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Quand Le Monde renoue avec le Comité des forges
Je dois avouer que j’ai cru, au premier coup d’œil, qu’il s’agissait d’une farce. Oui ! Lors que j’ai lu ce communiqué de presse annonçant que le journal Le Monde s’était associé à l’Association française des entreprises privées (Afep) pour organiser un colloque, je n’ai pas voulu croire que ce journal était tombé si bas.
Et pourtant, si ! En date du 16 février 2012, le communiqué est tout ce qu’il y a de plus authentique. Il annonce que le journal et l’Afep se sont associés pour organiser un colloque qui aura lieu à Paris le mardi 13 mars 2012 au Carrousel du Louvre et auquel participeront notamment deux des candidats à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et François Hollande.
A tomber à la renverse ! Qu’un journal organise un colloque, voilà certes qui est dans l’ordre naturel des choses. Notre métier de journaliste est de produire des informations, mais aussi de contribuer au débat public, surtout en ces temps de campagne présidentielle. Il ne me viendrait donc pas à l’idée de jeter la pierre à un journal qui organise un colloque pour éclairer les enjeux majeurs du débat présidentiel. Nous-même, à Mediapart, multiplions ce type d’initiative parce que nous avons le sentiment que c’est dans le cahier des charges d’un journal participatif et citoyen.
Mais organiser un colloque avec l’Afep, voilà qui est une toute autre affaire. Pour une première raison qui tient à ce qu’est l’Afep. Et pour une seconde qui tient à ce qu’a été l’histoire de ce quotidien.
Pour ceux qui l’ignoreraient, il faut en effet préciser que l’Afep, c’est le saint des saints du capitalisme parisien. Beaucoup plus discret mais aussi beaucoup plus influent que le Medef, il regroupe les grands patrons des groupes du CAC 40. C’est en quelque sorte le quartier général des patrons les plus puissants, de la banque, de la finance ou de l’industrie. Ou si l’on préfère, c’est la tour de contrôle du capitalisme français : c’est dans ce cénacle que les actions de lobbying sont décidées pour défendre les intérêts de ces grands groupes ; c’est là que sont rédigés des projets d’amendements que des parlementaires pas trop regardants instillent ensuite, sans dire leur véritable origine, dans les projets ou propositions de loi examinés par l’Assemblée ou le Sénat. En bref, et pour dire les choses sans détour – comme on les aurait dites en d’autres temps-, l’Afep, c’est le capital, dans tout son égoïsme social ; c’est le mur de l’argent, dans toute sa brutalité…
Or, à son origine, Le Monde s’inscrit dans une histoire qui est radicalement opposée. Le quotidien voit le jour à la sortie de la guerre, dans un contexte où toute la presse est engagée dans une vaste refondation démocratique, dont le premier principe a été érigé par le programme du Conseil national de la résistance (CNR), passé à la postérité sous l’intitulé « Les jours heureux » : il s’agit en urgence d’assurer « la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ». Et Le Monde, plus que d’autres, a des bonnes raisons de s’engager dans cette voie, pour tourner radicalement la page du Temps, le journal du Comité des forges qui, avant la guerre a sombré dans l’affairisme. C’est donc ce principe fondateur que défend Hubert Beuve-Méry, en voulant que Le Monde se situe loin de la « presse d’industrie », c’est-à-dire, loin de l’affairisme, loin du mélange des genres…
Alors voilà ! A voir Le Monde organiser un colloque en partenariat avec l’Afep, le lointain descendant du Comité es forges, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un là un formidable télescopage de l’histoire. Croqué par quelques grands oligarques – le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, le milliardaire Pierre Bergé, et le patron de Free, Xavier Niel-, Le Monde, qui a du même coup perdu son indépendance telle que l’avait conçue ses fondateurs, dans la droite ligne du programme du CNR, est logiquement retombé dans ce dont Hubert Beuve-Méry ne voulait plus : « la presse d’industrie ».
En voudrait-on d’ailleurs une triste illustration de plus, c’est le thème même du colloque qui l’apporte. Car en vérité, pour un journal indépendant, il aurait pu y avoir mille sujets de colloque possibles, d’une brûlante actualité. Dans le désordre, en voici quelques-uns, qui me viennent à l’esprit : la justice entravée ; la République abîmée ; la droitisation de la droite ; la question sociale ; la finance folle contre l’Europe…
Mais non ! C’est un tout autre sujet qui a été choisi : « Les Défis de la Compétitivité - Compétitivité de la France, Compétitivité de l’Europe ». Et ce choix laisse songeur. Car, de deux choses l’une : si c’est l’Afep qui a imposé au Monde le sujet qui lui semblait important et si ce dernier s’est incliné, c’est consternant ; mais même si ce n’est pas le cas et si c’est Le Monde qui a choisi de lui-même cet ordre du jour, devançant les désirs de son partenaire, c’est… encore plus consternant.
Mais en vérité, cela n’a rien de surprenant. C’est la conséquence logique de ce partenariat contre-nature. Voilà à quoi conduit la fausse neutralité que les nouveaux actionnaires du Monde ont demandé au journal de respecter : le quotidien est maintenant embarqué dans un débat à grand spectacle dont la thématique correspond très exactement au cheval de bataille enfourché par les milieux d’affaires et Nicolas Sarkozy, celui de la compétitivité.
Car, il y a un sous texte dans ce colloque : c’est que Nicolas Sarkozy a raison de dire que la France a perdu en compétitivité, notamment face à l’Allemagne, et qu’il faut donc, en urgence, prendre des mesures pour la stimuler, pour doper la productivité des entreprises (on sait ce que cela veut dire), pour conduire une politique de l’offre et surtout pas de la demande… Cela se devine entre les lignes du communiqué commun Le Monde-Afep : « A l’heure où le débat sur la compétitivité est au cœur de la campagne présidentielle [Ah bon ? NDLR] cette journée proposera un espace de réflexion et d’échanges permettant d’explorer les solutions qui redonneraient à la France son leadership [Ah bon ! Parce qu’elle l’a perdu ?NDLR]».
Voilà donc Le Monde embarqué dans une détestable aventure. On observera qu’il n’est certes pas le seul. Comme je l’ai raconté par ailleurs ( Lire Présidentielle 2012: chiffrages, déchiffrages, enfumages), Les Echos ont eu une idée tout aussi contestable, celle de former un partenariat avec un club patronal, l’Institut Montaigne, dont l’inspiration est le fondateur du groupe d’assurance Axa, Claude Bébéar, pour expertiser la pertinence des propositions formulées par les principaux candidats à l’élection présidentielle.
Voilà donc, grâce au Monde et aux Echos, les principaux clubs patronaux érigés en arbitres du débat présidentiel. Inquiétante pente pour le journal du soir qui prend, dans le même temps, la fâcheuse et insupportable habitude de caresser dans le sens du poil le plus puissant et désormais le plus influent de ses trois nouveaux actionnaires, comme cette « manchette » ci-dessous, en date du 11 janvier dernier en témoigne.
Les trois nouveaux actionnaires du Monde seront-ils de surcroît invités à prendre la parole à ce colloque ? Le communiqué de presse ne le dit pas. Mais à dire vrai, quoiqu’il arrive, cela ne change pas grand chose. Car si Xavier Niel n’est pas encore membre de l’Afep, il a depuis quelques mois franchi tous les obstacles pour être adoubé par les oligarques du capitalisme parisien. Et Matthieu Pigasse, après voir été le zélé serviteur de Dominique Strauss-Kahn, est devenu le banquier d’affaires d’une bonne partie des patrons qui siègent au sein de l’Afep. Alors que l’un ou l’autre s’exprime ou non lors de ce colloque ne fait guère de différence : les vrais maîtres du Monde, désormais, gravitent dans cette galaxie de l’Afep. La rencontre de ce Monde et de l’autre n’a rien de fortuit.
Aurais-je eu cette fâcheuse tentation d’inviter l’Afep à former un partenariat avec Mediapart pour organiser je ne sais quel colloque – aux hasard sur le coût exorbitant du travail en France ; sur la fiscalité exagérée qui bride l’initiative et la croissance ; sur l’indispensable dégraissage de la fonction publique…-, je dois faire l’aveu ici que je n’y serai sûrement pas parvenu.
Il faut en effet que je le confesse. Je traîne derrière moi comme un boulet une longue enquête, en plusieurs volets, que j’ai écrite, sur la privatisation avortée de la régie publicitaire de France Télévisions. Sans doute les lecteurs de Mediapart s’en souviennent-ils : j’ai raconté par le menu dans quelles conditions Alain Minc avait recommandé à Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur l’audiovisuel public, avant de lui suggérer, par voie de conséquence, de privatiser cette régie au profit de l’un de ses richissimes clients, Stéphane Courbit ; lequel Stéphane Courbit avait offert au même Alain Minc 3% du capital de son groupe en actions gratuites, lui permettant donc de tirer profit de cette privatisation.
Mettant à nu une cascade de conflits d’intérêt, cette enquête a donc froissé quelques susceptibilités. Celles de Stéphane Courbitt et d’Alain Minc, naturellement, mais aussi celle de Maurice Lévy, le PDG de Publicis, qui était associé à Stéphane Courbit pour racheter la régie publicitaire de France Télévisions – régie qui finalement n’a pas été privatisée du fait de la polémique que l’affaire a suscitée.
Et depuis, le patron de Publicis m’en tient rigueur. Malgré des demandes répétées de ma part depuis plus d’un an et demi, il n’a plus jamais voulu rétablir le contact avec moi. Je devine donc que si je lui demandais d’organiser ensemble un colloque – par exemple sur les mœurs du capitalisme de connivence à la française- je n’aurai aucune chance de l’en convaincre.
Car, oui, j’oubliais de le préciser : c’est lui, Maurice Lévy, le président de l’Afep…


Les 5 commentaires les plus recommandés
@Reinhard
Pourriez-vous étayer un peu plus votre propos? En quoi ai-je participé à cette chute? En quoi suis-je co-responsable de cette chute? Expliquez-moi... Avec Edwy Plenel, j'ai, toutes ces années, défendu les principes du journalisme indépendant et du journalisme d'enquête. J'ai été le seul, avec lui, à appeler à voter contre l'entrée de Laragère au capital du Monde. Et le jour où j'ai été censuré dans une enquête, le jour où la normalisation économique a conduit comme je le craignais à la normalisation éditoriale, j'ai préféré quitté ce journal de moi-même plutôt que d'accepter cette censure. J'ai préféré me retrouver au chômage plutôt que de courber l'échine. Alors, étayez un peu plus votre propos! Non, je ne dis pas que la glissade a commencé après mon départ, contrairement à ce que vous suggéréez. La glissade, comme vous dites, a commencé avant. Mais de toutes mes forces, j'ai combattu contre. Et j'en ai payé le prix. Est-il insupportable de m'en donner acte?
Le monde est effectivement tombé si bas ,que ne pouvant plus m'abaisser ,n'ayant jamais eu l'échine souple,je ne peut plus ni le lire ,ni encore moins l'acheter ,depuis plus de 4 ans!!!! Hé oui ,sirius doit s'en retourner dans sa tombe!le journal de "référence" est devenu de déférence à l'oligarchie!!!et voilà qu'ils s'acoquinent avec pire que le MEDEF, l'AFEP!!! ils vont bientôt appeler à voter ,pour l'éxécutant de cette oligarchie et porquoi pas fusionner avec le FIGARO PRAVDA,de DASSAULT!!!!!
...cher Laurent, il faudra bien vous faire une raison : Le Monde n'est plus qu'une "marque"....
....vous avez de quoi vous consoler avec Mediapart... la presse papier est morte, vive la presse (libre) en ligne...
bien à vous et merci pour le débat d'il y a quelques jours, au Théâtre de la Colline, que j'ai pu regarder sur mon ordinateur, du fin fond de ma province, bien au chaud et sans me ruiner en déplacement (la meilleure énergie, c'est celle qu'on ne dépense pas...).
Je ne lis pratiquement plus Le Monde depuis longtemps. Ces dernières années, j'entendais souvent ma mère maugréer que du temps de Beuve-Mery ça ne serait pas passé...
Cet excellent billet est du Mediapart pur-jus, expression d'une pensée indépendante et critique et bien étayée... Merci Laurent Mauduit !
C'est scandaleux et dramatique mais tellement révélateur du fait que le Monde,journal indépendant à l'origine,est devenu une courroie de transmission des intérêts de l'oligarchie et vole au secours de son représentant actuellement à la tête du pays.
On a là une conjugaison de forces (un complot?) pour tendre un traquenard à Hollande mais aussi pour faire pression afin que dans le pays soit poursuivi leur sale boulot de casse du code du travail.
Tous les commentaires
Le monde est effectivement tombé si bas ,que ne pouvant plus m'abaisser ,n'ayant jamais eu l'échine souple,je ne peut plus ni le lire ,ni encore moins l'acheter ,depuis plus de 4 ans!!!! Hé oui ,sirius doit s'en retourner dans sa tombe!le journal de "référence" est devenu de déférence à l'oligarchie!!!et voilà qu'ils s'acoquinent avec pire que le MEDEF, l'AFEP!!! ils vont bientôt appeler à voter ,pour l'éxécutant de cette oligarchie et porquoi pas fusionner avec le FIGARO PRAVDA,de DASSAULT!!!!!
Qu'avait dit Denis Kessler, ancien maoïste ?
Il serait effectivement tout à fait intéressant (et bien dans l'esprit qui anime Médiapart) que nous lecteurs en sachions plus sur cette officine (distinguée, l'officine ! Mais quand même ! ) Retourner le couteau dans la plaie, toute cette sorte de chose... Même si la conséquence (regrettable) serait que vous demeuriez fâché avec le redoutable Maurice Lévy...
...cher Laurent, il faudra bien vous faire une raison : Le Monde n'est plus qu'une "marque"....
....vous avez de quoi vous consoler avec Mediapart... la presse papier est morte, vive la presse (libre) en ligne...
bien à vous et merci pour le débat d'il y a quelques jours, au Théâtre de la Colline, que j'ai pu regarder sur mon ordinateur, du fin fond de ma province, bien au chaud et sans me ruiner en déplacement (la meilleure énergie, c'est celle qu'on ne dépense pas...).
Laurent Mauduit : "Alors voilà ! A voir Le Monde organiser un colloque en partenariat avec l’Afep, le lointain descendant du Comité es forges, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un là un formidable télescopage de l’histoire".
N'est-ce pas Edwy Plenel qui voulait introduire "Le Monde" en bourse. C'était pas beaucoup mieux...
Comment en finir une bonne fois pour toutes avec ces mégalomanes pourris jusqu'à la moëlle qui n'ont pas d'autre but dans leur putain de vie que de nous pourrir la nôtre ? Ce devrait être l'unique préoccupation de chaque électeur à la veille des prochaines présidentielles. Votons pour celui qu'on ne risque pas de voir dans un tel colloque, en remerciant L. Mauduit qui nous éclaire encore une fois ici en nous montrant de quelle façon une minorité malfaisante s'empare de tous les moyens (médiatiques, politiques, financiers, etc.) pour asservir une population.
et oui laurent MAUDUIT,le monde CHANGE,dixit sarkozy.
Je n'ai pas le sentiment que Libé soit mieux loti .
Participe à la propagande NS .
Je ne voudrais pas faire le partisan du "tous pourris", mais au niveau des journaux papiers, si on sort quelques exceptions comme Le Canard enchainé, quelques journaux locaux ou encore Médicritiques (journal papier d'Acrimed) ou le Monde diplo, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre.
L'obligation de s'en tenir à un nombre restreints de symboles = articles caricaturaux, sans nuances, sans approfondissement.
Le rythme auquel doivent publier les journalistes = pas de recul, pas de remise en question, juste un ensemble d'avis péremptoires.
La liste est très longue, et je n'ai pas creusé le sujet, mais, je ne suis pas journaliste, j'ai le droit de faire de la caricature et de la généralisation. En tout cas, je pense qu'il est clair pour tous ceux qui sont sur Médiapart, ou sur d'autres médias libres d'internet (desquels j'exclus Rue 89, puisqu'il semblerait que le site soit désormais tenu par le Noubel Obs, lui-même gêré par l'infâme Laurent Joffrin) savent parfaitement que la presse est dans un bien triste état. Chomsky disait que la presse papier ne sert absolument pas à faire passer des informations mais à vendre des espaces publicitaires aux annonceurs.
Le Monde est tombé là où vous l'avez fait tomber.
in Wiki : "avant d'entrer au Monde fin 1994. Au sein de ce quotidien, il a en charge la politique économique française (1995-1999), puis devient rédacteur en chef du service Entreprises (2001-2003), directeur adjoint de la rédaction (2003-2005) et enfin éditorialiste (2006). Il quitte Le Monde, en décembre 2006,"
ex abonné de +30 ans
Laurent Mauduit
Comme quoi la rédaction de Médiapart à tort de s’inquiéter pour la liberté de la presse. Votre billet ne fait que souligné que la presse est libre dans le marché libre du capitalo-parlementarisme, libre sous la domination des puissants.
Je recommande le billet ci-dessous sur le blog de Hêtre:
http://blogs.mediapart.fr/blog/hetre/180212/electorat-consentant-cherche-domination-exigeante
Je ne lis pratiquement plus Le Monde depuis longtemps. Ces dernières années, j'entendais souvent ma mère maugréer que du temps de Beuve-Mery ça ne serait pas passé...
Cet excellent billet est du Mediapart pur-jus, expression d'une pensée indépendante et critique et bien étayée... Merci Laurent Mauduit !
Les capitalistes veulent faire table rase des principes du CNR. Ils reprennent donc les principes de la France des années 1930: de grands journaux inféodés aux puissances d'argent, une droite amis des capitalistes, une volonté de détruire les syndicats indépendants, une morgue sociale affichée, un parti post-fasciste influent et recours possible si les nouveaux "salopards à casquette" se montraient trop indociles.
Elle est là la racaille, à l'Afep!
C'est scandaleux et dramatique mais tellement révélateur du fait que le Monde,journal indépendant à l'origine,est devenu une courroie de transmission des intérêts de l'oligarchie et vole au secours de son représentant actuellement à la tête du pays.
On a là une conjugaison de forces (un complot?) pour tendre un traquenard à Hollande mais aussi pour faire pression afin que dans le pays soit poursuivi leur sale boulot de casse du code du travail.
Je suis lecteur quotidien du Monde.fr et je peux vous assurer que je n'y vois pas de traquenard prenant Hollande pour cible. Bien au contraire. Peut-être que certains journalistes passent un peu de baume au président de la République (pas vraiment l'impression), mais la très grande majorité des articles diffusent une forme de pensée unique pro-PS (et un peu Modem) qui en devient grossière (avec son corollaire qu'est le bourrage de crâne du FN pour une dose de vote utile). Les blogs affiliés, sous prétexte d'être extérieurs au Monde.fr, sont d'ailleurs une arme bien vicelarde où les règles de neutralité déjà en ruines du journal sont encore plus mises à mal. Je suis sympathisant FDG et j'aspire juste à une forme d'équité et de neutralité du traitement qui est fait aux différents candidats et partis. Avec le Monde, j'ai compris que c'était peine perdue. Il m'aura fallu du temps, mais 6€ mensuels pour voir le Monde cracher sa rage anti-FDG et anti-Mélenchon et financer la campagne de com' de Hollande, je plie les goals.
En périodes déboussolées, consolons-nous
!
14 février 2012, les journalistes du Figaro ne veulent plus être la gazette de l'Elysée !
Comme disait "Gaubert" Les bras m'en tombent !!!
Heureusement, il nous reste MEDIAPART qui vit de ses abonnements, donc LIBRE
Continuez à nous informer et non à faire de la propagande.
Avec des actionnaires tels que Bergé, Niel, Pigasse, des types bourrés de fric ça vous étonne? Il y a belle lurette que je ne lis plus ce "journal" de plus en plus collabo avec l'oligarchie de la finance! Il ne tourne plus rond depuis longtemps ce "monde" là! Il devrait changer de nom et s'appeler: "LE MICROCOSME" (des affairistes).
Le Monde se soumet avec plaisir au Cac 40, aux nouveaux riches et au système. Il suffit de lire le site, la une plaçant Mélenchon et Marine Le Pen dans un même bateau, parlant de bateau, hier c'était le Yacht de Xavier Niel qui coule près des côtes grecques! Info forcément importante !
Mieux Télérama, du groupe Le Monde avait fort justement critiqué la politique de nettoyage politique de Philippe Val à France Inter. Le numéro de Télérama du 11 au 17 février offrait sa couverture à Philippe Val et déroulait le tapis rouge, bref un entretien qui ressemblait à une réhabilitation sans fard , pour souligner combien France Inter grâce à Philippe Val avait élargi son audience. Sans rire.
Dans le dernier numéro de Télérama : deux lettre l'une scandalisée par cet article promotionnel d'un personnage, qui prépare son changement de cap au cas où!, l'autre félicitant la rédaction de Télérama. Un partout bal à droite.
Bref le Monde n'est plus, le Temps est de retour.
...le yacht de Xavier Niel a coulé aussi, après celui de Stéphane Courbit ?!.... c'est la loi des séries....
Le Monde ne peut que continuer à dégringoler au niveau du Figaro, maintenant qu'il est la propriété de millardaires. Solution : j'ai résilié mon (vénérable) abonnement cette semaine.
Pourquoi s'étonner ?
Nous aurons probablement au second tour deux candidats libéraux: L'un estr plus ultra que l'autre mais on peut se demander si dans cette période de décomposition politique il ne vaut pas mieux envoyer au front un libéral "de gauche" qui gèrera la crise pendant cinq ans plutôt que le représentant étiqueté et daté du Fouquet's.
Evidemment que le club des milliardaires parisiens s'intéresse à ces deux candidats prometteurs et le Monde aussi: Il faudra bien vivre avec le nouveau roi élu quel qu'il soit.
Que le meilleur gagne: implicitement, il risque bien d'être le meilleur candidat de la droite et il n'est pas sur que l'oligarchie du Fouquet's ait décidé de sauver le soldat Sarko.
Le monde oui... mais DIPLOMATIQUE
Oui Le Monde est tombé bien bas, vraiment. On pourrait seulement espérer un peu de retenue sur son sujet de la part de Mediapart, puisque et Plenel comme directeur de la rédaction, et Laurent Mauduit lui-même (directeur-adjoint pendant deux ans si je ne m'abuse) ont participé à cette chute et en ont été les co-acteurs, sinon les co-responsables. Et n'allez pas me dire que la glissade n'a commencé qu'après votre départ, j'ai lu Le Monde sans discontinuer de 1967 à 2007.
@Reinhard
Pourriez-vous étayer un peu plus votre propos? En quoi ai-je participé à cette chute? En quoi suis-je co-responsable de cette chute? Expliquez-moi... Avec Edwy Plenel, j'ai, toutes ces années, défendu les principes du journalisme indépendant et du journalisme d'enquête. J'ai été le seul, avec lui, à appeler à voter contre l'entrée de Laragère au capital du Monde. Et le jour où j'ai été censuré dans une enquête, le jour où la normalisation économique a conduit comme je le craignais à la normalisation éditoriale, j'ai préféré quitté ce journal de moi-même plutôt que d'accepter cette censure. J'ai préféré me retrouver au chômage plutôt que de courber l'échine. Alors, étayez un peu plus votre propos! Non, je ne dis pas que la glissade a commencé après mon départ, contrairement à ce que vous suggéréez. La glissade, comme vous dites, a commencé avant. Mais de toutes mes forces, j'ai combattu contre. Et j'en ai payé le prix. Est-il insupportable de m'en donner acte?
"Ton savoir n'est il donc rien si les autres ne savent pas que tu sais " sais plus qui a dit ça.
Soyez confortable avec vous même, pas besoin de se justifier.
Laissez tomber le Monde, MDP est une belle réussite, un vrai combat, original, exigeant. La vie est belle.
Mektoub !
@Laurent Mauduit
Excusez-moi de vous avoir blessé, ce n'était pas mon intention. Je ne connais évidemment pas comme vous le détail de ce qui s'est passé au Monde, et en particulier de votre rôle. Ce que je peux dire comme lecteur, c'est que je l'ai vu plus que glisser, dans une période où il était dirigé par le trio Colombani-Minc-Plenel, qui était à l'époque, évidemment on peut toujours réécrire l'histoire, un trio soudé, longtemps orienté vers les mêmes objectifs --sauver le journal en remontant le niveau des ventes, à un prix qui a été du point de vue de beaucoup d'abonnés celui de la qualité éditoriale et des principes du journal. Et dans ce mouvement, le "journalisme d'enquête" a donné des horreurs du type l'affaire Alègre, et a beaucoup consisté à puiser directement dans les PVs d'audition des juges d'instruction, sans enquête complémentaire justement. De ce journalisme-là, de ce Monde là, je n'ai pas comme lecteur un bon souvenir, au contraire le sentiment que la chute date, non pas de l'arrivée de Lagardère, mais de la direction Colombani. Dans laquelle Plenel a eu une part importante de responsabilité, ce qui n'empêche que j'ai par ailleurs beaucoup d'estime pour ce qu'il a fait depuis à Mediapart (je me garderais bien d'avoir un jugement sur les personnes, que je ne connais pas et dont je ne connais pas les motifs ; en revanche des opinions sur des actes, oui). Quant à vous, en acceptant la responsabilité de rédacteur en chef adjoint vous avez, vu de l'extérieur, cautionné la politique conduite et même si (pour reprendre une réponse que vous faites plus bas) vous avez signé un éditorial décalé au premier supplément Argent, vous en avez bien signé l'éditorial. Il ne m'est pas du tout insupportable de vous donner acte qu'ensuite en effet, vous avez démissionné, et vous avez fait Mediapart. Au contraire, et je trouve cela courageux et utile. Mais vous ne pouvez pas, de votre côté, me demander d'avoir un autre point de vue que celui d'un lecteur, point de vue extérieur qui amène à considérer que quand quelqu'un occupe, pendant un temps non négligeable, un poste de direction quelquepart, il prend sa part de responsabilité de la politique qui y est conduite.Cordialement à vous, Reinhard.
Peut-être, Reinhard
Mais vous faîtes quoi dans la vie ? Vous avez les mains si propres ?
La vie est faite de compromis, ne vous en déplaise, et la décision de démissionner est courageuse, et sans doute mûrie. Avoir une influence de l'intérieur ou de l'extérieur, ce choix n'est pas toujours évident. Savoir mesurer jusqu'où on peut être efficace est une délibération, pas un coup de tête. Travailler au Monde ne revenait tout-de-même pas à s'inféoder à une admistration pétainiste.
Ce qui est important c'est la prise de conscience - il n'est jamais trop tard. Vos reproches sont déplacés, injustifiés et sans connaissance de causes.
Qui doutait, en décembre 2006, de la fin du Monde ? Aucun de ses fidèles lecteurs ! Si des journalistes du Monde en doutaient, ils ne lisaient pas souvent le courrier. Départ "éthique" ? Je toussote, nous toussotons ...
De 1996 à 2004, "époque bénie" du Monde si l'on en croit les amnésiques, l'ultra-libéral Erik Israelewicz, actuel directeur du Monde, tenait déjà le haut du pavé...
Citation de Serge Halimi : "Je résume : d’abord le social prime. Ensuite il est fondu avec l’économique dont la place grandit. Puis les entreprises dominent la rubrique économique et sociale, le micro l’emporte sur la macro. Enfin on crée un supplément affaires. Puis ce sera, chaque week-end, Le Monde Argent. Naturellement rien de tout cela n’est censé avoir la moindre signification idéologique. Et Le Monde et Edwy Plenel hurleront chaque fois qu’on analyse leur évolution en parlant de dérive néolibérale".
le Monde est petit.......
Mais MDP est grand.
Faut rompre le cordon ombilical .Un mal pour un bien. Tout est mortel. Pourquoi pas un journal ? Il n'y a pas rien derrière !
Une institution c'est très petit bourgeois. Viva les dissidents permanents !
Nous n'avons plus de quotidien: le monde est bien en baisse, libération propose à ses lecteurs de la bienpensance en kit prémâché, le figaro qui fut un bon journal est devenu le cireur de godasses de sarko.
Désaprennons à lire les journaux, nous sauverons d"s arbres
Nous n'avons plus de quotidien: le monde est bien en baisse, libération propose à ses lecteurs de la bienpensance en kit prémâché, le figaro qui fut un bon journal est devenu le cireur de godasses de sarko.
Désaprennons à lire les journaux, nous sauverons des arbres
@ Laurent Mauduit,
dans les nouveaux chiens de garde, on revoit Colombani et Plenel ravis de présenter le nouvel élan donné au Monde : celui d'un groupe de presse qui aura l'heur de titrer un de ses suppléments : Argent ! etc. Vous vous êtes emballés voici une douzaine d'années pour défendre une vision euro-libérale qui est hélas toujours la ligne du PS de Hollande. Soit.
Depuis, vous avez fondé Médiapart et vous contribuez à développer un journalisme d'investigation qui fait tant défaut à notre beau pays... Vous fuyez la connivence et la révérence, contribuant à la critique radicale d'un système qui nous entraîne, à moyen et long terme, à la cata finale. De ces courageux refus, et de ces initiatives, on peut en effet vous donner acte. Si seulement la moitié du "microcosme" dont parlait le Rond autosatisfait faisait de même, combien de citoyens ne perdraient pas leurs oeillères et oreillettes médiatiques ?
De cela, merci
@Votre mot est chaleureux et je vous en remercie. Mais vous avez tort de dire qu'il il y une douzaine d'années, nous nous sommes "emballés pour défendre une vision euro-libérale". Certains au sein du Monde, sûrement. Mais ni moi, ni Plenel. Je vous invité à relire le 1er numéro du supplément "Argent" dont vous parlez. C'est moi qui en signais l'éditorial et j'y faisais une ode à... Marx!
"Le diable se niche dans les détails"
Si on veut une autre preuve de la médiocrité où est tombée ce qui fut jadis un journal de référence, on va poster sur un blogue du Monde, à la plate-forme la plus médiocre de toute la blogosphère : pas d'Aperçu, pas de Retenir mes coordonnées, pas d'Editeur, et impossibilité de revenir une page en arrière si on a fait Envoyer par erreur. Et un décalage horaire d 'une heure la moité de l'année. J'avais signalé tout ça par courriel à Mazzorato, le responsable des blogues du Monde. Pas de réponse. J'avais signalé ce "pas de réponse" à son chef, Fottorino. Pas de réponse.Et ces blogues sous toujours aussi merdiques.
En 1981, j'avais écrit au Monde (pour une raison que j'ai oubliée). A ma grande suprise car elle ne demandait pas de réponse, à l'inverse du mail envoyé aux malotrus pré-cités, m'était revenu un courrier personnel de Jacques Fauvet, alors directeur.
Je pense louer pour elle un coffre à la Banque de France, tant c'est sûrement une pièce rare.
Pas si rare que ça : Avant l'élection de 95, j'avais écrit une lettre un peu vive, reprochant le soutien bien caché du Monde à Balladur. Après l'élection, j'ai reçu une lettre qui me disait en gros : Vous voyez, vous vous êtes trompé. Elle ne prouvait rien, évidemment.
Question : c'était le patron himself qui vous répondait ?
Quand on essaie de survivre, on en arrive à se vendre.
LE MONDE EST MORT, VIVE MDP !
Petit comptage générationnel: Le Temps et le Comité des Forges, c'était les arrière grands-parents du Monde d'aujourd'hui et de ses alliés. A la Libération, ayant pour beaucoup continué à faire des affaires sous l'Etat Français, ils ont fait profil bas, ce qui a bien aidé à la mise en place du programme du CNR. Aujourd'hui, ces histoires de collabos sont loin, et ils reviennent avec, ouvertement, le programme de mettre à bas cette République-là.
Cher Laurent Mauduit, votre haine obsessionnelle du Monde, depuis qu'il vous a échappé, vous fait perdre beaucoup de temps et d'énergie, dont vous saurez sûrement faire alleurs meilleur usage. Je vous l'avais laissé entendre lors de votre conférence au Tertre. En ce temps de campagne électorale, cela devient dangereux et nuisible, le Monde restant un des grands organes de presse capable de nous aider à nous débarraser de l'actuelle camarilla au pouvoir, ce qui reste aujourd'hui l'objectif majeur des honnêtes gens.
Sauf erreur, c'est Dominique Straus-Kahn, Ministre (de l'Industrie) du Gouvernement de Bérégovoy, qui en février 1993, en prévision de la défaite magistrale du PS au élection de mars 1993, a pris l'initative de créer L'AFEP, association française des entreprises privée, héritière du Comité des Forges qui représentait le Capitalisme de Combat de la 3ème République.
C'est bien le Président de Publicis, qui dès le début, a offert à Dominique Straus-Kahn, locaux et secrétariat pour animer l'AFEP avec les plus grands patrons du CAC 40.
Tandis que Bérégovoy, qui, avec Trichet Patron de la Banque de France, avait mis en oeuvre la dérégulation financière et des marchés, en se prenant pour le Pynay de Gauche, s'est retrouvé seul après la défaite de mars 1993, avant de se suicider le 1er mai 1993.
Laurent DESVIGNES,
Au-delà des faiblesses d'un DSK ou d'un Bérégovoy qui se sont laissés corrompre, je ne peux pas m'empêcher de voir l'aspect parfaitement organisé et planifié d'un processus qui a été mis en branle par la droite et qui se traduit par la situation que nous subissons aujourd'hui. Ce n'est pas par simple obstination si je profite de l'excellente occasion, que vous m'offrez par l'étendue de votre savoir, pour manifester une nouvelle fois mon opposition à ceux qui continuent de refuser l'évidence. Ce que nous vivons aujourd'hui et ce que nous vivons depuis une trentaine d'années EST bien la conséquence d'une volonté politique (purement réactionnaire) qui avait tout prévu et organisé jusque dans les moindres détails.
J'ai cessé de lire le Monde il y a quelques semaines. La raison c'est que l'on sentait cette évolution. Mais ce qui pour moi a été le facteur le plus important c'est la lecture du supplément M. J'ai cru lire le Figaro: que des produits de luxe, que des produits qui s'adressaient a une classe sociale qui n'est pas la mienne.
La fameuse gamelle pour chien en orfèvrerie à 6000 euros ?
PS rien de personnel. Cet article, s'il était utile, aurait du être signé par un "Non-Monde". La pudeur est parfois utile.
Plusieurs d'entre nous ne lisent plus Le Monde, j'en fais partie (excepté Monde Diplomatique) mais nous devons absolument en parler autour nous. Nous avons certainement dans notre entourage des nostalgiques. Envoyeur leur cet article.
Todd a raison quand il évoque une petite odeur des années 30 avec la suprématie du comité des Forges, le lien avec les banques américaines et européennes, la dépendance des medias. Une décennie plus tard, Laval était actionnaire de nombreux journaux. Lire - ou recommander pour ceux qui l'ont lu - de toute urgence Annie Lacroix-Riz "la drôle de défaite". Lire aussi " l'oligarchie des incapables", "d'un retournement l'autre" de Lordon. Nous avons un devoir d'agir (mais difficile à faire émerger et à organiser) mais en parallèle déjà un devoir de diffuser autour de nous : jeunes, vieux, commerçants, familles, amis, dénoncer, dénoncer...il en restera toujours quelque chose. Pour lutter contre ce sentiment d'impuissance. Je "hurle" quand des personnes autour de moi me disent "cela a toujours été comme cela". D'abord, ce n'est pas vrai, la domination des spéculateurs est énorme et puis de toutes les manières nous devons refuser cette atonie.
Qaund on débarque un " Eric Fottorino," quand on se met entre les pattes d'un Pigasse ou d'un Niel (mais qu'allait-il faire dans cette galère, notre Pierre Bergé, souvent mieux inspiré), quand des présidentielles capitales s'annoncent, on se dit qu'il faut quitter ce navire qui nous a longtemps porté et de plus en plus déçu.
Heureusement, on fait vite le deuil grâce à médiapart. Merci Laurent Mauduit pour ce recadrage salutaire.
Bonjour Monsieur Mauduit,
Merci de votre article et de la vigueur de votre propos. Pour la part, lecteur du Monde et par ailleurs abonné à Médiapart pratiquement depuis l'origine, je ne récuse aucun de ces deux choix : je trouve la lecture de Médiapart un complément nécessaire à celle du Monde, mais l'inverse est également vrai.Et je ne vois pas le Monde uniquement à travers ses actionnaires, que je ne connais que par la rumeur publique, autant dire que je ne les connais pas. Je le vois aussi à travers sa société des Journalistes, qui s'est longtemps voulue indépendante et qui, à défaut d'autre solution, s'est rallié à l'appui des actionnaires actuels.Ce qui l'exclut sans doute pas une attention réelle de leur part à ne pas confondre : je ne trouve pas, à lire le Monde tous les jours, que les pages politiques ou économiques portent la marque d'un conformisme exclusif.
J'ajoute que son directeur actuel, Erik Israelzwicz, est à mes yeux parvenu à retrouver une formule plus attrayante que celle qui a longtemps prévalu. J'ajoute enfin que l'information pure n'existe pas et que chacun a intérêt à se faire un point de vue en croisant les informations comme les opinions des uns et des autres. C'est en tout cas ma pratique.
Quant à ce séminaire organisé avec l'AFEP, il ne me choque pas autant que vous : les dirigeants des grandes entreprises me semblent légitimes à exprimer leur point de vue, évidemment différent de celui des salariés ou des syndicats de salariés. Je pense d'ailleurs que les grandes entreprises françaises, qui sont un atout de notre pays, ont une part de responsabilité dans notre situation actuelle et, par conséquent, détiennent une part des solutions à mettre en oeuvre.
Tout au plus me semble-t-il intéressant de suggérer d'inviter à cette tribune des représentants de la CGPME, du CJD (qui sont d'autres points de vue patronaux, également utiles), voire de centrales ouvrières qui accepteraient d'y exposer leurs approches (ce qui, pour ces dernières, n'est pas sûr compte tenu d'une longue tradition de refus de la cogestion).
//les dirigeants des grandes entreprises me semblent légitimes à exprimer leur point de vue, évidemment différent de celui des salariés ou des syndicats de salariés// Oui, le point de vu du pot de fer contre celui du pot de terre...
Bonjour Monsieur Mauduit,
Merci de votre article et de la vigueur de votre propos. Pour ma part, lecteur du Monde et par ailleurs abonné à Médiapart pratiquement depuis l'origine, je ne récuse aucun de ces deux choix : je trouve la lecture de Médiapart un complément nécessaire à celle du Monde, mais l'inverse est également vrai.Et je ne vois pas le Monde uniquement à travers ses actionnaires, que je ne connais que par la rumeur publique, autant dire que je ne les connais pas. Je le vois aussi à travers sa société des Journalistes, qui s'est longtemps voulue indépendante et qui, à défaut d'autre solution, s'est rallié à l'appui des actionnaires actuels.Ce qui n'exclut sans doute pas une attention réelle de leur part à ne pas confondre : je ne trouve pas, à lire le Monde tous les jours, que les pages politiques ou économiques portent la marque d'un conformisme exclusif.
J'ajoute que son directeur actuel, Erik Israelzwicz, est à mes yeux parvenu à retrouver une formule plus attrayante que celle qui a longtemps prévalu. J'ajoute enfin que l'information pure n'existe pas et que chacun a intérêt à se faire un point de vue en croisant les informations comme les opinions des uns et des autres. C'est en tout cas ma pratique.
Quant à ce séminaire organisé avec l'AFEP, il ne me choque pas autant que vous : les dirigeants des grandes entreprises me semblent légitimes à exprimer leur point de vue, évidemment différent de celui des salariés ou des syndicats de salariés. Je pense d'ailleurs que les grandes entreprises françaises, qui sont un atout de notre pays, ont une part de responsabilité dans notre situation actuelle et, par conséquent, détiennent une part des solutions à mettre en oeuvre.
Tout au plus me semble-t-il intéressant de suggérer d'inviter à cette tribune des représentants de la CGPME, du CJD (qui sont d'autres points de vue patronaux, également utiles), voire de centrales ouvrières qui accepteraient d'y exposer leurs approches (ce qui, pour ces dernières, n'est pas sûr compte tenu d'une longue tradition de refus de la cogestion).
...donc, certains avaient encore des illusions sur ce journal, manifestement! .......et son"objectivité" légendaire, peut-être.......allez voir l'excellent documentaire "les nouveaux chiens de garde", ça fait perdre les illusions...si on en a encore!
Le Monde appartient à trois actionnaires. A ce titre sa gestion éditoriale défend, d'une manière naturelle, la vision libérale de la chose publique. Les espaces critiques deviennent de plus en plus rares dan notre beau pays. S'associer avec une "boîte à idées"pour organiser des colloques est une menace pour la démocratie. L'ouvrage "Un pouvoir sous influence. Quand les think tanks confisquent la démocratie" explique, magistralement, les mécanismes et les procédés employés par des groupes d'influence dans le but d' imposer leurs choix à l'ensemble de la société et protéger leurs intérêts. L'utilisation du quotidien le Monde fait, donc, partie de cette stratégie diabolique. Restons vigilants et aiguisons notre sens critique.
Donc, il faut voir "Les Nouveaux Chiens de Garde" et briser le silence, et en parler aux amis !