Idriss Deby et se pointent à quelques kilomètres de Bangui dont les habitants commencent à fuir..d'autres se rassemblant, quelques heures et à moins de cent,  pour caillasser l'Ambassade..

Car la stratégie de Idriss qui consistait non seulement a envoyer des troupes à son protégé mais aussi à réunir à Djamena l'ensemble des acteurs de la Communauté de Centre Afrique, la CEEAC, sous l’autorité de Son Excellence Monsieur IDRISS DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, de Son Excellence Monsieur DENIS SASSOU N’GUESSO, Président de la République du Congo , de Son Excellence Monsieur François BOZIZE YANGOUVONDA, Président de la République Centrafricaine , de Son Excellence Monsieur ALI BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise  sans oublier Son Excellence Monsieur SINUNGIRUZA THIRENLE, Vice-Président de la République du Burundi , ainsi que Son Excellence Monsieur Gabriel COSTA, Premier Ministre de la République Démocratique de Sao Tomé et Principe, Son Excellence Monsieur AGAPITO MBA MOKUY, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale de la République de Guinée Équatoriale et Son Excellence Monsieur MEBE NGO’O EDGAR ALAIN, Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense de la République du Cameroun,bref que du beau linge qui ,bien sur, quelques jours avant Noël accoucha d 'une résolution ferme et guerrière demandant l'arrêt des armes et... une nouvelle réunion avec toutes les parties interessés à Libreville après les fêtes du Nouvel An.

Cette déclaration attendue dans la bonne tradition d'une diplomatie qui ne s 'interesse qu'à la diplomatie a été applaudie par la Présidente en exercice de l'Union Africaine, Nikosazama Zuma, qui  s'est déclarée "profondèment préoccupée " et a "exprimé son appui total aux  décisions prises par le sommet de la CEEAC" . Elle en appelle à la communauté internationale afin qu'elle appuie et apporte son soutien logistique et financier au déploiement de toute urgence d'une force d'interposition de la MICOPAX  afin "que les groupes armés mettent un terme immédiat à leur offensive et se retirent des localités qu'ils occupent"

Car enfin il ne faut quand même pas gâcher ces fêtes qui pourraient être les dernières pour les Bozizé, l'un, le père, étant Président, l'autre, le fils, étant Ministre de la Défense.

Les rebelles prirent dont acte et décidèrent une trêve : »

« Prenant en compte la déroute totale et généralisée du régime de BANGUI ainsi que l’inquiétude de la population centrafricaine, en général, et de celle de BANGUI, en particulier, notamment concernant l’imminence d’une attaque de la capitale par nos troupes, Le « SELEKA » tient à rappeler que, loin de s’en prendre aux populations vulnérables, l’objectif qu’elle a toujours recherché, est de permettre et contribuer par ses actions à la recherche des solutions appropriées en vue d’une paix globale, durable et définitive en République centrafricaine etc....

Trêve qui dura quelques heures avant qu'ils ne  reprennent la route de Bangui, les armes et... une fort possible victoire.

Car ces rebelles n'ont pas digéré les élections de Janvier dernier si mal truquées que s'en était lisible visible aux yeux de tous -64 % des voix au Général Bozizé qui ayant pris le pouvoir quelques temps auparavant par les armes et avec l'aide de Deby se voyait ainsi entrer dans la cour des démocrates. Enfin presque car il s'empressa comme tant d 'autres de vouloir modifier une constitution qui l'aurait empêché de se représenter en 2017... comme en Guinée l'opposition prit les armes mais, originalité, la brousse aussi. D'autant que dans le Nord du pays un groupe tchadien qui en voulait à Idriss Deby, le FPR de Adamo et de Baba Ladde tous les deux généraux bien sur,  faisait des émules rançonnait à droite et à gauche et finalement se voyait récompenser de ses sévices par une rentrée triomphale avec tapis rouge et délégation aéroportuaire au pays, home sweet home..

Il n'ont pas oublié non plus que les accords qu'ils avaient signé en 2007 et 2011 avec le pouvoir actuel n'ont jamais été respectés ni  l'incroyable gabegie et impéritie du pouvoir en place  telles  que même Paris n'ose pas y mettre le bout du doigt. Car comme l'écrit J.B.Placa

« Lorsque l’on croit avoir épuisé tous les motifs de révolte,.... on peut toujours faire pire que le pire. Une partie des dizaines de millions de dollars octroyés depuis 2009 par le Fonds mondial de lutte contre le sida à la Centrafrique s’est volatilisée. Il n’est point besoin d’aller chercher loin pour s’apercevoir que les doses d’antirétroviraux ainsi disparues ont resurgi, sous forme de belles villas, de rutilants 4x4 ou de comptes en banque bien garnis.

Aujourd’hui, en Afrique, les générations spontanées de nouveaux riches tiennent frénétiquement le haut du pavé. Et leur exploit, dans ce cas précis, pourrait coûter à la Centrafrique jusqu’à 7 000 morts, sur les 15 000 personnes qui bénéficient actuellement du traitement. Le scandale des malversations au Comité national de lutte contre le sida n’en est donc que plus révoltant..."

 Et ce "pire que le pire," dans ce concours ubuesque entre Mali, Guinée Equatoriale, Tchad et République Centrafricaine on ne sait pas qui tient le pompon de la bêtise de l'incompétence et de la prédation. Mais ce dont nous pouvons être sûrs c est que les populations souffrent . Il se trouve que je connais bien et depuis longtemps les populations paysannes centraafricaines ,baya et bandas et que je parle Sango, que je connais bien Bangui où ma fille fut scolarisée plusieurs années à Charles de Gaulle ( sic) et que j'avais souffert récemment avec cette population devant les exactions – tues lamentablement tues dans le brouhaha international – commises par les bandes des fêlés de Dieu venues du Congo proche, souffert, avec elle, quand Bozizé, comme tous les autres, s 'est conduit lors des élections en prédateur avec l'aide de Idriss Deby mais aussi le silence de la communauté internationale , souffert aujourd'hui, avec elle, à Bambari, que je connais bien et où j'ai des amis, car s’il a tout lieu de croire que la débandade de l'armée nationale sera égale à celle de l'armée malienne, si Bozizé devra fuir à Djaména, que deviendra la RCA et ces spopulations paysannes sous la conduite d'une bande de généraux et de rebelles dont on ne sait rien sinon qu'ils aspirent eux aussi à leur part de gâteaux.

PS : les Séléka - avec accent si l'on veut- c 'est ,en sango, une alliance. Elle regroupe l'oppostion, dont le CPJP ( jeunes patriotes pour la justice et la paix) de eric Massi et l'UFDR de Michel Djotodia. Eric Massi est le fils de Charles Massi dont la mort -la disparition en fait-  toujours mystérieuse - est attribuée à Bozizé. Djotodia est un haut fonctionnaire. Sinon les sekela sont des gens venus du Nord et qui n'ont aucun rapport avec les sphères du pouvoir à Bangui. Ils reprochent surtout à Bozizé de ne pas avoir respecté les accords qu'ils avaient passés avec lui à Libreville en 2008 et visant le développement du Nord - dont Birao- Véritable Objet Politique Non Identifiable ils n'ont aucune expérience du pouvoir ni aucun programme ni aucune revendication véritable et se retrouvent au pied du mur, le pouvoir à portée de main, sans jamais l'avoir réellement voulu...au pied du pouvoir qu'ils n'ont qu'à cueillir. D'aucune disent qu'ils sont financés en sous main par ..Idriss qui soutient leur adverssaire et jouerait un double jeu!! 

PS et ajout ce dernier jour de l'année-Dimanche.

D'abord quelques précisions afin que l'on comprenne mieux ce qui se passe.

Le nord-est de la République Centrafricaine (RCA) est l’une des plus vastes zones et la moins peuplée du pays avec une densité moyenne de 1,3 habitant par km2. Dépourvue d’infrastructures de base essentielles, elle reste une région fortement enclavée où l’accès demeure un réel défi. La plupart des routes sont inaccessibles pendant la saison des pluies; les interventions humanitaires se font par voie aérienne. Cette zone est l’une des plus vulnérables et insécurisées du pays à cause du faible contrôle et présence des structures étatiques. Prisée pour sa faune et ressources minières, des clandestins s’adonnent au braconnage et à l’exploitation illégale de ressources minières et particulièrement diamantifères  La proximité de la région avec le Tchad et le Soudan (Darfour), favorise l’infiltration des groupes et bandits armés ainsi que la circulation d’armes de guerres. La région est une des plus affectées par les conflits politico militaires et interethniques ayant entrainé d’importants mouvements de populations à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur du pays. Le climat politique et sécuritaire s’est davantage détérioré avec la création du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) et de l’Union des Forces Démocratiques pour le Redressement (UFDR) dans la Vakaga et la Haute Kotto, après l’accession au pouvoir du Président Bozizé en 2003. Ces deux groupes ont signé un Accord de Paix avec le Gouvernement en 2008. La création de la Convention Patriotique pour la Justice et la Paix (CPJP) en 2008, perturbe davantage la région et brouille les pistes . Car si le gouvernement avait octroyé à Zakaria Damane, un Goula, Président du UFDR - Union des forces démocratiques- un  droit de co-gestion avec l'armée -FACA-sur les parcs animaliers lors d 'accords signés à Biao, l'UDR a éclaté les karas faisant défection et les Rounga, autre ethnie créant le CPJP - Patriotes pour le Justice et la Paix, les deux factions en venant à des conflits armés alors que des bandes venus du Soudan et du Tchad pillent et massacrent avec apparemment la bénédiction et l'accord monayé des autorités administratives et militaires de Birao. Cette zone où les trafiquants arabes venaient chercher le rhinocéros et l'ivoire devient actuellement principalement  une zone de trafic de diamants.Le 25 septembre 2012, la CPJP signe un Accord Global de Paix avec le Gouvernement et intègre le processus de paix. Pour améliorer la sécurité dans cette zone, une force Tripartie (Centrafrique/Tchad/Soudan) a été mise en place dans la Vakaga....mais depuis rien ne va plus.

On apprend que Idriss Deby sans en passer par ses ministres et son gouvernement vient de décider de "sauver le soldat Bozizé' en lançant d'importantes troupes à travers la RCA en direction de Bangui où Sibut à plié.

On apprend également que le victoire à portée de mains accentue les dissensions entre les différents courants de "l'Alliance"  et que le conflit ethnicisé entre Rounga et Goula refait surface avivé par les forces gouvernementales qui multiplient les enlèvements.

 

 

 

 

Tous les commentaires

27/12/2012, 12:37 | Par solalgary

très bien dit et hélas pour l'espoir, in cauda venenum.

27/12/2012, 13:40 | Par Cacochyme

Merci pour cet éclairage. L'Afrique est devenue difficile à comprendre. On sait bien que le néocolonialisme maintient des régimes en place. Que la corruption, la cupidité et la vénalité sont profondément ancrés dans la nature humaine. Il est toujours bon de pouvoir mettre des noms de personnes et de lieux dans ces  événements dont les vraies victimes sont les plus pauvres de ces peuples. Que faire?

27/12/2012, 16:16 | Par Axel J

Je ne suis pas d'accord que le néocolonialisme maintient les vieux tyrans en place.

C'est devenu plus "compliqué" que ça, dans le sens où les anciennes colonies ne tiennent plus assez, ne tirent plus assez les ficelles de leurs anciens pantins-potentats. Le temps du capitalisme et de la géopolitique est révolu. Place au néolibéralisme.

Nous vivons aujourd'hui une nouvelle ère mondiale où la géopolitique et ses grands enjeux traditionnels, ont cédé le pas à un fonctionnement beaucoup plus sauvage, beaucoup plus économico-centré, où ce sont les groupes financiers qui dictent leur loi, et dont les intérêts n'ont plus rien de politique ni plus rien qui s'inscrit dans un long-terme idéologique ou politique.

En Afrique, cette "passation de pouvoir du politique à l'économique", se traduit par une véritable mise en coupe anarchique et violente, par un abandon de tout ce qui pouvait ressembler un peu à une cohérence. Ce sont désormais les gangs et les aventuriers, qui s'emparent de l'Afrique. En costumes-cravates à Wall Street et à Shanghai, et en kalashnikov-machettes sur le terrain concret.

27/12/2012, 16:22 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de Axel J le 27/12/2012 à 16:16

C'est vrai qu'il y a passatio,n de pouvoir entre politique et économique. La résultante de cela est la fin de la françafrique comme je l'ai souvent soutenu dans mes billets de blog et contre de nombreuses critiques mais avec l'appui de Péan.

Ceal signifie que la loi de la jungle qui était malgré tout plus ou moins sous la coupe critique, dans les métropoles, des partis d'opposition ( disposant de maisons d 'édition, de journaux, d 'antennes, des facs etc..) ne connait plus désormais ces limites et que le n'importe quoi et le pire peut s 'exprimer en toute impunité. Le M 23 de Kagame piller le Congo et violer et assassiner des milliers de personnes, un petit capitaine au Mali faire la pluie et le beau temps et un Bozizé en Centrafrique de piller délibéremment les resssources de l'Etat comme Eyadema au Togo et Bongo au Gabon ..sans que les autorités de tutelle puissent intervenir. Quand elles le font sous couvert de l'ONU c 'est toujours à contre-temps et contre les intérêts bien compris des peuples. 

27/12/2012, 17:24 | Par Cacochyme en réponse au commentaire de Axel J le 27/12/2012 à 16:16

Pour parodier Coluche, on pourrait dire que le néocolonialisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme et le néolibéralisme c'est l'inverse.

Extrait d'un article du Monde Diplômatique sur Bolloré [...]

"Et voilà que remonte à la surface une autre facette de M. Bolloré : les activités de ses entreprises en Afrique. En vingt ans, ce continent est devenu un des piliers d’un groupe dont il a longtemps constitué la « face cachée ». L’Afrique ne représente, certes, qu’un quart de son chiffre d’affaires officiel (1,4 milliard d’euros sur 6,4 en 2007). Mais, avec ses dix-neuf mille salariés, ses deux cents agences réparties dans quarante-trois pays et les installations hautement stratégiques qu’il contrôle (ports, transports, plantations), M. Bolloré y agit comme un empereur conquérant dont les réseaux politiques et médiatiques constituent les armes favorites."[...]

Au bon vieux temps des colonies, l'Etat assuré la protection des entreprises capitalistes patriarcales tel Michelin etc. aujourd'hui, ce sont les dirigeants africains qui assurent leur protection. Mais sur le fond, les peuples sont toujours les mêmes victimes des deux systèmes, pour eux rien n'a changé me semble-t-il. La barbarie et les extrèmismes religieux en primes.

 

27/12/2012, 17:52 | Par Axel J en réponse au commentaire de Cacochyme le 27/12/2012 à 17:24

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Ça ne revient pas au même.

C'est bien pire quand ce sont des rois-nègres qui corrompent. Quand c'est "les Blancs" (*) qui corrompent, au moins on peut se dire que les salauds sont "les autres"...

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C'est exactement le même principe entre l'UMP et le PS. Quand "les salauds" sont la méchante-vilaine-pabô droite, au moins les méchants c'est "les autres". Mais quand c'est la soit-disant gauche qui corromp et détruit encore mieux que la droite et au nom de soit-disant belles valeurs tordues et détournées, là on est complètement piégés.

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(*) (les Blancs c'est comme les rois-nègres, il y en a de toutes les couleurs, si j'emploie la vieille terminologie colon c'est juste pour simplifier)

27/12/2012, 18:07 | Par Cacochyme en réponse au commentaire de Axel J le 27/12/2012 à 17:52

Rigolant Ce n'est pas faux...sur l'UMPS...

27/12/2012, 18:19 | Par Axel J en réponse au commentaire de Cacochyme le 27/12/2012 à 18:07

Oui, et c'est devenu cela, aussi pour ce qu'on a appelé la "françafrique".

Avant, c'était les "grands chefs blancs" qui corrompaient les "rois-nègres", et qui veillaient à ce que tous les opposants à leurs fantoches soient toujours éliminés.

Aujourd'hui, ce sont les vieux tyrans africains, qui corrompent nos "rois-nègres" à nous (Chirac, Sarkozy, Hollande).

Aujourd'hui, ce sont les mafieux, les mafias, qui sont aux commandes.

Aujourd'hui, nous ne vivons plus dans un monde politique, nous vivons désormais dans un monde/système mafieux.

27/12/2012, 22:49 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de Axel J le 27/12/2012 à 18:19

@axel, bien d 'ccord avec vous, serait-ce outreccuidant de vous inviter à lire ce billet ?:

http://blogs.mediapart.fr/blog/kakadoundiaye/130512/mafia-vous-avez-dit-mafia

 

27/12/2012, 16:33 | Par GILLES WALUSINSKI

Enfin la "Une" du blog pour les chroniques africaines si pertinentes de l'ami Kakadoundiaye!

Un renvoi vers les autres billets s'impose à vous lecteurs !

27/12/2012, 20:14 | Par jeanfelix vial

HALTE AUX DERIVES /DELIRES !

l'idée introduite par AXEL J et vite reprise par la suite selon laquelle le pouvoir passerait du politique à l'économique est totalement trompeuse ; Bolloré et tous les autres groupes de ce type ont toujours gardé le controle économique , en dernier ressort ,pendant ou aprés les indépendances, en s'appuyant sur quelques privilégiés compradore ou pseudo politiques installés au prix d'assassinats (mort de Lumumba entre autre ) ou de guerres interminables (guinée hier , cote d'ivoire aujourd'hui ...et c'est pas fini!)

veuillez laisser les "rois negres" tranquilles ,cette expression style banania est une forme de mepris raciste appartenant à l'extreme droite lancée en France par Raymond Cartier ; pour une bonne connaissance de l'histoire des empires africains lisez l'historien ki-zerbo et qq autres )et surtout ne pas nous faire croire que la "françafrique" changerait de nature!!! (ce qui ne veut pas sous estimer le role à venir de la Chine et qq autres Dictatures menant le monde)

27/12/2012, 20:23 | Par Axel J en réponse au commentaire de jeanfelix vial le 27/12/2012 à 20:14

Votre commentaire date de 1993 voire avant.

Il était juste, mais vous auriez pu le mettre un peu à jour avant de le copier-coller pour ce billet actuel...

27/12/2012, 23:00 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de jeanfelix vial le 27/12/2012 à 20:14

Je ne reprends pas quant à moi l'expresssion  roi-nègres . Je parle des gros cous ou des grossess nuques tous ces présidents en exercice toujours prêts à vendre leur soeur pour une poignée de cacahuètes si celles ci sont en or. Rien à voir avec les empires africains. Mais avec des pantins mis en place par la puissance publique ( voir "Congo" de Reybruck mais aussi "Kameroon" par Deltombe et consorts ) et qui, maintenant que cette puissance publique est elle-même flageolante, se tournent vers les Grandes Compagnies qui encore récemment marchaient la main dans la main avec la puisssance publique mais qui s 'en passent aisément aujourd'hui d 'autant que celle-là peut lui mettre quelquefois des bâtons dans les roues, vendent aux plus offrants leur richesse ( hier encore le pétrole tchadien) leurs terres ( voir Ethiopie) leurs ressources halieutiques ( Sénégal) leurs mines etc... pour n'en retirer que des hochets qu'une classe s'appropriera au détriment de la population. C'est en ce sens que j'estime que la françafrique est morte. ..et que l'opération Licorne au cul en Cote d 'Ivoire n'était qu'un acte stupide et irréel qui ne prenait en compte que l'aura d'un président français à la recherche de  brushing. On ne meurt pas pour l'américain Cargil ou le néerlandais Unilever ni pour le suisse Cemoi..;qui ont supplanté les français sur ces marchés ivoiriens.

27/12/2012, 21:21 | Par cardamone

Cher Kakadoundiaye,

Comme souvent, on se retrouve sur ces sujets ; sur l’essentiel, quoi. Pas mieux, aussi, sur le fond. C’est bien vu. Très. On a du se croiser quelquefois... Bref.

Quelques réserves sur votre intervention :

i) pour évacuer la partie « éthique » : JB Placca (2 c) : pas facile de défendre l’animal pour l’avoir pratiqué dans plusieurs émirats africains et l’avoir vu à la manœuvre dans des négociations qui n’avaient rien de journalistiques, déontologiques ou même raisonnables…

ii) sur la RCA, un peu de vécu.

J’étais, il y a quelques années de cela, avec S.E. (aujourd’hui) M. Eric Chevallier, à Birao (Nord RCA) – Mme Patricia Allémonière de TF1 était là aussi (une vraie baroudeuse), là où Seleka (pas d’accents SVP) nous faisait de grands discours dans des écoles désertées qui faisaient peur aux enfants pour le parfum de ranger et de ration de singe qui l’avait emporté sur celui de la craie et de l’ardoise.

Ils étaient tous là nos amis qui se font menaçants aujourd’hui et se présentent en conquérants magnanimes. Je pourrais dire le nom des 5 coalisés qui ont encore de la famille en France… D’autres sont encore mieux informés qui jouent de la basse à Freetown…

Dommage.

Oui, vite, passer à autre chose. Au-delà de Bozizé, de tous ces misérables, seconds couteaux émoussés, fils et descendance de la main gauche, passer vraiment à autre chose.

En espérant que la France ne fasse surtout pas de c… dans cet environnement sahélo-soudanien où les derniers spécialistes raccrochent les gants.

Oui, Déby a la main sur tout ça. Mais il ne faudrait pas qu’il croie pouvoir s’aventurer dans une partie de billard à x bandes avec sa main qui tremble tant… Bozizé risque le feu à le jouer sur sa frontière Nord qui est aussi le Sud d’un Soudan (même « Sud » - 49ème PMA selon la CNUCED). Bon : une pétaudière.

Je lis « Roland Marchal » à plusieurs reprises. Cet homme dont nous riions si fort des analyses toujours à côté de la plaque quand il s’aventurait dans des « réflexions » approximatives sitôt quelques contre-vérités savamment avancées vers lui en ricanant au cœur des cocktails d’ambassade…

Pauvre RCA. Pauvres Centrafricains. Les si bien nommés. Les si bien caractérisés. Les si malheureux.

Qui ira murmurer à l'oreille de Hollande?

27/12/2012, 23:11 | Par kakadoundiaye

@Cardomone,

heureux que vous mettiez un peu de vie dans ce papier informatif car même si je termine dans les trémolos mon dernier séjour en RCA date de bien longtemps. Ma fille que j'accompagnais à Charles de Gaulle est mère à son tour.

C'est idiot , la formule est ringardissime mais je l'emploirai quand même, à mon époque fonctionnaires et aventuriers commerçants, voire militaires  et autres vivaient à Bangui ou a Berberati ou Bossangoa plusieurs années. Ils parlaient sango, s'implantaient, se mariaient - deux de mes bons amis sont mariés avec des centrafricaines dont JD Penel, poète, encore que pour le premier il épousa une oubanguicharienne et a vécu plusieurs décennies à Bouar, prés de Birao.Bref ils pouvaient " conseiller" donner leur avis afin  d éviter dans des situations fragiles  de faire des conneries.. Mais j'ai l'impression que cette époque est bien révolue et aujourd'hui je n'entends sur l'Afrique que des propos sans intéret ;;mAIS? C EST VRAI IL Y  AUSSI LES REYBRUCK -Congo- ET LES DELTOMBE - Cameroun.

 

28/12/2012, 02:17 | Par LEILA BENHIMA

Mais qu'avons nous fait des africains, des peuples otages à la fois si riches et tellement pauvres.

Cette cupidité qui rôde toujours et encore et qui tient si peu compte des populations. Consternant.

28/12/2012, 06:46 | Par JohnB

Comment se fait il qu'on n'entende pas Fabius ces jours ci? Le president s'est exprimé, le Quai d'Orsay s'est exprimé, mais le ministre des Affaires Étrangères, rien, silence...

En vacances lointaines? Alors que Hollande a demandé à ses ministres de rester à la maison!

bizarre non?

28/12/2012, 06:47 | Par JohnB

Comment se fait il qu'on n'entende pas Fabius ces jours ci? Le president s'est exprimé, le Quai d'Orsay s'est exprimé, mais le ministre des Affaires Étrangères, rien, silence...

En vacances lointaines? Alors que Hollande a demandé à ses ministres de rester à la maison!

bizarre non?

28/12/2012, 08:17 | Par mathurin_93

Vivant dans un coin recule de l'Afrique,mais ayant Internet.

J'essaie avec mes moyens de comprendre,mais une chose est certaine,chacun des interlocuteurs avec lequel je discute tiens a me preciser clairement a quelle tribu il appartient.

Et vouloir creer ou garder une nation,souvent delimitee par les ex coloniaux???

Donc la dictature est la meilleure methode.(Fait que je n'approuve pas evidemment.)

28/12/2012, 12:04 | Par Axel J en réponse au commentaire de mathurin_93 le 28/12/2012 à 08:17

Vous avez raison, sauf qu'on peut très bien se fonder en grande nation, sur des limites artificielles.

En Afrique, même quand on cherche à prolonger les cohérences artificiellement issues du découpage géographique colonial, on ne peut pas faire abstraction du paramètre tribal, qui est central.

Soit il faut considérer les tribus un peu comme on considèrerait des syndicats qui seraient forts et incontournables. Se dire qu'elles existeront toujours, qu'elles se partageront toujours "le terrain" en permanentes luttes d'influence dont on peut tirer une saine émulation et une vraie logique de fonctionnement.

Soit il faut parier sur une future uniformisation, un véritable esprit de nation, où le paramètre tribal perdra peu à peu de son importance, où les tribus se relègueront peu à peu au rang de folklore, comme ce qui s'est passé en Europe, sur un modèle très centralisé à la russe ou à la française, ou sur un modèle très fédéraliste à l'allemande, à l'italienne.

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Aïe, voilà que moi aussi, j'écris comme si on était au début des années '90, comme si quelque-chose était encore possible, comme si le chaos n'avait pas encore tout submergé...

28/12/2012, 13:28 | Par LEILA BENHIMA en réponse au commentaire de Axel J le 28/12/2012 à 12:04

Les Africains sont aussi sur internet et de plus en plus de voix aussi commencent à se faire entendre pour aller dans ce sens...si il n'y avait pas les armes.

Les africains de l'étranger ont un rôle à jouer comme cela a été le cas pour le Maroc. Mieux formés, mieux informés, ils aspirent à l'unité.

28/12/2012, 12:05 | Par Atenco

Merci pour ces informations. Mais, s'il vous plaît, tenez compte de la profonde ignorance (dont la mienne) qui est celle de beaucoup de lecteurs , et n'hésitez jamais à rappeller les grands traits de l'histoire des régions et pays d'Afrique sur lesquels vous écrivez.

30/12/2012, 18:59 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de Atenco le 28/12/2012 à 12:05

j'ai rajouté des PS  pour donner les dernières informations disponibles en cette fin d 'année et préciser également quelques éléments - le conflit entre Goula et Rounga dont on recommence à parler- et le cadre- le contrôle des sites diamantifères-

28/12/2012, 16:45 | Par kakadoundiaye

C'est ce que m'efforce Atenco de faire en général ,d'inscrire l'actualité dans une histoire plus générale. Pardon d'y avoir manqué cette fois.

Quant, pour répondre à Mathurin et axel, à la question tribale: elle est au coeur de la réflexion post-coloniale  et occupe une place importante dans le dernier livre de Reybruck sur le Congo où il souligne l'importance de la coalition ethnique autour de la volonté d 'indépendance- chaque leader étant porté par une ethnie et par une région- mais où il indique également combien au Congo cette " classification"  est totalement arbitraire et plus le fait des belges colonisateurs que des interessés congolais eux-mêmes qui ne se définissaient pas comme balula ou bakongo pas plus que les ivoiriens se définissaient comme baoulé ou bété etc...Alors d'où vient la contradiction? Pourquoi Conté en Guinée est il soutenu d 'abord par les malinke et son adversaire Dallein par les peuhls?

D'abord par ce que derrière ces entités ethniques se cachent des réalités économiques productives. Les peuhls sont plus commercants et éleveurs que les soussous plus portés  par le travail urbain et les malinke plus agriculteurs. De même qu'en Europe il y eut et existe encore une filiation des métiers qui tiennent à la géographie souvent ( les pêcheurs sont plus bretons qu'ardéchois) ou à l'histoire ( celle par exemple des migrations internes qui fait que les bougnats sont majoritaires dans la brasserie et le bar à Paris ) Aussi les gens soutiennent ils non leur compatriote mais leurs intérêts propres à leurs professions et activités.

Ensuite -et cela devient plus complexe- je réfléchis et travaille sur ces questions depuis plusieurs mois- parce qu'il y a en période difficile - aléa de la conjoncture internationale-besoin de se raccrocher et de pousser à la roue un "quelquechose" qui peut vous protéger et vous aider et ce "quelque chose" est l'ethnie ou la religion même si l'ethnie auquel vous vous rattachez n'est pas la votre ou ne l'est qu'accessoirement. Car qui dit ethnie dit ancêtre commun, histoire et tradition communes voire le plus souvent langue commune. L'ethnie par ailleurs exige traditionnellement une endogamie qui n'est plus en vigueur depuis plusieurs générations ce qui signifie qu'il n'y a pas de toucouleurs ni de peuhls car ils se sont marié à des dioulas et ne parlent plus le pular mais le wolof etc... s'ils se revendiquent aujourd'hui d'une ethnie d'abord c 'est qu'ils y trouvent un avantage en terme d'image ou en terme de soutien.. A voir. Que Mathurin creuse auprés de ses proches leur appartenance.

Cordialement

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