La "negra" Mercedes Sosa est partie
La voix de l'Argentine s'est tue hier avec la disparition de Mercedes Sosa. A l'annonce de sa mort, attendue de tous, puisque le pays suit son agonie depuis le début de la semaine, des milliers d' Argentins ont pris d' assaut la place du Congrès pour remercier celle qui était parvenue à hisser le folklore argentin au rang d'art internationalement reconnu. Hier, la nostalgie n'a pas assailli seulement les Argentins, mais aussi les Chiliens qu'elle a si bien chantés, les Brésiliens, les Colombiens... Plus qu'une voix argentine, c' est une voix latino-américaine, qui s'est mêlée en duo aux stars du continent, de l'incorrigible rocker argentin Charlie Garcia au cubain Silvio Rodriguez en passant par le brésilien Milton Nascimento, sans renier les jeunes de la scène pop : sa prestation aux côtés de la colombienne Shakira, chantant la légendaire Maza, a ému aux larmes des dizaines de milliers de spectateurs.
Son retour en Argentine, après des années d' exil à Paris et Madrid durant la dictature militaire, marqua aussi celui de l'espérance, avec le rétablissement de la démocratie. Hier, à Buenos Aires, ils étaient nombreux à estimer que c'est la fin d'une époque, symbolisée en mars par la mort de Raul Alfonsin, le président de la démocratie, et celle de la "negra", comme l'appelait son public en référence à son origine indienne revendiquée.
Tous ceux qui la connaissent partagent sûrement cette peine. Tous ceux qui découvrent aujourd'hui son existence doivent impérativement plonger dans cette musique qui vous fait aimer l'Argentine avant même d'y mettre les pieds. Je joins ici une représentation de "gracias a la vida", mais choisir n'a pas été facile, la liste est si longue....

Tous les commentaires
Ajouter ici, simplement, que la dernière fois que j'ai vu et entendu Mercedes Sosa, c'était au théâtre de Colombes. Déjà affaiblie, elle a chanté assise, la voix intacte. Ou plutôt non, la voix comme quintessence de sa voix, comme au-delà. Et puis, la force revenue, au fil des mots, elle s'est levée et a quitté la scène en dansant, agitant un mouchoir blanc.
Mercedes Sosa, qui m'a accompagnée tout au long des années, image de femme engagée, qui pense et qui agit. Qui chante. La voix des mots. La voix. Les mots.
Elle, ou Victor Jara, ou Atahualpa Yupanqui, ou Daniel Viglietti, qui chantent l'Amérique Latine mais aussi bien autres choses et d'abord la force d'être debout, de résister. Sans faillir.
Hommage à eux.
j'ai connu la musique et les chansons de cette grande dame il y a seulement 3 ans au Brésil, et depuis je ne cesse d'être bouleversé par sa voix et ses textes lorsque je l'écoute. je regrette de ne l'avoir jamais vue et j'essaye de la faire connaître le plus possible.