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Mediapart, le mur du silence et le marché aux voleurs

Le Sénat, à l'initiative des socialistes, a voté récemment, contre l'avis du gouvernement, un amendement visant à inscrire dans la Constitution « que la loi garantit le pluralisme, la liberté et l'indépendance des médias ». C'est une bonne et belle initiative par ces temps de coup d'Etat médiatique permanent où l'actuel pouvoir présidentiel ne cesse de vouloir contrôler l'information de l'intérieur, en plaçant ses hommes, en favorisant ses financiers et en imposant son agenda.

 

 

Pour les journalistes que nous sommes, c'est un encouragement à se battre. A ne pas renoncer aux principes professionnels, aux valeurs démocratiques, aux exigences déontologiques qui nous rassemblent autour d'un même métier, quels que soient nos supports, nos titres, nos entreprises. Car s'il existe, en France, depuis 1935, une carte professionnelle des journalistes, c'est bien pour signifier cette appartenance commune, au-delà des affiliations salariales d'un moment ou d'une vie, dans des journaux, des agences, des radios, des télévisions et, maintenant, des sites d'information. Journalistes, nous partageons des règles, des droits et des devoirs, qui nous unissent et nous obligent, notamment dans l'adversité face aux pouvoirs.


Or, ces temps derniers, à Mediapart, nous en sommes à désespérer de cet idéal commun et de son respect par une partie de la profession. Qu'on ne se méprenne pas: nous ne demandons aucun privilège, aucun raccourci, aucune aumône. Juste le respect des règles confraternelles. Notamment le respect de cette règle élémentaire que nos anciens avaient cru bon d'inscrire dans la première Charte des devoirs professionnels des journalistes français, rédigée en 1918 et révisée en 1938: « Un journaliste digne de ce nom ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ».

 

 

A Mediapart, nous sommes un jeune journal en ligne, tout juste trois mois de vie, mais dynamique et entreprenant, indépendant surtout. Nous publions de nombreuses informations exclusives, dérangeantes ou originales, et, dans la plupart des cas, pas vues ou pas lues ailleurs. Cela ne nous empêche pas de citer abondamment la concurrence, loyalement, scrupuleusement, amplement, avec cette conviction que la défense du pluralisme, de la liberté et de l'indépendance des médias commence dans les médias eux-mêmes, avec des journalistes qui respectent le travail des autres journalistes. Or la réciproque est de moins en moins vraie.



Ce mercredi 25 juin, en voyant qu'une de nos informations était étouffée dans l'indifférence générale, tandis qu'une autre était pillée dans une allègre sauvagerie, nous nous sommes livrés à une petite revue de détail, que voici:

 

 

- mardi 24 juin, Mediapart a publié une enquête sur une affaire de corruption qui inquiète l'actuel parti au pouvoir en France, l'UMP, risque de mettre en cause l'une des porte-parole du parti présidentiel et dans laquelle est mis en cause un cadre dirigeant du groupe Monoprix. A l'heure où sont publiées ces lignes (19 heures, le lendemain), aucune reprise, aucune citation, aucune dépêche. Seul LeFigaro.fr en a fait mention le premier jour. Comme si, au-delà de Mediapart, cette information - car c'en est une, et de taille - n'existait pas.

 


- mardi 24 juin, l'Agence France Presse diffuse à 20 h 53 une dépêche ainsi titrée: « Plainte à Paris du patron d'un groupe espagnol visant le groupe Bolloré ». Or, dès 9 heures la veille, lundi 23 juin, cette information faisait la « une » de Mediapart, sous les signatures de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, avec ce titre: « Affaires africaines: la justice enquête sur le groupe Bolloré ». Mais la dépêche de l'AFP ne mentionne aucunement Mediapart, affirmant tenir son information « de source proche du dossier », autrement dit d'une source anonyme. Notre information était pourtant ce qu'on appelle, dans le métier, une exclusivité, la règle étant alors de mentionner toujours le média qui a été le premier à la révéler.

 


- lundi 23 juin, à 15 h 22 pour Associated Press et à 15 h 47 pour l'AFP, deux dépêches annonçaient la nouvelle mise en examen de Gérard Longuet, ancien ministre, dans l'enquête sur le financement du défunt Parti Républicain. Aucune ne mentionnait Mediapart, toutes deux affirmant tenir leur information « de source judiciaire », au singulier pour l'AFP, au pluriel pour AP. Or les lecteurs de notre site avaient pu lire cette information trois jours plus tôt, le vendredi 20 juin, accompagnée d'une enquête fouillée sur cette vieille affaire ressuscitée.

 



- mercredi 11 juin, à 17 h 42, l'AFP diffuse une dépêche annonçant que, dans l'affaire Clearstream, « les juges reprennent leur enquête sur le rôle de Villepin ». Or, la veille, mardi 10 juin, Mediapart avait mis en ligne un article de Fabrice Lhomme révélant cette information, sous le titre « L'affaire Clearstream est relancée ». Faut-il préciser que l'AFP n'en faisait pas mention, affirmant tenir cette information, que sa rédaction avait amplement eu le temps de lire sur Mediapart, d'une anonyme « source judiciaire ».

 


Ce ne sont là, hélas, que les exemples les plus flagrants. Nous pourrions aussi rappeler cette enquête de Fabrice Arfi, parue le mercredi 28 mai, révélant l'utilisation par la justice de tests ADN « ethniques », au mépris de la loi, comme le rappelait dans un entretien à Mediapart Didier Sicard, le président d'honneur du Comité national d'éthique. Cette information, à tout le moins importante, fut citée par l'AFP avec près de quarante-huit heures de retard, le lendemain, à 18 h 08, sur la foi d'une déclaration du porte-parole officiel de la Chancellerie qui se contentait, selon l'agence, de « confirmer » une information de Mediapart ! Depuis, plus rien, et aucune mention des propos autrement autorisés de Didier Sicard alors qu'ils contredisent ce même porte-parole qui déclarait à l'AFP que « la loi semble avoir été respectée ».



Nous ne voulons aucun mal à l'AFP dont nous avons, comme toute la profession, défendu l'indépendance face aux pressions de l'actuel pouvoir politique. Nous comprenons d'autant moins le sort qui nous est réservé, tant nous n'osons croire que ces pressions aient porté leur fruit. L'Agence, comme d'autres rédactions, a accepté notre proposition d'abonnement gratuit à Mediapart - ce n'est donc pas notre modèle économique payant qui est en cause. Sa rédaction sait que, tout jeune journal pas vraiment accommodant ni complaisant, nous ne percerons le mur d'indifférence construit autour de nous qu'avec l'aide de la profession, ce que les confrères de l'audiovisuel ont souvent compris. Et, dans l'état du système d'information en France, l'AFP sait, par sa position dominante, voire exclusive, combien sa prescription pèse et combien, à l'inverse, sa non-prescription peut plonger dans l'oubli une information d'importance.

 

 

Encore une fois, nous ne demandons aucun passe-droit. Juste le respect des règles qui valent pour les titres déjà installés. Un média doit toujours sourcer ses informations et, s'il vient après un autre média sur une information jusqu'alors ignorée, il doit le mentionner comme référence, par simple respect confraternel, même s'il a recoupé l'information de son côté. C'est là un principe banal enseigné dans toutes les écoles de journalisme: une façon simple de respecter le droit d'auteur.

 

 

Notre faible notoriété ne saurait excuser le pillage du travail de notre rédaction. Tout comme Le Canard Enchaîné qui, de longue date, tient chronique ironique de ces emprunts peu confraternels, nous pourrions tenir désormais la liste de ces mauvaises manières. Mais nous n'avons pas le cœur à cela. Chers confrères, la presse va-t-elle si bien, l'information est-elle en si bonne santé, la profession a-t-elle assez le moral, pour que nous soyons devenus si sauvages les uns envers les autres, si indifférents, si peu solidaires, si peu attentifs et respectueux ?

 


Quant à vous, lecteurs de Mediapart, qui savez l'idéal de liberté et de vérité qui anime notre équipe, n'hésitez pas à prendre le relais. A faire circuler toutes ces informations que d'autres font semblant d'ignorer ou s'empressent de relativiser.

Tous les commentaires

Incroyable !! Quel manque de tact, enfin, si c'est de tact qu'il s'agit, à vrai dire en l'écrivant, je me dis que le mot tact est faible et que le véritable mot est "goujaterie".... ! Y a t il un recours contre cela pour vous, à part de le dénoncer, comme vous le faites aujourd'hui? Je parle d'un recours plus legal, enfin, d'une action plus forte?
Personnellement, je trouve l'idée de la chronique "Pirateries, plagiats et ignorances en tout genre" pas si mauvaise que cela !! Au moins, cela pourrait être un autre argument pour nous, médiateurs, afin de convaincre de nouveaux médiateurs..
m'enfin, c'est ce que moi j'en dis.... :)

Le nouveau titre de l'article, qui vient de changer au moment ou j'envoie mon commentaire est une réussite !! Beaucoup plus adapté à la réalité que vous vivez, effectivement. Une trouvaille cette idée de mur de silence et de marché aux voleurs !!
ET PAN, JE RECOMMANDE !! Je vais m'y faire, j'adore appuyer sur ce bouton maintenant !!

Et bien après le journal il ne vous reste plus qu'à monter votre agence de presse... Oui, très facile vu de mon clavier mais bon autant les vendre à l'extérieur du site vos scoops, et en votre nom cette fois. Vous gardez les développements pour les abonnés au journal, et les titres pour les abonnés de l'agence. Explosion des citations garanties. Mais bon, j'imagine que s'il n'y a que l'AFP et Reuters qui bossent c'est que ça doit pas être possible d'en rajouter.

La servitude volontaire qu'évoquait avec talent Edwy Plenel ne serait-elle pas l'explication principale. Dans une période d'autoritarisme accru comme celle que nous vivons il est malheureusement facile d'identifier les comportements de collaboration. Résistons....

Oui, je commence à croire que nous entrons dans une période qui va être sombre. La dictature molle et douce. Librement consentie par beaucoup. Qui échangeront leur conscience ou leur réflexivité contre de petits pouvoirs.
Que pouvons-nous faire ? Changer nos façons de résister, peut -être ? Plutôt que de râler... tout seul ou à plusieurs.... Quoi ? Faire vivre des media sans pubs, et capables de sortir des enquêtes "factuelles", est un des premeirs moyens de résistance que je vois. C'est notre pouvoir de lecteur ou spectateur. A quel media(s) accordons-nous notre temps (précieux car limité ?)?
Préférer les infos ou enquêtes de fond aux anecdotes programmées ou à la dénonciation idéologique... Quitte à changer ses habitudes. Accepter que les journalistes et techniciens qui y travaillent puissent vivre de leur travail. Quitte à oublier l'air du temps de la gratuité. Dépenser 9 euros par mois pour Mediapart (ou, et le Canard) ... Quitte à sacrifier un petit plaisir.
Lecteur occasionnel qui passe... fais un petit pas de côté ! Mediapart et ses enquêteurs, ou "veilleurs" de tous secteurs, en valent la peine.

J'avais bien remarqué ce que vous décrivez, plusieurs sujets "retentissants" n'ont pas été du tout repris. Or, on connaît le sort des nouvelles qui ne sont pas reprises : elles tombent immédiatement dans l'oubli, tant il est vrai que les choses doivent être répétées pour être retenues. Comme ça celles qui dérangent ne le feront pas longtemps. . Pour les infos pillées, c'est un problème très grave, surtout de la part de l'AFP! Avez-vous la possibilité de faire valoir votre droit ? Je vais aller jeter un oeil sur leurs dépêches, auxquelles j'ai accès par le portail wanadoo et je laisserai les commentaires appropriés! . J'espère que les journalistes prendrons connaissance de votre manifeste et que la solidarité, nécessaire, leur fera bouger les fesses, pardon, le crayon! . A mon avis, vous pourriez avoir de potentiels alliés dans le service public audio-visuel, lui-même au bord du précipice par la grace du président, il me semble avoir noté un ton un peu plus agressif à France Info : ce soir ils avaient invité une personnalité communiste comme contradicteur d'un député ump qui venait se féliciter en direct des décisions finalement entérinées par NS sur la réforme du service public audiovisuel. . Je ne me rappelle pas le nom de cette personnalité communiste, on les entend et les voit si peu, mais il a eu tout son temps pour s'exprimer et faire valoir ses arguments, quand au journaliste, il n'a pas laché le morceau et a posé de bonnes questions au député ump, le recentrant plusieurs fois. Je me fais peut-être des idées, mais bon, il vous faut des relais d'opinion, comme on dit! . Croyez, chère équipe de Médiapart, à mon indéfectible soutien!

proverbe chinois d une grande profondeur : si tu ne peu combattre to ennemi a cause de sa perfidie, assied toi au bord du fleuve et attend que passe dans le courrant son cadavre. les auteurs des plagias, les pilleurs, sont ils surs dans le climat actuel, d avoir encore un salaire a l AFP ou chez reuters ou chez AP dans un an ou deux , rien est en effet moins sur, car un voleur se fait toujours voler par un autre car ne l oublions pas il vit dans un monde de... voleurs. bravo a Mediapart, persistez ,accrochez vous ils vont tous venir frapper avotre porte bientot et mendier, et la tel la cigale et la fourmi, et bien dansez maintenant.

. C'est scandaleux, mais pas tellement surprenant. . Le côté très positif, c'est le nombre d'exclusivités que vous avez réussi à décrocher. Ce n'est pas le hasard.Donc vous continuerez. . Je ne suis pas sûr que la concurrence, elle, pourra continuer à taire ses larcins. . jpylg

Drôle de monde. Je vous encourage à continuer obstinément votre travail. Le temps vous donnera raison....

Ce matin à 8h30, j'écoutais la revue de presse de France inter... Libé et le Parisien ont été cités deux fois. Pas un mot sur les derniers articles inédits de Mediapart. C'est la loi du silence...Craignent-t-ils ce nouveau média indépendant qui dérange? Je serai à l'écoute demain et les jours suivant et je ne manquerai pas le les alerter.

Si, si, Mediapart a été cité plusieurs fois dans la revue de presse de France Inter (je l'écoute en Ondes Longues qui arrivent jusque Francfort). Par contre, un des journalistes-humoristes du "fou du roi" qui intervient à 7h54 pour une chronique a repris mardi 24/06 presque mot pour mot le papier "Publicité Mensongère sur le Pouvoir d'Achat" de Laurent Mauduit, publié la veille au soir à 20h40 sur "... sans citer Médiapart.fr Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Jeudi 26 juin, pas de citation de Mediapart mais une fois Libé et plusieurs journaux de province. On va tenir les statistiques! Vendredi 27 juin. 3 fois Libé - 2 fois La Tribune et le Figaro!

Cette conspiration du silence rejoint l'attitude peu solidaire et peu confraternelle qui a été réservée à Edwy Plenel sur le plateau de Canal + et que j'ai dénoncée dans mon dernier billet. La parade nous appartient, nous abonnés, il faut que nous soyons plus nombreux encore. Je confirme ce que déplore Fred Oberson : j'écoute la revue de presse de France-Inter également, à ce jour, je n'ai jamais entendu citer un article ou une enquête de Mediapart. Cependant, c'est grâce à Nicolas Demorand que je me suis abonné le 4 décembre 2007, puisqu'il avait parlé longuement de Mediapart-Le Projet, dans sa tranche du matin, le 2 décembre. Il convient donc de ne pas désespérer.

Courage à vous tous. On est avec vous. Et personne n'est dupe. Mais sachez que ce ne sont que des jaloux. Des lâches et des jaloux. Et que par les temps qui courent dans la presse (inutile de vous faire un dessin je pense), la confraternité n'est plus qu'un lointain souvenir... comme d'ailleurs pas mal d'items de la Charte des devoirs professionnels des journalistes français que vous citez....et d'ailleurs même du B. A. BA de la déontologie. Suivez mon regard ! Bien sûr, ça pille et ça ricane. Ça ricane et ça pille. Ça refuse de citer. Ça joue pas mal les Cassandre aussi. Laissez faire. J'ai même envie de dire surtout, ne vous érigez pas en victimes. Attendez que ça passe. Traitez ça, tant que faire se peut, par le mépris. On verra bien ! La reconnaissance viendra quand elle viendra. Mais elle viendra ! Et on sera tous là pour fêter ça...

Cela va être dur très dur. Emission Canal +, pillage des informations des autres, dénigrement. Nous sommes dans un monde de sauvage où tous les coups sont permis. Que pouvons-nous faire. Laissez des commentaires sur les autres sites d'information pour protester; Soyons nombreux à le faire pour que les internauts consultant ces sites soient informés. Mais peut-on craindre un censure. A vérifier. Nous pourrions tout de même être nombreux à tenter cette démarche. Si nos commentaires pouvaient par la même occasion déclencher le réflexe comme le disait JPY Le Goff sur un autre blog. Si nos commentaires sont censurés alors nous verrons et surtout médiapart aura peut être d'autres actions à envisager.

Vous écrivez: . Laissez des commentaires sur les autres sites d'information pour protester; Soyons nombreux à le faire pour que les internautes consultant ces sites soient informés. . Sauf que je l'ai fait régulièrement sur : - Le Figaro - L'Express - Le Point - Le Nouvel Obs - Libération - Le Monde (qd j'étais abonnée) - TF1 et LCI - Europe1 (la pire des radios qui efface tout ce qui ne plaît pas) - France 2 et France 3 - RTL - Les Echos et que mes messages de lecteur n'ont PAS été publiés. Sur Europe1, je les ai vus le soir tard sur l'écran, le lendemain matin, ils avaient disparu, après le passage du "censeur". . Seul Le Monde - en tant qu'abonnée, je ne pouvais être effacée - et Marianne ont publié sans censure. . Voilà, tout est dit. . Je dois dire qu'il s'agissait dans mes messages aux internautes lecteurs de rectifier une affirmation que l'on pouvait lire sur TOUS les médias entre janvier et mars 2007: "Bayrou n'a pas de programme". Cette rectification qui indiquait où trouver ses propositions et quelles elles étaient, a été systématiquement EFFACEE sur les médias mentionnés. . Les patrons de presse sont pro-UMP et les journalistes en grande partie pro-PS, il n'y a en France aucune place pour une autre opinion, elle est systématiquement EFFACEE. . Je vis en Allemagne et n'y ai jamais vu ça. La France n'est PAS une démocratie. Elle est le pré carré d'une caste d'environ 100.000 personnes qui détiennent tous les pouvoirs: financiers, industriels, politique et médiatiques. C'est d'ailleurs ce qu'écrit fort justement F. Bayrou dans son bouquin "Au nom du Tiers-Etat". . Dans aucun pays d'Europe - à part la Russie - on ne peut voir une telle situation. . Et les Français se taisent et s'en foutent totalement. Le principal c'est qu'ils puissent faire leurs petites magouilles tranquilles et qu'ils puissent regarder les jeux à la TV sans trop payer... . Comme du temps des Romains, "le peuple veut du pain et des jeux". Ils a les jeux, le pain va commencer à manquer...

Si si, au Monde aussi on peut être censuré en tant qu'abonné (je l'ai été plus d'une fois), mais pour être tout à fait juste, on peut aussi bénéficier de certains coups de ciseaux dans son texte, qui en permettent la publication tronquée (j'ai vu ça sur des sujets "innocents mais sensibles" comme l'adoption homosexuelle par exemple), sur des sujets moins surpeuplés où les modérateurs ont le temps de lire attentivement tous les commentaires.

N'oubliez pas également que l'existence de la Charte des journalistes d'avant guerre, que les rapports historiques qui l'ont précédée, les "livres blancs" déontologiques réactualisés par les syndicats de journalistes depuis les trente glorieuses avait déjà pour but de lutter contre ces tendances serviles, pathogènes, exclusives, scoopesques, et d'ailleurs à propos de Scoop en voici un autre : le prochain festival du journalisme d'Angers sera consacré au thème de "la femme, acteur du siècle". Ce qui est amusant, c'est qu'il n'ont pas mis "actrice du siècle". Mais ce n'est pas méchant. Le débat ci-dessus fait partie de ceux qui ont émaillé les 22 éditions précédentes, entre reportages de guerre, photos du monde entier et débats prospectifs où je verrais bien cette année une petite "netscouade" de médiaparticipateurs venir faire un tour! Ce sera du 17 au 28 novembre, vous pouvez même profiter des réducs avec résa TGV anticipée... Le programme est sur le site : http://www.festivalscoop.com/ Ce sera le 23e du genre, Le 21 novembre, le Club de la presse d'Angers dont François Bonnet connaît quelques membres, incluant votre serviteur du moment, sera partenaire et co-organisateur d'un débat prévu à 17h à l'Université catholique d'Angers sur le thème du journalisme au féminin. Plusieurs consoeurs de différents médias y participeront. Invitation à celles de la rédaction de Med. d'y venir débattre, y compris des exclusions évoquées plus haut et d'autres petits soucis à suivre! Au pays d'Ali Baba, il y a les quarante voleurs mais aussi parfois des voleuses... Schéhérazade, réveille-toi, raconte-leur tes histoires vraies pour qu'ils renonçent à contenir Médiapart.fr dans la nuit de l'exclusion, simplement parce qu'ils ou elles ne savent plus trouver le sésame de l'investigation.

Tout ceci est bien édifiant sur l'évolution, ou devrai je dire la désintégration, du journalisme. Ce qui est un peu étonnant, c'est que vous vous en étonniez... Il y a deux decennies, sous un monarque socialiste, les journalistes français n'étaient déjà plus que des "chiens". Depuis ils sont devenus sauvages et se bouffent allégrement entre eux. Et ce n'est encore qu'un début. A lire votre papier, on pourrait croire que vous vous êtes endormis il y a quarante ans quand le journalisme avait encore les moyens de participer au changement du monde (Vietnam, mai 68, Watergate etc...) Cette époque est révolue. Nous sommes a l'heure des guerres sans morts visibles, des scandales qui éclatent comme des pétards mouillés et d'une repression des civils avec des armes dont les effets ne sont plus photographiables ni filmables (ultra son, surveillance électronique..) Face à cela votre belle indignation semble bien décallée...Un peu comme si Ben Laden avait enfilé un uniforme et s'était déplacé à Washington pour déclarer la guerre... Non le monde n'a plus cette élégance....

J'ai entendu qq fois le nom de Mediapart cité par la radio , une ou deux fois par la télé france2, bref le silence des médias aux bottes du pouvoir actuel ne fait que renforcer le malaise et la colère contre ces soit-disants journalistes qui bafouent les règles éthiques. Ils n'ont qu'un seul objectif : vendre que du sensationnel au détriment de l'information objective qui permet au lecteur d'être informer et de se faire une opinion. Tout doucement nous arrivons à un état policier qui veut tout contrôler, qui se permet d'avoir des collaborateurs payés par nos impôts pour désinformer, caricaturer sans que les médias ne remettent en cause ces drôles d'informations Ce qui est inquiétant c'est quand une information gouvernementale sort , on a aussitôt un ministre qui vient expliquer le bien fondé de ce projet, et le média fait un reportage pour justifier cette idée. La démocratie est en danger si nous nous laissons faire , alors QUOI FAIRE ? QUE PEUT FAIRE MEDIAPART ? QUE POUVONS NOUS FAIRE ? 1er question : est-ce les parrainages ont permis de développer les abonnés ? 1er IDEE: pourquoi ne pas recommencer avec plus de parrainages en reprenant une partie de ce texte qui me parait fondamentale ? 2eme IDEE : devons nous créer une association DES ABONNES DE MEDIAPART pour faire pression sur tous les élus en les bombardant de courriels de texte de MEDIAPART ? etc.... Plus nombreux nous serons plus vous serez des journalistes qui ne renonceront pas aux principes professionnels, aux valeurs démocratiques, aux exigences déontologiques qui vous rassemblent autour d'un même métier, et que nous appelons, nous lecteurs, de tous nos voeux pour que la réussite soit au bout de ce long chemin. merci à la rédaction de Médiapart

Grain de Sel, qui conseille de ne pas se laisser piéger dans un rôle de victime, est dans le vrai à mon avis pour deux raisons: Positive, que nous devons rester constants à montrer comme c'est bon de "faire partie du bon wagon", comme nous nous sentons bien à Mediapart et dans nos peaux de lecteurs intelligents non lobotomisés qui savent ce qu'ils veulent, eux. Négative, en ce que tous ces journalistes qui font la masse sont si peureux, couards et aussi incompétents (c'est bien entendu la même chose dans toutes professions, rien de personnel contre les journalistes), que les arguments même que nous avançons, pour une presse libre et indépendante de la mainmise du pouvoir "bananier" etc, sont pour eux, non des raisons d'entrer en résistance, mais au contraire des justifications de leur incurie: Pour eux, il n'y a qu'une seule voie, faire son trou et surtout rentrer à fond dans le jeu pourri. Par cynisme et ambition pour de très rares individus, par stupidité et manque total de vision pour la plupart d'entre eux.
Pas victimes donc, ça non, mais quand même ne pas perdre de vue, comme hommes et femmes debout et non "couchés", que attaqué, on DOIT se défendre.
Sinon, une petite réflexion qui me démange, vous voudrez bien me pardonner de la formuler car en plus son grattage ne soulage rien en moi, au contraire m'apporte un surcroît de tristesse et de dégoût: “Enfin vous comprenez maintenant, ce que ressentent les bayrouïstes de la présidentielle 2007...” Allez, puisque je sais que ça vous touchera plus, je vous refais la même avec la Fédération Anarchiste: “Enfin vous comprenez ce que peuvent ressentir tous ces bons vieux militants des années 70-80 qui avaient déjà tout écrit, tout dénoncé, tout mis en garde, et dont les idées sont maintenant reprises par les gouvernements eux-mêmes après les avoir traités d'"illuminés".”

viviane Palumbo il ne se passe pas un jour que je recommande ou fait lire un de vos articles autour de moi, je vous cite regulièrement dans mon blog et je suis ravie d'être abonnée !! Continuez ainsi, le gens sont de plus en plus nombreux à deviner le jeu de dupes que vous dénoncez et pas qu'en France. j'ai deux amis un palestinien et un israëlien qui vous lisent !! vos infos sont souvent de premièr ordre et je n'ai pas encore pu vous voir en défaut.

voici ce qu'on m'a encore dit il y a deux jours : "mais mediapart, c'est un vrai journal?" Entendez cette phrase d'un journaliste avec une pointe d'ironie... Je ne citerai pas le confrère, il restera anonyme (précision : il ne travaille pas dans mon entreprise). Voilà la fierté et la bêtise incarnées en un seul homme (oui c'est un homme). désolant.... florent PS : 1 EXCLU à venir avant ce soir sur le site de 60 millions de consommateurs : j'ai eu de source sûre une info pas terrible pour notre porte-monnaie. La SNCF change sa grille des périodes de pointe le 6 juillet. + de pointe, moins de période normale. Et tout ça en catimini.

@Florent Pommier J'espère que vous avez répliqué à ce journaliste " j' y pense tout à coup : es-tu un vrai journaliste ? "

Je ne connais pas le monde des médias en interne, ni le monde des journalistes en particulier. Je ne connais pas leur déontologie non plus ni les règles de "bon comportements". Mais pour donner du baume au cœur à Mediapart, j'ai, à l'extérieur dans les conversations de salons, souvent entendu parler de Mediapart. De plus j'ai quand même de temps en temps vu citer Mediapart comme sources d'informations dans différents médias. C'est sur je ne comptabilise pas. Bonne chance pour l'avenir.

Merci Cloclo! Médiapart'in, Médiapart'A ...

France Info en a parlé ce matin à 7 h 25.

guydufau De tous ces nombreux commentaires -tous indignés- je retiens comme étant le plus positif celui de Claude Fara. A ses propositions, j'ajoute l'idée des "abonnements cllectifs". S'ouvrir davantage vers le monde associatif me semble important.

Finalement, après les questions de Claude Ferra, je me suis décidée aujourd'hui : j'ai abonné pour un an deux de mes proches, désargentés. Je leur ai présenté ça comme un "cadeau militant". Ils auront un an pour fréquenter (ou non), s'habituer (ou non) à Mediapart. Pus ils feront leur propre choix d'investir un peu de leurs ressources (ou non !) Comme l'un est étudiant, cela ne m'a pas complètement ruinée. Bien que je n'aie pas de gros revenus non plus... mais je prendrais sur un autre poste loisirs ou surplus de consommation... Et j'estime que, puisque je peux faire cet effort financier, c'était en ce moment qu'il fallait faire quelque chose.

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 Les patrons de presse sont pro-UMP et les journalistes en grande partie pro-PS, il n'y a en France aucune place pour une autre opinion, elle est systématiquement EFFACEE.
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Je vis en Allemagne et n'y ai jamais vu ça. La France n'est PAS une démocratie. Elle est le pré carré d'une caste d'environ 100.000 personnes qui détiennent tous les pouvoirs: financiers, industriels, politique et médiatiques. C'est d'ailleurs ce qu'écrit fort justement F. Bayrou dans son bouquin "Au nom du Tiers-Etat". - Etoile66 - Voila une opinion à peu près aussi excessive que les miennes. Elle me plait beaucoup. . Il paraît que Talleyrand aurait dit : "c'est exagéré, donc insignifiant." Je pense, pour ma part, que c'est ce qui est mesuré qui ne signifie rien et qu'il faut exagérer, si l'on veut que l'on comprenne. . Bien sûr que la France n'est PAS une démocratie, puisque la démocratie n'existe PAS. Ca m'étonnerait beaucoup que les Allemands l'aient créée. Ca se saurait... . Autre nuance que je voudrais apporter dans l'insoutenable exagération d'Etoile66. La France n'est PAS une caste, mais une Fédération de castes, ce qui n'est PAS pareil . 100.000 personnes ? Je ne chicoterai pas là-dessus. jean-paul yves le goff http://www.lelivrelibre.net

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