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Du mythe de la gratuité comme nouvelle liberté
Réponse à la lettre de Joseph Vidal-Rosset à Frédéric Mitterrand publiée sur Mediapart. Je m'appelle Laurent Coq, je suis musicien de Jazz et compositeur professionnel depuis plus de vingt ans. Cette année, je viens de publier un nouveau disque (Eight Fragments of Summer) enregistré en quartet à New York il y a un an et qui est sorti sur mon nouveau label 88TREES en avril dernier.
En effet, après plus de 10 ans de collaboration avec le label de La Rochelle Cristal, j'ai décidé de prendre mon indépendance. La raison est très simple ; avant, quand je vendais un disque 15€ à la Fnac, je touchais... 0,70€ ! Aujourd'hui, je touche 9,93€ par disque vendu (Fnac), 5€ sur Itunes, et encore un peu moins sur Emusic. Je vends aussi le disque sur mon site internet 15€ port compris.
Produire entièrement un disque et le sortir soi-même a un coût invariable qui n'a pas été réduit par l'avènement d'internet. Dans la musique que je fais, il faut toujours louer un studio (2000$ pour deux jours), payer un ingénieur du son (3000$ pour la prise de son, le mixage, le mastering), payer les musiciens (3000$ pour le saxophoniste, bassiste et batteur, moi-même n'étant pas payé), l'accord du piano (400$ pour les deux jours), la conception de la pochette (1000€), le pressage de l'album (1500€), la SDRM (droit de reproduction 1000€), l'attachée de presse (1000€), la constitution de dossier de presse et les envois à la presse (600€). À cela, il faut ajouter les frais de distribution sur internet (Emusic, Itunes etc...) et de promotion de l'album avec la réalisation d'un site internet, mais là, j'ai la chance d'avoir un frère dont c'est le métier...
Quoiqu'il en soit, ce disque m'a coûté un peu plus de 14000 € ce qui reste raisonnable pour une production de ce type, mais qui constitue un investissement considérable pour un musicien comme moi (et je passe les investissements relatifs à la création d'un nouveau label...). Toutes mes économies y sont passées. Il est sorti fin Avril dernier et a connu un accueil critique unanime : 4F Telerama, 4 étoiles Jazzman, Disque d'émoi Jazz Magazine etc... Ce matin, je me suis rendu sur certains sites de P2P ; Sur un seul site (Alive Torrents), le disque a été téléchargé 24 799 fois. Jusqu'à présent les ventes n'ont pas encore atteint... 500 exemplaires. Par conséquent il est peu probable que cet investissement soit rentabilisé avant longtemps.
Cette expérience est un exemple parmi tant d'autres de la voracité des internautes. Le partage de fichiers que vous voyez comme une expression nouvelle de la liberté individuelle est en train d'assécher la production indépendante autant, sinon plus, que celle des majors. On assiste a un phénomène qui rappelle étrangement ce qui affecte la bio-diversité aujourd'hui. On va se retrouver avec de moins en moins de diversité musicale et bientôt, seuls les artistes soutenus par une marque ou un media de masse pourront encore avoir une visibilité (on imagine sans peine la qualité de la musique produite dans ces conditions).
Un autre exemple de cette voracité ? J'ai mis en ligne mon premier disque en téléchargement gratuit sur mon site internet. Depuis cinq ans, le disque a été téléchargé plus de 70 000 fois. Je n'ai pas reçu un seul email de remerciement ou de commentaire concernant ce travail. En définitive, j'ai un peu l'impression d'être un potier qui a mis ses poteries sur un étal au bord de la route avec une partie de sa production en libre service, et qui assiste impuissant au déferlement de hordes de personnes avides qui s'emparent de ce qui est gratuit dans un mouvement compulsif et qui partent en courant vers d'autres gratuités possibles. C'est ainsi qu'on voit des gens constituer des réserves de Mp3 de plusieurs milliers de Gigas qu'une vie entière ne suffira pas à écouter. C'est le 'more than you can get' du buffet du club-med. C'est gratuit, pourquoi se priver ? L'obésité numérique en somme. Le mythe de la gratuité comme nouvelle expression de liberté et qui cache de nouvelles formes d'aliénation.
Il faut bien reconnaître que l'on a affaire à une génération qui n'a jamais payé pour le musique. Doit-on pour autant s'en satisfaire sans réagir ? Que constate-t-on ? Que la musique est partout, dans l'ascenseur, sur le portable, dans le lecteur Mp3, et qu'elle est disponible d'un simple clic. Plus aucune démarche active n'est nécessaire, la musique vient à vous. Je me souviens des heures passées dans les rayons des disquaires à débusquer la perle rare. Partager la musique était déjà une pratique courante pour nous. Mais c'était un tout autre partage dont il s'agissait ; nous la partagions à une échelle humaine, entre passionnés qui se connaissaient, se réunissaient pour l'écouter ensemble et qui continuaient d'acheter des disques... aujourd'hui, cette gratuité a entraîné non seulement une perte de valeur marchande, mais une perte de valeur tout court. La musique n'a tout simplement plus du tout de valeur aux yeux d'un grande partie de cette génération. Elle ne nécessite plus aucun effort, plus d'investissement personnel. Elle est devenue un droit.
D'ailleurs, tout le monde peut être musicien, il suffit de regarder les émissions de type Star Academy. Un parcours comme le mien (deux ans de cours particuliers, huit ans de conservatoire, deux ans d'école de Jazz, une bourse de l'état Français pour poursuivre mes études à New York où j'ai vécu de nombreuses années, plus de vingt ans d'expérience dans des groupes divers, plusieurs musiques de films, huit disques sous mon nom etc...) n'a plus de valeur non plus.
Aujourd'hui je me retrouve sans ASSEDIC parce-que, ayant passé du temps à New York cette année, je n'ai pas pu remplir les conditions d'admission. Je ne sais pas du tout quand ni comment je pourrai retourner en studio pour graver un nouveau disque. Surtout, cette expérience a entamé mon désir, ma détermination. Où est l'échange que vous vantez tant ? Qu'est ce que les internautes donnent, quand ils prennent autant ? Ils viennent aux concerts ? Là encore, il faut casser ce grand mythe. Derrière l'illusion que produisent des événements ultra médiatisés comme les Grandes Charrues ou Johnny au Stade de France, la réalité est bien plus triste. Les salles qui programment la diversité ferment toutes les unes après les autres et la condition du musicien s'est considérablement dégradée depuis deux ans. Mon agenda s'est dégagé comme jamais cette année malgré la presse élogieuse que j'ai reçu et je n'ai pas fait un festival cet été sous mon nom.
À l'heure où le monde entier pleure la disparition du grand Michael Jackson dans un moment de fausse communion et de vrai hystérie, il n'est pas interdit de se demander si les artistes de cette envergure sont une espèce aujourd'hui disparue. Car enfin, avec la fin des ressources induites par les ventes de disques, comment va-t-on financer les tournées, les clips, la production ? Et plus généralement, où sont les artistes contemporains du calibre des Prince, Rolling Stones, ou Stevie Wonder ? Avec le marché tel qu'il existe, il n'y en aura plus.
Que faire alors ? Pour commencer, il faut cesser de considérer internet et ses pratiques comme l'Alfa et l'Oméga du progrès et des libertés. Il est grand temps d'avoir un regard plus adulte sur la question. Je n'aime pas le projet de loi Hadopi parce-qu'il ne s'attaque pas aux principaux bénéficiaires de ce pillage quotidien que sont les fournisseurs d'accès. Mais je crois aussi qu'il est grand temps de faire un travail d'éducation des jeunes générations et de régulation des flux numériques. Comment se fait-il qu'on soit capable de bloquer un site pédophile dans la journée et que tant de sites P2P continuent impunément d'exister sans aucun contrôle ? Plus généralement, je pense qu'il faut saisir l'opportunité de ce débat pour poser le problème de la responsabilité individuelle et de la place que l'on veut garantir à l'expression artistique.
Mais de grâce, que l'on arrête de nous vanter ces prétendues libertés.
Laurent Coq.
PS ; SUITE AUX NOMBREUSES RÉACTIONS SUSCITÉES PAR CE TEXTE ET QUI ONT PERMIS DE METTRE À JOUR LA SUPERCHERIE DONT J'AI ÉTÉ VICTIME EN ME RENDANT SUR LE PRETENDU SITE DE P2P ALIVE TORRENT, JE VIENS DE METTRE EN LIGNE UN NOUVEAU BILLET.


Tous les commentaires
Perso je n'achète ma musique qu'au format AIFF, c'est-à-dire sur des CDs.
Vous parlez de dégradation généralisée, et vous êtes encore optimiste puisque vous ne mentionnez pas que techniquement aussi, c'est toute une nouvelle génération de "consommateurs" qui s'habitue à la baisse de qualité, et qui va faire (a déjà fait?) du format MP3 un standard de normalité alors que c'est acoustiquement mauvais.
Votre musique, que vous vendez chez iTunes ou à la FNAC, est-ce que vous avez le pouvoir d'exiger qu'elle soi téléchargeable en AIFF? Sinon, j'aimerais tant voir se dégager une nouvelle tendance, comme une contrattaque face à la médiocrité ambiante: des musiciens comme vous par exemple, qui créeraient une maison qui ne proposerait à la vente en ligne, que de la musique au format AIFF ou équivalent, c'est-à-dire sans perte de qualité de son.
En attendant, je continuerai d'acheter des CDs...
Pour les puristes, il existe le format FLAC. Le son CD, pour apporter une précision, n'est pas parfait puisque lui aussi compressé. Si l'oreille lambda comme la mienne ne fait pas la différence, mon esprit contradictoire bercé de théorie oui ! A titre prémonitoire, j'entrevois le come-back du vinyle, seul support à avoir prouvé sa résistance au temps. J'attends avec impatience la iPlatine blanche/métal que va nous sortir Apple ... humm
Bonjour, je crois que vous confondez contenu et support, et s'il y a un truc qui m'énerve, c'est bien les personne qui écoute "la qualité" au lieu de danser sur la musique. Excusez moi, je ne crois vraiment pas que la qualité acoustique fasse mieux apprécier la musique, c'est peut-être même l'inverse. Enfin pour le moins ce n'est pas lié. J'ai fait beaucoup de pays "en voie de développement" et ça danse, moi inclus, sur le moindre son même pourri, car ce qu'il s'écoute, c'est la musique...
Je vous met au DEFI de faire la difference entre un son compresse en OGG 256 kbit/s max (bitrate variable), et du AIFF non compresse format CD (44 KHz, 16 bits stereo). Au passage, AIFF ne veut rien dire... A l'origine, le AIFF c'etait sur Amiga, et a l'epoque, on utilisait du 8 bits generalement. Ca m'etonnerais que vous ecoutiez du 8 bits.
C'est sur, beaucoup de personnes compresse comme des porcs, en 128 kbits, avec un mauvais programme d'encodage. Et alors ? Ca veut dire qu'ils ne savent pas faire, c'est tout. Ca ne veut pas dire que compresser de la musique la rends inaudible.
Maintenant, il faut arreter de dire n'importe quoi. Pourquoi utiliser un format CD vieux de bientot 30 ans. Plus personne n'en veut, ni du support qui prend une place enorme (un CD dans sa pochette est plus gros qu'un lecteur MP3 qui contient 100 fois plus d'heure d'ecoute), ni du format des donnees non compresse : finalement, 44KHz 16 bits, c'est vieux, ca fait longtemps qu'on devrait passer au standard pro en 24 bits 96 KHz, on paye assez cher le support pour ca.
Je suis sur que 90% des acheteurs de CD (si il en reste) prenne le CD, l'encode en MP3, transfert le resultat sur un lecteur, et archive le CD.
Apres ca, vous vous etonnez qu'on ai plus envie d'acheter du disque ? Moi pas.
Votre remarque très pertinente démolie le mythe du "progrès" des nouvelles technologies de ces dernières années qui ont vu la qualité sonore de la musique se dégrader considérablement elle aussi. Songez au matériel qui était la norme chez les gens il y a encore vingt ans, et au son que produit les portables d'aujourd'hui. Il en va de même d'ailleurs pour la photographie avec l'avènement du numérique. Pour répondre à votre question, le format numérique disponible sur Itunes a été considérablement amélioré avec une meilleur compression et il ne souffre plus d'aucun DRM (itunes plus) ce qui permet aux gens d'échanger les fichiers (ce a quoi je ne m'oppose pas du tout sur le principe, comme nous le faisions avec nos cassettes. Ce n'était simplement pas de manière anonyme et à l'échelle planétaire entre gens qui n'échangent rien puisqu'ils n'ont rien payés). Sur Emusic, le format est AIFF. C'est pourquoi ce sont les deux plate-formes que j'ai choisies pour distribuer ma musique digitalement.
Je suis d'accord avec zolive sur l'aspect musique = danse :o) Sur le fond, autant je peux comprendre facilement votre démonstration, autant je ne suis pas tout à fait d'accord avec certains aspects sur le plan général 1 - Vous écrivez "Songez au matériel qui était la norme chez les gens il y a encore vingt ans" , je pense que vous avez une vision un peu élitiste des "gens" et faites des raccourcis un peu rapide, il y a une vingtaine d'années, j'avais une chaîne DUAL de premier niveau payée par mensualités à cause d'un salaire peu élevé. Je ne sais si le format MP3 est mauvais ... mais certainement moins que les 45T vinyle (4 puis 2 titres) des années 60 / 70 qu'on se repassait entre jeunes et qui étaient effroyablement rayés par les platines de luxe ou pas. 2 - S'il est un constante depuis des décennies, c'est le prix élevé de la distribution musicale, les vinyles n'étaient pas donnés, les CD dès leur apparition ont atteint des niveau de prix qui n'étaient pas à la portée de toutes les bourses (300 Francs/pièce pour de la variété et plus pour le classique) 3 - Pour ce qui est des Majors, elle se sont goinfrées de façon éhontée depuis longtemps, et ont entraîné la déchéance musicale qui est patente depuis le début des années 90. Elles ont petit à petit négligé de promouvoir de nouveaux talents au profit des "compils" et les "compils des compils" etc... Puis les boy's band et ses dérivés.... Ne pensez vous pas que les quotas de chanson française dus à Mr Lang suite au lobbying des majors ont profité aux dites majors et non pas aux artistes ? N'ont-elles pas tout faussé ? N'ont-elles pas privilégié le profit maximum au détriment de la qualité ? La DAUBE musicale qui nous est servie actuellement (et à foison avec les Star'ac et autre Graines de star) n'incite-t-elle pas à déserter les salles de concerts ? Ecoutez un seul morceau de musique produite actuellement et dites moi si "l'auditeur" moyen est capable de s'en souvenir 10 minutes après. 4 - Vous oubliez une chose fondamentale, Mr Le LAY ancien président de TF1 avait répondu dans une interview "Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du cerveau humain disponible. » et pour le rendre disponible, il ne faut pas d'émissions de qualité, il faut de la DAUBE et on nous la sert depuis des années 5 - Je ne pense pas qu'il faille des DRM, HADOPI et autres mouchards pour casser le phénomène de pompage glouton mais un ré-apprentissage de la solidarité et du respect du travail de chaque individu. je pense que la QUALITE se paye et qu'il faudra inventer une autre forme de distribution populaire et en dehors du net.....autrefois c'était le rôle des disquaires mais ils disparaissent les uns après les autres inexorablement. Merci en tous cas d'avoir rédigé cet article fort instructif
Rien à redire... oui, Zolive a bien raison sur l'importance relative de la qualité du son... comme vous avez raison aussi quand vous relativisez celle du matériel hifi d'il y a vingt ans. Merci pour cet excellent post.
Excellent billet, rafraichissant dans le poujadisme ambiant qui voudrait que tout soit gratuit sauf "Mediapart".
Cher Laurent, Vous êtes victime de la technologie. Du progrès, dirons-nous. Si nous étions sans internet, vous auriez récupéré votre mise plus vite, et votre notoriété aurait été soumise au bon vouloir de ceux qui tiennent les médias. A l'heure de l'internet, mettez votre disque en ligne, expliquez votre problème de survie financière, et de production d'un second CD, et regardez ce qui se passe. Si vous avez plusieurs types de téléchargeurs, il n'existe qu'un seul type de passionné de musique. Aujourd'hui, c'est à la fois plus compliqué, vous devez vous bouger pour aller discuter avec le consommateur, et plus simple, vous pouvez écarter les crocodiles. Dans tous les cas, effectivement, il y a plus de liberté. Plutôt que trois Michel Sardou et deux johnny Halliday, on peut avoir deux ou trois cent Laurent Coq, à terme. Ce qui, avant, n'était même pas imaginable. Autre chose, j'achète votre disque, maintenant. ;-) C'est pas beau, l'internet?
Cher Monsieur, Merci de ce message (et de votre achat !). Je ne dis pas qu'internet n'a pas constitué un progrès considérable. Il y a cinq ans, j'ai été un des premiers à proposer dans ma communauté un site sur lequel il y a tant de choses à télécharger gratuitement (films de concerts, disques, inédits de concerts, captation de concerts, textes etc...). Sans internet, je n'aurais sans doute pas non plus pris le risque de lancer mon propre label. Et sans internet enfin, nous ne serions pas là, entre gens intelligents et courtois, à échanger (là, le verbe s'applique parfaitement) nos idées et nos points de vue. Je dis simplement qu'il faut trouver les moyens de réguler des pratiques qui sinon mettent en périls l'industrie musicale, et plus largement l'expression artistique dans sa diversité nécessaire et vitale.
Merci pour votre billet. Vous soulevez en fait plusieurs questions. * celle de la "valeur" du travail, en particulier du travail artistique. Et vous avez raison, pour beaucoup, l'effort n a plus de valeur, les objets n'ont plus de valeur, plus rien n'a de valeur. Et vous avez raison, certains téléchargent tellement qu ils n'ont plus le temps d'écouter, encore moins d'apprécier, encore moins d'aimer. Je me rappelle le temps où j'économisais pour pouvoir m'acheter un CD. Et ce CD, je le ré-écoutais des dizaines de fois jusqu'à tout en connaitre. Et ces souvent les chansons les plus ingrates à la première écoute que je finissais par aimer le plus, une fois toute leur complexité découverte. Avec les MP3, rien de toute cela. * qualité des mp3. On est tous d'accord. * attention à la rhétorique Sarkozyste : vous n'êtes pas d'accord avec la solution (Hadopi) c'est que vous ne considérez pas qu'il y a un problème. Il y a évidemment un problème, celui de la rémunération des gens comme vous, qui participent à l'enrichissement global de notre société, par leur œuvre, par leur travail de création. Il faut bien sur trouver un moyen de vous rémunérer. Hadopi répond à ce problème, mais en crée d'autres, énormes. A ma connaissance, seule la France à choisi cette solution technique et légale hyper lourde. Une autre solution, plus light et moins attentatoire aux libertés était proposée. Il faut la creuser. Par exemple, une agence, telle la Sacem, pourrait comptabiliser le nombre de téléchargements sur les 10 plus grands sites et rémunérer les artistes en conséquences. Les cotisations pourraient être basées sur les IAP, à raison de 1 ou 2€ par mois et par connexion. Bref, il existe des solutions. PS : j'ai mis votre dernier album sur ma wishlist amazon. Je préfère acheter 8 ou 10 CD dans l'année que de télécharger. J'ai environ 400CD.
Cher ami, Merci de votre post auquel je ne peux qu'adhérer. je vous renvoie aussi à une autre lettre ouverte des producteurs indépendants aux députés autrement plus intéressante et constructive et qui propose des pistes à étudier. http://www.cd1d.com/newsdesk_info.php?newsPath=10&newsdesk_id=72
@Laurent Coq Je comprends et partage votre dépit mais je vous soumets 3 réflexions : 1) je doute que l'impossibilité (par ailleurs très théorique) à télécharger conduise ces internautes vers la FNAC... 2) le niveau de prix (y compris 10€ l'album sur ITUNES) est absolument décourageant pour les bourses modestes et les jeunes...sans compter la faiblesse du catalogue de ces plates-formes de téléchargement 3) la loi HADOPI ne règlera malheureusement pas votre difficulté à vivre de votre art Bref une révision totale de la production et de la distribution des oeuvres est inévitable pour intégrer la révolution numérique Amitiés et bon courage
Cher Didier, Merci de ce post auquel je répondrai point par point : 1) Je ne suis pas contre le téléchargement. Je l'encourage même sur mon site. Je suis contre l'échange aveugle et compulsif des fichiers sur les sites de Peer 2 Peer. Par ailleurs, mes disques sont disponibles sur plusieurs plate-formes d'internet et pas seulement à la Fnac. (La Fnac qui ne prend pas les auto-produits sur son site Fnac.com, mais c'est une autre histoire...). 2) Mon disque coûte 7,92€ sur Itunes. Moins de 3€ sur Emusic. Quel est le coût juste d'un disque pour vous ? À quel prix évaluez-vous ce travail ? Je n'ai pas de réponse arrêtée mais je me demande si l'abaissement du prix est le vrai problème dans la mesure où sur internet aujourd'hui vous êtes comme dans un magasin ou à côté de chaque produit à vendre, il y a le même gratuit... 3) Je ne suis pas pour la loi Hadopi. À aucun moment dans ma lettre je n'en ai fait l'apologie. Je dis simplement qu'il est grand temps de sortir du discours angélique sur les grandes libertés qu'offre le web aux nouvelles générations et qu'il faut absolument réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour arrêter, ou du moins considérablement ralentir, le flots d'échange de fichiers. Je vous renvoie une fois encore à la lettre ouverte des producteurs indépendants aux députés autrement plus intéressante et constructive que celle de Joseph Vidal-Rosset et qui propose des pistes à étudier. http://www.cd1d.com/newsdesk_info.php?newsPath=10&newsdesk_id=72 Les labels indépendants mettent la clefs sous la porte, les mensuels de la presse spécialisée n'ayant plus les recettes publicitaires que ces labels engrengeaient déposent eux aussi le bilan (le mensuel Jazzman, le mois dernier), emportant avec eux la possibilité pour des artistes plus confidentiels et pointus d'avoir encore un peu de visibilité... et c'est toute la diversité de la production artistique qui est menacée.
Monsieur Coq. Il y a un paradoxe entre la qualité, la précision, de la description que vous faites de votre expérience personnelle -dont je partage l'émotion et l'indignation- et l'intelligence de la CAUSE des causes de ce phénomène. Vous ne vous en prenez-pas d'une note à cette CAUSE, qui est système économique, social et politique, fondé sur la marchandise et la monnaie, dans lequel nous sommes prisonniers, où même l'homme (une perfection de la nature, plus parfaite que la musique) est marchandise. J'ai 65 ans. A 17 ans, je me suis fait tatoué sur le corps: "made in France"... bien avant avoir lu le premier livre du Capital, de Marx, ou "The Big Money" de J. Dos Pasos. Sans vouloir faire dissertation sur la marchandisation de la vie, voici ce que je pense à la lecture de votre texte: 1. la musique est une marchandise (devenue une marchandise, quelle tragédie!). En tant que telle, elle est "naturellement" objet de la convoitise, du vol, du pillage quand c'est possible, parce qu'il faut donner en échange de l'argent. C'est le sort de toutes les autres marchandises. Pourquoi plusieurs millions de personnes croupissent en prison, sur cette planète? Pas seulement les mêmes de banlieue... Madoff aussi! Mais ces voleurs, ces pillards, ces gens sans coeur, voraces, irrespectueux (que je vois comme des fascistes) ce ne sont pas que ces hordes "voraces" sur Internet, que vous dénoncez à raison. C'est aussi ceux qui fond font perdurer et qui entretiennent le système, qui les enrichit. Vous dénoncez aussi le "label" et la FNAC, qui se sont rempli la panse sur votre dos. "quand je vendais un disque 15€ à la FNAC, je touchais... 0,70€ !" écrivez-vous. 2. Vous vous en prenez à la modernité, à internet, par courroux. Mais internet n'est qu'un outil. Pour les hordes de voraces, il est plus facile de voler avec internet, que de voler un disque à la FNAC. C'est une réalité objective, quelque soit l'opinion de chacun sur ce sujet. de plus, ces hordes, c'est le système qui les a fait, dès l'enfance... notamment les privant massivement d'une éducation musical, de l'amour de la musique (qui vous aurait fait admirer, aimer d'eux). Il en a fait des enragés, abrutis de musique artificiel, des ignorants à qui ont vend de la musique en croquette, dont la fabrication est à un coût industriellement réduit, et la vente à plusieurs milliards de veaux encasqués MP3. 3. Votre problème vital est d'exister en tant que musicien. Je vis ce problème. Je suis photographe, et je travaille actuellement à valoriser 40 ans de photographie personnelle noir et blanc. Je souffrirai comme vous, que mon travail, mes efforts, soient volés. Je suis aussi indigné que vous, que des internautes se servent du travail d'un créateur sans aucun égard, sans jamais remercier, même d'un seul mot. Mais c'est un leur de croire que sa solution est en Hadopi. Cette loi, techniquement stupide, n'arrêtera pas les piranhas. D'autant que le pillage est peut-être dû aussi à la guerre que se livrent les grands "labels" pour se couler. (???) Ne nous laissons pas bernés par ce faux clivage sur Hadopi : pour ou contre le pillage des artistes créateurs. Regardons avec responsabilité l'enjeu réel, lourd de conséquences socio-politiques de cette loi scélérate, qui est : en République la sanction contre un vol peut-elle être prise autrement que par les tribunaux, la Justice? Sur le plan technique, les marchands, entretiennent ce leur q. Parce que ces marchands ne se font pas du blé qu'avec la musique... Ce faux clivage c'est pour que nous oublions d'exiger des solutions qui favorisent la création. Elles existent, toutes simples, peut onéreuses, et l'Etat a donc les moyens de les mettre en oeuvre. Un exemple. Vous dites que votre musique a été téléchargée 70 000 fois de votre site ,et 24 800 fois d'Alive Torent. C'est formidable que 90 000 personnes aient eu le désir de vous écouter. Sur la base de tels chiffres, un Ministère de la Culture soucieux de l'éducation musicale des citoyens de cette Nation, aurait dû vous acheter plusieurs centaines milliers de disques, qu'il aurait distribué aux 50 000 bibliothèques- médiathèques de ce pays, aux 30 000 conservatoires, aux milliers de collèges et lycées. Cet achat aurait été une bagatelle au budget de ce ministère, considérant les gaspillages monstrueux de l'Etat dilapidant sans retenue l'argent de la Nation (au profit d'un petit groupe) (plusieurs centaines de millions d'€ pour le concert de J. Hallydays, et les feux d'artifice du 14 juillet). (Et combien de milliards dilapidés en Afghanistan, pour une cause contraire aux aspirations de notre Nation). Et par exemple la SACEM, bourrée de fric (sur le dos des artistes créateurs) aurait dû vous verser des indemnités pour le préjudice que vous avez subi. Excusez-moi de ne pas approfondir les choses. Ce sont des réflexions jetées d'un coup sur mon clavier. J'ai du travail. Mais la lecture de votre billet sincère était utile, et je me devais de consacrer du temps pour vous soutenir. Mes salutations distinguées. Farouk. Vive Médiapart qui nous offre ce Forum.
Je trouve cette discussion totalement tordue. Quand je télécharge un MP3, c'est pour écouter la musique avant de l'acheter, ce que je faisais auparavant chez le disquaire. Quand la musique me plaît, j'achète le CD, et je fais mes propres MP3 pour le balladeur. Quand elle ne me plait pas, je n'achète pas, et j'efface les fichiers MP3. Donc évidemment, dans 95% des cas, je n'achète pas les CDs correspondant aux MP3 que je télécharge! Ce matin, j'ai téléchargé quelques MP3 de Clarika, dont m'avait parlé un ami. Mon diagnostic: gentillet, de qualité, mais fadasse et gnan-gnan. Voilà, je n'ai pas acheté de CD, et les fichiers sont effacés - comme d'habitude. Qu'est-ce qu'il y a d'étonnant dans tout ça ?
Monsieur, Vous avez manifestement pris des habitudes avec internet qui vous conviennent et vous permettent d'acheter ce que vous aimez... Bien. Mais vous ne pouvez pas ignorer le fait que d'autres, le plus grand nombre, quand ils ont téléchargé un fichier, même si celui-ci leur plaît, ne prendront pas la peine d'acheter le disque dont il est issu. C'est un fait aujourd'hui avéré. Comment maintient-on la production quand les recettes s'effondrent ? Je ne défend pas la loi Hadopi. Je dis qu'il faut réfléchir aux problèmes qu'elle prétend résoudre et y apporter de meilleurs réponses. Le statu quo conduira à la mort de la production.
Mais vous ne pouvez pas ignorer le fait que d'autres, le plus grand nombre, quand ils ont téléchargé un fichier, même si celui-ci leur plaît, ne prendront pas la peine d'acheter le disque dont il est issu. C'est un fait aujourd'hui avéré. L'affirmer ne suffit pas: citez-moi une seule étude indépendante des majors qui démontre ce que vous affirmez là: je demande à voir. Toutes les études indépendantes ont montré la même chose: il n'existe qu'une toute petite corrélation entre la baisse des ventes de disques et le piratage, et beaucoup d'études ont prouvé que les plus gros téléchargeurs étaient aussi les plus gros acheteurs de musique (certaines sont citées ici). A contrario les résultats du DEPS, page 92, montrent la totale corrélation entre la diminution de l'offre musicale au profit des artistes les plus vendeurs et la baisse des ventes. Et ce n'est qu'un des exemples nombreux du mensonge consistant à affirmer que c'est le partage qui a conduit à cette baisse (bien réelle).
Monsieur, Je me fous des études des majors. Mes élèves - qui sont des musiciens de surcroîts - n'achètent plus de disques, et les jeunes que je connais autour de moi non plus. Nier cette évidence, c'est être soit complètement déconnecté de la réalité soit de très mauvaise foie. Quand une génération ne paye plus pour la musique alors qu'elle continue d'en écouter en permanence - sans doute plus que nous à leur âge - c'est bien qu'il y a une perte de recette considérable. Après on peu tourner le problème dans tout les sens.... et avoir un discussion "totalement tordue", comme disait l'autre...
Votre expérience vous parle, et je ne la nie pas. Mais exposer un avis général sur l'état du marché musical à partir de votre exemple (dont je vous rappelle qu'il était faux) et de votre entourage me semble plus qu'exagéré, quand je vous oppose des études faites par des organismes indépendants. Ni ces études ni moi ne nions la chute des ventes de musique: nous affirmons que cette baisse n'a que très peu de rapports avec le phénomène du P2P et que prétendre résoudre un problème en choisissant de s'attaquer à une cause qui n'a rien à voir avec ce problème ne risque pas d'apporter quoi que ce soit de bon. Vous affirmez, plus loin, être certain que vous auriez vendu 10 fois plus de disques sans le P2P. Je vous réponds que vous n'avez strictement rien pour affirmer une telle chose (et que jamais, nulle part, personne n'a parlé d'une chute des ventes de cet ordre). Vous affirmiez aussi que votre album avait été téléchargé 25000 fois, je vous ai montré que c'était faux. Vous affirmez maintenant que vous auriez vendu 5000 albums sans le P2P, vous n'avez aucun élément pour le prouver non plus. Je pense que votre détresse vous fait, comme beaucoup, chercher un bouc émissaire sans chercher à comprendre les éléments réels qui ont amené à la baisse des ventes de musique (le budget alloué pour la culture est parfaitement stable, malgré la crise, et même plutôt en augmentation, mais l'offre a grandi, les DVD se vendent plus qu'avant, Internet coûte de l'argent, le téléphone portable aussi et les budgets ne sont pas extensible, sans parler de la restriction de l'offre et de l'obsolescence programmée du support CD, les causes sont nombreuses et ne vous déplaise un peu plus complexes que "les jeunes ne veulent plus payer la musique"). Dans ces conditions, je crains fort de parler à un sourd.
On va en effet essayer de sortir du dialogue de sourds. Je reviens à mon post initiale qui visait à montrer l'impasse dans laquelle les artistes de mon calibre se trouvent aujourd'hui. L'investissement que constitue l'enregistrement d'un disque (investissement qui est incompressible dans mon cas) et la difficulté de le rentabiliser, sans même parler de dégager des profits qui permettraient d'en vivre. Vous vous focalisez sur le chiffre que j'ai avancé - à tord - de téléchargements sur un site de P2P, et partant discréditez mon point de vue. Sans pour autant pouvoir de votre côté affirmer que mon disque n'a PAS été téléchargé. Je redis que le nombre de téléchargement sur les plate-formes de P2P ne changent finalement rien au fond de l'affaire. Je parle ici beaucoup plus du problème de la gratuité de la musique et de sa perte de valeur (et pas seulement marchande). Je parle du désengagement d'une génération face à la musique et à ceux qui la produisent. Je parle de la pratique qui consiste à remplir des disques dur de gigas qu'une vie ne suffira pas à écouter, et de la gloutonnerie qui ne fait plus aucune distinction. Je ne suis pas du tout dans la détresse. Je ne baisse pas les bras et je continuerai à pratiquer mon métier quoiqu'il arrive. Si j'avance que sans la pratique à grande échelle d'échange de fichiers, j'aurais vendus 4 à 5000 milles disques, c'est parce-que je me base sur mes expériences passées. Il y a dix ans, quand un disque avait 4F télérama, c'était trois milles ventes dans la semaine. Aujourd'hui c'est à peine une trentaine. Les questions que je ne cesse de poser de post en post ne sont toujours pas abordées. Quel est le prix juste d'un disque pour vous ? Sur quelle base l'évaluez-vous ? Pensez-vous normal que la musique soit devenue gratuite aujourd'hui ? Acceptez-vous de constater avec moi qu'elle n'a plus du tout de valeur aux yeux des gens ? Acceptez-vous de reconnaître qu'avec la possibilité de trouver gratuitement tous les disques sur internet, cela met gravement en péril l'industrie de la musique ? Vous parlez de l'obsolescence programmée du CD, mais c'est faire fi de ceux qui, comme moi et de nombreux consommateurs, continuent de préférer un pochette et un CD physique qui se gardera mieux et qui est un objet autrement plus beaux qu'un fichier sur un disque dur.
On va en effet essayer de sortir du dialogue de sourds. Je reviens à mon post initiale qui visait à montrer l'impasse dans laquelle les artistes de mon calibre se trouvent aujourd'hui. L'investissement que constitue l'enregistrement d'un disque (investissement qui est incompressible dans mon cas) et la difficulté de le rentabiliser, sans même parler de dégager des profits qui permettraient d'en vivre. Nul ne nie que l'industrie musicale doit faire face à une révolution: elle a voulu la numérisation de la musique (quel bonheur de pouvoir revendre des albums déjà vendus sous forme de vinyles), elle n'a pas prévu que cette numérisation simplifierait la copie... numérique (donc parfaite, contrairement aux copies analogiques), elle a choisi de vendre des produits commerciaux rentables à court terme sans chercher à faire émerger de nouveaux talents... Elle paie aujourd'hui son aveuglement. Je vous affirme, moi, que si cette industrie avait, il y a 5 ans, communiqué largement sur la faible qualité du MP3 et décidé d'ouvrir largement tous ses catalogues en format lossless (flac, ogg...) et sans DRM, alors les sites de ventes de musique auraient aujourd'hui largement gagné la partie face au téléchargement. Mais non, et même aujourd'hui, quand vous affirmez que votre musique est en AIFF sur emusic, tout ce que je peux voir de ce site sans lui donner mon numéro de CB (on croit rêver) c'est qu'il propose, encore, du MP3 ! Comme beaucoup, et pas seulement les artistes mais aussi tous ceux qui, avant Internet, disposaient de privilèges liés à la chaine éditoriale, vous et vos semblables vous comportez comme des dinosaures qui refusez d'accepter que la météorite est tombée sur la Terre et que vous devez changer de régime et de vie pour vous adapter au nouveau paradigme. Et encore êtes-vous un dinosaure plutôt exceptionnel qui - au moins - tente d'exister dans ce nouveau système, c'est assez rare pour le noter, mais vous n'allez pas assez loin. Oui, il y a 10 ans vous auriez vendu 3000 albums suite au jugement de Telerama. Mais il y a 10 ans les ménages n'avaient pas à payer un écran HD 16/9ème pour regarder la télévision, ils n'avaient pas à acheter des DVD pour occuper les enfants, ni des jeux vidéos à 70 euros l'unité, ni les abonnements pour les téléphones portables de toute la famille, ni l'abonnement à Internet. Les budgets culturels ne sont pas extensibles à l'infini, et la musique n'est pas forcément la priorité (loin de là, même). Le monde a changé en 10 ans, et vous baser sur votre expérience passée pour affirmer que c'est à cause du P2P que vous n'avez vendu que 500 albums est, je vous le redis, une erreur, ou un mensonge. Vous vous focalisez sur le chiffre que j'ai avancé - à tord - de téléchargements sur un site de P2P, et partant discréditez mon point de vue. C'est vous qui avez basé votre argumentaire sur ce - faux- chiffre. Convenez que j'insiste sur le fait qu'il est faux. Par acquis de conscience j'ai aussi été vérifier sur les réseaux Emule/Edonkey/Limewire et je suis désolé de vous dire que la seule de vos oeuvre disopnible en P2P est "Like a tree in the city" et qu'une seule personne partage ce fichier (autant dire qu'il n'est pas téléchargeable). Alors oui, je vous affirme preuves à l'appui que vous n'êtes pas piraté et que si vous étiez un peu moins replié sur votre position vous essaieriez un peu plus, avec moi pourquoi pas, de chercher et de médiatiser les causes réelles des baisses de vente de musique plutôt que de foncer tête baissée dans le mensonge de majors obsolètes et d'un gouvernement qui veut contrôler un media qui lui échappe. Sans pour autant pouvoir de votre côté affirmer que mon disque n'a PAS été téléchargé. Je peux cependant affirmer qu'à cet instant, il n'est téléchargeable nulle part, et que s'il l'a été ça n'a pu être que très marginal (Internet n'oublie pas grand chose et mêmes les fichiers qui ne sont plus partagés laissent de nombreuses traces: le votre n'en a laissé aucune). Mais si vous êtes arc-bouté sur votre croyance que c'est forcément à cause du piratage que vos ventes ont baissé, qu'y puis-je sinon tenter comme je le fais ici de vous ouvrir les yeux ? Je redis que le nombre de téléchargement sur les plate-formes de P2P ne changent finalement rien au fond de l'affaire. Je parle ici beaucoup plus du problème de la gratuité de la musique et de sa perte de valeur (et pas seulement marchande). Je parle du désengagement d'une génération face à la musique et à ceux qui la produisent. Je parle de la pratique qui consiste à remplir des disques dur de gigas qu'une vie ne suffira pas à écouter, et de la gloutonnerie qui ne fait plus aucune distinction. Comme tout le monde, quand j'ai découvert Internet (en 1992, c'est dire si je suis un vieux de la vieille) j'ai téléchargé tout ce que j'ai pu, de peur que cet outil merveilleux cesse d'exister tellement il me semblait incroyable. Pourtant à l'époque mon modem était à 9600 bauds, le web n'existait pas, ni la musique en ligne: il n'y avait que des logiciels libres et de très rares documents: j'en ai bourré mon énorme disque dur de 500Mb (oui: la moitié d'1Gb). Et puis j'ai évolué et compris qu'Internet n'allait pas disparaître de sitôt et j'ai adapté ma consommation, "piraté" sans hésiter une seule seconde les albums que je possédais en vinyles mais pas en CD, acheté des CD (j'en possède plus de 700) que j'ai numérisés pour disposer de ma musique où que j'aille sans avoir à transporter une valise avec moi. Le comportement que vous dénoncez ici est humain, mais temporaire. Et quoi que vous en disiez il n'influe en rien sur les ventes, sauf en permettant de découvrir des artistes dont on aurait ignoré l'existence sinon, et d'acheter leurs albums ensuite, évidemment, parce que l'homme n'est pas virtuel et qu'il aime posséder des objets, évidemment (je conserve dans une armoire toutes les boites de mes CD même s'ils sont numérisés et sauvegardés). Quel est le prix juste d'un disque pour vous ? Sur quelle base l'évaluez-vous ? Je n'ai pas choisi de faire de la musique un produit de consommation courante, ni n'ai participé de près ou de loin à sa marchandisation. D'autres arts ont su évoluer sans devenir des objets vendus en grande surface. Qui suis-je une fois que je fais ce constat pour refuser que le marché dispose du prix d'un art que ses propres artistes ont ainsi dévalué, qui en se commettant à la Star'ac, qui en vendant de la soupe ? Prenez-vous en aux systèmes qui vous ont fait vivre jusqu'à présent mais qui, comme toujours dans un système capitaliste, n'ont qu'un temps et n'existent que pour foncer le plus vite possible dans un mur. Le prix juste d'un disque est le juste prix d'une pomme: ce que le client est prêt à payer, ni plus ni moins. Le monde numérique est passé de la rareté de l'espace physique dans les rayons des disquaire à l'infinité de l'espace d'un réseau numérique mondial. L'offre de loisir en général, a décuplé. Vous avez vécu de la loi de l'offre et de la demande, alors ayez la décence d'accepter que quand l'offre devient trop grande, la demande ponctuelle tende à baisser et vos ventes à s'effondrer, sauf à baisser radicalement vos tarifs et vos ambitions (même s'il est à mon sens un peu trop tard pour ça). Vous parlez de l'obsolescence programmée du CD, mais c'est faire fi de ceux qui, comme moi et de nombreux consommateurs, continuent de préférer un pochette et un CD physique qui se gardera mieux et qui est un objet autrement plus beaux qu'un fichier sur un disque dur. Vous (et moi aussi puisque j'aime cet objet) êtes un dinosaure. Les jeunes éduqués au tout numérique trouvent la beauté autre part, comme par exemple dans la création de leurs playlists personnelles. Et croyez moi: un fichier bien sauvegardé a une durée de vie bien supérieure à celle d'un CD (j'ai encore hier soir gravé un CD à une amie dont l'exemplaire qu'elle posséde ne passe plus sur aucun lecteur).
En vrac ; "Le prix juste d'un disque est le juste prix d'une pomme: ce que le client est prêt à payer, ni plus ni moins." Non. C'est joli à lire comme ça, mais ça ne veut rien dire. C'est juste faux. Le client ne décide nul part du prix de la pomme. Il n'a aucun pouvoir dessus. Il n'a pas non plus la possibilité de la trouver gratuite à côté du primeur qui la lui vend. "Le comportement que vous dénoncez ici est humain, mais temporaire. " Je crois au contraire que quand on a eu accès à un bien de manière gratuite, il est quasi impossible de changer ce nouveau rapport. "parce que l'homme n'est pas virtuel et qu'il aime posséder des objets, évidemment (je conserve dans une armoire toutes les boites de mes CD même s'ils sont numérisés et sauvegardés)" puis plus loin "Vous (et moi aussi puisque j'aime cet objet) êtes un dinosaure. Les jeunes éduqués au tout numérique trouvent la beauté autre part, comme par exemple dans la création de leurs playlists personnelles." Décidez-vous. "vous et vos semblables vous comportez comme des dinosaures qui refusez d'accepter que la météorite est tombée sur la Terre et que vous devez changer de régime et de vie pour vous adapter au nouveau paradigme." J'attends que vous me proposiez une solution pour continuer de pratiquer ma musique et de l'enregistrer (coût incompressible) non seulement sans perdre d'argent, mais en dégagent assez de profits pour en vivre. Je rappelle que le metier de musicien est un METIER qui exige une disponibilité totale. Surtout je sens un mépris dans vos lignes qui me décourage d'aller plus avant avec vous.
Sans commentaire. Ouvrez les yeux.
"Je vous affirme, moi, que si cette industrie avait, il y a 5 ans, communiqué largement sur la faible qualité du MP3 et décidé d'ouvrir largement tous ses catalogues en format lossless (flac, ogg...) et sans DRM, alors les sites de ventes de musique auraient aujourd'hui largement gagné la partie face au téléchargement." Très juste et cela vaut aussi (et surtout) pour les catalogues de films d'une indigence consternante au regard des trésors détenus par Sony Pictures et consorts...
"Je parle ici beaucoup plus du problème de la gratuité de la musique et de sa perte de valeur (et pas seulement marchande). " Je ne suis pas certain qu'aux yeux des "digital natives" de 15-25 ans qui téléchargent régulièrement des fichiers numériques sur le web, une oeuvre musicale soit dépourvue de valeur. Bien au contraire. La musique et le cinéma via la gratuité sur internet sont les seuls biens de consommation qu'ils peuvent se procurer sans entrâve. La tranche d'âge qui pirate le plus en France, celle de ces jeunes flibustiers qui naviguent sur le web, c'est aussi celle qui galère le plus: une génération littéralement sans le sou qui s'incruste faute de mieux chez les parents ou dans des chambres U miteuses, qui prend de plein fouet le chômage, la précarité, les vexations des stages non rémunérés et des entretiens d'embauche méprisants, une génération qui vit de rien et se soigne mal. Pour ces jeunes, la seule porte entrouverte sur la société de consommation, c'est la musique et le cinéma...Je pense au "Comment je suis devenu stupide" de Martin Page dont le héros principal, jeune impécunieux cultivé, arrache page après page et jour après jour les livres placés sur les présentoirs de la Fnac pour les reconstituer une fois rentré chez lui et en poursuivre ainsi la lecture.
Bonjour Laurent, je me permets de confirmer vos dires relatifs à la quantité de personne qui n'achète plus de musique - musiciens ou non. Je m'appelle Benjamin B. ,32ans. Jusqu'à l'année dernière je travaillais en tant que Technicien du Son (Ingénieur du Son pour le Grand public) en Studio d'enregistrement essentiellement. Avec deux musiciens et 1 mélomane, nous avions monté une structure d'enregistrement pro, avec un investissement total avoisinant les 350 000€ ... Musicien amateur aussi, mes collaborateurs étant directeur d'école de musique, je peux affirmer que moins d'un élève sur quatre d'écoles de musique achète de la musique!!! A age égal, en comparant avec des générations ayant connu des supports physiques, ils n'ont plus aucune culture et curiosité musicale ... ils prennent - jettent sans aucune contrepartie et même questionnement... Et avec une totale indifférence... Mes expériences de technicien du son peuvent en témoigner: l'investissement en matériel et en 'acoustique" est colossal. Le temps passé à travailler un son est long. Le tout a été dans plus de la moitié des cas réduit à: "Pouvez vous faire que le mix sonnent le plus fort possible? Pouvez vous me convertir les fichiers en mp3 et les mettre sur ma clé USB?" Je vais faire mon JP Coffe de la musique: avez vous déjà comparé la qualité d'un CD (qui est loin d'être parfaite) à celle d'un fichier mp3 ~ 192kbps (taux moyen des fichiers téléchargés... voir souvent moins)? non? faites le... Il faut en avoir RIEN A CIRER de ce que l'on écoute pour ne pas se rendre compte de l'inconfort que l'on subit en s'envoyant cette merde dans les oreilles... Oui RIEN A CIRER!!! Le prix de vente est soit disant trop élévé... c'est sans doute vrai. A mon sens un CD ne devrait pas dépasser 10€... mais le vrai problème n'est pas là... Je pensent que les budgets autrefois alloués à l'achat de musique ont été transférés ... un abonnement de téléphone portable, ce n'est pas gratuit, et un nouveau téléphone portable ça ne peut pas se télécharger!!! ... un grand écran plat non plus d'ailleurs... mais avec du blue-ray en 24bits / 96kHz... ;-) (blague de technicien...) Je pense que la Musique est devenu un bien public, au même titre qu'une voirie d'une rue!!! Que dans ces cas là, qu'Il le veuille ou non, que l'Etat alloue des budgets pour les Musiciens de l'Etat... Et oui se seront les citoyens qui payeront une taxe de plus... mais à juste titre... On ne pourra jamais empêcher la nomadisation, la dématérialisation et l'échange (même non qualitatif!!!)... on pourra juste prélever à la source!!! Je ne suis clairement pas pour Hadopi. L'éducation musicale des citoyens ne devrait pas se limiter à 1h de "flute" par semaine au collège... Le monde évolue. Ne nageons pas à contre courant. Un nouvel équilibre doit et va se créer. Ne laissons pas les Arts Musicaux et les Artistes en marge. J'ai donc cessé de vivre du Son... en attendant... Musicalement. Benjamin PS: Laurent, je vais de suite écouter votre musique sur votre site et vous laisser un commentaires ;-)
"Le prix de vente est soit disant trop élévé... c'est sans doute vrai. A mon sens un CD ne devrait pas dépasser 10€... mais le vrai problème n'est pas là..." Entre 18 et 22 € à une époque pas si éloignée...C'est le rapport de forces qui s'est inversé. En gros, il y a encore une quinzaine d'année le consommateur lambda qui se rendait dans une fnac de province pour y acheter un album dont il n'avait écouté qu'un titre à la radio ou sur un sampler devait payer le prix fort pour se le procurer sans pouvoir vérifier sur place ce que valait le reste de l'album...Ma discothèque qui comporte quelques grosses daubasses enregistrées par un will oldham un soir de beuverie dans son garage s'en souvient encore...Aujourd'hui, le même consommateur lambda peut télécharger depuis son domicile un grand choix de titres après en avoir en écouté des extraits en décidant 1/ s'il va payer ou non pour cela 2/s'il va opter pour quelques titres seulement ou l'album 3/ s'il souhaite un format mp3 ou aiff. Sans parler de la possibilité de se contenter de l'insérer dans une liste de titres perso sur un site de streaming...
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Bonjour Laurent, Je comprends ton désarroi. Mais ne te décourage pas, ton disque est sorti en avril et nous sommes en août, continue à le défendre et à le divulguer et soit patient... On connaît la qualité de ton travail et la récompense viendra bien un jour même si elle se fait attendre. Comme tu le reconnais la loi Hadopi n'est pas une bonne solution et ne favorisera pas la diversité dans la création musicale. Que penses-tu de l'idée de licence globale qui lui a été (timidement) opposée? Amicalement.
Laurent, Tu poses un problème de fond, difficile à résoudre, parce que le seul moyen de s'en sortir passe nécessairement par l'éducation. Or, elle est baffouée par nos dirigeants. Il fallait bien sortir de l'incohérence de modèles de business basés sur la production industrielle (construire 2 voitures coûte en gros 2 fois la construction d'une voiture) honteusement appliqués à de l'immatériel (presser 2000 CD coûte à peu près la même chose qu'en presser 1000, c'est encore pire avec les licences payantes de logiciel en téléchargement). C'est avec ce genre d'abus et de confusion qu'ont pu se construire des fortunes colossales comme celle de Bill Gates, bien au-delà de la juste rémunération de sa créativité. Ce qui reste incompressible précisément, c'est la création, c'est ça dont la rémunération doit absolument être améliorée (et le mot est faible, comme tu le démontres clairement). Le modèle du logiciel libre se cherche encore économiquement, mais il a tout de même accompli des prouesses. La part de marché des serveurs Linux est majoritaire. Appliqué à d'autres types de biens que le logiciel, ça donne les "creative commons". Qui se cherchent encore davantage économiquement (arte-radio...). C'est clairement la bonne direction, mais les politiques ont 20 ans de retard, et les entreprises se battent désespérément pour préserver des modèles économiques obsolètes. Quel gâchis. Au niveau de l'individu, apprendre à faire fonctionner l"économie du don". Apprentissage long et difficile, mais qui fait probablement partie des apprentissages qui sauveront la planète. Du côté des politiques, accompagner et soutenir cet apprentissage, ce qui suppose une autre logique que privatiser ce qui rapporte dans les services publics, et y maintenir ce qui coûte (SNCF, EDF, RATP, éducation, ..., la multiplication des exemples est à pleurer). Avec l'internet, nous sommes dans une phase transitoire (une image qui frappe : l'internet a 5000 jours). Les phases transitoires, ça secoue toujours. Encore une fois, il faut apprendre. Je suggèrerais bien à Mediapart, à titre pédagogique, de faire quelque chose pour aider la vente de ta musique (et de la musique hors des circuits des majors en général), en y mettant un effort didactique sur l'apprentissage de l'"économie du don". Si tant de gens t'ont téléchargé sans te rémunérer, c'est par pure ignorance, ils n'ont pas été nourris par la conscience de ce que tu fais, de ce qu'ils font, ils sont dans une compensation maladive de pillage entretenue par le consumérisme à outrance, ça n'est pas irrémédiable. Certes pour toi les enjeux sont vitaux, et ce que je peux dire a donc peu de valeur. Mais quand même, il faut aller dans cette direction. A titre perso, et bien que j'écoute surtout du classique aujourd'hui, mais parce que mon "pouvoir" de citoyen est là, comme il l'est pour beaucoup, je m'en vais de ce pas acheter ton CD sur ton site. C'est un acte à la fois culturel et politique, infinitésimal, mais il ne faut pas minimiser les actes des individus. C'est à peu près le seul contre-pouvoir qui nous reste actuellement. Et en partie grâce à l'internet, dont il est bien difficile encore de savoir s'il est dieu ou démon. Bravo en tout cas pour ton post, et l'honnêteté limpide de ton propos. Lao
Merci pour ce beau post. J'espère que cette musique te plaira. Elle ne plait pas à tout le monde et c'est très bien ainsi. Mon post n'avait pas pour but d'en faire la promotion, mais juste de faire partager mon expérience et d'apporter une perspective de l'intérieur pour sortir un peu des positions "en hauteur" de philosophes auto-proclamés.
une image qui frappe : l'internet a 5000 jours Internet est né à la fin des années 60, ce qui fait une quarantaine d'année et environ 15000 jours. Merci de ne pas confondre Internet et le Web (qui en effet a 15 ans).
Bonjour Laurent, votre article est utile à la réflexion, cependant, il me semble qu'il repose en partie sur une illusion d'optique. vous écrivez "le disque a été téléchargé 24 799 fois. Jusqu'à présent les ventes n'ont pas encore atteint... 500 exemplaires." (...) Depuis cinq ans, le disque a été téléchargé plus de 70 000 fois. malheureusement cela ne signifie pas qu'en l'absence d'internet cela se serait traduit par autant d'achat. d'ailleurs vous notez vous même : "des hordes de personnes avides qui s'emparent de ce qui est gratuit dans un mouvement compulsif (..) C'est ainsi qu'on voit des gens constituer des réserves de Mp3 de plusieurs milliers de Gigas qu'une vie entière ne suffira pas à écouter." les excés des majors ont nourri ce processus : il y a une totale dissociation entre le cout de production de l'oeuvre musicale et le prix de vente, ce qui est la meilleure manière de ruiner la valeur accordée au produit. il y a 5 ans je me souviens avoir constaté que le cout marketing représentait en moyenne 15% d'un cd. pour le consommateur c'était un surcout inutile. les budgets ne sont pas indéfiniment extensifs et il est peu certain, particulièrement sur un genre comme le jazz qui n'est pas une musique à la mode, que le téléchargement ait notablement détruit des acheteurs. c'est plus probable sur les musiques obéissant au marketing. au risque de vous décevoir, vous avez fait un choix difficile, le jazz, interrogez vos "ainés" d'avant internet, j'imagine qu'ils ont ramé pour se faire produire, distribuer, sortir des disques au public longtemps confidentiel. pour ma part, il m'arrive de télécharger, néanmoins je continue d'être un "gros" acheteur de cd (par rapport a la moyen des français), dans les limites de mon budget qui a peu varié. Vous savez également que le système classique de droits d'auteurs a conduit a ce que la majeur partie des droits soit drainé par quelques centaines de personnes, pour l'ensemble des auteurs et interprètes ces droits représentent un revenu hypothétique et quasi symbolique. bien. passons a la solution possible. Manifestement nous sommes en train de connaitre un retour pour l'art au "mécénat", c'est la conséquence de l'impossibilité a garantir la non duplication des supports numériques. je veux dire par la que lorsqu'une personne décide aujourd'hui d'acheter un cd, ce n'est pas pour disposer légalement du "produit" (qu'elle peut obtenir gratis ailleurs) c'est bien qu'elle souhaite reconnaitre le travail de l'artiste et contribuer en "mécène". ces 500 ventes se sont aussi 500 parrains et soutiens dont vous disposez. Ce mécénat peut être organisé par des plateformes de téléchargement qui garantissent un meilleur revenu aux artistes que la distribution en rayon (mais je l'admet ne fournissent pas ou peu de soutien technique a la création - produire le disque) mais il peut être aussi organisé au travers de ce qu'on appelle la licence globale, c'est a dire un prélèvement stable sur les fournisseurs d'accès par exemple ou les supports numériques, comme c'est déja le cas. bien sur la définition de la clé de répartition nécessiterait un effort d'imagination et un réglage mais vous avez vous même trouver votre indice de base de notoriété par le nombre de téléchargement on pourrait le compléter par un indice de satisfaction (pour relativiser les comportements compulsifs de téléchargement), on pourrait mettre en oeuvre des jurys pourvus de dotation pour financer la production d'oeuvres nouvelles pour les talents reconnus par les auditeurs et/ou la profession.dans cet ordre d'idée la licence globale implique certainement d'entretenir des plateformes d'enregistrement public subventionnées. je ne dis pas que cela est la panacée. malheureusement le phénomène auquel nous assistons avec la culture planétaire, c'est une inflation de l'offre culturelle, chaque consommateur accède a une offre globale foisonnante tandis qu'il y a 20 ans, les réseaux de distribution limitaient l'offre en fonction de chaque marché national (je me souviens avoir acheter abbey lincoln en import, les mordus connaissaient ces quelques boutiques ou l'on pouvait se ruiner dans la joie). cette nouvelle donne ne peut que conduire a la baisse de la rémunération des artistes (les offreurs, en terme de marché). Désormais on "s'enrichira moins" en faisant de l'art. le rève est cassé. Un tel mécénat ce ne serait pas l'arbitraire, ni la mise sous tutelle des artistes. cette solution mené par un état éclairé permettrait de maintenir une reconnaissance du talent et entretenir la création artistique. Mais il impliquerait probablement une réorganisation de l'industrie, avec un amaigrissement des effectifs administratifs et commerciaux (déja commencé). la sacem aussi y laisserait des plumes, sa gestion des droits d'auteurs pendant des années a été contestable. Amicalement
Vous indiquez Laurent Coq, que votre disque vous a couté 14.000 euros, que vous en avez vendu 500 et que 25.000 ont été téléchargés. Avec la Loi Liberticide Hadopi, qui, théoriquement, devrait empêcher les 25.000 téléchargements, combien pensez que vous en auriez vendus? certainement pas 25.000. Le pouvoir d'achat ne cessent de baisser et dans une économie de marché, un investissement de 14.000 € à 15 € par disque à la vente avec 500 ventes vous avez déjà récupéré 7.500 € près de la moitié de votre mise, en 4 mois, un peu de patience... et vous passerez bientôt le seuil de rentabilité. Les artistes en général, les musiciens en particuliers ont existé avant internet, il continueront d'exister avec Internet. Mais tout le monde ne peut pas espérer gagner des millions comme Johny Halliday avec un méga concert au stade de France et au champ de mars, etc... et qui voudrait encore traquer avec Hadopi les téléchargements sauvages des internautes qui ne volent pas le pain du boulanger comme le prétend, démagogiquement, Patrick Bruel...
Qui veut gagner des millions ? Pas moi ! Pour info, sur les 500 disques que j'ai vendus, plus de la moitié l'ont été en fichiers ce qui correspond à 4€ de recette en moyenne par CD. Quand aux 15€ auxquels vous faites référence, il faut y inclure les frais de port (de 1,5 à 3€ par disque). Je constate que depuis que les sites de P2P se sont développés, les ventes des disques de jazz ne cessent de baisser. Je pense pouvoir dire que sans le téléchargement j'aurais sans doute vendu 4 à 5 mille disques ce qui m'aurait remboursé de mon investissement, m'aurait rémunéré pour les milliers d'heures de travail que ce projet à nécessité et m'aurait permis de mettre de l'argent de côté en vue d'une prochaine production. Ce qui en définitive constitue une économie tout à fait viable et raisonnable.
Ce matin, je me suis rendu sur certains sites de P2P ; Sur un seul site (Alive Torrents), le disque a été téléchargé 24 799 fois. Par curiosité, je viens d'aller vérifier: si en effet le site Alive Torrent affiche en cumulé une trentaine de milliers de téléchargements, c'est en réalité la somme des "sponsored search result". C'est à dire des valeurs fictives affichées quelle que soit la recherche (pour rire, je peux aussi bien affirmer que ma dernière oeuvre, Gudule est en vacances, a été lui aussi téléchargé environ 30000 fois). De simples liens affichés pour attirer le gogo vers un site payant qui ne propose rien d'autre que des outils de téléchargement qu'on peut trouver gratuitement partout ailleurs. Une arnaque, en somme. Je ne suis pas spécialement un expert de la chose, quoique, mais je n'ai pu trouver votre album nulle part en téléchargement P2P.
Monsieur, Merci de cette précision. En effet, quand on se rend sur Alive Torrent et qu'on clic sur un lien de mon disque on est renvoyé à des sites payants. Je reconnais par conséquent qu'il est difficile de faire une évaluation exacte du nombre de téléchargements. Je suppose néanmoins qu'il doit être disponible quelque part puisque je connais des gens qui l'ont téléchargé gratuitement. Il faudrait faire une recherche avec Limewire peut-être... Quoiqu'il en soit, je constate que mes ventes ont chutées considérablement ces dernières années. À ceux qui trouvent que le disque est trop cher, je rappelle qu'il coûte moins de 8€ sur Itunes, et moins de 3€ sur Emusic (en AIFF). Quel est le juste prix qu'il faut payer pour un disque ? Tous les disques se valent-ils ? Je n'ai pas de réponses, mais ce sont des questions que je me pose. Je le redis une nouvelle fois, ma lettre n'avait pas l'intention de défendre le projet de loi Hadopi que je trouve mauvais et inefficace, et encore moins de faire la promotion de ma musique. Je voulais faire partager mon expérience et la réalité d'un musicien de Jazz aujourd'hui qui doit continuer de travailler dans un environnement en totale déconfiture. C'est la fin d'une économie qui se profile et rien ne semble émerger qui puisse la remplacer. Avec elle, c'est la disparition d'un nombre d'emplois considérables (labels, presse musicale, salles, festival, et par contagion pourquoi pas tourisme etc...). Il faut nécessairement éduquer les jeunes générations et mettre en place des mesures qui permettent de générer des profits à nouveau. Je ne parle pas de Majors ici, mais bien de petits producteurs indépendants (90% de la production hexagonale en maintenant une grande diversité) et de musiciens auto-produits comme moi. Je vous renvoie une fois encore à la lettre ouverte des producteurs indépendants aux députés autrement plus intéressante et constructive que celle de Joseph Vidal-Rosset et qui propose des pistes à étudier. http://www.cd1d.com/newsdesk_info.php?newsPath=10&newsdesk_id=72 Enfin, comme un certain nombre d'entre vous semble vouloir taxer la SACEM dont la gestion n'est pas exempte de reproche, loin s'en faut, je dois néanmoins dire que sans elle, je n'aurais pas pu produire ce disque. Les droits d'auteurs que je perçois sont aujourd'hui une source de revenus importante qui permet de compenser les pertes lier aux ventes de disques.
billet et commentaires fort instructifs, y compris pour les néophytes dans mon genre. Il me semble que la difficulté tient à la confusion entre rémunération de la créativité et rentabilité d'une mise sur le marché d'un produit quelqu'il soit selon les différents circuits de commercialisation utilisés. La meilleure réponse parait être celle proposée par Oliv92 : mettre la SACEM à contribution.
@ laurent coq: aujourd'hui nous sommes à l'âge du code d'accés et de l'agrégat. Et lorsqu'il s'agit de vente de disques, la mémoire sans discernement de l'ordinateur est effectivement davantage sollicitée que le goût de l'utilisateur. Beaucoup parmi les petits disquaires chez qui l'on découvrait ces "perles rares" ont baissé leur rideau dans les années 80, faute de pouvoir lutter à armes égales contre les enseignes de la grande distribution. Dans bien des villes européennes, le scenario fut partout le même: ouverture d'une fnac, d'un virgin, d'un general store suivie de prix cassés sur les disques afin d'assécher localement la concurrence, puis une fois celle-ci éliminée, pratique de prix monopolistiques avec des marges très confortables à la clé. Les petits disquaires durent se résoudre à partir à la retraite ou à se faire embaucher chez ces enseignes pour continuer à vivre de leur passion. Mais l'entousiasme du pionner, du défricheur de terres inexplorées, devenu petit employé en gilet vert et jaune, bien souvent n'y était plus. Alors quand je vois aujourd'hui les rayons désertés de ces mêmes magasins, je ne peux m'empêcher de songer qu'il y a peut-être une revanche de prise. La découverte de nouveaux artistes, de nouveaux albums par un public un peu averti, s'est poursuivie par l'intermédiaire de la presse spécialisée (qui comme vous l'écrivez à juste titre vit elle-même plutôt mal) via des articles ou des samplers ou de nouveaux sites web comme lastfm qui proposent une alternative statistique (si vous aimez machin et truc alors écoutez bidule vous allez adorer, ce qui oblige à ingurgiter de plusieurs heures de brouet indigeste pour débusquer la pépite) aux conseils avisés du disquaire du temps jadis. Mais comme l'écrivent plus haut bon nombre de commentateurs, les chances pour un artiste de talent de se faire rapidement un nom (à défaut d'une carrière certes) sont beaucoup plus nombreuses aujourd'hui grâce au web. Vous l'avez d'ailleurs bien compris puisque vous avez votre propre site. Comme vous le soulignez justement la difficulté tient à la coexistence sur les sites p2p de plusieurs pratiques distinctes qui ne sont pas toutes condamnables: à l'origine, il s'agissait bien souvent d'échanger gratuitement de la musique entre mélomanes plutôt que de flibustages de catalogues de maisons de disque. En les sanctionnant toutes, la loi Hadopi se révèle être une loi scélérate. P.S.: je fais partie de ceux qui respectent la création artistique et continuent de payer pour la musique qu'ils écoutent. @ greenbox, si vous vous figurez qu'avec un achat ponctuel de cd à 15€ vous faites oeuvre d'évergétisme, vous êtes loin du compte...
Monsieur, Merci de votre post qui m'inspire plusieurs commentaires. Je regrette en effet comme vous la disparition des petits disquaires. En revanche, je serais beaucoup moins sévère envers les vendeurs de la Fnac. Je me rends régulièrement à celle des Halles où les responsables de rayons sont de vrais passionnés qui soutiennent les jeunes artistes et qui font un travail considérable pour faire connaitre cette musique. Je crois qu'on surestime beaucoup le potentiel d'internet à faire émerger des artistes inconnus. Quand c'est le cas, c'est en général un feu de paille. Ils sont des centaines de milliers à essayer de se frayer un place au soleil numérique tous les jours et le profusion finit par créer une masse totalement opaque. Les moteurs de recherche quand à eux orientent l'ensemble des internautes vers les même artistes soutenus par des gros labels et des medias de masse. Quand aux sites de streaming, il ne font que renforcer la croyance que la musique ne vaut plus rien. Elle est devenue gratuite. Dans ce flot continu, tout se vaut, et plus rien n'émerge. À quoi bon retenir tel ou tel artiste dans ces conditions ? Surtout quand la musique proposée nécessite un peu plus qu'une écoute distraite pour s'imposer.
Bonjour Laurent, . Merci pour ce billet, je n'y connais rien en P2P et je suis une vraie tache en téléchargement, et vous m'avez appris en quelques lignes beaucoup de choses sur ce phénomène. Assez bizarrement je constate (et sans vouloir vous vexer) une certaine "ringardise" dans votre réflexion sur le rapport des populations avec la musique. Vous comparez une époque où la production musicale était plus rare et donc de meilleure qualité a aujourd'hui ou la musique est entrée dans le quotidien des gens comme vous le décrivez si bien. Quand j'étais gamine et jusqu'à une dizaine d'années mon budget m'obligeais souvent à choisir entre le disque et le livre et mes amours m'ont toujours portée vers les livres. Mais j'aime la musique : classique, opéra, chanteurs à textes (Brel, Brassens, Barbara ...) et pendant des années je n'ai possédé qu'une vingtaine de disques auxquels je tenais comme à la prunelle de mes yeux. . Nous avons voulu que la musique et la lecture entre dans l'éducation quotidienne de nos enfants, cela devait participer à leur formation d'adulte, même si les objectifs des majors n'étaient certainement pas les mêmes que ceux des éducateurs (parents, professeurs ...), nous avons voulu qu'ils aient mieux et plus de nourriture, plus de préventions sanitaires, plus de jouets éducatifs, plus d'années d'études, plus de beaux vêtements, plus de sport, plus de vacances dans des endroits plus beaux ... bref, vous voyez ou je veux en venir ! Cela partait d'un principe généreux et à priori normal, et cela convenait à tout le monde : les parents et les éducateurs étaient certains de bien faire leurs métiers de parents et d'éducateurs, et les marchands grossissaient. . Mais voilà, du coup nous avons une société ou le "trop" est devenu la normalité, peut on en vouloir à nos enfants ? Je ne suis pas une adepte de la décroissance, nous avons fait un choix de société, à nous de l'assumer et de trouver maintenant les bons leviers (et l'ADOPI n'en fait par parti) pour infléchir cette course à l'hyperconsommation en sachant que nous avons laissé se créer des monstres bien plus voraces avec la classe des financiers (car pour moi ils sont une classe à part entière et à part du reste de la société, dont le seul et unique but est de faire de l'argent à tout prix !) et c'est vers ces gens là qu'ils faut se tourner aujourd'hui pour les obliger à participer plus activement à rétablir une certain équilibre. La voracité compulsive se retrouve aujourd'hui à tous les niveaux de la société, l'obésité nous menace dans tous les sens du terme ! . Cordialement
S'est à la SACEM de collecter chez les fournisseurs de téléchargements les sommes correspondantes aux nombres de produits téléchargés; de façon qu'elle puisse rémunérée les auteurs correspondant aux prodiuts.
Cher Laurent Coq J'aime le jazz et j'ai découvert votre travail grâce à ce billet dans Mediapart. Bravo (j'ai pu écouter votre production et j'ai apprécié sur votre site). Vous n'avez pas mentionné les pistes de rémunération des créateurs en redistribuant le produit d'une taxe sur les opérateurs à tous les musiciens en fonction de leur audience sur Internet. La Hadopi sauce sarkozienne est de la pure cuisine de marché protégeant ses amis ou alliés et renforçant le flicage sécuritaire. Donnez nous des dates de concert ! Le plus important est que nous puissions aller vous écouter et pourquoi pas en payant, si les tarifs sont acceptables !
Merci pour votre billet je crois aussi que beaucoup d'artistes sont coincés entre le marteau et l'enclume; d'un côté des institutions culturelles verrouillées, de l'autre une boulimie (j'ai aimé le mot "obésité") qui se réfugie derrière une pseudo liberté qui ne cache qu'un esprit moutonnier. Tout cela ne profite qu'à quelques-uns. Et vive l'art vivant! les concerts, les expos, si possible pas toujours des mêmes.
"du mythe de la gratuité comme nouvelle liberté". - Votre titre et votre texte sont pour le moins injurieux envers ceux qui se battent contre le projet de loi hadopi et suivants. Tous en même temps qu'ils s'opposaient à l'attaque en règle du Droit, de la Constitution et des libertés, soulignaient l'hypocrisie, l injustice et l obsolence du système de remuneration des artistes tel qu'il est et tel qu'il serait conforté avec cette loi, et demandaient dans le même temps qu'il soit repensé sur les bases de la réalité de l'organisation du marché et pas sur le motif bidon qui a servi de base à ce projet de loi, à savoir que ce seraient les telechargements qui seraient responsables de la chute des ventes et de la situation financière des artistes. - Vous parlez de "discours angélique" . Où est il ce discours ? Par qui ? - Votre image des "hordes" assoiffées rejoint curieusement ce que sous entend le projet de loi hadopi, à savoir que tous les internautes, et donc potentiellement tous les citoyens, sont potentiellement des téléchargeurs fous ou des coupables de laisser faire d'autres telechargeurs fous et donc responsables de fait de la chute des ventes et de la situation financière des artistes. Ce qui donc justifierait hadopi, à propos duquel vous dites être contre, mais sans préciser pourquoi vous êtes contre, si ce n 'est : - "Que faire alors ? Pour commencer, il faut cesser de considérer internet et ses pratiques comme l'Alfa et l'Oméga du progrès et des libertés. Il est grand temps d'avoir un regard plus adulte sur la question. Je n'aime pas le projet de loi Hadopi parce-qu'il ne s'attaque pas aux principaux bénéficiaires de ce pillage quotidien que sont les fournisseurs d'accès. Mais je crois aussi qu'il est grand temps de faire un travail d'éducation des jeunes générations et de régulation des flux numériques. Comment se fait-il qu'on soit capable de bloquer un site pédophile dans la journée et que tant de sites P2P continuent impunément d'exister sans aucun contrôle ? Plus généralement, je pense qu'il faut saisir l'opportunité de ce débat pour poser le problème de la responsabilité individuelle et de la place que l'on veut garantir à l'expression artistique. Mais de grâce, que l'on arrête de nous vanter ces prétendues libertés." - "qu'il ne s'attaque pas aux principaux bénéficiaires de ce pillage quotidien que sont les fournisseurs d'accès". C'est tout ce que vous voyez à reprocher à hadopi ? - "Mais de grâce, que l'on arrête de nous vanter ces prétendues libertés." "le problème de la responsabilité individuelle et de la place que l'on veut garantir à l'expression artistique." - De quelles prétendues libertés parlez vous ? Et quid de la liberté d'expression et d'information pour le moment permises sur le net ? De la préservation de notre vie privée ? Ignorez vous qu hadopi1 prevoyait entre autres, hors décision d'un Juge, la surveillance de l'ensemble des communications électroniques, donc de nos mails et de nos échanges sur messageries instantanées et que cette surveillance est reprise dans hadopi2 ? - Ignorez vous l'obligation pour chaque citoyen-internaute d'acheter un mouchard labellisé par l'Etat, mouchard qui serait l'unique moyen de se défendre contre une accusation de telechargement ? Ignorez vous que le projet de loi Loppsi qui suit hadopi, prevoit que le ministère de l Intérieur impose aux FAI une liste des sites à bloquer ? Ce qui a été dans d autres pays source d erreurs et de censure ? - Et vous vous permettez d' affirmer "Mais vous ne pouvez pas ignorer le fait que d'autres, le plus grand nombre, quand ils ont téléchargé un fichier, même si celui-ci leur plaît, ne prendront pas la peine d'acheter le disque dont il est issu. C'est un fait aujourd'hui avéré." Avéré ? Comment et par qui ? - L'article « «Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? » explique sur quoi et sur qui ce gouvernement s'est basé en terme d'étude, c'est on ne peut + parlant … Et non seulement les autres études démontrent un impact minime, mais d'autres plus récentes démontrent le contraire de ce que vous affirmez. - Vous dites « je pense qu'il faut saisir l'opportunité de ce débat pour poser le problème de la responsabilité individuelle et de la place que l'on veut garantir à l'expression artistique. » - Je déplore votre situation de chômeur, comme je déplore la situation de chômeurs de millions d'autres citoyens. Je déplore aussi que la place de l'expression artistique serve et sans à aucun moment remettre en cause le système commercial existant, à ce qui ressemble fortement à un projet plus global de main mise sur le net. La « responsabilité individuelle » consiste aussi à prendre en compte tous les tenants et aboutissants en jeu dans ce projet de loi et les suivants. - http://www.pcinpact.com/actu/news/51631-hadopi-communication-electronique-surveilllance-email.htm - « Hadopi : surveiller et punir Internet » : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-03-12-Hadopi - «Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? » : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/ - « Un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie" : http://fr.readwriteweb.com/2009/01/20/a-la-une/rapport-gouvernement-hollandais-conclu-impact-positif-p2p-economie/ - http://www.laquadrature.net/fr/loppsi-la-protection-de-lenfance-pretexte-a-la-censure-du-net - « Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net « : - http://www.numerama.com/magazine/12948-Decryptage-Sarkozy-et-son-oeuvre-de-controle-du-net.html
Cher amie, Vous avez raison sur l'ensemble des points que vous soulevez. Peut-être ai-je été coupable de ne pas assez développer les aspects négatifs de la loi hadopi comme vous l'avez si bien fait. Les libertés que j'évoque sont celles qui sont toujours mises en avant quand on aborde le problème du téléchargement illégale. Je pars d'une réalité qui est que sur mon site, ce qui est proposé gratuitement est téléchargé en masse sans aucun échange de la part de ceux qui téléchargent et que ce qui est payant n'est quasiment plus acheté. Je pars aussi du constat qu'il y a une génération aujourd'hui qui a un rapport à la musique complètement désinvestis. Lisez d'autres post et vous verrez que je ne suis pas le seul à faire ce constat. Je constate encore que la diversité de la musique est toujours plus menacée et que seul des artistes qui ont le soutient de médias de masse pourront continuer d'exister. A terme, c'est un appauvrissement générale qui se produira au nom de la liberté des internautes... Je constate aussi qu'un économie se meurt emportant avec elle tout un ensemble de secteurs et que rien ne semble émerger qui puisse la remplacer. Je constate enfin que je ne suis plus en mesure de continuer à produire ma musique ni même à en vivre dignement. L'angélisme que j'évoque est celui qui voit toujours les internautes comme des citoyens légitimes et ceux qui cherchent à proposer des pistes de contrôles d'échanges de fichier comme les méchants liberticides (je ne parle pas là du projet hadopi. J'ai mis plusieurs fois un lien vers une lettre des producteurs indépendants qui proposent des pistes intéressantes... jusque là sans réponse, à ma connaissance). La gratuité n'est pas la liberté, surtout quand elle menace tout une économie.
Tout n'est pas ou blanc ou noir: je n'ai pas du tout compris cet article comme étant la défense de Hadopi. Mais une réflexion, pertinente, sur la gratuité et ses mythes.
Cher Laurent Coq, . Votre billet est intéressant à double titre : d'abord parce qu'il permet de se faire une idée très concrète du coût de production d'un album et des difficultés que rencontrent les créateurs indépendants à financer leur création, et de surcroît à en vivre ; ensuite parce qu'il illustre bien le succès (relatif heureusement) de la propagande de l'industrie du divertissement visant à accréditer l'idée que l'échange gratuit d'oeuvres numériques est ce qui nuit à la création. . Jusqu'à un certain point, vous foncez tête baissée dans le piège qui vous est tendu. Certes, vous n'êtes pas favorable aux solutions répressives... mais vous pronez des solutions éducatives pour limiter les soit-disant dégats et ramener le consommateur (parce que c'est bien de cela qu'il s'agit) dans les circuits traditionnels de la consommation, éventuellement transposés sur Internet. . Moi qui suis de l'autre côté de cette barrière factice que l'on essaie de dresser entre créateurs et internautes, je peux vous dire que je ne mangerai plus de ce pain-là. Pour être bref, je suis prêt à payer pour soutenir les créateurs dont j'ai aimé les oeuvres, et même à payer "en aveugle" une contribution forfaitaire (taxe, redevance, impôt...) si j'ai quelque garantie qu'elle finance effectivement la création. Mais pas pour prolonger l'agonie d'une industrie obsolète qui de plus me considère comme un voleur. J'ai essayé de m'en expliquer au début de l'année dans un billet qui retrace ma trajectoire d'amateur de musique éventuellement consommateur, lisez-le si vous en avez la patience, vous comprendrez mieux ce que je veux dire. . Je suis par ailleurs persuadé, à partir de ma propre expérience, que la circulation gratuite d'oeuvres numériques sur Internet favorise la création en permettant à des artistes de rencontrer leur public d'une façon radicalement nouvelle. Que cette innovation fondamentale ne contienne pas en même temps la réponse toute prête à la question du financement de la création n'est pas une bonne raison pour la rejeter ou en amoindrir la portée. Il faut donc cesser d'opposer téléchargeurs (même boulimiques) et artistes et essayer de trouver ensemble des solutions pour que vous puissiez continuer à créer, et nous à apprécier vos créations dans des conditions adaptées au nouveau paradigme découlant de l'émergence du numérique et d'Internet. . Le problème, c'est que lorsqu'on change de paradigme, ça ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Le vieux monde craque de partout, mais résiste avec acharnement. Le nouveau peine à émerger, cherche sa voie, parfois se trompe. En attendant, vous, et nous, en faisons les frais et payons les pots cassés de cette phase de bouleversements. . Le mieux que nous ayons à faire, c'est d'essayer de l'accélérer. Mettons-nous autour de la table, et essayons de trouver et promouvoir de nouveaux modèles économiques et de nouveaux comportements, ensemble, créateurs et internautes-auditeurs-spectateurs. Certains sont déjà attablés au sein du collectif Création Public Internet. Rejoignez-nous, aidez-nous à faire gagner le modèle de l'auteur-diffuseur et de son spectateur équitable.
Merci pour ce billet Laurent . L'aspect travail des artistes , n'est pratiquement jamais abordé . Les stars et l'ensemble du système montrent une image faussée de la réalité . On le voit quand on donne des cours de musique , les élèves sont surpris d'avoir mal, au début en prenant une guitare pour faire un barré , ils disent "Quand on voit les guitariste à la télé on dirait qu'ils s'amusent que c'est facile " . Surpris aussi d'apprendre que les musiciens pratiquent , apprennent , font des relevés d'autres artistes , consacrent des heures au quotidien à leur musique . Le fait que les musiques /chansons soient perçues comme faites par magie , sans efforts , sans connaissances est en parti responsable de la dévalorisation du travail artistique et amplifie le phénomène du gratuit . Vous parlez de l'investissement financier en tant qu'indépendant , il y a aussi tout le temps passé à l'élaboration du projet , composition, écriture , répétitions , contatcs , organisation , non chiffré . On nous dit souvent " Vous avez la chance de faire un métier passion " C'est vrai et les satisfactions sont très fortes même si tout ne fonctionne pas toujours au mieux . Je crois qu'internet offre des possibilités nouvelles de faire circuler les musiques , de toucher des gens dans le monde entier . Il permet aux musiques de ne pas disparaître comme c'était le cas chez les disquaires , rester longtemps en rayon était réservé aux gros succès . Tous les artistes sont sur myspace , une vitrine vue aussi par un nombre de visiteurs surprenant pour les artistes peu connus . Sur le P2P j'ai deux questions sans réponses : pourquoi les FAI n'ont pas été mis en face du problème de diffuser du contenu sans le rémunerer ? ( la SACEM en parle depuis un moment ) Quelles sont les estimations de répartition de la licence globale ? La prochaîne étape est la mise en place de l'Hadopi , je ne vois pas le gouvernement plier sur ce projet , il faudra du temps pour voir si il y a des changements chez les internautes . Pour ma musique j'ai signé une distribution numérique avec Believe pour l'ensemble des plateformes numériques .
Désolé de faire court, mais l'initiateur de cette discussion ne me donne pas envie d'user de diplomatie. Sur le P2P j'ai deux questions sans réponses : pourquoi les FAI n'ont pas été mis en face du problème de diffuser du contenu sans le rémunerer ? Depuis quand les opérateurs d'un réseau de distribution doivent-ils payer pour les contenus qui y sont diffusés ? Quelles sont les estimations de répartition de la licence globale ? Croyez-vous qu'Internet ne serve qu'à diffuser de la musique ? Non ? Alors pourquoi une license globale devrait-elle ne financer que la musique ? Et pourquoi pas les bloggueurs ? Et pourquoi pas les journalistes ? Et pourquoi pas les graphistes ? Et pourquoi pas les écrivains ? Et une fois que vous aurez partagé votre taxe à tous ceux qui produisent du contenu sur Internet et constaté l'inanité d'un tel système, que proposerez-vous ? La prochaîne étape est la mise en place de l'Hadopi , je ne vois pas le gouvernement plier sur ce projet , il faudra du temps pour voir si il y a des changements chez les internautes . Le gouvernement ne pliera pas, le Conseil Constitutionnel non plus, et si ce n'est lui ce sera la Cour Européenne des Droits de l'Homme un peu plus tard. Hadopi est déjà mort, cherchez autre chose.
réponse a Laurent Chemla "pourquoi les FAI n'ont pas été mis en face du problème de diffuser du contenu sans le rémunerer ?" parce que les FAI ne sont pas sensé savoir ce qui se passe dans leurs tuyaux. pas plus qu'ils n'ont le droit de lire vos mails, de verifier si vous tromper votre femme ou regarder des films de cul. et d'ailleurs, ils ne veulent surtout pas entrer la dedans. "Quelles sont les estimations de répartition de la licence globale ? " ceux qui pourraient payer ce genre d'étude ne veulent pas de la licence globale. donc pas d'étude sérieuse je pense. "Et une fois que vous aurez partagé votre taxe à tous ceux qui produisent du contenu sur Internet et constaté l'inanité d'un tel système, que proposerez-vous ?" vous avez raison. la presse crève parce que la presse gratuite, parce que les agrégateurs de contenu etc... Il faudra effectivement traiter assez vite de ce problème. pour l'instant on juge critique la questions des droits d'auteurs pour la musique parce que le phénomène coincide avec la fin du remplacement des vinyls par les cd : les ménages se sont rééquipés et donc les ventes chutent. en économie tous les raisonnements sont vrais tant qu'on ne met pas de chiffres derrière. La question est donc quelle valeur monétaire attribuons nous a la création ? sa réponse ne dépend pas du mode perception utilisée.
<<<>>> Je ne connais pas ces sites de téléchargement payant, mais je suppose qu'ils vendent la même chose, à savoir votre disque numérisé ! Comment expliquez vous la différence de prix entre les deux ?
Je faisais référence à la différence de prix entre Itunes et Emusic....
Le système de rémunération des fichiers vendus est très différents de Itunes à Emusi, puisque cette dernière plate-formes fonctionne sur abonnement avec un répartition assez complexe qui dépend du nombre de fichiers téléchargés et du nombre de téléchargeurs par mois... Itunes vend chaque fichier à prix unique. Le choix s'est fait en fonction de la qualité des fichiers proposés en terme de compression. Comme tout le monde n'est pas abonné sur Emusic, Itunes m'a semblé un portail acceptable depuis qu'il ont otés leur DRM et qu'ils ont améliorés la qualité de compression.
C'est quand même délirant : Pour reprendre l'image imbécile de la baguette de pain volée, que diriez vous de deux boulangers voisins vendant l'un la baguette à 1 € et l'autre à plus de trois ! Le problème de fond ne serait il pas que les producteurs de musique n'ont toujours pas réussi à mettre en place un modèle de commercialisation de musique numérisée sur internet un peu intelligent et raisonnable du point de vue prix ! Le problème de fond, ne serait il pas que ces braves gens n'ont pas vue venir la révolution numérique et internet, et qu'ils ne l'ont toujours pas vue ni comprise. La seule réponse est la conservation à tout prix du modèle antérieur (le CD) et la poursuite des déviants qui vivent avec leur temps ! Le réflexe usuel des vieux ! Et les vieux n'ont qu'un avenir, c'est de mourir rapidement !
vous oubliez un détail important ; l'abonnement. Autrement dit la fidélisation. Le fichier est moins cher sur Emusic (qui entre parenthèse offre un catalogue d'une grande diversité) parce-que celui qui le télécharge l'a déjà payé par son abonnement. Ce n'est pas la même démarche et c'est un modèle qui me semble très intéressant. A l'arrivée le CD vous reviens entre 1 et 3€. Offre très abondante, prix très raisonnable... pourquoi alors ce modèle ne se démocratise pas plus ? Peut-être parce-qu'il faut payer.
Bonjour Laurent, en fait l'abonnement, c'est une licence globale privée.... on peut discuter de l'endroit du tuyau ou on va appliquer la dite licence mais le résultat est le même dans la relation client fournisseur. l'avantage de la licence globale publique est que : - on supprime la concurrence payant et gratuité - on ne met pas en place un système basé sur la répression des fraudes ("ne nous soumet pas a la tentation") - on garantie le volume des droits a distribuer - on ne demande pas a un intermédiaire privée plus ou moins en situation de puissance par rapport a un auteur de "négocier" ou imposer le niveau des droits reversé
Réponse à eltrigo. Sympa le mec avec les vieux. Eh, ducon ! Un jour, peut-être, tu seras vieux. Et un jour, certainement, tu seras mort. Alors sois un peu plus cool avec ceux qui vont mourir bientôt et souhaite leur bon voyage. Tu sais quel est leur plus fervent espoir pour leur avenir ? C'est de ne pas retrouver un type comme toi dans l'au-delà afin que la connerie les laisse un peu peinard.
Yes !!!!
J'ai apprécié votre article, même si je ne partage pas votre avis. La seule question à poser: combien des 24.799 personnes qui ont téléchargé illégalement votre oeuvre l'auraient achetée s'ils n'avaient pu le faire ? Certainement très très peu... Vous n'avez malheureusement pas compris que le problème que vous soulevez est bien réel, mais qu'Hadopi n'est pas la solution. J'ai 55 ans, je ne télécharge pas de MP3 ni de films, cela ne m'intéresse pas. Et j'ai les moyens d'en acheter si je le désire. Mais je REFUSE d'être condamné parce que ma connexion sera piratée ou parce que je n'ai pas les capacités pour la sécuriser, ce qui, au dire des spécialistes, est impossible. Je suis donc opposé (et pour de nombreuses autres raisons) à cette loi qui est scandaleuse à mes yeux.
@ Laurent Coq Comme je l’ai dit dans un article que je cite toujours pour ne pas me répéter, les artistes (et les maisons de disques) s’illusionnent en croyant toucher le jackpot sur Internet. Sans téléchargement, comme on vous l’a fait remarquer, vous n’auriez pas vendu forcément plus de disques ou CD. Le téléchargement (que souvent on n’écoute pas comme l’a souligné Chemla) est l’équivalent de la radio, pas de la vente de disques. Et la licence globale consiste à vouloir faire payer la radio. C’est aussi du vol !
« Aussi du vol » parce que le téléchargement est aussi du vol. Si l’artiste ne veut pas qu’on télécharge, c’est son droit. Et les internautes tout aussi faux culs que les maisons de disque doivent payer ce qu’ils consomment. Si on donnait ce qu’ils produisent eux-mêmes devant leur « boutique mon cul » (cf. Brassens: « la manie de l’acte gratuit se développe » dans la Complainte des filles de joie), ils seraient les premiers à lyncher les anarchistes en question. Tout le problème est la confusion (anglicisme) entre « liberté » et « gratuité ». Vous faites la même erreur et vous attaquant à la liberté.
Le véritable problème est de trouver un nouveau modèle économique. Vous avez vendu 500 exemplaires (sur 70.000 écoutes potentielles). Ce n’est pas mal. Ce que vous expérimentez actuellement n’est pas le drame de l’artiste, mais la condition du commerçant, puisque vous vous êtes mis à la vente directe. Vous mesurez alors le fondement de l’écart qui existe entre le prix public et ce qui vous revenait en tant qu’artiste. Il fallait bien payer tous ceux qui s’occupaient de vous. Si vous vendez vous-même, vous devez payer la poste, la pub, etc. C’est comme ça et pas autrement.
Autre erreur : avec les bonnes critiques que vous avez eu, vous auriez peut-être, ou probablement, vendu davantage (5000?), et remboursé votre investissement (si vous n’oubliez pas les frais - voir ci-dessus). C’est faux. Vous auriez bien sûr pu vendre plus ou moins, ce n’est pas la question. Mais vous oubliez que c’est au passé. Aujourd’hui, précisément avec Internet, vous êtes en concurrence avec de nombreux autres, les nouvelles radios (ex-libres, ex-pirates), plus les 50 chaînes de télé, plus les voyages, les frais de téléphone, le cinéma, plus la world-music (alors le jazz...). La consommation culturelle ne peut pas être à l’optimum pour toujours dans le domaine de la musique. Une des raisons du piratage est précisément qu’on ne peut pas payer tout ce que l’on peut consommer. Mais il en résulte que si on devait payer, on ne consommerait pas tout. Et effectivement, ceux qui avaient une bonne critique pouvaient être les seuls à en profiter (d'où le copinage).
PS. Comme je l’indiquais dans l’article cité, j’y produisais, comme ici, une analyse équivalente à une étude de marché (permettant d’éviter le surinvestissement et les illusions). Cette analyse aussi a une valeur. Je rappelais qu’il existe dans le logiciel libre un système de participation volontaire (shareware/partagiciel) que j’ai transposé en « Sharenews : Consommez et payez si vous êtes satisfait ». Vous savez ce qui vous reste à faire.
réponse à jacque Bolo "Le téléchargement (que souvent on n’écoute pas comme l’a souligné Chemla) est l’équivalent de la radio, pas de la vente de disques. Et la licence globale consiste à vouloir faire payer la radio. C’est aussi du vol !" dans le cas ou vous l'auriez oublié, il existe une redevance audiovisuelle, qui est une licence globale au profit des émissions hertziennes et de la logistique associé (ex-tdf, INA, ...)qui fait que l'on "paye" la radio. appliquer cette redevance sur un nouveau tuyau pour un nouvel usage public n'est pas du vol, c'est le prix d'un bien public
Merci pour toutes ces explications relatives au marché du disque et pour votre point de vue !
Il est clair que beaucoup de gens consomment de la musique à défaut d'en écouter. Les pirates sont légions et surtout à ranger par groupes très différents les une des autres. Cela va du nihiliste au crétin des Alpes ( pardon amis des montagnes pour cette petite trivialité) en passant par les "j'écoutéjachètesicébon" ( dont je me revendique ). Le problème c'est que la catégorie du milieu, la plus sympathique aux artistes ( titre dont je me revendique itou ), n'est pas celle qui télécharge le plus d'après mes conclusions empiriques et connaissances personnelles. Je suis, par mon métier, très sensibilisé au problème de la piraterie depuis longtemps maintenant. On nous dit que , par effet de répercussion, les places de concerts ne se sont jamais aussi bien vendues... certes mais surtout celles des gros évènements, Zenith et consorts.... il n' y a jamais eu autant de fermeture de petites structures ( Café-concert, salles associatives.....) depuis 8 ans. Ces salles indispensables au développement des jeunes groupes signés et non signés. Beaucoup de petits festivals ont tiré le rideau depuis que j'ai commencé à tourner et très peu ont pris le relai un peu plus loin. Bref, c'est encore les petits ( qui ne deviendront pas grands ) qui prennent cher, si j'ose dire. Quand on prend un peu de recul sur le sujet et que l'on regarde ce qui se passe ailleurs, on se rend vite compte que dès que l'on peut contourner le paiement de quoi que ce soit l'Homme, avec le grand "h" de circonstance, ne s'en prive pas, voir même en retire une certaine fierté auprès de ses congénères. LA solution pour faire payer le juste prix ( je précise "juste" parce que là aussi il y a évidemment de l'abus) aux fâcheux agités du bit torrent ne peut que passer par un assainissement peu probable du bizness et une éducation sans coercition dès le plus jeune âge du respect et de la valeur du travail d'autrui. Bref, je suis consterné par cet état de choses comme mon ami Laurent et victime directe comme lui des indélicats qui prennent sans jamais donner. De toute façon nous sommes (nous l'Homme ) voué à l'auto destruction alors autant y aller le plus vite possible avec la culture que l'on mérite. Tiens je suis passé dans le camp des nihilistes.
Bonjour,
Je suis musicien autodidacte depuis 10 ans et je télécharge de la musique.
Je n'ai pas votre parcours, votre envergure mais je comprends tout à fait votre problème parce que j'ai hésité à devenir professionnel.
J'aimerais soulever quelques points qui peuvent aider à comprendre la diminution de vente de CD : - Je suis d'accord avec vous que 90% des internautes n'ont pas de respect pour la musique... tout comme 90% de la population. Simplement maintenant au lieu de mettre la radio à fond dans leur chambre, les jeunes écoute des mp3. Cela est une bonne chose parce que cela incite à cataloguer, rechercher, se cultiver sur la musique.... au détriment de l'achat du CD. - Je n'achète plus de CD car tout simplement je n'ai plus de lecteur CD... j'écoute la musique sur mon ordinateur, mon lecteur MP3 ou la télévision avec des DVD. Si j'achetais un CD, il me faudrait l'encoder en MP3. Je sais le faire parce que je suis informaticien mais j'accumulerais des CD à ne plus savoir quoi en faire. - Il y a un problème concernant du prix du CD. J'ai acheté le DVD import du concert au même prix (15 euros) que le CD du même album d'un groupe très connu. On trouve même des DVD à 7 euros d'artistes connus. La réalisation d'un DVD est sensé demander plus de moyens, de personnel que celle d'un CD alors pourquoi ces prix ?! Video killed the radio star...
Internet est une révolution pour le mélomane qui n'habite pas une grande ville et qui souhaite se faire une culture musicale.
Loin du P2P, il existe des sites de passionnés de musique qui discutent et échangent des albums... des vraies mines d'or ! Parce qu'il faut l'avouer sur le P2P, on ne trouve que les albums/artistes les plus connus et diffusés. Trouver des perles musicales des années 70 devient alors impossible.
Internet m'a permis de trouver des albums et des concerts que je cherchais depuis longtemps alors qu'il est impossible de trouver un distributeur en France. Pour vous dire, j'ai gardé des extraits de concert d'un DVD impossible à trouver. C'est une énorme frustration mais heureusement Internet m'a permis d'avoir quelques miettes.
Je vous trouve donc injuste de généraliser Internet au seul réseau P2P et de l'associer à une certaines voracité irréfléchie. Le temps que vous passiez chez le disquaire, moi je le passe sur des forums et des sites (très) spécialisés.
Néanmoins, je suis très sensible à votre problème de vente d'album.
Il a toujours été difficile de monnayer la musique... chaque mois je dois me battre pour qu'on paie mes concerts parce que les gérants considèrent que comme on se fait plaisir, il n'y a pas lieu à être payé !
La dématérialisation n'arrange rien. Avant, un album c'était un CD... maintenant c'est quoi ? 5 ou 6 fichiers ? Pourquoi on paie 10 euros pour 6 fichiers, pourquoi pas 10 ou 20 ?! C'est d'ailleurs pourquoi on en vient à donner un prix au fichier : 0.99 euros la chanson. Cette offre sonne comme le glas de l'album.
Je pense que l'avenir se trouve dans les sites du genre de Deezer car ils constituent l'étape suivante de la dématérialisation : la musique n'est plus un fichier mais un flux audio. Ce genre de site pourrait réguler l'accès des internautes à ces flux par un abonnement et rémunérer l'artiste écouté.
Tout ceci rappelle le problème que rencontre la presse écrite : on n'achète plus un journal, on paie un abonnement à Mediapart. Mais je pense ne pas me tromper en déclarant que tout le monde a réussi à sortir gagnant sans qu'une loi liberticide ait été votée !
Salut l’artiste, Bel et émouvant article de votre part. Il m’a permis d’aller acheter votre dernier album sur votre chouette site. Merci Mediapart et donc Internet. Petite suggestion, je trouve le prix un peu élevé pour une vente directe. Je pense que vos ventes seraient supérieures si le Cd coûtait 10€ plus le port. On ne serait pas loin du compte des 15€ port compris ? C’est vrai mais, pour l’effet psychologique du prix, cela fait une grande différence. Petite nuance marketing qui peut déclencher un effet de levier important pour vous. Beaucoup de choses intelligentes ont été dites dans ce forum. Je voudrais essayer d’en dire aussi ;-) D’abord, ce n’est pas la faute de la génération actuelle si la nôtre à tué les disquaires, avec la complicité des majors du disque et de certains hommes politique minables. Comme les libraires ils représentaient de multiples lieux de découverte et d’acquisition de la culture. On a un peu sauvé les libraires, pour l’instant, mais l’on a laissé la grande distribution s’emparer du marché de la musique. Le résultat est terrible car irrémédiable. Comme les supermarchés n’ont rien à foutre de la culture musicale et de ce qu’elle représente, ils distribuent le top 50. Le disque est pour eux une marchandise d’appel, comme les patates. Dehors les nouveaux talents, dehors vos mains sur le piano. Et les responsables correspondent au même type d’individus qui nous pondent une loi stupide, dépassée, inapplicable et qui va coûter une fortune à la collectivité. Vous dites ne pas aimer la loi Hadopi, OK. Mais vous devriez aussi dire que c’est une monstruosité ! En aucun cas ceux qui l’ont créée et ceux qui l’ont votée ne cherchent à mieux rémunérer les artistes. Celui qui parle le mieux de la bêtise de cette loi, curieusement un député UMP, est farouchement opposé à cette monstrueuse ânerie obscurantiste. Lisez donc ce que dit ce Monsieur, Lionel Tardy, député de Savoie, informaticien qui a créé 18 emplois avec sa PME. Ne partageant pas ses idées politiques je suis à l’aise pour parler de ce Monsieur. Lui au moins ne fait pas partie des députés professionnels qui ne sont jamais dans l’hémicycle tout en percevant toujours salaires et indemnités. Il parle avec intelligence et objectivité de la bêtise d’une loi qui va instaurer une nouvelle « Haute autorité » usine à gaz, qui va coûter une fortune dont pas un sou n’ira aux artistes, qui risque de punir des innocents qui ne pourront pas se défendre, etc.… D’accord, des milliers de personnes ont téléchargé vos œuvres sans même vous envoyer un mail, ne serait-ce pour vous dire si votre musique est chouette ou merdique. Des gorets lamentables. Mais le fait que la Fnac vous octroie 0,70€ sur une vente de 15€, n’est-ce pas aussi énorme ? Surtout quand on sait que l’ancien directeur de cet établissement n’est-autre que l’ineffable Denis Olivennes, décoré de la Légion d’Honneur par Sarkozy pour être à l’origine de la loi Hadopi !!! Le mec, qui se dit de gauche, assure vouloir défendre les artistes, en pondant des stupidités coercitives, est à l’origine de votre rémunération de 0,70€ sur 15€ ! Grandiose ! A votre place, je serais un peu en colère contre cet état de chose incroyablement hypocrite, beaucoup plus que contre les téléchargeurs compulsifs. Car s’il n’est pas certain que ces derniers vous volent il est évident que la grande distribution vous escroque. En toute légalité ! Pour vous consoler un peu, savez-vous que les milliers de téléchargements sans retour pour vous ont été effectués en écrasante majorité par des 18-24 ans qui, de toutes façons, n’auraient pas acheté vos disques ? Savez-vous que de multiples études montrent que ceux qui achètent le plus de produits culturels téléchargent énormément ? Savez-vous que, par exemple, le film « Les Ch’tis », qui a fait plus de 20 millions d’entrées, dont les DVD ont été les plus vendus, eh bien ce film a été aussi le plus téléchargé ? Croyez vous que sans téléchargements sauvages le film aurait fait 40 millions d’entrées ? Savez vous que Cabrel a gagné en 2008 des millions d’Euros tout en étant beaucoup téléchargé ? Savez-vous que de très nombreux artistes, débutants et inconnus, ne doivent de vivre à présent de leur art que grâce à leur découverte par le téléchargement ? D’ailleurs, une étude d’une université américaine, que l’on ne peut pas soupçonner de parti pris à ce sujet, révèle que les téléchargements profitent à 75% aux artistes les moins connus et pénalisent à 25% les gens du showbiz les mieux établis. Il est faux et absurde de dire que le marasme de la vente de disques est essentiellement le résultat des téléchargements illégaux. D’ailleurs, comme le dit Lionel Tardy, comme la loi Hadopi 2 sera votée par une bande de députés godillots, il suffit d’attendre quelques mois pour en avoir la démonstration radicale. Car rien n’aura changé, il n’y aura pas plus de ventes de disques et même peut-être moins. Et les vrais pirates rigoleront en continuant à télécharger illégalement. Par contre, de nombreux innocents, qui n’auront pas pu se défendre, auront payé des amendes et auront été coupé d’Internet tout en continuant à payer leur abonnement. Enorme ! Je suis très à l’aise pour vous dire cela. Je n’ai JAMAIS téléchargé illégalement et je n’aime pas le format MP3. Je possède plus de 1.000 disques que j’écoute sur une chaine haute-fidélité, découvrant des sons, comme celui de votre piano, que ne connaîtront jamais ceux qui écoutent des MP3 dans des conditions merdiques. Et, n’en déplaise à certains, il n’est pas question d’élitisme car un iPhone, dont très peu de gens ont besoin, coûte à présent le prix d’un matériel Hi-Fi parfaitement correct. N’en déplaise à d’autres, le sont de votre piano ne procure pas tout à fait la même émotion suivant les conditions d’écoute. Bien sur que l’on peu danser et être heureux en tapant sur des bidons. Mais, une écoute musicale à l’aide de matériel de qualité, permettant d’entendre le son des instruments en se rapprochant de la réalité correspond à une autre dimension. Les deux démarches, totalement différentes, peuvent d’ailleurs être complémentaires. Je ne suis pas « consommateur » de musique mais amateur de musique et, peut-être, mélomane. Je vous tire mon chapeau pour votre combat pour l’indépendance et vous remercie pour votre œuvre musicale. Bien cordialement, Bernard Lombard
Bonjour Laurent Coq En vacances, j'ouvre mon journal (internet) préféré... et ...j'ai cru à un homonyme! Je ne vais pas rajouter mon commentaire sur le sujet de votre billet, mais dire que la derniètre fois que je vous ai vu jouer c'était à Montmatre il y a deux ans, "aux dessous de Ginette" où vous vous produisiez avec l'excellent batteur ,dont j'ai oublié le nom (pardonnez moi), nous avions échangé quelques mots sur l'acoustique du lieu, justement et çà n'était pas la première fois, que je venais vous écouter, car j'apprécie énormément votre talent, si particulier de sucroit. Je suis ravie donc de vous "rencontrer" ici et je m'empresse, dès demain d'aller acheter votre dernier CD, et découvrir ces 8 fragments.. de saison ,le moment est vraiment propice à cette découverte :) J'ai dit plus haut que ce n'était pas la première fois que j'assistais à un de vos concerts, ce ne sera pas la dernière, puisqu'il me semble que vous vous produisez en septembre au Sunside, renseignement prit sur internet. Au plaisir de vous écouter trés prochainement donc et merci pour ce billet trés intrutif.
Bon ben voyez Laurent Coq, depuis le début de ce fil vous devez avoir atteint les 508 exemplaires vendus ! Et si Beber999 vous fait un article sur son blog "Faut-il exclure l'abonné Laurent Coq ?" je suis sûr que vous dépasserez facilement le millier d'ici la fin de la semaine...
J'ai lu avec intérêt votre blog. Pensez que de toute façon le jazz n'intéresse pas beaucoup les grands médias. Regardez Thomas Dutronc, il a joué guitare rythmique pendant quelque temps avec Bireli Lagrène, mais dés qu'il a sorti un album de chant variétés avec une vague connotation manouche, il passe sur toutes les radios, gagne des victoires tandis que Lagrène qui est un génie à coté ne passe quasiment jamais dans les grands médias. Dites moi quand est-ce que vous voyez John McLaughlin à la télé, à la radio? Moi je pense qu'Internet contre lequel vous râlez sert beaucoup plus que les voies de distribution classiques pour faire connaître les différentes musiques. J'ai regardé plein de vidéos sur Youtube des concerts superbes que jamais je ne verrais à la télé (sauf maintenant sur Mezzo la nuit!). Les Myspace des artistes est un excellent moyen de faire connaitre leur musique. Tout cela m'a fait découvrir des choses que je n'aurais pas connu autrement et m'a fait aller à plein de concerts dés que l'artiste en question passait près de chez moi.
Quand je vois ca, on comprend l'ampleur : "Aujourd'hui, je touche 9,93€ par disque vendu (Fnac)"
Je suppose que le disque est vendu a genre 15/20 euros piece. C'est BEAUCOUP trop cher. Plus personne n'a envie d'acheter de la musique a ce prix, c'est tout. Meme 5 euros chez iTunes (site proprietaire, format proprietaire, logiciel proprietaire, player proprietaire, bref, pas genial, sauf pour les fans d'apple), c'est pas donne. Jamais je ne suis allez, ou je n'irais sur iTunes. Aujourd'hui, les gens serait pret a acheter 10 albums a 1 euro piece, pas 1 album a 10 euros.
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Et 15 euros sur votre site... toujours pour le support physique. Desole, mais plus personne n'en veut de ce CD emcombrant. On veut de la musique, pas un bout de plastique. Et en plus, il faut attendre qu'il soit livrer! Votre site est bien, joli et tout, mais pourquoi ne pas proposer de telecharger l'album contre paiement au lieu de proposer la livraison ? Ca vous couterait beaucoup moins cher de dematerialiser, plus besoin d'organiser la livraison non plus. En proposant vos titres en telechargement, vous pouvez prendre le temps de BIEN les encoder avec un format decent (par exemple en OGG, qui contrairement au MP3 est libre de tout droit).
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"Mais de grâce, que l'on arrête de nous vanter ces prétendues libertés." Qui se vante de telecharger ? Pas grand monde. Par contre, on est tres heureux d'avoir internet, et de s'exprimer, par exemple sur Mediapart. Ca, par contre, il ne faut pas l'enlever. Et aussi, on ne veut pas d'une police prive a la Hadopi. On ne veut pas non plus etre ecoute en permanence, que quelqu'un sache ce qu'on fait a n'importe quel moment sur internet. Cette liberte la, que vous le vouliez ou non, est plus importante que la survie des productions musicales. Si cela doit etre un dommage collaterale du progret, c'est peu cher paye (sauf pour les gens comme vous biensur, mais vous etes un cas particulier). .
"À l'heure où le monde entier pleure la disparition du grand Michael Jackson dans un moment de fausse communion et de vrai hystérie, il n'est pas interdit de se demander si les artistes de cette envergure sont une espèce aujourd'hui disparue." et bien TANT MIEUX. Le system des super-stars, on n'en veut plus. "D'ailleurs, tout le monde peut être musicien, il suffit de regarder les émissions de type Star Academy." Vous restez dans le star-system la. Tout le monde peut etre musicien, OUI (mais pas besoin de la starac).
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"Plus aucune démarche active n'est nécessaire, la musique vient à vous." Tout au contraire, telecharger sur internet la musique que l'on aime est une demarche personel, beaucoup moins influence par les medias de masse qu'avant. Il y a tellement le choix que ca fait tourner la tete.
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"Je parle de la pratique qui consiste à remplir des disques dur de gigas qu'une vie ne suffira pas à écouter, et de la gloutonnerie qui ne fait plus aucune distinction." Avant, on allait chez le disquaire, on avait le temps d'essayer 3/4 disques, et religieusement, on achetait UN disque. Un seul... Forcement, apres, on l'ecoutait en boucle. Et bien ca c'est fini, on peut enfin avoir tout un tas de musique, et on a enfin acces a une grande diversite. En quoi c'est mal de vouloir avec beaucoup de musique sur son disque dur, j'aimerais bien que vous me l'expliquiez ! En plus, quelques gigas, c'est franchement pas tant de musique que ca (si c'est au bon format). J'ai un baladeur MP3 de 20 Go branche sur le poste de ma voiture, et franchement, j'en ai marre d'ecouter tout le temps les memes musiques. La vous etes vraiment 40 ans en arriere. Revieillez vous!
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"Vous parlez de l'obsolescence programmée du CD, mais c'est faire fi de ceux qui, comme moi et de nombreux consommateurs, continuent de préférer un pochette et un CD physique qui se gardera mieux et qui est un objet autrement plus beaux qu'un fichier sur un disque dur." La on atteind le paroxisme. Un CD, ca prend de la place, c'est MOCHE cette boite en plastique (et en plus c'est pas du tout ecolo), et la photo je m'en fiche, ce que je veux c'est de la musique, pas une boite un plastique contenant un autre bou de plastique. Si vous voulez embelir les fichiers, il y a 1000 facons de le faire. Comme par exemple mettre des images a cote des fichiers son, ou meme une petite video d'un concert, et proposer le tout en telechargement (payant) depuis votre site. Avec la dematerialisation des fichiers son, on peut meme en faire des copie (privee) a l'infini, par exemple sur une mon ordi (copie en double via RAID1 pour etre plus sur), une sur mon lecteur mp3. Apres, allez me dire que un CD c'est plus solide...
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"Je rappelle que le metier de musicien est un METIER qui exige une disponibilité totale." C'est vous qui voyez ca comme ca, et c'est bien adapte a votre type de musique. C'est faux pour de nombreux cas. L'art (en general, pas forcement la musqieu) n'est pas forcement accademique.
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"Je ne suis pas contre le téléchargement. [...] Je suis contre l'échange aveugle et compulsif des fichiers sur les sites de Peer 2 Peer." mais vous ne proposez pas de vrai alternative (iTunes n'en est pas une pour moi). .
"Je n'aime pas le projet de loi Hadopi parce-qu'il ne s'attaque pas aux principaux bénéficiaires de ce pillage quotidien que sont les fournisseurs d'accès." Donc selon vous, il faut taxer BMW et les vendeurs de bateaux car les dealers de coke s'en serve pour passer la drogue aux frontieres ? Ca ne tient pas comme argument. Et surtout, par exemple ma mere, qui n'ecoute jamais de musique, pourquoi voudriez-vous qu'elle paye pour les autres ? C'est totalement injuste. Et en plus, pourquoi seulement l'industrie de la musique et du film ? Ca fait des annees que ca dure, on veut proteger ces productions, mais ABSOLUMENT RIEN pour l'industrie logiciel (y compris les jeux), pourtant 100 fois plus victime. Ca s'est meme concretise avec la taxe sur les media vierges qui reverse TOUT pour la musique, mais RIEN pour les logiciels. Pas normal. On voit bien ou sont les lobis.
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Oliv92: "Par exemple, une agence, telle la Sacem, pourrait comptabiliser le nombre de téléchargements sur les 10 plus grands sites et rémunérer les artistes en conséquences."
Ah non alors! Pourquoi les 10 plus grands sites ? Pourquoi pas sur TOUS les sites qui propose du telechargement ? Encore un systeme qui va profiter a Jonny Haliday et laisser les independants (meme pas represente sur les sites en question).
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Oliv92: "j'ai mis votre dernier album sur ma wishlist amazon. Je préfère acheter 8 ou 10 CD dans l'année que de télécharger. J'ai environ 400CD." Tu fais comment quand tu cherches un titre a ecoute ? Tu parcourt toute ta collection de CD un a un ? C'est bien, il en faut des collectionneurs. Mon pere est philateliste aussi. Par contre, je compte sur une seule main les gens que je connais qui ecoute encore sur format CD. Ca doit prendre une place ENORME tes 400 CD. T'as pas envie d'investir dans un player MP3 avec disque dur, qui va les contenir TOUS, comme ca tu les mets au grenier ?
ben&bge: "A age égal, en comparant avec des générations ayant connu des supports physiques, ils n'ont plus aucune culture et curiosité musicale ..." Mais bien sur. Dans le "bon vieux temps" c'etait mieux, les jeunes n'ont plus de culture mon ami... Qu'est-ce qu'il faut pas lire !!!
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ben&bge: "Que dans ces cas là, qu'Il le veuille ou non, que l'Etat alloue des budgets pour les Musiciens de l'Etat... Et oui se seront les citoyens qui payeront une taxe de plus... mais à juste titre..." Desole, mais ca on en veut pas non plus.
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Bref, arretez de refuser le progret, et essayer de composer avec :)
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Cela dit Laurent, je suis triste que vous y ayez laisse vous economies, la musique a l'air sympa (difficile de dire a la 1ere ecoute des morceaux Jazz, n'etant pas un specialiste).
Vous avez l'air de toujours manquer de place. C'est si petit que ça chez vous ? Sachez que des CD rangés proprement sur des étagères intelligentes, (si, si ça existe) occupent très peu de place. Les livres d'une bibliothèque tiennent beaucoup plus de place que les CD. Vous en faites quoi des livres, vous les jetez ? J'ai plus de mille disques, ils sont rangés sur les marches d'une échelle de meunier de 2 m. de haut, mise à l'envers et plaquée au mur verticalement. Cela tiendrait sans problème dans un minuscule studio et, en plus, c'est très décoratif. Et puis j'utilise aussi 3 ordinateurs où sont sauvegardés tous mes CD. Et quand ces derniers sont correctement rangés ils ne sont pas plus difficiles à trouver que les fichiers sur mes disques durs. J'en ai vu des tas de machines dans lesquelles les fichiers audio-vidéo étaient dans un tel bordel qu'ils fallait moins de temps pour aller à la Fnac acheter le disque que de rechercher ses fichiers dans l'ordinateur. La musique matérialisée et celle dématérialisée sont parfaitement complémentaires et il est stupide de les opposer. Et puis, en criant haut et fort qu'il y a trop d'enfoirés qui, que ce soit pour la musique, les jeux ou les logiciels, se torchent avec la création artistique et intellectuelle, on n'est pas contre le progrès, on le défend. Cordialement, Bernard Lombard
Et je fais comment pour mettre tout ces CD qui sont "rangés sur les marches d'une échelle de meunier de 2 m" dans ma voiture quand je part en vacance ?
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Il n'est pas stupide d'opposer un format de stockage vieux de 30 ans a un lecteur MP3. Pas plus qu'il etait stupide de comparer les CD au vinil des annees 60. Qu'est-ce qu'un CD a de plus materialise par rapport a un MP3 dans son lecteur ? C'est parce que vous avez du mal a vous representer un fichier et il vous faut un objet qui le represente ? C'est peut-etre bien pour votre esprit trop petit, mais CA SERT A RIEN !!!
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Enfin, ou est le rapport entre le FORMAT DE STOCKAGE et le fait de PIRATER ? Vous m'avez lu au moins ? Je n'ai a aucun moment dit qu'il falait "se torchent avec la création artistique et intellectuelle" comme vous dites.
Réponse à thomas-goirand D'abord, "je part" s'écrit " je pars". Ensuite, toute ma discothèque tiens dans un disque externe 1.8" de 80 Gb. , vous savez comme ceux qu'il y a dans les iPod .Et je l'emporte partout, y compris dans ma voiture, connectée en 87.6 Mhz à mon autoradio par un minuscule transmetteur FM.. Moderne, hein ? Toute mon échelle de meunier dans ma bagnole ! Je pourrais même mettre la meunière avec. Ouai, j'ai l'esprit trop petit pour me représenter un fichier, bien qu'étant informaticien depuis 25 ans. Mais l'esprit trop petit signale à l'esprit dérisoire que, par exemple, lire le livret qui accompagne souvent un CD de qualité c'est chouette aussi. Cela permet d'avoir des photos, des commentaires et l'histoire de l'œuvre et des artistes. Je n'ai jamais établi de rapport entre le format de stockage et le piratage. Mais il est évident que la plupart des piratages ne se font pas dans des formats de qualité comme il est évident que la grande majorité des pirates se torchent avec la création artistique et intellectuelle. Je n'ai pas dit que c'était votre cas mais, vu le ton que vous employez en lançant des insultes, vous n'êtes sans doute pas loin d'un tel état d'esprit. Salut.
Voici la preuve de ce que j'avancais: les CDs ne sont pas un format pratique pour vous, quand vous partez.
Pour ce qui est de la pochette de l'album, c'est un probleme du fait que c'est mal copie, et que la pochette n'est pas scannee, mais pas plus. Forcement, vu que la majorite des gens copie honteusement depuis du P2P, et que pour vous c'est ce qui va avec. Cela n'etais pas mon propos, vous avez extrapole. Je suis d'accord que c'est sympat d'avoir la pochette et des infos sur l'oeuvre, mais ca ne remet pas en cause le fait que le format CD est vieillissant et plus adapte.
Desole si j'ai heurter votre sensibilite en parlant d'esprit petit, mais reconnaissez que dire qu'il vous faut une representation physique et un objet pour de la musique, c'est vraiment avoir un probleme dans sa tete. Probleme sans doute regle si il y a justement une pochette scannee qui represente l'oeuvre dans votre disque!
Bon, OK, on se calme. Bien sûr que le CD n'est pas un format très pratique quand on part. Mais quand on va chez l'épicier du coin acheter un bout de Cantal et une bouteille de vin, s'équipe t-on du même sac que lorsque l'on part plusieurs jours marcher dans les Alpes ? Devant une chaine haute fidélité, car on n'est pas toujours à écouter de la musique devant un ordinateur, le CD me convient. En bagnole, avec la différence de bruit et d'environnement, le MP3 est parfait. Voilà tout. Scanner une pochette, pas trop compliqué. Le format MP3 n'existait pas encore que je savais déjà faire. Mais, souvent, le plus intéressant quand on achète un CD, mise à part la musique bien sur, ce n'est pas le support. C'est, un peu, ce que représente la pochette et surtout quand tout cela est accompagné d'un chouette livret. Avec photos, histoire de l'œuvre et de l'artiste et de ceux qui l'accompagnent. Regardez du côté du superbe catalogue ECM, il y a le plus souvent des livrets qui justifient à eux seuls l'achat du CD. Et vous voulez scanner cela ? Moi non. Je n'ai jamais dit qu'il me faut une représentation physique et un objet pour écouter de la musique. J'ai simplement essayé d'expliquer ce qui précède. Vous voyez, je n'ai pas plus un problème dans ma tête que la moyenne. Pas moins non plus. Cordialement, Bernard Lombard
Cher Laurent, Vos chiffres de téléchargements sur "alive torrent" sont faux. Ce sont des chiffres bidonnés pour faire la publicité d'un service payant (tapez n'importe quoi vous verrez le résultat s'afficher). De plus je n'ai trouvé cet album sur aucun autre réseau d'échange populaire. Quels sont ces autres sites ? Bref, désolé d'être un peu cru mais ce n'est quand même pas la faute d'internet si vous ne vendez pas assez de disques ! Jusqu'à preuve du contraire cet album n'étant pas "disponible" illégalement vos ventes sont bien le reflet de la demande, compte tenu de votre promotion, votre style de musique, du type public, de la période etc. C'est triste compte tenu de la passion et du talent qui semble vous animer, des moyens perso que vous y avez mis, de l'initiative courageuse de prendre votre indépendance, des bonnes critiques dont vous bénéficiez, mais là encore ce n'est pas la faute d'internet. D'ailleurs concernant les "petits artistes" : non ils ne constituent qu'une part infime des "téléchargements illégaux", et d'ailleurs les majors l'ont bien compris. Leur manque à gagner ne vient pas de ces artistes qu'ils ne vendent pas de toute manière, mais bien des gros cartons commerciaux. J'entends déjà Pascal Nègre nous sortir "mais attendez mais on finance justement les petits artistes grâce aux revenus des gros !" C'est ça oui ! Maintenant Universal fait œuvre de mécénat en éditant à perte pour faire plaisir aux créateurs et au public... Un chanteur est un investissement financier, un outil de mise en valeur du catalogue rien de plus. Enfin si vous aviez jeté un oeil attentif aux débats, vous auriez compris que la plupart des opposants à Hadopi se soucient de la rémunération de la création. Étaient favorables à une rémunération "au forfait" qui se pratique déjà sous d'autres formes. Mais refusaient qu'au nom des droits d'auteurs on mette en place une justice au rabais (ce qu'est toujours Hadopi 2), on fasse d'internet le grand méchant loup, et on laisse des lobbies privés faire la pluie et le beau temps dans les couloirs de l'assemblée.
Monsieur Coq. Après lecture de plusieurs de vos réponses, je ne comprends pas pourquoi vous évitez la question de l'éducation, celle du rôle de l'Etat, et la a responsabilité du système, et enfin le rôle des marchands dans le pourrissement de la situation, malgré des interventions de qualité, et solidaires avec vous, notamment celles brillantes de Monsieur Chemla. Pourtant la crise est grave et emportera probablement nombres de créateurs dans une catastrophe niagaratesque... musiciens, photographes, acteurs, etc.... Vous dites par exemple que votre dernier disque vous a coûté 14 000€. Si l'Education Nationale, ou le Ministère de la Culture, vous en avait acheté seulement 5000 exemplaires de votre CD (considérant l'engouement pour votre musique, attestés par les 80 000 téléchargement que vous indiquez), 5000 exemplaires pour les distribuer dans les lycées et collèges du pays, à raison de 10€ le CD, vos frais étaient largement couverts, avec un petit bonus. Une telle démarche contribuerait en plus à vous faire connaître et soutenir un musicien et à faire l'éducation de nos jeunes mélomanes. (Je préjuge que votre musique est de qualité, au regard de votre texte). Il n'y a plus de discaires que les grandes surfaces. Nous sommes à la merci de leur dictature imposée par l'offre RENTABLE au max. Impossible de trouver à la FNAC (le fleuron!) par exemple "Plaisir d'Amour", interprétée par MD. Pelletier, E. Schwarzkopf, M. Faithfull, ou Bob Dylan. C'est pas aussi rentable que la musique "croquette". J'ai tourné un film amateur avec des enfants, il y a 2 ans. Nous souhaitions utiliser comme musique de fond, "Plaisir d'Amour". Nous avons cherché en vain le disque. pour l'acheter Nous avons dû téléchargé le morceau sur le Net. Il n' y avait pas d'autre possibilité! Cela a permis en plus, aux enfants d'écouter plusieurs interprétation de ce merveilleux morceau. Quels recours a le consommateur, si son CD se détériore pour une raison quelconque? Aucun s'il s'adresse aux "Labels" ou revendeurs industriels de musique, même la FNAC!. J'adore Archie Shepp. Il m'a signé un autographe sur un de ses CD, que j'ai acheté. Malheureusement il a signé sur la face de gravure, ce qui rend mon CD illisible. La seule façon d'écouter cette musique (que j'ai achetée!), a été de la télécharger sur le Net, vers mon iPod. Je n'ai téléchargé qu'exceptionnellement, et ce n'est pas avec l'intention de voler. Je le referai si je devais le faire, dans le même esprit. Je désobéîrai à Hadopi, parce qu'Hadopi est absolument innéficace, archaïque déjà. Grace à cette page de Médiapart, je vous ai découvert. Je vais sur votre site ensuite, après ce mot. Mes salutations.
À tous, je viens de publier un nouveau billet suite à vos nombreuses, et pour le moins éclairantes, réactions. Je ne sais pas comment mettre un lien dans un post (je suis sur mac) mais vous le trouverez en allant sur mon porfil. Il s'intitule "de la gratuité, encore...". Amicalement, L.
Bonjour Mr. Laurent Coq, Nous sommes en periode de recession, de plus la musique est en competition avec bon nombre de nouveaux acteurs dans le domaine du divertissement. Il n'est donc pas surprenant que les ventes qui jadis etaient faciles soient devenues plus difficiles. Dans ce contexte, le P2P ainsi que le piratage ont comme a l'habitude bon dos, car on prefere occulter certains faits et designer une victime facile. Les majors, le gouvernement ont leurs raisons et vous avez les votres. Pour ma part, je trouve le P2P inconfortable a utiliser pour la musique (album incomplet, mauvaise qualite, pas de samples, selection limitee,...). Autant de raisons pour lesquelles j utilise Spotify, LastFM,... a la maison pour ecouter de la musique, decouvrir de nouveaux artistes et par la suite acheter sur une plateforme de telechargement les titres qui m interesse afin de les ecouter sur mon ipod ou autre. Je pense qu avant de designer le P2P et le piratage comme les raisons du decollage lent de votre album, il faudrait revoir votre copie au niveau du "marketing" de celui-ci. En effet, c'est un metier de produire un album de qualite et c'en est un autre de le vendre. La diffusion de l information a change, vous l avez bien remarque et mis en application via iTune, eMusic,... et votre site internet. Les canaux de promotion de votre musique a priori changent eux aussi, il apparait donc normal que la source Telerama se tarisse, les magazines specialises disparaissent,... et qu'il faille mettre a jour ses techniques de vente. J'ai visite votre site internet et j'ai quelques suggestions susceptibles d'augmenter vos ventes: - sur chacune des pages DISQUE mettez en place un "systeme de commentaire" qui permette aux visiteurs de laisser facilement um message et de voir les message d'autres personnes (ps. Veillez a moderer les messages afin d eviter les derives.). Vous aurez beaucoup plus de "feedback" et cela tissera un tissu humain et social au sein de votre site. Les gens resteront vraissemblablement plus longtemps sur votre site, seront plus sujet a leurs emotions et donc plus receptif a votre offre de vente. - sur les pages DISQUE ou vont proposez des telechargements gratuits, mettez en place un bouton de "DONS" Paypal. Cela permet a une personne qui apprecie votre album et travail de versez en 1 clique une somme variable (dont vous pouvez decider le minimum) via Paypal. Je recommande par ailleurs d ajouter un texte qui explique votre demarche et ainsi sensibilisera votre public. - sur les pages DISQUE payantes, homogeneiser vos methodes de paiements et affichez le(s) prix. Je suggere ici aussi de publier un texte sur la page qui explique votre demarche personelle (production independante de qualite, cout de l album,...). - permettez aux visiteurs de laisser leur email afin d etre tenu informe de votre actualite - utiliser les emails ainsi collectes et ceux de vos anciens clients afin de communiquer sur les lancement de nouveaux albums. N hesitez pas a offrir a vos fideles clients et fans la sortie en avant premiere, des "downloads" inedits, des rabais . N hesitez pas durant les periodes ou vous n avez pas de nouveaux produits a proposer des offres 2 albums pour le prix de 3, l integral,... En dehors du site, vous pouvez aussi contacter des blogs influents relatif aux loisirs (a la musique en particulier) et creer des partenariat gratuits ou remuneres. De meme vous pouvez, poster des messages sur des forums (d'utilisateurs) relatif a votre domaine et autre. Vous avez poste sur ce forum avec succes et genere des ventes, vous etes sur la bonne voie! Amicalement, Christophe
Cher ami, Merci pour votre message plein de bon sens et de bonnes idées que je vais étudier. Pour info, je viens de mettre en ligne un texte qui corrige celui-ci, après avoir échangé de nombreux posts très instructifs. Je vous en recommande la lecture d'autant que vous y retrouverez certains de vos arguments.
Bonjour Monsieur Coq,
J'ai été prévenu de votre "réponse" parce qu'un lecteur vous a cité sur un commentaire fait à mon billet. J'ai écrit à Frédéric Mitterrand une lettre ouverte, mais je lui ai aussi envoyée, c'est la moindre des choses. Il aurait été bien de votre part, puisque vous faites référence à un billet que vous n'appréciez pas, de prendre directement contact avec moi. C'est un premier point sur lequel je n'insiste pas.
Je ne reprendrai pas non plus tous les arguments des internautes qui ont réagi de façon critique à vos propos.
Vous souhaitez vivre de votre musique, et c'est tout à votre honneur. Vous déplorez que les jeunes auditeurs, contemporains d'internet, n'achètent plus de disques. C'est votre droit. Les industriels du charbon et les marchand de charbon ont dû avoir les mêmes regrets, j'imagine. Je ne poursuis pas ce paralèlle trop facile.
Demandez-vous plutôt s'il est juste qu'un auteur puisse vivre de ses rentes, indéfiniment, parce qu'il a été gravé, publié, cité, reproduit, etc. Si vous répondez par l'affirmative, demandez-vous ensuite s'il est juste que ses descendants aussi puissent jouir des mêmes privilèges. Vous verrez que la question n'est pas facile.
Enfin, au lieu de vous plaindre des méfaits de l'internet sur vos revenus, essayez plutôt d'utiliser internet pour vous faire mieux connaître et vivre de votre art.
J'aime beaucoup le jazz moi aussi, sans être cependant un grand connaisseur. J'ai découvert Aronas via le web, et je l'ai entendu à Nancy Jazz Pulsations, et j'irai encore l'écouter en octobre à son retour. C'est dans les salles de spectacles qu'une oeuvre musicale obtient sa valeur ajoutée. L'internet est un formidable moyen de publicité. Il y a de nombreux moyens pour l'utiliser sans verser dans la stupidité répressive de cette loi Hadopi. C'est tout ce que je voulais dire.
Lorsque vous argumentez contre mon point de vue en dénonçant "le mythe de la gratuité", c'est contre tous les mouvements de générosité encouragés par l'internet que vous vous dressez. Désolé, mais j'ai plus d'admiration pour Linux Torvalds qui a donné au monde entier le système libre et gratuit qu'est Linux, que pour Bill Gates, qui a fondé une entreprise qui a commis, pour reprendre une expression de Di Cosmo, "un hold-up international". Des centaines de milliers de personne vivent sur le don d'un système d'exploitation qui est libre, ouvert et gratuit, en vendant leurs services. Si votre musique connaît des succès, vous devriez pouvoir en vivre, et vous n'avez pas besoin pour cela d'incriminer un outil sans lequel votre nom serait aujourd'hui plus inconnu qu'il ne l'est encore en ce moment. Dites plutôt merci à ceux qui ont *donné* le fruit de leur travail informatique, sans exiger des droits d'auteurs, ni une protection du code qu'ils ont inventé...
La liberté réside dans le droit d'échanger et de donner. Si un individu achète un de vos CD, le copie et en donne la copie à un ami, il ne vous vole pas: il a choisi simplement de faire économiser à son ami une somme qui ne vous revient pas de droit, puisque le CD est à lui. Vous me répondrez comme ce bon vieux Le Forestier: "c'est notre musique!". Vraiment? Alors allez-vous devoir payer aussi des droits à ceux qui vous ont influencé? combien pour telle reprise de ce standard? Si cela doit rester "votre musique", ne l'enregistrez plus. Jouez en concert privé, fermé, en interdisant tout enregistrement pirate.
Votre position ne tient pas, parce qu'elle repose sur le simple regret d'une époque technologique révolue et sur des idées relatives au droit d'auteur qui datent du 18 siècle. Je ne suis pas pour le copy right, je suis pour le copy left, et pourtant il m'arrive aussi de publier et de toucher des droits d'auteur (en tout et pour tout une cinquantaine d'euros cette année...une sacrée somme! :) ).
Bonne chance avec votre musique cependant,
cordialement
Joseph Vidal-Rosset
Monsieur,
Je ne vous ai pas répondu directement parce-que votre lettre était ouverte, sur un blog de Mediapart, et que par conséquent je savais que vous alliez lire la mienne qui reprenait le même mode de communication. D'autant que j'avais eu l'assurance de la rédaction qu'elle figurerait en une du journal. J'aurais pu en faire un commentaire, mais convenez que cela aurait pris trop de place.
• Enfin, au lieu de vous plaindre des méfaits de l'internet sur vos revenus, essayez plutôt d'utiliser internet pour vous faire mieux connaître et vivre de votre art.
Je ne vous ai pas attendu pour cela. Avant d'écrire une telle sottise il eu été plus sage de le vérifier par vous même. Mon site a été un des premiers - et reste à ce titre assez exceptionnel - dans le petit monde du jazz a offrir autant de matériel à télécharger gratuitement et ce depuis plus de cinq ans.
• J'aime beaucoup le jazz moi aussi, sans être cependant un grand connaisseur. J'ai découvert Aronas via le web, et je l'ai entendu à Nancy Jazz Pulsations, et j'irai encore l'écouter en octobre à son retour.
Je ne veux pas faire de jugement de valeur, mais Aronas, c'est le genre d'artiste "jazz" qu'Internet fait découvrir. C'est-à-dire une musique très facile et 'crowd pleasing " (comptenteur de foule) qui n'est pas ce à quoi je pense quand je parle de Jazz... aucun élitisme ici.
• Si votre musique connaît des succès, vous devriez pouvoir en vivre, et vous n'avez pas besoin pour cela d'incriminer un outil sans lequel votre nom serait aujourd'hui plus inconnu qu'il ne l'est encore en ce moment.
Ce raisonnement ne tient plus. Ma musique comme tant d'autres ne peut plus connaître de succès dans le modèle actuel, car c'est un modèle qui tue la diversité. Dans l'infinité de l'offre musicale où tout se vaut et s'écoute en Random, plus rient ne retient l'attention sauf ce qui aura fait l'objet d'un partenariat avec un média de masse ou une grande marque. N'oubliez pas que votre rapport à internet est celui d'un homme qui a eu a payer pour de la musique dans sa vie. La nouvelle génération ne l'a jamais fait. Elle trouve tout à fait naturel d'avoir du son dans les oreilles du matin au soir sans jamais débourser un centimes. Ce n'est pas ce que j'appelle une liberté.
• Si un individu achète un de vos CD, le copie et en donne la copie à un ami, il ne vous vole pas: il a choisi simplement de faire économiser à son ami une somme qui ne vous revient pas de droit, puisque le CD est à lui.
Nous sommes en plein dans l'angélisme que je dénonce ici. Un individu n'a pas besoin d'acheter un album pour le donner. C'est pourquoi j'ai du mal à voir le P2P comme un espace d'échange. On prend ce qui est disponible et on le passe à son voisin. On ne donne rien. L'immense majorité de ceux qui téléchargent ne mettent pas de contenu qui est de leur fait. Ils prennent mais ne donnent rien. Et c'est devenu un droit de l'homme à entendre certain ! En plus ils considèrent de plus en plus les musiciens comme leurs ennemis. Je n'ai rien contre la pratique que vous évoquez et qui a justifié une taxe sur les CD vierges (comme avant sur les cassettes) qui revient aux artistes via la Sacem, et qui a permis la production de nombreux disques dans des labels indépendants via des subventions qui se réduisent de plus en plus.
Pour finir, comme je viens de passer cinq jours à répondre à des dizaines de post sans parler des emails, je vous invite à lire mon deuxième billet et les commentaires qu'il a inspiré.
Cordialement,
L.
• "Je n'ai rien contre la pratique que vous évoquez et qui a justifié une taxe sur les CD vierges (comme avant sur les cassettes) qui revient aux artistes via la Sacem"
Les CD vierges, mais aussi les disquettes, les disques durs externes, les téléphones portables, les magnétoscopes numériques, les clés USB... Et même les cartes mémoire des appareils photos numériques (dont chacun sait qu'ils servent tous les jours à copier de la musique, n'est-ce pas ?).
Mais pas les ratons laveurs ?
Et vous êtes toujours pour j'imagine...
Tenez: lisez donc les réactions que provoque ce genre de comportement auprès du public. Ca vous donnera une petite idée des raisons pour lesquelles ils en ont marre de payer...
Bonjour,
Vous faites erreur sur le premier point, j'aurais très bien pu ne jamais avoir connaissance de votre billet. Encore une fois, si un lecteur ne me l'avait pas indiquée, je l'aurais ignoré.
Tant pis si vous confondez sottise et ignorance, ou sottise et erreur; mais tant mieux si vous avez permis au public de télécharger gratuitement votre musique. Mais alors je ne vois plus tellement la cohérence de votre point de vue. Je vois mal ce qui justifie dès lors vos critiques contre le P2P. Je regrette enfin pour vous qu'Aronas soit le genre d'artiste qu'internet fait découvrir, et pas vous. J'avoue que je ne vous ai pas encore écouté, mais je trouve votre jugement sur Aron Ottignon, disons, pas très "fair play", puisque vous affectionnez les expressions anglaises.
Vous écrivez:
"Ma musique comme tant d'autres ne peut plus connaître de succès dans le modèle actuel, car c'est un modèle qui tue la diversité. Dans l'infinité de l'offre musicale où tout se vaut et s'écoute en Random, plus rient ne retient l'attention sauf ce qui aura fait l'objet d'un partenariat avec un média de masse ou une grande marque. N'oubliez pas que votre rapport à internet est celui d'un homme qui a eu a payer pour de la musique dans sa vie. La nouvelle génération ne l'a jamais fait. Elle trouve tout à fait naturel d'avoir du son dans les oreilles du matin au soir sans jamais débourser un centimes. Ce n'est pas ce que j'appelle une liberté."
C'est une série de contre-vérités. Jamais au contraire l'offre musicale n'a été autant diversifiée. Dites plutôt qu'on s'y perd, mais ne dites pas que l'internet tue la diversité musicale. Je ne vois vraiment pas non plus comment vous pouvez affirmer que seules les offres en partenariat avec les médias de masse ou les grandes marques pourront retenir l'attention. C'est en contradiction encore avec vos critiques contre le P2P qui justement échappe aux majors. La jeunesse actuelle qui télécharge abondamment paie aussi volontiers pour les concerts. J'ai un fils de 18 ans, très musicien, et qui adore écouter les concerts pour lesquels il conçoit tout à fait de payer. Il télécharge et il achète aussi des CDs.Il est comme beaucoup de jeunes de son âge. Le P2P qui vous irrite tant parce qu'on "prend et on ne donne rien", est simplement un outil encore légal d'échange de données et qui ne sert pas uniquement à échanger des fichiers musicaux, mais aussi des logiciels, etc. Vous voulez aussi l'interdire? Il faudra enfin que vous nous expliquiez pourquoi payer un bien nous rend plus libre. Hegel a dit que le travail rend libre, mais pas le fait de payer les biens. Les rentiers paient sans compter, sont-ils plus ou moins libres que les autres, que ceux qui doivent travailler? Enfin vous oubliez que ces sont les adultes qui paient pour les enfants, si l'internet leur permet une économie de l'achat de disques, c'est mal?
J'ai vraiment du mal à comprendre vos positions, et surtout leu cohérence.
Bonne soirée,
Joseph
Joseph,
Vous avez raison, je vous accorde que j'aurais dû vous signifier la publication de ce billet (dont je rappelle vous n'étiez nullement le sujet, mais simplement le point de départ). J'étais pérsuadé que vous le trouveriez à la une du journal, et j'ai eu manifestement tord. Je vous demande pardon donc.
•
J'ai mis à disposition en téléchargement gratuit énormément de choses sur mon site - dont l'intégralité de mon premier disque, ou un concert entier au Japon pour ne citer que deux exemples - en pensant naïvement que cela aurait un impact sur les ventes. Force est de constater que, si ce fut le cas, ce n'était pas l'impact que j'espérais. Je constate aussi que sur les 70000 téléchargements de mon premier disque, je n'ai pas reçu un email en retour.
Enfin, je ne porte pas un jugement de valeur sur Aron Ottignon. Je rappelle d'ailleurs que beaucoup de gens n'aiment pas du tout ma musique, ou plutôt que très peu de gens l'aiment, et c'est très bien ainsi. Je dis simplement que c'est le genre d'artiste accrocheur à qui profite internet et son mode de consommation frénétique qui zappe constamment d'un truc à un autre et qui ne laisse pas le temps aux auditeurs de se familiariser avec des univers moins balisés et plus singuliers.
•
Il ne suffit pas de mettre votre musique en ligne sur internet pour que cette musique trouve son chemin. Tous ces post et billets démontrent au moins ceci ; j'en suis la meilleur preuve.
La diversité de l'offre ne signifie pas automatiquement une diversité de l'écoute. Je vous accorde que les masses d'échanges de fichiers et les nombres de communauté d'internautes sont tels, que toutes les musiques ont leur places sur la toile. Mais cela ne crée pas de richesse suffisante pour faire vivre les artistes.
Quand je parle des médias de masse, je constate que seuls les oeuvres qui font l'objet d'une intense prommotion connaissent un succès commerciale en dépit des téléchargements. Justement parceque l'offre est infinie, c'est le seul moyen qu'il reste pour une oeuvre de distinguer ; qu'elle ait été choisie pour illustrer une pub, un films, ou un emission de télé...
Quant aux concerts, soit il s'agit de groupes qui tournent dans le monde entier, et qui sont encore protégés par leur notorieté, soit ce sont des groupes qui tournent très localement et vous avez alors trois options qui s'offrent à vous ; ou bien vous habitez près de chez eux, ou vous n'avez pas peur de prendre l'avion pour aller les écouter à l'autre bout du monde, ou vous ne les verrez pas en concert.
Juste par curiosité, citez-moi un artiste qui est en mesure de tourner dans le monde aujourd'hui et qui doit cette renommée uniquement à internet (c'est-à-dire qu'il n'est pas signé et n'a jamais été signé sur une major, qu'il était encore inconnue il y a quatre ans, et qu'il n'a pas sorti de disque dans les réseaux de ditribution classique). personnellement, je n'en vois pas.
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La liberté de chacun ne doit pas compromettre celle des autres. La liberté des gens à écouter de la musique ne doit pas compromettre celle des artistes d'en enregistrer. Et pour cela il faut nécessairement qu'il y ait une rétribution.
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Enfin vous oubliez que ces sont les adultes qui paient pour les enfants, si l'internet leur permet une économie de l'achat de disques, c'est mal?
Alors ceux qui téléchargent des oeuvres illégallement sont tous des enfants ? Un grande majorité ? Ce n'est pas serieux.
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Dans votre billet vous voulez convaincre le ministre de ne pas faire passer cette loi qui interdira à jamais à toute la jeunesse et à tous les esprits éclairés de ce pays de soutenir Nicolas Sarkozy. Quel argument étrange ! Pourquoi diable tous ces gens devraient-ils soutenir Sarkozy, avec ou sans hadopi ?
•
Je rappelle que je suis absolument CONTRE hadopi.
Bonne soirée,
L.
Cher Laurent,
Tout d'abord merci pour le ton plus sympathique que tu viens d'adopter. Je passe au tutoiement, présumant que tu n'en prendras pas ombrage.
Tu es excusé, n'en parlons plus.
Je voudrais arriver à mettre le doigt sur notre désaccord ou au moins clarifier ma position, et tu me diras si j'ai bien compris la tienne.
Je pense que tu m'accorderas que l'uniformité des goûts que tu critiques n'est absolument pas dû à l'internet, mais juste à la façon de fonctionner des médias de masse. De leur point de vue, il faut promouvoir ce qui plaît au plus grand nombre. Le succès de Michel Onfray en philosophie ne repose pas sur la puissance d'internet, mais sur le fait que la masse des auditeurs auquel il s'adresse ont l'impression - vrai ou fausse je n'en discute pas ici - d'accéder à la philosophie. Ce phénomène ne doit rien à l'internet; tout au contraire un internaute un peu curieux peut comprendre assez rapidement que l'activité philosophique contemporaine est singulièrement différente du discours de Michel Onfray. Cet exemple peut se généraliser à toutes les autres formes de production artistiques et intellectuelles. La réponse réside donc dans l'éducation, ou plus précisément l'instruction, non dans la répression qu'est la loi Hadopi.
L'argument des Pascal Nègre - pro Hadopi - qui pourrait te séduire est le suivant: "si vous laissez faire le téléchargement illégal, nous aurons de moins en moins d'argent, donc nous pourrons de moins en moins promouvoir les jeunes talents ou les artistes inconnus. Nous investirons uniquement dans les valeurs sûres." Que l'industrie du disque et celle du livre souffrent à cause d'internet, c'est sans doute vrai. A la limite, je suis prêt à admettre l'argument de Nègre, bien que j'ai des doutes sur sa bonne foi, mais peu importe. Là au fond n'est pas la question. Je raisonne en libéral: un mode de production et un média se développe au détriments des autres plus anciens. De mon point de vue c'est à ces derniers de s'adapter ou de périr, et non seulement il est inutile de légiférer pour brider une technologie qui se développera de toutes façons, mais, à terme, il est nuisible de le faire.
J'ai l'impression que notre désaccord se limite à un jugement sur le P2P. Tu dis "le P2P, c'est mal, parce que ça rend possible un comportement de consommation aveugle, effréné, et en réalité fondamentalement égoïste." Ce à quoi je réponds que le P2P n'est ni bon ni mauvais, c'est juste un outil qui permet aux individus d'échanger des contenus numériques de façon plus rapide. Il pose effectivement un sérieux problème non aux artistes eux-mêmes qui ont besoin d'être connus, mais aux maisons de disques et aux éditeurs propriétaires. La seule réponse sensée devrait être alors que ces derniers offrent alors des moyens encore plus rapide et pratique pour télécharger ces contenus, où à la limite le coût demandé soit négligeable par rapport au confort obtenu en passant par ce type de téléchargement. C'est la solution intelligente adoptée, si j'ai bien compris, par iTunes.
Enfin tu ne comprends pas bien le sens de mon argument anti-Sarkozyste sur cette question précisément. La logique d'Hadopi réside dans le fait qu'on voudra obliger tous les propriétaires de PC à installer un ou des logiciels de contrôle d'activité. Je vois mal comment un esprit libéral peut être d'accord avec un projet "Big Brother", et, même dans le cas où l'on est d'accord avec toutes les autres actions de Sarkozy, cela suffit dans ce cas à ne pas voter pour lui.Je pense que c'est plus clair ainsi. La liberté est un bien auquel on ne doit pas renoncer, et l'esprit de la loi Hadopi est fondé sur les mêmes réflexes qu'ont les gouvernants chinois à l'égard d'internet, la différence est dans le degré de contrôle, pas dans le jugement à l'égard du contrôle. Les vrais démocrates européens sur la question du net s'appellent Rocard et Cohn-Bendit, pas Sarkozy.
Je suis un ardent défenseur du logiciel libre pour des raisons à la fois philosophiques et pragmatiques, et Hadopi va contre le logiciel libre. Aucun de mes PC n'est sous Windows et j'utilise exclusivement Linux, c'est-à-dire un système ouvert, gratuit, au code source totalement accessible et où les virus sont à la fois extrêmement rares et peu inquiétants. Ce système est fondé sur le libre partage des connaissances. Il pose le même problème, en plus difficile encore, à ceux qui essaient d'en vivre: comment vivre grâce à ce qui se distribue gratuitement? Il n'y a pas de réponse simple, mais, pour faire le rapprochement avec notre sujet, la réponse tient dans la qualité de ce que ne peut donner un produit numérique: dans la formation, dans le service, etc. De la même façon jamais un fichier mp3 ou ogg ne remplacera un vrai concert. Enfin la liberté de l'internet apporte un vrai moyen de pression aux individus qui produisent pour obliger ceux qui transmettent leur production et en vivent, à les payer correctement. On a vu des auteurs et des artistes mettre à la libre disposition du public sur le net des oeuvres artistiques ou intellectuelles afin de peser dans les négociations avec les maisons de production. (Voir ce qu'a fait le groupe Radiohead par exemple.)
J'arrête là ma réponse et t'envoie mes meilleurs voeux pour ton oeuvre que j'ai commencé à écouter en allant sur ton site.
Joseph
PS: pour répondre à ton défi, peut-être le groupe de la Chanson du dimanche est l'exemple d'une production sur le net qui a encouragé les producteurs à produire ces auteurs. Il y a d'autres exemples, mais ils ne me viennent pas à l'esprit.
Joseph,
Tu dis que le P2P est un outil. J'ai fait un commentaire dans mon autre billet (as-tu été lire cette littérature ? il y a beaucoup de réponse différentes aux problèmes que tu poses ici) ou je compare le P2P à la route. Ce n'est pas à proprement parlé la route qui provoque l'essentiel des accidents mais bien les utilisateurs. Quand on a multiplié les radars, le nombre de ces accidents, des blessés et des morts qu'ils provoquaient a baissé sensiblement. Ils n'ont pas disparus pour autant, je te l'accorde, mais face à un problème de l'envergure de celui que nous traitons ici, il faut être humble.
Je ne suis pas pour le tout répressif. Je préfère, comme toi sans doute, pratiquer l'éducation et la sensibilisation, mais je crains que nous soyons passé à une phase où cela n'aura pas d'effet si ce n'est pas accompagné de moyens de dissuasion. Je proposais des amendes qui ne seraient pas de plusieurs milliers d'euros, ce qui est complètement absurde, mais de 30€ (puis 70 et 150) par exemple, ce qui serait tout aussi dissuasif mais bcp plus en rapport aux infractions commises. Et pourquoi pas utiliser ces recettes pour aider, via des organismes spécialisés et indépendants, la production musicale. J'ai bien conscience que ce n'est pas simple à mettre en place sans développer un flicage qui me fait autant peur qu'à toi. Donc, je ne dis pas que c'est LA solution. Je réfléchis et j'essaye d'éviter les discours réactionnaires ou angéliques.
Internet a suffisamment vieilli aujourd'hui pour qu'on commence à voir se dessiner les tendances d'utilisation. Cela reste un espace de création, de partage, de savoir et de liberté totalement extraordinaire. Il ne s'agit pas de le nier. Tout comme il ne faut pas nier non plus que c'est aussi devenu un grand foutoire mercantile, cupide, ou c'est le règne du "tout pour ma gueule et allez tous vous faire foutre". Quand je lis certains posts dans certains forums ou les journalistes, les musiciens, les chercheurs, les enseignants, et toutes personne qui a acquis un savoir et une autorité est stigmatisée et insultée, je me dis qu'il est temps de s'asseoir autour de la table et de réfléchir.
Ce que fait superbement - à mon humble avis - le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner avec sa théorie des néo-démocrates (par opposition au néo-conservateurs) qui prêchent le règne du "n'importe qui sur n'importe quoi".
Pour finir, je parle à longueur de post d'un site de vente de musique qui s'appelle Emusic et qui fonctionne, comme Mediapart, sur le mode de l'abonnement. J'ai souvent posé cette question simple, sans qu'on m'apporte de réponse clair ; quel est le prix juste d'un disque aujourd'hui ? Sur emusic, suivant le montant de votre abonnement, le disque de 10 morceaux (le payement se fait par morceaux) coûte de 5 à moins de 3€. C'est-à-dire beaucoup moins cher que Itunes. Mais là où ce site se distingue le plus du portail d'Apple, c'est pas son catalogue qui regroupe un immense variété de styles et un nombre impressionnant de petits labels idépendants. En plus il offre une application à télécharger pour faciliter les achats sur le site qui est très bien faite. Connaissiez-vous cette plate forme totalement légale et très bon marché ? Et demandez autour de vous, vous verrez que cela reste très confidentiel. Tout simplement parce-que c'est dorénavant admis par le plus grand nombre que la musique est gratuite. Et c'est très bien comme ça.
Tous ces jours passés sur le clavier de l'ordi (et pas celui du piano) n'avaient comme seul but de faire prendre conscience de ce phénomène qui a dramatiquement changé le rapport à la musique et aux musiciens. Si rien n'est entrepris, j'affirme que c'est la musique dans sa grande diversité qui est menacée.
Bonne journée,
Laurent.
Je te réponds brièvement parce que il faut moi aussi que je fasse autre chose que de débattre sur Médiapart. J'ai lu ton autre billet. Merci aussi pour la référence à Emusic que je ne connaissais pas. Ta comparaison de ce que tu préconises pour le P2P avec la répression utile contre les dangers de la route est intéressante, mais elle est à mon avis trompeuse. Je ne veux pas dire que tu entends user d'un argument trompeur, mais je prétends que l'argument est trompeur sans que l'on s 'en rende bien compte. Il y a une différence fondamentale entre faire des lois ou des décrets pour protéger la sécurité des personnes, et faire une loi pour protéger un mode de production. Ta philosophie politique peut te conduire à préconiser ces deux types de lois, mais il n'y a pas non plus d'incohérence, du point de vue d'une philosophie politique plus libérale ou libertaire, à accepter le premier type de loi et à à refuser le second. Enfin je ne partage pas ton avis pessimiste sur la menace qui pèserait sur la diversité de la musique, pour les mêmes arguments que j'ai déjà donnés.
Enchanté en tous cas d'avoir ce dialogue avec toi.
Bonne journée et à bientôt,
Joseph
Joseph,
Comment peut-on aujourd'hui proner le libéralisme quand on voit ce que des années de dérégulation ont produit dans le monde de la finance ?
Merci en tout cas pour cet échange.
L.
Bonjour Laurent,
La réponse dépasse mes connaissances en économie et je suis surtout libéral en matière politique. Merci aussi à toi pour cet échange, on le reprendra probablement un jour.En ce moment j'ai vraiment trop à faire avec la rentrée qui s'annonce.
Amitiés
Joseph
J'ai failli passé par là pour demander si Joseph Vidal-Rosset se désintéressait de tout ce bruit fait autour de son billet. Je suis heureux de savoir que l'on cesse enfin de parler dans son dos. C'est toujours ce point de clarifier et avec quelle élégance !
Comment M. Vidal-Rosset vous n'avez pas passé le week-end du 15 août avec Mediapart ? 72 h ? Comment peut-on être Persan ?
Puisque nous sommes dans la politesse élémentaire : un grand merci à tous les techniciens qui ont travaillé le 15 et 16 août et qui continuent à œuvrer pour la satisfaction du plus grand nombre.
Alain Riffart
Cher monsieur,
Je n'ai pas le sentiment qu'on ait tant parler dans son dos comme vous dites. J'ai profité de l'opportunité de son premier billet pour en écrire un moi-même qui rebondissait sur certain points de sa lettre pour exposer les problèmes que pose la gratuité de la musique sur internet. Il n'a pas été question une seul fois de M. Vidal-Rosset dans les posts, et il n'a pas été cité dans mes billets non plus.
En revanche, je me joins à vous pour saluer le travail des techniciens de Mediapart, comme vous l'avez élégamment fait.
L.