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Jean Raguénès, de Lip à l’Amazonie

Une guitare pour chanter à ses amis Brassens ou Le temps des cerises, un verre de bourgogne de temps à autre, et surtout des envies de révolution, pour que marginaux et laissés-pour-compte aient droit, eux aussi, à leur place au banquet de la vie. C’est le souvenir que beaucoup de Brésiliens gardent de Frère Jean Raguénès, qui vient de s’éteindre à l’âge de 80 ans, à l’hôpital du cancer de São Paulo.

Sa disparition a ému bien au-delà de la capitale économique brésilienne. En Amazonie, où le Breton a travaillé pendant quinze ans pour lutter contre le travail esclave, les mails et appels ont afflué vers le couvent des dominicains, tout comme de Franche-Comté.

Jean Raguénès. ©Couvent des dominicains de São PauloJean Raguénès. ©Couvent des dominicains de São Paulo

Car c’est à Besançon que l’ex-carmélite, devenu dominicain, a commencé à toucher du doigt la révolte. Certes, il y a bien eu mai 1968, une bouffée d’oxygène pour celui qui était aumônier du centre Saint-Yves des facultés de Droit et de Sciences économiques à Paris. A l’époque, il s’engagea auprès des «Katangais», ces jeunes marginaux enrôlés au service de la révolution et qui occupèrent la Sorbonne. C’est sans doute cette expérience qui le pousse à quitter son couvent parisien pour vivre et travailler parmi les ouvriers à Besançon.

Quand il arrive dans la fabrique de montres Lip, en 1971, il n’a pas, croit-il, l’âme d’un lutteur. Avec le conflit social qui explose, tout change. Jean Raguénès, qui s’est fait embaucher comme ouvrier de base sans rien dire de son curriculum, devient un des piliers de la lutte contre la fermeture, et de l’occupation de l’usine. «Son tempérament anarchiste, son refus de tous les types de bureaucratie le poussaient déjà à monter un comité d’action parallèle au travail des syndicats», se souvient le dominicain Xavier Plassat, qui, d’une vingtaine d’années son cadet, l’a connu à l’époque. Les Lip sont restés dans l’histoire pour avoir inventé une forme d'autogestion inédite, après s’être emparés du stock des montres, en scandant le slogan: «C'est possible! On produit, on vend, on se paie!»

Quelque trente-cinq ans plus tard, le réalisateur Christian Rouaud, auteur du documentaire Les Lip, l'imagination au pouvoir, sorti en 2007, est d’ailleurs venu le chercher en Amazonie, pour en faire l’un de ses principaux témoins; il apparaît dans la bande-annonce: 

 

Jean Raguénès lui-même tenait beaucoup à relater cette expérience, dans un livre publié en 2008 par Karthala, De mai 68 à LIP: Un dominicain au cœur des luttes, préfacé par un compagnon de toujours, le dominicain Henri des Roziers. C’est sur l’appel de ce dernier, vivant en Amazonie, dans le sud du Para depuis 1974, qu’il décide de s’installer au Brésil, en 1994. Après ce qu’il appelle un «tour social», pendant un an, Jean Raguénès sr fixe en Amazonie, à São Felix do Xingu, la municipalité championne du travail esclave. Il est membre de la Commission Pastorale de la Terre –liée à la Conférence des évêques du Brésil– qui soutient la formation des travailleurs ruraux et leur lutte pour la terre. «La bataille était rude, aujourd’hui, la lutte contre le travail esclave est une priorité du gouvernement, mais pas à l’époque», confie Henri des Roziers. Le petit documentaire Un cri en faveur des droits le montre dans cette bagarre, guitare à la main. «Il chantait si bien», ajoute, un sourire dans la voix, Henri des Roziers.

 

Comme à l’époque de Lip, l’obsession de Jean Raguénès est que la solidarité qui émerge dans des moments de crise ne disparaisse pas par la suite. «Quand un conflit dure, que tout le monde risque sa peau, l’union et le partage vont de soi, mais c’est après qu’il faut lutter pour que cet état d’esprit survive, quand l’individualisme reprend ses droits, c’était la passion de Jean», rappelle Henri des Roziers. Le Frère Jean tient tête aux grands propriétaires terriens et accueille chez lui les ouvriers ruraux qu’il parvient à libérer. «Avec parfois des histoires cocasses», se souvient Xavier Plassat, lui aussi depuis vingt ans en Amazonie. Un jour qu’il hébergeait un travailleur, Jean Raguénès a dû s’absenter. A son retour, il découvre que son hôte a vendu tout ses biens. Il porte plainte, un procès commence, et le juge prononce la sentence: la prison, puisque l’ouvrier n’a pas de domicile fixe. «S’il en avait, la peine serait différente, il échapperait à la prison?», s’enquiert le dominicain, choqué. Le juge confirme: les peines au Brésil sont différentes s’il l’on est détenteur d’un diplôme ou d’une adresse. «Qu’à cela ne tienne, il habite donc chez moi!», a conclu le prêtre. 

«Il était totalement détaché des biens matériels, authentiquement pauvre, voyageant avec un simple sac à dos, comme les laissés pour compte qu’il défendait», raconte Henri des Roziers, et d’ajouter: «Je ne l’ai jamais vu prendre un taxi!» Une gageure dans une ville comme São Paulo où il était installé depuis trois ans, lorsqu’un glaucome l’a rendu pratiquement aveugle. Dès son arrivée au couvent des dominicains, il a été élu prieur et a commencé par dire que, sans yeux, il en était incapable. Les étudiants ont insisté. Il a alors accepté, à une condition: que tout fonctionne sur le modèle de la commune de Paris.

 «L’essentiel de son message, c’était de placer l’homme au centre de tout, la grandeur de l’être humain, quel qu’il soit», conclut Henri des Roziers. L’homme, cet absolu: une idée que l’Eglise catholique peine désormais à transmettre au Brésil, à quelques mois de l’arrivée du pape Benoît XVI à Rio de Janeiro, pour les Journées mondiales de la jeunesse.

 

 

Tous les commentaires

05/02/2013, 18:05 | Par Paul Riou

Lu avec intérêt cet article.Un homme bon qui a voulu mettre en pratique au quotidien les valeurs des évangiles. Ce frère Jean Raguenès est-il celui que j'ai eu comme prof à Châteaulin ( Saint Louis) dans les années 195/66/67 ? Quelqu'un peut-il me le dire?

 

07/09/2013, 00:47 | Par Jacques DUCARME en réponse au commentaire de Paul Riou le 05/02/2013 à 18:05

Un visage ne s'oublie pas.

Jean Raguenes jeune

Puis âgé

Jean Raguenes agé

05/02/2013, 18:42 | Par jean-luc hill

Jean Raguénès n'avait pas sa langue dans la poche et se méfiait de la hiérarchie comme du diable. Oui il était anachiste, mais c'était sa foi chrétienne qui le motivait. Il n'opposait pas l'action à la contemplation, l'engagement dans le monde à la mystique. Ce n'était cependant pas une seule et même chose, mais deux rameaux du même arbre de la vie humaine : pas de vie humaine sans engagement dans le monde, pas de vie humaine sans inspiration par l'absolu. L'action était une lecture de l'évangile, l'évangile une écriture de  l'action, une action libre au service de la justice et du droit, non pas une imitatio Christi servile et cléricale. Son imitatio Christi se faisait dans l'esprit et non à la lettre. Il était athée d'un dieu qui réside au ciel, son Dieu, il l'honorait ici-bas avec ceux qu'il rencontrait. Il n'était pas de ceux qui, mièvrement, pratiquent la charité parce que le Christ serait en chacun d'eux ; non, mais parce qu'il n'y a pas d'amour sans justice, que la justice est due à chacun pour ce qu'il est en lui-même. Quant  à savoir si Dieu en serait content, ce n'était vraiment pas son affaire, mais celle de Dieu. La culpabilité ni la culpabilisation, ressort tellement utilisé pour asservir l'aspiration à l'absolu, n'avaient pas de prise sur lui. Plus d'un clerc a dû le redouter, lui qui voyait dans la règle dominicaine un modèle pour la démocratie moderne, y compris pour l'Eglise. Pour lui, l'Esprit ne souffle pas au sommet, mais seulement à la base. Chapeau bas !

06/02/2013, 10:47 | Par maisjy en réponse au commentaire de jean-luc hill le 05/02/2013 à 18:42

J'en tombe sur le cul. Comme tout un chacun je suis saisi d'amiration pour l'énergie que manifestent de telles personnes au service d'idéaux que je partage. Mais. Les Dominicains furent d'abord les exécutants de la guerre contre les Cathares, guerre aussi peu religieuse que les autres, qu'ils menèrent en assurant l'ordinaire de la "Sainte Inquisition", aux ordres du Pape d'alors. C'est le sens de leur voeu unique: l'obéissance. Obéir et souffrir des horreurs que cela oblige à accomplir, pour servir un dieu et assurer son propre salut! Je ne crois pas que ce soit du passé, d'un soi-disant autre contexte. Alors autant je suis saisi d'admiration pour les engagements d'un Jean Raguénès, autant je refuse de ne pas réfléchir aux noeuds de contradictions que cela implique. Non pas que je blâme cet homme: il fut fraternellement mon semblable.

Ceci dit, je tends à ranger toutes les églises religieuses ou laïques dans la catégorie des pièges mortels.

06/02/2013, 16:03 | Par Andrew Batell en réponse au commentaire de maisjy le 06/02/2013 à 10:47

Les cathares ..."Je ne crois pas que ce soit du passé, d'un soi-disant autre contexte" 

Il s'en est portant passé des choses durant les 8 ou 9 derniers siècles... Ce qui est assez drôle c'est que finalement sur ce point là, votre point de vu n'est pas très éloigné des intègristes cathos ou autres.

Je ne suis pas croyant mais je ne range pas  "les églises religieuses ou laïques dans la catégorie des pièges mortels". Ce ne sont qu'après tout que des tentatives historiques du "vivre-ensemble" et les expériences accumulées sont encore vivantes dans l'architecture de notre Etat de droit.

Tout est dans la mesure. Le pendant des églises, c'est l'intègrisme religieux. Mais il ne faut pas oublier que le pendant de l'anticléricalisme, c'est le nihilisme et ce n'est pas franchement plus reluisant. Les nazis et les soviétiques, les funèbres porte-étendard de la mort de Dieu au profit des lois de la nature ou de l'histoire ont laissé derrière eux assez de sang pour recouvrir des siècles et des siècles d'Histoire. La "Sainte Inquisition" pour aussi longue qu'elle fut ne dépasse ni en horreur, ni en assassinats ce que fit la Gestapo.

07/02/2013, 12:48 | Par maisjy en réponse au commentaire de Andrew Batell le 06/02/2013 à 16:03

En somme je suis assez d'accord avec vous. Avec votre avant dernier paragraphe certainement, quand vous parlez des "tentatives historiques du vivre-ensemble": tentatives à respecter comme telles, et à évaluer pour les suites à leur donner. Je ne saisis cependant pas en quoi mon point de vue rejoint celui des intégristes, quels qu'ils soient? J'ai un problème avec l'admiration qui pousse à transformer un humain en exemple, en icône. Admirer une action, apprécier une prise de position, soutenir, participer, OK, mais s'aveugler sur le prix payé dans tel ou tel cas? J'ai de bons amis dans le monde catholique, je vois ce qui nous sépare, et ce qui nous lie. Je constate que je ne crois pas. Ça ne me porte pas à militer contre le fait de croire. Mettons que ce que j'ai approché de près d'une expérience "mystique"(ça y ressemblait en tous cas) ne me porte pas à boucher ça avec un quelconque discours sur quoi que ce soit de transcendant.  Et j'essaye de me passer de saints parce que je ne suis pas tout à fait sans savoir quelle cruauté nous exerçons envers ceux que nous mettons à cette place. C'est bien compliqué tout ça, n'est-ce pas?

05/02/2013, 19:55 | Par cerise

Belle vie que celle de jean Raguenès qui a vécu LIP cette extraordinaire saga et qui finit sa vie au Brésil pas pour ne pas payer d'impôts, ce qui a quand même plus d'allure !

Salut fraternel à lui 

06/02/2013, 04:42 | Par aires.isabelle@wanadoo.fr en réponse au commentaire de cerise le 05/02/2013 à 19:55

D'autres  ont continué , "ton chemin ,ta vie , ta vérité",   LIP, ado , je ramenais des montres  à retoiletter ,réparer, j'ai vécu scottchée cette époque, en admiration  quasi "sacrée" face à cette force de travail envers et contre tout, le samedi , je faisais du stop face aux gardes mobiles qui me toisaient , mon grand frère veillait au grain ...mon père aussi ,depuis le début!   cette époque a marqué mon adolescence , je n'avais jamais vu autant de personnes en manif (à part les images contre la guerre du Vietnam!),  68 , bien sûr, mais !

06/02/2013, 20:02 | Par sokolo

C'est bien de faire ici un hommage à Jean Raguénès, à lui qui a joué un rôle important lors de la lutte des Lip, un rôle particulier serais-je tenté de dire. Merci.

05/02/2013, 21:42 | Par Dilou

 

Oui, Raguenès, c'est LIP. Et Lip c'est autant Raguénès que Piaget.  D'ailleurs le film "L'imagination a pouvoir" de Christian Rouaud (sorti en 2007) nous donne à en juger.

Merci pour ce billet

06/02/2013, 04:52 | Par aires.isabelle@wanadoo.fr en réponse au commentaire de Dilou le 05/02/2013 à 21:42

n'oublions pas le dernier Patron ,qui a fait un livre, qui a toujours  un plaisir non dissimulé à raconter cette Epoque, d'ailleurs, vous avez aussi un site "prestigieux " , La Rodia , (Rhône Poulenc),  qui remplace le secteur fil de soie artificiel ,né aussi à Besançon , le vaste monde du fil , industries dorénavant vouées aux hégémonies pays pauvres , émergents , bref, le fil de soie , celui de Lyon, "les soyeux", encore de l'Histoire!

06/02/2013, 05:04 | Par aires.isabelle@wanadoo.fr en réponse au commentaire de aires.isabelle@wanadoo.fr le 06/02/2013 à 04:52

Si je compare la lutte syndicale d'aujourd'hui avec celle des années 90 ,2000!!!, sûr qu'à l'époque ,faire une Quète pour soutenir  la CGT (Sochaux ) plus forte en militants et combattants ,c'était "normal", les Grèves , duraient , le soutien financier , lui ,était possible, partout , les salariés étaient "conscients" des enjeux dans ma Région! , je ne suis pas vraiment certaine que (pour le moment!) ,les nouveaux salariés  sachent ce que veut dire un syndicat!    une lutte ,des hommes , des cultures différentes venues de n'importe où , ouf! , des convictions , c'est bien pour cette raison que  l'homme est fait pour croire !

05/02/2013, 21:57 | Par Gilbert Moreux

Je me souviens avec émotion de la lutte des LIP, de Jean Ragnenès et  de Piaget.

Salut à Jean !

05/02/2013, 22:15 | Par pascal b

Belle vie.

05/02/2013, 22:43 | Par victor demange

J'ai eu le plaisir de rencontrer Jean Raguénès à quelques reprises ici à Besançon. La dernière fois... en 2010  et sa curiosité comme sa révolte était impressionnante. Une belle rencontre et des échanges riches pour tout une bande de trentenaires déja "installés" que nous étions ce jour là. Merci pour l'article car l'intérêt porté à cet homme, sur plusieurs continents, touchera du monde, ici aussi

05/02/2013, 23:17 | Par Aurélien Hazan

Article sur J.Raguénès sur le site de l'Association pour l'Autogestion:

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2562

05/02/2013, 23:37 | Par Marielle Billy

Merci de permettre de penser à lui.

05/02/2013, 23:41 | Par Pascal PILET

Merci Lamia pour ce beau témoignage ! En ces temps de glaciation où notre Église s'aligne systématiquement sur toutes les positions les plus conservatrices et rétrogrades, quel bonheur de contempler, ce souffle libérateur qui parcourt l'Évangile, à l'action, à travers un homme qui à su accorder toute sa vie à son diapason. Chrétien, anarchiste, révolutionnaire... Jean a été un peu tout cela... Sa vie témoigne surtout de l'importance de l'humain... dans une Société gangrénée par les appétits de profit qui conduisent inexorablement  à l'oppression des personnes. 

05/02/2013, 23:49 | Par François Gèze

Mille mercis, Lamia, pour ce très bel hommage, il le méritait, ô combien !

05/02/2013, 23:54 | Par alain chauvet

En hommage à Jean Raguénès, cette phrase du poète René Char intitulée: Vagabond 

"Prendre en toute sincérité d'esprit l'engagement de rendre tout vagabond à son état primitif de fils du soleil."

06/02/2013, 05:10 | Par aires.isabelle@wanadoo.fr en réponse au commentaire de alain chauvet le 05/02/2013 à 23:54

je lui aurais bien offert un "vrai vin du Jura", donc, je boierai à sa santé    !     Respect M. Raguénès.

06/02/2013, 10:56 | Par Pipotin en réponse au commentaire de aires.isabelle@wanadoo.fr le 06/02/2013 à 05:10

Un vin jaune pour le fils du Soleil, évidemment. Tchin-tchin!

06/02/2013, 09:16 | Par Allez Savoir

 J'imagine qu'il ne s'agit pas d'un certain "Père Jean" qui avait créé une "comunidade" à Sao Luis do Maranhao dans les années 78/80 ?

06/02/2013, 10:54 | Par Pipotin

Un grand monsieur que Jean Raguénès! Si un Panthéon à l'échelle de l'humanité devait voir le jour, il y aurait largement sa place. Tout comme ce curé italien qui a fait l'objet d'un billet récent: http://blogs.mediapart.fr/blog/gavroche/030213/tous-la-messe

Dommage que ces religieux soient de moins en moins nombreux et très peu médiatisés car ils sont l'honneur des croyants et les vrais passeurs d'une parole depuis longtemps dévoyée et détournée. Merci à eux et à Lamia pour en parler! Et s'il est un paradis, sûr que le père Jean y chante Brassens avec l'auteur!

06/02/2013, 10:51 | Par cerise

Les grands médias n'ont pas parlé de Raguenès, en ces moments de luttes d'ouvriers  pour garder leur emploi, ils ont peur de réveiller les fantômes, celui le la lutte des LIP contre les premiers licenciements. 

Pourtant, un petit rappel du rôle de Raguenès dans les AG dans les comités de lutte, ça ne ferait pas de mal pour se souvenir de la façon dont ils avaient tenté collectivement de prendre les décisions, de mener les débats essentiels.Ce serait une façon de lui rendre l' hommage qu'il mérite.  

Mais non, les médias ils préfèrent mouliner toujours les mêmes choses et surtout éviter de faire le moindre rapprochement entre ceux qui ont lutté hier et ceux qui luttent aujourd'hui. Il ne faut pas qu'il y ait une histoire et une mémoire ouvrière! 

06/02/2013, 10:58 | Par m DRUT GORJU

merci à tous ceux qui croient que l'espoir n'est pas vain, ceux pour qui l'evangile n'est pas de l'hebreu " disait Brassens ,son frere en humanité .

06/02/2013, 11:40 | Par cerise

Il y a des images d'archives à l'INA avec jean Raguenès, c'est sûr, ce serait le moment des les sortir !

06/02/2013, 14:47 | Par Vivre est un village

«Quand un conflit dure, que tout le monde risque sa peau, l’union et le partage vont de soi, mais c’est après qu’il faut lutter pour que cet état d’esprit survive, quand l’individualisme reprend ses droits, c’était la passion de Jean»

Grande évidence à dire, répéter et pratiquer...Bouche cousue

A bientôt.

Amitié.

10/02/2013, 19:07 | Par anne duvivier

Merci pour ce beau papier Lamia !

On peut toujours trouver en édition de poche - ou en eBook - le livre de Maurice Clavel Les paroissiens de Palente, qui retrace l'épopée des Lip et particulièrement le parcours de Charles Piaget et Jean Raguenès...

27/03/2013, 23:37 | Par YVES FAUCOUP

Merci pour ce texte qui décrit si bien Jean Raguénès. J'ai appris un peu tard sa disparition. Je l'évoque dans mon blog (consacré aux questions sociales et à leur traitement médiatique) :

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/yves-faucoup/270313/jean-raguenes-le-combat-permanent-pour-la-justice

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