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L’islam a-t-il besoin de la laïcité ? (3/3)
LES ATTITUDES DES MUSULMANS VIS-A-VIS DE LA LAICITE :
On peut dégager trois grandes thèses dans la pensée musulmane contemporaine qui se positionnent par rapport l'attitude à prendre vis-à-vis de la laïcité.
1/ l'islam n'a pas besoin de la laïcité :
Cette option propose d'écarter le problème dans sa totalité, et soutient qu'il n' y a pas dans les sociétés musulmanes d'institution religieuse séparée de la société et de l'Etat qui est chargée d'entretenir le dogme et les pratiques qui lui sont attachées. Dans l'islam qui ne s'appui pas sur une Eglise qui exerce une réelle domination sur la société et la politique, la laïcité est déjà présente et elle a été vécue bien avant l'Occident pendant une longue période de l'histoire de l'Andalous.
Pour le philosophe marocain Mohamed Abed Jabri(1), l'un des grands défenseurs de cette thèse, l'islam serait-il déjà laïc en substance. Il appelle au «dépassement d'un passé jamais dépassé» et souhaite une reconnaissance des musulmans par eux-mêmes et par autrui, dans le cadre d'une modernité à inventer.
La pensée de ce courant se penche plutôt à accuser le sous développement d'être responsable d'avoir figé la religion dans des institutions et des percepts archaïques et qui a poussé certains musulmans à aller chercher ailleurs les valeurs de rationalité, de liberté , de démocratie et de laïcité. Elle affirme aussi que la séparation du religieux et du temporel s'était accompli très tôt dans l'islam, sous le règne de Mu'awiya qui a mis fin au régime des califes Rashidun et qui a instauré le premier califat dynastique.
Cette pensée reconnaît que l'islam n'a fourni aucune prescription dans le domaine politique et a laissé l'initiative aux musulmans d'adopter le système qui leur semblent adéquat. Les sociétés musulmanes nécessitent plutôt la mise en œuvre de la rationalité et la démocratie et non l'importation d'une laïcité née dans d'autres contextes et destinée à faire face à d'autres situations.
Le programme proposé par les défenseurs de cette position comporte deux volets : pratiquer la laïcité (ou plutôt vivre dans un système séculier) sans prononcer son nom et garder le concept de la chari'a (la loi religieuse) tout en produisant des lois séculières.
Les idées de cette thèse sont portées et défendues aujourd'hui par les intellectuels et les hommes politiques appartenant au courant politique qu'on peut appeler panarabisme progressiste (anciens nassériens), un courant qui après avoir connu son apogée dans les années soixante et soixante dix est redevenu minoritaire et ne survit que grâce à ses alliances tactiques avec les tendances islamistes modérées qui eux rejettent la laïcité.
2/L'islam est hostile à la laïcité :
Pour les défenseurs de cette option, l'islam serait une religion qui comporte en plus un ordre social et politique et qui exige sa réalisation pour être vécu correctement. Ils vont jusqu'a penser que l'islam comporte une constitution implicite, qui serait basée sur deux fondements : la mise en application intégrale de la chari'a, la loi religieuse et la reproduction intégrale du modèle de califat vertueux. L'islam auquel il est fait référence ici n'est pas l'islam du dogme (dont les textes ne comportent aucune constitution) mais l'islam historique, une façon d'ériger de leur part l'histoire au rang du dogme. L'objectif est le retour à l'islam des origines pour créer un modèle de société « islamique ».
Le système défendu par ce courant qui reste majoritaire repose sur le principe de moralisation par le haut, et l'imposition de règles de valeur absolue d'origine transcendante.
L'Etat est utilisé aux fins de soumettre les croyants aux dispositions que ni lui ni la société ne peuvent modifier. Ici on cherche l'application des principes moraux enseignés par la religion et de les faire respecter sans tenir compte ni de la volonté ni de l'adhésion de la société. On accorde à la révélation un caractère de vérité totale, absolue, littérale.
Ce n'est qu'au début su siècle passé, et en réaction à des modèles étrangers concurrents que des tentatives de formulation de constitutions « islamiques » ont vu le jour et se sont succédées et où la politique est conçue non comme un champ autonome, mais comme le lieu et le moyen d'appliquer les règles morales d'origine divine. Ici l'islam n'est pas seulement une religion, mais c'est aussi une culture, un système de valeurs et des lois qu'il faut appliquer rigoureusement. Ces lois contenues dans la Chari'a sont au-dessus de toutes les autres lois.
Aujourd'hui encore la majorité des musulmans s'identifie avec cette vision intransigeante de méfiance et de rejet de la laïcité. Cette position est portée par des courants théologico-politiques divers allant des islamistes modérés qui croient au « jeu démocratique » et qui sont majoritaires jusqu'aux « salafistes djihadites » violents et minoritaires.
3/ L'islam est compatible avec la laïcité :
Les auteurs de cette option qui sont des intellectuels musulmans et dont l'un des premiers pionniers est l'égyptien Ali Abderrazik (2) se sont attelés à entreprendre un travail de recherche extraordinaire de critique historique, pour lever la confusion entre le dogme et l'histoire et faire une nette distinction entre les deux. Ils affirment que la révélation s'est achevée avec la mort du Prophète et insistent sur l'interdiction d'y intégrer le moindre prolongement ou développement ultérieur. Pour eux la mort du Prophète marque la fin d'une période exceptionnelle et le retour à un système humain mis en place par les premiers califes afin d'entretenir l'effet des changements qui venaient d'être accomplis. Ce système étant humain et profane, il ne peut entraîner aucune forme d'obligation pour les musulmans des générations suivantes. Selon cette thèse, il étai temps de reconnaître qu'on ne peut plus créer de communauté à l'image de celle réalisée par le Prophète à Médine et qu'il est impossible d'envisager de gérer les affaires publiques de la même manière.
Pour ce courant, la liberté des citoyens est l'objectif recherché et non la soumission à des principes d'une moralité donnée d'avance. La justice sociale, au lieu d'être imposée par des mesures autoritaires est atteinte à travers l'élargissement les champs des droits minimaux accordés aux citoyens (éducation, santé, etc.). On admet que la religion est un choix, une croyance adoptée librement et non une identité ou un ordre social, et on est sensé accepter les résultats qui en découlent. Ici on opte pour la limitation des injustices et de tout ce qui apporte atteinte à la liberté des citoyens. La vérité des représentations religieuses est conçue comme symbolique. Cette approche préconise aussi de vivre et de pratiquer l'islam comme une religion du for intérieur qui fournit des idéaux aux individus et aux groupes sans les contraindre à appliquer des règles précises. Elle considère que même si la laïcité ne véhicule pas par elle-même des valeurs du type de celles que l'islam inspire, son adoption n'interdit pas de promouvoir ces valeurs et de les faire adopter.
Ces thèses « modernistes » défendues par une minorité de penseurs et d'intellectuels « libéraux » n'ont pas réussi jusqu'à présent à imprégner la conscience des musulmans au point de modifier leur attitude vis-à-vis ni de leur religion ni de la politique en général.
Toute fois, après le 11 septembre, de plus en plus de voix se lèvent un peu partout dans le monde musulman, dans une certaine presse indépendante ou dans des milieux d'intellectuels « néolibéraux », souvent par opportunisme politique, pour stigmatiser certains aspects « archaïques » de l'islam et qui constituent d'après eux le terreau du radicalisme et du terrorisme. Ces appels restent inaudibles car ils sont lancés par des milieux peu crédibles et qui apparaissent comme de simples relais au service de leurs seigneurs occidentaux.
Conclusion :
L'objectif de cette réflexion/ document est de pousser les musulmans et les non musulmans d'ici et de là-bas à se poser la question sur le pourquoi de cette méconnaissance et de ce rejet réciproques. Aborder la question de la relation Islam et laïcité de cette façon me parait comme une voie possible parmi tant d'autres de débattre sereinement et sans tabous.
Certains musulmans me font déjà le reproche que l'islam et la laïcité ne sont pas des catégories comparables, ne se situent pas sur le même plan pour qu'ils puissent faire l'objet d'une tel comparaison/rapprochement.
Je pense qu'ils se trompent. Pour ma part, il faut avancer dans cette voie, mais pour que ce dialogue puisse aboutir à des résultats à long terme, trois conditions me paraissent indispensable
1- Clarifier le concept de Laïcité :
Au mon avis le débat autour de la question laïcité en Islam doit commencer par un travail de clarification au niveau du concept pour lever tout amalgame. Ici la laïcité est perçue d'abord comme une idiologie libérale dans ses formes les plus extrêmes : celle du laisser-faire. La laïcité est plus souvent assimilée à un système rejetant tout idée de valeurs morales. Pour les plus éclairés, la laïcité est considérée à la fois un processus de sécularisation, un modèle politique ou encore une philosophie de vie.
Il faut d'abord commencer par rappeler que la laïcité impose le respect de la liberté de conscience, ne s'oppose pas aux religions, mais plutôt aux cléricalismes, sous toutes leurs formes, qu'elle suppose aussi la liberté pour les religions de s'organiser comme elles le souhaitent. De ce fait elle ouvre la voix à d'avantage de liberté et donc à une adhésion plus sincère et plus ferme aux croyances et pratiques religieuses.
La laïcité dans ce cas peut être un cadre, une forme d'organisation qui permet de travailler d'une manière plus intelligente et lus efficace à diffuser les bienfaits des systèmes politiques modernes et limiter les injustices. Elle apporte la démocratie et la philosophie des droits de l'homme.
2- Renvoyer une autre image de l'Occident
Certains musulmans considèrent tout rapprochement avec l'Occident impossible au nom des injustices et des oppressions qu'exercent certains pays du Nord sur des populations du Sud.
En plus ils considèrent injuste que l'Islam soit vu comme une menace potentielle pas seulement les extrémistes et les radicaux, mais les musulmans en général. Les musulmans doutent de la démocratie et de droits humains de l'Occident quand ils constatent que les interventions en Irak et en Afghanistan n'ont pas apporté la démocratie mais plutôt le chaos ; sans parler du soutien inconditionnel à Israél et à certains régimes arabes dictatoriaux.
Tout rapprochement pour rétablir la confiance entre les musulmans et les occidentaux passe, à mon avis par le changement de cette image négative envoyée par la politique des pays occidentaux
3-Construir l'avenir ensemble
Pour cela il faut commencer par dépasser la simple tolérance qui est le seuil minimal d'acceptation mutuelle si on veut vivre sur la même planète, pour s'élever jusqu'au respect réciproque fondé sur le droit d'autrui à la différence en prenant compte de sa conviction à lui. Il faut construire ensemble des espaces culturels communs où seront bannis la violence et le terrorisme intellectuel et chercher le juste milieu. La solution moyenne n'est pas facile à trouver aujourd'hui entre le totalitarisme et l'anarchie qui restent dominants malgré les apparences.
C'est à ce prix que nous pourrons épargner aux générations futures le seul choix possible : la joug de la tyrannie ou la loi de la jungle. Je souhaite, pour ma par, leur léguer une humanité où tout humain pourrait s'épanouir totalement et sans répression.
L'islam auquel je crois m'encourage à garder l'espoir. C'est cet islam qui prône l'établissement de la « communauté du milieu » (al oummat-al-wassat), celle qui se situe par définition loin de tout extrême, ou à équidistance des positions extrêmes. « Al oummat-al-wassat » est également la communauté des justes.
Notes :
(1)http://www.aljabriabed.net/
(2)Ali Abderrazik : « Islam et fondement du pouvoir » , la découverte, 1994
Bibliographie :
Mohamed Talbi : Plaidoyer pour un islam moderne
Abdou Filali Ansari : L'islam est-il hostile à la laïcité
Laroui Abdellah : Islam et modernité
Rodinson, Maxime : islam politique et croyance


Tous les commentaires
Votre analyse de l'hostilité de l'Islam à la laïcité ne me semble pas profondément djfférente de celle qu'on a eu en Europe jusqu'au 18ème siècle où s'amorce un virage important. Les abus du pouvoir politique en complicité avec le pouvoir religieux en ont été des éléments déclenchants.
On constate bien aujourd'hui dans les états musulmans de telles complicités mais elles sont moins visibles car le clergé n'est pas organisé en église; toutefois on ne sent aucune révolte dans l'aliénation politique qu'inflige la prégnance religieuse.
Une révolte de la part de qui ? Je ne comprends pas votre question.
erreur
Une révolte populaire comme on peut l'observer en Iran.
Mon analyse malheureusement ne concerne que l’islam sounni, qui est ma religion et celle de la majorité des musulmans. L’islam Chii a ses particularités dont il faut parler un autre jour peut être avec des gens qui connaissent la question mieux que moi. Donc vous citez un mauvais exemple qui ne cadre pas bien avec mon analyse. En plus la revole qu’a connu dernièrement ce pays et qui est à mon avis salutaire, est un mouvement de protestation contre les résultats des élections présidentielles entre des candidats qui appartiennent au même référentiel religieux. En sortant du cas Iranien la situation se pose de façon très différente : ceux qui se révoltent aujourd’hui contre des régimes dictatoriaux ( dynastiques ou républiques par héritage) ce sont plutôt les courants islamiques hostiles à la laicité. Voilà ce que je dis à ce propos dans mon billet : « Aujourd'hui encore la majorité des musulmans s'identifie avec cette vision intransigeante de méfiance et de rejet de la laïcité. Cette position est portée par des courants théologico-politiques divers allant des islamistes modérés qui croient au « jeu démocratique » et qui sont majoritaires jusqu'aux « salafistes djihadites » violents et minoritaires. »
Votre texte en tous cas, à lui seul fait déjà vivre un bel espoir!
Il est en quelque sorte un humble prolongement, de cette liberté d'agir initiale et "non polluée" que le Coran laissa naturellement ouverte dès la mort du prophète Mohammed, précisément à cet instant plutôt qu'après les premières tentatives d'interprétations, humaines donc forcément faillibles, de modèles de société dont on ne pourrait plus s'écarter.
Une somme et une synthèse très réussies, toutes mes félicitations, et merci aussi pour les références.
Merci Axel J,
J'avoue que c'était dur d'accoucher ce petit travail en une semaine. Mon travail à la clinique ne me laisse pas beaucoup de temp. Il fallait être vigilan et en même temps tenir compte de ceux qui vont me lire. Indiscutablment ce travait est très incomplet. Votre réaction est une première récompense pour moi. Je reste quand même prêt à détailler certains points si vous le souhaitez.
Bien à vous.
Je m'associe complètement aux commentaires d'axel j -- et tiens a vous dire, cher m lachkar, que cela valait le temps passe. Mais il est vrai que, pour être une bonne base, ce n'est qu'une base. Tout le problème estbien celui de laconfusion entre le dogme et l'histoire--.Il me semble impossible d'aller plus loin sans envenir au texte lui même, c est a dire le Coran etla question de l,interprétation; plus exactement l'autorité et la légitimité de l'interprétation..Il y a un autre problème au moins aussi difficile que l'imbrication du religieux et du politique, c est, du point de vue philosophique, la compatibilité des trois. Monothéismes..Pour n'en retenir que deux, la vérité de l'Islam permet_elle la vérité du christianisme?.C est la ou, a mon avis, la laïcité réapparait sous un nouveau jour, c est a dire, comme une nécessite..Jpylg
Merci en tout cas pour votre bel exercice de synthèse.
A propos de la laïcité, vous rappelez à juste titre la distinction religion / cléricalisme.
C'est me semble-t-il cette "piste" qui permet en effet de comprendre les difficultés d'intégration du principe de laïcité dans la pensée politique de culture musulmane.
Mais je manque de connaissance sur "l'organisation" de l'Islam, qui je crois n'est pas fondée sur une "église". Pourtant, il existe bien les imams qui constituent une forme de cléricature. Pourriez-vous m'instruire un peu plus ?
En tout cas, je crois comprendre que notre Laïcité, qui s'est construite en opposition à l'appareil de l'église catholique (et non au religions en effet) et qui procède de la culture héritée de cette tradition chrétienne catholique, n'est pas un concept pertinent en terres de culture musulmane. (D'ailleurs il faut noter qu'elle est déjà moins immédiatement évidente en terres protestantes que chez nous.)
Alors, je fais l'hypothèse que sans la contribution des musulmans qui en éprouvent eux-mêmes le besoin, il n'est guère envisageable ni raisonnable de revendiquer la vocation universelle de la Laïcité (non pas en tant qu'éthique personnelle), mais en tant que principe de "philosophie politique".
Est-ce que l'expérience kémaliste turque peut être une référence ?
Merci encore.
P.S. et mon bonjour à Axel et Jean-Paul
Le rejet de la laïcitéà l'européenne parcequ'elle est européenne est un argument plus politique que religieux. JPYLG a raison il faut d'abord envisager le noeud du problème, le Coran et la légitimité de son interprétation . D'après les spécialistes avec qui j'ai pu discuter le sujet est très épineux et handicape l'Islam dans son évolution.
@ Christian paultre : très franchement, c'est exactement ce que je pense, sans être du tout un spécialiste. Pour le très peu que je connaisse du Coran, je doute de la capacité de l'Islam a évoluer. Ou alors, il s'agirait d' un islam nouveau qui intégrerait les deux autres monothéismes lesquels se seraient également rénoves. . C est d' ailleurs exactement ce a quoi je crois: l'émergence d'une religion nouvelle qui serait syncrétique, comme les trois monothéismes furent respectivement des syncrétisme a l'époque de leurformation. . Cette religion nouvelle se passerait évidemment de la théorie de la révélation, et c'est a cela qu'aucune des trois n est prête. . Jpylg
Au contraire de vous, Jean-Paul, moi du peu que je connaisse du Coran, c'est ce qui m'a frappé tout naturellement: Il représente déjà la capacité à évoluer; ce serait presque "s'il ne devait représenter qu'une chose ce serait la capacité à évoluer". Dieu, quoi, en un mot.
L'Energie de l'Univers, autrement dit.
Après, se pose le problème de ce qu'on est capable d'en faire, nous faillibles humains.
Un peu la même histoire que ces Communistes qui nommaient Révolution, donc une idée de dynamique évolutive positive permanente, la perfection, quoi,
qui nommaient Révolution ce qui bien entendu ça n'a rien d'étonnant de la part des humains faillibles, se détériora dès la première seconde d'application, en ce qui se transforma peu à peu en un immobilisme mortifère.
C'est pour ça que le Coran devrait rester au niveau d'exemple quasi-abstrait, disons au niveau du coeur plutôt qu'au niveau de la raison, un truc comme ça.
Tout comme la Sainte Bible, ancien et nouveau testament.
Quant à intégrer les deux autres monothéismes,
là aussi je pense au contraire de vous, d'après ma lecture du Coran, et bien qu'il les intègre, et le plus naturellement du monde.
L'amour et l'entente toujours positive qu'il a à parler des Chrétiens, se passe d'explications.
Quant au doute qu'il semble instiller à propos des Juifs, et bien je vois, moi, que encore une fois très justement il reprend et représente ce qu'il me semble font très naturellement les bons Juifs eux-mêmes: savoir douter, toujours être capables de remettre en question sa propre religion.
Pour résumer ma vision en un mot:
Le Coran, pour moi, contient, explique et entérine les autres messages que Dieu avait déjà transmis aux hommes par d'autres prophètes,
ce qui est normal puisqu'il vient après eux.
Je ne dis pas ça pour faire du prosélytisme musulman
(je ne suis pas Musulman moi-même),
mais simplement pour tenter de rester sur la voie de l'entente et du syncrétisme dont vous parlez, qui à moi me semble vivre très bien et me semble contenu déjà dans les livres saints depuis le tout-début.
Le problème auquel vous pensez avec Christian Paultre, ne vient pas du Coran lui-même, mais de l'interprétation erronée ou disons trop réductrice qu'en font la plupart des Musulman praticants.
Les croyants sont de simples humains faillibles, tout comme les Chrétiens ou les Juifs, pourquoi les Musulmans seraient différents?
On n'a certainement pas lu les memes sourates du Coran... . Jpylg
Le Coran, c'est comme la Bible, on ne peut pas lire ça à la lettre,
ce serait tout simplement du nonsens, même selon la "logique croyante" pour qui ce seraient les paroles de Dieu donc par nature inaccessibles aux pauvres mortels que nous sommes.
La, nous sommes d'accord. C'est le problème de l'interpretation que j'evoquais plus tôt. . Je préciserais toutefois qu'avant d'interpreter il faut lire. Il faut, d'abord, une lecture littérale et intégrale. Il ne faut pas interposer en écran des principes a priori, fussent-ils excellents. . Ensuite, se posela question de l'interprétation... Que signifiait tel ou tel verset al'epoque de sa rédaction? Que signifie-t-il aujourd'hui? Qu a t'il signifie, quel usage en a t il été fait en d' autres temps et d' autres lieux ? Qu est il possible d' en faire aujourd'hui, demain, ici, la ? . C est alors que se pose la question de l'interprétation et en cas d'interprétations divergentes, celles de l autorité et de la legitimte-. . JPYLG
"il ne faut pas interposer en écran des principes a priori, fussent-ils excellents"
Ce n'est pas des principes, et ils ne font pas écran.
C'est un état d'esprit, non, je préfère parler "d'état de coeur", bref le contraire d'un filtre, plutôt un "état d'innocence yeux ouverts".
L'innocence que procure la liberté initiale de croire ou de ne pas croire, l'absence de modèle religieux imposé, l'absence d'éducation religieuse qui, fatalement, ne peut que programmer l'esprit, esprit qui donc par la suite, certes ne peut plus se passer de filtres pour adopter les questions sous différents angles et approches.
Pour le coup, ce serait presque du prosélytisme que je serais en train de faire ici: Prosélytisme en faveur de la laïcité de base la plus athée!
:-)
@ Axel j ... Il y a beaucoup d'innocents dans les cimetières ...! . Jpylg
La précédente remarque d'axel j mamene a ajouter ceci: si l'Islam est une religion ou l'interprétation libre est possible, alors c'est qu il contient un courant qui est a lui ce qu est le protestantisme au christianisme. . Mais c est toute la question ! Il faudrait transformer celle qui sert de titre a la série de m . Lachkar en : "l'Islam peut-il avoir son protestantisme?" . Et, une fois encore, on retrouve la question de la laïcité et/ou de l'imbrication du religieux et du politique. En France, oui : l'Islam peut avoir son protestantisme, Grace a la laïcité. Ce sera aux musulmans de décider, ce ne sera pas a l'état. . Qu'en est-il dans l'ensemble des pays musulmans? . Jpylg
l'Isll'Islam peut-il avoir son protestantisme? question de JPYLG:
En effet il existe beaucoup de points communs entre les deux religions. Mais l’Islam a aussi l’équivalent des ses protestants : « les Khâridjites » qui représentent un peu moins de 1% des musulmans. Pour plus d’information sur cette tendance minoritaire, voir le lien suivant : http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/Les_khAridjites_les_protestants_de_l_islam.asp
Jeviens de lire l'article. Même si les kharidjites ont reçu ce surnom de protestants , il semble particulièrement difficile de se les représenter comme illustrant le libéralisme interprétatif de l'Islam... . Jpylg
Jeviens de lire l'article. Même si les kharidjites ont reçu ce surnom de protestants , il semble particulièrement difficile de se les représenter comme illustrant le libéralisme interprétatif de l'Islam... . Jpylg
L'Islam est une religion politique et combatante comme l'explicite fort bien le Coran par exemple à propos du Jihad. Pour avoir avoir sous les yeux les versets correspondants il faut une dose incroyable de contorsions pour en donner une interprétation pacifiste. L'histoire a d'ailleurs bien montré la force conquérante militaire ses disciples de Mahomet.
Alors qu'au début la force conquérente du christianisme aparaît plus comme une idéologie subversive qui prend appui sur les faiblesses et contradictions de l'Empire Romain . c'est plus tard avec le pacte féodal entre l'église et les seigneurs de la guerre que s'affirmera sa vocation militaire.
JIHAD ISLAMIQUE
Christian, on n'a pas le choix. C'est "les contorsions" ou la mort.
La bonne nouvelle, et ce n'est pas de la contorsion ni de l'opportunisme intellectuel:
c'est la Vie même, qui est Paradoxe.
Pas moi, ni non plus les contorsionnistes.
Mais vous avez raison de persister à vouloir fonctionner dans la franchise et dans la clarté. C'est même la seule voie viable.
Le problème me semble bien celui que dit Christian paultre. Il faut d'abord lire le Coran et le lire intégralement. . Le problème de la violence comparée du christianisme et de l'Islam a été traite, entre autres, par Jacques ellul. . Jpylg
@ Christian paultre - les versets pacifiques existent aussi dans le Coran.- les intellectuels musulmans nous les rappellent regulierent. . Ce qui me gêne, c'est que généralement,ils oublient les autres. . Jpylg
La question que vous soulevez, M. Lachkar, et que nous nous posons tous, c'est effectivement celle-là : pourquoi la laïcité qui est synonyme de contrat social, moral et politique est-elle à ce point jugée dangereuse chez vous et ses adeptes méprisés voire persécutés ? J'avoue que je n'ai pas la réponse. Je la constate et je l'attribue à une régression de la pensée, un interdit de savoir et de l'autocritique qu'entretient tout un pouvoir militaro-religieux devant le risque de perdre le pouvoir. L'âge d'or de toute pensée n'est pas figé dans un passé mythique mais reste à inventer.
Cordialement.
La Laïcité n'a que 200 ans et elle éprouve déjà des problèmes dans sa propre croyance, en une vie essentiellement fondée sur le progrès, les plaisirs consuméristes et l'individualisme forcené.
L'Islam révélé, a déjà 1400 ans et n'a jamais éprouvé de quelconque problème de cet ordre là, les hommes naissent, les hommes meurent, et l'Islam reste.
Celui qui me semble avoir le plus "besoin" de l'autre pour "évoluer" est bien évidemment la Laïcité, qui a d'ores et déjà historiquement fait massivement appel à des bras Musulmans pour faire croître son espace industriel et sa pyramide des âges des retraites dans les années 70, alors que l'Islam n'a jamais eu historiquement besoin de faire appel à qui que ce soit pour survivre.
@ +ENO-
D'ailleurs, historiquement, même les laïcs du monde Musulmans, que ce soit les Nasser, Saddam Hussein et autres ont tous à un moment ou à un autre "dragué" l'Islam pour s'attacher ses bons soins, ayant bien compris que l'Islam est un élément immuable, bref pas comme eux, qui n'étaient que de passage et qui relevaient donc d'une simple "illusion".
@ +NEO-
Chers amis,
A cause des intempéries que connaît ma région et tout le Maroc depuis quelques jours, je n’ai pas pu me connecter avec vous et participer à ce débat passionnant que vous aviez commencé depuis ce matin J’ai pu enfin avoir ma connexion Internet depuis quelques minutes, juste le temps de lire rapidement tous vos commentaires.
Dans un premier temps je vous envoie ce premier message pour vous remercier tous pour l’intérêt pour vous portez à ces billets sur lslam et laïcité. Je suis comblé que l’objectif de cette initiative collective JPYLG, Axel J et moi-même est atteint. A nous tous d’en tirer le maximum de bénéfice et d’en tirer des conclusions pour l’avenir.
Dans un deuxième temps je vais essayé de répondre ou plutôt de donner mon humble point de vue sur des questions qui m’ont été adressées directement.
Dans un troisième temps je vais essayer de reprendre avec vous le débat d’une façon plus générale comme vous l’aviez si bien fait depuis ce matin.
Bien à vous
C'est effectivement un grand "moment" de mediapart - mais également assez délicat . . Jpylg
.
Réponse au premier message de JPYLG qui contient 2 questions :
1-Qui détient la légitimité d’interpréter le Coran On parle d’avantage plutôt de lecture qui signifie l’interprétation du texte coranique. Il y a bien sûr la lecture et les explications données par le Prophète après chaque révélation et surtout la mise en application par le prophète après chaque révélation, d’où tout l’intérêt de ne pas dissocier le Coran du Hadith (les paroles et les actes vérifiés du Prophète). Pour la légitimité, seul le prophète détient une légitimité divine : il est le messager de Dieu. Aucun autre musulman ou non musulman détient plus de légitimité qu’un autre pour lire et interpréter le texte encre faut-il qu’il dispose de capacités et d’outils nécessaire pour cet exercice difficile. Toutes les lectures sont légitimes et doivent exister. Il y a bien sûr toutes les lectures littérales anciennes qui continuent à garder leur valeur, mais il faut reconnaître qu’il existe une multitude de lectures. Aujourd’hui sont apparues des lectures dont la démarche est historique et anthropologique. C’est la cas récent du philosophe marocain Mohamed Abed Jabrri qui vient de publier récemment une interprétation du Coran en trois volumes. Il a apporté une innovation majeur, bien que n’étant pas le premier à le faire : il a proposé pour mieux comprendre le Coran il a proposé, un ordre des verste différent de celui qu’on trouve dans le livre actuel du Coran. Il a proposé un ordre qui respecte la chronologie de leurs révélations au Prophète. Ce qui fait qu’on comprend mieux le contexte et donc la mission du message et en plus on s’informe mieux sur la vie du prophète. Je trouve que c’est une excellente idée qui permet de lire le Coran aisément et de saisir plus facilement le sens du texte. Le livre a crée une polémique chez les intégristes qui y ont vu une atteinte à la sacralité du Coran. Je souhaite qu’un jour les trois tomes soient traduits en d’autres, je suis certain la compréhension et donc l’interprétation seront accessibles pour vous aussi. Le Coran en arabe est déjà très difficile à lire et à comprendre. J’imagine les traductions. 2-Relation Islam et autres religions et laïcité Comme le propose certains musulmans de faire une lecture commune pour trouver des solutions communes, car ce qu’on trouve dans le Coran n’est que la prolongation des dits antérieurs qu’on trouve dans la Bible, dans les Evangiles ou chez Saint Paul.
C est ici , cher m.lachkar, que c'est très délicat. Tout d'abord, je ne souhaite pas trop infléchir le débat; il y a d'autres points de vue que le mien; d' autre part, argumenter nécessite de longs développements et de nombreuses citations (avec, en plus, le problème que vous signalez, des traductions). . J'ai peur que dans votre présentation, ce soit plus le cœur qui parle que la raison. . A vous entendre, on pourrait croire que l'Islam est la plus tolérante déroutes les religions puisqu'un très grand nombre d'interpretations sont possibles et que d'autre part, les autres religions, même concurrentes, y reçoivent le meilleur accueil. . Ce n est pas mon impression. . Jpylg
Je crois que j'étais mal compris, ce n'est pas moi qui le dit. J'ai parlé de prpositions faites par d'autres et notament Mohamed Talbi dans "plaidoyer pour un islam moderne" et c'est dans l'objectif de trouver les points communs entre les trois religions. Bien sûr qu' il s'agit d'une utopie.
Des points communs , certes il y en a puisque le Coran parle effectivement de moise, de Marie, de Jésus, de Jean... . Mais ces points communs ne sont pas des points d'entente. . Plutôt le contraire. . Nous y reviendrons . JPYLG
Réponse au premier message de Jean Claude Charrié
1-Rôle des imams en islam :
En principe on distingue Imam et Alim
Imam signifie celui qui dirige la prière des musulmans en groupe : aucune condition particulière n’est exigée pour faire Imam sauf qu’il faut connaître les rites de la prière et être en bonne santé physique et mentale. Je le fais souvent moi même chez moi avec ma femme qu’on n’ a pas le temps d’aller prier à la mosquée.
Imam est aussi la personne qui dirige la prière de groupe dans la même mosquée et de façon régulière. Cette personne est sensée connaître le coran par cœur et avoir une conduite morale irréprochable. Il y a aussi l’Imam qui dirige la prière du vendredi, ici la personne est sensée être quelqu’un qui a un bagage de connaissances suffisant en matière de religion. Souvent il s’agit d’un travail à but non lucratif.
Alim ou Fakih : c’est quelqu’un qui dont les connaissances sont plus approfondies, souvent des gens qui ont fait des études thélogiques pousées qui leur permettent de répondre aux interrogations des gens sur des questions religieuses.
Aujourd’hui, de plus en plus de pays musulmans essayent, dans un but de contrôle, d’organiser ces Alims (oulamaas : pluriel) dans des structures officielles sous forme de conseils régionaux et nationaux pour s’occuper d’animer la vie religieuse y compris donner des fatwas « officielles ». Souvent ces conseils n’ont aucune crédibilité aux yeux de la majorité des croyants.
2-Expérience laïcité :
J’en ai déjà parlé dans le deuxième billet ( historique), je résume que l’expérience turque a été positive dans la mesure où elle a permis de faire entrer la Turquie dans la modernité. Le problème de Kamal Ataturq, c’est qu’il croyait que l’Islam était un obstacle pour le progrès. Cela était perçu comme une entreprise antireligieuse et anti- arabe ( en remplaçant l’aphabet arabe par le latin par exemple) Aujourd’hui j’ai l’impression qu’il y a un équilibre et que les choses vont beaucoup mieux sous lla direction d' AKP, un parti islamiste et modéré. La laicité dans les pays musulmans ne pourra se réaliser qu’avec l’Islam et non contre l’Islam.
Réponse au commentaire de Christian paultre sur la question de Djihad
J’avais déjà indiqué dans les précisions que j’avais faites dans le premier billet que je refuse de réduire la discussion sur l’islam au terrorisme qui se pratique au nom de l’islam, et l’Islam et les musulmans en sont complètement étrangers. Vous y insister en rappellent que l’islam appelle à la violence et parle du Djihad. Je voudrai juste vous rappeler que la lecture de ces versets, il faut les lire dans leur contexte. Tous les versets concernant le Jihad au sens de combat et de guerre ( un sens plus large est plus souvent associé à ce concept), ce sont des versets qui furent révélés à Médine et parle avec précision de l’obligation des musulmans de se défendre et de répondre aux hostilités des habitants de Mecque (Koraychis) qui avaient mené la vie dure au prophète et ses premiers compagnons obligeant ces derniers à s’exiler en Ethiopie dont le roi était chrétien et avait accepté de protéger ces réfugiés. Le Prophète était obligé de s’enfuir de nuit pour sauver sa peau pour rejoindre Médine où une partie des habitants (Ansars qui signifie supporters) avaient accepté de le protéger. Le conflit entre le Prophète et les habitants (mécréants) de la Mecque qui continuaient à le combattre avait duré des années, presque jusqu’à la mort du Prophète. Donc tous les versets étaient venus dans un contexte de guerre contre l’islam et le Prophète. Aucun verset parlant du Jihad ne date de la période mecquoise de la révélation. Et pour l’histoire l’Islam s’était répandu par la suite beaucoup plus grâce aux caravanes de commerçants et des « savants » qu’à l’épée. Pour en savoir plus sur la vie du Prophète et de ses guerres, je vous propose un livre en deux tommes écrits par deux égyptiens marxistes qui vivent en France, un livre beaucoup plus aux lecteurs français : Al-Sîra de Mahmoud Hussein ( un pseudonyme), Grasset sorti en France il y a deux ans.
Je ne parle pas de l'Islam terroristedont rien ne justifie l'inhumanité;
Je parle simplement du Coran tel qu'il a été révélé et qui a trait au jihad et dont je donne les passages dans le lien Pdf.
Les révélations divines ont une portée universelle en dehors de tout contexte même d'hostilité.
Certains des passages cités ne sont pas seulement "défensifs" ils sont aussi offensifs .
l'Islam bien sur n'est pas une religion à proprement guerrière mais elle en est quand même marquée dans sa révélation et cela pose problème on ne saurait le nier.
La lecture que vous faites du Coran corresspond à un lecture liltéraliste proche de celle pratiquée par ceux qui veulent en profiter pour justifer leurs actes.
Il en est de même quand vous dites que les révélations divines ont une portée universelle en dehors de tout contexte même d'hostilité. Ceci n'est absolument pas vrai même pour ce qui est des révelations concernant les obligations des pratiques religieuses ainsi que les interdits. La révélation s'est faite de façon progressive sur plusieurs années parfois avec une évolution sur certains sujets. prenez par exemple l'interdition de boir du vin: elle est venu en plusieurs étapes progressives, d'abord interdisant de faire la prière en étant ivre jusqu'à l'interdire définitivement. Votre lecture figée du texte explique les difficultés de certains lecteurs quand ils découvrent qu'il y a des aspects contradictoires dans le Coran y compris pour ce qui est du Djihad. Il faut revenir à une lecture histiorique pour comprendre le contexte et ensuite les justifications concrétes des messages envoyés au Prophète pour résoudre parfois des problèmes concrets. C'est dans cette optique que je vous ai parlé de l'importance de ce classement nouveau des Sourates du coran par ordre chronologique ce qui facilte énormément la comprhension du Coran.
Je ne sais pas si je me suis bien expliqué, je sais que c'est une question difficile.
Réponse à Lincunable.
Je partage tout à fait votre analyse .Je rappelle que le penseur égyptien Ali Abderrazik qui était en fait un a été le premier à défendre la laïcité de l’intérieur de l’islam et au nom de ses percepts et en construisant son argumentation à partir des textes sacrés, des traditions du Prophète et d’une relecture de l’histoire des premiers musulmans. Il était alim (théologien- juriste, membre de l’institution d’Al-Azhar)) avant de devenir professeur de philosophie moderne. Son fameux livre a été publié en 1925 et avait provoqué une véritable controverse dans le monde musulman et même une crise gouvernementale en Egypte. Il avait l’objet d’un procès pour des ses idées considérées non orthodoxes (exactement comme c’était le cas avec Averroès plusieurs siècles auparavant). La monarchie égyptienne qui aspirait à récupérer le post de Calife laissé vacant par la décision d’ Ataturk, aurait intervenu pour obtenir une sanction exemplaire. Le conseil qui l’avait entendu, l’avait reconnu coupable et l’avait révoqué de sa qualité de Alim et de toutes les fonctions qui s’y rattachaient. Sa seule réaction après le verdict était d’ôter son habille traditionnel de Cheikh et d’adopter l’habille européen moderne, celui d’un homme séculier. Si je rapporte cette histoire avec tant de détails, c’est pour vous dire qu’aujourd’hui malgré les apparences il y a effectivement une régression de la pensée critique dans le monde musulman. Aucun intellectuel n’osera aujourd’hui prendre des postions aussi courageuses. Le philosophe marocain Jabri dont j’ai déjà parlé de ses derniers livres sur l’interprétation du coran n’a pas échappé aux foudres des extrémistes qui ont règnent avec leur terreur intellectuelle dans les universités. Mais encore une fois à qui la responsabilité. Au politique sûr. Mais comment expliquer ce retour au religieux identitaire. Quelle est la part d’une politique américaine et occidentale ( je pense même aux caricatures danoises) dont l’un des aspects visibles est l’humiliation de l’islam et des musulmans.
@ m.lachkar . Nous en sommes maintenant au point qui correspond a la difficulté que je signalais dans l un de mes commentaires de la première série (1/3): comment dire a un croyant certaines choses quand elles sont contraires a sa foi sans attaquer sa foi, sans blesser sa sensibilité religieuse ? . Je connais bien ce problème pour l'avoir souvent rencontre avec mes amis catholiques. Dumoins, quand j'ai a faire a eux ai je la ressource dédire quele nouveau testament est a moi autant qu a eux et que le catholicisme est ma religion autant que la leur, même si nous ne la voyons pas de la même façon. . Dialoguant avec un fidèle d'une autre religion et quand cette religion est l'Islam que l'actualité internationale tend a placer dans une situation délicate, la difficulté est bien plus grande. . (a suivre immédiatement). .
Bonjour à tous,
Vous avez raison cher JPYLG, je sais qu’il y a beaucoup de musulmans qui refusent de dialoguer avec des non musulmans sauf pour faire du prosélytisme. Ils pensent que ce dialogue avec les affrontements qui risquent d’en découler ne profitent ni aux ni autres. C’est exactement ce qui se passe dans toutes ces rencontres qu’on appelle « dialogue inter-religieux » . Personnellement je vois les choses différemment. Je suis conscient des difficultés que nous avons les uns et les autres mais je pense que les croyants et non croyants « modernes » doivent se parler en recherchant le langage du respect et de la tolérance. Moi je peux vous assurer que rien qu’à travers cette petite expérience de dialogue de débat sur Mediapart, j’ai appris énormément sur les autres religions. J‘étais obligé d’aller chercher pour comprendre vos positions. Je pense que c’est réciproque, je l’espère. C’est déjà un acquis pour nous tous que de se mieux se connaître.
Nos textes se croisent mais ce n est pas grave -- nous vous lisons attentivement -- merci pour votre ouverture d' esprit qui n est pas d' ailleurs une decouverte
(suite) . Mais comment ne pas dire que l expérience m a amène a considérer, a tort ou a raison, que, quandil y a croyance, il y a perturbation de l'esprit critique qui se manifeste tout d'abord par une difficulté chez le croyant a faire face a certains aspects du réel, des lors qu'ils le dérangent. Il y a, chez le croyant, un conflit ( généralement inconscient) entre le principe de croyance et le principe de réalité. . Ceci n'est donc pas propre a l'Islam. D'ailleurs, selon moi, certains engagements politiques relèvent de la croyance et sur plusieurs fils de mediapart qui se déroulent en ce moment, on voit des idéologues qui, s étant mis en tête de réhabiliter lecommunisme , n'hésitent pas a déclarer que le communisme de Staline, Mao, Pol pot n'a jamais existe et que les dizaines de millions de victimes que cote l'histoire ont été victimes de tout ce qu'on veut mais pas du communisme. . C'est ce qui me revenait en tête en lisant votre réponse a Christian paultre. D'après vous la lecture qu'il fait de certaines sourates serait erronée. D'ailleurs, une nouvelle traduction remplaçant l'agencement traditionnel par un agencement chronologique, distinguant les. Deux périodes de la Mecque et de medine, remettraient les choses dans une juste perspective et ferait de l'inspiration guerrière un aspect conjoncturel - vous ne dites pas anecdotique, mais on ne passe pas loin -- en tous cas nullement structurel, nullement essentiel, sans grande importance. . Je suis d'accord sur le fait qu une lecture subjective du Coran puisse justifier chez vous une interpretaion pacifique et don rassurante; mais il est impossible d'oublier que d' autres qui ne sont pas les mnorites quevous dites font une interprétation pasdu tout rassurante. . Se pose alors la question de savoir si, avant d'interpreter d'une manière ou dune autre, une lecture objective est, oui ou non possibele. . (a suivre -- un peu plus tard) . Jpylg
Je termine en remerciant celles et ceux qui ont pris la peine de participer avec nous à ce débat sur des questions aussi sensibles que complexes. Je continue à penser que le respect du pluralisme, religieux et politique reste une question déterminante pour les femmes et les hommes d'aujord'hui pour relever le défi de vivre ensemble en paix et avec nos différences. On peut propseer mais on a pas le droit d'imposer. Pour le musulman que je suis, ma religion m'appele à suivre ce chemin, un chemin qui n'est pa balisé, un chemin que je découvre sans cesse et que je me fais en avançant les yeux et l'esprit ouverts.
Je reste disponible pour celles et ceux qui veulent continuer à parler encore de toutes ces questions.
Merci encore une fois pour m'avoir supporté pendant un peu plus d'une semaine
Bien à vous.
Dr Mhamed Lachkar
Alhoceima Maroc le 30 janvier 2010
dlachkar2002@yahoo.fr