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Pendant ce temps, en Transbaïkalie…

Alors qu'au Sud, la révolte brûle de mille feux, sur le front Est, les hommes politiques locaux brillent par leurs déclarations musclées, insinuant bien lourdement qu'un complot de la CIA visant à renverser les autorités démocratiquement élues du pays ne passera pas. « 1991, plus jamais ça », quelque chose dans ce genre.


Il y a une dizaine de jours, la France avait l'occasion de s'indigner (pas trop longtemps, hein, histoire de ne pas occulter l'actualité de nos voisins Arabes) suite à la vidéo de l'expulsion cynique et expéditive d'un SDF. On y voit une demi-douzaine de policiers dégager le pauvre hère de sa tente malencontreusement plantée derrière un monument religieux et historique, qui, je l'imagine, est dûment protégé par une résolution de l'Unesco. D'autres affirment cependant que c'est en fait ce que donne la Loppsi 2 en action. Va savoir.
Quoi qu'il en soit, si vous trouvez qu'il y a de quoi se révolter, vous ne serez peut-être pas rassurés d'apprendre que pour M. Anatoly Mikhalev, maire de la (très lointaine) ville de Tchita, si jamais il prenait la peine de s'y intéresser, Loppsi 2, ce serait un ramassis de permissivité tolérastique(*) :

« Anatoly Mikhalev, le maire de Tchita, a exprimé sa profonde déception quant aux moyens limités dont disposent les autorités municipales dans la lutte contre les clochards. “Malheureusement, nous n'avons pas de licence pour tirer à vue sur les clochards, et nous ne disposons à ce jour d'aucun autre moyen légal pour lutter contre eux”, déclara-t-il lors d'un compte-rendu aux députés de la douma municipale. […]
Comme le souligne Mikhalev, “90% des places dans les centres d'hébergement sociaux du kraï de Transbaïkalie sont occupées par des sans-abri qui, bien souvent, y séjournent sans réelle nécessité. […] Sur ces mêmes couchettes pourraient se trouver des contribuables”, estime Mikhalev. »
(source : lenta.ru - Мэра Читы расстроила невозможность отстреливать бомжей)


J'étais pourtant persuadé qu'il y avait une loi de la physique qui suggérait que toute personne faisant une telle déclaration devrait instantanément imploser sous le poids de ses contradictions, sans laisser au service de presse de la mairie le temps de déclarer qu'il s'agissait d'une « plaisanterie maladroite »... mais c'est ça, la realpolitik en Russie : dire tout haut ce que le moujik braille déjà bien fort à ses potes ivres dans sa cuisine, et ce que les partenaires ou adversaires politiques supputent de manière plus ou moins transparente, en suivant les formules « rien n'est trop gros » et « tout ce qui est génial est simple ». Alors que mes honorables lecteurs ne viennent pas me demander après pourquoi je ne suis pas très optimiste.
(*) Vous ne devriez pas avoir trop de mal à deviner les racines, la signification et les connotations de ce pittoresque néologisme russe (indice : c'est un mot-valise).

Tous les commentaires

Merci, Lëshat, de signaler l'écart (assez mince finalement) entre dire qu'il faut rendre la vie toujours plus dure aux plus faibles ou carrément les supprimer.

Première étape : les ghettoïser

Deuxième étape : les laisser croupir

Troisième étape : les exterminer.

On a déjà entendu ça maintes fois,et vu les suites...

 

Sous le vernis de leurs belles paroles, les ultralibéraux préconisent-ils autre chose dans les faits ?

Oui, et je m'étonne d'ailleurs de voir ce billet resurgir alors que le lien avec les élections présidentielles est pour le moins ténu. Beaucoup plus, du moins, que dans le billet "Stratégie zéro", publié seulement deux jours plus tard (Sourkov, l'Autre Russie, l'étrange opportunisme de Iabloko, tout cela est plus que jamais d'actualité...)

Roh mais puisqu'on vous a dit que c'était une blague-euh !

:o]

Sur la légende de la vidéo de l'expulsion, on peut lire que le monsieur avait installé sa tente en face de la permanance de... l'UMP (aucun rapport évidemment !).

 

La température moyenne à Tchita pendant les trois mois d'hiver est inférieure à -20° ! Il ne doit pas faire bon être dehors. Par contre, la vodka doit couler à flot en mairie.

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