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Après son refus de payer sa dette, l’Islande fera le triple de la croissance de l’UE en 2012

23 janvier 2012 Posté par benji sous Argent et politique 12 commentaires

Je ne cesserai jamais de répéter que l’Islande est LE pays à prendre en exemple,même s’il est complètement ignoré des médias, s’il est loin ou quelle qu’en soit la raison pour ne pas en parler, c’est le pays à suivre! Payer pour les banques? Même pas en rêve, là bas ils ont été emprisonnés! Sauver les banques? Elles ont été nationalisées. Quand à la croissance actuelle, elle se porte au mieux.

Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et selon les prévisions de la Commission européenne, elle va faire le triple du taux de croissance attendu pour l’UE en 2012 (La croissance de l’UE est prévue à 0,5% en 2012 contre 1,5% en Islande). Pour 2013 la croissance devrait atteindre 2,7%, principalement à cause de la création d’emplois. L’Islande est le pays qui a nationalisé les banques privées et qui a emprisonné les banquiers responsables de la crise.L’Islande a été le seul pays européen qui a rejeté par un référendum citoyen le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers.

Pendant ce temps dans un pays comme l’Espagne, le ministre l’économie qui fut un grand responsable chez Lehman Brothers, a maquillé les soldes bancaires et a gonflé les résultats pour faire croire à une solvabilité du système financier résultant de la déréglementation des marchés mais ce dernier a fini par s’effondrer.

Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing furent les banques nationalisées en 2008 pour éviter leur faillite et qui furent placées sous contrôle démocratique, plutôt que de profiter d’injections inconditionnelles de capitaux publics, comme en Espagne ou dans les autres pays européens. En juin dernier, l’une d’elle Landsbankinn, a annoncé son intention de rembourser les intérêts aux détenteurs d’hypothèques pour compenser les citoyens de payer leurs pertes.

La révolte pacifique a débuté en 2008, sans que celle-ci soit décrite dans les pages des grands médias européens, qui ont mentionné dans des notes en bas de page que ce pays était un dangereux exemple à suivre. À la fin de 2008, l’ensemble des dette de l’Islande égalait à 9 fois son PIB. La monnaie s’est effondrée et la Bourse a suspendu ses activités après une baisse de 76%.

Le pays a fait faillite et a ensuite reçu un prêt de 2 100 millions de dollars du FMI et 2 500 millions de dollars provenant des pays nordiques et de la Russie. Le FMI, comme d’habitude, a exigé, en échange des mesures « d’ajustement » soit des coupures dans les dépenses sociales qui ont provoqué la colère de la population, la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées au début de 2009 dans lesquelles la gauche a remporté la majorité absolue et provoquant l’effondrement du Parti de l’Indépendance, un parti conservateur, qui était traditionnellement la force dominante dans le pays, qui n’a conservé que 23,7% des voix.

Le Mouvement Gauche-Vert a gagné 21,7%, Alliance sociale-démocrate 29,8%, le Parti progressiste 14,8% et Mouvement des citoyens 7,2%.

Johanna Siguroardottir a été choisi pour diriger le gouvernement réunissant des sociaux-démocrates, et les écologistes de gauche. En 2010, on a mis sur pied une assemblée constituante de 25 membres, des « citoyens ordinaires » pour réformer la Constitution. Cette même année, le gouvernement a soumis à un référendum sur le paiement ou non de la dette contractée par les banques privées en faillite au Royaume-Uni et dans les Pays-Bas, mais 90% des gens ont refusé de payer.

Ses citoyens ont voté non à cause de l’effondrement de la Banque Icesave et les gouvernements de ces pays couvrent les dépôts à capitaux publics. Le FMI a gelé les prêts en espérant que l’Islande finirait par payer ses dettes illégitimes.

En septembre 2010, l’ancien Premier ministre Geir Haarde a été mis en procès pour négligence dans la gestion de la crise. Interpol a également émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien président de Sigurdur Einarsson. En avril 2011, les citoyens ont de nouveau dit non à un nouveau référendum sur le paiement de la dette.

Après cela, au mois de décembre la banque Landsbanki a décidé de retourner une partie de la dette. Le montant total des sommes versées par Landsbanki, selon Icenews à 350 milliards de couronnes, soit environ 33% de la dette totale. Pourtant, « les comptes Icesave ne représentent seulement 4% des obligations des institutions financières du pays, soit environ 4000 millions d’euros. 96% restant ne pouvait pas être renvoyé aux créanciers, car il était complètement impossible de le faire parce que le paiements d’intérêts chaque année aurait dépassé les revenus du pays.

Dans les mots de l’économiste Jon Danielsson : « Les (banques) ont accumulé une dette égale à plusieurs fois le PIB annuel. Il n’y a aucune possibilité que les citoyens puissent payer cette dette. »

Il y a quelques jours, les responsable de la Fiscalité en Islande ont inculpé deux officiers supérieurs des banques qui ont commis des fraudes au moyen de prêts non autorisés pendant les opérations qui ont conduit à son système financier à s’effondrer en 2008 : l’ancien PDG responsable de la faillite de Glitnir, Larus Welding et le responsables des finances de l’entreprise, Gudmundur Hjaltason. Ils auraient abusé de leur position pour fournir environ 102 millions d’euros sans la permission, sans garanties de la part des bénéficiaires et sans avoir consulté le département de gestion des risques.

Les agences de notation Moody, Standard & Poor et Fitch font pression pour punir l’endettement sans grand succès et toujours en essayant d’ignorer la reprise économique dans ce pays. Par ailleurs, en 2008, quelques mois avant l’effondrement de ses banques, le pays jouissait encore de la cote triple A donnée par ces mêmes organismes.

* Journaliste.  Www.contralatortura.cl Dispatch

Source : Actualutte via leveil2011

 

 

source : http://lesmoutonsenrages.fr/2012/01/23/apres-son-refus-de-payer-sa-dette-l%E2%80%99islande-fera-le-triple-de-la-croissance-de-l%E2%80%99ue-en-2012/#more-20236

Tous les commentaires

24/01/2012, 14:18 | Par Larbi Oucherif

Dans un autre registre, on (FMI,BM;UE) conseille à l'Algérie de dénationaliser les banques et de  les céder au privé!

Malgré les désastres occasionnés en Europe et dans le monde, ils insistent toujours...

Ils lui demandent de perdre volontairement son indépendance monétaire et donc politique.

Ces pressions "amicales" au moment om des forces politiques de droite et de gauche pensent que 'Etat doit contrôler les institutions financières.

Ils prennent les algériens pour des idiots!

24/01/2012, 18:12 | Par AA Bradley

Extrait de "Confessions d'un banquier pourri" par Crésus, paru aux éditions Fayard (2009).

Prologue

Vous ne me connaissez pas, vous n'avez jamais entendu parler de moi. J'ai grandi dans l'ombre, au coeur du sérail de l'argent. Je suis un parasite de la haute finance, l'un des membres du directoire d'une des plus grandes banques de France. A peine surpayé, j'ai ramassé quelques millions d'euros en une quinzaine d'années. Une paille, comparé aux salaires et aux primes des traders que je dirige. Ou plutôt que je dirigeais. Voici cinq mois, j'ai été écarté des affaires par un président soudain très à cheval sur les règles et le contrôle des risques. Il paraît que j'ai été négligent. Laxiste, même. Que j'ai planté La Banque. Bref, j'ai payé pour toutes les horreurs commises depuis deux décennies. J'ai surtout trinqué à la place du président. Pourtant, même si j'ai longtemps fermé les yeux sur ce qu'il faut bien appeler nos pratiques mafieuses, je n'étais pas le seul aveugle aux commandes. On a foncé sur tout ce qui se présentait : les montagnes russes des produits dérivés, l'immobilier surévalué, les diversifications foireuses, les ventes à découvert... On a plongé à tous coups, ou presque.

Responsable ? Sans doute. Mais j'étais en bonne compagnie. Banquiers, investisseurs et autorités de contrôle (comme ils disent), on s'est tous auto-convaincus que la prospérité était là pour cent ans. Quant aux agences de notation et aux ministres des Finances, ils ont une bonne excuse : en fait, ils n'y comprennent rien.

La fête a duré près de vingt ans. Vingt années à se gaver et à se moquer des règles tout en faisant la leçon à nos clients. Autant vous le dire tout de suite, je ne serai pas le chevalier blanc de la profession. Dénoncer la spoliation de nos clients ? les marges ahurissantes sur les crédits ordinaires ? les commissions prélevées à tort et à travers ? Très peu pour moi. De toute façon, aujourd'hui, il est trop tard. Le chaos s'est installé et le krach va durer malgré les commentaires astucieux qui, depuis septembre dernier, nous annoncent la reprise des Bourses et la fin du tunnel. La reprise ? On en reparlera dans un an. Peut-être deux. Le CAC 40, après avoir été en chute libre, n'arrive toujours pas à se redresser. La récession va nous appauvrir. Mais ne vous inquiétez pas pour nous : les banquiers s'en sortiront.

Maintenant j'ai envie de parler. Pour me venger ? Peut-être. Mais surtout pour démasquer la suffisance de ce milieu où j'ai évolué si longtemps. Et s'il n'y avait que la suffisance ! On pourrait aussi parler de l'incompétence de tous ces PDG, de leur corruption, aussi, d'une certaine façon. Même si elle ne tombe pas sous le coup des lois. Parce que tout ce qui se faisait était juste à la frontière de la légalité, il faut bien le reconnaître... J'ai donc décidé de parler. Bien sûr, je ne pourrai pas tout dire, mais déjà, ce que je vais raconter, beaucoup auront du mal à y croire. Je vais pourtant dévoiler ce que j'ai vu, donner chaque fois que c'est possible les noms, les vrais noms des acteurs de ce chaos. Et révéler comment le krach s'est produit. Car le hasard ou la fatalité n'y sont pas pour grand-chose. Forcément, cette confession ne plaira pas à mes pairs ni à mes ex-collègues. Banquier pourri . Oui, j'assume. Pourri par l'esprit de lucre, les bonus, l'impunité, l'optimisme béat, le sentiment d'irresponsabilité. Gâté-pourri !

Au fait, vous voulez savoir si je compte rendre l'argent que je vous ai volé pendant toutes ces années ? Eh bien, je préfère vous le dire tout de suite : la réponse est non !

 

Depuis, il y a eu la mise sous tutelle de la Grèce et plus récemment, la dégradation de la note de la France.

D'après l'auteur de ce livre, la crise qui touche actuellement l'Europe est bien partie des EU. Les EU qui connaissaient déjà, avant même la crise des "subprimes", une situation budgétaire extrêmement critique vis-à-vis de la Chine et des saoudiens. La chute de Lehman Brother's a été décidée par Paulson pour tenter de canaliser l'avalanche qui ne pouvait pas manquer de suivre et qui se déverse actuellement sur l'Europe.

26/02/2012, 18:53 | Par MicheGauthier

N'oublions pas que la Révoution des Islandais contre les banques date de 2009, dans un silence totale des médias français et européen de tout poils, sauf pour remonter l'exapération des épargnants britaniques et néerlandais.
Et aujourd-hui, en 2012, oh miracle ! !  tout le monde en parle ! !

Sauf que c'est la solution pour se sortir de la dette, et que si elle avait été appliquée à l'Espagne, à la Grèce et ailleurs, ils ne seraient pas en train de mourir de faim

Mais chuuuut, secret défense ! !

07/05/2012, 18:51 | Par illico

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TLjq25_ayWM#!

Comment sont arrivées les crises et des pistes pour s'en sortir...?

2 heures de débat passionnant !

08/05/2012, 08:53 | Par marie laure veilhan

merci la garnie!

Vu de Grèce (où j'habite), il semble évident que c'est LA solution, et qu'on ne vienne pas nous dire encore une fois que "mais ça n'a rien de comparable, comment pouvez-vous mettre à côté Grèce et Islande?"...

Oui, il y a sûrement des différences, importantes, entre les deux situations, qui exigeraient qu'on se penche très sérieusement sur les modalités d'application d'une telle stratégie au cas hellène, avant qu'il ne soit vraiment trop tard. Mais cette omertà sur l'Islande est criminelle, ne fût-ce que parce qu'elle prive tant d'êtres humains d'une raison, une bonne, solide, de se réjouir, sûrs qu'il y a une VRAIE SOLUTION.

Au lieu de quoi, les dirigeants préfèrent nous bourrer le chou à coups de grossière propagande (et ça ne marche pas si mal!!!). On s'étonne, joyeux, que la Gauche dépasse le Pasok... moi, je trouve effarrant qu'après tout ça, la Nouvelle Démocratie, parti libéral composé de droitistes durs, pour certains, et intégralement pro-mémorandum, récolte encore 20% des voix et gagne ainsi le bonus de 50 sièges (sur 300) au Parlement. Et que les néonazis en profitent pour entrer en force sur l'arène publique (21 sièges).

merci encore

09/05/2012, 19:37 | Par Jorodan

Je me questionne réellement sur la comparaison à faire entre un pays de 300 000 habitants et un de 65 000 000...

J'ai pas l'impression que ce soit aussi facile que ça à extrapoler !

14/05/2012, 05:11 | Par Yannick Chenevoy en réponse au commentaire de Jorodan le 09/05/2012 à 19:37

C'est sans doute de la France dont tu parles ici ?

Il se trouve que s'assoir sur ses créanciers a toujours été dans notre histoire une manière traditionnelle de restructurer les problèmes de la dette. C'est ce que les historiens appelaient les "saignées". Il était même admis que la banqueroute était nécessaire une fois tous les siècle pour remettre l'État sur ses rails. C'etait le cas avec Philippe le Bel qui a fait bruler les templiers pour régler son problème de dette, de Louis XIV qui a confisqué tous les biens de son super-intendant Fouquet, de la toute jeune république française qui a épongé la dette de la guerre d'indépendance américaine (en 1888, la moitié du budget de l'État servait à payer le service de la dette) en vendant les biens de l'Église, etc au moins 8 fois en 3 siècles.

Bon, un peu radical, c'est vrai, et sans doute injuste pour les templiers et le "pauvre" Fouquet, mais aujourd'hui, il existe une notion juridique appelée "dette odieuse" qui est reconnue internationalement, il est légitime de ne pas payer la dette selon les 3 critères suivants :

  • l'absence de consentement : la dette a été contractée contre la volonté du peuple.

  • l'absence de bénéfice : les fonds ont été dépensés de façon contraire aux intérêts de la population.

  • la connaissance des intentions de l'emprunteur par les créanciers.

Il n'y aurait pas de dette en France si on enlevait des dépenses publiques le service de la dette, les seuls bénéficiaires ici sont bien les marchés financiers, sous l'arbitrage bienveillant des agences de notation, l'absence d'intérêt est donc manifeste, en tout cas pour le peuple.

Cette situation a été décidée en 1973 sans que le peuple soit consulté, elle a été confirmée dans tous les traités européens jusqu'à l'article 123 du traité de Lisbonne qui interdit aux états de se financer auprès de la BCE, les obligeant à "emprunter" aux marchés financiers, à des taux variants entre 3 et 17%, ce que ces derniers récupèrent à 1% auprès de la BCE. La dernière fois qu'on a demandé son avis au peuple (traité constitutionnel) sur ce sujet, il avait dit "non", le traité de Lisbonne a été imposé contre sa volonté, tout comme le nouveau pacte budgétaire. L'absence de consentement est également évident !

Le président de la BCE, tout comme celui du Conseil Italien, celui du FMI, de la Banque mondiale sont des ancien de Goldman Sachs. Le premier ministre Grec est l'ancien gouverneur de la banque hellénique au moment où Goldman Sachs était à la manoeuvre pour maquiller les comptes de la Grèce afin de la faire entrer dans la zone euro. Le ministre des finances espagnol : un ancien de Leman Brothers... Est-ce que les créanciers connaissaient les intentions de l'emprunteur ? pardi, ce sont eux qui sont aux commandes un peu partout !

Cette dette est donc bel et bien une dette odieuse. C'est d'ailleur avec ces critères là que les USA ont imposé l'annulation de la dette de l'Irak après avoir envahi le pays, exigeant de la France, de l'Allemagne et de la Russie qu'elles s'assoient sur leurs créances. Tout comme ils avaient fait annuler la dette de Cuba après l'avoir piqué aux espagnols en 1898.

Maintenant, s'il faut des exemples récents avec des pays plus importants que l'Islande, on peut prendre aussi l'Equateur qui a réussi a annuler la plupart de sa dette avec un audit citoyen qui a démontré l'illégitimité de celle-ci, ou encore de l'Argentine qui a réussi à imposer au FMI l'annulation de la moitié de sa dette après la crise de 2001. Elle à même envoyé balader le FMI en rechetant ce qui restait de dette afin de libérer l'économie du pays de la tutelle de ce prédateur. Aujourd'hui, l'Argentine a le niveau de vie le plus important de l'Amérique latine et fait partie du G20, preuve que les prédateurs sont pragmatiques (les pays du G8-G20 sont les principaux actionnaires du FMI et de la banque mondiale) et ne sont pas rancuniers dès lors qu'il est question d'argent...

 

 

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